Article # 268 – La philosophie comme bonne pratique : vers une possible ligne directrice pour la consultation philosophique / Philosophy as a best practice: Towards a possible guideline for philosophical counselling, Patrizia F. Salvaterra, HASER. Revista Internacional de Filosofía Aplicada, 2022

Salvaterra, P. F. (2023). Philosophy as a best practice: Towards a possible guideline for philosophical counselling. HASER. Revista Internacional de Filosofía Aplicada, (14), 59-81.
Salvaterra, P. F. (2023). Philosophy as a best practice: Towards a possible guideline for philosophical counselling. HASER. Revista Internacional de Filosofía Aplicada, (14), 59-81.

Philosophy as a best practice: Towards a possible guideline for philosophical counselling

(La philosophie comme bonne pratique : vers une possible ligne directrice pour la consultation philosophique)

Patrizia F. Salvaterra

HASER. Revista Internacional de Filosofía Aplicada, 2022

RÉSUMÉ

Traduction de l’anglais au français par Google Gemini

Cet article vise à proposer une brève synthèse de mon expérience personnelle en tant que consultante philosophique certifiée au cours des dix dernières années ; travail que j’ai partagé sous la forme d’une communication devant un public international d’étudiants et de collègues experts lors de la Ire Conférence internationale sur la consultation philosophique, organisée par le professeur Balakanapathi Devarakonda du département de philosophie de l’Université de Delhi, du 14 au 16 janvier 2022. Cette conférence s’est tenue sous l’égide du Conseil indien de recherche philosophique (ICPR) de New Delhi et du département de l’éducation de l’Université de Delhi.

Le cadre philosophique — ou « fil de la pensée » (Whitehead, 1978) — au sein duquel je trouve la plupart des « compagnons de route » permettant de prolonger le dialogue avec mes clients, constitue la première partie de cet article, parallèlement à l’examen de certaines questions fréquemment posées, tant du côté du consultant que du praticien.

La seconde partie de l’article comprend l’étude de deux cas pratiques réels, l’un qualifié de concluant et l’autre d’infructueux. En tant que présentation, cette contribution avait pour objectif de stimuler la discussion autour des décisions prises et d’analyser conjointement d’éventuelles controverses.

Ainsi, en l’état actuel, cette communication se voulait principalement un support méthodologique utile, tandis qu’en tant que travail en cours, elle poursuit un objectif plus ambitieux : devenir une sorte de « Ligne directrice pour la consultation philosophique en tant que bonne pratique », empruntant une partie de son lexique au domaine médical ainsi que quelques critères méthodologiques.

Je suis pleinement consciente que cet objectif peut paraître aussi risqué que difficile à réaliser, dans la mesure où nous savons tous qu’il n’existe pas d’unique philosophie, pas plus qu’il n’existe une seule vision du monde ou une méthode exclusive pour la consultation philosophique. Les implications géographiques, historiques, anthropologiques, linguistiques — en un mot, culturelles — sont trop nombreuses et rendent le paysage philosophique structurellement complexe et pluriel. Il ne s’agit donc pas d’élaborer un manuel universel de pratique philosophique, mais plutôt une ligne directrice fondée sur des données probantes, qui se conclura par une série de recommandations.

En effet, une objection fréquemment soulevée contre l’application de la philosophie comme moyen efficace d’aider les individus ordinaires à gérer les difficultés de la vie quotidienne réside dans le fait que les consultants philosophiques refusent généralement de se conformer à des standards de nature à prouver la qualité de leur travail et à en fonder la validité.

Les recommandations seront classées du grade A au grade C, selon leur validité en termes d’efficacité pratique et de résultats positifs pour les consultants :

  • Catégorie A : fortement recommandée pour la mise en œuvre, et étayée par de nombreux cas d’étude couronnés de succès, ainsi que par des textes et recherches philosophiques ;

  • Catégorie B : recommandée et acceptée comme pratique, soutenue par des données factuelles limitées et par la littérature philosophique ;

  • Catégorie C : représente une problématique pour laquelle il n’existe qu’un consensus limité quant à sa validité.

Dans la version finale du texte, je souhaite intégrer l’analyse de plusieurs écueils, ainsi que certaines questions en suspens et une liste de conseils et d’astuces susceptibles de profiter à nos jeunes collègues et praticiens.

Texte original en anglais – Abstract

This article aims to be a brief synthesis of my personal experience as a certified philosophical counsellor as practised in the last 10 years that I shared in the form of a presentation with the global audience of students and expert colleagues during the Ist International Conference on Philosophical Counselling, organized by Professor Balakanapathi Devarakonda, Department of Philosophy, at the University of Delhi, 14-16 January 2022. The conference was held under the aegis of the Indian Council of Philosophical Research (ICPR), New Delhi, and the Department of Education, University of Delhi.

The philosophical horizon, « the train of thought » (Whitehead, 1978), within which I find most of the ‘travel friends’ for extending the dialogue with my clients, forms the first part of the article, together with some frequently asked questions, both on the client’s and the counsellor’s side.

The second part of the article includes a couple of real practical cases, a good and a bad one. As a presentation, it was aimed to stimulate discussion on the decisions made, and analyse eventual controversies together.

Thus, for the time being, the presentation was meant to be mainly a helpful handout, while as a work in progress, it has a more ambitious goal: to become a sort of ‘Guideline for Philosophical Counselling as a Best Practice’, that borrows some lexicon from the medical field, along with few methodological criteria.

I am well aware that this goal may appear as risky as hard to fulfil, since we all know there is not only ‘one philosophy’, neither only one vision of the world, nor a unique method for philosophical counselling. There are too many geographical, historical, anthropological, linguistic in one word, cultural implications that make the philosophical scenario always complex and multifaceted. Therefore, not a one-size-fits-all handbook on philosophical practice, but rather a guideline based on evidences that will end with some recommendations.

As a matter of fact, one frequent objection moved against the application of philosophy as an effective way to help ordinary people in managing everyday life problems is that philosophical counsellors generally refuse to adhere to standards that may prove the quality of their work, and ground its validity.

Recommendations will be classified from grade A to grade C, according to their validity in terms of practical efficacy and positive outcomes for the clients: Category A: strongly recommended for implementation, and supported by numerous successful cases, philosophical texts and studies; Category B: recommended and accepted as a practice, supported by limited evidence and philosophical literature; Category C: represents an issue for which limited consensus regarding its validity exists.

In the final text I would like to include a few pitfalls, as well as some open issues and a list of tips and tricks which may be beneficial to our younger colleagues and practitioners.

Source : ORCID (Open Researcher and Contributor ID).


TABLE DES MATIÈRES

1. Éléments liminaires

  • Titre de l’article (en anglais et en espagnol)

  • Informations sur l’auteure (Affiliation : Université de Milan, Identifiant ORCID, Courriel)

  • Dates de soumission et d’acceptation académique

  • Résumé (Abstract) et Mots-clés (Keywords) en anglais

  • Résumé (Resumen) et Mots-clés (Palabras clave) en espagnol

2. Introduction

  • Définition et historicité de la philosophie comme questionnement originel

  • La pluralité des réponses selon les variables culturelles, géographiques et temporelles

  • Typologie des questions fondamentales récurrentes au cours des sessions :

    • Les dimensions existentielles : la vie, la mort et le temps (Sources : Lou Marinoff, Aristote, Bertrand Russell)

    • Les dimensions morales, éthiques et politiques : le Bien, le Mal, les idéologies et la vie en société (Sources : Sénèque, Platon, Socrate, Immanuel Kant, Karl Marx, Friedrich Nietzsche, Jürgen Habermas)

    • Les dimensions épistémologiques et scientifiques : la preuve par les faits et les observations (Sources : Galileo Galilei, Nicolaus Copernicus)

    • Les dimensions esthétiques : l’art, la beauté, le corps, la chair et l’expérience du bonheur (Sources : Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Edmund Husserl, Maurice Merleau-Ponty, Jean-François Lyotard, Jacques Derrida, Jean-Luc Nancy)

    • Les dimensions linguistiques et logiques : la définition des concepts et des objets (Sources : Bertrand Russell, Rudolf Carnap, Algirdas Julien Greimas)

  • La posture du consultant philosophique : privilégier le partage de questions porteuses de sens plutôt que l’apport de réponses toutes faites

3. Études de cas (Two cases)

  • Le premier cas (The first case) : Résolution d’un conflit éthique et familial

    • Présentation de la consultante (Anna R., 42 ans, directrice R&D) et de sa situation (désir de seconde maternité via FIV, blocage moral et religieux de son époux Piero, détresse et isolement de leur fille adolescente Federica)

    • Déroulement de l’accompagnement (8 séances) et outils philosophiques mobilisés :

      • Analyse de la temporalité du désir et de la brièveté de la vie (De Brevitate Vitae de Sénèque)

      • Réflexion sur l’expérience parentale féminine (Friedrich Nietzsche)

      • Déconstruction éthique du concept de « naturel » et conciliation avec le progrès médical (La Physique et l’Éthique à Nicomaque d’Aristote ; la Somme théologique de Thomas d’Aquin à l’aune des textes de la Congrégation pour la doctrine de la foi)

      • Réhabilitation de la communication intrafamiliale directe et critique de l’écrit technologique (Théorie de la communication de Paul Watzlawick ; le dialogue du Phèdre de Platon et la méthode de Socrate)

      • Gestion de la colère et contextualisation face à l’immensité de l’univers (De Ira de Sénèque ; exemples de sagesse de Socrate dans le Phédon et le Criton ; Peter Vernezze)

      • Analyse du sentiment amoureux, du plaisir et des relations de couple (Épicure ; la Phénoménologie de la perception de Maurice Merleau-Ponty)

  • Le second cas (The second case) : Les limites du choix vocationnel face à la pression

    • Présentation du consultant (Sergio, 21 ans, étudiant en droit à Padoue) et de sa situation (fatigue chronique inexpliquée sur le plan somatique, obligation de suivre la tradition familiale de juristes, passion refoulée pour la peinture et l’art)

    • Déroulement de l’accompagnement (3 séances) et outils philosophiques mobilisés :

      • Définition de la philosophie comme exercice d’action et de modelage de l’âme (Lettres à Lucilius de Sénèque)

      • Analyse de la sensibilité artistique et de la raison communicative (Raymond Williams ; Jürgen Habermas)

      • La quête de liberté par l’expression et le maintien de ses objectifs (Témoignage de Joan Miró ; Lettre 32 de Sénèque)

    • Épilogue et qualification de « mauvais cas » : rejet du projet par les parents (« choix professionnel d’un perdant ») et renoncement du consultant

4. Conclusions et conceptualisation de la Ligne Directrice

  • Synthèse des cas et analyse de la complexité des processus décisionnels

  • Positionnement déontologique du consultant comme facilitateur de l’exploration personnelle

  • Établissement d’une taxonomie inspirée du modèle d’évaluation médicale (Grades A à C) pour prouver la validité et la qualité du travail en philosophie appliquée :

    • Catégorie A : Fortement recommandée, appuyée par de multiples succès empiriques et une littérature solide

    • Catégorie B : Recommandée et acceptée, étayée par des données factuelles et des textes limités

    • Catégorie C : Sujet à validité débattue et consensus restreint

  • Perspectives futures : intégration des écueils pratiques, des questions ouvertes et de conseils pour les jeunes praticiens

  • Remerciements (Acknowledgement) au Professeur David McLellan

5. Bibliographie (References)

  • Liste alphabétique des 42 sources classiques, modernes et contemporaines mobilisées dans l’article (d’Adams à Wolfsdorf)


RÉFÉRENCES

Voici l’intégralité des références bibliographiques officielles listées par Patrizia F. Salvaterra à la fin de son article, présentées de manière claire et scannée selon le texte original :

  • Adams, Tim. « Joan Miró: A life in paintings », in The Observer, London, 2011.

  • Aristotle. Physics, Books I and II, Clarendon Press, Oxford, 1983.

  • Aristotle. Nicomachean Ethics.

  • Barrientos Rastrojo, José. « Experiential Philosophical Practice », in Interdisciplinary Research in Counseling, Ethics and Philosophy, number 1, volume 1, 2021, pp. 38-40.

  • Barrientos Rastrojo, José, Ordóñez García, José. Filosofía aplicada a personas y a grupos, Doss Ediciones, Sevilla, 2009.

  • Boyé, Paul. « The Inhuman Condition: Jean-François Lyotard’s Les Immatériaux and Technological sublime », in Currents Journal, number 1, Melbourne and Perth, 2020.

  • Boucher, Geoff. « The politics of Aesthetics Affect: A reconstruction of Habermas’ Art Theory », in PARRHESIA, number 13, Melbourne and Dundee, 2011, pp. 62-78.

  • Carnap, Rudolf. Introduction to Semantics, Harvard University Press, Cambridge MA, 1942.

  • Codoban, Aurel. « The Communication Background of Philosophical Counselling ».

  • Congregation for the Doctrine of the Faith. « Instruction on Respect for Human Life in its Origin and on the Dignity of procreation: Replies to Certain Questions of the Day », in La Santa Sede, Vatican, Rome, 1987.

  • Ekweariri, Joseph Ibegbulem. « In vitro Fertilization and Artificial Insemination: Ethical Consideration », Dissertations 3716, Loyola eCommons, 1997.

  • Feinberg, Joel, Shafer-Landau, Russ (eds). Reason and Responsibility: Readings in Some Basic Problems of Philosophy, Wadsworth Publishing Company, London, 2016.

  • Frith, Lucy. « Reproductive Technologies: Ethical Debates », in Sandler, Ronald L. (eds): Ethics and Emerging Technologies, Palgrave Macmillan, London, 2014, pp. 63-75.

  • Greimas, Algirdas Julien. Del senso, Luca Sossella Editore, Bologna, 2017.

  • Greimas, Algirdas Julien. De l’imperfection, P. Fanlac, Périgueux, 1987.

  • Habermas, Jürgen. The Theory of Communicative Action, Beacon Press, Boston, 1984.

  • Konstan, David. « Epicurus », in Stanford Encyclopedia of Philosophy, 2005.

  • Louden, Robert B. Kant’s impure ethics: From Rational Beings to Human Beings, Oxford University Press, New York, 2000.

  • Manjali, Franson. « The Body of Sense, the Sense of Body », in Rivista italiana di filosofia del linguaggio, number 2, Arcavacata di Rende, 2010, pp. 95-122.

  • Nancy, Jean-Luc. Corpus, Cronopio, Napoli, 2004.

  • Marinoff, Lou. The big questions: How Philosophy can change your life, Bloomsbury, New York, 2003.

  • Marinoff, Lou, and Ikeda, Daisaku. The inner Philosopher: Conversations on Philosophy’s Transformative Power, Dialogue Path Press, Cambridge MA, 2012.

  • McLellan, David. Karl Marx selected writings, Oxford University Press, Oxford, 2000.

  • Merleau-Ponty, Maurice. Phenomenology of Perception, Routledge, Abingdon, 1962.

  • Nietzsche, Friedrich Wilhelm. Thus Spoke Zarathustra: a Book for Everyone and Nobody, Oxford University Press, Oxford, 2008.

  • Pelgreffi, Igor. « Il corpo-teatro fra Nancy e Derrida », in Perone, Ugo (ed.): Intorno a Jean-Luc Nancy, Rosenberg & Sellier, Torino, 2012, pp. 95-100.

  • Plato. Phaedrus, Cambridge University Press, Cambridge, 2011.

  • Plato. Crito, Bloomsbury Publishing PLC, London, 1999.

  • Plato. Phaedo.

  • Prawer, Siegbert Salomon. Karl Marx e la letteratura mondiale, Bordeaux Edizioni, Roma, 2021.

  • Ray, Larry, Wilkinson, Iain. « Interview with David McLellan July 2018 », Journal of Classical Sociology, number 1, volume 19, Canterbury, 2019, pp. 87-104.

  • Russell, Bertrand. The conquest of happiness, Liveright Publishing Corp., New York, 2013.

  • Russell, Bertrand. What I Believe, Routledge, London, 2013.

  • Salvaterra, Patrizia. « Riconoscimento e oggetto estetico. Nota sulle nozioni di significato e di valeur in Husserl », in Fenomenologia e Scienze dell’Uomo, number 2, volume 1, Milano, 1985, pp. 67-82.

  • Seneca, Lucius Annaeus. On the Shortness of Life (De brevitate vitae), William Heinemann, London, 1932.

  • Seneca, Lucius Annaeus. Moral Letters to Lucilius (Ad Lucilium Epistulae Morales), William Heinemann, London, 1979, vol. 1.

  • Seneca, Lucius Annaeus. On anger (De Ira), Leon Trost Bücher.

  • Tommaso d’Aquino (Thomas Aquinas). Summa Teologica, ESD Edizioni Studio Domenicano, Bologna, 2014.

  • Vernezze, Peter. « Moderation or the Middle Way: Two Approaches to Anger », in Philosophy East and West, number 1, volume 58, Hawaii, 2008, pp. 2-16.

  • Watzlawick, Paul, Beavin Bavelas, Janet, and Jackson, Don De Avila. Pragmatics of Human Communication: A Study of Interactional Patterns, and Paradoxes, W.W. Norton & Company, New York, 1967.

  • Whitehead, Alfred North. Modes of thoughts, MacMillan, New York, 1978.

  • Wolfsdorf, David. Pleasure in Ancient Greek Philosophy, Cambridge University Press, Cambridge, 2013.


Au sujet de l’auteure

Patrizia F. Salvaterra

Patrizia F. Salvaterra est une chercheuse, consultante et praticienne de la philosophie de nationalité italienne, dotée d’une solide expertise clinique et académique. Titulaire d’un doctorat en philosophie de l’Université d’État de Milan (sa ville natale), où elle a obtenu son diplôme summa cum laude en 1984, elle y a exercé pendant plusieurs années les fonctions de chercheuse et de chargée de cours. Ses travaux universitaires initiaux se sont principalement articulés autour de la phénoménologie, de l’esthétique, de l’éthique et de la philosophie de l’histoire, l’amenant à publier d’importantes contributions scientifiques en italien sur des penseurs majeurs tels que G.W.F. Hegel, E. Husserl, J.-F. Lyotard, L. Dumont, ainsi que sur le postmodernisme. Plus récemment, elle a également intégré le corps professoral de l’Université de Vérone de 2016 à 2022 et collaboré avec d’autres institutions universitaires (telles que l’Université Ca’ Foscari de Venise ou l’Université de Brescia).

Parallèlement à son parcours académique, Patrizia F. Salvaterra mène une carrière de journaliste scientifique et médicale, inscrite à la Consiglio Nazionale Ordine dei Giornalisti (Ordre National des Journalistes en Italie). Cette double compétence lui permet de jeter des ponts novateurs entre les exigences conceptuelles de la philosophie et les impératifs pragmatiques de la communication publique. Elle a notamment collaboré à des projets de recherche financés par l’Union européenne, à l’instar de l’initiative Nature4Cities, où elle a apporté un éclairage éthique et philosophique aux problématiques environnementales et d’aménagement urbain durable.

