Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Portrait de Socrate. Marbre, œuvre romaine du Ier siècle, peut-être une copie d'un bronze perdu réalisé par Lysippe.
Portrait de Socrate. Marbre, œuvre romaine du Ier siècle, peut-être une copie d’un bronze perdu réalisé par Lysippe. Collection du Louvre. This file is licensed under the Creative Commons Attribution-Share Alike 2.5 Generic license. Attribution: Sting

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

J’ai trouvé ce mémoire alors que je cherche à démontrer que LA philosophie existe tout autant que LES philosophies contrairement à certaines affirmations. Et, à mon humble avis, à la base de LA philosophie se trouve l’esprit critique à acquérir et à développer. Sans cet esprit critique, il m’apparaît impossible d’élaborer sa propre philosophie et d’aborder LES philosophies.

Stéphanie Déziel nous fait la démonstration de l’importance de l’esprit critique appliqué à son développement au sein de la société de consommation.


Extrait reproduit avec l’aimable autorisation de Stéphanie Déziel. Merci !

STEPHANIE DEZIEL

Formation de l’esprit critique et société de consommation

Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures de l’Université Laval dans le cadre du programme de maîtrise en philosophie pour l’obtention du grade de Maître es arts (M.A.)

FACULTE DE PHILOSOPHIE – UNIVERSITÉ LAVAL – QUÉBEC – 2010
© Stéphanie Déziel, 2010

Téléchargement

Cliquez ici pour télécharger l’intégral de ce mémoire (PDF)   ou ici

Résumé

Dans ce mémoire nous avons cherché à comprendre comment former l’esprit critique des jeunes dans une société de consommation. Dans cette société, les individus sont obsédés par la recherche du bien-être matériel et par la réussite sociale. Il s’ensuit qu’ils n’utilisent pas leur pensée critique et sont trop souvent conformistes. Nous tenterons de démontrer que les cours de philosophie peuvent les aider à former leur esprit critique et à choisir une forme de vie réellement significative. Selon nous, ces cours devraient s’inspirer surtout de la méthode pédagogique de Socrate, nommée maïeutique, et laisser une grande place à la culture littéraire pour atteindre ce but. Cette recherche s’articulera autour de cinq axes, à savoir : la société de consommation; l’importance de former l’esprit critique; Socrate et la formation de l’esprit critique; Socrate comme modèle pour l’enseignement de la philosophie et enfin culture et esprit critique.


Extrait

Chapitre III : Socrate et la formation de l’esprit critique

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…)

Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

L’enseignement de Socrate n’est en rien celui d’un professeur qui donne des cours théoriques à ses étudiants. L’école de Socrate c’était l’agora, l’espace public où il se provenait, abordait ses concitoyens et les interrogeait sans cesse. C’est de cette rencontre que pouvait jaillir la vie de l’esprit. En effet, lorsque Socrate rencontrait un citoyen d’Athènes, il ne lui apprenait pas un savoir déjà tout fait, mais il le questionnait. Alors l’esprit de son interlocuteur s’échauffait, Socrate l’amenait à penser par lui-même et formuler ses propres réponses. L’objectif de la méthode éducative de Socrate est donc la formation de l’esprit critique. Cette méthode s’appelle la maïeutique. Dans son livre Considérations morales, Hanna Arendt explique que nous pouvons entrevoir la méthode de Socrate à travers trois métaphores, Socrate est à la fois une sage-femme, un taon et une raie-torpille.

3.1- Socrate l’accoucheur des esprits

Penser de façon critique, frayer le chemin de la pensée à travers les préjugés, à travers les opinions et les croyances reçues sans examen, est un vieux souci de la philosophie, que nous pouvons faire remonter, pour autant qu ‘il s’agisse d’une entreprise consciente, à la maïeutique socratique à Athènes.

Arendt, Hannah, Juger. Sur la philosophie politique de Kant.

3.1.1- L’ironie socratique

La maïeutique est, au sens propre, l’art de mener les accouchements, cet art que possèdent les sages-femmes. Dans le livre de Platon, Théétète, Socrate affirme qu’il a le même métier que sa mère qui était sage-femme. Il utilise ce terme au sens figuré, sa méthode, la maïeutique, n’accouche pas les corps mais les esprits. C’est ce qu’il affirme dans le Théêtète : « Mon art d’accoucheur comprend donc toutes les fonctions que remplissent les sages-femmes; mais il digère du leur en ce qu’il délivre des hommes et non des femmes et qu’il surveille leur âme en travail et non leurs corps » . Au cœur de la maïeutique se trouve la question ti esti : qu’est-ce que c’est? Socrate parcourait les rues d’Athènes et arrêtait les citoyens pour leur demander : qu’est-ce que l’amour, la justice, l’amitié, etc. Ses interlocuteurs tentaient alors de définir ces réalités. 11 questionnait souvent ses contemporains sur les thèmes qui les touchaient personnellement et qui leur étaient familiers. Par exemple, s’il rencontrait un général, il le questionnait sur le courage puisque celui-ci devait savoir comment combattre courageusement l’ennemi.

Le moyen utilisé par Socrate pour faire accoucher les esprits de ses interlocuteurs est 1’ironie. L’ironie socratique n’est pas 1’ironie comme nous l’entendons aujourd’hui. Ce n’est pas se moquer de quelqu’un en disant le contraire de ce que l’on veut faire entendre. Elle est plutôt « une attitude psychologique selon laquelle 1’individu cherche à paraître inférieur à ce qu’il est : il se déprécie lui-même » . Socrate paraissait vouloir apprendre quelque chose de son interlocuteur et lui demandait ainsi quelle était sa définition de tel ou tel concept. ll feignait au départ de considérer la position de l’autre comme valable. L’ironie socratique consiste à feindre de donner raison à l’autre et d’adopter son point de vue. C’est ce qu’explique Cicéron : « Socrate, se dépréciant lui-même, concédait plus qu’il ne fallait aux interlocuteurs qu’il voulait réfuter : ainsi pensant une chose et en disant une autre, il prenait plaisir à user habituellement de cette dissimulation que les Grecs appellent « ironie » . Par exemple, dans le dialogue Lachès, Lysimaque et Mélèsias demandent aux militaires Lachès et Nicias de leur expliquer comment donner une bonne éducation à leurs fils pour les rendre courageux. Socrate est convié à participer à la délibération. Il demande alors aux militaires de définir ce qu’est le courage avant de s’entendre sur le moyen d’éduquer les jeunes à développer cette vertu. Alors, Lachès donne sa définition du courage. Socrate feint au départ de considérer sa position comme acceptable, mais par la suite il lui fait admettre toutes les conséquences de cette position. Socrate posait la question « ti esti » dans 1’intention de mettre les hommes en contradiction avec eux-mêmes. Il voulait leur faire prendre conscience qu’ils étaient incapables de dire ce qu’est réellement le courage, la justice, l’amitié, l’amour, etc.

Trop souvent, 1’interlocuteur répondait par un exemple lorsque la question « ti esti » lui est posée. Socrate posait de nouvelles questions relatives à ce cas particulier et amenait l’interlocuteur à donner des réponses contradictoires à sa première réponse. Lachès n’était pas capable de définir le courage, tout ce qu’il pouvait faire c’était de donner des exemples d’actes courageux. Il affirmait entre autres que le courage c’est quand on accepte de rester dans le rang et de repousser l’ennemi, au lieu de prendre la fuite. Socrate avait vite fait de lui donner des contre-exemples. Parfois, il peut être courageux de prendre la fuite. Socrate voulait savoir ce qu’est le courage dans tous les cas. Il voulait découvrir ce qu’il y a d’identique dans toutes les manifestations du courage. Donc, passer de la multiplicité des exemples, dont les manifestations varient selon les circonstances, à une unité. L’interlocuteur devait expliquer ce que ces exemples avaient en commun pour parvenir ainsi au concept de courage. Comme le dit Socrate, il devait découvrir « ce qu’il y a d’identique en toutes ces variétés de courage » . Il cherchait à dégager des phénomènes qu’on appelle beaux, ce qu’est la beauté; des actions que l’on nomme justes, ce que c’est que la justice, etc. Par exemple, dans le Banquet, tous les invités tentent de dire ce qu’est l’amour. Pour Phèdre, 1’amour est un Dieu; pour Pausanias, il y a deux sortes d’amour : un céleste et un populaire, et ainsi de suite. Il y a tellement de façons de se représenter l’amour; pourtant Socrate voulait aller vers une connaissance de l’amour qui englobe toutes les autres. Le concept universel de l’amour. La personne soumise au questionnement ironique de Socrate devait tenter de définir ce concept universel de la pensée.

De même que la sage-femme examine de près l’enfant qui vient de venir au monde, de même Socrate examinait consciencieusement les définitions proposées par ses interlocuteurs. Dans le Théétète, Socrate invite Théétète à définir la nature de la science. Il en est incapable. Socrate lui dit qu’il faut trouver une définition unique pour désigner la pluralité des connaissances. Théétète explique à Socrate qu’il est incapable de définir la nature de la science, mais qu’en même temps, il est tourmenté par cette définition, il veut à tout prix la trouver. Socrate lui explique alors la cause de son tourment : « C’est que tu es en butte aux douleurs de l’enfantement, mon cher Théétète, parce que ton âme n’est pas vide, mais grosse » . Théétète souffre, car il porte bel et bien en lui la réponse au questionnement de Socrate, mais il ne parvient pas à l’exprimer seul. Il a besoin de l’aide de Socrate pour la faire émerger. Il est ainsi semblable à une femme enceinte qui doit être délivrée par une sage-femme. Ainsi sont tous les interlocuteurs de Socrate. L’art de l’accoucheur des âmes consiste à délivrer les autres des pensées dont ils sont gros pour examiner, une fois qu’elles ont vu le jour, si elles sont viables ou non. Par ses questions, Socrate tourmente ses interlocuteurs. C’est le cas de Lachès. Le général croyant être le spécialiste du courage découvert qu’il ne savait pas réellement ce qu’est une action courageuse. Socrate voulait faire sentir à son interlocuteur son erreur, non pas en la réfutant directement, mais en l’exposant pour que l’absurdité de son discours lui apparaisse clairement. L’interlocuteur passe donc ainsi de la certitude aux doutes. Le but de Socrate était qu’ils découvrent qu’ils souffrent du pire des maux, celui de la double ignorance.

§ 3.1.2- La double ignorance

Socrate voulait que les citoyens découvrent leur propre ignorance face à ces réalités primordiales de la vie. Grâce à la réfutation, il emplissait la tête de son interlocuteur de doutes sur les réponses et les idées qu’il tenait pourtant pour vraies. L’interlocuteur réalisait alors qu’il ne savait plus pourquoi il agissait. Ainsi, il devait reconnaître que les idées qu’il tenait pour vraies n’étaient pas ce qu’il croyait. Il ne pouvait demander à Socrate la bonne réponse, puisque celui-ci se savait aussi ignorant que lui. Comme la sage-femme, Socrate est stérile. C’est ce qu’il explique à Théétète. Il lui rappelle qu’à leur époque, les sages- femmes pouvaient pratiquer leur métier lorsqu’elles étaient hors d’état d’avoir des enfants, donc lorsqu’elles étaient stériles. Socrate, lui, est stérile en matière de sagesse. Il n’a ni réponses ni savoirs à offrir au disciple. C’est lors de son procès qu’il affirme être lui-même ignorant. Il faut se rappeler qu’il fut accusé de corrompre la jeunesse et d’introduire de nouveaux dieux dans la cité. Il était perçu comme un danger pour l’ordre social, car il amenait les gens, surtout les jeunes, à réfléchir. Lors de son procès il affirme : « … j’ai bien conscience, moi, de n’être savant ni peu ni prou » . Aussi, il s’adressa aux Athéniens pour leur rappeler le message « divin » révélé par l’oracle de Delphes. Il leur expliqua qu’un jour, son ami d’enfance Chéréphon alla à Delphes et consulta l’oracle pour lui demander s’il pouvait exister quelqu’un de plus sage que Socrate. Pythie, la Prêtresse du dieu Apollon, aurait répondu qu’i1 n’y avait personne de plus sage que lui. Cette affirmation intrigua énormément Socrate, car il ne se considérait pas sage et pourtant le dieu Apollon ne pouvait mentir. Il en fut si bouleversé qu’il voulut savoir pourquoi il le considérait le plus sage des hommes. C’est ainsi qu’il se mit à interroger les hommes à Athènes qui sont considérés comme sages : les hommes politiques, les poètes et les artisans qui travaillent de leurs mains.

Son enquête lui a permis de découvrir que toutes ces personnes pensaient, à tort, détenir la vérité. Bien sûr, l’homme d’état sait conduire une armée, le poète composer un poème et l’homme de métier fabriquer des chaussures ou un navire. Ils détiennent tous le savoir nécessaire à l’exercice de leur métier. Ils savent quelque chose, mais ils ignorent l’essentiel. Ils savent faire, mais ne savent pas pourquoi ils le font. Les politiciens, par exemple, savent parler au peuple, comment le persuader de prendre telle décision, etc. Mais savent-ils dans quel but ils agissent ainsi? Sûrement pour atteindre la justice. Mais qu’est- ce que la justice? Une fois la question posée, ils se retrouvent bien embarrassés. Ils s’embrouillent et sont incapables de définir ce qui fonde pourtant tous leurs actes. Ils sont ignorants de l’essentiel et ils ignorent qu’ils sont ignorants. Tous ces hommes que Socrate a interrogés souffrent de la double ignorance. Dans le dialogue Alcibiade, Socrate interroge Alcibiade sur la justice et celui-ci est incapable de définir la justice. Pourtant il parle du juste et de l’injuste aux Athéniens comme s’il était un savant en la matière. Alcibiade, qui se dit apte à gouverner, est incapable de définir ce concept fondamental de la politique. Aux yeux de Socrate, il est lui aussi atteint de l’ignorance suprême, la double ignorance qui consiste non seulement à ignorer, mais aussi à ignorer que l’on ignore. Voici comment il la définit : « Ne vois-tu pas que les erreurs de conduite viennent de cette sorte d’ignorance qui consiste à croire savoir ce que l’on ignore? (…) C’est que non seulement tu ignores ces choses importantes, mais encore que tu crois les connaître » . Socrate était donc réellement le plus sage. Il ne savait pas réellement davantage ce qu’est la justice ou le courage, mais tandis que les autres s’imaginaient savoir ce que sont ces réalités primordiales de l’existence, lui, Socrate, était conscient de son ignorance. C’est ce qu’explique Jacques Brunschwig dans son texte sur Socrate : « Tous croient savoir quelque chose, et ne savent pas qu’ils ne savent rien. Sous le feu des questions de Socrate, ces certitudes nai’ves se dégonflent comme baudruches. Lui, au moins, sait qu’il ne sait rien : l’oracle avait raison » . Ainsi Socrate, à la suite du signe divin, s’est cru investi d’une mission, celle d’éprouver ceux qui se croient sages sans l’être. À ses yeux, le dieu de Delphes lui avait assigné pour tâche de philosopher, c’est-à-dire non seulement de se soucier de se scruter lui-même, mais aussi de sonder les autres. Il devait interroger ceux qui pensaient savoir et démasquer les faux savoirs. Il voulait ainsi que les citoyens pensent par eux-mêmes, qu’ils découvrent réellement ce que signifient le courage, la justice, le bien, l’amour, etc. En somme, il voulait les doter d’un esprit critique.

3.2- Socrate le taon

Il semble bien que le procès de Socrate ne soit pas seulement un événement historique en marge de toute répétition possible; le procès de Socrate c’est le procès fait à la pensée qui recherche, en dehors de la médiocrité quotidienne, les problèmes véritables. Socrate, en harcelant les Athéniens comme un taon, les empêchait de dormir et de se reposer dans les solutions morales, sociales, toutes faites : Socrate est celui, qui, en nous étonnant nous interdit de penser selon les habitudes acquises. Socrate se situe aux antipodes du confort intellectuel, de la bonne conscience et de la sérénité béate.

Jean Brun, Socrate.

3.2.1- Penser par soi-même

Dans un premier temps Socrate voulait conscientiser ses citoyens sur leur double ignorance, mais il voulait aussi que ceux-ci pensent par eux-mêmes, qu’ils aient un esprit critique. Socrate aimait se comparer à un taon qui réveille ses concitoyens de leur torpeur routinière. Ceux-ci se sécurisent dans des solutions toute faites. C’est ainsi qu’il se décrit dans l’Apologie de Socrate : « Si, en effet, vous me condamner à mort par votre vote, vous ne trouverez pas facilement un autre homme comme moi, un homme somme toute – et je le dit au risque de paraître ridicule – attaché à la cité par le dieu, comme le serait un taon au flanc d’un cheval (…) le dieu m’a attaché à votre cité, moi qui suis cet homme qui ne cesse de vous réveiller (…) » . Par sa méthode interrogative, Socrate éveille les citoyens, il les conscientise. Socrate éveille ses concitoyens à la pensée. Il est donc avant tout un Athénien qui fait réfléchir ceux qu’il rencontre à l’agora. Socrate voulait que les citoyens d’Athènes fassent table rase des certitudes irréfiéchies pour qu’ils se mettent en quête des valeurs qu’ils souhaitent être au fondement de leurs actions. Il voulait aussi qu’ils soient armés contre les démagogues et les hommes d’état qui prononcent de faux discours afin d’avoir leur assentiment et ainsi obtenir davantage de pouvoir.

Socrate vécut à Athènes à la fin du Ve siècle avant J.-C. et à cette époque la démocratie athénienne était, contrairement à aujourd’hui, directe. Le peuple ne passait pas par des représentants pour faire valoir ses droits. Les hommes libres (ce qui exclut les étrangers, les esclaves et les femmes) délibéraient tous à l’assemblée en prenant des décisions sur la paix, les lois, la justice, etc. La puissance oratoire était donc très importante pour celui qui intervenait afin de proposer des décisions. Si l’individu qui prenait position était éloquent, il parvenait à charmer la foule et elle était portée à le croire plus facilement. Celui qui pouvait convaincre l’assemblée était celui qui avait le pouvoir. La démocratie athénienne fit donc naître des maîtres de la dialectique et de l’argumentation qui profitaient de la situation pour s’enrichir en donnant des cours sur l’art de la parole. Ces sophistes formaient des virtuoses de la communication qui cherchaient à atteindre le pouvoir sans nécessairement avoir le souci de la vérité. Ils enseignaient aux jeunes l’art de la persuasion. Voici comment Auguste Diès décrit le sophiste : « Le sophiste nous apparaît comme le magicien de la parole : il rend vrai ce qui est faux, il fait être ce qui n’est pas » . Les sophistes sont des démagogues. Ils enseignaient qu’il est possible de mentir au peuple, qu’il est bien de feindre la vérité si cela permet d’atteindre le pouvoir. Ils enseignaient donc les règles permettant de persuader le peuple. Les Athéniens n’étaient que des instruments pour acquérir la gloire et la richesse. Socrate menait un combat contre la sophistique. Il ne pouvait accepter que les citoyens se fassent conditionner par les sophistes et qu’ils intériorisent des opinions fausses et mauvaises. Il jugeait inacceptable cet enseignement qui ne visait pas à atteindre la vérité. Il voulait rendre les citoyens aptes à discerner si l’homme qui parle est sincère, si ce qu’il avance est fondé et s’il ne cherche pas seulement à profiter d’eux. Il tentait de leur donner des outils pour les rendre capables de discerner le vrai du faux et pour reconnaître ceux qui semblent dire la vérité sans la connaître. Il cherchait donc à les doter d’un esprit critique et à les armer contre les démagogues. 11 souhaitait ainsi qu’ils se libèrent de l’opinion publique et pense réellement par eux-mêmes.

3.2.2- Le refus de la doxa

Lorsqu’il interrogeait les citoyens, Socrate refusait toute conception ou opinion qui provenait de la doxa, de l’opinion publique. Grâce à son questionnement, il discernait si les réponses tendaient vers le vrai ou le faux, si elles n’étaient que des clichés et des préjugés véhiculés dans la société. L’art de la maïeutique est l’art de discerner, dans la discussion provoquée par les questions, les idées qui proviennent de la personne. Hannah Arendt souligne que Socrate « (…) purgeait les gens de leurs « opinions », ces préjugés non critiques qui empêchent de penser en suggérant que nous savons alors que non seulement nous ne savons pas mais ne pouvons savoir; en les aidant, comme le note Platon, à se débarrasser de ce qui est mauvais en eux – ces opinions – mais sans toutefois les rendre meilleurs ou leur donner la vérité » . L’ironie permet de purifier l’esprit de toutes les idées et les conceptions qui proviennent de la doxa pour découvrir les idées qui viennent de la personne elle-même. La personne interrogée est poussée à exprimer par elle-même ce qu’est la vertu, la justice, l’amour, etc. Ces conceptions sont enfouies, elles ont besoin d’un accoucheur pour les mettre à jour. Comme l’explique Herbert Marcuse, « C’est en Socrate que (. . .) le principe de 1’intériorité, de l’indépendance absolue de la pensée est parvenu à sa libre expression (. . .) Socrate enseigne que l’homme doit découvrir et reconnaître en lui- même ce qui est juste et bien (. . .) » . Donc Socrate est l’accoucheur des esprits. Comme la sage-femme, il n’engendre pas, il ne le peut pas, car il ne sait rien. Cependant, il aide les autres à s’engendrer eux-mêmes. Socrate ne dit pas simplement à l’autre qu’il est, mais il l’aide à mieux réfléchir. II l’aide à découvrir sa double ignorance. Prenant conscience qu’il sait qu’il ne sait pas, il pourra essayer de corriger cet état et essayer d’atteindre la vérité. Cette prise de conscience de sa propre ignorance libère celui qui est interrogé. Elle donne le goût de découvrir ce qu’est vraiment la justice, la beauté, l’amour, etc.

3.3- Socrate poisson torpille

L’homme livré à Socrate, réveillé par la piqûre du « taon », du sommeil dont ses opinions sont les rêves, est devenu une inquiétude, une recherche, une conscience.

Jacques, Brunschwig, Socrate et écoles socratiques.

3.3.1- La remise en question de ses convictions

Socrate était finalement comparé par Ménon à la raie torpille. Ce poisson a comme propriété de paralyser ses proies. Socrate paralyse le disciple lorsque celui-ci découvre que son savoir est un pseudo-savoir, qu’au fond il n’est sûr de rien. Dans le dialogue Ménon, Socrate demande à Ménon de définir la vertu. Comme Lachès, celui-ci a beaucoup de difficulté à préciser sa pensée. Ménon vit cette incapacité comme une paralysie. C’est ce qu’il affirme dans le passage suivant :

(…) me voilà ensorcelé par toi, j’ai bu ton filtre magique, je suis, c’est bien simple, la proie de tes enchantements, si bien que je suis maintenant tout embarrassé de doutes! À mon sens, supposé que l’on doive ici faire à la raillerie quelque place, tu es, de tout point, tant par ton extérieur qu’à d’autres égards, on ne peut plus semblable à cette large torpille marine qui, comme on sait, vous plonge dans la torpeur aussitôt qu’on s’en approche et qu’on y touche. C’est une impression analogue qu’à cette heure, je crois, tu as produite sur moi! Une véritable torpeur envahit en effet mon âme aussi que ma bouche, je ne sais que te répondre. Et pourtant, oui, j’ai sur la vertu mille et mille fois copieusement parlé, et devant de grands auditoires, enfin, au moins si je m’en crois, avec plein succès! Or, à présent, ce qu’elle est, je suis totalement incapable de même le dire.

La réfutation socratique brise 1’illusion de connaître un concept et de se voir en droit de 1’utiliser pour juger et donc pour vivre. C’est ainsi que, de par l’enseignement de Socrate, le disciple est poussé à remettre en doute ses propres opinions qu’il croyait pourtant vraies jusqu’à présent. Son système de valeurs lui parait sans fondement au bout de la discussion. Il s’identifiait pourtant jusque là à ce système de valeurs qui lui communiquait sa manière de penser et d’agir. Il n’a donc rien appris à la fin de sa discussion avec Socrate. Au contraire, il ne sait plus rien du tout. Cette remise en doute du disciple est vécue comme une paralysie. Voilà comment Pierre Hadot décrit Socrate :
« Éternel questionneur, Socrate amenait ses interlocuteurs par d’habiles interrogations à reconnaître leur ignorance. Il les remplissait ainsi d’un trouble qui les amenait éventuellement à une remise en question de toute leur vie » .

L’enseignement de Socrate paralyse, mais en même temps s’élève une tempête dans I’esprit de l’interlocuteur. Ce vent de la pensée qui se lève défait et secoue son langage qui était gelé en mots, concepts, phrases, définitions et doctrines. La réflexion critique a donc un effet destructeur sur les critères déjà établis et les valeurs acquises. Elle déroute. L’interlocuteur n’est plus tout à fait certain de ce qui pourtant lui semblait indubitable auparavant. Il est porté à critiquer les valeurs sociales apprises. Socrate apparaissait donc comme un démolisseur de la tradition. Il n’est pas surprenant qu’il fut perçu comme un empêcheur de tourner en rond, que les Athéniens lui firent un procès et le condamnèrent à mort. 11 est très difficile d’accepter la critique. Être soumis à un examen constant devient rapidement insupportable. Comme le dit bien Hanna Arendt dans son livre Considérations morales, tout examen critique doit passer par une remise en question, une phase de négation des opinions et des valeurs qui étaient jusque-là perçues comme vraies. Cette phase de négation peut être dangereuse, elle peut mener au cynisme. En effet, les discussions avec Socrate conduisent toutes à des impasses et celui qui est interrogé doit repartir les mains vides. Certains peuvent être mécontents de ne pas apprendre de doctrine qui pourrait combler le vide de cet examen critique de leurs propres idées et valeurs. Ils risquent donc d’affirmer, puisque Socrate ne sait rien et que tous sont ignorants, qu’il n’y a donc pas de vérité et qu’il est inutile de se questionner plus longtemps sur ces concepts. Ou bien, d’autres peuvent soutenir qu’il est beaucoup plus simple de ne pas effectuer cet examen critique de nos propres valeurs et opinions en évitant ainsi un embarras certain et une déstabilisation. Il est beaucoup moins exigeant de s’attacher fermement aux règles de conduite admises à notre époque et dans notre société. C’est pour cette raison que la pensée est subversive, elle met en doute ces codes et ces signes qui permettent aux hommes de s’orienter. Penser, c’est consentir à ne pas tout comprendre et à vivre dans une certaine insécurité. Cependant, penser c’est en même temps marcher vers davantage de lucidité et de liberté individuelle.

3.3.2- L’amour de la sagesse

Malgré ces dangers inhérents à l’exercice de la pensée, l’aspect positif d’un tel exercice est qu’il peut aussi éveiller chez le disciple la quête de sens. Ce désir (Éros) de découvrir la vérité, de s’approcher de la sagesse. Là, nous touchons au cœur même de la philosophie, l’amour de la sagesse. Le mot philosophie vient du grec ancien philosophia et est composé des mots philein, et sophfa. Philein signifie amour et sophia sagesse ou savoir. L’étymologie du terme « philosophie » indique bien que le philosophe est celui qui tend vers la sagesse. Découvrir que nous ne savons rien, que nous ne sommes pas sages, peut nous donner l’envie irrésistible de le devenir un peu plus. Socrate a conscience qu’il n’est pas sage. Il n’est pas sophos, mais philosophos, quelqu’un qui désire la sagesse parce qu’il en est privé. De ce sentiment de privation naît un immense désir. Socrate, comme la raie torpille, paralyse tous ceux qu’il questionne, mais ce qui peut sembler n’être qu’une simple paralysie, est aussi un dynamisme. L’esprit s’échauffe et la prise de conscience de 1’ignorance exalte les facultés intellectuelles. À la suite de son contact avec Socrate, le disciple est en quête, il veut savoir pourquoi il agit, comment devenir un homme meilleur et comment créer une vie significative. La piqûre de Socrate est donc féconde. Socrate excite l’esprit, allume l’étincelle. Au lieu d’apporter un savoir sur un plateau d’argent, il pousse à la réflexion. Au bout du compte, 1’interlocuteur n’a rien appris de son échange avec Socrate, même qu’il ne sait plus rien du tout. Malgré tout, comme le dit bien Pierre Hadot, « (…) pendant tout le temps de la discussion, il a expérimenté ce qu’est l’activité de l’esprit, mieux encore, il a été Socrate lui-même, c’est-à-dire 1’interrogation, la mise en question, le recul par rapport à soi, c’est-à-dire finalement la conscience » . C’est grâce à ce désir de connaître que 1’interlocuteur sera poussé à chercher à se connaître et à prendre soin de son âme.

3.4- Le soin de l’âme

Socrate cherchait à savoir comment l’on doit vivre sa vie. Au temps de Socrate, philosopher, c’était surtout faire de l’astronomie et de la physique. Les philosophes spéculaient sur l’origine de l’univers, sur la cause de chaque chose, ce qui la fait être, ce qui la fait périr. Socrate allait à contre-courant des philosophes qui s’intéressaient avant tout à l’étude de la nature. À ses yeux, cette connaissance du monde n’apportait pas vraiment de lumière sur la manière de bien conduire sa vie. Il cherchait plutôt une connaissance utile aux hommes, une connaissance qui pourrait les éclairer sur leurs comportements. Il croyait, que les hommes devaient découvrir comment agir, comment devenir meilleurs et comment être plus heureux. C’est ce qu’explique Xénophon :

Il ne discutait pas non plus, comme la plupart des autres, sur la nature de l’univers et ne recherchait point comment est né ce que les philosophes appellent le monde, ni par quelles lois nécessaires se produit chacun des phénomènes célestes; il démontrait même que c’était folie de s’occuper de ces problèmes. Lui, au contraire, ne s’entretenait jamais que des choses humaines. Il examinait ce qui est pieux ou impie, ce qui est beau ou honteux, ce qui est juste ou injuste (…).

Sur le fronton du temple de Delphes, les Athéniens pouvaient lire différentes formules de sagesse dont la phrase célèbre attribuée à Socrate : « Connais-toi toi-même », « gnôthi seauton ». Il invitait justement ses disciples à cet examen d’eux-mêmes. Que chacun sache ce qu’il fait et pourquoi il le fait. La maïeutique atteint cet objectif. Grâce au questionnement de Socrate, l’interlocuteur est obligé de se pencher sur lui-même et sur ses propres actions : « L’individu est (…) remis en question dans les fondements mêmes de son action, il prend conscience du problème vivant qu’il est lui-même pour lui-même’’ » .

Comme nous l’avons vu, l’individu interrogé par Socrate remet en question ses convictions profondes. Pour Socrate, une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue : « (…) je soumets les autres et moi-même à cet examen, et je vais jusqu’à dire qu’une vie à laquelle cet examen ferait défaut ne mériterait pas d’être vécue (…) » . Alcibiade, ce jeune présomptueux aux ambitions politiques, est présenté dans le Banquet comme un exemple de l’attitude inverse du souci de l’âme. Il y explique que Socrate le contraint à s’avouer qu’il persiste à ne pas se soucier de lui-même et que cette vérité le rend honteux. Ce souci de 1’âme n’est pas la recherche d’une connaissance particulière de soi, de ses propres aptitudes, de ses qualités et de ses défauts. Socrate invite plutôt son interlocuteur à se tourner vers ces concepts du langage qui expriment ces réalités essentielles qui traversent notre vie à tous : la justice, le bonheur, le plaisir, la beauté, etc. L’individu ne doit pas s’adonner à une introspection psychologique pour découvrir ses aptitudes, son caractère, ses forces ou ses faiblesses. Non, il doit plutôt trouver ce qui fait sens et comment orienter ses actions vers une vie significative. Il voulait qu’il cherche la meilleure direction à donner à sa vie. Grâce à Socrate, le disciple va chercher qui il est vraiment et il va examiner sa vie pour mener une existence digne.

Pour Socrate, tous doivent faire cette recherche, l’homme d’État comme le cordonnier. Pour lui, nous ne pouvons nous rendre meilleurs que si nous prenons soin de nous-mêmes, que si nous savons qui nous sommes. Malheureusement, la plupart des hommes ne se soucient guère de leur vie intérieure. Par leurs actions et leur divertissement, ils s’empêchent de penser et d’examiner leur âme. Socrate aussi constatait que les citoyens d’Athènes étaient peu soucieux d’entretenir et d’améliorer leur âme. Voici comment il s’adresse à ces derniers lors de son procès : « Ô le meilleur des hommes, toi qui es Athénien, un citoyen de la cité la plus importante et la plus renommée dans les domaines de la sagesse et de la puissance, n’as-tu pas honte de te soucier de la façon d’augmenter le plus possible richesses, réputation et honneurs, alors que tu n’as aucun souci de la pensée, de la vérité et de l’amélioration de ton âme, et que tu n’y songes même pas? » . Socrate voulait réveiller chaque homme en lui disant connais-toi toi-même! Voue ta vie à des valeurs précieuses et non au conformisme, à l’habitude et à la peur. À ses yeux, 1’être humain n’a pas réellement vécu une vie libre tant qu’il ne s’est pas interrogé. Comme le dit bien Jean Brun, « Socrate invite donc le disciple à un retournement sur lui-même, à une conversion le guérissant des divertissements multiples tout le long desquels il ne peut que se perdre en se détournant de l’essentiel (…) il fait naître dans le disciple le désir véritable d’une maîtrise intérieure le conduisant à l’autonomie que seul le « connais-toi toi-même » peut lui conférer » . La démarche de Socrate est existentielle. Elle met en question l’individu qui est poussé à se soucier de ce qu’il pense et fait. Il nous permet d’accéder au sérieux de l’existence. Il nous fait prendre conscience qu’il faut réfléchir sur nous-mêmes et ne pas être endormis, donc avoir un esprit critique. Celui qui pense se soucie de son âme, réalise que l’essentiel n’est pas dans le confort et la sécurité d’une vie dictée par les normes sociale, mais que l’essentiel est dans la liberté. La liberté de choix et de ce que l’on veut devenir.

En conclusion, dans ce troisième chapitre, nous avons tenté de démontrer que la méthode de Socrate est la méthode par excellence pour développer l’esprit critique. Pour ce faire, nous avons expliqué en quoi consiste cette méthode. Nous avons alors utilisé trois métaphores pour expliquer la maïeutique de Socrate. Premièrement, Socrate est un accoucheur d’esprit. Telle sa mère qui était sage-femme, Socrate tente de délivrer ses interlocuteurs de leurs propres pensées sur les réalités importantes de l’existence. Il les questionne ainsi sur divers concepts tels que l’amour, le bien, la justice, etc. La question « ti esti », « qu’est-ce que c’est? », est donc au cœur de la maïeutique. L’ironie aussi joue un rôle primordial dans la méthode de Socrate. En effet, Socrate feignait de reconnaître comme juste et valable la première définition donnée par ses interlocuteurs, mais par la suite il démontrait toutes les apories d’une telle définition. Il voulait ainsi leur démontrer qu’ils se croient tous savants, mais qu’au fond ils ne savent pas ce que sont ces réalités. Il est donc réellement le plus sage des Athéniens comme l’affirmait l’Oracle de Delphes, car il ne souffre pas de la double ignorance. Il sait qu’il ne sait pas. Deuxièmement, Socrate est un taon qui voulait pousser les autres à penser par eux-mêmes. Par son questionnement perpétuel, il cherchait à les éveiller. II voulait les doter d’un esprit critique et les rendre aptes à remette en question ce qui est véhiculé par la doxa, l’opinion publique. À l’époque de Socrate, la démocratie était directe et les sophistes enseignaient l’art de persuader pour prendre le pouvoir politique. Il voulait donc que les citoyens soient en mesure d’identifier les propos démagogues et qu’ils cessent de mener une vie fidèle à l’opinion publique.

Troisièmement, Socrate était comparé au poisson torpille qui paralyse ses proies à son contact. Il paralysait ses interlocuteurs, car ils étaient incapables de donner la définition des réalités qu’ils croyaient bien connaître. Il remettait donc ainsi en question leurs idées et leurs convictions profondes. Cependant, suite à cet engourdissement, le désir de connaître émergeait en eux. Ils devenaient assoiffés de connaissances et désiraient découvrir le sens de ces réalités primordiales de l’existence. Ils devenaient des amoureux de la sagesse et, par le fait même, faisaient ainsi de la philosophie au sens étymologique de ce mot. Au bout du compte, Socrate voulait qu’ils réalisent 1’importance de prendre soin de leur âme. Qu’il est essentiel de chercher à se connaître pour choisir ses propres valeurs, ses propres idées pour trouver réellement un sens à leur vie.

NOTES

  1. Hadot, Pierre, Eloge de Socrate, Paris, Éditions Allia, 1998, p. 29.
  2. Platon, Théétète, trad. Emile Chambry, Paris, Éditions Garnier-Flammarion, 1967, 150b-151c, p. 71.
  3. Hadot, Pierre, op. cit., p. 22.
  4. Cicéron, cité par Hadot, Pierre, op. cit., pp. 22-23.
  5. (Platon, Dialogues socratiques, Laches, trad. Léon Robin, Paris, Éditions Gallimard, coll. «Idées», 1978, 191 (e), p. 177)
  6. Platon, op.cit., 148 c- 14 a, p. 68.
  7. Id., Apologie de Socrate. Cri/on, trad. Luc Brisson, Paris, Éditions Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1997, 21 d, p. 92.
  8. Id., Alcibiade, Laval, Éditions Beauchemin, coll. « Édicible », 1995, p. 28-29.
  9. Brunschwig, Jacques, «Socrate et écoles socratiques», dans Encyclopaedia universalis, Paris, 1989, Tome 21, p .234.
  10. Platon, Apologie de Socrate, op. cit., 30e, p. 110.
  11. Diès, Auguste, dans Platon, Le Sophiste, trad. Auguste Diès Paris, Éditions Belles Lettres, 1925, p. 268.
  12. Arendt, Hannah, Considérations morales, trad. Marc Ducassou et Didier Maes, Paris, Editions Pavot et Rivages, coll. « Rivages poche/Petite Bibliothèque », 1996, p. 50.
  13. Marcuse, Herbert, Raison et révolution : Hegel et la naissance de la théorie sociale, trad. Robert Castel, Pans, Editions de Minuit, coll. « Sens commun », 1968, pp. 288-289.
  14. Platon, Dialogues socratiques, Ménon, trad. Léon Robin, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Idées », 1978 80 a-b, p. 256.
  15. Hadot, Pierre, op. cit., p. 13.
  16. lbid., p. 28.
  17. Xénophon, OEuvres complètes III : les mémorables, trad. Pierre Chambry, Pans, Éditions Garnier-Flammanon, 1967, p. 287.
  18. Hadot, Pierre, op. cit., p. 31.
  19. Platon, Apologie de Socrate, op. cit., 38 a, p. 121.
  20. Platon, Apologie de Socrate, op. cit. 29 de, 29 de, p. 108.
  21. Brun, Jean, Socrate, Paris, Éditions PUF, coll. « Que sais-je? », 1978, p. 36.

La photographie de présentation en haut de l’article a été ajoutée par nous.


dossier-philotherapie-bandeau-750

Liste des articles par ordre de publication

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007.

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE. L’auteur prend le temps de situer son sujet dans son contexte historique soulignant la reconnaissance plutôt récente de la dépression comme une maladie. Auparavant, on parlait d’acédie et d’ennui.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole» – Avec cet article, nous sortons de du cadre de la philosophie pour entrer de plein pied dans celui de la psychologie. Le livre Savoir se taire, savoir parler a attiré mon attention à la suite de ma lecture de l’article « Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole » paru dans le Figaro.fr. J’accepte cette intrusion de la psychologie dans ce dossier sur la philosophie parce que cette « hystérie de la parole » observable à notre époque, notamment sur les réseaux sociaux, entre directement en conflit avec le silence nécessaire et incontournable à la réflexion philosophique. Bref, il faut savoir se taire, savoir parler pour philosopher. J’ai donc acheté ce livre et voici mon rapport de lecture.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques (…)

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Problèmes de philosophie (1912) marque un tournant dans l'histoire philosophique de la logique moderne. Ce livre offre aussi, par le souci constant qu'il manifeste d'éviter les questions trop techniques ; par le rappel des grandes conceptions classiques que Bertrand Rus-sell passe en revue afin de mieux situer sa démarche ; par la clarté, enfin, avec laquelle il pose les grands problèmes de la théorie de la connaissance et en parcourt le domaine — une excellente introduction à toute une part de la philosophie contemporaine.
Problèmes de philosophie (1912) marque un tournant dans l’histoire philosophique de la logique moderne. Ce livre offre aussi, par le souci constant qu’il manifeste d’éviter les questions trop techniques ; par le rappel des grandes conceptions classiques que Bertrand Russell passe en revue afin de mieux situer sa démarche ; par la clarté, enfin, avec laquelle il pose les grands problèmes de la théorie de la connaissance et en parcourt le domaine — une excellente introduction à toute une part de la philosophie contemporaine. Source : Bibliothèque philosophique Payot.

dossier-philotherapie-bandeau-750

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.


Citation tirée du livre Problèmes de philosophie (1912), chapitre La valeur de la philosophie, de Bertrand Russell

« En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. Celui qui ne s’y est pas frotté traverse l’existence comme un prisonnier : prisonnier des préjugés du sens commun, des croyances de son pays ou de son temps, de convictions qui ont grandi en lui sans la coopération ni le consentement de la raison. Tout dans le monde lui paraît aller de soi, tant les choses sont pour lui comme ceci et pas autrement, tant son horizon est limité; les objets ordinaires ne le questionnent pas, les possibilités peu familières sont refusées avec mépris. Mais nous l’avons vu dès le début de ce livre : à peine commençons-nous à philosopher que même lés choses de tous les jours nous mettent sur la piste de problèmes qui restent finalement sans réponse. Sans doute la philosophie ne nous apprend-elle pas de façon certaine la vraie solution aux doutes qu’elle fait surgir : mais elle suggère des possibilités nouvelles, elle élargit le champ de la pensée en la libérant de la tyrannie de l’habitude. Elle amoindrit notre impression de savoir ce que sont les choses; mais elle augmente notre connaissance de ce qu’elles pourraient être; elle détruit le dogmatisme arrogant de ceux qui n’ont jamais traversé le doute libérateur, et elle maintient vivante notre faculté d’émerveillement en nous montrant les choses familières sous un jour inattendu. »

Source : Problèmes de philosophie, Bertrand Russell (trad. François Rivenc), éd. Payot, 1989 (ISBN 2-228-88172-4), chap. XV. La valeur de la philosophie, p. 180-181.

Note : Ce livre de Bertrand Russell est disponible gratuitement dans sa langue originale de publication (anglais) (1912).


Bertrand Russell : ce qu’est la philosophie

par Caroline Vincent, professeur de philosophie, site web : Apprendre la philosophie.

Bienvenue sur Apprendre la philosophie ! Comme ça n’est pas la première fois que vous venez ici, vous voudrez sans doute lire mon livre qui vous explique comment réussir votre épreuve de philosophie au bac : cliquez ici pour télécharger le livre gratuitement !

« Dans ce texte (voir la citation ci-dessus), Bertrand Russell fait un éloge de la philosophie en commençant par une affirmation qui peut paraître paradoxale. La valeur de la philosophie ne vient pas essentiellement de sa capacité à répondre aux questions quelle pose, comme cela peut être le cas de la science. La valeur de la philosophie vient notamment de sa capacité à susciter l’incertitude. Cela peut sembler étonnant car, en tant qu’humain, nous avons plutôt tendance à fuir l’incertitude et à chercher des certitudes. Pourquoi pourrait-on alors dire que l’incertitude est une bonne chose ?

Pour Bertrand Russell, l’incertitude n’est pas la seule valeur de la philosophie, mais elle est essentielle car être incertain c’est être travaillé par le doute, c’est refuser d’adhérer à une idée sans s’interroger. En somme, c’est donc être le contraire d’un esprit dogmatique qui accepte les idées sans les remettre en question. Ainsi, pour Russell, un homme qui ne fait pas de philosophie aura tendance à être aveuglé et prisonnier des préjugés et croyances de son époques et de son pays. Ne pas faire de philosophie c’est donc ne pas être libre car c’est être conditionné par les opinions communes et rester toujours dans les mêmes idées et les mêmes habitudes.

