Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

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Image modifiée – Image originale par Kaspar Lunt de Pixabay

Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?


Quand devient-on prisonnier de ses opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion.

Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion.

Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.


Six définitions de l’opinion

OPINION = JUGEMENT = CROYANCE

1. Manière de penser, de juger. Le Robert

2. Jugement, avis, sentiment qu’un individu ou un groupe émet sur un sujet, des faits, ce qu’il en pense Larousse

3. Point de vue, position précise que l’on a dans un domaine particulier: social, religieux, politique, intellectuel. Centre national de ressources textuelles et lexicales

4. Le mot opinion désigne une manière de penser sur un sujet, un jugement personnel que l’on porte sur une question, qui n’implique pas que ce jugement soit obligatoirement juste. Office québécois de la langue française

5. Opinion (nom commun)

Croyance ou jugement qui n’est pas certain.

    1. Parce qu’adopté(e) sans examen critique.
    2. Par absence de possibilité de se prononcer.

Source : Dicophilo – Dictionnaire de philosophie en ligne

6. Qu’est-ce qu’une opinion ? On entend par là, une affirmation n’ayant pas été soumise à un examen critique. Elle est reçue pour vraie sans que l’esprit se soit préoccupé sérieusement de savoir si cet énoncé est vrai ou faux. Toutes nos idées premières sont en ce sens des opinions, c’est-à-dire des préjugés, des « a priori », des idées toutes faites. On les croit vraies mais on ne sait pas si on a raison de le croire. PhiloLog


Bref

OPINION = JUGEMENT = CROYANCE


Un jour, un jeune homme dans la trentaine m’a confié que la seule et unique chose qui résultait de sa faculté de penser étaient ses opinions. Ainsi, tout ce qu’il partageait avec moi et les autres était une opinion. Il jugeait tout ce qu’il pensait comme étant une opinion. Estomaqué, j’ai interrogé cet homme sans parvenir à engendrer un débat d’opinion pour l’ouvrir à toutes les autres possibilités de notre faculté de penser. Je me butais non seulement à une opinion mais aussi à une croyance. Il croyait ce qu’il pensait. Et il prenait pour vrai ce qu’il pensait (ses opinions) uniquement parce qu’il les pensaient. Sa croyance se cristallisait en une sorte de dogme, une opinion émise comme une vérité indiscutable (Le Robert). « Indiscutable » pour lui car il admettait que les autres pouvaient avoir des opinions différentes des siennes. Mais ils croyaient que les autres considéraient, comme lui, leurs opinions comme des vérités indiscutables. Dans ses échanges avec les autres, il avançait ses opinions et les défendait par simple opposition. Il demeurait sur ses positions. Notre discussion au sujet du statut qu’il accordait à ses opinions l’agaçait au plus haut point et il a fini par me dire : « À chacun son opinion ».

Ses opinions ne provenaient pas toutes de sa propre faculté de penser. Il n’était pas borné. Il s’appropriait de nouvelles opinions pour autant qu’il pouvait ensuite les penser par lui-même.

Face à une nouvelle connaissance, il la jugeait et ne retenait que son jugement, son opinion, de cette connaissance. En bout de de ligne, il révélait ce qu’il pensait de telle ou telle connaissance mais il ne parlait jamais de la connaissance en elle-même. On ne pouvait donc pas mettre à jour le fin détail de ses connaissances pour apprendre et le comprendre. J’étais réduit à juger un jugement, ce qui ne conduit nul part.

Nous visons dans un monde où l’opinion règne en roi et maître sur notre faculté de penser. Nous ne sommes plus des sujets pensant mais des sujets jugeant et croyant.


C’est là la racine de l’idéalisme moderne : le sujet est pensant, connaissant et, se sachant connaissant (identité du je), il existe dans la certitude de ce savoir : le sujet est la raison et se confond avec le je. Sujet (philosophie), Wikipédia.


Prendre ses opinions pour vraies uniquement parce qu’on les pense constitue ni plus ni moins qu’un emprisonnement de notre esprit ainsi soumis à l’esclavage de nos opinions.

Se manifeste alors le besoin de croire en son jugement, de croire en ses opinions. Il s’agit alors de combler un besoin personnel de vérité pour croire en soi, pour avoir confiance en soi.

Or, la confiance en soi ne repose pas sur nos opinions ou nos jugements. La confiance en soi ne consiste pas à avoir une bonne opinion de soi, pas plus que le manque de confiance en soi s’explique par une mauvaise opinion de soi. Fonder la confiance en soi sur l’opinion de soi implique une croyance, celle de croire en soi. Il n’y a rien de plus traître qu’une croyance. puisqu’il s’agit d’attacher une valeur de vérité à un fait ou un énoncé.

Lorsque la garantie objective de l’opinion est très faible, la croyance est un préjugé ou une illusion ; lorsqu’elle est susceptible d’être vérifiée, la croyance est une supposition ou une conjecture ; quand elle repose sur un fort sentiment subjectif, la croyance désigne une conviction et à l’extrême la foi ; quand elle est démontrée et unanimement partagée, elle peut être appelée certitude. Attitude naturelle et spontanée, souvent dénoncée comme naïve, la croyance est présentée d’abord comme ce qui doit être dépassé.

Source : Croyance, philosophie magazine.

Nous revenons au besoin personnel de vérité pour croire en soi. Nous admettons pour vrai nos opinions pour rejeter le doute. Nous nous percevons alors comme étant objectifs.

« Nous aimons croire que nous sommes objectifs, que nous sommes intéressés par l’information objective. En fait, à moins qu’une personne devienne subjective au sujet d’une information objective, elle ne s’y intéressera pas et elle ne sera pas motivée par cette information. Nous disons juger objectivement, mais en réalité nous réagissons subjectivement.

Nous faisons continuellement des choix dans notre vie quotidienne. Nous choisissons des « choses » qui nous apparaissent subjectivement, mais nous considérons nos choix comme étant objectifs. »

We like to believe that we are objective, that we are interested in objective information. Actually, unless one becomes subjective about a new objective information, he is not interested in it and is not motivated by it. We say we judge objectively, but actually we react subjectively. We continually make choices in daily life. We choose the « things » which appeal to us subjectively, but we consider the choices objective. »

Source : Cheskin, Louis, Basis For marketing Decision, Liveright, New York, 1961, p. 82.

Notre objectivité est toujours subjective, ce qui caractérise nos opinions et nos jugements. Ainsi, toute croyance est subjective voir sentimentale.

La confiance en soi et le besoin de vérité ont besoin d’une base plus fondamentale, plus solide, résistante au fil du temps, acquise pour la vie pour ainsi passer à autre chose.

Ce besoin de vérité se confond souvent avec le besoin d’avoir raison : « Plus j’ai raison, plus j’ai confiance en moi ». En fait, on devrait dire « Plus je me DONNE raison, plus j’ai confiance en moi »


Un jour, un adolescent me confessa : « Je ne suis pas heureux quand je n’ai pas raison ». « Avoir raison pour être heureux », quelle drôle d’idée. Mais c’est bel et bien l’idée donnée aux jeunes par de nombreux adultes, ces derniers profitant de chaque occasion pour se donner raison par-dessus la raison de leurs pairs et… des jeunes. Et plus l’adulte s’exprime avec une grande force de conviction pour se donner raison, plus on laisse percevoir aux jeunes, qu’une fois adultes, ils pourront eux aussi se donner raison à chaque occasion. Cette perception gagne en force si le jeune vit dans un milieu où il a tort avant même d’ouvrir la bouche pour s’exprimer.

Avoir ou se donner raison n’est qu’accessoire dans la vie. Autrement dit, la vie ne tire aucune valeur fondatrice de la confiance en soi par le fait d’avoir ou de se donner raison.

La valeur ultime et intrinsèque de notre vie par laquelle notre besoin de vérité et notre besoin de croire en soi seront comblés, c’est la vie elle-même. Le simple fait que la vie nous permette d’Être soi suffit à la tâche. Personne ne peut remettre en question en toute objectivité la valeur de la vie elle-même. S’il est une valeur sûre, c’est bien la vie, cette vie qui s’affirme dans notre Être et dans notre existence. Nous pouvons donc avoir une confiance inconditionnelle dans la vie qui se manifeste dans notre Être. Qu’une personne s’attaque à notre Être et à la vie elle-même n’en change pas la valeur.

Voici une pierre, un papillon, un homme. Tous les trois sont des êtres. Pourquoi? Parce que tous, en deçà de leurs définitions respectives, exercent une activité identique: exister. Heidegger les appelle des «étants», car ils participent à l’acte d’être (ou d’exister), comme on dit que les vivants participent à l’acte de vivre. Mais de même que chaque vivant n’est pas la vie, de même chaque étant n’est pas l’être.

