Article # 8 – Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

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DOSSIER

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

ARTICLE # 8

Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

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Informations de l’éditeur

Résumé

De quoi peut bien nous guérir la philosophie ? Sa compétence dépasse celle des chamans, des psychothérapeutes et des chirurgiens : la philosophie guérit de la vie. Car vivre ne va pas de soi, et il n’est pas même certain que nous soyons armés pour cela. La vie n’est pas un sport de glisse, où il suffirait de se laisser aller à être soi. Il faut du courage pour exister. Il faut du panache pour affronter la réalité, son indifférence, son injustice et sa bêtise.

Et consoler ne suffit pas. Il nous faut un remède, une médecine. Pas de celles qui préconisent des solutions faciles, mais de celles qui permettent d’affronter les tempêtes, de traverser les orages. C’est cette médecine que délivre la philosophie. Elle ne tue pas ; elle rend plus fort.

Maux du corps et maux de l’âme, vieillesse, burn-out, addictions en tout genre, manque de volonté et mauvaises fréquentations, amour et chagrins d’amour, problèmes d’argent, de voisinage, de famille ou de bureau, coups de foudre et coups de sang, jalousie ou solitude, de Montaigne à Nietzsche en passant par Hegel et Descartes, la philosophie a tout affronté, et cherché à tout soigner.

Caractéristiques

Nombre de pages : 264

Code ISBN : 978-2-13-082645-3

Numéro d’édition : 1

Format : 12.5 x 19 cm

Collection : Quadrige

Discipline : Philosophie

Catégorie : Livre

Date de parution : 02/09/2020

Sommaire

GUÉRIR LA VIE

LES MAUX DU CORPS

LES MAUX DE L’ÂME

LES TRACAS QUOTIDIENS

TROUBLES MENTAUX, PASSAGERS OU CHRONIQUES

LES ACCIDENTS DE LA VIE

LES CAS LIMITES

THÉORIES CURIEUSES

Autour de l’auteur

Ancienne élève de l’ENS, agrégée, docteur et maître de conférences en philosophie, doyen de la faculté de philosophie de l’Institut catholique de Paris, spécialiste de Descartes et du cartésianisme, Laurence Devillairs est également l’auteur aux Puf d’Être quelqu’un de bien (2019) ainsi que des « Que sais-je ? » Descartes (2018) et Les 100 citations de la philosophie (2019).

SOURCE : PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE (PUF).


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CV détaillé de Laurence Devillairs


Revue de presse

Soigner par la philosophie, par Sandrine Warsztacki – 15 Septembre 2020, En Marche – Le journal de la Mutualité chrétienne

Philosopher au bord du gouffre, Laurence Devillairs, Philosophie magazine, 15 décembre 2020

Laurence Devillairs : pour une philosophie de la plainte, Philosophie magazine, 15 décembre 2020

Un éclat de philosophie comme consolation, Béatrice Bouniol, Croix Network, Bayard Presse, 25 novembre 2020

Laurence Devillairs: «Guérir la vie par la philosophie», Pierre-Edouard Deldique, Radio France Internationale, 21 mars 2017

La philosophie peut-elle nous guérir ? Présentée par Béatrice Soltner U, Radio chrétienne francophone, 17 août 2017


DOSSIER

Philothérapie – Quand la philosophie nous aide

RAPPORT DE LECTURE

Guérir la vie par la philosophie

Laurence Devillairs

Presses universitaires de France

Par Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Le choix du verbe « GUÉRIR » dans le titre situe l’œuvre loin de la pudeur des consultants philosophes hésitant à associer leur travail à une « thérapie » et encore moins à la « médecine ». Laurence Devillairs se démarque en associant la philosophie à la médecine, une médecine :

De quoi peut bien nous guérir la philosophie ? Sa compétence dépasse celle des psychothérapeutes : la philosophie guérit de la vie. Car vivre ne va pas de soi.

