Article # 177 – Réaction de Claude Collin, professeur de philosophie, au Rapport du Comité d’étude des cours communs à tous les étudiants du CEGEP (1970)

C’est dans la revue L’ACTION NATIONALE (Volume LX, Numéro 8, Avril 1971) que l’on trouve la réaction de Claude Collin au Rapport Roquet (Rapport du Comité d’étude des cours communs à tous les étudiants du CEGEP) PUBLIÉ EN 1970.

Mise en contexte de la réaction de Claude Collin

Le Rapport Roquet est un document charnière de l’histoire de l’éducation au Québec, publié le 1er décembre 1970.

Son titre officiel est : « Rapport du Comité d’étude des cours communs à tous les étudiants du CEGEP ». Il doit son nom usuel à son président, Ghislain Roquet, qui était à l’époque directeur général adjoint de la Direction générale de l’enseignement collégial (DIGEC).

1. Contexte et objectif

À peine trois ans après la création des Cégeps (1967), le système faisait face à une crise de définition de la « formation générale » (les cours obligatoires pour tous). Le Rapport Roquet avait pour mandat de redéfinir ces cours pour éviter que le collégial ne devienne une simple extension du secondaire ou une préparation trop étroite à l’université.

2. Les recommandations phares

Le rapport proposait une vision humaniste et audacieuse, souvent jugée idéaliste à l’époque :

La structure des « Univers » : Au lieu de disciplines isolées, le rapport suggérait de regrouper les connaissances en 7 grands univers de savoir (ex: l’univers du langage, l’univers de la matière, l’univers de la personne, etc.).

La polyvalence : Il insistait sur le fait que l’étudiant devait rester en contact avec la culture globale, peu importe sa spécialisation technique ou préuniversitaire.
Liberté de choix : Contrairement au modèle actuel (français, philo, anglais, éducation physique imposés), le rapport Roquet préconisait de laisser l’étudiant choisir ses cours à l’intérieur de ces univers pour favoriser son intérêt personnel.

3. Impact et lien avec Claude Collin

Bien que les recommandations du Rapport Roquet n’aient jamais été appliquées intégralement (le gouvernement ayant préféré des compromis plus rigides comme l’Hypothèse « C » en 1971), il a profondément influencé les pédagogues de l’époque.

C’est ici que l’on retrouve Claude Collin et son Institut de recherches didactiques de Laval. Collin s’est inspiré de l’esprit du Rapport Roquet pour développer sa didactique expérimentale. Il partageait l’idée que l’enseignement ne devait pas être une transmission passive, mais une expérience où l’étudiant « apprend à être » à travers le savoir.


Vous pouvez télécharger le Rapport Roquet avec ce lien (PDF)


EXTRAIT DU RAPPORT ROQUET AU SUJET DE LA PHILOSOPHIE

b) La philosophie

L’étudiant qui arrive au collège n’a généralement jamais eu de contact avec la philosophie. Au sortir de l’adolescence, il se pose cependant déjà des questions fondamentales sur lui-même et sur le monde. La philosophie doit l’aider à structurer sa pensée et à prendre conscience de sa propre existence en relation avec les autres.

La philosophie n’est pas d’abord une accumulation de connaissances historiques ou de systèmes de pensée. Elle est avant tout une démarche de l’esprit, une réflexion critique et rigoureuse. Au niveau collégial, l’enseignement de la philosophie doit viser à :

1- Développer chez l’étudiant l’esprit critique et le sens de la rigueur dans la pensée et dans l’expression ;

2- Amener l’étudiant à prendre conscience des fondements de ses propres convictions et de ses valeurs ;

3- Initier l’étudiant aux grands courants de la pensée contemporaine en les situant dans leur perspective historique.

Pour atteindre ces objectifs, le Comité recommande que l’enseignement de la philosophie ne soit pas limité à une seule école de pensée. L’étudiant doit être mis en contact avec la diversité des réflexions philosophiques afin d’exercer son jugement.

Le Comité suggère que les cours de philosophie soient organisés autour de thèmes qui rejoignent les préoccupations des étudiants, tels que la liberté, la justice, la connaissance ou la condition humaine. Cette approche thématique n’exclut pas l’étude des auteurs classiques, mais elle permet de rendre la réflexion philosophique plus vivante et plus pertinente pour les jeunes du niveau collégial.

Il est également essentiel que la philosophie ne soit pas perçue comme une discipline isolée. Elle doit, au contraire, établir des liens avec les autres domaines du savoir, notamment les sciences humaines et les sciences de la nature, pour aider l’étudiant à se former une vision globale et cohérente de la réalité.


Au sujet de la réaction de Claude Collin au Rapport Roquet

Les réactions de Claude Collin (1925–2018) au Rapport Roquet (1970) furent marquées par un mélange de soutien philosophique et de critique méthodologique. En tant que pionnier de la didactique de la philosophie au collégial, Collin s’est servi du rapport comme d’un tremplin pour développer sa propre approche, tout en soulignant les limites de sa mise en œuvre.

Voici les principaux points de sa réaction et de son analyse :

  1. Adhésion à l’esprit humaniste

Claude Collin a accueilli favorablement l’esprit du Rapport Roquet, qui prônait une éducation centrée sur l’étudiant et une formation générale humaniste plutôt que purement technique :

  • Il partageait la vision du rapport selon laquelle la philosophie devait aider l’étudiant à se situer dans le monde et à donner un sens à son existence, au-delà de l’apprentissage passif de l’histoire des idées.
  • Cette résonance avec le rapport a nourri sa conviction que la philosophie au cégep ne devait pas être une « préparation universitaire » rigide, mais un lieu de réflexion sur le vécu.
  1. Critique du manque de « Didactique Expérimentale »

Bien que d’accord avec les objectifs de Roquet, Collin considérait que le rapport restait trop théorique sur la manière d’enseigner.

  • Insuffisance méthodologique : Pour Collin, le rapport ne proposait pas de méthode concrète pour opérer la transition entre l’expérience quotidienne de l’étudiant et la rigueur philosophique.
  • Réponse par l’action : C’est précisément pour combler cette lacune qu’il a fondé l’Institut de recherches didactiques de Laval et publié son essai phare en 1974 : L’enseignement de la philosophie – Essai de didactique expérimentale.
  1. Opposition au « Technicisme » et à la Fragmentation

Claude Collin craignait que l’application du Rapport Roquet, sous la pression des réformes administratives (comme l’Hypothèse « C »), n’aboutisse à une fragmentation des savoirs.

  • Il s’est battu pour que la philosophie garde son rôle de synthèse et de critique globale, plutôt que d’être réduite à un simple outil de communication ou de méthodologie de travail, une dérive qu’il percevait dans certaines interprétations du rapport.
  • Il insistait sur le fait que l’étudiant devait « philosopher » lui-même (une approche inductive) plutôt que de simplement consommer des « univers de savoir » découpés artificiellement.
  1. Héritage et Prolongement

Dans ses écrits ultérieurs et ses hommages récents, il est souligné que Collin a agi comme le « bras pédagogique » des idéaux du Rapport Roquet. Là où le rapport proposait une vision, Collin a tenté de construire les outils didactiques (comme la « méthode de recherche philosophique ») pour rendre cette vision praticable dans les salles de classe.


Préambule du Rapport Roquet


Notes sur le contenu du préambule :

Ce préambule est important pour votre recherche car il établit deux points que Claude Collin a par la suite critiqués dans son article :

  1. La méthode de travail : Le comité souligne avoir tenu « vingt et une journées de réunion » et consulté « de nombreux éducateurs et étudiants ». Collin reprochera justement au comité de s’être basé sur des impressions et des consultations psychologiques plutôt que sur une méthode scientifique rigoureuse.

  2. L’unanimité : Le rapport affirme que tous les éléments ont été acceptés à l’unanimité par les membres du comité, ce qui renforçait son autorité au moment de sa parution.

Le 10 décembre 1970.

Monsieur Léo Paré, Directeur du service des programmes et examens, Direction Générale de l’Enseignement collégial, 917 Mgr Grandin, Ste-Foy, Qué.

Monsieur le Directeur,

Le comité d’étude des cours communs à tous les étudiants du CEGEP a rempli le mandat que vous lui aviez confié et vous remet aujourd’hui un rapport dont tous les éléments ont été acceptés à l’unanimité.

Les membres du comité ont consacré à cette étude dix mois de travail au cours desquels ils ont tenu vingt et une journées complètes de réunion. Ils ont fait appel à la collaboration de nombreux éducateurs et étudiants ainsi que de nombreuses personnalités appartenant à divers domaines d’activités.

Le comité remercie toutes ces personnes de leur aide précieuse et tient à exprimer sa reconnaissance à la Direction Générale de l’Enseignement collégial pour la confiance qu’elle lui a manifestée et pour l’entière liberté qu’elle lui a laissée au cours de ses travaux.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Le président du comité,

Ghislain Roquet


LA RÉACTION CE CLAUDE COLLIN AU RAPPORT ROQUET

L’Action nationale, Volume LX, Numéro 8, Avril 1971, 75 cents.

Sur le Rapport Roquet

par Claude Collin et Z.-A. Osana,

professeurs de philosophie

L’Action nationale, Volume LX, Numéro 8, Avril 1071, Pages 655-661

Depuis la fondation des CEGEP, les cours communs n’ont pas été sans susciter certaines inquiétudes. On s’interrogeait sur leur utilité, leur pertinence, leur valeur pédagogique et sociale. Les autorités provinciales, les CEGEP et pratiquement tous les professeurs de cours communs, ont saisi l’ampleur du problème. Ils ont fait des propositions pertinentes et sont allés jusqu’à proposer et mettre en pratique certaines solutions du problème.

Il était donc évident qu’une certaine restructuration du cours commun devait s’effectuer. Et nous devenions de plus en plus sensibilisés au fait que la solution de ce problème devait être amorcée sous son angle le plus important, à savoir, l’angle pédagogique. En effet, en tant que professeurs, toutes les communications et toute la littérature reçues concernant ce problème, étaient inspirées d’une approche pédagogique.

Nous attendions donc, avec un certain espoir, le rapport du « Comité d’Étude des Cours Communs à tous les Étudiants du CEGEP, chargé, par le directeur du service des programmes et examens, de « fournir des précisions et recommandations » sur les problèmes concernant les cours communs au niveau collégial.

Nous avons le regret de constater que le rapport du comité Roquet, tout en formulant vingt-six recommandations, ne nous fournit aucun moyen d’évaluer le bien-fondé de celles-ci. Nous aurions souhaité trouver moins d’affirmations globales et gratuites, et une méthode de travail plus rigoureuse et appropriée. Nous nous demandons même, comment il serait possible d’attacher de l’importance à ces recommandations, qui semblent beaucoup plus le fruit d’impressions générales, que d’une analyse sérieuse du problème.

A- Gratuité de plusieurs affirmations du rapport

Disons tout de suite, à la décharge du comité, que le mandat, tel qu’explicité par le directeur du service des programmes et examens pouvait peut-être inviter à certaines redites des affirmations globales du Rapport Parent concernant les objectifs généraux de l’enseignement collégial (voir p. 6 No I). Ce que le comité n’a d’ailleurs pas manqué de faire dès le premier chapitre (p. 13) intitulé : « Les rapports antérieurs: structure des programmes et identification du malaise. » On chercherait en vain, dans ces pages, l’identification du malaise. Cela nous semble assez compréhensible d’ailleurs, puisque, en dehors des affirmations extraites du Rapport Parent, le rapport du comité se contente de rappeler certaines recommandations des comités consultatifs relatifs aux cours de spécialisation. (voir p. 17-8, No 7)

En réalité, ce que le rapport comporte au sujet de l’identification du malaise, réside dans les affirmations suivantes, qui jusqu’à preuve du contraire, nous semblent purement gratuites :

1-« On ne réalise pas, affirme le rapport Roquet, (p. 18) un objectif fondamental proposé par le Rapport Parent: mettre les étudiants en contact avec les principaux univers de connaissance. »

Cette première affirmation ne serait pas gratuite, si on pouvait nous dire sur quels faits elle s’appuie. S’ils existent ces faits, avec quelle méthode les a-t-on observés, sélectionnés, compilés? Le rapport reste muet sur ce point fondamental. Nous aimerions bien savoir comment l’on sait que cet objectif n’a pas été réalisé. Et si cela est, ne serait-il pas à propos de se demander pour quelles raisons? Serait-ce parce que les professeurs n’ont pas conçu l’objectif comme ils l’auraient dû ? ou bien parce qu’ils n’ont pas eu à leur disposition la préparation nécessaire ? Ou bien, serait-ce parce que les étudiants n’étaient pas aptes à accéder à ces univers de connaissance? Pourquoi conclure, sans plus ample analyse des faits, en la nécessité d’un réaménagement des programmes et dans tel sens déterminé? Si le comité avait cru important de répondre à ces questions, ses vingt-six propositions auraient mérité une certaine considération.

2- « Les cours communs ne tiennent pas assez compte des besoins de la société industrielle » affirme encore le rapport (p. 18).

Nous nous demandons à quoi rime une telle affirmation? Des études qui sont de nature strictement théorique peuvent-elles résoudre des problèmes pratiques d’ordre industriel? Ou bien, veut-on nous dire ici, que la société industrielle exige des connaissances particulières et adéquates ? Exige-t-elle des aptitudes bien déterminées et lesquelles ? Par exemple: lecture de plans et devis? connaissance du fonctionnement financier ? Comment le savoir ? Quels sont ces besoins précis de la société industrielle dont les cours communs ne tiennent pas assez compte ? Tout cela peut être vrai, mais encore une fois, comment le savoir? Le rapport du comité ne le dit pas. Il se contente d’affirmer.

3- « Les cours de français négligent trop la communication parlée et écrite. » « La formation générale prévue ignore trop l’univers de l’économie. » (p. 18)

Encore une fois, sur quoi se base-t-on pour faire de telles affirmations? D’ailleurs, quelle est la juste me-

sure? Comment l’établir? Sur la base de quels critères et de quels faits ? Faut-il un cours de comptabilité? Est-ce que la connaissance des opérations bancaires serait assez ? ou trop? Il est bien évident que dans ce rapport, on n’a pas pris la peine de vérifier et contrôler ces affirmations. Jusqu’à preuve du contraire, nous croyons qu’elles sont le fruit d’impressions générales, rien de plus.

B- La méthode de travail du comité

La grande faiblesse de ce rapport, et qui enlève, à notre avis, toute valeur de crédibilité à ses recommandations, réside dans un manque évident de méthode scientifique. Et cela, malgré la suggestion du directeur du service des programmes et examens indiquée dans le mandat (p. 6 No 1) par les mots suivants : « il est nécessaire aussi d’examiner l’expérience vécue dans les CEGEP. »

Il ne suffit pas, pour identifier une situation et les problèmes qu’elle comporte, de consulter quelques personnes, si éminentes soient-elles, et de leur demander leurs impressions, (voir le questionnaire soumis à un certain nombre de professeurs et étudiants, à la fin du rapport) (et la description du travail du comité, p. 22). Comment peut-on se baser sur une appréciation purement psychologique pour tirer des conclusions de fait et des recommandations! Car, l’expérience vécue, n’est pas autre chose que la connaissance de la situation actuelle établie le plus scientifiquement possible, et non pas sur des impressions. Il faut savoir décrire les faits et les étayer avec des données réelles. On ne bâtit rien de solide sur des impressions!

Il ne suffit pas, non plus, d’échafauder un barrage de principes passe-partout tellement généraux qu’ils peuvent se dire de n’importe quoi, fussent-ils consacrés par le enilat rapport d’une enquête royale. (p. 27-31)

Un plus grand souci de méthode aurait pu éviter au comité de sombrer dans de telles généralités. Il eût fallu, dès le début, établir la distinction bien nette entre les objectifs lointains concernant chaque individu, quel qu’il soit, et l’objectif plus précis de l’enseignement du CEGEP. Les objectifs, tels que les considère le comité, sont des objectifs dans le sens le plus large, qui intéressent chaque individu (voir p. 27-8-9). Mais les objectifs précis, concernant les étudiants qui viennent du secondaire avec telle formation affective et intellectuelle, on n’a pas senti le besoin de s’en préoccuper.

Ajoutons que le nouvel aménagement des programmes, élaboré au chapitre deuxième est peut-être valable, malgré tout cela. Mais, nulle part en trouvons-nous la justification dans ce rapport. Car, la programmation des études, dépend de la connaissance de la société qui exige des études (société et université) et cette connaissance doit être suffisamment objective. Dans ce rapport, l’aménagement proposé n’est pas le résultat d’une étude sérieuse de la société et des étudiants: il est une projection d’avenir, basée sur des a priori.

On devrait pouvoir répondre à la question suivante : lorsqu’ils entrent dans les différents milieux de travail et à l’université, les étudiants sont-ils préparés? Quels sont les facteurs de cette intégration ? Comment se réalise-t-elle de fait ? Il est vrai que très peu d’études ont été effectuées pour établir la corrélation entre les études faites et l’intégration à la vie. Ce n’est qu’après quelques années à l’aide d’enquêtes objectives, que l’on pourrait le savoir.

Nous croyons donc que les propositions du rapport Roquet, ne sont que des vœux pieux, basés uniquement sur des données gratuites de la psycho-pédagogie. D’une connaissance un tant soit peu sérieuse (nous ne disons même pas scientifique) de la situation réelle, nous ne trouvons aucune trace dans ce rapport.

C- Apparences de démagogie pédagogique

Les recommandations inspirées par une telle approche d’un problème qui mériterait d’être traité scientifiquement, peuvent difficilement éviter les apparences d’une démagogie pédagogique. Nous appelons démagogie ce qui s’alimente de l’imagination plutôt que de la raison, et qui pousse à des degrés injustifiés des tendances affectives. Nous voudrions relever, parmi bien d’autres, un exemple qui illustre bien ce que nous voulons dire.

Il s’agit du passage concernant l’évaluation des professeurs. Il mérite d’être cité en entier.

« Il faut d’abord que le professeur ait les moyens de s’auto-évaluer. Cela se fera en fonction des objectifs précis de son enseignement. D’autre part, une évaluation pourra aussi se faire à l’intérieur de chaque département où l’équipe des professeurs examine dans quelle mesure elle a réussi à réaliser son « projet d’éducation ». Une certaine évaluation peut aussi se faire par les étudiants. Nous savons que cela n’est pas sans danger, mais il s’agira d’utiliser les moyens adéquats, et ne pas en surestimer la portée. Enfin, on pourra tenir compte des travaux de recherche du professeur, de sa disponibilité aux étudiants, de l’intensité de sa participation à la vie du département auquel il appartient, de la qualité du travail administratif (sic) qu’il doit exécuter. Bref, nous souhaitons que de plus en plus, l’ensemble du travail du professeur, spécialement son excellence au plan pédagogique, puisse être évalué et considéré pour divers avantages. »

Une auto-évaluation, en rapport avec divers avantages, et en équipe ! Pour qui connaît un tant soit peu le métier de professeur et un tantinet les multiples problèmes concernant l’évaluation, cette proposition apparaît tout simplement irresponsable, pour ne pas dire loufoque. Un des grands spécialistes de la question (E. Planchard, La Pédagogie Scolaire Contemporaine, p. 227 ss) affirme qu’il existe actuellement au-delà de 500 ouvrages sérieux sur l’évaluation des professeurs et que seulement six ou sept méthodes sont actuellement connues et qui ont quand même l’inconvénient de ne pas présenter suffisamment d’objectivité et de véracité. Et l’on propose de s’auto-évaluer! Ou bien le professeur dit la vérité et alors c’est la fin de son travail, car il n’y a personne dont le travail soit à cent pour cent acceptable; ou bien il ne dit pas la vérité: il est clair alors, qu’il faut une hétéro-évaluation. Dans quelle mesure alors fera-t-elle contrepoids à l’auto-évaluation?

