Fort de près de vingt années d’existence et d’un essaimage géographique extrêmement vaste et diversifié, le phénomène dit « des cafés philo » a largement démenti les soupçons d’« effet de mode » et de « snobisme parisien » qui lui furent longtemps assignés. Par-delà les critiques qui ne cessent d’émettre des doutes quant à la validité philosophique des échanges, le mouvement poursuit son chemin et évolue, sans jamais trop s’éloigner du célèbre vœu de Diderot : « hâtons-nous de rendre la philosophie populaire ! ». Chef de file inopiné d’une kyrielle de pratiques plus ou moins dérivées (ciné philo, rando philo, banquet philo, atelier philo dans le cadre d’Universités Populaires, etc.), le café philo reste sans doute la plus populaire et la plus médiatique desdites « Nouvelles Pratiques Philosophiques ». Mais probablement aussi la plus invectivée… A partir d’ouvrages, d’articles de revues, de rapports officiels et d’archives radiophoniques couvrant la période 1992-2010, mais aussi à partir d’une enquête par questionnaire électronique menée durant les mois de mai et juin 2010, nous nous proposons de faire le point sur l’arrivée et l’évolution de ce mouvement dans la cité, et de tenter d’esquisser par ailleurs quelques perspectives pour la plus ancienne – avec la consultation – des Nouvelles Pratiques Philosophiques.
Plan
1. La naissance fortuite du café philo2. Vous avez dit « café philo » ?
3. Pourquoi un café philo ?
4. La « philosophicité » des échanges
5. L’enquête sur les cafés philo (mai – juin 2010)
6. Quelles perspectives pour le café philo de demain ?
« Il se peut que ces rencontres n’aient aucune importance, qu’elles ne constituent tout au plus qu’un simple amusement dominical pour solitaires désœuvrés. Mais il se pourrait aussi que ce soit un signe – le signe que la philosophie, n’en déplaise à ceux qui lui ont creusé sa tombe, a encore de beaux jours devant elle et que la pensée, n’en déplaise aux pessimistes, est loin d’être défaite. On conviendra que cela mérite réflexion », Marc Sautet (1995, p. 10)
Fort de près de vingt années d’existence et d’un essaimage géographique extrêmement vaste et diversifié, le phénomène dit « des cafés philo » a largement démenti les soupçons d’« effet de mode » et de « snobisme parisien » qui lui furent longtemps assignés. Par-delà les critiques qui ne cessent d’émettre des doutes quant à la validité philosophique des échanges – au seul prétexte parfois de la précarité des conditions d’exercice de la réflexion dans un tel lieu et sans préparation véritable, le mouvement poursuit son chemin et évolue, sans jamais trop s’éloigner du célèbre vœu de Diderot : « hâtons-nous de rendre la philosophie populaire ! ». Chef de file inopiné d’une kyrielle de pratiques plus ou moins dérivées (ciné philo, rando philo, banquet philo, atelier philo dans le cadre d’Universités Populaires, etc.), le café philo reste sans doute la plus populaire et la plus médiatique desdites « Nouvelles Pratiques Philosophiques ». Mais probablement aussi la plus invectivée… A partir d’ouvrages, d’articles de revues, de rapports officiels et d’archives radiophoniques couvrant la période 1992- 2010, nous nous proposons de faire le point sur l’arrivée et l’évolution de ce mouvement dans la cité, et de tenter d’esquisser par ailleurs quelques perspectives pour la plus ancienne – avec la consultation – des Nouvelles Pratiques Philosophiques. Pour ce faire nous nous appuierons aussi sur le travail mené avec Gunter Gorhan(2) depuis 2009, dans le cadre des Rencontres sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques organisées chaque année à Paris, au Siège de l’UNESCO, et plus particulièrement du chantier de travail « Philocité : philosopher dans la cité aujourd’hui ». De ce travail nous retiendrons notamment une enquête par questionnaire menée durant les mois de mai et juin 2010, à laquelle ont répondu trente cafés philo – français pour la plupart.
1. La naissance fortuite du café philo
Il enseignait la philosophie dans le supérieur et ressentait le besoin, selon ses propres termes, de « faire sortir la philosophie des ghettos des lycées et des universités » ; d’emmener, en bon connaisseur de Nietzsche qu’il était, « la fiancée » en ville. Ce philosophe, cet homme par qui le scandale est arrivé, c’était Marc Sautet, animateur presque malgré lui du premier café philo. Sur le point de lancer à Paris une activité de consultation philosophique (« le cabinet de philosophie ») il évoqua un jour, au détour d’un entretien radiophonique, l’habitude qui était la sienne de retrouver un petit groupe d’amis le dimanche matin au Café des Phares (Place de la Bastille, à Paris) pour discuter librement et philosophiquement de l’avancement de son projet, et par la même occasion de tous ces thèmes qui de près ou de loin concernent l’existence humaine. Le dimanche suivant la diffusion de l’émission radiophonique en question, son cercle d’amis s’était élargi. Quelques auditeurs intéressés par ces discussions philosophiques tout à fait informelles les avaient rejoints. La Place de la Bastille est devenue peu à peu le rendez-vous des « philosophants », et c’est le Café des Phares qui depuis est pris d’assaut chaque dimanche entre 11h et 13h(3) (jusqu’à 150 participants). Ainsi est né le premier « bistrot philo »(4) en France – et sans doute même au monde – dans le courant de l’année 1992(5). En dépit de l’idée première de Marc Sautet qui était celle du « cabinet de philosophie », et de manière vraisemblablement fortuite – voire accidentelle, le café philo s’est précipité sur le devant de la scène, ouvrant la voie à pléthore de pratiques qui se situent à peu près dans le même esprit de démocratisation et de mise à disposition de la philosophie.
2. Vous avez dit « café philo » ?
Entendons-nous tout d’abord sur cette appellation qui, à l’évidence, n’a rien de contrôlée mais semble plutôt approximativement convenue. Notons aussi que Marc Sautet, considéré comme fondateur des cafés philo, n’a vraisemblablement ni proposé, ni reconnu cette dénomination. Avançant « un café pour Socrate » dans son livre publié en 1995, il n’évoque la plupart du temps que « la philosophie au café », quand il ne parle pas du « débat du café des phares ». La devanture du Café des Phares, quant à elle, brandit fièrement la mention » 1er Bistrot Philo ». Que veut donc dire « café philo » (on trouve aussi « café-philo ») ? Cette dénomination proviendrait des médias qui se sont emparés du phénomène peu de temps après « la première fois » – expression qu’une discussion du Café des Phares a définitivement rendue suspecte (Sautet, 1995, pp. 28-34). « Café philo » dépasserait le lieu du café lui-même puisque l’on trouve des « cafés philo » dans des endroits dénués de zinc et de percolateur : médiathèques, salles communales, amphithéâtres d’universités, etc. S’il semble convenu de lire « café philosophique »(6) dans « café philo » – soit plus exactement » café philo. », les usages semblent variés et parfois même contradictoires. Ainsi l’on entend des uns « la café philo », des autres « le café philo ». Voilà un détail qui ne manque pas de soulever une question essentielle quant à cette pratique, ou du moins quant à l’idée que l’on se fait de cette pratique : fait-on de la (véritable) philosophie au cours d’un café philo ? « La café philo(sophie) » laisse imaginer que la philosophie se met au niveau du café, perdant par la même occasion de sa philosophicité, et donc de sa légitimité. Au prétexte que le contexte du café rend forcément la philosophie plus triviale, les détracteurs des cafés philo allèguent une forme dégradée, insatisfaisante voire insuffisante de philosophie : des « propos de café du commerce ». Mais le café semble reconnu « philosophique » si l’on dit « le café philo(sophique) », laissant entendre que le café (et les propos qui s’y tiennent) s’élève au niveau de la philosophie, devenant philosophique. Le renversement est de taille quand ce n’est plus le café qui rend la philosophie plus triviale mais au contraire, selon l’idée formulée par Laura Piccioni(7), la philosophie qui « détrivialise » le lieu du café.
Qu’est-ce alors un café philo ? Si l’on use de termes et expressions pris çà et là dans la « déclaration des cafés-philo du 25 novembre 2000 » (Youlountas, 2002, pp. 79- 81), le café philo apparaît comme un espace public de libre pensée et d’expression, neutre et laïc, favorisant l’écoute active et positive, indépendant de tout groupe religieux ou politique et de leurs dogmes et doctrines, ouvert à tous sans distinction de condition sociale, d’origine, d’âge, de niveau d’étude et de culture personnelle. Caractérisé par « l’accès de chacun à la prise de parole dans le cadre de règles d’échange égalitaires favorisant la participation, quels que soient les qualités oratoires, l’instruction, les connaissances, la culture, les difficultés d’élocution, les éventuels handicaps », le café philo écarte toute forme de prosélytisme et de propagande, se donnant pour seule visée de permettre « de réfléchir ensemble afin d’essayer de penser davantage par soi-même » (ibid.). Ainsi le café, dont Jacques Diament (2001) a rappelé le rôle important dans l’histoire de la pensée (philosophique et politique), devient un lieu dans lequel les gens, quels qu’ils soient, viennent librement et volontairement pour discuter d’un sujet et l’approfondir ensemble. Reprenant les trois pôles qui caractérisent selon lui le café philo (à savoir : le convivial, le démocratique, et bien entendu le philosophique), Michel Tozzi le définit comme « un lieu convivial de réflexion collective à visée philosophique et dispositif démocratique ». Mais le café philo est aussi lieu de souplesse et de liberté, où l’on peut, selon cette belle formule chère à Gunter Gorhan : « prendre de la hauteur sans perdre pied ». L’influence de Marc Sautet n’est assurément pas étrangère à cette expression, puisque nous retrouvons là son souci d’accepter et de permettre que le débat collectif s’élève, mais à condition qu’il demeure accessible pour chacun. « Prendre de la hauteur sans perdre pied », c’est aussi parvenir à des réflexions étonnantes à partir de faits ou d’expressions pourtant anodins.
3. Pourquoi un café philo ?
Parmi les questions fréquemment adressées aux cafés philosophiques, il est celle du « pourquoi » – et par la même occasion du « pour quoi », qui semble viser à la fois le sens, l’utilité et l’impact de cette pratique. Pour Marc Sautet, le café philo répondait assez naturellement – il s’agissait même d’une nécessité – à une situation de crise touchant la société actuelle, mais finalement assez proche de la crise de la cité grecque qu’a connue Socrate : « la philosophie est née il y a deux mille cinq cents ans dans une situation de crise étonnamment analogue à celle que nous connaissons aujourd’hui : la crise de la démocratie athénienne. Aussi incroyable que cela paraisse, nous nous retrouvons, sur une grande échelle, dans une impasse analogue… » (Sautet, 1995, p. 11). Rien de surprenant donc dans cet usage spontané et massif de la philosophie en ville ; et l’idée du cabinet de philosophie reposait notamment sur cette intuition. Dans un entretien radiophonique(8) faisant suite aux retentissements suscités par son expérience innovante au Café des Phares, Marc Sautet disait avoir « l’impression qu’une sorte de fatalité pèse sur nous et que la guerre civile est à l’ordre du jour, et que par conséquent, nous sommes tout au bord d’une guerre du Péloponnèse, la nôtre, et que l’angoisse monte ; et que par conséquent, il est temps d’essayer de garder raison ». Et d’ajouter : « J’ai l’impression que ça a été le travail, la vocation, la tentative de Socrate à cette époque. Il me semble qu’il y a de ça aujourd’hui et que par conséquent, d’une manière ou d’une autre – alors ça passera par le Café des Phares ou ailleurs – on va faire appel à la philosophie de nouveau pour essayer de ne pas devenir fou ». Ainsi le café tenterait de répondre, selon les termes de Michel Tozzi, à « une demande sociétale de philosophie », qui s’expliquerait notamment par une profonde crise du sens, le déclin des institutions, la montée de l’individualisme et la fin des grands récits totalisants (Tozzi, 10/2005). Il suffirait, selon le philosophe Christian Godin, « de quelques individus de bonne volonté, insatisfaits des conditions que le monde leur fait et des discours qu’il leur tient, et qui tentent de lui arracher le plus de sens qu’il est possible » (Gravito, 2005, p. 16). Il y a dans le café philo – mais très probablement aussi dans la plupart des autres pratiques philosophiques – quelque chose de l’ordre du rapport au sens et à la vérité qui se joue, et que l’on vient mettre à l’épreuve de l’autre. Parmi les motivations les plus avancées par les participants nous trouvons la confrontation à l’autre : à d’autres expériences, à d’autres idées, etc.(9) Dans un monde de plus en plus précaire (en termes d’emploi, de relations affectives, etc.), et face à cette issue inéluctable et impénétrable qu’est la mort, notre recherche d’une forme de bonheur – sérénité, sagesse, etc. – semble exiger que l’on se frotte à la pensée d’autrui. Nous éprouvons sans doute ce besoin de nous confronter à d’autres expériences, à d’autres idées. Pour Michel Tozzi, « le café philo est ce lieu d’expression et de partage de l’angoisse métaphysique de l’homme, et de la recherche rationnelle de la vérité et de la joie. Il semble autoriser à tout le monde cette entreprise philosophique qui consiste à tenter de comprendre le monde dans lequel on vit, pour savoir d’où l’on vient, qui l’on est et qu’est-ce qui vaut la peine d’être vécu ? On ne sera jamais trop dans ces questions pour essayer d’éclairer chacun »(10).
4. La « philosophicité » des échanges
Dès ses débuts le café philo a fait l’objet de critiques virulentes de la part des « philosophes de métier », essentiellement les professeurs de philosophie des lycées et des universités, mais aussi lesdits « philosophes patentés », médiatiquement connus et reconnus, qu’ils enseignent ou pas la philosophie. Au cours de son étude sociologique minutieuse et critique du phénomène des cafés philo, Jacques Diament (2001) s’arrête entre autres sur la controverse déjà vieille – mais toujours d’actualité – entre cafés philo et universitaires, notant que « beaucoup de philosophes « de métier » condamnent les cafés-philo sans les connaître » (2001, p. 28). Tous les prétextes sont bons, à commencer par la précarité des conditions d’exercice de la réflexion dans un lieu comme le café. L’exercice de la philosophie réclamerait, selon les détracteurs du café philo, du sérieux, de la rigueur, du silence et peut-être même de la solitude. Un des autres arguments avancés par les opposants au café philo est le manque de travail préalable (notamment lorsque le sujet est décidé le jour même) qui exclurait a priori toute possibilité d’approfondissement. Enfin, pour ne retenir que les principales critiques, il est reproché aux cafés philosophiques de n’être pas encadrés la plupart du temps par des « professionnels de la philosophie », ou encore de ne pas satisfaire aux rudes exigences de la discipline. Dans ces conditions, peu – pour ne pas dire aucun – de cafés philo parviendraient selon eux à échapper à la doxa (l’opinion) et à se hisser au-dessus des préjugés. Apparenté au débat d’opinion, le débat philosophique de café est rejeté du côté du non-philosophique (Chazerans & Seulin, 2002, pp. 51-54). Tout au mieux certains de ces opposants acceptent de reconnaître un caractère pré-philosophique(11) au café philo qui ne correspondrait alors « à la rigueur [qu’à] un exercice préparatoire à une réelle pratique philosophique » (p. 51). Parmi ces opposants nous trouvons notamment Bernard-Henri Lévy, déclarant que « la philosophie ne sera jamais à la portée de tous : elle suppose un infracassable noyau de nuit dont seule la démagogie ambiante peut faire l’économie » (Diament, 2001, p. 26) ; Michel Onfray qui, s’il n’a pas épargné les cafés philo de ses vitupérations les plus acerbes, s’efforce néanmoins de proposer dans le cadre de l’Université Populaire de Caen un cours de philosophie qui se situerait à mi-chemin entre la rigidité académique de l’Université et le laxisme souvent reproché aux cafés philo (même si, à l’évidence, le modèle de « la leçon du professeur » semble néanmoins nettement prédominer dans ce qu’il propose, tandis que le moment dit « de débat » relèverait plus d’un « questions -réponses » qui n’autorise aucun échange véritable entre les personnes qui constituent le public) ; François Jullien, dans le cadre d’un Collège International de Philosophie soucieux de répondre à une demande de plus en plus pressante de philosophie (dans un esprit d’ouverture) mais en se fondant sur le seul travail théorique, a voulu se démarquer très explicitement à la fois de la chapelle et du café « où l’on ne fait que ressasser de l’opinion sans que s’ébauche de la pensée » (Diament 2001, p. 25) ; enfin, André Comte-Sponville se montre peut-être un peu plus nuancé : avançant que seule une véritable préparation de la séance peut garantir la teneur philosophique des échanges, il reconnaît néanmoins avoir été agréablement surpris à l’occasion d’une séance animée à l’improviste par Marc Sautet(12). Voilà qui, au-delà de la question du « bagage philosophique » de l’animateur, vient renforcer l’idée que chaque animateur ajoute à des compétences spécifiques des qualités très personnelles (Cotte, 2002, p. 91). N’est peut-être pas Marc Sautet qui veut, mais le seul « bagage philosophique » de l’animateur ne garantit assurément pas la philosophicité de la discussion.
D’autres philosophes reconnaissent pourtant bien des qualités et même un caractère nécessaire aux cafés philo. C’est le cas bien entendu de Christian Godin, cité supra, mais aussi d’Edgar Morin, préfacier de l’ouvrage intitulé Comprendre le phénomène café-philo, coordonné par Yannis Youlountas en 2002. Dans La tête bien faite, paru en 1999 aux éditions du Seuil, Edgar Morin énonçait cette conception de la philosophie qui veut qu’elle « concerne l’existence de chacun et la vie quotidienne. La philosophie n’est pas une discipline, c’est une puissance d’interrogation et de réflexion » (Diament, 2001, p. 25). Voilà qui rejoint à certains égards l’un des arguments avancés par Marc Sautet contre ses détracteurs : « la bonne position du philosophe n’est pas d’affirmer, elle consiste à interroger. Il se trouve que, sur tous les sujets, beaucoup de gens ont beaucoup de choses à dire. Au café comme ailleurs, plus qu’ailleurs, peut-être. C’est donc un lieu idéal pour soumettre au crible de la raison les opinions les plus répandues et les plus variées » (Sautet, 1995, p. 43). Et Edgar Morin d’achever ainsi la préface citée supra : « La philosophie était sur la place publique dans l’ancienne Athènes. Nos bistrots sont d’innombrables forums de philosophie sauvage. Il est juste que le bistrot puisse s’essayer à la philosophie civilisée et citoyenne » (Youlountas, 2002, p. 5). Répondant aux deux critiques de non-philosophicité et de pré-philosophicité, Jean-François Chazerans et Jean-Pierre Seulin n’hésitent pas à avancer la thèse suivante : « non seulement nous pensons que l’on philosophe vraiment dans les cafés-philo mais encore, si une réelle pratique de la philosophie existe, qu’elle se retrouve exclusivement dans de tels débats. En effet toutes les critiques adressées aux cafés-philo remettant en question leur “philosophicité” n’épargnent pas davantage les autres façons de pratiquer la philosophie. Ainsi, seul le café-philo permet de philosopher de façon originale » (2002, p. 51).
Conscient des points faibles du café philo (notamment une ambiance bruyante et parfois chaotique), Marc Sautet ne cédait pas pour autant sur certaines de ses convictions, qui l’amenaient entre autres à s’inscrire en faux contre l’affirmation selon laquelle il faudrait exclure « toute possibilité d’approfondissement d’un sujet sans “travail” préalable sur ce sujet » (Sautet, 1995, p. 39). « Ni cercle d’initiés ni groupe de thérapie sauvage », le café philo est un lieu où on ne parle pas pour faire taire les autres mais pour réfléchir avec eux ; on ne parle pas de soi pour se raconter mais pour défendre une opinion et la soumettre à l’examen de tous » (p. 34). « Le libre exercice de la parole dans un débat de café n’implique pas la dictature du pathos, pour peu que la raison veille » (p. 32) ; l’intérêt étant de passer du problème personnel à l’humanité tout entière, du singulier à l’universel. Par ailleurs, « tous les sujets sont susceptibles d’être traités de manière philosophique. La philosophie ne tient pas à ses sujets. Ce n’est pas une « matière » à enseigner ni un champ à cultiver, c’est un état d’esprit, une manière de faire usage de son intellect. Le philosophe n’a pas d’objet propre. Il part des idées reçues, des opinions du sens commun, des idéologies dominantes, des révélations religieuses, des réponses données par la science pour les soumettre à l’examen. Tout est donc objet de sa réflexion » (p. 35).