A ses yeux, la philosophie a une grande valeur car elle nous sort de l’habitude et l’habitude est un grand mal. Selon lui, une âme habituée est une âme morte, c’est une âme où il ne se passe plus rien de nouveau, où tout ce qui nous entoure a toujours le même sens et n’a rien de surprenant. Au contraire, faire de la philosophie c’est questionner le réel pour tenter de le voir différemment, c’est peut-être refuser ce qui est pour dire ce qui devrait être, c’est envisager les possibles. »

Source : Apprendre la philosophie, Bertrand Russell : ce qu’est la philosophie, Caroline Vincent, professeur de philosophie.


Russell. La valeur de la philosophie.

par Gabriel Gay-Para, ggpphilo.

problemes-de-philosophie-bertrand-russell

Introduction

Dans ce texte extrait de l’ouvrage intitulé Problèmes de philosophie (1912), Bertrand Russell s’interroge sur la valeur de la philosophie. Cette interrogation est d’autant plus nécessaire que la philosophie rencontre de nombreux détracteurs, tant chez ceux qui, ralliant l’opinion commune, la jugent inutile au regard des préoccupations de la vie pratique, que chez ceux qui la dénigrent sous prétexte qu’elle ne peut pas accéder au statut de science. Dans le cadre de cette polémique, Russell avance un argument décisif en faveur de la philosophie. La thèse qu’il défend est énoncée explicitement dès la première phrase : « En fait, c’est dans son incertitude que réside largement la valeur de la philosophie ». Encore faut-il en saisir toute la portée. Loin de faire une simple et complaisante apologie de la philosophie, Russell cherche ici à retourner contre lui-même l’argument de ses adversaires.

Il est, en effet, de bon ton d’opposer la science et la philosophie. La science serait définie par un ensemble de connaissances dont nous pouvons être sûrs, car elles ont été soit démontrées, soit prouvées expérimentalement. La philosophie, en revanche, dans la mesure où elle échoue à répondre de manière définitive aux problèmes dont elle se préoccupe, serait placée sous le signe de l’incertitude. Or, cette incertitude, loin d’être un défaut, n’est-elle pas ce qui fait la valeur de la philosophie ? L’opinion commune aurait tendance à considérer l’incertitude comme une faiblesse et le doute comme un échec. La thèse défendue par Russell est paradoxale, puisqu’elle consiste à renverser cette opinion commune. Dans quelle mesure l’incertitude et le doute qui l’accompagne, loin d’être le signe d’une faiblesse ou la conséquence d’un échec, sont-ils bénéfiques ?

Pour établir sa thèse, Russell commence par montrer dans quelle mesure la certitude et l’absence de doute peuvent être néfastes (lignes 1 à 8). L’homme ordinaire, parce qu’il est certain, ne pense pas : il se contente de croire. Replié sur lui-même, enfermé dans ses certitudes, il est incapable de s’interroger et de considérer des points de vue différents du sien. La philosophie, parce qu’elle réintroduit le doute au milieu des croyances communément admises, permet d’éviter ces écueils (lignes 8 à 18). Celui qui la pratique non seulement se libère des croyances, mais, reconsidérant le monde à partir d’un point de vue nouveau, le redécouvre et devient ainsi plus à même de l’apprécier dans toute sa complexité.

* * *

Développement

1.  La prison des certitudes
a) L’attitude du non-philosophe

Russell a recours à une comparaison : celui qui ne fait pas de philosophie vit « comme un prisonnier ». Cette comparaison n’est pas originale [1]. En filigrane, on comprend aussitôt que, si la philosophie a de la valeur, c’est dans la mesure où elle contribue à la libération de l’individu. Ce thème sera repris dans la deuxième partie du texte. Encore faut-il préciser de quoi l’homme ordinaire est prisonnier. Russell énumère rapidement les différents barreaux de sa prison.

Celui qui ne fait pas de philosophie ne doute pas : il vit donc dans la croyance.  Russell envisage différents cas : certaines croyances sont universelles et se retrouvent chez tous les hommes (« les préjugés du sens commun ») ; d’autres sont relatives à une société ou à une culture particulière, et sont transmises par l’éducation (« les croyances de son pays ou de son temps ») ; enfin, certaines croyances sont individuelles : l’homme croit, parce qu’il a besoin de croire ; la croyance l’aide à vivre. Pensons, par exemple, aux croyances religieuses (« convictions qui ont grandi en lui sans la coopération ni le consentement de la raison »).

Dans tous les cas, l’homme ordinaire est passif. Cette passivité provient du fait qu’il croit, au lieu de penser par lui-même et de faire usage de sa raison. D’une part, puisqu’il ne pense pas par lui-même, il est soumis à la pensée des autres : il croit ce que les autres croient ; ses croyances dépendent très largement de la société dans laquelle il vit. D’autre part, il croit sans faire usage de sa raison, donc de manière irrationnelle : esclave des autres, il est aussi esclave de lui-même, car il est soumis à ses propres émotions et sentiments. L’homme ordinaire est donc prisonnier de toutes ces idées auxquelles il a donné son assentiment sans réfléchir, et qu’il a intériorisées malgré lui, à cause de l’influence des autres, ou en proie à certaines émotions. L’absence de questionnement qui le caractérise va de pair avec une attitude dogmatique, à la fois face au monde et dans le rapport avec les autres.

 b) Les conséquences de cette attitude
  • Le rapport au monde. Tout d’abord, ne pensant pas, refusant de s’interroger, l’homme ordinaire considère le monde à travers le verre réducteur de ses propres croyances. « Tout dans le monde lui paraît aller de soi, tant les choses sont pour lui comme ceci et pas autrement » : la certitude s’accompagne d’un sentiment de familiarité avec le monde. Du point de vue de l’homme ordinaire, les choses sont telles qu’elles lui apparaissent ; à aucun instant, il n’envisage la possibilité que les choses soient différentes. Lorsqu’il regarde autour de lui, on pourrait dire qu’il est « en terrain connu » : chaque chose peut entrer dans une catégorie distincte ; un chat est un chat, un chien est un chien ; il n’y a pas de place pour des objets insolites ou inclassables. Il n’y a pas non plus de place pour des événements imprévisibles, tant tout semble se répéter sous l’effet de l’habitude. Dès lors, on comprend mieux pourquoi l’homme ordinaire refuse de douter, et consent à son propre esclavage. Même si sa connaissance du monde est illusoire ou trompeuse, elle a au moins le mérite de le rassurer. Un monde « connu », c’est-à-dire un monde familier et auquel on est habitué, est un monde dans lequel on peut se sentir en sécurité. Des croyances même fausses valent mieux qu’une remise en question perpétuelle qui entraînerait une perte de repères, ce qui est, à l’évidence, déstabilisant et inconfortable dans la vie quotidienne.
  • Le rapport aux autres. On comprend aussi pourquoi « les possibilités peu familières sont rejetées avec mépris ». Refusant d’interroger le monde dans lequel il vit, l’homme qui ne fait pas de philosophie refuse toute remise en question éventuelle de ses croyances. En ce sens, puisqu’il est si sûr de lui, il se montre facilement méprisant à l’égard d’autrui, lorsque celui-ci ose émettre une opinion différente de la sienne, et refuse, à l’avance, tout dialogue. Ainsi, non seulement il se montre intolérant, ce qui pose problème, d’un point de vue moral, mais il se prive aussi de toute chance d’évoluer : ses croyances sont définitivement figées. Pour se libérer de la « prison mentale » qu’il s’est construite, il devra apprendre à considérer les choses à partir d’un point de vue différent du sien, quitte à abandonner le sentiment de certitude qui l’habite.
2. Le doute libérateur
a) Concession

Ayant établi que la certitude peut avoir des conséquences négatives, Russell en vient à montrer, de manière symétrique, les bienfaits de l’incertitude, et donc de la philosophie. Son éloge échappe pourtant à la naïveté et à la complaisance : en tant que philosophe réfléchissant sur la valeur de sa propre discipline, il ne nie pas son caractère incertain, et concède même volontiers son échec à connaître. « Sans doute la philosophie ne nous apprend pas de façon certaine la vraie solution aux doutes qu’elle fait surgir ». Il faut donc distinguer le domaine de la philosophie, et celui des sciences. Si l’homme scientifique peut répondre aux questions qu’il pose, car il dispose d’un procédé fiable pour découvrir la réponse, le philosophe, en revanche, échoue à savoir. Mais cet échec est, en quelque sorte, et non sans paradoxe, positif. Certes, le philosophe ne sait pas. Mais, à l’instar de Socrate, il sait qu’il ne sait pas : tel est son avantage décisif tant par rapport à l’homme ordinaire qui vit dans les croyances que par rapport à l’homme scientifique qui peut se targuer de savoir. Le doute se révèle positif, parce qu’il permet à l’homme de se libérer de ses croyances, et d’envisager le monde selon de nouvelles perspectives. Russell reprend donc, de manière rigoureuse, les différents thèmes qu’il a abordés précédemment, instaurant un certain parallélisme entre les deux moments du texte.

 b) Les vertus du doute
  • Se libérer des croyances. Tout d’abord, le doute a une valeur libératrice. Si l’homme ordinaire « traverse l’existence comme un prisonnier », le philosophe peut, en doutant, se libérer « de la tyrannie de l’habitude ». Russell a, de nouveau, recours à une image : en assimilant l’habitude à un pouvoir tyrannique, il suggère que celle-ci s’impose, avant tout, par la force, du fait de la répétition des événements, et donc sans aucune légitimité. Contrairement à l’homme ordinaire, le philosophe refuse d’obéir au pouvoir de l’habitude ; au lieu de croire, il préfère examiner et continuer à chercher, pour se prémunir contre toute conclusion hâtive. De fait, il ne faut pas se fier aux premières impressions : les choses « pourraient » être autrement qu’elles n’apparaissent. Le philosophe possède ce qu’on pourrait appeler avec Robert Musil « le sens du possible », c’est-à-dire, « la faculté de penser tout ce qui pourrait être « aussi bien », et de ne pas accorder plus d’importance à ce qui est qu’à ce qui n’est pas [2]». Ainsi, contrairement à l’homme de science, le philosophe ne dira pas : « ici s’est produite, va se produire, doit se produire telle ou telle chose » ;  mais « il imaginera : ici pourrait, devrait se produire telle ou telle chose ; et quand on lui dit d’une chose qu’elle est comme elle est, il pense qu’elle pourrait aussi bien être autre [3]». Ce « sens du possible » a des conséquences dans le domaine pratique : le philosophe critique les idées reçues, mais aussi la morale établie et la politique de son temps ; selon lui, les hommes pourraient vivre autrement. Il y aurait un lien profond entre la philosophie et l’utopie.
  • Redécouvrir le monde. Si la philosophie est positive, c’est aussi qu’elle « détruit le dogmatisme arrogant de ceux qui n’ont jamais traversé le doute libérateur » et qu’elle « maintient vivante notre faculté d’émerveillement en nous montrant les choses familières sous un jour inattendu ». En ce sens, remettant en question l’opinion commune, le philosophe s’ouvre au dialogue avec les autres, et redécouvre le monde. Tel un enfant, il pose sans cesse de nouvelles questions, est toujours capable de s’étonner, contrairement à l’homme ordinaire que rien n’étonne. En ce sens, le philosophe peut prétendre, au cours de sa recherche de la vérité, à une certaine forme de « bonheur ». Russell le sous-entend ici, mais il faut le rappeler. Depuis l’origine, la philosophie est étroitement liée à la recherche du bonheur. S’il s’agit de se libérer des croyances, apprendre à penser par soi-même pour redécouvrir le monde dans toute sa complexité, c’est d’abord dans l’espoir qu’une telle activité procure à celui qui s’y consacre une vie plus riche et plus intense, donc plus heureuse.

NOTES

[1] Elle est même devenue un lieu commun depuis l’allégorie de la caverne, développée par Platon au début du livre VII de la République.

[2] L’Homme sans qualités, I, Chap. 4. Le passage en entier ( « Points Seuil », p.20) :

« S’il y a un sens du réel, et personne ne doutera qu’il ait son droit à l’existence, il doit bien y avoir quelque chose que l’on pourrait appeler le sens du possible.

L’homme qui en est doué, par exemple, ne dira pas : ici s’est produite, va se produire, doit de produire telle ou telle chose ; mais il imaginera : ici pourrait, devrait se produire telle ou telle chose ; et quand on lui dit d’une chose qu’elle est comme elle est, il pense qu’elle pourrait aussi bien être autre. Ainsi pourrait-on définir simplement le sens du possible comme la faculté de penser tout ce qui pourrait être « aussi bien », et de ne pas accorder plus d’importance à ce qui est qu’à ce qui n’est pas. On voit que les conséquences de cette disposition créatrice peuvent être remarquables : malheureusement, il n’est pas rare qu’elle fasse apparaître faux ce que les hommes admirent et licite ce qu’ils interdisent, ou indifférents l’un et l’autre… Ces hommes du possible vivent, comme on dit ici, dans une trame plus fine, trame de fumée, d’imaginations, de rêveries et de subjonctifs ; quand on découvre des tendances de ce genre chez un enfant, on s’empresse de les lui faire passer, on lui dit que ces gens sont des rêveurs, des extravagants, des faibles, d’éternels mécontents qui savent tout mieux que les autres.

Quand on veut les louer au contraire, on dit de ces fous qu’ils sont des idéalistes, mais il est clair que l’on ne définit jamais ainsi que leur variété inférieure, ceux qui ne peuvent pas saisir le réel ou l’évitent piteusement, ceux chez qui, par conséquent, le manque de sens du réel est une véritable déficience. Néanmoins, le possible ne comprend pas seulement les rêves des neurasthéniques mais aussi les desseins encore en sommeil de Dieu. Un événement et une vérité possibles ne sont pas égaux à un événement et une vérités réels moins la valeur « réalité », mais contiennent selon leurs partisans du moins, quelque chose de très divin, un feu, une envolée, une volonté de bâtir, une utopie consciente qui, loin de redouter la réalité, la traite simplement comme une tâche et une invention perpétuelles. ».

[3] Ibid.

Source : GAY-PARA, Gabriel, Russell. La valeur de la philosophie. Site web : ggpphilo. Consulté le 19 janvier 2023.


wikipedia-1pceProblèmes de philosophie

Problèmes de philosophie est un livre écrit par Bertrand Russell, publié en 1912.

Ce livre comporte une perspective analytique générale. Russell s’efforce, par le rappel de quelques conceptions classiques, de passer en revue afin de mieux situer sa propre démarche. Il pose les questions de la théorie de la connaissance et offre une introduction à la philosophie.

Russell aborde sous le titre kantien : « comment la connaissance a priori est-elle possible ? », une question de la possibilité de l’application des mathématiques au monde empirique; comment comprendre, se demande Russell, ce pouvoir d’anticipation de l’expérience que semble posséder la mathématique, si on refuse la réponse kantienne des formes a priori de la sensibilité ? La réponse passe par la découverte que les énoncés arithmétiques sont concernés exclusivement par des universaux, que nous connaissons par « expérience directe. »

Source : Problèmes de philosophie, Wikipédia. Consulté le 18 janvier 2023.


wikipedia-1pce Bertrand Russell

Bertrand Arthur William Russell, 3e comte Russell, né le 18 mai 1872 à Trellech (Monmouthshire) et mort le 2 février 1970 près de Penrhyndeudraeth (pays de Galles), est un mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique.

Russell est considéré comme l’un des philosophes les plus importants du XXe siècle. Sa pensée peut être présentée selon trois grands axes : la logique, la philosophie analytique, et l’éthique.

Russell est, avec Frege, l’un des fondateurs de la logique contemporaine qui fait de cette dernière le fondement des mathématiques. Son ouvrage majeur, écrit avec Alfred North Whitehead, a pour titre Principia Mathematica. À la suite des travaux d’axiomatisation de l’arithmétique de Peano, Russell a tenté d’appliquer ses propres travaux de logique à la question du fondement des mathématiques (cf. logicisme).

Il soutient l’idée d’une philosophie scientifique et propose d’appliquer l’analyse logique aux problèmes traditionnels, tels que l’analyse de l’esprit, de la matière (problème corps-esprit), de la connaissance, ou encore de l’existence du monde extérieur. Il est ainsi le père de la philosophie analytique.

Bertrand Russell en novembre 1957.
Bertrand Russell en novembre 1957.

Il écrit des ouvrages philosophiques dans une langue simple et accessible, en vue de faire partager sa conception d’une philosophie rationaliste œuvrant pour la paix et l’amour. Il s’engage dans de nombreuses polémiques qui lui valent le qualificatif de « Voltaire anglais » ou de « Voltaire du XXe siècle », défend des idées proches du socialisme de tendance libertaire et milite également contre toutes les formes de religion, considérant qu’elles sont des systèmes de cruauté inspirés par la peur et l’ignorance. Il organise le tribunal Sartre-Russell contre les crimes commis pendant la guerre du Viêt Nam.

Son œuvre est couronnée par le prix Nobel de littérature en 1950, « en reconnaissance des divers écrits, toujours de premier plan, qui le posent en champion des idéaux humanistes et de la liberté de pensée ».

Source : Bertrand Russell, Wikipédia.


Mon commentaire

Le bénéfice du doute

La découverte de la citation en vedette dans cet article me rend heureux, tout comme les commentaires des professeurs Caroline Vincent et de Gabriel Gay-Para. Tirée du livre Problèmes de philosophie de Bertrand Russell publié en 1912, cette citation demeure pertinente.

Et c’est sans compter qu’elle s’inscrit en ligne directe avec l’idée que je mets de l’avant depuis mon adolescence : la lumière entre par les failles, ces dernières étant les doutes nécessaires pour éclairer notre esprit et nos pensées. Vivre sans douter, c’est vivre dans le noir. Et vivre en se précipitant pour colmater toutes failles, c’est aussi vivre dans le noir.

Or le doute est le principal outil de l’acquisition et du développement de l’esprit critique à la base de LA philosophie.

Tout aussi paradoxale que cela puisse paraître, le bénéfice du doute, c’est la certitude, une certitude dont on se permettra de douter si elle est remise en question. En science, on acquiert des connaissances que l’on considère comme vraies que le temps qu’une autre connaissance viennent la mettre en doute. Bref, la connaissance scientifique se bâtie sur la destruction du déjà-su. Pourquoi ne pas nous appliquer cette méthode pour penser et réfléchir sainement et librement ?

J’ai remarqué que bon nombre de personnes prennent pour vrai ce qu’elles pensent uniquement parce qu’elles le pensent. Le doute est le seul moyen de sortir de ce cercle vicieux. Dans une société où l’on enseigne qu’il faut se convaincre, renforcer ses convictions, croire dur comme fer, se faire confiance pour réussir, et pour y parvenir, de ne pas douter, on devient esclave de soi-même. Pourtant, le doute n’est pas lié à un manque de confiance en soi. Au contraire, douter, c’est se faire confiance, confiance en sa liberté de penser et en sa capacité de réfléchir.

« Si tu as une meilleure idée que la mienne, presses-toi de me la donner. Je n’ai pas de temps à perdre. Rien n’est coulé dans le béton. Je veux avancer ». Je suis prêt à remettre en question toutes mes idées, mes connaissances et mes croyances. Je ne vis pas pour autant dans l’incertitude et le doute ne me fait pas peur. Mes opinions n’ont de valeur que pour être remise en question. Je profite d’une grande liberté intellectuelle…

La liberté intellectuelle, ou sagesse, c’est le doute. (…). Douter, c’est examiner, c’est démonter et remonter les idées comme des rouages, sans prévention et sans précipitation, contre la puissance de croire qui est formidable en chacun de nous.

Alain, Propos, 1912, p. 134.

Dans le doute, je ne m’abstiens pas car je peux ainsi changer mes actions en tout temps et en toute autre direction.

dossier-philotherapie-bandeau-750

Liste des articles par ordre de publication

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007.

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE. L’auteur prend le temps de situer son sujet dans son contexte historique soulignant la reconnaissance plutôt récente de la dépression comme une maladie. Auparavant, on parlait d’acédie et d’ennui.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole» – Avec cet article, nous sortons de du cadre de la philosophie pour entrer de plein pied dans celui de la psychologie. Le livre Savoir se taire, savoir parler a attiré mon attention à la suite de ma lecture de l’article « Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole » paru dans le Figaro.fr. J’accepte cette intrusion de la psychologie dans ce dossier sur la philosophie parce que cette « hystérie de la parole » observable à notre époque, notamment sur les réseaux sociaux, entre directement en conflit avec le silence nécessaire et incontournable à la réflexion philosophique. Bref, il faut savoir se taire, savoir parler pour philosopher. J’ai donc acheté ce livre et voici mon rapport de lecture.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques (…)

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Image par Steve Buissinne de Pixabay
Image par Steve Buissinne de Pixabay

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

J’ai trouvé ce mémoire alors que je cherche à démontrer que LA philosophie existe tout autant que LES philosophies contrairement à certaines affirmations. Et, à mon humble avis, à la base de LA philosophie se trouve l’esprit critique à acquérir et à développer. Sans cet esprit critique, il m’apparaît impossible d’élaborer sa propre philosophie et d’aborder LES philosophies.

Stéphanie Déziel nous fait la démonstration de l’importance de l’esprit critique appliqué à son développement au sein de la société de consommation.


Extrait reproduit avec l’aimable autorisation de Stéphanie Déziel. Merci !

STEPHANIE DEZIEL

Formation de l’esprit critique et société de consommation

Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures de l’Université Laval dans le cadre du programme de maîtrise en philosophie pour l’obtention du grade de Maître es arts (M.A.)

FACULTE DE PHILOSOPHIE – UNIVERSITÉ LAVAL – QUÉBEC – 2010
© Stéphanie Déziel, 2010

Téléchargement

Cliquez ici pour télécharger l’intégral de ce mémoire (PDF)   ou ici

Résumé

Dans ce mémoire nous avons cherché à comprendre comment former l’esprit critique des jeunes dans une société de consommation. Dans cette société, les individus sont obsédés par la recherche du bien-être matériel et par la réussite sociale. Il s’ensuit qu’ils n’utilisent pas leur pensée critique et sont trop souvent conformistes. Nous tenterons de démontrer que les cours de philosophie peuvent les aider à former leur esprit critique et à choisir une forme de vie réellement significative. Selon nous, ces cours devraient s’inspirer surtout de la méthode pédagogique de Socrate, nommée maïeutique, et laisser une grande place à la culture littéraire pour atteindre ce but. Cette recherche s’articulera autour de cinq axes, à savoir : la société de consommation; l’importance de former l’esprit critique; Socrate et la formation de l’esprit critique; Socrate comme modèle pour l’enseignement de la philosophie et enfin culture et esprit critique.


Extrait

Chapitre II : L’importance de former l’esprit critique

L ‘éducation est le processus qui, tout au long de la vie, confère la capacité de la diriger en accord avec notre réflexion, notre pensée et nos choix. L’éducation libère. Elle nous accorde la « souveraineté personnelle ».

Federico, Mayor, dans De Koninck, Thomas, Philosophie de l’éducation. Essai sur le devenir humain.

2.1- Conquérir la liberté individuelle

Se former une opinion à soi, c’est faire preuve de liberté d’esprit, c’est par la suite choisir soi-même sa voie, ses orientations, ses engagements. C’est éviter de se laisser guider par autrui, d’être prisonnier d’un milieu,… »

Jacqueline, De Romilly, Le trésor des savoirs oubliés.

2.1.1- Les somnambules

L’être humain est un être pensant, donc doué de raison. Dans son livre Politique, Aristote explique que l’être humain est par nature un « animal politique », bien plus que les abeilles ou autres animaux grégaires. Il est un « animal politique », car il est le seul parmi les animaux qui a la parole. Lui seul a cette aptitude à la conversation et à la réflexion. Pascal, de son côté, soutient dans ses Pensées que la pensée est la plus noble des activités humaines: « L’homme est visiblement fait pour penser; c’est toute sa dignité et tout son métier; et tout son devoir est de penser comme il faut »(1). Chaque être humain a cette capacité réflexive, mais certains ne l’utilisent pas, faute de temps, de courage ou tout simplement parce qu’ils n’ont pas été habitués à réfléchir et à utiliser leur esprit critique.

Dans son texte Réponse à la question : Qu ‘est-ce que les Lumières?, Kant explique ce qui caractérise le siècle des Lumières qui a donné naissance à la démocratie moderne. Selon lui, ce moment historique a permis la sortie de l’homme hors de son état de minorité :

La minorité est l’incapacité de se servir de son entendement sans être dirigé par un autre. Elle est due à notre propre faute quand elle résulte non pas d’un manque d’entendement, mais d’un manque de résolution et de courage pour s’en servir sans être dirigé par un autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement! Voilà la devise des lumières(2).

Même si, dans notre système démocratique, les hommes sont libres de penser par eux-mêmes, certains d’entre eux restent leur vie durant mineurs et cherchent le plus possible à trouver des tuteurs qui pensent à leur place. Il leur est trop difficile de penser par eux-mêmes. Déjà, Héraclite affirmait que la plupart des humains étaient endormis en plein jour. Il leur reprochait de mener tout éveillés, une vie de dormeurs. Dans son livre Vigiles de l’esprit, Alain explique que dormir, ce n’est pas avoir les yeux fermés et rester immobile ; dormir, c’est penser peu, penser le moins possible. Il explique que penser, c’est peser. Lorsque l’on dort, on ne pèse plus ce qui est dit, l’on tient pour vrai, sans examen, tout ce qui est véhiculé dans la société, ce qu’il appelle le murmure du monde. Pour lui, « …beaucoup d’hommes, qui, en apparence, sont bien éveillés, qui ont les yeux ouverts, qui se meuvent, qui parlent, en réalité dorment; la cité est pleine de somnambules(3) ». Comme nous l’avons souligné, les hommes des sociétés démocratiques se lancent dans le travail, dans le divertissement pour ne pas avoir trop à penser et évitent les questionnements existentiels. Ils existent sans savoir pourquoi. Ils adoptent les valeurs de leur société sans chercher à être ce qu’ils sont réellement. Ils sont donc les prisonniers d’une caverne d’ombres et de chimères.

2.1.2- Le conformisme

L’allégorie de la caverne est une fable écrite par Platon qui dévoile une réalité toujours actuelle. Platon utilise cette allégorie pour expliquer sa théorie des idées. Sans entrer dans les détails de cette théorie, nous pouvons utiliser cette fable pour expliquer dans quelle situation risquent de se retrouver les jeunes de notre société de consommation s’ils ne sont pas éveillés à la pensée. Dans cette allégorie, Socrate veut démontrer à Glaucon qu’elle est « notre nature, selon qu’elle est ou qu’elle n’est pas éclairée par l’éducation(4) ». Il faut se rappeler les éléments essentiels de cette allégorie. Il y a premièrement la caverne où sont confinés les prisonniers. Ceux-ci y vivent depuis leur naissance, donc elle est la seule réalité qu’ils connaissent. Ils sont attachés par des chaînes qui maintiennent leur cou pour qu’ils ne voient que les ombres qui défilent devant eux. La paroi de la caverne est un écran sur lequel se reflètent les ombres des objets qui passent derrière eux et qu’ils sont incapables de voir. Les prisonniers ne savent pas que ces ombres sont le reflet d’autre chose, ils croient que réside là toute la vérité : «(…) aux yeux de ces gens-là la réalité ne saurait être autre chose que les ombres (…) »(5). Entre eux et les objets, il y a le feu qui permet aux ombres de se refléter sur la paroi rocheuse. Dans l’allégorie, Socrate invite Glaucon à imaginer ce qui arriverait si l’on détachait l’un des prisonniers. Bien sûr, il serait dans un premier temps ébloui par la lumière du soleil, elle lui blesserait les yeux. Il aurait une vision confuse de la nouvelle réalité qui se déploie devant lui et il pourrait croire que le monde de la caverne est beaucoup plus réel que celui-ci. Par la suite, si le prisonnier retourne dans la caverne, il aura de la difficulté à retourner dans le monde des ombres, à retourner à la noirceur. Sa plus grande difficulté résidera dans ses efforts pour persuader les prisonniers que leur réalité n’est faite que d’ombres et d’illusions et que la réalité est plus vraie et plus belle hors de ces murs froids et sombres. Il sera perçu comme un empêcheur de tourner en rond, car il remet les fondements même de leur existence en question. Les prisonniers risquent alors de vouloir protéger leur confort et leur sécurité.

Nous pouvons utiliser l’allégorie de Platon pour expliquer que le manque d’esprit critique menace la liberté individuelle. Comme nous l’avons déjà souligné, l’homme moderne est jeté dans le monde de la consommation dès l’enfance et il vit dedans, sans distance. Son monde est celui de l’abondance, de l’accumulation de toutes sortes d’objets. D’autre part, il est soumis à une communication de masse. Il se fait endoctriner par les publicités, les émissions télévisées, les magazines hebdomadaires, etc. Ces médias lui dictent des valeurs et un modèle de vie idéal. Par exemple, les publicités véhiculent le message qu’il est important pour être heureux d’avoir un corps mince et en forme. Elles présentent un modèle de corps parfait qui met une pression immense sur les individus. Baudrillard dira que la beauté est devenue, pour les femmes, un impératif absolu, religieux. Plusieurs d’entre elles sont, en effet, en quête de ce modèle et pour y arriver vont faire des régimes, subir des chirurgies plastiques, acheter des produits miracles, etc. Elles croient que ce corps parfait les rendra heureuses. Les femmes occidentales se disent autonomes et libres d’agir ainsi, mais elles se conforment aux standards sociaux. L’auteure québécoise Nelly Arcand met en scène, notamment dans son livre Folle, des personnages qui sont aux prises avec cette pression sociale. Elle dira que les femmes sont prisonnières d’une burka de chair. La télévision peut parfois éduquer et bien informer, mais trop souvent elle véhicule les valeurs de la société de consommation : apparence, pouvoir, abondance, etc. Elle formate les esprits et les conditionne. C’est ce que soutient Jean-Jacques Wunenburger dans son livre L’homme à l’âge de la télévision :

La télévision est parvenue en un demi-siècle à peine à se rendre indispensable à la vie quotidienne des hommes, à rythmer leur existence, à transformer leurs rapports sociaux, à devenir le réfèrent obligé de leurs savoirs et pouvoirs. La petite boîte noire qui trône dans tous les logements privés et dans un nombre de plus en plus grand de lieux publics, remplit l’espace et le temps social, fait circuler des modèles de sentir, d’imaginer et de penser, imprègne les modes de vie.(6)

La télévision vient s’immiscer dans la vie de tous et impose un style de vie uniforme. Elle a en quelque sorte pris le relais des Églises pour définir ce qu’il faut croire, savoir, admirer et posséder. Elle définit des normes collectives.

Wunenburger explique que les images télévisuelles sont souvent trompeuses et montrent une réalité tronquée. À ses yeux, les images les plus trompeuses sont celles des séquences publicitaires. La publicité est régie par le principe de la persuasion. Elle vise à rendre un produit commercial désirable. Elle promeut surtout les qualités d’un produit, ses atouts, ses avantages et ses performances. Elle met en perspective les bienfaits d’un produit en dissimulant ses limites d’usage, ses vices et ses méfaits. Donc, elle est liée au mensonge par omission. Les téléspectateurs deviennent ainsi les otages de stratégies mercantiles. Les producteurs d’émissions et de publicités utilisent des idées et des valeurs pour manipuler les gens et ainsi faire des profits. Les intérêts financiers sont immenses, alors les compagnies publicitaires investissent énormément pour trouver la meilleure façon de pousser les gens à acheter leurs produits. Elles savent utiliser les techniques pour conditionner les gens à consommer. Les médias ont une influence considérable sur les individus. Les citoyens se croient libres dans leurs choix. Libres d’acheter telle voiture, tel shampooing, etc. Pourtant, ces choix sont fortement influencés par la publicité. Comme le mentionne Erich Fromm, l’homme dans la société de consommation est loin de faire des choix libres :

L’individu est dirigé et manipulé non seulement dans le domaine de la production, mais aussi dans celui de la consommation, qui est prétendument celui où il peut exprimer son libre choix. Qu’il s’agisse de la consommation de la nourriture, de l’habillement, de l’alcool, des cigarettes, des films et des programmes de télévision, un puissant appareil de persuasion est utilisé à deux fins : d’abord, pour accroître sans cesse l’appétit des individus pour de nouveaux produits, ensuite pour orienter ces appétits vers les débouchés les plus rentables pour l’industrie (…) L’homme est transformé en «consommateur», en un éternel nourrisson, dont l’unique désir est de consommer davantage et mieux(7).

Les hommes du siècle des Lumières se sont battus héroïquement pour s’affranchir de la tutelle des autorités politiques et religieuses. Ils ont vaincu en grande partie les dogmatismes. Les hommes de la société de consommation eux sont sous l’emprise d’un tyran invisible. La plupart des individus sont des automates qui vivent dans l’illusion d’être leur propre maître. Il en est tout autrement, ils se conforment aux modèles sociaux pour gagner la tranquillité et la sécurité.

Nous pouvons facilement comparer les hommes de la société de consommation qui sont rivés à leur écran de télévision quotidiennement et assimilent les valeurs de la société de consommation aux prisonniers de la caverne de Platon. Ils sont prisonniers de ces ombres et de ces illusions. C’est ce que croit Alvin Kernan :

La télévision est l’actualisation technologique de la caverne de Platon, un média de masse contrôlé par la publicité et soumis par la suite à un marché de masse, projetant sur l’écran des images presque totalement fausses du monde. La fausseté est inscrite en un dispositif pavlovien qui fonctionne en déclarant à ses sujets comme ils sont libres et individuels tout en les conditionnant. À quel degré elle a rendu triviale et vulgaire la vie américaine n’a pas encore été, je pense, pleinement compris, mais les contours sont clairs pour quiconque regarde(8).

Les ombres de la caverne de la société de consommation sont toutes ces valeurs, ces pseudos-vérités qui sont véhiculées dans la société et qui ne sont pas remises en question. Ce que les Grecs appelaient la doxa, l’opinion publique. Comme nous l’avons vu, Heidegger parle plutôt dans Être et temps du « On ». Il explique que l’homme est d’emblée un être social, ainsi la difficulté de celui-ci est de devenir un individu, de trouver un mode authentique d’existence personnelle. Il se laisse dicter ses projets, ses préférences, ses goûts par les autres. En se laissant dicter sa manière d’être par Y « On », l’homme ne projette pas une existence véritablement sienne, mais tombe sous l’emprise de l’opinion publique. Il comprend alors le monde selon l’opinion commune et est poussé à penser ce que 1′ « On » pense. La télévision contribue fortement à l’uniformisation de la vie. Les gens veulent copier les modèles de vie qui y sont présentés. Mais, au fond d’eux-mêmes, ne veulent-ils pas plutôt être véritablement libres et choisir réellement les valeurs qui vont guider leur vie? Aujourd’hui, nous sommes fiers de pouvoir exprimer librement nos opinions et de pouvoir choisir notre vie, mais nous ne sommes pas si libres. Notre société renforce le conformisme social. Nietzsche, de son côté, explique dans ses Considérations inactuelles que les hommes sont paresseux. Selon lui, si l’on demandait à un voyageur qui a parcouru le monde et a vu d’innombrables hommes qu’elle est la qualité qu’il a rencontrée chez les hommes, il répondrait que c’est une certaine propension à la paresse. Au fond de lui, l’homme sait qu’il ne vivra qu’une fois et qu’il est un miracle unique, mais il s’en cache et aime mieux vivre comme tout le monde.

2.1.3- Conquérir sa liberté individuelle

Pour Nietzsche, l’homme agit en bête de troupeau. Il dira à l’homme endormi : « Sois toi-même!45 » À ses yeux, la vie est désolante et absurde tant que l’on n’est pas devenu soi-même. La société stérilise un certain nombre de possibilités. Il faut faire comme tout le monde et les jeunes cherchent à entrer dans un moule préétabli. Pour devenir soi-même, l’homme doit se défaire des chaînes de l’opinion courante. Il doit assumer la responsabilité de son existence et devenir le pilote de sa propre vie. La vie est tellement brève, il faut qu’il s’emploie à créer quelque chose de significatif dans ce voyage éphémère. Pour se créer une vie significative, il ne doit pas agir en conformité avec ce qui est véhiculé dans la société, mais conquérir sa liberté intérieure et s’édifier une vie qui fait sens. Pindare, le grand poète grec, recommandait : « Deviens celui que tu es.(9)»

Lors d’une conférence en 2004, le philosophe québécois Georges Leroux a démontré l’importance des cours de philosophie pour notre société. Il a alors expliqué que le but des cégeps, c’est de former à une vie libre. Former les jeunes pour qu’ils choisissent une forme d’existence qui sera souveraine et qui va pouvoir accomplir les valeurs de leur choix. Il constatait, lui aussi, qu’aujourd’hui nous formons avant tout des compétences et des expertises. Les écoles et même les cégeps cherchent à ajuster les esprits aux impératifs économiques et techniques et à les accommoder aux contraintes des marchés. Il faut plutôt que l’éducation donne assez de force intérieure aux jeunes pour qu’ils affrontent le réel. Il faut donner les moyens aux jeunes de dépasser la simple recherche de la prospérité et favoriser l’accès à l’intériorité et à la souveraineté. Selon lui, il y a une confusion aujourd’hui : il semble que devenir libre c’est devenir le meilleur dans son domaine pour gagner beaucoup d’argent et pouvoir faire ce que l’on veut. Mais il faut se questionner aussi sur la finalité de nos choix. Pourquoi devenir le meilleur politicien, le meilleur chirurgien, le meilleur professeur? Est-ce pour la justice, la santé, la sagesse? Que signifient ces finalités à nos yeux, que sont-elles vraiment? S’il faut être meilleur seulement pour gagner davantage de sous, acheter des biens luxueux et jouir davantage des loisirs, est-ce que notre forme de vie aura réellement du sens? Quel est notre idéal personnel?

Georges Leroux explique que le concept de forme de vie vient du philosophe Wittgenstein. Pour Wittgenstein, tous les jugements de valeur exprimés par une personne peuvent être reconduits à une forme de vie. Ce qu’il considère beau, bon et bien est lié à cette forme de vie. La forme de vie qu’un individu poursuit devrait être celle qui lui permet de se réaliser. Mais pour y arriver, il faut qu’il découvre qui il est. Comment faire pour que, parmi tous les modèles de vie, il choisisse celui qu’il désire vraiment. Emerson dira dans son essai sur la confiance en soi que ce qui est prisé dans la société c’est le conformisme. Tous les membres d’une société cherchent à vivre selon le modèle social valorisé pour être acceptés des autres. Celui qui ne se conforme pas court le risque de se faire rejeter et mépriser. Il faut que l’éducation donne la confiance en soi nécessaire aux jeunes, la liberté individuelle qui leur fera choisir ce qu’ils veulent vraiment. : Emerson dira : « Ma vie existe pour elle-même et non pour la parade. (…) Ce que je dois faire est tout ce qui me concerne, non pas ce que pensent les gens. (…) Il est facile, étant dans le monde, de vivre selon l’opinion du monde; il est facile, dans la solitude, de vivre selon la nôtre, mais il a de la grandeur, celui qui au milieu de la foule garde avec une suavité parfaite l’indépendance de la solitude(10) ». Il faut donner les instruments de la liberté aux jeunes, sinon nous renforcerons le conformisme. La liberté individuelle exige de s’engager sur les traces de nos propres idéaux. La liberté implique aussi un devoir civique. Pour être libre et avoir un pouvoir sur sa destinée, l’individu ne doit pas être sous la tutelle de l’État. Il doit participer à la vie politique pour se gouverner lui-même.

2.2- Esprit critique et démocratie

(…) Il est plus important de comprendre que l’enseignement prépare la société de demain. Que c’est lui qui forme les hommes qui auront à se débattre, à se faire entendre de leurs concitoyens, à juger librement et clairement sans se laisser aller au gré des phrases toutes faites, du langage de bois et des propagandes qui les menacent aujourd ‘hui de partout.

Jacqueline, De Romilly, Le trésor des savoirs oubliés.

2.2.1- L’indifférence face à la chose publique

Pendant longtemps, le système politique des sociétés occidentales était aristocratique. Il y a une très grande différence entre l’aristocratie et la démocratie. Dans une aristocratie, le pouvoir est concentré dans les mains d’un petit nombre d’individus tandis que dans une démocratie, c’est le peuple qui détient le pouvoir. Le petit nombre d’individus au pouvoir dans une aristocratie établit les lois sans consulter le peuple, alors que dans une démocratie c’est le peuple qui participe à la composition des lois. Il gouverne lui-même. Chaque individu forme ainsi une portion égale du souverain et participe au gouvernement de l’Etat. Il élit ses représentants grâce au vote universel. C’est ainsi que chaque citoyen détient le droit de gouverner.

Selon Tocqueville, l’un des dangers les plus grands des démocraties est que la concentration du citoyen sur son bien-être personnel et son désintérêt pour la réflexion critique et la chose publique permettent l’apparition d’un nouveau despotisme. Le danger est que les individus soient tellement absorbés par leur propre bien-être et par la réussite matérielle qu’ils n’aient plus le temps de participer à la vie publique et négligent la sphère politique. Voici le portrait qu’il dresse des citoyens de la société démocratique : « L’exercice de leurs devoirs politiques leur paraît un contretemps fâcheux qui les distrait de leur industrie. S’agit-il de choisir leurs représentants, de prêter main-forte à l’autorité, de traiter en commun la chose commune, le temps leur manque; ils ne sauraient dissiper ce temps si précieux en travaux inutiles(11) ». Puisque les citoyens sont entièrement concentrés à s’occuper de leurs propres affaires personnelles, ils risquent de ne plus être maîtres d’eux-mêmes. Les individus dans une société de consommation recherchent avant tout le confort, se mobilisent de moins en moins et ne sont plus soucieux de leur destin. Une telle indifférence de la chose publique se manifeste, entre autres, dans un très faible taux de participation aux élections. Les citoyens risquent ainsi de considérer leurs pareils, leurs parents, leurs amis et leur famille comme leur seule société. La démocratie se fonde sur la participation active de tous les citoyens. Il est facile à un despote de prendre le pouvoir quand tous se désintéressent de la chose publique. Surtout si celui-ci s’évertue à assurer le bien-être matériel de tous et veille à ce que ce bien-être prospère. C’est ce que croit Tocqueville :

(…) je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie. Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance (…) C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre (…) il ne brise pas les volontés, mais les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger(12).

Dans cette longue et célèbre citation de Tocqueville, nous retrouvons le portrait d’une société démocratique où les individus ont abandonné leur liberté de penser et leur liberté politique. Dans cette société, les citoyens qui sont préoccupés par leur bien-être et leur plaisir deviennent individualistes et indifférents à la chose publique. Ceux-ci remettent dans les mains de l’État la gouvernance et n’utilisent plus leur liberté de penser. L’État devient le tuteur qui leur assure ce bien-être tant convoité, mais les infantilise et les soulage de leur libre-arbitre. Voilà la grande crainte de Tocqueville, que dans la démocratie les individus perdent leur faculté de penser, de sentir et d’agir par eux-mêmes. Qu’ils perdent donc un pouvoir effectif sur leur destinée.

Aristote explique, lui aussi, que la tyrannie peut émerger dans une démocratie. Le tyran utilise trois moyens pour maintenir son pouvoir. Premièrement, il avilit les esprits. Ensuite, il sème la méfiance chez les citoyens, car ils ne peuvent renverser le pouvoir du tyran s’ils ne se font pas confiance entre eux. Pour finir, il faut les priver du pouvoir d’agir. Comme nous l’avons vu plus haut, dans notre société de consommation, les citoyens ne cherchent pas à réfléchir. Nous assistons donc à un avilissement des esprits. Lorsque les citoyens ne font pas preuve de lucidité et qu’ils n’ont pas un esprit critique aiguisé, ils sont susceptibles de se faire manipuler par des démagogues. Ceux-ci utilisent de belles phrases pour séduire, ils cherchent à persuader la foule pour acquérir le pouvoir. Ils ne voient aucun mal dans la manipulation de l’opinion publique pour arriver à leurs propres fins. Ils n’accordent pas d’importance à la vérité de leurs propos. Tout ce qu’ils désirent c’est d’obtenir le pouvoir et grimper les échelons de la réussite sociale. Nous pouvons facilement comparer le démagogue au commerçant qui veut vendre sa marchandise à tout prix, en la vantant de toutes les qualités inimaginables. Cependant, il ne se soucie pas de savoir si ce qu’il vend est bon en soi, mais il se préoccupe seulement du profit qu’il peut apporter. Dans une démocratie comme la nôtre, il est important de charmer la foule pour que les dirigeants soient élus. Trop souvent, les hommes d’état jouent la carte de l’apparence pour accéder au pouvoir et cherchent à séduire pour se faire élire. Pour résister à la démagogie, les citoyens doivent être éduqués.

2.2.2- La capacité de réfléchir et de prendre des décisions éclairées

Dans une démocratie, l’exercice de l’esprit critique est indispensable. Les citoyens doivent s’intéresser à la chose publique, mais aussi être capables d’y participer. Ils doivent être aptes à choisir entre des positions politiques différentes et à exprimer leurs positions par le vote. Les citoyens sont informés, par le biais des médias, des sujets et des questions qui les concernent. Ils doivent êtres capables de discuter sur ces divers sujets et à juger de la pertinence des décisions politiques. Comme l’explique Normand Baillargeon : « Dans une démocratie, chacun est gouvernant en puissance et est appelé à se prononcer sur les affaires qui concernent le bien commun; chacun peut faire entendre sa voix et peut, en droit, prendre part aux débats et aux discussions qui ont constamment cours sur un nombre en théorie infini de sujets et de questions qui débouchent, après délibération, sur des décisions et des actions(13)». Celui-ci ajoute que, malheureusement, trop souvent les citoyens de notre société sont incapables de prendre part au débat: «(…) la figure idéale d’un citoyen informé, capable déjuger et de prendre part à des discussions tend à céder la place, dans les faits, à celle de sujets endoctrinés, ignorants de données cruciales concernant le monde dans lequel ils vivent et exclus du débat politique dont ils ne sont plus participants mais spectateurs(14) ».

La société démocratique repose sur la nécessité de développer l’intelligence et la raison de tous les membres de la société pour rendre possible le libre exercice de leur souveraineté et leur permettre de jouir de leurs droits. Pour Wunenburger, nos sociétés médiatisées appauvrissent plutôt l’intelligence. La télévision remettrait en question les valeurs les plus fondamentales de la modernité : idéal d’émancipation, idéal de liberté et d’autonomie du jugement, idéal de discussion critique des opinions. La télévision nous évite de parler et d’agir, elle porte plutôt à la passivité, à la réception d’un spectacle indépendant de nous et à la consommation passive d’images. Elle endort en quelque sorte les esprits, même si parfois elle informe vraiment. : « La télévision ne doit-elle pas dès lors être accusée de nos jours comme la plus grande ennemie de la liberté et de la vérité, et donc de la démocratie ». La démocratie fait appel à l’esprit critique des citoyens et à leur capacité à prendre part aux diverses discussions. C’est le système éducatif qui doit outiller les jeunes et développer leur esprit critique pour les rendre aptes à une participation active.

2.3- Esprit critique et philosophie

2.3.1- La philosophie forme l’esprit critique

Dans son livre Introduction à la philosophie, le philosophe allemand Karl Jaspers souligne que les êtres humains portent des regards contradictoires sur la philosophie. Certains ont des attentes vis-à-vis celle-ci, d’autres y sont indifférents. Plusieurs vénèrent ceux qui l’exercent tandis que certains les méprisent et les considèrent comme des rêveurs qui s’adonnent à une introspection superflue. Dans un monde où la science est admirée pour ses connaissances certaines qui donnent des résultats pratiques, la philosophie fait souvent piètre figure. Elle n’aboutit à rien de concret. En effet, malgré de nombreux efforts depuis des milliers d’années, la philosophie ne réussit pas à atteindre un savoir définitif ni à faire l’unanimité. Les théories philosophiques se contredisent et il n’y a pas une vérité philosophique certaine et définitive. Elle est souvent perçue comme une connaissance inutile, un jeu théorique vain. Plusieurs individus considèrent que la philosophie ne devrait pas être enseignée au collégial. À leurs yeux, cet enseignement serait une perte de temps et il faudrait plutôt former des travailleurs efficaces, aptes à aller sur le marché du travail.

Dans son texte Valeur de la philosophie, Russell tente d’expliquer pourquoi il est nécessaire d’étudier la philosophie. Pour lui, les critiques adressées à la philosophie sont l’art des gens pratiques, ceux qui ne reconnaissent que les besoins matériels, qui croient que l’homme doit nourrir son corps, mais ne considèrent pas nécessaire qu’il nourrisse son esprit. La philosophie est une nourriture pour l’esprit. Elle ne peut fournir des réponses précises sur les questions qui la concernent, mais elle nous fait prendre conscience de 1’importance de ces problèmes et surtout, elle permet de développer notre esprit critique:

La valeur de la philosophie, affirme Russell, doit en réalité surtout résider dans son caractère incertain même. Celui qui n’a aucune teinture de philosophie traverse l’existence, prisonnier des préjugés dérivés du sens commun, des croyances habituelles à son temps ou à son pays et de convictions qui ont grandi en lui sans la coopération ni le consentement de la raison. (…) La philosophie, bien qu’elle ne soit pas en mesure de nous donner avec certitude la réponse aux doutes qui nous assiègent, peut tout de même suggérer des possibilités qui élargissent le champ de notre pensée (. . .).

Russell, Bertrand, Problèmes de philosophie, Paris, Paris, Éditions Payot, coll. « Petite bibliothèque Payot », 1965, p. 25.

C’est le rôle de la philosophie de doter les jeunes d’un esprit critique et de les délivrer de leurs préjugés et de leurs opinions préconçues.

2.3.2- Définition de l’esprit critique

Qu’est-ce que l’esprit critique que la philosophie permet de développer? Le mot critique dérive du verbe grec krinein qui signifie « séparer », « juger », « décider », « distinguer », « trancher », « passer au crible ». Il renvoie à une fonction fondamentale du corps, celle d’éliminer les substances nocives. En effet, si les reins d’un individu cessent de « critiquer », celui-ci meurt. Avoir un esprit critique, c’est faire preuve de discernement. Dans le mot discernement, nous retrouvons le verbe latin cernere qui a une signification semblable : séparer le bon du mauvais. Celui qui a un esprit critique est celui qui est capable de discerner et de juger ce qui est mauvais et est ainsi apte à le rejeter. Il est capable de faire preuve de discernement dans ses choix quotidiens. Dans l’Encyclopédie philosophique universelle, nous retrouvons la définition suivante du terme critique : la critique est une forme de la pensée rationnelle qui consiste à examiner un autre produit de la pensée afin de le juger et d’en déterminer, en pesant le pour et le contre, la véritable valeur : vrai ou faux. Un esprit critique sera apte à dissocier le vrai du faux dans une publicité, un discours politique, etc. Par exemple, il comprendra qu’il n’y a aucun rapport entre une jolie femme et la qualité d’une auto. Qu’il n’y a pas nécessairement de lien entre une vie réussie, le bonheur et l’accumulation de richesses. L’esprit critique rend en mesure de savoir si un individu est en train de débiter des balivernes, s’il utilise de mauvais arguments ou des sophismes. La pensée critique met à l’abri du dogmatisme, des préjugés et des généralisations hâtives. Elle est une arme contre les démagogues, les superstitions, les préjugés, les opinions non fondées, etc. De plus, l’esprit critique permet de nous défaire des chaînes du conformisme et de l’opinion publique et de plutôt choisir ce que nous voulons réellement devenir. Il aide à vivre une vie libre. Heureusement, l’esprit critique s’apprend, notamment dans les cours de philosophie.

L’une des tâches principales de la philosophie est de former des citoyens éclairés capables d’avoir un esprit critique. C’est ce que souligne Jaspers : « Ce que l’on cherche à conquérir en elle, ce n’est pas une certitude scientifique, la même pour tout entendement : il s’agit d’un examen critique au succès duquel l’homme participe de tout son être » (16). La philosophie comporte un travail critique. Cette critique n’est cependant jamais purement et simplement négative, elle est plutôt constructive. Elle a pour but de corriger les fausses évidences, les illusions et erreurs du sens commun. Elle permet de faire des choix éclairés. Celui qui a un esprit critique ne peut accepter les vérités toutes faites, il remet en question les prétendues vérités véhiculées dans la société et il est apte à opérer un recul face aux valeurs sociales. 11 est capable de se faire une opinion par lui-même et de reconnaître ses propres préjugés et de s’en méfier. Faire de la philosophie c’est être en route, comme le dit avec justesse Jaspers. Être en route vers davantage de lucidité. L’éducation doit permettre aux jeunes de se retourner pour regarder le soleil et non plus les images projetées sur le fond de la caverne. Elle doit déprendre les jeunes de ces illusions.

En conclusion, dans ce deuxième chapitre, nous avons voulu démontrer qu’il est urgent de former l’esprit critique des jeunes de la société de consommation. En premier lieu, nous avons expliqué que trop souvent dans une société de consommation, les individus sont des somnambules qui dorment en plein jour et qui ne pensent pas par eux-mêmes. En effet, la plupart d’entre eux sont comme les prisonniers de la caverne de Platon, ils absorbent sans remise en question les valeurs et opinions véhiculées dans les médias et surtout à la télévision. Ils sont conditionnés par une vision du bonheur liée à l’abondance matérielle et au paraître. Ils se croient libres, mais ne sont pas maîtres de leur choix et décisions. Le fait de ne pas utiliser leur esprit critique a donc pour première conséquence d’empêcher les individus de conquérir leur liberté individuelle. Ils sont conformistes et sont incapables de vivre la vie qu’ils désirent réellement et de choisir leurs propres valeurs.

Dans un deuxième temps, nous avons souligné que le manque d’esprit critique est une menace pour la démocratie et pour la liberté politique. Premièrement, l’obsession du bien-être matériel détourne les individus de la politique. Ils sont tellement préoccupés par leur avancement et la consommation de biens qu’ils oublient de se soucier de la politique et abandonnent leur droit de vote. Ils risquent ainsi de ne plus être réellement les maîtres de leur destin. Dans une démocratie, c’est le peuple qui gouverne, mais les membres qui le composent doivent s’impliquer et participer aux décisions pour réellement gouverner. De plus, sans esprit critique ils sont incapables de bien cerner les débats et de bien analyser les discours politiques. L’esprit critique est essentiel pour prendre des décisions politiques éclairées. Nous avons terminé en donnant une définition de l’esprit critique. Celui qui est doté d’un esprit critique est capable de discerner dans une idée, un discours, une opinion ce qui est vrai et ce qui est faux. Il a la capacité de séparer le bon du mauvais et de remettre en question ce qui est véhiculé dans une société. Il fait donc preuve d’un doute constructif, il doute pour chercher la pertinence de ce qui est dit et pour pouvoir prendre de meilleures décisions. L’esprit critique permet surtout de s’éloigner du conformisme et de choisir la forme de vie qui fait réellement sens à nos yeux. Il s’apprend notamment dans les cours de philosophie. Comme nous le verrons dans le prochain chapitre, Socrate enseignait à user de notre esprit critique, à remettre en question nos certitudes, à penser par nous-mêmes et à cherche à nous connaître. Il est donc un maître à suive pour doter nos jeunes d’un esprit critique.


NOTES

(1) lbid., p.92.

(2) Kant, Immanuel, Oeuvres philosophiques II, Des prolégomènes aux écrits de 1797, trad. Heinz Wismann, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1980, p. 209.

(3) Alain, (Emile Charrier), l’igiles de l’esprit, Paris, Éditions Gallimard, coll. « nrf », 1942, p.8.

(4) Platon, Œuvres complètes 17 : La République, trad. Emile Chambry, Pans, Éditions Les Belles Lettres, 1949, 514a,
p. 340.

(5) lbid, p. 340.

(6) Wunenburger, Jean-Jacques, L’homme à l’âge de la télévision, Pans, Éditions Presses universitaires de France, coll. « Intervention philosophique », 2000, p.l 19.

(7) Fromm, Erich, De la désobéissance et autres essais, trad. Théo Carlier, Paris, Éditions Robert Laffont, 1983, p. 86.

(8) Kernan, Alvin, cité par De Koninck, Thomas, Philosophie de l’éducation : essai sur le devenir humain, Paris, Edition Presses universitaires de France, coll. « Thémis », 2004, p. 60.

(9) Nietzsche, Friedrich, Considérations inactuel/es, III, 4, trad. Geneviève Bianquis, Paris, Éditions Aubier, 1966, p. 17.

(10) Emerson, Ralph Waldo, l^a confiance en soi et autres essais, trad. Monique Bégot, Pans, Editions Payot et Rivages, coll. « Rivage poche/Petite Bibliothèque », 2000, p. 93.

(11) De Tocquevlle, Alexis, op. cit., T.II, Deuxième partie, Ch. XIV, p. 196.

(12) lbid., T.II, Quatrième partie, Ch. VI, p. 434-435.

(13) Baillargeon, Normand, La lueur d’une bougie : citoyenneté et pensée critique, Montréal, Éditions Fides, coll. « Grandes conférences », 2001, p. 19.

(14) lbid., p. 22-23.

(15) Wunenburger, Jean-]acques, op. cit., p .6.

(16) Jaspers, Karl, Introduction à la philosophie, trad. Jeanne Hersch, Paris, Éditions Pion, coll. « 10/18 », 1965, p. 6.


La photographie de présentation en haut de l’article a été ajoutée par nous.


dossier-philotherapie-bandeau-750

Liste des articles par ordre de publication

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007.

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE. L’auteur prend le temps de situer son sujet dans son contexte historique soulignant la reconnaissance plutôt récente de la dépression comme une maladie. Auparavant, on parlait d’acédie et d’ennui.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole» – Avec cet article, nous sortons de du cadre de la philosophie pour entrer de plein pied dans celui de la psychologie. Le livre Savoir se taire, savoir parler a attiré mon attention à la suite de ma lecture de l’article « Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole » paru dans le Figaro.fr. J’accepte cette intrusion de la psychologie dans ce dossier sur la philosophie parce que cette « hystérie de la parole » observable à notre époque, notamment sur les réseaux sociaux, entre directement en conflit avec le silence nécessaire et incontournable à la réflexion philosophique. Bref, il faut savoir se taire, savoir parler pour philosopher. J’ai donc acheté ce livre et voici mon rapport de lecture.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques (…)

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l'article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/

PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ

Comment dialoguer de manière constructive ?

Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Un cheminement théorique

Durant mes études, j’ai été amené à réfléchir sur l’épistémologie, la cognition (comment fonctionne la connaissance humaine, avec ses biais), et en particulier sur la notion « d’esprit critique ». A l’époque, deux notions m’ont marqué. Avec Hegel, notamment, l’idée de dialectique, que j’ai vulgarisée dans La pensée s’enrichit de la critique. Dans mon mémoire, en 2009, j’ai tâché de stimuler la métacognition de jeunes élèves, c’est-à-dire leurs facultés à observer leurs propres manières de réfléchir. Ces deux concepts (dialectique et métacognition) font référence à une forme de « mise à distance » de ses propres représentations et processus de pensée.

En 2012, dans Les polémistes sont-ils responsables des interprétations de leurs propos ?, je m’attelais à montrer qu’il y a un problème à s’attacher uniquement à la dimension sémantique de la conversation (les mots utilisés), et qu’il fallait prendre en compte la dimension pragmatique également (ce que les usagers des mots y attribuent comme signification, ce qu’ils « mettent derrière »).

En 2013, dans Pour une éthique de la discussion, je tâchais de formaliser en quelque sorte des « règles du jeu » à respecter pour qu’une discussion soit constructive, c’est-à-dire qu’elle fasse progresser la connaissance dans une forme de respect mutuel des personnes et des idées. Dans cet article théorique, je liste notamment un ensemble de présupposés philosophiques « incontournables » (constructivisme réaliste, perspectivisme non relativiste, pragmatisme…) qui lient la question de la connaissance à notre condition d’être humain, et qui invitent à une forme d’accord tacite si l’on prétend discuter autour d’une réalité partagée. En découle entre autres un engagement dans les directions suivantes : humilité, coopération, pluralisme… C’est tout un programme, sachant que les métaphores conceptuelles pour parler de la discussion nous suggèrent de la considérer davantage d’un point de vue compétitif (La discussion, c’est la guerre).

FakeNews-Esprit-critique-Intermédiaires

En 2014, dans un article sur la place de la réflexivité (la capacité à s’interroger sur ses propres processus de pensée) en éducation aux médias, j’identifiais ensuite combien une mise à distance avec nos propres représentations – et notre rapport à ces représentations – était constitutif d’une forme de « pensée critique ». Dans mon cours Médias, philosophie et citoyenneté, j’ai précisé par la suite la place du dialogue dans la pratique philosophique et le développement de cette pensée critique.

En 2015, dans La logique face aux mauvais arguments, j’écrivais la phrase « tout est vrai, dans une certaine mesure », que j’illustrais par la phrase « dans la tête du fou, les poules ont des dents ». Dans son monde, cela est vrai. Le fait est que ce n’est vraisemblablement vrai que dans son monde, que d’un certain point de vue. L’usage de la logique pour contrer les arguments fallacieux invite aussi, à mon avis, à tâcher de comprendre « le monde de l’autre » : « dans quelle mesure ce que l’autre me dit, y compris ce qu’il me dit de faux, donne-t-il à voir du vrai » ?

En 2016, je reprenais cette thèse dans deux articles de mon dossier pour contrer les discours faux et haineux. J’y défends un engagement pour le fait de faire la part des choses, qui passe par une forme de compréhension – qui n’implique pas de partager les idées de l’autre, et pour la nuance. A mon sens, ce qui constitue une posture dogmatique est non pas le contenu du dogme, mais l’indiscutabilité qui y est liée.

En 2017, dans Développer la capacité à changer de point de vue : les enjeux de la décentration, j’identifiais la capacité à se mettre à la place d’autrui (au niveau cognitif, mais pas uniquement) comme une composante fondamentale contre les biais cognitifs et dans l’apprentissage de manière générale.

En 2018, j’expliquais enfin à un jeune garçon ce qu’est un questionnement philosophique et j’intervenais dans le colloque « Faire société dans un monde médiatisé », avec le titre suivant : Information, émotions et désaccords sur le web – Comment développer des attitudes critiques et respectueuses ?

Si ces ancrages théoriques me semblent fondamentaux et contiennent en tant que tels des pistes d’application pratique, il me semble également intéressant de développer davantage comment tout ceci peut être mis en pratique. Comment fait-on, concrètement, pour appliquer tout cela ?

Mise à jour 2022/08 : mon livre Nuance ! La puissance du dialogue (2022) s’inscrit dans le sillon de toutes ces réflexions.

Comment dialoguer – ou penser – de manière constructive, en pratique ?

Je ne vais pas ici proposer une recette universelle pour bien dialoguer, mais plutôt parcourir avec vous un ensemble de manières de faire que j’essaie de mettre en pratique lorsque je débats ou tâche d’envisager de nouvelles idées.

Pratiquer le questionnement

Le dialogue, dès Socrate : la maïeutique

Dans les Dialogues de Platon, Socrate voyait sa pratique comme maïeutique, c’est-à-dire « l’art d’accoucher les esprits ». Il posait des questions à ses interlocuteurs de type « que signifie ce que tu dis ? », « qu’est-ce qui te fait croire ce que tu crois ? ».

Selon les commentateurs des textes de Platon, Socrate se voit attribuer différentes intentions. Parfois, il est vu comme celui qui veut vraiment approfondir les idées et parvenir à une forme de nuance très profonde. Parfois, il est vu comme un emmerdeur qui n’a rien à envier aux sophistes qu’il affronte : il veut juste les amener à dire qu’ils ont tort ou se trompent.

Nous invitons à considérer la première image de Socrate, à savoir celle de l’homme humble qui cherche à comprendre les fondements de ce que l’autre affirme.

Nous en retenons les questions évoquées ci-dessus, notamment des questions de définition (« qu’est-ce que cela veut dire ? »), des questions sur les arguments ou les preuves (« qu’est-ce qui te fait affirmer cela ? »). Comme je l’ai évoqué ci-dessus, j’invite à ne pas se limiter à l’aspect sémantique des définitions. Ainsi, il s’agit d’amener l’interlocuteur à expliquer sa définition, sa perspective : qu’est-ce que cela veut dire, pour toi ? Comment comprends-tu cela ? Il s’agit de faire la clarté également sur ses référentiels, ses présupposés, ses postulats.

Une variante que je propose est « dans quelle mesure ce que tu me dis a-t-il du sens ? », « dans quelle mesure ce que tu affirmes est-il vrai ? ».

Redécouvrir l’étonnement de l’enfant

Une autre manière de présenter les choses se situe dans la faculté d’étonnement. Il s’agit d’une posture naïve et humble, au fondement du questionnement philosophique. En effet, le questionnement philosophique, c’est se demander « à quoi ça sert ? » (finalité ou raison d’être), « qu’est-ce que ça veut dire ? » (signification). Quand un enfant demande « pourquoi ? » ou « c’est quoi ? » à chaque chose qu’il découvre, il fait de la philo, en quelque sorte. Il s’étonne et s’émerveille, les choses ne sont pas « acquises »…

Peut-on éviter le questionnement philosophique ?

Le modèle de Tozzi : problématiser – conceptualiser – argumenter, et dégager les présupposés

Michel Tozzi est un philosophe français qui défend une forme de la philosophie ancrée dans la pratique. On peut en effet voir la philosophie comme une sorte de discipline avec des objets bien spécifiques (le bien, le vrai, le beau, l’être…), mais aussi et surtout comme une démarche de questionnement et de pensée.

Dans Penser ensemble ? Est-ce souhaitable et possible ?, il approfondit en quelque sorte la pratique du dialogue socratique en lui donnant trois directions :

  • Problématiser, c’est-à-dire mettre en question ses affirmations, considérer ses thèses comme des hypothèses, remonter au problème dont elles se prétendent les solutions, interroger la question elle-même, dans ses présupposés et conséquences.
  • Conceptualiser, c’est-à-dire tenter de définir les notions convoquées pour penser, identifier et élaborer des distinctions conceptuelles, pour préciser ce dont on parle.
  • Argumenter, c’est-à-dire déconstruire des affirmations, répondre à des objections, fonder rationnellement son discours, pour savoir si ce qu’on dit est vrai.

A noter qu’il commence son article en envisageant que l’on peut « être ensemble en solitaire ». Je rejoins cette conception philosophique selon laquelle « on ne pense jamais seul » (thèse également développée par Pierre Lévy). Quand on lit un livre, quand on réfléchit, quand on apprend avec ou à l’encontre de nos préjugés, c’est comme si on effectuait une sorte de dialogue intérieur.

Dans Penser par soi-même, il invite à dégager les présupposés derrière les affirmations. Pour lui, « un présupposé est une affirmation impliquée par une proposition, et sans laquelle elle ne pourrait être valide. Il faut l’expliciter, car il est généralement contenu implicitement dans la proposition ». Il donne l’exemple du concept de réincarnation :

Si par exemple je crois à la réincarnation, cela présuppose :

– qu’un être humain n’est pas seulement une réalité matérielle, mais l’union d’une âme et d’un corps ;

– que la mort physiologique d’un individu ne détruit pas son âme ;

– que cette âme peut se joindre à un nouveau corps […]

Un seul des trois premiers présupposés manque, et l’idée de réincarnation perd son sens. Ces présupposés sont bien implicites dans l’idée, et il faut faire un effort pour la déplier, lui faire exprimer, « avouer » ses implications. Ils sont bien par ailleurs des affirmations qui répondent chacune à une question essentielle :

– Qu’est-ce que l’homme, quelle est sa réalité ?

– La vie d’un individu s’arrête-t-elle à sa mort ?

– Qu’advenons-nous dans l’au-delà ?

Dans cet ouvrage, il distingue également ce qu’est une question philosophique. Pour Tozzi, il convient de faire un effort pour interroger les présupposés d’une affirmation.

Écoute de l’autre et « questiologie »

Une fois n’est pas coutume, je vous propose ci-dessous de découvrir une conférence TEDx de Frédéric Falisse à propos de la « questiologie ». Cette vidéo me semble intéressante – en dépit de son format, dans la mesure où poser des questions n’est pas une pratique si anodine que cela.

Il existe plusieurs types de questions, ouvertes ou fermées, centrées sur les cognitions ou les émotions, etc. Pour ma part, je trouve par exemple que des questionnements ouverts (que l’on retrouve entre autres dans des ouvrages de méthodologie d’entretien en sciences humaines et sociales) sont assez précieux : « Pouvez-vous m’expliquer ceci ? », « Qu’est-ce que cela vous fait quand… ? », « Racontez-moi comment ça se passe… », « En quoi est-ce important pour vous ? », « Qu’est-ce que ça signifie pour vous ? », etc.

En outre, cela me semble utile d’être conscients que notre interlocuteur ne communique pas nécessairement sur le même registre que nous. Par exemple, si quelqu’un me dit qu’il considère que tous les chômeurs sont des fainéants, je peux m’évertuer à le contredire ou à tâcher de comprendre les « faits » qui lui font dire ça, et l’entretien va peut-être tourner en rond tant que je n’aurai pas entendu la révolte et le sentiment d’injustice qui se cachent derrière cette affirmation.

Dans mes articles relatifs aux liens étroits entre émotion et cognition, j’explicite qu’à mon avis, c’est contreproductif de nier la composante émotionnelle ou sociale d’une situation. C’est aussi en substance ce que je dis quand j’insiste sur l’importance de la prise en compte de la dimension pragmatique de la communication.

Les maximes conversationnelles de Grice

En lien avec cette dimension pragmatique de la communication, dans Logique de la conversation, Grice avance l’idée que la communication est régie par un « principe de coopération » et des « maximes conversationnelles ».

« Que votre contribution à la conversation soit, au moment où elle intervient, telle que le requiert l’objectif ou la direction acceptée de l’échange verbal dans lequel vous êtes engagé. (Grice 1979, p.93. Traduction française de Wilson et Sperber) ».

Ainsi, cela signifie que dans une situation de communication, lorsque le destinataire tente de détecter une intention communicative, il peut s’attendre à ce que le locuteur suive ce principe et donc agisse de manière coopérative.

Grice (1979) développe ce principe de coopération en neuf maximes, qu’il classe en quatre catégories :

  • Maximes de quantité
    • Que votre contribution soit aussi informative que nécessaire.
    • Que votre contribution ne soit pas plus informative que nécessaire.
  • Maximes de qualité
    • Ne dites pas ce que vous croyez être faux.
    • Ne dites pas ce que vous n’avez pas de raisons suffisantes de considérer comme vrai.
  • Maxime de relation
    • Soyez pertinents.
  • Maximes de manière
    • Évitez de vous exprimer de manière obscure.
    • Évitez l’ambiguïté.
    • Soyez bref.
    • Soyez ordonné.

> En savoir plus sur la théorie des implicatures de Grice

Principe de charité et reformulation

Il s’agit d’envoyer le message que vous tâchez réellement de comprendre et de faire droit à la vérité de votre interlocuteur.

Dans son blog de philosophie des sciences, Quentin Ruyant écrit :

« Je ferai appel à un principe qui correspond, je pense, avec la clarté que nous évoquions précédemment, à l’une des qualités les plus importantes chez un philosophe (et qui manque cruellement à la plupart des politiciens) : le principe de charité. Il s’agit, comme l’exprime Daniel Dennett, d’être capable d’exprimer une position adverse de manière si fidèle que même notre opposant pourra nous remercier d’avoir exprimé sa position avec tant de justesse. La connaissance doit être issue d’un travail collaboratif, ce qui est impossible si l’on ne sait pas faire justice aux positions auxquelles on s’oppose pour leur opposer des arguments sérieux ».

> Lire aussi : How to Criticize with Kindness: Philosopher Daniel Dennett on the Four Steps to Arguing Intelligently (BrainPickings, 2014)

Il est donc question ici de pouvoir reformuler l’essentiel de ce que l’autre affirme, et ce dans la « meilleure version possible » de ladite affirmation. Autrement dit, il s’agit de faire pleinement droit à la vérité de l’interlocuteur. Nous rappelons à ce titre que l’essentiel de la vérité de l’interlocuteur ne se situe pas toujours dans ce qu’il dit, mais dans ce qu’il vit autour de ce qu’il dit.

Lorsque je dialogue avec quelqu’un, j’essaie de ponctuer certaines séquences de l’échange par des phrases telles que « si je comprends bien… », « si tu me permets de reformuler… », « donc, ce que tu penses, c’est que… », « pour toi, ce qui est important, c’est… » ou encore « ton point de vue, c’est que… ». Lorsqu’une personne me parle de valeurs ou d’émotions, qu’elle répète un même message en boucle, je tâche d’acter que j’entends bien tout cela.

Une question de posture

Le fait de poser des questions tel que décrit ci-dessus est lié à une posture, à des attitudes dans la discussion.

« Violence épistémique » et « entretien épistémique »

Dans son article sur la « violence épistémique », Thomas C. Durand introduit ses propos de la sorte :

Avoir raison ne donne pas tous les droits. Les sceptiques qui abordent leurs contemporains dans l’espoir de les détromper de leurs croyances, de leurs convictions erronées, voire de leurs idéologies discutables sont bien intentionnés et voudraient que tout le monde pense un peu mieux. Ce faisant nous oublions (oui, l’auteur se compte dans le lot des arpenteurs de terrain épistémiquement perturbé) parfois un peu vite que les autres aussi sont bien intentionnés, en tout cas en moyenne.

Il explique ensuite que le fait d’aller à l’encontre de croyances, même lorsque celles-ci sont fausses, peut comporter intrinsèquement une forme de violence. Lorsqu’une personne croit quelque chose, dans certains cas, elle base également une partie de son existence sur cette croyance. Si l’on me montre un corbeau albinos, je n’aurai probablement pas de mal à reconnaître que tous les corbeaux ne sont pas noirs. Par contre, si l’on vient contredire une croyance pour laquelle je m’engage au quotidien, voire je fais des sacrifices, cela va peut-être me faire souffrir et être coûteux pour moi d’abandonner cette croyance.

J’ajouterais qu’il existe par ailleurs de « bonnes » raisons non rationnelles de croire ce que l’on croit. Chaque personne a de bonnes raisons de croire ce qu’elle croit, de son point de vue en tout cas. En conséquence, l’auteur formule la recommandation suivante :

Il me semble utile de se donner les moyens de faire régulièrement l’exercice mental suivant : se mettre à la place de notre interlocuteur, s’imaginer comment nous encaisserions les propos d’un sceptique.

Il ajoute :

Les véritables débats d’idées, ceux dont le but n’est pas de faire le spectacle ou de vendre un livre, une idéologie ou un programme politique, doivent être abordés avec un certain nombre de précautions. Parmi elles, le principe d’humanité propose de toujours considérer que les paroles de notre interlocuteur ont du sens pour lui, et que nous tiendrions les mêmes si nous étions dans sa position, avec les informations dont il dispose. En somme : autrui est un être humain aussi complexe que nous.

Dans l’article sur l’entretien épistémique et la vidéo qui y est relative (ci-dessous), il explicite encore davantage sa posture :

Cela consiste à discuter avec l’autre : discuter, sans débattre, sans chercher à rien prouver. Je ne vous cache pas que ça demande quelques efforts. Vous devez restez concentré sur votre tâche : aider votre interlocuteur à exprimer clairement la manière dont il arrive à sa vision des choses. Si vous le coupez tout le temps, il ne peut pas développer son point de vue et en réalité vous n’avez pas connaissance de ce sur quoi reposent ses convictions. Mais pire : votre interlocuteur lui-même n’a peut-être pas cette information, et sans elle il ne peut pas aisément douter de ce qu’il croit car il ne peut pas savoir quel type d’information est susceptible de lui prouver qu’il pourrait avoir tort.

Il établit enfin lui-même le lien avec la méthode de questionnement socratique :

Déjà la maïeutique de Socrate consistait en cela : amener votre interlocuteur devant ses propres contradictions, devant les limites [j’ajouterais : et les zones de pertinence, ndlr] de ses connaissances actuelles. En constatant lui-même les anomalies de sa méthode, il vous verra moins comme un adversaire que comme un partenaire dans l’examen des raisons pour lesquels il croit ce qu’il croit. Si vous réussissez à maintenir le dialogue, vous ne faites qu’accompagner l’autre vers l’apprivoisement de ses doutes.

Décentration et empathie

Nous avons lourdement insisté sur cette dimension dans nos propos précédents : comprendre l’autre, c’est entendre non seulement ce qu’il dit, mais aussi et parfois surtout comment il le vit. Il s’agit de l’empathie. Attention, nous mettons en garde face à une forme d’empathie exacerbée. Il ne s’agit pas de céder à une forme de réactivité émotionnelle « brute », qui supplanterait toute forme de réflexion. Au contraire, il s’agit de prendre en compte l’émotion dans la réflexion.

Pour l’éthologue Frans de Waal, l’empathie est l’une des composantes de la moralité.

Pour pas mal de penseurs de l’éducation, l’imitation est une des composantes de l’apprentissage. Sur base de délimitations en psychologie cognitive et comportementale, j’établirais la subdivision suivante :

  • Imitation : se mettre à la place de l’autre au niveau comportemental (les actes, les gestes…)
  • Empathie : se mettre à la place de l’autre au niveau émotionnel (les ressentis, les souffrances…)
  • Décentration cognitive : se mettre à la place de l’autre au niveau cognitif (les pensées, les jugements, les croyances…)

A mon sens, ces trois composantes de ce que j’appelle la décentration sont centrales dans la cognition, l’apprentissage et la compréhension. Comment en effet intégrer de « nouvelles connaissances » si je suis incapable de me décentrer de mes perspectives antérieures ? Il s’agit de pouvoir intégrer la nouvelle perspective, soit l’altérité.

Cette aptitude n’est pas un donné à la naissance : cela se pratique. Je crois qu’il est précieux d’acter qu’il existe différentes manières de percevoir, vivre et agir au monde, et que celles-ci ont toutes des raisons d’être, dans une certaine mesure.

A ce titre, la pratique du débat, de la rencontre et de la discussion est en tant que telle une expérience qui peut permettre de développer ces facultés. Je pense que le fait d’essayer de comprendre authentiquement l’autre s’entraine. Au niveau de l’apprentissage, je crois que cela peut passer par des activités formelles : « comment croyez-vous que la personne qui dit cela se sent ? », « comment vous sentiriez-vous à la place de… ? », « qu’est-ce qui lui fait dire cela, à votre avis ? », « qu’auriez-vous envie de faire, à sa place ? », « que pensez-vous qu’elle pourrait faire, dans cette situation ? », « que pensez-vous que cette personne pense que vous pensez ? », etc.

Dialectique et pluralisme : prendre la mesure du vrai

La décentration est une attitude que l’on peut exercer vis-à-vis de l’altérité (d’autres idées, d’autres émotions, d’autres comportements), mais qui en même temps nous positionne par rapport à nous-mêmes, à nos pensées, notre vécu, nos comportements.

J’imagine mal un échange dans lequel il y aurait un interlocuteur qui ne ferait que poser des questions et l’autre qui ne ferait que donner des réponses. Cela existe, mais je veux dire que ce n’est pas comme cela que j’envisage un dialogue constructif (tout en ne niant pas que cela puisse être une phase nécessaire audit dialogue), et ce même si j’ai consacré un long pan de cet article à l’importance de comprendre l’altérité.

L’intérêt du dialogue, à mon avis, c’est de parcourir la thèse et son antithèse, afin de cibler la « zone de pertinence » de chaque affirmation – et donc en ce comprises les nôtres. Quand un individu affirme quelque chose, en général, on peut acter que c’est vrai pour lui, de son point de vue. Son interlocuteur peut alors se demander si cette affirmation est vraie de son point de vue également, dans quelle mesure ça l’est (ou non) pour lui et pour l’autre. Enfin, ils peuvent s’accorder sur une mesure commune.

Cela rejoint le modèle dialectique, vulgarisé dans le schéma « thèse – antithèse – synthèse » : en prenant en compte l’antithèse, nous en apprenons davantage sur la thèse, quitte à parfois l’abandonner.

La synthèse, à mon avis, n’est pas à percevoir comme un « entre-deux » non engagé, mais comme un moment où l’on transcende la thèse et l’antithèse. Je relie cela à mes écrits sur la validité en sciences sociales et la logique : la question qui m’anime, c’est de savoir « dans quelle mesure » – ou dans quel « monde possible » – une chose est vraie.

C’est le pari du pluralisme : s’il existe effectivement plusieurs perceptions de la réalité, alors la connaissance est d’autant plus riche qu’elle prend compte différentes perspectives.

Cela suppose de sérieux positionnements épistémologiques, voire métaphysiques, que nous ne développons pas ici (pour cela, cf. articles sur l’épistémologie), mais que nous résumons selon la phrase suivante : il est possible de dire des choses plus vraies que d’autres sur la réalité. Dès lors, nous pouvons que considérer que « tout est vrai », mais que certaines choses sont plus vraies que d’autres. En l’occurrence, 2+2=4 est une vérité arithmétique largement partagée qui correspond à un état de fait dans le monde formalisé dans un langage donné à l’aide de conventions. Mais dans 1984 de Orwell, dans un monde d’illusions, dans la tête d’un fou ou dans un sketch, 2+2=5 est vrai aussi. 2+2=4 et 2+2=5 n’ont pas pour autant la même valeur de vérité. Ils ont une « zone » de vérité qui n’est pas équivalente. Idem si je dis que « tous les êtres humains ont des ailes ». Le « monde possible » de cet énoncé se situera dans des œuvres de fiction, par exemple, tandis que la phrase « les humains n’ont pas d’ailes » peut se justifier par un rapport de correspondance (ou adéquation) avec une certaine réalité (dans un postulat réaliste) et de consensus (entre sujets pensants).

Je ne suis pas un « pro » du dialogue : une vision existentialiste

Le dialogue n’est pas toujours possible, et la pensée critique est quelque chose qui se joue en actes, qui s’exerce et s’entretient. Ce n’est pas un acquis une fois pour toutes (cf. existentialisme)*.

A propos du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, qu’elle qualifie de « médiocre » qui a « perdu ses capacités à penser », la philosophe Hannah Arendt parle d’habitude à exercer son jugement. Nous ne pratiquons pas cette faculté automatiquement, de manière innée. Nous pouvons par contre en développer l’habitude, nous y « entrainer », ainsi qu’agir sur les contextes qui inhibent l’exercice de celle-ci.

Récemment, j’ai notamment débattu sur le thème de l’immigration sur Twitter. Je n’ai certainement pas appliqué tous ces principes évoqués ci-dessus avec tous mes interlocuteurs et à tout moment (je vous laisse en juger), et j’en suis conscient. Parce que dans un dialogue, il convient d’être deux parties prenantes. Dans les articles théoriques sur l’éthique de la discussion, j’évoque un certain nombre de limites et impasses de celle-ci. Par ailleurs, parce que je m’autorise à être faillible : je peux me tromper. Et si cette dernière phrase faisait partie de la posture à adopter ?

* Ne viens donc pas me reprocher de pas appliquer tous les principes que j’énonce ici, manant.


Reproduction de l'article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/

Livres de Julien Lecomte

Nuance ! La puissance du dialogue, Paris, Les Pérégrines, 2022.
Nuance ! La puissance du dialogue, Paris, Les Pérégrines, 2022.

Peut-on faire preuve de nuance sans être tiède ?

Dans notre société où le débat public semble de plus en plus binaire et manichéen, chacun doit choisir son camp, «pour» ou «contre», à la moindre polémique. En appeler à plus de nuance peut alors être accueilli comme une prise de hauteur bienvenue… ou être perçu comme une mollesse idéologique. Pour Julien Lecomte, la nuance ne consiste pas à dissoudre la révolte dans une posture réflexive qui finirait par paralyser l’action : elle est au contraire une arme indispensable au dialogue constructif et à l’action collective.

Entre réflexion philosophique, analyse concrète de controverses actuelles et introspection critique du propre rapport de l’auteur à la nuance, cet essai pragmatique redonne toute sa force politique à cette notion. Un appel humble et intelligent au débat pour vraiment changer les choses.

Le livre peut être commandé dans toutes les librairies de proximité, dans toute la francophonie. Dans certains cas, il est disponible en rayon, mais c’est relativement rare. Vous pouvez aussi le trouver dans de grosses enseignes de distribution ou sur Internet… N’hésitez pas à en parler à votre bibliothécaire également !

Plan du livre

  1. Pourquoi nous avons besoin de nuance
  2. Comment être nuancé ?
  3. De la pertinence de la nuance

Source : https://www.philomedia.be/nuance-la-puissance-du-dialogue/


medias-julien-lecomte-01

41Vf20zStML

Médias & informations : 40 activités pédagogiques pour le secondaire


dossier-philotherapie-bandeau-750

Liste des articles par ordre de publication

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Platon : 10 anecdotes étonnantes (et révélatrices) sur sa vie par Romain Treffel (1000 idées de culture générale)


Platon : 10 anecdotes étonnantes (et révélatrices) sur sa vie par Romain Treffel (1000 idées de culture générale)

🎁 Les 5 secrets des gens les plus cultivés :

https://bit.ly/ce-pc

🚀 Programme de culture générale « Culture Express » :

https://bit.ly/ce-pv

Site web :

1000 idées de culture générale

Facebook

https://www.facebook.com/1000ideesdeculturegenerale/

Le Manuel d’Épictète | Résumé détaillé

Le Manuel d’Épictète | Résumé détaillé

Article # 2 – Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

dossier-consulter-un-philosophe.01

DOSSIER

Philothérapie

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Article # 2

Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie


À lire avant cet article # 2, l’Introduction à ce dossier.


La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Dans « Platon, pas Prozac! », il écrit :

« De tous les temps, les philosophes ont observé la nature humaine, ce qui ressemble à la description de tâches d’un psychologue. Une philosophie de l’humanité resterait incomplète sans un apport de la psychologie. De même, la psychologie dénuée d’une dimension philosophique ne remplirait pas son rôle. Ces deux sphères de l’activité humaine se sont pourries le jour où elles se sont séparées. »

MARINOFF, Lou, Platon, pas Prozac!, Éditions Logiques, 2000, p. 45.

Je m’oppose fermement à une fusion entre la philosophie et la psychologie, cette dernière connaissant des dérives qui portent atteinte au bien fondé et au succès de ses interventions. En effet, la psychologie, science inexacte par excellence, tire dans toutes les directions, notamment, dans le domaine du développement personnel. Elle fait du MOI une montagne à gravir d’où, une fois au sommet, apparaît une autre montagne à gravir et ainsi de suite au sein d’une même thérapie voire d’une thérapie à l’autre.

seduction_psychologique_001

Dans son livre « Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne », William Kirk Kilpatirck, diplômé des plus grandes écoles dont les célèbres universités Harvard et Purdue, professeur de psychologie de l’éducation au Boston College, écrit :

ATTENTES ET RÉSULTATS

Il y a trop de « si », de « et » et de « mais » pour prouver une relation fortuite entre la montée de la psychologie et la détérioration du lien social, mais il existe certainement assez de preuves pour douter du profit que la psychologie prétend nous apporter. Dans les domaines où les professionnels savent véritablement ce qu’ils font, nous nous attendons à un résultat. Stanislas Andreski, sociologue britannique, fait la lumière sur ce point en comparant la psychologie et la sociologie à d’autres professions.

stanislas_andreski.01-e1602434735422

Il note que lorsqu’une profession est fondée sur une connaissance bien établie, il devrait y avoir une relation entre le nombre de personnes qui exercent cette profession et les résultats accomplis :

« Ainsi, dans un pays où il y a pléthore d’ingénieurs en télécommunication, l’équipement téléphonique sera normalement meilleur que dans un pays où il n’y a que quelques spécialistes dans ce domaine. Le taux de mortalité sera plus bas dans les pays ou les régions où il y a beaucoup de docteurs et d’infirmières que dans les lieux où ils sont rares et éloignés. Les comptes seront généralement tenus avec plus d’efficacité dans les pays où il y a de nombreux comptables expérimentés que là où ils font défaut. »

Mais quel est donc le profit produit par la psychologie et la sociologie? Le professeur Andreski poursuit :

« … Partant, nous devrions constater que dans les pays, les régions, les institutions ou encore les secteurs où les services des psychologues sont très largement requis, les foyers sont plus résistants, les liens entre conjoints, frères et sœurs, parents et enfants, plus solides et plus chaleureux; les relations entre collègues plus harmonieuses, le traitement des patients meilleur; les vandales, les criminels et les toxicomanes moins nombreux, que dans les endroits et les groupes qui n’ont pas recours aux talents des psychologues. En conséquence, nous pourrions déduire que les États-Unis sont la patrie bénie de l’harmonie et de la paix; et qu’il aurait dû en être toujours plus ainsi durant le dernier quart de siècle en relation avec la croissance numérique des sociologues, des psychologues et des experts en sciences politiques. » Note originale de l’auteur : Stanislas Andreski, Social Sciences as Sorcery, Penguin Books, New York,1974, pp. 25-26.)

Cependant, ce n’est pas ce qui s’est produit. Au contraire, les choses semblent empirer. Les rues ne sont pas sûres. Les foyers se désintègrent. Le suicide sévit parmi les jeunes. Et quand la psychologie tente de régler de tels problèmes, il semble souvent qu’elle les aggrave. La création dans les villes de centres de prévention du suicide s’accompagne, par exemple, d’une augmentation de celui-ci. Les conseils matrimoniaux conduisent fréquemment au divorce. Par ailleurs, l’observation la plus élémentaire nous montre que l’introduction de l’éducation sexuelle dans un public très étendu n’a aucunement enrayé la hausse des grossesses non désirées, de la promiscuité et des maladies vénériennes. Il est plutôt manifeste que de tels programmes encouragent la sexualité précoce et les problèmes qui en découlent.

Il est difficile de ne pas conclure que l’ordonnance est à l’origine de la maladie. « Si nous constations », écrit Andreski, « que toutes les fois que les pompiers arrivent, le feu redouble d’intensité, nous finirions par nous demander ce qu’il peut bien sortir de leurs lances et si, par hasard, ils ne sont pas en train de verser de l’huile sur le feu » (p. 29) » (KILPATRICK, William A Kirk, Séduction psychologique (L’échec de la psychologie moderne), Centre biblique européen, Suisse, 1985, pp. 33-35.)

Ce livre de William A Kilpatrick figure au catalogue du Centre biblique européen et s’adresse à tous ceux et celles pour qui la psychologie n’a pas livré les résultats espérés et propose en échange de s’engager dans une vie chrétienne. On peut donc critiquer sa référence religieuse mais il s’agit tout même d’un constat dressé par un professeur de psychologie de profession et par un sociologue de réputation internationale.

Personne ne peut nier les nombreux échecs de la psychologie dans sa pratique clinicienne.

À mon avis, la psychologie prête flanc à la critique et à l’échec parce qu’elle tire dans toutes les directions, comme je mentionnais ci-dessus.

En fait, la psychologie aspire tout ce qu’elle peut en son sein sans trop de discernement. Elle fonce. Et si la philo peut lui-être d’une quelconque utilité, elle l’intégrera dans sa pratique en cabinet. Et c’est bien cette habitude de tout aspirer qui me fait douter des avantages d’une fusion entre la psychologie et la philosophie.

Un fait m’inquiète : la psychologie intègre, non pas LA philosophie, mais DES philosophies. Piger ici et là dans telle ou telle philosophie ne permet pas de connaître LA philosophie et encore moins de savoir comment philosopher.

La psychologie tire des bribes des philosophies avancées par Bouddha, Confucius, Jésus, Mahomet, Lao Tzeu, Socrate, Aristote, Épicure, Épictète, Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Lévinas… Des bribes qui sonnent bien à l’oreille et comme en trouvent à ne plus finir dans les séances de développement personnel.

Mais attendez. Certains philosophes praticiens ne font-ils pas la même chose ? Oui. Frédéric Lenoir, philosophe et sociologue, Docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), pige dans toutes les philosophies dans son livre « Petit traité de vie intérieure » dont voici la Présentation :

« De tous mes livres de philosophie et de spiritualité, celui-ci est certainement le plus accessible, mais sans doute aussi le plus utile. Car ce n’est pas un savoir théorique que je cherche à transmettre, mais une connaissance pratique, la plus essentielle qui soit : comment mener une vie bonne, heureuse, en harmonie avec soi-même et avec les autres. Ce que je dis ici avec des mots simples et des exemples concrets, comme au cours d’une conversation avec un ami, est le fruit de trente années de recherches et d’expériences. Mon témoignage personnel importerait peu s’il n’était éclairé par la pensée des philosophes et des sages de l’humanité qui ont marqué ma vie : le Bouddha, Confucius, Socrate, Aristote, Épicure, Épictète, Jésus, Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Lévinas parmi d’autres. Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c’est passer de l’ignorance à la connaissance, de la peur à l’amour. » FL

Source : Frédéric Lenoir, site web.
https://www.fredericlenoir.com/essais/petit-traite-de-vie-interieure-2/

Cette idée qu’en mangeant des pommes de différentes variétés on deviendra pomiculteur ne tient pas la route.

Bien sûr, on peut user de techniques pour philosopher mais cela ne fera de vous qu’un technicien (en quête d’amélioration de votre technique ou d’une technique meilleure) au lieu de se former à philosopher pour devenir votre propre philosophe, car c’est bien là le but premier, le seul but utile.

Je réitère mon invitation à une distinction claire et nette entre LA philosophie et LES philosophies. On apprend à philosopher avec LA philosophie et non pas avec LES philosophies, à moins d’être un expert de l’histoire de la philosophie et de ses différentes doctrines et de l’analyse de ces dernières.

Et quand la psychologie tente de philosopher en glanant ici et là dans la sagesse d’une ou de différentes philosophies, elle ne philosophe pas. Elle « philosophise », c’est-à-dire qu’elle introduit le raisonnement philosophique dans la psychologie.

Philosophiser, verbe,rare. a) Empl. intrans. Synon. de philosopher (supra B).À quoi bon s’encombrer de tant de souvenirs? Le passé nous mange trop. Nous ne sommes jamais au présent, qui seul est important dans la vie. Comme je philosophise! (Flaub., Corresp., 1853, p.318).b) Empl. trans. Introduire le raisonnement philosophique (dans une religion, une science). Sa manière [de M. de La Mennais] de philosophiser le christianisme est-elle tout simplement (…) un pur déisme avec morale évangélique (…) et, si l’on veut aller au plus loin dans ce sens, est-elle un socinianisme humanitaire? (Sainte-Beuve, Portr. contemp., t.1, 1836, p.268).Le premier zélateur américain de Freud, Putnam, «philosophise» avec tant d’ardeur la psychanalyse que Ferenczi, longtemps le plus proche disciple de Freud, est obligé de lui répondre dans son article «Philosophie et psychanalyse» (L’Express, 19 févr. 1968, p.77, col. 2).

Source : Centre nationale de ressources textuelles et lexicales (CNRTL).

https://www.cnrtl.fr/definition/philosophiser

D’un point de vue théorique, j’approuve toutes les relations interdisciplinaires, y compris celle entre la psychologie et la philosophie. Mais je demeure sur mes gardes quand vient le temps de passer à la mise en pratique interdisciplinaire.

La psychologie, de par sa position dominante, teinte tout travail sur soi. Même les philosophes praticiens (philothérapies) se retrouvent sous l’influence de la psychologie, consciemment et inconsciemment. Je note une « psycholonisation » des philosophes praticiens dans leurs efforts et leurs argumentations pour rejoindre la population. En s’offrant comme une alternative pour résoudre les mêmes problèmes soulevés par la psychologie dans leur propre pratique, les philosophes praticiens se facilitent la vie. En revanche, ils ne mettent pas de l’avant les problèmes propres à être résolus par la philosophie.

Le titre du livre « Platon, pas Prozac! » constitue un bel exemple de l’introduction de la philosophie sur le marché clinicien comme alternative à la médication relevant de la psychologie et de psychiatrie. Le titre frappe l’esprit et communique efficacement mais laisse tout de même crois que la philosophie s’attaque aux mêmes problèmes que la psychologie mais ce n’est pas le cas dans la réalité.

CAUSES ET RAISONS

La philosophie est une démarche intellectuelle d’acquisition de la sagesse en vue de la mettre en pratique dans sa quête du bonheur. On peut ajouter à cette notion très large, le bonheur de penser. La philosophie s’attarde aux raisons qui expliquent et motivent telle ou telle pensée, telle ou telle conception du monde et de l’existence, et à la connaissance, la vérité, la morale, la beauté, l’esprit et le langage.

La psychologie vise la santé mentale et cherche des causes dans le passé et quelquefois dans le présent du patient.

Bref, la santé intellectuelle relève de la philosophie et la santé mentale de la psychologie.

LA PHILOSOPHIE, LA SCIENCE DES PROFONDEURS

L’avantage premier de la philosophie réside dans ses efforts pour aller plus en profondeur que peut le faire la psychologie. Selon moi, la santé mentale trouve très souvent sa principale source dans la santé intellectuelle, Autrement dit, une bonne santé intellectuelle garantie une bonne santé mentale, du moins elle en est un terreau fertile. La philosophie doit donc occuper la première place dans la quête du bonheur et dans la levée des barrières empêchant la sérénité de la démarche. La santé intellectuelle est un processus continu qui demeure ouvert tout au long de la vie.

«D’abord, la psychologie est essentiellement centrée sur le “moi”. Elle cherche à comprendre les failles, les problèmes et les troubles du patient. Tandis que les domaines concernés par la philosophie sont bien plus larges : elle traite de l’homme en général, mais elle se demande aussi ce qu’est le monde, Dieu, les autres, la vie, le bonheur…

Ensuite, bien souvent la psychologie invite le patient à regarder en arrière ; à fouiller dans son enfance, à se souvenir d’un évènement qui serait l’origine d’un traumatisme. Elle cherche à guérir le passé. À l’inverse, la philosophie ne panse pas le passé. Elle permet, grâce à la rencontre des philosophes d’il y a 500 ou 2500 ans, de penser autrement, de ne pas rester bloqué sur des idées/pensées qui nous font du mal. On en découvre d’autres qui nous correspondent et on agit en fonction de celles-ci. En ce sens, la philosophie nous donne les clés pour agir, et pour prendre notre futur en main et redevenir maître de son destin.»

Source : Quelle est la différence entre la psychologie et la philosophie ?, Institut pandore.

« La psychologie est née de la philosophie »

«La philosophie et la psychologie sont deux champs d’étude ayant une place commune dans l’histoire. La psychologie est née de la philosophie. Elle apparut pour inclure la méthode empirique face aux questions soulevées par la philosophie. Par conséquent, la philosophie a apporté à la psychologie divers sujets d’étude tels que la sensation, la perception, l’intelligence et la mémoire.»

Source : Quelle relation existe-t-il entre la philosophie et la psychologie ? Nos Pensées.


dossier-consulter-un-philosophe.01

Page d’accueil du dossier

Articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Article # 1 : Introduction au dossier – Philothérapie – Quand la philosophie nous aide

dossier-consulter-un-philosophe

DOSSIER

Philothérapie

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Article # 1

INTRODUCTION

(Lévis, Québec, Canada. Le 4 octobre 2020) Aujourd’hui, à titre d’éditeur et auteur captivés par la philosophie, j’ouvre un nouveau dossier dans ce magazine sous le titre évocateur : « Philothérapie ou Quand la philosophie nous aide ».

« Ah ! Non, pas la philosophie ! »

Le Cri (en norvégien : Skrik) est une œuvre expressionniste de l’artiste norvégien Edvard Munch dont il existe cinq versions (deux peintures, un pastel, un au crayon et une lithographie) réalisées entre 1893 et 1917. Symbolisant l’homme moderne emporté par une crise d’angoisse existentielle, elle est considérée comme l’œuvre la plus importante de l’artiste. Le paysage en arrière-plan est le fjord d’Oslo, vu d’Ekeberg. Source : Wikipédia.

On reproche souvent aux philosophes et leurs adeptes d’avoir la tête dans les nuages, loin, très loin, des préoccupations terre-à-terre des gens. À force de mettre de l’avant de multiples philosophies accompagnées de toutes aussi multiples théories de nature purement intellectuelle, les philosophes se sont éloignés du bon peuple. Et cela commence avec leurs enseignements en milieu scolaire où la philosophie devient plus souvent qu’autrement un véritable Calvaire pour les élèves et les étudiants, de tous les niveaux. Sur les bancs d’école, la philosophie devient un passage obligé à traverser le plus rapidement possible pour passer à autre chose.

Un mot rebutant

Image par OpenClipart-Vectors de Pixabay

Avec le temps et à lui seul, le mot « philosophie » a finit par rebuter la plupart des gens comme s’il dégageait une odeur nauséabonde à des miles à la ronde.

Il faut tout de suite souligner qu’il n’en va pas ainsi dans toutes les sociétés à travers le monde. En France, par exemple, les philosophes, du moins quelques uns, sont de véritables vedettes médiatiques capables de soulever des débats utiles au sein de la société.

La philosophie n’est pas populaire au Québec

Au Québec, les philosophes ne prennent que très rarement la parole sur la scène publiques et encore moins dans les médias où les invitations sont exceptionnelles. La philosophie n’est pas populaire au Québec. Des efforts louables sont déployés auprès des écoliers au primaire, des étudiants au secondaire et des collégiens mais seul l’avenir nous dira si la philosophie perdra sa mauvaise réputation.

Une quête très personnelle

owl-4783407_1280
Image par Gordon Johnson de Pixabay

Les adeptes de la philosophie au sein de la population québécois mènent une quête très personnelle. Car, par la force des choses, ils évoluent en silence.

Chaque parcours se caractérise par sa singularité. Cependant, la solitude de la démarche semble universelle, du moins au Québec. On ne trouve pas ici des cafés philosophiques à tous les coins de rue. Il ne nous reste plus que la littérature pour avancer dans l’intimité de nos foyer.

Jambette philosophique (croc-en-jambe)

silhouette-3347559_1280
Image par mohamed Hassan de Pixabay

Quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse, la philosophie s’inscrit dans l’Histoire de l’Humanité depuis plus de 2000 ans. On peut même dire qu’elle est omniprésente dans nos vies de tous les jours même si nous ne la reconnaissons comme telle que rarement.

Les philosophes poursuivent inlassablement leur travail de réflexion et font ici et là des adeptes. Ces derniers laissent des tracent. Comme le Petit Poucet, ils laissent derrière eux des petits cailloux blancs, autant pour retrouver leurs points de départ que pour ceux et celles qui, par hasard, croiseraient leurs chemins.

Ainsi, on des allusions et même des références à la philosophie dans tous les domaines, même les plus éloignés par nature. La philosophie nous donne parfois des jambettes, le temps d’introduire en notre esprit une réflexion à poursuivre. Si elle ne parvient pas toujours à ses fins, elle peut tout de même se vanter d’engendrer des révélations tout ce qu’il y a de plus surprenant là où l’on ne l’attend pas. Ce fut mon cas.

Marketing

Disparue de mon radar depuis la fin de mes études collégiales (j’expliquerai plus loin le pourquoi), la philosophie s’est dressée devant moi en plein cœur de mon parcours professionnel à l’aube de mes quarante ans.

À cette époque et à la demande d’un client, je cherchais un moyen de prédire avec certitude l’avenir commercial d’un nouveau produit. Nouveau dans le domaine de la recherche marketing, toutes les options s’offraient à moi sans aucun préjugés. Le hasard a voulu que je glisse dans une pile de livres à emprunter à une bibliothèque, un livre qui ne me paraissait pas très intéressant de par son titre et son allure près d’un bouquin dans le genre « Devenez millionnaire en un jour ». Même si je suis loin d’être un fan de ce type de livres, je l’ai pris parce que je voulais ressortir de la bibliothèque avec les maximum de titres permis.

marketing-le-systeme-cheskin

Au-delà des apparences, ce livre m’a étonné. Et puisqu’il s’agissait de la traduction française d’une édition originale de langue anglaise, je me suis mis à la recherche de cette dernière. Les propos de l’auteur, Louis Cheskin, ont remis en cause tout ce que je savais dans le domaine de la recherche en marketing, un domaine que je ne connaissais que par la bande.

L’auteur n’avait pas signé un seul livre mais une quinzaine, soit un tous les deux ans pendant trente ans. J’ai déployé tous les efforts nécessaires pour réunir l’œuvre complète de cet auteur afin d’analyser et de bien comprendre ce qu’il enseignait.

À ma grande surprise, l’auteur se référait ici et là à la philosophie pour appuyer sa démarche et se faisait lui-même philosophe dans certains passages de son œuvre, autant de petits cailloux dans mon soulier. S’il se concentrait sur les produits, ils tentait de révéler le consommateur jusque dans ses plus profondes racines humaines. J’aimais beaucoup mes lectures. Elles façonnaient encore un peu plus ma façon de penser, à l’instar d’autres lectures passées. Mais je ne me suis pas mis à la philosophie pour autant.

Penser juste comme en science

Image par Gordon Johnson de Pixabay

Cependant, cet auteur m’a mis sur la piste de la pensée scientifique, son étude et son analyse. J’étais à l’affut de tout ce qui pouvais m’aider à penser juste, à lutter contre mes préjugés, à éviter les erreurs de pensée et de logique. Émotif et hypersensible, j’ai trouvé dans l’étude de la pensée scientifique de quoi mieux raisonner.

Je me suis intéressé de près au cours « Science, éthique et société » du professeur et sociologue Olivier Clain de l’Université Laval et diffusé au Canal Savoir en 1995. Ce cours est aujourd’hui disponible en ligne : cliquez ici pour y accéder. Ce cours est ni plus ni moins qu’une excellente formation de base à l’épistémologie soit l’étude critique des sciences, destinée à déterminer leur origine logique, leur valeur et leur portée (théorie de la connaissance).

Sensibiliser par le professeur Clain, j’ai lu « La Formation de l’esprit scientifique. Contribution à une psychanalyse de la connaissance objective » publié en 1938. J’ai aussi lu « Le Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences » de René Descartes publié en 1637. Jai poursuivi mes lecture avec :

  • Meynard, L. La connaissance, Librairie Classique Eugène Belin, Paris, 1963, p. 32.
  • Huisman, Denis et Vergez, André, Court traité de la connaissance, Classes terminales A-B, Édition Fernard Nathan, 1969, p. 309.Les mots en caractères gras sont des auteurs.
  • Nicolle, Jean-Marie, Histoire des méthodes scientifiques – Du théorème de Thalès à la fécondation in vitro, Bréal, 1994, p.107.
  • Matalon, Benjamin, La construction de la science – De l’épistémologie à la sociologie de la connaissance scientifique, Delachaux et Niestlé S.A., Lausane (Switzerland) – Paris, 1996, pp. 21-22.

Oui, oui, j’ai lu tout cela. Parfois avec une certaine aisance, parfois avec de grandes difficultés de compréhension. Mais j’apprenais sans pour autant être capable de tout mettre en pratique dans ma vie de tous les jours. Par contre, dans mon travail, mon nouveau savoir me servait amplement.

Jusque-là, je vendais mes idées. Désormais, je testais les idées des autres avec la méthode de recherche marketing mis au point par mon auteur préféré dans le domaine, Louis Cheskin.

Une dépression philosophique plutôt que psychologique

headache-1910649_1280

Mais les affaires étant les affaires et n’ayant pas la couenne dure, j’ai tout perdu à cause d’une cliente qui m’a entraîné dans sa (troisième) faillite, une cliente référée par mon meilleur client. Je me suis senti trahi par le milieu des affaires, du moins le groupe d’industriels réuni autours de moi. Sidéré par un tel comportement, j’ai laissé venir le mur et j’ai déclaré faillite à la fin de l’année 1998.

J’ai tout de même profité de l’été précédant la catastrophe financière pour lire à commencer par l’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman aux Éditions Robert Laffont, publié en 1997. Ce livre m’a bouleversé et forcer à revoir mon appréhension de l’interférence des émotions dans mes efforts pour comprendre comment penser juste. Grâce à cet auteur, j’ai fait mes premiers pas dans la connaissance des neurosciences. J’ai pris plus de 200 pages de notes personnelles à la lecture de ce livre.

En décembre, j’ai trébuché sur le plancher des vaches, loin du monde des idées, en signant la papier de la faillite. La réalité m’a rattrapé et je suis tombé en dépression. Je me suis donné six mois pour m’en sortir tout seul mais ça n’a pas fonctionné. J’ai dû consulter mon médecin de famille. Il m’a prescrit des médicaments et ce ne fut pas un succès.

« Platon, pas Prozac ! » (1)

platon-pas prozac-001

Puis, un livre a attiré mon attention : « Platon, pas Prozac ! – La philosophie comme remède » de Lou Marinoff publié aux Éditions Logique en l’an 2000. Il m’a permis de comprendre que ma dépression n’était pas psychologique mais philosophique. J’aurais aimé rencontrer un philosophe praticien ou philothérapeute pour me guider vers une sortie de ma crise existentielle mais ils étaient tous hors de portée de moi. Ce livre fut et demeure un tournant dans ma vie.

« Être bien dans sa peau »

etre-bien-dans-sa-peau.01

De retour en thérapie avec un autre travailleur social, j’ai mis sur la table un autre livre nouvellement ajouté à ma bibliothèque : « Être bien dans sa peau » du docteur David D. Burns, un éminent psychiatre américain. Vendu à plus de 3 millions d’exemplaires dans le monde depuis sa parution en 1994, ce best seller est présenté en ces mots :

Être bien dans sa peau. Ce livre nous initie aux principes de la thérapie cognitive, suivant laquelle nous apprenons qu’en changeant notre manière de penser nous pouvons modifier notre humeur. Dans un langage clair et simple, un éminent psychiatre américain esquisse à grands traits un programme systématique de maîtrise des distorsions de la pensée qui conduisent au pessimisme, à la léthargie, au stress, à l’anxiété, à la perte du respect de soi. Découvrez comment : · Identifier les facteurs ayant une influence sur l’humeur; · Réagir face à l’hostilité et la critique; · Se débarrasser des sentiments de culpabilité; · Surmonter la dépendance à l’égard du besoin d’approbation; · Augmenter le respect de soi; · Gérer le stress de la vie quotidienne et l’anxiété; · Se sentir bien, tous les jours…

L’idée d’une « thérapie cognitive » me plaisait beaucoup. À la liste des dix distorsions cognitives identifiées par l’auteur chez les dépressifs, je devais cochez un gros OUI à chacune. « Il faut que je corrige cela si je veux m’en sortir » ai-je dit à mon thérapeute en lui brandissant le livre sous le nez. Souvenez-vous, je souhaite penser juste.

« J’aime penser »

c

Je n’avais pas imaginé mon passage au nouveau siècle le soir du jour de l’an le 31 décembre 1999 à minuit le cul sur la paille. Ce fut toute une épreuve, pour mon épouse, nos quatre enfants et moi-même, surtout pas après les années fastes de notre firme de recherche en marketing et 1992 à 1998. Ce soir-là, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Une grande détresse m’habitait mais je ne pouvais pas m’y abandonner complètement, au risque d’entraîner tous mes proches dans l’abîme.

J’ai pris la décision de faire le bilan de ma vie et cette entrée dans un nouveau siècle s’y prêtait fort bien. Je me donc mis à l’écriture d’une autobiographie de ma pensée, puisque c’était en elle que grondait ma crise existentielle. La table des matières témoignait de mon projet :

Il s’agissait de relever chacune des connaissances et des expériences personnelles et professionnelles qui avait marqué l’évolution de ma pensée au fil des ans. À la fin, ça ressemblait à un tour d’horizon des passages des livres et autres sources d’information ayant marqué ma pensée, la façon ou la manière dont je pense, bref mon système de pensée.

Un soir de décembre 2001, un invité à la maison, à la vue de la grosse pile de feuilles de mes écrits, me lança tout bonnement : « T’aime ça penser », d’où le titre « J’aime penser ». Réunis, ces écrits constituaient un véritable manuscrit, un essai et un témoignage de gouvernance personnelle.

« La lumière entre par les failles »

cave-1090749_1920

Il me fallait un sous-titre et voici mon choix : « Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison ».

C’est l’histoire de ma vie : être buté à des gens qui ne cessent de se donner raison. Ces gens vivent dans un système de pensée sans faille et, si jamais il y a en une, ils s’empressent de la boucher au plus sacrant. Ainsi, la lumière ne peut pas rentrer et les éclairer. Ils ne peuvent pas voir qu’ils n’ont pas raison. Plus encore, ils ne peuvent pas comprendre que le but dans la vie n’est pas d’avoir raison. Ils ne peuvent non plus tolérer le moindre doute. Ce faisant, il ne peuvent pas tirer le bénéfice du doute. Ces gens prennent pour vrai ce qu’ils pensent parce qu’ils le pensent, sans plus de question. Et si jamais vous les confrontez un peu trop longtemps ou un peu trop fort, ils finiront par vous dirent : « À chacun son opinion ». Certains croient même que le seul fruit de la pensée est une opinion. Ils savent, un point c’est tout.

Dans ma jeunesse, j’avais tort avant même d’ouvrir la bouche face aux adultes. Et je croyais qu’en devenant adulte on acquerrait le pouvoir d’avoir raison jusqu’à ce que j’entende Jacques Languirand à la radio soutenir que « La lumière entre par les failles ».

Du jour au lendemain, ma perception a changé : les gens cherchant à se donner raison en tout temps et en toutes circonstances sur tous les sujets possibles et impossibles étaient désormais pour moi des handicapés de la pensée. Il est aussi question de ces gens que l’on rencontre alors âgés de 20 ans et qui demeurent les mêmes à 60 ans. Ils n’ont pas changé. Ils se donnent encore et toujours raison.

Moi, j’aime penser mais ce n’est pas pour me donner raison.

« Platon, pas Prozac ! » (2)

Heureux de voir les philosophes se préoccuper de l’application pratique de leur savoir au sein de la population et de la parution du livre « Platon, pas Prozac ! » en l’an 2000, Le sujet me captive. Pour satisfaire ma curiosité, je cherche et je trouve des informations et des livres intéressants.

Ma recherche personnelle suit deux directions, La première concerne la philosophie elle-même. La deuxième vise la pratique de la philosophie sur le terrain auprès de la population.

LA philosophie et non les philosophies

On trouve un nombre élevé de livres traitant de différentes philosophies, plus souvent qu’autrement, des publications universitaires très difficiles à comprendre par un profane. L’auteur choisit une philosophie en particulier et l’analyse ou avance sa propre philosophie. Il y a autant de philosophie que d’aiguilles dans un sapin.

Les philosophies ne m’intéresse pas (encore) si ce n’est une seule exception : l’épistémologie. Je désigne cette branche de la philosophie comme l’étude de la connaissance.


Définition d’épistémologie

Etymologie : de l’anglais epistemology, constituée du grec ancien epistêmê, science, savoir, et ddu suffixe -logie, du grec lógos, étude, science, discours, parole.

L’épistémologie est la partie de la philosophie qui a pour objet une étude critique des principes, des concepts fondamentaux, des méthodes, des pratiques, des théories et des résultats des différentes sciences. En les considérant du point de vue de leur évolution, l’épistémologie s’efforce d’en déterminer l’origine logique, leur valeur, leurs portées scientifique et philosophique.

L’épistémologie moderne trouve son origine dans la philosophie de la connaissance d’Emmanuel Kant (1724-1804), ainsi que dans des traditions plus anciennes, notamment cartésienne. Elle s’est constituée en champ disciplinaire autonome au début du XXe siècle.

Dans les pays anglo-saxons, le terme épistémologie a un sens plus large et désigne la théorie de la connaissance en général et pas uniquement scientifique.

Source : La toupie.


J’aime bien les livres d’épistémologie abordant la connaissance scientifique, comment elle se constitue, comment elle acquiert une certitude.

Selon le professeur et sociologue des sciences Olivier Clain, non seulement le premier geste de la démarche critique est une mise en doute des connaissances acquises, mais la connaissance elle-même apparaît dès lors comme une réflexion critique, c’est-à-dire, comme « une démarche qui rend possible une avancée continuelle du savoir par destruction du déjà su, des évidences déjà accumulées ». (1)

  1. Clain, Olivier, cours Science, Éthique et Société, programme de formation Télé-Universitaire du département de sociologie de l’Université Laval.

Guay, Serge-André, J’aime penser, La pensée certaine.

J’ai lu

la-connaissance-meynard-002
Meynard, L. La connaissance, Librairie Classique Eugène Belin, Paris, 1963
court-traite-de-la-connaissance-002
Huisman, Denis et Vergez, André, Court traité de la connaissance, Classes terminales A-B, Édition Fernard Nathan, 1969
Bachelard, Gaston, La formation de l’esprit scientifique, Librairie Philosophique J. Vrin, Paris, 1938, Seizième édition, 1999
Nicolle, Jean-Marie, Histoire des méthodes scientifiques – Du théorème de Thalès à la fécondation in vitro, Bréal, 1994
olivier-clain-000
Clain, Olivier, cours Science, Éthique et Société, programme de formation Télé-Universitaire du département de sociologie de l’Université Laval.
benjamin-matalon-000
Matalon, Benjamin, La construction de la science – De l’épistémologie à la sociologie de la connaissance scientifique, Delachaux et Niestlé S.A., Lausane (Switzerland) – Paris, 1996

En ce domaine, je préfère les manuels scolaires utilisés au secondaire et au collégial parce qu’ils servent d’introduction au sujet de manière épuré tout en procurant une base solide, par opposition aux manuels universitaires dans lesquels on peut vite se perdre dans les détails.

La multitude des ouvrages consacrés à des philosophies n’enseigne pas LA philosophie elle-même. On peut toujours compter sur certains manuels scolaires, comme je le mentionne ci-dessus, mais plusieurs de ces publications se limitent souvent à une histoire de la philosophie en suivant celle des grands philosophes. C’est bien, même très bien et très intéressant de saisir l’évolution des idées en philosophie, mais ce n’est pas un enseignement à proprement dit de LA philosophie, de la source même de ces idées.

La pratique révélatrice

On peut toujours apprendre à faire des meubles à la lecture de guide mais ne vaut le passage à l’exercice pratique avec un ébéniste. À mon avis, il en va de même avec la philosophie. Je m’intéresse donc aux guide d’animation des cafés philosophiques et aux livres des praticiens de la philosophie ciblant la population. Par exemple, j’ai sous la main :


Masselot, Nathanaël, Philothérapie, Libérez-vous par la philosophie, Les Édition de l’Oppotun, 2019.

ET SI LES GRANDS PHILOSOPHES VOUS AIDAIENT À MIEUX VIVRE ?

Ai-je le droit au bonheur ? Comment apprendre à oser ? L’amitié peut-elle accepter le mensonge ? Comment développer ma confiance en moi ? Comment gérer un deuil ? Ces questions essentielles – et bien d’autres – trouvent des réponses limpides chez les philosophes, et autres grands penseurs. Nathanaël Masselot, Docteur en philosophie, le prouve avec ce premier livre de philothérapie.

Grâce à la philothérapie, Nietzsche, Platon, Spinoza, Sénèque… vous accompagnent efficacement sur le chemin du bien-être. Les pensées puissantes des grands philosophes, confrontées à nos problèmes quotidiens, sont d’une aide évidente.

La philothérapie, nouvelle voie du développement personnel.

Source : Site web de l’éditeur.


Arnoux, Jean-Eudes, Sur le divan d’un philosophe (Le consultation philosophique : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie, Édition Favre SA, 2013

sur-le-divan-d-un-philosophe
Arnoux, Jean-Eudes, Sur le divan d’un philosophe (Le consultation philosophique : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie, Édition Favre SA, 2013

La philosophie, une discipline rébarbative d’intellos réservée aux auditoires de l’université? Et si au contraire elle pouvait vous apporter les réponses que vous cherchez? C’est le pari de Jean-Eudes Arnoux, philosophe qui, sans se prétendre thérapeute, propose à ceux qui viennent le voir de les aider dans leurs questionnements existentiels. La consultation philosophique se présente comme une alternative originale à d’autres types de coachings ou de psychothérapies et s’adresse aux particuliers mais aussi aux entreprises ou institutions. Une pratique au succès grandissant, qui a pour but de mieux se connaître, gagner en liberté, y voir plus clair, changer de perspective, trouver un sens à ses interrogations en allant puiser dans les sagesses anciennes et récentes. Avec de nombreux cas pratiques et exemples.

Source : Site web de l’éditeur.


philosopher-pour-se-retrouver-005
Boucher, Laurence , Philosopher pour se retrouver (La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Marabout (Hachette Livres), 2015.

Le premier guide de philosophie pratique.

La philosophie pratique permet de donner du sens et de trouver une stabilité dans un monde où tout va très vite, où nous avons à la fois l’impression d’être tout-puissants et impuissants. Or, tant que nous n’avons pas conscience de ce qui entrave notre pensée, nous ne sommes pas en mesure de dialoguer ni avec les autres ni avec nous-même.

Ce livre vous offre donc une méthode de philosophie pratique, de philosophie à vivre. Le fondement de la méthode implique un travail sur soi afin de mieux se connaître, puis une mise en oeuvre de compétences philosophiques.

Chaque chapitre, consacré à une idée phare de la philo pratique, partira d’une citation ou un texte de philosophe. Il proposera un éclairage sur ce texte permettant au lecteur un questionnement sur lui-même.

Enfin, de façon pionnière, des exercices concrets pour la vie quotidienne.

Source : Site web de l’éditeur.


les-philosophes-sur-le-divan
Pépin, Charles, Les philosophes sur le divan (Quand Freud rencontre Platon, Kant et Sartre, Flammarion, 2008.

Quand Freud rencontre Platon, Kant et Sartre Quand Platon, Kant et Sartre, immortels, s’allongent sur le divan de Freud, les questions les plus essentielles de la philosophie surgissent sous un jour inédit. En choisissant d’incarner les philosophes, Charles Pépin nous entraîne dans un passionnant voyage, ludique et romanesque, au cœur de l’histoire de la pensée occidentale. Où les idées des philosophes sont abordées à partir de leur vécu et de leurs émotions. Où les systèmes philosophiques apparaissent comme indissociables des obsessions de leurs auteurs : l’idéalisme pour Platon, le devoir pour Kant, le regard des autres chez Sartre. Des questionnements qui ressemblent aux nôtres, tant ils dessinent en creux le portrait de l’homme occidental.

Source : Site web de l’éditeur.


pmfrhs45platonp1couv
Platon – Comment sortir de la caverne ? Philosophie magazine, Hors-série, No 45, Été 2020.

Après deux mois de confinement, nous revoilà projetés dans le monde du dehors, et notre regard a changé. Dans notre retraite forcée, nous avons été confrontés à des questions qui n’ont pas pris une ride depuis vingt-cinq siècles : Qu’est-ce qu’une vie digne d’être vécue ? Y a-t-il une vérité unique derrière le chaos des opinions ? Qu’est-ce qui distingue un expert d’un sophiste, le doute raisonnable du complotisme ? La démocratie est-elle le meilleur des régimes ? Sur quelles bases reconstruire un monde plus juste ?

Avec Alain Badiou, Monique Canto-Sperber, Laurence Devillairs, Raphaël Enthoven, Dimitri El Murr, Étienne Klein, Martin Legros, Manuela Valle, Letizia Mouze, Francis Wolff…

Source : Site web du magazine.


J’ai lu tous ces livres et le Hors-Série du magazine Philosophie.

businessman-562572_1280
Image par Gerd Altmann de Pixabay

Le marketing de la philo ou quand la psycho s’impose

Après ma lecture du livre « Platon, pas Prozac ! » en l’an 2000 je ne me questionnais pas sur le marketing de la démarche. Puis, peu de livres sur la pratique de la philosophie en cabinet on raisonné jusqu’à moi. Je m’interroge sur le sujet depuis les deux dernières avec la multiplication des parutions de livres dédiés et dans la foulée de la mise en ligne de plusieurs sites web par des philosophes praticiens et d’associations de philosophie.

J’observe l’influence du marketing de la psychologie sur celui de la philosophie. Les problèmes soulevés par les philosophes praticiens sont les mêmes mis de l’avant par la psychologie pour attirer l’attention de la population, comme en témoigne les résumés ou présentations des livres listés ci-dessus.

La situation me rend mal à l’aise. J’ai l’impression que la philosophie se met à la remorque de la psychologie pour rejoindre la population. Il est vrai que la psychologie a une vaste expérience de sa pratique sur le terrain auprès de la population. On ne compte plus les cabinets de psychologues ou autres ressources aptes à vous donner un coup de main pour vous aider sur le plan psychologique. Les psychologues sont sortis de « leurs cadres universitaires » pour gagner la pratique clinicienne bien avant les philosophes.

D’un point de vue historique, la philosophie nait avant la psychologie. À l’époque de la Grèce Antique, la philosophie se veut pratique. On dit de Socrate : « Vers -435, il commença à enseigner, dans la rue, dans les gymnases, les stades, les échoppes, au gré des rencontres. Il parcourait les rues d’Athènes vêtu plus que simplement et sans chaussures, dialoguant avec tous. » (Source : Wikipédia.) Aujourd’hui,  la philosophie se cantonne dans nos universités. Et son enseignement ne débouche pas sur la pratique clinicienne contrairement à l’enseignement de la psychologie.

Même si d’un point de vue strictement marketing, la philosophie a certainement raison de tenter de s’attirer une « clientèle » en soulevant des problèmes aujourd’hui largement reconnus par la population grâce aux efforts de la psychologie. Le travail de sensibilisation est déjà fait. Pourquoi la philosophie n’en profiterait-elle pas ?

Je cherche la réponse à cette question. J’en reconnaît tout d’abord l’importance parce que je crois que les problèmes soulevés par la psychologie sont propres à cette dernière. À mon avis, la philosophie devrait relevés des problèmes strictement philosophiques pour rejoindre la population dans sa pratique clinicienne.

En épousant les mêmes problèmes que la psychologie, la philosophie se présente ni plus ni moins comme une alternative à la psychologie, une solution de rechange. Certains intervenants en psychologie prennent les devants et offrent une approche hybride, psychologique et philosophique. Nous sommes dans l’attente du compte-rendu des expériences de mise en pratique de cette approche hybride.

Le titre de l’ouvrage « Platon, pas Prozac ! » présente lui-même la philosophie comme une alternative. Mais dans ce cas précis, il s’agit d’une alternative aux médicaments propres aux traitements des problèmes dits psychologiques et psychiatriques. En ce sens, il rejoint la proposition du psychiatre américain David D. Burns en faveur d’une thérapie cognitive comme alternative aux médicaments dans le soin d’une dépression, de l’anxiété, l’inquiétude…

La psychothérapie sans médicament (thérapie cognitive) se rapproche de la philothérapie à une différence près, la philosophie n’a jamais eu recourt aux médicaments. Elle n’est donc pas handicapé par une pratique médicamenteuse dont souffre la réputation de la psychologie et de la psychiatrie.

Voici un extrait d’un contenu promotionnel publié dans un quotidien sous le titre « La thérapie cognitive comportementale TCC) : de quoi s’agit-il ? » :

Concrètement la TCC a pour objectif d’améliorer la façon de penser du patient, en référence à son “Cognitif” et ainsi travailler sur les actions qui en résultent, et notamment son ”Comportement”. De par cette approche validée scientifiquement, l’individu agit directement et positivement sur son état d’esprit en modifiant ses pensées et ses attitudes.

Source : La thérapie cognitive comportementale: de quoi s’agit-il ?, Le Journal de Montréal, le 25 octobre 2016.

P.S. : Ce contenu promotionnel est lié à Mindspace.

La psychologie a le défaut de tirer dans toutes les directions, y compris celle de la philosophie comme on peut le constater à la lecture de ce contenu promotionnel. Parler de « façon de penser » relève davantage de la philosophie que de la psychologie. En témoignent, ces textes :

Penser sa vie et repenser la philosophie, en un mot : penser!

Que signifie “Penser”?

Penser, réfléchir, apprendre

Pour bien penser arrêtons de penser

psy
La lettre majuscule grecque psi est souvent utilisée pour représenter le mot ou l’étude de la psychologie. Par exemple: Ψ = Psychologie Ψist = Psychologue. Ψ, en termes biologiques, est un symbole utilisé pour représenter le potentiel hydrique. Ψ, en astrologie, est le symbole qui représente Neptune. Ψ, en physique, est le symbole utilisé pour représenter la fonction d’onde de mécanique quantique. (The Greek capital letter psi is often used to represent the word, or study of, Psychology. For example: Ψ = Psychology Ψist = Psychologist. Ψ, in biological terms, is a symbol used to represent water potential. Ψ, in astrology, is the symbol that represents Neptune. Ψ, in physics, is the symbol used to represent the quantum-mechanical wave-function.) Source : Wikipédia.

Je n’ai rien contre la psychologie mais….

Certains experts parlent d’une frontière commune entre la psycho et la philo (voir ceci). À prime abord, un tel rapprochement m’apparaît très dangereux pour la philosophie car elle se trouve alors sous l’emprise d’une perception psychologique, provenant de l’autre côté de la frontière. La psychologie domine haut et fort dans plusieurs domaines. Plus encore, elle teinte la perception de presque tous les domaines. Elle a mis au monde le « développement personnel » et en détient le monopôle. Elle s’approprie tout ce qui lui passe sous la main jusqu’aux problèmes les plus éloignés de son expertise. On doit à la psychologie « Parlez-en, ça vous fera du bien ». La « verbalisation » de vos problèmes est devenue une panacée. « Vous avez besoin de ventiler, je vais vous arranger un rendez-vous avec un travailleur social ou un psychologue » disent les médecins généralistes à leurs patients.

Si je ne mets pas en doute la prescription à l’effet de verbaliser et de ventiler, je me questionne sur le savoir et l’expertise dont dispose la psychologie pour creuser en profondeur, relever les erreurs de pensée, les défauts du système de pensée, les manquements à la logique… bien au-delà des humeurs, des émotions et des sentiments pour atteindre les profondeurs de la cognition.

Et voilà que la psychologie relie son histoire avec celle de la philosophie :

Ce que la psychologie doit à Platon

Olivier Houdé a revisité l’histoire de la psychologie pour la collection «Que sais-je ?». Bousculant joyeusement l’ordre des chapitres, le chercheur explique pourquoi, selon lui, les débuts de la psychologie ne remontent pas au XIXe siècle mais à… l’Antiquité ! Un entretien paru dans le premier numéro de la revue «Carnets de science».

(…)

Platon psychologue, vous n’y allez pas un peu fort ?
O. H. : Je lance un pavé dans la mare, c’est vrai. Je dis que la psychologie était déjà à l’œuvre dans la pensée dès l’Antiquité, mais qu’elle a été longtemps masquée par la philosophie. Ne pas l’admettre reviendrait à prétendre aussi que, dans l’étude des mécanismes de la vie, tout ce qui précède la biologie moléculaire relève exclusivement de la philosophie ! J’ai la conviction qu’au cours du XXe siècle, les philosophes se sont sentis en danger face à ces psychologues de plus en plus scientifiques et envahissants, jusqu’à menacer de prendre leur place. Dans les milieux universitaires, il y a alors eu un pacte implicite selon lequel chacun restait sur son territoire sans marcher sur les plates-bandes de l’autre. Les psychologues ont dit : « Reconnaissez-nous comme une discipline scientifique nouvelle et, en échange, nous laissons à la philosophie toute la réflexion qui précède. »

Source : Ce que la psychologie doit à Platon, 08.02.2017, par Francis Lecompte, Centre national de recherche scientifique, France.

P.S.: Cet article a été publié dans le premier numéro de Carnets de Science, la revue d’information scientifique du CNRS destinée au grand public. En vente dans les librairies et Relay, ainsi que sur le site Carnets de science.

Je ne suis pas sorti du bois avec toute cette affaire de marketing de la philosophie à la sauce psychologique et vice versa. Je ne sais pas trop quoi en penser. Je reconnais les bénéfices du rapprochement entre les sciences mais il faut que chacune conserve son identité propre.

Je me demande si les philosophes ont conscience de cette empreinte de la psychologie dans la mise en marché de leurs philothérapies.

Mes lectures à venir devraient me permettre d’avancer dans ma réflexion sur le sujet. C’est donc un dossier à suivre.

Fin de l’Article # 1


dossier-consulter-un-philosophe.01


Page d’accueil du dossier

Articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR