
Une réponse de l’intelligence artificielle GEMINI
« Si Gerd B. Achenbach a ouvert les portes de la cité au philosophe-praticien dans les années 80, Claude Collin avait déjà, dix ans plus tôt, transformé la salle de classe du Cégep en un véritable cabinet de pratique philosophique. En utilisant le test PERPE non comme un outil de contrôle, mais comme un instrument d’écoute du monde vécu de l’étudiant, il préfigurait cette Philosophical Praxis où le dialogue n’est plus une leçon, mais un événement de pensée partagé. »
Pour situer Claude Collin dans le paysage actuel des Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP), il faut le voir comme un précurseur visionnaire qui, dès les années 70, pratiquait déjà ce que nous appelons aujourd’hui la « philosophie de proximité » ou la « philosophie hors les murs ».
Voici comment son héritage s’inscrit dans les courants contemporains :
1. La Philosophie pour Enfants (PPE) et la Communauté de Recherche
Claude Collin partageait avec Matthew Lipman (le fondateur de la philosophie pour enfants) une conviction profonde : la pensée ne doit pas être imposée, elle doit être extraite par le dialogue.
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Le lien : Tout comme la PPE (Philosophie Pour Enfants), la « clinique » de Collin repose sur l’idée que le groupe (la classe) est un laboratoire où l’expérience de chacun nourrit la réflexion de tous.
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La différence : Là où Lipman utilise des romans spécifiques, Collin utilisait le vécu brut de l’étudiant de Cégep. Pour lui, la « nouvelle pratique » consistait à débusquer la philosophie là où on ne l’attendait pas : dans une émotion, une crise d’identité ou un choix de carrière.
2. La Consultation Philosophique et la Philothérapie
C’est sans doute ici que Collin est le plus moderne. Les pratiques de consultations individuelles (comme celles d’Oscar Brenifier ou de Lou Marinoff) résonnent directement avec l’approche clinique de Collin.
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L’aspect thérapeutique : Bien que Collin n’ait pas été un psychothérapeute, sa volonté d’utiliser la philosophie pour « unifier la personne » et réduire l’insatisfaction (mesurée par le PERPE) préfigure la Philothérapie.
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L’enseignant-praticien : Pour Collin, le professeur de philo n’est pas un conférencier, mais un praticien qui aide l’étudiant à clarifier ses propres présupposés.
3. La Philosophie dans la Cité (Cafés-philo et ateliers)
L’enseignement de Collin visait à sortir la philosophie de son isolement académique pour en faire un outil citoyen.
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La désacralisation : En critiquant la formation classique « hors-sol », il a ouvert la voie aux ateliers de philosophie contemporains. Il croyait que la philosophie devait être « utilitaire » au sens noble du terme : elle doit servir à mieux vivre.
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L’approche inclusive : Le PERPE-PHILO était une manière de donner une voix aux « non-initiés » (les étudiants), une valeur centrale des nouvelles pratiques qui refusent l’élitisme intellectuel.
4. La didactique expérimentale : Une NPP avant la lettre
Aujourd’hui, les NPP mettent l’accent sur le processus plutôt que sur le contenu. Collin, avec sa « didactique expérimentale », a été l’un des premiers à théoriser que la manière dont on apprend la philosophie est aussi importante que ce que l’on apprend.
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Il a transformé la salle de classe en un espace de praxis (action réfléchie), ce qui est l’essence même des nouvelles pratiques philosophiques.
Synthèse pour votre contexte
Situer Claude Collin dans les NPP permet de montrer qu’il n’était pas un pédagogue « vieille école » qui cherchait à moderniser le passé, mais bien un innovateur radical qui a jeté les bases d’une philosophie centrée sur le sujet. Sur votre site, présenter Collin sous cet angle permet de faire le pont entre l’histoire des Cégeps et les mouvements mondiaux actuels de philosophie pratique.

Je n’aime pas la référence à Oscar Brenifier que je connais que trop bien : https://philotherapie.ca/2021/10/02/fin-du-chapitre-oscar-brenifier-philosophe-praticien/
Je comprends parfaitement votre réaction. À la lecture de votre article sur la « fin du chapitre » avec Oscar Brenifier, on saisit très bien pourquoi cette comparaison est problématique : là où Brenifier peut tomber dans une forme de confrontation qui frôle parfois l’exercice de pouvoir ou la rupture psychologique, Claude Collin se situe à l’opposé total.
Pour situer Collin dans les Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP) sans passer par Brenifier, il vaut mieux le rapprocher de courants qui privilégient l’accompagnement, le soin (le care) et l’émancipation, plutôt que la provocation.
Voici une nouvelle proposition pour situer Collin dans le paysage des NPP, en accord avec sa vision « clinique » :
1. La Philosophie comme « Soin » (La Philothérapie d’inspiration humaniste)
Au lieu d’un socratique « brutal », Collin se rapproche beaucoup plus d’une approche comme celle d’Eugène Enrile ou des courants de la philosophie existentielle humaniste.
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Le concept : La philosophie n’est pas une arme pour piéger l’autre, mais un outil pour l’aider à s’unifier.
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Le lien avec Collin : Son insistance sur la « confidentialité » et le « climat non directif » (page 178 du texte PERPE) montre qu’il cherche à créer un espace sécuritaire (safe space). Dans les NPP actuelles, Collin serait du côté de ceux qui voient la philosophie comme une pratique de santé intellectuelle et de bien-être.
2. Michel Foucault et le « Souci de soi »
Pour situer Collin dans une lignée plus profonde et respectueuse de l’individu, on peut invoquer le Michel Foucault de la fin (les cours au Collège de France sur L’Herméneutique du sujet).
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Le concept : La philosophie comme une « technique de soi » pour se libérer des aliénations.
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Le lien avec Collin : Collin voulait que l’étudiant de Cégep utilise la philosophie pour ne plus être « aliéné » par sa propre culture ou par un savoir imposé. C’est une pratique de liberté qui respecte le sujet au lieu de le briser.
3. La « Pédagogie de l’opprimé » de Paulo Freire
Bien qu’on soit dans les sciences de l’éducation, le courant de la pédagogie critique est très proche de la démarche de Collin.
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Le concept : On ne peut pas enseigner sans partir de la réalité sociale et vécue de l’apprenant.
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Le lien avec Collin : Le test PERPE est un outil de démocratisation. Collin donne le pouvoir à l’étudiant d’évaluer la relation pédagogique. C’est une « Nouvelle Pratique » au sens politique : la philosophie sert à rendre l’étudiant acteur de sa formation, et non simple spectateur du savoir du maître.
4. La « Pensée complexe » d’Edgar Morin
Le besoin d’un « rôle unificateur » que Collin souligne dans votre article de 1971 résonne avec la pensée complexe.
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Le concept : Relier les savoirs fragmentés pour donner du sens.
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Le lien avec Collin : Dans les ateliers de philosophie contemporains qui travaillent sur l’interdisciplinarité, Collin ferait figure de pionnier. Il a vu avant tout le monde que le problème du Cégep était le « découpage » de l’étudiant en plusieurs cours déconnectés.
Pourquoi Collin est plus « sain » que les pratiques de provocation :
Dans vos documents, ce qui ressort, c’est l’éthique de la relation. Collin utilise les statistiques (PERPE) non pas pour juger, mais pour mieux comprendre l’autre. Son approche clinique est une approche de médiateur.
« Contrairement à certaines pratiques philosophiques contemporaines basées sur la confrontation de l’ego ou la déstabilisation psychologique, l’approche de Claude Collin s’enracine dans une éthique de l’accompagnement. Sa « clinique » n’est pas un tribunal socratique, mais une maïeutique bienveillante qui s’appuie sur le respect de la perception de l’étudiant pour favoriser son unification personnelle. »

Claude Collin et Gerd Archenbach
Un rapprochement avec Gerd Archenback ferait mon affaire.
C’est un rapprochement d’une grande justesse. En invoquant Gerd Achenbach, le fondateur de la Philosophische Praxis (1981), vous situez Claude Collin exactement là où il doit être : au cœur d’une philosophie qui refuse d’être une « ancilla » (servante) de la pédagogie ou de la psychologie pour redevenir une pratique de vie.
Voici comment le lien entre Collin et Achenbach renforce votre perspective :
1. Le refus de la « théorie appliquée »
Achenbach est célèbre pour avoir affirmé que la pratique philosophique n’est pas l’application d’une théorie préexistante à un cas, mais une réflexion qui naît de la rencontre elle-même.
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Le lien avec Collin : On retrouve ici la critique que Collin faisait de la formation classique (le thomisme). Tout comme Achenbach, Collin refuse de plaquer des systèmes (Platon, Kant) sur l’étudiant. Il veut que la pensée s’élabore à partir du « vécu » de l’individu. Pour les deux, la philosophie n’est pas un savoir sur, mais un être avec.
2. Le concept de « l’hôte » vs « l’étudiant »
Dans la pratique d’Achenbach, la personne qui consulte n’est pas un « patient », mais un « hôte ». Le philosophe n’est pas un expert, mais un interlocuteur.
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Le lien avec Collin : Le test PERPE est, au fond, une reconnaissance de l’étudiant comme un hôte légitime de la relation pédagogique. En s’intéressant à la perception de l’étudiant, Collin lui redonne sa dignité de sujet. Il ne traite pas l’étudiant comme un vase à remplir, mais comme une personne dont les attentes (MB) et la réalité (MA) constituent la matière même du travail philosophique.
3. La philosophie comme « cheminement » (L’ouverture au non-su)
Achenbach insiste sur le fait que la consultation philosophique est un processus ouvert, sans diagnostic préalable.
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Le lien avec Collin : C’est exactement l’esprit de la « didactique expérimentale ». Collin n’utilise pas le PERPE pour « corriger » l’étudiant, mais pour ajuster le cheminement. Comme Achenbach, Collin croit que la philosophie est une recherche qui ne sait pas forcément à l’avance où elle va aboutir, pourvu qu’elle soit authentique et reliée à l’expérience humaine.
4. La dimension « au-delà de la psychologie »
C’est le point le plus crucial pour votre travail sur la philothérapie. Achenbach a créé la pratique philosophique pour offrir une alternative à la psychologisation du mal-être.
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Le lien avec Collin : Bien que Collin utilise des outils statistiques (le PERPE vient du monde de la psychologie), sa finalité reste purement philosophique. Il ne veut pas soigner des névroses ; il veut libérer l’étudiant de l’insignifiance et de l’aliénation intellectuelle. Sa « clinique » est une clinique du sens, tout comme la Praxis d’Achenbach.
Pourquoi ce rapprochement invalide l’approche de Brenifier :
En choisissant Achenbach plutôt que Brenifier, vous privilégiez la proximité phénoménologique sur la confrontation logique. Achenbach laisse l’espace à l’autre pour qu’il déploie sa pensée ; Brenifier le coince dans ses contradictions. Collin, avec son souci du « climat pédagogique » et de « l’adéquation des dimensions », est clairement dans le camp de l’accueil achambachien.
« Si Gerd B. Achenbach a ouvert les portes de la cité au philosophe-praticien dans les années 80, Claude Collin avait déjà, dix ans plus tôt, transformé la salle de classe du Cégep en un véritable cabinet de pratique philosophique. En utilisant le test PERPE non comme un outil de contrôle, mais comme un instrument d’écoute du monde vécu de l’étudiant, il préfigurait cette Philosophical Praxis où le dialogue n’est plus une leçon, mais un événement de pensée partagé. »