Sur le plan de la praxis, elle est reconnue comme une figure active du mouvement de la philosophie appliquée. Praticienne certifiée depuis 2012 par l’APPA (American Philosophical Practitioners Association), dont elle est membre depuis 2009, elle est également affiliée à PRAGMA (l’association italienne des praticiens de la philosophie) et membre invitée de la PHI (Philosophical Health International), un mouvement international basé en Suède et centré sur la santé philosophique et le soin. Son champ de recherche actuel s’intéresse particulièrement aux liens structurels entre la communication et le dialogue philosophique, explorant comment cette démarche dialogique s’applique concrètement aux défis contemporains que sont la bioéthique, l’éco-philosophie et l’éthique de l’intelligence artificielle.

Vidéo complémentaire d’intérêt académique

Pour approfondir la démarche méthodologique de l’auteure, vous pouvez visionner son intervention lors de la conférence internationale de l’APPA : Présentation de Patrizia F. Salvaterra. Dans cette vidéo, elle propose une synthèse de ses travaux cliniques et discute de l’importance de formaliser un recueil de bonnes pratiques pour les futurs praticiens de la philosophie.


BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

Voici la bibliographie sélectionnée de Patrizia F. Salvaterra mise à jour avec les liens hypertextes vers les revues, les éditeurs ou les index académiques correspondants :

Articles de revues à comité de lecture et contributions académiques

Communications et Actes de Conférences Internationales

Rapports de Recherche et Projets Institutionnels

  • SALVATERRA, Patrizia F. et al. (2019-2021). Contributions éthiques et rapports d’évaluation au sein du projet Nature4Cities (Nature-Based Solutions), financé par le programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne[cite: 1].


EXTRAIT

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RAPPORT DE LECTURE

La formalisation de la consultation philosophique

Données probantes, déontologie et repères empiriques

chez Patrizia F. Salvaterra


Résumé

Cet article propose une analyse exégétique rigoureuse de l’étude de Patrizia F. Salvaterra, « Philosophy as a Best Practice: Towards a Possible Guideline for Philosophical Counselling » (2023). À travers un examen méthodique des deux études de cas réels (l’un qualifié de « bon » et l’autre de « mauvais ») et de l’appareil conceptuel mobilisé par l’auteure, nous mettons en lumière sa tentative d’introduire des critères de scientificité et de validation empirique au sein de la pratique philosophique, tout en préservant la liberté inhérente au dialogue socratique.


1. Introduction et problématique : Le défi de la standardisation en philosophie appliquée

Dans le champ de la philosophie pratique contemporaine, l’évaluation de la qualité des interventions auprès des personnes constitue un point de tension épistémologique majeur. Patrizia F. Salvaterra identifie dès l’introduction une objection récurrente adressée à la profession par les disciplines connexes (notamment la psychologie et la psychiatrie) : l’absence de normes partagées pour attester de la validité et de l’efficacité du travail effectué. Elle formule cette problématique en ces termes :

“As a matter of fact, one frequent objection moved against the application of philosophy as an effective way to help ordinary people in managing everyday life problems is that philosophical counsellors generally refuse to adhere to standards that may prove the quality of their work, and ground its validity.”

Traduction : « En fait, une objection fréquente soulevée contre l’application de la philosophie comme moyen efficace d’aider les gens ordinaires à gérer les problèmes de la vie quotidienne est que les consultants philosophiques refusent généralement d’adhérer à des normes susceptibles de prouver la qualité de leur travail et d’en fonder la validité. »

Pour répondre à ce défi sans tomber dans le piège d’un dogmatisme rigide incompatible avec la pluralité intrinsèque de la philosophie, Salvaterra choisit une approche nuancée. Son objectif n’est pas d’imposer un protocole thérapeutique uniforme, mais d’emprunter des outils méthodologiques et lexicaux au champ médical pour concevoir une ligne directrice souple, indexée sur l’expérience de terrain :

“Therefore, not a one-size-fits-all handbook on philosophical practice, but rather a guideline based on evidences that will end with some recommendations.”

Traduction : « Par conséquent, il ne s’agit pas d’un manuel de pratique philosophique universel, mais plutôt d’une ligne directrice basée sur des données probantes qui se conclura par quelques recommandations. »

2. Le cadre théorique : Le « fil de la pensée » comme horizon dialogique

L’approche de Salvaterra repose sur l’utilisation de la tradition philosophique classique et contemporaine non pas comme un dogme abstrait, mais comme une réserve de « compagnons de route » (travel friends) mobilisables pour éclairer la situation existentielle du consultant. Elle cite à ce titre Alfred North Whitehead pour définir cet horizon :

“The philosophical horizon, « the train of thought » (Whitehead, 1978), within which I find most of the ‘travel friends’ for extending the dialogue with my clients, forms the first part of the article[…]”

Traduction : « L’horizon philosophique, « le fil de la pensée » (Whitehead, 1978), au sein duquel je trouve la plupart des ‘compagnons de route’ pour prolonger le dialogue avec mes clients, constitue la première partie de l’article[…] »

L’auteure dresse une cartographie des grandes questions humaines (la mort, le temps, la morale, la justice, l’esthétique, le langage) en les associant à des figures tutélaires précises (Aristote, Platon, Épicure, Sénèque, Kant, Nietzsche, Habermas, Merleau-Ponty). Elle insiste notamment sur le fait que la consultation philosophique ne cherche pas à fournir des réponses définitives, mais à co-construire des interrogations porteuses de sens :

“Philosophy in practice does not look for clear answers. It mainly aims for a deeper understanding, sometimes a different vision of the world […] and at other times to encourage the experience of the research itself, together with the satisfaction which derives from it.”

Traduction : « La philosophie en pratique ne cherche pas de réponses claires. Elle vise principalement une compréhension plus profonde, parfois une vision différente du monde […] et d’autres fois à encourager l’expérience de la recherche elle-même, ainsi que la satisfaction qui en découle. »

3. Analyse clinique du premier cas : Le conflit familial et la réhabilitation du dialogue

Le cœur empirique de l’article repose sur l’exposition contrastée de deux parcours d’accompagnement. Le premier cas concerne Anna R., une directrice de recherche et développement de 42 ans, confrontée à un conflit conjugal et familial profond concernant un projet de procréation médicalement assistée (fécondation in vitro). Son mari, Piero, manifeste des résistances morales d’inspiration religieuse, qualifiant la démarche d’« innaturelle ». Ce blocage a altéré le dialogue quotidien, l’intimité du couple et a provoqué des manifestations de colère et d’isolement chez leur fille adolescente, Federica.

L’accompagnement mené par Salvaterra s’est étalé sur huit séances et s’est structuré autour de plusieurs axes philosophiques textuels :

A. La temporalité et l’éthique de la décision

Pour analyser le désir d’enfant d’Anna à l’aune du temps qui passe, l’auteure convoque le De Brevitate Vitae de Sénèque pour recadrer l’investissement de l’existence. Pour désamorcer le conflit éthique du conjoint, elle propose une relecture croisée d’Aristote (la nature comme puissance et acte) et de la Somme Théologique de Thomas d’Aquin, démontrant que l’usage de la raison et des technologies médicales visant à pallier l’infertilité n’est pas intrinsèquement opposé à une inclinaison vertueuse ou naturelle.

B. L’incarnation et l’altérité dans la communication

Face à l’isolement de l’adolescente et à l’habitude de la famille de communiquer exclusivement par messages textuels textuels sur smartphone, Salvaterra opère un retour critique à la source socratique via le Phèdre de Platon. Elle rappelle le avertissement de Socrate à l’égard de l’écrit :

“It will implant forgetfulness in their souls. They will cease to exercise memory because they rely on that which is written, calling things to remembrance no longer from within themselves, but by means of external marks”

Traduction : « Cela implantera l’oubli dans leurs âmes. Ils cesseront d’exercer leur mémoire parce qu’ils se fient à ce qui est écrit, ne rappelant plus les choses à leur souvenir de l’intérieur d’eux-mêmes, mais au moyen de marques extérieures »

L’auteure utilise cette référence pour valoriser la co-présence physique et l’écoute globale (verbale et non-verbale), affirmant la primauté éthique et existentielle du face-à-face corporatiste :

“The mere existential fact to be ‘bodily’ together makes the quality of the relationship grow and transform in a more positive way.”

Traduction : « Le simple fait existentiel d’être ‘corporellement’ ensemble fait croître et se transformer la qualité de la relation d’une manière plus positive. »

4. Analyse clinique du second cas : L’échec de l’émancipation vocationnelle

Le second cas, qualifié explicitement de « mauvais cas » (bad case) par l’auteure, concerne Sergio, un étudiant en droit de 21 ans à l’Université de Padoue. Soufrant d’une fatigue chronique inexpliquée sur le plan médical, d’une perte de poids et d’un désinvestissement académique, il consulte Salvaterra de sa propre initiative. Le dialogue philosophique révèle rapidement que son inscription en droit résulte uniquement d’une pression familiale (ses deux parents étant des avocats réputés), alors que sa véritable vocation réside dans la peinture et l’art.

Salvaterra s’appuie sur Sénèque (notamment la Lettre 32 à Lucilius) pour encourager Sergio à persévérer dans son projet personnel et à ne pas fragmenter sa vie sous l’influence de la foule ou des attentes d’autrui. Elle mobilise également la théorie esthétique de Jürgen Habermas pour démontrer que l’art n’est pas irrationnel, mais participe d’une raison communicative et d’une reconnaissance intersubjective essentielle à l’autonomie du sujet.

L’accompagnement s’interrompt cependant brutalement après seulement trois séances. Bien que Sergio ait réussi à formuler ses aspirations devant ses parents, ces derniers rejettent son projet artistique, le qualifiant de « choix professionnel d’un perdant » (professional choice of a loser). Sergio choisit de se conformer à la volonté familiale plutôt que de suivre sa vocation artistique :

“But Sergio did not stick to his passion, and that is why I consider this case ‘a bad one’. In a way, he could not: he did not feel free to cultivate his interest in Art.”

Traduction : « Mais Sergio ne s’est pas tenu à sa passion, et c’est pourquoi je considère ce cas comme ‘un mauvais’. D’une certaine manière, il ne le pouvait pas : il ne se sentait pas libre de cultiver son intérêt pour l’Art. »

L’auteure tire une leçon de cette issue : elle met en évidence la complexité des processus décisionnels et rappelle que, si le conseiller peut aider à clarifier ce qui compte vraiment pour un individu, la responsabilité finale de l’action et de l’émancipation appartient exclusivement au consultant.

5. La taxonomie méthodologique de Salvaterra : Vers des données probantes (Evidences)

La contribution épistémologique majeure de l’article réside dans la proposition de classer les interventions et les techniques de consultation en fonction de leur efficacité vécue et documentée. Salvaterra introduit un système d’évaluation à trois niveaux, directement calqué sur les protocoles d’évaluation scientifique :

                                    [LIGNE DIRECTRICE]
                                            |
         ---------------------------------------------------------------------
        |                                    |                                |
  [CATÉGORIE A]                        [CATÉGORIE B]                    [CATÉGORIE C]
  Fortement recommandée                Recommandée / Acceptée           Consensus limité
  Nombreux cas à succès                Preuves factuelles limitées      Validité débattue
  Littérature & textes d'appui         Littérature restreinte           Questions ouvertes

Elle définit rigoureusement ces trois catégories méthodologiques comme suit :

  • Category A : “strongly recommended for implementation, and supported by numerous successful cases, philosophical texts and studies;”

    Traduction : « fortement recommandée pour la mise en œuvre, et soutenue par de nombreux cas réussis, textes et études philosophiques ; »

  • Category B : “recommended and accepted as a practice, supported by limited evidence and philosophical literature;”

    Traduction : « recommandée et acceptée comme une pratique, soutenue par des preuves limitées et la littérature philosophique ; »

  • Category C : “represents an issue for which limited consensus regarding its validity exists.”

    Traduction : « représente une question pour laquelle il existe un consensus limité concernant sa validité. »

Cette catégorisation a pour but avoué de fournir des repères solides et pragmatiques (un helpful handout) pour les jeunes praticiens et collègues s’engageant dans la profession, afin de sécuriser leur pratique tout en offrant un gage de sérieux déontologique face aux critiques extérieures.

6. Conclusion

L’étude de Patrizia F. Salvaterra démontre que la conceptualisation d’une ligne directrice basée sur des données probantes (guideline based on evidences) est non seulement possible, mais nécessaire à la pérennisation de la consultation philosophique. Sans aliéner la liberté de la recherche socratique ni réduire l’acte philosophique à une technique médicale rigide, elle propose un cadre d’auto-évaluation rigoureux. En confrontant ses succès cliniques (le recadrage éthico-narratif du cas d’Anna) à ses limites empiriques (l’avortement thérapeutique du cas de Sergio), l’auteure pose les jalons d’une déontologie de la responsabilité et d’une scientificité propre aux pratiques philosophiques contemporaines.


ANNEXE 1

Déontologie de la responsabilité et d’une scientificité propre aux pratiques philosophiques contemporaines

Pour répondre avec une stricte rigueur exégétique et coller fidèlement aux données textuelles fournies par Patrizia F. Salvaterra, il convient de préciser que l’expression exacte « déontologie de la responsabilité et d’une scientificité propre aux pratiques philosophiques contemporaines » est une formulation de synthèse synthétisant la conclusion de l’analyse, mais que les fondements réels et textuels de cette démarche se trouvent explicitement matérialisés dans son article.

L’auteure formalise cette articulation entre responsabilité professionnelle (déontologie) et rigueur méthodologique (scientificité) à travers trois piliers concrets du texte :

1. Le refus du dogmatisme et de l’orthodoxie rigide

L’auteure pose comme préalable qu’il n’existe pas de protocole universel en pratique philosophique en raison de la richesse des courants et des contextes culturels. C’est une marque de responsabilité déontologique vis-à-vis de la singularité du consultant :

“…since we all know there is not only ‘one philosophy’, neither only one vision of the world, nor a unique method for philosophical counselling. There are too many geographical, historical, anthropological, linguistic in one word, cultural implications that make the philosophical scenario always complex and multifaceted.”

Traduction : « …puisque nous savons tous qu’il n’y a pas seulement « une philosophie », ni seulement une vision du monde, ni une méthode unique pour la consultation philosophique. Il y a trop d’implications géographiques, historiques, anthropologiques, linguistiques, en un mot, culturelles, qui rendent le scénario philosophique toujours complexe et multiforme. »

2. La réponse à l’objection de l’absence de normes (Le besoin de scientificité)

Salvaterra assume pleinement la responsabilité d’ancrer la validité de sa pratique face aux critiques extérieures, notamment scientifiques et psychologiques, qui accusent les philosophes praticiens de naviguer sans repères vérifiables :

As a matter of fact, one frequent objection moved against the application of philosophy as an effective way to help ordinary people in managing everyday life problems is that philosophical counsellors generally refuse to adhere to standards that may prove the quality of their work, and ground its validity.”

Traduction : « En fait, une objection fréquente soulevée contre l’application de la philosophie comme moyen efficace d’aider les gens ordinaires à gérer les problèmes de la vie quotidienne est que les consultants philosophiques refusent généralement d’adhérer à des normes susceptibles de prouver la qualité de leur travail et d’en fonder la validité. »

3. La création d’une taxonomie basée sur des données probantes

La preuve la plus tangible de cette recherche de scientificité réside dans son système de classification des recommandations (Grades A, B, C). En important ce modèle directement du champ de l’évaluation scientifique (notamment biomédicale), elle introduit une méthode de validation empirique par les faits (evidences) :

  • Catégorie A : Fortement recommandée pour la mise en œuvre, appuyée par de nombreux cas réussis, des textes et des études philosophiques.

  • Catégorie B : Recommandée et acceptée comme pratique, mais soutenue par des preuves et une littérature limitées.

  • Catégorie C : Problématique ou concept pour lequel il existe un consensus limité concernant sa validité.

En associant cette rigueur de classification (scientificité) au partage transparent de ses réussites et de ses échecs (ses décisions cliniques dans le « bon » et le « mauvais » cas), Salvaterra crée précisément les fondations de cette ligne directrice éthique et responsable qu’elle destine aux jeunes générations de praticiens.


ANNEXE II

Comment introduire de la rigueur méthodologique dans une discipline par définition fluide, plurielle et non quantifiable ?

Se contenter de calquer des lettres (A, B, C) sur de la philosophie peut sembler réducteur, voire simpliste. La réalité derrière la démarche de Patrizia F. Salvaterra est en fait beaucoup plus complexe et révèle une véritable tension épistémologique.

Si on creuse au-delà de la simple définition des catégories, on s’aperçoit que l’auteure tente de résoudre un dilemme profond : comment introduire de la rigueur méthodologique dans une discipline par définition fluide, plurielle et non quantifiable ?

Voici ce qui rend sa démarche moins simple qu’il n’y paraît :

1. Le paradoxe de l’« évidence » en philosophie

En médecine, une « donnée probante » (evidence) s’appuie sur des critères biologiques, des statistiques ou des essais cliniques randomisés. En philosophie, l’auteure doit réinventer ce concept. Ses critères de validation reposent sur une double articulation complexe :

  • La validation textuelle : Le concept a-t-il été éprouvé par l’histoire de la philosophie (par exemple, l’efficacité du stoïcisme face à la colère ou au deuil depuis deux millénaires) ?

  • La récurrence empirique : L’outil a-t-il fonctionné de manière répétée dans le secret du cabinet de consultation ?

2. Une taxonomie qualitative et non quantitative

Salvaterra ne cherche pas à mesurer scientifiquement le taux de réussite d’une citation. Sa catégorisation est en fait un outil de gestion du risque déontologique.

  • En Grade A, elle place les approches où le consensus est historique et clinique (ex. le dialogue socratique en face-à-face pour dénouer une confusion).

  • En Grade C, elle isole les zones de danger ou de controverse éthique (comme le fait de pousser un consultant à une rupture radicale avec son milieu, ce qui a causé l’arrêt brutal du cas de Sergio).

3. Un outil de légitimation face aux psychothérapies

L’enjeu caché derrière cette catégorisation est avant tout politique et institutionnel. En Italie (le contexte de l’auteure), l’exercice de la psychologie et de la psychothérapie est strictement réglementé par la loi. Les philosophes praticiens sont constamment accusés d’exercice illégal de la médecine ou de charlatanisme.

Emprunter le lexique médical n’est donc pas une simplification naïve, mais une stratégie de défense et de professionnalisation. C’est une tentative de parler le langage de l’adversaire (les standards, les grades de validité) pour forcer la reconnaissance de la philosophie appliquée comme une discipline rigoureuse, autonome et responsable.

