
À qui s’adresse ce programme ?
- Aux personnes qui ont l’impression de tourner en rond dans leurs raisonnements.
- À ceux qui souhaitent mieux comprendre pourquoi ils réagissent de telle façon face à un fait.
- Aux esprits curieux qui veulent passer du « croire » au « comprendre ».
Le programme de la séance en six étapes
- Suis-je victime de biais cognitifs ?
- Quelle valeur donner à la certitude ?
- Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?
- Que se passe-t-il lorsque « je connais » ?
- Qu’est-ce que la vérité ?
- Qu’est que mon schéma de références ?
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DÉTAILS DES ÉTAPES DU PROGRAMME D’UNE SÉANCE |
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Structure du Programme |
Ce qui se passera en séance |
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1. Suis-je victime de biais cognitifs ? • Identification des biais cognitifs |
Nous commençons par identifier les « raccourcis » que votre cerveau emprunte sans vous demander votre avis. L’objectif est de prendre conscience de ces automatismes pour ne plus les laisser décider à votre place. En apprenant à les corriger, vous gagnez en justesse de jugement. |
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2. Quelle valeur donner à la certitude ? • La lumière entre par les failles |
Ici, nous travaillons sur la solidité de vos convictions. Nous verrons comment une certitude trop forte peut parfois devenir un aveuglement. C’est souvent là où vous doutez, dans vos « failles », que la nouvelle lumière peut entrer. Nous transformerons le doute en un outil de clarté plutôt qu’en une source d’inquiétude. |
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3. Êtes-vous prisonnier de vos opinions ? • Les faits |
Nous ferons le tri entre les faits bruts et la manière dont vous les percevez. Vous comprendrez comment une simple interprétation peut se transformer, avec le temps, en une croyance rigide. Cette étape vous redonne la liberté de voir les choses sous un angle différent. |
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4. Que se passe-t-il lorsque « je connais » ? • Les obstacles épistémologiques (Bachelard) |
S’inspirant de la démarche de Gaston Bachelard, nous examinerons les obstacles qui freinent votre compréhension. Nous reconstruirons ensemble les étapes de vos connaissances pour vérifier leur valeur réelle et apprendre à les remettre en cause de façon constructive. |
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5. Qu’est-ce que la vérité ? • Prendre pour vrai ce que je pense parce que je le pense |
Nous explorerons la différence fondamentale entre « penser quelque chose » et « détenir une vérité ». L’idée est de sortir du piège qui consiste à croire qu’une pensée est vraie simplement parce qu’elle est la nôtre ou parce que nous y croyons fortement. |
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6. Qu’est que mon schéma de références ? • L’acquisition de mon schéma de références |
C’est la synthèse de notre travail. Nous mettrons au jour la « grille de lecture » que vous utilisez pour interpréter le monde. En comprenant comment votre schéma de références influence vos attitudes et vos comportements, vous reprenez les commandes de votre vie. |
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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES |
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Auteur |
Référence Bibliographique |
Notice de référence |
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I. Les fondements de la démarche |
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COLLIN, Claude |
L’expérience philosophique : essai de didactique expérimentale, Montréal, Éditions France-Québec, 1978. |
Définit la philosophie comme une expérience vivante de construction et de structuration de la pensée. |
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II. Perception et rectification de la pensée (Points 1 et 6) |
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KAHNEMAN, Daniel |
Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée, Flammarion, 2012. |
Identifie les raccourcis mentaux (biais) qui dictent nos réactions automatiques et nos erreurs de jugement. |
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BURNS, David |
Être bien dans sa peau, Guy Saint-Jean Éditeur, 1994. |
Outils pour identifier et corriger les distorsions de la pensée qui altèrent notre perception de la réalité. |
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III. Opinions, Croyances et Schémas de références (Points 3 et 5) |
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BRONNER, Gérald |
La démocratie des crédules, PUF, 2013. |
Analyse comment nos schémas de pensée transforment l’opinion en conviction inébranlable. |
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GADAMER, Hans-Georg |
Vérité et Méthode, Paris, Seuil, 1996. |
Le dialogue comme moyen de sortir de son propre schéma de références par la rencontre avec l’autre. |
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IV. L’acte de connaître et la construction du savoir (Point 4) |
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BACHELARD, Gaston |
La formation de l’esprit scientifique, Paris, Vrin, 1938. |
Analyse les obstacles qui freinent la connaissance et la nécessité de rompre avec les évidences. |
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MATALON, Benjamin |
La construction de la science – De l’épistémologie à la sociologie de la connaissance scientifique, Delachaux et Niestlé, 1996. |
Explore les processus de construction du savoir et l’influence des cadres sociaux sur la connaissance. |
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V. Philosophie comme mode de vie et transformation (Point 2) |
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HADOT, Pierre |
Exercices spirituels et philosophie antique, Paris, Albin Michel, 2002. |
La philosophie comme transformation du regard, essentielle pour voir la « lumière par les failles ». |
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ILLICH, Ivan |
Némésis médicale : l’expropriation de la santé, Paris, Seuil, 1975. |
Défend la souveraineté de l’individu face à l’empire du diagnostic et des cadres normatifs. |
Synthèse illustrée du projet

Le cycle de la compréhension philosophique
Inspiré de la méthode scientifique
- L’opinion initiale
- Ce que l’on pense spontanément sans examen
- Le choc du doute
- Le bénéfice du doute / Remise en question
- L’introduction d’un questionnement : pourquoi je pense cela ?
- L’examen critique
- La déconstruction / L’analyse des Mécanisme
- Les fondements de la pensée
- La connaissance conquise
- La certitude provisoire / La nouvelle compréhension
- Une pensée plus solide mais prête à être détrônée par une meilleure

Révélation, non pas rééducation : comprendre les mécanismes de la pensée
| 1. LE CYCLE DE LA CONNAISSANCE | |||
|---|---|---|---|
| 1.1 Opinion | 1.2 Le Choc du Doute | 1.3 La déconstruction | 1.4 La connaissance conquise |
| La certitude immédiate |
L’introduction d’une remise en question |
Analyse des mécanismes de défense et des préjugés | Une nouvelle certitude, plus solide car testée, mais prête à être détrônée |
| 2.1. PASSAGE DU DÉFAUT DE CONSCIENCE À L’OBSERVATION | ||
| La mécanique de la prise de recul | ||
| État de Fusion (Le problème) |
||
| Lorsqu’une information nouvelle contredit le déjà-su | ||
| 1. Je suis ma pensée | 2. Réaction émotionnelle immédiate | 3. Défenses inconscientes actives |
| 4. J’observe ma pensée | 5. Analyse du processus de construction | 6. Curiosité et mise à distance |
| 2.2 État de réflexivité (La clinique) | |
| Information nouvelle | |
| Information nouvelle ? |
Déjà-su ? |
| La voie du réflexe (Défense) ? |
La voie de la compréhension (Recul) ? |
| Rejet : Le cerveau rejette l’information pour protéger l’opinion initiale. ? |
Acceptation du doute : Le sujet accepte l’inconfort du doute pour réévaluer sa pensée. ? |
| La conscience reste « plate » | Clinique |
| Le Basculement | |

« Le Diaphragme de la Compréhension », constitue une synthèse visuelle puissante du passage d’un mode de pensée instinctif et émotionnel à un mode de pensée analytique et philosophique. Elle représente le cœur même de la démarche de l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques.
