Article # 159 – La philosophie comme solution au mal de vivre, Julie Tremblay, Presses de l’Université Laval, 2013


Couvertures

La Philosophie comme solution au mal de vivre, TREMBLAY, JULIE. © PRESSES DE L’UNIVERSITE LAVAL 2013
La Philosophie comme solution au mal de vivre, TREMBLAY, JULIE. © PRESSES DE L’UNIVERSITE LAVAL 2013

Données au catalogue

Titre :

Philosophie comme solution au mal de vivre La

Julie Tremblay

Presses de l’Université Laval

242 pages

ISBN : 9782763717531 (2763717535)

Parution: 22 mars 2013

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PRÉSENTATION

TEXTE EN QUATRIÈME DE COUVERTURE

Il y a, à la source du mal de vivre, une profonde division interne, un conflit intérieur qui peut se propager jusqu’à devenir un conflit avec la vie elle-même.

J’étais morte, mais pas enterrée, et c’est la philosophie qui m’a ramenée à la vie. Comme une mère, elle m’a non seulement donné la vie en me donnant accès à ma vie intérieure par l’élargissement de ma conscience, mais elle m’a également appris à vivre, c’est-à-dire comment agir au mieux dans la vie quotidienne.

Tout au long de ses réflexions et de son témoignage, l’auteure affirme haut et fort que la philosophie peut sauver des vies, car elle rend possibles la conversion du regard et la prise en charge de sa propre liberté.

Julie Tremblay est détentrice d’une maîtrise en philosophie avec spécialisation en philosophie pour enfants. Formée en éducation spécialisée, elle est également intervenante familiale. Convaincue que la philosophie peut jouer un rôle au sein de l’intervention sociale, surtout en matière de prévention en santé mentale, elle joint ses diverses compétences afin d’animer des ateliers de philosophie pour enfants et adultes.

Source : Presses de l’Université Laval.

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Tables des matières

Préface

Merci à

Avant-propos

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE 1 – Le mal de vivre

  • Le constat du mal de vivre
  • Trois formes de souffrances
  • Comment donner un sens à la souffrance ?
  • La souffrance : un moteur d’évolution
  • La liberté de l’homme se révèle dans sa quête de sens

CHAPITRE 2 – Le réveil de l’automate

  • La grande désillusion
  • Entre veille et sommeil
  • La souffrance ouvre la porte de la conscience
  • La conversion du regard
  • Prendre le risque de la vie
  • Philosopher, c’est apprendre à mourir
  • Choisir la désillusion, c’est choisir la liberté

CHAPITRE 3 – Le devenir humain

  • La perfectibilité de l’homme
  • En route vers le Bien
  • Le danger qui accompagne l’insensibilité
  • Liberté et conscience morale
  • La liberté de Sisyphe
  • Travailler à son bonheur
  • La quête philosophique

CHAPITRE 4 – La division interne

  • L’homme en perpétuelle contradiction interne
  • Le caractère hétérogène de notre intériorité
  • Dualité horizontale et division interne
  • Les deux visages de la division interne
  • Dualité verticale et transcendance
  • Entre réel et idéal : l’importance d’avoir un rêve habitable
  • Apprendre à « trianguler »
  • Entreprendre l’édification de son être

CHAPITRE 5 – Créer une communauté au centre de soi-même

  • Narcisse : symbole par excellence de la division interne
  • Le refus de l’autre
  • Prendre conscience de sa totalité
  • Apprendre à dialoguer, c’est apprendre à aimer
  • Le pouvoir transformateur de l’amour
  • L’homme est un être de relation

DEUXIÈME PARTIE

CHAPITRE 6 – Entretenir un dialogue philosophique avec soi-même

  • Amour de soi et amour-propre
  • L’origine de la division interne
  • La création des masques
  • Retourner dans l’ambiance familiale de notre enfance
  • L’adolescence, une seconde naissance
  • Faire le deuil de son enfance afin de briser
  • le cycle transgénérationnel
  • La face cachée de la dépression : la grandiosité
  • La création du mensonge originel
  • C’est la présence de l’acteur qui donne sens aux masques
  • Se voir comme un autre.

CHAPITRE 7 – Amorcer un dialogue philosophique avec autrui

  • L’opposition entre individu et société
  • La fuite dans le virtuel et l’influence médiatique
  • L’homme au service de la technologie
  • L’individu de masse
  • La perte de l’humain
  • Liberté individuelle et liberté politique
  • La perte du sens de l’idéal
  • La création d’un « nous »

CHAPITRE 8 – S’engager dans un dialogue philosophique avec le Bien

  • Aimer, c’est intérioriser l’autre en nous
  • L’universel et le particulier présents en nous
  • La philosophie comme solution au mal de vivre
  • Des visions complémentaires
  • Une culture qui porte la marque du relativisme
  • La paresse est l’envers de l’amour
  • La philosophie est un exercice préparatoire à la sagesse
  • Le don de soi est l’aboutissement logique du sage

CHAPITRE 9 – Élaborer un dialogue philosophique avec l’existence

  • Apprendre à vivre en apprenant à parler
  • Le langage comme source d’erreurs
  • Le problème de l’« ego » et la notion de sécurité
  • Explorer le sentiment de l’absurde
  • Le suicide pose la question de la dignité humaine
  • La conscience de son ignorance engendre un changement d’attitude
  • Utiliser les mots consciemment
  • Sous le masque du philosophe se cache un enfant
  • Un espace destiné aux « pourquoi ? »

CONCLUSION – Quelle place pour la philosophie dans la cité ?

Bibliographie

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Extraits

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Préface

Le nageur doit toujours nager s’il ne veut pas s’engloutir dans les flots. Même s’il est appelé à nager de mieux en mieux, les mouvements qui lui permettent de surnager et d’avancer doivent invariablement revenir au même point de départ. De même les amants doivent-ils chaque jour revivre à neuf leur amour, sans quoi il périt vite. Un chercheur ne sachant plus remettre en question, afin de trouver toujours mieux les présupposés de sa recherche, n’est plus un vrai chercheur. Il en va autant pour les arts, où la poésie, par exemple, s’avère, dans les termes profonds de Fernand Dumont, « une sorte de resurgissement continuel de l’instant qui doit à mon avis renoncer à aller plus loin que l’instant, puisque la poésie c’est le langage qui recommence sans cesse1 ».

On le voit, le point de départ est souvent si vital qu’il se révèle indépassable. Rien de surprenant à ce que le thème de l’origine, des commencements, de l’archê (mot grec signifiant à la fois « commencement » et « commandement ») réapparaisse partout de nos jours. Ce que rend bien le proverbe grec, « le commencement est plus que la moitié du tout », que citent à diverses reprises Platon et Aristote. Pour comprendre une réalité, il est en somme essentiel de la voir procéder, découler de son principe, d’en observer la genèse, le devenir. On ne connaît pas une rivière, un fleuve tant qu’on en ignore la source. Les exemples abondent dans la quête de connaissances. Ainsi la théorie du Big Bang – qu’elle soit juste ou pas – répond-elle au besoin de s’emparer en quelque sorte du début présumé de l’univers cosmique, afin d’en percer un peu le mystère. Comment donc, demande-t-on à juste titre, est apparue la vie ? La théorie de l’évolution des espèces sera à son tour destinée à éclairer davantage les prodiges de la nature jusqu’à l’être humain lui-même, en scrutant justement l’origine des espèces, comme le proclame dès son titre le chef d’œuvre de Charles Darwin. On peut également citer les différentes tentatives de remonter à l’enfance, aux premiers moments de la vie, aux premiers contacts avec le monde, avec autrui, afin de mieux cerner notre condition ; l’exploration aussi de la naissance des sociétés, de l’invention du politique. Un exemple non moins significatif est fourni par la politique, justement, où l’on sent aujourd’hui le besoin de revenir à la case départ en tant de pays : Qu’est-ce en vérité que la démocratie ? Qu’est-ce que la justice et l’équité ? Où commencent et où finissent les droits fondamentaux ? La liste des questions semblables est longue.

Le « commencement » a en outre une signification plus profonde encore. Celle d’où commence la pensée de chacune et chacun de nous lorsque nous réfléchissons ouvertement, librement ? Et quoi de plus urgent à ce moment-là, non pas au sens de l’immédiat, mais bien plutôt de ce qui presse en ce qui concerne nos existences mêmes, leur sens, que des questions telles : pourquoi tout cela, ce monde, ce cosmos, ces milliards de galaxies, l’exquise organisation de la vie déjà au niveau cellulaire ? Ou, plus radicalement encore, pourquoi l’être tout court, sans quoi il n’y aurait rien, comme le rappelait Leibniz. Voire la question de votre être et du mien – « qui suis-je ? » – et tout ce qu’implique le « connais-toi toi-même ». Dans La civilisation inconsciente, John R. Saul citait avec à-propos le mot de Jean de Salisbury, « Quoi de plus méprisable que celui qui dédaigne la connaissance de lui-même », et l’appliquait à la société dans son ensemble : « Quoi de plus méprisable, en effet, qu’une civilisation qui dédaigne la connaissance d’elle-même ?2 »

Quel sens y a-t-il à ce que nous soyons en ce monde, pourquoi d’ailleurs ce monde et pas un autre, pourquoi sommes-nous ainsi faits et point autrement? Pourquoi la mort, pourquoi ma mort, pourquoi surtout la mort des êtres qui nous sont les plus chers? Chacune et chacun d’entre nous survivra-t-il à sa mort? Cette question du sens de la vie (et donc de la mort, si elle en a un) déborde tout domaine particulier de l’action ou du savoir, toute science ou activité spécifique, elle nous engage tout entiers, cœurs et raisons. Des décisions très graves, comme celle du suicide, par exemple, chez nos jeunes en particulier, sont prises en fonction de réponses ou d’absence de réponses à de telles questions. Rien n’est moins banal ni ne tire plus à conséquence que les questions liées au sens de la vie et de la mort.

C’est ce que met admirablement en relief le livre que voici de Julie Tremblay, joignant la puissance du témoignage vécu à celle d’une réflexion personnelle approfondie, en dialogue authentique avec une riche variété d’interlocuteurs, engageant les lecteurs dans une quête commune de sens, à l’instar de Socrate, naguère. Je dis bien « naguère », car, comme elle le démontre bien, Socrate reste si proche que « nous le reconnaîtrions dans la rue » (Jacques Brunschwig). Certaines histoires dont les héros, frappés d’amnésie, ont oublié jusqu’à leur propre nom, évoquent l’oubli si fréquent, chez nous humains, de qui nous sommes. Car nous ne cessons d’amasser, au-dessus de nos impressions vraies, les traces des buts immédiats qui nous détournent de nous-mêmes, occultant l’immense édifice des vies diverses – affectivité, imagination, mémoire, intelligence – que nous menons parallèlement en notre for intérieur, de manière largement inconsciente, mais dont la croissance et le déploiement trouvent dans les arts et les humanités, et par excellence en philosophie, des manifestations d’autant plus précieuses.

C’est donc à juste titre que Julie Tremblay insiste, comme elle le fait ici, sur l’éveil à la vie et sur l’éveil, pour chacune et chacun, à sa propre vie. Quel est toutefois l’éveil qui définit le plus proprement la philosophie ? À quoi s’agit-il alors plus précisément encore d’être éveillé ? Le mot même de philosophie – qu’on a toujours préféré, et pour cause, transcrire tel quel du grec plutôt que traduire – suggère un début de réponse, puisqu’il signifie amour d’abord (le verbe philein signifiant « aimer »), mais en spécifiant « de la sagesse » (sophia), c’est-à-dire « des questions ultimes ». Celles-ci sont en même temps les questions les plus « brûlantes », avançait Husserl, puisque justement ce sont les questions qui portent sur le sens ou sur l’absence de sens de la vie. Elles impliquent la totalité de l’expérience humaine, et doivent être constamment redécouvertes, comme nous ramenant au cœur de la philosophie, ainsi que l’ont attesté à nouveau les propos suivants de nul autre que Ludwig Wittgenstein, dont l’œuvre paraissait pourtant consacrée à d’autres préoccupations: « À quoi bon étudier la philosophie si tout ce qu’elle fait pour vous est de vous rendre apte à parler avec une certaine plausibilité de quelques questions abstruses de logique, etc., et si elle n’améliore pas votre pensée touchant les importantes questions de la vie de tous les jours […]. Vous voyez, je sais qu’il est difficile de penser juste concernant la ‘certitude’, la ‘probabilité’, la ‘perception’, etc. Mais il est, si possible, plus difficile encore de penser, ou de tenter de penser, de façon vraiment honnête, concernant votre vie et les vies des autres3. »

C’est assez dire qu’il faut saluer tant le courage et la lucidité dont témoigne ce livre, que l’honneur qu’il fait à ses lectrices et à ses lecteurs en ne craignant pas d’aborder, de manière aussi directe, ces graves questions. Il nous engage dans une progression ascendante, chaque partie et division s’imposant comme de soi, depuis les perspectives psychologique, sociologique et anthropologique touchant l’être humain, et le point de vue de l’art, jusqu’à la sagesse, la vérité, la liberté de conscience, et l’amour. La diversité des prises en considération et des arguments ainsi que celle des sources convoquées donnent une solidité impressionnante à ses thèses. L’auteure s’y implique elle-même à fond, comme de juste, étant donné les défis et les enjeux du débat, tout en évitant la moindre enflure dans le ton et la langue, ce qui rend son propos d’autant plus limpide et nuancé.

Ce souci de la langue est du reste en parfaite harmonie avec sa préoccupation, bien marquée vers la fin du livre, pour ce qu’elle appelle « apprendre à parler », se méfiant spécialement « des mots qui ne prennent appui sur aucune réalité ». Elle ne saurait avoir frappé plus juste, ici encore. Incapable de transformer la réalité, l’idéologie agit sur les mots qui désignent cette réalité, en contraignant à nommer la réalité de noms mensongers. L’invasion soviétique de la Pologne qui avait succédé à l’invasion nazie s’est appelée libération, et l’état d’exception a reçu le nom de normalisation. J’avancerai qu’un autre bon exemple, récent et proche de nous, d’un processus similaire, aura été le choix, opéré au Québec par la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, de travestir en oxymore l’expression « aide médicale à mourir », pour désigner cette fois, non plus une aide médicale, mais une pratique euthanasique4.

Mais il y a plus encore. Nous assistons et participons dans ce livre à une quête passionnée de vérités à partager, qui ne doit pas laisser indifférent. Nietzsche avait prédit, on le sait, deux siècles de nihilisme. Il a fait toutefois cette autre prédiction, hélas combien juste également: « Quelle ne sera pas la répugnance des générations futures quand elles auront à s’occuper de l’héritage de cette période où ce n’étaient pas les hommes vivants qui gouvernaient, mais des semblants d’hommes, interprètes de l’opinion5. » Notre immersion dans le nihilisme – ou, ce qui revient au même, le relativisme – est trop évidente pour qu’il faille insister sur la question. Pourtant tout – les relations humaines, la politique, l’économie, la communication dans les domaines scientifiques, artistiques et le reste – dépend de la culture avant toute chose. L’inculture de nombreux « semblants d’hommes » qui prétendent aujourd’hui « gouverner » le démontre assez par défaut, tant ses conséquences sont mortifères. Car elle soumet les citoyens aux aléas des opinions, de la doxa, amie des démagogues. L’idéal démocratique repose au contraire sur le débat rationnel, par opposition au maniement de l’opinion et des statistiques au moyen de la technique publicitaire – sans parler de l’appauvrissement du message qu’entraîne l’univocité des symboles mathématiques qui confère à l’imaginaire électronique une puissance jamais obtenue dans le passé. Comme l’a fait observer Whitehead, auteur avec Bertrand Russell des Principia Mathematica, « ces symboles diffèrent à divers égards de ceux du langage ordinaire, parce que la manipulation des symboles algébriques effectue votre raisonnement pour vous, pourvu que vous vous en teniez aux règles algébriques. Ce n’est pas le cas du langage ordinaire. Vous ne pouvez jamais oublier le sens du langage, et vous fier à la seule syntaxe pour vous aider6. »

Ce dernier aspect, celui, à vrai dire, des infinies nuances qu’offre à l’expression de la pensée proprement dite la langue ordinaire, est capital. L’auteure se montre sensible à cette immense portée du langage qui n’avait pas échappée à George Orwell, dont « le principal titre de gloire », comme l’a souligné Simon Leys, est « cette incomparable intelligence du péril singulier qui menace l’ensemble de la civilisation », dont aura témoigné sa magistrale satire, 1984. Dès le début de 1984 s’annonce la création d’une nouvelle langue, « novlangue », dont le but essentiel est de « restreindre le champ de la pensée ». Quelle « belle chose, y lit-on, que la destruction des mots7 ».

Bref, dans les termes cette fois de Milan Kundera, « la plus grande découverte » du XIXe siècle, celle de la bêtise, par Flaubert, « signifie non pas l’ignorance, mais la non-pensée des idées reçues ». Elle serait plus importante pour l’avenir du monde que les idées de Marx ou de Freud, « car on peut imaginer l’avenir sans la lutte des classes ou la psychanalyse, mais pas sans la montée irrésistible des idées reçues qui, inscrites dans les ordinateurs, propagée par les médias de masse, risquent de devenir bientôt une force qui écrasera toute pensée originale et individuelle8 ».

La pensée de Julie Tremblay est par contre le type même d’une pensée originale qui résiste à cette « vague du kitsch », en faisant ressortir, a contrario, le lien profond unissant l’une à l’autre la liberté et la vérité. Car c’est la flatterie qui définit essentiellement toutes les démagogies, en maintenant sous sa dépendance celles et ceux qu’elle dupe. En revanche, ainsi que l’a brillamment mis en lumière Michel Foucault, la vérité qui passe dans la parrhêsia – c’est-à-dire l’anti-flatterie, le franc-parler d’un Socrate, par exemple – « scelle, assure, garantit l’autonomie de l’autre, de celui qui a reçu la parole par rapport à celui qui l’a prononcée ». Pourquoi donc ? « Précisément, parce que le discours de l’autre a été vrai9. »

Sa modestie empêche évidemment l’auteure de prétendre à cette vérité qu’elle recherche pourtant avec une ardeur de tous les instants. Elle invite plutôt ses lectrices et ses lec teurs à un franc dialogue en quête de vérité sur des questions essentielles entre toutes. Qu’elle en soit vivement remerciée.

Thomas De Koninck

Chaire « La philosophie dans le monde actuel », Université Laval

____________

  1. Fernand Dumont, Un témoin de l’homme. Entretiens colligés et présentés par Serge Cantin, Montréal, Éditions de l’Hexagone, 2000, p. 80.
  2. John R. Saul, La civilisation inconsciente, trad. Sylviane Lamoine, Paris, Payot, 1997, p. 7 sq.
  3. Lettre de Wittgenstein à Norman Malcolm, citée dans Ludwig Wittgenstein, A Memoir, par Norman Malcolm, Oxford, 1958, p. 39.
  4. Rapport de la commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, Assemblée nationale, Québec, 2012, passim.
  5. Friedrich Nietzsche, Considérations inactuelles III et IV, trad. H.-A. Baatsch, P. David, C. Heim, P. Lacoue-Labarthe, J.-L. Nancy, Paris, Gallimard, 1990, p. 18.
  6. A. N. Whitehead, Symbolism : Its Meaning and Effect, New York, Capricorn Books, 1959, p. 2.
  7. Simon Leys, Orwell ou l’horreur de la politique, Paris, Plon, 2006, p. 86 ; cf. George Orwell, 1984, trad. Amélie Audiberti, Paris, Gallimard, 1950 ; coll. Folio, 1982, p. 78-79 ; 118-119 ; 353-354.
  8. Milan Kundera, L’art du roman, Paris, Gallimard, « Folio », 1986, p. 195-196.
  9. Michel Foucault, L’herméneutique du sujet, Paris, Seuil/Gallimard, 2001, p. 362-363 ; sur Socrate, p. 6-10.

Avant-propos

Au cœur du mal de vivre, se cache une lueur… Des yeux me regardant, me reconnaissant… Une main tendue vers moi, pour me secourir, pour me mettre au monde… Cette main, c’est celle de tous les penseurs qui ont vécu avant moi, car ils ont eu la force de chercher une signification au monde et à la vie humaine et c’est précisément ce dont mon être a le plus besoin. Ils sont les médecins de l’âme, les sages-femmes de l’humanité, les enfants de Socrate… Je vous présente mon voyage, ma quête. Celle que nous devons tous entreprendre, bien que nous partions tous de lieux différents : la quête de sens.

Tout a commencé au moment même où ma vie aurait pu se terminer. À une certaine époque, j’étais morte, mais pas enterrée, et c’est la philosophie qui m’a ramenée à la vie. Comme une mère, elle m’a non seulement donné la vie en me donnant accès à ma vie intérieure par l’élargissement de ma conscience, mais elle m’a également appris à vivre, c’est-à-dire comment agir au mieux dans la vie quotidienne.

La philosophie, dont l’essentiel est selon moi contenu dans la célèbre formule inscrite sur le temple de Delphes : « Connais-toi toi-même», est un éveil à la vraie vie, car c’est l’intériorité qui fait sens. Et j’en suis la preuve vivante.

Je m’appelle Julie Tremblay. Je suis étudiante au doctorat en philosophie, maman de deux adorables petites filles et ex-suicidaire. Drôle de présentation, me direz-vous, mais ce sont les faits : j’ai pensé la mort bien avant de penser la vie.

J’avais mal à l’âme, tellement mal que j’avais envie de faire du mal. À n’importe qui, à n’importe quoi. Et si parfois il ne restait rien ni personne pour recevoir ma souffrance, moi, j’étais toujours là… Je devins donc mon objet de destruction préféré: la drogue, l’automutilation et les tentatives de suicide ont eu une place prédominante dans ma vie pendant quelques années. J’ai tant cherché à savoir qui j’étais et comment faire pour être heureuse, pour ne plus souffrir de la vie… Cette vie, qui était censée être un cadeau, un « don de Dieu », moi, je n’y voyais qu’un fardeau dont je ne parvenais pas à me défaire.

Je me souviens avoir voulu mourir à huit ans, alors que le mot « suicide » n’existait pas encore dans mon vocabulaire. Quelque chose en moi refusait cette parodie de la vie qu’on me présentait comme le seul monde réel, la seule avenue possible. C’était censé être ça, la vie ?… J’aurais fait tout ce chemin dans les entrailles de ma mère juste pour ça ?… Une partie de moi ne voulait pas y croire, et c’est ce qui me fit persévérer jusqu’à l’adolescence.

L’adolescence… je crois que ma famille se serait bien épargné cette période de ma vie ! Je me souviens, alors, avoir éprouvé plus de respect pour la mort que pour la vie. J’essaie maintenant de me rappeler pourquoi et tout ce qui me vient à l’esprit est que la vie ne semblait plus avoir de sens pour moi : tout semblait faux, illusoire, mensonger, irréel. Le bonheur était une supercherie et la vie me mentait en me faisant miroiter cette potentialité. La mort, au contraire, n’usait d’aucune fausse représentation. La mort, c’était la fin, le vide, l’anéantissement. Certains parlaient d’une vie après la mort, mais la vie après la mort, c’était encore la vie. Moi, c’est à la mort que je pensais.

La vie, la mort, le vrai, le faux… Ce petit hamster roulait continuellement dans ma tête. Et à force de rouler, il finit par m’amener quelque part. J’ai réalisé avec le temps que ce n’est pas la vie ou la mort qui sont « vraies » ou « fausses », mais notre relation avec elles, notre attitude face à elles, et tout cela dépend avant tout de notre relation à nous-mêmes. Suis-je moi-même vraie, c’est-à-dire authentique et intègre? C’est ainsi que je finis par comprendre que mon attirance pour la mort était en fait une attirance pour la vérité, et que si le monde m’apparaissait absurde, c’était plutôt parce que ma vie à moi ne faisait pas sens. Et pourquoi cela ? Était-ce à moi de donner un sens à ma vie ? J’étais là, à attendre passivement, depuis des années, que l’on me dise où aller, alors qu’en réalité, c’était à moi de choisir ma destination !… J’aurais bien aimé que l’on me prévienne !… N’y avait-il pas de mode d’emploi attaché à mon cordon ombilical? Quelqu’un a-t-il bien vérifié qu’il n’y avait aucune enveloppe à mon nom dans mon placenta ?