L’auteure navigue ainsi sur une ligne de crête : elle refuse le manuel unique et rigide (« not a one-size-fits-all handbook »), tout en refusant le relativisme absolu où chaque consultant ferait n’importe quoi sans rendre de comptes. C’est ce cadre d’auto-évaluation critique qui fait la spécificité de son texte.

Cette question de la légitimation face aux psychothérapies n’est pas abordée de cette manière dans le texte de l’auteure

Pour répondre avec une absolue rigueur académique et dans le respect strict du texte fourni : cette question n’est pas abordée de cette manière dans le texte de l’auteure.

En analysant le document de Patrizia F. Salvaterra, on constate qu’une partie de ce raisonnement relève d’une interprétation contextuelle extérieure (une surinterprétation par rapport à ce qui est écrit), tandis qu’une autre partie s’appuie bien sur des données textuelles réelles.

Voici la distinction exacte entre ce que dit le texte et ce qu’il ne dit pas :

1. Ce qui n’est PAS dans le texte (Interprétation/Interpolation)

  • La guerre avec les psychothérapeutes : Le texte de l’auteure ne mentionne jamais que les philosophes praticiens sont « accusés d’exercice illégal de la médecine ou de charlatanisme ». Le mot « adversaire » n’apparaît pas.

  • Le contexte légal italien : Bien que l’auteure mentionne être de l’Université de Milan et travailler en Italie, elle ne fait aucune analyse de la réglementation ou des lois italiennes concernant la psychologie.

  • La stratégie de défense politique : Elle ne présente pas l’emprunt du lexique médical comme une « stratégie de défense » politique ou institutionnelle pour lutter contre des disciplines rivales.

2. Ce qui EST explicitement dans le texte (Données textuelles réelles)

  • L’objection sur le manque de standards : L’auteure admet noir sur blanc qu’on reproche souvent à la philosophie pratique son manque de rigueur et le fait que les praticiens refusent des normes permettant de prouver la validité de leur travail :

    “…philosophical counsellors generally refuse to adhere to standards that may prove the quality of their work, and ground its validity.”

  • Le refus du manuel unique : Elle écrit explicitement qu’elle refuse un manuel universel et rigide, car la philosophie est plurielle et culturellement complexe :

    “Therefore, not a one-size-fits-all handbook on philosophical practice, but rather a guideline based on evidences…”

  • Le besoin de reconnaissance professionnelle : Elle indique que son travail vise à aider la profession (notamment les plus jeunes collègues) en fournissant un outil méthodologique utile (helpful handout).

En résumé

L’idée que cette catégorisation sert à éviter le relativisme absolu tout en refusant un cadre rigide est tout à fait fidèle à l’esprit du texte. En revanche, tout l’argumentaire sur « l’enjeu caché », la lutte contre les psychothérapies, la loi italienne et la stratégie politique face à un « adversaire » est une extrapolation qui ne se trouve pas dans le texte de l’auteure. Salvaterra justifie sa démarche uniquement par un souci d’amélioration épistémologique, d’efficacité pour le client et de transmission aux jeunes praticiens.


ANNEXE III

Références au sujet de cette guerre avec les psychothérapeutes en italie

Pour analyser cette tension historique et réglementaire en Italie sans faire d’extrapolations, il faut se tourner vers l’histoire législative italienne et les publications académiques en sociologie des professions ou en philosophie pratique.

En Italie, la confrontation entre les psychologues/psychothérapeutes et les philosophes praticiens est cristallisée par un cadre juridique extrêmement strict, en particulier la Loi Ossicini de 1989, et par des décisions de justice marquantes.

Voici les références et les points de repère documentés sur ce sujet :

1. Le cadre légal au cœur du conflit : La Loi Ossicini

Le point de départ juridique de cette « guerre » de territoire professionnel est la Loi n° 56 du 18 février 1989 (connue sous le nom de Legge Ossicini), qui réglemente la profession de psychologue en Italie.

  • L’article 1 de cette loi définit l’activité du psychologue de manière très large : elle comprend l’utilisation d’outils cognitifs, de conseil (counselling), de prévention, de diagnostic, de réhabilitation et de soutien psychologique.

  • La conséquence : En raison de cette définition englobante, l’Ordre des Psychologues d’Italie (Ordine degli Psicologi) considère régulièrement que toute activité de relation d’aide ou de conseil (y compris le philosophical counselling) relève de sa compétence exclusive. Tout praticien non inscrit à cet ordre s’expose à des poursuites pénales sous le chef d’exercice abusif d’une profession (esercizio abusivo della professione, régi par l’article 348 du Code pénal italien).

2. Jurisprudence et conflits marquants

L’un des épisodes les plus célèbres de cette confrontation est le conflit juridique impliquant des associations de conseillers (counsellors) et de philosophes praticiens face au Ministère du Développement Économique et à l’Ordre des Psychologues :

  • La Loi n° 4 du 14 janvier 2013 : Cette loi a tenté de libéraliser et de reconnaître les « professions non organisées en ordres » (ce qui inclut les conseillers philosophiques).

  • La réaction judiciaire (L’arrêt du Conseil d’État de 2015) : L’Ordre des Psychologues a contesté cette ouverture. Par une décision majeure (Arrêt n° 546/2015), le Conseil d’État italien (Consiglio di Stato) a donné raison aux psychologues en statuant que le counselling, même s’il ne s’adresse pas à des personnes malades, interfère inévitablement avec le soutien psychologique et relève donc de la profession réglementée de psychologue.

3. Références académiques et documentaires à consulter

Pour documenter scientifiquement ce sujet dans votre article, vous pouvez vous référer aux travaux suivants :

  • POLLASTRI, Neri. (2004). Il pensiero saggio. Per una filosofia pratica. Erga Edizioni.

    • Intérêt : L’un des pionniers de la pratique philosophique en Italie (fondateur de la revue Phronesis) y décrit précisément les difficultés d’implantation du métier face au monopole de la psychologie et la nécessité pour les philosophes de définir une méthode purement conceptuelle pour éviter l’accusation d’exercice illégal de la psychothérapie.

  • MARCHESI, Stefano. (2013). « La consulenza filosofica tra legge e territorio », Rivista italiana di counseling, Vol. 1.

    • Intérêt : Cet article examine directement l’impact de la loi de 2013 sur les professions non réglementées et analyse la ligne de démarcation fragile entre l’aide psychologique et le dialogue philosophique dans le contexte italien.

  • ORDINE DEGLI PSICOLOGI DELLA LOMBARDIA. (2018). Tutela della professione e contrasto all’esercizio abusivo. (Rapports officiels de l’Ordre).

    • Intérêt : Ces documents d’archives institutionnels (disponibles sur les sites des ordres régionaux de psychologues en Italie) listent explicitement les signalements et les actions en justice menées contre les praticiens alternatifs, y compris les consultants philosophiques.

  • CURI, Umberto. (2001). « La filosofia come cura », in I linguaggi della cura, Rome : Donzelli.

    • Intérêt : Ce philosophe italien discute de la légitimité historique de la philosophie à revendiquer le concept de « soin » (cura animi), un terme aujourd’hui juridiquement capturé par le corps médical et psychologique en Italie.

Ces éléments expliquent pourquoi une auteure italienne comme Salvaterra ressent le besoin de prouver la « validité » de son travail via des critères structurés : elle évolue dans un écosystème où la frontière de sa pratique est constamment surveillée par l’appareil judiciaire et l’Ordre des psychologues.


HISTORIQUE LÉGISLATIF (ITALIE)

Pour analyser cette tension historique et réglementaire en Italie sans faire d’extrapolations, il faut se tourner vers l’histoire législative italienne et les publications académiques en sociologie des professions ou en philosophie pratique.

En Italie, la confrontation entre les psychologues/psychothérapeutes et les philosophes praticiens est cristallisée par un cadre juridique extrêmement strict, en particulier la Loi Ossicini de 1989, et par des décisions de justice marquantes.

Voici les références et les points de repère documentés sur ce sujet :

1. Le cadre légal au cœur du conflit : La Loi Ossicini

Le point de départ juridique de cette « guerre » de territoire professionnel est la Loi n° 56 du 18 février 1989 (connue sous le nom de Legge Ossicini), qui réglemente la profession de psychologue en Italie.

  • L’article 1 de cette loi définit l’activité du psychologue de manière très large : elle comprend l’utilisation d’outils cognitifs, de conseil (counselling), de prévention, de diagnostic, de réhabilitation et de soutien psychologique.

  • La conséquence : En raison de cette définition englobante, l’Ordre des Psychologues d’Italie (Ordine degli Psicologi) considère régulièrement que toute activité de relation d’aide ou de conseil (y compris le philosophical counselling) relève de sa compétence exclusive. Tout praticien non inscrit à cet ordre s’expose à des poursuites pénales sous le chef d’exercice abusif d’une profession (esercizio abusivo della professione, régi par l’article 348 du Code pénal italien).

2. Jurisprudence et conflits marquants

L’un des épisodes les plus célèbres de cette confrontation est le conflit juridique impliquant des associations de conseillers (counsellors) et de philosophes praticiens face au Ministère du Développement Économique et à l’Ordre des Psychologues :

  • La Loi n° 4 du 14 janvier 2013 : Cette loi a tenté de libéraliser et de reconnaître les « professions non organisées en ordres » (ce qui inclut les conseillers philosophiques).

  • La réaction judiciaire (L’arrêt du Conseil d’État de 2015) : L’Ordre des Psychologues a contesté cette ouverture. Par une décision majeure (Arrêt n° 546/2015), le Conseil d’État italien (Consiglio di Stato) a donné raison aux psychologues en statuant que le counselling, même s’il ne s’adresse pas à des personnes malades, interfère inévitablement avec le soutien psychologique et relève donc de la profession réglementée de psychologue.

3. Références académiques et documentaires à consulter

Pour documenter scientifiquement ce sujet dans votre article, vous pouvez vous référer aux travaux suivants :

  • Pollastri, N. (2004). Il pensiero e la vita. Guida alla consulenza e alle pratiche filosofiche. Apogeo. / Pollastri, N. (2020). Il pensiero e la vita. Guida alla consulenza e alle pratiche filosofiche (2e éd.). Algra. (Ouvrage original publié en 2004).

    • Intérêt : L’un des pionniers de la pratique philosophique en Italie (fondateur de la revue Phronesis) y décrit précisément les difficultés d’implantation du métier face au monopole de la psychologie et la nécessité pour les philosophes de définir une méthode purement conceptuelle pour éviter l’accusation d’exercice illégal de la psychothérapie.

  • MARCHESI, Stefano. (2013). « La consulenza filosofica tra legge e territorio », Rivista italiana di counseling, Vol. 1.

    • Intérêt : Cet article examine directement l’impact de la loi de 2013 sur les professions non réglementées et analyse la ligne de démarcation fragile entre l’aide psychologique et le dialogue philosophique dans le contexte italien.

  • ORDINE DEGLI PSICOLOGI DELLA LOMBARDIA. (2018). Tutela della professione e contrasto all’esercizio abusivo. (Rapports officiels de l’Ordre).

    • Intérêt : Ces documents d’archives institutionnels (disponibles sur les sites des ordres régionaux de psychologues en Italie) listent explicitement les signalements et les actions en justice menées contre les praticiens alternatifs, y compris les consultants philosophiques.

  • CURI, Umberto. (2001). « La filosofia come cura », in I linguaggi della cura, Rome : Donzelli.

    • Intérêt : Ce philosophe italien discute de la légitimité historique de la philosophie à revendiquer le concept de « soin » (cura animi), un terme aujourd’hui juridiquement capturé par le corps médical et psychologique en Italie.

Ces éléments expliquent pourquoi une auteure italienne comme Salvaterra ressent le besoin de prouver la « validité » de son travail via des critères structurés : elle évolue dans un écosystème où la frontière de sa pratique est constamment surveillée par l’appareil judiciaire et l’Ordre des psychologues.

REVUE DE PRESSE

Voici la réponse mise à jour avec l’intégration des liens officiels et des articles de presse cités dans le document pour appuyer chaque dynamique du conflit :

1. La colère des syndicats et des Ordres de psychologues

Dans la presse spécialisée et les grands médias, les collectifs de psychologues publient régulièrement des articles pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une imposture ou un « clonage » de leur profession.

  • La critique du « flou artistique » : Les articles rédigés par les psychologues accusent les écoles de counseling philosophique ou relationnel de jouer sur les mots. Ils estiment que sous couvert de « dialogue », ces professionnels font en réalité de la psychologie clinique sans en avoir le titre. C’est le cas mis en avant par l’Ordre des Psychologues de l’Émilie-Romagne dans leur communiqué Ordine degli Psicologi dell’Emilia-Romagna.

  • La dénonciation de la normalisation : Les Ordres régionaux se sont mobilisés en s’appuyant sur les décisions institutionnelles pour exiger l’arrêt de la reconnaissance de cette figure, comme le détaille l’article de Sanità Informazione ou encore l’analyse de Psichelogia.

2. La défense des philosophes et des écoles de counseling

À l’inverse, dans les revues de presse culturelles ou les plateformes d’orientation, les partisans du counseling et de la philosophie appliquée se défendent vigoureusement en s’appuyant sur la nature d’accompagnement de leur pratique.

  • La distinction nette entre « soin » et « orientation » : Les partisans rappellent que leur discipline s’adresse à des personnes saines vivant des moments de transition. Des plateformes spécialisées décrivent cette confrontation autour des critères d’exercice des professions non réglementées (loi 4/2013), comme on peut le lire sur le portail Orientamento.it.

3. Les interventions ministérielles relayées par la presse

L’impact médiatique de cette rivalité territoriale a été maximal lorsque le ministère de la Santé est intervenu directement pour bloquer les projets de normalisation technique de la profession.

  • Les grands quotidiens nationaux et la presse médicale ont largement relayé cette décision, qualifiée par les associations de counselors d’« attitude corporatiste » de la part des psychologues. Ce point culminant de la discorde est documenté en détail par Il Fatto Quotidiano ainsi que par le journal professionnel Quotidiano Sanità.

C’est précisément ce climat d’insécurité juridique et de tribunes médiatiques croisées qui est résumé de manière critique par Davide Morelli dans sa chronique sur Il Mago di Oz (Magozine), expliquant le besoin de clarification méthodologique chez des auteurs comme Patrizia F. Salvaterra.


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Article # 267 – La philosophie en pratique : où nous en sommes aujourd’hui, où nous pourrions aller / Philosophy in Practice: where we are now, where we could go, Patrizia F. Salvaterra, revue Interdisciplinary Research in Counseling, Ethics and Philosophy, 2023

Interdisciplinary Research in Counseling, Ethics and Philosophy - IRCEP
Interdisciplinary Research in Counseling, Ethics and Philosophy – IRCEP

Philosophy in Practice: where we are now, where we could go

Patrizia F. Salvaterra

Revue Interdisciplinary Research in Counseling, Ethics and Philosophy

(2023, vol. 3, n° 8, p. 1-25)

RÉSUMÉ

Traduction de l’anglais au français par Google Gemini

La première partie de cet article vise à décrire le processus, ainsi que ses différentes étapes, que je suis généralement au cours d’une séance de consultation philosophique (menée tant sur le plan individuel que collectif), tel qu’il s’est développé au fil de mes douze dernières années d’expérience pratique. Un fil conducteur se manifeste dans la relation dialogique établie avec la plupart des consultants ; j’ai tenté de suivre cette trame communicationnelle en mettant en lumière les questions et les problématiques récurrentes. La section « Où nous en sommes aujourd’hui » explore indirectement la possibilité d’élaborer une ligne directrice à l’intention des praticiens de la philosophie, conçue davantage comme un recueil de bonnes pratiques que comme un ensemble rigide de protocoles fondés sur une unique méthode prédéfinie. Il s’agit en quelque sorte d’un livret d’instructions, d’un manuel à visée pédagogique, adressé à nos jeunes collègues qui abordent cette pratique. La seconde partie s’attache à contextualiser brièvement mon expérience personnelle au sein du cadre italien dans lequel je vis et travaille. En ce sens, « Où nous en sommes aujourd’hui » décrit la situation actuelle de la consultation philosophique en Italie à l’appui de données factuelles, faisant ainsi émerger certains points faibles et points forts. Enfin, la dernière partie, qui pose la question ouverte « Où pourrions-nous aller ? », esquisse quelques scénarios possibles au sein desquels la philosophie peut jouer un rôle crucial, tout en contribuant à éveiller la conscience communautaire face à des enjeux urgents et mondiaux, ainsi qu’à renforcer son propre niveau de reconnaissance académique et sociale.

Texte original en anglais – Abstract

The first part of this paper is meant to describe the process, and its different steps, that I generally follow during a philoso- phical counselling session, run both with individuals and groups, as developed in the last twelve years of practical experience. A fill rouge reveals itself in the dialogic relationship with most of the counselees, and I have tried to descend this communicative thread highlighting the recurrent questions and matters. “Where we are now” indirectly explores the possibility of a guideline for philosophical practitioners aimed more as a collection of good practices than as a rigid assembly of protocols based on only one, defined method. A sort of book of instruction, a manual with an educational task, addressed to our younger colleagues who are approaching this practice. The second part tries to briefly contextualise my personal experience within the Italian context where I live and work. “Where we are now”, in this sense, describes the actual situation of Philosophical counselling in Italy with the help of some data, bringing out some weak and strong points. The final part, which poses the open question “Where could we go?”, outlines a few possible scenarios where philosophy can play a crucial role while contributing to raise a community awareness about some urgent and global matters, as well as to boost its own level of recognition.

Source : Central and Eastern European Online Library.


Au sujet de l’auteure

Patrizia F. Salvaterra

Patrizia F. Salvaterra est une chercheuse, consultante et praticienne de la philosophie de nationalité italienne, dotée d’une solide expertise clinique et académique. Titulaire d’un doctorat en philosophie de l’Université d’État de Milan (sa ville natale), où elle a obtenu son diplôme summa cum laude en 1984, elle y a exercé pendant plusieurs années les fonctions de chercheuse et de chargée de cours. Ses travaux universitaires initiaux se sont principalement articulés autour de la phénoménologie, de l’esthétique, de l’éthique et de la philosophie de l’histoire, l’amenant à publier d’importantes contributions scientifiques en italien sur des penseurs majeurs tels que G.W.F. Hegel, E. Husserl, J.-F. Lyotard, L. Dumont, ainsi que sur le postmodernisme. Plus récemment, elle a également intégré le corps professoral de l’Université de Vérone de 2016 à 2022 et collaboré avec d’autres institutions universitaires (telles que l’Université Ca’ Foscari de Venise ou l’Université de Brescia).

Parallèlement à son parcours académique, Patrizia F. Salvaterra mène une carrière de journaliste scientifique et médicale, inscrite à la Consiglio Nazionale Ordine dei Giornalisti (Ordre National des Journalistes en Italie). Cette double compétence lui permet de jeter des ponts novateurs entre les exigences conceptuelles de la philosophie et les impératifs pragmatiques de la communication publique. Elle a notamment collaboré à des projets de recherche financés par l’Union européenne, à l’instar de l’initiative Nature4Cities, où elle a apporté un éclairage éthique et philosophique aux problématiques environnementales et d’aménagement urbain durable.