La maturité intellectuelle ne se mesure pas à la quantité de choses que l’on « sait », mais à notre capacité à décrocher de nos automatismes mentaux. Le passage de gauche à droite est un mouvement constant : c’est un travail de déconstruction de nos certitudes qui permet de gagner en liberté intérieure.

La pensée n’est pas un état fixe, mais un exercice. La progression montre que la liberté intellectuelle consiste à passer de la soumission à ses émotions (l’opinion) à la capacité d’examiner objectivement le mécanisme de ses propres jugements (la compréhension).

La lucidité est un exercice dynamique, symbolisé par des « séquences itératives ». Ce n’est pas un état permanent, mais une pratique continue : à chaque fois que la réalité nous heurte, nous devons choisir entre rester dans la réaction (la pensée subie) ou utiliser ce choc pour engager une déconstruction qui nous ramène vers la souveraineté et le réalisme.

Nous aimons croire que nous sommes objectifs, que nous nous intéressons à des informations objectives. En réalité, si l’on ne devient pas subjectif face à une nouvelle information objective, on ne s’y intéresse pas et on n’est pas motivé par elle. Nous disons que nous jugeons objectivement, mais en réalité nous réagissons subjectivement.
Nous faisons continuellement des choix dans la vie quotidienne. Nous choisissons les « choses » qui nous attirent subjectivement, mais nous considérons ces choix comme objectifs.
« Le comportement d’un individu se base sur son schéma de références. Le schéma de références d’un individu détermine ses attitudes. Consciemment et inconsciemment, un individu acquiert des concepts qui deviennent une partie de lui-même et qui sont la base de toutes ses attitudes. Le schéma de références est acquis des parents, des enseignants, des relations et des amis, du type d’émissions de radio que nous entendons, des émissions de télévision que nous regardons et du type de livres, magazines et journaux que nous lisons. La plupart d’entre nous croyons tirer des faits de ces sources, non pas des attitudes. Nous pensons que nous avons accumulé des informations objectives, non pas un schéma de références. »
Source : CHESKIN, Louis, Basis For marketing Decision, Liveright, New York, 1961, p. 82
Résumé
Ce document présente le projet L’Étonnement – Cabinet « Connais-toi toi-même », une approche de pratique philosophique située à Lévis, Québec. Fondé par Serge-André Guay, ce projet propose une alternative aux thérapies médicalisées en se concentrant sur la lucidité et la souveraineté de l’esprit plutôt que sur la guérison de pathologies.
Voici la synthèse des axes majeurs du document :
1. Fondements philosophiques et méthodologiques
La démarche s’appuie sur le postulat socratique : « Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue ».
- L’Étonnement (Thaumazein) : Il est le choc initial nécessaire pour briser les évidences et déclencher la réflexion.
- La Spirale de la Compréhension : Le dialogue est structuré de manière ascendante. On part d’un point précis (le sujet amené par le client) pour élargir progressivement la conscience par itérations successives, allant « d’étonnement en étonnement ».
- Le Doute Constructif : Le doute est considéré comme la « pierre angulaire » de la pensée, la faille par laquelle entre la lumière pour éclairer nos systèmes de croyances.
2. Le concept du « Système de Penser »
Le projet vise à faire passer le consultant d’une « pensée subie » (automatique) à une « pensée examinée » (réflexive).
- Biais cognitifs : Inspiré par David Burns, le cabinet aide à identifier les distorsions (tout-ou-rien, filtre mental, etc.) qui agissent comme des erreurs dans notre « logiciel interne ».
- Schéma de références : En s’appuyant sur Louis Cheskin, le projet démontre que nos jugements « objectifs » sont souvent des réactions subjectives dictées par un cadre de référence acquis inconsciemment.
- Obstacles épistémologiques : La méthode intègre les travaux de Gaston Bachelard pour surmonter les habitudes de l’esprit qui freinent l’accès à la connaissance nouvelle.
3. Structure du programme de consultation
Le parcours type se décline en six axes stratégiques pour auditer la faculté de pensée:
- Identification des biais cognitifs : Prendre conscience des automatismes cérébraux.
- Valeur de la certitude : Transformer le doute en outil de clarté.
- Analyse des opinions : Distinguer les faits bruts de leurs interprétations.
- Construction du savoir : Examiner les obstacles à la compréhension selon Bachelard.
- Quête de vérité : Sortir du piège consistant à croire qu’une pensée est vraie simplement parce qu’elle est nôtre.
- Schéma de références : Synthétiser l’influence de sa grille de lecture sur ses comportements.
4. Positionnement : Le « Cabinet » vs la « Clinique »
Le document souligne une évolution majeure : le passage du terme « Clinique » à celui de « Cabinet ».
- L’approche indirecte : Plutôt que de confronter l’égo frontalement (approche directe), le praticien utilise l’habileté socratique pour contourner les mécanismes de défense et révéler le schéma de références sans douleur.
- Le rôle de l’expert : Le philosophe consultant n’est pas un soignant, mais un « mécanicien de la conscience » ou un guide qui aide le consultant à piloter son propre instrument intellectuel.
En résumé, ce projet propose une éthique de la lucidité où la connaissance du fonctionnement de sa propre pensée devient l’outil de libération ultime face aux automatismes du quotidien.
Synthèse

Voici une synthèse détaillée du projet de Cabinet L’Étonnement « Connais-toi toi-même ».
- Le concept de votre cabinet
- Mission : Proposer une alternative aux thérapies médicalisées en se concentrant sur la lucidité et la souveraineté cognitive. Il s’agit d’aider le consultant à passer d’une « pensée subie » (automatique) à une « pensée examinée » (réflexive).
- Vision : Faire de la philosophie une pratique opérative où la connaissance du fonctionnement de sa propre pensée devient l’outil de libération ultime face aux automatismes du quotidien.
- Valeurs : * L’Étonnement (Thaumazein) : Le choc initial nécessaire pour briser les évidences.
- Le Doute Constructif : La pierre angulaire permettant à la lumière d’entrer dans les systèmes de croyances.
- L’Honnêteté Intellectuelle : Ne pas plier les problèmes aux méthodes, mais adapter la réflexion à la singularité du défi.
- Votre public cible
Le programme s’adresse à :
- Des personnes ayant l’impression de « tourner en rond » dans leurs raisonnements.
- Ceux qui souhaitent comprendre l’origine de leurs réactions subjectives face aux faits.
- Des esprits curieux désirant passer du « croire » au « comprendre ».
- Des individus possédant une « fibre philosophique », un amour naturel de l’apprentissage et un esprit noble.