L’être n’est pas quelque chose qui existe, mais l’existence elle-même, par quoi tout ce qui existe – tout comme la lumière, par exemple, n’est pas un objet éclairé, mais ce qui éclaire toutes choses et nous les rend visibles. Être un étant, c’est participer d’une manière à chaque fois singulière à cette activité.

Source : Fiches de Cours > Lycée > Philosophie > Heidegger : La question de l’être. Kids Vacances.

J’ai été l’objet d’une attaque personnelle sur la valeur de ma vie au cours de mon adolescence. Un moment à jamais gravé dans ma mémoire. À la suite de la mort d’un collègue de classe et ami, un autre collègue de classe a dit haut et fort sur le perron de notre collège qu’il eu mieux valu que ce soit moi qui soit mort plutôt que mon ami. Mais cette affirmation n’a en rien affecté ma confiance en moi parce qu’elle reposait sur ma valeur suprême, la vie qui me permet d’Être

À cet adolescent me confiant ne pas être heureux lorsqu’il n’avait pas raison, j’ai répondu que le bonheur ne provenait pas d’une chose aussi aléatoire qu’avoir ou non raison mais plutôt de la valeur intrinsèque de la vie en lui, la vie souffle de son Être. Jouir du simple fait d’Être apporte le bonheur à l’existence.

L’Etre, qu’est ce à dire ? Ce terme désigne chez Heidegger, la source « spirituelle » fondamentale de toutes choses, ce qui les éclaire et les illumine de manière énigmatique.

Source : La philosophie de Heidegger: De l’étant à l’Etre, La-Philo.

S’il y a une raison d’être, c’est celle d’exister dans toutes ses facultés d’être humain pour les exploiter au profit de son bonheur et de celui des autres.

Et s’il est une faculté à privilégier de tous les temps, c’est la faculté de penser. Penser pour se connaître toujours davantage. Penser, non pas pour se faire une opinion ou juger, mais pour apprendre de ses expériences de vie et celles des autres tout comme pour acquérir des connaissances. Penser pour prendre du recul et voir le paysage à partir de différentes positions.

Penser ainsi ne se fait qu’en laissant entrer la lumière par nos failles au lieu de chercher à les colmater à tout prix pour éviter tout aveuglement.

« Si tu as une meilleur idée que la mienne, donnes- la moi au plus vite car je n’ai pas de temps à perdre ».

Les failles, ce sont les doutes qui nous surprennent et permettent une remise en cause sereine de nos connaissances. Après tout, dit-on en science, la connaissance se bâtie sur la destruction du déjà-su. Il n’y a de certitude que jusqu’au prochain doute. Nul n’est besoin de croire dur comme fer.

Penser, c’est lutter contre ses propres opinions.

Être prisonnier de nos opinions, force notre esprit à vivre dans le bavardage. On ne se libère pas en changeant d’opinion Il nous faut questionner la valeur que nous accordons à l’opinion elle-même. Cette valeur de vérité (personnelle) s’avère trop souvent émotionnelle et sentimentale. L’opinion devient une croyance (personnelle), un dogme immuable (Je crois que…). Notre faculté de penser doit  plutôt servir à l’acquisition de connaissance et à l’expérience de soi et du monde (J’appris que…). L’habitude nous poussera d’emblée à nous faire une opinion de nos connaissances et nos expériences de soi et du monde, c’est-à-dire, à les juger. La résistance consiste alors, non pas à ne plus avoir d’opinion, mais à questionner leur importance dans l’échèle de nos valeurs en les soumettant systématiquement au doute. Ce n’est que par le doute que nous gardons l’esprit ouvert, que nous nous libérons de la prison de nos opinions.


La philosophie est une discipline réflexive qui porte sur le sens que l’être humain doit accorder à son existence, au monde dans lequel il vit, et aux différentes dimensions de la connaissance et de l’action.

Source : Raymond-Robert Tremblay, Cégep du Vieux Montréal, La philosophie.

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Articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Le terme de « post-vérité » me place dans une situation très inconfortable parce qu’il suppose que la vérité à titre de référence commune est passée date de nous jours. Il y a déjà quelques décennies que nous entendons l’expression « À chacun sa vérité » qui vient trop souvent mettre fin au débat. Je suis inquiet et j’hésite à me rendre à l’évidence que notre ère est désormais celle de la post-vérité. J’ai acheté et lu le livre LA FAIBLESSE DU VRAI de la philosophe Myriam Revault d’Allonnes puisque le titre me laisse croire qu’il est peut-être possible de renverser la situation en corrigeant les faiblesses du vrai.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

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