Sur le plan de la praxis, elle est reconnue comme une figure active du mouvement de la philosophie appliquée. Praticienne certifiée depuis 2012 par l’APPA (American Philosophical Practitioners Association), dont elle est membre depuis 2009, elle est également affiliée à PRAGMA (l’association italienne des praticiens de la philosophie) et membre invitée de la PHI (Philosophical Health International), un mouvement international basé en Suède et centré sur la santé philosophique et le soin. Son champ de recherche actuel s’intéresse particulièrement aux liens structurels entre la communication et le dialogue philosophique, explorant comment cette démarche dialogique s’applique concrètement aux défis contemporains que sont la bioéthique, l’éco-philosophie et l’éthique de l’intelligence artificielle.

Vidéo complémentaire d’intérêt académique

Pour approfondir la démarche méthodologique de l’auteure, vous pouvez visionner son intervention lors de la conférence internationale de l’APPA : Présentation de Patrizia F. Salvaterra. Dans cette vidéo, elle propose une synthèse de ses travaux cliniques et discute de l’importance de formaliser un recueil de bonnes pratiques pour les futurs praticiens de la philosophie.


BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

Voici la bibliographie sélectionnée de Patrizia F. Salvaterra mise à jour avec les liens hypertextes vers les revues, les éditeurs ou les index académiques correspondants :

Articles de revues à comité de lecture et contributions académiques

Communications et Actes de Conférences Internationales

Rapports de Recherche et Projets Institutionnels

  • SALVATERRA, Patrizia F. et al. (2019-2021). Contributions éthiques et rapports d’évaluation au sein du projet Nature4Cities (Nature-Based Solutions), financé par le programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne[cite: 1].


EXTRAIT

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RAPPORT DE LECTURE

La Pratique Philosophique à la Croisée des Chemins : Épistémologie, Méthodologie et Défis Technologiques Contemporains

Introduction

La philosophie, longtemps confinée aux espaces académiques et à l’exégèse textuelle, connaît depuis plusieurs décennies un mouvement de retour à la praxis thérapeutique et existentielle. Dans son article fondateur, « Philosophy in Practice: where we are now, where we could go », la chercheuse Patrizia F. Salvaterra (2023) dresse un bilan rigoureux de cette discipline en pleine mutation, en s’appuyant sur douze années d’expérience clinique et de consultations, tant individuelles que collectives. Cet article se propose d’analyser les contributions de Salvaterra à travers trois axes majeurs : le paradoxe d’une méthodologie « au-delà de la méthode », la réhabilitation de la dimension corporelle et matérielle du consultant, et le rôle crucial du philosophe praticien face à l’avènement de l’Intelligence Artificielle (IA).

I. Le Paradoxe Méthodologique : Contre l’Orthodoxie, pour une Collection de Bonnes Pratiques

L’une des principales critiques adressées à la consultation philosophique concerne son manque perçu de standardisation par rapport à la psychothérapie traditionnelle. Salvaterra aborde de front cette objection en la qualifiant à la fois de stéréotype, de paradoxe et de défi. En s’alignant sur l’épistémologie de Paul Feyerabend et sa critique des règles méthodologiques rigides, elle soutient qu’une orthodoxie stricte n’a pas sa place dans le domaine de la pratique.

Salvaterra rappelle la formule de Gerd Achenbach, pionnier du mouvement, pour qui la consultation doit reposer sur une méthode « au-delà de la méthode » (beyond-method). Elle écrit à ce sujet :

« « Where we are now » indirectly explores the possibility of a guideline for philosophical practitioners aimed more as a collection of good practices than as a rigid assembly of protocols based on only one, defined method. »

[« « Là où nous en sommes aujourd’hui » explore indirectement la possibilité d’une ligne directrice pour les praticiens de la philosophie, conçue davantage comme un recueil de bonnes pratiques que comme un ensemble rigide de protocoles basés sur une seule méthode définie. »]

Cette approche n’est pas un refus de la rigueur, mais une adaptation nécessaire à la complexité anthropologique et culturelle des consultants. Le dialogue socratique y est mobilisé non pas comme un outil dogmatique, mais comme une maïeutique dynamique capable de faire émerger le « philosophe intérieur » du client.

II. Le Corps et l’Action : Au-delà du Logocentrisme Réductionniste

Contrairement à une vision cartésienne purement intellectuelle de la philosophie, la contribution de Salvaterra réside dans sa défense d’un pragmatisme communicationnel qui redonne au corps sa juste place. La consultation philosophique ne se limite pas à un échange de concepts désincarnés. L’auteure insiste sur l’importance de la présence physique, de la posture, du regard et des micro-expressions du client.

Pour débloquer les impasses mentales, Salvaterra préconise de reconnecter le sujet à son environnement par des expériences esthétiques et physiques concrètes. Elle convoque à cet effet de grandes figures historiques qui liaient la pensée au mouvement : l’école péripatéticienne d’Aristote, la marche réflexive de Nietzsche ou les voyages pédestres de Rousseau. Elle affirme :

« An open, argumentative and free-from-prejudice Socratic dialogue which goes gradually in-depth may prove how thoughtful words often help to untangle knots and enlighten the dark corners of our client’s thoughts and beliefs […] being ‘bodily’ together – in the flesh – elevates its efficacy. »

[« Un dialogue socratique ouvert, argumenté et libre de tout préjugé, qui s’approfondit progressivement, peut prouver à quel point des paroles réfléchies aident souvent à démêler les nœuds et à éclairer les zones d’ombre des pensées et des croyances de notre client […] le fait d’être « corporellement » ensemble — en chair et en os — élève son efficacité. »]

Qu’il s’agisse de la pratique d’un sport, de l’art, ou même de la cuisine — en écho à l’affirmation de Feuerbach « nous sommes ce que nous mangeons » —, l’activity manuelle et l’ancrage corporel agissent comme de puissants leviers de restauration de l’estime de soi et de réduction du stress existentiel.

III. Les Nouveaux Horizons de la Pratique : Le Défi de l’Intelligence Artificielle

Dans la section prospective de son travail (« Where could we go? »), Salvaterra élargit le champ d’action du philosophe praticien aux grands débats systémiques mondiaux : le changement climatique, l’immigration, et de manière très pressante, l’essor de l’Intelligence Artificielle. Face à des modèles de langage comme ChatGPT, Bing ou Gemini, la société fait face à un bouleversement anthropologique majeur où les machines simulent parfaitement la production sémantique humaine.

Salvaterra met en garde contre la tentation de substituer un jour le conseiller philosophique humain par une IA distante. Bien que la machine puisse mimer des compétences cognitives exceptionnelles, elle demeure fondamentalement dépourvue d’un élément essentiel : l’incarnation. Salvaterra souligne cette rupture ontologique :

« But what cannot an AI do? Maybe it can seem human, but it is not, it is artificial. It cannot feel emotions, neither experience pleasure and wonder, or anger, or love, nor suffer or being hurt […] But, above all, an AI has no body no blood, no veins, no flesh, no elan vital: an AI is No-body. »

[« Mais qu’est-ce qu’une IA ne peut pas faire ? Elle peut sembler humaine, mais elle ne l’est pas, elle est artificielle. Elle ne peut pas ressentir d’émotions, ni éprouver de plaisir et d’émerveillement, ou de la colère, ou de l’amour, ni souffrir ou être blessée […] Mais, par-dessus tout, une IA n’a pas de corps, pas de sang, pas de veines, pas de chair, pas d’élan vital : une IA est un « non-corps » / personne (No-body). »]

L’IA est définie comme une « super-intelligence sans raison ». Face à l’accélération technologique théorisée par Hartmut Rosa, le rôle des philosophes praticiens devient donc crucial. Ils doivent agir comme des régulateurs de vitesse, des facilitateurs de recul critique, travaillant de concert avec les scientifiques et les décideurs politiques pour guider la gouvernance éthique de ces outils.

Conclusion

Le travail de Patrizia F. Salvaterra démontre avec force que la philosophie pratique a brillamment redécouvert son rôle thérapeutique et politique au sein de la communauté internationale. En refusant le carcan des protocoles rigides tout en maintenant une exigence clinique élevée, la discipline offre une boussole essentielle à l’individu contemporain désorienté par la vitesse et la virtualisation du monde. Le défi de demain consistera à unifier les différentes initiatives locales (notamment dans le contexte italien en pleine structuration) pour atteindre une masse critique capable d’influencer durablement les politiques publiques et éthiques globales.

Notices Bibliographiques et Références

Référence Principale (Objet de l’analyse)

  • SALVATERRA, Patrizia F. (2023). « Philosophy in Practice: where we are now, where we could go ». Interdisciplinary Research in Counseling, Ethics and Philosophy (IRCEP), vol. 3, issue 8, pp. 1-25. ISSN: 2783-9435. Publié par : Asociatia Practicienilor in Consiliere, Filosofie si Etic?.

Références Complémentaires (Citées par Salvaterra et mobilisées dans l’analyse)


LES POINTS ESSENTIELS

Dans cet article, Patrizia F. Salvaterra formule plusieurs arguments essentiels structurés autour du bilan actuel et des perspectives de la consultation philosophique :

  • Un cadre méthodologique souple (une méthode « au-delà de la méthode ») : L’auteure s’oppose à la mise en place de protocoles cliniques ou scientifiques rigides, s’appuyant sur l’épistémologie de Paul Feyerabend pour affirmer qu’il n’y a pas de place pour une orthodoxie stricte en philosophie. Elle envisage plutôt la création d’une ligne directrice conçue comme un recueil de « bonnes pratiques » destiné à guider les jeunes praticiens (PHILOSOPHY AS A BEST PRACTICE: TOWARDS A POSSIBLE GUIDELINE FOR  PHILOSOPHICAL COUNSELLING).

« (…) s’appuyant sur l’épistémologie de Paul Feyerabend (…)

Note d’analyse : Pour documenter l’appui de l’auteure sur l’épistémologie de Paul Feyerabend afin de contester l’orthodoxie méthodologique et les protocoles rigides au profit de l’intuition et de la pluralité des approches, voici les références web et académiques incontournables :

1. L’œuvre de référence de Paul Feyerabend : Contre la méthode (1975)

Le concept central mobilisé par Salvaterra (le refus d’une règle méthodologique unique et l’idée que les chercheurs et praticiens doivent enfreindre les règles établies pour ouvrir de nouvelles perspectives, comme le fit Galilée) provient du livre majeur de Feyerabend, Against Method.

2. L’application de Feyerabend à la pratique philosophique par Salvaterra

  • La place fondamentale du corps et de la présence physique : Salvaterra insiste sur le fait que la consultation philosophique ne se limite pas à un échange abstrait de concepts ou de mots. Le conseiller doit être activement à l’écoute du corps du client (posture, regard, tensions). Le fait d’être réunis « en chair et en os » (in the flesh) élève considérablement l’efficacité de la séance par rapport aux consultations à distance.

  • La reconnexion à la matière et à l’action concrète : Pour répondre aux besoins fondamentaux du client (besoin de sens, de reconnaissance, de narration), elle préconise des leviers pragmatiques et existentiels hors du cabinet : vivre des expériences esthétiques à travers l’art, marcher dans la nature (à l’image des péripatéticiens), pratiquer un sport, ou même cuisiner. L’utilisation des mains et l’engagement du corps permettent de réduire l’anxiété et de restaurer l’estime de soi.

  • Un état des lieux critique du contexte italien : Elle décrit le panorama de la discipline en Italie comme un « travail en cours ». Bien que le nombre d’associations, de masters universitaires et de revues spécialisées soit en forte croissance, la pratique souffre d’un excès de théorisation et d’un manque de cohésion. Les différentes associations ont tendance à vouloir affirmer leur unicité plutôt qu’à s’unir pour obtenir une véritable masse critique et une reconnaissance académique globale.

  • Le rôle crucial du philosophe face à l’Intelligence Artificielle (IA) : Dans sa réflexion prospective, elle aborde l’IA comme une « intelligence sans raison » capable de mimer parfaitement le langage humain. L’auteure met en garde contre le risque de voir des IA remplacer les conseillers humains et rappelle une rupture ontologique majeure : l’IA n’a pas d’émotions, pas de conscience, et surtout, elle n’a pas de corps (AI is No-body). Le praticien de la philosophie doit donc aider la communauté à ralentir le rythme imposé par l’accélération technologique pour penser ces outils de manière éthique et critique.


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Article # 91 – L’approche interrogative et l’approche conversationnelle dans la pratique philosophique

Image par Peggy und Marco Lachmann-Anke de Pixabay
Image par Peggy und Marco Lachmann-Anke de Pixabay

Dans un article intitulé « Se retirer du jeu » et publié sur son site web Dialogon, le philosophe praticien Jérôme Lecoq, témoigne des « résistances simultanées » qu’il rencontre lors de ses ateliers, « surtout dans les équipes en entreprise ».

L’animation d’un atelier de “pratique philosophique” implique que chacun puisse se « retirer de soi-même », i.e. abandonner toute volonté d’avoir raison, d’en imposer aux autres, de convaincre ou persuader autrui, ou même de se “faire valider” par les autres. Vous avez une valeur a priori donc il n’est pas nécessaire de l’obtenir d’autrui.

LECOQ, Jérôme, Se retirer du jeu, Dialogon, mai 2024.

Jérôme Lecoq a adopté l’approche interrogative par opposition à l’approche conversationnelle. Inspiré du dialogue socratique  (maïeutique), l’approche interrogative confronte les participants à l’atelier sommés de répondre aux questions de l’animateur. Il s’agit alors, plus souvent qu’autrement, de questions fermées à répondre par un « oui » ou « non ». De plus, l’animateur ne permet pas aux participants de se lancer dans de longues justifications de leur réponse, surtout pas d’en appeler à leur passé. Enfin, l’animateur réprime les émotions des participants.

Cette approche frontale ne peut qu’agacer certains des participants, tout autant que ceux de Socrate lui-même. Un tel interrogative pousse l’ego à réagir, éveille les mécanismes de défense du participant voire le blesse. Mais il n’est pas question de laisser une quelconque place à une conversation sur les états d’âme des participants. Il faut les mettre au pas.

Parfois il arrive même, surtout dans les équipes en entreprise, que je me trouve face à plusieurs résistances simultanées. Il faut alors que je puisse moi-même me retirer du jeu, de l’équation, puisque c’est sur ma personne que se cristallisent les agressivités. Alors je renverse la situation : je m’arrête et je propose à la personne en question, sans bluffer, de venir prendre ma place et de faire l’atelier à ma place.

LECOQ, Jérôme, Se retirer du jeu, Dialogon, mai 2024.

Cette réaction primaire de l’animateur répond au manque de discipline par un manque de respect.

Si l’animateur en est rendu là, c’est que quelque chose ne va pas dans la mise en branle de son approche, dans la préparation des participants à son atelier. Si l’animateur doit prendre autorité en chemin, c’est qu’il ne l’a pas établie dès le départ. Soit il n’a pas bien fait comprendre les rôles de chacun en ouverture de séance, soit il a sauter cette étape cruciale. Il est également possible que son introduction théorique ne corresponde pas à la pratique en cours de séance.

La responsabilité de cet échec forçant un retrait du jeu incombe à la fois à l’animateur et aux participants indisciplinés. Dans un cas comme dans l’autre, la personnalité de l’un et l’autre joue inévitablement un rôle de premier plan.

Nous avons le choix entre quatre types de personnalité, chacun ayant chacun son style interpersonnel : le fonceur, l’analytique, l’aimable et l’expressif.


Référence : Ce tableau provient des Notes du cours remises en 1992 par la professeure Lise Jobin aux participants du cours Tirer votre épingle du jeu pour la création ou l'expansion de votre entreprise, Centre de création et d'expansion d'entreprises (C.C.E.E.), Collège de Limoilou, juin 1992. Cependant, on trouve un tableau similaire en 2004 dans le livre The social styles handbook : find your comfort zone and make people feel comfortable with you préfacé par Larry Wilson et proposé par sa firme Wilson Learning. Il y a une incohérence dans les années puisque l'une est datée de 1992 et l'autre de 2004, soit 12 ans d'écart. À force de chercher, j'ai trouvé la source originelle de ces styles interpersonnels : le livre Personal styles and effective performance make your style work for you par David W. Merrill et Roger H Reid paru chez Tracom Corporation en 1981. Si on fouille encore plus loin, la recherche initiale au sujet de styles interpersonnels remonte jusqu'aux travaux de Dr. James W. Taylor au début des années 1960. Aujourd'hui, on trouve des tableaux similaires des styles interpersonnels avec différentes variables chez plusieurs firmes de management.
Référence : Ce tableau provient des Notes du cours remises en 1992 par la professeure Lise Jobin aux participants du cours Tirer votre épingle du jeu pour la création ou l’expansion de votre entreprise, Centre de création et d’expansion d’entreprises (C.C.E.E.), Collège de Limoilou, juin 1992. Cependant, on trouve un tableau similaire en 2004 dans le livre The social styles handbook : find your comfort zone and make people feel comfortable with you préfacé par Larry Wilson et proposé par sa firme Wilson Learning. Il y a une incohérence dans les années puisque l’une est datée de 1992 et l’autre de 2004, soit 12 ans d’écart. À force de chercher, j’ai trouvé la source originelle de ces styles interpersonnels : le livre Personal styles and effective performance make your style work for you par David W. Merrill et Roger H Reid paru chez Tracom Corporation en 1981. Si on fouille encore plus loin, la recherche initiale au sujet de styles interpersonnels remonte jusqu’aux travaux de Dr. James W. Taylor au début des années 1960. Aujourd’hui, on trouve des tableaux similaires des styles interpersonnels avec différentes variables chez plusieurs firmes de management.

On peut éliminer le style interpersonnel de l’AIMABLE en raison de ses limites :

  • Action lente;
  • Manque d’affirmation et d’assurance;
  • Évite les conflits;
  • Peur de prendre des risques;
  • Personne très émotive.

Ce n’est donc pas lui qui va se lancer dans une confrontation.

Puis le style interpersonnel de l’ANALYTIQUE, toujours en raison de ses limites :

  • Prise de décision personnelle très difficile;
  • Personne ne pouvant être stimulée pour agir rapidement;
  • Comportement peu affirmatif et peu émotif;
  • Recueille des informations nécessaires et n’écoute plus par la suite.

L’analytique ayant besoin de beaucoup d’information, il ne sera pas stimulé par une confrontation.

Il ne nous reste que deux styles interpersonnels : l’EXPRESSIF et le FONCEUR

Les limites de l’expressif :

  • Réflexion très difficile;
  • Change fréquemment d’idées;
  • Néglige de vérifier sa compréhension avant d’agir;
  • Personne susceptible et impulsive;
  • Besoin constant d’activités stimulantes et de rétroaction.