Au cours de son rapport sur la philosophie dans la cité, remis à l’UNESCO en 2007, Oscar Brenifier pointait le vide laissé par les personnes formées à la philosophie, et que « des amateurs trop souvent peu éclairés » (p. 162) ont rempli à leur manière. Spécificité française s’il en est (Oscar Brenifier estimait en 2007 le nombre de cafés philo en France autour de cent cinquante à deux cents), le café philo fut donc principalement investi par des amateurs, tandis qu’à l’étranger les cafés philo sont bien plus rares mais animés la plupart du temps « par des personnes ayant reçu une formation philosophique. De cela on peut comprendre que la figure de Socrate, avec sa simplicité et son interpellation vivante de tout un chacun, devint la figure emblématique de ce mouvement, contre l’élitisme des sophistes défendant un statut et un pré carré » (p. 163). La virulence de la réaction de l’institution philosophique, marquée par un dédain massif de la part des professeurs de philosophie, n’a fait que « polariser et radicaliser les esprits » (p. 162). Il n’existe toujours pas à ce jour de formation spécifique destinée à ceux qui se lancent dans l’animation d’un café philo. Notons cependant les apports de la didactique de la philosophie. Rédacteur en chef de Diotime, revue internationale de didactique de la philosophie(13), Michel Tozzi n’a pas manqué d’offrir au vaste champ des Nouvelles Pratiques Philosophiques les bénéfices de ses recherches menées en tout premier lieu sur l’enseignement de la philosophie et l’apprentissage du philosopher. Ainsi l’exigence philosophique, rigueur qu’il faut impérativement conserver au café philo, pourrait trouver par exemple de précieux critères dans le triptyque proposé : problématiser, conceptualiser et argumenter (Tozzi, 06/2005).
5. L’enquête sur les cafés philo (mai – juin 2010)
Afin d’établir un bilan à la fois précis et synthétique du mouvement des cafés philo, mais aussi pour pouvoir esquisser quelques perspectives, notre recherche s’est efforcée de diversifier ses ressources. Outre l’appui essentiel d’une importante bibliographie (ouvrages, articles de revues et rapports), nous avons essayé d’exploiter au mieux d’une part le bénéfice des diverses rencontres organisées depuis le début des années 2000 sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques en général(14) et sur les cafés philosophiques en particulier(15) ; d’autre part le travail entamé en 2009 avec Gunter Gorhan dans le cadre du chantier « Philocité : philosopher dans la cité aujourd’hui ». C’est dans le cadre précis de ce travail que nous avons mené une enquête sur les cafés philosophiques à travers la diffusion d’un questionnaire électronique durant les mois de mai et juin 2010(16). Visant un état des lieux suffisamment complet des pratiques actuelles du café philo, ce questionnaire était composé de divers types de questions, portant notamment sur l’organisation, le fonctionnement, le dispositif d’animation, le public, les animateurs et le mouvement des cafés philo. Un champ de libre expression était également proposé au terme de ce questionnaire. Tous les champs de ce questionnaire en ligne étaient facultatifs. Le questionnaire a été diffusé par le biais de plusieurs listes électroniques de diffusion relatives aux cafés philos et autres pratiques philosophiques en France, donnant lieu à exactement trente retours exploitables – d’autres retours se révélant trop peu détaillés pour pouvoir être utilisés. Parmi les trente questionnaires traités, trois provenaient de l’étranger : Antananarivo (Madagascar), Essen (Allemagne), Vecmont (La Roche-en-Ardenne, Belgique). Les vingt-sept autres provenaient de France, dont seize de la région parisienne et onze de province : Colombiers (34), Forges-les-Eaux (76), Gap (05), Lagrave (81), Lyon (69), Marseille (13), Narbonne (11), Nice (06), Rouen (76), Saint-Quentin (02), Sézanne (51).
En moyenne ces cafés philo comptent près de neuf ans d’activité. Une année ou moins pour six d’entre eux ; plus de dix ans d’existence pour quinze autres. Si pour la plupart le café semble toujours d’actualité, les lieux tendent à se diversifier : médiathèques, maisons pour tous ou de quartiers, centres touristiques et culturels, sièges associatifs, maisons communales, théâtres, cinémas, universités, maisons de détention, etc. Certains sont même organisés dans des châteaux et des casinos ! Pour vingt-sept des trente questionnaires traités, la gratuité semble encore de mise, même si ces nombres sont nuancés par des obligations croissantes d’adhérer à une association ou de consommer – la gratuité sans aucune obligation d’adhérer ni de consommer ne concernant alors plus que douze cafés philo sur les trente exprimés. Largement minoritaires (seulement trois cafés philo), les séances payantes font néanmoins partie désormais du paysage des cafés philo. Cela va de l’animateur « auto-entrepreneur » qui propose aux participants de laisser « ce qu’ils souhaitent (et peuvent) en fin de séance pour rémunérer le travail de l’intervenant », à la soirée à vingt-six euros dans un lieu élégant avec « accueil au champagne ». Entre ces deux tendances nous trouvons des séances avoisinant un montant de sept euros, animées par des « praticiens philosophes » professionnels. Pour autant les cafés philo rattachés à des entreprises ne sont pas encore très nombreux (deux sur trente). La plupart (dix-neuf) reposent sur des associations ou sont rattachés à des Universités Populaires ; quelques-uns (neuf) demeurent encore des électrons libres.
Pour ce qui est de la fréquence, les pratiques mensuelles semblent les plus courantes (dix-huit), notamment en province, tandis que les séances plus répétées ont tendance à se concentrer en région parisienne (d’une séance tous les quinze jours à deux voire trois séances par semaine pour un même lieu). Quelques cafés philo seulement (deux) résistent encore aux cadences – quelles qu’elles soient – et proposent des séances « de temps en temps » – parfois même à la demande des participants. Les jours des séances varient et couvrent désormais la semaine tout entière. Fini le « philosophe du dimanche » ; on pourrait presque assister à des séances de manière quotidienne en région parisienne
En termes de fréquentation, nous trouvons un peu tout : du café philo en milieu rural qui réunit chaque mois moins de dix personnes au café philo parisien qui en compte près de cent chaque semaine. La moyenne semble néanmoins se situer autour de vingt-cinq à trente participants par séance. Le public est lui aussi assez hétérogène puisque sont représentées à peu près toutes les classes d’âges, depuis les « 15-20 ans » jusqu’aux « 80 ans et plus », même si ces extrêmes demeurent assez rares. Une moyenne semble nettement se dégager pour constituer une tranche d’âge allant de 40 à 70 ans. Les catégories socioprofessionnelles apparaissent très diversifiées, même si les groupes « cadres et professions intellectuelles supérieures », « retraités », « étudiants » et « demandeurs d’emplois » prédominent assez largement. Selon les informations recueillies, le public de vingt-sept des cafés philo ayant répondu est à la fois constitué d’un noyau de fidèles que l’on retrouve très régulièrement (autour de 35 – 40 %), et d’un renouvellement permanent (environ 60 – 65 %). Le profil des animateurs varie. Si l’on perçoit un certain équilibre entre les purs autodidactes d’une part, et les personnes ayant reçu une formation philosophique d’autre part (quelques licences ; de nombreux diplômes de maîtrise, DEA et master ; quelques doctorats), il est intéressant de constater que bon nombre d’animateurs ayant reçu une formation universitaire en philosophie (un tiers enseigne d’ailleurs la philosophie) se considèrent aussi comme des autodidactes. Comme si la fonction d’animateur réclamait nécessairement, au-delà de connaissances spécifiques, de développer de nouvelles compétences. Encore une fois, la question de la formation des animateurs de cafés philo se pose.
6. Quelles perspectives pour le café philo de demain ?
« Plutôt que dans le tarot ou la boule de cristal, l’avenir des bistrots-philo se lit sans doute dans le marc de café », écrivait Yannis Youlountas en 2002 (p. 179) avant de se risquer à la question « comment les cafés-philo vont-ils évoluer ? », fort de dix années d’observation de l’émergence et de la progression du phénomène. Sans doute faut-il encore « [parier] sur le formidable potentiel de la pensée humaine » (p. 181), avant d’essayer de nous projeter dans ce « futur [forcément] opaque et indéterminé » (p. 179). Dans le questionnaire évoqué supra, nous proposions les questions suivantes : « comment voyez-vous le café philo de demain ? » et « doit-il évoluer ou pas ? ». Outre les avis opposés mais relativement stériles de type » il ne doit rien changer » et « il doit évoluer », nous trouvons quelques pistes qu’il ne faudrait peut-être pas négliger trop vite. Les uns encouragent le café philo à conserver des exigences philosophiques fortes s’il ne veut pas devenir une forme de « happening » débridé où n’importe qui pourrait raconter n’importe quoi ; les autres l’incitent à se multiplier encore et encore, à se rendre plus attractif pour les jeunes et essayer de réunir les générations. Comme nous en convenions déjà en 2008 dans le cadre d’une table-ronde sur les cafés philo organisée à l’UNESCO, il n’existe pas « un » mais « des » cafés philo (Jalabert, 2009) – et peut-être autant de manières d’organiser et d’animer, cette diversité constituant à la fois une richesse inestimable et une faiblesse préjudiciable. Cette diversité est richesse quand elle permet d’emprunter d’innombrables voies pour des questions finalement peu nombreuses et (ou car) communes – et peut-être même une seule question : « qu’est-ce que l’homme ? ». Elle est faiblesse quand au nom de quelques pratiques insuffisantes ou déviantes l’ensemble des cafés philo perd de sa légitimité. Elle est faiblesse encore lorsqu’elle compromet le sentiment d’appartenance à un groupe – ou réseau – et donc le groupe lui-même. En dépit de cela, et contre l’hypothèse de l’effet de mode, les cafés philo semblent poursuivre leur chemin. Certains ne font que passer, cessent ou suspendent leur cours ; d’autres naissent chaque année en France et dans le monde. La plupart perdurent dans le temps, et l’on fête çà et là les cinq, dix, quinze ans du café philo local. Le café philo du Café des Phares, à Paris, comptera vingt années d’existence en 2012. L’une des principales perspectives qui s’ouvrent au café philo de demain, c’est probablement de participer au débat citoyen et d’y incarner une force de proposition. Mais pour cela, le café philo devrait peut-être se défaire – ou tout au moins s’accommoder – d’une tension qui semble le caractériser en même temps qu’elle le ronge : que faire, face à l’urgence d’une crise sociétale, du souci de prendre le temps de penser les réponses possibles à cette même situation de crise ? Par ailleurs, le café philo devrait peut-être prendre garde à la tentation du jeu et du divertissement qui plane au-dessus de lui, s’il ne veut pas – dans le meilleur des cas – faire de la philosophie « le nouvel opium du peuple », selon une crainte exprimée à maintes reprise par Marc Sautet, reprise par Gunter Gorhan (Marc Sautet employait pour cela le terme de « narcotique »).
Enfin, quelle meilleure perspective, pour le café philo de demain, que le souci de conserver cette conviction commune et motrice : « La philosophie est l’affaire de tous comme c’est l’affaire de tous de penser sa vie et la société. Ce n’est ni un luxe, ni un artifice mais une démarche essentielle pour s’émanciper et se choisir » (Youlountas, 2002, p. 180).
Bibliographie
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CALSCHI E. (dir.) (2003), Philosopher au café. 3ème colloque international. Ouverture et recherche de sens, Durfort, La gouttière.
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SAUTET M. (1995), Un café pour Socrate. Comment la philosophie peut nous aider à comprendre le monde d’aujourd’hui, Paris, Robert Laffont.
TOZZI M. (06/2005), Penser par soi-même. Initiation à la philosophie, Paris, Chronique Sociale.
TOZZI M. (10/2005), « Le café philo : une demande sociétale de philosophie », Diotime. Revue internationale de didactique de la philosophie, Scérén CRDP – Académie de Montpellier, n° 25, revue en ligne : http://www.educ-revues.fr/diotime
YOULOUNTAS Y. (2002) (dir.), Comprendre le phénomène café-philo. Les raisons d’un essor étonnant en 30 questions-réponses, Durfort, La gouttière.
YOULOUNTAS Y. (2002), « Comment les cafés-philo vont-ils évoluer ? », Comprendre le phénomène café-philo. Les raisons d’un essor étonnant en 30 questions-réponses, Y. Youlountas (dir.), Durfort, La gouttière, pp. 179-182.
Notes
2 Animateur au Café des Phares, Gunter Gorhan est l’une des figures du mouvement des cafés philo en France, dont il fut l’un des pionniers aux côtés de Marc Sautet. Enseignant retraité de l’Université Paris I (Panthéon-Sorbonne), il anime également des débats dans des foyers de jeunes travailleurs et s’investit en tant qu’écoutant au sein de la Fédération S.O.S. Suicide Phénix.
3 Depuis peu les horaires ont changé : 10h30 – 12h15.
4 Si l’on parle la plupart du temps de « café philo », c’est bien de « bistrot philo » qu’il est question sur la devanture du Café des Phares.
5 Marc Sautet parle dans son livre du mois de juillet 1992 pour la première séance ; mais un peu plus loin il évoque une séance qui aurait eu lieu le 4 avril de la même année… (Sautet, 1995).
6 L’expression « café de philosophie » était également utilisée au départ, sans doute en référence à l’autre expérience du « cabinet de philosophie ».
7 Intervention de Laura Piccioni, professeur à l’Université d’Urbino (Italie), dans le cadre de l’atelier « Philocité » à l’occasion des 10èmes Rencontres sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques (UNESCO, Paris, 18 novembre 2010).
8 Enregistrement disponible sur la page d’accueil du site internet du Café des Phares : http://cafe-philo-des-phares.info/ (dernière consultation : le 30 septembre 2010).
9 Cf. les comptes-rendus des séances du Café Philo de Narbonne http://cafephilo.unblog.fr du lundi 30 septembre 1996 (première séance) et du lundi 9 octobre 2006 (dixième anniversaire, centième séance), portant toutes deux sur le thème suivant : « Pourquoi un café philo : quel intérêt à discuter philosophiquement dans un café aujourd’hui ? ». Cf. également : Jalabert, 07/2010.
10 Propos tenus à l’occasion du dixième anniversaire du Café Philo de Narbonne http://cafephilo.unblog.fr le 9 octobre 2006.
11 Marc Sautet ne parlait-il pas lui-même d’« amorcer » : « on peut amorcer dans un café, même avec cent cinquante personnes, une réflexion qui mérite d’être appelée « philosophique ». Amorcer ne veut pas dire mener à bien. Cela veut dire… amorcer. Libre ensuite à qui le souhaite d’approfondir le sujet, de plonger dans les ouvrages évoqués à l’improviste, d’entamer un dialogue en tête à tête avec un auteur cité en cours de route, dans le calme le plus total » (Sautet, 1995, p. 11).
12 Propos tenus à l’occasion d’une discussion informelle, le 4 avril 2008 après la conférence » Mondialisation et civilisations : quelles valeurs pour le XXIème Siècle ? ». André Comte-Sponville, reçu par le Café Philo Agathois en la Maison des Savoirs d’Agde, répondait à la question : « que pensez-vous des cafés philo ? ».
14 Notamment les Rencontres Internationales sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques, organisées chaque année à l’Unesco (Paris) à l’occasion de la Journée Mondiale de la Philosophie, durant la troisième semaine du mois de novembre. La dixième édition s’est tenue les 17 et 18 novembre 2010.
15 Nous pensons aux « Rencontres de Sorèze » (ex. « Festival Philo-des-champs ») qui réunissent chaque année au mois de juillet, depuis plus de douze ans, des café-philistes (animateurs et participants) venus de plusieurs villes de France. Nous pensons encore au « Philostival » coorganisé depuis deux ans maintenant par les associations Himéros (Marseille) et Agora Philo (Lyon). La troisième édition se tiendra à Marseille dans le courant du mois de juin 2011. Des comptes rendus (Jalabert & Tozzi, 10/2010) de ces diverses rencontres sont régulièrement publiés dans Diotime, revue internationale de didactique de laphilosophie en ligne : http://www.educ-revues.fr/diotime
Romain Jalabert, « Apprendre à philosopher au café : bilans et perspectives », Recherches en éducation [En ligne], 13 | 2012, mis en ligne le 01 janvier 2012, consulté le 25 septembre 2022. URL : http://journals.openedition.org/ree/5283 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ree.5283
Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie
À lire avant cet article # 2, l’Introduction à ce dossier.
La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).
L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.
L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.
Dans « Platon, pas Prozac! », il écrit :
« De tous les temps, les philosophes ont observé la nature humaine, ce qui ressemble à la description de tâches d’un psychologue. Une philosophie de l’humanité resterait incomplète sans un apport de la psychologie. De même, la psychologie dénuée d’une dimension philosophique ne remplirait pas son rôle. Ces deux sphères de l’activité humaine se sont pourries le jour où elles se sont séparées. »
MARINOFF, Lou, Platon, pas Prozac!, Éditions Logiques, 2000, p. 45.
Je m’oppose fermement à une fusion entre la philosophie et la psychologie, cette dernière connaissant des dérives qui portent atteinte au bien fondé et au succès de ses interventions. En effet, la psychologie, science inexacte par excellence, tire dans toutes les directions, notamment, dans le domaine du développement personnel. Elle fait du MOI une montagne à gravir d’où, une fois au sommet, apparaît une autre montagne à gravir et ainsi de suite au sein d’une même thérapie voire d’une thérapie à l’autre.
Dans son livre « Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne », William Kirk Kilpatirck, diplômé des plus grandes écoles dont les célèbres universités Harvard et Purdue, professeur de psychologie de l’éducation au Boston College, écrit :
ATTENTES ET RÉSULTATS
Il y a trop de « si », de « et » et de « mais » pour prouver une relation fortuite entre la montée de la psychologie et la détérioration du lien social, mais il existe certainement assez de preuves pour douter du profit que la psychologie prétend nous apporter. Dans les domaines où les professionnels savent véritablement ce qu’ils font, nous nous attendons à un résultat. Stanislas Andreski, sociologue britannique, fait la lumière sur ce point en comparant la psychologie et la sociologie à d’autres professions.
Il note que lorsqu’une profession est fondée sur une connaissance bien établie, il devrait y avoir une relation entre le nombre de personnes qui exercent cette profession et les résultats accomplis :
« Ainsi, dans un pays où il y a pléthore d’ingénieurs en télécommunication, l’équipement téléphonique sera normalement meilleur que dans un pays où il n’y a que quelques spécialistes dans ce domaine. Le taux de mortalité sera plus bas dans les pays ou les régions où il y a beaucoup de docteurs et d’infirmières que dans les lieux où ils sont rares et éloignés. Les comptes seront généralement tenus avec plus d’efficacité dans les pays où il y a de nombreux comptables expérimentés que là où ils font défaut. »
Mais quel est donc le profit produit par la psychologie et la sociologie? Le professeur Andreski poursuit :
« … Partant, nous devrions constater que dans les pays, les régions, les institutions ou encore les secteurs où les services des psychologues sont très largement requis, les foyers sont plus résistants, les liens entre conjoints, frères et sœurs, parents et enfants, plus solides et plus chaleureux; les relations entre collègues plus harmonieuses, le traitement des patients meilleur; les vandales, les criminels et les toxicomanes moins nombreux, que dans les endroits et les groupes qui n’ont pas recours aux talents des psychologues. En conséquence, nous pourrions déduire que les États-Unis sont la patrie bénie de l’harmonie et de la paix; et qu’il aurait dû en être toujours plus ainsi durant le dernier quart de siècle en relation avec la croissance numérique des sociologues, des psychologues et des experts en sciences politiques. » Note originale de l’auteur : Stanislas Andreski, Social Sciences as Sorcery, Penguin Books, New York,1974, pp. 25-26.)
Cependant, ce n’est pas ce qui s’est produit. Au contraire, les choses semblent empirer. Les rues ne sont pas sûres. Les foyers se désintègrent. Le suicide sévit parmi les jeunes. Et quand la psychologie tente de régler de tels problèmes, il semble souvent qu’elle les aggrave. La création dans les villes de centres de prévention du suicide s’accompagne, par exemple, d’une augmentation de celui-ci. Les conseils matrimoniaux conduisent fréquemment au divorce. Par ailleurs, l’observation la plus élémentaire nous montre que l’introduction de l’éducation sexuelle dans un public très étendu n’a aucunement enrayé la hausse des grossesses non désirées, de la promiscuité et des maladies vénériennes. Il est plutôt manifeste que de tels programmes encouragent la sexualité précoce et les problèmes qui en découlent.
Il est difficile de ne pas conclure que l’ordonnance est à l’origine de la maladie. « Si nous constations », écrit Andreski, « que toutes les fois que les pompiers arrivent, le feu redouble d’intensité, nous finirions par nous demander ce qu’il peut bien sortir de leurs lances et si, par hasard, ils ne sont pas en train de verser de l’huile sur le feu » (p. 29) » (KILPATRICK, William A Kirk, Séduction psychologique (L’échec de la psychologie moderne), Centre biblique européen, Suisse, 1985, pp. 33-35.)
Ce livre de William A Kilpatrick figure au catalogue du Centre biblique européen et s’adresse à tous ceux et celles pour qui la psychologie n’a pas livré les résultats espérés et propose en échange de s’engager dans une vie chrétienne. On peut donc critiquer sa référence religieuse mais il s’agit tout même d’un constat dressé par un professeur de psychologie de profession et par un sociologue de réputation internationale.
Personne ne peut nier les nombreux échecs de la psychologie dans sa pratique clinicienne.
À mon avis, la psychologie prête flanc à la critique et à l’échec parce qu’elle tire dans toutes les directions, comme je mentionnais ci-dessus.
En fait, la psychologie aspire tout ce qu’elle peut en son sein sans trop de discernement. Elle fonce. Et si la philo peut lui-être d’une quelconque utilité, elle l’intégrera dans sa pratique en cabinet. Et c’est bien cette habitude de tout aspirer qui me fait douter des avantages d’une fusion entre la psychologie et la philosophie.
Un fait m’inquiète : la psychologie intègre, non pas LA philosophie, mais DES philosophies. Piger ici et là dans telle ou telle philosophie ne permet pas de connaître LA philosophie et encore moins de savoir comment philosopher.
La psychologie tire des bribes des philosophies avancées par Bouddha, Confucius, Jésus, Mahomet, Lao Tzeu, Socrate, Aristote, Épicure, Épictète, Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Lévinas… Des bribes qui sonnent bien à l’oreille et comme en trouvent à ne plus finir dans les séances de développement personnel.
Mais attendez. Certains philosophes praticiens ne font-ils pas la même chose ? Oui. Frédéric Lenoir, philosophe et sociologue, Docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), pige dans toutes les philosophies dans son livre « Petit traité de vie intérieure » dont voici la Présentation :
« De tous mes livres de philosophie et de spiritualité, celui-ci est certainement le plus accessible, mais sans doute aussi le plus utile. Car ce n’est pas un savoir théorique que je cherche à transmettre, mais une connaissance pratique, la plus essentielle qui soit : comment mener une vie bonne, heureuse, en harmonie avec soi-même et avec les autres. Ce que je dis ici avec des mots simples et des exemples concrets, comme au cours d’une conversation avec un ami, est le fruit de trente années de recherches et d’expériences. Mon témoignage personnel importerait peu s’il n’était éclairé par la pensée des philosophes et des sages de l’humanité qui ont marqué ma vie : le Bouddha, Confucius, Socrate, Aristote, Épicure, Épictète, Jésus, Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Lévinas parmi d’autres. Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c’est passer de l’ignorance à la connaissance, de la peur à l’amour. » FL
Source : Frédéric Lenoir, site web. https://www.fredericlenoir.com/essais/petit-traite-de-vie-interieure-2/
Cette idée qu’en mangeant des pommes de différentes variétés on deviendra pomiculteur ne tient pas la route.
Bien sûr, on peut user de techniques pour philosopher mais cela ne fera de vous qu’un technicien (en quête d’amélioration de votre technique ou d’une technique meilleure) au lieu de se former à philosopher pour devenir votre propre philosophe, car c’est bien là le but premier, le seul but utile.
Je réitère mon invitation à une distinction claire et nette entre LA philosophie et LES philosophies. On apprend à philosopher avec LA philosophie et non pas avec LES philosophies, à moins d’être un expert de l’histoire de la philosophie et de ses différentes doctrines et de l’analyse de ces dernières.
Et quand la psychologie tente de philosopher en glanant ici et là dans la sagesse d’une ou de différentes philosophies, elle ne philosophe pas. Elle « philosophise », c’est-à-dire qu’elle introduit le raisonnement philosophique dans la psychologie.
Philosophiser, verbe,rare. a) Empl. intrans. Synon. de philosopher (supra B).À quoi bon s’encombrer de tant de souvenirs? Le passé nous mange trop. Nous ne sommes jamais au présent, qui seul est important dans la vie. Comme je philosophise! (Flaub., Corresp., 1853, p.318).b) Empl. trans. Introduire le raisonnement philosophique (dans une religion, une science). Sa manière [de M. de La Mennais] de philosophiser le christianisme est-elle tout simplement (…) un pur déisme avec morale évangélique (…) et, si l’on veut aller au plus loin dans ce sens, est-elle un socinianisme humanitaire? (Sainte-Beuve, Portr. contemp., t.1, 1836, p.268).Le premier zélateur américain de Freud, Putnam, «philosophise» avec tant d’ardeur la psychanalyse que Ferenczi, longtemps le plus proche disciple de Freud, est obligé de lui répondre dans son article «Philosophie et psychanalyse» (L’Express, 19 févr. 1968, p.77, col. 2).
Source : Centre nationale de ressources textuelles et lexicales (CNRTL).
https://www.cnrtl.fr/definition/philosophiser
D’un point de vue théorique, j’approuve toutes les relations interdisciplinaires, y compris celle entre la psychologie et la philosophie. Mais je demeure sur mes gardes quand vient le temps de passer à la mise en pratique interdisciplinaire.
La psychologie, de par sa position dominante, teinte tout travail sur soi. Même les philosophes praticiens (philothérapies) se retrouvent sous l’influence de la psychologie, consciemment et inconsciemment. Je note une « psycholonisation » des philosophes praticiens dans leurs efforts et leurs argumentations pour rejoindre la population. En s’offrant comme une alternative pour résoudre les mêmes problèmes soulevés par la psychologie dans leur propre pratique, les philosophes praticiens se facilitent la vie. En revanche, ils ne mettent pas de l’avant les problèmes propres à être résolus par la philosophie.
Le titre du livre « Platon, pas Prozac! » constitue un bel exemple de l’introduction de la philosophie sur le marché clinicien comme alternative à la médication relevant de la psychologie et de psychiatrie. Le titre frappe l’esprit et communique efficacement mais laisse tout de même crois que la philosophie s’attaque aux mêmes problèmes que la psychologie mais ce n’est pas le cas dans la réalité.
CAUSES ET RAISONS
La philosophie est une démarche intellectuelle d’acquisition de la sagesse en vue de la mettre en pratique dans sa quête du bonheur. On peut ajouter à cette notion très large, le bonheur de penser. La philosophie s’attarde aux raisons qui expliquent et motivent telle ou telle pensée, telle ou telle conception du monde et de l’existence, et à la connaissance, la vérité, la morale, la beauté, l’esprit et le langage.
La psychologie vise la santé mentale et cherche des causes dans le passé et quelquefois dans le présent du patient.
Bref, la santé intellectuelle relève de la philosophie et la santé mentale de la psychologie.
LA PHILOSOPHIE, LA SCIENCE DES PROFONDEURS
L’avantage premier de la philosophie réside dans ses efforts pour aller plus en profondeur que peut le faire la psychologie. Selon moi, la santé mentale trouve très souvent sa principale source dans la santé intellectuelle, Autrement dit, une bonne santé intellectuelle garantie une bonne santé mentale, du moins elle en est un terreau fertile. La philosophie doit donc occuper la première place dans la quête du bonheur et dans la levée des barrières empêchant la sérénité de la démarche. La santé intellectuelle est un processus continu qui demeure ouvert tout au long de la vie.
«D’abord, la psychologie est essentiellement centrée sur le “moi”. Elle cherche à comprendre les failles, les problèmes et les troubles du patient. Tandis que les domaines concernés par la philosophie sont bien plus larges : elle traite de l’homme en général, mais elle se demande aussi ce qu’est le monde, Dieu, les autres, la vie, le bonheur…
Ensuite, bien souvent la psychologie invite le patient à regarder en arrière ; à fouiller dans son enfance, à se souvenir d’un évènement qui serait l’origine d’un traumatisme. Elle cherche à guérir le passé. À l’inverse, la philosophie ne panse pas le passé. Elle permet, grâce à la rencontre des philosophes d’il y a 500 ou 2500 ans, de penser autrement, de ne pas rester bloqué sur des idées/pensées qui nous font du mal. On en découvre d’autres qui nous correspondent et on agit en fonction de celles-ci. En ce sens, la philosophie nous donne les clés pour agir, et pour prendre notre futur en main et redevenir maître de son destin.»
«La philosophie et la psychologie sont deux champs d’étude ayant une place commune dans l’histoire. La psychologie est née de la philosophie. Elle apparut pour inclure la méthode empirique face aux questions soulevées par la philosophie. Par conséquent, la philosophie a apporté à la psychologie divers sujets d’étude tels que la sensation, la perception, l’intelligence et la mémoire.»
Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».
La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).
L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.
L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.
Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.
Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.
Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».
À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.
J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.
J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.
La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.
Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.
Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».
Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)
Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface, p. 9.
J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.
Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, « La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.
J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.
Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.
J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.
Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.
Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.
Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »
Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.
J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.
Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.
J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».
Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».
J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.
Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.
J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.
Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer
Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.
Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».
Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.
Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.
Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.
Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.
Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.
J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.
Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».
Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.
La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.
Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.
À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…
Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.
Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.
Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.
Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».
J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.
Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.
La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.
La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.
Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.
Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.
En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.
(Lévis, Québec, Canada. Le 4 octobre 2020) Aujourd’hui, à titre d’éditeur et auteur captivés par la philosophie, j’ouvre un nouveau dossier dans ce magazine sous le titre évocateur : « Philothérapie ou Quand la philosophie nous aide ».
« Ah ! Non, pas la philosophie ! »
Le Cri (en norvégien : Skrik) est une œuvre expressionniste de l’artiste norvégien Edvard Munch dont il existe cinq versions (deux peintures, un pastel, un au crayon et une lithographie) réalisées entre 1893 et 1917. Symbolisant l’homme moderne emporté par une crise d’angoisse existentielle, elle est considérée comme l’œuvre la plus importante de l’artiste. Le paysage en arrière-plan est le fjord d’Oslo, vu d’Ekeberg. Source : Wikipédia.
On reproche souvent aux philosophes et leurs adeptes d’avoir la tête dans les nuages, loin, très loin, des préoccupations terre-à-terre des gens. À force de mettre de l’avant de multiples philosophies accompagnées de toutes aussi multiples théories de nature purement intellectuelle, les philosophes se sont éloignés du bon peuple. Et cela commence avec leurs enseignements en milieu scolaire où la philosophie devient plus souvent qu’autrement un véritable Calvaire pour les élèves et les étudiants, de tous les niveaux. Sur les bancs d’école, la philosophie devient un passage obligé à traverser le plus rapidement possible pour passer à autre chose.
Avec le temps et à lui seul, le mot « philosophie » a finit par rebuter la plupart des gens comme s’il dégageait une odeur nauséabonde à des miles à la ronde.
Il faut tout de suite souligner qu’il n’en va pas ainsi dans toutes les sociétés à travers le monde. En France, par exemple, les philosophes, du moins quelques uns, sont de véritables vedettes médiatiques capables de soulever des débats utiles au sein de la société.
La philosophie n’est pas populaire au Québec
Au Québec, les philosophes ne prennent que très rarement la parole sur la scène publiques et encore moins dans les médias où les invitations sont exceptionnelles. La philosophie n’est pas populaire au Québec. Des efforts louables sont déployés auprès des écoliers au primaire, des étudiants au secondaire et des collégiens mais seul l’avenir nous dira si la philosophie perdra sa mauvaise réputation.
Les adeptes de la philosophie au sein de la population québécois mènent une quête très personnelle. Car, par la force des choses, ils évoluent en silence.
Chaque parcours se caractérise par sa singularité. Cependant, la solitude de la démarche semble universelle, du moins au Québec. On ne trouve pas ici des cafés philosophiques à tous les coins de rue. Il ne nous reste plus que la littérature pour avancer dans l’intimité de nos foyer.
Quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse, la philosophie s’inscrit dans l’Histoire de l’Humanité depuis plus de 2000 ans. On peut même dire qu’elle est omniprésente dans nos vies de tous les jours même si nous ne la reconnaissons comme telle que rarement.
Les philosophes poursuivent inlassablement leur travail de réflexion et font ici et là des adeptes. Ces derniers laissent des tracent. Comme le Petit Poucet, ils laissent derrière eux des petits cailloux blancs, autant pour retrouver leurs points de départ que pour ceux et celles qui, par hasard, croiseraient leurs chemins.
Ainsi, on des allusions et même des références à la philosophie dans tous les domaines, même les plus éloignés par nature. La philosophie nous donne parfois des jambettes, le temps d’introduire en notre esprit une réflexion à poursuivre. Si elle ne parvient pas toujours à ses fins, elle peut tout de même se vanter d’engendrer des révélations tout ce qu’il y a de plus surprenant là où l’on ne l’attend pas. Ce fut mon cas.
Marketing
Disparue de mon radar depuis la fin de mes études collégiales (j’expliquerai plus loin le pourquoi), la philosophie s’est dressée devant moi en plein cœur de mon parcours professionnel à l’aube de mes quarante ans.
À cette époque et à la demande d’un client, je cherchais un moyen de prédire avec certitude l’avenir commercial d’un nouveau produit. Nouveau dans le domaine de la recherche marketing, toutes les options s’offraient à moi sans aucun préjugés. Le hasard a voulu que je glisse dans une pile de livres à emprunter à une bibliothèque, un livre qui ne me paraissait pas très intéressant de par son titre et son allure près d’un bouquin dans le genre « Devenez millionnaire en un jour ». Même si je suis loin d’être un fan de ce type de livres, je l’ai pris parce que je voulais ressortir de la bibliothèque avec les maximum de titres permis.
Au-delà des apparences, ce livre m’a étonné. Et puisqu’il s’agissait de la traduction française d’une édition originale de langue anglaise, je me suis mis à la recherche de cette dernière. Les propos de l’auteur, Louis Cheskin, ont remis en cause tout ce que je savais dans le domaine de la recherche en marketing, un domaine que je ne connaissais que par la bande.
L’auteur n’avait pas signé un seul livre mais une quinzaine, soit un tous les deux ans pendant trente ans. J’ai déployé tous les efforts nécessaires pour réunir l’œuvre complète de cet auteur afin d’analyser et de bien comprendre ce qu’il enseignait.
À ma grande surprise, l’auteur se référait ici et là à la philosophie pour appuyer sa démarche et se faisait lui-même philosophe dans certains passages de son œuvre, autant de petits cailloux dans mon soulier. S’il se concentrait sur les produits, ils tentait de révéler le consommateur jusque dans ses plus profondes racines humaines. J’aimais beaucoup mes lectures. Elles façonnaient encore un peu plus ma façon de penser, à l’instar d’autres lectures passées. Mais je ne me suis pas mis à la philosophie pour autant.
Cependant, cet auteur m’a mis sur la piste de la pensée scientifique, son étude et son analyse. J’étais à l’affut de tout ce qui pouvais m’aider à penser juste, à lutter contre mes préjugés, à éviter les erreurs de pensée et de logique. Émotif et hypersensible, j’ai trouvé dans l’étude de la pensée scientifique de quoi mieux raisonner.
Je me suis intéressé de près au cours « Science, éthique et société » du professeur et sociologue Olivier Clain de l’Université Laval et diffusé au Canal Savoir en 1995. Ce cours est aujourd’hui disponible en ligne : cliquez ici pour y accéder. Ce cours est ni plus ni moins qu’une excellente formation de base à l’épistémologie soit l’étude critique des sciences, destinée à déterminer leur origine logique, leur valeur et leur portée (théorie de la connaissance).
Sensibiliser par le professeur Clain, j’ai lu « La Formation de l’esprit scientifique. Contribution à une psychanalyse de la connaissance objective » publié en 1938. J’ai aussi lu « Le Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences » de René Descartes publié en 1637. Jai poursuivi mes lecture avec :
Meynard, L. La connaissance, Librairie Classique Eugène Belin, Paris, 1963, p. 32.
Huisman, Denis et Vergez, André, Court traité de la connaissance, Classes terminales A-B, Édition Fernard Nathan, 1969, p. 309.Les mots en caractères gras sont des auteurs.
Nicolle, Jean-Marie, Histoire des méthodes scientifiques – Du théorème de Thalès à la fécondation in vitro, Bréal, 1994, p.107.
Matalon, Benjamin, La construction de la science – De l’épistémologie à la sociologie de la connaissance scientifique, Delachaux et Niestlé S.A., Lausane (Switzerland) – Paris, 1996, pp. 21-22.
Oui, oui, j’ai lu tout cela. Parfois avec une certaine aisance, parfois avec de grandes difficultés de compréhension. Mais j’apprenais sans pour autant être capable de tout mettre en pratique dans ma vie de tous les jours. Par contre, dans mon travail, mon nouveau savoir me servait amplement.
Jusque-là, je vendais mes idées. Désormais, je testais les idées des autres avec la méthode de recherche marketing mis au point par mon auteur préféré dans le domaine, Louis Cheskin.
Une dépression philosophique plutôt que psychologique
Mais les affaires étant les affaires et n’ayant pas la couenne dure, j’ai tout perdu à cause d’une cliente qui m’a entraîné dans sa (troisième) faillite, une cliente référée par mon meilleur client. Je me suis senti trahi par le milieu des affaires, du moins le groupe d’industriels réuni autours de moi. Sidéré par un tel comportement, j’ai laissé venir le mur et j’ai déclaré faillite à la fin de l’année 1998.
J’ai tout de même profité de l’été précédant la catastrophe financière pour lire à commencer par l’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman aux Éditions Robert Laffont, publié en 1997. Ce livre m’a bouleversé et forcer à revoir mon appréhension de l’interférence des émotions dans mes efforts pour comprendre comment penser juste. Grâce à cet auteur, j’ai fait mes premiers pas dans la connaissance des neurosciences. J’ai pris plus de 200 pages de notes personnelles à la lecture de ce livre.
En décembre, j’ai trébuché sur le plancher des vaches, loin du monde des idées, en signant la papier de la faillite. La réalité m’a rattrapé et je suis tombé en dépression. Je me suis donné six mois pour m’en sortir tout seul mais ça n’a pas fonctionné. J’ai dû consulter mon médecin de famille. Il m’a prescrit des médicaments et ce ne fut pas un succès.
« Platon, pas Prozac ! » (1)
Puis, un livre a attiré mon attention : « Platon, pas Prozac ! – La philosophie comme remède » de Lou Marinoff publié aux Éditions Logique en l’an 2000. Il m’a permis de comprendre que ma dépression n’était pas psychologique mais philosophique. J’aurais aimé rencontrer un philosophe praticien ou philothérapeute pour me guider vers une sortie de ma crise existentielle mais ils étaient tous hors de portée de moi. Ce livre fut et demeure un tournant dans ma vie.
