Article # 176 – Nouvelle édition gratuite : L’enseignement de la philosophie, essai de didactique expérimentale, Claude Collin, nouvelle édition Hommage

Cette nouvelle édition de l’ouvrage

L’ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE

Essai de didactique expérimentale  

du professeur de philosophie

CLAUDE COLLIN (1925-2018)

se veut un hommage à ce pionnier

de la didactique de l’enseignement de la philosophie

dans nos Collèges d’enseignement général et professionnel (Cégep).

 CLAUDE COLLIN (1925 – 2018)

L’EXPÉRIENCE PHILOSOPHIQUE

Essai de didactique expérimentale

NOUVELLE ÉDITION HOMMAGE

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2026, 125 pages.

Copyright © Claude Collin 1974

Tous droits réservés. Toute reproduction de ce livre, en totalité ou en partie, par quelque moyen que ce soit, est interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur. Tous droits de traduction et d’adaptation, en totalité ou en partie, réservés pour tous les pays. La reproduction d’un extrait quelconque de ce livre, par quelque moyen que ce soit, tant électronique que mécanique, et en particulier par photocopie et par microfilm, est interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

Disponible en version numérique uniquement

ISBN 978-2-89612-670-5

Dépôt légal – 1er trimestre 2026

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Bibliothèque et Archives Canada

Imprimé en format numérique (PDF) au Québec

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Édité par la Fondation littéraire Fleur de Lys, organisme sans but lucratif, éditeur libraire québécois sans but lucratif en ligne sur Internet en collaboration avec l‘Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques


TEXTE DE LA QUATRIÈME DE COUVERTURE

INSTITUT DE RECHERCHES DIDACTIQUES DE LAVAL INC.

Claude Collin et Zdenko Osana sont co-fondateurs de l’Institut de Recherche Didactiques de Laval Inc. Cet organisme se spécialise en recherches scientifiques à partir de problèmes concrets rencontrés par les responsables de l’éducation, à tous les niveaux, en vue de l’amélioration de l’enseignement.

« Il s’agit d’un travail sérieux, exposé avec soin, qui peut être d’une grande utilité dans la crise que connaît l’enseignement de la philosophie dans nos collèges. Il sera certainement bien accueilli de tous ceux qui s’intéressent à cet enseignement. »

Henri-Paul Bergeron,
D.Ph. (Université de Paris)

« Cette étude, la première en son genre, répond au besoin impérieux de doter l’enseignement de la philosophie au Cegep d’une base scientifique, joignant le vécu au concept, l’information à la réflexion critique, et permettant à cette discipline de maintenir sa raison d’être, facilement compromise, autant par des fantaisies intuitives que par des discours dogmatiques, quand ce n’est par sa dissolution dans d’autres disciplines. »

Jamil Haddad, Ph. D.
(Université de Montréal), M.A.Sc. s. (Laval)

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TABLE DES MATIÈRES

ÉDITION CONJOINTE

Fondation littéraire Fleur de Lys

Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques

Présentation du livre par ChatGPT

L’Objectif Central

1. La Critique des méthodes actuelles

2. Le Modèle Didactique : Information — Transformation — Évaluation

3. Les Outils : Les Fiches de Travail

4. Les Résultats de l’Expérimentation

Conclusion du livre

Page de Faux titre de l’édition originale

Page de Grand titre de l’édition originale

Page des droits d’auteur et ISBN de l’édition originale

Droits d’auteur de la nouvelle édition

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

CHAPITRE I  PROBLÉMATIQUE DE L’ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE

A) L’état actuel de l’enseignement de la philosophie

1) La tendance « idéologiste »

2) La tendance « psychologiste »