Les limites du fonceur :

  • Écoute très difficile;
  • Tendance à l’impatience;
  • Peu susceptible de demander des informations supplémentaires pour clarifier un sujet;
  • S’arrête peu à la compréhension des attitudes et des émotions des autres.

Le style expressif répondra à chaque question avec créativité en livrant avec empressement une foule d’idées.

Le style fonceur… fonce dans le tas. Et si cela ne suffit pas, il menace de se retirer du jeu pour y revenir encore plus fort.

L’approche interrogative ne peut être le fait que d’un fonceur. Quand à l’indiscipline d’un participant, elle relève soit de l’expressif, soit du fonceur.


Respect

Peu importe le style interpersonnel de l’animateur et de chacun des participants, un seul mot s’impose : RESPECT. On ne peut pas répondre au manque de respect par un manque de respect. Menacer de se retirer du jeu est un manque de respect envers soi-même et envers les autres.


Jérôme Lecoq fait de « cette « procédure » » un conseil pour « “tenir la position”  » :

J’invite tous les managers qui animent des réunions à tester ce petit « truc » du : “OK vas-y fais la réunion à ma place”, ou à m’inviter pour que je vienne faire un atelier dans leur équipe.

LECOQ, Jérôme, Se retirer du jeu, Dialogon, mai 2024.

Un tel conseil forcera l’indiscipliné à rentrer dans le rang mais la brutalité de cette procédure l’humiliera et, par conséquent, ne le disposera pas d’emblée à la réflexion en objectif de l’atelier.


Je me demande aussi pourquoi le philosophe praticien écrit et publie un tel témoignage sur son site web et le réseau LinkedIn. À l’évidence, il souhaite démontrer par ce billet son savoir-faire face à l’indiscipline lors de ses ateliers. Ce texte étant accessible à tous, il désire peut-être aussi prévenir les futurs participants indisciplinés à ses ateliers.

Ce témoignage laisse clairement paraître que le philosophe praticien fut contrarié par ce participant indiscipliné. C’est parce que le participant refuse de répondre aux questions du philosophe praticien que ce dernier est contrarié. Et il l’est suffisamment pour en témoigner publiquement.

Le philosophe praticien explique son retrait du jeu au participant indiscipliné en ces mots :

« (…) Voyez-vous, cela n’en a pas l’air, mais c’est un travail de faire penser les gens, et pour cela je leur pose des questions parce que j’ai vu un problème dans leur discours ou leur attitude. Si les gens ne veulent pas répondre, mon travail n’a plus aucun sens. C’est pourquoi je vous demande de bien vouloir venir à ma place et de continuer l’atelier parce que manifestement vous connaissez une méthode qui marche mieux que la mienne.”

LECOQ, Jérôme, Se retirer du jeu, Dialogon, mai 2024.


Méthodes

Nous voici au cœur du développement de cet article avec la référence à « (…) une méthode qui marche mieux que la mienne ». Nous l’avons souligné ci-dessus, la méthode du philosophe praticien Jérôme Lecoq est liée à l’approche interrogative. Philosophie oblige : il faut douter de cette approche, la remettre en question, la comparer avec d’autres méthodes. La réplique du participant indiscipliné aurait pu être : « Est-ce que vous-même vous connaissez une meilleure méthode que la vôtre et pourquoi avez-vous retenu celle que vous pratiquez ? »

Le doute inspirera d’autres questions :

  • L’approche interrogative est-elle la seule méthode en philosophie pratique ?
  • Est-ce que le recours à l’approche interrogative peut devenir dogmatique ?
  • L’approche interrogative est-elle la meilleure méthode et pourquoi ?
  • L’approche interrogative s’applique-t-elle à tous les participants compte tenu de leur diversité culturelle ?
  • Etc.

Il y a plusieurs approches en philosophie pratique. Voici la liste des méthodes brièvement présentées ci-dessous :

  • La méthode Achenbach (méthode au-delà de la méthode)
    • Achenbach’s method (beyond-method method)
  • La philosophie comme mode de vie
    • Philosophy as a Way of Life
  • La méthode psycho-philosophique
    • Psycho-philosophical method
  • Faire appel aux philosophes
    • Calling on philosophers
  • La méthode de prise de décision en deux étapes
    • Two-stage decision-making method
  • La méthode des six étapes de la relation
    • Six-stage relationship method
  • Méthode de groupe
    • Group method
  • Le dialogue socratique
    • Socratic dialogue
  • Méthodes fondées sur la logique
    • Logic-based methods
  • La méthode PEACE
    • PEACE method
  • Méthode MEANS
    • MEANS method
  • La méthode Amir
    • Amir method
  • Approche appréciative
    • Appreciative approach
  • La méditation philosophique comme méthode de conseil
    • Philosophical meditation as a counseling method

2. Analyse documentaire : les méthodes de conseil philosophique

Nous partirons de l’hypothèse que la résolution d’un problème (quel qu’il soit) nécessite une méthode spécifique, c’est-à-dire une manière de formuler une solution. Par conséquent, dès les premières tentatives dans le domaine de la consultation philosophique, plusieurs méthodes ont émergé, aidant les philosophes en exercice à résoudre les problèmes de leurs clients. Étant donné que le domaine de la consultation philosophique est plutôt caractérisé par la transdisciplinarité, dans le sens où il emprunte, dans une certaine mesure, des approches, des méthodes et des techniques à d’autres types de consultation, on sait que les théoriciens de ce domaine ont donné au conseiller philosophique la liberté de résoudre le ou les problèmes de ses clients par les meilleures méthodes (à leur propre discrétion) susceptibles de leur apporter une solution optimale. Il est également important de mentionner que nous pouvons faire la distinction entre les approches, les méthodes et les techniques de résolution des problèmes. C’est pourquoi nous nous concentrons d’abord sur quelques méthodes examinées par Raabe (1999), puis nous complétons sa liste avec quelques méthodes conçues au cours des deux dernières décennies. En outre, nous discuterons de ces méthodes dans une perspective herméneutique et critique, afin de pouvoir présenter, à la fin de cette section, la nouvelle méthode qui fait l’objet de la présente recherche.

2. Literature review: methods in philosophical counseling

We will start from the hypothesis that solving a problem (of any kind) requires a specific method, i.e. a way to formulate a solution. Therefore, from the first attempts in the field of philosophical counseling, several methods have emerged, helpful to practicing philosophers to solve clients’ problems. Because the field of philosophical counseling is rather characterized by transdisciplinarity, in the sense that it borrows, to some extent, approaches, methods and techniques from other types of counseling, it is known that theorists in this field have given the philosophical counselor the freedom to solve the clients’ problem or problems through the best methods (at their own discretion) that could provide an optimal solution to them. It is also important to mention that we can distinguish between approaches, methods and techniques for solving problems. Therefore, we first focus on a few methods discussed by Raabe (1999), and then complete his list with some methods that have been designed in the last two decades. Moreover, we will discuss these methods from a hermeneutical and critical perspective, in order to be able to introduce, at the end of this section, the new method that is the subject of the present research.

La méthode Achenbach (méthode au-delà de la méthode)

Gerd Achenbach est considéré comme le fondateur de la consultation philosophique depuis 1981, date à laquelle il a ouvert le premier cabinet consacré à ce type de consultation (Achenbach, 1984). Ainsi, dans la pratique proposée aux clients, la méthode de conseil qu’il utilise a été appelée par Shlomit Schuster (1993) méthode au-delà de la méthode, car le philosophe allemand considère que le processus de conseil implique une variété de méthodes afin d’améliorer la vie des clients (Achenbach, 1996). En d’autres termes, pour Achenbach, la résolution des problèmes liés à la consultation philosophique ne se limite pas à la pensée d’un seul philosophe, mais le conseiller doit prendre en compte tout ce que la philosophie signifie afin d’aider le client (Schuster, 1996a). C’est donc la méthode proposée par Achenbach qui ouvre le champ d’expertise de la consultation philosophique (Schuster, 1995).

De plus, dans cette méthode, Raabe (1999) trouve qu’il serait nécessaire d’appliquer quatre règles : 1) le conseiller philosophique doit s’adapter aux problèmes du client ; 2) le conseiller philosophique aide le client, en premier lieu, à comprendre la ou les causes du malaise ressenti ; 3) le conseiller ne doit pas abandonner le client jusqu’à ce que les problèmes du client soient résolus ; et 4) le conseiller philosophique doit aider le client à élargir l’horizon de sa vie (celle du client).

Achenbach’s method (beyond-method method)

Gerd Achenbach is considered to be the founder of philosophical counseling since 1981, when he opened the first cabinet dedicated to this type of counseling (Achenbach, 1984). Thus, in the practice offered to clients, the method of counseling used by him was called by Shlomit Schuster (1993) beyond-method method, as the German philosopher considers that the counseling process involves a variety of methods in order to improve the life of clients (Achenbach, 1996). In other words, for Achenbach, solving problems related to philosophical counseling is not limited to the thinking of a single philosopher, but the counselor must consider everything that philosophy means in order to help the client (Schuster, 1996a). As such, this is the method proposed by Achenbach that opens the field of expertise in philosophical counseling (Schuster, 1995).

Moreover, in this method, Raabe (1999) finds that it would be necessary to apply four rules: 1) the philosophical counselor must adapt to the client’s problems; 2) the philosophical counselor helps the client, first of all, to understand the cause(s) of the discomfort felt; 3) the counselor should not abandon the client until the client’s problems are resolved; and 4) the philosophical counselor must help the client to broaden the horizon of his / her (the client’s) life.

La philosophie comme mode de vie

Inspirés par les travaux de Pierre Hadot (1999), comme le souligne Raabe (1999), certains philosophes ont repensé la possibilité de faire de la philosophie un mode de vie – comme la philosophie était considérée par les anciens. (…)

Philosophy as a Way of Life

Inspired by the work of Pierre Hadot (1999), as Raabe (1999) points out, some philosophers rethought the possibility of philosophy as a way of life – as philosophy was considered for the ancients. (…)

La méthode psycho-philosophique

Cette méthode rassemble des idées issues de la psychologie, de la psychothérapie et de la philosophie (Cohen, 2004) qui sont utiles au conseiller philosophique dans la pratique. (…)

Psycho-philosophical method

This method brings together ideas from psychology, psychotherapy and philosophy (Cohen, 2004) which are useful to a philosophical counselor in practice. (…)

Faire appel aux philosophes

Contrairement à l’opinion d’Achenbach, certains philosophes praticiens parlent de l’utilisation individuelle de la pensée des philosophes dans la pratique philosophique. (…)

Calling on philosophers

Contrary to Achenbach’s view, some practicing philosophers speak of the individual use of philosophers’ thinking in philosophical practice. (…)

La méthode de prise de décision en deux étapes

Il s’agit d’une méthode proposée par Marinoff (1995) et qui vise à résoudre les problèmes de conseil éthique qui prévalent dans le champ d’expertise des philosophes praticiens depuis les années 1990 (Cozma, 2021). Cette méthode se déroule en deux étapes et vise à lever la paralysie décisionnelle. Dans un premier temps, le conseiller aide le client à clarifier les options possibles, tout en discutant des résultats qui seraient obtenus dans chaque cas. La deuxième étape consiste à proposer d’autres possibilités pour résoudre le(s) problème(s) du client. (…)

Two-stage decision-making method

This is a method proposed by Marinoff (1995) and aims to solve the problems of ethical counseling, which has prevailed in the field of expertise of practicing philosophers since the 1990s (Cozma, 2021). This method is done in two steps and aims to remove decision paralysis. The first step is for the counselor to help the client clarify the possible options, while also discussing the results that would be obtained in each case. The second step is to propose other possibilities to solve the client’s problem(s). (…)

La méthode des six étapes de la relation

Il s’agit d’une méthode proposée par Annette Prins-Bakker (1995) qui vise manifestement à résoudre les problèmes philosophiques qui peuvent survenir dans un couple. (…)

Six-stage relationship method

It is a method proposed by Annette Prins-Bakker (1995) and obviously aims to solve philosophical problems that may arise in a couple. (…)

Méthode de groupe

Cette méthode est destinée à la consultation de groupe ; par exemple, lorsqu’un conseiller philosophique est appelé à discuter avec les membres d’une société, d’une organisation, etc. Elle consiste à aider ces membres à conceptualiser les problèmes et, en outre, à améliorer leur vie en écoutant leurs collègues. En d’autres termes, il s’agit d’élargir la vision du monde, comme l’observe Ruschmann (1998). Raabe (1999) affirme que grâce à cela, les clients en viennent à examiner l’adéquation de leur conception du monde, ce qui peut modifier leur comportement quotidien (au sein de l’organisation / de l’entreprise, etc.). (…)

Group method

This method is intended for group counseling; for example, when a philosophical counselor is asked to discuss with members of a corporation, organization, etc.. It consists of helping these members to conceptualize problems and, moreover, to improve their lives by listening to their colleagues. In other words, it is about broadening the worldview, as Ruschmann (1998) observes. Raabe (1999) states that through this, the clients come to examine the adequacy of their conception of the world, which can change their daily behavior (within the organization / corporation etc.). (…)

Le dialogue socratique

Outre la référence claire aux dialogues de Platon, cette méthode est discutée et attribuée à Leonard Nelson (1949), qui a également proposé quelques règles utiles pour la pratique philosophique, même si ces règles sont apparues bien plus tard dans le domaine du conseil. Par exemple, le conseiller philosophique qui utilise le dialogue socratique proposé par Nelson pose une question aux participants et exige d’eux des réponses pertinentes avec des exemples de situations dans leur vie où ils ont vécu une telle chose. Après avoir écouté leurs réponses, le conseiller choisit un cas d’événement exemplaire à discuter ensemble (Raabe, 1999 ; Farnsworth, 2021). En d’autres termes, dans un tel cas, le rôle du conseiller philosophique est de modérer une discussion sur un sujet qu’il a lui-même défini. (…)

Socratic dialogue

In addition to the clear reference to Plato’s dialogues, this method is discussed and attributed to Leonard Nelson (1949), who also proposed some useful rules for philosophical practice, even though these rules came into this field of counseling much later. For example, the philosophical counselor who uses the Socratic dialogue proposed by Nelson asks a question to the participants and requires from them relevant answers with examples of situations in their lives when they have experienced such a thing. After listening to their answers, the counselor chooses a case of an exemplary event to discuss together (Raabe, 1999; Farnsworth, 2021). In other words, in such a case, the role of the philosophical counselor is to moderate a discussion on a topic established by him. (…)

Méthodes fondées sur la logique

Il existe également des méthodes basées sur la pensée logique ou critique, parfois sans distinction claire entre ces deux types de pensée. L’idée sous-jacente à ces méthodes est que les déclarations du client peuvent être analysées logiquement (Cohen, 1995). Le rôle du conseiller philosophique qui utilise cette méthode est de rechercher avec le client les éventuelles erreurs logiques insérées dans le raisonnement de ce dernier. Là encore, l’idée est très simple : tant que le client commet des erreurs logiques lorsqu’il exprime ses idées, son système d’hypothèses, de préjugés et de croyances en pâtit, car il est basé sur des syllogismes non valides. Le conseiller philosophique doit donc détecter ces syllogismes et les reformuler afin que le système philosophique du client soit logiquement correct (Cohen, 1995). (…)

Logic-based methods

There are also methods based on logical or critical thinking, sometimes there is no clear distinction between these two types of thinking. The idea behind these methods is that the client’s statements can be analyzed logically (Cohen, 1995). The role of the philosophical counselor who uses this method is to investigate together with the client the possible logical errors inserted in the reasoning of the latter. Again, the idea is very simple, as long as the client makes logical mistakes when expressing his / her ideas, his / her system of assumptions, prejudices, beliefs suffers, as they are based on some invalid syllogisms. As such, the philosophical counselor must detect these syllogisms and reformulate them so that the client’s philosophical system is logically correct (Cohen, 1995). (…)

La méthode PEACE

Cette méthode est l’une des plus connues dans le domaine du conseil philosophique. Proposée par Lou Marinoff (2014), il s’agit d’une méthode progressive en cinq étapes. Ainsi, ses étapes sont : le problème, l’émotion, l’analyse, la contemplation et l’équilibre. En bref, si un conseiller applique cette méthode pour résoudre le(s) problème(s) de son client, l’objectif est d’atteindre un « équilibre » avec le sens du bien-être dans la vie. Par conséquent, le problème auquel le client est confronté doit d’abord être identifié, puis les émotions liées au problème sont détectées, suivies de l’étape au cours de laquelle ces émotions sont analysées et réfléchies – le client est invité à philosopher avec le conseiller. Frunz? (2018), un conseiller philosophique roumain, estime que cette méthode est efficace pour de nombreuses formes de pratique philosophique, mais aussi pour le conseil personnel ou la thérapie philosophique. (…)

PEACE method

This method is one of the best known methods in the field of philosophical counseling. It was proposed by Lou Marinoff (2014) and is a progressive five-step method. Thus, its stages are: problem, emotion, analysis, contemplation and equilibrium. In short, if a counselor applies this method to solve the client’s problem (s), then the objective is to achieve “equilibrium” with the meaning of well-being in life. Therefore, the problem that the client is facing must first be identified, then the emotions related to the problem are detected, followed by the stage in which these emotions are analyzed and reflected – the client is asked to philosophize with the counselor. Frunz? (2018), a Romanian philosophical counselor, finds that this method is effective for many forms of philosophical practice, but also for personal counseling or philosophical therapy. (…)

Méthode MEANS

La méthode MEANS est une autre méthode proposée par Marinoff (2003). MEANS est un acronyme qui représente en fait les étapes de la méthode. Il s’agit des étapes suivantes : Moments de vérité, Attentes, Attachements, Émotions négatives et Choix sagaces (Marinoff, 2003, p. 320). Le philosophe praticien pense que cette méthode aidera le client à s’inspecter philosophiquement et, en outre, à clarifier ce que nous pourrions appeler sa propre philosophie de la vie. (…)

MEANS method

The MEANS method is another method proposed by Marinoff (2003). MEANS is an acronym and represents, in fact, the stages of the method. These are: Moments of truth, Expectations, Attachments, Negative emotions, and Sagacious choices (Marinoff, 2003, p. 320). The practicing philosopher believes that this method will help the client to inspect himself philosophically and, moreover, to clarify what we might call his or her own philosophy of life. (…)

La méthode Amir

Partant du principe que la consultation philosophique vise à dissiper la confusion du client sur certains aspects de la vie (Iftode, 2010), Amir (2003) propose une méthode en plusieurs étapes. Le point de départ ou la première étape consiste à poser une question sur le problème du client ; le processus de conseil commence alors. Des réponses alternatives à cette question sont fournies et, après les avoir mises en évidence, la troisième étape de la méthode commence, c’est-à-dire l’évaluation critique des réponses. Sur la base de cette évaluation, une autre question est posée et le processus reprend. Il est important que cette séquence de questions soit correcte par rapport au niveau d’abstraction du client (Amir, 2003). (…)

Amir method

Assuming that philosophical counseling aims to remove the client’s confusion about some aspects of life (Iftode, 2010), Amir (2003) proposes a multi-steps method. The starting point or the first step is asking a question about the client’s problem; thus, the counseling process begins. Alternative answers to this question are provided, and after highlighting them, the third step of the method starts, i.e. the critical evaluation of the answers. Based on this assessment, another question is asked and the process is resumed. It is important that this sequence of questions is correct in relation to the level of abstraction of the client (Amir, 2003). (…)

Approche appréciative

Sandu (2012) a proposé une méthode de conseil éthique, mais qui peut également être appliquée à certaines questions qui ne sont pas nécessairement liées à l’éthique. La méthode appréciative proposée par le philosophe roumain est basée sur le fait que le processus de conseil part de certains points forts et positifs liés au problème du client et que, par la suite, grâce à leur analyse, le conseiller philosophique propose des solutions (dans la même clé appréciative) avec le client. (…)

Appreciative approach

Sandu (2012) offered a method of ethical counseling, but which can also be applied to some issues that are not necessarily related to ethics. The appreciative method proposed by the Romanian philosopher is based on the fact that the counseling process starts from some strengths and positive issues related to the client’s problem and, further, through their analysis, the philosophical counselor proposes solutions (in the same appreciative key) with the client. (…)

La méditation philosophique comme méthode de conseil

Ha?egan (2019) propose la méditation (philosophique) comme méthode de conseil philosophique. Si cette méthode est appliquée, le conseiller philosophique doit guider son client et participer activement au processus de conseil, en répondant aux questions du premier. Ce qu’il est important de noter à propos de cette méthode, c’est son ouverture à d’autres méthodes ou techniques de conseil. En outre, elle peut être considérée comme une méthode herméneutique, car le conseiller peut réfléchir avec son client sur des textes philosophiques. (…)

Philosophical meditation as a counseling method

Ha?egan (2019) proposes (philosophical) meditation as a method in philosophical counseling. If this method is applied, the philosophical counselor must guide his client and actively participate in the counseling process, by answering the questions of the former. What is important to note about this method is its openness to other methods or techniques of counseling. In addition, it can be considered a hermeneutic method, because the counselor can reflect with the client on philosophical texts. (…)

Méthode IPAA

En partant des quatre principes de la méthode de résolution de problèmes de Pólya, par analogie, nous proposons dans cet article une nouvelle méthode de conseil philosophique. Les objectifs de cette étude sont donc les suivants : passer en revue plusieurs méthodes de conseil philosophique ; justifier la nécessité d’une nouvelle méthode, que nous avons appelée la méthode IPAA ; développer les quatre principes – le principe d’identification (I), le principe de planification (P), le principe d’application (A) et le principe d’hypothèse (A). Pour y parvenir, nous avons tenu compte du fait que la nature des problèmes philosophiques rencontrés par les clients des conseillers philosophiques, qu’ils soient existentiels, moraux ou métaphysiques, peut être résolue par elle-même. Par conséquent, nous avons soutenu que si, dans un premier temps, les clients ont réellement besoin de l’apport des conseillers philosophiques, tant que ces derniers utilisent la méthode IPAA – une méthode de résolution de problèmes – ils peuvent offrir aux clients la possibilité de s’auto-conseiller. La nouveauté de la méthode IPAA réside dans le fait qu’elle offre au client, assisté et guidé au départ par le conseiller, la possibilité de réaliser l’acte de conseil en dehors du cabinet, en étant habilité à appliquer les quatre principes méthodologiques mentionnés ci-dessus. La présente étude est pertinente dans la mesure où la nouvelle méthode IPAA, une méthode axée sur la résolution des problèmes quotidiens, est une méthode utile à la fois pour les conseillers philosophiques, car son application en cabinet les aide à former les clients à la recherche, à la compréhension et à la prise en charge de leur propre vie, et pour les clients, car s’ils sont aidés en premier lieu par l’expertise du conseiller, ils peuvent clarifier et résoudre de manière autonome leurs difficultés quotidiennes.

IPAA method

Starting from the four principles of Pólya’s problem-solving method, by analogy, in this paper we propose a new method of philosophical counseling. Thus, the objectives of this study are as follows: the review of several methods of philosophical counseling; justifying the need for a new method, which we called the IPAA method; developing the four principles – the principle of identification (I), the principle of planification (P), the principle of application (A) and the principle of assumption (A). In order to achieve these, we took into account the fact that the nature of the philosophical problems faced by the clients of the philosophical counselors, whether they are existential, moral or metaphysical, can be solved on their own. Therefore, we argued that if in the first instance, clients really need the input of the philosophical counselors, as long as the latter uses the IPAA method – a problem-solving method – they can offer clients the opportunity to self-counsel. The novelty of the IPAA method consists in the fact that it offers the client, assisted and guided at the beginning by the counselor, the possibility to carry out the act of counseling outside the office, being empowered to apply the four methodical principles mentioned above. The present study is relevant in that the new IPAA method, a method focused on solving everyday problems, is a useful method for both philosophical counselors, as its application in the office helps them to train the clients in researching, understanding and assuming their own lives, as well as for the clients, because if they are assisted in the first instance by the counselor’s expertise, they can independently clarify and solve their daily difficulties

Source : Hagiu, A., Borto?, S., & Tama?, I. (2023). A New Method in Philosophical Counseling (IPAA). Postmodern Openings, 14(1), 46-61. https://doi.org/10.18662/po/14.1/603

Traduction : Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite).


Diversité des méthodes VS Monopôle du dialogue socratique

Le domaine de la philosophie pratique en appelle à une grande diversité de méthodes. Le dialogue socratique classé dans l’approche interrogative ne détient donc pas le monopôle de la pratique philosophique. Elle est choix. Mais est-ce un choix éclairé ? Est-ce un choix qui convient encore de nos jours ?

J’ai déjà dénoncé le caractère dogmatique dans l’application du dialogue socratique par certains philosophes praticiens, une dénonciation fondée sur ma propre expérience de leurs pratiques. Je reproche à l’approche interrogative la répression des émotions chez le client (Article # 32 – Les émotions en philothérapie).

Je ne suis pas un adepte de cette pratique du dialogue socratique, du moins ce qu’elle est devenue aujourd’hui, une technique rigide voire dogmatique. Je l’ai expérimentée à trois reprises avec différents philosophes praticiens et je n’ai pas aimé le traitement qui me fut réservé.

Le recours à des questions fermées avec deux choix de réponses (oui ou non), la répression de mon être émotionnel, l’interdiction de se justifier au-delà d’une seule phrase et de se référer à l’historique de son idée, à son passé, font de cette pratique contemporaine du dialogue socratique qu’il perd sa nature même de dialogue.

Article # 84 – La philosophie appelle à une révélation suivie d’une conversion

Débat sur la scène internationale – Démontration

Sur la scène internationale, le dialogue socratique (approche interrogative) fait débat; le doute et le questionnement sont toujours de mise en philosophie. En voici la démonstration.


Morten Fastvold

L’approche policière de la consultation philosophique

La manière de faire de la consultation philosophique est dans une large mesure une question d’attitude. Qu’est-ce que le conseiller peut s’autoriser à faire vis-à-vis de son invité, qu’est-ce qu’il doit s’abstenir ou même s’interdire de faire, comment doit-il décrire l’invité et la situation de consultation de manière métaphorique – ce type de questions influencera inévitablement le conseiller dans sa pratique, qu’il en soit conscient ou non. Examinons donc de plus près la question de l’attitude, ainsi que les possibilités et les limites qui y sont liées.

Tout d’abord, j’examinerai l’attitude prédominante du type de conseiller « au-delà de la méthode », telle qu’elle est modélisée dans la formation dispensée par la Société norvégienne de conseil philosophique et dans un manuel récent (Svare/Herrestad : Filosofi for livet) sur la manière dont le conseil philosophique doit être effectué. Je qualifierai cette attitude d' »approche bienveillante ». J’opposerai ensuite cette attitude à ce que j’appellerai, peut-être de manière choquante, « l’approche policière » de la consultation philosophique. Mes camarades de classe et mes mentors ne seront pas surpris d’apprendre que cette « approche policière » est propagée par notre collègue français Oscar Brenifier, même si l’étiquette est mon invention et non la sienne. Oscar a toutefois avancé la métaphore du bon policier lors d’un séminaire de conseil philosophique qui s’est tenu ce mois-ci à Oslo, où il a également dirigé une session qui a démontré comment une telle attitude pouvait être employée dans une pratique réelle. Cette séance sera abordée dans mon document, à titre d’exemple.

La recherche d’un climat de confiance : L’approche bienveillante

En Norvège, l’attitude prédominante du conseiller philosophique est celle d’un compagnon de conversation attentif et empathique qui a à cœur de faire en sorte que son invité se sente chez lui et à l’aise pendant la consultation. Le conseiller fait une petite cérémonie de bienvenue en offrant du thé ou du café à son invité, il souligne l’égalité entre lui et son invité en meublant son bureau de deux fauteuils égaux groupés dans un angle de 120 degrés pour éviter la connotation de confrontation de 180 degrés, et il parle et se comporte d’une manière douce et sympathique afin de créer une atmosphère de confiance et de sécurité. Le message est le suivant : « N’hésitez pas à me dire ce que vous voulez », et lorsque l’invité commence à parler, le conseiller s’empresse de lui laisser la scène. Les questions sont principalement destinées à encourager l’invité à poursuivre ou à développer certains points, en particulier au début de la consultation. La question « Pouvez-vous m’en dire plus ? » est fréquemment utilisée et recommandée, accompagnée de regards et de hochements de tête encourageants, car le conseiller sait qu’il est utile de se taire la plupart du temps et de créer ainsi l’espace nécessaire pour que son invité puisse réfléchir à haute voix en sa présence. Souvent, cela suffit, nous dit-on, car l’invitée parviendra à une meilleure compréhension d’elle-même simplement en parlant en présence d’un interlocuteur attentif qui s’abstient d’exprimer ses propres préoccupations et inquiétudes. C’est dans cette incongruité que réside une différence cruciale entre une consultation et un entretien avec un ami, car vous ne pouvez pas attendre de votre ami qu’il vous laisse autant d’espace pour vous-même qu’un conseiller.

Ainsi, la croyance dans le pouvoir éclairant et clarifiant de la pensée à haute voix en présence d’une personne ayant reçu une formation philosophique semble être un élément central de la méthode de conseil actuelle, influencée par « l’au-delà de la méthode ». Cela présuppose une attitude bienveillante d’empathie et de confiance afin que l’invité se sente libre de révéler ses pensées et ses inquiétudes. De temps en temps, le conseiller peut poser une question qui remet en question la façon de penser de l’invité, ou peut-être une métaphore ou un point de vue alternatif qui peut lui ouvrir les yeux sur (pour lui) de nouvelles façons de voir les choses. Mais cela se fait en improvisant, et non en suivant une méthode, car chaque invité est un être humain unique et chaque conversation est nouvelle et différente de toutes les conversations précédentes dans le bureau du conseiller. Le conseiller doit s’efforcer d’être prudent et attentif, et non d’acquérir des compétences méthodologiques qui seraient trop mécaniques pour la tâche délicate de la consultation philosophique.

(…)

La quête de la vérité : l’approche policière

L’approche bienveillante ayant été présentée comme la seule attitude appropriée d’un conseiller philosophique, nous pourrions trouver la métaphore du bon policier à la recherche de la vérité tout à fait inappropriée pour décrire notre pratique, si ce n’est totalement hors de propos ou même folle. Un policier, même un bon policier, représente tout ce que le conseiller bienveillant cherche à éviter : la confrontation, une atmosphère déstabilisante, une enquête insistante où des questions sont posées sans cesse jusqu’à ce qu’une vérité cachée et souvent désagréable soit trouvée. Pourquoi un conseiller devrait-il adopter une métaphore aussi peu attrayante, et pourquoi un invité devrait-il accepter d’être traité comme un suspect, et même payer cher pour cela ? Si l’invité a avant tout besoin d’un espace suffisant pour réfléchir à voix haute en présence d’un conseiller attentif et compréhensif, toute interrogation persistante à la recherche d’une vérité serait au mieux inutile, au pire préjudiciable. Comment pourrait-on alors justifier la suggestion d’une approche policière de la consultation philosophique ?

Pour aller plus loin sur ce point, il faut remettre en cause ce présupposé de base selon lequel les gens ont tendance à découvrir les choses par eux-mêmes uniquement en réfléchissant à haute voix dans l’espace de confiance que leur offre le conseiller. S’il est vrai que cela se produit, comme nous en faisons parfois l’expérience nous-mêmes et avec d’autres, il n’en reste pas moins que les gens ont tendance à fuir leurs propres pensées, et surtout les implications de leurs propres pensées. Comme le répète Oscar Brenifier, les gens ont souvent peur de leurs propres mots. Le refus des gens de s’en tenir à ce qu’ils ont réellement déclaré et d’être confrontés à leurs propres mots est un phénomène étonnant qui est révélé à maintes reprises dans ses sessions, même si ce phénomène n’est pas décrit, et encore moins réfléchi, dans notre manuel actuel. Ayant moi-même expérimenté ce phénomène en étant plusieurs fois l’invité d’Oscar, et ayant regardé plusieurs de ses sessions avec d’autres invités, je crois maintenant que le fait d’échapper à ses propres mots et aux implications de ses propres pensées est une tendance très humaine, peut-être même un aspect de la condition humaine.

Il ne s’agit pas de la notion de refoulement propre aux psychanalystes, où une expérience douloureuse est refoulée dans l’inconscient et où le patient s’oppose à ce qu’elle soit ramenée au grand jour ; la vie privée et la biographie de l’invité ne sont pas le sujet des séances d’Oscar. Non, il s’agit d’idées générales et philosophiques produites par l’invité, qui doivent être examinées d’une manière purement philosophique, jusqu’à ce que le conseiller et l’invité en révèlent les implications. Il s’agit d’aider l’invité à donner naissance à ses propres idées et à examiner la viabilité de ces « rejetons » d’une manière très socratique, où la « vie » est censée être exclue de la discussion apparemment purement intellectuelle, mais où la « vie » ne cesse de surgir, principalement sous la forme d’une résistance et d’une envie d’échapper à l’examen de ses propres idées.

(…)

La raison pour laquelle Oscar ne prévoit pas d’écouter les récits des gens sur leur vie privée dans ses séances est, comme il l’a révélé comme un secret de polichinelle après sa séance de foyer à la conférence Bildung de Copenhague, qu’il trouve ce genre de conversation ennuyeux. (Sa raison officielle : « Je ne suis pas psychologue, je ne peux donc pas m’occuper de problèmes privés et émotionnels »). Il ne s’agit évidemment pas d’un argument philosophique, mais simplement d’une déclaration de propension personnelle. Écouter les gens raconter leur vie n’est tout simplement pas sa tasse de thé. Si d’autres philosophes aiment s’adonner au style de conseil « conversation cultivée », il ne lancera pas de croisade contre eux, même s’il ne trouve pas ces conversations très philosophiques ou très utiles. Il préférera faire de la philosophie avec son invité, en étudiant ses idées, au lieu de se contenter d’échanger des opinions et des idées, ce qui n’est pas faire de la philosophie selon lui.

(…)

Source : FASTVOLD, Morten Fastvold, The Policeman Approach to Philosophical Counseling.

Traduction : Traduit avec DeepL.com (version gratuite).

À LIRE DU MÊME AUTEUR : Conversation or interrogation: two different approaches to philosophical counseling, Morten Fastvold.


Le dialogue socratique, un modèle désormais dépassé?

Livio Rossetti

Cet article prend pour point de départ un double paradoxe. D’une part, il s’ancre sur cette divergence, spectaculaire, existant entre l’habitude que nous avons de penser que Socrate a été le champion du dialogue d’égal à égal, habitude qui, pour nous, Italiens, est liée à l’enseignement de Guido Calogero, et les arguments avancés récemment par un spécialiste sud-américain, Walter Oman Kohan. Kohan suggère en effet presque le contraire de ce que dit Calogero. Il insiste sur le fait que, dans les dialogues aporétiques de Platon — en réalité, ce n’est pas seulement dans le cas de ce groupe de dialogues dits socratiques que cela se produit —, Socrate se révèle souvent incapable d’écouter son interlocuteur, déterminé comme il est à suivre son intuition et à s’opposer sans hésitation (ou presque) à son interlocuteur.

Source : LIVIO, Rossetti, Le dialogue socratique, un modèle désormais dépassé ?, Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, p.17. (Voir : Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017.)


Emotion in dialogue – A new proposal : the integral socratic dialogue

(Émotion dans le dialogue – Une nouvelle proposition du dialogue socratique intégré)

Laura Candiotto

Extrait de Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

Le texte «Emotion in dialogue – A new proposal : the integral socratic dialogue (Émotion dans le dialogue – Une nouvelle proposition du dialogue socratique intégré) de Laura Candiotto m’a également ravi dès les premières lignes parce qu’il propose de tenir compte des émotions dans le dialogue avec le client en consultation philosophique.

Les citations ci-dessous furent traduites de l’anglais au français par https://www.onlinedoctranslator.com/fr/.

Aristote est connu pour sa théorie rhétorique et pour analyser la relation entre les émotions et la persuasion. On peut soutenir que Platon a été le premier à explorer et à acquérir des connaissances significatives sur cette relation. Par exemple, le Sophiste 230b-230e5 de Platon (le passage du « noble sophisme ») montre clairement le lien entre le niveau logique et le niveau émotionnel que l’on retrouve dans l’elenchus socratique (réfutation). Pour être complète, la purification a également besoin d’un accord psychologique, qui est le résultat de la collaboration avec les émotions, principalement la honte.

Surtout dans les premiers dialogues platoniques, Socrate n’aborde pas seulement la partie intellectuelle de l’âme des interlocuteurs, en audience ou en public, mais il utilise également le canal émotionnel. Ce processus a lieu pour diverses raisons : d’abord pour orienter le dialogue et transmettre un contenu spécifique au public, mais aussi pour accompagner l’interlocuteur à travers une véritable transformation de soi – une transformation ayant le pouvoir d’engendrer un nouveau style de vie.

En d’autres termes, Platon suscite la collaboration des sphères rationnelle et émotionnelle afin d’inciter les citoyens à poursuivre un style de vie philosophique, changeant ainsi leurs modes de vie, leurs valeurs et leurs modèles.

Ainsi, les émotions permettent la constitution de l’identité dans la dimension cognitive intersubjective parallèlement à une transformation de soi. Ceci est possible grâce à leur caractère médiateur : les émotions ne sont pas des aspects irrationnels mais des instances médiatrices entre l’irrationnel et le rationnel. En d’autres termes, ils sont cruciaux pour le bien-être harmonieux de l’individu – et de la polis – qui est à la recherche de la juste composition. Lorsqu’elles sont correctement orientées, les émotions – grâce à la collaboration avec la composante rationnelle – sont la force motrice qui conduit l’âme à la découverte de la vérité. Si toutefois les émotions sont corrompues et ne sont pas régies par la partie rationnelle de l’âme, elles conduisent l’âme à commettre les plus grands méfaits (dans cette perspective, l’analyse de l’âme du tyran menée dans la République est exemplaire).