« Être bien dans sa peau »
De retour en thérapie avec un autre travailleur social, j’ai mis sur la table un autre livre nouvellement ajouté à ma bibliothèque : « Être bien dans sa peau » du docteur David D. Burns, un éminent psychiatre américain. Vendu à plus de 3 millions d’exemplaires dans le monde depuis sa parution en 1994, ce best seller est présenté en ces mots :
Être bien dans sa peau. Ce livre nous initie aux principes de la thérapie cognitive, suivant laquelle nous apprenons qu’en changeant notre manière de penser nous pouvons modifier notre humeur. Dans un langage clair et simple, un éminent psychiatre américain esquisse à grands traits un programme systématique de maîtrise des distorsions de la pensée qui conduisent au pessimisme, à la léthargie, au stress, à l’anxiété, à la perte du respect de soi. Découvrez comment : · Identifier les facteurs ayant une influence sur l’humeur; · Réagir face à l’hostilité et la critique; · Se débarrasser des sentiments de culpabilité; · Surmonter la dépendance à l’égard du besoin d’approbation; · Augmenter le respect de soi; · Gérer le stress de la vie quotidienne et l’anxiété; · Se sentir bien, tous les jours…
L’idée d’une « thérapie cognitive » me plaisait beaucoup. À la liste des dix distorsions cognitives identifiées par l’auteur chez les dépressifs, je devais cochez un gros OUI à chacune. « Il faut que je corrige cela si je veux m’en sortir » ai-je dit à mon thérapeute en lui brandissant le livre sous le nez. Souvenez-vous, je souhaite penser juste.
« J’aime penser »
Je n’avais pas imaginé mon passage au nouveau siècle le soir du jour de l’an le 31 décembre 1999 à minuit le cul sur la paille. Ce fut toute une épreuve, pour mon épouse, nos quatre enfants et moi-même, surtout pas après les années fastes de notre firme de recherche en marketing et 1992 à 1998. Ce soir-là, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Une grande détresse m’habitait mais je ne pouvais pas m’y abandonner complètement, au risque d’entraîner tous mes proches dans l’abîme.
J’ai pris la décision de faire le bilan de ma vie et cette entrée dans un nouveau siècle s’y prêtait fort bien. Je me donc mis à l’écriture d’une autobiographie de ma pensée, puisque c’était en elle que grondait ma crise existentielle. La table des matières témoignait de mon projet :
Il s’agissait de relever chacune des connaissances et des expériences personnelles et professionnelles qui avait marqué l’évolution de ma pensée au fil des ans. À la fin, ça ressemblait à un tour d’horizon des passages des livres et autres sources d’information ayant marqué ma pensée, la façon ou la manière dont je pense, bref mon système de pensée.
Un soir de décembre 2001, un invité à la maison, à la vue de la grosse pile de feuilles de mes écrits, me lança tout bonnement : « T’aime ça penser », d’où le titre « J’aime penser ». Réunis, ces écrits constituaient un véritable manuscrit, un essai et un témoignage de gouvernance personnelle.
« La lumière entre par les failles »
Il me fallait un sous-titre et voici mon choix : « Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison ».
C’est l’histoire de ma vie : être buté à des gens qui ne cessent de se donner raison. Ces gens vivent dans un système de pensée sans faille et, si jamais il y a en une, ils s’empressent de la boucher au plus sacrant. Ainsi, la lumière ne peut pas rentrer et les éclairer. Ils ne peuvent pas voir qu’ils n’ont pas raison. Plus encore, ils ne peuvent pas comprendre que le but dans la vie n’est pas d’avoir raison. Ils ne peuvent non plus tolérer le moindre doute. Ce faisant, il ne peuvent pas tirer le bénéfice du doute. Ces gens prennent pour vrai ce qu’ils pensent parce qu’ils le pensent, sans plus de question. Et si jamais vous les confrontez un peu trop longtemps ou un peu trop fort, ils finiront par vous dirent : « À chacun son opinion ». Certains croient même que le seul fruit de la pensée est une opinion. Ils savent, un point c’est tout.
Dans ma jeunesse, j’avais tort avant même d’ouvrir la bouche face aux adultes. Et je croyais qu’en devenant adulte on acquerrait le pouvoir d’avoir raison jusqu’à ce que j’entende Jacques Languirand à la radio soutenir que « La lumière entre par les failles ».
Du jour au lendemain, ma perception a changé : les gens cherchant à se donner raison en tout temps et en toutes circonstances sur tous les sujets possibles et impossibles étaient désormais pour moi des handicapés de la pensée. Il est aussi question de ces gens que l’on rencontre alors âgés de 20 ans et qui demeurent les mêmes à 60 ans. Ils n’ont pas changé. Ils se donnent encore et toujours raison.
Moi, j’aime penser mais ce n’est pas pour me donner raison.
« Platon, pas Prozac ! » (2)
Heureux de voir les philosophes se préoccuper de l’application pratique de leur savoir au sein de la population et de la parution du livre « Platon, pas Prozac ! » en l’an 2000, Le sujet me captive. Pour satisfaire ma curiosité, je cherche et je trouve des informations et des livres intéressants.
Ma recherche personnelle suit deux directions, La première concerne la philosophie elle-même. La deuxième vise la pratique de la philosophie sur le terrain auprès de la population.
LA philosophie et non les philosophies
On trouve un nombre élevé de livres traitant de différentes philosophies, plus souvent qu’autrement, des publications universitaires très difficiles à comprendre par un profane. L’auteur choisit une philosophie en particulier et l’analyse ou avance sa propre philosophie. Il y a autant de philosophie que d’aiguilles dans un sapin.
Les philosophies ne m’intéresse pas (encore) si ce n’est une seule exception : l’épistémologie. Je désigne cette branche de la philosophie comme l’étude de la connaissance.
Définition d’épistémologie
Etymologie : de l’anglais epistemology, constituée du grec ancien epistêmê, science, savoir, et ddu suffixe -logie, du grec lógos, étude, science, discours, parole.
L’épistémologie est la partie de la philosophie qui a pour objet une étude critique des principes, des concepts fondamentaux, des méthodes, des pratiques, des théories et des résultats des différentes sciences. En les considérant du point de vue de leur évolution, l’épistémologie s’efforce d’en déterminer l’origine logique, leur valeur, leurs portées scientifique et philosophique.
L’épistémologie moderne trouve son origine dans la philosophie de la connaissance d’Emmanuel Kant (1724-1804), ainsi que dans des traditions plus anciennes, notamment cartésienne. Elle s’est constituée en champ disciplinaire autonome au début du XXe siècle.
Dans les pays anglo-saxons, le terme épistémologie a un sens plus large et désigne la théorie de la connaissance en général et pas uniquement scientifique.
J’aime bien les livres d’épistémologie abordant la connaissance scientifique, comment elle se constitue, comment elle acquiert une certitude.
Selon le professeur et sociologue des sciences Olivier Clain, non seulement le premier geste de la démarche critique est une mise en doute des connaissances acquises, mais la connaissance elle-même apparaît dès lors comme une réflexion critique, c’est-à-dire, comme « une démarche qui rend possible une avancée continuelle du savoir par destruction du déjà su, des évidences déjà accumulées ». (1)
Clain, Olivier, cours Science, Éthique et Société, programme de formation Télé-Universitaire du département de sociologie de l’Université Laval.
Guay, Serge-André, J’aime penser, La pensée certaine.
J’ai lu
Meynard, L. La connaissance, Librairie Classique Eugène Belin, Paris, 1963Huisman, Denis et Vergez, André, Court traité de la connaissance, Classes terminales A-B, Édition Fernard Nathan, 1969Bachelard, Gaston, La formation de l’esprit scientifique, Librairie Philosophique J. Vrin, Paris, 1938, Seizième édition, 1999Nicolle, Jean-Marie, Histoire des méthodes scientifiques – Du théorème de Thalès à la fécondation in vitro, Bréal, 1994Clain, Olivier, cours Science, Éthique et Société, programme de formation Télé-Universitaire du département de sociologie de l’Université Laval.Matalon, Benjamin, La construction de la science – De l’épistémologie à la sociologie de la connaissance scientifique, Delachaux et Niestlé S.A., Lausane (Switzerland) – Paris, 1996
En ce domaine, je préfère les manuels scolaires utilisés au secondaire et au collégial parce qu’ils servent d’introduction au sujet de manière épuré tout en procurant une base solide, par opposition aux manuels universitaires dans lesquels on peut vite se perdre dans les détails.
La multitude des ouvrages consacrés à des philosophies n’enseigne pas LA philosophie elle-même. On peut toujours compter sur certains manuels scolaires, comme je le mentionne ci-dessus, mais plusieurs de ces publications se limitent souvent à une histoire de la philosophie en suivant celle des grands philosophes. C’est bien, même très bien et très intéressant de saisir l’évolution des idées en philosophie, mais ce n’est pas un enseignement à proprement dit de LA philosophie, de la source même de ces idées.
La pratique révélatrice
On peut toujours apprendre à faire des meubles à la lecture de guide mais ne vaut le passage à l’exercice pratique avec un ébéniste. À mon avis, il en va de même avec la philosophie. Je m’intéresse donc aux guide d’animation des cafés philosophiques et aux livres des praticiens de la philosophie ciblant la population. Par exemple, j’ai sous la main :
Masselot, Nathanaël, Philothérapie, Libérez-vous par la philosophie, Les Édition de l’Oppotun, 2019.
ET SI LES GRANDS PHILOSOPHES VOUS AIDAIENT À MIEUX VIVRE ?
Ai-je le droit au bonheur ? Comment apprendre à oser ? L’amitié peut-elle accepter le mensonge ? Comment développer ma confiance en moi ? Comment gérer un deuil ? Ces questions essentielles – et bien d’autres – trouvent des réponses limpides chez les philosophes, et autres grands penseurs. Nathanaël Masselot, Docteur en philosophie, le prouve avec ce premier livre de philothérapie.
Grâce à la philothérapie, Nietzsche, Platon, Spinoza, Sénèque… vous accompagnent efficacement sur le chemin du bien-être. Les pensées puissantes des grands philosophes, confrontées à nos problèmes quotidiens, sont d’une aide évidente.
La philothérapie, nouvelle voie du développement personnel.
Arnoux, Jean-Eudes, Sur le divan d’un philosophe (Le consultation philosophique : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie, Édition Favre SA, 2013
Arnoux, Jean-Eudes, Sur le divan d’un philosophe (Le consultation philosophique : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie, Édition Favre SA, 2013
La philosophie, une discipline rébarbative d’intellos réservée aux auditoires de l’université? Et si au contraire elle pouvait vous apporter les réponses que vous cherchez? C’est le pari de Jean-Eudes Arnoux, philosophe qui, sans se prétendre thérapeute, propose à ceux qui viennent le voir de les aider dans leurs questionnements existentiels. La consultation philosophique se présente comme une alternative originale à d’autres types de coachings ou de psychothérapies et s’adresse aux particuliers mais aussi aux entreprises ou institutions. Une pratique au succès grandissant, qui a pour but de mieux se connaître, gagner en liberté, y voir plus clair, changer de perspective, trouver un sens à ses interrogations en allant puiser dans les sagesses anciennes et récentes. Avec de nombreux cas pratiques et exemples.
Boucher, Laurence , Philosopher pour se retrouver (La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Marabout (Hachette Livres), 2015.
Le premier guide de philosophie pratique.
La philosophie pratique permet de donner du sens et de trouver une stabilité dans un monde où tout va très vite, où nous avons à la fois l’impression d’être tout-puissants et impuissants. Or, tant que nous n’avons pas conscience de ce qui entrave notre pensée, nous ne sommes pas en mesure de dialoguer ni avec les autres ni avec nous-même.
Ce livre vous offre donc une méthode de philosophie pratique, de philosophie à vivre. Le fondement de la méthode implique un travail sur soi afin de mieux se connaître, puis une mise en oeuvre de compétences philosophiques.
Chaque chapitre, consacré à une idée phare de la philo pratique, partira d’une citation ou un texte de philosophe. Il proposera un éclairage sur ce texte permettant au lecteur un questionnement sur lui-même.
Enfin, de façon pionnière, des exercices concrets pour la vie quotidienne.
Pépin, Charles, Les philosophes sur le divan (Quand Freud rencontre Platon, Kant et Sartre, Flammarion, 2008.
Quand Freud rencontre Platon, Kant et Sartre Quand Platon, Kant et Sartre, immortels, s’allongent sur le divan de Freud, les questions les plus essentielles de la philosophie surgissent sous un jour inédit. En choisissant d’incarner les philosophes, Charles Pépin nous entraîne dans un passionnant voyage, ludique et romanesque, au cœur de l’histoire de la pensée occidentale. Où les idées des philosophes sont abordées à partir de leur vécu et de leurs émotions. Où les systèmes philosophiques apparaissent comme indissociables des obsessions de leurs auteurs : l’idéalisme pour Platon, le devoir pour Kant, le regard des autres chez Sartre. Des questionnements qui ressemblent aux nôtres, tant ils dessinent en creux le portrait de l’homme occidental.
Platon – Comment sortir de la caverne ? Philosophie magazine, Hors-série, No 45, Été 2020.
Après deux mois de confinement, nous revoilà projetés dans le monde du dehors, et notre regard a changé. Dans notre retraite forcée, nous avons été confrontés à des questions qui n’ont pas pris une ride depuis vingt-cinq siècles : Qu’est-ce qu’une vie digne d’être vécue ? Y a-t-il une vérité unique derrière le chaos des opinions ? Qu’est-ce qui distingue un expert d’un sophiste, le doute raisonnable du complotisme ? La démocratie est-elle le meilleur des régimes ? Sur quelles bases reconstruire un monde plus juste ?
Avec Alain Badiou, Monique Canto-Sperber, Laurence Devillairs, Raphaël Enthoven, Dimitri El Murr, Étienne Klein, Martin Legros, Manuela Valle, Letizia Mouze, Francis Wolff…
Le marketing de la philo ou quand la psycho s’impose
Après ma lecture du livre « Platon, pas Prozac ! » en l’an 2000 je ne me questionnais pas sur le marketing de la démarche. Puis, peu de livres sur la pratique de la philosophie en cabinet on raisonné jusqu’à moi. Je m’interroge sur le sujet depuis les deux dernières avec la multiplication des parutions de livres dédiés et dans la foulée de la mise en ligne de plusieurs sites web par des philosophes praticiens et d’associations de philosophie.
J’observe l’influence du marketing de la psychologie sur celui de la philosophie. Les problèmes soulevés par les philosophes praticiens sont les mêmes mis de l’avant par la psychologie pour attirer l’attention de la population, comme en témoigne les résumés ou présentations des livres listés ci-dessus.
La situation me rend mal à l’aise. J’ai l’impression que la philosophie se met à la remorque de la psychologie pour rejoindre la population. Il est vrai que la psychologie a une vaste expérience de sa pratique sur le terrain auprès de la population. On ne compte plus les cabinets de psychologues ou autres ressources aptes à vous donner un coup de main pour vous aider sur le plan psychologique. Les psychologues sont sortis de « leurs cadres universitaires » pour gagner la pratique clinicienne bien avant les philosophes.
D’un point de vue historique, la philosophie nait avant la psychologie. À l’époque de la Grèce Antique, la philosophie se veut pratique. On dit de Socrate : « Vers -435, il commença à enseigner, dans la rue, dans les gymnases, les stades, les échoppes, au gré des rencontres. Il parcourait les rues d’Athènes vêtu plus que simplement et sans chaussures, dialoguant avec tous. » (Source : Wikipédia.) Aujourd’hui, la philosophie se cantonne dans nos universités. Et son enseignement ne débouche pas sur la pratique clinicienne contrairement à l’enseignement de la psychologie.
Même si d’un point de vue strictement marketing, la philosophie a certainement raison de tenter de s’attirer une « clientèle » en soulevant des problèmes aujourd’hui largement reconnus par la population grâce aux efforts de la psychologie. Le travail de sensibilisation est déjà fait. Pourquoi la philosophie n’en profiterait-elle pas ?
Je cherche la réponse à cette question. J’en reconnaît tout d’abord l’importance parce que je crois que les problèmes soulevés par la psychologie sont propres à cette dernière. À mon avis, la philosophie devrait relevés des problèmes strictement philosophiques pour rejoindre la population dans sa pratique clinicienne.
En épousant les mêmes problèmes que la psychologie, la philosophie se présente ni plus ni moins comme une alternative à la psychologie, une solution de rechange. Certains intervenants en psychologie prennent les devants et offrent une approche hybride, psychologique et philosophique. Nous sommes dans l’attente du compte-rendu des expériences de mise en pratique de cette approche hybride.
Le titre de l’ouvrage « Platon, pas Prozac ! » présente lui-même la philosophie comme une alternative. Mais dans ce cas précis, il s’agit d’une alternative aux médicaments propres aux traitements des problèmes dits psychologiques et psychiatriques. En ce sens, il rejoint la proposition du psychiatre américain David D. Burns en faveur d’une thérapie cognitive comme alternative aux médicaments dans le soin d’une dépression, de l’anxiété, l’inquiétude…
La psychothérapie sans médicament (thérapie cognitive) se rapproche de la philothérapie à une différence près, la philosophie n’a jamais eu recourt aux médicaments. Elle n’est donc pas handicapé par une pratique médicamenteuse dont souffre la réputation de la psychologie et de la psychiatrie.
Concrètement la TCC a pour objectif d’améliorer la façon de penser du patient, en référence à son “Cognitif” et ainsi travailler sur les actions qui en résultent, et notamment son ”Comportement”. De par cette approche validée scientifiquement, l’individu agit directement et positivement sur son état d’esprit en modifiant ses pensées et ses attitudes.
P.S. : Ce contenu promotionnel est lié à Mindspace.
La psychologie a le défaut de tirer dans toutes les directions, y compris celle de la philosophie comme on peut le constater à la lecture de ce contenu promotionnel. Parler de « façon de penser » relève davantage de la philosophie que de la psychologie. En témoignent, ces textes :
La lettre majuscule grecque psi est souvent utilisée pour représenter le mot ou l’étude de la psychologie. Par exemple: ? = Psychologie ?ist = Psychologue. ?, en termes biologiques, est un symbole utilisé pour représenter le potentiel hydrique. ?, en astrologie, est le symbole qui représente Neptune. ?, en physique, est le symbole utilisé pour représenter la fonction d’onde de mécanique quantique. (The Greek capital letter psi is often used to represent the word, or study of, Psychology. For example: ? = Psychology ?ist = Psychologist. ?, in biological terms, is a symbol used to represent water potential. ?, in astrology, is the symbol that represents Neptune. ?, in physics, is the symbol used to represent the quantum-mechanical wave-function.) Source : Wikipédia.
Je n’ai rien contre la psychologie mais….
Certains experts parlent d’une frontière commune entre la psycho et la philo (voir ceci). À prime abord, un tel rapprochement m’apparaît très dangereux pour la philosophie car elle se trouve alors sous l’emprise d’une perception psychologique, provenant de l’autre côté de la frontière. La psychologie domine haut et fort dans plusieurs domaines. Plus encore, elle teinte la perception de presque tous les domaines. Elle a mis au monde le « développement personnel » et en détient le monopôle. Elle s’approprie tout ce qui lui passe sous la main jusqu’aux problèmes les plus éloignés de son expertise. On doit à la psychologie « Parlez-en, ça vous fera du bien ». La « verbalisation » de vos problèmes est devenue une panacée. « Vous avez besoin de ventiler, je vais vous arranger un rendez-vous avec un travailleur social ou un psychologue » disent les médecins généralistes à leurs patients.
Si je ne mets pas en doute la prescription à l’effet de verbaliser et de ventiler, je me questionne sur le savoir et l’expertise dont dispose la psychologie pour creuser en profondeur, relever les erreurs de pensée, les défauts du système de pensée, les manquements à la logique… bien au-delà des humeurs, des émotions et des sentiments pour atteindre les profondeurs de la cognition.
Et voilà que la psychologie relie son histoire avec celle de la philosophie :
Ce que la psychologie doit à Platon
Olivier Houdé a revisité l’histoire de la psychologie pour la collection «Que sais-je ?». Bousculant joyeusement l’ordre des chapitres, le chercheur explique pourquoi, selon lui, les débuts de la psychologie ne remontent pas au XIXe siècle mais à… l’Antiquité ! Un entretien paru dans le premier numéro de la revue «Carnets de science».
(…)
Platon psychologue, vous n’y allez pas un peu fort ? O. H. : Je lance un pavé dans la mare, c’est vrai. Je dis que la psychologie était déjà à l’œuvre dans la pensée dès l’Antiquité, mais qu’elle a été longtemps masquée par la philosophie. Ne pas l’admettre reviendrait à prétendre aussi que, dans l’étude des mécanismes de la vie, tout ce qui précède la biologie moléculaire relève exclusivement de la philosophie ! J’ai la conviction qu’au cours du XXe siècle, les philosophes se sont sentis en danger face à ces psychologues de plus en plus scientifiques et envahissants, jusqu’à menacer de prendre leur place. Dans les milieux universitaires, il y a alors eu un pacte implicite selon lequel chacun restait sur son territoire sans marcher sur les plates-bandes de l’autre. Les psychologues ont dit : « Reconnaissez-nous comme une discipline scientifique nouvelle et, en échange, nous laissons à la philosophie toute la réflexion qui précède. »
P.S.: Cet article a été publié dans le premier numéro de Carnets de Science, la revue d’information scientifique du CNRS destinée au grand public. En vente dans les librairies et Relay, ainsi que sur le site Carnets de science.
Je ne suis pas sorti du bois avec toute cette affaire de marketing de la philosophie à la sauce psychologique et vice versa. Je ne sais pas trop quoi en penser. Je reconnais les bénéfices du rapprochement entre les sciences mais il faut que chacune conserve son identité propre.
Je me demande si les philosophes ont conscience de cette empreinte de la psychologie dans la mise en marché de leurs philothérapies.
Mes lectures à venir devraient me permettre d’avancer dans ma réflexion sur le sujet. C’est donc un dossier à suivre.
Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuelle ou de groupe offerte par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».
La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).
L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.
L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.
Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.
Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.
Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».
À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.
J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.
J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.
La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.
Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.
Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».
Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)
Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface, p. 9.
J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.
Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, « La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.
J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.
Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.
J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.
Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.
Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.
Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »
Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.
J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.
Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.
J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».
Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».
J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.
Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.
J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.
Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer
Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.
Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».
Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.
Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.
Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.
Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.
Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.
J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.
Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».
Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.
La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.
Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.
À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…
Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.
Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.
Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.
Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».
J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.
Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.
La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.
La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.
Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.
Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.
En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.
cupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.
“ Après les succès d’Épicure 500 vous permettant de faire dix repas par jour sans ballonnements, après Spinoza 200 notre inhibiteur de culpabilité, les laboratoires Laron, vous proposent Philonium 3000 Flash, un médicament révolutionnaire capable d’agir sur n’importe quelle souffrance physique ou mentale?: une huile essentielle d’Heidegger pour une angoisse existentielle, une substance active de Kant pour une douleur morale…. Retrouvez sagesse et vitalité en un instant ”, s’amusaient les chroniqueurs radio de France Inter dans une parodie publicitaire diffusée à l’occasion d’une émission ayant pour thème?: la philosophie peut-elle soigner le corps ?
J’attribue quatre étoiles sur cinq à ce livre. Les lecteurs assidus de mes articles connaissent fort bien ma position plus que défavorable face au développement personnel. À l’instar de Thiery Jobard, je suis contre le développement personnel. Je qualifie le développement personnel d’arnaque extrêmement dangereuse pour ses adeptes et notre société.
Le philothérapeute (philosophe consultant ou philosophe praticien) a l’obligation de très bien connaître le contexte dans lequel évolue son client. Le développement de l’esprit critique de ce client passe inévitablement par une prise de conscience de sa cognition en vue de comprendre comment il connaît. Si, dès le départ, le client n’a pas conscience de son mode de pensées, il lui sera difficile de participer activement au dialogue avec son philothérapeute. L’objectif primaire du philosophe consultant demeure de déceler et de corriger les biais cognitifs de son client avant même d’abord une question philosophique. Bref, si la »machine à pensée » du client est corrompu par des «virus cognitifs », une «réinitialisation » s’impose en début de séance de consultation.
Dans son livre « Développement (im) personnel, Julia de Funès, docteure en philosophie, soutient que le développement personnel offre la même recette à tous et qu’à ce titre il ne peut donc pas se qualifier sa démarche de « personnel ». Selon ma compréhension, le développement personnel devrait mettre de l’avant un développement personnalisé, c’est-à-dire adapté à chaque individu intéressé pour se targuer d’être personnel.
Mon intérêt pour la pensée scientifique remonte à plus de 25 ans. Alors âgé d’une quarantaine d’année, PDG d’une firme d’étude des motivations d’achat des consommateurs, je profite des enseignements et de l’étude du processus scientifique de différentes sources. Je me concentre vite sur l’épistémologie…
Ce livre m’a déçu en raison de la faiblesse de sa structure indigne de son genre littéraire, l’essai. L’auteur offre aux lecteurs une foule d’information mais elle demeure difficile à suivre en l’absence de sous-titres appropriés et de numérotation utile pour le repérage des énumérations noyés dans un style plus littéraire qu’analytique.
En l’absence d’une association d’accréditation des philothérapeutes, philosophes consultants ou praticiens en francophonie, il est difficile de les repérer. Il ne nous reste plus que de nombreuses recherches à effectuer sur le web pour dresser une liste, aussi préliminaire soit-elle. Les intervenants en philothérapie ne se présentent pas tous sous la même appellation : « philothérapeute », « philosophe consultant » ou « philosophe praticien » « conseiller philosophique » « philosophe en entreprise », « philosophe en management » et autres.
J’ai lu le livre GUÉRIR L’IMPOSSIBLE en me rappelant à chaque page que son auteur, Christopher Laquieze, est à la fois philosophe et thérapeute spécialisé en analyse comportementale. Pourquoi ? Parce que ce livre nous offre à la fois un voyage psychologique et philosophique, ce à quoi je ne m’attendais pas au départ. Ce livre se présente comme « Une philosophie pour transformer nous souffrances en forces ». Or, cette philosophie se base davantage sur la psychologie que la philosophie. Bref, c’est le « thérapeute spécialisé en analyse comportementale » qui prend le dessus sur le « philosophe ».
Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.
Ma lecture de ce livre m’a procuré beaucoup de plaisir et de bonheur. Je recherche dans mes lectures les auteurs et les œuvres permettant aux lecteurs d’évoluer de prise de conscience en prise de conscience de la première à la dernière page, de ne plus être le même à la fin de la lecture. Et c’est ce que les lecteurs vivront à la lecture de ce livre.
Je n’ai pas aimé ce livre parce que son titre, LES PHILO-COGNITIFS, se réfère à la philosophie sans pour autant faire un traitement philosophique de son sujet. Mon achat reposait entièrement sur le titre de ce livre et je m’attendais à un livre de philosophie. Mais il s’agit d’un livre de psychologie. Mon achat fut intuitif. J’avais pleinement confiance dans l’usage du mot « PHILO » en titre d’un ouvrage pour que ce dernier ne puisse traiter d’un autre sujet que philosophique. Mais ce n’est pas le cas.
À l’instar de ma lecture précédente (Qu’est-ce que la philosophie ? de Michel Meyer), le livre PRÉSENTATIONS DE LA PHILOSOPHIE du philosophe ANDRÉ COMTE-SPONVILLE m’a plu parce qu’il met en avant les bases mêmes de la philosophie et, dans ce cas précis, appliquées à une douzaine de sujets…
J’ai dévoré le livre LES THÉORIES DE LA CONNAISSANCE par JEAN-MICHEL BESNIER avec un grand intérêt puisque la connaissance de la connaissance me captive. Amateur d’épistémologie, ce livre a satisfait une part de ma curiosité. Évidemment, je n’ai pas tout compris et une seule lecture suffit rarement à maîtriser le contenu d’un livre traitant de l’épistémologie, notamment, de son histoire enchevêtrée de différents courants de pensée, parfois complémentaires, par opposés. Jean-Michel Besnier dresse un portrait historique très intéressant de la quête philosophique pour comprendre la connaissance elle-même.
Ce livre n’était pas pour moi en raison de l’érudition des auteurs au sujet de la philosophie de connaissance. En fait, contrairement à ce que je croyais, il ne s’agit d’un livre de vulgarisation, loin de là. J’ai décroché dès la seizième page de l’Introduction générale lorsque je me suis buté à la première équation logique. Je ne parviens pas à comprendre de telles équations logiques mais je comprends fort bien qu’elles soient essentielles pour un tel livre sur-spécialisé. Et mon problème de compréhension prend racine dans mon adolescence lors des études secondaires à l’occasion du tout premier cours d’algèbre. Littéraire avant tout, je n’ai pas compris pourquoi des « x » et « y » se retrouvaient dans des équations algébriques. Pour moi, toutes lettres de l’alphabet relevaient du littéraire. Même avec des cours privés, je ne comprenais toujours pas. Et alors que je devais choisir une option d’orientation scolaire, j’ai soutenu que je voulais une carrière fondée sur l’alphabet plutôt que sur les nombres. Ce fut un choix fondé sur l’usage des symboles utilisés dans le futur métier ou profession que j’allais exercer. Bref, j’ai choisi les sciences humaines plutôt que les sciences pures.
Quelle agréable lecture ! J’ai beaucoup aimé ce livre. Les problèmes de philosophie soulevés par Bertrand Russell et les réponses qu’il propose et analyse étonnent. Le livre PROBLÈMES DE PHILOSOPHIE écrit par BERTRAND RUSSELL date de 1912 mais demeure d’une grande actualité, du moins, selon moi, simple amateur de philosophie. Facile à lire et à comprendre, ce livre est un «tourne-page» (page-turner).
La compréhension de ce recueil de chroniques signées EUGÉNIE BASTIÉ dans le quotidien LE FIGARO exige une excellence connaissance de la vie intellectuelle, politique, culturelle, sociale, économique et de l’actualité française. Malheureusement, je ne dispose pas d’une telle connaissance à l’instar de la majorité de mes compatriotes canadiens et québécois. J’éprouve déjà de la difficulté à suivre l’ensemble de l’actualité de la vie politique, culturelle, sociale, et économique québécoise. Quant à la vie intellectuelle québécoise, elle demeure en vase clos et peu de médias en font le suivi. Dans ce contexte, le temps venu de prendre connaissance de la vie intellectuelle française, je ne profite des références utiles pour comprendre aisément. Ma lecture du livre LA DICTATURE DES RESSENTIS d’EUGÉNIE BASTIÉ m’a tout de même donné une bonne occasion de me plonger au cœur de cette vie intellectuelle française.
À titre d’éditeur, je n’ai pas aimé ce livre qui n’en est pas un car il n’en possède aucune des caractéristiques professionnelles de conceptions et de mise en page. Il s’agit de la reproduction d’un texte par Amazon. Si la première de couverture donne l’impression d’un livre standard, ce n’est pas le cas des pages intérieures du… document. La mise en page ne répond pas aux standards de l’édition française, notamment, en ne respectant pas les normes typographiques.
J’ai lu avec un grand intérêt le livre LE CHANGEMENT PERSONNEL sous la direction de NICOLAS MARQUIS. «Cet ouvrage a été conçu à partir d’articles tirés du magazine Sciences Humaines, revus et actualisés pour la présente édition ainsi que de contributions inédites. Les encadrés non signés sont de la rédaction.» J’en recommande vivement la lecture pour son éruditions sous les aspects du changement personnel exposé par différents spécialistes et experts tout aussi captivant les uns les autres.
À la lecture de ce livre fort intéressent, j’ai compris pourquoi j’ai depuis toujours une dent contre le développement personnel et professionnel, connu sous le nom « coaching ». Les intervenants de cette industrie ont réponse à tout, à toutes critiques. Ils évoluent dans un système de pensée circulaire sans cesse en renouvellement créatif voire poétique, système qui, malheureusement, tourne sur lui-même. Et ce type de système est observable dans plusieurs disciplines des sciences humaines au sein de notre société où la foi en de multiples opinions et croyances s’exprime avec une conviction à se donner raison. Les coachs prennent pour vrai ce qu’ils pensent parce qu’ils le pensent. Ils sont dans la caverne de Platon et ils nous invitent à les rejoindre.
Ce petit livre d’une soixantaine de pages nous offre la retranscription de la conférence « À QUOI SERT LA PHILOSOPHIE ? » animée par Marc Sautet, philosophe ayant ouvert le premier cabinet de consultation philosophique en France et également fondateur des Cafés Philo en France.
L’essai RAVIVER DE L’ESPRIT EN CE MONDE – UN DIAGNOSTIC CONTEMPORAIN par FRANÇOIS JULLIEN chez les Éditions de l’Observatoire, parue en 2023, offre aux lecteurs une prise de recul philosophique révélatrice de notre monde. Un tel recul est rare et fort instructif.
La philosophie a pour but l’adoption d’un mode de vie sain. On parle donc de la philosophie comme un mode de vie ou une manière de vivre. La philosophie ne se possède pas, elle se vit. La philosophie souhaite engendrer un changement de comportement, d’un mode de vie à celui qu’elle propose. Il s’agit ni plus ni moins d’enclencher et de soutenir une conversion à la philosophie.
La lecture de cet essai fut très agréable, instructive et formatrice pour l’amateur de philosophie que je suis. Elle s’inscrit fort bien à la suite de ma lecture de « La philosophie comme manière de vivre » de Pierre Habot (Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001).
La lecture du livre Les consolations de la philosophie, une édition en livre de poche abondamment illustrée, fut très agréable et instructive. L’auteur Alain de Botton, journaliste, philosophe et écrivain suisse, nous adresse son propos dans une langue et un vocabulaire à la portée de tous.
L’Observatoire de la philothérapie a consacré ses deux premières années d’activités à la France, puis à la francophonie. Aujourd’hui, l’Observatoire de la philothérapie s’ouvre à d’autres nations et à la scène internationale.
Certaines personnes croient le conseiller philosophique intervient auprès de son client en tenant un « discours purement intellectuel ». C’est le cas de Dorothy Cantor, ancienne présidente de l’American Psychological Association, dont les propos furent rapportés dans The Philosophers’ Magazine en se référant à un autre article parue dans The New York Times.
Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.
De lecture agréable et truffé d’humour, le livre ÊTES-VOUS SÛR D’AVOIR RAISON ? de GILLES VERVISCH, agrégé de philosophie, pose la question la plus embêtante à tous ceux qui passent leur vie à se donner raison.
Dans un article intitulé « Se retirer du jeu » et publié sur son site web Dialogon, le philosophe praticien Jérôme Lecoq, témoigne des « résistances simultanées » qu’il rencontre lors de ses ateliers, « surtout dans les équipes en entreprise » : « L’animation d’un atelier de “pratique philosophique” implique que chacun puisse se « retirer de soi-même », i.e. abandonner toute volonté d’avoir raison, d’en imposer aux autres, de convaincre ou persuader autrui, ou même de se “faire valider” par les autres. Vous avez une valeur a priori donc il n’est pas nécessaire de l’obtenir d’autrui. » (LECOQ, Jérôme, Se retirer du jeu, Dialogon, mai 2024.)
« Jaspers incarne, en Allemagne, l’existentialisme chrétien » peut-on lire en quatrième de couverture de son livre INTRODUCTION À PHILOSOPHIE. Je ne crois plus en Dieu depuis vingt ans. Baptisé et élevé par défaut au sein d’une famille catholique qui finira pas abandonner la religion, marié protestant, aujourd’hui J’adhère à l’affirmation d’un ami philosophe à l’effet que « Toutes les divinités sont des inventions humaines ». Dieu est une idée, un concept, rien de plus, rien de moins. / Dans ce contexte, ma lecture de l’œuvre INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE de KARL JASPERS fut quelque peu contraignante à titre d’incroyant. Je me suis donc concentré sur les propos de JASPERS au sujet de la philosophie elle-même.
« La philosophie a gouverné toute la vie de notre époque dans ses traits les plus typiques et les plus importants » (LAMBERTY, Max, Le rôle social des idées, Chapitre premier – La souveraineté des idées ou La généalogie de notre temps, Les Éditions de la Cité Chrétienne (Bruxelles) / P. Lethielleux (Paris), 1936, p. 41) – la démonstration du rôle social des idées par Max Lamberty doit impérativement se poursuivre de nos jours en raison des défis qui se posent à nous, maintenant et demain, et ce, dans tous les domaines. – Et puisque les idées philosophiques mènent encore et toujours le monde, nous nous devons d’interroger le rôle social des idées en philosophie pratique. Quelle idée du vrai proposent les nouvelles pratiques philosophiques ? Les praticiens ont-ils conscience du rôle social des idées qu’ils véhiculent dans les consultations et les ateliers philosophiques ?
J’aime beaucoup ce livre. Les nombreuses mises en contexte historique en lien avec celui dans lequel nous sommes aujourd’hui permettent de mieux comprendre cette histoire de la philosophie et d’éviter les mésinterprétations. L’auteure Jeanne Hersch nous fait découvrir les différentes étonnements philosophiques de plusieurs grands philosophes à l’origine de leurs quêtes d’une meilleure compréhension de l’Être et du monde.
Mon intérêt pour ce livre s’est dégradé au fil de ma lecture en raison de sa faible qualité littéraire, des nombreuses répétitions et de l’aveu de l’auteur à rendre compte de son sujet, la Deep Philosophy. / Dans le texte d’introduction de la PARTIE A – Première rencontre avec la Deep Philosophy, l’auteur Ran Lahav amorce son texte avec ce constat : « Il n’est pas facile de donner un compte rendu systématique de la Deep Philosophy ». Dans le paragraphe suivant, il écrit : « Néanmoins, un tel exposé, même s’il est quelque peu forcé, pourrait contribuer à éclairer la nature de la Deep Philosophy, pour autant qu’il soit compris comme une esquisse approximative ». Je suis à la première page du livre et j’apprends que l’auteur m’offre un exposé quelque peu forcé et que je dois considérer son œuvre comme une esquisse approximative. Ces précisions ont réduit passablement mon enthousiasme. À partir de là, ma lecture fut un devoir, une obligation, avec le minimum de motivation.
J’ai beaucoup aimé ce livre de Michel Lacroix, Se réaliser — Petite philosophie de l’épanouissement personnel. Il m’importe de vous préciser que j’ai lu l’édition originale de 2009 aux Éditions Robert Laffont car d’autres éditions sont parues, du moins si je me rapporte aux différentes premières et quatrièmes de couverture affichées sur le web. Ce livre ne doit pas être confondu avec un ouvrage plus récent de Michel Lacroix : Philosophie de la réalisation personnelle – Se construire dans la liberté parue en 2013 et qui sera l’objet d’une rapport de lecture dans ce dossier.
Personnellement, je me suis limité à lecture du livre car je préfère et de loin l’écrit à l’audio. J’aime le titre donné à ce livre, « Une histoire de la raison », plutôt que « L’histoire de la raison », parce qu’il laisse transparaître une certaine humilité dans l’interprétation.
Les ouvrages de la collection Que sais-je ? des PUF (Presses universitaires de France) permettent aux lecteurs de s’aventurer dans les moult détails d’un sujet, ce qui rend difficile d’en faire un rapport de lecture, à moins de se limiter à ceux qui attirent et retient davantage notre attention, souvent en raison de leur formulation. Et c’est d’entrée de jeu le cas dans le tout premier paragraphe de l’Introduction. L’auteur écrit, parlant de la raison (le soulignement est de moi) : « (…) elle est une instance intérieure à l’être humain, dont il n’est pas assuré qu’elle puisse bien fonctionner en situation de risque ou dans un état trouble ».
Dans son livre « Philosophie de la réalisation personnelle – Se construire dans la liberté », le philosophe Michel Lacroix s’engage clairement en faveur du développement personnel. Il le présente comme l’héritier des efforts déployés par la philosophie dans le domaine de la réalisation de soi au cours siècles passés. À mon avis et si c’est effectivement le cas, le mouvement du développement personnel a vite fait de dilapider cet héritage de la philosophie en le déchiquetant en petits slogans vide de sens.
Dans le dossier de son édition de juin 2024, Philosophie magazine tente de répondre à cette question en titre : « Comment savoir quand on a raison ? » Il n’en fallait pas plus pour me motiver à l’achat d’un exemplaire chez mon marchand de journaux.
Le texte en quatrième de couverture de LOIN DE SOI de CLÉMENT ROSSET confronte tous les lecteurs ayant en tête la célèbre maxime grecque gravés sur le fronton du temple de Delphes et interprété par Socrate : « Connais-toi toi-même » : « La connaissance de soi est à la fois inutile et inappétissante. Qui souvent s’examine n’avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte. » ROSSET, Clément, Loin de moi – Étude sur l’identité, Les Éditions de Minuit, 1999, quatrième de couverture.