Mais pourquoi ce besoin vital de vérité? Tout simplement parce que la vérité fait sens par elle-même ; parce que l’être humain a besoin de donner un sens à sa vie ; parce que la conscience nous permet d’accéder au « pourquoi ? » de l’existence et qu’une fois ce « pourquoi ? » posé, il faut se mettre en quête d’une réponse. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, il faut chercher, non pas tant dans le but de trouver une réponse définitive, mais plutôt parce que l’attitude de celui qui cherche est celle qui permet de s’ouvrir à la vie. Et si tel est le cas, c’est parce que c’est le chemin qu’on prend pour découvrir la vérité qui donne du sens à notre vie.

Bien que ces années pendant lesquelles la vie et la mort s’entrechoquaient en moi ne furent pas des plus faciles (ni pour moi ni pour mon entourage), il demeure pourtant que c’est grâce à l’emprunt de ce chemin que j’ai pu découvrir l’existence de ma liberté et amorcer une vie qui fait sens. Une vie qui vaut la peine d’être vécue. Car à bien y songer, aurais-je entrepris cette quête de sens si je n’avais pas autant souffert ? N’aurais-je pas plutôt continué à tenir la vie pour acquise et suivre son cours machinalement, tel un automate ?

Si je vous livre ainsi mon vécu, c’est pour que vous sachiez que cet ouvrage qui aborde le mal de vivre est soutenu par une authentique expérience personnelle. Toutefois, bien qu’étant une réflexion très intime, il ne s’agit aucunement d’une biographie, d’un journal de pensées ou autre littérature du genre. Vous entrez ici sur le terrain de la philosophie. Et ce lieu n’est pas un « terrain privé ». Cependant, mon vécu me permet de juger de la valeur de ces raisonnements philosophiques. Je veux partager ces réflexions parce que j’en connais la pertinence et les répercussions qu’elles peuvent avoir sur la vie d’un être déboussolé comme je l’étais. Je crois que le désir de vivre ou l’envie de mourir ne dépendent pas tant des circonstances particulières de notre vie, mais bien davantage du regard que nous posons sur elle. Et c’est précisément là que se trouve notre liberté. Si j’affirme haut et fort que la philosophie peut, si on lui en donne l’occasion, sauver des vies, c’est que la réflexion qu’elle suppose, lorsqu’elle est pleinement ressentie et vécue, peut rendre possible la conversion du regard nécessaire à la découverte et à la prise en charge de sa propre liberté. Voilà ce que j’espère illustrer dans ce livre.

C’est en deux temps que s’organise cette réflexion dans laquelle nous aborderons plusieurs thèmes classiques en philosophie, mais avant tout, des thèmes qui nous concernent tous et chacun: souffrance, bonheur, liberté, amour… Ce qui sous-tend l’ensemble de ma démarche s’inscrit dans l’hypothèse que ce qui se trouve au cœur du mal de vivre est le résultat d’une « division interne ». Nous commencerons par déterminer en quoi consiste cette division qui prive l’homme de sa liberté et l’empêche d’être tout entier présent à lui-même, puis de quelles différentes manières elle peut s’installer en l’homme. La toile de fond des cinq premiers chapitres est une exploration des causes de la souffrance humaine, mais également de ce qui pourrait bien s’avérer une issue pour l’homme : la philosophie. C’est en articulant ces liens existant entre l’amour, le dialogue et la philosophie que nous esquisserons les grandes lignes de ce que nous nommerons la « triangulation » et qui pourrait bien être une solution face à la division interne. Dans la deuxième partie, il s’agit principalement d’aller plus en profondeur. Puisque nous pouvons penser l’homme de multiples façons, c’est-à-dire à la fois en nous plaçant dans une perspective psychologique, sociologique, anthropologique ou même ontologique, il convient également de présenter la division interne et la triangulation sous ces différents angles. Nous amorcerons donc différents dialogues philosophiques, fruits de la triangulation, afin de valider si ces derniers permettent réellement à l’homme de réduire l’ampleur de sa division interne.


AU SUJET DE L’AUTEURE

Julie Tremblay

Collaborateurs / Julie Tremblay – intervenante familiale, le plus beau métier du monde Ce qui me passionne ? Accompagner – Soutenir – Outiller
J’offre le service d’accompagnement familial à domicile (Soutien parental; Intervention auprès des enfants/ados; Accompagnement dans la mise en place de stratégies d’adaptation pour difficultés contextuelles), Formation pour parents, Team Building Familial

Je possède une double formation : en intervention (DEC en éducation spécialisée et formation en coaching familial) et en philosophie (Bac et maitrise en philo, certificat en philo pour enfants).

Je suis auteure et conférencière

J’ai écrit et publié un livre, La philosophie comme solution au mal de vivre, PUL 2013. Mon livre a figuré sur la liste des meilleurs vendeurs au Palmarès Gaspard du 1er au 7 juillet 2013. De plus, Jacques Languirand a présenté mon ouvrage à la radio de Radio-Canada à l’émission « Par 4 chemins » en 2013.
J’ai donné des conférences dans plusieurs établissements pour discuter de mon sujet d’écriture. J’ai également présenté le dialogue philosophique comme moyen d’intervention dans des universités, des rassemblements d’organismes communautaires, et aussi dans un colloque en éducation spécialisée.

Expérience de travail

J’ai travaillé en garderie et prématernelle, en milieu scolaire et au sein d’ un organisme communautaire. Ces expériences m’ont permis de faire deux constats : le premier est que la portée de notre travail auprès d’un enfant est très limitée lorsqu’on ne travaille pas directement avec la famille en entier. Le deuxième constat est que les parents n’ont pas toujours accès aux services dont ils auraient besoin.

J’ai également à mon actif plusieurs années en développement de projets fondés sur la philosophie et en animation de groupe. J’ai participé au développement d’un programme en prévention de la violence et de l’intimidation pour les enfants introvertis en milieu scolaire, et animé des ateliers de philosophie orientés vers la connaissance de soi. Au fil des ans, j’ai créé de nombreuses activités ludiques et éducatives utilisant des concepts philosophiques et artistiques adaptées à diverses clientèles et contextes.


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DE LA MÊME AUTEURE


REVUE DE PRESSE

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MON RAPPORT DE LECTURE

JULIE TREMBLAY

La philosophie comme solution au mal de vivre

Presses de l’Université Laval, 2013

Julie Tremblay, détentrice d’un maîtrise en philosophie de l’Université Laval (Québec, Québec), nous offre LA PHILOSOPHIE COMME SOLUTION AU MAL DE VIVRE réunissant ses réflexions et son témoignage. Elle inscrit son œuvre dans le courant des NOUVELLES PRATIQUES PHILOSOPHIQUES. Ce livre est lourd et je saurais le recommander à une personne au prise avec le mal de vivre. Le témoignage de l’auteure ne me pose pas de problème et, en tout respect, il m’impose l’absence de tout jugement de son vécu. En revanche, je soumets à ma critique les leçons qu’elle tire de sa « quête de sens » et les conseils qu’elle promulgue.

Personne ne peut lui reprocher d’orienter sa recherche d’une solution à son mal de vivre dans la philosophie.

La philosophie, dont l’essentiel est selon moi contenu dans la célèbre formule inscrite sur le temple de Delphes : « Connais-toi toi-même », est un éveil à la vraie vie, car c’est l’intériorité qui fait sens. Et j’en suis la preuve vivante.

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Avant-propos, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, p. 1.

Or la philosophie ne peut pas être réduite à l’intériorité ; ce n’est qu’un espace :

Définition : L’intériorité désigne l’espace de conscience, de réflexion et de vie intérieure propre à chaque sujet, où s’exercent la pensée, le jugement, le sentiment et la liberté. C’est le siège de l’expérience personnelle, distinct du monde extérieur ou des simples stimulations sensibles. Source : ChatGPT.


Définitions de différentes sources :

Encyclopédie Universalis (philosophie)

Définition : L’intériorité désigne la qualité ou le caractère de ce qui est intérieur à l’esprit humain, distinct du monde extérieur et du monde des corps, perçu comme une expérience subjective que chacun croit appréhender immédiatement en soi-même. (Source : Encyclopédie Universalis – Philosophie).

C’est une expérience subjective ou quasi?expérience de subjectivité qui se distingue du monde visible.

Larousse (philosophie)

Intériorité : Caractère de ce qui est intérieur à l’esprit, à la conscience, par opposition au monde extérieur. La vie intérieure de l’homme, ses pensées, ses sentiments, son intimité.
(Source : Dictionnaire Larousse, édition philosophie)

Remarque : définition générale et descriptive, centrée sur la vie mentale et affective.

Socrate / Platon (classique)

Concept : L’intériorité est le lieu du retour sur soi, de l’examen moral et intellectuel.
Exemple : Dans Apologie (Platon), Socrate affirme : « Une vie non examinée ne vaut pas la peine d’être vécue. »

Interprétation : L’intériorité est le lieu où se juge et se transforme la vie humaine, par la réflexion sur ses propres actions et croyances.

Descartes (philosophie moderne)

Concept : L’intériorité est la conscience réfléchissante, capable de penser, d’analyser et de connaître soi-même.

Exemple : Méditations métaphysiques : le cogito (Je pense, donc je suis) marque l’accès à l’intériorité comme fondement du savoir.

Remarque : L’intériorité devient le point d’ancrage pour la certitude et la connaissance vraie.

Kierkegaard (philosophie existentielle)

Concept : L’intériorité est le rapport personnel à soi-même et à l’absolu.

Exemple : Dans Le Concept d’angoisse, l’intériorité est la sphère où le sujet rencontre la vérité existentielle et le choix authentique.

Particularité : Ici, l’intériorité est existentialiste et éthique, pas seulement cognitive.

Husserl / phénoménologie

Concept : L’intériorité est le flux de conscience, le vécu phénoménal.

Exemple : Chaque expérience subjective a une dimension intérieure propre, accessible par la description phénoménologique.

Remarque : L’intériorité est donc structurée comme expérience vécue, pas seulement réflexion sur soi.

Dictionnaire de philosophie Larousse / académique

Définition synthétique : L’intériorité désigne l’ensemble des processus psychiques et spirituels propres à un individu, tels que la conscience, la pensée, les sentiments, les jugements et les choix. Elle est distincte du monde extérieur et constitue le cadre de l’expérience subjective et de l’autonomie morale.

Synthèse

  • Classique (Socrate/Platon) ? moralité et examen de soi
  • Moderne (Descartes) ? conscience et savoir certain
  • Existentialiste (Kierkegaard) ? authenticité et rapport au soi et à l’absolu
  • Phénoménologique (Husserl) ? expérience vécue, flux de conscience
  • Dictionnaires contemporains ? ensemble des processus psychiques et spirituels

En philosophie, l’esprit ne se réduit pas à l’intériorité, et l’intériorité n’épuise pas ce que l’on appelle l’esprit. La distinction est subtile, mais essentielle.

Pourquoi on confond souvent esprit et intériorité ?

On confond les deux parce que :

  • l’esprit est ce par quoi nous avons une vie intérieure ;
  • l’intériorité est la manière dont cette vie est vécue de l’intérieur.

Ce que reproche à Julie Tremblay, c’est de ne pas s’intéresser de près au SYSTÈME DE PENSER. Il m’apparaît essentiel dans l’exercice de se connaître soit même de se pencher d’abord et avant tout sur son système de penser afin de s’assurer de son bon fonctionnement afin de se penser soi-même de façon juste et équitable. Il faut identifier et éliminer les erreurs de penser avant même de plonger dans son intériorité.


Le système de pensée n’est ni simplement intérieur, ni simplement spirituel : il occupe une position charnière.


1. Définition rapide du système de pensée

En philosophie, on peut appeler système de pensée :

l’ensemble relativement cohérent de concepts, de principes, de catégories, de valeurs et de règles de raisonnement à partir desquels un individu ou une culture pense le réel.

Ce n’est pas un état intérieur (comme une émotion),
ce n’est pas non plus une faculté (comme l’esprit),
c’est une structure.


2. Où le situer par rapport à esprit et intériorité

a) Le système de pensée appartient à l’esprit

  • Il relève de la rationalité, du langage, des concepts.
  • Il mobilise :
    • la logique,
    • les distinctions,
    • les principes implicites.

Sans esprit, pas de système de pensée.


b) Mais il ne se confond pas avec l’intériorité

  • Un système de pensée :
    • n’est pas vécu comme une émotion,
    • n’est pas toujours conscient,
    • n’est pas immédiatement donné à l’introspection.

On habite souvent un système de pensée sans le savoir.


c) Il est à la fois intérieur et extérieur

  • Intérieur : il structure ma manière de penser.
  • Extérieur : il est transmis par :
    • l’éducation,
    • la culture,
    • la langue,
    • les traditions intellectuelles.

? Il est intériorisé, mais d’origine sociale et historique.


3. Schéma conceptuel (verbal)

On peut organiser les choses ainsi :

  1. Corps ? sensations, affects bruts
  2. Psychisme ? émotions, désirs, mémoire
  3. Intériorité ? vécu réfléchi, conscience de soi
  4. Esprit ? faculté de penser, juger, connaître
  5. Système de pensée ? structure conceptuelle qui oriente la pensée

Le système de pensée s’appuie sur l’esprit,
mais oriente l’intériorité.


4. Exemples concrets

  • Une personne peut :
    • ressentir un malaise intérieur (intériorité),
    • sans voir qu’il provient d’un système de pensée implicite
      (ex. : productivisme, psychologisme, relativisme).
  • La psychologie moderne, selon Kilpatrick :
    • ne transforme pas le système de pensée,
    • elle ajuste le vécu intérieur à l’intérieur du même cadre conceptuel.

? D’où l’impression d’« amélioration sans transformation ».


5. Position philosophique clé

Le système de pensée n’est pas un contenu de l’intériorité, mais la grille à travers laquelle l’intériorité elle-même est interprétée.

C’est exactement ce que fait la philosophie quand elle est authentique :

  • elle met au jour les systèmes de pensée,
  • elle les critique,
  • elle peut en proposer d’autres.

6. Conclusion nette

  • L’intériorité = ce que je vis
  • L’esprit = ce par quoi je pense
  • Le système de pensée = ce à partir de quoi je pense

Et c’est là que se joue le vrai changement philosophique.


Ainsi, il me faut déplacer le centre de gravité du changement personnel vers le fonctionnement du jugement. Il m’apparaît incontournable d’étudier sérieusement la structure de son raisonnement avant de penser sa vie, son bien être et son mal être.

Et ce travail commence par l’identification et la correction de nos biais cognitifs. D’ailleurs, le Dr David D. Burns, psychiatre américain et professeur émérite adjoint au département de psychiatrie et de sciences comportementales de la faculté de médecine de l’université de Stanford, s’est penché sur la dépression en cherchant un moyen de la traité sans recourir à des médicaments. Il s’est rendu à l’évidence que la plupart des dépressifs avaient en commun des biais cognitifs. Il en livre une liste dans son livre ÊTRE BIEN DANS PEAU – TRAITEMENT ÉPROUVÉ CLINIQUEMENT POUR VAINCRE LA DÉPRESSION, L’ANXIÉTÉ ET LES TROUBLES DE L’HUMEUR. Il a montré que la dépression n’est pas seulement un trouble de l’humeur, mais un trouble du jugement systématiquement biaisé.

Le travail véritable sur soi commence donc par la correction des biais cognitifs, car ce sont eux qui structurent la manière dont le réel est compris, jugé et vécu ; la souffrance émotionnelle en est souvent l’effet, non la cause première.

La bonne nouvelle, c’est que l’anxiété, la culpabilité, le pessimisme, la procrastination, la faible estime de soi et autres « trous noirs » de la dépression peuvent être guéris sans médicaments. Dans Feeling Good, l’éminent psychiatre David D. Burns, M.D., présente des techniques remarquables et scientifiquement prouvées qui vous remonteront immédiatement le moral et vous aideront à développer une vision positive de la vie. Dans cette édition mise à jour, le Dr Burns ajoute un tout nouveau guide du consommateur sur les antidépresseurs ainsi qu’une nouvelle introduction pour répondre à vos question


« Parce qu’on a considéré la dépression comme un désordre émotif tout au long de l’histoire de la psychiatrie, les thérapeutes de la plupart des écoles de pensée ont accordé une importance cruciale au fait de pouvoir « cerner » ses impressions. Mais nos recherches ont eu un résultat inattendu : la dépression n’est absolument pas un trouble émotif ! Le changement soudain de votre humeur n’a pas plus de pertinence qu’un nez qui coule lorsque vous êtes enrhumé. Chaque sentiment pénible que vous éprouvez résulte de la distorsion de votre pensée. Les attitudes pessimistes illogiques sont la clef de voûte de l’apparition et de la persistance de vos symptômes. » Source : Burns, David D, Être bien dans sa peau, Les éditions Héritage inc. Montréal (Québec), 1995. p. 42.

Liste de biais cognitifs

« Lisez maintenant la liste suivante des dix distorsions cognitives qui forment la base de toute dépression. Essayez de les comprendre. J’ai élaboré cette liste avec le plus grand soin, Elle représente la synthèse de nombreuses années de recherche et d’expériences cliniques. Relisez-la fréquemment lorsque vous parviendrez à la partie pratique du livre. D’autre part, lorsque vous vous sentirez déprimé, elle jouera un rôle précieux en vous permettant de vous rendre compte à quel point vous êtes en train de vous tromper sur vous-même. »

  1. Le tout-ou-rien : votre pensée n’est pas nuancée. Vous classez les choses en deux seules catégories : les bonnes et les mauvaises. En conséquence, si votre performance laisse à désirer, vous considérez votre vie comme un échec total.
  2. La généralisation à outrance : un seul événement malheureux vous apparaît comme faisant partie d’un cycle sans fin d’échecs.
  3. Le filtre : vous choisissez un aspect négatif et vous vous attardez à un tel point à ce petit détail que toute votre vision de la réalité en est faussée, tout comme une goutte d’encre qui vient teinter un plein contenant d’eau.
  4. Le rejet du positif : pour toutes sortes de raisons, en affirmant qu’elles ne comptent pas, vous rejetez toutes vos expériences positives. De cette façon, vous préservez votre image négative des choses, même si elle entre en contradiction avec votre expérience de tous les jours.
  5. Les conclusions hâtives : vous arrivez à une conclusion négative, même si aucun fait précis ne peut confirmer votre interprétation.
  6. L’interprétation indue. Vous décidez arbitrairement que quelqu’un a une attitude négative à votre égard, et vous ne prenez pas la peine de voir si c’est vrai.
  7. L’erreur de prévision. Vous prévoyez le pire, et vous êtes convaincu que votre prédiction est déjà confirmée par les faits.
  8. L’exagération (la dramatisation) et la minimisation : vous amplifiez l’importance de certaines choses (comme vos bévues ou le succès de quelqu’un d’autre) et vous minimisez l’importance d’autres choses jusqu’à ce qu’elles vous semblent toutes petites (vos qualités ou les imperfections de votre voisin, par exemple). Cette distorsion s’appelle aussi « le phénomène de la lorgnette ».
  9. Les raisonnements émotifs : vous présumez que vos sentiments les plus sombres reflètent nécessairement la réalité des choses : « C’est ce que je ressens, cela doit donc correspondre à une réalité.
  10. Les « dois » et les « devrais » : vous essayez de vous motiver par des « je devrais… » ou des « je ne devrais pas… » comme si, pour vous convaincre de faire quelque chose, il fallait vous battre ou vous punir. Ou par des « je dois ». Et cela suscite chez vous un sentiment de culpabilité. Quand vous attribuez des « ils doivent » ou « ils devraient » aux autres, vous éveillez chez vous des sentiments de colère, de frustration et de ressentiment.
  11. L’étiquetage et les erreurs d’étiquetage : il s’agit là d’une forme extrême de généralisation à outrance. Au lieu de qualifier votre erreur, vous vous apposez une étiquette négative : « Je suis un perdant ». Et quand le comportement de quelqu’un d’autre vous déplaît, vous lui accolez une étiquette négative : « C’est un maudit pouilleux ». Les erreurs d’étiquetage consistent à décrire les choses à l’aide de mots très colorés et chargés d’émotion.
  12. La personnalisation : vous vous considérez responsable d’un événement fâcheux dont, en fait, vous n’êtes pas le principal responsable.

Source : Burns, David D, Être bien dans sa peau, Les éditions Héritage inc. Montréal (Québec), 1995. p. 55.


Des enfants et des adolescent vivent le choc de la déception provoqué par leur constat que le monde n’est pas tel qu’on le leur a dit, que leur vie n’est pas comme ils le souhaitent et/ou conforment aux attentes de mon entourage. Mais je jugement de l’enfant et de l’adolescent, quoiqu’à prendre au sérieux, recèle de « généralisations à outrance ».

J’avais mal à l’âme, tellement mal que j’avais envie de faire du mal. À n’importe qui, à n’importe quoi. Et si parfois il ne restait rien ni personne pour recevoir ma souffrance, moi, j’étais toujours là… Je devins donc mon objet de destruction préféré: la drogue, l’automutilation et les tentatives de suicide ont eu une place prédominante dans ma vie pendant quelques années. J’ai tant cherché à savoir qui j’étais et comment faire pour être heureuse, pour ne plus souffrir de la vie… Cette vie, qui était censée être un cadeau, un « don de Dieu », moi, je n’y voyais qu’un fardeau dont je ne parvenais pas à me défaire.

Je me souviens avoir voulu mourir à huit ans, alors que le mot « suicide » n’existait pas encore dans mon vocabulaire. Quelque chose en moi refusait cette parodie de la vie qu’on me présentait comme le seul monde réel, la seule avenue possible. C’était censé être ça, la vie ?… J’aurais fait tout ce chemin dans les entrailles de ma mère juste pour ça ?… Une partie de moi ne voulait pas y croire, et c’est ce qui me fit persévérer jusqu’à l’adolescence.

L’adolescence… je crois que ma famille se serait bien épargné cette période de ma vie ! Je me souviens, alors, avoir éprouvé plus de respect pour la mort que pour la vie. J’essaie maintenant de me rappeler pourquoi et tout ce qui me vient à l’esprit est que la vie ne semblait plus avoir de sens pour moi : tout semblait faux, illusoire, mensonger, irréel. Le bonheur était une supercherie et la vie me mentait en me faisant miroiter cette potentialité. La mort, au contraire, n’usait d’aucune fausse représentation. La mort, c’était la fin, le vide, l’anéantissement. Certains parlaient d’une vie après la mort, mais la vie après la mort, c’était encore la vie. Moi, c’est à la mort que je pensais.

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Avant-propos, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, p. 2

À l’adolescence, se rendre compte que notre perception du monde ne concorde pas avec l’enseignement et l’éducation que l’on nous avais prodigués, fait partie de la vie de plusieurs jeunes. Il en va de même avec la vie, sa propre vie. Julie Tremblay écrit  : « (…) pourquoi et tout ce qui me vient à l’esprit est que la vie ne semblait plus avoir de sens pour moi : tout semblait faux, illusoire, mensonger, irréel. Le bonheur était une supercherie et la vie me mentait en me faisant miroiter cette potentialité ».

J’associe la réaction de l’auteur à deux biais cognitifs :

  • Le tout-ou-rien : votre pensée n’est pas nuancée. Vous classez les choses en deux seules catégories : les bonnes et les mauvaises. En conséquence, si votre performance laisse à désirer, vous considérez votre vie comme un échec total.
  • Les raisonnements émotifs : vous présumez que vos sentiments les plus sombres reflètent nécessairement la réalité des choses : « C’est ce que je ressens, cela doit donc correspondre à une réalité.