- Vos services
Vous proposez un parcours de consultation structuré en six axes stratégiques pour auditer la faculté de pensée:
- Identification des biais cognitifs : Prendre conscience des automatismes cérébraux.
- Valeur de la certitude : Transformer le doute en outil de clarté.
- Analyse des opinions : Distinguer les faits bruts de leurs interprétations.
- Construction du savoir : Examiner les obstacles épistémologiques selon Bachelard.
- Quête de vérité : Sortir du piège consistant à croire qu’une pensée est vraie parce qu’elle est nôtre.
- Schéma de références : Maîtriser le « pilote automatique » dicté par notre éducation et nos expériences.
- Votre positionnement
Ce qui vous différencie radicalement de la psychologie classique ou du développement personnel :
- Le Cabinet vs La Clinique : Vous refusez le modèle médical et « l’empire du diagnostic ». Vous n’êtes pas un soignant, mais un « mécanicien de la conscience ».
- L’Approche Indirecte : Inspiré par Louis Cheskin, vous contournez les mécanismes de défense de l’ego (l’approche directe qui « serre les nœuds ») pour atteindre l’inconscient sans douleur via l’habileté socratique.
- Problem-Directed : Vous ne vendez pas de modèles préconçus, mais une démarche unique dictée exclusivement par la nature du défi du client.
- Vos objectifs
- Souveraineté cognitive : Permettre au consultant de redevenir le seul maître de sa raison.
- Penser juste : Atteindre une adéquation avec la réalité présente en dépouillant le regard des filtres du passé.
- Autonomie : Faire en sorte que le consultant devienne son propre « auditeur » et possède sa propre boussole interne.
- Autres informations pertinentes
- Slogans clés : * « Si vous n’avez pas de problème, vous n’avez pas besoin de moi ».
- « Une pensée sans examen ne vaut pas la peine d’être pensée ».
- « Le but dans la vie n’est pas d’avoir raison ».
- Identité visuelle : * Le Prisme de la Pensée : Un triangle symbolisant la décomposition de l’opinion brute en un spectre de lignes distinctes (vos 6 axes).
- La Spirale : Représente l’ascension continue de la pensée, partant du sujet précis du client vers une perspective globale par itérations successives.
- Localisation : Lévis, Québec, Canada.
- Expertise : Validation par les travaux de Louis Cheskin sur les motivations et le transfert de sensation.



Les thèmes de la communication
Pouvoir et Maîtrise de soi
Vous voulez reprendre les commandes de votre vie mentale.
- « Ne subissez plus votre pensée, apprenez à l’habiter. »
- « Prenez les commandes de votre logiciel interne. »
- « Soyez l’architecte de votre propre raison. »
- « Devenez l’expert de votre propre mécanique mentale. »
Clarté et Lucidité
Vous vous sentez confus ou piégés par leurs propres certitudes.
- « L’Étonnement : le choc de lucidité qui change votre regard. »
- « Voir clair pour penser juste. »
- « Le cabinet où la lumière entre par vos failles. »
- « Débusquez vos angles morts pour retrouver votre liberté de juger. »
Décodage et Stratégie (Approche « Cheskin »)
Pour la compréhension des mécanismes cachés.
- « Décoder vos schémas pour libérer vos choix. »
- « Ce que vous n’avez jamais appris sur votre façon de penser. »
- « Analysez les rouages de votre pensée, changez votre réalité. »
Éthique et Sagesse (Approche « Socrate »)
Vous cherchez du sens et une vie plus profonde.
- « Une pensée examinée pour une vie qui mérite d’être vécue. »
- « L’art de se connaître pour mieux se conduire. »
- « L’Étonnement : l’aventure d’une conscience souveraine. »

Introduction
L’idée de concevoir une nouvelle approche de la consultation philosophique répond à un question : « Comment exploiter mon vécu et mon expertise dans le cadre d’une relation d’aide fondée sur le dialogue » ?
La lumière entre par les failles
Âgé d’une quinzaine d’années et élevé dans une famille politisée où chacun se donne raison selon son option, une phrase prononcée par un animateur à la radio engendrera une nouvelle expérience de prise de conscience. Cette phrase simple caractérisée par sa clarté se lit comme suit : « La lumière entre par les failles ». Ainsi, ai-je conclu, une personne qui se donne constamment raison vit dans un système sans faille, sans lumière pour l’éclairer. À cette époque je croyais acquérir le pouvoir de me donner raison envers et contre tous dès l’âge adulte. Or, j’ai complètement changé d’avis. Depuis, je répète à qui veut bien l’entendre « Si vous avez une meilleure idée que la mienne, donner la moi au plus tôt car je n’ai pas de temps à perdre dans une mauvaise direction ». J’ai donc fait du doute la pierre angulaire de mon système de penser dès mon adolescence. Bref, la faille permettant à la lumière d’entrer, c’est le doute.
J’ai basé la confiance en moi sur ma capacité à douter. Tant et aussi longtemps que je doute, je suis éclairé et, ce faisant, je peux prendre du recul face à ce que je pense plutôt que de m’enfermer à double tour dans mes opinions et mes croyances.
La connaissance se bâtit sur la destruction du déjà-su
Une autre prise de conscience étonnante m’a conduit à remonter à l’origine de mes pensées, au sien même mon système de penser, pour en relever les erreurs ? Dans la trentaine, je me suis donc concentré sur comment nous pensons, comment nous acquérons des connaissances, qu’est-ce qu’une connaissance… J’ai trouvé plusieurs théories et réponses à mon questionnement. Et chacune d’elle m’étonnait, notamment, celle concernant le bénéfice du doute et la certitude. La connaissance, en science, se bâtit sur la destruction du déjà-su. Une connaissance scientifique la plus scientifique n’est certaine que le temps qu’une autre vienne la remettre en question et la détrôner. Bref, le bénéfice du doute, c’est la certitude et cette dernière tiendra tant et aussi longtemps qu’une autre impose un doute. J’ai importé la méthode scientifique dans ma vie comme un exemple à suivre au sein de mon système de pensée. Ce n’est pas compliqué : il s’agit de ne rien tenir pour acquis définitivement en laissant planer un doute, l’ombre d’un doute ou, si vous préférez, la possibilité d’une faille à la fois dans mon système de penser et dans mes opinions et mes croyances.
Juger objectivement, réagir subjectivement
À la mi-trentaine, un passage dans un livre m’étonnera par sa connaissance de notre comportement face à l’information. Sommes-nous objectifs ou subjectifs ?
Nous aimons croire que nous sommes objectifs, que nous nous intéressons à des informations objectives. En réalité, si l’on ne devient pas subjectif face à une nouvelle information objective, on ne s’y intéresse pas et on n’est pas motivé par elle. Nous disons que nous jugeons objectivement, mais en réalité nous réagissons subjectivement.
Nous faisons continuellement des choix dans la vie quotidienne. Nous choisissons les « choses » qui nous attirent subjectivement, mais nous considérons ces choix comme objectifs.