3) La tendance empiriste

B) Les conditions d’une recherche scientifique en pédagogie

1) Le fait pédagogique

2) Le traitement scientifique

3) Possibilité d’une didactique de la philosophie

C) Limite et portée de ce travail

CHAPITRE II  DIDACTIQUE ET PÉDAGOGIE — DIDACTIQUE ET PHILOSOPHIE

A) Didactique et pédagogie

1) Le sujet de l’enseignement philosophique

2) L’enseignant

3) Les objectifs

4) Méthodologie et moyens didactiques

B) Une didactique de la philosophie

1) Premier aspect: l’objet de la « pédagogie expérimentale », en philosophie

2) Deuxième aspect: le contenu de la pédagogie expérimentale

3) Troisième aspect: la méthode

C) Conclusion

CHAPITRE III  ÉLABORATION DE LA MÉTHODE PÉDAGOGIQUE

A) Symbiose entre la méthode philosophique et la méthode d’apprentissage

1) L’acquisition d’une nouvelle information

2) La transformation

3) La vérification

B) Les étapes de l’apprentissage philosophique

C) Les conditions générales de l’expérimentation

1) Les objectifs

2) Le contenu

3) Les résultats

CHAPITRE IV MÉTHODE PRÉPHILOSOPHIQUE : ÉLÉMENTS D’EXPÉRIMENTATION

A) La méthode

1. Ce que l’enseignant est censé faire

2 Ce que l’étudiant est censé faire

B) Éléments d’expérimentation

1 Le problème expérimental

2 La recherche

V) CONCLUSIONS GÉNÉRALE

VI) ANNEXES

ANNEXE I – Exemples du procédé fondamental observé chez les philosophes

ANNEXE II – Exemples de travaux des étudiants

DEUXIÈME ÉPREUVE

TEXTE III – TYPE III

Bibliographie

QUATRIÈME DE COUVERTURE

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EXTRAITS

INTRODUCTION

Afin de donner à l’enseignement de la philosophie, au niveau des Collèges d’Enseignement Général et Professionnel (CEGEP), un peu de crédibilité et d’objectivité, et en vue de contribuer, d’autre part, à l’effort commun qui se fait dans le domaine de l’enseignement de cette discipline à travers tout le Québec depuis la réforme de l’Éducation au début des années 60, nous nous sommes assigné la tâche de concilier deux tendances qui, jusqu’à présent, étaient antagonistes, et qui pourraient, à la condition d’être bien comprises, contribuer grandement à la solution des problèmes pédagogiques dans nos écoles.

En effet, il s’agit de donner à l’enseignement empirique de la philosophie l’appui de la pédagogie scientifique, c’est-à-dire, de soumettre l’enseignement de cette discipline au même genre de contrôle qui régit, mutatis mutandis, l’enseignement des branches scolaires élémentaires. Nous nous sommes efforcés de démontrer la possibilité de cette jonction, pourvu que l’enseignement soit conduit de telle façon que l’apprentissage de la discipline réponde aux trois grands facteurs contrôlables, à savoir : le contenu, la tâche à accomplir et les résultats (didactique expérimentale).

En prenant comme postulat que les constantes du travail fondamental des philosophes comportent trois étapes (l’information, l’analyse suivie de la problématisation, et la solution des problèmes), nous traduisons cette activité mentale des philosophes en termes d’apprentissage scolaire. À l’information correspond la description des expériences particulières ou collectives des étudiants; à l’analyse et à la problématisation correspond la transposition des données de l’expérience en termes philosophiques ; et, à l’argumentation philosophique correspond la détermination du sens philosophique du contenu.

Sur le plan psycho-pédagogique, les trois étapes précitées se traduisent comme suit : la première activité mentale de l’étudiant consiste à isoler et identifier les éléments cognitifs (concepts); la deuxième étape correspond au remplacement des concepts ordinaires par des concepts philosophiques correspondants ; et la troisième consiste à établir des relations entre les éléments ainsi constitués.

Sur cette base philosophico-psycho-pédagogique, nous avons construit une méthode d’enseignement à laquelle nous avons soumis les étudiants pendant un semestre. Les résultats de la deuxième épreuve de contrôle montrent un acquis net des opérations mentales proposées, mais ils devront être confirmés lors d’épreuves subséquentes.

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Présentation du livre par ChatGPT

L’Objectif Central

Ce livre propose une réforme profonde de l’enseignement de la philosophie au niveau collégial (Cégep) au Québec. Les auteurs partent d’un constat de crise : l’enseignement traditionnel (souvent magistral ou purement historique) ne parvient plus à rejoindre les étudiants, particulièrement ceux des secteurs professionnels. L’objectif est de transformer la philosophie d’un « discours transmis » en une habileté mentale acquise grâce à une approche scientifique et expérimentale.

1. La Critique des méthodes actuelles

Les auteurs identifient trois dérives majeures dans l’enseignement de l’époque :

La tendance « idéologiste » : Utiliser la philosophie pour transmettre une vision du monde préétablie (souvent sociologique), négligeant le processus mental de l’étudiant.

La tendance « psychologiste » : Se concentrer sur le bien-être ou la motivation du groupe (type Carl Rogers) sans structure intellectuelle rigoureuse.

La tendance « empiriste » : S’en remettre à l’intuition du professeur, ce qui rend les résultats aléatoires et impossibles à mesurer.

2. Le Modèle Didactique : Information — Transformation — Évaluation

Pour remédier à cela, Collin et Osana proposent un cycle d’apprentissage structuré en trois phases, calqué sur la démarche scientifique mais adapté à la réflexion conceptuelle.

A. La phase d’Information

Au lieu de commencer par des textes d’auteurs abstraits, les auteurs préconisent de partir de l’expérience vécue de l’étudiant (le travail, la technique, la liberté). L’étudiant doit d’abord

C’est ici que l’étudiant apprend à « philosopher ». Il doit soumettre son expérience à des opérations mentales rigoureuses :

L’analyse conceptuelle : Définir les termes, distinguer les sens, passer de l’anecdote au concept.
La problématisation : Identifier des contradictions ou des tensions logiques dans le sujet étudié.

C. La phase d’Évaluation

Contrairement à la dissertation classique souvent subjective, l’évaluation ici est comportementale. On mesure si l’étudiant est capable d’exécuter des tâches précises (ex: « Distinguer nécessité et liberté dans tel exemple »). Le but est de mesurer un véritable changement de comportement mental.

3. Les Outils : Les Fiches de Travail

L’innovation majeure réside dans l’utilisation de fiches de travail. Ces guides forcent l’étudiant à décomposer sa pensée étape par étape. Le professeur change de rôle : il devient un « gestionnaire de laboratoire » qui accompagne l’étudiant dans sa manipulation des concepts, plutôt qu’un conférencier.

4. Les Résultats de l’Expérimentation

Le livre présente les résultats d’une année de tests en secteur professionnel. Les auteurs observent que :

Les étudiants progressent par paliers (déblocages cognitifs).
L’intérêt est décuplé lorsque le matériau de base est significatif pour eux.
La rigueur argumentative peut être quantifiée et améliorée de manière constante.

Conclusion du livre

L’ouvrage conclut que la philosophie peut et doit devenir une didactique scientifique. En isolant les opérations mentales propres à la philosophie (définir, analyser, synthétiser), on permet à l’étudiant d’acquérir une autonomie de jugement durable, loin des « fantaisies intuitives » ou du dogmatisme.


REVUE DE PRESSE


AU SUJET DE L’AUTEUR

Claude Collin

1925 – 2018

Claude Collin était un professeur de philosophie reconnu au Cégep du Vieux Montréal.

Il fut considéré comme un pionnier dans le domaine de la didactique de la philosophie au Québec. Ses travaux portaient principalement sur l’expérience philosophique et la pédagogie de la pensée critique.

Publications majeures

Il a publié plusieurs ouvrages essentiels pour l’enseignement collégial :

  • L’Expérience philosophique : essai de didactique expérimentale (1977), publié chez Bellarmin.
  • L’enseignement de la philosophie : essai de didactique expérimentale (1974), coécrit avec Zdenko Osana.
  • L’Initiation philosophique en quatre leçons.

Ses recherches au sein du département de philosophie du Cégep du Vieux Montréal visaient à ancrer la philosophie comme une activité concrète répondant aux besoins pédagogiques des étudiants.


« Études, revues et livres publiés récemment. » Revue des sciences de l’éducation, volume 5, numéro 2, printemps 1979, p. 312–338. https://doi.org/10.7202/900113ar

EXTRAIT

Thèse universitaire Élaboration de stratégies pour l’enseignement de la pensée critique dans les cours de philosophie au collégial par Romain Beaulieu

UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE – Élaboration de stratégies pour l’enseignement de la pensée critique dans les cours de philosophie au collégial par Romain Beaulieu – Essai présenté à la Faculté d’éducation en vue de l’obtention du grade de Maître en éducation (M.Éd.) Maîtrise en enseignement Août 2005 – © Romain Beaulieu, 2005

Le monde de l’édition
Le succès de Bellarmin: Les Vieux m’ont conté, par Clément Trude, Le devoir, 1979-04-25, Collections de BAnQ.

À CONSULTER EN LIGNE

Collin, Claude – L‘enseignement de la philosophie – Cuestiones de Filosofía, núm. 10, 2008, pp. 7-22 / Universidad Pedagógica y Tecnológica de Colombia

Collin, C. (1981). Critique d’une critique (Réponse à Louise Marcil-Lacoste).
Philosophiques, 8(1), 149–166. https://doi.org/10.7202/203155ar

Le test de PERPE/PHILO et la problématique de l’enseignement de la philosophie – Variante du titre:Prospectives – Collin, Claude, 1925-; Osana, S.A.; Centre d’animation, de développement et de recherche en éducation


DU MÊME AUTEUR


COLLIN, Claude. L’enseignement de la philosophie. Montréal, Bellarmin, 1974.

COLLIN, Claude. L’expérience philosophique. Montréal, Bellarmin, 1978.

COLLIN, Claude. Initiation philosophique en quatre leçons. Montréal, Bellarmin, [v. 1979].

COLLIN, Claude ; OSANA, Zdenko. « Le test PERPE/PHILO et la problématique de l’enseignement de la philosophie », Prospectives, 7(5), 1971, p. 282-286.


1. MÉTHODE DE RECHERCHE PHILOSOPHIQUE

COLLIN, Claude, Méthode de recherche philosophique : à l’usage de ceux et celles qui désirent s’initier à la philosophie, Sainte-Foy, Québec, Éditions Le Griffon d’argile, 1990, 80 pages

L’auteur propose une méthode de recherche ou de réflexion philosophique qui a l’avantage d’être à la portée de tous les étudiants du niveau collégial. Cette méthode offre à chacun la possibilité d’élaborer sa propre philosophie, à son rythme, selon ses possibilités et selon son niveau de cours.

Compte rendu par : Raymond Bélanger.

Un compte-rendu du Professeur Raymond Bélanger du Collège Montmorency

Claude, COLLIN
Méthode de recherche philosophique
À l’usage de ceux et celles qui désirent s’initier à la philosophie
Les Éditions le Griffon d’argile, 1990.

« Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage ». Ces paroles de Boileau, extraites de son art poétique, reflètent bien l’intérêt de l’auteur qui, depuis plus de 20 ans, élabore et raffine une didactique de la philosophie. Mais cette dernière publication est plus qu’un chemin (méthode) à suivre pour enseigner la philosophie au collégial, c’est aussi et surtout l’exposition d’une problématique philosophique millénaire inaugurée par Socrate , reprise par Platon , perpétuée par tous les rationalistes qui font confiance en la raison.

Le problème de fond traité par cette tradition, adapté par l’auteur pour des étudiants du collégial, est la possibilité pour la raison d’accéder à la conceptualisation à l’analyse propositionnelle et à la problématisation. Comment dépasser la connaissance commune (l’opinion et le vécu psychologique immédiat) et l’élever jusqu’à l’ordre du concept et de la pensée critique. À tous les rationalistes, pédagogues qui ont encore foi en la lumière du concept et de la rationalité pour comprendre, expliquer et transformer la réalité, ce livre peut être d’un excellent secours. Mais le grand bénéficiaire est encore l’étudiant puisque cette méthode philosophique l’initie à un art de penser qui ne se limite pas aux premières impressions perçues dans tout phénomène. Il s’agit d’une dialectique ascendante qui conduira l’étudiant vers la logique et les grandes thématiques philosophiques.