Au fond, le problème du professeur est bien différent. D’abord, comment préparer le cours pour qu’il soit à la fois fidèle au programme et adapté aux étudiants ? Ensuite, quels moyens didactiques utiliser et comment ? Cela suppose, évidemment, une sérieuse connaissance de toute la science pédagogique. Seule cette science peut prévenir les écarts de la démagogie pédagogique.

Conclusion

À notre avis, à la suite de ce rapport, le problème des cours communs reste entier. Ne conviendrait-il pas de confier le travail, non à un comité aux moyens restreints, mais à une équipe de chercheurs dont la seule occupation serait de décrire aussi fidèlement que possible la situation de l’enseignement et de son influence réelle sur la société, en tenant compte séparément des différents secteurs de l’enseignement. À l’aide d’une méthode scientifique appropriée, il serait possible de faire des recommandations qui pourraient s’appuyer sur des faits précis et bien observés. Pourquoi privilégier l’improvisation dans un domaine aussi important que l’enseignement ?

— Fin de la réaction de Claude Collin au Rapport Roquet —

Source : L’Action nationale, Volume LX, Numéro 8, Avril 1071, Pages 655-661 (copie archivée par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ).


Ce que dit le Rapport Roquet (1970) Ce que Claude Collin réplique (1971)
Sur les objectifs : Mettre les étudiants en contact avec les « univers de connaissance ». La critique : C’est une affirmation gratuite. Comment sait-on que ce n’est pas déjà fait ? Où sont les faits ?
Sur la méthode : Propose une approche thématique et centrée sur l’étudiant. La critique : C’est de la « démagogie pédagogique » si on n’a pas de méthode scientifique pour l’évaluer.
Sur l’évaluation : Prône l’auto-évaluation et l’évaluation par les pairs/étudiants. La critique : C’est « loufoque » et irresponsable sans une science pédagogique rigoureuse.

Voici le résumé des 7 univers de connaissance (ou univers de savoir) tels que définis dans le Rapport Roquet de 1970. Cette structure visait à remplacer les disciplines isolées par des champs de savoir intégrés, afin d’offrir une formation générale complète à l’étudiant.

  • L’univers du langage : Centré sur la maîtrise de la langue comme outil de communication et de pensée. Il englobe non seulement le français (langue maternelle), mais aussi l’étude des mécanismes de l’expression et de la compréhension.

  • L’univers de la littérature : Vise à mettre l’étudiant en contact avec les grandes œuvres et les courants de pensée. Il ne s’agit pas seulement d’histoire littéraire, mais d’une exploration de la condition humaine à travers les textes.

  • L’univers de la personne : Regroupe principalement la philosophie et la psychologie. Cet univers a pour but d’aider l’étudiant à se situer en tant qu’individu, à structurer sa pensée critique et à réfléchir sur ses valeurs et son existence.

  • L’univers de la société : Porte sur les sciences humaines (histoire, sociologie, économie, politique). Il vise à faire comprendre les structures sociales, les rapports de force et les mécanismes qui régissent la vie en collectivité.

  • L’univers de la matière et de la vie : Englobe les sciences de la nature (biologie, physique, chimie). L’objectif est d’initier l’étudiant aux lois du monde physique et aux fondements de la vie biologique.

  • L’univers de la mesure : Principalement axé sur les mathématiques et la logique. Cet univers permet d’acquérir les outils de quantification, d’abstraction et de rigueur nécessaires à l’analyse scientifique.

  • L’univers de l’art : Concerne l’expression esthétique et la créativité. Il vise à développer la sensibilité de l’étudiant et sa capacité à interpréter ou à produire des formes artistiques (arts plastiques, musique, théâtre, etc.).

C’est précisément cette division en « univers » que Claude Collin critiquait pour son aspect parfois arbitraire ou « a priori », craignant que l’on ne privilégie la structure administrative sur la réalité de l’expérience vécue par l’étudiant en salle de classe.


Le Choc : La réponse de Claude Collin

Le texte de Collin et Osana constitue une charge frontale contre ce qu’ils appellent le manque de rigueur du Comité Roquet. Pour ces professeurs de philosophie, le rapport ne repose pas sur une analyse réelle du terrain, mais sur une vision désincarnée de l’enseignement.

1. La dénonciation des « impressions générales »

Collin critique sévèrement le fait que le Comité ait basé ses recommandations sur des consultations d’opinions plutôt que sur des faits vérifiables. Il rejette l’idée que le « malaise » des cégeps puisse être identifié par de simples discussions.

« Nous nous demandons même, comment il serait possible d’attacher de l’importance à ces recommandations, qui semblent beaucoup plus le fruit d’impressions générales, que d’une analyse sérieuse du problème. »

2. L’appel à la « méthode scientifique »

Pour Collin, l’enseignement est une discipline qui doit s’appuyer sur une science pédagogique. Il reproche au rapport d’avoir ignoré l’expérience scientifique au profit d’une approche purement psychologique ou idéologique.

« La grande faiblesse de ce rapport […] réside dans un manque évident de méthode scientifique. […] Comment peut-on se baser sur une appréciation purement psychologique pour tirer des conclusions de fait et des recommandations! Car, l’expérience vécue, n’est pas autre chose que la connaissance de la situation actuelle établie le plus scientifiquement possible, et non pas sur des impressions. »

3. La critique de la « démagogie pédagogique »

Collin va jusqu’à accuser le rapport de démagogie, particulièrement en ce qui concerne l’auto-évaluation des professeurs, qu’il juge « irresponsable » et « loufoque ». Il soutient que seule la recherche rigoureuse peut sauver l’enseignement de l’improvisation.

« Il faut savoir décrire les faits et les étayer avec des données réelles. On ne bâtit rien de solide sur des impressions! […] Pourquoi privilégier l’improvisation dans un domaine aussi important que l’enseignement ? »

Synthèse de l’opposition

Le choc entre Roquet et Collin est celui de deux visions :

  • Roquet propose une réforme basée sur une vision humaniste et thématique (les « univers »), espérant que le changement de structure inspirera une nouvelle dynamique.

  • Collin exige une réforme basée sur une didactique expérimentale, où chaque changement doit être testé, mesuré et justifié par des données pédagogiques concrètes.

C’est cette exigence de rigueur qui mènera Collin à fonder l’Institut de recherches didactiques de Laval, afin de produire lui-même cette « science pédagogique » qu’il jugeait absente du Rapport Roquet.


Conclusion : Du Choc des Idées à la Création de l’Institut de recherches didactiques de Laval Inc.

Le débat entourant le Rapport Roquet n’a pas été qu’une simple dispute académique pour Claude Collin ; il a agi comme le catalyseur d’une œuvre institutionnelle. Voici comment cette confrontation a conduit à la naissance de l’Institut de recherches didactiques de Laval Inc.

1. Transformer la critique en projet

Dans son article de L’Action Nationale, Collin concluait que le problème des cours communs restait « entier ». Constatant que le gouvernement et le comité Roquet privilégiaient ce qu’il appelait l’« improvisation », il a compris que la solution ne viendrait pas de l’administration, mais des professeurs eux-mêmes. Pour Collin, si le Rapport Roquet manquait de « méthode scientifique », il fallait créer un lieu pour inventer cette méthode.

2. Combler le vide méthodologique

Le Rapport Roquet proposait une vision (les « univers de savoir »), mais Collin estimait qu’elle restait une « projection d’avenir basée sur des a priori ». L’Institut a donc été fondé avec une mission précise : passer de la spéculation à l’expérimentation.

  • L’objectif : Étudier scientifiquement comment un étudiant de 17 ou 18 ans apprend réellement à philosopher.

  • L’outil : La Didactique expérimentale, une approche qui rejette les « impressions générales » pour s’appuyer sur des faits pédagogiques observés en classe.

3. Le manifeste de l’Institut

L’aboutissement direct de cette démarche fut la publication, sous l’égide de l’Institut, de l’ouvrage L’enseignement de la philosophie : essai de didactique expérimentale (1974). Ce livre est la réponse technique et concrète aux lacunes que Collin dénonçait chez Roquet trois ans plus tôt.

4. Un héritage de rigueur

En créant son propre institut, Collin a instauré un modèle où le professeur de philosophie est aussi un chercheur en pédagogie. Il a déplacé le centre de gravité de la réforme : ce ne sont plus les structures (les programmes) qui doivent changer en premier, mais la relation didactique entre le sujet (l’étudiant), l’objet (la sagesse) et le maître.

En somme, l’Institut de recherches didactiques de Laval fut la réponse structurelle de Claude Collin à l’insuffisance qu’il percevait dans le Rapport Roquet. Là où Roquet a dessiné une carte théorique des savoirs, Collin a voulu construire le laboratoire où l’on apprendrait enfin à les enseigner.


Est-ce qu’il y a un lien entre la réaction de Claude Collin au rapport roquet et le test PERPE/PHILO ?

Oui, il existe un lien direct et fondamental entre la réaction de Claude Collin au rapport Roquet et le test PERPE (Perceptions des Étudiants de la Relation Pédagogique et de son Efficacité), plus précisément son adaptation sous la forme du PERPE/PHILO.

Ce lien repose sur la volonté de Claude Collin de substituer une méthode scientifique aux « impressions générales » qu’il reprochait au comité Roquet.

1. La genèse : de la critique à l’outil de mesure

Dans sa réponse de 1971 au rapport Roquet, Claude Collin affirmait :

« Comment peut-on se baser sur une appréciation purement psychologique pour tirer des conclusions de fait […] l’expérience vécue n’est pas autre chose que la connaissance de la situation actuelle établie le plus scientifiquement possible. »

Pour Collin, le rapport Roquet péchait par manque de données objectives sur ce qui se passait réellement dans les classes de philosophie. Le test PERPE est devenu l’instrument de cette « science pédagogique » qu’il réclamait.

2. Qu’est-ce que le test PERPE/PHILO ?

Le PERPE est un instrument de mesure (développé à l’origine par le psychologue belge Gilbert De Landsheere, puis adapté au Québec par l’Institut de recherches didactiques de Laval) qui permet d’évaluer la relation pédagogique.

Sous l’impulsion de Claude Collin et de l’Institut, il a été adapté spécifiquement pour la philosophie afin de mesurer trois dimensions :

  • Le perçu : Comment l’étudiant perçoit l’enseignement qu’il reçoit.

  • L’idéal : Ce que l’étudiant souhaiterait idéalement recevoir.

  • L’efficience : L’écart entre le perçu et l’idéal.

3. Le lien avec la « Démagogie Pédagogique »

Dans le document que nous avons analysé, Collin s’insurgeait contre la recommandation de Roquet sur l’auto-évaluation des professeurs, la qualifiant de « loufoque » si elle n’était pas encadrée par une méthode rigoureuse.

Le PERPE/PHILO est la réponse technique de Collin à cette problématique :

  • Plutôt qu’une auto-évaluation subjective ou une simple évaluation administrative, le PERPE fournit un profil diagnostique basé sur les perceptions croisées des étudiants et du professeur.

  • Il transforme l’évaluation en une recherche-action où le professeur devient un chercheur expérimentant sur sa propre pratique, loin de l’improvisation dénoncée par Collin.

4. L’Institut de recherches didactiques de Laval comme pivot

C’est par le biais de son Institut que Claude Collin a diffusé le test PERPE/PHILO dans les Cégeps. L’Institut utilisait les résultats de ces tests pour :

  1. Démontrer scientifiquement les besoins des étudiants (là où Roquet ne faisait que des « vœux pieux »).

  2. Valider l’efficacité de la méthode inductive (la didactique expérimentale) prônée par Collin.

En résumé

Le test PERPE/PHILO est la concrétisation technique de la colère de Collin contre le rapport Roquet. Là où Roquet proposait une réforme par les structures (les 7 univers), Collin a imposé une réforme par la mesure de la relation pédagogique, utilisant le PERPE comme l’outil scientifique capable de prouver ce qui fonctionne ou non dans l’enseignement de la philosophie.


À VENIR : Un article au sujet du Test PERPE/PHILO.


Hommage au pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial, Claude Collin (1925 – 2018)

Pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial

Claude Collin (1925 – 2018) a développé une position didactique dite « expérimentale », centrée sur l’expérience philosophique et sur le processus de penser plutôt que sur un simple apprentissage technique de contenus. L’idée est de concevoir l’enseignement de la philosophie non pas comme une succession d’exercices formels, mais comme une mise en situation réflexive où l’étudiant engage son expérience intérieure et son rapport au sens philosophique.

Ce point de vue, longtemps marginal dans les programmes collégiaux, s’inscrit dans une critique générale de l’éducation qui cherche à donner du sens à l’acte de philosopher plutôt qu’à en faire un ensemble de compétences mesurables ou un simple savoir transmis.

LISTE DE NOS PAGES CONSACRÉES À CLAUDE COLLIN

PAGE D’ACCUEIL DE LA SECTION SPÉCIALE DÉDIÉE À CLAUDE COLLIN

Hommage au pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial, Claude Collin (1925 – 2018)

ÉCRITS PÉDAGOGIQUES DE CLAUDE COLLIN SUR LE WEB

Deux documents gratuits à télécharger

Site web de Claude Collin hébergé par Cégep du Vieux-Montréal

Article # 163 – Hommage à Claude Collin, professeur de philosophie, pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial (Québec) 1 de 2

Site web personnel de Claude Collin

Article # 164 – Hommage à Claude Collin, professeur de philosophie, pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial (Québec) 2 de 2

Communiqué de presse – Écrits pédagogiques

Communiqué de presse – Hommage à Claude Collin (1925 – 2018), professeur de philosophie, pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial

LIVRES – RAPPORT DE LECTURE

Initiation philosophique en quatre leçons, Claude Collin, Éditions Le Griffon d’argile, 1994 (rapport de lecture)

LIVRES GRATUITS – NOUVELLES ÉDITIONS GRATUITES

Trois livres numériques à télécharger gratuitement

Initiation philosophique en quatre leçons, Claude Collin, Éditions Le Griffon d’argile, 1994

L’expérience philosophique, essai de didactique expérimentale, Claude Collin, Montréal, Bellarmin, 1978

L’enseignement de la philosophie, essai de didactique expérimentale, Claude Collin, Montréal, Bellarmin, 1974

À VENIR : COLLIN, Claude, Méthode de recherche philosophique, Griffon d’argile, 1990.

Communiqué de presse – Nouvelles éditions gratuites

Communiqué de presse – Rééditions de deux des essais de Claude Collin (1925 – 2018), professeur de philosophie, pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial

REVUE DE PRESSE – CLAUDE COLLIN DANS LES MÉDIAS

Revue de presse – Claude Collin (1925 – 2018), professeur de philosophie, pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial

INTERVENTIONS DE CLAUDE COLLIN

Congrès mondial de la philosophie (1983)

Intervention de Claude Collin au XVIIe Congrès mondiale de la philosophie, Montréal, 1983

Revue Prospectives

Le test de PERPE/ PHILO et la problématique de l’enseignement de la philosophie par Claude COLLlN et S.A. OSANA, Prospectives, Volume 7, Numéro 5, 1971

Société canadienne de la philosophie

Article # 169 – L‘enseignement de la philosophie, Claude Collin*, Société Canadienne de Philosophie, 2008


 

Voir tous nos articles

Article # 170 – L‘enseignement de la philosophie,  Claude Collin*, Société Canadienne de Philosophie, 2008

L‘enseignement de la philosophie

Claude Collin*, Société Canadienne de Philosophie


* Lic. Théologie, U. Montréal et Lic. Philosophie, U. St. Thomas d’Aquin, Rome. Membre du Comité Directeur de la Société Canadienne de Philosophie


Questions de philosophie n° 10 Année 2008 ISSN 0123-5095 Tunja-Colombie

Cuestiones de Filosofía No. 10 Año 2008 ISSN 0123-5095 Tunja-Colombia

Article archivé sur le site de Cuestiones de Filosofía

Reçu : 11 juin 2009 – Approuvé : 10 août 2009


Cuestiones de Filosofía est une revue institutionnelle de l’École de philosophie et de lettres, de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université pédagogique et technologique de Colombie. Elle a été fondée en 1998. Elle s’adresse aux lecteurs et aux chercheurs intéressés par les réflexions et les recherches dans le domaine de la philosophie.


L‘enseignement de la philosophie

Par Claude Collin

Cet article porte sur l’enseignement de la philosophie. Il décrit et analyse une remise en question radicale des principaux éléments pédagogiques relatifs à cet enseignement, suite à la création d’un Ministère de l’Éducation au Québec en 1964. Parmi les multiples essais tentés par les professeurs afin de rendre cet enseignement accessible, mesurable et efficace, ce document s’arrête sur un essai de didactique scientifique qui ramène la problématique de l’enseignement philosophique au passage de l’expérience vécue commune à l’expérience philosophique achevée. La méthode utilisée dans l’élaboration de cette didactique s’inspire de la méthode de Raymond Buyse, qui repose sur la notion de fait pédagogique.

Mots clés : enseignement, didactique, fait pédagogique, expérience vécue, expérience philosophique.

L’ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE

Au début des années ’60, s’opéra au Québec une révolution culturelle que l’on appela la « révolution tranquille », au cours de laquelle l’enseignement de la philosophie, au niveau collégial, subit une transformation radicale. L’événement déclencheur de cette révolution fut sans doute la création d’un Ministère de l’éducation. Je voudrais, dans les pages qui suivent, m’arrêter sur ce moment historique précieux, pour le décrire et en marquer la fécondité didactique.

Ce qui fait l’intérêt de cette brève période de transformation c’est qu’elle remettait en question toute la problématique de l’enseignement de la philosophie. La société elle-même passait d’un état stable, paisible, sans trop d’histoire, à un état évolutif doué d’une vitalité nouvelle. Ce fut comme une renaissance pleine de promesses.

J’aborderai donc cette présentation en deux parties : dans un premier temps, je tenterai de décrire l’état de l’enseignement au moment de la création du Ministère ; ensuite, je présenterai un essai de didactique scientifique de la philosophie, qui fut élaborée durant cette période.

Première partie

L’état antérieur

Pour bien cerner l’état précédent de l’enseignement de la philosophie, il faudrait décrire les conditions pédagogiques antérieures, puis analyser brièvement les différentes tentatives de renouveau et, enfin, exposer la problématique de l’enseignement de la philosophie au niveau des cégeps(1).

1- Les conditions pédagogiques antérieures

Comme tous les enseignants de l’époque au Québec (de 1950 à 1960), nous enseignions dans un système que nous connaissions bien, puisque nous l’avions déjà vécu comme étudiants. Ce système s’inspirait de l’humanisme gréco-latin, de la tradition judéo-chrétienne et de la doctrine sociale de l’Église. Il répondait aux exigences d’une société monolithique, longtemps repliée sur elle-même pour bon nombre de raisons historiques, et qui tardait à entrer dans la modernité.

Dans un tel contexte, le rôle de l’enseignement de la philosophie était clair et tous les agents et responsables de l’éducation le comprenaient. L’enseignement de la logique d’Aristote pouvait répondre parfaitement aux exigences des valeurs intellectuelles recherchées et défendues à l’époque : l’enseignement de la métaphysique et de la théodicée cadrait bien avec les croyances religieuses admises et pratiquées par l’ensemble de la société d’alors; et l’enseignement de la philosophie morale, sociale et politique s’inspirait des valeurs reconnues et partagées par la communauté.

On enseignait une philosophie particulière, le thomisme, à l’aide d’un ou deux manuels; il y avait un examen commun qui portait sur les 24 thèses thomistes constituant l’armature de la philosophia perennis.