« Le comportement d’un individu se base sur son schéma de références. Le schéma de références d’un individu détermine ses attitudes. Consciemment et inconsciemment, un individu acquiert des concepts qui deviennent une partie de lui-même et qui sont la base de toutes ses attitudes. Le schéma de références est acquis des parents, des enseignants, des relations et des amis, du type d’émissions de radio que nous entendons, des émissions de télévision que nous regardons et du type de livres, magazines et journaux que nous lisons. La plupart d’entre nous croyons tirer des faits de ces sources, non pas des attitudes. Nous pensons que nous avons accumulé des informations objectives, non pas un schéma de références. »
Source : CHESKIN, Louis, Basis For marketing Decision, Liveright, New York, 1961, p. 82
Ainsi, l’objet mobilisant mon intérêt pour les informations objectives s’éveille que si cette dernière m’appelle subjectivement. « Nous disons que nous jugeons objectivement, mais en réalité nous réagissons subjectivement. » En m’attardant davantage les sujets même d’une information, je découvre ma subjectivité. La question est simple : « Pourquoi cette information a-t-elle retenu mon attention ? » Je relève les sujets auxquels je suis sensible et je peux ainsi mettre en relief mon schéma de référence. Bref, à l’origine, je me demande pourquoi telle ou telles information attire et captive mon attention.
La raison a toujours besoin d’un coup de pouce des émotions[1]
Pendant que certains courants nous recommande de contrôler nos émotions afin de prendre des décisions rationnelle, le professeur de psychologie, de neurosciences et de philosophie à l’Université de Californie du Sud (USC), Antonio Damasio, démontrent que la raison n’est rien sans les émotions. Je découvre l’apport des émotions dans mes prises de décision que je ne peux plus ainsi les qualifier de purement rationnelles. Par exemple, si la prise de décision se bute à de très nombreuses options dont l’analyse nous finit par nous paralyser, il faut laisser entrer une intuition émotive pour arrêter un choix et ainsi céder au coup de cœur. La question est simple : « Avec laquelle de mes analyses des différente options suis-je le plus à mon aise ? »
Intelligence émotionnelle
Je prends connaissance de cet apport des émotions à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle – Comment transformer ses émotions en intelligence de Daniel Goleman[2], journaliste au New York Times. Malheureusement, le concept d’intelligence émotionnelle popularisé par ce diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, sera vite galvaudé par les charlatans du bien-être. Ce livre contribuera à une nouvelle prise de conscience concentrée sur le manque flagrant d’intelligence émotionnelle engendrant plusieurs problèmes de comportement au sein de notre société. Je dois désormais identifier clairement l’état émotionnel de mon interlocuteur avant même d’entreprendre notre échange. Il faut, nous dit-on, savoir lire les émotions sur le visage de notre interlocuteur, pour discerner l’état émotionnelle dans lequel il se trouve et en tenir compte dans notre discussion.
Les biais cognitifs
En mettant la main sur le livre Être bien dans sa peau de David D. Burns,[3], Être bien dans sa peau (Héritage, 2005), je découvre une liste de dix biais cognitifs et je me dois d’avouer que je coche toutes cases, à ma grande déception. Avant David D. Burns, la thérapie était souvent perçue comme un processus long et mystérieux. Avec Être bien dans sa peau, il a rendu les outils de la Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC) accessibles au grand public. Son message est simple : nos pensées créent nos émotions. Si nous apprenons à corriger nos pensées déformées, nous pouvons modifier notre état émotionnel.
Liste de biais cognitifs |
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Le tout-ou-rien |
Votre pensée n’est pas nuancée. Vous classez les choses en deux seules catégories : les bonnes et les mauvaises. En conséquence, si votre performance laisse à désirer, vous considérez votre vie comme un échec total. |
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La généralisation |
Un seul événement malheureux vous apparaît comme faisant partie d’un cycle sans fin d’échecs. |
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Le filtre |
Vous choisissez un aspect négatif et vous vous attardez à un tel point à ce petit détail que toute votre vision de la réalité en est faussée, tout comme une goutte d’encre qui vient teinter un plein contenant d’eau. |
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Le rejet du positif |
Pour toutes sortes de raisons, en affirmant qu’elles ne comptent pas, vous rejetez toutes vos expériences positives. De cette façon, vous préservez votre image négative des choses, même si elle entre en contradiction avec votre expérience de tous les jours. |
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Les conclusions hâtives |
Vous arrivez à une conclusion négative, même si aucun fait précis ne peut confirmer votre interprétation. |
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L’interprétation indue |
Vous décidez arbitrairement que quelqu’un a une attitude négative à votre égard, et vous ne prenez pas la peine de voir si c’est vrai. |
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L’erreur |
Vous prévoyez le pire, et vous êtes convaincu que votre prédiction est déjà confirmée par les faits. |
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L’exagération |
Vous amplifiez l’importance de certaines choses (comme vos bévues ou le succès de quelqu’un d’autre) et vous minimisez l’importance d’autres choses jusqu’à ce qu’elles vous semblent toutes petites. Cette distorsion s’appelle aussi « le phénomène de la lorgnette ». |
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Les raisonnements émotifs |
Vous présumez que vos sentiments les plus sombres reflètent nécessairement la réalité des choses : « C’est ce que je ressens, cela doit donc correspondre à une réalité. |
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Les « dois » |
Vous essayez de vous motiver par des « je devrais… » ou des « je ne devrais pas… » comme si, pour vous convaincre de faire quelque chose, il fallait vous battre ou vous punir. Ou par des « je dois ». Et cela suscite chez vous un sentiment de culpabilité. |
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L’étiquetage |
Il s’agit là d’une forme extrême de généralisation à outrance. Au lieu de qualifier votre erreur, vous vous apposez une étiquette négative. Les erreurs d’étiquetage consistent à décrire les choses à l’aide de mots très colorés. |
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La personnalisation |
Vous vous considérez responsable d’un événement fâcheux dont, en fait, vous n’êtes pas le principal responsable. |
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Source : Burns, David D, Être bien dans sa peau, Héritage, 2005. |
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Mon étonnement provoque une grande ouverture d’esprit et à elle seule la lecture de cette liste changera ma façon de penser pour toujours.
Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne[4]
Je ne suis pas un fan de la psychologie en raison de son manque évident de scientificité La psychologie demeure à classer parmi les sciences inexactes ou fausses sciences. Ma position anti-psychologie se développe dans les années 1980 à la suite de ma lecture du livre Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne du psychologue William Kirk Kilpatrick.
ATTENTES ET RÉSULTATS
Il y a trop de « si », de « et » et de « mais » pour prouver une relation fortuite entre la montée de la psychologie et la détérioration du lien social, mais il existe certainement assez de preuves pour douter du profit que la psychologie prétend nous apporter. Dans les domaines où les professionnels savent véritablement ce qu’ils font, nous nous attendons à un résultat. Stanislas Andreski, sociologue britannique, fait la lumière sur ce point en comparant la psychologie et la sociologie à d’autres professions.