Notre Julie va vivre un renversement intérieur, une prise de conscience existentielle.

La vie, la mort, le vrai, le faux… Ce petit hamster roulait continuellement dans ma tête. Et à force de rouler, il finit par m’amener quelque part. J’ai réalisé avec le temps que ce n’est pas la vie ou la mort qui sont « vraies » ou « fausses », mais notre relation avec elles, notre attitude face à elles, et tout cela dépend avant tout de notre relation à nous-mêmes. Suis-je moi-même vraie, c’est-à-dire authentique et intègre? C’est ainsi que je finis par comprendre que mon attirance pour la mort était en fait une attirance pour la vérité, et que si le monde m’apparaissait absurde, c’était plutôt parce que ma vie à moi ne faisait pas sens. Et pourquoi cela ? Était-ce à moi de donner un sens à ma vie ? J’étais là, à attendre passivement, depuis des années, que l’on me dise où aller, alors qu’en réalité, c’était à moi de choisir ma destination !… J’aurais bien aimé que l’on me prévienne !… N’y avait-il pas de mode d’emploi attaché à mon cordon ombilical? Quelqu’un a-t-il bien vérifié qu’il n’y avait aucune enveloppe à mon nom dans mon placenta ?

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Avant-propos, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, pp. 3-4.

La remarque ou la plainte à l’effet qu’on ne vient pas au monde avec un mode d’emploi provient d’une prise de conscience essentielle. Il en va de même de la prise de conscience de sa passivité, de son rôle dans le choix de sa destination. « J’aurais bien aimé que l’on me prévienne !… » souligne Julie Tremblay. Elle témoigne donc d’une prise de recul.

Mais pourquoi ce besoin vital de vérité? Tout simplement parce que la vérité fait sens par elle-même ; parce que l’être humain a besoin de donner un sens à sa vie ; parce que la conscience nous permet d’accéder au « pourquoi ? » de l’existence et qu’une fois ce « pourquoi ? » posé, il faut se mettre en quête d’une réponse. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, il faut chercher, non pas tant dans le but de trouver une réponse définitive, mais plutôt parce que l’attitude de celui qui cherche est celle qui permet de s’ouvrir à la vie. Et si tel est le cas, c’est parce que c’est le chemin qu’on prend pour découvrir la vérité qui donne du sens à notre vie.

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Avant-propos, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, pp. 3-4.

Malheureusement je ne crois que la vérité fait sens par elle-même, au sens strict. La vérité ne se révèle pas automatiquement signifiante.

Voici trois versions philosophiquement plus solide de cette citation :

  • « La vérité est ce à partir de quoi le sens peut émerger. »

  • « Le sens authentique ne peut naître que dans une relation à la vérité. »

  • « La vérité ne donne pas automatiquement du sens, mais elle seule permet un sens qui ne soit pas illusoire. »

La vérité est nécessaire mais insuffisante pour produire du sens.

Il faut bien comprendre que le sens n’est pas une propriété des choses, dans ce cas ci, de la vie.  On peut donc affirmer l’une au l’autre de ces versions :

  • La vérité décrit ce qui est ; le sens exprime ce que cela vaut pour une existence.
  • Le vrai contraint la pensée, mais seul un sujet peut signifier.
  • La vérité est sans voix tant qu’une vie ne lui prête pas une écoute.

Revenons à la question du « chemin » : « (…) parce que c’est le chemin qu’on prend pour découvrir la vérité qui donne du sens à notre vie. » Le chemin que l’on emprunte vers la vérité ne crée pas automatiquement le sens, mais il constitue l’espace où la vie peut s’orienter, se comprendre et se relier à ce qui compte vraiment. C’est en posant des questions, en confrontant ce que l’on découvre à sa propre existence, et en faisant les choix que l’on se donne à soi-même, que le sens se révèle et se construit.

La grande désillusion

Le mal de vivre ressemble à une sorte de vertige face à ce que c’est que de vivre. Il s’agit comme un prise de conscience, une réflexion, un temps d’arrêt face à l’existence. Vivre, ça ne va pas de soi. Vivre, ça mérite qu’on y réfléchisse un peu. On passe tout ne temps <a vivre alors qu’on ne sait même pas ce que c’est, ce que ça implique. Tenir ainsi la vie pour acquise nous fait agir comme de véritables automates. Autrement dit, souffrir du mal de vivre, c’est avoir l’intuition que la vue devrai être plus que ça. C’est avoir le sentiment douloureux que notre vie ne fait pas sens. C’est avoir l’impression que l’on est incompétent, maladroit, mésadapté pour affronter l’existence. Et, en fait, tout cela est vrai car, généralement, notre manière de vivre n’est pas la bonne.

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Chapitre deux – Le réveil de l’automate, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, p. 30.

(…) La souffrance peut nous faire prendre conscience de nos chaînes et nous aider à nous en libérer. (…)

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Chapitre deux – Le réveil de l’automate, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, p. 31.

(…) Si l’intensité d’une souffrance informe sur l’étendu de la prise de conscience qui lui est associée, alors celui qui souffre du mal de vivre a, à sa portée, une prise de conscience assez forte pour modifier profondément le sens de sa vie.

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Chapitre deux – Le réveil de l’automate, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, p. 31.

C’est d’ailleurs en ce sens que je vois dans la souffrance métaphysique la possibilité pour l’homme de faire un premier pas pour aller de l’avant. À mon avis, il est tout à fait bénéfique que de ressentir ce que l’on nomme le mal de vivre. Cependant, j’affirme que le mal de vivre est positif puisque la souffrance qu’il occasionne peut-être le point de départ d’une meilleure vie. Il ne doit pas devenir un mode de vie pour autant. Le mal de vivre devrait plutôt être vécu comme une rupture, une cassure entre deux modes de vie, un éveil. La souffrance est positive lorsqu’elle joue le rôle d’un choc qui nous réveille; c’-à-dire qu’elle est positive en tant que moyen, mais non en tant que fin.

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Chapitre deux – Le réveil de l’automate, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, p. 32.


Recueil : Les bienfaits de la souffrance métaphysique

1. Søren Kierkegaard – Le Concept d’angoisse

« L’angoisse est le vertige de la liberté. »

  • La souffrance existentielle révèle notre liberté radicale et la responsabilité de nos choix. Elle ouvre à la création de sens.

2. Viktor Frankl – …et il dit oui à la vie

« Lorsque nous ne pouvons plus changer une situation, nous sommes mis au défi de nous changer nous-mêmes. »

  • Le vide existentiel devient un moteur de transformation intérieure et de recherche personnelle de sens.

3. Albert Camus – Le Mythe de Sisyphe

« Le véritable problème de la philosophie n’est pas la mort, mais la vie. »

  • La confrontation à l’absurde nous pousse à créer un sens malgré l’absence de signification donnée par le monde.

4. Friedrich Nietzsche – Le Crépuscule des idoles

« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. »

  • La souffrance renforce la volonté et permet d’affirmer sa vie. La souffrance métaphysique devient une école d’endurance et de force intérieure.

5. Blaise Pascal – Pensées

« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. »

  • L’effroi métaphysique face au vide stimule la réflexion profonde et la quête de sens.

6. Jean-Paul Sartre – L’Être et le Néant

« L’homme est condamné à être libre. »

  • La liberté absolue est source d’angoisse, mais elle oblige à assumer sa vie et à créer sa propre signification.

7. Simone Weil – La Pesanteur et la Grâce

« La grâce ne nous est donnée qu’à travers l’épreuve. »

  • La souffrance permet d’atteindre une profondeur spirituelle et existentielle, en confrontant le réel dans sa rigueur.

8. Blaise Pascal – Pensées

« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. »

  • La souffrance existentielle révèle l’importance de la dimension subjective et intérieure du sens.

9. Emmanuel Levinas – Totalité et Infini

« La souffrance d’autrui me révèle ma responsabilité. »

  • La confrontation au mal ou au vide métaphysique développe l’ouverture à autrui et la conscience morale.

10. Arthur Schopenhauer – Le Monde comme volonté et représentation

« La vie oscille, comme un pendule, de la souffrance à l’ennui. »

  • La souffrance métaphysique montre la condition humaine universelle, stimulant la réflexion et la sagesse.

11. Friedrich Nietzsche – Ainsi parlait Zarathoustra

« Il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. »

  • Le malaise existentiel est un terreau créatif, permettant de transformer le vide en énergie créatrice et sens vécu.

12. Viktor Frankl – …et il dit oui à la vie

« Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. C’est dans cet espace que réside notre liberté et notre puissance de choisir notre attitude. »

  • La souffrance métaphysique ouvre cet espace de liberté, où le sens peut être construit par la conscience et l’action.

J’admets volontiers une souffrance créatrice de prises de conscience, que « La souffrance ouvre la porte à la conscience » (sous-titre du Chapitre 2 – Le réveil de l’automate).

(…) En effet, qu’est-ce qu’une prise de conscience si ce n’est la fin d’une illusion et, par le fait même, le constat de son ignorance ? (…)

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Chapitre deux – Le réveil de l’automate, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, p. 36.

(…) Cet éveil de la conscience est une belle souffrance puisqu’elle est à l’origine de la liberté. Chaque prise de conscience qui nous fait abandonner un automatisme, un comportement avilissant, nous rend davantage libres, car davantage nous-mêmes. La plupart du temps, nous refusons la souffrance et tout ce que nous souhaitons est de ne plus la ressentir, mais la refuser, c’est refuser de sérieuse prises de conscience. Alan Watts, philosophe et écrivain reconnu pour son interprétation des philosophies asiatiques, affirme également ce lien existant entre souffrance et conscience.

Si nous voulons devenir des êtres humains à part entière et pleinement vivants et conscients, il semble nous devions accepter de souffrir pour nos plaisirs. Sans cette acceptation, nous n’élargissons jamais le champs de notre conscience. Et cependant, nous ne voulons pas accepter de souffrir, et nous croyons guère mème que nous pourrions en être capable. Car « notre nature » se rebelle tellement contre la douleur que la simple idée d’avoir à l’accepter au-delà d’un certain seuil nous semble impossible et tout à fait vide de sens. Dans ces conditions, notre vie apparaît comme une contradiction et un conflit. Comme la conscient doit recouvrir à la fois et la douleur et le plaisir, la recherche du plaisir à l’exclusion de la douleur revient en fait à rechercher la perte de conscience. (Allan Watts, Bienheureuse insécurité, Éditons Stock, 1981 (1961), p. 34.

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Chapitre deux – Le réveil de l’automate, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, pp. 38-39.

Est-ce que souffre lorsque je me pose des questions existentielles, philosophique ? Personnellement, je ne souffre pas face à des telles questions. Est-ce que je souffre lorsque je prends conscience que ma liberté n’est pas pleine et entière ? Personnellement, je ne souffre pas de mes prises de conscience. Je ne ressens aucun pendant négatif à mes prises de conscience. Depuis mon adolescence, je me répète « Si tu as une idée meilleure que la mienne, presses-toi à me la communiquer car je n’ai pas de temps à perdre ». Et je m’appuie sur le fait que « La lumière entre par les failles » depuis mon jeune âge. Il y a en cela aucune souffrance physique et métaphysique.

Même si j’ai expérimenté à quelques reprises au cours de ma vie de sérieuses déprimes et un profond mal de vivre, l’exploration de mon mal être ne m’a donné aucune souffrance mais plutôt des prises de conscience joyeuses. Comment est-ce possible ? Douter sereinement de tout ce que je sais de moi et du monde. Ne rien prendre pour acquis à l’aide du doute. Ne pas laisser ma vie être guidée par le besoin d’avoir toujours raison. Autrement dit, le but de ma vie n’est pas d’avoir raison. Ainsi, dans ce contexte, souffrir pour en tirer des prises de conscience ne fait pas sens pour moi. Un problème ne me fait pas souffrir. Il éveille ma créativité dans la quête d’une solution.

La souffrance, selon ce que j’en comprends, centre la personne sur elle-même, sur un travail sur soi exigeant et de tous les instants.

Un nouveau moi

Lors que ces personnes, les drogués, les alcooliques et les marginaux de notre société, arrivent finalement au point de vouloir un changement, il ne veulent pas d’une mise au point ou de quelque adaptation de leur moi. Le plus souvent ils désirent un nouveau moi. Ils considèrent leur ancien moi trop atteint pour que toute réparation soit possible : ils veulent s’en débarrasser. Ils regardent leurs vies comme étant irrémédiablement gâchées : ils veulent qu’une chance leur soit donnée d’une vie nouvelle.

KILPATRICK, William (KIRK), Séduction psychologique — L’échec de la psychologie moderne, traduction de l’original, Psychological Seduction de l’anglais au français par Alain Chong, Lausanne (Suisse), Centre Biblique Européen, 1985, p. 114.

Le développement personnel a ce défaut d’entraîner ses adeptes dans une quête sans fin, ce qui explique qu’il donne au chemin à parcourir toutes les vertus. Mais un sommet n’attend pas l’autre.

La conversion du regard

(…) Ce sont les jugements que je porte sur ce qui m’environne qui feront en sorte que la vie m’apparaîtra absurde ou, au contraire, riche de sens. Le sens de la vie dépend avant tout de nous, de notre faculté de jugement, de notre capacité à discerner le réel de l’illusoire, l’être du paraître. En d’autres mots, le sens que nous attribuons à la réalité dépend de notre conscience de la réalité.

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Chapitre deux – Le réveil de l’automate, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, p. 39.


Je crois que la vie n’a pas de sens en elle-même, dans son objectivité. Par conséquent, je crois que chaque homme doit donner à sa vie un sens, et ce, en toute liberté et en toute conscience. Mais la philosophe Julie Tremblay fait reposer ce choix sur notre faculté de juger. je ne comprends pas.

Tu mets exactement le doigt au bon endroit. Ton intuition est juste, et ta difficulté vient d’une confusion conceptuelle chez Julie Tremblay entre juger et donner sens. Ce ne sont pas la même chose.

Je vais clarifier calmement.


1. Ta position est cohérente

Tu dis :

La vie n’a pas de sens en elle?même, dans son objectivité.
Chaque homme doit donc donner à sa vie un sens, en toute liberté et en toute conscience.

Philosophiquement, c’est une position existentielle classique et solide (Camus, Sartre, Frankl) :

  • Le monde est neutre, indifférent, parfois absurde.
  • Le sens n’est pas découvert, il est institué par l’existence humaine.
  • Donner sens est un acte, pas un jugement.

Jusqu’ici, tout est clair et rigoureux.


2. Où Julie Tremblay déplace le problème

Elle écrit, en substance :

Le sens de la vie dépend de notre faculté de jugement, de notre capacité à discerner le réel de l’illusoire.

Et c’est là que quelque chose déraille.

Pourquoi ?

Parce que juger ? donner sens.


3. La confusion centrale : jugement vs engagement

Le jugement

  • Le jugement est cognitif.
  • Il vise le vrai et le faux.
  • Il décrit, évalue, distingue.
  • Exemple :
    • « Cette situation est injuste »
    • « Cette croyance est illusoire »

Le jugement répond à la question :

Qu’est?ce qui est ?


Donner sens

  • Donner sens est existentiel et pratique.
  • Cela engage la liberté, le choix, la décision.
  • Il ne vise pas le vrai ou le faux, mais le pourquoi vivre.
  • Exemple :
    • « Malgré l’absurde, je choisis de m’engager »
    • « Je décide que cette valeur comptera pour moi »

Donner sens répond à la question :

Comment vais?je vivre ?


4. L’erreur précise de Julie Tremblay

Elle fait reposer le choix du sens sur la faculté de jugement, alors que :

  • Le jugement peut clarifier,
  • mais il ne peut pas fonder le sens.

? Tu peux juger très lucidement que :

  • le monde est absurde,
  • la mort est injuste,
  • la vie est contingente…

sans que cela te dise quoi faire de ta vie.

Le sens n’est pas une conclusion logique.
C’est une prise de position existentielle.


5. Pourquoi ton intuition résiste

Tu ressens une incohérence parce que :

  • Si la vie n’a pas de sens objectif,
  • alors aucun jugement, aussi lucide soit?il,
  • ne peut produire du sens à lui seul.

Le sens ne vient pas du discernement,
mais du choix libre face à ce qui est discerné.

? Le jugement prépare le terrain,
? mais la liberté décide.


6. Formulation philosophique claire (qui te correspond)

Voici une formulation qui corrige précisément l’erreur :

La vie n’a pas de sens en elle?même.
Le jugement nous permet de voir le réel tel qu’il est, mais il ne crée pas le sens.
Le sens naît d’un acte de liberté par lequel une conscience décide comment habiter une réalité qui, en elle?même, n’en prescrit aucun.

Ou plus court :

Le jugement éclaire la réalité ; la liberté donne sens à la vie.


7. En résumé (très clair)

  • Tu as raison : la vie n’a pas de sens objectif.
  • Tu as raison : le sens est donné librement et consciemment.
  • Julie Tremblay confond lucidité et fondation du sens.
  • Elle attribue au jugement un rôle qu’il ne peut pas remplir.

Ton malaise vient donc d’une confusion philosophique réelle, pas d’un malentendu de ta part.


Reformulation critique

La vie n’a pas de sens en elle-même. Elle n’existe pas comme une entité objective, riche de signification par elle-même. Chaque être humain doit donc donner sens à sa vie en toute liberté et en toute conscience, en assumant pleinement sa responsabilité existentielle.

Contrairement à Julie Tremblay, ce sens ne peut pas reposer sur notre faculté de jugement. Le jugement nous permet certes de discerner le réel de l’illusoire, l’être du paraître, et d’éclairer la nature des événements et de nos expériences. Mais il ne produit pas le sens de la vie : il ne fait que clarifier la situation dans laquelle nous devons agir et décider librement.

En d’autres termes, le jugement éclaire le monde, mais le sens naît uniquement de la décision consciente et libre de l’individu face à ce monde. Loin de se réduire à une activité cognitive ou évaluative, la création de sens est un acte existentiel, un choix volontaire d’habiter et de transformer notre réalité subjective en une vie qui vaut la peine d’être vécue.


À mon avis, c’est cette conversion du regard nous faisant passer de l’extérieur à l’intérieur de nous-mêmes qui représente le mieux la quête philosophique. Je ne veux pas sous-entendre que la vérité est subjective, mais plutôt que l’accès au vrai passe nécessairement par soi-même. Pour parvenir à percevoir le vrai, il faut d’abord ébranler nos certitudes et nos jugements. Il faut admettre notre ignorance. Il faut avoir le courage d’affronter la peur de l’inconnu, l’angoisse du vide, l’insécurité qui accompagne l’absence de certitude. Il faut décider d’assumer la responsabilité de notre quête de vérité. Mais, avouons-le, quelle quête difficile ! Quelle aventure périlleuse ! Combien de fois nous blessons-nous avant de découvrir une réalité qui fait du sens. Combien de fois souffrirons-nous de désillusions telles qu’il nous faudra rien de moins que réapprendre à vivre ? Combien de compagnons de route perdrons-nous en chemin, nous retrouvant ainsi seul au bout du voyage ? Et pouvons nous seulement envisager que cette traversée ait réellement un point d’arrivée ? Et si elle n’en a pas, fait-elle alors moins sens qu’une vie construite sur des illusions ?

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Chapitre deux – Le réveil de l’automate, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, p. 40.

Si le jugement est à la base du sens, mais qu’il doit être détruit ou ébranlé pour progresser, alors il ne peut plus fonder le sens. Le texte semble se contredire, car le rôle attribué au jugement change en cours de route. L’auteure n’est pas claire sur le rôle du jugement. Elle commence par le placer au centre, puis l’écarte progressivement sans expliciter la transition

La philosophe Julie Tremblay est sujette au biais cognitif de sur-généralisation lorsqu’elle écrit :

  • « Il faut admettre notre ignorance. Il faut avoir le courage… Il faut décider… »
  • « Combien de fois nous blessons-nous avant de découvrir une réalité qui fait du sens »

Elle présente son expérience et sa méthode comme universelle, comme si tout le monde devait suivre ce chemin précis pour accéder au vrai ou au sens. Cela ressemble à une généralisation excessive : ce qui est vrai pour elle serait vrai pour tous.

Personnellement, lorsque je lis « Pour parvenir à percevoir le vrai, il faut d’abord ébranler nos certitudes et nos jugements », j’ai la nette impression que la quête est et demeurera difficile et que l’aventure est et demeurera périlleuse. Si à chaque certitude, je dois l’ébranler et faire de même à chaque jugement, et ce, tout au long de ma vie, je dois effectivement déployer un effort considérable et soutenu en ma conscience. Ce n’est pas une solution économique en énergie alors tournée vers moi-même.

Il me semble qu’en philosophie, il faille aller à la source pour régler le problème une fois pour toute en ce qui concerne les certitudes et les jugements.

En science, dans les vraies sciences, aussi appelées « sciences dures », la connaissance se bâtit sur la destruction du déjà-su.

Dans son livre Apocalypse cognitive – La face obscure de notre cerveau, Gérald Bronner, professeur de sociologie à l’Université de Paris (Presses Universitaires de France (PUF), 2021) Gérald Bronner met le doigt sur la « manière de penser ». La question se pose à l’honnête homme : « Je pense mais comment, de quelle manière ? ». Le modèle de la pensée scientifique, qui admet à la fois le doute et la certitude, peut être importé, autant que faire se peut, dans notre manière de penser. On sait déjà que la connaissance scientifique se bâtit sur la destruction du déjà-su. La connaissance scientifique est admise certaine que le temps qu’une autre connaissance vienne la remettre en cause et la déclasse. C’est ainsi que je considère la connaissance que je tire de mes expériences du savoir. Et si confiance il y a dans mes connaissances, c’est dans ma capacité à douter et d’en tirer le bénéfice.

Et de dire à mes enfants : « Notre valeur n’est pas liée au fait d’avoir ou non raison. » « La confiance en soi ne doit pas reposer sur le fait d’avoir raison ». « Le doute est notre meilleur allié pour avancer librement dans la vie. » « Il ne faut pas prendre pour vrai ce que l’on pense uniquement parce qu’on le pense. »

Il ne faut pas permettre à notre système de penser de prendre pour vrai ce qu’il pense uniquement parce qu’il le pense, il ne faut rien prendre pour acquis, et ce n’est pas parce que nous vivons entourés de gens qui se donnent raison que nous devons les imiter. Notre système de penser n’a de valeur que dans sa capacité à douter. Notre vie aussi n’a de valeur que si nous faisons place au doute jusque dans nos jugements et dans nos certitude.

Et si le doute crée de l’inconfort, c’est parce que vous ne savez pas encore comment en tirer le bénéfice. Vous connaissez peut être l’expression « Tirer le bénéfice du doute ». Le bénéfice du doute, c’est la certitude jusqu’au prochain doute. Une certitude est, par définition, du moins en science, que provisoire. Et il devrait en être de même dans notre vie, à la base de notre système de penser. En acceptant que nos jugements et nos certitudes soient provisoires avant même d’être penser, nous nous libérons de notre dépendance à nos jugements et à nos certitudes pour fonder notre bien-être sur la valeur intersecte et inaltérable de la vie en nous et dans le monde.

Nos jugements, nos opinions et nos certitudes ne seront jamais suffisamment solides pour encaisser les coups durs. Autrement, devenus des dogmes, ils attaquent notre bien-être.

Le mal de vivre n’est qu’un symptôme d’une vie superficielle fondées sur nos jugements, nos opinions et nos certitudes, sur des produits imparfaits de notre système de penser en proie à des erreurs de penser, notamment mais pas exclusivement, des biais cognitifs.

Je sais que tout le monde ne ressent pas le mal de vivre aussi intensément que ce fut le cas pour moi, mais je sais aussi que la souffrance est notre lot à tous. D’ailleurs, ne pas ressentir le mal de vivre ne veut pas nécessairement dire qu’on appartient à la catégorie des « gens heureux », car nous sommes passés maître dans l’art du mensonge à soit-même. Par ailleurs, entreprendre le chemin qui mène à la pleine réalisation de sa liberté est un défi qui s’adresse à l’humanité entière et non seulement à ceux qui souffrent. Ce défi est une immense montagne à gravir et seuls quelques sages au cours de l’humanité semblent y être parvenus. Pourtant, malgré la difficulté, la vie ne prend sens qu’à travers cette ascension. Ayons donc le courage d’oser, non pas de nous jeter dans le vide, mais grimper jusqu’au firmament. Entreprenons la quête philosophique sur sens de notre existence. Entamons la route du devenir humain.

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Chapitre deux – Le réveil de l’automate, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, pp. 48-49.

Présenter la pleine réalisation de la liberté comme une montagne à gravir repose sur une illusion conceptuelle. La liberté n’est pas un état final à atteindre, mais une condition toujours inachevée de l’existence humaine. Elle ne se réalise pas une fois pour toutes : elle s’exerce, se perd, se reconquiert, se corrige. Imaginer un sommet de la liberté, atteint par quelques sages, revient à transformer la liberté en performance et à nier sa nature fondamentalement ouverte, fragile et quotidienne.

L’affirmation selon laquelle « entreprendre le chemin qui mène à la pleine réalisation de sa liberté » constituerait un défi comparable à une montagne à gravir repose sur une conception téléologique de la liberté qui appelle une objection de principe.

En effet, parler de pleine réalisation de la liberté suppose que la liberté soit un état achevable, susceptible d’être atteint au terme d’un processus progressif. Or, une telle conception entre en contradiction avec la nature même de la liberté telle qu’elle est pensée dans la tradition philosophique moderne et contemporaine. La liberté n’est pas un bien que l’on acquiert ni un état que l’on stabilise, mais une condition structurelle de l’existence humaine, qui se manifeste dans l’acte même de choisir, de juger et d’assumer ses décisions.

Dès lors, concevoir la liberté comme une finalité à atteindre introduit une erreur catégorielle : on confond l’exercice de la liberté, qui est toujours situé, fragile et révisable, avec une hypothétique accomplissement total de celle-ci. Or, une liberté pleinement réalisée, entendue comme état définitif, ne serait plus une liberté, mais une forme de clôture existentielle, dans laquelle le sujet n’aurait plus à se déterminer ni à se confronter à l’incertitude. Une telle liberté serait paradoxalement une négation de la liberté elle-même.

La métaphore de la montagne accentue cette confusion en suggérant l’existence d’un sommet universel de la liberté, accessible seulement à quelques individus exceptionnels. Cette représentation introduit une hiérarchisation normative des existences humaines et transforme la liberté en performance ou en accomplissement élitiste, alors qu’elle est, par essence, également donnée à tous, bien que diversement exercée.

Il convient donc de rejeter l’idée selon laquelle la liberté pourrait être pleinement réalisée au terme d’un parcours ascendant. La liberté ne se situe pas à l’horizon d’un chemin, mais dans le mouvement même de l’existence. Elle ne s’accomplit pas une fois pour toutes : elle se réactualise continuellement dans chaque décision, sans jamais se totaliser ni se clore.

La liberté n’est pas une fin à atteindre, mais une condition à assumer ; elle ne connaît pas de réalisation pleine, mais seulement des exercices toujours provisoires et réversibles.


L’affirmation selon laquelle il existerait un « chemin menant à la pleine réalisation de la liberté », assimilable à une ascension difficile dont seuls quelques individus auraient atteint le sommet, repose sur une conception téléologique de la liberté qui appelle une objection de principe.

1. La liberté n’est pas un état achevable (Kant)

Chez Kant, la liberté n’est jamais un état empirique que l’on pourrait constater ou accomplir définitivement. Elle est une condition transcendantale de l’action morale, c’est-à-dire la présupposition nécessaire pour que le sujet puisse se reconnaître comme auteur de ses actes. La liberté ne se réalise donc pas comme un résultat, mais se postule et s’exerce à chaque décision morale. Parler d’une « pleine réalisation » de la liberté revient à confondre la condition de possibilité de l’agir avec un objet de l’expérience, ce qui constitue une erreur conceptuelle majeure.

2. La liberté comme condamnation à choisir (Sartre)

Cette erreur apparaît plus nettement encore dans l’existentialisme sartrien. Pour Sartre, l’homme est « condamné à être libre » : la liberté n’est ni un idéal ni un horizon à atteindre, mais une structure ontologique de l’existence humaine. Elle se manifeste dans la nécessité permanente de choisir, sans fondement ultime ni garantie. Dès lors, l’idée d’un état de liberté pleinement réalisé est contradictoire : une liberté achevée serait une liberté qui n’aurait plus à se choisir, et donc une liberté abolie. La liberté ne connaît pas de sommet, seulement des situations.

3. Liberté et pluralité humaine (Arendt)

Hannah Arendt permet de formuler une objection supplémentaire. Pour elle, la liberté n’est pas d’abord une intériorité à accomplir, mais une capacité d’initier du nouveau dans le monde, enracinée dans la pluralité humaine. La liberté apparaît dans l’action et dans l’espace commun, non dans l’ascension solitaire vers un idéal de sagesse. La métaphore de la montagne est ici doublement fautive : elle individualise excessivement la liberté et la soustrait à son caractère fondamentalement relationnel et politique.

4. Contre l’absolutisation de la liberté (Berlin)

Isaiah Berlin permet enfin de clarifier le danger normatif de la notion de « pleine réalisation ». En distinguant liberté négative et liberté positive, Berlin met en garde contre les conceptions de la liberté qui prétendent définir ce que serait une liberté « authentique » ou « accomplie ». De telles conceptions ouvrent la voie à une hiérarchisation des existences et à une légitimation implicite de l’exclusion : certains seraient véritablement libres, d’autres seulement en chemin. La liberté devient alors un idéal normatif imposé, plutôt qu’un espace ouvert de choix individuels.

5. Conclusion critique

Ainsi, la notion de « pleine réalisation de la liberté » repose sur une confusion persistante entre liberté comme condition, liberté comme exercice et liberté comme idéal normatif. Aucune des grandes traditions philosophiques modernes ne permet de soutenir l’idée d’un accomplissement final de la liberté. La liberté n’est ni cumulative, ni perfectible au sens téléologique : elle est toujours déjà là, mais jamais garantie, jamais stabilisée, jamais totale.

— FIN DU COMMENTAIRE DE ChatGPT —


Aucun des grands penseurs modernes et contemporains ne conçoit la liberté comme un état pleinement réalisable ni comme un sommet à atteindre. Kant la pense comme condition, Sartre comme condamnation permanente, Arendt comme action éphémère, Berlin comme espace non hiérarchique, Deleuze comme devenir sans fin. La métaphore de la montagne trahit donc profondément la nature philosophique de la liberté.

Ludwig Wittgenstein écrit : « Mon ouvrage consiste en des éclaircissements ; et ces éclaircissements dissipent les difficultés, comme on dissipe le brouillard. On ne gravit pas une montagne, on fait disparaître un obstacle. » Remarques mêlées (Culture and Value), entrée des années 1930.

Karl Jaspers écrit : « La philosophie ne mène pas à un sommet où l’on pourrait enfin se reposer. Elle est un chemin sans point final. » Introduction à la philosophie, 1950.

Hannah Arendt écrit : « La liberté n’est pas située au-dessus du monde, comme un sommet à atteindre, mais dans l’espace même où les hommes agissent ensemble. » La Condition de l’homme moderne, chap. V (formulation fidèle, sens exact).

Isaiah Berlin écrit : « L’idée qu’il existe un sommet de la liberté humaine, une forme ultime vers laquelle tous devraient tendre, est une illusion dangereuse. » Four Essays on Liberty, 1969.

Lorsque les philosophes parlent explicitement de sommets, d’élévation ou d’ascension, c’est presque toujours pour en dénoncer le caractère trompeur. La liberté, le sens et la vérité ne résident pas dans un point culminant à atteindre, mais dans des pratiques, des clarifications ou des décisions toujours réversibles. La métaphore de la montagne n’éclaire pas la condition humaine : elle la déforme.

La liberté n’a pas de sommet. Toute pensée qui lui en assigne un cesse déjà de la comprendre.

(…) Camus disait :  »La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux ». Et si Camus nous dit d’imaginer Sisyphe heureux, c’est parce que tenter de vivre sagement donne sens à la vie. C’est le chemin, la quête en elle-même, qui rend heureux et non pas seulement le point d’arrivée.

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Chapitre trois – Le devenir humain, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, p. 65.


Dans Le Mythe de Sisyphe (1942), Albert Camus explore l’absurde, cette tension entre le besoin humain de sens et le silence du monde. Sisyphe, condamné à pousser une pierre qui retombe toujours, incarne cette condition : ses efforts semblent vains, son existence dénuée de but objectif. Pour Camus, reconnaître l’absurde ne mène pas au désespoir, mais à la lucidité et à la liberté : c’est dans l’acceptation consciente de l’absurde et dans l’acte même de continuer à vivre, sans illusion de finalité, que réside la dignité humaine. Le bonheur de Sisyphe n’est pas dans l’accomplissement, mais dans sa capacité à affronter la réalité telle qu’elle est, pleinement et lucidement.


Chez Camus, le sens n’existe pas ; il faut vivre malgré l’absence de sens. Julie Tremblay soutient que le sens existe dans le chemin ou la quête.

À yeux de Camus, la lutte n’est pas un chemin à gravir pour atteindre un état supérieur. Julie Tremblay parle d’une quête qui rend heureux.

Camus avance que l’important est la lucidité et l’acceptation de l’absurde, pas « vivre sagement ». Or, Julie Tremblay moralise l’absurde, introduisant une norme de sagesse et de bonheur.

La phrase de Julie Tremblay n’est pas cohérente avec Camus puisqu’elle :

  • lit Camus à travers une grille téléologique et morale,

  • transforme l’absurde en quête positive,

  • et attribue au « chemin » un rôle que Camus ne reconnaît pas.

Camus ne dit pas : « le chemin rend heureux ». Il dit : « il faut vivre malgré le non-sens ; c’est dans la lucidité même que réside la dignité. »

Le sens de la vie est de devenir de plus en plus maître de sois-même, libre, sage, car seule la vie éveillée vaut la peine d’être vécue. En fait, le bonheur semble possible seulement dans cette quête. « Socrate disait dans l’Apologie que le bien suprême à ses yeux était de mettre tout en examen et qu’une vie qui ne s’adonnerait pas à une telle recherche ne mériterait pas d’être vécu, le bonheur consistant ainsi dans cette quête qui ne finit jamais » (Marcel Conche, Analyse de l’amour et autres sujets, Presses universitaires de France, Paris, 1997, p. 218).

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Chapitre trois – Le devenir humain, Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, p. 65.

Dire que le sens de la vie est de devenir maître de soi réduit la vie humaine à une tâche instrumentale. Et cela implique que si l’on n’atteint pas la maîtrise, on ne vit pas pleinement, ce qui crée une hiérarchie morale implicite. Selon moi, la vie n’est pas un objet à façonner, mais une expérience à habiter, avec ses surprises, ses limites et ses contradictions.

L’expression « maître de soi » ne me plaît pas parce qu’elle permet un lien avec l’ésotérisme.

Soutenir que « c’est le chemin qui rend heureux » place l’expérience au-dessus de la réflexion. Et l’ésotérisme fonctionne souvent de la même façon : la pratique, le rituel, l’expérience personnelle sont sources de connaissance et de sens, parfois indépendamment de la raison.

Or, la philosophie questionne, critique et expose ses concepts. Le sens n’est pas supposé émerger automatiquement d’une expérience ou d’une ascension.

La vie n’est pas une lutte sur un chemin faisant sens vers le sommet d’une montagne. Il y a dans cette approche tout ce qu’il faut pour décourager une personne souffrant du mal de vivre. Cette invitation au travail sur soi sans fin pour une évolution perpétuelle, sensé rendre heureux, ne facilite pas la tâche à celui ou celle en mal de vivre. Le sérieux et la lourdeur du programme ne s’offrent pas comme une solution accessible lorsqu’on est au fond du trou, désarmé, découragé, désespéré…


Reformulation par ChatGPT :

« La vie n’est pas une lutte sur un chemin conduisant au sommet d’une montagne. Cette métaphore héroïque et initiatique, telle qu’elle apparaît dans l’approche de Tremblay, est non seulement téléologique mais aussi ésotérique : elle présuppose qu’un sens existe à atteindre, et que seuls quelques sages peuvent y accéder. Une telle vision est particulièrement décourageante pour quelqu’un en proie au mal de vivre, car elle transforme la vie en un programme inaccessible de travail sur soi perpétuel, censé générer bonheur et sagesse. Le sérieux et la lourdeur de cette « ascension » ne constituent pas une solution concrète pour celui ou celle qui se trouve au fond du trou, désarmé, découragé ou désespéré ; au contraire, elle peut renforcer le sentiment d’impuissance et d’échec. La philosophie, lorsqu’elle est rigoureuse, ne doit pas proposer un sommet héroïque à gravir, mais offrir des outils de lucidité et d’étonnement accessibles à tous, même dans les moments les plus difficiles de l’existence. »


J’ai effectivement souligné à ChatGPT qu’il manquait un mot de première importance dans le livre : ÉTONNEMENT, point de départ canonique de la philosophie depuis l’Antiquité.

Depuis Platon et Aristote, la philosophie ne commence ni par la souffrance, ni par un défi, ni par une montagne à gravir, mais par l’étonnement (thaumazein).

Aristote (texte fondateur)

« C’est l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. »
Métaphysique, A, 2, 982b12

La métaphore de la montagne suppose :

  • une insuffisance initiale (nous sommes en bas),
  • un état supérieur à atteindre (le sommet),
  • une hiérarchie des êtres humains (quelques sages seulement y parviennent).

Or, l’étonnement :

  • n’implique aucune élévation,
  • ne suppose aucune déficience,
  • n’instaure aucune élite spirituelle.

On ne grimpe pas vers l’étonnement : on s’y trouve déjà, dès qu’on suspend ses évidences.

Et c’est absence du mot ÉTONNEMENT qui m’éclaire sur l’inconfort que je ressens à la lecture de LA PHILOSOPHIE COMME SOLUTION AU MAL DE VIVRE de JULIE TREMBLAY. Ce livre est un livre psychologisant la philosophie.


Reformulation par ChatGPT :

C’est précisément l’absence du mot ÉTONNEMENT qui éclaire l’inconfort que je ressens à la lecture de La philosophie comme solution au mal de vivre de Julie Tremblay. L’ouvrage psychologise la philosophie, transformant la pensée en un programme de travail sur soi, une quête héroïque et prescriptive, au détriment de ce qui fonde la philosophie : la suspension du jugement et l’émerveillement face à ce qui est.


CONCLUSION DE MON RAPPORT DE LECTURE

J’observe, chez cette philosophe québécoise, toute l’influence de notre culture. J’ai l’impression d’une absence de recul face à son conditionnement typiquement québécois. Je pense notamment aux racines religieuses et sociales de l’interprétation de la souffrance au Québec. Je vais trop loin en l’affirmant, mais je l’écris tout de même : on dirait que le mal de vivre dans ce livre est un péché mortel qui demande une mortification. Dans la société québécoise, la psychologie est beaucoup plus influente que la philosophie, ce qui implique de toujours commencer par le point central : l’étonnement. Aussi, cette domination dictatoriale de la psychologie au sein de la société québécoise force inconsciemment la psychologisation de tous les sujets, même DE la philosophie.

Nul doute qu’il appartient à chacun de nous d’entreprendre une démarche personnelle visant à apprivoiser la souffrance de manière à ne pas cherche à la fuir dès qu’elle se présente à nous. (…)

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Conclusion – Quelle place pour la philosophie dans la cité ? Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, p. 218.

La souffrance, la souffrance, encore et encore, jusque dans sa Conclusion.

En fait, comme cela a déjà été évoqué, le degré de conscience va de pair avec la sensibilité d’un être. Plus nous sommes conscients de la réalité, plus nous y sommes sensibles et, par conséquent, plus nous serons susceptibles de connaître intensément la joie tout autant que la souffrance. (…)

TREMBLAY, Julie, La philosophie comme solution au mal de vivre, Conclusion – Quelle place pour la philosophie dans la cité ? Presses Universitaires de l’Université Laval, Québec, Québec, 2013, pp. 217-218.

Plus nous souffrirons, plus « nous serons susceptible de connaître intensément la joie ». Amen.

Personnellement, on m’a dit dès ma plus tendre enfance que j’étais hypersensible. Et je le demeure. Mais je n’ai pas pour autant ouvert « la porte à une vision pessimiste de la réalité » en développant ma conscience. Même l’adolescent désillusionné face à un monde qui n’est pas tel que l’on me l’avait annoncé, je n’ai pas perdu l’espoir; j’espérais participer à l’espoir d’un monde meilleur.

Et à la question posée par Julie Tremblay en Conclusion de son témoignage et ses réflexions, « Ne serait-ce pas plutôt cette conscience aiguë de l’existence qui serait à la source du mal de vivre ? », je réponds : « Une conscience aiguë de l’existence n’est pas plus la source du mal de vivre que du bien être ».

Je soutiens régulièrement que si jamais je devais avoir une conscience pleine et entière de la réalité de notre monde, je mourrais sur le coup. Il me serait impossible de supporter une conscience particulièrement aiguë de chaque humain en difficulté.

J’ai connu le mal de vivre en trois temps au cours de ma vie : deux dépressions majeures de nature psychologique et une troisième, cette fois, de nature philosophique. Âgé de 15 ans, un ami proche est décédé. Âgé de 30 ans, je ne pouvais plus supporter la pression de ma vie publique après plus de 350 conférences devant plus de 35,000 jeunes et leurs parents. Âgé de 41 ans, à la suite d’une épreuve financière, j’ai perdu toutes mes convictions, y compris les plus profondes sur lesquelles reposait ma vie entière. Ai-je soufferts ? Certainement. Heureusement, une fois au fond du trou, je disposais alors de tout le temps pour remettre en ordre mon système de penser et mes idées. À chaque fois, ma créativité et mon hypersensibilité m’ont finalement fait rebondir pour me permettre de retrouver mon bien-être. C’est ainsi que je reprenais ma route sur le chemin de ma vie. Je n’ai jamais lié ma souffrance à ma joie. Le mal de vivre se présente à moi comme une occasion de grande créativité. Habitué à vivre avec l’idée que « La lumière entre par les failles » depuis mon adolescence, je cherchais à chaque fois les failles dans mon mal de vivre. Qu’aurai-je à comprendre de nouveau ? Qu’est-ce qui m’étonnerait cette fois ?

Enfin, le contraire du mal de vivre n’est pas le bonheur, mais la capacité de s’étonner encore d’être là, pensant, conscient, sans que cela exige un sommet à atteindre. Quand l’étonnement revient, la vie n’a pas besoin d’être justifiée.

Le contraire du mal de vivre n’est ni le bonheur ni la réussite, mais une manière d’habiter l’existence où l’on cesse de se demander sans cesse s’il faudrait être autre chose que ce que l’on est.

Puisque Julie Tremblay a trouvé dans la philosophie une solution à son mal de vivre, je me demande si cela tient toujours aujourd’hui car sa quête de liberté, de bonheur et d’amour laissait entendre une marche difficile sur le chemin du bien être.


P.S.: J’oubliais, je viens de terminer mon autobiographie scolaire et professionnelle à laquelle j’ai donné le titre « D’étonnement en étonnement » (offerte gratuitement).


SERGE-ANDRÉ GUAY, D’étonnement en étonnement, Autobiographie de ma vie professionnelle, Trois tomes abondamment illustrés, Fondation littéraire Fleur de Lys.
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Article #121 – Les essentiels : Réfléchir pour mourir moins cave – 35 questions philosophiques à se mettre sous la dent, Louis Dugal, Les Éditions de La bagnole, 2024

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Article # 121

LES ESSENTIELS


Dans cette nouvelle section, je traite des livres qui m’apparaissent essentiel au développement de l’esprit critique, la toute première étape pour aborder la philosophie comme mode de vie.

Je bâtie les articles « LES ESSENTIELS » en suivant la même structure que mes « RAPPORTS DE LECTURE » soit un référencement exhaustif du livre suivi de mon commentaire.


Voici un livre clair, net et précis pour ajouter la philosophie à notre vie de tous les jours

Réfléchir pour mourir moins cave

35 questions philosophiques à se mettre sous la dent

Louis Dugal

Enseignant de philosophie au collège de Rosemont et secrétaire du Comité d’éthique du Réseau de soins palliatifs du Québec

Réfléchir pour mourir moins cave

35 questions philosophiques à se mettre sous la dent

Louis Dugal

Enseignant de philosophie au collège de Rosemont et secrétaire du Comité d’éthique du Réseau de soins palliatifs du Québec

Les éditions La Bagnole

Support : Format papier

Mesure : 23.53 cm (Hauteur), 17.74 cm (Largeur), 524 gr (Poids)

Nombre de page : 148 pages

Date de sortie : 11 avril 2024

ISBN : 13 9782897148669


TEXTE DE LA QUATRIÈME DE COUVERTURE

À quoi ça sert de connaître des choses ?

Pourquoi les vieux n’écoutent pas la jeune génération ?

Est-on obligé d’aimer sa famille ?

Est-ce responsable d’avoir des enfants dans le monde actuel ?

Pourquoi est-on incapable de réagir face aux changements climatiques ?

Devenez un pro de l’argumentation et jetez un éclairage philosophique sur 35 sujets vous concernant directement.

LOUIS DUGAL travaille dans le milieu collégial à titre d’enseignant de philosophie et de conseiller pédagogique. Il sait construire des forteresses avec des Lego, avec des concepts et avec des mèmes.

Source : Les éditions La Bagnole.


SOMMAIRE

Réfléchir pour mourir moins cave

35 questions philosophiques à se mettre sous la dent

  1. J’aime mieux être seul qu’avec des amis. Suis-je bizarre ?
  2. Face à l’urgence climatique, peut-on être alarmiste sans être pessimiste ?
  3. À partir de quand on cesse d’être ignorant ?
  4. Pourquoi est-on incapable de réagir face aux changements climatiques ?
  5. Est-ce qu’on peut arrêter le progrès ?
  6. À quoi ça sert de connaître des choses ?
  7. L’argent fait-il le bonheur?
  8. Pourquoi a-t-on peur de faire des erreurs ?
  9. Siri, heu… l’intelligence peut-elle être artificielle ?
  10. Pourquoi les adultes n’écoutent pas les jeunes ?
  11. Pourquoi suis-je jalouse ?
  12. Est-on obligé d’aimer sa famille ?
  13. À quoi servent les humains?
  14. À quoi ça sert de réussir à l’école ?
  15. Comment faire les bons choix dans la vie ?
  16. La vraie démocratie, ça existe ?
  17. Est-ce que le travail rend heureux ?
  18. Est-ce que c’est responsable d’avoir des enfants dans le monde actuel ?
  19. Pourquoi le temps existe ?
  20. Doit-on sauver l’environnement?
  21. Est-on libre de faire ce qu’on veut dans notre vie privée ?
  22. De quoi doit-on douter ?
  23. Pourquoi la sexualité existe-t-elle ?
  24. Est-ce que je peux être en désaccord avec quelqu’un qui pense comme moi?
  25. Faut-il espérer que les choses aillent mieux?
  26. Le civisme, est-ce que ça s’enseigne ?
  27. Peut-on détester toutes les fêtes et refuser de les célébrer ?
  28. La mort, est-ce que c’est grave ?
  29. Est-ce qu’il vaut mieux être content ou être conscient ?
  30. Comment distinguer les vrais des faux amis?
  31. Qu’est-ce qu’il faut désirer pour être heureux ?
  32. Peut-on lutter contre la tristesse ?
  33. Pourquoi est-ce qu’il y a des gens méchants?
  34. Quelle est mon importance, considérant que je ne suis qu’un grain de sable dans l’univers ?
  35. Est-ce qu’on est proche de la fin du monde?

«La philosophie, c’est plus que «faire de la philo». À la base, c’est constater qu’il y a des choses qui font problème, se questionner sur elles et tenter d’en faire sens. Réfléchir pour mourir moins cave, ce sont 35 tentatives d’offrir des pistes de réponses à des questionnements qui travaillent les ados, tout en les forçant à lire plus loin que la réponse qui est offerte, à la questionner et à se questionner à son sujet. C’est pour ça que les textes ont pris la forme de dialogues, mais aussi qu’ils sont agrémentés de suggestions de lectures, de visionnements, d’écoutes et même de mèmes. Chaque élément du livre (incluant la magnifique mise en page de Clémence Beaudoin) cherche à être une étincelle pour la réflexion.»

Louis Dugal, auteur du livre, conseiller à la réussite et enseignant de philosophie au Collège de Rosemont 


Extrait

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Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.
Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.
Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.
Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.
Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.
Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.

 

Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.
Extrait du recueil Réfléchir pour mourir moins cave, de Louis Dugal, publié aux Éditions de la Bagnole.

AU SUJET DE L’AUTEUR

Source : Louis Dugal, LinkedIn.
Source : Louis Dugal, LinkedIn.

Louis Dugal

Louis Dugal est maintenant Conseiller à la réussite au Collège de Rosemont

Enseignant de philosophie au collège de Rosemont et secrétaire du Comité d’éthique du Réseau de soins palliatifs du Québec


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Page de Louis Dugal sur le site du quotidien Le Devoir


DU MÊME AUTEUR


REVUE DE PRESSE

Philosopher, c’est plus facile qu’on pense!

Parler de philosophie avec nos enfants? C’est plus facile qu’on pense! On en discute avec Louis Dugal, collaborateur à notre magazine Curium et auteur d’un livre de philosophie pour les adolescents.

LIRE LA SUITE : Philosopher, c’est plus facile qu’on pense! Alex Beausoleil, les débrouillard, 3 avril 2024.


Parler de philo, c’est plus facile qu’on pense! Louis Dugal, collaborateur à Curium, publie en avril le recueil Réfléchir pour mourir moins cave, aux Éditions de la Bagnole.

L’équipe de Curium a préparé des fiches pédagogiques en lien avec avec certaines réflexions abordées dans le recueil. Elles sont rassemblées dans un seul document pratique pour les profs!

Télécharger les fiches.

LIRE LA SUITE : Réfléchir pour mourir moins cave, Curium, 5 avril 2024.


Louis Dugal rend la philosophie accessible et ludique pour les ados

Comment aborder la philosophie à l’adolescence? Louis Dugal, conseiller à la réussite et enseignant de philosophie au Cégep de Rosemont, a trouvé une manière simple et ludique de le faire: un recueil de brefs dialogues philosophiques. Dans son livre Réfléchir pour mourir moins cave, publié par les éditions La Bagnole, il aborde 35 questions éthiques, politiques, sociales, environnementales ou morales qui font souvent surface entre 12 et 17 ans. Un ouvrage qui fait philosopher, rire et mourir moins cave!

LIRE LA SUITE : Louis Dugal rend la philosophie accessible et ludique pour les ados, Cégep de Rosemont.


Louis Dugal : La philosophie décomplexée

On n’associe pas nécessairement la philosophie à un sujet polarisant. Et pourtant! Chacun a une opinion étonnamment étoffée et bien tranchée sur le sujet. La philosophie est source de bien des maux de tête ou est le point de départ d’une longue histoire d’amour. Certains d’entre nous la subissent alors que d’autres en mangent. Pas étonnant que les ados ne savent plus trop sur quel pied danser lorsqu’ils entrent dans leur cours de philosophie 101, les yeux déjà cernés par des cauchemars de dissertations interminables. Et si l’on prenait collectivement un grand respire et que l’on trouvait un moyen de démystifier la philosophie, à hauteur d’ado, pour éviter que cette matière se transforme en traumatisme générationnel?

LIRE LA SUITE : Louis Dugal : La philosophie décomplexée, Vicky Sanfaçon, Revue Les Libraires, 21 octobre 2024.


Épicure et le projet de loi sur la fin de vie, Louis Dugal, Le Devoir, 24 mai 2014


Entrevue à la radio 98,5

Réfléchir pour être moins cave: un livre de philo, mais pas plate! 25 avril 2024 par 98.5


La philosophie pour les nuls

À partir de quand cesse-t-on d’être ignorant ? Est-ce que l’argent fait le bonheur ? Et est-ce qu’on est proche de la fin du monde ? Un sympathique recueil propose de s’attaquer avec humour, et surtout avec philosophie, à une trentaine de grandes et existentielles questions en textes, en images, même en mèmes.

LIRE LA SUITE : La philosophie pour les nuls, Silvia Galipeau, LA PRESSE, 14 avr. 2024.


Réfléchir pour mourir moins cave, ou l’art de philosopher en gardant le sourire

Louis Dugal a enseigné la philo aux ados durant quelques années avant de se reconvertir: il est aujourd’hui conseiller à la réussite, au niveau collégial. Il a également continué à publier, dans la revue Curium, de courtes chroniques, dans lesquelles il répondait aux questions à saveur philosophiques des jeunes lecteurs du magazine.

LIRE LA SUITE : Réfléchir pour mourir moins cave, ou l’art de philosopher en gardant le sourire, Yves Bergeras, Le Droit, 10 mai 2024.


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Les essentiels

Mon commentaire

Réfléchir pour mourir moins cave

35 questions philosophiques à se mettre sous la dent

Louis Dugal

Les Éditions La Bagnole

L’enseignement scolaire de la philosophie aux adolescents peut être vécu par l’étudiant comme une autre matière à son programme et demeurer dans sa sphère intellectuelle une théorie de plus à maîtriser pour obtenir des bonnes notes pour ses travaux et lors de ses examen. Ainsi, l’enseignement de la philosophie ne donne pas lieu automatiquement à l’étonnement qui éveille un esprit philosophique transcendant.


Le secret de l’être (1/3)

L’étonnement philosophique

Aristote a dit au début de sa Métaphysique : « Ce fut l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques ». [1] Pour comprendre la nature de cet étonnement qui fait office de point de départ de la philosophie, il est nécessaire de le distinguer de l’étonnement au sens ordinaire du terme.

En effet, si l’étonnement au sens usuel est provoqué par le caractère inattendu de phénomènes que l’on ne parvient pas à expliquer, il n’en va pas de même dans l’étonnement philosophique. « Avoir l’esprit philosophique expliquait Arthur Schopenhauer, c’est être capable de s’étonner des événements habituels et des choses de tous les jours, de se poser comme sujet d’étude ce qu’il y a de plus général et de plus ordinaire ». [2] Avoir l’esprit philosophique, c’est effectivement s’étonner de tout. C’est faire de la plus simple des choses existantes une source vive de méditation. C’est jeter sur la moindre pierre, la moindre fleur, un regard suffisamment neuf pour que se révèle tout le mystère de leur simple présence.

_____________

NOTES

[1] Aristote, Métaphysique, t. 1, A, 2, 982b 10, trad. J. Tricot, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, coll. « Bibliothèques des textes philosophiques », 1991, p. 8-9.

[2] A. Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, Supplément au Livre premier, chap. 17, trad. A. Burdeau, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 852.

Source et lire la suite : Lycée Auguste-Chevalier, Académie de Normandie.


Selon Platon, l'étonnement est à l'origine de la sagesse et donc de la philosophie.

« D’un philosophe ceci est le pathos : l’étonnement. Il n’existe pas d’autre origine de la philosophie. »

Platon, Théétète, 155 d

Selon Aristote, l'étonnement est le sentiment de crainte et d'anxiété ressenti par l'homme. Une fois que ses besoins matériels immédiats sont satisfaits, il commence à s'interroger sur son existence et ses relations avec le monde.

« C’est, en effet, l’étonnement qui poussa comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. Au début, leur étonnement porta sur les difficultés qui se présentaient les premières à l’esprit ; puis, s’avançant ainsi peu à peu, ils étendirent leur exploration à des problèmes plus importants, tels que les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des étoiles, enfin la genèse de l’Univers. Or apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance (c’est pourquoi même l’amour des mythes est, en quelque manière, amour de la sagesse, car le mythe est un assemblage de merveilleux). Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à l’ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c’est qu’évidemment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire. »

Aristote, Métaphysique, Livre I, 2, 982b

Source et lire la suite : Étonnement, Wikipédias.

De la question viendra une réponse étonnante, cette étincelle nécessaire à l’embrassement de l’esprit philosophique. C’est sans doute dans une telle approche que le professeur de philosophie, aujourd’hui, conseiller en réussite scolaire, au Collège d’Enseignement Général et Professionnel (Cégep) de Rosemont au Québec, monsieur Louis Dugal, a adoptée auprès de ses étudiants et dont témoigne son livre « Réfléchir pour mourir moins cave » soumettant à ses lecteurs « 35 questions philosophiques à se mettre sous la dent ».

Un tel ouvrage est rare et essentiel pour introduire la philosophie aux étudiants, non pas comme un ensemble de différentes philosophies, mais comme une source d’étonnement à laquelle abreuvée un esprit philosophique naissant.


Acheter ce livre sur le site web de Les Éditions La Bagnole


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Articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

Article # 62 – Soigner par la philosophie, En marche – Journal de la Mutualité chrétienne (Belgique)

“ Après les succès d’Épicure 500 vous permettant de faire dix repas par jour sans ballonnements, après Spinoza 200 notre inhibiteur de culpabilité, les laboratoires Laron, vous proposent Philonium 3000 Flash, un médicament révolutionnaire capable d’agir sur n’importe quelle souffrance physique ou mentale?: une huile essentielle d’Heidegger pour une angoisse existentielle, une substance active de Kant pour une douleur morale…. Retrouvez sagesse et vitalité en un instant ”, s’amusaient les chroniqueurs radio de France Inter dans une parodie publicitaire diffusée à l’occasion d’une émission ayant pour thème?: la philosophie peut-elle soigner le corps ?

Article # 63 – Contre le développement personnel. Thierry Jobard, Éditions Rue de l’échiquier, 2021

J’attribue quatre étoiles sur cinq à ce livre. Les lecteurs assidus de mes articles connaissent fort bien ma position plus que défavorable face au développement personnel. À l’instar de Thiery Jobard, je suis contre le développement personnel. Je qualifie le développement personnel d’arnaque extrêmement dangereuse pour ses adeptes et notre société.

Article # 64 – Apocalypse cognitive – La face obscure de notre cerveau, Gérald Bronner, Presses Universitaires de France (PUF), 2021

Le philothérapeute (philosophe consultant ou philosophe praticien) a l’obligation de très bien connaître le contexte dans lequel évolue son client. Le développement de l’esprit critique de ce client passe inévitablement par une prise de conscience de sa cognition en vue de comprendre comment il connaît. Si, dès le départ, le client n’a pas conscience de son mode de pensées, il lui sera difficile de participer activement au dialogue avec son philothérapeute. L’objectif primaire du philosophe consultant demeure de déceler et de corriger les biais cognitifs de son client avant même d’abord une question philosophique. Bref, si la »machine à pensée » du client est corrompu par des «virus cognitifs », une «réinitialisation » s’impose en début de séance de consultation.

Article # 65 – Développement (im)personnel – Le succès d’une imposture, Julia de Funès, Éditions de l’observatoire/Humensis, 2019

Dans son livre « Développement (im) personnel, Julia de Funès, docteure en philosophie, soutient que le développement personnel offre la même recette à tous et qu’à ce titre il ne peut donc pas se qualifier sa démarche de « personnel ». Selon ma compréhension, le développement personnel devrait mettre de l’avant un développement personnalisé, c’est-à-dire adapté à chaque individu intéressé pour se targuer d’être personnel.

Article # 66 – Savoirs, opinions, croyances – Une réponse laïque et didactique aux contestations de la science en classe, Guillaume Lecointre, Édition Belin / Humensis, 2018

Mon intérêt pour la pensée scientifique remonte à plus de 25 ans. Alors âgé d’une quarantaine d’année, PDG d’une firme d’étude des motivations d’achat des consommateurs, je profite des enseignements et de l’étude du processus scientifique de différentes sources. Je me concentre vite sur l’épistémologie…

Article # 67 – À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Marc Romainville, Presses Universitaires de France / Humensis, 2023

Ce livre m’a déçu en raison de la faiblesse de sa structure indigne de son genre littéraire, l’essai. L’auteur offre aux lecteurs une foule d’information mais elle demeure difficile à suivre en l’absence de sous-titres appropriés et de numérotation utile pour le repérage des énumérations noyés dans un style plus littéraire qu’analytique.

Article # 68 – Ébauche d’un annuaire : philothérapeutes, philosophes consultants, philosophes praticiens

En l’absence d’une association d’accréditation des philothérapeutes, philosophes consultants ou praticiens en francophonie, il est difficile de les repérer. Il ne nous reste plus que de nombreuses recherches à effectuer sur le web pour dresser une liste, aussi préliminaire soit-elle. Les intervenants en philothérapie ne se présentent pas tous sous la même appellation : « philothérapeute », « philosophe consultant » ou « philosophe praticien » « conseiller philosophique » « philosophe en entreprise », « philosophe en management » et autres.

Article # 69 – Guérir l’impossible – Une philosophie pour transformer nos souffrances en forces, Christopher Laquieze, Guy Trédaniel Éditeur, 2023

J’ai lu le livre GUÉRIR L’IMPOSSIBLE en me rappelant à chaque page que son auteur, Christopher Laquieze, est à la fois philosophe et thérapeute spécialisé en analyse comportementale. Pourquoi ? Parce que ce livre nous offre à la fois un voyage psychologique et philosophique, ce à quoi je ne m’attendais pas au départ. Ce livre se présente comme « Une philosophie pour transformer nous souffrances en forces ». Or, cette philosophie se base davantage sur la psychologie que la philosophie. Bref, c’est le « thérapeute spécialisé en analyse comportementale » qui prend le dessus sur le « philosophe ».

Article # 70 – Agir et penser comme Platon – Sage, penseur, philosophe, juste, courageux …, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.

Article # 71 – 7 règles pour une vie (presque) sans problème, Simon Delannoy, 2022

Ma lecture de ce livre m’a procuré beaucoup de plaisir et de bonheur. Je recherche dans mes lectures les auteurs et les œuvres permettant aux lecteurs d’évoluer de prise de conscience en prise de conscience de la première à la dernière page, de ne plus être le même à la fin de la lecture. Et c’est ce que les lecteurs vivront à la lecture de ce livre.

Article # 72 – Les philo-cognitifs – Ils n’aiment que penser et penser autrement…, Fanny Nusbaum, Olivier Revol, Dominic Sappey-Marinier, Odile Jacob, Paris, 2019

Je n’ai pas aimé ce livre parce que son titre, LES PHILO-COGNITIFS, se réfère à la philosophie sans pour autant faire un traitement philosophique de son sujet. Mon achat reposait entièrement sur le titre de ce livre et je m’attendais à un livre de philosophie. Mais il s’agit d’un livre de psychologie. Mon achat fut intuitif. J’avais pleinement confiance dans l’usage du mot « PHILO » en titre d’un ouvrage pour que ce dernier ne puisse traiter d’un autre sujet que philosophique. Mais ce n’est pas le cas.

Article # 73 – Qu’est-ce que la philosophie ? Michel Meyer, Le livre de poche, Librairie générale française, Paris, 1997

J’aime beaucoup les livres d’introduction et de présentation de la philosophie parce qu’ils ramènent toujours les lecteurs à l’essentiel, aux bases de la discipline. À la question « Qu’est-ce que la philosophie ? », Michel Meyer répond : « La philosophie est depuis toujours questionnement radical. C’est pourquoi il importe aujourd’hui de questionner le questionnement, même si on ne l’a jamais fait auparavant. » MEYER, Michel, Qu’est-ce que la philosophie ? – Les questions ultime de la pensée, Le livre de poche © Librairie Générale Française, Paris, 1997. p. 18.

Article # 74 – Présentations de la philosophie, André Comte-Sponville, Éditions Albin Michel, Le livre de poche, 2000

À l’instar de ma lecture précédente (Qu’est-ce que la philosophie ? de Michel Meyer), le livre PRÉSENTATIONS DE LA PHILOSOPHIE du philosophe ANDRÉ COMTE-SPONVILLE m’a plu parce qu’il met en avant les bases mêmes de la philosophie et, dans ce cas précis, appliquées à une douzaine de sujets…

Article # 75 – Les théories de la connaissance, Jean-Michel Besnier, Que sais-je?, Presses universitaires de France, 2021

J’ai dévoré le livre LES THÉORIES DE LA CONNAISSANCE par JEAN-MICHEL BESNIER avec un grand intérêt puisque la connaissance de la connaissance me captive. Amateur d’épistémologie, ce livre a satisfait une part de ma curiosité. Évidemment, je n’ai pas tout compris et une seule lecture suffit rarement à maîtriser le contenu d’un livre traitant de l’épistémologie, notamment, de son histoire enchevêtrée de différents courants de pensée, parfois complémentaires, par opposés. Jean-Michel Besnier dresse un portrait historique très intéressant de la quête philosophique pour comprendre la connaissance elle-même.

Article # 76 – Philosophie de la connaissance – Croyance, connaissance, justification, textes réunis par Julien Dutant et Pascal Engel, Libraire philosophique J. Vrin, 2005

Ce livre n’était pas pour moi en raison de l’érudition des auteurs au sujet de la philosophie de connaissance. En fait, contrairement à ce que je croyais, il ne s’agit d’un livre de vulgarisation, loin de là. J’ai décroché dès la seizième page de l’Introduction générale lorsque je me suis buté à la première équation logique. Je ne parviens pas à comprendre de telles équations logiques mais je comprends fort bien qu’elles soient essentielles pour un tel livre sur-spécialisé. Et mon problème de compréhension prend racine dans mon adolescence lors des études secondaires à l’occasion du tout premier cours d’algèbre. Littéraire avant tout, je n’ai pas compris pourquoi des « x » et « y » se retrouvaient dans des équations algébriques. Pour moi, toutes lettres de l’alphabet relevaient du littéraire. Même avec des cours privés, je ne comprenais toujours pas. Et alors que je devais choisir une option d’orientation scolaire, j’ai soutenu que je voulais une carrière fondée sur l’alphabet plutôt que sur les nombres. Ce fut un choix fondé sur l’usage des symboles utilisés dans le futur métier ou profession que j’allais exercer. Bref, j’ai choisi les sciences humaines plutôt que les sciences pures.

Article # 77 – Problèmes de philosophie, Bertrand Russell, Nouvelle traduction, Éditions Payot, 1989

Quelle agréable lecture ! J’ai beaucoup aimé ce livre. Les problèmes de philosophie soulevés par Bertrand Russell et les réponses qu’il propose et analyse étonnent. Le livre PROBLÈMES DE PHILOSOPHIE écrit par BERTRAND RUSSELL date de 1912 mais demeure d’une grande actualité, du moins, selon moi, simple amateur de philosophie. Facile à lire et à comprendre, ce livre est un «tourne-page» (page-turner).

Article # 78 – La dictature des ressentis – Sauver la liberté de penser, Eugénie Bastié, Éditions Plon, 2023

La compréhension de ce recueil de chroniques signées EUGÉNIE BASTIÉ dans le quotidien LE FIGARO exige une excellence connaissance de la vie intellectuelle, politique, culturelle, sociale, économique et de l’actualité française. Malheureusement, je ne dispose pas d’une telle connaissance à l’instar de la majorité de mes compatriotes canadiens et québécois. J’éprouve déjà de la difficulté à suivre l’ensemble de l’actualité de la vie politique, culturelle, sociale, et économique québécoise. Quant à la vie intellectuelle québécoise, elle demeure en vase clos et peu de médias en font le suivi. Dans ce contexte, le temps venu de prendre connaissance de la vie intellectuelle française, je ne profite des références utiles pour comprendre aisément. Ma lecture du livre LA DICTATURE DES RESSENTIS d’EUGÉNIE BASTIÉ m’a tout de même donné une bonne occasion de me plonger au cœur de cette vie intellectuelle française.

Article # 79 – À la découverte de la sagesse stoïcienne: L’histoire improbable du stoïcisme suivie du Manuel de la vie bonne, Dr Chuck Chakrapani, Éditions Stoa Gallica, 2023

À titre d’éditeur, je n’ai pas aimé ce livre qui n’en est pas un car il n’en possède aucune des caractéristiques professionnelles de conceptions et de mise en page. Il s’agit de la reproduction d’un texte par Amazon. Si la première de couverture donne l’impression d’un livre standard, ce n’est pas le cas des pages intérieures du… document. La mise en page ne répond pas aux standards de l’édition française, notamment, en ne respectant pas les normes typographiques.

Article # 80 – Le changement personnel – Histoire Mythes Réalités, sous la direction de Nicolas Marquis, Sciences Humaines Éditions, 2015

J’ai lu avec un grand intérêt le livre LE CHANGEMENT PERSONNEL sous la direction de NICOLAS MARQUIS. «Cet ouvrage a été conçu à partir d’articles tirés du magazine Sciences Humaines, revus et actualisés pour la présente édition ainsi que de contributions inédites. Les encadrés non signés sont de la rédaction.» J’en recommande vivement la lecture pour son éruditions sous les aspects du changement personnel exposé par différents spécialistes et experts tout aussi captivant les uns les autres.

Article # 81 – L’empire des coachs – Une nouvelle forme de contrôle social, Roland Gori et Pierre Le Coz, Éditions Albin Michel, 2006

À la lecture de ce livre fort intéressent, j’ai compris pourquoi j’ai depuis toujours une dent contre le développement personnel et professionnel, connu sous le nom « coaching ». Les intervenants de cette industrie ont réponse à tout, à toutes critiques. Ils évoluent dans un système de pensée circulaire sans cesse en renouvellement créatif voire poétique, système qui, malheureusement, tourne sur lui-même. Et ce type de système est observable dans plusieurs disciplines des sciences humaines au sein de notre société où la foi en de multiples opinions et croyances s’exprime avec une conviction à se donner raison. Les coachs prennent pour vrai ce qu’ils pensent parce qu’ils le pensent. Ils sont dans la caverne de Platon et ils nous invitent à les rejoindre.

Article # 82 – À quoi sert la philosophie ?, Marc Sautet, Éditions Pleins Feux, 1997

Ce petit livre d’une soixantaine de pages nous offre la retranscription de la conférence « À QUOI SERT LA PHILOSOPHIE ? » animée par Marc Sautet, philosophe ayant ouvert le premier cabinet de consultation philosophique en France et également fondateur des Cafés Philo en France.

Article # 83 – Raviver de l’esprit en ce monde – Diagnostic du contemporain, François Jullien, Éditions de l’Observatoire, 2023

L’essai RAVIVER DE L’ESPRIT EN CE MONDE – UN DIAGNOSTIC CONTEMPORAIN par FRANÇOIS JULLIEN chez les Éditions de l’Observatoire, parue en 2023, offre aux lecteurs une prise de recul philosophique révélatrice de notre monde. Un tel recul est rare et fort instructif.

Article # 84 – La philosophie appelle à une révélation suivie d’une conversion

La philosophie a pour but l’adoption d’un mode de vie sain. On parle donc de la philosophie comme un mode de vie ou une manière de vivre. La philosophie ne se possède pas, elle se vit. La philosophie souhaite engendrer un changement de comportement, d’un mode de vie à celui qu’elle propose. Il s’agit ni plus ni moins d’enclencher et de soutenir une conversion à la philosophie.

Article # 85 – La philosophie comme mode de vie, Daniel Desroches, Deuxième édition revue et corrigée, Coll. À propos, Les Presses de l’Université Laval, Québec, 2019

La lecture de cet essai fut très agréable, instructive et formatrice pour l’amateur de philosophie que je suis. Elle s’inscrit fort bien à la suite de ma lecture de « La philosophie comme manière de vivre » de Pierre Habot (Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001).

Article # 86 – Les consolations de la philosophie, Alain De Botton, Mercure de France, 2001, Pocket

La lecture du livre Les consolations de la philosophie, une édition en livre de poche abondamment illustrée, fut très agréable et instructive. L’auteur Alain de Botton, journaliste, philosophe et écrivain suisse, nous adresse son propos dans une langue et un vocabulaire à la portée de tous.

Article # 87 – La philothérapie – Philosophie pratique à l’international

L’Observatoire de la philothérapie a consacré ses deux premières années d’activités à la France, puis à la francophonie. Aujourd’hui, l’Observatoire de la philothérapie s’ouvre à d’autres nations et à la scène internationale.

Article # 88 – L’approche intellectuelle en philothérapie et en philosophie pratique

Certaines personnes croient le conseiller philosophique intervient auprès de son client en tenant un « discours purement intellectuel ». C’est le cas de Dorothy Cantor, ancienne présidente de l’American Psychological Association, dont les propos furent rapportés dans The Philosophers’ Magazine en se référant à un autre article parue dans The New York Times.

Article # 89 – En thérapie avec… Épicure – Combattre votre anxiété – 40 antidotes du philosophe antique, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024

Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.

Article # 90 – Êtes-vous sûr d’avoir raison ?, Gilles Vervisch, Flammarion, 2022

De lecture agréable et truffé d’humour, le livre ÊTES-VOUS SÛR D’AVOIR RAISON ? de GILLES VERVISCH, agrégé de philosophie, pose la question la plus embêtante à tous ceux qui passent leur vie à se donner raison.

Article # 91 – L’approche interrogative et l’approche conversationnelle dans la pratique philosophique

Dans un article intitulé « Se retirer du jeu » et publié sur son site web Dialogon, le philosophe praticien Jérôme Lecoq, témoigne des « résistances simultanées » qu’il rencontre lors de ses ateliers, « surtout dans les équipes en entreprise » : « L’animation d’un atelier de “pratique philosophique” implique que chacun puisse se « retirer de soi-même », i.e. abandonner toute volonté d’avoir raison, d’en imposer aux autres, de convaincre ou persuader autrui, ou même de se “faire valider” par les autres. Vous avez une valeur a priori donc il n’est pas nécessaire de l’obtenir d’autrui. » (LECOQ, Jérôme, Se retirer du jeu, Dialogon, mai 2024.)

Article # 92 – Introduction à la philosophie, Karl Jaspers, Plon, coll. 10-18, 2001

« Jaspers incarne, en Allemagne, l’existentialisme chrétien » peut-on lire en quatrième de couverture de son livre INTRODUCTION À PHILOSOPHIE. Je ne crois plus en Dieu depuis vingt ans. Baptisé et élevé par défaut au sein d’une famille catholique qui finira pas abandonner la religion, marié protestant, aujourd’hui J’adhère à l’affirmation d’un ami philosophe à l’effet que « Toutes les divinités sont des inventions humaines ». Dieu est une idée, un concept, rien de plus, rien de moins. / Dans ce contexte, ma lecture de l’œuvre INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE de KARL JASPERS fut quelque peu contraignante à titre d’incroyant. Je me suis donc concentré sur les propos de JASPERS au sujet de la philosophie elle-même.

Article # 93 – Le rôle social des idées – Esquisse d’une philosophie de l’histoire contemporaine, Max Lamberty, Éditions de la Cité Chrétienne, 1936

« La philosophie a gouverné toute la vie de notre époque dans ses traits les plus typiques et les plus importants » (LAMBERTY, Max, Le rôle social des idées, Chapitre premier – La souveraineté des idées ou La généalogie de notre temps, Les Éditions de la Cité Chrétienne (Bruxelles) / P. Lethielleux (Paris), 1936, p. 41) – la démonstration du rôle social des idées par Max Lamberty doit impérativement se poursuivre de nos jours en raison des défis qui se posent à nous, maintenant et demain, et ce, dans tous les domaines. – Et puisque les idées philosophiques mènent encore et toujours le monde, nous nous devons d’interroger le rôle social des idées en philosophie pratique. Quelle idée du vrai proposent les nouvelles pratiques philosophiques ? Les praticiens ont-ils conscience du rôle social des idées qu’ils véhiculent dans les consultations et les ateliers philosophiques ?

Article # 94 – L’étonnement philosophique – Une histoire de la philosophie, Jeanne Hersch, Gallimard, coll. Folio Essai, 1993

J’aime beaucoup ce livre. Les nombreuses mises en contexte historique en lien avec celui dans lequel nous sommes aujourd’hui permettent de mieux comprendre cette histoire de la philosophie et d’éviter les mésinterprétations. L’auteure Jeanne Hersch nous fait découvrir les différentes étonnements philosophiques de plusieurs grands philosophes à l’origine de leurs quêtes d’une meilleure compréhension de l’Être et du monde.

Article # 95 – Qu’est-ce que la Deep Philosophy ? – Philosopher depuis notre profondeur intérieure, Ran Lahav, Loyev Books, 2023

Mon intérêt pour ce livre s’est dégradé au fil de ma lecture en raison de sa faible qualité littéraire, des nombreuses répétitions et de l’aveu de l’auteur à rendre compte de son sujet, la Deep Philosophy. / Dans le texte d’introduction de la PARTIE A – Première rencontre avec la Deep Philosophy, l’auteur Ran Lahav amorce son texte avec ce constat : « Il n’est pas facile de donner un compte rendu systématique de la Deep Philosophy ». Dans le paragraphe suivant, il écrit : « Néanmoins, un tel exposé, même s’il est quelque peu forcé, pourrait contribuer à éclairer la nature de la Deep Philosophy, pour autant qu’il soit compris comme une esquisse approximative ». Je suis à la première page du livre et j’apprends que l’auteur m’offre un exposé quelque peu forcé et que je dois considérer son œuvre comme une esquisse approximative. Ces précisions ont réduit passablement mon enthousiasme. À partir de là, ma lecture fut un devoir, une obligation, avec le minimum de motivation.

Article # 96 – Se réaliser – Petite philosophie de l’épanouissement personnel, Michel Lacroix, (Marabout), Éditions Robert Laffont, 2009

J’ai beaucoup aimé ce livre de Michel Lacroix, Se réaliser — Petite philosophie de l’épanouissement personnel. Il m’importe de vous préciser que j’ai lu l’édition originale de 2009 aux Éditions Robert Laffont car d’autres éditions sont parues, du moins si je me rapporte aux différentes premières et quatrièmes de couverture affichées sur le web. Ce livre ne doit pas être confondu avec un ouvrage plus récent de Michel Lacroix : Philosophie de la réalisation personnelle – Se construire dans la liberté parue en 2013 et qui sera l’objet d’une rapport de lecture dans ce dossier.

Article # 97 – Une histoire de la raison par François Châtelet – Entretiens avec Émile Noël, Édition du Seuil, 1992

Personnellement, je me suis limité à lecture du livre car je préfère et de loin l’écrit à l’audio. J’aime le titre donné à ce livre, « Une histoire de la raison », plutôt que « L’histoire de la raison », parce qu’il laisse transparaître une certaine humilité dans l’interprétation.

Article # 98 – La raison, Bertrand Saint-Sernin, Presses universitaires de France, coll. Que sais-je, Paris, 2003

Les ouvrages de la collection Que sais-je ? des PUF (Presses universitaires de France) permettent aux lecteurs de s’aventurer dans les moult détails d’un sujet, ce qui rend difficile d’en faire un rapport de lecture, à moins de se limiter à ceux qui attirent et retient davantage notre attention, souvent en raison de leur formulation. Et c’est d’entrée de jeu le cas dans le tout premier paragraphe de l’Introduction. L’auteur écrit, parlant de la raison (le soulignement est de moi) : « (…) elle est une instance intérieure à l’être humain, dont il n’est pas assuré qu’elle puisse bien fonctionner en situation de risque ou dans un état trouble ».

Article # 99 – Philosophie de la réalisation personnelle – Se construire dans la liberté, Michel Lacroix, Éditions Robert Laffont, 2013

Dans son livre « Philosophie de la réalisation personnelle – Se construire dans la liberté », le philosophe Michel Lacroix s’engage clairement en faveur du développement personnel. Il le présente comme l’héritier des efforts déployés par la philosophie dans le domaine de la réalisation de soi au cours siècles passés. À mon avis et si c’est effectivement le cas, le mouvement du développement personnel a vite fait de dilapider cet héritage de la philosophie en le déchiquetant en petits slogans vide de sens.

Article # 100 – Vivre dans un monde où tout un chacun se donne raison, en réponse à l’article « L’art de couper les cheveux en quatre » d’Alexandre Lacroix publié dans Philosophie magazine, juin 2024

Dans le dossier de son édition de juin 2024, Philosophie magazine tente de répondre à cette question en titre : « Comment savoir quand on a raison ? » Il n’en fallait pas plus pour me motiver à l’achat d’un exemplaire chez mon marchand de journaux.

Article # 101 – Loin de moi – Étude sur l’identité, Clément Rosset, Les Éditions de Minuit, 1999

Le texte en quatrième de couverture de LOIN DE SOI de CLÉMENT ROSSET confronte tous les lecteurs ayant en tête la célèbre maxime grecque gravés sur le fronton du temple de Delphes et interprété par Socrate : « Connais-toi toi-même » : « La connaissance de soi est à la fois inutile et inappétissante. Qui souvent s’examine n’avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte. » ROSSET, Clément, Loin de moi – Étude sur l’identité, Les Éditions de Minuit, 1999, quatrième de couverture.

Article # 102 – Penser par soi-même, Sous la direction de Maud Navarre, Sciences Humaines Éditions, 2024

Avec ses dix-sept articles de différents auteurs, le recueil PENSER PAR SOI-MÊME , sous la direction de MAUD NAVARRE, docteure en sociologie et journaliste scientifique, chez SCIENCES HUMAINES ÉDITIONS paru en 2024, complète et bonifie généreusement le dossier du même nom de l’édition de mars 2020 du magazine Sciences Humaines.

Article # 103 – Éloge du point d’interrogation – Tous philosophes ? Patrick Moulin, Les Éditions du Net, 2022

Je n’ai pas aimé ce livre en raison de mon aversion face au style d’écriture de l’auteur. J’ai abandonné ma lecture au trois quarts du livre. Je n’en pouvais plus des trop nombreuses fioritures littéraires. Elles donnent au livre les allures d’un sous-bois amazonien aussi dense que sauvage où il est à charge du lecteur de se frayer un chemin, machette à la main. Ce livre a attiré mon attention, l’a retenue et l’auteur pouvait alors profiter de l’occasion pour communiquer avec moi. Mais les ornements littéraires agissent comme de la friture sur la ligne de cette communication. J’ai finalement raccroché.

Article # 104 – Grandeur et misère de la modernité, Charles Taylor, Coll. L’essentiel, Éditions Bellarmin (Éditions Fides), 1992

Notre place dans le monde s’inscrit dans notre identité. Construire sa propre philosophie de vie bonne exige non seulement de se connaître soi-même mais aussi de connaître le monde dans lequel nous existons. C’est l’« Être-au-monde » selon de Martin Heidegger. Bref, voilà donc pourquoi cet Observatoire de la philothérapie – Quand la philosophie nous aide dépasse son sujet avec le livre GRANDEUR ET MISÈRE DE LA MODERNITÉ du philosophe CHARLES TAYLOR paru en 1992, il y a plus de trente ans.

Article # 105 – La philosophie antique comme exercice spirituel ? Un paradigme en question, Sylvain Roux, Les Belles Lettres, 2024

J’aime beaucoup ce livre. Tout philosophe se doit de le lire. Voici une enquête essentielle, à la fois très bien documentée, fine et facile à suivre. Elle questionne la conclusion du philosophe Pierre Hadot à l’effet que la philosophie est une manière de vivre. Sous le titre « La philosophie comme exercice spirituel ? – Un paradigme en question », le professeur de philosophie ancienne à l’université de Poitiers, Sylvain Roux, déterre les racines de la philosophie pour en montrer leur enchevêtrement

Article #106 – Crise de soi – Construire son identité à l’ère des réseaux sociaux et du développement personnel, Thierry Jobard, coll. Amorce, Éditions 10/18, 2024

L’essayiste Thierry Jobard nous propose trois ouvres : 1. CONTRE LE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL (voir mon rapport de lecture); 2. JE CROIS DONC JE SUIS : LE GRAND BAZAR DES CROYANCES CONTEMPORAINE; 3. CRISE DE SOI – CONSTRUIRE SON IDENTITÉ À L’ÈRE DES RÉSEAUX SOCIAUX ET DU DÉVELOPPEMENT PERSONNEL. — Avec ce troisième essai, Thierry Jobard approfondit encore davantage son sujet démontrant ainsi une maîtrise de plus en plus grande des aléas de l’identité, cette fois-ci, sous l’influence des réseaux sociaux et du développement personnel.

Article #107 – Le parler de soi, Vincent Descombes, Collections Folio. Essais, Éditions Gallimard, 2014

Si vous avez aimez cet extrait, vous aimerez ce livre car il est représentatif de l’ensemble de l’œuvre. Personnellement, je cherchais des indices pour répondre à la question « Qui suis-je ? » et ce livre n’en offre pas. En revanche, j’aime bien quand un auteur remonte à la source de son sujet et le retrace dans le contexte historique. Vincent Descombes excelle en ce sens dans PARLER DE SOI. C’est pourquoi je me suis rendu jusqu’à la page 248 des 366 pages de son texte (Appendices exclues) avant d’abandonner ma lecture. J’aime bien m’informer de l’histoire d’une idée comme le fait si bien Vincent Descombes mais la vue sous microscope du fil historique de chaque détail a fini par me lasser. J’ai tenu bon dans l’espoir de me faire une vision d’ensemble de l’évolution du concept mais je ne suis pas parvenu à prendre le recul utile face à une telle multitude de détails.

Article #108 – La philosophie fait-elle votre bonheur ? Dossier, Revue Les Libraires, no 145, 2024

Peut-être vous dites-vous : « La philosophie, pas pour moi, non merci! » Pourtant, à partir du moment où une question germe dans votre tête et que vos neurones s’activent à faire des liens, à envisager des hypothèses, à analyser les pour et les contre, à réfuter certaines pistes, à emprunter d’autres foulées, à mettre en parallèle ou en confrontation des idées, vous êtes en train de philosopher.

Article #109 – Quatre moyens d’en finir avec la pointeuse, Clara Degiovanni, Dossier / “Comment trouver le bon rythme ?”, Philosophie magazine, no 183, octobre 2024

CITATION « 4. Raconter sa journée / 18 heures. Vous rejoignez un ami pour prendre un verre après le travail. Vous lui racontez votre journée, qui était finalement très réussie. Intéressé et sincèrement content pour vous, il vous invite à évoquer les perspectives qui s’offrent à vous dans votre entreprise actuelle. »

Article #110 – Pascal Chabot-Hélène L’Heuillet : silence, ça pulse !, propos recueillis par Cédric Enjalbert, Dossier / “Comment trouver le bon rythme ?”, Philosophie magazine, no 183, octobre 2024

Philosophe, spécialiste du burn-out, Pascal Chabot vient de publier une enquête cherchant Un sens à la vie et montrant qu’il est toujours ouvert et dynamique. Hélène L’Heuillet, philosophe et psychanalyste, fait non seulement reparaître son Éloge du retard mais elle signe également un ouvrage sur Le Vide qui est en nous. Ensemble, ils montrent comment rythme de vie et sens de la vie se répondent !

Article #111 – Émile Durkheim : l’individu, ferment de la société, par Athénaïs Gagey, Philosophie magazine, no 183, octobre 2024

Fondateur de la sociologie moderne, Émile Durkheim pense l’individu comme la partie d’un tout. Alors que les fractures sociales sont légion dans notre société, sa lecture est une proposition pour tenter de (re)faire société.

Article #112 – Histoire de la pensée philosophique – De l’homme grec à l’homme post-moderne, Jean-Marie Nicolle, Bréal, 2015

Le livre « Histoire de la pensée philosophique – De l’homme grec à l’homme post-moderne » par Jean-Marie Nicolle se classe parmi les meilleurs, sinon comme le meilleur, que j’ai pu lire. Jean-Marie Nicolle fait preuve d’une maîtrise quasi absolue de son sujet et en témoigne par des explications simples dans une écriture compréhensible par tous accompagnée de graphiques fort utiles. Ce livre rempli toutes ses promesses.

Article #113 – Nexus – Une brève histoire des réseaux d’information de l’âge de pierre à l’IA, Yuval Noah Harari, Albin Michel, Paris, 2024

Le livre Nexus – Une brève histoire des réseaux d’information de l’âge de pierre à l’IA signé par Yuval Noah Harari donne à penser que les civilisations se transforment avec la capacité de l’homme à produire, recueillir, centraliser et contrôler ou à diffuser l’information au fil des grandes innovations, de la tablette d’argile à l’intelligence artificielle (IA) en passant par l’imprimerie, le télégraphe, l’imprimerie, la presse écrite, la radio, la télévision, l’ordinateur et l’internet. / Difficile pour la presse de passer sous silence un auteur avec plus de 45 millions d’exemplaires vendus de ses livres témoigne les trois exemples ci-dessous.

Article # 114 – Conférence vidéo «Qu’est-ce que la pratique philosophique ? » par Laurence Bouchet, Philo Mobile

Lors de cette conférence organisée à Poitiers par l’association Poitiers Cité Philo, j’ai montré la place que la philosophie peut prendre dans nos vies, puis j’ai proposé à quelques personnes volontaires, un atelier interactif sur le thème de la honte, choisi par les participants. Avec l’ensemble de la salle nous avons ensuite commenté cette façon de philosopher.

Article #115 – Uniques au monde – De l’invention de soi à la fin de l’autre, Vincent Cocquebert, Les Éditions Arkê, 2023

« Ce dresse le panorama oppressant de cette société du sur-mesure et nous invite le sens d’une indépendance vertueuse. » COCQUEBERT, Vincent, Uniques au monde – De l’invention de soi à la fin de l’autre, Les Éditions Arkhê, 2023, Quatrième de couverture.

Et c’est tout un « panorama » ! Complet en relevant bon nombre d’exemples concrets, l’essai UNIQUES AU MONDE de l’auteur et journaliste indépendant Vincent Cocquebert, permet aux lecteurs de se mettre à jour sur les sources et les impacts de l’individualisation de l’homme depuis plusieurs décennies, à commencer par le « surinvestissement émotionnel dans la consommation ». À titre de conseiller en marketing et en publicité puis de président directeur d’une firme d’études des motivations d’achat des consommateur dans les années 1980-1990, j’ai reconnu la tendance au repli sur soi, notamment le cocooning, relevée par monsieur Cocquebert dans son ouvrage. Et que, poussé à l’extrême, ce repli sur soi conduise à « la fin de l’autre » a tout pour nous inquiéter tout en nous mobilisant. Un livre dont la lecture surprend le lecteur de page en page. À lire absolument !

Article #116 – La philosophie comme attitude, Stéphane Madelrieux, Presses universitaires de France, Paris, 2023

L’auteur, STÉPHANE MADELRIEUX, professeur de philosophie à l’université Jean Moulin Lyon 3 et Directeur adjoint de l’Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IRPhiL), nous offre une histoire détaillée et de grande érudition de la LA PHILOSOPHIE COMME ATTITUDE. En quatrième de couverture, nous lisons : « Une philosophie ne se résume pas seulement à une doctrine ou à une méthode : c’est aussi une attitude. Au-delà des thèses doctrinales, et au-delà même des règles de méthode, il faut savoir retrouver les dispositions intellectuelles et morales qui composent les grandes attitudes. Ce livre voudrait en particulier prolonger la tradition des Lumières pour qui la philosophie est d’abord l’exercice d’une attitude spécifique, l’esprit critique, qui nous dispose à résister au dogmatisme. Il défend et illustre cette idée par l’examen détaillé de la philosophie pragmatiste, car les pragmatistes ont décelé dans l’histoire de la pensée et de la culture le conflit entre deux grandes tendances : l’attitude dogmatique et autoritaire, et l’attitude critique et expérimentales (…).

Article #117 – Votre cerveau vous joue des tours, Albert Moukheiber, Allary Éditions, 2019

L’essai VOTRE CERVEAU VOUS JOUE DES TOURS par ALBERT MOUKHEIBER, Docteur en neurosciences cognitives et psychologue clinicien, tient sa promesse. « Riche de nombreux exemples tirés de la vie quotidienne et de récits d’expériences de psychologie sociale, cet essai rend accessibles les dernières découvertes des neurosciences et propose des outils pour faire de notre cerveau notre allié en toutes circonstances. » Le lecteur néophyte y trouvera son compte à l’instar de ceux et celles qui ont perdu de vue les neurosciences. Et sûrement en raison de sa pratique à titre psychologue clinicien, Albert Moukheiber parsème son livre de quelques judicieux conseils à ses lecteurs.

Article #118 – Neuromania – Le vrai du faux sur votre cerveau, Albert Moukheiber, Allary Éditions, 2024

« On ne peut pas réduire tous les problèmes à l’individu et à son cerveau, ni faire dire aux neurosciences et aux sciences cognitives ce qu’elles ne disent pas ». lit-on en quatrième de couverture de l’essai NEUROMANIA de ALBERT MOUKHEIBER docteur en neurosciences et psychologue clinicien. Au programme : distinguer le vrai du faux sur notre cerveau. Je ne savais pas que ces sciences étaient elles aussi victimes de désinformation et de raccourcis trompeurs dans les médias et ainsi au sein de nos propres croyances sur le cerveau. L’auteur note aussi une approche éhontée des neurosciences et des sciences cognitives dans le développement personne1.

Article #119 – Les enjeux anthropologique du coaching, Batiste Rappin, Coll. Les carrefours de l’être, Les Éditions Ovadia, 2024

Ce livre rassemble « six travaux scientifiques composé d’une communication et de cinq articles dont l’écriture s’est étalée entre 2005 et 2015 » lit-on en quatrième de couverture. L’auteur Baptiste Rappin fait preuve d’une grande érudition et d’une analyse fine qui confèrent à son ouvrage son caractère scientifique. Il ne s’agit pas d’un livre accessible même si l’auteur juge « le moment venu de les mettre à disposition du grand public ».

Article #120 – Les essentiels : Histoire illustrée des méthodes scientifiques, Jean-Marie Nicolle, Éditions Bréal, 2024

Ce livre a profondément influencé ma façon de pensée en me donnant les clés de l’esprit scientifique appliquée à ma vie de tous les jours, tant sur le plan personnel que professionnel. Partisan de la méthode scientifique pour son objectivité, je prête une attention toute spéciale à tous les outils pouvant m’instruire sur la naissance et l’acquisition de la connaissance, et ce, dans les moindre détails de sa construction. La question « Comment je connais ? » demeure ouverte afin de de mieux de me connaître, et de connaître mieux.

Article #121 – Les essentiels : Réfléchir pour mourir moins cave – Louis Dugal, Les Éditions de La bagnole, 2024

L’enseignement scolaire de la philosophie aux adolescents peut être vécu par l’étudiant comme une autre matière à son programme et demeurer dans sa sphère intellectuelle une théorie de plus à maîtriser pour obtenir des bonnes notes pour ses travaux et lors de ses examen. Ainsi, l’enseignement de la philosophie ne donne pas lieu automatiquement à l’étonnement qui éveille un esprit philosophique transcendant. / De la question viendra une réponse étonnante, cette étincelle nécessaire à l’embrassement de l’esprit philosophique. C’est sans doute dans une telle approche que le professeur de philosophie, aujourd’hui, conseiller en réussite scolaire, au Collège d’Enseignement Général et Professionnel (Cégep) de Rosemont au Québec, monsieur Louis Dugal, a adoptée auprès de ses étudiants et dont témoigne son livre « Réfléchir pour mourir moins cave » soumettant à ses lecteurs « 35 questions philosophiques à se mettre sous la dent ».

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR : Voir AJOUTS RÉCENTS.

 

Article # 89 – En thérapie avec… Épicure – Combattre votre anxiété – 40 antidotes du philosophe antique, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024

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Article # 89

J’AI LU POUR VOUS

En thérapie avec… Épicure

Combattre votre anxiété

40 antidotes du philosophe antique

Nathanaël Masselot, 2024

Les Éditions de l’Opportun
16, rue Dupetit- Thouars
75003 Paris
www.editionsopportun.com

Date de parution : 14 février 2024

ISBN 2380158770

EAN 9782380158779

Nombre de pages : 176

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J’accorde 5 étoiles sur cinq au livre En thérapie avec… Épicure (combattre votre anxiété) de Nathanaël Masselot et paru chez Les Éditions de l’Opportun en 2024.

J’en recommande la lecture.

Lire mon rapport de lecture à la suite la présentation du livre et de son auteur


Texte en quatrième de couverture

Allongez-vous sur le divan d’Epicure

Dans un monde qui tourne à cent à l’heure, notre équilibre mental est forcément mis à l’épreuve: les troubles d’anxiété touchent la majorité de la population.

Et si la solution « magique » pour éviter cet écueil était sous nos yeux depuis des siècles? Et si Épicure en était l’auteur? Une sagesse profonde, subtile, destinée non seulement à nous faire profiter de la vie, mais tout autant à nous débarrasser durablement de notre anxiété et des peurs limitantes qui l’accompagnent. La posologie du « docteur » Épicure — surnommée le quadruple remède — est à la fois simple et saine.

Cet ouvrage vous plonge dans un tête-à-tête bienveillant et sincère avec Épicure, figure emblématique de l’Antiquité, pour une expérience introspective au service de votre aspiration au bonheur. Alors que la charge mentale est devenue un sujet contemporain, Épicure avait déjà tout écrit, ou presque, sur ce mal du siècle. Avec lui, libérez-vous facilement de vos angoisses pour vivre en toute sérénité !

Nathanaël Masselot est Docteur en philosophie. Il s’appuie sur les questions posées lors de ses entretiens de philothérapie pour puiser les forces essentielles dans la sagesse exprimée par les plus grands philosophes depuis la nuit des temps.


EXTRAIT

AVANT-PROPOS

Au nombre des réputations qui ont la vie dure, celle d’Épicure figure en bonne position.

L’épicurien est-il vraiment ce chic quinquagénaire sorti il y a dix minutes de sa berline allemande pour se détendre, en terrasse d’un bar huppé, autour d’un verre de nuits-saint-georges, si enivrant qu’il se fera le devoir, « en bon épicurien » dit-on, d’en commander toute une bouteille ?

Déformé, galvaudé, instrumentalisé au service de notre bonne conscience pour justifier tous les plaisirs (et même quelques vices), l’« épicurisme » dont on nous rebat les oreilles pourrait passer pour une philosophie légère et insouciante, à condition de ne jamais avoir vrai- ment fréquenté son auteur !

Il faut dire qu’il possède un nom éloquent : Épicure (en grec Epikouros), c’est celui qui vient au secours, celui qui protège. Ne se réclamant d’aucun maître, pas même de Démocrite chez qui on relève certaines inspirations, Épicure (341-270 av. J.-C.) est le fondateur d’une école philosophique appelée Le Jardin qui, avant d’essaimer partout dans le monde, était géographiquement située au nord d’Athènes[1]. Son enseignement donnera naissance à un courant bien postérieur à la mort de son premier directeur – l’épicurisme – comportant quelques menues variations par rapport à la philosophie épicurienne des origines.

Derrière les caricatures un peu trop matérialistes ou les interprétations un brin complaisantes, on trouve chez Épicure une sagesse profonde, subtile et raffinée, destinée non simplement à nous faire profiter de la vie, mais à nous débarrasser durablement de notre anxiété (et des peurs limitantes qui l’accompagnent) dans les principales formes qu’elle arbore aujourd’hui au quotidien.

Et si, loin des clichés, nous avions la chance d’entrer en dialogue direct avec Épicure pour goûter au remède qu’il nous tend ? C’est l’opportunité offerte par ce livre, qui renouvelle le lien entre la philosophie et le développement personnel au moyen de l’entretien philosophique, dans un tête-à-tête à la fois bienveillant et sincère avec l’un des plus grands maîtres de sagesse. Il peut être lu à la fois comme une initiation à Épicure et comme une expérience introspective au service de votre aspiration au bonheur.

Ce livre est le premier d’une collection (« En thérapie avec… ») qui vous convie à un dialogue intimiste et hors des clichés, avec à chaque fois l’un des philosophes les plus puissants de l’histoire, éclairant les thèmes profondément ancrés dans notre quotidien à l’aide de ressources philosophiques directement appropriables.

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Si l’anxiété paraît être un mal de la vie moderne, le terme est d’usage en médecine depuis le Moyen Âge. C’est un trouble psychique récurrent dont les conditions d’émergence proviennent d’une posture face à l’existence : la peur devant ce que la vie comporte d’in- connu, la crainte de souffrances virtuelles (futures ou imaginaires) associée à la difficulté d’accéder à notre plaisir, avec en ligne de mire l’horizon de la mort qui ne fait qu’accroître la pression. L’anxiété est la victoire de la vie contre nous, une vie qui nous consume et que nous ne sommes plus en mesure d’aimer. À travers elle, c’est comme si la vie nous faisait savoir que nous n’avions pas le droit, ni le temps, d’être heureux. À bien y regarder, il y aurait chez la personne qui souffre d’anxiété quelque chose qui cherche à refuser ce que lui offre la vie.

On comprend les efforts déployés, dès l’Antiquité grecque, pour conjurer un tel mal de vivre[2]. Parce qu’il était particulièrement sensible aux différents registres de la souffrance, Épicure ne tenait pas l’anxiété comme une angoisse au sens strict (que nous considérons aujourd’hui comme une peur sans objet). Mais il était déjà pleinement conscient de ses facteurs, en tête desquels : la peur, l’illusion, la démesure et la perte d’ancrage. Épicure combattait une à une les composantes de l’anxiété, que notre époque, loin d’y échapper, a une fâcheuse tendance à renforcer[3].

Pour mettre en pratique son quadruple remède (tetrapharmakos), Épicure traite l’anxiété par une méthode assez révolutionnaire : une stratégie d’évitement des troubles (qu’ils soient physiques ou psychologiques[4]) ne serait rien sans une stratégie d’engagement (dans le plaisir) : un plaisir vrai, durable, qui sans faire complètement oublier les difficultés de la vie, restaure un équilibre parfaitement vivable qui viendra doucement s’accorder avec le bonheur.

Le « quadruple » remède relève de ce que nous qualifierions aujourd’hui comme une prise en charge « holistique » qui a pour finalité le bonheur global d’un esprit sain dans un corps sain. Si la santé et le bien-être se rejoignent, c’est parce qu’ils s’obtiennent ensemble, explique Épicure, par des vecteurs multiples mais intimement liés : ils passent par l’élimination des peurs limitantes, la lutte contre la crédulité qui nous exproprie de notre bonheur personnel, l’exaltation de notre ouverture d’esprit et le refus d’une pensée unique, mais aussi par une attention à la complexité du réel, à la contingence du futur, ou encore par la conscientisation accrue de ce qui nous fait vraiment plaisir, procurant un bonheur palpable et durable. Autant d’antidotes contre l’anxiété qui permettent l’application concrète de chacun des remèdes.

La philosophie d’Épicure n’est pas une philosophie du dépassement, mais de la plénitude. Elle nous enseigne ce qui fera en définitive la différence entre une vie malheureuse et une vie heureuse, et même, assure Épicure, ce qui nous permettra d’atteindre le bonheur divin : l’« ataraxie », dont nous allons apprendre à manier les ingrédients.

Nous verrons dans ce livre qu’autour des quatre remèdes converge un ensemble d’antidotes (nous en avons explicités quarante) qui favorisent une vie sereine où les crises d’anxiété ne trouvent plus leur place. La sagesse d’Épicure est une philosophie pratique, une hygiène de vie accessible à tous, qui nous rend libres de toutes les opinions qui ne sont pas les nôtres : elle est ainsi une puissante invitation à l’affirmation de soi. Grâce à elle, l’attente interminable du bonheur qui générait notre anxiété fera place à un plaisir de vivre radicalement nouveau.

_________

  1. Il a en effet une place de choix dans la philosophie. Né sept ans après la mort de Platon (428/427-348/347 av. J.-C.), il a été contemporain d’Aristote (383-322 av. J.-C.) pendant une vingtaine d’années, bien qu’il n’ait fondé son école – le Jardin – qu’en 306 av. J.-C., bien longtemps après le Lycée d’Aristote, ou « école péripatéticienne » fondée en 335 av. J.-C. Pour se faire une idée du paysage dans lequel il prend place, il faut également situer Zénon de Kition (334-262 av. J.-C.), le fondateur de l’école stoïcienne ou école du Portique, sous une partie des colonnades de la place d’Athènes, fondée vers 301 av. J.-C.
  2. Lucrèce, qui au Iersiècle avant J.-C., a transmis la doctrine grecque d’Épicure dans la culture latine, sera suspecté par certains médecins du xxesiècle d’être lui-même un grand anxieux et de s’être tourné vers le maître pour surmonter cet état. Voir docteur B.-J. Logre, L’Anxiété de Lucrèce, Janin, 1946.
  3. Au sujet du divin, par exemple, nous verrons que si le registre d’inquiétude a évolué, il n’a pas foncièrement changé. Si nous avons en général moins peur de la vengeance divine, nous souffrons en revanche d’un quotidien trop souvent désenchanté.
  4. On ne trouve pas chez Épicure une distinction franche entre « souffrance » et « douleur ». Le corpus épicurien atteste simplement d’une distinction entre l’ataraxie (ataraxia), que l’on traduit par « absence de trouble » (sous-entendu de l’âme) et l’aponie (aponia), que l’on traduit par « absence de souffrance » (sous-entendu du corps). Nous ne faisons pas ici de distinction rigide entre la douleur et la souffrance, dont les relations sont loin d’être unanimes, que ce soit en philosophie ou en médecine. Un chirurgien assez marquant du xxesiècle, René Leriche, reconnaissait le caractère indissociable de ces deux registres : « La douleur physique n’est pas un simple fait d’influx nerveux courant d’une allure déterminée dans un nerf. Elle est la résultante du conflit d’un excitant et de l’individu tout entier », La Chirurgie de la douleur, éd. Masson 1949. C’est l’une des références majeures pour les développements philosophiques de Georges Canguilhem sur la santé dans Le Normal et le Pathologique, 1943. Dans la langue d’Épicure, les mots formés sur la racine de « lupè » ou « algo » ont une grande polysémie, et concernent le registre tantôt physique, tantôt moral ou psychologique.

Voir cet extrait en ligne


REVUE DE PRESSE

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À propos de Nathanaël Masselot, Philothérapeute à Lille, RESALiB

On a testé : la philothérapie, Psychologie positive

Le chemin de la « philothérapie » dans le paysage de la philosophie pratique. Quelle distance pour offrir du soin ? Nathanaël MASSELOT , Docteur en philosophie – Philothérapeute, Lille, DIOTIME


AU SUJET DE L’AUTEUR

Nathanaël Masselot

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Source : https://www.philotherapeute.fr/

Présentation de l’auteur sur sa page LinkedIn

Depuis l’obtention de mon doctorat en 2016, consacré au temps et à l’individu, je poursuis avec passion mon activité d’enseignant (principalement en lycée où j’occupe un poste de titulaire et ponctuellement en université). Depuis 2018, j’exerce également l’activité de philothérapeute, à Lille. Par ce biais, j’offre aux adultes une solution de thérapie et de développement personnel centrée autour de la philosophie existentielle : quête de soi, de sens, usage de la liberté, dans le milieu professionnel et personnel.

Source : LinkedIn.

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Présentation de Nathanaël Masselot par l’éditeur

Nathanaël Masselot est Docteur en philosophie. Il s’appuie sur les questions posées lors de ses entretiens pour puiser les forces essentielles dans la sagesse exprimée par les plus grands philosophes depuis la nuit des temps.

Source : Les Édition de l’Opportun.


Site web de Nathanaël Masselot

Le cabinet de Philothérapie

La philosophie au service de notre existence (accompagnement en thérapie et développement personnel)

Tout le monde se pose des questions existentielles. Et ce n’est pas une maladie !

Depuis plus de deux ans, mon cabinet de philothérapie constitue une démarche originale, alternative aux approches existantes, qui se propose de tirer parti des questions existentielles que vous rencontrez.

Loin de remplacer les autres approches existantes, la philothérapie s’inscrit progressivement dans le paysage de la thérapie et du développement personnel car elle répond à un besoin naturel, ancré dans l’existence humaine. On peut l’exprimer de plusieurs manières : agir librement, donner du sens, se sentir bien, s’accomplir personnellement.

Avec la philosophie comme outil, j’aide les individus à répondre à leurs questions existentielles. Répondre, c’est-à-dire agir. Je les accompagne pour identifier les fondamentaux de leur existence, mieux se connaître, s’affirmer et vivre plus librement.

Source : Le cabinet de Philothérapie.


Présentation de la philothérapie par Nathanaël Masselot

Une approche au service de votre liberté

A la manière de Platon qui voyait dans le philosophe le plus habilité à être le « médecin de l’âme », la philothérapie répond aux besoins de l’individu qui a pris conscience du caractère fondamental de la connaissance de soi. Philosophiquement, il s’agit de passer au crible les structures essentielles de notre existence individuelle. En prenant le temps de se pencher sur soi, pour appréhender son existence sous un angle philosophique, on vit différemment, plus librement.

La philothérapie s’articule ainsi autour de deux piliers : la compréhension de soi et l’action, pour les réconcilier.

Pour mieux vous présenter l’approche de la philothérapie, j’ai écrit un livre qui : vous présente le dispositif général, met en scène dix entretiens virtuels sur des thèmes existentiels majeurs (appropriez-vous les questions qui vous interpellent, méditez-les, faîtes les vivre), présente des points de doctrine philosophique et donne des conseils pour pratiquer la philothérapie.

Source : Le cabinet de Philothérapie.


PODCASTS Le Sourire de Zarathoustra de NATHANAËL MASSELOT

Podcast Le Sourire de Zarathoustra 1/4

Podcast Le Sourire de Zarathoustra 2/4

Podcast Le Sourire de Zarathoustra 3/4

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Nathanaël Masselot invité au Podcast d’Une voix qui porte

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Mon rapport de lecture

En thérapie avec… Épicure

Combattre votre anxiété

40 antidotes du philosophe antique

Nathanaël Masselot

Les Éditions de l’opportun, Paris, 2024

Nathanaël Masselot fait preuve d’un véritable talent littéraire et d’une grande dextérité de vulgarisateur. Je l’ai constaté dans mes précédentes lectures de ses trois premiers livres :


Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.


Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.


Article # 70 – Agir et penser comme Platon – Sage, penseur, philosophe, juste, courageux …, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun


Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.


Et son talent se confirme une fois de plus avec son plus récent livre « En thérapie avec… Épicure » qu’il nous annonce comme le premier d’une série («En thérapie avec…»).

Dans ce livre, il image quatre séances où il rencontre le philosophe Épicure et lui adresse différentes questions sur différents thèmes en lien avec l’anxiété. Le défi : faire parler Épicure dans le plus grand respect de sa philosophie et dans un langage à la portée de tous.

Je ne m’y suis pas trompé : Épicure m’a offert des ressources inestimables grâce auxquelles je mesure aujourd’hui l’importance d’une vie heureuse et du choix de ne jamais renoncer au bonheur. Je ne lui dois pas seulement d’avoir surmonté mon anxiété, mais aussi d’avoir appris à aimer la vie au lieu d’en avoir peur.

MASSELOT, Nathanaël, En thérapie avec… Épicure, Rencontre avec Épicure, Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024, p.16.

Sa première rencontre avec Épicure sera suivie de cinq séances d’où il tire 40 antidotes pour combattre l’anxiété.

1- Le dieu n’est pas à craindre – Découvrir la véritable place du divin

Nathanaël Masselot : Notre rencontre m’a rendu sensible au fait qu’un philosophe pouvait être particulièrement ouvert à la diversité des points de vue, y compris aux autres que le sien. J’aimerais vous en remercier !

Épicure : Je le suis certainement, mais il est bien inutile de me remercier (je préfère que vous vous remerciiez vous-même le moment venu !) : tant que rien de ce qui se produit ne conteste une opinion, pourquoi en cherchais-je une autre ? Et pourquoi imposer la mienne à d’autres qui sont incontestablement recevables ? Je me méfie des esprits bornés autant que de ceux qui prétendent tout savoir, car il s’agit souvent des mêmes personnes ! Les philosophes ou les personnes qui passent pour les plus rationnels sont aussi souvent les plus dogmatiques. Elles ont beaucoup de mal à admettre l’improbable, même si ce dernier est tout de même possible.

MASSELOT, Nathanaël, En thérapie avec… Épicure, « Le dieu n’est pas à craindre », Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024, p.40.

Un mot retient mon attention plus que les autres : « dogmatiques ». Mes lecteurs connaissent ma dénonciation du discours socratique du style interrogatoire devenu dogmatique entre les mains de certains philothérapeutes… plus que bornés. Être ouvert à tous les points de vue m’apparaît comme une condition essentielle de toute philosophie pratique. C’est d’ailleurs perce que j’ai été et que je demeure ouvert à toutes opinions que j’ai pu accéder à la philosophie. Épicure est très clair sur cette question rapporte Nathanaël Masselot.

Épicure : (…) Porter un jugement absolument unique est pour moi le fait d’un esprit étriqué. Nous en reparlerons certainement : c’est souvent le fait d’un esprit qui a peur. Les sensations ont beau être valables, il n’y a aucune raison valable de ne pas leur faire confiance.

MASSELOT, Nathanaël, En thérapie avec… Épicure, « Le dieu n’est pas à craindre », Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024, p.47.

Ah ! Les sensations, ces mal-aimées de la philosophie, trop souvent dites perturbatrices de la raison. Les voilà réhabilitées par Épicure sous la plume de Nathanaël Masselot. Merci !

Nathanaël Masselot : Je me fie rarement à elles (sensations) ! Je désirerais tellement être en mesure de me projeter avec confiance… Je prends conscience que cette incapacité provient clairement de mon anxiété. À cause de cette peur, je n’arrive pas à avoir confiance en l’avenir.

Épicure : (…) Vous avez parfaitement raison de vous projeter et de chercher à vous engager pleinement dans l’avenir. Je ne prétends qu’une chose très simple : quand on comprend qu’il n’y a aucune raison de craindre les choses inaccessibles à notre regard (ni dans le ciel, ni ailleurs, ni plus tard), alors seulement on peut s’autoriser à lâcher prise. (…)

Antidote no 11

Nos sensations personnelles sont fiables et méritent d’être élargies.

MASSELOT, Nathanaël, En thérapie avec… Épicure, « Le dieu n’est pas à craindre », Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024, pp.47-48.

« Avoir confiance en l’avenir », certainement et d’autant plus qu’on ne sait pas quelles surprises agréables il nous réserve. Évidemment, on peut être échaudé face à l’avenir après de multiples mauvaises expériences. La peur s’installe. Nous craignons le pire. Nous sommes anxieux. Ce que je comprend, c’est que l’avenir fait partie des « choses inaccessibles à notre regard » et, par conséquent, qu’il n’y a aucune de le craindre. Il faut davantage se préoccuper de l’accueil que nous lui réservons.

Au Québec, pour des raisons historiques et culturelles, des raisons bien ancrées en nous depuis plusieurs générations, tout ce qui se réfère à « Dieu », y compris au « Divin » relève de la domination de la religion sur nos vies et ne passe plus comme une lettre à la poste. Face à la philosophie, je confesse sur ce sujet un handicape voir un blocage. Mais voilà, nous relate Nathanaël Masselot au sujet de la position d’Épicure :

Épicure : (…) Si au contraire vous demandez si vous pouvez vous fier au divin, alors ma réponse est beaucoup plus positive. Quand je parle du divin, je ne parle pas d’une personne, mais de la vie elle-même. Il y a du divin partout dans le monde, et il serait parfaitement incohérent qu’il n’y en ait pas aussi en vous. Fermez les yeux et sentez l’éternité en vous : sentez cela, et vous sauvez semblable aux immortels (1).

_______________

(1) » Le précepte de Delphes :  »Connais-toi toi-même » signifie d’abord : connais-toi dans ta limite, homme et non dieu. (…) Mais en même temps, et c’est peut-être son originalité majeures, il renouvelle l’aspiration à ressembler à ces dieux, dont il n’attend rien d’autre que de nous montrer en quoi consistent félicité et indestructibilité : se trouver toujours en harmonie avec ce qui nous entoure. Les dieux ont la chance de le faire spontanément et à jamais. L’homme se sait fragile, mais il découvre dans le présent une plénitude équivalente à celle de l’éternité », Geneviève Rodis-Lewis, Épicure et son école, op. cit. pp.385-386.

MASSELOT, Nathanaël, En thérapie avec… Épicure, « Le dieu n’est pas à craindre », Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024, p. 59.

Le « divin » serait donc la « vie elle-même ». Et puisqu’il y a de la vie partout le monde, le divin serait partout, y compris en moi, simplement de par le fait que je vis. Mais dans ma petite tête, la vie demeure une création de dieu. C’est la question de l’origine de la vie qui se pose à moi. La vie n’est pas une création de l’Homme. Il me faut donc me référer à une source extérieur à l’Homme. Si j’affirme que la vie est une création divine, je soutiens du même coup que la vie en moi est divine. Bref, je suis perdu.

Il en va de même au sujet de l’éternité et de l’immortalité. Je ne souhaite pas être éternel et immortel.

J’apprécierai vos commentaires au bas de l’article à ce sujet.


« Tout plaisir, parce qu’il a une nature qui nous est approprié, est un bien, et pourtant tout plaisir n’est pas à choisir. »

Épicure, Lettre à Ménécée, 129

Épicure : Celui dont vous parle ma philosophie est un plaisir constitutif, celui que l’on intègre en nous, qui nous donne de l’élan, qui nous pousse à vivre par l’affirmation de soi, et non qui nous assigne à une vie extérieure. L’anxiété provient du fait que nous cherchons à fuir les choses qui nous font souffrir supposément, et à acquérir et à consommer celles qui sont censées nous procurer du bonheur. L’anxiété est l’expropriation de nous-même : nous ne cherchons plus le bonheur, mais autre chose, que nous ne parvenons ni à saisir ni à exprimer de façon claire. Elle marque la perte de prise avec le bonheur et la dissolution de nos existence dans des désirs et des plaisirs qui ne permettent pas de nous fixer le moindre horizon durable :

« Une fois que cet état s’est réalisé en nous, toute la tempête de l’âme se dissipe, le vivant n’ayant pas besoin de se mettre en marche pour autre chose (…). C’est en effet quand nous souffrons de l’absence de plaisir que nous aurons besoin du plaisir, quand nous ne souffrons pas, nous n’avons plus besoin du plaisir. »

Épicure, Lettre à Ménécée, 128.

MASSELOT, Nathanaël, En thérapie avec… Épicure, « Le dieu n’est pas à craindre », Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024, pp.61-62.

Le concept de « plaisir constitutif » revient plusieurs fois dans les propos que prêtent Nathanaël Masselot à Épicure. Il est question de plaisir qui nous donne de l’élan et nous pousse ainsi à vivre par l’affirmation de soi, à contrario de nous assigner à une vie extérieure à soi parce que l’on demeure en quête de plaisir aussi extérieur à soi, si je comprends bien les propos d’Épicure.

2 – Le bien est facile à obtenir – Fortifier les désirs qui nous rendent heureux

Nathanaël Masselot : Il est vrai que mon anxiété accroît la conscience de ce qu’il me manque. Non seulement j’ai tendance à ne pas suffisamment me réjouir de ce que j’ai réussi à accomplir, mais en plus, de nombreux objectifs que je trouvais autrefois plaisant se transforment en contrainte. Au lieu de prendre plaisir à ce que je voulais faire, j’en viens à subir la situation, comme si j’étais l’esclave de mes propres désirs. Il m’arrive même de ne plus comprendre ce que je désirais au moment où je me suis engagé.

Épicure : (….) L’une des illusions qui encourage l’anxiété est de croire que le plaisir et la satisfaction sont nécessairement le résultat d’un effort pour combler douloureusement un manque. Nous avons observé la dernière fois que, quand nous ne souffrons pas ou que nous vivons en accord avec la nature, nous ressentons un plaisir plus profond qui correspond beaucoup mieux à l’idée que nous avons du bonheur : un état de plénitude durable, solide, qui pousse à l’affirmation personnelle. Ce plaisir sain, c’est-à-dire non fondé sur le manque, et que nous avons qualifié de  »catastématique », ne passe pas par le manque.

MASSELOT, Nathanaël, En thérapie avec… Épicure, « Le bien est facile à obtenir », Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024, pp. 81-82.

Le lien entre « un état de plénitude durable, solide » et « l’affirmation personnelle », le premier poussant au second, ne m’apparaît pas évident. Me faut-il ramener « l’affirmation personnelle » dont parle Épicure à « l’affirmation de soi » ? Dans un cas comme dans l’autre, la confiance (en soi) semble jouer un rôle important. Est-ce que la capacité de jouir d’un « état de plénitude durable, solide », un « plaisir sain », joue sur la confiance qui permet de s’affirmer ?

3 – Le mal est facile à supporter – Traverser la souffrance grâce aux ressources de son âme

Nathanaël Masselot : Vous m’avez parlé des raisons de l’anxiété, de sa nature et vous avez eu l’amabilité d’aborder déjà de nombreux moyens de la surmonter. Je mesure pleinement leur valeur. Mais l’anxiété que je ressens n’est pas juste une idée. Elle me fait mal. Comment concevez-vous cette douleur dont j’ai tant de mal à me défaire ? Pensez-vous que je sois capable de ne plus en souffrir ?

Épicure : L’anxiété est douleur de l’âme. Le fait qu’elle soit de nature psychologique plutôt que physique, je suis complètement d’accord avec vous, ne la rend pas moins nuisible. Je ne peux pas être d’accord avec Aristippe de Cyrène qui estime que cette dernière est la pire de toute : car non seulement la douleur de l’âme a un spectre plus large que la douleur physique, mais elle lui est aussi bien supérieure en raison de sa durée (1). Alors que la souffrance du corps disparaît en cédant sa place au soulagement, il arrive au contraire fréquemment que notre âme continue d’avoir mal en l’absence totale d’agression présente.

L’anxiété est habituellement invasive. Elle compromet notre projection dans l’avenir en rendant notre mémoire sélective : on se focalise sur les troubles que nous avons traversés, ce qui entraîne le blocage de notre imagination. Nous entretenons notre anxiété en ressassant les maux passés de façon d’autant plus douloureuse que, souvent, nous faisons abstraction du souvenir des biens qui les accompagnaient. Voilà pourquoi on dit que la personne anxieuse a tendance a focaliser son attention sur ce que son passé comporte de négatif. Mon remède consiste à éviter la complaisance sans sombrer dans l’autoflagellation.

____________

(1) « Le corps, de toute évidence, ne ressent que la souffrance présente ; l’âme, au contraire, souffre du passé, du présent et de l’avenir », Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes, X, 137.

MASSELOT, Nathanaël, En thérapie avec… Épicure, « Le mal est facile à supporter », Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024, pp. 116-117.

« L’anxiété est le mal du siècle » nous disent les experts en parlant de notre siècle. Or, au contact d’Épicure, sous la plume de Nathanaël Masselot, l’anxiété afflige les hommes depuis des siècles, pour pas dire, depuis toujours. Est-ce le propre de l’âme que de souffrir d’anxiété ? Dans la souffrance de l’âme, il y a un message, un avertissement.

4 – La mort ne donne pas de souci – Vivre heureux sans craindre la mort

Épicure : Ne me faites pas dire cependant que la philosophie serait essentiellement une pensée de la mort : elle est fondamentalement une expérience de la vie ! La philosophie ne se cantonne pas au terme de l’existence, mais elle l’accompagne à chaque instant. Alors que dans les autres occupations le fruit arrive après l’effort, la philosophie paye pendant, et durant toute l’activité (1).

Je sais combien la peur de mourir est insidieuse. Mon quadruple remède se fond sur une connaissance approfondie des stratégies parfois déroutantes qu’elle emprunte pour se frayer une place dans notre esprit. Car c’est bien là le pire : bien des actes que nous accomplissons durant notre vie son revendiqués comme  »libres », alors qu’ils ne sont que l’expression criante et pathétique de notre peut de mourir. À des degrés variables, quand on y regarde bien, il arrive que la mort prenne le pas sur la vie. Y compris quand la peur nous pousse à des comportements choquant à son égard.

__________________

(1) « En même temps qu’il y a apprentissage, il y a jouissance », Épicure, Sentences vaticanes, 27.

MASSELOT, Nathanaël, En thérapie avec… Épicure, « La mort ne donne pas de souci », Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024, pp. 146-147.

Ah ! La mort, l’un de mes sujets préférés depuis mon adolescence. Nathanaël Masselot intitule sa quatrième séance avec Épicure : « La mort ne donne pas de souci – Vivre heureux sans craindre la mort ». C’est mon cas : la mort ne me donne pas de souci, si ce n’est pour mes proches qui en souffriront. Et mon bonheur n’est jamais troublé par la crainte de la mort. Dans les ruines québécoises de la pratique religieuse, la mort implique la peur de ce qui vient après, le ciel ou l’enfer. Or, à mon humble avis, la mort ne donne pas à la vie sa valeur; il n’y a pas urgence de vivre parce que la mort viendra un jour ou l’autre. La mort est une fin heureuse de la vie.

Lorsque des pensées anxieuses (inquiétudes, ruminations, obsessions, doutes, craintes) me viennent à l’Esprit, je ne les rejette pas d’emblée, préférant les regarder aller avec une certaine distance que le recul me permet. Ainsi, je peux les raisonner.


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J’accorde 5 étoiles sur cinq au livre En thérapie avec… Épicure – Combattre votre anxiété – 40 antidotes du philosophe antique de Nathanaël Masselot, paru chez Les Éditions de l’Opportun (Paris) en 2024.

J’en recommande la lecture.


EN COMPLÉMENT

Nietzsche: affirmation et affection par Thomas Rimbot, Université de Caen, Francia, dans Praxis Filosófica, n° 48, pp. 135-152, 2019

DÉFINITION DE L’AFFIRMATION DE SOI – Source: LEE KELLY, Sandra. C.A.P. Santé Outaouais, Mieux-être en tête: Guide d’animation, Juin 1994

Guide de pratique : éducation psychologique et autosoins, Fiche H1 – Affirmation de soi – QU’EST-CE QUE L’AFFIRMATION DE SOI ?


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Articles du dossier

Liste des rapports de lecture et autres articles

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

Article # 62 – Soigner par la philosophie, En marche – Journal de la Mutualité chrétienne (Belgique)

“ Après les succès d’Épicure 500 vous permettant de faire dix repas par jour sans ballonnements, après Spinoza 200 notre inhibiteur de culpabilité, les laboratoires Laron, vous proposent Philonium 3000 Flash, un médicament révolutionnaire capable d’agir sur n’importe quelle souffrance physique ou mentale?: une huile essentielle d’Heidegger pour une angoisse existentielle, une substance active de Kant pour une douleur morale…. Retrouvez sagesse et vitalité en un instant ”, s’amusaient les chroniqueurs radio de France Inter dans une parodie publicitaire diffusée à l’occasion d’une émission ayant pour thème?: la philosophie peut-elle soigner le corps ?

Article # 63 – Contre le développement personnel. Thiery Jobard, Éditions Rue de l’échiquier, 2021

J’attribue quatre étoiles sur cinq à ce livre. Les lecteurs assidus de mes articles connaissent fort bien ma position plus que défavorable face au développement personnel. À l’instar de Thiery Jobard, je suis contre le développement personnel. Je qualifie le développement personnel d’arnaque extrêmement dangereuse pour ses adeptes et notre société.

Article # 64 – Apocalypse cognitive – La face obscure de notre cerveau, Gérald Bronner, Presses Universitaires de France (PUF), 2021

Le philothérapeute (philosophe consultant ou philosophe praticien) a l’obligation de très bien connaître le contexte dans lequel évolue son client. Le développement de l’esprit critique de ce client passe inévitablement par une prise de conscience de sa cognition en vue de comprendre comment il connaît. Si, dès le départ, le client n’a pas conscience de son mode de pensées, il lui sera difficile de participer activement au dialogue avec son philothérapeute. L’objectif primaire du philosophe consultant demeure de déceler et de corriger les biais cognitifs de son client avant même d’abord une question philosophique. Bref, si la »machine à pensée » du client est corrompu par des «virus cognitifs », une «réinitialisation » s’impose en début de séance de consultation.

Article # 65 – Développement (im)personnel – Le succès d’une imposture, Julia de Funès, Éditions de l’observatoire/Humensis, 2019

Dans son livre « Développement (im) personnel, Julia de Funès, docteure en philosophie, soutient que le développement personnel offre la même recette à tous et qu’à ce titre il ne peut donc pas se qualifier sa démarche de « personnel ». Selon ma compréhension, le développement personnel devrait mettre de l’avant un développement personnalisé, c’est-à-dire adapté à chaque individu intéressé pour se targuer d’être personnel.

Article # 66 – Savoirs, opinions, croyances – Une réponse laïque et didactique aux contestations de la science en classe, Guillaume Lecointre, Édition Belin / Humensis, 2018

Mon intérêt pour la pensée scientifique remonte à plus de 25 ans. Alors âgé d’une quarantaine d’année, PDG d’une firme d’étude des motivations d’achat des consommateurs, je profite des enseignements et de l’étude du processus scientifique de différentes sources. Je me concentre vite sur l’épistémologie…

Article # 67 – À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Marc Romainville, Presses Universitaires de France / Humensis, 2023

Ce livre m’a déçu en raison de la faiblesse de sa structure indigne de son genre littéraire, l’essai. L’auteur offre aux lecteurs une foule d’information mais elle demeure difficile à suivre en l’absence de sous-titres appropriés et de numérotation utile pour le repérage des énumérations noyés dans un style plus littéraire qu’analytique.

Article # 68 – Ébauche d’un annuaire : philothérapeutes, philosophes consultants, philosophes praticiens

En l’absence d’une association d’accréditation des philothérapeutes, philosophes consultants ou praticiens en francophonie, il est difficile de les repérer. Il ne nous reste plus que de nombreuses recherches à effectuer sur le web pour dresser une liste, aussi préliminaire soit-elle. Les intervenants en philothérapie ne se présentent pas tous sous la même appellation : « philothérapeute », « philosophe consultant » ou « philosophe praticien » « conseiller philosophique » « philosophe en entreprise », « philosophe en management » et autres.

Article # 69 – Guérir l’impossible – Une philosophie pour transformer nos souffrances en forces, Christopher Laquieze, Guy Trédaniel Éditeur, 2023

J’ai lu le livre GUÉRIR L’IMPOSSIBLE en me rappelant à chaque page que son auteur, Christopher Laquieze, est à la fois philosophe et thérapeute spécialisé en analyse comportementale. Pourquoi ? Parce que ce livre nous offre à la fois un voyage psychologique et philosophique, ce à quoi je ne m’attendais pas au départ. Ce livre se présente comme « Une philosophie pour transformer nous souffrances en forces ». Or, cette philosophie se base davantage sur la psychologie que la philosophie. Bref, c’est le « thérapeute spécialisé en analyse comportementale » qui prend le dessus sur le « philosophe ».

Article # 70 – Agir et penser comme Platon – Sage, penseur, philosophe, juste, courageux …, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.

Article # 71 – 7 règles pour une vie (presque) sans problème, Simon Delannoy, 2022

Ma lecture de ce livre m’a procuré beaucoup de plaisir et de bonheur. Je recherche dans mes lectures les auteurs et les œuvres permettant aux lecteurs d’évoluer de prise de conscience en prise de conscience de la première à la dernière page, de ne plus être le même à la fin de la lecture. Et c’est ce que les lecteurs vivront à la lecture de ce livre.

Article # 72 – Les philo-cognitifs – Ils n’aiment que penser et penser autrement…, Fanny Nusbaum, Olivier Revol, Dominic Sappey-Marinier, Odile Jacob, Paris, 2019

Je n’ai pas aimé ce livre parce que son titre, LES PHILO-COGNITIFS, se réfère à la philosophie sans pour autant faire un traitement philosophique de son sujet. Mon achat reposait entièrement sur le titre de ce livre et je m’attendais à un livre de philosophie. Mais il s’agit d’un livre de psychologie. Mon achat fut intuitif. J’avais pleinement confiance dans l’usage du mot « PHILO » en titre d’un ouvrage pour que ce dernier ne puisse traiter d’un autre sujet que philosophique. Mais ce n’est pas le cas.

Article # 73 – Qu’est-ce que la philosophie ? Michel Meyer, Le livre de poche, Librairie générale française, Paris, 1997

J’aime beaucoup les livres d’introduction et de présentation de la philosophie parce qu’ils ramènent toujours les lecteurs à l’essentiel, aux bases de la discipline. À la question « Qu’est-ce que la philosophie ? », Michel Meyer répond : « La philosophie est depuis toujours questionnement radical. C’est pourquoi il importe aujourd’hui de questionner le questionnement, même si on ne l’a jamais fait auparavant. » MEYER, Michel, Qu’est-ce que la philosophie ? – Les questions ultime de la pensée, Le livre de poche © Librairie Générale Française, Paris, 1997. p. 18.

Article # 74 – Présentations de la philosophie, André Comte-Sponville, Éditions Albin Michel, Le livre de poche, 2000

À l’instar de ma lecture précédente (Qu’est-ce que la philosophie ? de Michel Meyer), le livre PRÉSENTATIONS DE LA PHILOSOPHIE du philosophe ANDRÉ COMTE-SPONVILLE m’a plu parce qu’il met en avant les bases mêmes de la philosophie et, dans ce cas précis, appliquées à une douzaine de sujets…

Article # 75 – Les théories de la connaissance, Jean-Michel Besnier, Que sais-je?, Presses universitaires de France, 2021

J’ai dévoré le livre LES THÉORIES DE LA CONNAISSANCE par JEAN-MICHEL BESNIER avec un grand intérêt puisque la connaissance de la connaissance me captive. Amateur d’épistémologie, ce livre a satisfait une part de ma curiosité. Évidemment, je n’ai pas tout compris et une seule lecture suffit rarement à maîtriser le contenu d’un livre traitant de l’épistémologie, notamment, de son histoire enchevêtrée de différents courants de pensée, parfois complémentaires, par opposés. Jean-Michel Besnier dresse un portrait historique très intéressant de la quête philosophique pour comprendre la connaissance elle-même.

Article # 76 – Philosophie de la connaissance – Croyance, connaissance, justification, textes réunis par Julien Dutant et Pascal Engel, Libraire philosophique J. Vrin, 2005

Ce livre n’était pas pour moi en raison de l’érudition des auteurs au sujet de la philosophie de connaissance. En fait, contrairement à ce que je croyais, il ne s’agit d’un livre de vulgarisation, loin de là. J’ai décroché dès la seizième page de l’Introduction générale lorsque je me suis buté à la première équation logique. Je ne parviens pas à comprendre de telles équations logiques mais je comprends fort bien qu’elles soient essentielles pour un tel livre sur-spécialisé. Et mon problème de compréhension prend racine dans mon adolescence lors des études secondaires à l’occasion du tout premier cours d’algèbre. Littéraire avant tout, je n’ai pas compris pourquoi des « x » et « y » se retrouvaient dans des équations algébriques. Pour moi, toutes lettres de l’alphabet relevaient du littéraire. Même avec des cours privés, je ne comprenais toujours pas. Et alors que je devais choisir une option d’orientation scolaire, j’ai soutenu que je voulais une carrière fondée sur l’alphabet plutôt que sur les nombres. Ce fut un choix fondé sur l’usage des symboles utilisés dans le futur métier ou profession que j’allais exercer. Bref, j’ai choisi les sciences humaines plutôt que les sciences pures.

Article # 77 – Problèmes de philosophie, Bertrand Russell, Nouvelle traduction, Éditions Payot, 1989

Quelle agréable lecture ! J’ai beaucoup aimé ce livre. Les problèmes de philosophie soulevés par Bertrand Russell et les réponses qu’il propose et analyse étonnent. Le livre PROBLÈMES DE PHILOSOPHIE écrit par BERTRAND RUSSELL date de 1912 mais demeure d’une grande actualité, du moins, selon moi, simple amateur de philosophie. Facile à lire et à comprendre, ce livre est un «tourne-page» (page-turner).

Article # 78 – La dictature des ressentis – Sauver la liberté de penser, Eugénie Bastié, Éditions Plon, 2023

La compréhension de ce recueil de chroniques signées EUGÉNIE BASTIÉ dans le quotidien LE FIGARO exige une excellence connaissance de la vie intellectuelle, politique, culturelle, sociale, économique et de l’actualité française. Malheureusement, je ne dispose pas d’une telle connaissance à l’instar de la majorité de mes compatriotes canadiens et québécois. J’éprouve déjà de la difficulté à suivre l’ensemble de l’actualité de la vie politique, culturelle, sociale, et économique québécoise. Quant à la vie intellectuelle québécoise, elle demeure en vase clos et peu de médias en font le suivi. Dans ce contexte, le temps venu de prendre connaissance de la vie intellectuelle française, je ne profite des références utiles pour comprendre aisément. Ma lecture du livre LA DICTATURE DES RESSENTIS d’EUGÉNIE BASTIÉ m’a tout de même donné une bonne occasion de me plonger au cœur de cette vie intellectuelle française.

Article # 79 – À la découverte de la sagesse stoïcienne: L’histoire improbable du stoïcisme suivie du Manuel de la vie bonne, Dr Chuck Chakrapani, Éditions Stoa Gallica, 2023

À titre d’éditeur, je n’ai pas aimé ce livre qui n’en est pas un car il n’en possède aucune des caractéristiques professionnelles de conceptions et de mise en page. Il s’agit de la reproduction d’un texte par Amazon. Si la première de couverture donne l’impression d’un livre standard, ce n’est pas le cas des pages intérieures du… document. La mise en page ne répond pas aux standards de l’édition française, notamment, en ne respectant pas les normes typographiques.

Article # 80 – Le changement personnel – Histoire Mythes Réalités, sous la direction de Nicolas Marquis, Sciences Humaines Éditions, 2015

J’ai lu avec un grand intérêt le livre LE CHANGEMENT PERSONNEL sous la direction de NICOLAS MARQUIS. «Cet ouvrage a été conçu à partir d’articles tirés du magazine Sciences Humaines, revus et actualisés pour la présente édition ainsi que de contributions inédites. Les encadrés non signés sont de la rédaction.» J’en recommande vivement la lecture pour son éruditions sous les aspects du changement personnel exposé par différents spécialistes et experts tout aussi captivant les uns les autres.

Article # 81 – L’empire des coachs – Une nouvelle forme de contrôle social, Roland Gori et Pierre Le Coz, Éditions Albin Michel, 2006

À la lecture de ce livre fort intéressent, j’ai compris pourquoi j’ai depuis toujours une dent contre le développement personnel et professionnel, connu sous le nom « coaching ». Les intervenants de cette industrie ont réponse à tout, à toutes critiques. Ils évoluent dans un système de pensée circulaire sans cesse en renouvellement créatif voire poétique, système qui, malheureusement, tourne sur lui-même. Et ce type de système est observable dans plusieurs disciplines des sciences humaines au sein de notre société où la foi en de multiples opinions et croyances s’exprime avec une conviction à se donner raison. Les coachs prennent pour vrai ce qu’ils pensent parce qu’ils le pensent. Ils sont dans la caverne de Platon et ils nous invitent à les rejoindre.

Article # 82 – À quoi sert la philosophie ?, Marc Sautet, Éditions Pleins Feux, 1997

Ce petit livre d’une soixantaine de pages nous offre la retranscription de la conférence « À QUOI SERT LA PHILOSOPHIE ? » animée par Marc Sautet, philosophe ayant ouvert le premier cabinet de consultation philosophique en France et également fondateur des Cafés Philo en France.

Article # 83 – Raviver de l’esprit en ce monde – Diagnostic du contemporain, François Jullien, Éditions de l’Observatoire, 2023

L’essai RAVIVER DE L’ESPRIT EN CE MONDE – UN DIAGNOSTIC CONTEMPORAIN par FRANÇOIS JULLIEN chez les Éditions de l’Observatoire, parue en 2023, offre aux lecteurs une prise de recul philosophique révélatrice de notre monde. Un tel recul est rare et fort instructif.

Article # 84 – La philosophie appelle à une révélation suivie d’une conversion

La philosophie a pour but l’adoption d’un mode de vie sain. On parle donc de la philosophie comme un mode de vie ou une manière de vivre. La philosophie ne se possède pas, elle se vit. La philosophie souhaite engendrer un changement de comportement, d’un mode de vie à celui qu’elle propose. Il s’agit ni plus ni moins d’enclencher et de soutenir une conversion à la philosophie.

Article # 85 – La philosophie comme mode de vie, Daniel Desroches, Deuxième édition revue et corrigée, Coll. À propos, Les Presses de l’Université Laval, Québec, 2019

La lecture de cet essai fut très agréable, instructive et formatrice pour l’amateur de philosophie que je suis. Elle s’inscrit fort bien à la suite de ma lecture de « La philosophie comme manière de vivre » de Pierre Habot (Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001).

Article # 86 – Les consolations de la philosophie, Alain De Botton, Mercure de France, 2001, Pocket

La lecture du livre Les consolations de la philosophie, une édition en livre de poche abondamment illustrée, fut très agréable et instructive. L’auteur Alain de Botton, journaliste, philosophe et écrivain suisse, nous adresse son propos dans une langue et un vocabulaire à la portée de tous.

Article # 87 – La philothérapie – Philosophie pratique à l’international

L’Observatoire de la philothérapie a consacré ses deux premières années d’activités à la France, puis à la francophonie. Aujourd’hui, l’Observatoire de la philothérapie s’ouvre à d’autres nations et à la scène internationale.

Article # 88 – L’approche intellectuelle en philothérapie et en philosophie pratique

Certaines personnes croient le conseiller philosophique intervient auprès de son client en tenant un « discours purement intellectuel ». C’est le cas de Dorothy Cantor, ancienne présidente de l’American Psychological Association, dont les propos furent rapportés dans The Philosophers’ Magazine en se référant à un autre article parue dans The New York Times.

Article # 89 – En thérapie avec… Épicure – Combattre votre anxiété – 40 antidotes du philosophe antique, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024

Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.

Article # 90 – Êtes-vous sûr d’avoir raison ?, Gilles Vervisch, Flammarion, 2022

De lecture agréable et truffé d’humour, le livre ÊTES-VOUS SÛR D’AVOIR RAISON ? de GILLES VERVISCH, agrégé de philosophie, pose la question la plus embêtante à tous ceux qui passent leur vie à se donner raison.

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