Avec ses dix-sept articles de différents auteurs, le recueil PENSER PAR SOI-MÊME , sous la direction de MAUD NAVARRE, docteure en sociologie et journaliste scientifique, chez SCIENCES HUMAINES ÉDITIONS paru en 2024, complète et bonifie généreusement le dossier du même nom de l’édition de mars 2020 du magazine Sciences Humaines.
Je n’ai pas aimé ce livre en raison de mon aversion face au style d’écriture de l’auteur. J’ai abandonné ma lecture au trois quarts du livre. Je n’en pouvais plus des trop nombreuses fioritures littéraires. Elles donnent au livre les allures d’un sous-bois amazonien aussi dense que sauvage où il est à charge du lecteur de se frayer un chemin, machette à la main. Ce livre a attiré mon attention, l’a retenue et l’auteur pouvait alors profiter de l’occasion pour communiquer avec moi. Mais les ornements littéraires agissent comme de la friture sur la ligne de cette communication. J’ai finalement raccroché.
Notre place dans le monde s’inscrit dans notre identité. Construire sa propre philosophie de vie bonne exige non seulement de se connaître soi-même mais aussi de connaître le monde dans lequel nous existons. C’est l’« Être-au-monde » selon de Martin Heidegger. Bref, voilà donc pourquoi cet Observatoire de la philothérapie – Quand la philosophie nous aide dépasse son sujet avec le livre GRANDEUR ET MISÈRE DE LA MODERNITÉ du philosophe CHARLES TAYLOR paru en 1992, il y a plus de trente ans.
J’aime beaucoup ce livre. Tout philosophe se doit de le lire. Voici une enquête essentielle, à la fois très bien documentée, fine et facile à suivre. Elle questionne la conclusion du philosophe Pierre Hadot à l’effet que la philosophie est une manière de vivre. Sous le titre « La philosophie comme exercice spirituel ? – Un paradigme en question », le professeur de philosophie ancienne à l’université de Poitiers, Sylvain Roux, déterre les racines de la philosophie pour en montrer leur enchevêtrement.
L’essayiste Thierry Jobard nous propose trois ouvres : 1. CONTRE LE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL (voir mon rapport de lecture); 2. JE CROIS DONC JE SUIS : LE GRAND BAZAR DES CROYANCES CONTEMPORAINE; 3. CRISE DE SOI – CONSTRUIRE SON IDENTITÉ À L’ÈRE DES RÉSEAUX SOCIAUX ET DU DÉVELOPPEMENT PERSONNEL. — Avec ce troisième essai, Thierry Jobard approfondit encore davantage son sujet démontrant ainsi une maîtrise de plus en plus grande des aléas de l’identité, cette fois-ci, sous l’influence des réseaux sociaux et du développement personnel.
Si vous avez aimez cet extrait, vous aimerez ce livre car il est représentatif de l’ensemble de l’œuvre. Personnellement, je cherchais des indices pour répondre à la question « Qui suis-je ? » et ce livre n’en offre pas. En revanche, j’aime bien quand un auteur remonte à la source de son sujet et le retrace dans le contexte historique. Vincent Descombes excelle en ce sens dans PARLER DE SOI. C’est pourquoi je me suis rendu jusqu’à la page 248 des 366 pages de son texte (Appendices exclues) avant d’abandonner ma lecture. J’aime bien m’informer de l’histoire d’une idée comme le fait si bien Vincent Descombes mais la vue sous microscope du fil historique de chaque détail a fini par me lasser. J’ai tenu bon dans l’espoir de me faire une vision d’ensemble de l’évolution du concept mais je ne suis pas parvenu à prendre le recul utile face à une telle multitude de détails.
Peut-être vous dites-vous : « La philosophie, pas pour moi, non merci! » Pourtant, à partir du moment où une question germe dans votre tête et que vos neurones s’activent à faire des liens, à envisager des hypothèses, à analyser les pour et les contre, à réfuter certaines pistes, à emprunter d’autres foulées, à mettre en parallèle ou en confrontation des idées, vous êtes en train de philosopher.
CITATION « 4. Raconter sa journée / 18 heures. Vous rejoignez un ami pour prendre un verre après le travail. Vous lui racontez votre journée, qui était finalement très réussie. Intéressé et sincèrement content pour vous, il vous invite à évoquer les perspectives qui s’offrent à vous dans votre entreprise actuelle. »
Philosophe, spécialiste du burn-out, Pascal Chabot vient de publier une enquête cherchant Un sens à la vie et montrant qu’il est toujours ouvert et dynamique. Hélène L’Heuillet, philosophe et psychanalyste, fait non seulement reparaître son Éloge du retard mais elle signe également un ouvrage sur Le Vide qui est en nous. Ensemble, ils montrent comment rythme de vie et sens de la vie se répondent !
Fondateur de la sociologie moderne, Émile Durkheim pense l’individu comme la partie d’un tout. Alors que les fractures sociales sont légion dans notre société, sa lecture est une proposition pour tenter de (re)faire société.
Le livre « Histoire de la pensée philosophique – De l’homme grec à l’homme post-moderne » par Jean-Marie Nicolle se classe parmi les meilleurs, sinon comme le meilleur, que j’ai pu lire. Jean-Marie Nicolle fait preuve d’une maîtrise quasi absolue de son sujet et en témoigne par des explications simples dans une écriture compréhensible par tous accompagnée de graphiques fort utiles. Ce livre rempli toutes ses promesses.
Le livre Nexus – Une brève histoire des réseaux d’information de l’âge de pierre à l’IA signé par Yuval Noah Harari donne à penser que les civilisations se transforment avec la capacité de l’homme à produire, recueillir, centraliser et contrôler ou à diffuser l’information au fil des grandes innovations, de la tablette d’argile à l’intelligence artificielle (IA) en passant par l’imprimerie, le télégraphe, l’imprimerie, la presse écrite, la radio, la télévision, l’ordinateur et l’internet. / Difficile pour la presse de passer sous silence un auteur avec plus de 45 millions d’exemplaires vendus de ses livres témoigne les trois exemples ci-dessous.
Lors de cette conférence organisée à Poitiers par l’association Poitiers Cité Philo, j’ai montré la place que la philosophie peut prendre dans nos vies, puis j’ai proposé à quelques personnes volontaires, un atelier interactif sur le thème de la honte, choisi par les participants. Avec l’ensemble de la salle nous avons ensuite commenté cette façon de philosopher.
« Ce dresse le panorama oppressant de cette société du sur-mesure et nous invite le sens d’une indépendance vertueuse. » COCQUEBERT, Vincent, Uniques au monde – De l’invention de soi à la fin de l’autre, Les Éditions Arkhê, 2023, Quatrième de couverture.
Et c’est tout un « panorama » ! Complet en relevant bon nombre d’exemples concrets, l’essai UNIQUES AU MONDE de l’auteur et journaliste indépendant Vincent Cocquebert, permet aux lecteurs de se mettre à jour sur les sources et les impacts de l’individualisation de l’homme depuis plusieurs décennies, à commencer par le « surinvestissement émotionnel dans la consommation ». À titre de conseiller en marketing et en publicité puis de président directeur d’une firme d’études des motivations d’achat des consommateur dans les années 1980-1990, j’ai reconnu la tendance au repli sur soi, notamment le cocooning, relevée par monsieur Cocquebert dans son ouvrage. Et que, poussé à l’extrême, ce repli sur soi conduise à « la fin de l’autre » a tout pour nous inquiéter tout en nous mobilisant. Un livre dont la lecture surprend le lecteur de page en page. À lire absolument !
L’auteur, STÉPHANE MADELRIEUX, professeur de philosophie à l’université Jean Moulin Lyon 3 et Directeur adjoint de l’Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IRPhiL), nous offre une histoire détaillée et de grande érudition de la LA PHILOSOPHIE COMME ATTITUDE. En quatrième de couverture, nous lisons : « Une philosophie ne se résume pas seulement à une doctrine ou à une méthode : c’est aussi une attitude. Au-delà des thèses doctrinales, et au-delà même des règles de méthode, il faut savoir retrouver les dispositions intellectuelles et morales qui composent les grandes attitudes. Ce livre voudrait en particulier prolonger la tradition des Lumières pour qui la philosophie est d’abord l’exercice d’une attitude spécifique, l’esprit critique, qui nous dispose à résister au dogmatisme. Il défend et illustre cette idée par l’examen détaillé de la philosophie pragmatiste, car les pragmatistes ont décelé dans l’histoire de la pensée et de la culture le conflit entre deux grandes tendances : l’attitude dogmatique et autoritaire, et l’attitude critique et expérimentales (…).
L’essai VOTRE CERVEAU VOUS JOUE DES TOURS par ALBERT MOUKHEIBER, Docteur en neurosciences cognitives et psychologue clinicien, tient sa promesse. « Riche de nombreux exemples tirés de la vie quotidienne et de récits d’expériences de psychologie sociale, cet essai rend accessibles les dernières découvertes des neurosciences et propose des outils pour faire de notre cerveau notre allié en toutes circonstances. » Le lecteur néophyte y trouvera son compte à l’instar de ceux et celles qui ont perdu de vue les neurosciences. Et sûrement en raison de sa pratique à titre psychologue clinicien, Albert Moukheiber parsème son livre de quelques judicieux conseils à ses lecteurs.
« On ne peut pas réduire tous les problèmes à l’individu et à son cerveau, ni faire dire aux neurosciences et aux sciences cognitives ce qu’elles ne disent pas ». lit-on en quatrième de couverture de l’essai NEUROMANIA de ALBERT MOUKHEIBER docteur en neurosciences et psychologue clinicien. Au programme : distinguer le vrai du faux sur notre cerveau. Je ne savais pas que ces sciences étaient elles aussi victimes de désinformation et de raccourcis trompeurs dans les médias et ainsi au sein de nos propres croyances sur le cerveau. L’auteur note aussi une approche éhontée des neurosciences et des sciences cognitives dans le développement personne1.
Ce livre rassemble « six travaux scientifiques composé d’une communication et de cinq articles dont l’écriture s’est étalée entre 2005 et 2015 » lit-on en quatrième de couverture. L’auteur Baptiste Rappin fait preuve d’une grande érudition et d’une analyse fine qui confèrent à son ouvrage son caractère scientifique. Il ne s’agit pas d’un livre accessible même si l’auteur juge « le moment venu de les mettre à disposition du grand public ».
Ce livre a profondément influencé ma façon de pensée en me donnant les clés de l’esprit scientifique appliquée à ma vie de tous les jours, tant sur le plan personnel que professionnel. Partisan de la méthode scientifique pour son objectivité, je prête une attention toute spéciale à tous les outils pouvant m’instruire sur la naissance et l’acquisition de la connaissance, et ce, dans les moindre détails de sa construction. La question « Comment je connais ? » demeure ouverte afin de de mieux de me connaître, et de connaître mieux.
L’enseignement scolaire de la philosophie aux adolescents peut être vécu par l’étudiant comme une autre matière à son programme et demeurer dans sa sphère intellectuelle une théorie de plus à maîtriser pour obtenir des bonnes notes pour ses travaux et lors de ses examen. Ainsi, l’enseignement de la philosophie ne donne pas lieu automatiquement à l’étonnement qui éveille un esprit philosophique transcendant. / De la question viendra une réponse étonnante, cette étincelle nécessaire à l’embrassement de l’esprit philosophique. C’est sans doute dans une telle approche que le professeur de philosophie, aujourd’hui, conseiller en réussite scolaire, au Collège d’Enseignement Général et Professionnel (Cégep) de Rosemont au Québec, monsieur Louis Dugal, a adoptée auprès de ses étudiants et dont témoigne son livre « Réfléchir pour mourir moins cave » soumettant à ses lecteurs « 35 questions philosophiques à se mettre sous la dent ».
Je reproduis sur cette page web du site « Observatoire québécois de la philothérapie » l’article Science, vérité et croyances signé par Andreas Bikfalvi et publié dans le magazine médecine/sciences (Volume 34, Number 11, Novembre 2018 ) et édité par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) – France. Cette reproduction est autorisée en vertu de la licence Creative Commons Attribution License CC-BY.
RÉSUMÉ – Dans quelle mesure la philosophie est-elle pratique ? Formulée par Hegel dans ses tout premiers cours d’Iéna, au début du XIXe s., la question renvoie d’abord au débat bien connu sur la thèse, classiquement rapportée à Fichte, d’un primat du pratique : lorsque Fichte affirme que « tout est issu de l’agir et de l’agir du moi », revendique-t-il simplement le primat de la loi morale sur la raison théorique ? N’est-ce pas plutôt le rapport de la philosophie à la vie qu’il veut souligner, comme Hegel quelques années plus tard ? C’est le statut même de la philosophie pratique, placée par Fichte au fondement même du savoir, qui est en question dans ces débats.
RÉSUMÉ – La philosophie des sciences définit les critères de scientificité qui permettent d’évaluer la validité et la pertinence des théories scientifiques. Elle a donc une vocation critique. Cet ouvrage propose une analyse de la pratique scientifique aussi bien dans les sciences exactes que dans les sciences sociales et humaines, et ce, à partir d’une perspective constructiviste qui donne un accès direct à la logique interne de l’entreprise scientifique.
Fatigue, inhibition, insomnie, anxiété, indécision : la plupart des difficultés rencontrées dans la vie quotidienne sont aujourd’hui assimilées à de la dépression. Pourquoi ce « succès » de la dépression ? Croisant l’histoire de la psychiatrie et celle des modes de vie, Alain Ehrenberg suggère que cette « maladie » est inhérente à une société où la norme n’est plus fondée sur la culpabilité et la discipline, mais sur la responsabilité et l’initiative ; elle est la contrepartie de l’énergie que chacun doit mobiliser pour devenir soi-même. Et si la dépression était surtout le révélateur des mutations de l’individu ?
Pour illustrer l’intention qui a présidé à l’élaboration du présent numéro, nous pouvons commencer par mettre en parallèle trois déclarations philosophiques aux accents étonnamment similaires. En 1841, dans un essai intitulé Self?Reliance, le philosophe américain Ralph Waldo Emerson défend une forme radicale d’anticonformisme : « Il y a un moment dans l’éducation de tout homme où il arrive à la conviction que l’envie est ignorance ; que l’imitation est suicide ; qu’il doit se prendre lui?même, pour le meilleur et pour le pire, comme le lot qui lui est dévolu ; que même si le bien abonde dans l’univers, aucun grain de blé nourrissant ne peut lui venir d’ailleurs que du labeur consacré au lopin de terre qu’il a reçu en culture »1. En 1859, le philosophe anglais John Stuart Mill affirme dans On Liberty, contre les conceptions conservatrices qui lui paraissent encore prédominantes dans la société victorienne : « Si l’on considérait le libre développement de l’individualité comme l’un des principes essentiels du bien-être, si on le voyait non pas comme accessoire coordonné à tout ce qu’on désigne par civilisation, instruction, éducation, culture, mais comme un élément et une condition nécessaires de toutes ces choses, il n’y aurait pas de danger que la liberté fût sous?estimée, et il n’y aurait pas de difficulté extraordinaire à tracer la frontière entre elle et le contrôle social »2. Enfin, en 1878, le philosophe allemand Friedrich Nietzsche esquisse, dans Humain, trop humain, une réflexion sur le talent individuel qui lui est inspirée par un vers célèbre de Pindare : « Chacun possède du talent inné, mais peu possèdent, inné et cultivé par l’éducation, le degré de ténacité, d’endurance, d’énergie qui fait qu’il deviendra vraiment un talent, donc deviendra ce qu’il est »3.
Recueil d’article : Wittgenstein et le pouvoir thérapeutique de la philosophie; Wittgenstein : Philosophie et pratique de la philosophie; Réflexions en marge de Wittgenstein, Wittgenstein ou la philosophie comme activité critique; Les maladies philosophiques – Ou la consultation philosophique éclairée par Wittgenstein; Ludwig Wittgenstein, un Platon sans platonisme; Wittgenstein et la philosophie.
Le message de Philonomist.Lab est clair : « Troquez votre consultant pour un philosophe » ! Cette publicité est tirée du numéro spécial de Philosophie & Philonomist. magazine « Quel sens donner au travail ? » Avec cette publicité la philosophie s’affirme haut et fort comme une ressource pour les entreprises et confirme l’avancée de la discipline dans son sens pratique.
L’importance de l’esprit critique prend de l’ampleur en ces temps de désinformation qui laissent apparaître « La faiblesse du vrai » (Myriam Revault d’Allones, Seuil, 2018). Aujourd’hui, la situation de l’information sur les réseaux sociaux nous plonge dans une crise réelle de désinformation. Hier, dans les années 1960-1970-1980, nous parlions de la nécessité de développer l’esprit critique de la population face aux médias traditionnels (journaux, radio, télévision). Il s’agissait alors de mettre en branle une toute nouvelle discipline, l’éducation aux médias, à laquelle nous ajoutons aujourd’hui « et à l’information ».
L’art de se connaître soi-même du philosophe allemand Arthur Schopenhauer rassemble des textes de ses carnets de notes personnelles et fut publiés après son décès. Je ne crois pas que ces carnets de notes furent intitulée « L’art de se connaître soi-même » par Arthur Schopenhauer. À lecture des textes, j’ai la nette impression que l’auteur se donne lui-même en exemple dans l’art de se connaître soi-même. Arthur Schopenhauer parle de lui et par projection de sa vision du monde. Avant tout, il faut nous pencher sur la fameuse injonction « Connais-toi toi-même », ce que fait fort bien le philosophe italien Franco Volpi, professeur à l’Université de Vicenze, dans sa préface…
J’ai longtemps résisté à l’achat des livres de Frédéric Lenoir car je craignais de tomber dans le développement personnel avec tous ses travers largement dénoncés dans mes rapports de lecture. Sur un coup de tête, avec l’achat de plusieurs livres de philosophie, j’ai glissé dans ma pile un titre de Frédéric Lenoir : « Vivres ! dans un monde imprévisible (édition mise à jour – Le Livre de Poche, 2021). Ma lecture de ce livre confirme crainte : nous sommes bel et bien dans un manuel de développement personnel plutôt qu’un livre de philosophie. Dès qu’un auteur se dit philosophe et d’une autre profession, on peut être certain de la contamination de la première par cette dernière. De plus, Frédéric Lenoir se réfère non seulement aux « grands philosophes du passé, mais aussi les neurosciences et la psychologie des profondeurs (…) ». La mention de la psychologie par un philosophe éveille en moi de forts mécanismes de défense. Il faut lire ma « Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie » pour comprendre ma réticence. Quand aux neurosciences, je m’en méfie tout autant depuis ma lecture du livre « Neuromania – Le vrai du faux sur votre cerveau » d’Albert Moukheiber, Docteur en neurosciences cognitives et psychologue clinicien, paru chez Allary Éditions en 2024 (voir mon rapport de lecture). Bref, j’ai lu ce livre les deux pieds sur les freins.
Dans « L’art de ne pas toujours avoir raison », le professeur de philosophie au Collège Jean-de-Brébœuf (Montréal, Québec), Martin Desrosiers, confesse son comportement sur les réseaux sociaux : « Car j’ai été, je l’avoue, un ergoteur. Un obstineux. » CITATION : « Ce que j’évoque ici peut sembler une évidence. Et pourtant, j’ai mis beaucoup trop de temps à le comprendre. Car j’ai été, je l’avoue, un ergoteur. Un obstineux. Celui qui feint l’ouverture, mais qui, en réalité, souhaite secrètement mettre en échec la personne à qui il s’adresse. Celui qui, avec un mélange d’insécurité et d’arrogance, cherche avant tout la phrase assassine, la saillie cinglante, la pique acerbe. Celui qui balance aussi passivement qu’agressivement des énormités, puis qui s’étonne des réactions qu’il suscite (« C’est quoi le problème, je fais juste poser des questions ! »). Celui qui défend bec et ongles une position, mais sans trop y croire, pour le pur plaisir de la polémique. Celui qui adopte un ton inutilement combatif et convaincu, mais qui se scandalise dès que l’autre devient émotif. Celui qui interrompt, qui roule des yeux, qui soupire. Celui qui, au fond, veut surtout gagner. Et, oui, je dois aussi l’avouer : celui qui passe beaucoup trop de temps sur Twitter et Facebook à s’immiscer dans des débats stériles, non pas pour réfléchir et évoluer, mais pour marquer des points ou, par voyeurisme, pour guetter les réactions qu’il suscite. Pour tout dire, j’ai été celui qui consacre toutes ses énergies à toujours avoir raison, ou du moins à en avoir l’air aux yeux d’autrui, et qui fait ainsi passer son ego avant son caractère intellectuel. Le problème avec l’obstineux que je fus naguère, ce n’est pas simplement qu’il pouvait être désagréable ou manquer de civilité : le problème, c’est que ses défauts faisaient carrément obstacle à la connaissance elle-même, en radant quasi impossible tout progrès ou toute compréhension mutuelle. J’étais loin d’être seul, et loin d’être le pire, mais j’ai trop longtemps joué dans ce mauvais film. » DESROSIERS, Martin, 1. L’obstineux et le philosophe, L’art de ne pas toujours avoir raison, Leméac Éditeur, Montréal, 2024, pp. 12-13.
Le livre « Vous reprendrez bien un peu de philo ? » du professeur de philosophie Pierre Soubiale remplis toutes ses promesses. J’ai bien ri à la lecture des « 10 situations cocasses pour (enfin) tout comprendre » mises en scène par l’auteur avec une grande imagination. Et comment ne pas souligner le talent de Pierre Soubiale dans son écriture et son humour. Je classe ce livre, unique en son genre, parmi « Les essentiels », comme l’un des meilleurs livres de vulgarisation de la philosophie.
L’ère des infox et des « vérités alternatives » menace ce qu’il y a de plus précieux dans les sociétés humaines : la possibilité du débat constructif. L’une des solutions possibles les mieux identifiées par la science contemporaine à cette situation préoccupante est que chaque citoyen puisse affiner son jugement face à ce déferlement d’informations : développer son esprit critique. C’est ce que propose ce séminaire gratuit et ouvert à toutes et tous en Sorbonne, grâce au soutien de la Fondation Descartes.
« Nous sommes généralement convaincus d’avoir raison de penser ce que nous pensons. C’est normal. Dans le cas contraire, nous changerions d’idée. Personne ne veut être irrationnel. C’est la raison pour laquelle il est difficile de convaincre autrui. » (CORNELLIER, Louis, Débattre avec décence, Opinion – Chronique, Le Devoir, 9 novembre 2024). / Cette citation est le premier paragraphe de « Débattre avec décence » publié par le quotidien LE DEVOIR dans la section Opinion/Chronique et signée par Louis Cornellier, chroniqueur (Présence Info, Jeu), essayiste et poète, enseignant de la littérature au collégial.
Cette citation « Les crises, les bouleversements, la maladie ne surgissent pas par hasard. Ils nous servent d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie. » attribuée à Carl Gustav Jung est fausse.
La psychologie, c’est bien connu, s’inspire de tout ce qu’elle peut trouver pour développer sa pratique clinique. Dans le cas de ce livre, l’auteur Dany Gerbinet, psychothérapeute et clinicien adepte de la thérapie stratégique issue de l’école de Palo Alto, trouve un appui dans l’antique philosophie chinoise Yi Jing et dans la conception du « non-agir » développé par le taoïsme. Aussi, il fait des travaux de Gregory Bateson, anthropologue, psychologue, épistémologue américain et père fondateur de l’approche systémique, « le fil conducteur de ce livre ». Bref, il s’agit avant tout d’un livre de psychologie et non pas de philosophie. La philosophie demeure un simple référence, du moins à mes yeux. Mes lecteurs savent que je ne suis pas un adepte de la psychologie, loin de là. J’ai donc lu ce livre à reculons, c’est-à-dire avec un préjugé défavorable, mais tout de même jusqu’à la dernière page, question de donner une chance au coureur jusqu’à la fin du parcours.
« Penser contre soi-même » de Nathan Devers m’a ravi autant par son écriture, son caractère autobiographique et les propos au sujet de la philosophie. Une écriture poétique, pleine de métaphores, à prendre au pied de la lettre, qui donnent des ailes à l’imagination, au récit de vie de cet auteur qui m’a pas encore trente ans. Je me range avec ceux et celles qui voient en Nathan Devers un auteur de grand talent. « Penser contre soi-même » est une prouesse littéraire autobiographique comme je les aime et beaucoup trop rare. Autobiographique de la vie quotidienne de l’âme et de l’esprit de l’auteur. Une histoire de ses pensées, de leur stagnation et de leur évolution, d’aboutissement en aboutissement, d’étonnement en étonnement, de détermination en détermination, d’hésitation en hésitation, de croyances, de doutes… et finalement de philosophie en philosophie.
Ce livre s’inscrit en lien direct avec la philosophie pratique appliquées à notre vie de tous les jours, à notre mode de vie ou notre manière de vivre, et, plus spécifiquement à notre implication dans les débats actuels, en remontant aux philosophes de l’Antiquité. / Le titre, « La liberté, c’est notre destin ! » projette à l’avant scène la dualité de nos vies. Sommes-nous à la fois libres et déterminés ? Au premier abord, la liberté exclue que nous soyons entièrement déterminés et le destin exclue que nous soyons entièrement libres.
J’ai lu pour vous « Philosophical Praxis — Origin, Relations, and Legacy » par Gerd B. Achenbach,fondateur de la philosophie pratique en 1981. Ce recueil de textes traduit de l’allemand à l’anglais par Michael Picard est enfin disponible depuis 2024. Ce livre est LE GUIDE ESSENTIEL de la philosophie pratique.
Habituellement, je ne penche pas sur tels livres de développement personnel. Je les remets en cause en donnant la parole à des auteurs et leurs œuvres critiques de cette discipline. L’auteur de « Les quatre accords toltèques », Don Miguel Ruiz, donne à son œuvre le sous-titre « La voie de la liberté individuelle », la voie à emprunter pour contrer « Le processus de domestication » qui nous conditionne. Je perçois dans les propos de Don Miguel Ruiz son propre conditionnement en raison de son manque de recul devenu inutile sous la dérive du biais de généralisation à outrance.
J’ai lu « Le 5e accord toltèques » à la suite de « Les quatre accords toltèques » (voir mon rapport de lecture de ce dernier). Je les ai achetés ensemble, question d’avoir déjà en main la suite au cas où… Et ce, malgré que je suis très loin d’être un fan du développement personnel. « Le 5e accord toltèques » est une vraie farce, une attrape, un piège. / Ce rapport de lecture se base uniquement sur le « Chapitre 8 – Le pouvoir du doute » qui révèle le cinquième accord toltèque. Je le reproduis ci-dessous avec mes commentaires.
L’absence d’une association nationale des philosophes consultants/praticiens en France cause de sérieux préjudices au développement, à la crédibilité et à la reconnaissance de la philosophie pratique auprès des institutions et de la population. / Le premier de ces préjudices concerne les échanges collectifs entre les philosophes consultants. La philosophie pratique ne saurait être une cause individuelle évoluant en vase clos. Le partage des expériences sur le terrain entre les philosophes consultants dans un cadre associatif formel permet non seulement de les solidariser mais aussi et surtout d’analyser les succès et les échecs avec la force du nombre dans une prise de recul essentielle.
Voici un extrait de l’article-entretien paru sous le titre « « On privilégie la critique sociale, les sciences humaines » : la philosophie au bac est-elle devenue un banal commentaire intellectualisé de l’actualité? » sous la plume de Victoire Lemoigne dans la section « Langue française » du quotidien français LE FIGARO et traitant de l’examen de philosophie de la fin des études secondaires (lycée) en France (BAC philo). / LE FIGARO. – Les sujets de philosophie au baccalauréat semblent très ancrés dans l’actualité : vérité et réseaux sociaux, avenir de la technique… Ce n’est pas la première fois. Que cela révèle-t-il, selon vous, de l’évolution de la philosophie dans l’enseignement ? / Michel BOYANCÉ. – Une tendance de fond. Dès les années 2000, un projet de réforme avait pour but de supprimer la philosophie en tant que telle, pour la remplacer par une forme prolongée d’éducation civique. Ce projet a été abandonné, car la tradition française de la philosophie comme discipline autonome, à la recherche de principes, est restée très forte. Mais cette spécificité s’efface peu à peu, et la philosophie tend à n’être qu’un relais des sciences humaines et sociales, celles-ci fournissant la matière première, la philosophie étant un prolongement questionnant et conceptualisant.
La philosophie se vit dans la joie voire l’euphorie de l’étonnement. Être étonné, c’est comprendre sans effort dans la lecture, dans la réflexion personnelle ou dans la discussion. Le fameux « Ah ! Là je comprends » vient alors à l’esprit pour autant que ce dernier soit libre et dans le moment présent. Je traite de la question dans le chapitre LA PENSÉE JOYEUSE de mon livre J’AIME PENSER (Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison – Essai et témoignage de gouvernance personnelle). Vous trouverez ci-dessous le texte intégral du chapitre LA PENSÉE JOYEUSE.
La philosophie se vit dans la joie voire l’euphorie de l’étonnement. Être étonné, c’est comprendre sans effort dans la lecture, dans la réflexion personnelle ou dans la discussion. Le fameux « Ah ! Là je comprends » vient alors à l’esprit pour autant que ce dernier soit libre et dans le moment présent. Je traite de la question dans le chapitre LA PENSÉE JOYEUSE de mon livre J’AIME PENSER (Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison – Essai et témoignage de gouvernance personnelle). Vous trouverez ci-dessous le texte intégral du chapitre LA PENSÉE JOYEUSE.
Pour tirer le bénéfice du doute – Il fut un temps où la pensée était certaine uniquement si les autorités religieuses la cautionnaient. Nous sommes au Moyen Age. À cette époque, un homme avait raison que si l’église lui donnait raison. Les autorités religieuses s’étaient attribuées le monopole de toute certitude en se donnant le titre de représentantes suprêmes de Dieu sur Terre. / Parlons-en de la Terre. Un homme avait beau se lever et démontrer que la Terre n’était pas au centre de l’univers d’après de savantes observations, si les autorités religieuses ne lui donnaient pas raison, il avait tort et la Terre demeurait au centre de l’univers. Un autre pouvait bien prouver que la Terre était ronde comme une orange et non pas plate comme une assiette, selon de savants calculs, si l’église préférait ses raisons de croire la Terre plate, l’homme avait tort et devait se taire.
Pour partager le sens caché – La pensée initiatique nous introduit au sens caché de la vie, du monde et des choses, visibles et invisibles. Pour ce faire, elle nous éveille à des dimensions secrètes, difficiles d’accès à la pensée quotidienne. Elle agit sur nous principalement par révélation d’une connaissance ou d’une explication jusque-là inconnue et souvent insoupçonnée. En général, cette révélation s’opère de façon brusque ou instantanée et tout à fait gratuitement, c’est-à-dire sans effort particulier de notre part. Ainsi, la nouvelle connaissance ou explication s’impose à nous et nous la comprenons sur-le-champ, comme si un éclair venait de traverser notre esprit. Grâce à cette nouvelle compréhension, nous ne verrons plus jamais la vie, le monde ou les choses de la même manière. Nous profitons désormais d’une conscience élargie.
Ce document se veut une remise en question de la méthode du dialogue socratique utilisée par leader français de la philosophie pratique, Oscar Brenifier. La mise en pratique de cette méthode m’apparaît dogmatique, rigide et provocatrice au point de manquer de respect au client, à la fois dans son Être raisonné et dans son Être émotionnel. Cette remise en question applique le droit fondamental du client énoncé par Anette Prins-Bakker, praticienne en consultation philosophique, dans « Practical Daydreaming » publié dans l’édition du Journal Filosofie de mai 1996 : « Dans son article »Practical Daydreaming » publié dans le Journal Filosofie de mai 1996, Anette Prins-Bakker décrit la liberté dans la pratique philosophique. Voici ma traduction libre de cet article : « La plus grande liberté possible se trouve dans la pratique philosophique, car un client peut toujours soulever des objections concernant les points de départ ou les méthodes philosophiques utilisées par un praticien.»[14]
Célébrée chaque année à l’échelle planétaire depuis 2002, le troisième jeudi du mois de novembre, la Journée mondiale de la philosophie passe une fois de plus sous silence au Québec cette année. J’ai nettement l’impression que le Québec est un désert philosophique avec une oasis ici et là.
Rien de mieux que l’écriture pour se connaître soi-même. Une historiographie de votre vie vous sera très utile pour vous situer dans le temps selon votre année de naissance, votre âge, votre occupation principale, quelques informations additionnelles et l’actualité du moment dans le monde. J’ai fait cet exercice pour dresser un portrait fidèle de ma vie scolaire et professionnelle et je vous l’offre en téléchargement libre et gratuit. Je vous offre aussi gratuitement un exemple vierge à compléter en format WORD ou PDF.
C’est en référence à mon historiographie que j’ai pu écrire mon autobiographie professionnelle. Je vous l’offre aussi gratuitement.
1. La philosophie et son passé – Dans l’introduction du livre qu’il a publié en 1978, en collaboration avec Michael Ayers et Adam Westoby, Philosophy and its Past, Jonathan Rée commence, de façon compréhensible et prévisible, par insister sur le fait que la philosophie entretient avec son histoire une relation qui est d’un type tout à fait spécifique et bien différente de celle que les sciences ont avec la leur…
Alors que les « philosophes » médiatiques séduisent par un discours généraliste, signe d’une philosophie épuisée à l’ère des sciences cognitives et du numérique, les bibliothèques, en tant lieux de la pensée collective, apparaissent plus essentielles que jamais pour guider une société immergée dans l’information.
“Les psychédéliques ont la réputation d’ouvrir les portes de la conscience. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? Se pourrait-il que ce que nous percevons ne soit qu’une version parmi d’autres de la réalité ? Étudier les effets de ces substances, c’est explorer la conscience humaine elle-même, la manière dont nous construisons la réalité, et la question de ce que nous appelons « vérité ».”
Ce livre intéressera ceux et celles préoccupés par l’évolution de la philosophie à travers les différentes traductions des écrits grecques anciens en arabe, puis en latin et enfin en français. Le titre doit se lire comme suit : “QUE VEUT DIRE PENSER selon les Arabes et les Latins” ou, selon l’IA ChatGPT, “Que voulait-on dire quand on disait “penser” au Moyen Âge, en arabe et en latin ?” La chaîne de traduction des écrits des philosophes grecques de l’Antiquité (Platon, Aristote…) vers le français suit deux chemins différents : 1. Grec — Latin — Français; 2. Grec — Arable — Latin — Français. Il est donc aisé d’imaginer l’influence culturelle des langues lors de ces traductions. Chaque langue forme un esprit différent avec ses propres conceptualisations et sa propre culture.
J’ai lu pour vous un livre de psychologie et ce ne sera pas une habitude. Vivre – La psychologie du bonheur par Mihaly Csikszentmihalyi chez Pocket éditions, paru en 2006. Une traduction française de « Flow : The psychology of optimal experience » par les Éditions Robert Laffond, S.A., Paris, 2004). NOTE IMPORTANTE : Je ne suis pas un fan de la psychologie en raison de manque évident de scientificité. La psychologie demeure à classer parmi les sciences inexactes ou fausse science. Ma position anti-psychologie se développe dans les années 1980 à la suite de ma lecture du livre SÉDUCTION PSYCHOLOGIQUE – L’ÉCHEC DE LA PSYCHOLOGIE MODERNE du psychologue WILLIAM KIRK KILPATRICK.
Enfin ! Un livre de philosophie facile à comprendre ! LA PHILOSOPHIE C’EST POUR VOUS AUSSI de CHARLES ROBIN. Cet homme excelle dans la vulgarisation de la philosophie. Je le reconnais même comme le Grand Maître de la vulgarisation philosophique. À ce titre, on comprend aisément que son auditoire compte plus d’un million d’abonnés sur YouTube et d’autres plateformes de diffusion de ses podcasts. Il atteint sans détour son objectif à chacune de ses interventions : « Donner matière à penser ». Le premier chapitre en extrait ci-dessus démontre tout le talent de ce « précepteur » dans l’enseignement populaire de la philosophie.
Âme – Conscience – Esprit – Intellect – Spirituel : EXPÉRIENCE DE DÉFINITION AVEC L’IA ChatGPT – Quelle est la différence épistémologique entre âme, esprit, intellect, conscience et spirituel?
Julie Tremblay, détentrice d’un maîtrise en philosophie de l’Université Laval (Québec, Québec), nous offre LA PHILOSOPHIE COMME SOLUTION AU MAL DE VIVRE réunissant ses réflexions et son témoignage. Elle inscrit son œuvre dans le courant des NOUVELLES PRATIQUES PHILOSOPHIQUES. Ce livre est lourd et je saurais le recommander à une personne au prise avec le mal de vivre. Le témoignage de l’auteure ne me pose pas de problème et, en tout respect, il m’impose l’absence de tout jugement de son vécu. En revanche, je soumets à ma critique les leçons qu’elle tire de sa « quête de sens » et les conseils qu’elle promulgue.
Ce livre ne se présente pas pour ce qu’il est. Rien en première et en quatrième de couverture nous informe que l’auteur se concentre sur la philosophie orientale, notamment, la philosophie indienne. J’ai acheté ce livre en raison de son titre : « S’étonner d’être ». Reconnu comme la source de la philosophie, l’étonnement demeure un sujet de premier ordre dans l’Amour de la sagesse (« Aristote : La philosophie commence dans l’étonnement). Quant à « être », il s’offre comme un sujet de prédilection pour bon nom de philosophe. Le titre avait donc tout pour motiver mon achat de ce livre. Le sous-titre aussi a attiré positivement mon attention, « L’éveil à la joie d’être conscience », puisque j’ai déjà éprouvé une telle joie.
J’ai demandé à ChatGPT de commenter l’affirmation « La liberté ne rend pas la vérité?». Introduction – La question du lien entre liberté et vérité traverse l’histoire de la philosophie. La formule « La liberté ne rend pas la vérité » exprime l’idée que la simple liberté de penser ou de s’exprimer ne garantit pas que ce qui est cru ou exprimé soit vrai.
Âgé de sept ans, j’ai rêvé être dans une pièce aux dimensions d’un cube. Une pièce vide, sans meuble et sans décoration. Tous les côtés – plafond, plancher, et murs – étaient de couleur blanche. Je me tenais là au milieu de la pièce, face à l’un des murs. Je distinguais au centre de ce mur une petite porte. Intrigué, je me demandais si cette petite porte donnait sur une armoire, sur une fenêtre…
LIVRE NUMÉRIQUE GRATUIT – EBOOK GRATUIT – Ce document offert en libre téléchargement (PDF) – Ce document comprend les écrits pédagogiques de Claude Collin (1925 – 2018) hébergés sur le site web du Cégep du Vieux-Montréal et archivé par Internet Archive.
Claude Collin a développé une position didactique dite « expérimentale », centrée sur l’expérience philosophique et sur le processus de penser plutôt que sur un simple apprentissage technique de contenus. L’idée est de concevoir l’enseignement de la philosophie non pas comme une succession d’exercices formels, mais comme une mise en situation réflexive où l’étudiant engage son expérience intérieure et son rapport au sens philosophique.
Ce point de vue, longtemps marginal dans les programmes collégiaux, s’inscrit dans une critique générale de l’éducation qui cherche à donner du sens à l’acte de philosopher plutôt qu’à en faire un ensemble de compétences mesurables ou un simple savoir transmis.
Célébrée chaque année à l’échelle planétaire depuis 2002, la troisième jeudi du mois de novembre, la Journée mondiale de la philosophie passe une fois de plus sous silence au Québec cette année. J’ai nettement l’impression que le Québec est un désert philosophique avec une oasis ici et là.
Pourquoi nos professeurs de philosophie ne prennent-ils pas d’assaut la scène publique et médiatique à l’occasion de cet événement ? Pourtant, ils craignent sur la mobilisation populaire lorsque l’enseignement de la philosophie au collégial se voit remis en cause.
Section Hommage à Claude Collin
Pionnier québécois des nouvelles pratiques philosophiques
Pendant que des efforts considérables s’effectuaient dans le sens d’une recherche fondamentale, nous avons cru nécessaire d’attirer l’attention sur les possibilités d’une recherche scientifique portant sur les conditions psychopédagogiques de l’enseignement de la Philosophie, tout en respectant les objectifs lointains d’une démocratisation de l’enseignement. De ce point de vue, il s’agissait d’édifier et de perfectionner un instrument de travail adapté aux besoins de l’étudiant actuel de sorte qu’il devienne capable d’élaborer sa propre philosophie.
Philosopher ne consiste pas d’abord à apprendre des doctrines, mais à entrer dans un travail de pensée.
C’est à cette expérience que Claude Collin convie l’étudiant dans ce court ouvrage devenu classique de la didactique philosophique québécoise.
Issu de plus de vingt années de recherche et d’enseignement au collégial, ce livre propose une démarche rigoureuse et accessible pour passer de la pensée spontanée à la pensée réfléchie. En quatre leçons, l’auteur met au jour les opérations mentales fondamentales de l’activité philosophique : clarifier une expérience, analyser les concepts, formuler un problème, construire une synthèse. La philosophie y apparaît non comme un savoir à mémoriser, mais comme une pratique intellectuelle à exercer.
Claude Collin (1925 – 2018) a développé une position didactique dite « expérimentale », centrée sur l’expérience philosophique et sur le processus de penser plutôt que sur un simple apprentissage technique de contenus. L’idée est de concevoir l’enseignement de la philosophie non pas comme une succession d’exercices formels, mais comme une mise en situation réflexive où l’étudiant engage son expérience intérieure et son rapport au sens philosophique.
Ce point de vue, longtemps marginal dans les programmes collégiaux, s’inscrit dans une critique générale de l’éducation qui cherche à donner du sens à l’acte de philosopher plutôt qu’à en faire un ensemble de compétences mesurables ou un simple savoir transmis.
Cet article porte sur l’enseignement de la philosophie. Il décrit et analyse une remise en question radicale des principaux éléments pédagogiques relatifs à cet enseignement, suite à la création d’un Ministère de l’Éducation au Québec en 1964. Parmi les multiples essais tentés par les professeurs afin de rendre cet enseignement accessible, mesurable et efficace, ce document s’arrête sur un essai de didactique scientifique qui ramène la problématique de l’enseignement philosophique au passage de l’expérience vécue commune à l’expérience philosophique achevée. La méthode utilisée dans l’élaboration de cette didactique s’inspire de la méthode de Raymond Buyse, qui repose sur la notion de fait pédagogique.
Le « Test PERPE/Philo » (Perceptions des Étudiants de la Relation Pédagogique et de son Efficacité, version Philosophie) représente l’aboutissement technique et scientifique de la démarche de « Claude Collin » et de l’« Institut de recherches didactiques de Laval ».
Ce test n’est pas un simple questionnaire de satisfaction, mais un instrument de mesure psychopédagogique rigoureux conçu pour transformer l’enseignement de la philosophie au collégial en une science expérimentale.
Il y a quelques années le Département de Philosophie du Cégep du Vieux-Montréal effectuait une recherche sur les problèmes pédagogiques tels que perçus par les étudiants et les professeurs. Les résultats révèlent une concordance sur au moins deux points : le langage et le type de réflexion exigés en philosophie constituaient les difficultés les plus constantes tant du point de vue des étudiants que des professeurs.
(2 mars 2026, Lévis, Québec) La Fondation littéraire Fleur de Lys en collaboration avec l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques rend hommage à Claude Collin (1925 – 2018), professeur de philosophie (Cégep du Vieux-Montréal), pour sa contribution à la didactique de l’enseignement de la pensée critique dans le cadre des cours de philosophie au collégial.
(9 mars 2026, Lévis, Québec) La Fondation littéraire Fleur de Lys en collaboration avec l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques réédite deux des essais de Claude Collin, (1925 – 2018), professeur de philosophie (Cégep du Vieux-Montréal). Reconnu pour sa contribution à la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial, le professeur Collin a publié quatre essais introuvables aujourd’hui.
Avant de vous présenter les distingués orateurs qui composent cet atelier, puis-je rappeler que les responsables du Congrès ont jugé bon de constituer trois ateliers sur l’Enseignement de la Philosophie. Cela s’imposait non seulement en raison du thème général du congrès, lequel implique nécessairement la problématique de l’enseignement de la philosophie comme transmission et développement de la culture; non seulement aussi en raison de l’urgence des problèmes pédagogiques reliés à l’évolution culturelle de notre société; mais encore en raison de l’intérêt manifesté par l’abondance, la qualité et la diversité des communications reçues.
Afin de donner à l’enseignement de la philosophie, au niveau des Collèges d’Enseignement Général et Professionnel (CEGEP), un peu de crédibilité et d’objectivité, et en vue de contribuer, d’autre part, à l’effort commun qui se fait dans le domaine de l’enseignement de cette discipline à travers tout le Québec depuis la réforme de l’Éducation au début des années 60, nous nous sommes assigné la tâche de concilier deux tendances qui, jusqu’à présent, étaient antagonistes, et qui pourraient, à la condition d’être bien comprises, contribuer grandement à la solution des problèmes pédagogiques dans nos écoles.
Depuis la fondation des CEGEP, les cours communs n’ont pas été sans susciter certaines inquiétudes. On s’interrogeait sur leur utilité, leur pertinence, leur valeur pédagogique et sociale. Les autorités provinciales, les CEGEP et pratiquement tous les professeurs de cours communs, ont saisi l’ampleur du problème. Ils ont fait des propositions pertinentes et sont allés jusqu’à proposer et mettre en pratique certaines solutions du problème.
Imaginer l’opinion de Claude Collin (1921-2012) sur les cours de philosophie actuels au cégep nécessite de mettre en résonance sa pensée — axée sur la « dialectique du vécu » et la recherche d’une philosophie authentique — avec les réalités pédagogiques de 2024.
Le concept d’« expérience philosophique » tel qu’il est compris dans le contexte québécois et dans les travaux de Claude Collin n’est pas une simple notion abstraite ; c’est le cœur d’une révolution pédagogique qui s’est opérée au moment de la création des cégeps.
Pour situer Claude Collin dans le paysage actuel des Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP), il faut le voir comme un précurseur visionnaire qui, dès les années 70, pratiquait déjà ce que nous appelons aujourd’hui la « philosophie de proximité » ou la « philosophie hors les murs ».
Parler de Claude Collin, c’est s’aventurer dans une grammaire de l’éveil. Pour celui qui a révolutionné l’enseignement collégial au Québec, le choix des titres de ses œuvres majeures — L’expérience philosophique (1978) et Initiation philosophique en quatre leçons (1982) — ne relève pas de la coquetterie stylistique. En refusant les prépositions « de la » ou « à la », Collin opère un basculement sémantique qui définit toute sa pédagogie clinique.
L’histoire officielle récente des Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP) remonte au début des années 1980 avec le philosophe allemand Gerd B. Archenback. Or, le véritable précurseur des Nouvelles Pratiques Philosophiques est nul autre qu’un Québecois : le professeur de philosophie au Cégep du Vieux-Montréal (Collège d’Enseignement Général et Professionnel), Claude Colin (1925 – 2018). Au début des années 1970, Monsieur Collin innove une nouvelle pratique philosophique avec sa didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial.
L’Essence de la Méthode Collin — « Pour apprendre à réfléchir à la façon d’un philosophe, l’étudiant doit être capable de maîtriser ces opérations [Information, Analyse, Vérification]. Un agencement de ces trois procédés est le plus sûr moyen de lui permettre de s’élever à une pensée qui soit digne de la philosophie. » — Claude Collin, 1977
Nous sommes habitués d’utiliser notre « bon sens » pour solutionner les problèmes de la vie de t0hS les jours, pour surmonter les contraintes qu’e e nous impose, à la lumière de l’information concrète dont nous pouvons disposer. Or ce « bon sens » est une forme d’intelligence essentiellement orientée vers la pratique, le monde de l’apparence, e concret. Notre pensée et notre discours sont que toujours spontanés et demeurent vagues et imprécis ; nous ne sentons pas le besoin d’aller plus loin dans la réflexion. / En évoluant ainsi, au niveau du sens commun, nous sommes solidaires de notre milieu, de notre époque… Mais est-ce vraiment suffisant? N’aurions-nous pas intérêt à prendre un certain recul? À regarder les choses de plus haut, dans une perspective plus profonde?
Pourquoi consacrer aujourd’hui un dossier majeur à l’œuvre de Claude Collin, ce professeur québécois dont les travaux sur la didactique de la philosophie ont marqué le paysage intellectuel des années 70 et 80 ? La réponse ne se trouve pas dans la nostalgie, mais dans les statistiques criantes de notre époque.
En juin 2024, le rapport gouvernemental « Regards croisés » jetait une lumière crue sur l’enseignement de la philosophie au collégial : un premier cours qui agit comme un goulot d’étranglement pour la réussite, un manque flagrant de recherche en didactique, et surtout, un constat d’échec pour l’enseignement magistral traditionnel, qui augmenterait de 50 % les risques d’abandon. Face à cette impasse, le Ministère appelle désormais à un « apprentissage actif » et à une quête de « sens » pour l’étudiant.
(23 mars 2026, Lévis, Québec) La Fondation littéraire Fleur de Lys en collaboration avec l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques a complété la réédition hommage en libre téléchargement des quatre essais de Claude Collin, (1925 – 2018), professeur de philosophie (Cégep du Vieux-Montréal). Reconnu pour sa contribution à la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial, le professeur Collin a publié quatre essais introuvables aujourd’hui.
« Si l’ouvrage dirigé par Laurence Manesse Césarini offre une radiographie précise des tensions éthiques du métier d’enseignant, il semble néanmoins s’enfermer dans une posture de dénonciation systématique. En plaçant l’émancipation dans un « ailleurs » utopique, hors des contraintes de l’État et de la culture, les auteurs risquent de perdre de vue l’essentiel : la philosophie est une pratique située. Vouloir une pensée « hors du temps » ou « hors du système » est une illusion. Le véritable discernement consisterait à se demander comment habiter notre époque et nos institutions pour y faire germer une pensée utile et ancrée, plutôt que de se limiter à un blâme récurrent du cadre qui nous contient. »
Ce livre n’est plus ni moins qu’une analyse des structures reconnues par l’auteur dans les textes historiques des différentes philosophies de Platon à aujourd’hui. S’il s’agit d’un mode d’emploi et même si l’auteur réduit le tout à cinq structures qu’il qualifie d’essentielles, il se compare à un mode d’emploi d’assemblage des sections, des sous-sections et sous sous sections d’un meuble Ikea. Une fois assemblée, on n’y pense plus si ce n’est que ce fut très compliqué.
Cet article est une proposition de René Lavernhe (1936 – ). Marié et père de famille, il a exercé le métier d’instituteur puis de professeur de collège dans le Cantal. Il est actuellement retraité. Les propos tenus par René Lavernhe n’engage en rien l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques.
«Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée.» (Descartes)
«Je festoie et caresse la vérité en quelque main que je la trouve, et m’y rends allégrement, et lui tends mes armes vaincues d’aussi loin que je la vois approcher.» (Montaigne)
Le concept d’obscurité utilisé en philosophie s’agite avec force dans le dernier livre ajouté à ma bibliothèque et dont j’ai fait rapport de ma lecture :
Le concept de d’obscurité revient aussi dans le vivre « Qu’est-ce que philosopher » de Jean-Baptiste Brenet (Éditions Payot & Rivages, Paris, 2025). J’ai vite abandonné la lecture par dépit de ce concept d’obscurité.
I. La conscience de soi – « La conscience est une petite flamme invisible et qui tremble. Nous pensons souvent que son rôle est de nous éclairer, mais que notre être est ailleurs. Et pourtant, c’est cette clarté qui est nous-même. Quand elle décroît, c’est notre existence qui fléchit ; quand elle s’éteint, c’est notre existence qui cesse. » Source : LAVELLE, Louis. « Chapitre I : La conscience de soi », in La Conscience de soi, Paris, Grasset, coll. « Les Cahiers Verts », n° 18, 1933, p. 1.
La série de cinq entretiens réalisés par Marc-Antoine Vallée lève le voile sur le parcours d’un philosophe québécois qui jouit d’une reconnaissance internationale. Retraçant son itinéraire philosophique, à la lumière de ses recherches sur la tradition herméneutique et ses principaux représentants — Heidegger, Gadamer et Ricœur —, Jean Grondin livre une réflexion passionnante sur quelques-unes des facettes de la grande question du sens. Y a-t-il un sens qui serait immanent à la vie ? Comment l’art et la littérature articulent-ils notre expérience du sens ? Quelle est la contribution de la religion à la réflexion philosophique sur le sens ? Il ressort de ces entretiens un pari sur le sens qui récuse toute réduction nominaliste, constructiviste ou nihiliste du sens à une réalité simplement illusoire, construite ou factice. RAPPORT DE LECTURE À VENIR.
Cet article-dicussion avec l’Intelligence artificielle Gemini et Google s’inspire de la Journée d’étude d’étude organisée par l’association française FAIRE PHILO sous le thème « Postures et impostures et la philosophie pratique.
Le 27 septembre 2012, la Cour suprême du Canada refuse d’entendre l’appel de Jean-Claude Valfer cherchant à faire reconnaître son statut de « philosophe praticien », confirmant ainsi sa condamnation pour exercice illégal de la profession de travailleur social. Quelques heures après l’annonce de cette décision, M. Valfer décède subitement d’un malaise cardiaque à l’âge de 66 ans, usé par le poids financier et moral de cette saga judiciaire de dix ans.
L’exercice de la philosophie en cabinet privé ne peut plus faire l’économie d’une réflexion critique sur le cadre sociétal dans lequel il s’inscrit : celui d’une médicalisation généralisée de l’existence. / Si, au siècle dernier, le défi du sujet était de se libérer des dogmes religieux ou des carcans moraux, le défi de l’homme contemporain est de s’arracher à une « religion de la santé » qui transforme chaque repli de l’âme en une catégorie clinique. Pour le philosophe consultant, accorder une attention toute spéciale à ce phénomène n’est pas une simple option intellectuelle, c’est une nécessité déontologique.
Alors que la quête de sens devient une urgence au cœur d’une société de plus en plus médicalisée, une figure singulière réémerge dans l’espace public : celle du philosophe praticien. Qu’on le nomme consultant, clinicien ou praticien, cet acteur des « Nouvelles Pratiques Philosophiques » (NPP) propose une alternative radicale au monopole du diagnostic psychologique. Pourtant, derrière la clarté de la démarche s’articule un défi de taille : celui de son statut.
Dans le paysage actuel des universités québécoises, la philosophie pratique s’est taillé une place de choix, mais au prix d’une étrange amputation. Alors que les programmes mettent de l’avant l’éthique de la discussion, la médiation citoyenne et l’intervention au sein des comités d’éthique, une figure historique de la discipline semble systématiquement mise à l’écart des cursus : celle du philosophe consultant.
J’ai longtemps résisté à me pencher sur ce livre parce que l’Université de Sherbrooke n’offre pas de formations permettant à ses étudiants d’acquérir les compétences nécessaires pour devenir consultants, cliniciens ou praticiens en consultation philosophique. Il n’en demeure pas moins que l’Université de Sherbrooke offre une formation en « philosophie pratique » sans aucun rapport si ce n’est qu’un lien très ténu avec les « nouvelles pratiques philosophiques ». J’ai relevé cette situation dans mon article Article # 198 – Quand l’enseignement universitaire de la philosophie pratique exclut la consultation privée.
Chers étudiants(es) universitaires en philosophie pratique
On vous enseigne la philosophie pratique en limitant la discipline à l’éthique et la philosophie politique. Or, une réalité massive vous est cachée : la philosophie pratique est déjà ailleurs.
Dans sa contribution à l’ouvrage collectif La philosophie pratique pour penser la société, le professeur Alain Létourneau prétend identifier le « sens en usage » de la discipline en s’appuyant sur seulement cinq pages Wikipédia de langues différentes. Or, Google ne cumule que 9 079 résultats pour ces pages, soit 0,43 % de l’ensemble des recherches liées aux termes de la pratique. Ce poids tombe à un dérisoire 0,012 % lorsqu’on le compare au volume total de la pratique réelle avec ses institutions et ses têtes d’affiches mondiales totalisant 75 772 790.
La pratique philosophique a émergé en tant que discipline transformative qui fait le lien entre la recherche théorique et la vie quotidienne. Apparu à la fin du XXe siècle, ce domaine intègre le conseil, la thérapie et d’autres applications pratiques des perspectives philosophiques permettant de répondre aux défis existentiels et pragmatiques auxquels sont confrontés les individus, les groupes et les organisations dans la société contemporaine. Cet article examine la définition, l’évolution historique, les bases théoriques et les méthodologies de la pratique philosophique, tout en discutant des perspectives de professionnalisation — y compris la certification, les directives éthiques et l’intégration au sein des systèmes de santé et d’éducation. En fin de compte, cette étude souligne le potentiel de la pratique philosophique à revitaliser la pertinence de la philosophie, à favoriser l’épanouissement personnel et à améliorer le bien-être de la société.
EXTRAIT de la CONCLUSION
1. LA PREUVE DE DIEU
1. La croyance. On parle communément de la croyance en Dieu et non de la science de Dieu. Rien n’est mieux fondé que cette manière de s’exprimer, si le mot de croyance désigne essentiellement l’adhésion active donnée à l’objet de l’affirmation, ou, si l’on veut, le redoublement réfléchi de l’affirmation, l’acte par lequel l’esprit se formule à lui-même l’adhésion à un énoncé. On pourrait dire que la croyance, ainsi comprise, se ramène à l’assentiment. Or cet assentiment est requis chaque fois que l’énoncé peut comporter, chez celui qui l’énonce, quelque élément d’incertitude ou de doute, — ou, chez celui à qui il s’adresse, une contestation possible. L’assentiment ou la croyance marquent qu’un choix est à faire entre l’affirmation ou la négation, entre le oui et le non.
Au Québec, les imposteurs de la philo dont il est question dans ce livre demeurent inconnus et c’est très bien ainsi. De notre côté de l’Atlantique, la philosophie occupe très peu d’espace dans nos médias. Et je l’ai souligné dans une lettre d’opinion intitulé « Le Québec, un désert philosophique » publiée par le seul et unique quotidien québécois, LE DEVOIR, à faire une place de choix à la philosophie (une fois par mois). Je dénonçais l’absence de nos professeurs de philosophie sur la scène médiatique à l’occasion de la Journée mondiale de la philosophie; une fois par an ne serait pas de trop.
« Comment peut-on être malade aujourd’hui dans une médecine qui transforme le patient en consommateur, sans souci authentique pour sa souffrance psychique ? L’oubli du malade dans la médecine contemporaine semble être le prix à payer pour des soins toujours plus rationnels et scientifiques. L’exploration du corps humain, le diagnostic précoce des maladies, l’acharnement à les combattre par des traitements douloureux et invasifs, exproprient « pour son bien » le patient de son corps. À travers des protocoles de diagnostic et de soins très standardisés, à travers le contrôle social de nos existences par une surveillance médicale accrue au nom de la santé publique, nos modes de vie se retrouvent toujours plus normalisés. Comment alors restituer au patient sa valeur de sujet et ses droits pour éviter de le transformer en marchandise au profit des industries de santé ? Comment concilier les exigences de la médecine scientifique et sa nécessaire vocation « thérapeutique », c’est-à-dire humaniste ?À partir de son expérience du soin psychique, le psychanalyste a plus que jamais le devoir éthique et politique de mettre en garde contre les dérives de cette médicalisation généralisée et la « passion de l’ordre » qu’elle semble recouvrir. »
Dans cet article, je nous invite à une clarification nécessaire des frontières entre deux univers souvent confondus : la réflexion philosophique et l’échange psychologique. À travers l’analyse des formats « Café » et de la consultation privée, l’auteur explore la distinction fondamentale entre la quête du concept (l’universel) et la quête du vécu (le singulier).