Il note que lorsqu’une profession est fondée sur une connaissance bien établie, il devrait y avoir une relation entre le nombre de personnes qui exercent cette profession et les résultats accomplis :
« Ainsi, dans un pays où il y a pléthore d’ingénieurs en télécommunication, l’équipement téléphonique sera normalement meilleur que dans un pays où il n’y a que quelques spécialistes dans ce domaine. Le taux de mortalité sera plus bas dans les pays ou les régions où il y a beaucoup de docteurs et d’infirmières que dans les lieux où ils sont rares et éloignés. Les comptes seront généralement tenus avec plus d’efficacité dans les pays où il y a de nombreux comptables expérimentés que là où ils font défaut. »
Mais quel est donc le profit produit par la psychologie et la sociologie? Le professeur Andreski poursuit :
« … Partant, nous devrions constater que dans les pays, les régions, les institutions ou encore les secteurs où les services des psychologues sont très largement requis, les foyers sont plus résistants, les liens entre conjoints, frères et sœurs, parents et enfants, plus solides et plus chaleureux; les relations entre collègues plus harmonieuses, le traitement des patients meilleur; les vandales, les criminels et les toxicomanes moins nombreux, que dans les endroits et les groupes qui n’ont pas recours aux talents des psychologues. En conséquence, nous pourrions déduire que les États-Unis sont la patrie bénie de l’harmonie et de la paix; et qu’il aurait dû en être toujours plus ainsi durant le dernier quart de siècle en relation avec la croissance numérique des sociologues, des psychologues et des experts en sciences politiques. » Note originale de l’auteur : Stanislas Andreski, Social Sciences as Sorcery, Penguin Books, New York,1974, pp. 25-26.)
Cependant, ce n’est pas ce qui s’est produit. Au contraire, les choses semblent empirer. Les rues ne sont pas sûres. Les foyers se désintègrent. Le suicide sévit parmi les jeunes. Et quand la psychologie tente de régler de tels problèmes, il semble souvent qu’elle les aggrave. La création dans les villes de centres de prévention du suicide s’accompagne, par exemple, d’une augmentation de celui-ci. Les conseils matrimoniaux conduisent fréquemment au divorce. Par ailleurs, l’observation la plus élémentaire nous montre que l’introduction de l’éducation sexuelle dans un public très étendu n’a aucunement enrayé la hausse des grossesses non désirées, de la promiscuité et des maladies vénériennes. Il est plutôt manifeste que de tels programmes encouragent la sexualité précoce et les problèmes qui en découlent.
Il est difficile de ne pas conclure que l’ordonnance est à l’origine de la maladie. « Si nous constations », écrit Andreski, « que toutes les fois que les pompiers arrivent, le feu redouble d’intensité, nous finirions par nous demander ce qu’il peut bien sortir de leurs lances et si, par hasard, ils ne sont pas en train de verser de l’huile sur le feu » (p. 29) »
KILPATRICK, William A Kirk, Séduction psychologique (L’échec de la psychologie moderne), Centre biblique européen, Suisse, 1985, pp. 33-35.
À la lecture de ce livre, je prend aussi conscience que les gens ne veulent pas un « moi réparé » mais un « tout nouveau moi », selon les propos de l’auteur.
« Platon, pas Projac » (2002)
Avec ce livre signé par Lou Marinoff, leader mondial des nouvelles pratiques philosophiques, je découvre une nouvelle discipline emballante. À l’offre de psychothérapie s’ajoute désormais la philothérapie. D’une part, la Psychothérapie repose souvent sur un modèle médical. On cherche à identifier une pathologie, un trouble mental ou un dysfonctionnement comportemental. Le patient est souvent perçu comme ayant besoin de « guérison ». D’autre part, la Philothérapie repose sur un modèle éducatif et existentiel. On considère que la personne traverse une crise de sens, un dilemme moral ou une impasse logique. Le « client » n’est pas malade ; il est simplement désorienté ou en quête de vérité.
Wow ! La philosophie devient pratique; elle sort des tours universitaires où elle était consignée. Le conseil philosophique gagne en popularité et me ravie. Désormais, on parle de philosophe praticien, de philosophe clinicien, de philosophe consultant. Une abondante littérature circule : étude, livres, thèses et mémoires universitaire, articles de presse… Je m’empresse de lire et d’analyser ces publications. En 2020, je fonde l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques où je rends compte de mes lectures à titre d’amateur de la philosophie et bibliographe des nouvelles pratiques philosophiques.
« L’Étonnement – Cabinet « Connais-toi toi-même »
Que puis-je faire de ce vécu et de l’expérience de ces différentes prises de conscience ? Puis-je en faire profiter d’autres personnes ? Oui, dans un cadre très précis soit celui visant à mieux se connaître soi-même, à mieux comprendre son système de penser, les pensées elles-mêmes, à l’instar de ses opinions et ses croyances. L’objectif : gagner en liberté de penser.
« Penser juste » signifie ici atteindre une adéquation avec la réalité présente. C’est dépouiller son regard des filtres du passé pour voir une situation telle qu’elle est. |
Serge-André Guay, président fondateur
Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques
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[1] Damasio, A. R. (2010). L’Erreur de Descartes : la raison des émotions (M. Blanc, Trad.). Odile Jacob. (Original publié en 1994).
[2] L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
[3] David D. Burns est une figure emblématique de la psychologie moderne. C’est un psychiatre américain, né en 1942, et il est principalement connu pour avoir été l’un des pionniers de la Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC).
[4] Dans son livre « Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne » William Kirk Kilpatrick, lui-même psychologue, diplômé des plus grandes écoles dont les célèbres universités Harvard et Purdue, se demande « quel est donc le profit produit par la psychologie ».
La formation du philosophe consultant en cabinet
Le projet « L’Étonnement – Cabinet « Connais-toi toi-même » crée un espace dédié à l’examen de la pensée plutôt qu’au traitement d’une pathologie — nécessite un bagage qui se situe à l’intersection de la philosophie pratique, de l’épistémologie et de la relation d’aide non clinique.
L’approche privilégie la « pensée juste » et l’autonomie de la conscience, voici une proposition de programme de formation structuré pour soutenir cette expertise, que ce soit pour votre propre pratique ou pour former d’autres intervenants :
- Fondements de la pratique philosophique (Le socle)
Avant de passer au « cabinet », il est essentiel de maîtriser les outils de la philosophie de terrain :
- Logique et analyse de l’argumentation : Apprendre à repérer les biais cognitifs, les paralogismes et les structures de raisonnement dans le discours d’autrui.
- Épistémologie de la connaissance de soi : Étudier comment se forme la croyance et comment le sujet accède (ou non) à sa propre vérité.
- Histoire de la « philosophie comme mode de vie » : Se réapproprier les exercices spirituels antiques (stoïcisme, épicurisme) qui visaient déjà une forme de santé de l’esprit par la raison.
- Méthodologie de « L’Étonnement – Cabinet « Connais-toi toi-même »
Ce module porterait sur la spécificité de votre démarche :
- La maïeutique et le dialogue socratique : Techniques de questionnement pour aider l’autre à accoucher de sa propre pensée sans lui imposer de diagnostic.
- Didactique de la philosophie pratique : Comment transposer des concepts complexes en outils de réflexion accessibles pour un individu en quête de sens.
- Analyse du récit de vie : Travailler sur la « compréhension » comme une herméneutique : comment l’individu interprète son histoire et comment cette interprétation influence sa capacité à « penser juste ».
- Éthique et posture professionnelle
Pour se distinguer du modèle médical tout en restant rigoureux :
- Déontologie de l’accompagnement non clinique : Définir clairement les frontières entre la consultation philosophique et la psychothérapie. Savoir quand et comment référer un client vers le milieu de la santé.
- Critique de la médicalisation : Étude des enjeux sociologiques liés à « l’empire du diagnostic » pour maintenir une posture de résistance intellectuelle.
- La posture de « l’observateur engagé » : Développer une écoute qui ne cherche pas à classer, mais à comprendre la logique interne du sujet.
- Fondements de la différenciation cognitive
Il est nécessaire de définir précisément les limites de la démarche philosophique en identifiant les approches dont elle se distingue :
- Introduction aux approches structurales du sujet : Étudier les diverses modélisations des architectures de la personnalité et des systèmes de croyances, afin de mieux délimiter la spécificité de l’examen philosophique, qui se concentre non pas sur le profil individuel, mais sur la validité et la structure logique du discours.
- Phénoménologie de l’esprit : Explorer les mécanismes par lesquels la conscience se rapporte au monde et structure son expérience (Husserl, Merleau-Ponty). Cette étude permet de distinguer l’analyse philosophique de la compréhension du monde (la manière dont le sujet « habite » son environnement) des approches qui se focaliseraient uniquement sur les mécanismes internes du comportement.
- Stage ou pratique supervisée
- Intervision : Des séances de discussion entre pairs (philosophes praticiens, chercheurs) pour analyser des cas de consultation et valider la justesse de l’intervention.
L’Étonnement – Cabinet « Connais-toi toi-même »
Cet article présente L’Étonnement – Cabinet « Connais-toi toi-même », une approche de pratique philosophique qui se distingue des thérapies médicalisées par son objectif de lucidité plutôt que de guérison. En s’appuyant sur les travaux de David Burns sur les distorsions cognitives et sur le concept d’obstacle épistémologique de Gaston Bachelard, l’auteur propose une méthode d’auto-examen rigoureuse.
L’enjeu n’est pas de rééduquer le comportement, mais de débusquer les « erreurs de calcul » de notre logiciel interne — nos biais cognitifs. Par l’identification de ces mécanismes (le tout-ou-rien, le filtre mental, etc.), le sujet passe d’une vérité subie à une vérité observée. Ce basculement permet de retrouver une souveraineté de l’esprit, transformant la souffrance en un objet de connaissance. En annexe, une perspective historique et technique vient valider cette démarche comme une véritable éthique de la raison, ancrée dans une tradition qui remonte à Francis Bacon.
1. Introduction : Le constat de la « méprise »
Le sens commun nous incline à croire que nous sommes les commandants de bord souverains de notre vie mentale. Pourtant, l’expérience de la consultation révèle souvent une tout autre dynamique : nous sommes, pour une large part, les passagers d’une mécanique automatique dont nous ignorons les rouages. Cette « méprise » fondamentale repose sur l’oubli que notre pensée n’est pas une génération spontanée, mais une construction historique. Comme le souligne le sociologue Roland Gori, nos schémas de pensée sont souvent façonnés par des structures qui nous traversent à notre insu.
L’Étonnement – Cabinet « Connais-toi toi-même » ne se présente pas comme un lieu de soin médical, mais comme un laboratoire d’observation. En tant qu’observateur, je ne propose pas une vérité descendante ; je me tiens aux côtés du consultant pour l’aider à explorer sa propre forêt mentale. C’est un espace de « littératie de soi » où l’erreur de pensée n’est pas une faute, mais une donnée technique à décoder.
Contrairement à la maïeutique socratique qui cherche à accoucher d’une vérité universelle, nous pratiquons ici une enquête d’existence. Nous ne cherchons pas le « Logos » parfait, mais le « mode d’emploi » singulier de l’individu. Il ne s’agit plus de découvrir la Vérité, mais de mettre à jour la grammaire de sa propre pensée pour ne plus en être le sujet passif.
SOURCES ET PISTES DE RÉFLEXION
- Roland Gori, La Fabrique des imposteurs (Éd. Les Liens qui libèrent, 2013) : L’auteur y analyse comment la « normativité technique » et la médicalisation dépossèdent l’individu de sa propre parole. Utile pour sourcer l’idée que nous sommes souvent les passagers de systèmes qui nous dépassent.
- Daniel Kahneman, Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée (Éd. Flammarion, 2012) : Indispensable pour la démonstration scientifique de « l’illusion de maîtrise ». Il prouve que le Système 1 (automatique et intuitif) gouverne la majorité de nos jugements à notre insu.
2. Le concept : Qu’est-ce qu’un « Système de Pensée » ?
Définir un système de pensée, c’est mettre au jour une architecture invisible édifiée tout au long de l’existence. Chaque individu loge dans un édifice mental dont les plans ont été tracés par l’éducation, les chocs et l’environnement. Comme l’expliquait Pierre Bourdieu avec le concept d’habitus, nos expériences passées se cristallisent en une grille de lecture qui devient notre logiciel interne.
Dans cette perspective, l’erreur de pensée est un fossile biographique. En paléontologie, un fossile est le vestige d’une vie passée, figé. Dans l’esprit, une distorsion est souvent le vestige d’une stratégie qui fut, à dix ans, parfaitement « juste ». La méfiance généralisée, utile dans un climat d’insécurité infantile, devient une erreur de calcul à l’âge adulte. Le mécanisme est intact, mais le contexte a changé. L’individu utilise un logiciel périmé pour traiter une réalité nouvelle.
La connaissance dont nous parlons ici n’est pas livresque ; elle est une épistémologie biographique. Selon Jean-Philippe Pierron, comprendre sa pensée demande une attention au singulier. Le consultant n’étudie pas la logique en général, il devient l’expert de sa propre mécanique, forgée par ses épreuves et ses joies.
SOURCES ET PISTES DE RÉFLEXION
- Pierre Bourdieu, Le Sens pratique (Éd. de Minuit, 1980) : Pour la définition de l’Habitus. C’est la source parfaite pour expliquer comment le passé se sédimente en « structures structurées » qui deviennent notre logiciel de pensée actuel.
- Gaston Bachelard, La Formation de l’esprit scientifique (Éd. Vrin, 1938) : Bien que traitant de la science, son concept d’» obstacle épistémologique » s’applique parfaitement à votre approche : nos connaissances antérieures (notre vécu) font obstacle à la compréhension du réel présent.
- Jean-Philippe Pierron, L’attention, une éthique du soin (Éd. PUF, 2021) : Pour sourcer l’idée que le soin de l’autre passe par une attention au « récit singulier » et à l’histoire du sujet.
3. La Méthode : Déceler pour libérer
Le travail commence par une écoute structurelle du récit. L’observateur agit comme un décodeur, traquant les « nœuds » où la pensée dévie du réel pour suivre son propre rail automatique.
L’investigation pourrait s’appuyer sur l’inventaire des biais cognitifs (sujet exploré précédemment dans l’Article # 36), non pas pour poser un diagnostic, mais pour mettre au jour ce que l’on pourrait appeler des « servitudes de la raison ». Là où la psychologie y voit de simples erreurs de traitement de l’information, on peut ici les envisager comme des formes d’aliénation. On peut convoquer la figure de Francis Bacon qui, dès le XVIIe siècle, mettait en garde contre les « Idoles » — ces préjugés ancrés dans la nature humaine ou dans l’histoire personnelle qui agissent comme des miroirs déformants.
Déceler un biais, ce n’est pas seulement corriger une erreur de calcul ; c’est identifier le moment où la pensée cesse d’être une activité libre pour devenir une réaction mécanique. C’est transformer une « opinion » héritée en une « connaissance » choisie. C’est une étape de salubrité intellectuelle : pour penser juste, il faut d’abord identifier les voiles qui obscurcissent notre regard et font perdre au sujet sa souveraineté au profit d’un automatisme.
L’étape suivante est celle du miroir technique. Il s’agit d’amener le consultant à voir son erreur non comme une tare morale, mais comme un défaut de fabrication de son raisonnement. En traitant sa pensée comme un objet technique, le sujet se distancie de son ego. On ne se dit plus « je suis nul », mais « mon système a produit un résultat erroné à cause d’une variable anachronique ». La prise de conscience devient libératrice car elle donne un sens à l’absurde : en comprenant l’origine de la distorsion, on s’autorise enfin à ajuster sa vision.
Liste de biais cognitifs |
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Le tout-ou-rien |
votre pensée n’est pas nuancée. Vous classez les choses en deux seules catégories : les bonnes et les mauvaises. En conséquence, si votre performance laisse à désirer, vous considérez votre vie comme un échec total. |
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La généralisation |
un seul événement malheureux vous apparaît comme faisant partie d’un cycle sans fin d’échecs. |
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Le filtre |
vous choisissez un aspect négatif et vous vous attardez à un tel point à ce petit détail que toute votre vision de la réalité en est faussée, tout comme une goutte d’encre qui vient teinter un plein contenant d’eau. |
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Le rejet du positif |
pour toutes sortes de raisons, en affirmant qu’elles ne comptent pas, vous rejetez toutes vos expériences positives. De cette façon, vous préservez votre image négative des choses, même si elle entre en contradiction avec votre expérience de tous les jours. |
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Les conclusions hâtives |
vous arrivez à une conclusion négative, même si aucun fait précis ne peut confirmer votre interprétation. |
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L’interprétation indue |
Vous décidez arbitrairement que quelqu’un a une attitude négative à votre égard, et vous ne prenez pas la peine de voir si c’est vrai. |
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L’erreur |
Vous prévoyez le pire, et vous êtes convaincu que votre prédiction est déjà confirmée par les faits. |
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L’exagération |
vous amplifiez l’importance de certaines choses (comme vos bévues ou le succès de quelqu’un d’autre) et vous minimisez l’importance d’autres choses jusqu’à ce qu’elles vous semblent toutes petites. Cette distorsion s’appelle aussi « le phénomène de la lorgnette ». |
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Les raisonnements émotifs |
vous présumez que vos sentiments les plus sombres reflètent nécessairement la réalité des choses : « C’est ce que je ressens, cela doit donc correspondre à une réalité. |
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Les « dois » |
vous essayez de vous motiver par des « je devrais… » ou des « je ne devrais pas… » comme si, pour vous convaincre de faire quelque chose, il fallait vous battre ou vous punir. Ou par des « je dois ». Et cela suscite chez vous un sentiment de culpabilité. |
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L’étiquetage |
il s’agit là d’une forme extrême de généralisation à outrance. Au lieu de qualifier votre erreur, vous vous apposez une étiquette négative. Les erreurs d’étiquetage consistent à décrire les choses à l’aide de mots très colorés. |
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La personnalisation |
vous vous considérez responsable d’un événement fâcheux dont, en fait, vous n’êtes pas le principal responsable. |
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Source : Burns, David D, Être bien dans sa peau, Héritage, 2005. |
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Bien que ces distorsions soient souvent recensées par la psychologie cognitive (notamment par David Burns), elles sont ici envisagées sous l’angle philosophique de la « lucidité ». Le biais n’est pas traité comme une pathologie à soigner, mais comme une entrave logique à identifier pour restaurer la liberté de jugement du sujet.
Si l’étude des biais cognitifs nous permet d’identifier les déviations de notre jugement personnel, les travaux de Gaston Bachelard nous rappellent que la pensée doit aussi se libérer d’entraves plus profondes, qu’il nomme les obstacles épistémologiques. En intégrant ce tableau, nous élargissons la perspective du Cabinet « Connais-toi toi-même » : il ne s’agit plus seulement de corriger des erreurs de calcul mental, mais de reconnaître ces « habitudes de l’esprit » qui ferment la porte à la connaissance nouvelle. Identifier ces obstacles, c’est entreprendre une véritable catharsis intellectuelle, indispensable pour que le consultant puisse non seulement « mieux penser », mais accéder à une pensée réellement libre et scientifique, affranchie des séductions de l’immédiat et des mirages du langage. »
Ce texte souligne que les obstacles de Bachelard sont, tout comme les biais cognitifs, des « voiles » à lever pour atteindre cette souveraineté de l’esprit que vous visez.
SOURCES ET PISTES DE RÉFLEXION
- Aaron T. Beck, Principes de thérapie cognitive (Éd. Retz, 2014) : La source de référence pour les distorsions cognitives (généralisation, pensée binaire, etc.). C’est le catalogue technique des « erreurs de calcul » dont vous parlez.
- Gilbert Simondon, Du mode d’existence des objets techniques (Éd. Aubier, 1958) : Pour l’idée du « miroir technique ». Simondon explique que l’intelligence d’un système passe par la compréhension de sa genèse et de son fonctionnement interne, plutôt que par son simple usage.
- Paul Ricœur, Soi-même comme un autre (Éd. du Seuil, 1990) : Notamment sur l’» identité narrative ». Il montre comment nous nous racontons pour nous comprendre, ce qui soutient votre phase de « reconnexion à l’histoire ».