Dans ce contexte, la philosophie jouissait d’un immense prestige puisqu’elle occupait tout l’espace. Les sciences humaines comportaient l’histoire et la littérature de toutes les époques, en particulier les périodes classiques de la Grèce antique, du Moyen-Âge et de la Renaissance. On s’arrêtait donc aux racines de la culture occidentale. Les sciences mathématiques, la biologie, la physique et la chimie étaient réduites à leurs éléments les plus simples (qui correspondaient d’ailleurs aux exigences universitaires de l’époque). L’enseignement professionnel et l’enseignement technique relevaient d’écoles spécialisées où se donnaient quand même des cours de morale sociale(2).

Dans ces conditions, il est facile de comprendre quel défi les enseignants de la philosophie durent relever au moment de l’instauration des cégeps. De fait, ce sont toutes les conditions pédagogiques qui changeaient brusquement : apparition d’une population étudiante de 16 et 17 ans comparativement à la précédente de 19-20 ans; programmes fluctuants et indéterminés, méconnaissance du passé culturel de ces nouveaux étudiants, éclatement de la philosophia perennis, enfin, disparition de plus en plus évidente de ce qui constituait les bases de notre culture. De plus, les cours passaient de 7 et 9 heures / semaine à 3 heures / semaine ; et l’ensemble de la matière était réparti en 4 sessions de 45 heures. à la place de tous les traités traditionnels qui s’étalaient de la logique à la morale.

2 – Les essais de renouveau

Il va sans dire qu’une telle situation pédagogique favorisait une remise en question en profondeur de cet enseignement, car tous les éléments de la pédagogie étaient touchés par cette réforme (le sujet de l’éducation, l’enseignant, l’objectif à atteindre, les moyens à utiliser pour y parvenir et le degré d’apprentissage). Dès lors, on vit naître toutes sortes d’essais, de méthodes, de techniques, de moyens pédagogiques; d’une façon générale, on peut dire que tous ces efforts manifestaient une vitalité rafraîchissante dans le réseau. Ce fut une période exaltante et je crois que dans l’ensemble, les résultats furent plutôt positifs.

On peut signaler plusieurs tendances différentes parmi tous ces efforts :

2.1 Certains s’inspirèrent des plus récents développements de la psychologie, en privilégiant la psychologie de Rogers. « Aucune connaissance n’étant plus certaine, la seule chose que nous puissions enseigner actuellement, affirme Rogers, c’est apprendre à apprendre ».

Il est vrai que cette méthode de Rogers permettait à l’individu de développer son affectivité à l’égard des objets de connaissance, mais elle n’apprenait pas à apprendre. Cependant, elle apportait certaines idées-forces comme la non-directivité, l’auto-évaluation, la dynamique de groupe, une pédagogie de situation.

2.2 Une seconde tendance, sans doute la plus répandue, reposait sur l’expérience des professeurs. D’une part, tout enseignant possède même inconsciemment une connaissance du processus mental propre à la philosophie comme discipline de l’esprit, autrement il ne pourrait même pas enseigner la philosophie. D’autre part, l’ambiguïté de la philosophie elle-même favorisait cette tendance. Nous n’étions plus à l’époque de la philosophie unique de l’ancien système.

En pratique, les enseignants n’avaient pas tellement le choix et faisaient appel à leur expérience.

M. Hubert Grenier, dans son livre sur « La Connaissance Philosophique»(3) exprime bien cette attitude en rappelant qu’il n’y a pas d’autres moyens d’introduire les autres à la pensée que de penser soi-même.

Au fond, cette façon d’envisager l’enseignement qu’exprime Hubert Grenier, est bien celle du philosophe.

Nous pouvons donc dire que tout enseignant possède une conception psychopédagogique de l’étudiant, laquelle tend à demeurer à l’état de supposition tant que nous n’avons pas envisagé une méthode de recherche pédagogique capable d’étudier les faits pédagogiques que nous pouvons recueillir dans la classe. En résumé, il s’agit d’un art qui peut être enrichi sans doute par la pédagogie.

2.3 La dernière tendance qu’on pourrait signaler, est celle qui prônait un changement radical du contenu philosophique du programme.

 Ainsi, l’enseignement du marxisme connut une certaine popularité. Mais même alors, le problème pédagogique restait entier. On risquait de confondre philosophie et pédagogie. Une philosophie, ou une idéologie ne nous apprend strictement rien sur le processus suivant lequel l’étudiant apprend à philosopher. Une méthode pédagogique porte sur les moyens, (comme par exemple un cours magistral) tandis qu’une méthode philosophique (comme la dialectique, l’analyse) porte sur le processus intellectuel.

On était soucieux de rapprocher le contenu philosophique de la réalité vécue dans notre milieu pour plusieurs raisons : les étudiants n’avaient pas, semble-t-il, la préparation intellectuelle nécessaire, ou du moins, ce n’était plus la même préparation, sans latin ni grec, et de plus, ils appartenaient à une trentaine de concentrations différentes!

Que pouvons-nous conclure de cette description de l’état de l’enseignement de la philosophie au moment de l’instauration du Ministère de l’Éducation?

Plusieurs professeurs ont comparé cette période à celle qui prévalut à l’époque de la Révolution française au cours de laquelle on instaura le cours de philosophie(4). Il s’agissait d’une ère nouvelle où la philosophie cessa d’être considérée comme la servante de la théologie. Il n’y avait plus une philosophie officielle, mais une ouverture sur les connaissances, un appel à l’observation de la réalité vécue à partir de laquelle il fallait réfléchir.

Ce qui ressort de ce brassement d’idées, c’est l’impression qu’une culture nouvelle cherche à se frayer un chemin à travers les éléments d’une culture de moins en moins actuelle. Place aux sciences humaines et même aux technologies nouvelles pour permettre à la jeunesse de se réaliser dans les meilleures conditions.

Il y eut, cela va de soi, une contestation de la philosophie qui n’a pas vraiment cessé depuis le début de la réforme. On reprocha à la philosophie son manque d’unité et son incohérence.

Certains regrettent que le recours aux auteurs anciens ne soit plus aussi exploité qu’autrefois. C’était une source de culture, comme le soutient Allan Bloom(5). Mais il faut admettre que la culture actuelle se nourrit des découvertes nombreuses et éclairantes des sciences humaines. Par exemple, pour comprendre la géopolitique de l’Amérique du Nord actuelle, rien de mieux qu’un auteur comme Paul Krugman (économiste) ou Emmanuel Todd (sociologue)(6).

Enfin, la réforme permettait à l’enseignement philosophique non seulement de s’ouvrir à la culture du temps présent, mais de repenser la pédagogie de cette matière en profondeur et avec beaucoup plus de précision.

3 – Problématique de l’enseignement de la philosophie

Dans ces conditions, une didactique scientifique de la philosophie était possible, car nous disposions déjà de tous les éléments permettant l’établissement des faits pédagogiques.

Ces derniers, en réalité, naissent de la pratique effective de l’enseignement de la philosophie. En effet, nous connaissons au moins par ouï-dire, les différentes méthodes qu’utilisent les professeurs (par exemple : exposé magistral, séminaire, travail d’équipe, enseignement audio-visuel). En plus, l’examen attentif des travaux imposés ainsi que celui des questions posées, nous révèle la nature des tâches que doivent accomplir les étudiants. Nous savons aussi qu’il est possible de recueillir des résultats, c’est-à-dire le genre de travaux que produisent les étudiants (examens écrits, dissertations, comptes rendus, synthèse, etc.).

L’une des difficultés dans l’élaboration d’une telle recherche réside dans cette notion de faits pédagogiques qu’il est absolument nécessaire de clarifier avant de l’appliquer à la didactique et de lui faire subir le traitement scientifique adéquat. Dans cette recherche, nous nous sommes inspirés de la théorie du Professeur Raymond Buyse(7),  ainsi que des travaux de L. N. Gage(8)  et de M.Debesse et G. Mialaret(9).

Précisons tout d’abord ce qu’il faut entendre par « fait pédagogique ».

Si nous admettons qu’un fait est l’objet d’un jugement reliant deux éléments, à savoir, d’une part, une réalité existante et constatée, et d’autre part, une qualité attribuée à cette réalité, on peut dire que le fait pédagogique implique un jugement reliant deux éléments : un élément constitutif de la réalité scolaire et un autre relevant de l’ordre soit psychopédagogique, sociologique, administratif, ou autre(10). Ainsi par exemple, les éléments constitutifs du fait pédagogique représentant la réalité scolaire seraient : l’élève, l’enseignant, une méthode décrite, les moyens didactiques utilisés, l’évaluation, le rendement, etc.(11)

D’autre part, les attributions possibles seraient les suivantes : des aspects concernant la psychologie (par exemple : l’élève n’est pas motivé pour un tel travail; ou bien il n’a pas appris l’essentiel de tel concept étudié, etc.) ; des aspects concernant l’administration (i.e. l’enseignant se sert de tel manuel imposé), ou la sociologie, (par exemple : le rendement des écoliers dépend des conditions matérielles et sociales).

Comme nous pouvons le constater, les faits pédagogiques sont multiples et variés. Mais il est évident aussi, que certains faits ne peuvent tout simplement pas faire l’objet d’un examen objectif, parce que l’un ou l’autre des éléments requis pour leur constitution, ne repose que sur la base fragile de l’opinion de celui qui les avait établis.

Il ne suffit pas que l’on soit en possession d’un seul fait ou d’une fréquence quelconque de ce même fait. La science n’est possible que si nous sommes en présence de deux ou plusieurs faits consécutifs dont on mesure le degré de succession nécessaire. Les faits doivent être quantifiables

On pourrait dire que d’un point de vue didactique, le fait pédagogique se définit comme l’expression d’un changement survenu, une modification qui s’est opérée entre un premier état qu’on pourrait appeler l’état initial, et un second état, le point d’arrivée, suite à une activité mentale imposée par l’apprentissage.

Il s’en suit qu’à strictement parler, tout fait pédagogique peut comporter plusieurs éléments essentiels, à savoir : le genre d’apprentissage à conférer à l’individu, la tâche précise à accomplir par l’étudiant, et la réaction de l’étudiant face à cette tâche(12).Ces éléments considérés séparément ne constituent pas, d’un point de vue scientifique, un fait pédagogique, ni même une base suffisante pour l’élaboration d’une didactique. Par exemple, la connaissance des livres utilisés, la détermination des buts spécifiques de la philosophie, l’explication détaillée d’un système pédagogique, certaines méthodes nouvelles et appliquées à l’enseignement de la philosophie (audio-visuel, séminaire, discussion etc.) ne constituent pas, considérées en elles-mêmes, des faits pédagogiques et ne sont pas suffisantes pour l’élaboration d’une didactique. Il faut la conjonction des trois éléments, i.e. la connaissance ou la description de la méthode, la tâche imposée aux sujets et l’expression des résultats.

Seconde partie

Une ouverture sur l’avenir

Après avoir examiné les différentes tendances qui se sont manifestées pour résoudre les problèmes de l’enseignement de la philosophie suite à la création d’un ministère de l’éducation, je voudrais m’arrêter sur la tendance scientifique en raison des possibilités et des aspects nouveaux qu’elle présente. Son approche est inductive (bottom-up) et non déductive (top-down), ce qui lui confère un aspect d’espoir de nouveauté.

Nous aborderons les trois questions suivantes : les travaux préalables, les recherches qu’ils suscitent (les algorithmes et les tâches), et l’élaboration d’une méthode didactique

1 – Les Travaux préalables

Afin de connaître le changement mental que nous voulons voir se réaliser chez l’étudiant suite à notre enseignement, et être en mesure de l’évaluer, il faudra réaliser un certain nombre de travaux préalables. En effet, il faut d’abord être en mesure de répondre aux questions suivantes :

  • comment fonctionnent mentalement les étudiants en rapport avec l’apprentissage de la philosophie ?
  • qu’attendons-nous des étudiants à qui l’on enseigne la philosophie? (Que faisons-nous lorsque nous enseignons la philosophie?)

Ce sont les deux questions fondamentales. On ne peut répondre à ces questions en se fiant uniquement à son instinct de professeur, à son expérience, ou à ce que la psychologie peut dire à ce sujet. Il s’agit des étudiants que nous avons devant nous. On ne peut se satisfaire d’une opinion.

Alors comment obtenir des réponses valables à ces questions? Ce n’est qu’en étudiant les faits pédagogiques, c’est-à-dire les résultats, que l’on peut y parvenir.

Il en est ainsi, d’ailleurs, de tous les problèmes pédagogiques que l’on rencontre. Nous avons dû faire un grand nombre d’études de faits pédagogiques(13) pour vraiment connaître les étudiants en rapport avec notre enseignement. La connaissance que nous avons d’eux repose toujours alors sur les faits.

Nous avons effectué plusieurs travaux préalables. Nous aborderons ici les deux principaux qui ont mené à l’élaboration de la méthode didactique. Ils portaient sur l’analyse de la pensée, (qui impliquait sans que nous l’ayons voulu, la critique de la pensée) et l’expérience vécue.

La première étude portait sur l’analyse de la pensée. Nous nous demandions ce que nous cherchons à communiquer à nos étudiants comme connaissance et comme savoir-faire lorsque nous enseignons la philosophie à des débutants. On a alors émis l’hypothèse que nous cherchions à amener nos étudiants à savoir analyser une pensée.

Ainsi nous leur avons demandé d’analyser la pensée suivante : « les cimetières sont remplis de gens qui se croyaient indispensables ».

Nous avons reçu 300 travaux que nous avons analysés pour voir comment réagissaient les étudiants à cette question. Les résultats nous ont éclairés beaucoup(14).

Ainsi, par exemple, à peine 3% des étudiants avaient pu identifier les concepts en question. Une bonne majorité ne faisaient que redire en d’autres termes ce que cette pensée leur suggérait à première vue. Plusieurs cherchaient à prouver la justesse de la proposition en faisant appel à leur expérience ou à des connaissance acquises par ailleurs en histoire ou en sciences.

Ce qui nous incita à leur demander, dans un second travail, de raconter une expérience vécue personnelle.

Ce travail fut très éclairant sur une foule d’aspects du comportement intellectuel des étudiants, mais aussi sur bien d’autres aspects utiles pour notre enseignement.

Ainsi, on put dresser une esquisse du profil mental de l’étudiant relativement à l’apprentissage philosophique; on se rend compte que la réflexion de l’étudiant est celle du mode ordinaire de pensée : elle est spontanée, (non structurée) elle se situe au niveau du concret, (non au niveau des idées – il pense par image) , elle utilise le langage courant, elle est au niveau du pratique, toujours tournée vers l’action (non au niveau des principes, elle est particulière et close sur elle-même, (non pas ouverte à une remise en question).

Les conséquences de cela sont les suivantes : on croit que toutes les opinions se valent; on pense comme tout le monde, on juge surtout l’image, on est à la remorque de toute prise de position partagée par l’ensemble, parce qu’on n’a pas de moyen d’en faire la critique, on aime discuter les stratégies d’action.

On put trouver des caractéristiques importantes de l’expérience vécue:

L’expérience vécue dont il est question ici, est l’expérience humaine. On ne doit pas la confondre avec l’expérience scientifique. Elle est extrêmement importante, puisque c’est le chemin de tous les apprentissages; en étudiant l’expérience vécue des étudiants, on peut distinguer les expériences communes, conformes au mode de pensée de tout le monde, et les expériences philosophiques qui sont toute autre chose(15).

Mais surtout elle a des caractéristiques importantes:

  • elle est particulière non seulement au niveau de la description, mais aussi au niveau de l’interprétation et de la conclusion qu’elle implique; ce qui nous éclaire beaucoup sur l’étudiant lui-même; (p.43 à 51 dans « l’expérience philosophique ».) i (cf. les notes à la fin de ce texte);
  • elle utilise un langage commun;
  • elle est interprétative; (p. 56 à 62);
  • elle est transformante (p. 62 à 65); ii (réf : notes de la fin de ce texte); – elle est souvent inconsciente (p. 65 à 71); iii (réf : notes de la fin de ce texte); – elle est rapidement généralisatrice.

On put préciser la spécificité de la philosophie(16); indiquer par quelle partie de la philosophie il serait préférable de commencer la séquence de cours; quels sont les concepts les plus utilisés par les étudiants, quels sont les problèmes philosophiques les plus faciles et les plus fréquents; quelle est la répartition des expériences des étudiants selon l’origine, le sexe, le genre de problème ; nous avons pu dresser une typologie des expériences, enfin une méthode de recherche à la portée des étudiants.

En résumé, nous avons là une mine d’aperçus qui nous éclairent sur les étudiants réels; ils nous aident à déterminer les algorithmes nécessaires à la stimulation de la réflexion. On peut ajouter à tout cela, que nous avons, de la même manière, trouvé une unité de mesure pour évaluer la capacité d’analyse de la pensée; une connaissance des problèmes personnels et sociaux des étudiants.

2- Les recherches

À partir des résultats de ces études préalables, il devenait possible de chercher les algorithmes capables d’amener les étudiants à réaliser des expériences vécues de type philosophique, à savoir : comment passer de l’expérience commune à l’expérience philosophique proprement dite? (17)

Nous avons été amenés à apporter des précisions très importantes concernant les habiletés intellectuelles qu’il fallait favoriser chez l’étudiant.

Pour que l’expérience vécue prenne un sens, il faut qu’elle devienne philosophique. C’està-dire que l’étudiant sache la rationaliser, la dégager de son caractère particulier, découvrir ce qu’elle nous apprend, l’évaluer. Nous avons pensé que cela était possible si nous divisions en étapes les difficultés à franchir. C’est pourquoi nous avons suggéré de commencer par décrire les faits constitutifs de l’événement, puis de les interpréter et enfin d’identifier la connaissance nouvelle que nous apporte l’expérience. Ce qui nous conduisait à proposer aux étudiants la tâche suivante :

  • décrire les faits, les éléments qui constituent l’événement à la base de l’expérience en question,
  • interpréter, i.e. dire les raisons d’être (selon vous) de cet événement, les pourquoi, etc.,
  • indiquer ce que cela (vous) a appris de nouveau, et l’exprimer sous forme d’énoncé de principe.

Ce questionnement s’est avéré très efficace puisse qu’il permettait à l’étudiant de dépasser le caractère particulier de l’expérience(18).  Par exemple voici quelques conclusions, sous forme  «d’énoncés de principe ». :

Une expérience d’exploration :

« L’être humain comble par l’exploration son besoin de connaître. »

Une expérience de musique :

« L’art est un langage qui sert à exprimer une émotion ».

Quand on a réussi à dégager de la description des faits, suivie de l’interprétation, un énoncé de principe, on doit se demander ce que vaut cette conclusion qui ressort des faits. On est porté à croire que cette proposition est ce qu’il y a de plus vrai. Mais cela reste à être prouvé. Il faut tout d’abord clarifier cet énoncé pour savoir ce qu’il dit vraiment. Ce qui nous entraine à effectuer une seconde étape, une seconde phase dans cette expérience qui sera éventuellement vraiment philosophique : ce sera la phase de l’analyse de cette pensée.

Les recherches que nous avons effectuées sur cette question, consistaient à découvrir les moyens de clarifier la pensée exprimée dans l’énoncé de principe. Cette clarification s’obtient par l’identification des deux concepts, et du rapport constituant la proposition.

Pour obtenir l’identification des concepts, il faut souvent opérer une transposition généralisatrice de la proposition. Ce qui constitue la grande difficulté de l’analyse,(19) mais aussi l’unité de mesure de la capacité d’analyse de la pensée.(20) Une fois cela réalisé, l’aspect philosophique de l’analyse et le problème philosophique posé par cette position apparaissent. L’aspect philosophique, car on se rend compte que la proposition est un jugement, une prise de position et présente un problème qui est de nature philosophique. C’est pourquoi la démarche demandée aux étudiants pour réaliser cette seconde phase fut la suivante:

  1. identifier les deux concepts de cette prise de position;
  2. identifier le rapport mis entre les deux concepts;
  3. indiquer le problème philosophique.

Par exemple : supposons que la conclusion était : instruire une nation, c’est la civiliser. Le deux concepts seront : instruction et civilisation. Le rapport entre les deux concepts est ici une relation d’identité. Mais alors, peut-on dire qu’il existe une identité entre l’instruction et la civilisation? Bien sûr que non et c’est là que se situe le problème. On voit, dès lors, qu’il faudra une autre phase de réflexion pour essayer de solutionner ce problème.

Ainsi, une troisième recherche était donc nécessaire pour voir comment réagiraient les étudiants face à un problème philosophique.

Après étude des résultats nous en sommes venus à proposer graduellement, plusieurs méthodes pouvant être utilisés pour solutionner un problème philosophique. Soit; la dialectique, les quatre questions ultimes proposées par Aristote et la normalité. Sans oublier la nécessité de recourir aux auteurs qui ont déjà abordé ce genre de problème.

3 – Élaboration d’une méthode didactique

Nous nous étions assigné la tâche d’élaborer une méthode didactique tenant compte de l’étudiant réel, des exigences de la philosophie et des facteurs contrôlables permettant une évaluation objective.

Tout cela devait se réaliser dans l’utilisation d’une méthode capable de faire passer l’étudiant d’une expérience commune à une expérience philosophique achevée. En divisant la démarche en étapes qui s’appellent et s’imbriquent l’une dans l’autre et qui tiennent compte de toutes les exigences de la philosophie, nous obtenons une méthode qui est à la portée de l’étudiant et qui respecte toutes les exigences de la pensée philosophique.

Cette méthode permet une évaluation objective tout en assurant l’atteinte du niveau désiré. Ainsi peut-on parler de didactique scientifique de la philosophie.

En fin de compte, la méthode à la quelle nous sommes parvenus offre à chacun la possibilité de développer sa propre pensée philosophique, selon son niveau de cours. Toute personne, quel que soit son degré de culture, en franchissant les étapes de cette méthode, atteindra nécessairement le niveau de pensée que l’on reconnaît habituellement à la philosophie, pour la simple raison qu’elle franchira les étapes naturelles d’une réflexion en profondeur.

Nous avons appelé ces étapes naturelles les trois sphères. Chacune a son objet matériel et son objet formel, son procédé propre et son champ culturel.

La sphère du vécu est la « pensée de ce qui arrive », le premier niveau de la réflexion. Elle est l’élaboration de la pensée personnelle à la recherche du sens. À ce niveau, la recherche philosophique se confond avec tous les éléments de la culture. C’est le premier sens de la philosophie.

Son objet matériel est l’univers en tant qu’il est à la portée de l’homme, c’est-à-dire les faits qui se produisent, les événements, les situations, les phénomènes. Son objet formel est le sens, le rejet du chaos et de l’absurdité; la soif de sens qui répond au désir de se situer, de se familiariser avec l’univers, l’attrait de l’intelligible. Son procédé c’est la description objective, l’interprétation personnelle, l’explication rationnelle, la prise de position qui s’exprime en un énoncé de principe. Son champ culturel : le désir du sens s’épanouit à travers tous les éléments de la culture par lesquels l’homme cherche à répondre à ses besoins fondamentaux : le mythe, la religion, la technologie, les sciences, les institutions sociales, politiques, juridiques, économiques, sportives, etc.

La seconde sphère, i.e. celle du conçu, est la pensée de la parole : c’est le second niveau de la réflexion. Elle est la recherche de la signification et de la pensée libre. Son objet matériel est la parole, le verbe, le langage, le dire, l’expression gestuelle, factuelle ou verbale. L’objet formel est la signification; le discours en tant qu’il renvoie à la pensée (qui est un jugement) dont il est l’expression. C’est le sens au second degré.

Son procédé est l’analyse propositionnelle de la parole par l’identification des concepts, la relation exprimée entre les deux concepts de la proposition, la reformulation claire de la pensée. Cette clarification fait ressentir le besoin d’approfondissement.

L’analyse du discours révèle le problème philosophique, c’est-à-dire le problème du sens de cette prise de position.

Le champ culturel du conçu est l’écriture sous toutes ses formes, littérature, poésie, journalisme; les arts et leurs œuvres, enfin tout ce qui s’inscrit dans un rôle de révélateur de la beauté, du bien ou de la vérité.

La troisième sphère est la sphère de la théorie: elle est la pensée de la pensée. Troisième niveau de la réflexion. Elle est la critique de la pensée; elle recherche l’harmonie entre les sphères du vécu et du conçu. Elle est la philosophie prise au second sens du terme. Elle implique une tendance à aller au fond des choses par une remise en question. Elle est animée par la soif d’amour et de vérité i.e. attirée par la vision ou le désir de la sagesse.

Son objet est la parole sous forme de prise de position, d’énoncé de principe, de jugement. La parole demande à être justifiée, critiquée, évaluée, confirmée. En d’autres termes il s’agit de la prise de position en rapport avec un sujet (un thème) qui soulève des interrogations.

L’objet formel est la justification, la confirmation. On est à la recherche de l’harmonie intérieure en justifiant sa propre parole. C’est le développement de la vie intérieure, non seulement va-t-on au fond des choses, mais aussi au fond de soi-même. Le procédé est le suivant : d’abord il s’agit de choisir une méthode (soit celle de la normalité, de la dialectique ou des questions ultimes). Ensuite il y a l’argumentation suivie du recours aux auteurs, enfin la portée de la théorie, i.e. les conséquences, les applications, les remises en question nouvelles.

Le champ culturel est la justification qui s’épanouie dans la mystique et la spiritualité. C’est le supplément d’âme, la dynamique de l’amour et de l’attachement à la vie; c’est une ouverture à toutes les autres formes de la culture. La philosophie est solidaire de l’ensemble de la culture.

Conclusion

Suite à ces recherches, on peut tirer plusieurs conclusions utiles pour l’enseignement de la philosophie à des débutants.

D’un point de vue didactique, la philosophie n’est pas, elle se construit.

Ce qui fait la valeur de ces prises de position, c’est qu’elles reposent au départ, sur des observations. Bien sûr, il y a beaucoup d’interprétations, mais ce qui est important c’est que le résultat est valable, puisqu’il a été vérifié.

1 – L’initiation à la philosophie comporte habituellement deux aspects complémentaires : soit que l’on mette l’accent sur la nécessité de découvrir les connaissances de base indispensables à la compréhension des problèmes philosophiques : ce que l’on pourrait appeler l’aspect informatif de l’apprentissage (la tête bien remplie de Rabelais); soit que l’on préfère insister sur le mode de réflexion propre à la philosophie : ce que l’on pourrait appeler l’aspect formatif de l’apprentissage philosophique (la tête bien faite de Montaigne): en pratique, toute la tradition de cet enseignement présente un dosage entre ces deux formes d’enseignement. La méthode expérientielle fait évidemment partie de l’aspect formatif de l’initiation à la philosophie.

Elle offre à chacun la possibilité de développer sa propre pensée philosophique, selon son niveau de cours. Toute personne, quel que soit son degré de culture, en franchissant les étapes de cette méthode, atteindra nécessairement le niveau de pensée que l’on reconnaît habituellement à la philosophie. Elle franchira les étapes naturelles d’une réflexion en profondeur.

2 – Ces tâches soumises aux étudiants correspondent aux dissertations. Mais au lieud’être un exposé de vérités trouvées, elles constituent une recherche. On fait appel à la raison qui cherche et non à la raison qui a trouvé.

Il est évident que les cours d’information ont toujours leur place nécessaire dans l’initiation philosophique! Il serait intéressant d’ailleurs d’effectuer des recherches sur cet aspect de la formation philosophique.

3 – Cette méthode de recherche à base de faits pédagogique est féconde. Elle apprend à découvrir l’importance de l’expérience vécue humaine, comment la comprendre et pourquoi elle est le devenir même de l’homme.

4 – Elle permet d’apprendre l’importance de l’analyse de la pensée pour découvrir lesvéritables problèmes philosophiques.

5 – Enfin, elle permet d’apprendre à situer les textes d’auteurs et à mieux comprendre leur sens et leur raison d’être.

On peut ajouter à ces conclusions, que ces études à base de faits pédagogiques, ont permis de préciser beaucoup de concepts importants comme celui d’expérience; de préciser les opérations mentales propres à la réflexion philosophique comme la recherche du sens, de la signification, la critique philosophique. Elles ont aussi permis de faire une typologie des expériences vécues(21) et de trouver une unité de mesure de la capacité d’analyse de la pensée.

Les précisions apportées sur l’analyse philosophique et son rapport avec la problématisation ont une certaine importance sur le plan didactique.(22)

Enfin, la méthode proposée aux étudiants réalise une symbiose entre méthode d’apprentissage et méthode philosophique.(23)

En résumé, les exercices effectués à chacune des trois sphères réalisent des objectifs pédagogiques importants. La première sphère apprend à conceptualiser à la façon d’un philosophe; la seconde sphère apprend à analyser une pensée, i.e. un énoncé de principe et la troisième sphère apprend à problématiser. Ce sont sans doute les trois objectifs importants de l’enseignement de la philosophie. Et tout cela peut être mesuré. On peut ainsi avoir des résultats d’évaluation peut être un peu plus objectifs.

Il est important de préciser certains aspects de l’expérience vécue qui apparaissent au cours de ces travaux préalables. C’est pourquoi je voudrais ajouter les notes  qui suivent à la fin de ce texte.

Sur l’expérience vécue

i L’expérience vécue est particulière

Si l’on demande à l’étudiant d’expliquer les faits constituant le point de départ de l’expérience, il éprouve des difficultés et, bien souvent, ne fait que les redécrire avec plus de détails. Cependant si on lui raconte des faits vécus, il est capable d’en fournir des explications qui peuvent être très variées (d’un étudiant à l’autre) tout en comportant une grande cohérence. L’explication est, en un sens, relative à chacun; elle exprime la compréhension basée sur la perception de l’ensemble des faits ou d’un seul auquel on accorde plus d’importance. Il arrive souvent que l’étudiant isole un fait qui le frappe davantage et en fait le centre de son explication. L’explication demeure toujours personnelle et visiblement inspirée par des connaissances acquises en d’autres domaines. On peut donc dire qu’elle demeure en un certain sens particulière, comme étant vécue et comprise par un sujet particulier.

Il en est de même de la conclusion. Si on demande à l’étudiant ce que lui révèlent ces faits, il tire une conclusion rapide, qui le plus souvent demeure particulière, en ce sens qu’elle porte sur un concret pratique, immédiat. Sa conclusion demeure dans l’ordre stratégique.

ii L’expérience vécue est transformante

Le caractère transformant de l’expérience vécue est le cœur même de la réflexion philosophique. Il se présente comme l’envers de l’interprétation, comme son étoffe intérieure.

L’originalité de l’expérience se situe d’abord  au niveau mental et s’exprime dans l’attitude nouvelle de la personne,  qui ne s’explique elle-même que par sa conception nouvelle de la réalité.

Cette caractéristique certainement fondamentale de l’expérience peut nous éclairer sur les moyens d’identifier l’expérience et d’établir les conditions d’une évolution vers un degré supérieur d’expérience.  Ce qui peut indiquer en pratique avec certitude, de quelle expérience il s’agit, quel concept central spécifie la totalité organique que constitue l’expérience, c’est l’attitude nouvelle de la personne, son comportement réel suite à cette expérience.

Ce qui signifie aussi que la structure des événements dépend en partie de la personne à qui surviennent ces faits : il en va  de même de la valeur respective attribuée à tous les éléments organiques du fait global.

L’expérience vécue a un caractère concret avec une logique du concret

Ce qui signifie encore que le plus important aspect de l’expérience vécue est son caractère concret, avec sa logique du concret. Cette logique du fait nous marque parce qu’elle est particulière comme le fait lui-même; elle agit sur nous en tant même que particulière et concrète. De plus, c’est la raison pour laquelle toute expérience vécue est sujette à l’erreur, car il  n’existe jamais de faits totalement identiques. L’identité n’est totale qu’au niveau de l’essentiel.

iii L’inconscient de l’expérience vécue.

Le fait que, dans la plupart des cas, l’étudiant ne fasse que raconter les faits de l’expérience vécue et qu’il ne puisse déterminer le concept central de son expérience qu’en faisant appel à une recherche intellectuelle nous montre bien que le vécu n’est pas toujours conçu  explicitement ; mais le fait qu’effectivement son attitude soit changée en rapport avec un conçu qui peut être exprimé explicitement nous porte à croire qu’il existe un conçu implicite, que l’on pourrait assimiler à un conçu pré réfléchi, inconscient, c’est-àdire un concept qui n’est pas nommé, verbalisé, mais dont les déterminations sont présentes activement dans la structure concrète du vécu. Il vient à la conscience par la recherche de l’intelligibilité de la structure du nouveau réel vécu.

Mon comportement me révèle ce que je suis en me révélant ce que je pense inconsciemment. Il y a toujours correspondance entre l’être personnel et la pensée, au sens très large de disposition, mentalité, etc. Quand la pensée consciente n’assume pas intellectuellement la pensée inconsciente, il y a brisure ressentie dans mon corps, avec des effets dans la structure expérientielle et opératoire.

Bibliographie

Bruner, J. The Process of Education, Vintage Book, New-York, 1960.

Buyse, R. Expérimentation en Pédagogie, Lamertin, Bruxelles, 1935. Collin, C & Z. Osana, L’Enseignement de la philosophie, Fides, 1974.

Collin, C. L’Expérience philosophique, Bellarmin, 1978.

Collin, C. Méthode de recherche philosophique, Griffon d’argile, 1990.

Collin, C. L’initiation philosophique en quatre leçons, Griffon d’argile, 1994.

Debesse, M. et Mialaret, G. Traité des Sciences Pédagogiques, Tome I, PUF, Paris, 1969.

Fourastier, J. Faillite de l’Université?, Gallimard, 1972.

Gage, N. L. Handbook of Research on Teaching, McNally & Company, Chicago, 1962.

Mager, R.F. Comment définir des objectifs pédagogiques? Gauthiers-Villars, Paris, 1971.

Planchard, E., La pédagogie scolaire contemporaine, Éditions Nauwelhaerts, Louvain, 1968.

Recibido: Junio 11 de 2009 – Aprobado: Agosto 10 de 2009

NOTES

  1. Ce sigle désigne : Collège d’Enseignement Général et Professionnel
  2. On comprend pourquoi, avant la création du Ministère de l’Éducation, la recherche en
    pédagogie de la philosophie n’existait pratiquement pas. Les premiers travaux parurent en 1965 et 1967. « L’enseignement du Thomisme dans les collèges classiques », Lelievre (1965). « Thomisme ou Pluralisme », Racette (1967)
  3. « La Connaissance Philosophique », Grenier, (1967).
  4. Dans un article publié dans Le Devoir, (2003/11/15/40526.html.), le philosophe Georges Leroux, propose une nouvelle façon de penser et justifier cet enseignement en tenant compte de l’évolution socioéconomique . Dans l’ancien système l’enseignement de la philosophie s’enracinait dans une culture servante de la théologie ; le développement des sciences et des technologies nous invite donc à repenser cet enseignement dans son rapport avec la nouvelle culture.
  5. « L’âme désarmée », Bloom 1987
  6. Il suffit, après la lecture de tels auteurs, de passer au second degré de la réflexion, i.e. d’analyser leur prise de position théorique. Ce que le philosophe devrait être en mesure de faire.
  7. « L’Expérimentation en Pédagogie », R. Buyse (1935).
  8. « Handbook of Research on Teaching », (1965).
  9. « Traité des Sciences Pédagogiques », (1969).
  10. Gage (1962).
  11. Buyse (1935).
  12. Buyse (1935)
  13. Dans « L’expérience philosophique », Collin (1978), le lecteur pourra trouver un grand nombre de ces études.
  14. Nous avons fait subir ce même test aux étudiants des 4 sessions avec les mêmes résultats.
  15. Celles-ci portent sur des idées, sur un énoncé de principe, impliquent une critique, etc.
  16. Il s’agit ici de la philosophie qui s’enseigne, (i.e. celle qui est structurée, méthodique, critique) celle qui est comme le chemin de la connaissance de soi et de sa propre pensée. (réf. : « l’Initiation philosophique en 4 leçons, » Collin (1994) p.11 à 14); tout enseignant a en lui-même, consciemment ou non une notion de la philosophie.
  17. Dans « L’Enseignement de la philosophie » Collin (1974), nous exposons comment s’est opéré dans notre recherche la symbiose entre la méthode philosophique et la méthode d’apprentissage. P.35 à 51 Les trois phases de l’apprentissage selon J. Bruner sont : l’information, la transformation et la vérification; lesquelles correspondent aux trois sphères : le vécu, le conçu et la théorie
  18. On trouvera beaucoup d’exemples dans « L’Initiation philosophique en quatre leçons » Collin (1994).
  19. Cette opération est traitée dans l’initiation philosophique en 4 leçons. Collin (1994), p. 54 et ss.
  20. Cette étude paraît dans le site de l’expérience philosophique du cegep du Vieux-Monréal.
  21. Méthode de recherche philosophique, Collin (1994).
  22. L’initiation philosophique en quatre leçons, Collin (1990).
  23. Process of Education, Bruner (1960). – Selon cette théorie, l’apprentissage comporte trois phases : l’acquisition d’une information, la transformation de l’information et la vérification. Ce qui correspond aux trois sphères du vécu, du conçu et de la théorie

Article #121 – Les essentiels : Réfléchir pour mourir moins cave – 35 questions philosophiques à se mettre sous la dent, Louis Dugal, Les Éditions de La bagnole, 2024

dossier-consulter-un-philosophe.01

Article # 121

LES ESSENTIELS


Dans cette nouvelle section, je traite des livres qui m’apparaissent essentiel au développement de l’esprit critique, la toute première étape pour aborder la philosophie comme mode de vie.

Je bâtie les articles « LES ESSENTIELS » en suivant la même structure que mes « RAPPORTS DE LECTURE » soit un référencement exhaustif du livre suivi de mon commentaire.


Voici un livre clair, net et précis pour ajouter la philosophie à notre vie de tous les jours

Réfléchir pour mourir moins cave

35 questions philosophiques à se mettre sous la dent

Louis Dugal

Enseignant de philosophie au collège de Rosemont et secrétaire du Comité d’éthique du Réseau de soins palliatifs du Québec

Réfléchir pour mourir moins cave

35 questions philosophiques à se mettre sous la dent

Louis Dugal

Enseignant de philosophie au collège de Rosemont et secrétaire du Comité d’éthique du Réseau de soins palliatifs du Québec

Les éditions La Bagnole

Support : Format papier

Mesure : 23.53 cm (Hauteur), 17.74 cm (Largeur), 524 gr (Poids)

Nombre de page : 148 pages

Date de sortie : 11 avril 2024

ISBN : 13 9782897148669


TEXTE DE LA QUATRIÈME DE COUVERTURE

À quoi ça sert de connaître des choses ?

Pourquoi les vieux n’écoutent pas la jeune génération ?

Est-on obligé d’aimer sa famille ?

Est-ce responsable d’avoir des enfants dans le monde actuel ?

Pourquoi est-on incapable de réagir face aux changements climatiques ?

Devenez un pro de l’argumentation et jetez un éclairage philosophique sur 35 sujets vous concernant directement.

LOUIS DUGAL travaille dans le milieu collégial à titre d’enseignant de philosophie et de conseiller pédagogique. Il sait construire des forteresses avec des Lego, avec des concepts et avec des mèmes.

Source : Les éditions La Bagnole.