Cette version moderne de la dialectique platonicienne (ascension de l’âme vers l’intelligible), déjà illustrée dans l’allégorie de la caverne, mérite une attention particulière à cette époque où certains philosophes se questionnent sur la pertinence, l’efficacité de l’enseignement de la philosophie.

L’auteur à partir de trois expériences de réflexion se fondant sur le vécu, le conçu et la critique ou vérification (problématisation) remet en évidence l’objet de la méthode même de la philosophie. En arrière fond à ce projet sont exposés trois objectifs : comment développer chez nos étudiants, à partir d’une méthode et d’un contenu spécifiquement philosophiques, une pensée personnelle, une pensée libre et une pensée critique?

Voilà des objectifs pertinents, très philosophiques, qu’illustrent les trois moments de la réflexion, soutenus par les trois phases de la méthode, toutes deux fondées sur la recherche du sens, l’analyse et la problématisation des diverses expériences vécues par les étudiants. Progressivement, méthode et problématique se fusionnent pour atteindre ces habiletés intellectuelles qui sont au cœur même de toute formation fondamentale au niveau collégial.

Mais comment l’auteur relève-t-il ce défi d’initier des élèves à une réflexion typiquement philosophique assise non seulement sur une culture savante, mais aussi et surtout sur une culture populaire, i.e. le vécu de l’étudiant?

L’enjeu est de passer d’une pensée commune à une pensée philosophique qui se construit progressivement. Ce livre expose une « une philosophie en marche » qui permet de dépasser le monde de l’opinion, de la pensée spontanée, des visions pratiques, du langage courant, des conclusions particulières, pour accéder à une pensée rationnelle caractérisée par la recherche du sens, de conclusions générales, d’énoncés de principe, de définitions. Tout philosophe reconnaît, d’une part, les ombres de la caverne platonicienne projetées sur l’écran opaque du sensible (l’expérience psychologique immédiate) et, d’autre part, le désir de s’en libérer pour mieux accéder à l’intelligible (l’analyse propositionnelle et la problématisation qui débouche sur des questions métaphysiques).

Si le premier degré de réflexion axé sur l’expérience vécue de l’étudiant cherche, une fois les faits décrits et interprétés, une conclusion générale, celle-ci reste quand même incomplète et nécessite l’analyse propositionnelle ou logique. Cette réflexion ou expérience pré-philosophique, qui se situe maintenant à un niveau d’abstraction plus élevée (les idées), consiste à clarifier la pensée dans ce qu’elle affirme ou nie. Elle favorise ce retour de la pensée sur elle-même qui caractérise la philosophie. Alors, cette fois, l’analyse se situe au niveau du jugement, qui dans un premier temps, réfléchit sur les concepts qui le composent, sur leur rapport (identité, attribution, causalité, proportion … ), pour analyser ensuite les diverses prises de position possibles vis-à-vis cette idée (proposition contraire, opposée, contradictoire).

Cette analyse logique culmine dans l’effort de dégager des concepts secondaires et un concept central où apparaît le véritable problème qui, selon l’auteur, émerge dans le rapport entre les deux concepts qui doivent se dans un troisième, sorte de synthèse des deux premiers. Ainsi dans la proposition l’amour implique la liberté » (p. 71) surgit la proposition contraire, « l’amour est aveugle » ou encore « implique la responsabilité », l’obligation. Comment solutionner le problème? La volonté, synthèse de l’amour et de la liberté, est ce troisième terme qui harmonise les contraires.

Une fois le travail d’analyse terminé, nous accédons à la phase vraiment philosophique de la réflexion, i.e. la critique de sa pensée en la confrontant à des auteurs. L’émergence du problème entrevu dans la finale de la deuxième étape nous conduit donc au troisième degré de réflexion, fondé sur le processus de problématisation qui permet non seulement de solutionner le problème, mais aussi de vérifier sa solution à même les grands courants de la philosophie. D’où le choix d’une méthode pour mieux discuter, la consultation de la philosophie écrite et l’extension de ses propres conclusions à d’autres domaines. Parvenir « au fond des choses », voilà l’attitude véritablement philosophique. Ce « pourquoi » ne saurait s’articuler sans se référer à une méthode de discussion puisée dans la tradition philosophique : la dialectique thèse-antithèse, les quatre causes décrites déjà par Aristote, et la normalité (ce qui devrait être et ce qui est cohérent). Vient ensuite la confrontation de notre pensée avec celle des auteurs. Qu’est-ce que les auteurs ont dit sur certains problèmes et concepts que l’étudiant a lui-même dégagés suite à l’analyse propositionnelle et à la méthode de discussion. Qu’ont-ils dit relativement aux problèmes de la vérité, de la valeur, de l’être. Toute hypothèse de travail se doit d’être vérifiée.

Ce compte rendu serait incomplet si nous n’exprimions pas les avantages et les difficultés d’une telle méthode ou didactique de la philosophie. L’objet et l’enjeu réel de la philosophie est la pensée et son développement selon une méthode spécifique, différente des méthodes utilisées dans d’autres disciplines. Si le point de départ de cette méthode a quelques affinités avec la méthode scientifique du fait que cette dernière se fonde sur l’empirisme, la méthode philosophique, parce qu’elle est une expérience conceptuelle et de problématisation, est surtout une distanciation progressive de l’expérience psychologique, grâce à ce retour réflexif de la pensée sur elle-même qu’assurent l’analyse propositionnelle et les méthodes de discussion d’un problème.

L’auteur s’attaque à ce difficile passage du monde de l’apparaître vers le monde de l’être que seule une réflexion abstraite permet. Selon nous, cette méthode donne des résultats positifs. D’une part, elle se fonde sur une expérience immédiate de l’étudiant (son vécu), respecte le cheminement progressif de la pensée et évite ainsi d’exposer des notions souvent trop difficiles et sans signification véritable pour l’étudiant. D’autre part, elle intègre, toujours à partir du vécu de l’étudiant, la logique, les questions épistémologiques (causalité, être, valeur, vérité) et l’histoire de la philosophie.

Enfin nous croyons que les difficultés que nous rencontrons dans nos cours pour faire le passage d’une pensée concrète à une pensée abstraite s’amenuisent du fait que l’expérience soit le point de départ de cette méthode.

Le vécu est une excellente source de motivation pour présenter et intégrer d’une manière pédagogique les problématiques philosophiques du cours 340-101 que sont les trois opérations de l’esprit: le concept, la proposition et le raisonnement.
Si les thèmes et synthèses philosophiques sont éternels, il y a dans cette création méthodologique de l’auteur un rajeunissement dans la présentation des contenus. Le désir d’apprendre, de connaître, n’émerge-t-il pas de l’expérience commune (le vécu psychologique immédiat)? Il s’agit d’un procédé pédagogique élémentaire. Quand une situation personnelle prend du sens, elle suscite une compréhension plus profonde de l’ordre de la logique et de la vérification, bref de l’ordre de la rationalité. Alors la philosophie devient significative et vivante.

Raymond BÉLANGER
Collège Montmorency


Publicité dans la revue Relations, octobre 1979

Relations, 1979-10, Collections de BAnQ.

Mention

Compte rendu dans la revue Revue des sciences de l’éducation

Volume 5, numéro 2, printemps 1979, p. 312–338

« Études, revues et livres publiés récemment. » Revue des sciences de l’éducation, volume 5, numéro 2, printemps 1979, p. 312–338. https://doi.org/10.7202/900113ar

Intervention au XVIIe Congrès mondiale de la philosophie, 1983

Intervention de Claude Collin, professeur de philosophie au Cégep du Vieux-Montréal lors du XVIIe Congrès mondial de la philosophie sous le thème « Philosophie et culture » qui s’est tenu à Montréal en 1983.

L’enseignement de la philosophie

Sur les conditions de l’enseignement de la philosophie

PRÉSENTATION

Il y a quelques années le Département de Philosophie du Cégep du Vieux-Montréal effectuait une recherche sur les problèmes pédagogiques tels que perçus par les étudiants et les professeurs. Les résultats révèlent une concordance sur au moins deux points : le langage et le type de réflexion exigés en philosophie constituaient les difficultés les plus constantes tant du point de vue des étudiants que des professeurs.

Ce problème n’est pas nouveau, surtout au niveau pré-universitaire. Chaque enseignant utilise toutes les ressources de son art pour surmonter ces difficultés. Sans doute la psychologie et la pédagogie scientifiques peuvent-elles être d’une aide précieuse en ce domaine ?

J’ai pensé qu’il serait peut-être possible d’étudier le comportement mental ou psychologique des étudiants dans leur processus d’apprentissage philosophique.

Comment réagissent-ils face aux tâches que nous exigeons d’eux et que nous croyons être nécessaires à tout apprentissage philosophique ? La connaissance de ces réactions peut-elle nous aider à inventer les moyens susceptibles de leur permettre une initiation satisfaisante à la philosophie ?

Afin de répondre à ces questions, nous avons proposé aux étudiant(e)s différentes tâches et nous avons étudié ensuite leurs travaux (environ deux mille).

  1. L’analyse d’une pensée
  2. La formulation d’une expérience vécue
  3. La problématisation

Il serait trop long de communiquer ici les résultats détaillés des analyses des travaux des étudiants face à ces différentes tâches. Mais je crois qu’ils ont permis d’esquisser un profil mental assez réaliste de ces étudiant(e)s et ensuite de proposer un agencement de ces opérations mentales qui permet à l’étudiant(e) de vivre une expérience philosophique valable.

Le comportement de l’étudiant(e) reproduit toutes les caractéristiques de la pensée commune (c’est-à-dire, la réflexion spontanée) entièrement orientée vers le concret : fait, tactique, stratégie d’action. Les implications conceptuelles lui échappent. Très peu sont capables d’analyse conceptuelle. Il accepte facilement des schémas d’interprétation courants ou des idées toutes faites. Il découvre plus facilement un problème technique et sa solution qu’un problème philosophique.

Tenant compte de ces tendances et de ces difficultés, il est possible de leur communiquer une méthode de réflexion à partir de leur vécu qui les mène jusqu’à une problématique philosophique.

Cette méthode comporte trois phases qui constituent une triple organisation de la pensée :

  1. La formulation d’une expérience vécue comprise :
    • description des faits
    • recherche d’explication et d’interprétation
    • conclusion générale
  2. L’analyse propositionnelle de cette conclusion d’où surgit le problème philosophique
  3. La vérification philosophique :
    • comparaison de sa pensée personnelle avec la pensée de ceux qui ont abordé cette question
    • discussion par discrimination

En conclusion, je dirais que l’apprentissage d’une méthode de réflexion facilite l’apprentissage philosophique bien qu’elle ne dispense pas de cours bien structurés destinés à présenter les connaissances philosophiques indispensables à l’élaboration de toute philosophie.

Références :

  • C. Collin, L’Enseignement de la philosophie, Montréal : Institut de recherches didactiques, 1974.
  • C. Collin, L’Expérience philosophique. Essai de didactique expérimentale, Montréal : Bellarmin, 1978.

La philosophie comme activité

Claude Collin, Montréal

Il y a quelques années le Département de Philosophie du Cégep du Vieux-Montréal effectuait une recherche sur les problèmes pédagogiques tels que perçus par les étudiants et les professeurs. Les résultats révèlent une concordance sur au moins deux points : le langage et le type de réflexion exigés en philosophie constituaient les difficultés les plus constantes tant du point de vue des étudiants que des professeurs.

Ce problème n’est pas nouveau, surtout au niveau pré-universitaire. Chaque enseignant utilise toutes les ressources de son art pour surmonter ces difficultés. Sans doute la psychologie et la pédagogie scientifiques peuvent-elles être d’une aide précieuse en ce domaine ?

J’ai pensé qu’il serait peut-être possible d’étudier le comportement mental ou psychologique des étudiants dans leur processus d’apprentissage philosophique.

Comment réagissent-ils face aux tâches que nous exigeons d’eux et que nous croyons être nécessaires à tout apprentissage philosophique?? La connaissance de ces réactions peut-elle nous aider à inventer les moyens susceptibles de leur permettre une initiation satisfaisante à la philosophie??

Afin de répondre à ces questions, nous avons proposé aux étudiant(e)s différentes tâches et nous avons étudié ensuite leurs travaux (environ deux mille).

  1. L’analyse d’une pensée
  2. La formulation d’une expérience vécue
  3. La problématisation

Il serait trop long de communiquer ici les résultats détaillés des analyses des travaux des étudiants face à ces différentes tâches. Mais je crois qu’ils ont permis d’engendrer un profil mental assez réaliste de ces étudiant(e)s et ensuite de proposer un agencement des opérations mentales qui permet à l’étudiant(e) de vivre une expérience philosophique valable.

L’analyse d’une pensée (de l’étudiant(e)) reproduit toutes les caractéristiques de la pensée comme réflexion (c’est-à-dire, la réflexion sentante) entièrement orientée vers le concret factuel, l’action, la stratégie d’action. Les implications conceptuelles lui échappent. L’étudiant(e) a de la difficulté à concep­tualiser, de même que les schémas de l’interprétation courants ou des idées toutes faites. Il découpe plutôt facilement un problème d’opinion suivant la logique des valeurs qu’il privilégie.

Toutefois, même si le niveau de répression philosophique est élevé, il est possible de communiquer une méthode de réflexion à partir de leurs façons de voir les choses, même si elles ne nous apparaissent pas toujours cohérentes.

Cette méthode comporte trois phases qui constituent une triple organisation de la pensée?:

1- la formulation d’une expérience vécue comprise :

  • description des faits
  • description de l’attente et d’interprétation
  • conclusion générée

2- L’analyse propositionnelle de cette conclusion d’où surgit le problème philosophique
3- La vérification philosophique :

  • comparaison de sa pensée personnelle avec la pensée de ceux qui ont abordé cette question
  • discussion par discrimination

En conclusion, je dirai que l’apprentissage d’une méthode de réflexion facilite l’apprentissage philosophique bien qu’elle ne dispense pas de poser un certain nombre de grandes questions philosophiques indispensables à l’élaboration de toute philosophie personnelle.

Voir C. Collin, L’enseignement de la philosophie, Montréal, Institut de recherches didactiques, 1974.

Voir C. Collin, L’Expérience philosophique. Essai de didactique expérimentale, Montréal : Bellarmin, 1978.


Débat au sujet de la proposition de didactique de l’enseignement de la philosophie

« On peut comprendre le désarroi des professeurs de philosophie du collégial qui retrouvent très peu à l’intérieur de leur discipline les dispositifs pédagogiques pour enseigner la pensée critique. C’est comme si les considérations pédagogiques entourant le développement de la pensée critique étaient naturellement psychologiques. On connaît bien, au Québec, les travaux de Jacques Boisvert, professeur de psychologie au Cégep St-Jean-sur-Richelieu, sur le développement de la pensée critique dans le contexte collégial. Il faut cependant regretter que les travaux de pionnier de Claude Collin, professeur de philosophie, maintenant à la retraite du Cégep du Vieux-Montréal n’aient pas été aussi remarqués. »

Source : UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE – Élaboration de stratégies pour l’enseignement de la pensée critique dans les cours de philosophie au collégial par Romain Beaulieu – Essai présenté à la Faculté d’éducation en vue de l’obtention du grade de Maître en éducation (M.Éd.) Maîtrise en enseignement Août 2005 – © Romain Beaulieu, 2005


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DOCUMENT # 1/2 Hommage à Claude Collin, professeur de philosophie, pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial. Cliquez ici pour télécharger votre exemplaire numérique gratuit (PDF).
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Quatre livres numériques à télécharger gratuitement

Initiation philosophique en quatre leçons, Claude Collin, Éditions Le Griffon d’argile, 1994

L’expérience philosophique, essai de didactique expérimentale, Claude Collin, Montréal, Bellarmin, 1978

L’enseignement de la philosophie, essai de didactique expérimentale, Claude Collin, Montréal, Bellarmin, 1974

Méthode de recherche philosophique, Claude Collin, Édition le Griffon d’argile, 1990.


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