Les sept obstacles à surmonter pour acquérir un esprit scientifique
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1. L’expérience immédiate |
cet obstacle consiste à s’attacher aux aspects pittoresques et spectaculaires d’un phénomène, ce qui empêche d’en voir les aspects importants. (…) |
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2. La connaissance générale |
elle consiste à généraliser trop vite un concept, à tel point qu’il en cache d’autres. (…) |
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3. L’obstacle verbal |
il consiste à mettre un mot à la place d’une explication. On croit avoir expliqué un phénomène alors qu’on n’a fait que cacher son ignorance par un mot généralement à la mode. Molière déjà se moquait des médecins qui, par des mots latins ou des termes compliqués, laissaient croire qu’ils étaient savants alors qu’ils ne comprenaient rien aux maladies. Par exemple, la vertu dormitive de l’opium expliquerait pourquoi l’opium fait dormir ! (…) |
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4. La connaissance pragmatique |
elle consiste à vouloir expliquer un phénomène par son utilité, comme si le monde était organisé comme une gigantesque et merveilleuse machine, dans laquelle chaque pièce a une place et joue un rôle en vue du tout. Les explications les plus mythiques, mais aussi les plus bêtes, ont été données suivant ce procédé : le tonnerre serait le bruit fait par Jupiter fécondant la Terre ; les raies du potiron seraient tracées afin qu’on le découpe en parts égales en f-mille. (…) |
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5. L’obstacle substantialiste |
c’est l’obstacle le plus difficile à éliminer, celui qui revient sans cesse dans les esprits et qui a peut-être constitué le frein le plus important au progrès scientifique. Il consiste à chercher un support matériel, une substance, derrière tout phénomène ou qualité d’un phénomène. En effet, la recherche d’une explication commence souvent par l’hypothèse d’une cause matérielle, d’un substrat solide dont le phénomène ne serait qu’un effet. Par exemple, on croit généralement que les sensations comme la saveur reposent sur des substances (substans, ce qui se tient et se maintient dessous). Les alchimistes croyaient que la couleur dorée de l’or était due à un certain composant chimique qu’il suffirait de lier à un autre métal, comme par exemple le plomb, pour le transformer en or. (…) |
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6. L’obstacle animiste |
il consiste à attribuer à des objets inertes des propriétés des organismes vivants. (…) |
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7. La libido |
cet obstacle consiste à attribuer des caractères sexuels à des phénomènes qui ne relèvent pas de la reproduction. » (…) |
4. L’Objectif : Penser « juste »
« Penser juste » signifie ici atteindre une adéquation avec la réalité présente. C’est dépouiller son regard des filtres du passé pour voir une situation telle qu’elle est. Comme l’exprimait Spinoza, passer de la passion (être agi par des causes ignorées) à l’action (être l’auteur de sa raison). La justesse est une loyauté envers le réel présent.
L’aboutissement est l’autonomie cognitive. Une fois la cartographie des biais établie, le consultant devient son propre « auditeur ». Cette capacité de métacognition, théorisée par Joëlle Proust, permet d’instaurer un espace de discernement. On détecte le signal avant que l’erreur ne se propage. On ne cherche plus un guide extérieur ; on possède sa propre boussole.
Nous défendons l’idée que la compréhension profonde du « comment je pense » est le remède en soi. L’élucidation de la structure suffit souvent à dissoudre le blocage. En comprenant le mécanisme, on cesse de lutter contre soi-même. La clarté ne demande pas de volonté de fer, elle demande une vision juste.
SOURCES ET PISTES DE RÉFLEXION
- Baruch Spinoza, Éthique, Partie III (« De l’origine et de la nature des affects ») : C’est la source métaphysique de votre article. Spinoza démontre que la liberté consiste à comprendre les causes qui nous déterminent. Passer de la « passion » à l’ « action » par la connaissance.
- Joëlle Proust, La métacognition : une introduction (Éd. PUF, 2007) : Source précise pour l’autonomie cognitive. Elle définit comment l’esprit peut s’observer lui-même en train de penser pour corriger ses propres erreurs.
5. Conclusion : Une éthique de la lucidité
La connaissance du fonctionnement de sa pensée est l’outil thérapeutique ultime. En transformant la consultation en un laboratoire de la raison, nous permettons au sujet de se réapproprier sa souveraineté. Comme le prônait Claude Collin, l’acte de penser doit être une appropriation de soi par soi. On ne se contente pas d’aller mieux, on devient plus lucide face à sa propre existence.
Cette démarche ouvre sur une nouvelle liberté : ne plus être l’esclave de ses automatismes, mais l’architecte de sa propre raison. Dans un monde de réflexes, choisir de comprendre son propre « logiciel » est un acte de résistance. La lucidité devient une éthique : celle de ne plus subir sa pensée, mais de l’habiter pleinement, avec une conscience enfin libérée du poids des anachronismes.
SOURCES ET PISTES DE RÉFLEXION
Pour ceux qui souhaitent approfondir les fondements théoriques de ce Cabinet « Connais-toi toi-même », voici les ouvrages de référence qui ont nourri cette réflexion.
- Bourdieu, Pierre, Le Sens pratique, Éditions de Minuit, 1980 (pour approfondir le concept d’habitus et la sédimentation des structures mentales).
- Gori, Roland, La Dignité d’être humain, Éditions Les Liens qui libèrent, 2011 (pour sa critique de la mécanisation de l’existence et de la médicalisation de la souffrance).
- Beck, Aaron T., Principes de thérapie cognitive, Éditions Retz, 2014 (pour la nomenclature technique des distorsions cognitives et des erreurs de logique).
- Collin, Claude, « La philosophie au collégial : une pensée en acte », Revue Critère, n° 10, 1974 (pour la réflexion sur la philosophie comme appropriation de soi par soi).
- Pierron, Jean-Philippe, Le soin est un humanisme, Éditions PUF, 2010 (sur l’importance de l’attention au vécu et au récit singulier dans la démarche de soin).
- Spinoza, Baruch, Éthique, Partie III et IV (pour la théorie du passage de la passion à l’action par la connaissance des causes).
Liste des Annexes
- Le passage de la « Clinique » au « Cabinet
- Programme de consultation
- L’opinion
- Prendre pour vrai ce que je pense
- Le bénéfice du doute : la certitude
- Distinction entre « subir sa pensée » et « examiner sa pensée »
- L’absence de recul faire à ce que l’on pense
- Le Diaphragme de la Compréhension Philosophique
- Tableau : Le Cycle de la Compréhension Philosophique
- Tableau Comparatif : Pensée Immédiate vs Métacognition
- Objectivité & Subjectivité
- L’approche indirecte du système de penser
- Transfert de sensation & Schéma de référence
- Un « Cabinet » plutôt qu’une « Clinique »
- Consultation
- Le cadre physique de la consultation
- Qu’est-ce qu’un « cabinet » ?
- Le mot « compréhension »
- Déclencher une prise de conscience
- Étonnement
- « Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue. »
- L’Étonnement : « Cabinet »connais-toi toi-même » » – Analyse de votre faculté de pensée
- Une première séance type
- Le logotype
- La pensée circulaire – Spirale
- Communication circulaire spiralaire – Méthode de questionnement ou de médiation
- Modèles de communication
- D’étonnement en étonnement
- « Une vie qui n’est pas examinée ne vaut pas la peine d’être vécue. »
- « Une pensée sans examen ne vaut pas la peine d’être pensée »
- L’Approche « Problem-Directed » au Cabinet Étonnement
- Le désir du client