Nous avons besoin d’un remède, d’une médecine. Non celle qui préconise des solutions faciles, mais celle qui permet d’affronter les tempêtes et les orages. C’est cette médecine que délivre la philosophie.

Maux du corps et de l’âme, vieillesse, bunt-out, chagrins d’amour, problèmes d’argent, de famille ou de bureau, coup de foudre et coup de sang, de Montaigne à Nietzsche, en passant par Hegel et Descartes, la philosophie a tout affronté et tout soigné.

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, quatrième de couverture.

Vous l’avez sans doute devinez, le passage soutenant que la compétence de la philosophie dépasse celle des psychothérapeutes, m’a rassuré car je crains encore et toujours une liaison fatale entre la philosophie et la psychologie en raison de hyper commercialisation de cette dernière en de multiples techniques et méthodes en tous genres plus ou moins questionnables.

 Les introductions des différents textes au sommaire de cette œuvre – car c’est bel et bien une œuvre – m’ont ravit par leur réalisme. Madame Devillairs aborde ses sujets dans détour; elle entre dans le vif du sujet de la manière dont nous le vivons réellement. Voici les premières lignes de son Avant-propos :

Vivre, se sentir vivant, exister ici et maintenant, tel serait, à en crois certains, le secret du bonheur. Comme si la vie était un cadeau ; comme si le moment présent n’était que magie et poésie. Pour tous ceux qui vivent d’amour et d’eau fraîche, de vacances et de loisirs, dans le luxe, le calme et la volupté, il en va sans doute ainsi. Cependant, pour la majorité d’entre nous, vivre n’est pas un cadeau, mais une série de contraintes, de figures et d’horaires imposés.

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, p. 17.

Le ton est donné à tout ce livre. L’auteur ne passera pas sous silence notre mal de vivre et l’affrontera avec nous de plein fouet dans sa réalité la plus crue. Et j’aime bien me reconnaître dans les propos d’un auteur. J’aime être surpris par son honnêteté. J’aime m’éclater de rire ou avoir un sourire en coin à la lecture des propos d’un auteur.

La philosophie est utile ; elle n’est ni un luxe ni une occupation pour dilettantes. Elle ne prône pas l’utilité de ce qui est inutile, le bonheur de ce qui ne sert à rien ; au contraire, rien n’est pensé en philosophie qui ne soit pensé pour être utile.

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, p. 18.

La philosophie ne s’attarde pas à nous séduire, à nous plaire, à nous flatter dans le sens du poil. Elle s’offre pour ce qu’elle est : un outil dont l’utilité démontre son efficacité.

Une des grandes leçons de la philosophie, son officine, sa pharmacie est de nous enseigner que, si nous ne sommes pas maîtres du « destin », nous le sommes de nous-mêmes, et de la façon dont nous accueillons ce qui survient. Cette leçon magistrale a été donnée pour la première fois par les stoïciens, ces héritiers de Socrate, dont l’école perdura durant au moins cinq siècles et dont l’influence est encore manifeste de nos jours.

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, p. 31.

Maîtres de nous-même pour autant que nous nous en donnons les moyens utiles en les distinguant des futiles.

Ce qui motive en effet le médecin philosophe, c’est moins la maladie que l’inconscience que nous avons d’être malades ; c’est l’assurance qui y a en l’homme quelque chose qui ne va pas, comme un virus natif et insoupçonné. Les autres médecines ne font qu’appliquer un pansement sur une jambe de bois; la philosophie seule tente de transformer les bois dont nous sommes faits, rendant par là inutiles et inefficaces tous les pansements que d’autres on imaginés.

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, pp. 34-35.

L’auteure aborde de nombreux sujets comme en témoigne le sommaire détaillé ci-dessus. Et elle nous surprend, notamment au sujet des efforts déployés par les uns et les autres pour que nous trouvions dans l’épreuve et la souffrance quelque chose de positif.

Il faut se battre, ne pas se laisser aller, garder le moral : le malade doit se transformer en soldat, la défaite est impensable, et la résilience obligatoire. Il faut lutter contre cet ennemi intérieur qu’est la maladie. Il s’agit d’une épreuve et, comme toute épreuve, elle a ses vainqueurs et ses champions. Le malade doit être un battant. Pour un peu, on l’envierait : la maladie est l’occasion pour lui de se dépasser, de tester ses ressources et ses forces. Ne dit-on pas que ce qui ne tue pas rend plus fort ? Le malade a l’opportunité de devenir un héros, de planter le drapeau au sommet de la fièvre, sur le pic du cancer. Pour un peu. on entonnerait la Marseillaise, en saluant le public.

Rien de plus révoltant que cette moralisation de la maladie, qui entraîne nécessairement la culpabilisation du malade. Si garder le moral est essentiel, guérir n’est pas une épreuve sportive, et être malade n’est pas la conséquence d’un défaut d’entraînement, le résultats d’un laisser-aller. Le malade n’a pas plus à se battre qu’il n’est responsable de sa maladie : on ne se fabrique pas non plus un cancer qu’on ne doit le vaincre en combat singulier. Continuer à vivre malgré tout est déjà largement suffisant. Ces discours guerriers visent sans doute à donner du sens à ce qui n’en a pas. à trouver des raisons, de origines, des causes, de buts et de scores, là où ne règne que la présence injustifiée de la maladie. (…)

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, pp. 54-55

Et l’auteur de préciser : «  »Souffrir, c’est souffrir trop », affirme Ricœur. La philosophie a dans ce domaine une utilité, que certains jugerons paradoxale : elle consiste à refuser tout ce qui cherche à positiver le négatif contenu dans l’expérience douloureuse. »

Personnellement, j’ai toujours refusé de « positiver le négatif » par souci de ne pas perdre de vue la réalité ou de rêver là où le cauchemar s’impose de lui-même. J’ai été témoin de plusieurs vagues de positivisme extrême. De mon adolescence à ma soixantaine, j’ai toujours trouvé qu’être positif avec une épée sur la tête relevait de la folie. Aussi, c’est toujours lors des périodes les plus négatives de ma vie que j’ai été le plus créatif.

Quand madame Devillairs parle de l’expérience, elle me ramène les deux pieds sur terre :

L’expérience n’apprend rien, car ce que l’on vit n’est pas cumulatif, ne s’additionne pas pour déboucher sur une vérité absolue. D’abord parce que chaque expérience est unique et incomparable, incapable de ce fait de nous armer pour en affronter d’autres. On ne revit jamais deux fois la même expérience. Les certitudes qu’elle peut nous offrir ne sont que négatives : on peut, grâce à elle, peut-être parvenir à savoir ce qu’il est faux de penser (de soi, du monde des autres), mais non ce qui est vrai. Ce n’est pas la vérité que nous révèle l’expérience, mais l’erreur : elle nous met aux prises avec un fait, une situation qui contredit nos prédictions. Son pouvoir est de  » falsifier », de réfuter, et non de vérifier une hypothèse ou une conviction.

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, p. 198.

Les question se pose donc ainsi : « Quelles erreurs me révèlent mes expériences ? ». Avoir beaucoup d’expérience implique nécessairement d’identifier et de corriger nos erreurs afin de ne pas les répéter. Autrement, l’expérience demeure vaine. L’expérience est positive que si elle nous éclaire sur le négatif. Et je ne crois pas que l’expérience soit auto-éclairante, seul l’autre peut nous permettre de constater nos erreurs.

______________________________

« Guérir la vie par la philosophie » tranche avec mes lectures précédentes. L’auteure a choisit des situations dans lesquelles nous pouvons aisément nous reconnaître. Elle nous en propose le revers, l’autre côté de la médaille. Elle nous étonne et nous surprend. Elle nous rappelle que tout n’est pas rose, que la vie est difficile, que la vie n’est pas un cadeau. Elle nous propose une médecine : la philosophie. Il faut lire ce livre !

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys


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Liste de tous les articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

 

Article # 7 – La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

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DOSSIER

Philothérapie

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Article # 7

La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

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La consultation philosophique

L’art d’éclairer l’existence

Eugénie Vegleris

Rapport de lecture par Serge-André Guay, président éditeur et auteur,
Fondation littéraire Fleur de Lys

LES INFORMATIONS DE L’ÉDITEUR

PRÉSENTATION (quatrième de couverture)

Créée en 1981 par Gerd Achenbach, la consultation philosophique utilise l’approche et la culture philosophiques pour éclairer l’existence. Cet éclairement ne vise pas le mieux-être mais la liberté. Il s’agit pour l’individu d’interroger les situations de sa vie pour ne pas les subir mais, au contraire, les utiliser afin de construire avec les autres dans un monde qui nous est commun.

En présentant l’exercice d’une nouvelle pratique rémunérée de la philosophie, l’auteur de cet essai souhaite partager une expérience, soulever certaines questions, ouvrir quelques pistes utiles au consultant philosophe.

Le récit de diverses consultations philosophiques met en relief les leviers d’une méthode d’intervention (conceptualisation, clarification, problématisation, improvisation cadrée…). Sont abordées également les questions propres au métier de consultant philosophe : la posture, la rémunération, la relation au client, ainsi que les spécificités par rapport aux autres approches : psy, développement personnel, coaching, enseignement.

SOMMAIRE

  • Consultation philosophique et mondes de la vie
    • Consultation philosophique et mondes psy
    • Consultation philosophique et mondes personnels
    • Consultation philosophique et mondes de l’entreprise
    • Consultation philosophique et mondes de la formation
    • Consultation philosophique et mondes associatifs
    • Consultation philosophique et mondes de la santé
  • Enjeux et contextes d’un nouveau métier
    • Questions pratiques
    • Repères historiques
    • Le philosophe éclaireur : Karl Jaspers
  • Pour ne pas conclure
  • Annexes – Petit guide pratico-théorique

INFOS TECHNIQUES

Titre : La consultation philosophique
Sous-titre : L’art d’éclairer l’existence.
Auteur(s) : Eugénie Vegleris
Editeur(s) : Editions d’Organisation
Collection : Livres outils
Parution : 16 sept. 2010
Edition : 1ère édition
Support : aucun
Nb de pages : 350 pages
Format : 13.6 x 21
Couverture : Broché
Poids : 473 g
Intérieur : Noir et Blanc
Diffusion : Geodif
ISBN13 : 978-2-212-54711-5
EAN13 : 9782212547115
ISBN10 : 2-212-54711-0
Type produit : Ouvrage

EXTRAIT

TABLE DES MATIÈRES

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AU SUJET DE L’AUTEURE

Eugénie VEGLERIS

Eugénie Vegleris est agrégée et docteur en philosophie. Démissionnaire de l’éducation nationale, elle est consultante philosophe depuis 1993. Elle a déjà écrit Manager avec la philo, Des philosophes pour bien vivre, Vivre libre avec les existentialistes (chez le même éditeur).

SOURCE

Éditions Eyrolles


Le meilleur des cinq livres lus au sujet de la consultation philosophique

∗ ∗ ∗ ∗ ∗

5 étoiles sur 5

La consultation philosophique

L’art d’éclairer l’existence

Eugénie Vegleris

Rapport de lecture par Serge-André Guay, président éditeur et auteur,
Fondation littéraire Fleur de Lys

Il est des livres si bons au goût de l’esprit qu’on voudrait littéralement pouvoir les manger comme une salade de pages et les digérer pour en retirer tous les nutriments et ainsi nourrir notre esprit mais ça ne marche pas comme ça.

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ». Il suffit de lire pour comprendre tellement les propos de Madame Vegleris se caractérisent par une clarté et une précision sans pareilles. Ils nous renseigne sur tous les aspects de la consultation philosophique; voilà un essai complet.  Aucune ombre inutile embarrasse le lecteur et même là où le bénéfice du doute s’applique l’auteure fait toute la lumière. Chaque page de cet ouvrage a ravi pour ne pas dire exalté mon esprit . Apprendre et comprendre peuvent aussi nous donner des émotions fortes. Oh ! Comme je suis heureux de ma lecture ce livre.

Philosophie et psy

Les lecteurs de ce dossier connaissent mon appréhension face aux liens forcés entre la philosophie et la psychologie. Je crains une contamination de la consultation philosophie par la psychologie. J’ai déjà exposé ma position dans le deuxième article de ce dossier : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie.

Madame Vegleris consacre le premier chapitre de son livre à la « Consultation philosophique et mondes psy ». Au sous-titre « Des passions à l’esprit » , elle écrit, en référence à Hanna Arendt :

Dans son effort de décrire la vie de l’esprit, Arendt distingue entre l’âme et l’esprit. L’âme ou psychisme est le siège des émotions alors que l’esprit est le foyer de la pensée et de l’action. À ses yeux, par nos émotions nous sommes tous pareils. Si les raisons d’avoir peur, les motifs de la colère ou les sources du plaisir différent selon les individus, la sensation de la peur, du plaisir, de la colère sont les mêmes pour tous. En revanche, nous sommes chacun unique par notre esprit. Car l’esprit est cette énergie absolument personnelle qui porte chacun de nous à chercher le sens et à construire ce qui a du sens pour nous.11

_____________

11 Arendt, Hanna, La vie de l’esprit, PUF, 2005, p. 45-51.

Vegleris, Eugénie, La consultation philosophique, Groupe Eyrolles, 2010, p. 27.

Il n’y a donc plus de confusion possible entre le champ d’expertise du consultant philosophie et du psy. La première se concentre sur l’esprit (siège de la pensée et de l’action), la seconde sur l’âme ou le psychisme (siège des émotions).

En raison de ces champs d’expertise distincts, la consultation ne saurait être la même. Madame Vegleris écrit :

Considérant son interlocuteur comme son frère en condition humaine, le consultant philosophe ne reste pas en retrait. Contrairement au psychanalyste qui se tait pour laisser parler l’inconscient de l’analysant, le philosophe consultant parle de lui dès lors que son expérience peut servir de miroir ou de piste. Contrairement au psychothérapeute qui utilise des tests pour mieux cerner la personnalité de l’autre, le consultant philosophe se fonde sur le seul échange pour permettre à l’autre de mieux se connaître. Libre de toute contrainte technique prédéfinie, se méfiant de tout protocole et de toute procédure, le consultant philosophe respecte seulement quelques règles de méthode : exigence de clarté, ouverture à la remise en question, confrontation avec soi à travers une communication authentique avec l’autre, réciprocité.

(…)

(…) La relation philosophique n’a pas lieu entre un thérapeute et des individus à soigner mais entre des interlocuteurs égaux face aux difficultés de l’existence et aux risques de la liberté. Si cette relation est thérapeutique, elle l’est au sens littéral. Il s’agit d’une relation où, chacun prenant soin de son esprit et de l’esprit des autres, tous deviennent chemin faisant plus ouverts, plus lucides, mieux armés pour faire face à l’existence.

Vegleris, Eugénie, La consultation philosophique, Groupe Eyrolles, 2010, pp. 30-32.

Madame Vegleris confirme les propos de nos lectures précédentes à savoir que la philothérapie « est une pratique dialogique ». Il ne s’agit pas ici de répondre uniquement à un besoin de « verbaliser »  ses émotions, ses sentiments, de faire sortir le méchant, une méthode bien connue en psychothérapie. Si nous pouvons ressentir un certain soulagement après un tel exercice de verbalisation en psychothérapie, c’est très souvent en raison de l’absence d’un ami(e) d’expérience à qui se confier ou plus simplement de la solitude dans laquelle nous sommes plongés. Le psychothérapeute agit alors sur nous de par sa disponibilité exclusive le temps d’une séance.

J’ai personnellement expérimenté à trois reprises de telles rencontres de psychothérapie avec trois intervenants différents. Si je ne connais aucun problème à verbaliser, le seul bénéfice fut d’avoir un peu attention réconfortante en l’absence du cheminement auquel je m’attendais. Je dois avouer que le troisième intervenant est devenu un confident et un ami dont je garde de très bons souvenirs. Il n’en demeure pas moins que mon mal de vivre a toujours repris de sa vigueur. Il ne s’agit pas de dénigrer la psychothérapie pour valoriser la philothérapie mais plutôt de les associer aux besoins spécifiques auxquels chacune d’elle réponde.

J’ai connu trois périodes dépressives au cours de ma vie. La première à l’adolescence à la suite de la mort de mon meilleur ami à l’âge de 15 ans. La seconde à la suite d’une trop forte pression engendrée par un succès retentissant à 30 ans. La troisième à la suite d’une faillite à 41 ans. J’ai qualifié cette dernière de dépression philosophique plutôt que psychologique car elle relevait davantage de mon esprit (pensées et actions) que de mon âme (émotions et sentiments).

Malheureusement, à l’époque, je ne connaissais aucun ressource en consultation philosophique. Je commençais à peine à m’intéresser à la philosophie depuis 1992 grâce à un chercheur en marketing pas comme les autres en raison de ses références à la philosophie et, en l’an 2000, à la suite de ma lecture du livre « Platon, pas Prozac ! – La philosophie comme remède » de Lou Marinoff publié aux Éditions Logiques, ce dont je parle dans l’introduction de ce dossier.

À cette époque, j’ai décidé de faire le point sur mes pensées et leurs rôles dans la vie de mon esprit. J’y suis parvenue par l’écriture dans un livre que j’ai intitulé « J’aime penser – Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison », un essai et un témoignage de gouvernance personnelle (offert gratuitement en format numérique PDF et web).

Penser juste et trouver le mot exact s’inscrivent depuis dans mes efforts pour me comprendre. J’ai constaté par bonheur le même intérêt chez Madame Vegleris :

Dans toutes mes consultations, l’utilisation des mots joue un rôle décisif. La précision de leur signification permet de sortir de la confusion, de décrire clairement situations et sentiments, des distinguer situations et sentiments semblables, de comparer, et par voie de conséquence, de se situer, soi, par rapport aux autres et aux choses. À la fois produits pour désigner la réalité et producteurs de réalité, les mots sont notre accès le plus direct aux choses. Ils en discernent les articulations et les nuances. La référence à leurs racines étymologiques donne souvent des clés de compréhension insoupçonnées. Transmettant un sens qui vient du fond des âges, l’étymologie offre un éclairement pour ainsi dire originel qui, trouant les habitudes, ouvre des chemins non encore empruntés. Cet éclairement peut aussi fonctionner comme un signe qui, par les voies qu’elle fait apparaître, la racine est un écho avec quelque chose qui vient du fond de l’individu, de ce que Bergson nomme le moi profond.11
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11 Ce moi n’a rien à voir avec l’inconscient freudien : il coïncide avec notre personnalité absolument unique, foyer générateur de notre liberté.

Vegleris, Eugénie, La consultation philosophique, Groupe Eyrolles, 2010, p. 49.

Dans le contexte de la consultation philosophique le mot devient un outil, de sa racine jusqu’à la culture populaire actuelle. Madame Vergelis l’énonce clairement et y revient à la moindre occasion. La question « De quoi parlons-nous au juste ? » lui servira d’introduction à ses consultations. Il faut à la fois définir les concepts et conceptualiser.

Autre outil : le référence aux grands penseurs.

La convocation opportune de philosophes est illuminante — soudain, ce qui est personnellement vécu se révèle digne de l’attention d’un grand penseur. Cette attention met culturellement en perspective l’expérience individuelle — ainsi est signifié la nécessité vitale de se rallier à la tradition philosophique. La référence à un philosophe pour soutenir les propos d’un participant procure à celui-ci une joie narcissique efficace — l’intelligence de ce qu’il dit est comme légitimée par l’autorité d’un grand penseur. La confiance arrive par un biais inhabituel, l’appropriation d’une personnalité historique.

Vegleris, Eugénie, La consultation philosophique, Groupe Eyrolles, 2010, p. 108

Le consultant philosophe se doit de connaître et de comprendre les grands penseurs, non pas faire savant ou faire valoir une quelconque supériorité et encore moins s’illustrer par ses connaissances, mais pour inscrire dans l’histoire les pensées de son interlocuteur et ainsi lui donner confiance. Cette approche s’ajoute celle du témoignage personnelle du consultant philosophe qui le place sur le même pied que son interlocuteur pour une discussion d’égal à égal.

Le fait que je parle de mes propres expériences signale que je me place à égalité avec mes interlocuteurs sur le plan existentiel – cela institue une relation d’authenticité. Comme je suis convaincu que je n’ai pas de leçon à donner à personne et que ma seule différence me vient de ma culture philosophique, les autres ressentent cette conviction et se sentent à l’aise. Le ton n’est pas à la confidence, mais à ce que Stefano Maso a nommé la complicité intelligente.3
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3 Stefano Mason est l’un des professeurs de philosophie du master de la Consulenza fifosofica à l’université Ca’Foscari de Venise.

Vegleris, Eugénie, La consultation philosophique, Groupe Eyrolles, 2010, p. 108

Le témoignage du consultant philosophe implique qu’il soit lui-même en quête philosophique.

Autre outil de travail : l’écriture d’un rapport de la discussion.

Madame Vegelis ne se contente pas de la consultation en face à face. Elle se prête aussi à l’exercice de l’écriture d’un rapport )compte-rendu) de la discussion qu’elle adresse à son interlocuteur. Ce dernier peut alors, à tête reposée, convenir s’il a bien été compris, s’il a bien saisi les propos du consultant et, au besoin, apporter sa contribution.

Je ne peux pas résumé ce livre et je ne crois qu’il puisse l’être. Il faut le lire et il suffit de le lire pour comprendre. Par contre, la maîtrise de l’ensemble du contenu me poussera à une voire plusieurs relectures pour le mettre en action avec la cohérence et l’inspiration que cela demande. Mon exemplaire est annoté de la première à la dernière page au point où je pourrais le surligner du premier au dernier mot. Pour l’heure, je n’ambitionne pas devenir un consultant philosophe. Je suis plutôt captivé par cette nouvelle profession, par la manière dont elle s’articule, par les pensées et l’esprit qui l’animent,… par ce retour à la vie active de la philosophie.

Il n’y a aucune technique et aucune méthode à tirer de ce livre pour devenir consultant en philosophie. D’ailleurs, nous dit l’auteure, la consultation philosophique ne repose sur des méthodes et des techniques, comme on en trouve à profusion en psychothérapie et en coaching.

Je ne peux pas passer sous silence la question récurrente de la liberté abordée dans ce livre.

(…) En allant du philosophe au consultant philosophe, nous pouvons dire que la posture professionnelle de celui-ci doit lui être inspirée de l’histoire de la philosophie dans laquelle il s’inscrit et dont il est un modeste maillon.

Cette inscription dans la tradition distingue les consultant philosophe des professionnels de « la relation d’aide » – du psychothérapeute, du formateur en développement personnel, du coach… Par tradition philosophique, j’entends le point de convergence de tous les grands philosophes. Par-delà leurs divergences, voire leurs oppositions violentes, tous affirment que l’exercice de la pensée exprime et fonde la liberté individuelle.

Vegleris, Eugénie, La consultation philosophique, Groupe Eyrolles, 2010, p. 183

À la lecture de ce passage, je reconnais ma liberté dans le fait que j’aime penser (et écrire). Et c’est par amour de ma liberté d’esprit et d’action et de celle des autres que je m’adonne à la philosophie.

Merci Madame Vegleris pour votre éclairage.


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Autres articles de ce dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

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