Source : CANDIOTTO, Laura, Emotion in dialogue – A new proposal : the integral socratic dialogue, Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, pp. 79-80. (Voir : Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017.)

P.S. : Polis – Wikipédia.: «En Grèce antique, la polis (en grec ancien ????? / pólis ; « cité » dans l’étymologie latine « civitas » ; au pluriel poleis) n’est pas une cité-État, le mot État étant anachronique, mais une communauté de citoyens libres et autonomes(1), le corps social lui-même, l’expression de la conscience collective des Grecs(2).»

(1) Le mot grec polis a donné le mot politique (politics en langue anglaise) : dans la Grèce antique, les politai (citoyens) étaient les acteurs de la vie politique.

(2) Louis Gernet, Les débuts de l’hellénisme, Les Grecs sans miracle, Paris, 1983

Laura Candiotto nous lance sur la piste d’une adaptation contemporaine de l’ancien dialogue socratique.

Cette interprétation du rôle des émotions permet de penser la philosophie comme un mode de vie, comme une pratique visant à la transformation et à l’amélioration à la fois du philosophe et de son contexte de vie, grâce non seulement à des « outils pour penser » mais aussi à « outils pour ressentir ».

Source : CANDIOTTO, Laura, Emotion in dialogue – A new proposal : the integral socratic dialogue, Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, p. 80. (Voir : Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017.)


C’est pour ces raisons que j’expérimente depuis quelques années une forme spécifique de dialogue socratique, que je définis comme « intégrale ». Le dialogue socratique contemporain devrait assumer une vision intégrale de la pratique philosophique, selon laquelle les émotions ne sont pas seulement considérées comme l’antithèse de la rationalité mais comme des éléments constitutifs de l’être humain, travaillant constamment avec la raison dans les divers processus de recherche.

Source : CANDIOTTO, Laura, Emotion in dialogue – A new proposal : the integral socratic dialogue, Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, p. 82. (Voir : Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017.)

Selon Laura Candiotto, « une méthode philosophique incapable d’intégrer le niveau émotionnel risque de perdre en efficacité ».


Everybody’s Philosophical Counselling

Shlomit Schuster

The Philosophers’ Magazine

(…)

Achenbach refuse de transformer son idée de praxis en méthode et préfère garder le style de conversation indéterminé et ouvert. Néanmoins, il est possible de présenter des descriptions, des « panneaux routiers », qui donnent des indications à d’autres philosophes désireux d’imiter ses conseils fructueux et responsables aux personnes en quête de sens ou de solutions dans des situations problématiques. Parmi ces panneaux routiers, quatre sont fondamentaux :

  • La communication sincère entre le praticien philosophique et le visiteur, basée sur une méthode « au-delà de la méthode ».
  • L’importance du dialogue, en tant que ce qui vivifie – et découle de l’être.
  • « Auslegen » – une recherche d’explications – dans laquelle le praticien s’unit au problème, non pas en transmettant sa propre compréhension de celui-ci, mais en donnant au visiteur une nouvelle impulsion pour s’expliquer lui-même.
  • La composante innovante du dialogue, l’élément d’émerveillement dans la pratique philosophique, qui ne permet pas de points de vue fixes, d’attitudes standard ou de solutions permanentes.


Beyond method, Anders Lindseth style: The quest to open up philosophical space in the consulting room

The Norwegian Society of Philosophical Counseling

Philosophical Practice, November 2005; 1(3): 171 /183.

MORTEN FASTVOLD

L’approche « au-delà de la méthode » est essentielle pour le philosophe norvégien Anders Lindseth, qui a été le pionnier de la consultation philosophique en Norvège et le mentor d’autres conseillers. Lui-même influencé par Gerd Achenbach, Lindseth n’aime ni les méthodes ni les thérapies et préconise plutôt le principe de « l’ignorance touchée ». Lors d’un séminaire à Oslo l’année dernière, Lindseth a discuté de ces concepts avec des étudiants en conseil philosophique, et a fait évaluer une session de démonstration. Basé sur le séminaire, cet article présente la position de Lindseth et jette un regard critique sur la notion de  » au-delà de la méthode « . Au lieu de renoncer complètement à la méthode, l’auteur affirme que les conseillers philosophiques peuvent employer la méthode dans un sens limité sans succomber à la « thérapie » au sens professionnel et péjoratif du terme. Mots-clés : L’approche au-delà de la méthode, le mode du non-savoir touché, la création d’un « espace libre » pour la pensée, la focalisation sur la vulnérabilité de l’invité, la métaphore d’un ruisseau de soupirs, le mode de travail « structurel », le dédain de la méthode et de la thérapie.

FASTVOLD, Morten, Beyond method, Anders Lindseth style: The quest to open up philosophical space in the consulting room, The Norwegian Society of Philosophical Counseling, Philosophical Practice, November 2005; 1(3): 171 /183.


On Getting Beyond Idle Talk – some Additional Reflections on Oscar Brenifier’s Sessions

(Dépasser le stade des discussions oiseuses – quelques réflexions supplémentaires sur les sessions d’Oscar Brenifier)

Mes efforts pour comprendre et défendre la méthode de conseil d’Oscar Brenifier ont déclenché un débat parmi les conseillers philosophiques norvégiens au printemps 2004. Dans cet article, je réponds aux critiques de certains de mes collègues et je présente une autre méthode de conseil, préconisée par le conseiller canadien Peter Raabe.

Depuis la visite d’Oscar, j’ai trouvé le temps de lire le livre de Peter B. Raabe Philosophical Counceling. Theory and Practice de Peter B. Raabe, que je trouve très instructif et judicieux dans sa description de ce que pourrait être le conseil philosophique. L’un de ses termes intéressants est celui de « compétence dialogique », et je suggère que la découverte de ce qu’est réellement la compétence dialogique devrait être une question majeure dans nos études ultérieures. J’ai trouvé qu’Oscar possédait une bonne dose de compétence dialogique, tout comme Socrate, selon les écrits de Platon, même si je ne peux pas donner une définition exacte de ce qu’est cette faculté. Étant un nouveau venu dans ce domaine, je peux seulement dire que « je le sais quand je le vois ». Et que je veux certainement en apprendre davantage à ce sujet, que ce soit en ayant des séances avec des praticiens ayant une compétence dialogique considérable ou en lisant attentivement les histoires de cas de Raabe et d’autres, et certainement les dialogues socratiques.

Pour en revenir à Raabe, je trouve que son propre concept de pratique philosophique (tel qu’il est décrit dans son chapitre 4) dans son chapitre 4) pour combler le fossé supposé entre ma conception initiale de la pratique philosophique comme une entreprise centrée sur l’invité et, dans une large mesure, sur l’écoute, et une approche directe et centrée sur le praticien représentée par Oscar. Selon Raabe, la consultation philosophique devrait comporter quatre étapes, à savoir :

– Étape 1 : Conversation libre où l’invité est autorisé à parler librement de ses problèmes et où le praticien se contente d’écouter.

– Étape 2 : Résolution immédiate du problème, où l’invité et le praticien se concentrent sur un problème immédiat qui doit être résolu par le biais d’un dialogue philosophique.

– Étape 3 : L’enseignement en tant qu’acte intentionnel, où le praticien fournit à l’invité les capacités de réflexion nécessaires pour faire face à des problèmes similaires aujourd’hui et à l’avenir.

– Étape 4 : Trancendance, où l’invité est amené à discuter de questions antérieures d’une manière générale, en transcendant son besoin immédiat de résolution de problèmes.

Tous les invités ne vont pas jusqu’au stade 4, nous dit Raabe ; certains se contentent d’être écoutés au stade 1, d’autres abandonnent après avoir résolu leurs problèmes immédiats au stade 2, tandis que d’autres veulent acquérir des compétences de réflexion au stade 3 et peut-être même s’adonner à une véritable philosophie au stade 4. Ces étapes peuvent également être entrelacées, dit-il, par exemple en revenant à l’étape 1 si un nouveau problème émerge lors du traitement d’un autre problème à l’étape 2, ou même pendant la session d’enseignement à l’étape 3.

Ce que je trouve révélateur, c’est que le stade 1 de Raabe correspond très bien à mon concept initial de conseil philosophique, comme « la façon dont nous le faisons ici en Norvège ». Ce qui est révélateur, c’est que le stade 1, aussi nécessaire qu’il soit, ne représente pas l’ensemble de la situation, comme j’étais initialement enclin à le croire. À un moment donné, peut-être dès la deuxième séance, le praticien peut estimer que l’invité est prêt à passer à l’étape 2, en s’attaquant plus directement à ses problèmes.

Pour ce faire, il ne suffit pas d’être un bon auditeur emphatique qui connaît les positions philosophiques et a quelques citations réconfortantes à portée de main ; il faut aussi posséder un certain minimum de compétences dialogiques que l’on pourrait qualifier d’outils et d’astuces du métier. La capacité à poser la bonne question au bon moment me semble essentielle à cet égard, tout comme un boucher doit savoir où planter son couteau dans l’animal abattu, afin d’obtenir les bonnes tranches de viande souhaitées par ses clients. (Platon n’utilise-t-il pas cette analogie du boucher pour parler de ce que nous pourrions appeler la compétence dialogique ? Je me souviens qu’il le fait). Pour amener l’invité au stade 3, le praticien doit également connaître les techniques de pensée critique telles que la logique informelle et être capable de l’enseigner d’une manière adaptée à l’invité, et au stade 4, il doit vraiment connaître les différentes positions philosophiques. Il s’agit là d’exigences très strictes.

Si l’on s’en tient au modèle de Raabe, la compétence dialogique d’Oscar et d’autres ne sera pas utilisée avant le stade 2, et les jeux « purement philosophiques » d’Oscar ne seront peut-être pas joués avant les stades 3 et 4. Vu sous cet angle, nous n’avons pas à débattre pour ou contre « l’approche d’Oscar », comme si nous devions choisir entre « notre belle manière » et « sa manière grossière » de faire les choses. Une telle discussion me semble peu fructueuse et en fait inutile. Le modèle de Raabe, plutôt orienté vers le bon sens, utilise les deux approches, ce qui est une situation gagnant-gagnant – mais une situation où les exigences en matière de compétence dialogique doivent être mises en évidence. Et doit être enseigné de manière approfondie à tous les étudiants en conseil philosophique.

Pour le dire brièvement et crûment : si vous ne possédez pas de compétence dialogique au point de pouvoir l’utiliser pendant une séance, vous n’êtes tout simplement pas compétent en tant que conseiller philosophique. L’exercice de la capacité d’écoute par la répétition de l’étape 1 dans les séances d’apprentissage entre étudiants ne nous permettra pas d’être des conseillers philosophiques à terme. Ce sur quoi nous devons vraiment nous concentrer, c’est sur la manière de dépasser ce flot de paroles et de commencer à mener une enquête dialogique, ce qui n’est pas facile du tout. Je pense que nous devons nous livrer à des histoires de cas et à des jeux de rôles basés sur de bons exemples, afin d’acquérir les compétences nécessaires.

(…)

Ayant fait de Peter Raabe un héros intermédiaire de ce document, j’aimerais lui donner le dernier mot (extrait de Philosophical Counseling, p. 171), où il développe ce point et souligne également la principale différence, selon lui, entre la consultation philosophique et la psychothérapie :

[Le conseil philosophique implique clairement que si certaines aptitudes cognitives et compétences rationnelles/morales sont enseignées au client au cours du processus de conseil philosophique pour une utilisation future, le conseil philosophique peut fournir les moyens par lesquels le client peut non seulement être mieux en mesure de faire face aux problèmes futurs lorsqu’ils surviennent, mais aussi de prévoir, d’anticiper et donc d’éviter les problèmes ou d’empêcher qu’ils ne surviennent en premier lieu. C’est en dépassant le stade 2, la résolution immédiate des problèmes, pour passer aux stades 3 et 4, l’enseignement et la transcendance, tels que présentés par le modèle, que la consultation philosophique devient véritablement proactive ou préventive, car c’est au cours de ces deux stades que les connaissances spécialisées, les capacités et les dispositions du philosophe sont transmises au client. Les étapes 3 et 4 permettent au client de mieux comprendre pourquoi les problèmes sont apparus dans le passé, et c’est cette compréhension qui l’aide à éviter les problèmes à l’avenir.

Je pense que toute conception de la consultation philosophique devrait inclure l’impératif selon lequel chaque conseiller philosophique devrait travailler à la création du type de conscience et de capacité de raisonnement chez son client qui lui permettra d’anticiper – et donc de prévenir – d’éventuels problèmes futurs. Non seulement un élément proactif ou préventif fort rendra beaucoup moins probable le fait que le client se retrouve involontairement confronté à des problèmes inattendus et malvenus, mais la pratique de la consultation philosophique sera ainsi plus propice à l’autonomie que la psychothérapie, et donc plus clairement différenciée de cette dernière.

FASTVOLT, Morten, On Getting Beyond Idle Talk – some Additional Reflections on Oscar Brenifier’s Sessions.

Traduction : Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite).


Cette démonstration des débats sur la scène internationale au sujet des approches interrogatives et conversationnelles nous invite à la réflexion et à fuir tout dogmatisme. Le choix d’une approche et de l’attitude face aux clients en consultation philosophique doivent être libres du biais de rigidité ou d’ancrage qui bloque la prise de recul.


« Le biais de rigidité, aussi connu sous le nom de biais d’ancrage, est un biais cognitif qui nous incite à accorder une importance disproportionnée à la première information que nous recevons sur un sujet. Cela peut nous amener à nous accrocher à des idées ou à des croyances même lorsqu’elles sont contredites par des preuves contraires. » (Gemini, Google, IA.)


Voir aussi : Biais d’ancrage sur Biaiscongnitifs.com.


Gerd B. Achenbach

On Wisdom in Philosophical Practice

(De la sagesse dans la pratique philosophique)

Lecture for the “Third International Conference on Philosophical Practice”, New York, 22. – 24. July 1997

(…)

Puisque la pratique philosophique a été fondée il y a 16 ans, nous pouvons répondre : Oui, il est temps de poser une telle question, et la pratique philosophique est cette institution qui lui offre l’espace dont elle a besoin. Nietzsche l’appelait « la question de la vérité », je propose de l’appeler la question réelle de la sagesse, qui est nécessairement une question très personnelle, ou, en termes plus distingués, une question existentielle. Reposer cette question est la tâche de la pratique philosophique. Et il appartient à sa sagesse de trouver une réponse toujours nouvelle dans chaque cas singulier et particulier. En tant que telle, cette sagesse doit faire ses preuves.

J’aurais pu m’arrêter ici. Mais je veux laisser les derniers mots à un philosophe que j’admire et que j’aime depuis longtemps – et seul un pédant pourrait objecter qu’il est impossible d’admirer et d’aimer quelqu’un en même temps. longtemps – et seul un pédant pourrait objecter qu’il est impossible d’admirer et d’aimer quelqu’un en même temps.
Mais qui se soucie des pédants ?

Ainsi : Dans son « Sur la notion de sagesse », Ernst Bloch a défini le mode d’emploi d’une philosophie actuelle de la sagesse d’une manière telle qu’il est difficile d’imaginer une devise plus précise pour la pratique philosophique : « La philosophie de la sagesse ». de telle manière qu’il est difficile de trouver une devise plus précise pour la pratique philosophique : « La sagesse », dit Bloch, « est une caractéristique, aussi discrète qu’inévitable, d’une philosophie pratique savante et unifiée ».

Et plus loin : Il faut des sages pour éviter qu’un « mouvement ne devienne routinier et pragmatique ». Ce sont eux qui maintiennent le savoir en mouvement. (Ernst Bloch: “Philosophische Aufsätze – Zur objektiven Phantasie”, Frankfurt 1969, p. 388f). A l’avenir, rien ne sera plus important pour le mouvement encore jeune de la pratique philosophique.

Source : Achenbach, Gerd B., On Wisdom in Philosophical Practice (Translated by Patrick Neubaue). Lecture for the „Third International Conference on Philosophical Practice”, New York, 22. – 24. July 1997.

Original en anglais

Since philosophical practice was founded 16 years ago, we can reply: Yes, there is time for such a question now, and philosophical practice is that institution which offers it the space it needs. Nietzsche called it „the question of truth”, I suggest calling it the actual question of wisdom, which necessarily is a very personal question, or, in more distinguished terms, an existential one. To raise this question again is the task of philosophical practice. And it belongs to its wisdom that it has to find an answer ever anew in any singular, particular case. As this kind of wisdom, it has to prove itself.

I might have stopped here. But I want to leave the last words to a philosopher whom I have admired and loved for a long time – and only a pedant might object that it is impossible to admire and to love somebody at the same time. But who cares about pedants anyway?

Thus: In his „On the notion of wisdom”, Ernst Bloch has defined the instructions for a today’s philosophy of wisdom in such a way that a more pointed motto for philosophical practice could hardly be thought of: “Wisdom”, says Bloch, “is a characteristic, as unobstrusive as unavoidable, of a learned and unified practical philosophy”.

And further: There have to be wise persons in order to prevent “a movement from becoming routine and practicistic. They are the ones who keep knowledge moving.”

In the future, there will be nothing more important for the still young movement of philosophical practice.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)


Qu’il s’agissent de l’approche interrogative ou de l’approche conversationnelle, il faut maintenir le savoir en mouvement et, pour ce faire, il ne faut rien tenir pour acquis définitivement, c’est-à-dire douter.

Dans le cas où le philosophe praticien détermine que le problème est le participant indiscipliné à son atelier ou sa consultation, une question demeure : est-ce que l’approche interrogative employée par le philosophe praticien est ou n’est pas partie prenante au comportement du participant indiscipliné ? Mais cette question ne vient pas naturellement à l’esprit.

Le philosophe praticien Jérôme Lecoq ne se limite pas au participant indiscipliné. Il va plus loin et généralise en pointant du doigts « surtout les hommes » « qui avons justement appris qu’au contraire il fallait s’exprimer, défendre son point de vue, convaincre les autres etc. » Il note aussi que l’exercice proposé dans son atelier « entraîne de grandes résistances notamment en provenance des « mâles alphas ». » C’est donc la faute des autres, « surtout les hommes » et « les mâles alphas ». Si le philosophe praticien rapporte ici de simples observations fondées sur son expérience personnelle et professionnelle, en aucun temps il se retourne vers lui-même dans son article. De toute évidence, il dérange comme dérangeait Socrate en son temps.


Désormais en quête de vérité, Socrate dérange ses contemporains dans leur vie quotidienne pour leur proposer un examen serré de leurs idées. Il traite n’importe quelle personne de la même manière, comme un parent, sans politesse ; tel un psychanalyste, il passe au crible l’existence de son interlocuteur – il l’examine avec une certaine cruauté, il ne fait aucun cadeau.

Source : TREFFEL, Romain, Socrate comme vous ne le connaissez pas, 1000 idées de culture générale.

Socrate dérange beaucoup de monde à Athènes. Il questionne, il provoque, il interroge sur le travail, le pouvoir, la démocratie, la bonne moralité. Souvent on voyait Socrate errer à travers les rues d’athènes pour questionner ses concitoyens, la barbe mal taillée et les pieds nus.

Source : Socrate le rebelle !


C’est le propre de l’Homme se s’accrocher à ce qu’il fait, non plus comme une simple pratique maîtrisée, mais comme une croyance en sa propre interprétation de l’efficacité de sa pratique. Cette croyance fonde sa confiance en sa pratique, en son approche. Et devenue croyance, la pratique n’accorde plus autant d’importance aux preuves empririques, si ce n’est qu’accessoire de la croyance. Nous sommes alors a un pas d’une pratique dogmatique. On ne se questionne pas sur les autres méthodes ou les autres approches. On demeure dans l’IGNORANCE inconsciente de ces méthodes et de ces approches. Le savoir n’est plus en mouvement. On reste sur place. On devient expert… sur place. On dira : « Peu m’importe si je dérange, j’ai la bonne approche. Et c’est justement parce que je dérange que je suis réconforté dans le choix mon approche. » Mais est-ce un choix sur j’ignore les autres approches ? Suis-je prisonnier de la première impression de la première approche avec laquelle je fus en contact ? Ma quête s’est-elle arrêtée à la première approche recontrée ? Philosophie oblige : me suis-je donné la peine d’effectuer la visite de toutes les écoles avant d’en choisir une ?


L’approche interrogative et l’approche conversationnelle dans la pratique philosophique

L’approche interrogative permet de disséquer une idée (ou un problème) jusqu’à ce que je me contredise et que je sois forcé de conclure que je ne sais pas de quoi je parle, bref que je suis ignorant. Cette ignorance doit engendrer en moi un étonnement suffissamment révélateur et motivant pour que je me mette à la recherche du vrai.

L’approche conversationnelle permet de comprendre le mécanisme à l’origine de l’idée (ou de mon problème), son historique et sa logique actuelle, à savoir le « comment je pense » cette idée et de corriger mes erreurs à la source. Cette nouvelle compréhension permet la prise de recul dans l’étonnement et motive un quête philosophique saine.


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Liste des rapports de lecture

et autres articles

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

Article # 62 – Soigner par la philosophie, En marche – Journal de la Mutualité chrétienne (Belgique)

“ Après les succès d’Épicure 500 vous permettant de faire dix repas par jour sans ballonnements, après Spinoza 200 notre inhibiteur de culpabilité, les laboratoires Laron, vous proposent Philonium 3000 Flash, un médicament révolutionnaire capable d’agir sur n’importe quelle souffrance physique ou mentale?: une huile essentielle d’Heidegger pour une angoisse existentielle, une substance active de Kant pour une douleur morale…. Retrouvez sagesse et vitalité en un instant ”, s’amusaient les chroniqueurs radio de France Inter dans une parodie publicitaire diffusée à l’occasion d’une émission ayant pour thème?: la philosophie peut-elle soigner le corps ?

Article # 63 – Contre le développement personnel. Thiery Jobard, Éditions Rue de l’échiquier, 2021

J’attribue quatre étoiles sur cinq à ce livre. Les lecteurs assidus de mes articles connaissent fort bien ma position plus que défavorable face au développement personnel. À l’instar de Thiery Jobard, je suis contre le développement personnel. Je qualifie le développement personnel d’arnaque extrêmement dangereuse pour ses adeptes et notre société.

Article # 64 – Apocalypse cognitive – La face obscure de notre cerveau, Gérald Bronner, Presses Universitaires de France (PUF), 2021

Le philothérapeute (philosophe consultant ou philosophe praticien) a l’obligation de très bien connaître le contexte dans lequel évolue son client. Le développement de l’esprit critique de ce client passe inévitablement par une prise de conscience de sa cognition en vue de comprendre comment il connaît. Si, dès le départ, le client n’a pas conscience de son mode de pensées, il lui sera difficile de participer activement au dialogue avec son philothérapeute. L’objectif primaire du philosophe consultant demeure de déceler et de corriger les biais cognitifs de son client avant même d’abord une question philosophique. Bref, si la »machine à pensée » du client est corrompu par des «virus cognitifs », une «réinitialisation » s’impose en début de séance de consultation.

Article # 65 – Développement (im)personnel – Le succès d’une imposture, Julia de Funès, Éditions de l’observatoire/Humensis, 2019

Dans son livre « Développement (im) personnel, Julia de Funès, docteure en philosophie, soutient que le développement personnel offre la même recette à tous et qu’à ce titre il ne peut donc pas se qualifier sa démarche de « personnel ». Selon ma compréhension, le développement personnel devrait mettre de l’avant un développement personnalisé, c’est-à-dire adapté à chaque individu intéressé pour se targuer d’être personnel.

Article # 66 – Savoirs, opinions, croyances – Une réponse laïque et didactique aux contestations de la science en classe, Guillaume Lecointre, Édition Belin / Humensis, 2018

Mon intérêt pour la pensée scientifique remonte à plus de 25 ans. Alors âgé d’une quarantaine d’année, PDG d’une firme d’étude des motivations d’achat des consommateurs, je profite des enseignements et de l’étude du processus scientifique de différentes sources. Je me concentre vite sur l’épistémologie…

Article # 67 – À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Marc Romainville, Presses Universitaires de France / Humensis, 2023

Ce livre m’a déçu en raison de la faiblesse de sa structure indigne de son genre littéraire, l’essai. L’auteur offre aux lecteurs une foule d’information mais elle demeure difficile à suivre en l’absence de sous-titres appropriés et de numérotation utile pour le repérage des énumérations noyés dans un style plus littéraire qu’analytique.

Article # 68 – Ébauche d’un annuaire : philothérapeutes, philosophes consultants, philosophes praticiens

En l’absence d’une association d’accréditation des philothérapeutes, philosophes consultants ou praticiens en francophonie, il est difficile de les repérer. Il ne nous reste plus que de nombreuses recherches à effectuer sur le web pour dresser une liste, aussi préliminaire soit-elle. Les intervenants en philothérapie ne se présentent pas tous sous la même appellation : « philothérapeute », « philosophe consultant » ou « philosophe praticien » « conseiller philosophique » « philosophe en entreprise », « philosophe en management » et autres.

Article # 69 – Guérir l’impossible – Une philosophie pour transformer nos souffrances en forces, Christopher Laquieze, Guy Trédaniel Éditeur, 2023

J’ai lu le livre GUÉRIR L’IMPOSSIBLE en me rappelant à chaque page que son auteur, Christopher Laquieze, est à la fois philosophe et thérapeute spécialisé en analyse comportementale. Pourquoi ? Parce que ce livre nous offre à la fois un voyage psychologique et philosophique, ce à quoi je ne m’attendais pas au départ. Ce livre se présente comme « Une philosophie pour transformer nous souffrances en forces ». Or, cette philosophie se base davantage sur la psychologie que la philosophie. Bref, c’est le « thérapeute spécialisé en analyse comportementale » qui prend le dessus sur le « philosophe ».

Article # 70 – Agir et penser comme Platon – Sage, penseur, philosophe, juste, courageux …, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.

Article # 71 – 7 règles pour une vie (presque) sans problème, Simon Delannoy, 2022

Ma lecture de ce livre m’a procuré beaucoup de plaisir et de bonheur. Je recherche dans mes lectures les auteurs et les œuvres permettant aux lecteurs d’évoluer de prise de conscience en prise de conscience de la première à la dernière page, de ne plus être le même à la fin de la lecture. Et c’est ce que les lecteurs vivront à la lecture de ce livre.

Article # 72 – Les philo-cognitifs – Ils n’aiment que penser et penser autrement…, Fanny Nusbaum, Olivier Revol, Dominic Sappey-Marinier, Odile Jacob, Paris, 2019

Je n’ai pas aimé ce livre parce que son titre, LES PHILO-COGNITIFS, se réfère à la philosophie sans pour autant faire un traitement philosophique de son sujet. Mon achat reposait entièrement sur le titre de ce livre et je m’attendais à un livre de philosophie. Mais il s’agit d’un livre de psychologie. Mon achat fut intuitif. J’avais pleinement confiance dans l’usage du mot « PHILO » en titre d’un ouvrage pour que ce dernier ne puisse traiter d’un autre sujet que philosophique. Mais ce n’est pas le cas.

Article # 73 – Qu’est-ce que la philosophie ? Michel Meyer, Le livre de poche, Librairie générale française, Paris, 1997

J’aime beaucoup les livres d’introduction et de présentation de la philosophie parce qu’ils ramènent toujours les lecteurs à l’essentiel, aux bases de la discipline. À la question « Qu’est-ce que la philosophie ? », Michel Meyer répond : « La philosophie est depuis toujours questionnement radical. C’est pourquoi il importe aujourd’hui de questionner le questionnement, même si on ne l’a jamais fait auparavant. » MEYER, Michel, Qu’est-ce que la philosophie ? – Les questions ultime de la pensée, Le livre de poche © Librairie Générale Française, Paris, 1997. p. 18.

Article # 74 – Présentations de la philosophie, André Comte-Sponville, Éditions Albin Michel, Le livre de poche, 2000

À l’instar de ma lecture précédente (Qu’est-ce que la philosophie ? de Michel Meyer), le livre PRÉSENTATIONS DE LA PHILOSOPHIE du philosophe ANDRÉ COMTE-SPONVILLE m’a plu parce qu’il met en avant les bases mêmes de la philosophie et, dans ce cas précis, appliquées à une douzaine de sujets…

Article # 75 – Les théories de la connaissance, Jean-Michel Besnier, Que sais-je?, Presses universitaires de France, 2021

J’ai dévoré le livre LES THÉORIES DE LA CONNAISSANCE par JEAN-MICHEL BESNIER avec un grand intérêt puisque la connaissance de la connaissance me captive. Amateur d’épistémologie, ce livre a satisfait une part de ma curiosité. Évidemment, je n’ai pas tout compris et une seule lecture suffit rarement à maîtriser le contenu d’un livre traitant de l’épistémologie, notamment, de son histoire enchevêtrée de différents courants de pensée, parfois complémentaires, par opposés. Jean-Michel Besnier dresse un portrait historique très intéressant de la quête philosophique pour comprendre la connaissance elle-même.

Article # 76 – Philosophie de la connaissance – Croyance, connaissance, justification, textes réunis par Julien Dutant et Pascal Engel, Libraire philosophique J. Vrin, 2005

Ce livre n’était pas pour moi en raison de l’érudition des auteurs au sujet de la philosophie de connaissance. En fait, contrairement à ce que je croyais, il ne s’agit d’un livre de vulgarisation, loin de là. J’ai décroché dès la seizième page de l’Introduction générale lorsque je me suis buté à la première équation logique. Je ne parviens pas à comprendre de telles équations logiques mais je comprends fort bien qu’elles soient essentielles pour un tel livre sur-spécialisé. Et mon problème de compréhension prend racine dans mon adolescence lors des études secondaires à l’occasion du tout premier cours d’algèbre. Littéraire avant tout, je n’ai pas compris pourquoi des « x » et « y » se retrouvaient dans des équations algébriques. Pour moi, toutes lettres de l’alphabet relevaient du littéraire. Même avec des cours privés, je ne comprenais toujours pas. Et alors que je devais choisir une option d’orientation scolaire, j’ai soutenu que je voulais une carrière fondée sur l’alphabet plutôt que sur les nombres. Ce fut un choix fondé sur l’usage des symboles utilisés dans le futur métier ou profession que j’allais exercer. Bref, j’ai choisi les sciences humaines plutôt que les sciences pures.

Article # 77 – Problèmes de philosophie, Bertrand Russell, Nouvelle traduction, Éditions Payot, 1989

Quelle agréable lecture ! J’ai beaucoup aimé ce livre. Les problèmes de philosophie soulevés par Bertrand Russell et les réponses qu’il propose et analyse étonnent. Le livre PROBLÈMES DE PHILOSOPHIE écrit par BERTRAND RUSSELL date de 1912 mais demeure d’une grande actualité, du moins, selon moi, simple amateur de philosophie. Facile à lire et à comprendre, ce livre est un «tourne-page» (page-turner).

Article # 78 – La dictature des ressentis – Sauver la liberté de penser, Eugénie Bastié, Éditions Plon, 2023

La compréhension de ce recueil de chroniques signées EUGÉNIE BASTIÉ dans le quotidien LE FIGARO exige une excellence connaissance de la vie intellectuelle, politique, culturelle, sociale, économique et de l’actualité française. Malheureusement, je ne dispose pas d’une telle connaissance à l’instar de la majorité de mes compatriotes canadiens et québécois. J’éprouve déjà de la difficulté à suivre l’ensemble de l’actualité de la vie politique, culturelle, sociale, et économique québécoise. Quant à la vie intellectuelle québécoise, elle demeure en vase clos et peu de médias en font le suivi. Dans ce contexte, le temps venu de prendre connaissance de la vie intellectuelle française, je ne profite des références utiles pour comprendre aisément. Ma lecture du livre LA DICTATURE DES RESSENTIS d’EUGÉNIE BASTIÉ m’a tout de même donné une bonne occasion de me plonger au cœur de cette vie intellectuelle française.

Article # 79 – À la découverte de la sagesse stoïcienne: L’histoire improbable du stoïcisme suivie du Manuel de la vie bonne, Dr Chuck Chakrapani, Éditions Stoa Gallica, 2023

À titre d’éditeur, je n’ai pas aimé ce livre qui n’en est pas un car il n’en possède aucune des caractéristiques professionnelles de conceptions et de mise en page. Il s’agit de la reproduction d’un texte par Amazon. Si la première de couverture donne l’impression d’un livre standard, ce n’est pas le cas des pages intérieures du… document. La mise en page ne répond pas aux standards de l’édition française, notamment, en ne respectant pas les normes typographiques.

Article # 80 – Le changement personnel – Histoire Mythes Réalités, sous la direction de Nicolas Marquis, Sciences Humaines Éditions, 2015

J’ai lu avec un grand intérêt le livre LE CHANGEMENT PERSONNEL sous la direction de NICOLAS MARQUIS. «Cet ouvrage a été conçu à partir d’articles tirés du magazine Sciences Humaines, revus et actualisés pour la présente édition ainsi que de contributions inédites. Les encadrés non signés sont de la rédaction.» J’en recommande vivement la lecture pour son éruditions sous les aspects du changement personnel exposé par différents spécialistes et experts tout aussi captivant les uns les autres.

Article # 81 – L’empire des coachs – Une nouvelle forme de contrôle social, Roland Gori et Pierre Le Coz, Éditions Albin Michel, 2006

À la lecture de ce livre fort intéressent, j’ai compris pourquoi j’ai depuis toujours une dent contre le développement personnel et professionnel, connu sous le nom « coaching ». Les intervenants de cette industrie ont réponse à tout, à toutes critiques. Ils évoluent dans un système de pensée circulaire sans cesse en renouvellement créatif voire poétique, système qui, malheureusement, tourne sur lui-même. Et ce type de système est observable dans plusieurs disciplines des sciences humaines au sein de notre société où la foi en de multiples opinions et croyances s’exprime avec une conviction à se donner raison. Les coachs prennent pour vrai ce qu’ils pensent parce qu’ils le pensent. Ils sont dans la caverne de Platon et ils nous invitent à les rejoindre.

Article # 82 – À quoi sert la philosophie ?, Marc Sautet, Éditions Pleins Feux, 1997

Ce petit livre d’une soixantaine de pages nous offre la retranscription de la conférence « À QUOI SERT LA PHILOSOPHIE ? » animée par Marc Sautet, philosophe ayant ouvert le premier cabinet de consultation philosophique en France et également fondateur des Cafés Philo en France.

Article # 83 – Raviver de l’esprit en ce monde – Diagnostic du contemporain, François Jullien, Éditions de l’Observatoire, 2023

L’essai RAVIVER DE L’ESPRIT EN CE MONDE – UN DIAGNOSTIC CONTEMPORAIN par FRANÇOIS JULLIEN chez les Éditions de l’Observatoire, parue en 2023, offre aux lecteurs une prise de recul philosophique révélatrice de notre monde. Un tel recul est rare et fort instructif.

Article # 84 – La philosophie appelle à une révélation suivie d’une conversion

La philosophie a pour but l’adoption d’un mode de vie sain. On parle donc de la philosophie comme un mode de vie ou une manière de vivre. La philosophie ne se possède pas, elle se vit. La philosophie souhaite engendrer un changement de comportement, d’un mode de vie à celui qu’elle propose. Il s’agit ni plus ni moins d’enclencher et de soutenir une conversion à la philosophie.

Article # 85 – La philosophie comme mode de vie, Daniel Desroches, Deuxième édition revue et corrigée, Coll. À propos, Les Presses de l’Université Laval, Québec, 2019

La lecture de cet essai fut très agréable, instructive et formatrice pour l’amateur de philosophie que je suis. Elle s’inscrit fort bien à la suite de ma lecture de « La philosophie comme manière de vivre » de Pierre Habot (Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001).

Article # 86 – Les consolations de la philosophie, Alain De Botton, Mercure de France, 2001, Pocket

La lecture du livre Les consolations de la philosophie, une édition en livre de poche abondamment illustrée, fut très agréable et instructive. L’auteur Alain de Botton, journaliste, philosophe et écrivain suisse, nous adresse son propos dans une langue et un vocabulaire à la portée de tous.

Article # 87 – La philothérapie – Philosophie pratique à l’international

L’Observatoire de la philothérapie a consacré ses deux premières années d’activités à la France, puis à la francophonie. Aujourd’hui, l’Observatoire de la philothérapie s’ouvre à d’autres nations et à la scène internationale.

Article # 88 – L’approche intellectuelle en philothérapie et en philosophie pratique

Certaines personnes croient le conseiller philosophique intervient auprès de son client en tenant un « discours purement intellectuel ». C’est le cas de Dorothy Cantor, ancienne présidente de l’American Psychological Association, dont les propos furent rapportés dans The Philosophers’ Magazine en se référant à un autre article parue dans The New York Times.

Article # 89 – En thérapie avec… Épicure – Combattre votre anxiété – 40 antidotes du philosophe antique, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024

Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.

Article # 90 – Êtes-vous sûr d’avoir raison ?, Gilles Vervisch, Flammarion, 2022

De lecture agréable et truffé d’humour, le livre ÊTES-VOUS SÛR D’AVOIR RAISON ? de GILLES VERVISCH, agrégé de philosophie, pose la question la plus embêtante à tous ceux qui passent leur vie à se donner raison.

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