SOMMAIRE

Réfléchir pour mourir moins cave

35 questions philosophiques à se mettre sous la dent

  1. J’aime mieux être seul qu’avec des amis. Suis-je bizarre ?
  2. Face à l’urgence climatique, peut-on être alarmiste sans être pessimiste ?
  3. À partir de quand on cesse d’être ignorant ?
  4. Pourquoi est-on incapable de réagir face aux changements climatiques ?
  5. Est-ce qu’on peut arrêter le progrès ?
  6. À quoi ça sert de connaître des choses ?
  7. L’argent fait-il le bonheur?
  8. Pourquoi a-t-on peur de faire des erreurs ?
  9. Siri, heu… l’intelligence peut-elle être artificielle ?
  10. Pourquoi les adultes n’écoutent pas les jeunes ?
  11. Pourquoi suis-je jalouse ?
  12. Est-on obligé d’aimer sa famille ?
  13. À quoi servent les humains?
  14. À quoi ça sert de réussir à l’école ?
  15. Comment faire les bons choix dans la vie ?
  16. La vraie démocratie, ça existe ?
  17. Est-ce que le travail rend heureux ?
  18. Est-ce que c’est responsable d’avoir des enfants dans le monde actuel ?
  19. Pourquoi le temps existe ?
  20. Doit-on sauver l’environnement?
  21. Est-on libre de faire ce qu’on veut dans notre vie privée ?
  22. De quoi doit-on douter ?
  23. Pourquoi la sexualité existe-t-elle ?
  24. Est-ce que je peux être en désaccord avec quelqu’un qui pense comme moi?
  25. Faut-il espérer que les choses aillent mieux?
  26. Le civisme, est-ce que ça s’enseigne ?
  27. Peut-on détester toutes les fêtes et refuser de les célébrer ?
  28. La mort, est-ce que c’est grave ?
  29. Est-ce qu’il vaut mieux être content ou être conscient ?
  30. Comment distinguer les vrais des faux amis?
  31. Qu’est-ce qu’il faut désirer pour être heureux ?
  32. Peut-on lutter contre la tristesse ?
  33. Pourquoi est-ce qu’il y a des gens méchants?
  34. Quelle est mon importance, considérant que je ne suis qu’un grain de sable dans l’univers ?
  35. Est-ce qu’on est proche de la fin du monde?

«La philosophie, c’est plus que «faire de la philo». À la base, c’est constater qu’il y a des choses qui font problème, se questionner sur elles et tenter d’en faire sens. Réfléchir pour mourir moins cave, ce sont 35 tentatives d’offrir des pistes de réponses à des questionnements qui travaillent les ados, tout en les forçant à lire plus loin que la réponse qui est offerte, à la questionner et à se questionner à son sujet. C’est pour ça que les textes ont pris la forme de dialogues, mais aussi qu’ils sont agrémentés de suggestions de lectures, de visionnements, d’écoutes et même de mèmes. Chaque élément du livre (incluant la magnifique mise en page de Clémence Beaudoin) cherche à être une étincelle pour la réflexion.»

Louis Dugal, auteur du livre, conseiller à la réussite et enseignant de philosophie au Collège de Rosemont 


Extrait

Télécharger l’image de couverture

Télécharger un extrait

Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.
Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.
Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.
Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.
Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.
Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.

 

Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.
Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.

AU SUJET DE L’AUTEUR

Source : Louis Dugal, LinkedIn.
Source : Louis Dugal, LinkedIn.

Louis Dugal

Louis Dugal est maintenant Conseiller à la réussite au Collège de Rosemont

Enseignant de philosophie au collège de Rosemont et secrétaire du Comité d’éthique du Réseau de soins palliatifs du Québec


Page de Louis Dugal sur LinkedIn

Page de Louis Dugal sur Facebook

Page de Louis Dugal sur le site du quotidien Le Devoir


DU MÊME AUTEUR


REVUE DE PRESSE

Philosopher, c’est plus facile qu’on pense!

Parler de philosophie avec nos enfants? C’est plus facile qu’on pense! On en discute avec Louis Dugal, collaborateur à notre magazine Curium et auteur d’un livre de philosophie pour les adolescents.

LIRE LA SUITE : Philosopher, c’est plus facile qu’on pense! Alex Beausoleil, les débrouillard, 3 avril 2024.


Parler de philo, c’est plus facile qu’on pense! Louis Dugal, collaborateur à Curium, publie en avril le recueil Réfléchir pour mourir moins cave, aux Éditions de la Bagnole.

L’équipe de Curium a préparé des fiches pédagogiques en lien avec avec certaines réflexions abordées dans le recueil. Elles sont rassemblées dans un seul document pratique pour les profs!

Télécharger les fiches.

LIRE LA SUITE : Réfléchir pour mourir moins cave, Curium, 5 avril 2024.


Louis Dugal rend la philosophie accessible et ludique pour les ados

Comment aborder la philosophie à l’adolescence? Louis Dugal, conseiller à la réussite et enseignant de philosophie au Cégep de Rosemont, a trouvé une manière simple et ludique de le faire: un recueil de brefs dialogues philosophiques. Dans son livre Réfléchir pour mourir moins cave, publié par les éditions La Bagnole, il aborde 35 questions éthiques, politiques, sociales, environnementales ou morales qui font souvent surface entre 12 et 17 ans. Un ouvrage qui fait philosopher, rire et mourir moins cave!

LIRE LA SUITE : Louis Dugal rend la philosophie accessible et ludique pour les ados, Cégep de Rosemont.


Louis Dugal : La philosophie décomplexée

On n’associe pas nécessairement la philosophie à un sujet polarisant. Et pourtant! Chacun a une opinion étonnamment étoffée et bien tranchée sur le sujet. La philosophie est source de bien des maux de tête ou est le point de départ d’une longue histoire d’amour. Certains d’entre nous la subissent alors que d’autres en mangent. Pas étonnant que les ados ne savent plus trop sur quel pied danser lorsqu’ils entrent dans leur cours de philosophie 101, les yeux déjà cernés par des cauchemars de dissertations interminables. Et si l’on prenait collectivement un grand respire et que l’on trouvait un moyen de démystifier la philosophie, à hauteur d’ado, pour éviter que cette matière se transforme en traumatisme générationnel?

LIRE LA SUITE : Louis Dugal : La philosophie décomplexée, Vicky Sanfaçon, Revue Les Libraires, 21 octobre 2024.


Épicure et le projet de loi sur la fin de vie, Louis Dugal, Le Devoir, 24 mai 2014


Entrevue à la radio 98,5

Réfléchir pour être moins cave: un livre de philo, mais pas plate! 25 avril 2024 par 98.5


La philosophie pour les nuls

À partir de quand cesse-t-on d’être ignorant ? Est-ce que l’argent fait le bonheur ? Et est-ce qu’on est proche de la fin du monde ? Un sympathique recueil propose de s’attaquer avec humour, et surtout avec philosophie, à une trentaine de grandes et existentielles questions en textes, en images, même en mèmes.

LIRE LA SUITE : La philosophie pour les nuls, Silvia Galipeau, LA PRESSE, 14 avr. 2024.


Réfléchir pour mourir moins cave, ou l’art de philosopher en gardant le sourire

Louis Dugal a enseigné la philo aux ados durant quelques années avant de se reconvertir: il est aujourd’hui conseiller à la réussite, au niveau collégial. Il a également continué à publier, dans la revue Curium, de courtes chroniques, dans lesquelles il répondait aux questions à saveur philosophiques des jeunes lecteurs du magazine.

LIRE LA SUITE : Réfléchir pour mourir moins cave, ou l’art de philosopher en gardant le sourire, Yves Bergeras, Le Droit, 10 mai 2024.


dossier-philotherapie-bandeau-750

Les essentiels

Mon commentaire

Réfléchir pour mourir moins cave

35 questions philosophiques à se mettre sous la dent

Louis Dugal

Les Éditions La Bagnole

L’enseignement scolaire de la philosophie aux adolescents peut être vécu par l’étudiant comme une autre matière à son programme et demeurer dans sa sphère intellectuelle une théorie de plus à maîtriser pour obtenir des bonnes notes pour ses travaux et lors de ses examen. Ainsi, l’enseignement de la philosophie ne donne pas lieu automatiquement à l’étonnement qui éveille un esprit philosophique transcendant.


Le secret de l’être (1/3)

L’étonnement philosophique

Aristote a dit au début de sa Métaphysique : « Ce fut l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques ». [1] Pour comprendre la nature de cet étonnement qui fait office de point de départ de la philosophie, il est nécessaire de le distinguer de l’étonnement au sens ordinaire du terme.

En effet, si l’étonnement au sens usuel est provoqué par le caractère inattendu de phénomènes que l’on ne parvient pas à expliquer, il n’en va pas de même dans l’étonnement philosophique. « Avoir l’esprit philosophique expliquait Arthur Schopenhauer, c’est être capable de s’étonner des événements habituels et des choses de tous les jours, de se poser comme sujet d’étude ce qu’il y a de plus général et de plus ordinaire ». [2] Avoir l’esprit philosophique, c’est effectivement s’étonner de tout. C’est faire de la plus simple des choses existantes une source vive de méditation. C’est jeter sur la moindre pierre, la moindre fleur, un regard suffisamment neuf pour que se révèle tout le mystère de leur simple présence.

_____________

NOTES

[1] Aristote, Métaphysique, t. 1, A, 2, 982b 10, trad. J. Tricot, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, coll. « Bibliothèques des textes philosophiques », 1991, p. 8-9.

[2] A. Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, Supplément au Livre premier, chap. 17, trad. A. Burdeau, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 852.

Source et lire la suite : Lycée Auguste-Chevalier, Académie de Normandie.


Selon Platon, l'étonnement est à l'origine de la sagesse et donc de la philosophie.

« D’un philosophe ceci est le pathos : l’étonnement. Il n’existe pas d’autre origine de la philosophie. »

Platon, Théétète, 155 d

Selon Aristote, l'étonnement est le sentiment de crainte et d'anxiété ressenti par l'homme. Une fois que ses besoins matériels immédiats sont satisfaits, il commence à s'interroger sur son existence et ses relations avec le monde.

« C’est, en effet, l’étonnement qui poussa comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. Au début, leur étonnement porta sur les difficultés qui se présentaient les premières à l’esprit ; puis, s’avançant ainsi peu à peu, ils étendirent leur exploration à des problèmes plus importants, tels que les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des étoiles, enfin la genèse de l’Univers. Or apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance (c’est pourquoi même l’amour des mythes est, en quelque manière, amour de la sagesse, car le mythe est un assemblage de merveilleux). Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à l’ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c’est qu’évidemment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire. »

Aristote, Métaphysique, Livre I, 2, 982b

Source et lire la suite : Étonnement, Wikipédias.

De la question viendra une réponse étonnante, cette étincelle nécessaire à l’embrassement de l’esprit philosophique. C’est sans doute dans une telle approche que le professeur de philosophie, aujourd’hui, conseiller en réussite scolaire, au Collège d’Enseignement Général et Professionnel (Cégep) de Rosemont au Québec, monsieur Louis Dugal, a adoptée auprès de ses étudiants et dont témoigne son livre « Réfléchir pour mourir moins cave » soumettant à ses lecteurs « 35 questions philosophiques à se mettre sous la dent ».

Un tel ouvrage est rare et essentiel pour introduire la philosophie aux étudiants, non pas comme un ensemble de différentes philosophies, mais comme une source d’étonnement à laquelle abreuvée un esprit philosophique naissant.


Acheter ce livre sur le site web de Les Éditions La Bagnole


dossier-consulter-un-philosophe.01

Page d’accueil du dossier

Articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

Article # 62 – Soigner par la philosophie, En marche – Journal de la Mutualité chrétienne (Belgique)

“ Après les succès d’Épicure 500 vous permettant de faire dix repas par jour sans ballonnements, après Spinoza 200 notre inhibiteur de culpabilité, les laboratoires Laron, vous proposent Philonium 3000 Flash, un médicament révolutionnaire capable d’agir sur n’importe quelle souffrance physique ou mentale?: une huile essentielle d’Heidegger pour une angoisse existentielle, une substance active de Kant pour une douleur morale…. Retrouvez sagesse et vitalité en un instant ”, s’amusaient les chroniqueurs radio de France Inter dans une parodie publicitaire diffusée à l’occasion d’une émission ayant pour thème?: la philosophie peut-elle soigner le corps ?

Article # 63 – Contre le développement personnel. Thierry Jobard, Éditions Rue de l’échiquier, 2021

J’attribue quatre étoiles sur cinq à ce livre. Les lecteurs assidus de mes articles connaissent fort bien ma position plus que défavorable face au développement personnel. À l’instar de Thiery Jobard, je suis contre le développement personnel. Je qualifie le développement personnel d’arnaque extrêmement dangereuse pour ses adeptes et notre société.

Article # 64 – Apocalypse cognitive – La face obscure de notre cerveau, Gérald Bronner, Presses Universitaires de France (PUF), 2021

Le philothérapeute (philosophe consultant ou philosophe praticien) a l’obligation de très bien connaître le contexte dans lequel évolue son client. Le développement de l’esprit critique de ce client passe inévitablement par une prise de conscience de sa cognition en vue de comprendre comment il connaît. Si, dès le départ, le client n’a pas conscience de son mode de pensées, il lui sera difficile de participer activement au dialogue avec son philothérapeute. L’objectif primaire du philosophe consultant demeure de déceler et de corriger les biais cognitifs de son client avant même d’abord une question philosophique. Bref, si la »machine à pensée » du client est corrompu par des «virus cognitifs », une «réinitialisation » s’impose en début de séance de consultation.

Article # 65 – Développement (im)personnel – Le succès d’une imposture, Julia de Funès, Éditions de l’observatoire/Humensis, 2019

Dans son livre « Développement (im) personnel, Julia de Funès, docteure en philosophie, soutient que le développement personnel offre la même recette à tous et qu’à ce titre il ne peut donc pas se qualifier sa démarche de « personnel ». Selon ma compréhension, le développement personnel devrait mettre de l’avant un développement personnalisé, c’est-à-dire adapté à chaque individu intéressé pour se targuer d’être personnel.

Article # 66 – Savoirs, opinions, croyances – Une réponse laïque et didactique aux contestations de la science en classe, Guillaume Lecointre, Édition Belin / Humensis, 2018

Mon intérêt pour la pensée scientifique remonte à plus de 25 ans. Alors âgé d’une quarantaine d’année, PDG d’une firme d’étude des motivations d’achat des consommateurs, je profite des enseignements et de l’étude du processus scientifique de différentes sources. Je me concentre vite sur l’épistémologie…

Article # 67 – À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Marc Romainville, Presses Universitaires de France / Humensis, 2023

Ce livre m’a déçu en raison de la faiblesse de sa structure indigne de son genre littéraire, l’essai. L’auteur offre aux lecteurs une foule d’information mais elle demeure difficile à suivre en l’absence de sous-titres appropriés et de numérotation utile pour le repérage des énumérations noyés dans un style plus littéraire qu’analytique.

Article # 68 – Ébauche d’un annuaire : philothérapeutes, philosophes consultants, philosophes praticiens

En l’absence d’une association d’accréditation des philothérapeutes, philosophes consultants ou praticiens en francophonie, il est difficile de les repérer. Il ne nous reste plus que de nombreuses recherches à effectuer sur le web pour dresser une liste, aussi préliminaire soit-elle. Les intervenants en philothérapie ne se présentent pas tous sous la même appellation : « philothérapeute », « philosophe consultant » ou « philosophe praticien » « conseiller philosophique » « philosophe en entreprise », « philosophe en management » et autres.

Article # 69 – Guérir l’impossible – Une philosophie pour transformer nos souffrances en forces, Christopher Laquieze, Guy Trédaniel Éditeur, 2023

J’ai lu le livre GUÉRIR L’IMPOSSIBLE en me rappelant à chaque page que son auteur, Christopher Laquieze, est à la fois philosophe et thérapeute spécialisé en analyse comportementale. Pourquoi ? Parce que ce livre nous offre à la fois un voyage psychologique et philosophique, ce à quoi je ne m’attendais pas au départ. Ce livre se présente comme « Une philosophie pour transformer nous souffrances en forces ». Or, cette philosophie se base davantage sur la psychologie que la philosophie. Bref, c’est le « thérapeute spécialisé en analyse comportementale » qui prend le dessus sur le « philosophe ».

Article # 70 – Agir et penser comme Platon – Sage, penseur, philosophe, juste, courageux …, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.

Article # 71 – 7 règles pour une vie (presque) sans problème, Simon Delannoy, 2022

Ma lecture de ce livre m’a procuré beaucoup de plaisir et de bonheur. Je recherche dans mes lectures les auteurs et les œuvres permettant aux lecteurs d’évoluer de prise de conscience en prise de conscience de la première à la dernière page, de ne plus être le même à la fin de la lecture. Et c’est ce que les lecteurs vivront à la lecture de ce livre.

Article # 72 – Les philo-cognitifs – Ils n’aiment que penser et penser autrement…, Fanny Nusbaum, Olivier Revol, Dominic Sappey-Marinier, Odile Jacob, Paris, 2019

Je n’ai pas aimé ce livre parce que son titre, LES PHILO-COGNITIFS, se réfère à la philosophie sans pour autant faire un traitement philosophique de son sujet. Mon achat reposait entièrement sur le titre de ce livre et je m’attendais à un livre de philosophie. Mais il s’agit d’un livre de psychologie. Mon achat fut intuitif. J’avais pleinement confiance dans l’usage du mot « PHILO » en titre d’un ouvrage pour que ce dernier ne puisse traiter d’un autre sujet que philosophique. Mais ce n’est pas le cas.

Article # 73 – Qu’est-ce que la philosophie ? Michel Meyer, Le livre de poche, Librairie générale française, Paris, 1997

J’aime beaucoup les livres d’introduction et de présentation de la philosophie parce qu’ils ramènent toujours les lecteurs à l’essentiel, aux bases de la discipline. À la question « Qu’est-ce que la philosophie ? », Michel Meyer répond : « La philosophie est depuis toujours questionnement radical. C’est pourquoi il importe aujourd’hui de questionner le questionnement, même si on ne l’a jamais fait auparavant. » MEYER, Michel, Qu’est-ce que la philosophie ? – Les questions ultime de la pensée, Le livre de poche © Librairie Générale Française, Paris, 1997. p. 18.

Article # 74 – Présentations de la philosophie, André Comte-Sponville, Éditions Albin Michel, Le livre de poche, 2000

À l’instar de ma lecture précédente (Qu’est-ce que la philosophie ? de Michel Meyer), le livre PRÉSENTATIONS DE LA PHILOSOPHIE du philosophe ANDRÉ COMTE-SPONVILLE m’a plu parce qu’il met en avant les bases mêmes de la philosophie et, dans ce cas précis, appliquées à une douzaine de sujets…

Article # 75 – Les théories de la connaissance, Jean-Michel Besnier, Que sais-je?, Presses universitaires de France, 2021

J’ai dévoré le livre LES THÉORIES DE LA CONNAISSANCE par JEAN-MICHEL BESNIER avec un grand intérêt puisque la connaissance de la connaissance me captive. Amateur d’épistémologie, ce livre a satisfait une part de ma curiosité. Évidemment, je n’ai pas tout compris et une seule lecture suffit rarement à maîtriser le contenu d’un livre traitant de l’épistémologie, notamment, de son histoire enchevêtrée de différents courants de pensée, parfois complémentaires, par opposés. Jean-Michel Besnier dresse un portrait historique très intéressant de la quête philosophique pour comprendre la connaissance elle-même.

Article # 76 – Philosophie de la connaissance – Croyance, connaissance, justification, textes réunis par Julien Dutant et Pascal Engel, Libraire philosophique J. Vrin, 2005

Ce livre n’était pas pour moi en raison de l’érudition des auteurs au sujet de la philosophie de connaissance. En fait, contrairement à ce que je croyais, il ne s’agit d’un livre de vulgarisation, loin de là. J’ai décroché dès la seizième page de l’Introduction générale lorsque je me suis buté à la première équation logique. Je ne parviens pas à comprendre de telles équations logiques mais je comprends fort bien qu’elles soient essentielles pour un tel livre sur-spécialisé. Et mon problème de compréhension prend racine dans mon adolescence lors des études secondaires à l’occasion du tout premier cours d’algèbre. Littéraire avant tout, je n’ai pas compris pourquoi des « x » et « y » se retrouvaient dans des équations algébriques. Pour moi, toutes lettres de l’alphabet relevaient du littéraire. Même avec des cours privés, je ne comprenais toujours pas. Et alors que je devais choisir une option d’orientation scolaire, j’ai soutenu que je voulais une carrière fondée sur l’alphabet plutôt que sur les nombres. Ce fut un choix fondé sur l’usage des symboles utilisés dans le futur métier ou profession que j’allais exercer. Bref, j’ai choisi les sciences humaines plutôt que les sciences pures.

Article # 77 – Problèmes de philosophie, Bertrand Russell, Nouvelle traduction, Éditions Payot, 1989

Quelle agréable lecture ! J’ai beaucoup aimé ce livre. Les problèmes de philosophie soulevés par Bertrand Russell et les réponses qu’il propose et analyse étonnent. Le livre PROBLÈMES DE PHILOSOPHIE écrit par BERTRAND RUSSELL date de 1912 mais demeure d’une grande actualité, du moins, selon moi, simple amateur de philosophie. Facile à lire et à comprendre, ce livre est un «tourne-page» (page-turner).

Article # 78 – La dictature des ressentis – Sauver la liberté de penser, Eugénie Bastié, Éditions Plon, 2023

La compréhension de ce recueil de chroniques signées EUGÉNIE BASTIÉ dans le quotidien LE FIGARO exige une excellence connaissance de la vie intellectuelle, politique, culturelle, sociale, économique et de l’actualité française. Malheureusement, je ne dispose pas d’une telle connaissance à l’instar de la majorité de mes compatriotes canadiens et québécois. J’éprouve déjà de la difficulté à suivre l’ensemble de l’actualité de la vie politique, culturelle, sociale, et économique québécoise. Quant à la vie intellectuelle québécoise, elle demeure en vase clos et peu de médias en font le suivi. Dans ce contexte, le temps venu de prendre connaissance de la vie intellectuelle française, je ne profite des références utiles pour comprendre aisément. Ma lecture du livre LA DICTATURE DES RESSENTIS d’EUGÉNIE BASTIÉ m’a tout de même donné une bonne occasion de me plonger au cœur de cette vie intellectuelle française.

Article # 79 – À la découverte de la sagesse stoïcienne: L’histoire improbable du stoïcisme suivie du Manuel de la vie bonne, Dr Chuck Chakrapani, Éditions Stoa Gallica, 2023

À titre d’éditeur, je n’ai pas aimé ce livre qui n’en est pas un car il n’en possède aucune des caractéristiques professionnelles de conceptions et de mise en page. Il s’agit de la reproduction d’un texte par Amazon. Si la première de couverture donne l’impression d’un livre standard, ce n’est pas le cas des pages intérieures du… document. La mise en page ne répond pas aux standards de l’édition française, notamment, en ne respectant pas les normes typographiques.

Article # 80 – Le changement personnel – Histoire Mythes Réalités, sous la direction de Nicolas Marquis, Sciences Humaines Éditions, 2015

J’ai lu avec un grand intérêt le livre LE CHANGEMENT PERSONNEL sous la direction de NICOLAS MARQUIS. «Cet ouvrage a été conçu à partir d’articles tirés du magazine Sciences Humaines, revus et actualisés pour la présente édition ainsi que de contributions inédites. Les encadrés non signés sont de la rédaction.» J’en recommande vivement la lecture pour son éruditions sous les aspects du changement personnel exposé par différents spécialistes et experts tout aussi captivant les uns les autres.

Article # 81 – L’empire des coachs – Une nouvelle forme de contrôle social, Roland Gori et Pierre Le Coz, Éditions Albin Michel, 2006

À la lecture de ce livre fort intéressent, j’ai compris pourquoi j’ai depuis toujours une dent contre le développement personnel et professionnel, connu sous le nom « coaching ». Les intervenants de cette industrie ont réponse à tout, à toutes critiques. Ils évoluent dans un système de pensée circulaire sans cesse en renouvellement créatif voire poétique, système qui, malheureusement, tourne sur lui-même. Et ce type de système est observable dans plusieurs disciplines des sciences humaines au sein de notre société où la foi en de multiples opinions et croyances s’exprime avec une conviction à se donner raison. Les coachs prennent pour vrai ce qu’ils pensent parce qu’ils le pensent. Ils sont dans la caverne de Platon et ils nous invitent à les rejoindre.

Article # 82 – À quoi sert la philosophie ?, Marc Sautet, Éditions Pleins Feux, 1997

Ce petit livre d’une soixantaine de pages nous offre la retranscription de la conférence « À QUOI SERT LA PHILOSOPHIE ? » animée par Marc Sautet, philosophe ayant ouvert le premier cabinet de consultation philosophique en France et également fondateur des Cafés Philo en France.

Article # 83 – Raviver de l’esprit en ce monde – Diagnostic du contemporain, François Jullien, Éditions de l’Observatoire, 2023

L’essai RAVIVER DE L’ESPRIT EN CE MONDE – UN DIAGNOSTIC CONTEMPORAIN par FRANÇOIS JULLIEN chez les Éditions de l’Observatoire, parue en 2023, offre aux lecteurs une prise de recul philosophique révélatrice de notre monde. Un tel recul est rare et fort instructif.

Article # 84 – La philosophie appelle à une révélation suivie d’une conversion

La philosophie a pour but l’adoption d’un mode de vie sain. On parle donc de la philosophie comme un mode de vie ou une manière de vivre. La philosophie ne se possède pas, elle se vit. La philosophie souhaite engendrer un changement de comportement, d’un mode de vie à celui qu’elle propose. Il s’agit ni plus ni moins d’enclencher et de soutenir une conversion à la philosophie.

Article # 85 – La philosophie comme mode de vie, Daniel Desroches, Deuxième édition revue et corrigée, Coll. À propos, Les Presses de l’Université Laval, Québec, 2019

La lecture de cet essai fut très agréable, instructive et formatrice pour l’amateur de philosophie que je suis. Elle s’inscrit fort bien à la suite de ma lecture de « La philosophie comme manière de vivre » de Pierre Habot (Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001).

Article # 86 – Les consolations de la philosophie, Alain De Botton, Mercure de France, 2001, Pocket

La lecture du livre Les consolations de la philosophie, une édition en livre de poche abondamment illustrée, fut très agréable et instructive. L’auteur Alain de Botton, journaliste, philosophe et écrivain suisse, nous adresse son propos dans une langue et un vocabulaire à la portée de tous.

Article # 87 – La philothérapie – Philosophie pratique à l’international

L’Observatoire de la philothérapie a consacré ses deux premières années d’activités à la France, puis à la francophonie. Aujourd’hui, l’Observatoire de la philothérapie s’ouvre à d’autres nations et à la scène internationale.

Article # 88 – L’approche intellectuelle en philothérapie et en philosophie pratique

Certaines personnes croient le conseiller philosophique intervient auprès de son client en tenant un « discours purement intellectuel ». C’est le cas de Dorothy Cantor, ancienne présidente de l’American Psychological Association, dont les propos furent rapportés dans The Philosophers’ Magazine en se référant à un autre article parue dans The New York Times.

Article # 89 – En thérapie avec… Épicure – Combattre votre anxiété – 40 antidotes du philosophe antique, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024

Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.

Article # 90 – Êtes-vous sûr d’avoir raison ?, Gilles Vervisch, Flammarion, 2022

De lecture agréable et truffé d’humour, le livre ÊTES-VOUS SÛR D’AVOIR RAISON ? de GILLES VERVISCH, agrégé de philosophie, pose la question la plus embêtante à tous ceux qui passent leur vie à se donner raison.

Article # 91 – L’approche interrogative et l’approche conversationnelle dans la pratique philosophique

Dans un article intitulé « Se retirer du jeu » et publié sur son site web Dialogon, le philosophe praticien Jérôme Lecoq, témoigne des « résistances simultanées » qu’il rencontre lors de ses ateliers, « surtout dans les équipes en entreprise » : « L’animation d’un atelier de “pratique philosophique” implique que chacun puisse se « retirer de soi-même », i.e. abandonner toute volonté d’avoir raison, d’en imposer aux autres, de convaincre ou persuader autrui, ou même de se “faire valider” par les autres. Vous avez une valeur a priori donc il n’est pas nécessaire de l’obtenir d’autrui. » (LECOQ, Jérôme, Se retirer du jeu, Dialogon, mai 2024.)

Article # 92 – Introduction à la philosophie, Karl Jaspers, Plon, coll. 10-18, 2001

« Jaspers incarne, en Allemagne, l’existentialisme chrétien » peut-on lire en quatrième de couverture de son livre INTRODUCTION À PHILOSOPHIE. Je ne crois plus en Dieu depuis vingt ans. Baptisé et élevé par défaut au sein d’une famille catholique qui finira pas abandonner la religion, marié protestant, aujourd’hui J’adhère à l’affirmation d’un ami philosophe à l’effet que « Toutes les divinités sont des inventions humaines ». Dieu est une idée, un concept, rien de plus, rien de moins. / Dans ce contexte, ma lecture de l’œuvre INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE de KARL JASPERS fut quelque peu contraignante à titre d’incroyant. Je me suis donc concentré sur les propos de JASPERS au sujet de la philosophie elle-même.

Article # 93 – Le rôle social des idées – Esquisse d’une philosophie de l’histoire contemporaine, Max Lamberty, Éditions de la Cité Chrétienne, 1936

« La philosophie a gouverné toute la vie de notre époque dans ses traits les plus typiques et les plus importants » (LAMBERTY, Max, Le rôle social des idées, Chapitre premier – La souveraineté des idées ou La généalogie de notre temps, Les Éditions de la Cité Chrétienne (Bruxelles) / P. Lethielleux (Paris), 1936, p. 41) – la démonstration du rôle social des idées par Max Lamberty doit impérativement se poursuivre de nos jours en raison des défis qui se posent à nous, maintenant et demain, et ce, dans tous les domaines. – Et puisque les idées philosophiques mènent encore et toujours le monde, nous nous devons d’interroger le rôle social des idées en philosophie pratique. Quelle idée du vrai proposent les nouvelles pratiques philosophiques ? Les praticiens ont-ils conscience du rôle social des idées qu’ils véhiculent dans les consultations et les ateliers philosophiques ?

Article # 94 – L’étonnement philosophique – Une histoire de la philosophie, Jeanne Hersch, Gallimard, coll. Folio Essai, 1993

J’aime beaucoup ce livre. Les nombreuses mises en contexte historique en lien avec celui dans lequel nous sommes aujourd’hui permettent de mieux comprendre cette histoire de la philosophie et d’éviter les mésinterprétations. L’auteure Jeanne Hersch nous fait découvrir les différentes étonnements philosophiques de plusieurs grands philosophes à l’origine de leurs quêtes d’une meilleure compréhension de l’Être et du monde.

Article # 95 – Qu’est-ce que la Deep Philosophy ? – Philosopher depuis notre profondeur intérieure, Ran Lahav, Loyev Books, 2023

Mon intérêt pour ce livre s’est dégradé au fil de ma lecture en raison de sa faible qualité littéraire, des nombreuses répétitions et de l’aveu de l’auteur à rendre compte de son sujet, la Deep Philosophy. / Dans le texte d’introduction de la PARTIE A – Première rencontre avec la Deep Philosophy, l’auteur Ran Lahav amorce son texte avec ce constat : « Il n’est pas facile de donner un compte rendu systématique de la Deep Philosophy ». Dans le paragraphe suivant, il écrit : « Néanmoins, un tel exposé, même s’il est quelque peu forcé, pourrait contribuer à éclairer la nature de la Deep Philosophy, pour autant qu’il soit compris comme une esquisse approximative ». Je suis à la première page du livre et j’apprends que l’auteur m’offre un exposé quelque peu forcé et que je dois considérer son œuvre comme une esquisse approximative. Ces précisions ont réduit passablement mon enthousiasme. À partir de là, ma lecture fut un devoir, une obligation, avec le minimum de motivation.

Article # 96 – Se réaliser – Petite philosophie de l’épanouissement personnel, Michel Lacroix, (Marabout), Éditions Robert Laffont, 2009

J’ai beaucoup aimé ce livre de Michel Lacroix, Se réaliser — Petite philosophie de l’épanouissement personnel. Il m’importe de vous préciser que j’ai lu l’édition originale de 2009 aux Éditions Robert Laffont car d’autres éditions sont parues, du moins si je me rapporte aux différentes premières et quatrièmes de couverture affichées sur le web. Ce livre ne doit pas être confondu avec un ouvrage plus récent de Michel Lacroix : Philosophie de la réalisation personnelle – Se construire dans la liberté parue en 2013 et qui sera l’objet d’une rapport de lecture dans ce dossier.

Article # 97 – Une histoire de la raison par François Châtelet – Entretiens avec Émile Noël, Édition du Seuil, 1992

Personnellement, je me suis limité à lecture du livre car je préfère et de loin l’écrit à l’audio. J’aime le titre donné à ce livre, « Une histoire de la raison », plutôt que « L’histoire de la raison », parce qu’il laisse transparaître une certaine humilité dans l’interprétation.

Article # 98 – La raison, Bertrand Saint-Sernin, Presses universitaires de France, coll. Que sais-je, Paris, 2003

Les ouvrages de la collection Que sais-je ? des PUF (Presses universitaires de France) permettent aux lecteurs de s’aventurer dans les moult détails d’un sujet, ce qui rend difficile d’en faire un rapport de lecture, à moins de se limiter à ceux qui attirent et retient davantage notre attention, souvent en raison de leur formulation. Et c’est d’entrée de jeu le cas dans le tout premier paragraphe de l’Introduction. L’auteur écrit, parlant de la raison (le soulignement est de moi) : « (…) elle est une instance intérieure à l’être humain, dont il n’est pas assuré qu’elle puisse bien fonctionner en situation de risque ou dans un état trouble ».

Article # 99 – Philosophie de la réalisation personnelle – Se construire dans la liberté, Michel Lacroix, Éditions Robert Laffont, 2013

Dans son livre « Philosophie de la réalisation personnelle – Se construire dans la liberté », le philosophe Michel Lacroix s’engage clairement en faveur du développement personnel. Il le présente comme l’héritier des efforts déployés par la philosophie dans le domaine de la réalisation de soi au cours siècles passés. À mon avis et si c’est effectivement le cas, le mouvement du développement personnel a vite fait de dilapider cet héritage de la philosophie en le déchiquetant en petits slogans vide de sens.

Article # 100 – Vivre dans un monde où tout un chacun se donne raison, en réponse à l’article « L’art de couper les cheveux en quatre » d’Alexandre Lacroix publié dans Philosophie magazine, juin 2024

Dans le dossier de son édition de juin 2024, Philosophie magazine tente de répondre à cette question en titre : « Comment savoir quand on a raison ? » Il n’en fallait pas plus pour me motiver à l’achat d’un exemplaire chez mon marchand de journaux.

Article # 101 – Loin de moi – Étude sur l’identité, Clément Rosset, Les Éditions de Minuit, 1999

Le texte en quatrième de couverture de LOIN DE SOI de CLÉMENT ROSSET confronte tous les lecteurs ayant en tête la célèbre maxime grecque gravés sur le fronton du temple de Delphes et interprété par Socrate : « Connais-toi toi-même » : « La connaissance de soi est à la fois inutile et inappétissante. Qui souvent s’examine n’avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte. » ROSSET, Clément, Loin de moi – Étude sur l’identité, Les Éditions de Minuit, 1999, quatrième de couverture.

Article # 102 – Penser par soi-même, Sous la direction de Maud Navarre, Sciences Humaines Éditions, 2024

Avec ses dix-sept articles de différents auteurs, le recueil PENSER PAR SOI-MÊME , sous la direction de MAUD NAVARRE, docteure en sociologie et journaliste scientifique, chez SCIENCES HUMAINES ÉDITIONS paru en 2024, complète et bonifie généreusement le dossier du même nom de l’édition de mars 2020 du magazine Sciences Humaines.

Article # 103 – Éloge du point d’interrogation – Tous philosophes ? Patrick Moulin, Les Éditions du Net, 2022

Je n’ai pas aimé ce livre en raison de mon aversion face au style d’écriture de l’auteur. J’ai abandonné ma lecture au trois quarts du livre. Je n’en pouvais plus des trop nombreuses fioritures littéraires. Elles donnent au livre les allures d’un sous-bois amazonien aussi dense que sauvage où il est à charge du lecteur de se frayer un chemin, machette à la main. Ce livre a attiré mon attention, l’a retenue et l’auteur pouvait alors profiter de l’occasion pour communiquer avec moi. Mais les ornements littéraires agissent comme de la friture sur la ligne de cette communication. J’ai finalement raccroché.

Article # 104 – Grandeur et misère de la modernité, Charles Taylor, Coll. L’essentiel, Éditions Bellarmin (Éditions Fides), 1992

Notre place dans le monde s’inscrit dans notre identité. Construire sa propre philosophie de vie bonne exige non seulement de se connaître soi-même mais aussi de connaître le monde dans lequel nous existons. C’est l’« Être-au-monde » selon de Martin Heidegger. Bref, voilà donc pourquoi cet Observatoire de la philothérapie – Quand la philosophie nous aide dépasse son sujet avec le livre GRANDEUR ET MISÈRE DE LA MODERNITÉ du philosophe CHARLES TAYLOR paru en 1992, il y a plus de trente ans.

Article # 105 – La philosophie antique comme exercice spirituel ? Un paradigme en question, Sylvain Roux, Les Belles Lettres, 2024

J’aime beaucoup ce livre. Tout philosophe se doit de le lire. Voici une enquête essentielle, à la fois très bien documentée, fine et facile à suivre. Elle questionne la conclusion du philosophe Pierre Hadot à l’effet que la philosophie est une manière de vivre. Sous le titre « La philosophie comme exercice spirituel ? – Un paradigme en question », le professeur de philosophie ancienne à l’université de Poitiers, Sylvain Roux, déterre les racines de la philosophie pour en montrer leur enchevêtrement

Article #106 – Crise de soi – Construire son identité à l’ère des réseaux sociaux et du développement personnel, Thierry Jobard, coll. Amorce, Éditions 10/18, 2024

L’essayiste Thierry Jobard nous propose trois ouvres : 1. CONTRE LE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL (voir mon rapport de lecture); 2. JE CROIS DONC JE SUIS : LE GRAND BAZAR DES CROYANCES CONTEMPORAINE; 3. CRISE DE SOI – CONSTRUIRE SON IDENTITÉ À L’ÈRE DES RÉSEAUX SOCIAUX ET DU DÉVELOPPEMENT PERSONNEL. — Avec ce troisième essai, Thierry Jobard approfondit encore davantage son sujet démontrant ainsi une maîtrise de plus en plus grande des aléas de l’identité, cette fois-ci, sous l’influence des réseaux sociaux et du développement personnel.

Article #107 – Le parler de soi, Vincent Descombes, Collections Folio. Essais, Éditions Gallimard, 2014

Si vous avez aimez cet extrait, vous aimerez ce livre car il est représentatif de l’ensemble de l’œuvre. Personnellement, je cherchais des indices pour répondre à la question « Qui suis-je ? » et ce livre n’en offre pas. En revanche, j’aime bien quand un auteur remonte à la source de son sujet et le retrace dans le contexte historique. Vincent Descombes excelle en ce sens dans PARLER DE SOI. C’est pourquoi je me suis rendu jusqu’à la page 248 des 366 pages de son texte (Appendices exclues) avant d’abandonner ma lecture. J’aime bien m’informer de l’histoire d’une idée comme le fait si bien Vincent Descombes mais la vue sous microscope du fil historique de chaque détail a fini par me lasser. J’ai tenu bon dans l’espoir de me faire une vision d’ensemble de l’évolution du concept mais je ne suis pas parvenu à prendre le recul utile face à une telle multitude de détails.

Article #108 – La philosophie fait-elle votre bonheur ? Dossier, Revue Les Libraires, no 145, 2024

Peut-être vous dites-vous : « La philosophie, pas pour moi, non merci! » Pourtant, à partir du moment où une question germe dans votre tête et que vos neurones s’activent à faire des liens, à envisager des hypothèses, à analyser les pour et les contre, à réfuter certaines pistes, à emprunter d’autres foulées, à mettre en parallèle ou en confrontation des idées, vous êtes en train de philosopher.

Article #109 – Quatre moyens d’en finir avec la pointeuse, Clara Degiovanni, Dossier / “Comment trouver le bon rythme ?”, Philosophie magazine, no 183, octobre 2024

CITATION « 4. Raconter sa journée / 18 heures. Vous rejoignez un ami pour prendre un verre après le travail. Vous lui racontez votre journée, qui était finalement très réussie. Intéressé et sincèrement content pour vous, il vous invite à évoquer les perspectives qui s’offrent à vous dans votre entreprise actuelle. »

Article #110 – Pascal Chabot-Hélène L’Heuillet : silence, ça pulse !, propos recueillis par Cédric Enjalbert, Dossier / “Comment trouver le bon rythme ?”, Philosophie magazine, no 183, octobre 2024

Philosophe, spécialiste du burn-out, Pascal Chabot vient de publier une enquête cherchant Un sens à la vie et montrant qu’il est toujours ouvert et dynamique. Hélène L’Heuillet, philosophe et psychanalyste, fait non seulement reparaître son Éloge du retard mais elle signe également un ouvrage sur Le Vide qui est en nous. Ensemble, ils montrent comment rythme de vie et sens de la vie se répondent !

Article #111 – Émile Durkheim : l’individu, ferment de la société, par Athénaïs Gagey, Philosophie magazine, no 183, octobre 2024

Fondateur de la sociologie moderne, Émile Durkheim pense l’individu comme la partie d’un tout. Alors que les fractures sociales sont légion dans notre société, sa lecture est une proposition pour tenter de (re)faire société.

Article #112 – Histoire de la pensée philosophique – De l’homme grec à l’homme post-moderne, Jean-Marie Nicolle, Bréal, 2015

Le livre « Histoire de la pensée philosophique – De l’homme grec à l’homme post-moderne » par Jean-Marie Nicolle se classe parmi les meilleurs, sinon comme le meilleur, que j’ai pu lire. Jean-Marie Nicolle fait preuve d’une maîtrise quasi absolue de son sujet et en témoigne par des explications simples dans une écriture compréhensible par tous accompagnée de graphiques fort utiles. Ce livre rempli toutes ses promesses.

Article #113 – Nexus – Une brève histoire des réseaux d’information de l’âge de pierre à l’IA, Yuval Noah Harari, Albin Michel, Paris, 2024

Le livre Nexus – Une brève histoire des réseaux d’information de l’âge de pierre à l’IA signé par Yuval Noah Harari donne à penser que les civilisations se transforment avec la capacité de l’homme à produire, recueillir, centraliser et contrôler ou à diffuser l’information au fil des grandes innovations, de la tablette d’argile à l’intelligence artificielle (IA) en passant par l’imprimerie, le télégraphe, l’imprimerie, la presse écrite, la radio, la télévision, l’ordinateur et l’internet. / Difficile pour la presse de passer sous silence un auteur avec plus de 45 millions d’exemplaires vendus de ses livres témoigne les trois exemples ci-dessous.

Article # 114 – Conférence vidéo «Qu’est-ce que la pratique philosophique ? » par Laurence Bouchet, Philo Mobile

Lors de cette conférence organisée à Poitiers par l’association Poitiers Cité Philo, j’ai montré la place que la philosophie peut prendre dans nos vies, puis j’ai proposé à quelques personnes volontaires, un atelier interactif sur le thème de la honte, choisi par les participants. Avec l’ensemble de la salle nous avons ensuite commenté cette façon de philosopher.

Article #115 – Uniques au monde – De l’invention de soi à la fin de l’autre, Vincent Cocquebert, Les Éditions Arkê, 2023

« Ce dresse le panorama oppressant de cette société du sur-mesure et nous invite le sens d’une indépendance vertueuse. » COCQUEBERT, Vincent, Uniques au monde – De l’invention de soi à la fin de l’autre, Les Éditions Arkhê, 2023, Quatrième de couverture.

Et c’est tout un « panorama » ! Complet en relevant bon nombre d’exemples concrets, l’essai UNIQUES AU MONDE de l’auteur et journaliste indépendant Vincent Cocquebert, permet aux lecteurs de se mettre à jour sur les sources et les impacts de l’individualisation de l’homme depuis plusieurs décennies, à commencer par le « surinvestissement émotionnel dans la consommation ». À titre de conseiller en marketing et en publicité puis de président directeur d’une firme d’études des motivations d’achat des consommateur dans les années 1980-1990, j’ai reconnu la tendance au repli sur soi, notamment le cocooning, relevée par monsieur Cocquebert dans son ouvrage. Et que, poussé à l’extrême, ce repli sur soi conduise à « la fin de l’autre » a tout pour nous inquiéter tout en nous mobilisant. Un livre dont la lecture surprend le lecteur de page en page. À lire absolument !

Article #116 – La philosophie comme attitude, Stéphane Madelrieux, Presses universitaires de France, Paris, 2023

L’auteur, STÉPHANE MADELRIEUX, professeur de philosophie à l’université Jean Moulin Lyon 3 et Directeur adjoint de l’Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IRPhiL), nous offre une histoire détaillée et de grande érudition de la LA PHILOSOPHIE COMME ATTITUDE. En quatrième de couverture, nous lisons : « Une philosophie ne se résume pas seulement à une doctrine ou à une méthode : c’est aussi une attitude. Au-delà des thèses doctrinales, et au-delà même des règles de méthode, il faut savoir retrouver les dispositions intellectuelles et morales qui composent les grandes attitudes. Ce livre voudrait en particulier prolonger la tradition des Lumières pour qui la philosophie est d’abord l’exercice d’une attitude spécifique, l’esprit critique, qui nous dispose à résister au dogmatisme. Il défend et illustre cette idée par l’examen détaillé de la philosophie pragmatiste, car les pragmatistes ont décelé dans l’histoire de la pensée et de la culture le conflit entre deux grandes tendances : l’attitude dogmatique et autoritaire, et l’attitude critique et expérimentales (…).

Article #117 – Votre cerveau vous joue des tours, Albert Moukheiber, Allary Éditions, 2019

L’essai VOTRE CERVEAU VOUS JOUE DES TOURS par ALBERT MOUKHEIBER, Docteur en neurosciences cognitives et psychologue clinicien, tient sa promesse. « Riche de nombreux exemples tirés de la vie quotidienne et de récits d’expériences de psychologie sociale, cet essai rend accessibles les dernières découvertes des neurosciences et propose des outils pour faire de notre cerveau notre allié en toutes circonstances. » Le lecteur néophyte y trouvera son compte à l’instar de ceux et celles qui ont perdu de vue les neurosciences. Et sûrement en raison de sa pratique à titre psychologue clinicien, Albert Moukheiber parsème son livre de quelques judicieux conseils à ses lecteurs.

Article #118 – Neuromania – Le vrai du faux sur votre cerveau, Albert Moukheiber, Allary Éditions, 2024

« On ne peut pas réduire tous les problèmes à l’individu et à son cerveau, ni faire dire aux neurosciences et aux sciences cognitives ce qu’elles ne disent pas ». lit-on en quatrième de couverture de l’essai NEUROMANIA de ALBERT MOUKHEIBER docteur en neurosciences et psychologue clinicien. Au programme : distinguer le vrai du faux sur notre cerveau. Je ne savais pas que ces sciences étaient elles aussi victimes de désinformation et de raccourcis trompeurs dans les médias et ainsi au sein de nos propres croyances sur le cerveau. L’auteur note aussi une approche éhontée des neurosciences et des sciences cognitives dans le développement personne1.

Article #119 – Les enjeux anthropologique du coaching, Batiste Rappin, Coll. Les carrefours de l’être, Les Éditions Ovadia, 2024

Ce livre rassemble « six travaux scientifiques composé d’une communication et de cinq articles dont l’écriture s’est étalée entre 2005 et 2015 » lit-on en quatrième de couverture. L’auteur Baptiste Rappin fait preuve d’une grande érudition et d’une analyse fine qui confèrent à son ouvrage son caractère scientifique. Il ne s’agit pas d’un livre accessible même si l’auteur juge « le moment venu de les mettre à disposition du grand public ».

Article #120 – Les essentiels : Histoire illustrée des méthodes scientifiques, Jean-Marie Nicolle, Éditions Bréal, 2024

Ce livre a profondément influencé ma façon de pensée en me donnant les clés de l’esprit scientifique appliquée à ma vie de tous les jours, tant sur le plan personnel que professionnel. Partisan de la méthode scientifique pour son objectivité, je prête une attention toute spéciale à tous les outils pouvant m’instruire sur la naissance et l’acquisition de la connaissance, et ce, dans les moindre détails de sa construction. La question « Comment je connais ? » demeure ouverte afin de de mieux de me connaître, et de connaître mieux.

Article #121 – Les essentiels : Réfléchir pour mourir moins cave – Louis Dugal, Les Éditions de La bagnole, 2024

L’enseignement scolaire de la philosophie aux adolescents peut être vécu par l’étudiant comme une autre matière à son programme et demeurer dans sa sphère intellectuelle une théorie de plus à maîtriser pour obtenir des bonnes notes pour ses travaux et lors de ses examen. Ainsi, l’enseignement de la philosophie ne donne pas lieu automatiquement à l’étonnement qui éveille un esprit philosophique transcendant. / De la question viendra une réponse étonnante, cette étincelle nécessaire à l’embrassement de l’esprit philosophique. C’est sans doute dans une telle approche que le professeur de philosophie, aujourd’hui, conseiller en réussite scolaire, au Collège d’Enseignement Général et Professionnel (Cégep) de Rosemont au Québec, monsieur Louis Dugal, a adoptée auprès de ses étudiants et dont témoigne son livre « Réfléchir pour mourir moins cave » soumettant à ses lecteurs « 35 questions philosophiques à se mettre sous la dent ».

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR : Voir AJOUTS RÉCENTS.

 

Article # 67 – À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Marc Romainville, Presses Universitaires de France / Humensis, 2023

dossier-consulter-un-philosophe.01

Article # 67

J’AI LU POUR VOUS

À l’école du doute

Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux

Marc Romainville

Presses Universitaires de France / Humensis

2023

59e5e5af6b44029ce81700b316b163b168e93c

ecole-du-doute-002

À l’école du doute

Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux

Marc Romainville

Essai

Presses Universitaires de France / Humensis

Collection: Hors collection – Série société

Discipline: Société

Catégorie: Livre

Date de parution: 17/05/2023

Nombre de pages: 216

Code ISBN: 978-2-13-084929-2

Numéro d’édition: 1

Format : 12.5 x 19 cm


Table des matières

Introduction

Chapitre 1. Internet, incubateur d’une pensée flasque

  • Une vaste caisse de résonance déformante
  • Un terreau fertile
  • Les poisons de la post-vérité

Chapitre 2. Pourquoi l’on pense faux

  • Les failles de la pensée intuitive
  • Prendre ses désirs pour des réalités
  • Croire en ce que l’on a intérêt à croire
  • Une rhétorique abracadabrantesque

Chapitre 3. Pour une pédagogie de la métacognition

  • Les garde-fous de l’éducation au doute
  • Prendre conscience de son système 1
  • Développer son système 3 de vigilance
  • Enrichir et entraîner son système 2

Conclusion

Bibliographie


Lire un extrait de ce livre

Lire un extrait en ligne


Texte à l’endos du livre

Internet est un incubateur idéal de la pensée approximative. Il profite habilement de certaines de nos prédispositions cognitives pour capter notre attention et nous attirer dans les filets des fake news et des théories complotistes ou « alternatives ». Nous finissons par ne plus savoir où est la vérité. L’école a donc, plus que jamais, la mission cruciale de développer l’esprit critique des jeunes, pour qu’ils se construisent des idées justes et nuancées du monde qui les entoure. Se trouve proposée ici une méthode innovante de développement de l’esprit critique pour l’ère numérique. Le principe en est simple : la domination de sa pensée exige de comprendre les mécanismes de traitement de l’information numérique qui expliquent notre crédulité à son égard. Enseigner aux jeunes à penser juste, à partir d’une meilleure connaissance du pourquoi ils pensent souvent faux sur Internet, fera d’eux des citoyens digitaux prudents, nuancés et critiques, condition essentielle au bon fonctionnement de nos démocraties.

Source : Presses Universitaires de France.


Au sujet de l’auteur

Marc Romainville est professeur à l’université de Namur. Spécialiste de la métacognition, il montre, dans cet ouvrage, comment la prise de conscience de ses manières de penser constitue une voie prometteuse de la formation à l’esprit critique dans un monde numérique. Source : Presses Universitaires de France.

Page dédiée à Marc Romainville sur le site web de l’Université de Namur

https://directory.unamur.be/staff/mromainv

Page de Marc Romainville sur le site web LinkedIn

https://www.linkedin.com/in/marc-romainville-52038739/


Revue de presse

« A L’école du doute » de Marc Romainville : comment armer la jeunesse face à la désinformation, RTBF

Post de l’auteur sur LinkedIn

« La Post-vérité », de Claudine Tiercelin, et « A l’école du doute », de Marc Romainville : la chronique « essai » de Roger-Pol Droit, Le monde

Marc Romainville: « A l’heure où tout va très vite, l’école doit apprendre aux élèves à douter », Le Soir

Post de Gérald Bronner sur LinkedIn

Eduquer au doute raisonnable : une des missions centrales de l’école


Du même auteur

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

https://www.idref.fr/030222990

ResearchGate

TEXTES CHOISIS

Les croyances des étudiants sur la nature de leur intelligence : un facteur de participation dans des dispositifs d’aide à la réussite ?

Note de synthèse: Les pratiques d’étude, entre socialisation et cognition

Vivre des émotions en situation d’étude, tenter de les réguler et s’en croire capable : exploration de la régulation émotionnelle des étudiant·e·s universitaires primo-arrivant·e·s en situation de préparation d’examens


Mon rapport de lecture du livre

À l’école du doute

Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux

Marc Romainville

Presses Universitaires de France / Humensis, 2023

Ce livre m’a déçu en raison de la faiblesse de sa structure indigne de son genre littéraire, l’essai. L’auteur offre aux lecteurs une foule d’information mais elle demeure difficile à suivre en l’absence de sous-titres appropriés et de numérotation utile pour le repérage des énumérations noyés dans un style plus littéraire qu’analytique.

De plus, l’auteur nous renvoie trop souvent à un chapitre à venir ou à un chapitre passé, ce qui m’agace sérieusement parce que ces références à un propos déjà tenu complique la mémoire de la lecture et, dans le cas de références à un propos tenu plus loin, l’annonce a tendance à soustraire l’attention du lecteur au propos qu’il lit (on verra cela plus loin). Ces avances-reculs dans un tel essai n’augure rien de bon pour la pensée organisée et critique.

J’ai souvent observé une vie personnelle déphasée de la vie professionnelle : un ingénieur n’est pas nécessairement ingénieux dans sa vie personnelle. Il en va de même de philosophes dont les modes de vie personnelles ne correspondent en rien à leurs textes. Même des scientifiques perdent leur esprit critique en dehors du contexte de leur travail.


À LIRE DANS CE DOSSIER

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».


Je garde l’impression heureuse que l’auteur du livre  À L’ÉCOLE DU DOUTE est un analytique, c’est-à-dire qu’il s’oblige à bien documenter ses écrits et ses dires. Malheureusement, son style littéraire n’offre pas les repères nécessaires pouvant témoigner de l’organisation analytique de ses propres pensées. C’est bien connu, si l’analytique a besoin de beaucoup d’information pour se faire idée, il lui arrive aussi souvent d’être perdu ou même paralysé par sa propre analyse. Je n’irai pas jusque-là avec Marc Romainville pour ne pas le confronter mais…

À L’ÉCOLE DU DOUTE se fonde principalement sur une proposition de Daniel Kahneman, Prix Nobel d’économie en 2002 :

Il a proposé de distinguer deux systèmes de pensée. Le premier, le « système 1 », est composé d’heuristiques simples, rapides, aisément disponible en mémoire et donc facilement activable. Le second, le « système 2 », est beaucoup plus analytique; il est plus lent, requiert davantage d’efforts et de systématisme et repose sur des procédures apprises et conscientes.[2]

______

[2] Même si le recouvrement est loin d’être parfait, les philosophes des Lumières distinguaient déjà deux modes d’appréhension du réel : « On peut diviser toutes nos connaissances en directes et en réfléchies. Les directes sont celles que nous recevons immédiatement sans aucune opération de notre volonté; qui trouvant ouvertes, si on peut parler ainsi, toutes les portes de notre âme, y entrent sans résistance et sans effort. Les connaissances réfléchies sont celles que l’esprit acquiert en opérant sur les directes, en les unissant et en les combinant. » (D’Alembert, Discours préliminaire à l’Encyclopédie, 1751).

ROMAINVILLE, Marc, À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Chapitre 2 – Pourquoi l’on pense faux, Presses Universitaires de France (PUF) / Humensis, Paris, 2023, p. 44.

Qu’est ce que « heuristique » signifie dans ce cas :

(…) la pensée heuristique : celle-ci repose sur des croyances, des habitudes, opinions, stéréotypes, des idées reçues depuis tout petit. Comme vous vous en doutez, elle est nettement plus opérationnelle et confortable dans de nombreuses situations !

CHOUDÉ, Olivier, professeur de psychologie, Université Sorbonne-Paris-Cité, Dossier – Les neurones de la pensée libre, Cerveau & Psycho – n°72 novembre – décembre 2015, p. 50.


Je préfère et de loin les propos du professeur et sociologue des sciences Olivier Clain :

« Il y a trois moments dans toute connaissance du monde :

1. Moment dans lequel je fais l’expérience de l’objet avec ses qualités propres et ses déterminations empiriques.

2. Moment de la construction des concepts, des catégories que j’utilise pour décrire les qualités de l’objet.

3. Moment, en constante relation avec les deux autres et qui sert de médiation dans le rapport entre les deux autres, et qui est le moment de la formulation des énoncés à caractère théorique. »

Source : CLAIN, Olivier, vidéos du cours «Science, éthique et société», Canal U.


Cette histoire de « système 1 », « système, 2 » et même de « système 3 », ce dernier étant ajouté par Olivier Houdé, me laisse un peu perplexe.

Le scepticisme se loge dans le système 2 et une éducation au doute suppose donc de sensibiliser les élèves à la nécessité de mettre en branle ce second système de pensée, s’il en est besoin. Selon Olivier Houdé — qui a complété la théorie de Kahneman à des fins éducatives — l’activation du système 2 est elle-même le fait d’un troisième système, d’ordre métacognitif. Ce « système 3 » doit pressentir que quelque chose cloche, qu’il a peut-être un vice de raisonnement et qu’il serait alors plus sage de calmer le « cheval fougueux » du système 1 et de faire appel au très sage et rationnel système 2. (…)

ROMAINVILLE, Marc, À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Chapitre 2 – Pourquoi l’on pense faux, Presses Universitaires de France (PUF) / Humensis, Paris, 2023, p. 45.

Cette approche permissive de la psychologie permet à l’un et à l’autre d’ajouter, dans ce cas, un système à deux autres. Science inexacte ou science molle, si la psychologie demeure une science en soi, elle se donne souvent des marges de manœuvre mettant en cause sa scientificité.

La métacognition, qui est d’abord à comprendre dans le champ de la psychologie d’où elle est issue et qui l’a définie et expérimentée comme un processus cognitif en jeu dans la résolution de problèmes favorisant à la fois les apprentissages, le transfert et la motivation, peut être comprise aussi et plus philosophiquement, du côté de la distanciation et de la conscience de soi c’est-à-dire d’une pensée qui peut fonctionner de façon critique et réflexive : c’est dans cette double acception qu’apparaît son intérêt pédagogique en particulier, pour les élèves en difficulté scolaire puisqu’elle favorise à la fois la réussite aux
apprentissages et la motivation.

Anne-Marie Doly. La métacognition : de sa définition par la psychologie à sa mise en œuvre à l’école. G Toupiol. Apprendre et Comprendre. Place et rôle de la métacognition dans l’aide spécialisée., Retz, pp.84-124, 2006. hal-00835076.

À l’instar de tous les concepts en psychologie, celui de la « métacognition » demeure à discuter.

La métacognition : un concept discuté

Une approche compréhensive pour une proposition de délimitation du champ conceptuel

Claude-Alexandre Magot

1. Introduction

La pluralité des définitions de la philosophie semble s’ordonner autour d’un foyer de sens : la philosophie est un travail critique de la pensée sur elle-même associé à un effort pour rendre intelligible les grands questionnements de notre existence. De sorte, nous pourrions la considérer comme l’acte d’une pensée s’exerçant à sa propre liberté et s’affrontant à la question du sens, sans autres instruments que ceux offerts par la raison, l’expérience et l’étendue du domaine de la connaissance humaine.

Il semble que ce soit cet attribut de la philosophie qui fonde la justification de son enseignement dans les instructions officielles des programmes français de la discipline au lycée :

L’enseignement de la philosophie en classe de terminale a pour objectif de favoriser l’accès de chaque élève à l’exercice réfléchi du jugement, et de lui offrir une culture philosophique initiale. […] cet enseignement vise dans l’ensemble de ses démarches à développer chez les élèves l’aptitude à l’analyse, le goût des notions exactes et le sens de la responsabilité intellectuelle. Il contribue ainsi à former des esprits autonomes, averti de la complexité du réel, et capable de mettre en œuvre une conscience critique du monde contemporain. (de Gaudemar, 2003).

Au tournant des années 70 Lipman, professeur de philosophie, avança la thèse selon laquelle ce serait à l’école primaire et secondaire de prendre en charge l’apprentissage de la pensée autonome et critique (Daniel,1997). Ainsi, l’essence de l’intelligence selon lui ne se trouverait pas dans la faculté d’emmagasiner des informations mais dans la capacité à percevoir l’essentiel et agir efficacement sur les choses, c’est-à-dire : doter l’individu de la capacité de créer des liens entre différentes observations et entre actions et conséquences. Cette idée fit son chemin vers le monde francophone pour trouver un écho dans les travaux de Tozzi sur la didactique de la philosophie (Tozzi & Perrin-Naffakh, 2002). De cette façon, depuis un peu plus de vingt ans maintenant de nombreux enseignants du primaire et du secondaire ont abordé des pratiques à visée philosophique au sein de leurs classes. Cet article propose un retour sur l’une de ces expériences en posant la question sous l’angle d’un concept souvent questionné et faisant débat dans la communauté scientifique : la métacognition. En effet il nous semble, comme nous l’avons écrit en introduisant notre propos, que la philosophie a pour l’un de ces angles particulièrement prégnant dans l’approche de Lipman, une démarche que nous qualifierons de méta-

Claude-Alexandre Magot. La métacognition : un concept discuté Une approche compréhensive pour une proposition de délimitation du champ conceptuel. Education & Formation, 2016. hal-03218171

Personnellement, j’attribue l’enseignement du doute à la philosophie et plus spécifiquement à l’épistémologie. Certes, il faut reconnaître le besoin de psychologie dans la pratique de tout enseignement, mais le doute, pour s’inscrire dans le « mode de vie », est l’affaire de la philosophie. Car il est bel et bien question d’intégrer le doute au « mode de vie » de tout un chacun, y compris des élèves, des étudiants, des collégiens et des universitaires.

Marc Romainville aborde aussi la question de l’ère de post-vérité dans son livre À L’ÉCOLE DU DOUTE :

(…) La post-vérité est protéiforme ; elle englobe plusieurs poisons interdépendants, parfaitement à l’aise dans les eaux troubles d’Internet : le bullshit, la désinformation, le complotisme et les théories alternatives.

ROMAINVILLE, Marc, À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Chapitre 1 – Internet, incubateur d’une pensée flasque, Presses Universitaires de France (PUF) / Humensis, Paris, 2023, p. 33.

(Il suffisait à l’auteur d’ajouter dans son texte descriptif de ces poisons « 1 », « 2 », « 3 » et « 4 » pour que nous les retrouvions aisément. Mais ce n’est pas le cas.)

Les diverses composantes de la post-vérité ont un impact délétère et inquiétant sur le fonctionnement de nos sociétés dès lors qu’elles contribuent à ce que les internautes perdent progressivement le contact avec la vérité. Elles agissent comme de « lents corrupteurs épistémiques » (Dieguez, 2018, p. 309) : (…)

ROMAINVILLE, Marc, À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Chapitre 1 – Internet, incubateur d’une pensée flasque, Presses Universitaires de France (PUF) / Humensis, Paris, 2023, p. 37.

Il va de soi que le sujet des biais cognitifs soit abordé par Marc Romainville dans son livre À L’ÉCOLE DU DOUTE :

On parle de biais cognitifs pour désigner des façons de penser irrationnelles, c’est entre autres parce que ces manières de penser tiennent compte, à tort, de facteurs non pertinents et qu’elles délaissent ce qu’il conviendrait de faire entrer dans l’équation du raisonnement pour le rendre robuste. Schématiquement, un biais cognitif répond à quelques caractéristiques de base (Van Loon, 2018).

ROMAINVILLE, Marc, À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Chapitre 1 – Internet, incubateur d’une pensée flasque, Presses Universitaires de France (PUF) / Humensis, Paris, 2023, p. 47.

(Il suffisait à l’auteur de mentionner que ces caractéristiques sont au nombre de 4 et de les numéroter (1, 2, 3, 4…) ces caractéristiques dans son texte descriptif pour que nous les retrouvions aisément. Mais ce n’est pas le cas.)

Premièrement, un biais cognitif est involontaire et peu conscient. (…)

Deuxièmement, on ne parle de biais que si la pensée se fourvoie et débouche sur une conclusion incomplète, illogique, inadaptée, voire carrément erronée. (…)

Troisièmement, on ne crie pas au biais pour la moindre erreur ponctuelle et occasionnelle de pensée. (…)

Enfin, quatrièmement, il ne suffit pas que la conclusion d’un raisonnement ne nous plaise pas pour qu l’on puisse dénoncer l’existence d’un biais qui y aurait conduit. (…)

ROMAINVILLE, Marc, À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Chapitre 1 – Internet, incubateur d’une pensée flasque, Presses Universitaires de France (PUF) / Humensis, Paris, 2023, pp. 47-49.

Marc Romainville nous prévient :  « Le présent ouvrage n’est pas un manuel de psychologie cognitive ; on s’en tiendra donc à une description succincte des neuf principaux biais cognitifs (…) »

(Il suffisait à l’auteur de les numéroter (1, 2, 3, 4…) dans son texte descriptif pour que nous les retrouvions aisément. Mais ce n’est pas le cas.)

En l’absence d’une numérotation avec des nombres et de nomination claire, voici la liste des neuf biais cognitifs selon ma compréhension de À L’ÉCOLE DU DOUTE :

  1. Biais de confirmation
  2. Biais de confusion entre corrélation et causalité
  3. Biais de conjonction / Biais de refus du hasard
  4. Biais d’ancrage
  5. Biais d’inférence
  6. Biais d’intentionnalité
  7. Biais d’ignorance
  8. Biais d’effet Dunning-Kruger / Biais d’incompétence
  9. Biais de charité interprétative

Personne ne s’entend au sujet des biais cognitifs. On les trouve sous différents noms, différentes définitions et différents nombres. Le magazine en ligne PSYCHOMÉDIAS liste « 30 biais cognitifs qui nuisent à la pensée rationnelle ». L’encyclopédie virtuelle bilingue baptisée RACCOURCIS et mis en ligne sur le site web de Université du Québec à Montréal (UQAM) on en compte 44. Le coach Paul Devaux dénombre 20 redoutables biais cognitifs. Amadium soutient compter « 195 biais cognitifs à connaître pour influencer sans être manipulé ». C’est typique de la psychologie. On ne peut pas être certains de quoique ce soit. On adhère ou on n’adhère pas selon ce qui nous convient ou non, rarement sous des critères scientifiques.

Les biais cognitifs peuvent être organisés en quatre catégories : les biais qui découlent de trop d'informations, pas assez de sens, la nécessité d'agir rapidement et les limites de la mémoire. Modèle Algorithmique: John Manoogian III (jm3) Modèle Organisationnel: Buster Benson. Source : https://www.penser-critique.be/wp-content/uploads/2018/02/codex-biais-cognitifs.pdf
Les biais cognitifs peuvent être organisés en quatre catégories : les biais qui découlent de trop d’informations, pas assez de sens, la nécessité d’agir rapidement et les limites de la mémoire. Modèle Algorithmique: John Manoogian III (jm3). Modèle Organisationnel: Buster Benson. Source (PDF à télécharger – Cliquez) : Penser critique.

Une autre des conclusion majeure des recherches en éducation de ces dernières décennies est qu’il est vain d’ignorer le passé cognitif des élèves. Chaque jeune se présente à nous avec un solide déjà-là mental. Il ne nous a attendu ni pour apprendre, ni pour penser. Lui intimer l’ordre de ranger au placard toutes ses vieilleries cognitives et de passer à autre chose de plus sérieux est sans lendemain. Il restera très probablement accroché à ses anciennes façons de voir le monde ; tout au plus, fera-t-il semblant de penser comme on lui demande de penser, dans l’enceinte de l’école du moins. C’est pour cette raison qu’à la suite Bachelard, on estime que l’école a moins à installer ex nihilo une pensée scientifique qu’à modifier la pensée spontanée que l’élève a progressivement acquise dès son plus jeune âge, sur la base de ses expériences personnelles. Développer une pensée rigoureuse et fondée sur les sciences revient donc, selon les belles formule de Bachelard, à dépasser les « obstacles épistémologique » mis sur la route par la pensée naturelle et à « renverser les obstacles déjà amoncelés par la vie quotidienne » (Bachelard, 1938, p. 18).

ROMAINVILLE, Marc, À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Chapitre 3 – Pour une pédagogie de la métacognition, Presses Universitaires de France (PUF) / Humensis, Paris, 2023, pp. 109-110.

Marc Romainville accorde une attention toute spéciale à l’élève et les situations particulières dans lesquelles il peut se retrouver. Son livre À L’ÉCOLE DU DOUTE témoigne d’une grande empathie envers les élèves et je ne peux que m’en réjouir.

Cependant, je ne crois pas opportun de parler des élèves comme ayant des « anciennes façons de voir le monde » et de « toutes ses vieilleries cognitives ». La jeunesse de l’élève (adolescent) nous permet d’affirmer que ses façons de voir le monde et ses pensées demeurent en élaboration et encore flexible.

Je crois que la certitude affichée par l’élève est d’abord et avant tout liée à sa confiance en lui plutôt qu’à ses façons de votre le monde. À l’adolescence, j’étais fâché de constater que le monde n’était pas comme on me l’avait annoncé dans mon enfance. Le monde était beaucoup plus cruel et complexe que je m’y attendais compte tenu de mes observations enfantines. La façon de pensée des adolescents est sous influence des adultes qu’il fréquente, notamment ses parents et ses enseignants.

Aujourd’hui âgé de plus de 65 ans, j’ai découvert tout au long de ma vie des connaissances que m’auraient été profitables dès mon adolescence mais on ne me les avaient pas enseignées. Voilà pourquoi j’ai écrit et publié en 2022 un essai destiné aux adolescents.


LE DERNIER LIVRE

Pour les jeunes qui ne passeront pas leur vie à lire

Tout ce que vous n’apprendrez pas au secondaire et au collégial

Le dernier livre – Pour les jeunes qui ne passeront pas leur vie à lire. Cliquez ici pour télécharger gratuitement ce livre (PDF) ou cliquez ici pour le lire en ligne sur ce site web.
Le dernier livre – Pour les jeunes qui ne passeront pas leur vie à lire – Tout ce que vous n’apprendrez pas au secondaire et au collégial. Cliquez ici pour télécharger gratuitement ce livre (PDF) ou cliquez ici pour le lire en ligne sur ce site web.


Même si le terme peut paraître ésotérique, la métacognition désigne simplement la capacité d’un élève à prendre du recul par rapport à sa vie mentale et à se regarder apprendre et penser. Il s’agit donc d’une opération cognitive de second ordre, de pensée sur la pensée. Dans cette forme particulière de cognition, une opération mentale d’un élève s’exerce sur une autre opération mentale du même élève. Par exemple, un élève se montre métacognitif lorsqu’il analyse — opération mentale méta — la manière dont il mémorise — opération mentale de premier ordre — ou lorsqu’il interroge de manière critique ses stratégies de rétention ou de raisonnement.

ROMAINVILLE, Marc, À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Chapitre 3 – Pour une pédagogie de la métacognition, Presses Universitaires de France (PUF) / Humensis, Paris, 2023, p. 111.

L’élève doit vivre une révélation par cette prise de conscience du « pourquoi » et du « comment » il pense. Cette révélation implique un moindre effort pour changer le pivot de sa confiance en lui-même et l’adoption d’une nouvelle attitude. La confiance en soi reposera sur sa faculté de penser et non plus sur ses pensées.

La contre-offensive envisagé dans le présent ouvrage (…) suggère une voie complémentaire d’éducation à la pensée juste, plus réflexive puisqu’elle implique un regard distancié des élèves porté sur leurs propres mécanismes de pensée. Une des difficulté des pistes reposant sur l’instruction et sur l’éducation aux médias et à l’information réside dans leur conception, par essence, déficitaire de l’origine du problème. Selon la première, les élèves sont crédules du fait même de leur ignorance et de leurs lacunes de connaissance. La seconde piste incrimine leur manière inadéquate de consulter et de diffuser de l’information via des médias numériques. Dans les deux cas, un doigt accusateur désigne les élèves comme les premiers responsable de leur pensée flasque. Or, surtout si les croyances à interroger sont profondément ancrée dans leur cerveau, les élèves pourraient être tentés de rejeter ces accusations, en les considérant comme des remises en cause de leur personne, voire de leur origine et de leur culture, lorsque ces croyances comportent des dimensions identitaires et religieuses.

De nombreux enseignants l’observent au quotidien : la stratégie qui consiste à affirmer aux élèves qu’ils se trompent par ignorance ou parce qu’il ne savent pas s’y prendre pour trouver la vérité, se heurte à une volonté de leur part de ne pas accepter ces accusation dépréciatives, pour de bonnes — par exemple, dans un souci de préservation de leur estime de soi — ou parfois de moins bonnes raisons — par exemple, par allégeance à une autorité.

ROMAINVILLE, Marc, À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Introduction, Presses Universitaires de France (PUF) / Humensis, Paris, 2023, pp. 14-15.

La prudence dont fait preuve Marc Romainville dans ouvrage À L’ÉCOLE DU DOUTE face à l’approche des élèves est tout à son honneur.

À mon humble avis, une approche visant à foncer dans le tas et à violer l’esprit des élèves sera contre productive. Il revient donc aussi aux enseignants de prendre du recul, cette fois, face aux élèves pour saisir leurs situations suivant leurs expériences et leurs âge.

* * *

Je vous recommande la lecture du livre À L’ÉCOLE DU DOUTE de Marc Romainville chez les Presses Universitaires de France / Humensis, paru en 2023. J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq.


dossier-consulter-un-philosophe.01

Page d’accueil du dossier

Articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

Article # 62 – Soigner par la philosophie, En marche – Journal de la Mutualité chrétienne (Belgique)

“ Après les succès d’Épicure 500 vous permettant de faire dix repas par jour sans ballonnements, après Spinoza 200 notre inhibiteur de culpabilité, les laboratoires Laron, vous proposent Philonium 3000 Flash, un médicament révolutionnaire capable d’agir sur n’importe quelle souffrance physique ou mentale?: une huile essentielle d’Heidegger pour une angoisse existentielle, une substance active de Kant pour une douleur morale…. Retrouvez sagesse et vitalité en un instant ”, s’amusaient les chroniqueurs radio de France Inter dans une parodie publicitaire diffusée à l’occasion d’une émission ayant pour thème?: la philosophie peut-elle soigner le corps ?

Article # 63 – Contre le développement personnel. Thierry Jobard, Éditions Rue de l’échiquier, 2021

J’attribue quatre étoiles sur cinq à ce livre. Les lecteurs assidus de mes articles connaissent fort bien ma position plus que défavorable face au développement personnel. À l’instar de Thiery Jobard, je suis contre le développement personnel. Je qualifie le développement personnel d’arnaque extrêmement dangereuse pour ses adeptes et notre société.

Article # 64 – Apocalypse cognitive – La face obscure de notre cerveau, Gérald Bronner, Presses Universitaires de France (PUF), 2021

Le philothérapeute (philosophe consultant ou philosophe praticien) a l’obligation de très connaître le contexte dans lequel évolue son client. Le développement de l’esprit critique de ce client passe inévitablement par une prise de conscience de sa cognition en vue de comprendre comment il connaît. Si, dès le départ, le client n’a pas conscience de son mode de pensées, il lui sera difficile de participer activement au dialogue avec son philothérapeute. L’objectif primaire du philosophe consultant demeure de déceler et de corriger les biais cognitifs de son client avant même d’abord une question philosophique. Bref, si la »machine à pensée » du client est corrompu par des «virus cognitifs », une «réinitialisation » s’impose en début de séance de consultation.

Article # 65 – Développement (im)personnel – Le succès d’une imposture, Julia de Funès, Éditions de l’observatoire/Humensis, 2019

Dans son livre « Développement (im) personnel, Julia de Funès, docteure en philosophie, soutient que le développement personnel offre la même recette à tous et qu’à ce titre il ne peut donc pas se qualifier sa démarche de « personnel ». Selon ma compréhension, le développement personnel devrait mettre de l’avant un développement personnalisé, c’est-à-dire adapté à chaque individu intéressé pour se targuer d’être personnel.

Article # 66 – Savoirs, opinions, croyances – Une réponse laïque et didactique aux contestations de la science en classe, Guillaume Lecointre, Édition Belin / Humensis, 2018

Mon intérêt pour la pensée scientifique remonte à plus de 25 ans. Alors âgé d’une quarantaine d’année, PDG d’une firme d’étude des motivations d’achat des consommateurs, je profite des enseignements et de l’étude du processus scientifique de différentes sources. Je me concentre vite sur l’épistémologie…

Article # 67 – À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Marc Romainville, Presses Universitaires de France / Humensis, 2023

Ce livre m’a déçu en raison de la faiblesse de sa structure indigne de son genre littéraire, l’essai. L’auteur offre aux lecteurs une foule d’information mais elle demeure difficile à suivre en l’absence de sous-titres appropriés et de numérotation utile pour le repérage des énumérations noyés dans un style plus littéraire qu’analytique.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR