« Bien que la majorité des étudiantes et étudiants en Techniques d’éducation spécialisée (TES) du cégep de Granby réussit les cours de philosophie, l’effectif enseignant a souligné la pertinence d’améliorer la qualité de leur jugement professionnel, une compétence essentielle à l’accompagnement des personnes vulnérables. Dans ce contexte, une équipe interdisciplinaire de recherche a mis en œuvre une démarche inspirée du dialogue en Communauté de recherche philosophique (CRP) : la CRP adaptée à TES selon une approche mixte (Lipman, 2003; Abrami et al., 2015; Ahmadi et Besançon, 2019). Ainsi, les cinq groupes admis à l’automne 2023 ont reçu un enseignement explicite des habiletés de la pensée enseignées en philosophie, accompagné d’un enseignement par infusion dans des CRP adaptées à TES, dans tous leurs cours spécifiques des quatre premières sessions du programme. L’objectif général de la recherche est d’explorer la relation entre l’utilisation de cette approche mixte et le jugement des personnes étudiantes en TES au cégep de Granby.
Afin de décrire les changements chez les personnes étudiantes en ce qui concerne la pensée multidimensionnelle (critique, créative et attentive) (Lipman, 2003), la triangulation de méthodes de collecte de données qualitatives a été utilisée. Une analyse des verbatims de CRP et de journaux réflexifs à l’aide d’indicateurs de la pensée multidimensionnelle a été réalisée ainsi qu’une analyse thématique de verbatims de focus groups. Afin de décrire les changements observés chez les personnes étudiantes et enseignantes en TES en ce qui concerne leur rapport aux savoirs, une adaptation du test de Hofer (2000) a permis de mesurer quantitativement la perception de la nature du savoir chez les personnes et leur perception de la manière dont ces savoirs sont acquis.
Les résultats mettent en évidence un développement de la pensée multidimensionnelle chez les futures éducatrices et éducateurs spécialisés. En effet, ces derniers mobilisent davantage les habiletés de la pensée à l’intérieur de la CRP et adoptent un rapport aux savoirs plutôt propice à une posture réflexive. Toutefois, nous n’observons pas de modification significative de ce rapport pendant le projet. En outre, la mobilisation des habiletés de la pensée hors CRP constitue encore un défi, car l’écart entre les conditions idéales de la CRP et celles ordinaires de la discussion sociale pose problème.
Enfin, la collaboration interdisciplinaire entre les enseignantes et enseignants des Départements de philosophie et de TES révèle des effets prometteurs, ouvrant la voie à une « suite audacieuse », susceptible de jeter un regard nouveau sur les pratiques pédagogiques collégiales afin qu’elles s’inscrivent dans une approche programme forte et incarnée. »
Quand l’architecture d’un livre éclaire nos pratiques philosophiques
Pourquoi avons-nous si souvent l’impression de répéter les mêmes erreurs ? Pourquoi nos vies ou nos débats ressemblent-ils parfois à des disques rayés ?
Dans son ouvrage Architecture ORI-C de la spirale historique, le philosophe Didier Daloze propose une boussole captivante pour comprendre ces phénomènes. En voyageant de la physique à la psychologie, il nous offre une grammaire précieuse pour penser la transformation de soi, particulièrement utile pour les praticiens et les usagers de la philosophie pratique.
1. Du disque rayé à la spirale : Comprendre nos blocages en cabinet
En consultation philosophique ou en philo-thérapie, le consultant arrive souvent avec un « symptôme » : la sensation de tourner en rond (schémas relationnels répétitifs, blocages professionnels). Il se croit prisonnier d’un cycle immuable.
Daloze nous montre qu’une boucle parfaite n’existe pas : nous revenons vers des situations comparables, mais dans un monde déjà modifié par les cycles précédents (c’est le principe de la spirale). Le passé laisse toujours des traces, des inscriptions dans notre esprit et notre corps.
Pour l’aider à se libérer, le praticien peut utiliser deux concepts clés du livre :
La trace passive (l’inscription) : Le simple fait de porter une marque ou un souvenir du passé.
La mémoire fonctionnelle ($M_t$) : Le moment où cette trace est réactivée par un mécanisme de lecture et vient dicter inconsciemment notre réaction présente.
Le livre illustre cela par la vernalisation chez les plantes (comme l’espèce modèle Arabidopsis thaliana) : une exposition passée au froid de l’hiver modifie durablement l’état chimique de la plante pour lui donner, bien plus tard, la compétence de fleurir au printemps. En cabinet, le dialogue philosophique agit comme ce « froid » révélateur : il permet de transformer une simple réaction automatique héritée du passé en une représentation consciente et modifiable, permettant enfin de choisir une autre trajectoire.
2. Penser « hors les murs » : La philosophie comme science de la complexité
On accuse parfois la philosophie pratique de manquer de rigueur scientifique face à la psychologie ou aux neurosciences. L’architecture de la « spirale » prouve le contraire en positionnant la philosophie comme une discipline pivot capable de clarifier les concepts des autres sciences.
Daloze applique ainsi une même méthode d’analyse à des objets très différents : l’apprentissage des machines, l’immunologie bactérienne ou nos institutions. Il s’appuie notamment sur le fonctionnement du système CRISPR-Cas des bactéries, qui capturent un fragment d’ADN d’un virus passé pour s’en servir de guide afin de détruire ce même virus lors d’une attaque future.
En montrant que la « mémoire » répond à des règles similaires, qu’elle soit moléculaire, technologique ou humaine, l’auteur légitime l’usage de la philosophie sur le terrain. Elle devient l’outil idéal pour aider les individus et les organisations à cartographier leur propre complexité.
3. L’atelier de philo : Construire une mémoire distribuée
Dans un atelier de philosophie (avec des adultes ou des enfants), nous ne pensons jamais seuls. Nous nous appuyons sur des mots, des concepts transmis, des règles de débat et des supports écrits.
Le livre nomme ce processus l’exosomatisation : le fait d’externaliser nos fonctions cognitives hors de notre corps (dans des livres, des outils, des formats numériques). En groupe, nous bénéficions du cliquet culturel. Nous n’avons pas besoin de réinventer la définition de la justice ou de la liberté à chaque séance : nous héritons des réflexions accumulées par les générations précédentes pour essayer, ensemble, de franchir une étape supplémentaire.
L’atelier de philosophie pratique n’est pas qu’une simple discussion ; c’est un système où la pensée se distribue entre les participants et les outils conceptuels pour créer une intelligence collective.
4. Retrouver notre pouvoir d’agir : Briser les verrous
Face aux crises de notre existence, nous nous heurtons souvent à des situations qui nous semblent impossibles à changer. L’économie, nos habitudes de vie ou nos choix techniques semblent « verrouillés ».
Le livre explore ce phénomène de verrouillage (ou path dependency) en s’appuyant sur les travaux de l’économiste Brian Arthur. Dans un marché ou dans une vie, de petits événements historiques contingents au départ peuvent s’amplifier et créer des standards très difficiles à quitter, même s’ils s’avèrent inefficaces à long terme (comme un format de clavier ou un choix de carrière fait par défaut).
La philosophie pratique aide à briser ces verrous grâce au concept de responsabilité située. Le livre rappelle que nous ne sommes pas responsables de l’ensemble des maux du monde, mais que notre responsabilité émerge de la combinaison de notre savoir, de notre pouvoir réel d’action et des alternatives réversibles qui s’offrent à nous. Philosopher sert précisément à identifier ces petites fenêtres de tir où une décision consciente peut modifier nos contraintes futures.
En conclusion
Comme le résume Didier Daloze, la spirale historique n’est pas une marche triomphale vers le progrès ; c’est une architecture de dépendances où chaque choix laisse des dettes ou des possibles. En cabinet ou en atelier, pratiquer la philosophie, c’est réapprendre à lire notre propre histoire pour décider, de manière responsable et corrigible, des contraintes que nous voulons transmettre au cycle suivant.
L’article de Flavia Baldari démontre que la pratique philosophique en milieu hospitalier, bien qu’elle ne constitue pas une thérapie clinique visant une guérison ou un soulagement immédiat, offre un espace de transformation existentielle indispensable pour aider les patients à reconfigurer leur identité face à la maladie. À travers l’analyse de l’OncoloCafé, l’auteure établit que la philosophie permet de redonner du sens à une réalité déstructurée par l’épreuve médicale, non pas en résolvant les problèmes pratiques, mais en transformant la manière dont les sujets perçoivent et habitent leur condition.
Identification bibliographique
Auteure et affiliation : Flavia Baldari (Tokyo College, Université de Tokyo).
Objet de l’étude : Évaluer dans quelle mesure la philosophie pratique (conseil philosophique, cafés philosophiques) peut être considérée comme une « relation d’aide » (helping profession) dans un contexte de soins de santé, en s’appuyant sur l’étude de cas de l’OncoloCafé à Osaka.
Cadre théorique : Phénoménologie et Existentialisme
Pour comprendre l’intervention de la philosophie en milieu médical, l’article s’appuie sur un ancrage théorique qui rejette une vision purement organique de la maladie.
Le corps vécu et le monde de la vie (Husserl) : L’auteure rejette le dualisme cartésien corps-esprit pour adopter la notion de « corps vécu » (Lived Body) chez Edmund Husserl, qui considère le corps comme le médium indispensable de toute perception et de l’accès au monde intersubjectif (Lebenswelt). Cette approche permet de rendre compte du fossé (gap), conceptualisé par S. Kay Toombs, qui sépare l’expérience quotidienne de la maladie vécue par le patient (illness) et la définition clinique de la pathologie par les médecins (disease).
La déstructuration de la projection existentielle (Heidegger) : En mobilisant le concept de Da-sein (être-au-monde) de Martin Heidegger, l’étude analyse la découverte d’une maladie grave ou incurable comme une rencontre brutale avec des possibilités existentielles limitées. Cette épreuve déstructure la « projection » du sujet, c’est-à-dire la compréhension qu’il a de lui-même et de son avenir, provoquant une crise d’identité profonde qui exige de reconfigurer son rapport au monde.
La clarification de la vision du monde (Achenbach et Lahav) : Selon Gerd Achenbach, les individus se tournent vers la pratique philosophique pour comprendre et être compris, et pour rendre compte de la forme de leur vie. Cette démarche vise à élucider ce que Ran Lahav nomme la « vision du monde » (worldview), à savoir le cadre conceptuel et le système de coordonnées qui permettent au sujet d’interpréter sa réalité et de conférer du sens à ses attitudes.
L’Étude de cas : L’OncoloCafé
L’OncoloCafé sert de terrain d’observation pour analyser la dynamique du dialogue philosophique face à des situations d’extrême vulnérabilité.
Origine et participants : Fondé en 2016 à l’Hôpital universitaire d’Osaka par Nakaoka Narifumi et Sano Keiko, ce café philosophique rassemble des patients atteints de cancer ou de maladies incurables (notamment la SLA), leurs familles et des professionnels de santé. Depuis 2020, les sessions se déroulent en ligne en raison de la pandémie de COVID-19.
Égalité et absence de hiérarchie : Conformément aux analyses de Neri Pollastri, le dialogue s’exerce dans une parfaite égalité de dignité rationnelle, humaine et éthique entre soignants, patients et proches. L’espace ne fonctionne ni comme un groupe de parole traditionnel ni comme un lieu de conseil médical, mais comme un laboratoire où l’on pense ensemble sans obligation d’aboutir à une conclusion commune.
Décentrement thématique : Les sujets abordés sont délibérément déconnectés des conditions médicales (ex. : « Qu’est-ce que le bonheur ? », « La fiabilité », « Que signifie faire de son mieux ? »). Ce choix vise à briser le dualisme sain/malade et à accueillir le participant en tant que personne entière, et non en tant que simple patient.
Dialectique du narratif et du réflexif : Le processus s’initie par le récit biographique et l’énonciation d’expériences subjectives, souvent marquées par un sentiment de vide ou une perte de repères (comme l’exprime le témoignage d’un patient se sentant « renaît, mais de manière négative »). Le rôle du facilitateur consiste à faire basculer ce niveau narratif vers une réflexion conceptuelle, en s’appuyant sur des exemples concrets du quotidien pour expliciter les présupposés flous ou indicibles.
Portée critique : Transformation philosophique contre thérapie clinique
L’apport majeur de l’article réside dans sa clarification rigoureuse de la frontière entre philosophie et profession d’aide.
Une absence de visée thérapeutique directe : La philosophie pratique ne cherche pas à soulager immédiatement la détresse ni à procurer un bien-être à court terme. Au contraire, comme l’a souligné le professeur Nishimura Takahiro lors d’un colloque en 2022, amener des patients en fin de vie à interroger leurs valeurs fondamentales peut s’avérer douloureux, confrontant, voire sembler « violent » en rappelant la réalité de la mort.
La primauté de la transformation existentielle : Contrairement à une thérapie de remédiation, le dialogue philosophique vise à « rester dans le problème » pour mieux le comprendre et en modifier la perception. En s’exposant au regard et aux remises en question respectueuses des autres, les participants élargissent leur horizon et génèrent une nouvelle « macro-vision du monde ».
Un bénéfice thérapeutique indirect : Si la pratique philosophique n’est pas une thérapie au sens médical, ses effets n’en demeurent pas moins profondément bénéfiques. En permettant aux participants de mettre au jour leurs biais, de clarifier leurs concepts et de redonner du sens à une existence bouleversée par la maladie, elle offre des instruments de navigation existentielle qui contribuent indirectement, mais durablement, à leur bien-être.
La pratique philosophique dans le domaine de la santé ne se substitue donc ni aux soins cliniques ni aux soutiens psychologiques classiques, mais elle comble un angle mort de l’accompagnement médical. En rendant aux patients leur agentivité par le maniement des concepts et le dialogue intersubjectif, elle transforme l’épreuve subie de la maladie en un espace de réappropriation de soi. La relation d’aide philosophique s’affirme alors non comme une promesse de guérison, mais comme une conquête de lucidité permettant de réédifier une identité face à la fragilité de la vie.
Émergence et Enjeux de l’Accompagnement Philosophique
Une Analyse Critique de l’Approche Transformationnelle de Ran Lahav
Résumé
Cet article propose une étude critique et analytique de l’approche thérapeutique et réflexive développée par Ran Lahav dans son texte fondateur Philosophical Counseling and Self-Transformation. En s’inscrivant contre la réduction de la pratique philosophique à un simple outil technique de résolution de problèmes (Problem-Solving), Lahav propose une phénoménologie de la transformation de soi inspirée des traditions philosophiques occidentales dites « transformationnelles ». À travers l’analyse des concepts clés de « périmètre » et de « vision du monde périmétrique » (perimetral worldview), nous explorerons comment l’accompagnement philosophique peut guider un individu hors de sa « caverne » cognitive et comportementale afin d’éveiller des voix existentielles latentes.
1. Introduction : La Cartographie de la Pratique Philosophique
Depuis l’émergence du mouvement de la pratique philosophique en Allemagne au début des années 1980 sous l’impulsion de Gerd Achenbach, la discipline s’est développée de manière rhizomatique et décentralisée à l’échelle mondiale, traversant l’Europe, l’Amérique et l’Asie. Contrairement à la psychanalyse freudienne, ce mouvement n’a jamais été structuré autour d’un paradigme unique ou d’une autorité intellectuelle centrale.
Dans ce paysage intellectuel diversifié, Lahav propose une dichotomie conceptuelle claire pour classifier les différentes pratiques de consultation philosophique :
L’approche de la pensée critique (Critical Thinking) : Principalement axée sur la résolution de problèmes spécifiques (Problem-Solving). Elle utilise la philosophie comme une boîte à outils méthodologique (analyse logique, détection des biais, examen des présupposés) pour normaliser la vie du consultant et l’aider à surmonter des difficultés concrètes (stress, conflits professionnels).
L’approche d’édification (Edification Approach) : Orientée vers la quête de sagesse, l’enrichissement existentiel et la problématisation plutôt que la simple normalisation ou la simplification de l’expérience. C’est dans cette seconde catégorie que s’inscrit la perspective de Lahav.
2. Le Cadre Théorique : Périmètre et Vision du Monde Périmétrique
Le cœur de la modélisation théorique de Lahav repose sur l’idée que nos vies quotidiennes s’articulent autour de routines cognitives et émotionnelles rigides qui restreignent notre potentiel d’expérience. Lahav conceptualise cette dynamique par deux notions interdépendantes :
Le Périmètre : Le répertoire limité et routinier de comportements, d’émotions et de pensées dans lequel un individu est confiné. Semblable à la caverne de Platon, le périmètre agit comme une prison invisible perçue à tort par le sujet comme l’expression de sa liberté et de sa spontanéité.
La Vision du Monde Périmétrique (Perimetral Worldview) : L’infrastructure conceptuelle implicite, la « philosophie de vie » non formulée mais agie, qui justifie et maintient le périmètre. Elle représente la manière dont l’individu répond activement aux questions existentielles fondamentales (qu’est-ce que l’amour, l’authenticité, le rapport à autrui ?) à travers ses réactions quotidiennes.
Pour étayer cette conceptualisation, Lahav s’appuie sur ce qu’il nomme les penseurs transformationnels de l’histoire de la philosophie (Platon, les Stoïciens, Spinoza, Nietzsche, Buber, Marcel, etc.). Bien que ces auteurs divergent radicalement sur leurs systèmes métaphysiques, ils partagent l’axiome fondamental selon lequel l’état ordinaire de l’être humain est caractérisé par l’aliénation et l’illusion, mais qu’une transformation spirituelle ou philosophique permet d’accéder à une réalité plus vaste et authentique.
3. La Méthodologie Clinique : Un Processus en Deux Étapes
La mise en pratique de cette approche est illustrée de manière paradigmatique à travers l’étude de cas de Laura, une éditrice de 38 ans souffrant d’aliénation professionnelle et sociale. Lahav segmente l’accompagnement en deux phases distinctes mais interconnectées :
Étape 1 : Cartographier et Explorer le Périmètre
L’objectif initial est d’amener le consultant à prendre conscience des limites rigides de son fonctionnement. Dans le cas de Laura, l’analyse de ses interactions reveals un schéma récurrent : elle s’investit de manière excessive et directive dans la vie d’autrui pour pallier l’absence de sa propre vie intérieure.
Pour conceptualiser scientifiquement ce diagnostic, le conseiller philosophique introduit des outils théoriques issus de l’histoire des idées :
Le concept de déplacement motivationnel (motivational displacement) de Nel Noddings, pour interroger la nature de son investissement envers autrui.
La distinction entre les relations Je-Tu et Je-Cela de Martin Buber, ainsi que les perspectives phénoménologiques de Jean-Paul Sartre et d’Emmanuel Levinas sur l’Altérité.
Grâce à ces confrontations conceptuelles, Laura parvient à formaliser sa propre théorie périmétrique implicite : son moi est vide, et elle ne peut acquérir de la substance qu’en consommant ou en manipulant les récits de vie des autres.
Étape 2 : Le Dépassement du Périmètre et l’Éveil des Voix Dormantes
Une fois la « caverne » identifiée, le conseiller ne cherche pas à imposer de nouvelles règles comportementales par pure logique discursive, ce qui resterait superficiel. S’inspirant des Pensées pour moi-même de l’empereur stoïcien Marc Aurèle, Lahav cherche plutôt à réveiller une « voix » ou une disposition existentielle déjà présente mais étouffée chez le sujet.
En revisitant des expériences exceptionnelles (comme un moment de silence absolu vécu par Laura dans un parc ou le respect involontaire du deuil d’un voisin), Laura parvient à conscientiser une voix alternative : celle de l’écoute authentique et du non-interventionnisme.
L’objectif final n’est pas d’éradiquer la voix initiale du périmètre pour la remplacer par une autre (ce qui équivaudrait à changer de prison), mais de cultiver une polyphonie intérieure où le sujet apprend à naviguer de manière fluide et consciente entre ses différentes facettes existentielles.
4. Discussion Critique : Portée et Limites du Modèle de Lahav
L’approche de Ran Lahav offre des contributions majeures à l’épistémologie de la thérapie existentielle, tout en soulevant certaines questions méthodologiques importantes :
5. Conclusion
L’accompagnement philosophique orienté vers la transformation de soi de Ran Lahav propose un cadre rigoureux pour libérer l’individu des automatismes qui fragmentent son existence. En combinant l’analyse phénoménologique des habitudes quotidiennes avec la richesse conceptuelle de la philosophie occidentale, Lahav démontre que la philosophie ne doit pas rester confinée aux milieux académiques. Elle s’impose comme un outil d’émancipation clinique, capable d’accompagner l’être humain dans son éternel voyage vers une existence plus vaste, lucide et plurielle.
La méthode Brenifier fait ses preuves dans de très nombreux pays même si elle n’a jamais pris au Québec (…)
VOICI POURQUOI
Réponse de Laurence Bouchet
Dans cette analyse, les questions posées à l’IA sont orientées et contiennent souvent déjà leur conclusion. Il ne s’agit pas d’une enquête philosophique ouverte, mais plutôt d’une tentative de démontrer à l’avance que la méthode Brenifier est violente, dogmatique et contre productive.
Une véritable problématisation suppose pourtant de déplacer les angles de vue et de maintenir plusieurs hypothèses ouvertes.
Par ailleurs, le texte reproche à Brenifier de psychologiser ses contradicteurs (“ego blessé”, “résistance”, etc.), tout en procédant lui-même à une psychologisation massive de Brenifier : besoin de domination, rigidité défensive, intimidation, incapacité à se remettre en question, etc.
Enfin, lorsqu’un participant quitte un atelier ou se met en colère, cela est immédiatement interprété comme la preuve d’une violence de la méthode, sans envisager que certaines réactions puissent aussi relever d’une difficulté à supporter la contradiction ou d’une susceptibilité narcissique.
Ajout de Laurence Bouchet à sa réponse
Vous pointez les risques de la pensée agonistique mais vous sous-estimez les dangers du “confort herméneutique”.
L’absence de confrontation ne dissout pas les mécanismes de défense. Elle permet de se réfugier dans une parole infiniment nuancée, dans des récits sophistiqués ou dans des explications complexes qui contournent sans cesse le point problématique. Le discours donne alors une impression de profondeur tout en évitant de penser. La nuance ou la complexité servent comme protection contre toute mise à l’épreuve réelle des idées.
Certaines contradictions ou angles morts ne deviennent visibles qu’à travers un décentrement ou un inconfort intellectuel. Une partie importante de la tradition philosophique considère d’ailleurs que la pensée naît d’un heurt ou d’un décentrement (Socrate, Diogène, Montaigne, Kierkegaard, Nietzsche, Weil, Zhuangzi, Narsreddin)
La difficulté me semble donc être de penser non pas l’absence de confrontation, mais la manière dont celle-ci est menée : ouvre-t-elle un travail de pensée ou écrase-t-elle le sujet ? La méthode Brenifier fait ses preuves dans de très nombreux pays même si elle n’a jamais pris au Québec, il y a des centaines participants en Amérique latine, Italie, Espagne, Chine, Roumanie.
Les origines de l’aversion des Québécois aux chicanes et aux querelles
L’aversion des Québécois pour la « chicane » (les conflits ouverts, les querelles publiques) et leur forte inclination pour la culture du consensus ne relèvent pas du hasard. C’est le produit d’un long parcours historique, forgé par des impératifs géographiques, démographiques et sociaux.
Ce trait culturel s’explique principalement par quatre grands piliers historiques :
1. La survie en milieu hostile (L’esprit de communauté)
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les colons de la Nouvelle-France devaient faire face à des conditions extrêmes : des hivers rigoureux et un isolement géographique quasi total par rapport à l’Europe. Dans ce contexte, la solidarité n’était pas un choix moral, mais une stratégie de survie.
Si vous vous chicaniez avec votre voisin, vous perdiez la personne susceptible de vous aider à reconstruire votre grange après un incendie ou à vous ravitailler durant l’hiver.
Cet esprit de village a ancré l’idée que la cohésion du groupe doit passer avant les opinions individuelles.
2. Le traumatisme de la Conquête et le statut minoritaire
Après la Conquête britannique de 1759-1763, les Canadiens français sont devenus un peuple conquis, puis une minorité politique et linguistique au sein du Canada.
Pour survivre en tant que groupe face à une majorité anglophone et assimilatrice, il fallait absolument « se tenir ».
Afficher des divisions internes ou se quereller sur la place publique était perçu comme une faiblesse qui pouvait être exploitée par l’appareil colonial britannique. Le mot d’ordre implicite est devenu : « Pas de vagues, restons unis pour préserver notre langue, notre religion et nos droits. »
3. L’empreinte de l’Église catholique
Du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle (la période de la Grande Noirceur), l’Église catholique exerçait un contrôle social omniprésent sur la société québécoise. Le clergé valorisait énormément des vertus comme :
L’humilité
La soumission à l’autorité
La paix sociale et la charité chrétienne
Le conflit ouvert et la contestation étaient sévèrement réprouvés et assimilés au péché. L’évitement de la confrontation directe est donc devenu un réflexe social intégré sur plusieurs générations.
4. La Révolution tranquille et l’idéal égalitaire
Dans les années 1960, le Québec vit sa Révolution tranquille : il s’affranchit de la tutelle de l’Église et modernise ses institutions. C’est à ce moment que naît un puissant idéal égalitaire (qui se traduit aujourd’hui par le tutoiement facile, même en entreprise).
Pour maintenir cette égalité horizontale, la société a développé un mode de communication basé sur le compromis. Dans le monde du travail ou en politique, on cherche à ce que tout le monde soit à l’aise avec une décision, plutôt que d’imposer un choix par un rapport de force brutal. Un adage populaire résume parfois cette mentalité professionnelle : « Il vaut mieux avoir tort ensemble que raison tout seul. »
Résumé de la dynamique actuelle
Aujourd’hui, cela donne une société chaleureuse et pacifique, mais où l’expression du désaccord prend des formes plus subtiles. Là où d’autres cultures (comme en France) perçoivent le débat vigoureux et la confrontation d’idées comme un sport national sain, un Québécois y verra souvent une agression personnelle ou une menace à l’harmonie du groupe. Les conflits interpersonnels se règlent donc plus souvent en privé, avec diplomatie, pour éviter à tout prix de « chercher le trouble ».
Références historiques et bibliographiques
Perspectives interculturelles au travail (Québec-France)
Selon les observations de Dupuis et Segal (2022), le milieu professionnel québécois tend à percevoir le conflit ouvert comme une source d’anxiété collective et une menace directe à la cohésion d’équipe. Ainsi, contrairement aux dynamiques observables en France où la confrontation d’idées est valorisée, le contexte managérial québécois privilégie activement la recherche du compromis.
L’analyse comparative menée par Dupuis et Segal (2022) met en lumière un fossé culturel important : là où un gestionnaire français aborde le débat vigoureux comme un gage de rigueur, son homologue québécois y décèle souvent une rupture des règles du respect mutuel ou une « chicane » préjudiciable au climat de travail.
Psychologie sociale et culture contemporaine (Version Corrigée)
S’appuyant sur des décennies de données de sondages, Léger, Nantel et Duhamel (2016) identifient le caractère « consensuel » comme l’un des sept piliers fondamentaux de l’identité québécoise. Ils y démontrent que l’évitement de la confrontation directe ne relève pas de la passivité, mais d’une volonté collective de préserver l’harmonie du groupe, quitte à sacrifier le besoin individuel d’avoir raison.
Les auteurs du Code Québec (2016) associent directement cette aversion pour les querelles publiques à une profonde culture égalitaire et à une proximité « villageoise ». Dans cette optique, toute tentative d’imposer son point de vue par un rapport de force hiérarchique ou par un éclat de voix est perçue par la société québécoise comme une entorse majeure aux codes de civilité horizontaux.
Histoire des mentalités et sociologie des origines
Sur le plan historique, l’historien Gérard Bouchard (2001) explique que les exigences liées au développement d’une collectivité neuve en milieu pionnier, combinées au statut de minorité francophone en Amérique du Nord, ont historiquement forcé un resserrement des solidarités. Dans ce contexte de « survivance », la dissension interne et la querelle publique étaient perçues comme un danger direct pour la cohésion et la continuité du groupe.
Les recherches interculturelles basées sur le modèle de Hofstede (2010) démontrent que la culture québécoise se caractérise par une faible distance hiérarchique et une forte valorisation des dimensions dites « féminines », axées sur la qualité de vie, la recherche du consensus et l’harmonie relationnelle. À l’inverse de cultures plus compétitives ou confrontantes, la dynamique sociale au Québec perçoit la querelle ou la « chicane » comme un échec de la communication et une rupture destructrice du tissu communautaire.
RÉPONSE À LA PHILOSOPHE PRATICIENNE FRANÇAIS LAURENCE BOUCHET
Laurence, votre analyse met en lumière un angle mort fondamental de l’espace de discussion québécois : ce que vous nommez le « confort herméneutique » — cette tendance à utiliser la nuance infinie ou la complexité comme un bouclier pour éviter le heurt de la contradiction.
Cependant, pour comprendre pourquoi la méthode Brenifier se heurte à une telle résistance ici, il faut analyser d’où vient ce comportement. Les données historiques et sociologiques démontrent que l’évitement de la confrontation au Québec n’est pas une simple posture de confort intellectuel, mais un réflexe de préservation collective profondément ancré :
Un réflexe de survivance et de cohésion : Comme le met en lumière l’histoire des mentalités (Bouchard, 2001), pour une communauté pionnière en milieu hostile, puis pour une minorité francophone au sein de l’Amérique du Nord, la dissension interne — la « chicane » — a historiquement été perçue comme un danger de dissolution du groupe. L’unanimité était une stratégie de sécurité.
Une norme relationnelle stricte : Les enquêtes de psychologie sociale contemporaines (Léger, Nantel et Duhamel, 2016) confirment que le caractère « consensuel » et horizontal est une valeur cardinale au Québec. Dans ce cadre, hausser le ton ou traquer l’erreur de l’autre de manière frontale est instinctivement interprété comme une tentative de domination ou une rupture du contrat social de respect mutuel, et non comme un exercice philosophique sain (Dupuis et Segal, 2022).
Le nœud du problème est là : là où la méthode Brenifier repose sur le heurt socratique et la confrontation directe des idées, la culture québécoise s’est historiquement construite sur l’impératif de préserver la cohésion et la paix du groupe. Ce sont deux codes de civilité distincts qui s’affrontent, ce qui explique pourquoi cette pratique philosophique se heurte ici à une résistance systémique.
La philosophie appelle à une révélation suivie d’une conversion
La philosophie comme mode de vie
OBJET – OBJECTIF – MOYENS
Par Serge-André Guay, Observatoire francophone de la philothérapie
Introduction
Après deux ans d’observation et d’analyse de la philothérapie, j’ai lu 19 livres traitant directement du sujet, 23 livres traitant de la philosophie, 5 livres traitant de la philosophie et de notre société et 5 livres critiques du développement personnel. J’ai écouté des balados (podcasts) et des conférences et j’ai participé à des ateliers en ligne offerts par des philosophes praticiens. J’ai l’impression d’avoir fait le tour de la philothérapie francophone, notamment française. Et voici mes observations et mes conclusions.
OBJET
Vous n’avez pas idée jusqu’à quel point les gens confondent objet, objectif et moyen. J’y été confronté avec les clients de la firme en recherche marketing créée avec mon épouse et associée. Je proposais une approche scientifique obligeant de distinguer très nettement l’objet, l’objectif et les moyens mis en œuvre. Je demandais à chaque client de bien vouloir me préciser chacun de ces trois points. Le désordre sautait aux yeux. Par exemple, les responsables du marketing affirmaient que l’objet de l’étude était les consommateurs, l’objectif de vendre leurs nouveaux produits et le moyen de réaliser l’étude. Les bonnes réponses étaient (et demeurent) :
Objet : produit
Objectif: déterminer si le produit aura tous les pouvoirs utiles pour motiver les consommateurs à l’achat
Tests scientifiques (tester est un processus scientifique) mesurant les pouvoirs du produits sur les consommateurs ciblés.
Dans ce contexte, le consommateur n’est que le révélateur (allusion au révélateur en photographie) des pouvoirs du produit et non pas l’objet d’étude. Pourquoi ? Parce que la seule et unique chose sur laquelle l’entreprise a tout le loisir d’agir, c’est le produit lui-même. Malheureusement, encore de nos jours, les firmes de recherche marketing étudient les consommateurs, ce qui explique sans doute le taux d’échec de 80% des nouveaux produits mis en marché. Le consommateur conscient des questions qui lui sont adressées et de la perception qu’il donnera de lui-même par ses réponses, il dit une chose pour bien paraître aux yeux de l’intervieweur mais, en réalité, il fait autre chose. Une décision marketing fondée sur les opinions des consommateurs (groupes de discussion/focus group, sondages) n’assurent en rien le succès de la mise en marché du nouveau produit. (Voir mon livre numérique gratuit « Comment motiver les consommateurs à l’achat – Tout ce que vous n’apprendrez jamais à l’université.)
Cet exemple donné de la confusion entre objet, objectif et moyen, quant est-il en philosophie ? Voici ma proposition :
Objet : l’Homme (Être) ?
Objectif : Conversion à un mode de vie philosophique ?
Prise de conscience immédiate ?
Révélation ?
Moyen(s) : discours, dialogues et textes (méthode) ?
La philosophie a pour but l’adoption d’un mode de vie sain. On parle donc de la philosophie comme un mode de vie ou une manière de vivre. La philosophie ne se possède pas, elle se vit. La philosophie souhaite engendrer un changement de comportement, d’un mode de vie à celui qu’elle propose. Il s’agit ni plus ni moins d’enclencher et de soutenir une conversion à la philosophie.
La conversion en philosophie est un acte personnel qui consiste en un profond changement de regard sur soi et sur le monde. La conversion philosophique se rapproche de la conversion religieuse mais ne se confond pas avec elle.
Les intéressés par cette conversion en philosophie trouveront différentes définitions, notamment celle de l’écrivain et philosophe Gabriel Liiceanu :
« Non, la philosophie, étrange folie, présuppose un retournement, une périagogè, un chemin de Damas. Pour faire de la philosophie il ne suffit pas d’avoir des idées générales. La philosophie n’est pas le simple prolongement d’une science que l’on envisagerait alors d’un point de vue plus élevé. On ne fait pas de philosophie avec de la psychologie mais avec de la philosophie, c’est-à-dire en partant d’un aveuglement préalable avant que ne survienne l’illumination sur le chemin de Damas qui entraîne alors une conversion, une rupture, le saut dans un autre langage, langage défini par Hegel comme celui de la raison et qui diffère de celui de l’intellect.
Le philosophe Pierre Hadot est celui qui a mis au jour la philosophie comme mode de vie dans l’Antiquité chez les grecs. Il associe la philosophie à des « exercices spirituels » :
Dans la mesure même où elle est pratique d’exercices spirituels, la vie philosophique est un arrachement à la vie quotidienne : elle est une conversion, un changement total de vision, de style de vie, de comportement.
P. HADOT, Exercices spirituels, op. cit., p. 50.
Cité par Jean Greisch (Philosophe, Directeur du 3ème cycle de la Faculté de philosophie Institut catholique de Paris) dans son texte La conversion philosophique et ses effets publié dans La philosophie dans la Cité aux Presses universitaires Saint-Louis Bruxelles en 1997 (Publication sur OpenEdition Books : 28 mai 2019).
La conversion philosophie est largement discutée en raison de son importance dans l’adoption du mode de vie qu’elle recherche comme un effet sur les gens qui prêtent l’oreille à ses discours et participent à ses dialogues. Voici un extrait des premières lignes du Mémoire de Maîtrise Le stoïcisme impérial et la conversion philosophique de Jonathan Naud :
Le stoïcisme impérial et la conversion philosophique
Introduction
1. Problématique
Dans la recherche actuelle en philosophie ancienne, le thème de la « conversion » philosophique(1) revient fréquemment. Dans sa 6e lettre à Lucilius, Sénèque remarque que, dans sa quête de sagesse, il ne se contente pas de se corriger, mais il fait l’expérience d’une transformation(2). Comme le note Paul Veyne(3,) cette métamorphose est le fruit de la pratique de la vie philosophique. Cette idée que la philosophie entraîne un changement majeur dans la vie de tous les jours, bien qu’elle soit relevée par plusieurs chercheurs, est surtout analysée avec attention dans l’œuvre de Pierre Hadot(4) et les derniers travaux de Michel Foucault(5). En effet, leur intérêt pour ce phénomène est sans pareil dans le cercle des chercheurs contemporains.
Toutefois, malgré la présence depuis quelques années de ce thème dans un grand nombre de travaux portant sur la philosophie ancienne, la conversion philosophique a rarement fait l’objet d’une étude approfondie. Dans la très grande majorité des cas, l’existence d’une conversion philosophique est notée au passage sans que le sens de cette expression soit défini clairement. Non seulement Hadot et Foucault s’y intéressent davantage que les autres, mais ils se distinguent aussi en faisant de la conversion philosophique un objet d’étude en lui-même. Sous cet angle, leurs travaux sont d’un intérêt particulier pour celui qui souhaite mieux comprendre ce phénomène dans les écoles philosophiques de l’Antiquité.
Pourtant, malgré des affinités apparentes entre les études de Hadot et de Foucault, une lecture plus approfondie nous révèle des divergences importantes. D’une part, Pierre Hadot caractérise la conversion philosophique à l’aide de deux pôles principaux : l’epistrophê (désignant un mouvement de retour à l’origine) et la metanoia (désignant un repentir qui provoque une transformation/renaissance). Loin d’être opposés, ces deux pôles représentent plutôt deux mouvements présents à différents degrés dans les écoles philosophiques anciennes (du platonisme jusqu’au néoplatonisme) et dans le christianisme naissant. La conversion est selon lui une transformation de soi. D’autre part, Michel Foucault croit qu’il existe un troisième pôle, le « soi », qui aurait joué un rôle prédominant dans la période couvrant les deux premiers siècles de notre ère. Ce pôle aurait marqué le phénomène de la conversion au point qu’on pourrait parler, pour cette époque, d’une conversion à soi. La conversion serait alors une constitution du soi.
(…)
NOTES
(1) Par exemple : Michel Foucault, Le souci de soi, Paris : Gallimard, 1984, pp. 89-92; L’herméneutique du sujet, Paris: Gallimard/Seuil, 2001, pp. 199-219; Pierre Grimai, « Anatomie d’une conversion», Augustinus 32 (1987) : pp. 73-78; Pierre Hadot, Exercices spirituels et philosophie antique, Paris : Albin Michel, 2002, pp. 223-235 et p. 290; Introduction aux « Pensées » de Marc Aurèle, Paris : LGF, 2005, p. 491; Paul Veyne, « Préface », dans Sénèque, Entretiens. Lettres à Lucilius, Paris : Robert Laffont, 1993, p. XI; André-Jean Voelke, L’idée de volonté dans le stoïcisme, Paris: PUF, 1973, p. 136.
(2) Lettres à Lucilius 6,1.
(3) « Préface », dans Sénèque, Entretiens. Lettres à Lucilius, op. cit., p. CX-CXI.
(4) Cf. « Conversion », dans Exercices spirituels et philosophie antique, op. cit., pp. 223-235; ibid., p. 290; Introduction aux « Pensées » de Marc Aurèle, op. cit., p. 491.
(5) Cf. L’herméneutique du sujet, op. cit., pp. 182-183.
Dans son mémoire , Louis Charles Fauteux se penche sur la conversion selon Plotin. Il donne cette citation tirée de l’essai de Pierre Hadot : « On entre, pour ainsi dire, en philosophie comme on entre en religion, par une conversion qui provoque un changement total d’existence. » (Hadot, P., Plotin ou la simplicité du regard, Paris, Gallimard, 1997, p. 129.)
Mais il faut sûrement tout d’abord se méfier du mot lui-même. Le mot français a un sens bien différent, une connotation religieuse évidente pour chacun, que le terme grec, du moins à l’origine, ne connaît guère.
En effet, dans le terme même de conversion se cache une certaine polysémie. À l’origine, le mot conversion, du latin conversio, signifie l’action de tourner; il désigne donc un mouvement circulaire, une révolution mais en un sens purement physique, voire astronomique. Son premier sens renvoie donc à ce mouvement qui s’apparente à la carrière des astres; il s’agit d’un mouvement régulier, naturel, périodique. Ce mot latin correspond à deux mots grecs, ?????????, terme qui se rapproche le plus du sens premier de conversio, et ????????, qui signifie changement de pensée, repentir, et implique l’idée d’une mutation et d’une renaissance. Le christianisme préférera le second ; la philosophie, le premier. On voit la polysémie du mot conversion. Il y aura toujours pour nous une tension entre ces deux pôles,
entre cette conversion qui est retour, fidélité, et nécessité et celle qui est renaissance, rupture et libération(4). Et si l’on admet que la conversion est un phénomène purement chrétien, c’est justement parce que le christianisme aura insisté particulièrement sur la conversion comprise comme ????????, comme nouvelle naissance et de fait, c’est avec lui qu’apparaît un usage systématique du terme, la tradition philosophique lui préférant largement celui d’?????????.
Si, comme l’affirmait Bardy « l’idée d’une conversion, au sens que nous donnons aujourd’hui à ce mot, est restée pendant longtemps, peut-être jusqu’à l’avènement du christianisme, totalement étrangère à la mentalité gréco-romain (5) », cette notion d’????????? est tout de même largement développée par les philosophes, notamment chez les stoïciens et les platoniciens qui, dans la civilisation antique, bien plus que la religion traditionnelle, se préoccupait de la vie morale, de salut, de liberté et de bonheur, bref des questions qui à nos yeux relèvent davantage de la religion. Épictète concevait ainsi la philosophie : « C’est un cabinet médical, hommes, que l’école d’un philosophe : on ne doit pas, quand on sort, avoir joui, mais avoir souffert. Car vous n’y allez pas étant bien portants (6). » « On entre, pour ainsi dire, en philosophie comme on entre en religion, par une conversion qui provoque un changement total d’existence (7) », ajouterons-nous avec Pierre Hadot.
Et c’est au courant dit néoplatonicien que l’on doit la plus importante conceptualisation de la notion de conversion : « L’epistrophè néoplatonicienne résume toute une tradition qui, au-delà des Stoïciens, remonte à des intuitions plus primitives sur le rythme vital, notamment sur la respiration. Dans sa notion plus évoluée, l’epistrophè est la définition même de la vie spirituelle dans laquelle l’âme se replace dans le mouvement éternel de l’être : la perfection de l’être, c’est son retour vers sa propre source. En ce sens l’epistrophè est anamnèsis, réminiscence : elle mime l’unité originelle, antérieure à l’être (8). »
NOTES
(4) Tension qui s’apparente à celle que recèle l’ambiguïté d’un mot comme révolution.
(5) Bardy, G., La Conversion au christianisme durant les premiers siècles, Paris, éditions Montaigne, 1947, p. 9
(6) Épictète, Entretiens, III, 23, 30
(7) Hadot, P., Plotin ou la simplicité du regard, Paris, Gallimard, 1997, p. 129.
(8) Hadot, P., « Epistrophè et metanoia dans l’histoire de la philosophie » in Actes du XIème Congrès International de philosophie XII, Amsterdam, North-Holland Publishing Company ; Louvain, E. Nauwelaerts, 1953, p. 31-36
Fauteux, Louis Charles, La conversion chez Plotin, Mémoire de Maîtrise présenté à la Faculté des arts et des sciences en vue de l’obtention du grade de Maîtrise ès arts en sciences des religions, Université de Montréal, 2018.
« C’est une conversion qui bouleverse toute la vie, qui change l’être de celui qui l’accomplit. »
Pierre Hadot
La pratique philosophique et le souci de soi
Même si elle s’en démarque sur des points essentiels, la pratique philosophique telle que je propose de la mettre en place doit beaucoup aux philosophies de l’Antiquité et aux travaux de Pierre Hadot, qui sut montrer la spécificité de leur approche par rapport aux philosophies contemporaines.
Pierre Hadot a montré dans ses ouvrages, que dans l’Antiquité « l’acte philosophique ne se situe pas seulement dans l’ordre de la connaissance, mais dans l’ordre du soi et de l’être : c’est un progrès qui nous fait plus être, qui nous rend meilleurs. C’est une conversion qui bouleverse toute la vie, qui change l’être de celui qui l’accomplit. Elle le fait passer d’un état de vie inauthentique, obscurci par l’inconscience, rongé par le souci, à un état de vie authentique, dans lequel l’homme atteint la conscience de soi, la vision exacte du monde, la paix et la liberté intérieures ».
À l’instar de ce qui se passait dans l’Antiquité, celui qui s’adonne à la pratique philosophique ne se contente pas de théoriser par exemple sur les désirs naturels et les désirs vains chez Épicure, ou encore sur la joie ou la tristesse selon Spinoza, mais il examine à la lumière des concepts de ces philosophes ce qui se passe en lui.
Source : BOUCHET, Laurence (professeur de philosophie et philosophe praticienne, La pratique philosophique est-elle une thérapie ? Site web : https://www.laurencebouchet-pratiquephilosophique.com/ ), La pratique philosophique est-elle une thérapie ?, Diotime, n°70 (10/2016) .
La philosophie comme mode de vie – Faire vivre la philosophie?! Rappeler que celle-ci était d’abord un exercice, une pratique de transformation de soi, c’est-à-dire un art de vivre. Dans cette synthèse unique, l’auteur retrouve les grandes écoles antiques et enrichit son analyse de plusieurs thèmes qui ont fait l’objet de travaux érudits par Pierre Hadot et Michel Foucault. Sans équivalent dans la bibliothèque québécoise, ce livre sert désormais de référence sur le sujet. «?La philosophie comme mode de vie est un ouvrage atypique qui se situe à mi-chemin entre un ouvrage grand public et un texte spécialisé. L’auteur s’y est donné l’ambitieux défi de produire un texte qui pourrait conduire le lecteur à un effort de transformation de soi.?» Benoît D’Amours, Laval théologique et philosophique, 70-2, 2014.
Pour souligner la portée pratique du savoir philosophique, analysons un dernier extrait. Notre passage est tiré de la Lettre VII de Platon dont le contexte est le suivant. Platon fit trois voyages à Syracuse : un premier, lors duquel il se lia d’amitié à Dion et affronta le tyran Denys ; les deux autres, à la demande de Dion, pour former son fils, Denys II, à la philosophie. Le dernier voyage, toutefois, s’expliquait plutôt mal, car Platon était hostile au despotisme du tyran et la mission de conseiller politique était devenue périlleuse. D’où la nécessité de justifier son action. Comme dans le premier extrait, nous avons affaire ici à une justification de la vie philosophique. Mettant l’accent sur la tâche que se prescrit le philosophe, Foucault rappelle que Platon voulait se montrer capable de passer à l’action, prouvant ainsi que la philosophie n’est pas qu’un discours (24). La question est la suivante : à quelle condition Platon peut-il réussir à convertir Denys II à la philosophie ? Pour faire comprendre toute la difficulté à laquelle il s’attaquait, Platon a établi dans le passage qui suit une comparaison entre le conseil philosophique et celui du médecin :
Quand on donne des conseils à un homme malade et qui suit un mauvais régime, la première chose à faire pour le ramener à la santé est de changer son mode de vie. et si le malade accepte d’obéir, il faut dès lors lui faire d’autres recommandations. en revanche, s’il refuse, celui qui renoncerait à conseiller un tel malade, je le tiendrais pour un homme et pour un médecin ; mais celui qui se résignerait, je le tiendrais au contraire pour quelqu’un qui n’est ni un homme ni un médecin. et il en va bien de même pour une cité, qu’elle ait à sa tête un seul homme ou plusieurs. S’il s’agit de conseiller […] un régime politique qui suit comme il convient la bonne voie, donner ces conseils aux dirigeants d’une telle cité serait le fait d’un homme de bon sens. Mais s’il s’agit de conseiller des dirigeants qui s’écartent tout à fait d’un régime politique correct […] celui qui se résignerait à donner ce genre de conseils, je le tiendrais pour quelqu’un qui n’est pas un homme […] Voilà donc l’état d’esprit qui est le mien quand quelqu’un vient me demander conseil sur un des points les plus importants de sa vie […] (25)
Que retenir de ce passage ? Il en va en politique comme en médecine et en philosophie. Le politique, s’il veut être conseillé par le philosophe, devra changer son régime de vie, sinon, comme le fait le médecin, le vrai philosophe cessera de lui prodiguer ses conseils. La portée réelle ou l’utilité de la philosophie devrait conduire à un changement de vie. Platon a cherché à obtenir un tel effet sur Denys le Jeune ; il espérait une conversion, il s’attendait à ce que son discours soit écouté, mis en pratique puis intégré à l’existence(26). La conclusion qui s’impose est celle-ci : on ne peut réduire la connaissance philosophique à une stricte argumentation ni à un simple discours, car celle-ci vise à un effet pratique.
DESROCHES, Daniel, La philosophie comme mode de vie, Chapitre I – À la croisée des chemins, Presses de l’Université Laval, 2014, pp.21-22.
Mode de vie et conscience
Nous n’avons pas conscience de notre mode de vie par manque de recul face à notre vie. Quelques questions peuvent surgir sous la pression sociale et forcer la prise de conscience de quelques aspects de notre mode de vie. C’est notamment le cas de l’impact de notre mode de vie sur l’écologie, l’environnement, la Nature, la consommation… Mais rares sont les prise de conscience impromptues sur le rapport de notre mode de vie avec soi-même. À la fois lié en partie à nos réactions involontaires, en partie à notre conscience et en partie à notre inconscient, notre mode de vie s’inscrit dans un spectre très large, celui de notre civilisation et de sa culture.
Ainsi faut-il que la philosophie comme mode de vie soit aussi comme un mode de vie de la conscience, en à la conscience. Il ne s’agit pas de la vie intellectuelle mais du mode de penser de la conscience dans son mode de vie. Après la conversion à un mode de vie philosophique, nous ne penserons plus comme avant. Car être révélé à soi-même implique nécessairement une prise de recul immédiate qui change tout en sa conscience.
Un mode de vie philosophique subjectif
La philosophie n’est pas objective mais subjective. Elle nous appelle subjectivement et nous y réagissons subjectivement. Cette subjectivité incontournable modèle nos perceptions et nos réflexions au sujet de la philosophie. Autrement dit, le mode de vie philosophique est subjectif et permet ainsi une adaptation personnalisée.
La conversion n’est que le commencement du voyage vers SON mode de vie philosophique. La personne se retrouve sur le quai de la gare. Elle doit choisir une destination et choisir son train en fonction de l’itinéraire. Le voyage est soit personnel soit organisé (en groupe). Dans ce dernier cas, il s’agira d’une conversion à l’une ou l’autre des écoles de penser philosophiques, à un mode de vie prêt à porter. Elle rejoindra une communauté. Dans le cas d’un voyage personnel, seule en charge, la personne choisira non seulement une destination et son itinéraire mais aussi son moyen et sa vitesse de déplacement pour atteindre son but. Elle peut faire le tour des différentes écoles de penser et s’en inspirer ou non pour bâtir son propre mode de vie philosophique. Dans tous les cas la démarche demeure subjective.
L’honnêteté avec soi-même pour contrer le risque de dérapage
La conversion, pour qui en est témoin, comprend une sérieux risque de dérapage. On veut convertir tout le monde autours de soi voire le monde entier ! La conversion, toute conversion, peut s’accompagner d’un élan de folie. Et se buter au refus de ses proches peut entraîner une coupure radicale du lien avec ces derniers. Si entrer en philosophie, c’est comme entrer en religion, il faut éviter le sectarisme où cet élan de folie sera encouragé et maintenue à son plus haut et permettra ainsi la manipulation, la perte de la liberté.
Je ne vois qu’un seul moyen de réduire ce risque de dérapage à sa plus simple expression : faire preuve d’honnêteté envers soi-même pour rester maître de soi-même. Comment ? En prenant conscience de ses limites de la connaissance de soi, de ses croyances, de ses pensées et de ses valeurs et respecter ces limites. La conversion n’est pas une invitation à se lancer à corps perdu dans une croisade et, d’ailleurs nous n’en avons jamais les moyens dès le départ.
Changement de comportement
Cette conversion implique d’emblée un changement de comportement. On trouve plusieurs études au sujet du changement de comportement en différentes disciplines et de multiples contextes. Or, ces études n’offrent pas la clé du changement de comportement.
Le changement de comportement implique soit un long processus de travail sur soi, souvent sans fin ultime, soit un processus quasi instantané, sans effort particulier.
Il faut donc revenir à l’essentiel en se limitant à observer ce qui entraîne les changements de comportement chez un individu. Selon le chercheur américain en étude des motivations, Louis Cheskin, dont j’ai personnellement expérimenté la méthode pendant 5 ans auprès de différentes entreprises québécois, le changement de comportement intervienne à la suite :
d’une révélation;
ou
d’un traumatisme.
RÉVÉLATION
Phénomène par lequel une réalité cachée ou ignorée se manifeste, s’impose soudainement à la conscience ou à la connaissance; prise de conscience immédiate, découverte par voie d’intuition, d’inspiration, d’illumination. Cette espèce d’instinct, plus sûr que le raisonnement, qui, par une révélation intime, soudaine, profonde, donne à chacun comme la vive intuition de ce qui est au fond de toutes les âmes (Lamennaisds L’Avenir, 1831, p. 351).[Une impression] si particulière, si spontanée, qui n’avait été ni tracée par mon intelligence, ni atténuée par ma pusillanimité, mais que la mort elle-même, la brusque révélation de la mort, avait, comme la foudre, creusée en moi, selon un graphique surnaturel, inhumain, comme un double et mystérieux sillon (Proust,Sodome, 1922, p. 759).
Quant au traumatisme, en terme médicale, il s’agit d’un « Ensemble de manifestations locales ou générales provoquées par une action violente sur l’organisme », et en terme psychologique, d’un « Violent choc émotionnel provoquant chez le sujet un ébranlement durable» (GDEL). Traumatisme affectif, psychologique, psychique. »
Traumatisme – Ortolang – Outils et Ressources pour une Traitement Optimisé de la LANGue, Centre National de Ressources Textuelles et Lexicale (CNRTL), consulté le 28 février 2024.).
La révélation contenue dans un dialogue, un discours ou un texte engendrera une prise de conscience immédiate et suivra le chemin habituel dans le cerveau de l’individu le conduisant à un changement de comportement tout aussi immédiat. Au départ, les sens entrent en jeux, suivis par la perception qui résulte des sensations, acheminée ensuite au schéma de références de l’individu, puis une é-motion et une motion (comportement). Le comportement demeure un acte physique. Un mode de vie philosophique relève aussi de l’adoption d’un comportement physique, dans ce cas précis, facilité par la prise de conscience immédiate engendrée par la révélation ou le traumatisme. La cohérence entre le comportement de l’esprit et celui du corps émerge comme un allègement drastique des difficultés connus des changements de comportement volontaires et travaillés de longue haleine.
Le changement de comportement, dans le cas d’une révélation ou d’un traumatisme, est donc involontaire; il ne s’agit pas d’une décision volontaire même si on pourra le justifier comme tel pour expliquer après-coup son changement de comportement.
MOYENS
Discours, dialogues, textes
La philosophie dispose de trois moyens principaux pour parvenir à cette fin : le discours et le dialogue et les textes.
1- Discours
J’ai animé plus de 350 conférences en éducation aux médias de 1983 à 1987 devant plus 35,000 personnes, majoritairement des adolescents fréquentant les écoles secondaires québécoises. Je poursuivais deux objectifs, le premier très officiel présenté aux autorité scolaire, le second. plus subtile, visait un changement de comportement par une prise de conscience immédiate. L’objectif officiel était simple : développer le sens critique des jeunes face aux médias, y compris la musique qu’ils aiment, cette dernière étant classé parmi les médias. Le second objectif, plus subtil, non déclaré, ciblait le comportement même des jeunes face à eux-mêmes, leurs valeurs et leur vie en société.
La conférence la plus populaire s’intitulait « La musique Rock et la déformation de l’information ». Je commençais chaque conférence en donnant le choix aux jeunes entre une conférence laïque ou une conférence confessionnelle chrétienne. À cette époque, bon nombre de groupes Rock progressif et Heavy Metal parlait dans leurs chansons de l’enfer, du diable, du 666 de l’Apocalypse et autres sujets tirés de la bible. Je promettais aux jeunes d’expliquer ces références à la bible uniquement dans la conférence confessionnelle chrétienne. Il va sans dire que les jeunes préféraient cette approche dans l’espoir de comprendre toutes ces références bibliques.
Je devais prendre les jeunes et les amener du point A au point Z, non pas comme on le fait d’habitude en se limitant à une démarche du point A au point B. En me rendant jusqu’au Z, je m’assurais d’une démarche complète, c’est-à-dire avec une prise de conscience immédiate par RÉVÉLATION d’eux-mêmes sur eux-mêmes. Et j’ai eu la confirmation du changement de valeurs et de comportement de plusieurs jeunes à la lecture du courrier qu’il m’adressait, travail exigé par les écoles à la suite de mon passage.
Mais une telle intervention auprès des jeunes ne se fait en 45 minutes, temps généralement alloué à une période de cours. J’exigeais des écoles une dispense de 2½ heures de cours. Plusieurs directeurs d’école me disaient que leurs élèves ne tiendraient pas en place au cours d’une si longue conférence puisqu’ils s’agitaient déjà au bout de 20 minutes dans leur période de cours de 45 minutes. Une seule directrice d’école ne m’a pas accordé les 2½ heures nécessaires pour une conférence complète. Elle insistait sur une conférence de 45 minutes. Alors au bout de 45 minutes de conférences, j’ai demandé aux jeunes s’ils voulaient que je poursuive la conférence où que j’y mette fin. Tous les jeunes ont demandé la suite de la conférence jusqu’à la fin. La directrice de l’école a été forcé d’accepter.
Pour animer une conférence de 2½ heures, debout et en mouvement sur la scène de l’auditorium ou dans le gymnase de l’école, je me devais d’attirer l’attention, la retenir, et ceci fait, je pouvais communiquer avec les jeunes.
Pour y parvenir, la conférence devenait rapidement spectacle parce que j’actais mes propos, un atout de plus dans ma poche. Aussi, je projetais de nombreuses diapositives sur écran et je faisais entendre de nombreux extraits de la musique dont j’entretenais les jeunes.
La conférence tenait en deux volets, juxtaposés. Le premier concernait la déformation de l’information. Je prenais en exemple un article de presse, souvent sensationnel, et je remontais à la source en prenant les articles précédant jusqu’au journaliste à l’origine de la première publication de la nouvelle.
Plus de 9 mois de recherche et 5,000$ CAD avaient été nécessaires pour une solide démonstration de la déformation de l’information par les médias… suivant leurs lignes éditoriales et leurs valeurs.
Le second volet concernait les jeunes eux-mêmes à savoir si leurs valeurs dans le choix de leur musique étaient bel et bien alignées sur leurs comportement. Et c’est aux moments d’aborder la question des valeurs, avec beaucoup d’humour, que je parvenais à une prise de conscience immédiate, à une révélation d’eux-mêmes à eux-mêmes.
En 1983, j’étais âgé de 23 ans et ce fut la première expérience de ma vie avec un impact réel sur les comportements, en l’occurrence, celui des jeunes et de leurs parents. Car la conférence à l’école le jour était suivie d’une autre conférence, le soir, pour les parents. Et si les jeunes voulaient aussi assister à la conférence en soirée, ils devaient obligatoirement être accompagnés de leurs parents.
Les jeunes et leurs parents avaient droit au chapitre, sous mes ordres. Je pointais régulièrement des jeunes et des parents en particulier au cours de ma conférence afin de les questionner, de les confronter.
Je ne tolérais aucun échange entre leurs jeunes pendant la conférence, qui j’arrêtais volontiers pour ramener à l’ordre ceux qui ne respectaient pas la consigne. « Si vous parlez en même temps que moi, vous n’entendais pas ce que j’ai vous dire et vous allez peut-être raconter des conneries à mon sujet en sortant de la salle » disais-je. Je n’acceptais pas également qu’un jeune envisage de passer 2½ heures avec moi avec son manteau sur le dos, c’était souvent le cas de gars en veste de cuir : « Tu vas finir par avoir chaud. Tu vas te tortiller sur ta chaise pour enlever ton manteau. Tu sera en sueur et ce ne sera pas de bonne odeur pour tes voisins. Enlève-le donc maintenant avant que je commence ». Et les jeunes s’exécutaient avec un sourire aux lèvres face à mon comportement tout autant hautain qu’arrogant. Bref, je prenais l’auditoire à bras de corps.
Pourquoi je témoigne ici de cette période de ma vie de jeune adulte conférencier ? Pour souligner l’importance du discours et de sa structure, des émotions et des attitudes, nécessaires pour provoquer une prise de conscience immédiate. Je le constatais non seulement dans leurs écrits mais aussi à leurs commentaires et leurs questions à fin de la conférence alors que plusieurs se massaient devant la scène.
« Je ne te parle pas. Je parle à ton cerveau. Il me semble plus intelligent que toi » dis-je parfois à un jeune ou un parent dans la salle.
Communiquer en livrant son témoignage personnel et transmette des informations vérifiées et vérifiables ne suffisent pas pour tenir un discours philosophique.
Il n’y a pas de recette pour bâtir et tenir un discours philosophique initiatique d’une prise de conscience immédiate et engendrer une révélation si ce n’est de très bien connaître son auditoire et sa culture. J’oubliais, il faut aussi avoir vécu soi-même un telle prise de conscience immédiate et une telle révélation pour parcourir de le chemin du A à Z et animer à une grande force de conviction.
Le discours peut être tenu à une seule personne. Un jour, dans la vingtaine, je fais une nouvelle rencontre avec une personne qui deviendra un ami. Il me témoigne de sa quête d’un sens à sa vie, une quête sans queue ni tête, dans un désordre complet, sautant du Discours de la méthode de Descartes à L’imagination constructive : principes et processus de la pense?e cre?ative et du brainstorming de Alexander Faickney Osborn à La dianétique du fondateur de la Scientologie L. Ron. Hubbard à… Il s’entourait de livres de toutes sortes, pèle-mêle dans son chambre devenue un véritable salon de lecture. Un désordre tel y régnait que je ne pouvais que me l’expliquer par un désordre similaire en son esprit.
Nous voulions mieux nous connaître et un soir il me laissa la parole. Je lui ai tenu un discours qui racontait ma vie et l’histoire de mes idées et de mes prises de conscience dans un tel ordre qu’il fut épaté après seulement seulement une trentaine de minutes. Je lui ai alors proposé de nous trouver un endroit où je pourrais poursuive mon histoire. Il me proposa le chalet d’été de sa famille. Nous étions en plein hiver et pour atteindre ce chalet, sans isolation, il fallut traverser à pied un grand lac gelé, balayé par un vent de grand froid et des bourrasques de neige. Nous sommes arrivés au chalet complètement gelé. Seul un tout petit poêle à bois permettait d’envisager de nous réchauffer. Nous avons donc allumé un feu de bois qui s’avéra peu efficace. Nous nous sommes donc installés en plaçant nos chaises tout près de ce poêle à bois, emmitouflé de plusieurs couvertures qui ne nous empêchaient pas de temps en temps de grelotter. Je lui ai tenu un discours sur ma vie, son organisation, l’histoire et le classement de mes idées, suivant rigoureusement, par chaque chapitre, introduction-développement-conclusion. Mon discours a duré huit heures sans arrêt, si ce n’est des pauses pipi. Puis, nous sommes allés nous coucher. Au levée, il ne dit pas un mot sur mon discours. Il semblait estomaqué. Le seule échange fut pour orchestré notre retour en ville. Au cours de voyage, il ne dit toujours pas un mot et je me suis joint à lui dans son silence.
Lors de la rencontre subséquente, il me témoigna de son étonnement admiratif envers l’organisation de mes pensées et l’historique rigoureux de la vie de mes idées dont j’avais fait la démonstration dans mon discours. Il avait eu une révélation. Tout le monde n’était pas perdu dans ses pensées. Toute le monde ne menait pas une vie de l’esprit désorganisée. Il entreprit de faire le ménage dans sa vie, y compris dans son esprit. Bref, il changea de comportement.
Mais il rencontrait une énorme difficulté : il ne savait pas dire non, se dire non ! Le classement de ses idées et des informations dont il disposait de par ses lectures semblaient impossible, surtout sur le plan des valeurs.
Lorsqu’une personne ne sait pas se dire non, on ne peut pas être directif, c’est-à-dire lui dire à quoi dire, et on peut pas dire non à sa place. Jusque-là, j’avais 20 ans, le seul moyen dont je disposais pour apprendre à une personne à dire, c’était de me sacrifier, de m’offrir comme source d’un non décisif. Bref, j’amenais la personne à me dire non dans l’espoir qu’elle en tire une prise de conscience profonde et durable dans le temps, quitte à la perdre comme ami. Mon seul arme : lui dire la vérité sur elle-même ou sévir avec une critique telle que la personne me dira non. Et je n’y allais avec le dos de cuillère, avec des grenades ou des missiles, mais plutôt avec une bombe nucléaire. Bref, je violais l’esprit de la personne jusque dans ses valeurs et convictions les plus profondes, existentielles. Évidemment, la personne me servait un NON retentissant. Elle venait d’apprendre à dire non. Mais elle mettait fin sur-le-champ à notre amitié. Est-ce que cet apprentissage fut mis à profit par la suite ? Je ne sais. J’ai appris qu’il avait choisi un seule voie, celle de La dianétique du fondateur de la Scientologie L. Ron. Hubbard, ce qui impliquait d’avoir dit non à toutes les autres voies qu’ils exploraient. Je n’approuvais pas ce choix mais il n’en su rien. Je n’ai donc pas relevé le défi de lui apprendre comment faire des choix éclairés parce que je ne me sentais pas à la hauteur face à sa conversion religieuse (scientologie).
2- Le dialogue un à un
Parler à la fois de « dialogue » et de « philosophie » nous conduit dans l’ornière du dialogue socratique fondé sur le questionnement de l’Autre jusqu’à ce qu’il se contredise et admettre enfin qu’il ne sait pas vraiment de quoi il parle, qu’il est ignorant de ce dont il parle, point de départ pour que l’Autre se mette enfin à la recherche de ce qu’il ignore sachant maintenant qu’il a conscience de qu’il ignore.
Je ne suis pas un adepte de cette pratique du dialogue socratique, du moins ce qu’elle est devenue aujourd’hui, une technique rigide voire dogmatique. Je l’ai expérimentée à trois reprises avec différents philosophes praticiens et je n’ai pas aimé le traitement qui me fut réservé.
Le recours à des questions fermées avec deux choix de réponses (oui ou non), la répression de mon être émotionnel, l’interdiction de se justifier au-delà d’une seule phrase et de se référer à l’historique de son idée, à son passé, font de cette pratique contemporaine du dialogue socratique qu’il perd sa nature même de dialogue.
Cabinet du Dialogue Socratique
COMMENT ÇA MARCHE :
Actualisée, la maïeutique antique de Socrate prend aujourd’hui la forme d’une technique visant à poser de BONNES questions au BON moment et à analyser mot par mot / élément par élément les réponses reçues en retour dans le but de relever les contradictions, identifier le fond du problème et prendre conscience des moyens de sa résolution. Il s’agit du processus de prise de conscience où votre réflexion se libère de la piège émotionnelle devenant ainsi lucide et rationnelle. La solution de votre problème vient ainsi à vous comme une évidence. Ce n’est pas votre inconscient qui m’intéresse, c’est votre pleine conscience. La technique socratique n’a rien à voir avec la psychanalyse, ni avec la programmation neurolinguistique type PNL, ni avec les pratiques énergétiques ou spirituelles, cela relève uniquement du domaine de la psycho-linguistique et de la philosophie pratique veillant sur la lucidité, la logique et la cohérence entre les pensées et les mots utilisées.
Le dialogue implique explicitement un échange libre et respectueux de votre Être tout entier, votre Être raisonné et votre Être émotionnel. Ce ne fut pas le cas. Je n’ai pas joui d’un échange libre et respectueux. Être questionné ne me dérange pas, au contraire, j’aime bien chercher les fondements de mes pensées, des réponses à des questions existentielles, constater que je fais des erreurs de pensée, que je me trompe… Mais je déteste la répression agressive par limitations de ma liberté de parole lors d’une discussion car, dans ce cas, il n’y a pas un véritable dialogue
2. Les caractéristiques du dialogue philosophique
Le mode d’énonciation du dialogue philosophique s’apparente à celui du théâtre. Il appartient au discours. La forme du dialogue philosophique est cependant plus libre, moins soumise au découpage strict des scènes et des actes.
Le dialogue constitue l’essence même de la démarche philosophique. En effet, ne disposant d’aucune certitude absolue, la philosophie se déploie comme un jeu de questions et de réponses constituant des thèses perpétuellement ré-examinées et re-questionnées.
Il y a plusieurs types de dialogues philosophiques.
a. Le dialogue dialectique
Dans le dialogue dialectique, les interlocuteurs sont égaux. Leurs arguments se complètent au fil du discours et ils parviennent, à la fin, à faire émerger la vérité.
b. Le dialogue polémique
Dans le dialogue polémique, deux points de vue diamétralement opposés s’affrontent.
La recherche de la vérité n’est pas l’objet de ce type de dialogue. Il est plutôt question de l’emporter sur l’autre.
c. Le dialogue didactique
Le dialogue didactique ressemble au dialectique, mais les deux interlocuteurs ne sont pas égaux : l’un en sait plus que l’autre et lui transmet son savoir par le biais du dialogue.
Dans sa pratique contemporaine du dialogue socratique, le philosophe praticien ne se donne pas la peine de repérer la style interpersonnel de son client. Il lance un dialogue indifférencié ou inadapté à son client. Je soupçonne qu’ils ne savent pas comment le faire. On n’aborde pas une personne dans son cabinet de consultation philosophique en le renvoyant d’emblée dans les cordes.
J’ai travaillé dans les médias d’information à titre de chroniqueur, journaliste et rédacteur en chef invités à plusieurs occasions tout au long de ma vie professionnelle. Je connais bien les techniques d’interrogation journalistique, notamment, celle voulant qu’on ne prépare qu’une seule question, les autres s’attachant à la réponse de l’interviewé. Or, il ne me serait jamais venu à l’idée d’apostropher mon hôte, de réprimer ses émotions, de limiter sa liberté de parole, de l’empêcher de me répondre à sa guise, bref, de se révéler à moi.
Et c’est bien là tout le problème du dialogue socratique : il se tient sans que le philosophe praticien permette à son client de se révéler dans son mode de pensée. L’objectif du philosophe praticien est de vous pousser à la contradiction dans l’espoir d’une prise de conscience de votre ignorance sur la base de cette contradiction.
Est-ce encore pertinent de nos jours de diagnostiquer la contradiction comme une ignorance dans une relation d’aide ? Apprendre que je me contredits ne m’aide pas réellement. Me voilà avec un problème de plus : je suis ignorant. Comment puis-je trouver la motivation nécessaire dans cette prise de conscience qui ne révèle qu’un fait objectif me concernant pour me mettre à recherche de la réponse à ma question existentielle ? Je me trompe et puis après. Dois-je comprendre de mon erreur que je suis ignorant pour autant ? Tout le monde se trompe et se contredit, souvent sans le savoir. Or, si le dialogue socratique n’a pour but que de me faire prendre conscience que je me trompe, je le sais déjà, et que je suis ignorant, c’est admissible aisément et en toute logique sur tout ce que je ne connais pas.
Je suis ignorant à l’instar du philosophe praticien devant moi.
« Je sais que je ne sais rien. » – Socrate
Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien (en grec ancien : ?? ???? ??? ????? ???? hén o?da hóti oudèn o?da, et en latin « scio me nihil scire ») est une maxime attribuée par Platon au philosophe grec Socrate. Elle se trouve dans l’Apologie de Socrate (21d), dans le Ménon (80d 1-3) et dans Hippias mineur (372b-372d).
Elle est également connue sous la citation « Le premier savoir est le savoir de mon ignorance : c’est le début de l’intelligence » et sous sa traduction littérale du grec ancien : « Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien » ou « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ».
Dans sa pratique du dialogue socratique, le philosophe praticien présuppose que son client prend pour vrai ce qu’il pense, qu’il croit en ce qu’il sait, et s’avance ainsi dans sa vie… dans l’ignorance dont il n’a pas conscience. Croire dans ce que je pense parce que je le pense et/ou croire en ce que je sais, ne relève pas de l’ignorance mais d’erreurs de pensée, de biais cognitifs et, surtout de l’absence de tout doute et de son bénéfice.
Commettez-vous des erreurs de pensée ?
Les dix distorsions cognitives selon David D. Burns, M.D., Être bien dans sa peau
Le tout-ou-rien : votre pensée n’est pas nuancée. Vous classez les choses en deux seules catégories : les bonnes et les mauvaises. En conséquence, si votre performance laisse à désirer, vous considérez votre vie comme un échec total.
La généralisation à outrance : un seul événement malheureux vous apparaît comme faisant partie d’un cycle sans fin d’échecs.
Le filtre : vous choisissez un aspect négatif et vous vous attardez à un tel point à ce petit détail que toute votre vision de la réalité en est faussée, tout comme une goutte d’encre qui vient teinter un plein contenant d’eau.
Le rejet du positif : pour toutes sortes de raisons, en affirmant qu’elles ne comptent pas, vous rejetez toutes vos expériences positives. De cette façon, vous préservez votre image négative des choses, même si elle entre en contradiction avec votre expérience de tous les jours.
Les conclusions hâtives : vous arrivez à une conclusion négative, même si aucun fait précis ne peut confirmer votre interprétation.
L’interprétation indue. Vous décidez arbitrairement que quelqu’un a une attitude négative à votre égard, et vous ne prenez pas la peine de voir si c’est vrai.
L’erreur de prévision. Vous prévoyez le pire, et vous êtes convaincu que votre prédiction est déjà confirmée par les faits.
L’exagération (la dramatisation) et la minimisation : vous amplifiez l’importance de certaines choses (comme vos bévues ou le succès de quelqu’un d’autre) et vous minimisez l’importance d’autres choses jusqu’à ce qu’elles vous semblent toutes petites (vos qualités ou les imperfections de votre voisin, par exemple). Cette distorsion s’appelle aussi « le phénomène de la lorgnette ».
Les raisonnements émotifs : vous présumez que vos sentiments les plus sombres reflètent nécessairement la réalité des choses : « C’est ce que je ressens, cela doit donc correspondre à une réalité.
Les « dois » et les « devrais » : vous essayez de vous motiver par des « je devrais… » ou des « je ne devrais pas… » comme si, pour vous convaincre de faire quelque chose, il fallait vous battre ou vous punir. Ou par des « je dois ». Et cela suscite chez vous un sentiment de culpabilité. Quand vous attribuez des « ils doivent » ou « ils devraient » aux autres, vous éveillez chez vous des sentiments de colère, de frustration et de ressentiment.
L’étiquetage et les erreurs d’étiquetage : il s’agit là d’une forme extrême de généralisation à outrance. Au lieu de qualifier votre erreur, vous vous apposez une étiquette négative : « Je suis un perdant ». Et quand le comportement de quelqu’un d’autre vous déplaît, vous lui accolez une étiquette négative : « C’est un maudit pouilleux ». Les erreurs d’étiquetage consistent à décrire les choses à l’aide de mots très colorés et chargés d’émotion.
La personnalisation : vous vous considérez responsable d’un événement fâcheux dont, en fait, vous n’êtes pas le principal responsable.
Bien sûr, apprendre que je me contredits peut soulever un doute sur ce que je crois savoir. Mais ce n’est pas par ignorance mais plutôt par manque de cohérence, de logique. Et entre en jeu la confiance en moi, en « mon » savoir. Le dialogue socratique revient à dire à la personne qu’elle ne peut pas ou plus se faire confiance et faire confiance en son savoir.
Le dialogue socratique dirige une lumière directement dans les yeux de la personne interpelée alors qu’elle vit dans le noir. Le seul effet est de l’aveugler, de la blesser, et d’éveiller ses mécanismes de défenses involontaires et inconscients. Cet aveuglement ne réveille pas l’intelligence afin qu’elle se mette à recherche de la vérité.
Avant d’être un mode de vie, la philosophie est d’abord et avant un mode, une manière de penser. C’est cette manière de penser qui cause problème au départ et qui doit avant attirer et retenir l’attention du philosophe praticien. Il ne doit pas non plus de concentrer sur sa technique de questionnement mais plutôt sur la personne avec laquelle il veut lancer un dialogue.
Personnellement, je questionne l’intelligence émotionnelle des philosophes praticiens dans la pratique du dialogue socratique, une pratique dogmatique.
Je le répète depuis l’âge de 15 ans : « La lumière entre par les failles ». Créer un faille dans la manière de pensée s’accompagne d’une très grande responsabilité dans le soin de la personne ainsi éclairée, aveuglée. On ne déstalise pas une personne en son esprit sans lui tenir fermement la main pour lui éviter une chute subitte en elle-même.
La FAILLE dont je parle, c’est le DOUTE et il suffit à la tâche. Également lié à la confiance en soi, le doute peut la renforcer. « Je peux avoir confiance en moi car je doute. » « Je ne peux pas avoir confiance en moi car je suis ignorant. » « Si je doute, je peux alors en tirer le bénéfice. » Les philosophes praticiens connaissent-ils le bénéfice du doute ? La réponse se trouve chez tous ceux et celles qui ont érigé le doute en principe nécessaire, obligatoire, à toute connaissance. Le bénéfice du doute, c’est la certitude d’une connaissance jusqu’à cette dernière soit détrônée par une connaissance en plus certaine. Ainsi avance la science. « La connaissance se construit sur la destruction du déjà-su, ce qui implique un doute systématique de toute connaissance, opinion, croyance.
C’est la révélation par l’adhésion au doute, plutôt que par prise de conscience de mon ignorance.
Il ne faut pas oublier que Socrate croyait que le savoir se cachait en soi et que faire accoucher les esprits visait à retrouver ce savoir en soi.
La maïeutique est au cœur de la philosophie socratique. En effet, elle se définit comme l’accouchement des esprits. Par le biais de questionnements, l’esprit du questionné parvient à trouver en lui-même les vérités.
La maïeutique est donc l’art d’accoucher les esprits, de leur faire enfanter la vérité. Socrate en philosophe affirme que chacun porte en lui le savoir, sans en avoir conscience. Le questionnement vise à se faire ressouvenir, c’est la fameuse théorie de la réminiscence. Ceci est bien sûr fondé sur la thèse de l’immortalité de l’âme. Puisque l’âme est immortelle, elle détient déjà tous les savoirs.
C’est une hypothèse dont on doit douter en l’absence de preuve. Personnellement, j’ai acquis trop de connaissance et de savoir de l’Autre pour m’en reconnaître la source. Je ne crois pas que je porte en moi le savoir sans en avoir conscience. Je ne crois plus à la théorie de la réminiscence et que théorie Le questionnement vise à se faire ressouvenir. Je n’adhère pas à la thèse de l’immortalité de l’âme. L’idée que l’immortalité de l’âme lui confère déjà tous les savoirs ne me séduit pas davantage.
Différence entre savoir et connaître
Sur le plan sémantique, connaître, c’est avoir la connaissance de l’existence d’une chose, c’est l’identifier, la tenir pour réelle; tandis que savoir, c’est avoir une connaissance approfondie d’une chose qui résulte d’un apprentissage, c’est avoir dans l’esprit un ensemble d’idées et d’images constituant des connaissances à propos de cet objet de pensée.
Généralement, savoir implique une connaissance plus approfondie et plus rationnelle que connaître.
Le doute témoigne de l’honnêteté de l’homme envers lui-même. Ainsi, je doute des bénéfices réels de la maïeutique par honnêteté envers moi-même. » Je rejette dont l’idée à que tout le savoir ne se retrouve pas en mon âme. Socrate se croyait investi de dieu, ce n’est pas mon cas. Dans mon univers intérieur, je crois que tous les dieux sont des inventions de l’homme.
Revenons au dialogue un à un comme moyen de conversion au mode de vie philosophique. Dois-je douter de moi lorsque je me contredis ? Est-ce que ma valeur d’homme s’en trouve diminué ? On saura vite me répondre qu’il s’agit, non pas de douter de soi, mais plutôt de douter de notre savoir. En théorie, certainement, en pratique, rien n’est moins certain. Je ne suis pas convaincu que la prise de conscience de mes contradictions lors d’un dialogue socratique soit purement objective et, par conséquent, traitée raisonnablement, sans influence subjective. Toute prise de conscience a sa part d’affect.
« Nous aimons croire que nous sommes objectifs, que nous sommes intéressés par l’information objective. En fait, à moins qu’une personne devienne subjective au sujet d’une information objective, elle ne s’y intéressera pas et elle ne sera pas motivée par cette information. Nous disons juger objectivement, mais en réalité nous réagissons subjectivement.
Nous faisons continuellement des choix dans notre vie quotidienne. Nous choisissons des « choses » qui nous apparaissent subjectivement, mais nous considérons nos choix comme étant objectifs. »
Cheskin, Louis, Basis For marketing Decision, Liveright, New York, 1961, p. 82.
Toute perception est subjective même si je la considère objective. Le dialogue de un à un implique un échange subjectif. C’est pourquoi le philosophe doit absolument tenir compte de la subjectivité de son client et de sa propre subjectivité. Une demande de consultation philosophique trouve sa motivation dans la subjectivité du client, dans la compréhension subjective de son besoin. Et c’est à ce besoin qu’il faut d’abord répondre.
Les styles interpersonnels
Permettez-moi de revenir sur mon affirmation : « Dans sa pratique contemporaine du dialogue socratique, le philosophe praticien ne se donne pas la peine de repérer la style interpersonnel de son client. Il lance un dialogue indifférencié ou inadapté à son client. Je soupçonne qu’ils ne savent pas comment le faire. »
En 1992, à l’âge de 34 ans, mon statut de travaileur autonome ne suffisait plus à tâche pour livrer concurrence; il me fallait fonder une compagnie. Ne sachant pas comment procéder, je me suis incrit à un cours – concours d’entrepremeurship. Je fus surpris par le titre du premier cours « Connaissance de soi ». Je m’attendais à un cursus strictement administratif et légal couvrant aussi les études de marché, les études de mise en marché (marketing et publicité)… mais jamais sur la « Connaissance de soi ». Après tout, ne faut-il pas savoir, dès le départ, quel type d’entrepreneur je suis pour aller plus loin.
J’arrivais dans ce cours traumatisé par une expérience inédite depuis mes premiers pas à titre de travailleur autonome depuis quinze ans. Une compagnie venait de me voler un contrat haut la main. J’avais l’impression d’avoir été frappé par un train et de ne plus être moi-même, dissais-je à la professeur du cours « Connaissance de soi ». Elle me répondit que je venais sans doute de changer de style interpersonnel en raison de ce traumatisme.
L’une des séances de ce cours traitait justement des styles interpersonnels selon Larry Wilson. Il nous fallait découvrir le style interpersonnel de chacun des participants au cours, des entrepreneurs en herbe. Un graphique devait nous y aider, le voici :
Référence : Ce tableau provient des Notes du cours remises en 1992 par la professeure Lise Jobin aux participants du cours Tirer votre épingle du jeu pour la création ou l’expansion de votre entreprise du Centre de création et d’expansion d’entreprises (C.C.E.E.) du Collège de Limoilou en juin 1992. Cependant, on trouve un tableau similaire en 2004 dans le livre The social styles handbook : find your comfort zone and make people feel comfortable with you préfacé par Larry Wilson et proposé par sa firme Wilson Learning. Il y a une incohérence dans les années puisque l’une est datée de 1992 et l’autre de 2004, soit 12 ans d’écart. À force de chercher, j’ai trouvé la source originelle de ces styles interpersonnels : le livre Personal styles and effective performance make your style work for you par David W. Merrill et Roger H Reid paru chez Tracom Corporation en 1981. Si on fouille encore plus loin, la recherche initiale au sujet de styles interpersonnels remonte jusqu’aux travaux de Dr. James W. Taylor au début des années 1960. Aujourd’hui, on trouve des tableaux similaires des styles interpersonnels avec différentes variables chez plusieurs firmes de management.
L’exercice consistait à presser de questions chaque participant afin qu’il atteigne son rythme régulier d’élocution. Nous n’avions qu’une minute par participant pour déceler son style interpersonnel.
Un rythme d’élocution lent, nous laissait le choix entre Analytique ou Aimable tandis qu’un rythme d’élocution rapide nous laissait le choix entre Fonceur ou Expressif. Pour effectuer ce choix, nous devions déceler si le niveau d’émotion dans le langage du participant. Un niveau d’émotion bas nous laissait le choix entre Analytique ou Fonceur tandis qu’un niveau d’émotion élevé nous laissait le choix entre Aimable ou Expressif. Au final, nous devions déterminer si le participant, dans ses réponses, donnait la Priorité à la tâche ou Priorité à la Personne.
Pour trouver le style d’un interlocuteur, il s’agit d’identifier, dans un premier temps, le débit de son élocution sur une échelle de 4 niveaux :
Débit rapide (3, 4) : Styles « Expressif » et « Fonceur ».
Dans un deuxième temps, on observe le mode de fonctionnement spontané de l’individu qui consiste à prioriser soit la « tâche » ou la « personne ».
Les styles « Aimable » et « Expressif » priorisent la PERSONNE.
Les styles « Analytique » et « Fonceur » priorisent la TÂCHE.
Mon tour venu, moi qui avait réponse (opinion) à tout, je prenais bien involontairement un temps de réflexion de quelques seconde avant de répondre. Ce n’était pas le moi que je connaissais. Par contre, on m’attribua « Priorité à la tâche », et je m’y reconnaissais. Et les participants dire de moi que j’étais Analytique. J’étais étonné parce que je ne connaissais qu’un style personnel en affaires : le Fonceur. Moi, je foncais et cela m’avait réussi jusqu’à ce qu’une compagnie me soustire un contrat. Je croyais qu’il me suffirait de fonder une compagnie pour être d’égal à égal avec la concurrence. Je me trompais.
Catégorisé parmi les Analytiques, à la fin du cours, je demandai à la professeur, consultante en ressources humaines de son métier, pourquoi je passais, selon moi, de Fonceur à Analytique. Je ne me reconnaisas plus. C’est là qu’elle profita de l’occasion pour m’explique que mon expérience tramatique des mois précédents m’avait sans doute permutée de Fonceur à Analytique. Non seulement, je venais de découvrir qu’il y avait d’autres styles mais je n’avais celui que je croyais avoir eu toute ma vie jusque-là.
Il nous fallait déceler le style interpersonnel de chacun des participants en une minute pour agir de même et dans le même temps avec nos futurs clients et leur donner ce qui correspondait à leur style.
Voici les caractéristiques de chacun de ces styles « purs », leurs forces et limites respectives.
STYLE AIMABLE
Caractéristiques
Vitesse d’élocution : lente.
Non-verbal : air doux, sourire (même fâché), semble bonasse.
Tendance à l’acquiescement (oui facile).
Forces
Très bonne capacité d’écoute;
S’exprime avec douceur;
Favorise des relations chaleureuses;
Sensible aux sentiments des autres;
S’efforce d’établir de bonnes relations et s’assure de l’existence d’un climat positif avant d’entreprendre une tâche;
Favorise un rythme de travail très pondéré;
Se préoccupe de répondre aux besoins des autres et leur accorde une attention personnelle;
Réagit bien au leadership des autres;
À l’aise avec des personnes qui s’expriment clairement.
Limites
Action lente;
Manque d’affirmation et d’assurance;
Évite les conflits;
Peur de prendre des risques;
Personne très émotive.
Style Analytique
Caractéristiques
Vitesse d’élocution : lente.
Non-verbal : air suspicieux, œil sceptique, semble juger les autres.
Tendance à l’évitement (fuite).
Forces
Très bonne capacité de réflexion;
Approche orientée sur l’étude des faits, rassemble des données;
Fonctionnement prudent, actions non précipitées;
Personne calme et possédant des réponses aux situations ennuyeuses;
Objectivité et précision dans ses interventions;
Exige des réponses logiques et claires;
Aptitudes pour régler des problèmes;
N’impose pas ses idées sans certitude;
Aime aider les autres à prendre des décisions.
Limites
Prise de décision personnelle très difficile;
Personne ne pouvant être stimulée pour agir rapidement;
Comportement peu affirmatif et peu émotif;
Recueille des informations nécessaires et n’écoute plus par la suite.
Style Expressif
Caractéristiques
Vitesse d’élocution : rapide.
Non-verbal : air énervé, gestes en rond, semble sans mesure.
Tendance à l’attaque (explosion).
Forces
Très bonne capacité de décision;
Amène l’humour et l’enthousiasme dans les situations;
S’engage rapidement;
A besoin de peu d’indications précises; Personne stimulante et persuasive;
Capacité de prendre des décisions sans encadrement;
Pense à ce qui plaît aux autres;
Habile dans les techniques orientées vers les gens;
Compréhension intuitive des situations.
Limites
Réflexion très difficile;
Change fréquemment d’idées;
Néglige de vérifier sa compréhension avant d’agir;
Personne susceptible et impulsive;
Besoin constant d’activités stimulantes et de rétroaction.
Style Fonceur
Caractéristiques
Vitesse d’élocution : rapide.
Non-verbal : air sévère, gestes saccadés, semble rigide.
Tendance à l’autocratie (ordre).
Forces
Très bonne capacité d’action;
Rythme rapide, efficacité et orientation vers des buts précis;
Disposition à prendre des responsabilités pour aller de l’avant et prendre des décisions;
Personne habile à traiter des situations difficiles sans être contrariée par la critique et le rejet;
Capacité à déterminer les faits et ensuite passer à l’action;
Aptitude pour présenter un point de vue d’une façon confiante et énergique.
Limites
Écoute très difficile;
Tendance à l’impatience;
Peu susceptible de demander des informations supplémentaires pour clarifier un sujet;
S’arrête peu à la compréhension des attitudes et des émotions des autres.
En résume, face à Analytique, on donne beaucoup d’information mais on prend soin qu’il ne soit pas paralyser par son analyse. Face à un Fonceur, on se limite à donner deux choix d’action, dans la même direction; trois choix l’embêtera. Face à un Aimable, on s’enquiert avant tout de sa personne, sa santé, ses enfants… avant de parler affaire mais il faut prendre soin de ne pas de faire dire un « oui » complaisant qui ne donnera aucune occasion d’affaires. Face à un expressif, il ne faut absolument éviter la réflexion, cette personne est heureuse dans une pluie d’idées.
« Tout cela est bien beau en théorie », me disais-je « mais quant est-il sur le terrain ? » Je doutais.
À mon plus grand étonnement, l’approche préconisée par ces quatre styles interpersonnels fonctionnait à merveille au point où je me demandais s’il ne s’agissait pas de manipulations.
Mon démarchage donnait des résultats exceptionnels avec un taux de réponses positives à 80% alors que c’était plutôt le contraire habituellement (20% de réponses positive et 80% d’absence de réponse). Ma compagnie d’études des motivations (d’achat) a rencontré un tel succès qu’il me fallut réduire le démarchage pour soutenir un service qualité et embauché des dizaines de contractuels.
Qu’est ce que les styles interpersonnels viennent donc faire dans ce texte ? Souvenez-vous que je reproche aux philosophes praticiens de ne pas adapter leurs interventions à chacun de leurs clients parce qu’ils ne savent pas le faire. Le dialogue socratique est devenu dogmatique entre leurs mains. Il n’y a pas ou peu de prise en compte du style interpersonnel du client. Le dialogue socratique, du moins, avec les philosophes praticiens que j’ai consulté, est rigide.
La verbalisation
Pour déterminer le style interpersonnel dans le dialogue socratique, le philosophe praticien doit connaître son propre style interpersonnel et celui de son client pour obtenir l’effet recherché, un prise de conscience immédiate. Or, lors de mes expériences de la consultation et de l’atelier philosophiques, la verbalisation est réprimée, les réponses aux questions posées par le philosophe praticien réduites à des « oui » et des « non », et les justifications par le client à une phrase. Cette approche est justifiée par le fait qu’il ne s’agit pas d’une psychanalyse ou d’une psychothérapie (« On n’est pas là pour raconter sa vie »). Dans ce contexte, le philosophe praticien ne se donne pas toutes les moyens utiles à une prise de conscience immédiate ET PERSONNELLE par son client. Car c’est bien le caractère PERSONNELLE de la prise de conscience immédiate par le client qui agira sur SON choix d’un mode de vie philosophique, adapté à ses propres besoins et à son environnement.
Le philosophe praticien n’est pas aux temps de Socrate dans la Grèce Antique. Il ne se tient pas au coin de la rue interpellant des piétons pour les questionner. Il n’est pas vêtu d’un vieux manteau doublé et pieds nus, bref, il n’a rien d’un itinérant ou d’un SDF plus pauvre que pauvre. Aujourd’hui, le philosophe praticien se présente bien, comme vous et moi. Car avant de devenir philosophe praticien, il était déjà intégré à notre société, il en respectait autant que faire se peut les codes de conduite sociale. Désormais, par son travail, il est un homme ou une femme d’affaires, il vend ses consultations. Il tient un cabinet. Les gens qui le consultent ne sont pas des lambdas dans la Cité, du moins il ne se considère pas comme tel. Ils sont respectables et leur situation leur permet de se payer une consultation philosophique. Ils n’évoluent pas dans le même contexte personnel et social que celui des gens interpellés par Socrate. Il faut donc adapter le dialogue socratique non plus le dogmatiser.
Cette adaptation passe par l’introduction de la verbalisation dans le dialogue socratique parce qu’elle permet au philosophe consultant de déceler le style interpersonnel du client et de répondre à ses besoins dans les paramètres de ces derniers.
3- Les textes
Plusieurs philosophes praticiens accompagnent leur vie professionnel de la publication d’un ouvrage traitant de leur pratique en philothérapie. Je me suis imposé la lecture de toutes les publications que j’ai trouvées. Bref, j’ai lu plusieurs livres au sujet de la philothérapie, la consultation philosophique, la philosophie et le développement personnel dont voici la liste ci-dessous:
PHILOTHÉRAPIE
Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun, 2019
Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre, 2013
Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout, 2015
La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris, 2010
Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France
La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020
La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007
La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001
La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021
Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017
La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004
Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun
Agir et penser comme Platon – Sage, penseur, philosophe, juste, courageux …, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun
La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014
Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018
Soigner par la philosophie, En marche – Journal de la Mutualité chrétienne (Belgique)
Guérir l’impossible – Une philosophie pour transformer nos souffrances en forces, Christopher Laquieze, Guy Trédaniel Éditeur, 2023
7 règles pour une vie (presque) sans problème, Simon Delannoy, 2022
À la découverte de la sagesse stoïcienne: L’histoire improbable du stoïcisme suivie du Manuel de la vie bonne, Dr Chuck Chakrapani, Éditions Stoa Gallica, 2023
Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel
Pour tout vous dire et sans prétention aucune, j’ai fait le tour de la littérature livresque de langue française traitant de la philothérapie. Dans la majorité de ces livres, la présentation et les explications théoriques sont quasi parfaites. Souvent, des exemples d’interaction avec des clients aident à très bien comprendre la démarche du philosophe praticien. Si révélation il y a à la suite de la lecture de l’un ou de plusieurs de ces livres, elle concerne plus spécifiquement l’étonnement face à la nouveauté de la consultation philosophique et la découverte des bienfaits de la philosophie ainsi pratiquée. Le texte comme moyen de conversion à un monde de vie philosophique ne figure pas au programme de ces livres traitant de la philothérapie et de la consultation philosophique.
PHILOSOPHIE
J’ai lu aussi plusieurs ouvrages traitant de la philosophie :
Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000
S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme
Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale
Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil
La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018
Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société
L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995
Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob
Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007
Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017
Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000
Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel
Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022
La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.
Savoirs, opinions, croyances – Une réponse laïque et didactique aux contestations de la science en classe, Guillaume Lecointre, Édition Belin / Humensis, 2018
À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Marc Romainville, Presses Universitaires de France / Humensis, 2023
Les philo-cognitifs – Ils n’aiment que penser et penser autrement…, Fanny Nusbaum, Olivier Revol, Dominic Sappey-Marinier, Odile Jacob, Paris, 2019
Qu’est-ce que la philosophie ? Michel Meyer, Le livre de poche, Librairie générale française, Paris, 1997
Présentations de la philosophie, André Comte-Sponville, Éditions Albin Michel, Le livre de poche, 2000
Les théories de la connaissance, Jean-Michel Besnier, Que sais-je?, Presses universitaires de France, 2021
Philosophie de la connaissance – Croyance, connaissance, justification, textes réunis par Julien Dutant et Pascal Engel, Libraire philosophique J. Vrin, 2005
Problèmes de philosophie, Bertrand Russell, Nouvelle traduction, Éditions Payot, 1989
À quoi sert la philosophie ?, Marc Sautet, Éditions Pleins Feux, 1997
PHILOSOPHIE ET SOCIÉTÉ
J’ai lu aussi des essais proposés par des philosophes mettant à profit notre esprit critique face à ce que nous sommes face la société :
Apocalypse cognitive – La face obscure de notre cerveau, Gérald Bronner, Presses Universitaires de France (PUF), 2021
La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil
Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018
La dictature des ressentis – Sauver la liberté de penser, Eugénie Bastié, Éditions Plon, 2023
Raviver de l’esprit en ce monde – Diagnostic du contemporain, François Jullien, Éditions de l’Observatoire, 2023
DÉVELOPPEMENT PERSONNEL
Et à ces essais, j’ai ajouté des livres questionnant le développement personnel :
L’empire des coachs – Une nouvelle forme de contrôle social, Roland Gori et Pierre Le Coz, Éditions Albin Michel, 2006
Développement (im)personnel – Le succès d’une imposture, Julia de Funès, Éditions de l’observatoire/Humensis, 2019
Contre le développement personnel. Thiery Jobard, Éditions Rue de l’échiquier, 2021
Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France, 2014
Le changement personnel – Histoire Mythes Réalités, sous la direction de Nicolas Marquis, Sciences Humaines Éditions, 2015
Le texte comme moyen de conversion à un mode de vie philosophique
Le texte comme moyen de conversion à un mode de vie philosophique ne figure pas au programme des livres ci-dessus. Ils sont avant tout théoriques et leur lecture procure bon nombre de prises de consciences très influentent sur notre intérêt envers la philosophie.
Un texte philosophique initiatique à un mode de vie philosophique implique d’« instruire et engagée la pensée dans une aventure personnelle ».
Qu’est-ce que l’initiation à la philosophie ?
Mais une Initiation philosophique est autre chose : il lui faut à la fois instruire des débutants et engager la pensée dans une aventure personnelle, inviter, si l’on peut dire à philosopher, amener le lecteur, averti ou novice, à une pratique effective de la réflexion tout en lui en fournissant la matière.
Le conte philosophique figure sans doute au sommet des genres littéraires les plus efficaces pour fournir aux lecteurs l’occasion d’une révélation impliquant une conversions à la philosophie.
« Un oiseau avait fait son nid dans le fourneau d’une pipe oubliée sous une armoire abandonnée dans une maison sans plus aucune porte dans un village déserté. Lorsqu’une histoire commence ainsi, on peut s’inventer quelques craquements de bois au deuxième étage et laissant à penser qu’il est hanté. (…) »
« (…) Pendant ce temps, dans la forêt, un homme parcourait la forêt avec un porte sur le dos. Il recherchait, de village en village, une maison où l’entrée laissée sans porte correspondrait aux dimensions de sa porte. Fatigué, l’homme posant sa porte au sol contre un arbre au pied du duquel il s’assied pour se reposer. Il s’endormit. Lorsqu’il se réveilla, il regarda sa montre, les aiguilles avaient rouillées. Lorsqu’il se leva, il s’enfargea dans sa barbe. Il se demanda combien de temps il avait bien pu dormir. (…) »
Ce conte dont le souvenir me fait défaut aujourd’hui dure 45 minutes et je l’ai entendu dans la Tente des Créateurs lors de la Chant’août à l’été 1975 à Québec. Il fut pour moi l’exemple parfait de la communication en spirale inversée. L’auteur commence par un détail et il élargit progressivement le sujet et tire son lecteur vers le haut… jusqu’à une prise de conscience révélatrice.
Écrire un texte en spirale conique inversé dans le but, plus ou moins secret, d’étonner le lecteur par une prise de conscience immédiate facilitant la conversion à un mode de vie philosophique relève de l’exploit.
CONCLUSION
La philosophie appelle à une révélation suivie d’une conversion à un mode de vie philosophique
Philosopher pour philosopher, questionner pour questionner, dialoguer pour dialoguer, penser pour penser… ne relève pas de la philosophie puisque ces actions n’offrent en soi aucune opportunité de conversion à un mode de vie philosophique.
La philosophie peut engendrer une évolution intellectuelle mais elle n’est pas un jeu intellectuel.
La philosophie n’est pas davantage une méthode (dialogue socratique / maïeutique), c’est l’un des moyens dont elle dispose, pour autant que cette méthode ne soit pas dogmatique.
Lorsque j’écris que « La philosophie appelle à une révélation suivie d’une conversion à un mode de vie philosophique », c’est bien beau, en théorie. Mais qu’en est-il en pratique ? La philosophie passe par le philosophe et « est philosophe celui qui produit durablement des pensées philosophiques et, s’il est cohérent, les constitue en règle de vie » :
La philosophie des philosophes et celle des autres – en quoi consiste la seconde et comment l’historien de la philosophie doit la prendre en charge
Commençons par distinguer philosophie et pensée philosophique. La philosophie est une modalité spécifique de la vie des idées apparue dans l’histoire à certaines périodes et en certains lieux ; c’est une discipline singulière qui prend place dans l’évolution intellectuelle et l’évolution des modes de vie – discipline au double sens de corps doctrinal organisé et d’existence régulée (étant entendu qu’un mode de vie est philosophique dans la mesure où il se rattache à un mode de pensée qui l’est aussi). La pensée philosophique, de son côté, n’est pas une discipline, mais le produit particulier d’une conceptualisation individuelle. Le point de vue n’est pas le même : pour définir la philosophie, il faut penser la structuration globale du champ intellectuel et y repérer une façon originale de penser, pratiquée à grande échelle ; tandis que pour définir la pensée philosophique, il suffit que la production d’un individu quelconque réponde à certains critères à préciser. On dira de la même façon que la définition du Droit n’est pas celle d’un raisonnement juridique, ou la définition de la Science celle d’une réflexion savante particulière. Pour le dire d’une façon imagée une discipline est aux pensées qui s’y rattachent ce que le tas de sable est aux grains de sable ou le tout à la partie. Comme le tout n’est pas dans les parties, on n’exigera pas d’une pensée qu’elle réponde à la définition de la philosophie pour être qualifiée de philosophique : ce serait trop exiger, comme de vouloir que chaque grain de sable contînt en quelque façon le tas. Ainsi, l’application existentielle d’une pensée philosophique n’entre pas dans sa définition, alors qu’on amputerait grandement la philosophie si on ne la définissait que par l’activité pensante, abstraction faite de la vie du penseur.
En tant que modalité de la vie intellectuelle et mode de vie, la philosophie doit se définir par rapports aux autres modes de pensée et aux pratiques qui lui sont comparables dans l’histoire. Précisons : aux modes de pensée qui nourrissent une ambition théorique, qui veulent expliquer le réel, qui proposent une vision du monde, qui prétendent énoncer des vérités et pas seulement promouvoir des valeurs ou orienter l’action. Cela restreint énormément le champ de la comparaison. Dans la mesure où la science apparaît après la philosophie (et devra justement se situer par rapport à elle), la religion seule fournit le repère historique à partir duquel peut se définir la philosophie. Cette dernière en est une transformation : elle est une religion sécularisée. L’une et l’autre ont une triple dimension cognitive-éthique-pratique, c’est-à-dire se présentent comme une ontologie, une axiologie et une praxis(1). La philosophie comme la religion énoncent ce qui est, ce qui doit être, comment se comporter, et elles appliquent leurs préceptes. En un mot et en considérant l’importance des guillemets, elles sont la combinaison d’une « science » (par leurs prétentions cognitives), d’une « morale » (par leurs injonctions normatives) et d’un « art » (une technique d’application à l’existence concrète des idées théoriques). La seule différence est que la philosophie le fait dans une langue plus rationnelle et plus argumentée que la religion, ce qui implique une individualisation plus poussée et une dimension collective retreinte. Quand la coordination d’un savoir, d’une morale et d’un guide de comportement se présente sous une forme relativement individualisée, on lui donne le nom de sagesse(2) ; la philosophie est une recherche de sagesse – l’étymologie n’est pas trompeuse. Dans la mesure où elle est une discipline plus individuelle que collective, la philosophie n’est pas un fait social ni un ciment social au même degré que la religion. La croyance se renforce par la socialisation, et plus l’on a de liens sociaux forts, plus l’on est porté à croire avec ardeur. Inversement, la pensée de groupe est une gageure : on pense d’autant plus et d’autant mieux que l’on pense en toute indépendance (ce qui n’implique évidemment pas de se couper des autres penseurs). C’est d’ailleurs l’un des problèmes que connaît la philosophie quand elle se pratique en secte, en école, en filiation maître-disciple, en corporation ou même dans le cadre d’une profession, où l’on a tendance à penser comme son groupe social, c’est-à-dire à concéder trop à la croyance. La professionnalisation de la philosophie, avantageuse sous certains aspects, a ceci de négatif qu’elle donne aux philosophes une sorte de préjugé commun qui tient à cette forme particulière de socialisation – nous y reviendrons.
(…)
Certes, il ne suffit pas de philosopher cinq minutes pour être philosophe. Qu’est-ce donc qu’un philosophe ? On pourrait dire, sur le modèle de nos définitions de la philosophie et de la pensée philosophique, que c’est un religieux laïcisé (un clerc hors religion) à condition de mettre l’accent sur le second terme. Là encore, c’est une question de degré (donc de discernement pour l’historien), car bien des philosophes sont aussi croyants, passablement dogmatiques et plus ou moins placés sous des tutelles intellectuelles. En tout cas il importe de distinguer le producteur ponctuel de pensées philosophiques du philosophe stricto sensu, de même que tout croyant n’est pas un homme d’Église. Il faut, pour être philosophe, que sa production d’idées philosophiques soit abondante et régulière. L’identité d’une personne, nous semble-t-il, doit être définie par la nature et l’intensité de son engagement, certainement pas par la qualité supposée de sa production. On est lanceur de javelot si l’on lance des javelots régulièrement, pas si on les lance loin ; on est philosophe si l’on philosophe, pas si l’on pense loin. L’erreur serait de réserver le titre de « philosophe » à ceux que l’on estime tout particulièrement, comme s’il s’agissait d’une dignité, et de le refuser aux autres. Ce serait aussi absurde que de nier qu’un prêtre soit un religieux sous prétexte qu’il n’est pas adepte de la bonne religion. « Philosophe » n’est pas un honneur, mais la désignation d’une réalité individuelle et sociale. Il faut aborder la question le plus froidement possible : est philosophe celui qui produit durablement des pensées philosophiques et, s’il est cohérent, les constitue en règle de vie, comme est religieux celui qui produit avec constance des idées religieuses et les met en pratique.
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1. Nous précisons cette définition de la philosophie dans Citot, 2017b, III. La « théorie de la connaissance » étant une réflexion sur notre mode d’accès à l’être, elle relève de l’ontologie – laquelle regroupe l’ensemble des questions « cognitives ».
2. Que l’on distinguera de la morale, de la « spiritualité » ou de la sotériologie, qui ne s’occupent guère de questions cognitives. Inversement, la science se borne à celles-ci.
CITOT Vincent, « La philosophie des philosophes et celle des autres – en quoi consiste la seconde et comment l’historien de la philosophie doit la prendre en charge », Le Philosophoire, 2019/2 (n° 52), p. 141-168. DOI : 10.3917/phoir.052.0141. URL : https://www.cairn.info/revue-le-philosophoire-2019-2-page-141.htm, pp. 144-145
Seul le philosophe qui a adopté un mode de vie philosophique avec suffisamment de recul peut prendre conscience de son propre cheminement vers la prise de conscience immédiate initiale qui fut pour lui une révélation ayant entraîner sa conversion à un mode de vie philosophique.
On ne donne pas ce que l’on n’a pas.
Je veux dire, donc, que le discours philosophique doit être compris dans la perspective du mode de vie dont il est à la fois le moyen et l’expression et, en conséquence, que la philosophie est bien avant tout une manière de vivre, mais qui est étroitement liée au discours philosophique.
Hadot, Qu’est-ce que la philosophie antique? 19
Philosophie comme mode de vie
On conçoit souvent la philosophie comme la discussion de textes savants, comme l’élaboration de systèmes ou de doctrines abstraites, bref comme une succession de conceptions théoriques. Pourtant, l’examen attentif des textes anciens par l’helléniste Pierre Hadot (1922-2010) a bien montré que la signification première de la philosophie antique réside dans un choix de vie formé d’exercices, c’est-à-dire dans la pratique d’un mode de vie propre. Si la redécouverte récente de la vie philosophique par Hadot a donné lieu à un nouveau regard sur la philosophie antique en France et à l’étranger, il est maintenant permis de penser qu’elle préfigure un mouvement philosophique plus profond – à condition toutefois d’être actualisée.
* * *
Au premier abord, et parce qu’elle est issue de problèmes posés par l’interprétation des textes grecs, la philosophie comme mode de vie est une ligne d’interprétation de la pensée antique, un cadre général pour lire, traduire et interpréter les écrits anciens, bref c’est une perspective qui permet d’aborder de manière cohérente la philosophie gréco-romaine. Reconnaître cette perspective de recherche, l’approfondir ou la faire valoir, c’est travailler en philosophie comme mode de vie.
D’autre part, la philosophie comme mode de vie est aussi une approche qui accorde la primauté à la vie philosophique ou à l’exercice de la philosophie par rapport à tous les autres aspects souvent associés à la philosophie (l’étude des oeuvres, la création de concepts, la discussion critique des problèmes), bref c’est une approche qui accorde la primauté à la vie philosophique par rapport au discours philosophique, au discours sur la philosophie et surtout à la littérature philosophique.
La philosophie comme mode de vie se reconnaît enfin à l’exigence d’actualiser pour soi-même, avec les autres et dans le respect de la nature une discipline de vie issue d’une autre période historique que la nôtre. Si l’exigence est respectée, la philosophie comme mode de vie restera vivante même si nous ne vivons pas comme les Grecs. En conclusion, la philosophie comme mode de vie pourra donc être abordée comme une perspective de recherche, une approche philosophique ou une discipline de vie, c’est-à-dire comme «un mode de vivre accordé à la philosophie» (J.-F. Balaudé).
Dans cet article, je questionne le dialogue socratique qui, devenu dogmatique, stérilise les interventions du philosophe praticien et, de ce fait, ne conduit pas à la conversion de leurs clients à un mode de vie philosophie.
Aussi, je remets en question les sévères limites à la verbalisation imposées par les philosophes praticiens à leurs clients, ce qui les empêchent d’identifier et de composer avec le style interpersonnel de chacun de leurs clients, bref, de connaître même sommairement leurs clients pour le succès maximum de leurs interventions.
De plus, je m’interroge sur le lien entre le questionnement socratique (souvent dogmatique) et un dialogue. Est-ce qu’un échange Questions/Réponses est véritablement un dialogue ? Est-ce que l’on peut dialoguer avec des questions fermées ? Est-ce qu’on peut dialoguer en excluant la justification des réponses par le client ? Est-ce qu’on peut dialoguer en réprimant les émotions du client ? Bref, est-ce que le dialogue socratique (maïeutique) convertit le client à un mode de vie philosophique ? À toutes ces questions, je répond « Non ».
J’ai souligné le fait que prendre conscience que nous nous contredisons et que nous sommes, de ce fait, ignorants, ne conduit pas automatiquement à la discipline du doute face à chaque pensée, opinion ou croyance. Vivre dans le doute ou ne pas prendre d’emblée pour vrai ce que l’on pense ne débouche pas sur une conversion à un mode de vie philosophique. Si notre ignorance peut conduire à une quête de connaissance, il faut en évaluer le pouvoir de motivation. Et peu importe l’étendue de notre ignorance, nous ne sommes jamais ignorant de tout. L’ignorance, ainsi prise en concience, peut tout aussi bien susciter l’indifférence ou être simplement tolérée. En pareils cas, le dialogue philosophique ne force à la démarche d’une vie examinée mais plutôt et plus souvent qu’autrement à un examen limité de mes pensées, opinions et croyances.
Et cet examen, je le mentionnais aussi, sera subjectif. Je répondrai à ce qui m’interpelle subjectivement parmi toutes les connaissances. Je choisirai subjectivement en croyant avoir fait un choix objectif. Le philosophe praticien ne me semble pas bien au fait des motivations profondes du comportement de son client, de ses réactions involontaires et inconscientes. Le philosophe lui-même a-t-il conscience de sa subjectivité ?
Enfin, je rappelle avoir l’impression d’avoir fait le tour de la philothérapie. Je relève d’un livre à l’autre traitant de la philothérapie les mêmes forces et faiblesse. Forces dans la théorie, faiblesse dans la pratique. Heureusement, il y a des exceptions mais elles se font rares.
P.S.: Le développement personnel et professionnel ne conduit pas à un mode de vie philosophique.
Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».
La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).
L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.
L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.
Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.
Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.
Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».
À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.
J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.
J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.
La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.
Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.
Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».
Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)
Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface, p. 9.
J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.
Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, « La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.
J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.
Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.
J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.
Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.
Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.
Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »
Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.
J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.
Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.
J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».
Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».
J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.
Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.
J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.
Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer
Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.
Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».
Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.
Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.
Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.
Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.
Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.
J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.
Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».
Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.
La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.
Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.
À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…
Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.
Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.
Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.
Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».
J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.
Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.
La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.
La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.
Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.
Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.
En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.
“ Après les succès d’Épicure 500 vous permettant de faire dix repas par jour sans ballonnements, après Spinoza 200 notre inhibiteur de culpabilité, les laboratoires Laron, vous proposent Philonium 3000 Flash, un médicament révolutionnaire capable d’agir sur n’importe quelle souffrance physique ou mentale?: une huile essentielle d’Heidegger pour une angoisse existentielle, une substance active de Kant pour une douleur morale…. Retrouvez sagesse et vitalité en un instant ”, s’amusaient les chroniqueurs radio de France Inter dans une parodie publicitaire diffusée à l’occasion d’une émission ayant pour thème?: la philosophie peut-elle soigner le corps ?
J’attribue quatre étoiles sur cinq à ce livre. Les lecteurs assidus de mes articles connaissent fort bien ma position plus que défavorable face au développement personnel. À l’instar de Thiery Jobard, je suis contre le développement personnel. Je qualifie le développement personnel d’arnaque extrêmement dangereuse pour ses adeptes et notre société.
Le philothérapeute (philosophe consultant ou philosophe praticien) a l’obligation de très connaître le contexte dans lequel évolue son client. Le développement de l’esprit critique de ce client passe inévitablement par une prise de conscience de sa cognition en vue de comprendre comment il connaît. Si, dès le départ, le client n’a pas conscience de son mode de pensées, il lui sera difficile de participer activement au dialogue avec son philothérapeute. L’objectif primaire du philosophe consultant demeure de déceler et de corriger les biais cognitifs de son client avant même d’abord une question philosophique. Bref, si la »machine à pensée » du client est corrompu par des «virus cognitifs », une «réinitialisation » s’impose en début de séance de consultation.
Dans son livre « Développement (im) personnel, Julia de Funès, docteure en philosophie, soutient que le développement personnel offre la même recette à tous et qu’à ce titre il ne peut donc pas se qualifier sa démarche de « personnel ». Selon ma compréhension, le développement personnel devrait mettre de l’avant un développement personnalisé, c’est-à-dire adapté à chaque individu intéressé pour se targuer d’être personnel.
Mon intérêt pour la pensée scientifique remonte à plus de 25 ans. Alors âgé d’une quarantaine d’année, PDG d’une firme d’étude des motivations d’achat des consommateurs, je profite des enseignements et de l’étude du processus scientifique de différentes sources. Je me concentre vite sur l’épistémologie…
Ce livre m’a déçu en raison de la faiblesse de sa structure indigne de son genre littéraire, l’essai. L’auteur offre aux lecteurs une foule d’information mais elle demeure difficile à suivre en l’absence de sous-titres appropriés et de numérotation utile pour le repérage des énumérations noyés dans un style plus littéraire qu’analytique.
En l’absence d’une association d’accréditation des philothérapeutes, philosophes consultants ou praticiens en francophonie, il est difficile de les repérer. Il ne nous reste plus que de nombreuses recherches à effectuer sur le web pour dresser une liste, aussi préliminaire soit-elle. Les intervenants en philothérapie ne se présentent pas tous sous la même appellation : « philothérapeute », « philosophe consultant » ou « philosophe praticien » « conseiller philosophique » « philosophe en entreprise », « philosophe en management » et autres.
J’ai lu le livre GUÉRIR L’IMPOSSIBLE en me rappelant à chaque page que son auteur, Christopher Laquieze, est à la fois philosophe et thérapeute spécialisé en analyse comportementale. Pourquoi ? Parce que ce livre nous offre à la fois un voyage psychologique et philosophique, ce à quoi je ne m’attendais pas au départ. Ce livre se présente comme « Une philosophie pour transformer nous souffrances en forces ». Or, cette philosophie se base davantage sur la psychologie que la philosophie. Bref, c’est le « thérapeute spécialisé en analyse comportementale » qui prend le dessus sur le « philosophe ».
Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.
Ma lecture de ce livre m’a procuré beaucoup de plaisir et de bonheur. Je recherche dans mes lectures les auteurs et les œuvres permettant aux lecteurs d’évoluer de prise de conscience en prise de conscience de la première à la dernière page, de ne plus être le même à la fin de la lecture. Et c’est ce que les lecteurs vivront à la lecture de ce livre.
Je n’ai pas aimé ce livre parce que son titre, LES PHILO-COGNITIFS, se réfère à la philosophie sans pour autant faire un traitement philosophique de son sujet. Mon achat reposait entièrement sur le titre de ce livre et je m’attendais à un livre de philosophie. Mais il s’agit d’un livre de psychologie. Mon achat fut intuitif. J’avais pleinement confiance dans l’usage du mot « PHILO » en titre d’un ouvrage pour que ce dernier ne puisse traiter d’un autre sujet que philosophique. Mais ce n’est pas le cas.
À l’instar de ma lecture précédente (Qu’est-ce que la philosophie ? de Michel Meyer), le livre PRÉSENTATIONS DE LA PHILOSOPHIE du philosophe ANDRÉ COMTE-SPONVILLE m’a plu parce qu’il met en avant les bases mêmes de la philosophie et, dans ce cas précis, appliquées à une douzaine de sujets :…
J’ai dévoré le livre LES THÉORIES DE LA CONNAISSANCE par JEAN-MICHEL BESNIER avec un grand intérêt puisque la connaissance de la connaissance me captive. Amateur d’épistémologie, ce livre a satisfait une part de ma curiosité. Évidemment, je n’ai pas tout compris et une seule lecture suffit rarement à maîtriser le contenu d’un livre traitant de l’épistémologie, notamment, de son histoire enchevêtrée de différents courants de pensée, parfois complémentaires, par opposés. Jean-Michel Besnier dresse un portrait historique très intéressant de la quête philosophique pour comprendre la connaissance elle-même.
Ce livre n’était pas pour moi en raison de l’érudition des auteurs au sujet de la philosophie de connaissance. En fait, contrairement à ce que je croyais, il ne s’agit d’un livre de vulgarisation, loin de là. J’ai décroché dès la seizième page de l’Introduction générale lorsque je me suis buté à la première équation logique.
Quelle agréable lecture ! J’ai beaucoup aimé ce livre. Les problèmes de philosophie soulevés par Bertrand Russell et les réponses qu’il propose et analyse étonnent. Le livre PROBLÈMES DE PHILOSOPHIE écrit par BERTRAND RUSSELL date de 1912 mais demeure d’une grande actualité, du moins, selon moi, simple amateur de philosophie. Facile à lire et à comprendre, ce livre est un «tourne-page» (page-turner).
La compréhension de ce recueil de chroniques signées EUGÉNIE BASTIÉ dans le quotidien LE FIGARO exige une excellence connaissance de la vie intellectuelle, politique, culturelle, sociale, économique et de l’actualité française. Malheureusement, je ne dispose pas d’une telle connaissance à l’instar de la majorité de mes compatriotes canadiens et québécois. J’éprouve déjà de la difficulté à suivre l’ensemble de l’actualité de la vie politique, culturelle, sociale, et économique québécoise. Quant à la vie intellectuelle québécoise, elle demeure en vase clos et peu de médias en font le suivi. Dans ce contexte, le temps venu de prendre connaissance de la vie intellectuelle française, je ne profite des références utiles pour comprendre aisément. Ma lecture du livre LA DICTATURE DES RESSENTIS d’EUGÉNIE BASTIÉ m’a tout de même donné une bonne occasion de me plonger au cœur de cette vie intellectuelle française.
À titre d’éditeur, je n’ai pas aimé ce livre qui n’en est pas un car il n’en possède aucune des caractéristiques professionnelles de conceptions et de mise en page. Il s’agit de la reproduction d’un texte par Amazon. Si la première de couverture donne l’impression d’un livre standard, ce n’est pas le cas des pages intérieures du… document. La mise en page ne répond pas aux standards de l’édition française, notamment, en ne respectant pas les normes typographiques.
J’ai lu avec un grand intérêt le livre LE CHANGEMENT PERSONNEL sous la direction de NICOLAS MARQUIS. «Cet ouvrage a été conçu à partir d’articles tirés du magazine Sciences Humaines, revus et actualisés pour la présente édition ainsi que de contributions inédites. Les encadrés non signés sont de la rédaction.» J’en recommande vivement la lecture pour son éruditions sous les aspects du changement personnel exposé par différents spécialistes et experts tout aussi captivant les uns les autres.
À la lecture de ce livre fort intéressent, j’ai compris pourquoi j’ai depuis toujours une dent contre le développement personnel et professionnel, connu sous le nom « coaching ». Les intervenants de cette industrie ont réponse à tout, à toutes critiques. Ils évoluent dans un système de pensée circulaire sans cesse en renouvellement créatif voire poétique, système qui, malheureusement, tourne sur lui-même. Et ce type de système est observable dans plusieurs disciplines des sciences humaines au sein de notre société où la foi en de multiples opinions et croyances s’exprime avec une conviction à se donner raison. Les coachs prennent pour vrai ce qu’ils pensent parce qu’ils le pensent. Ils sont dans la caverne de Platon et ils nous invitent à les rejoindre.
Ce petit livre d’une soixantaine de pages nous offre la retranscription de la conférence « À QUOI SERT LA PHILOSOPHIE ? » animée par Marc Sautet, philosophe ayant ouvert le premier cabinet de consultation philosophique en France et également fondateur des Cafés Philo en France.
L’essai RAVIVER DE L’ESPRIT EN CE MONDE – UN DIAGNOSTIC CONTEMPORAIN par FRANÇOIS JULLIEN chez les Éditions de l’Observatoire, parue en 2023, offre aux lecteurs une prise de recul philosophique révélatrice de notre monde. Un tel recul est rare et fort instructif.
Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.
Un cheminement théorique
Durant mes études, j’ai été amené à réfléchir sur l’épistémologie, la cognition (comment fonctionne la connaissance humaine, avec ses biais), et en particulier sur la notion « d’esprit critique ». A l’époque, deux notions m’ont marqué. Avec Hegel, notamment, l’idée de dialectique, que j’ai vulgarisée dans La pensée s’enrichit de la critique. Dans mon mémoire, en 2009, j’ai tâché de stimuler la métacognition de jeunes élèves, c’est-à-dire leurs facultés à observer leurs propres manières de réfléchir. Ces deux concepts (dialectique et métacognition) font référence à une forme de « mise à distance » de ses propres représentations et processus de pensée.
En 2012, dans Les polémistes sont-ils responsables des interprétations de leurs propos ?, je m’attelais à montrer qu’il y a un problème à s’attacher uniquement à la dimension sémantique de la conversation (les mots utilisés), et qu’il fallait prendre en compte la dimension pragmatique également (ce que les usagers des mots y attribuent comme signification, ce qu’ils « mettent derrière »).
En 2013, dans Pour une éthique de la discussion, je tâchais de formaliser en quelque sorte des « règles du jeu » à respecter pour qu’une discussion soit constructive, c’est-à-dire qu’elle fasse progresser la connaissance dans une forme de respect mutuel des personnes et des idées. Dans cet article théorique, je liste notamment un ensemble de présupposés philosophiques « incontournables » (constructivisme réaliste, perspectivisme non relativiste, pragmatisme…) qui lient la question de la connaissance à notre condition d’être humain, et qui invitent à une forme d’accord tacite si l’on prétend discuter autour d’une réalité partagée. En découle entre autres un engagement dans les directions suivantes : humilité, coopération, pluralisme… C’est tout un programme, sachant que les métaphores conceptuelles pour parler de la discussion nous suggèrent de la considérer davantage d’un point de vue compétitif (La discussion, c’est la guerre).
En 2015, dans La logique face aux mauvais arguments, j’écrivais la phrase « tout est vrai, dans une certaine mesure », que j’illustrais par la phrase « dans la tête du fou, les poules ont des dents ». Dans son monde, cela est vrai. Le fait est que ce n’est vraisemblablement vrai que dans son monde, que d’un certain point de vue. L’usage de la logique pour contrer les arguments fallacieux invite aussi, à mon avis, à tâcher de comprendre « le monde de l’autre » : « dans quelle mesure ce que l’autre me dit, y compris ce qu’il me dit de faux, donne-t-il à voir du vrai » ?
En 2016, je reprenais cette thèse dans deux articles de mon dossier pour contrer les discours faux et haineux. J’y défends un engagement pour le fait de faire la part des choses, qui passe par une forme de compréhension – qui n’implique pas de partager les idées de l’autre, et pour la nuance. A mon sens, ce qui constitue une posture dogmatique est non pas le contenu du dogme, mais l’indiscutabilité qui y est liée.
Si ces ancrages théoriques me semblent fondamentaux et contiennent en tant que tels des pistes d’application pratique, il me semble également intéressant de développer davantage comment tout ceci peut être mis en pratique. Comment fait-on, concrètement, pour appliquer tout cela ?
Comment dialoguer – ou penser – de manière constructive, en pratique ?
Je ne vais pas ici proposer une recette universelle pour bien dialoguer, mais plutôt parcourir avec vous un ensemble de manières de faire que j’essaie de mettre en pratique lorsque je débats ou tâche d’envisager de nouvelles idées.
Pratiquer le questionnement
Le dialogue, dès Socrate : la maïeutique
Dans les Dialogues de Platon, Socrate voyait sa pratique comme maïeutique, c’est-à-dire « l’art d’accoucher les esprits ». Il posait des questions à ses interlocuteurs de type « que signifie ce que tu dis ? », « qu’est-ce qui te fait croire ce que tu crois ? ».
Selon les commentateurs des textes de Platon, Socrate se voit attribuer différentes intentions. Parfois, il est vu comme celui qui veut vraiment approfondir les idées et parvenir à une forme de nuance très profonde. Parfois, il est vu comme un emmerdeur qui n’a rien à envier aux sophistes qu’il affronte : il veut juste les amener à dire qu’ils ont tort ou se trompent.
Nous invitons à considérer la première image de Socrate, à savoir celle de l’homme humble qui cherche à comprendre les fondements de ce que l’autre affirme.
Nous en retenons les questions évoquées ci-dessus, notamment des questions de définition (« qu’est-ce que cela veut dire ? »), des questions sur les arguments ou les preuves (« qu’est-ce qui te fait affirmer cela ? »). Comme je l’ai évoqué ci-dessus, j’invite à ne pas se limiter à l’aspect sémantique des définitions. Ainsi, il s’agit d’amener l’interlocuteur à expliquer sa définition, sa perspective : qu’est-ce que cela veut dire, pour toi ? Comment comprends-tu cela ? Il s’agit de faire la clarté également sur ses référentiels, ses présupposés, ses postulats.
Une variante que je propose est « dans quelle mesure ce que tu me dis a-t-il du sens ? », « dans quelle mesure ce que tu affirmes est-il vrai ? ».
Redécouvrir l’étonnement de l’enfant
Une autre manière de présenter les choses se situe dans la faculté d’étonnement. Il s’agit d’une posture naïve et humble, au fondement du questionnement philosophique. En effet, le questionnement philosophique, c’est se demander « à quoi ça sert ? » (finalité ou raison d’être), « qu’est-ce que ça veut dire ? » (signification). Quand un enfant demande « pourquoi ? » ou « c’est quoi ? » à chaque chose qu’il découvre, il fait de la philo, en quelque sorte. Il s’étonne et s’émerveille, les choses ne sont pas « acquises »…
Le modèle de Tozzi : problématiser – conceptualiser – argumenter, et dégager les présupposés
Michel Tozzi est un philosophe français qui défend une forme de la philosophie ancrée dans la pratique. On peut en effet voir la philosophie comme une sorte de discipline avec des objets bien spécifiques (le bien, le vrai, le beau, l’être…), mais aussi et surtout comme une démarche de questionnement et de pensée.
Problématiser, c’est-à-dire mettre en question ses affirmations, considérer ses thèses comme des hypothèses, remonter au problème dont elles se prétendent les solutions, interroger la question elle-même, dans ses présupposés et conséquences.
Conceptualiser, c’est-à-dire tenter de définir les notions convoquées pour penser, identifier et élaborer des distinctions conceptuelles, pour préciser ce dont on parle.
Argumenter, c’est-à-dire déconstruire des affirmations, répondre à des objections, fonder rationnellement son discours, pour savoir si ce qu’on dit est vrai.
A noter qu’il commence son article en envisageant que l’on peut « être ensemble en solitaire ». Je rejoins cette conception philosophique selon laquelle « on ne pense jamais seul » (thèse également développée par Pierre Lévy). Quand on lit un livre, quand on réfléchit, quand on apprend avec ou à l’encontre de nos préjugés, c’est comme si on effectuait une sorte de dialogue intérieur.
Dans Penser par soi-même, il invite à dégager les présupposés derrière les affirmations. Pour lui, « un présupposé est une affirmation impliquée par une proposition, et sans laquelle elle ne pourrait être valide. Il faut l’expliciter, car il est généralement contenu implicitement dans la proposition ». Il donne l’exemple du concept de réincarnation :
Si par exemple je crois à la réincarnation, cela présuppose :
– qu’un être humain n’est pas seulement une réalité matérielle, mais l’union d’une âme et d’un corps ;
– que la mort physiologique d’un individu ne détruit pas son âme ;
– que cette âme peut se joindre à un nouveau corps […]
Un seul des trois premiers présupposés manque, et l’idée de réincarnation perd son sens. Ces présupposés sont bien implicites dans l’idée, et il faut faire un effort pour la déplier, lui faire exprimer, « avouer » ses implications. Ils sont bien par ailleurs des affirmations qui répondent chacune à une question essentielle :
– Qu’est-ce que l’homme, quelle est sa réalité ?
– La vie d’un individu s’arrête-t-elle à sa mort ?
– Qu’advenons-nous dans l’au-delà ?
Dans cet ouvrage, il distingue également ce qu’est une question philosophique. Pour Tozzi, il convient de faire un effort pour interroger les présupposés d’une affirmation.
Il existe plusieurs types de questions, ouvertes ou fermées, centrées sur les cognitions ou les émotions, etc. Pour ma part, je trouve par exemple que des questionnements ouverts (que l’on retrouve entre autres dans des ouvrages de méthodologie d’entretien en sciences humaines et sociales) sont assez précieux : « Pouvez-vous m’expliquer ceci ? », « Qu’est-ce que cela vous fait quand… ? », « Racontez-moi comment ça se passe… », « En quoi est-ce important pour vous ? », « Qu’est-ce que ça signifie pour vous ? », etc.
En outre, cela me semble utile d’être conscients que notre interlocuteur ne communique pas nécessairement sur le même registre que nous. Par exemple, si quelqu’un me dit qu’il considère que tous les chômeurs sont des fainéants, je peux m’évertuer à le contredire ou à tâcher de comprendre les « faits » qui lui font dire ça, et l’entretien va peut-être tourner en rond tant que je n’aurai pas entendu la révolte et le sentiment d’injustice qui se cachent derrière cette affirmation.
Dans mes articles relatifs aux liens étroits entre émotion et cognition, j’explicite qu’à mon avis, c’est contreproductif de nier la composante émotionnelle ou sociale d’une situation. C’est aussi en substance ce que je dis quand j’insiste sur l’importance de la prise en compte de la dimension pragmatique de la communication.
Les maximes conversationnelles de Grice
En lien avec cette dimension pragmatique de la communication, dans Logique de la conversation, Grice avance l’idée que la communication est régie par un « principe de coopération » et des « maximes conversationnelles ».
« Que votre contribution à la conversation soit, au moment où elle intervient, telle que le requiert l’objectif ou la direction acceptée de l’échange verbal dans lequel vous êtes engagé. (Grice 1979, p.93. Traduction française de Wilson et Sperber) ».
Ainsi, cela signifie que dans une situation de communication, lorsque le destinataire tente de détecter une intention communicative, il peut s’attendre à ce que le locuteur suive ce principe et donc agisse de manière coopérative.
Grice (1979) développe ce principe de coopération en neuf maximes, qu’il classe en quatre catégories :
Maximes de quantité
Que votre contribution soit aussi informative que nécessaire.
Que votre contribution ne soit pas plus informative que nécessaire.
Maximes de qualité
Ne dites pas ce que vous croyez être faux.
Ne dites pas ce que vous n’avez pas de raisons suffisantes de considérer comme vrai.
« Je ferai appel à un principe qui correspond, je pense, avec la clarté que nous évoquions précédemment, à l’une des qualités les plus importantes chez un philosophe (et qui manque cruellement à la plupart des politiciens) : le principe de charité. Il s’agit, comme l’exprime Daniel Dennett, d’être capable d’exprimer une position adverse de manière si fidèle que même notre opposant pourra nous remercier d’avoir exprimé sa position avec tant de justesse. La connaissance doit être issue d’un travail collaboratif, ce qui est impossible si l’on ne sait pas faire justice aux positions auxquelles on s’oppose pour leur opposer des arguments sérieux ».
Il est donc question ici de pouvoir reformuler l’essentiel de ce que l’autre affirme, et ce dans la « meilleure version possible » de ladite affirmation. Autrement dit, il s’agit de faire pleinement droit à la vérité de l’interlocuteur. Nous rappelons à ce titre que l’essentiel de la vérité de l’interlocuteur ne se situe pas toujours dans ce qu’il dit, mais dans ce qu’il vit autour de ce qu’il dit.
Lorsque je dialogue avec quelqu’un, j’essaie de ponctuer certaines séquences de l’échange par des phrases telles que « si je comprends bien… », « si tu me permets de reformuler… », « donc, ce que tu penses, c’est que… », « pour toi, ce qui est important, c’est… » ou encore « ton point de vue, c’est que… ». Lorsqu’une personne me parle de valeurs ou d’émotions, qu’elle répète un même message en boucle, je tâche d’acter que j’entends bien tout cela.
Une question de posture
Le fait de poser des questions tel que décrit ci-dessus est lié à une posture, à des attitudes dans la discussion.
« Violence épistémique » et « entretien épistémique »
Avoir raison ne donne pas tous les droits. Les sceptiques qui abordent leurs contemporains dans l’espoir de les détromper de leurs croyances, de leurs convictions erronées, voire de leurs idéologies discutables sont bien intentionnés et voudraient que tout le monde pense un peu mieux. Ce faisant nous oublions (oui, l’auteur se compte dans le lot des arpenteurs de terrain épistémiquement perturbé) parfois un peu vite que les autres aussi sont bien intentionnés, en tout cas en moyenne.
Il explique ensuite que le fait d’aller à l’encontre de croyances, même lorsque celles-ci sont fausses, peut comporter intrinsèquement une forme de violence. Lorsqu’une personne croit quelque chose, dans certains cas, elle base également une partie de son existence sur cette croyance. Si l’on me montre un corbeau albinos, je n’aurai probablement pas de mal à reconnaître que tous les corbeaux ne sont pas noirs. Par contre, si l’on vient contredire une croyance pour laquelle je m’engage au quotidien, voire je fais des sacrifices, cela va peut-être me faire souffrir et être coûteux pour moi d’abandonner cette croyance.
J’ajouterais qu’il existe par ailleurs de « bonnes » raisons non rationnelles de croire ce que l’on croit. Chaque personne a de bonnes raisons de croire ce qu’elle croit, de son point de vue en tout cas. En conséquence, l’auteur formule la recommandation suivante :
Il me semble utile de se donner les moyens de faire régulièrement l’exercice mental suivant : se mettre à la place de notre interlocuteur, s’imaginer comment nous encaisserions les propos d’un sceptique.
Il ajoute :
Les véritables débats d’idées, ceux dont le but n’est pas de faire le spectacle ou de vendre un livre, une idéologie ou un programme politique, doivent être abordés avec un certain nombre de précautions. Parmi elles, le principe d’humanité propose de toujours considérer que les paroles de notre interlocuteur ont du sens pour lui, et que nous tiendrions les mêmes si nous étions dans sa position, avec les informations dont il dispose. En somme : autrui est un être humain aussi complexe que nous.
Cela consiste à discuter avec l’autre : discuter, sans débattre, sans chercher à rien prouver. Je ne vous cache pas que ça demande quelques efforts. Vous devez restez concentré sur votre tâche : aider votre interlocuteur à exprimer clairement la manière dont il arrive à sa vision des choses. Si vous le coupez tout le temps, il ne peut pas développer son point de vue et en réalité vous n’avez pas connaissance de ce sur quoi reposent ses convictions. Mais pire : votre interlocuteur lui-même n’a peut-être pas cette information, et sans elle il ne peut pas aisément douter de ce qu’il croit car il ne peut pas savoir quel type d’information est susceptible de lui prouver qu’il pourrait avoir tort.
Il établit enfin lui-même le lien avec la méthode de questionnement socratique :
Déjà la maïeutique de Socrate consistait en cela : amener votre interlocuteur devant ses propres contradictions, devant les limites [j’ajouterais : et les zones de pertinence, ndlr] de ses connaissances actuelles. En constatant lui-même les anomalies de sa méthode, il vous verra moins comme un adversaire que comme un partenaire dans l’examen des raisons pour lesquels il croit ce qu’il croit. Si vous réussissez à maintenir le dialogue, vous ne faites qu’accompagner l’autre vers l’apprivoisement de ses doutes.
Décentration et empathie
Nous avons lourdement insisté sur cette dimension dans nos propos précédents : comprendre l’autre, c’est entendre non seulement ce qu’il dit, mais aussi et parfois surtout comment il le vit. Il s’agit de l’empathie. Attention, nous mettons en garde face à une forme d’empathie exacerbée. Il ne s’agit pas de céder à une forme de réactivité émotionnelle « brute », qui supplanterait toute forme de réflexion. Au contraire, il s’agit de prendre en compte l’émotion dans la réflexion.
Pour pas mal de penseurs de l’éducation, l’imitation est une des composantes de l’apprentissage. Sur base de délimitations en psychologie cognitive et comportementale, j’établirais la subdivision suivante :
Imitation : se mettre à la place de l’autre au niveau comportemental (les actes, les gestes…)
Empathie : se mettre à la place de l’autre au niveau émotionnel (les ressentis, les souffrances…)
Décentration cognitive : se mettre à la place de l’autre au niveau cognitif (les pensées, les jugements, les croyances…)
A mon sens, ces trois composantes de ce que j’appelle la décentration sont centrales dans la cognition, l’apprentissage et la compréhension. Comment en effet intégrer de « nouvelles connaissances » si je suis incapable de me décentrer de mes perspectives antérieures ? Il s’agit de pouvoir intégrer la nouvelle perspective, soit l’altérité.
Cette aptitude n’est pas un donné à la naissance : cela se pratique. Je crois qu’il est précieux d’acter qu’il existe différentes manières de percevoir, vivre et agir au monde, et que celles-ci ont toutes des raisons d’être, dans une certaine mesure.
A ce titre, la pratique du débat, de la rencontre et de la discussion est en tant que telle une expérience qui peut permettre de développer ces facultés. Je pense que le fait d’essayer de comprendre authentiquement l’autre s’entraine. Au niveau de l’apprentissage, je crois que cela peut passer par des activités formelles : « comment croyez-vous que la personne qui dit cela se sent ? », « comment vous sentiriez-vous à la place de… ? », « qu’est-ce qui lui fait dire cela, à votre avis ? », « qu’auriez-vous envie de faire, à sa place ? », « que pensez-vous qu’elle pourrait faire, dans cette situation ? », « que pensez-vous que cette personne pense que vous pensez ? », etc.
Dialectique et pluralisme : prendre la mesure du vrai
La décentration est une attitude que l’on peut exercer vis-à-vis de l’altérité (d’autres idées, d’autres émotions, d’autres comportements), mais qui en même temps nous positionne par rapport à nous-mêmes, à nos pensées, notre vécu, nos comportements.
J’imagine mal un échange dans lequel il y aurait un interlocuteur qui ne ferait que poser des questions et l’autre qui ne ferait que donner des réponses. Cela existe, mais je veux dire que ce n’est pas comme cela que j’envisage un dialogue constructif (tout en ne niant pas que cela puisse être une phase nécessaire audit dialogue), et ce même si j’ai consacré un long pan de cet article à l’importance de comprendre l’altérité.
L’intérêt du dialogue, à mon avis, c’est de parcourir la thèse et son antithèse, afin de cibler la « zone de pertinence » de chaque affirmation – et donc en ce comprises les nôtres. Quand un individu affirme quelque chose, en général, on peut acter que c’est vrai pour lui, de son point de vue. Son interlocuteur peut alors se demander si cette affirmation est vraie de son point de vue également, dans quelle mesure ça l’est (ou non) pour lui et pour l’autre. Enfin, ils peuvent s’accorder sur une mesure commune.
Cela rejoint le modèle dialectique, vulgarisé dans le schéma « thèse – antithèse – synthèse » : en prenant en compte l’antithèse, nous en apprenons davantage sur la thèse, quitte à parfois l’abandonner.
La synthèse, à mon avis, n’est pas à percevoir comme un « entre-deux » non engagé, mais comme un moment où l’on transcende la thèse et l’antithèse. Je relie cela à mes écrits sur la validité en sciences sociales et la logique : la question qui m’anime, c’est de savoir « dans quelle mesure » – ou dans quel « monde possible » – une chose est vraie.
C’est le pari du pluralisme : s’il existe effectivement plusieurs perceptions de la réalité, alors la connaissance est d’autant plus riche qu’elle prend compte différentes perspectives.
Cela suppose de sérieux positionnements épistémologiques, voire métaphysiques, que nous ne développons pas ici (pour cela, cf. articles sur l’épistémologie), mais que nous résumons selon la phrase suivante : il est possible de dire des choses plus vraies que d’autres sur la réalité. Dès lors, nous pouvons que considérer que « tout est vrai », mais que certaines choses sont plus vraies que d’autres. En l’occurrence, 2+2=4 est une vérité arithmétique largement partagée qui correspond à un état de fait dans le monde formalisé dans un langage donné à l’aide de conventions. Mais dans 1984 de Orwell, dans un monde d’illusions, dans la tête d’un fou ou dans un sketch, 2+2=5 est vrai aussi. 2+2=4 et 2+2=5 n’ont pas pour autant la même valeur de vérité. Ils ont une « zone » de vérité qui n’est pas équivalente. Idem si je dis que « tous les êtres humains ont des ailes ». Le « monde possible » de cet énoncé se situera dans des œuvres de fiction, par exemple, tandis que la phrase « les humains n’ont pas d’ailes » peut se justifier par un rapport de correspondance (ou adéquation) avec une certaine réalité (dans un postulat réaliste) et de consensus (entre sujets pensants).
Je ne suis pas un « pro » du dialogue : une vision existentialiste
Le dialogue n’est pas toujours possible, et la pensée critique est quelque chose qui se joue en actes, qui s’exerce et s’entretient. Ce n’est pas un acquis une fois pour toutes (cf. existentialisme)*.
A propos du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, qu’elle qualifie de « médiocre » qui a « perdu ses capacités à penser », la philosophe Hannah Arendt parle d’habitude à exercer son jugement. Nous ne pratiquons pas cette faculté automatiquement, de manière innée. Nous pouvons par contre en développer l’habitude, nous y « entrainer », ainsi qu’agir sur les contextes qui inhibent l’exercice de celle-ci.
Récemment, j’ai notamment débattu sur le thème de l’immigration sur Twitter. Je n’ai certainement pas appliqué tous ces principes évoqués ci-dessus avec tous mes interlocuteurs et à tout moment (je vous laisse en juger), et j’en suis conscient. Parce que dans un dialogue, il convient d’être deux parties prenantes. Dans les articles théoriques sur l’éthique de la discussion, j’évoque un certain nombre de limites et impasses de celle-ci. Par ailleurs, parce que je m’autorise à être faillible : je peux me tromper. Et si cette dernière phrase faisait partie de la posture à adopter ?
* Ne viens donc pas me reprocher de pas appliquer tous les principes que j’énonce ici, manant.
Dans notre société où le débat public semble de plus en plus binaire et manichéen, chacun doit choisir son camp, «pour» ou «contre», à la moindre polémique. En appeler à plus de nuance peut alors être accueilli comme une prise de hauteur bienvenue… ou être perçu comme une mollesse idéologique. Pour Julien Lecomte, la nuance ne consiste pas à dissoudre la révolte dans une posture réflexive qui finirait par paralyser l’action : elle est au contraire une arme indispensable au dialogue constructif et à l’action collective.
Entre réflexion philosophique, analyse concrète de controverses actuelles et introspection critique du propre rapport de l’auteur à la nuance, cet essai pragmatique redonne toute sa force politique à cette notion. Un appel humble et intelligent au débat pour vraiment changer les choses.
Le livre peut être commandé dans toutes les librairies de proximité, dans toute la francophonie. Dans certains cas, il est disponible en rayon, mais c’est relativement rare. Vous pouvez aussi le trouver dans de grosses enseignes de distribution ou sur Internet… N’hésitez pas à en parler à votre bibliothécaire également !
Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».
La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).
L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.
L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.
Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.
Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.
Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».
À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.
J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.
J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.
La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.
Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.
Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».
Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)
Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface, p. 9.
J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.
Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, « La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.
J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.
Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.
J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.
Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.
Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.
Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »
Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.
J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.
Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.
J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».
Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».
J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.
Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.
J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.
Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer
Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.
Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».
Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.
Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.
Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.
Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.
Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.
J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.
Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».
Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.
La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.
Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.
À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…
Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.
Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.
Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.
Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».
J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.
Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.
La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.
La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.
Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.
Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.
En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.
Une méthode efficace et des outils concrets pour cultiver le bien-être au quotidien.
L’anxiété, l’agacement, la tristesse et la colère sont des états intérieurs qui compromettent le bien-être. Souvent issues de pensées irrationnelles, ces émotions viennent brouiller votre vision du monde.
Pour pouvoir vous accepter tel que vous êtes et pour mieux comprendre les autres, ce livre propose des outils pour confronter vos idées irréalistes avec la réalité et les événements de la vie. Au moyen de la méthode émotivo-rationnelle, une approche structurée et efficace, vous apprendrez à poser un regard lucide sur vous-même et vous avancerez avec assurance.
L’anxiété, l’agacement, la tristesse et la colère sont des états intérieurs qui compromettent le bien-être. Souvent issues de pensées irrationnelles, ces émotions viennent brouiller votre vision du monde. Pour pouvoir vous accepter tel que vous êtes et pour mieux comprendre les autres, ce livre propose des outils pour confronter vos idées irréalistes avec la réalité et les événements de la vie. Au moyen de la méthode émotivo-rationnelle, une approche structurée et efficace, vous apprendrez à poser un regard lucide sur vous-même et vous avancerez avec assurance.
Philosophe, psychologue et professeur, Lucien Auger fut également coordonnateur du Service de consultations personnelles au Centre interdisciplinaire de Montréal (C.I.M.). Auteur d’une dizaine d’ouvrages, il défend avec ferveur l’idée selon laquelle la raison peut nous aider à avoir une vie plus heureuse.
Psychologue et professeur, Lucien Auger fut également coordonnateur du Service de consultations personnelles au Centre Interdisciplinaire de Montréal (C.I.M.). «De Communication et épanouissement personnel à S’aider soi-même et Le temps d’apprendre à vivre, vingt-quatre années, treize ouvrages, et une seule préoccupation: expliquer pourquoi nous souffrons, pourquoi nous aimons, pourquoi nous agissons comme nous le faisons et révéler au lecteur qu’il peut se servir de sa raison pour arriver à une vie plus heureuse.» Lucien Auger
Lucien Auger, né à Montréal en 1933 et mort le 27 février 2001, est un psychologue canadien.
Biographie
Le docteur Lucien Auger est né à Montréal en 1933. Il passe 25 ans de sa vie dans l’ordre des Pères Jésuites. Il obtient des licences universitaires en lettres, en pédagogie et en théologie à Montréal, Québec et Boston. Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie1.
Il était enseignant et coordonnateur du Service de consultations personnelles au Centre Interdisciplinaire de Montréal (C.I.M.).
À la suite de son décès, la direction du Centre Interdisciplinaire de Montréal a été confiée à M. Pierre Bovo, thérapeute et formateur ÉR.
Il est principalement connu pour avoir traduit et adapté en français la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
Lucien Auger a fait des études universitaires à Montréal, Québec et Boston et obtient des licences en lettres, en pédagogie et en théologie. Il détient deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie. Il a publié plusieurs ouvrages de même que de nombreux cahiers de thérapie qu’il intégra dans la collection des Microthérapies. Il fut au Québec un auteur francophone prolifique et un diffuseur de première ligne de la psychothérapie émotivo-rationnelle2.
Lucien Auger s’est efforcé de faire connaître la thérapie émotivo-rationnelle depuis 1972 à travers nombre de publications qui touchent différents aspects de l’existence humaine.
Bibliographie
Communication et épanouissement personnel – la relation d’aide
S’aider soi même – une psychothérapie par la raison (vendu à plus de 185 000 exemplaires)
Vaincre ses peurs
S’aider soi-même davantage
L’amour: de l’exigence à la préférence
Penser heureux
Se guérir de la sottise
Vivre avec sa tête ou avec son cœur
Élever des enfants sans perdre la boule
Prévenir et surmonter la déprime
La démarche émotivo-rationnelle en relation d’aide – Théorie et pratique
Comment aider mon enfant à ne pas décrocher
Changer:une psychothérapie à la maison
Enseigner en s’amusant
Les émotions et la vie quotidienne
La tête sur les épaules
Vivre heureux à deux – Manuel pratique de survie et de croissance du couple
Le temps d’apprendre à vivre
Savoir vivre – Faire soi-même sa thérapie, éd. Un monde différent , 2001
Serge-André Guay, président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys Auteur, J’aime penser
J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
Thérapie rationnelle-émotive
La thérapie rationnelle-émotive est une pratique psychothérapeutique empirique et directive, à fondements philosophiques, qui vise à soulager les individus souffrant de difficultés psycho-logiques (émotion et comportement). C’est une des principales formes de psychothérapie cognitivo-comportementale. Elle a été développée par Albert Ellis à partir de 1956 sous le nom de « rational therapy »(1). En 1959 cette méthode prit le nom de « rational emotive therapy » et en 1992 celui de « Rational Emotive Behavior Therapy » (REBT).
Le psychologue québécois Lucien Auger s’est efforcé de faire connaître la thérapie rationnelle-émotive au monde francophone depuis 1972 à travers nombre de publications qui touchent différents aspects de l’existence humaine (2). Cofondateur et directeur du Centre Interdisciplinaire de Montréal, sa succession à titre de Directeur du CIM est maintenant assurée par M. Pierre Bovo, thérapeute, formateur et auteur d’orientation Émotivo-Rationnelle.
NOTES
(1) Ellis, A. (1957), « Rational psychotherapy and individual psychology », Journal of Individual Psychology, 13, 38-44.
(2) « Lucien Auger Ph.D. » [archive] (consulté le 14 novembre 2014)
J’aime bien vérifier les informations et, dans le cas d’un auteur décédé, il vaut mieux constater les faits par soi-même.
Ainsi, le Centre Interdisciplinaire de Montréal, dont Lucien Auger était « Cofondateur et directeur », n’existe plus. Il fut « Radiée d’office suite à une dissolution par l’effet de la loi » le 14 février 2016 selon le Registre des entreprises du Québec. Il s’agissait d’une entreprise privée : Société par actions ou compagnie.
Le site web de Lucien Auger – http://lucienauger.com/ – n’est plus en ligne. On en trouve une trace conservée par Internet Archive :
Au sujet de M. Pierre Bovo, successeur de Lucien Auger au Centre interdisciplinaire de Montréal, nous le trouvons désormais comme chef d’entreprise à la tête du Centre de la pensée réaliste. L’entreprise est présente sur Facebook et Pierre Bovo s’affiche sur Linkendin .Il est dit : « Pierre Bovo poursuit le travail de Lucien Auger et partage ses occupations entre la formation, la consultation, l’intervention en milieu scolaire, l’animation d’ateliers, les conférences, l’écriture et aussi la musique. www.penseerealiste.com | www.approcherealiste.com » (ce dernier site web n’est plus en ligne).
Ces vérifications faites, nous pouvons dire que le Centre interdisciplinaire de Montréal dont Lucien Auger était cofondateur n’est plus, que le site web original et le site web autorisé par la succession ne sont plus en ligne. Pierre Bovo a fondé sa propre entreprise, le Centre de la pensée réaliste, toujours en activité.
Bref, ce qui est toujours là, présent aujourd’hui, c’est le livre « S’aider soi-même » de Lucien Auger chez Les Éditions de l’homme. La première édition remonte aux années 1970. L’édition que j’ai main date de 2004 et est préfacée par Isabelle Nazare-Aga, l’auteur du livre Les manipulateurs sont parmi nous. De toute évidence, ce livre, toujours en tablette près de 50 ans après sa première édition, doit être reconnu comme un des meilleurs vendeurs de sa catégorie.
L’idée de base exprimée par Lucien Auger est un lien de cause à l’effet entre les idées et les émotions. Il écrit :
En fin de compte, la pensée et l’émotion ne sont presque pas distinguables. Mais si je peux changer mes émotions, me débarrasser, par exemple, des émotions désagréables comme la tristesse, les sentiments dépressifs ou la colère, il vaudra mieux que je m’attache à changer les pensées qui les causent plutôt que de tenter de réprimer ou de contrôler mes émotions elles-mêmes. (…)
AUGER, Lucien, S’aider soi-même, chapitre 1, Découvrir les émotions, Les Éditions de l’Homme, 2004, p. 20.
Il m’apparaît incongrue de dire que les émotions sont causées par les pensées, à moins de réduire ces dernières à des perceptions, ce qui n’est pas le cas en soit. Il y a dans l’approche psychologique un floue dans les définitions des concepts, un usage populaire des concepts qui dépasse l’entendement au sens strict, sans interprétation. Il n’est donc pas étonnant de lire « En fin de compte, la pensée et l’émotion ne sont presque pas distinguables. » C’est peut-être vrai en psychologie mais cela ne l’est certainement pas en philosophie. On ne peut pas confondre la cause et l’effet.
Lucien Auger va plus loin. Il écrit :
D’autre part, comme la source des émotions ne se trouve pas dans les événements ou les personnes extérieures, mais bien dans les idées que nous nous exprimons à propos de ces événements et de ces personnes, c’est à ces idées, formulées dans notre langage intérieur, qu’il conviendra de s’attaquer pour arriver à contrôler efficacement les émotions désagréables.
AUGER, Lucien, S’aider soi-même, chapitre 1, Découvrir les émotions, Les Éditions de l’Homme, 2004, p. 21.
Lucien Auger affirme que les émotions se trouvent DANS les idées. Il ne me serait jamais venu à l’esprit de formuler un tel jugement. Lucien Auger ne soutient plus que les idées causent des émotions mais que les émotion sont DANS les idées. Le lecteur peu familier avec la philosophie, notamment, l’épistémologie, ne relèvera pas les changements de logique dans la prose de Lucien Auger. C’est souvent le propre des livres de développement personnel qui donne davantage dans le poétique que le scientifique.
Dans la conclusion de son livre, Lucien Auger écrit :
Pour vous aider à prolonger dans le courant de votre vie les effets de la lecture de ce livre, j’ai ajouté en appendice quelques exercices simples qui pourraient vous permettre de vous entraîner à ce travail inlassable de confrontation.
AUGER, Lucien, S’aider soi-même, Conclusion, Découvrir les émotions, Les Éditions de l’Homme, 2004, p. 170.
Monsieur Lucien Auger parle de « confrontation » parce qu’il propose de nous confronter à ce que l’on se dit à soi-même suivant une émotion négative ou, si vous préférez, suivant une interprétation intime d’un événement ou d’une interaction avec une autre personne. Il donne en exemple les réactions d’une femme amoureuse face à l’annulation d’une rendez-vous avec son prétendant de laquelle elle conclut que ce dernier ne l’aime pas et se met dans tous ses états sur le plan émotionnel. Monsieur Auger enseigne à cette femme que son interprétation de l’événement n’est pas nécessairement réaliste puisque l’annulation du rendez-vous, même s’il s’agit du deuxième événement du genre, ne signifie pas obligatoirement que son prétendant ne l’aime plus, qu’il la fuit. Cette thèse à l’effet de questionner ses réactions intimes émotionnelles face à des événements externes ou à des relations interpersonnelles m’apparaît utile.
Cependant, je suis fort sensible à l’aspect INLASSABLE du travail de confrontation proposé par Lucien Auger. Il y a en cela l’admission d’une limite de l’efficacité de thèse et de la méthode proposées par Lucien Auger puisqu’il faut confronter ses idées INLASSABLEMENT. Il y a en cela aussi l’admission d’une fatalité face aux réactions émotives négatives parce qu’elle ne cesseront jamais de revenir et ainsi de nous affecter. Je conclue que Lucien Auger ne corrige pas le problème à la source parce qu’il se maintiendra tout au long de notre vie.
Revenons en arrière, au chapitre « C’est la faute des autres… ». Il le conclut en ces mots :
Vous pouvez, en tout temps, demeurer le maître de votre destin émotif, et diriger votre propre barque émotive où bon vous semble. Rendez-vous compte qu’intérieurement vous êtes inatteignable, inviolable et que, si vous le voulez et si vous vous y exercer, rien d’extérieur ne saurait venir troubler votre sérénité.
AUGER, Lucien, S’aider soi-même, Chapitre IX, « C’est la faute des autres… », Les Éditions de l’Homme, 2004, p. 120.
Je peux opposer une croyance à une autre croyance : je ne crois pas en l’existence d’un destin émotif, pour autant qu’on s’en tienne aux définitions reconnues :
DESTIN
Puissance qui, selon certaines croyances, fixerait de façon irrévocable le cours des évènements.
Ensemble des évènements qui composent la vie d’un être humain (souvent considérés comme résultant de causes distinctes de sa volonté).? destinée, sort.Elle a eu un destin tragique.
Ce qu’il adviendra (de qqch.).? avenir.Le destin d’une civilisation.
La thèse nous invitant à nous rendre compte qu’intérieurement nous sommes inatteignables et inviolables ne tient pas la route dans le contexte, universellement reconnu, du moins en philosophie, que l’Autre est essentiel dans la construction de soi, ce qui implique que notre esprit doit demeurer atteignable et qu’il se fera violer à l’occasion. Le but ne consiste pas à se prémunir de tout ce qui de l’extérieur pourrait « troubler votre sérénité ».
Définition philosophique de la sérénité : La sérénité (du latin serenitas : « sérénité », « sécheresse ») est un état de calme mental ou encore de tranquillité intérieure. La sérénité s’oppose au trouble, à la peur, à l’anxiété et au mal-être.
Je crois que nous avons pour devoir de confronter notre sérénité, surtout si cette dernière nous coupe du Monde et de l’Autre indispensables à notre évolution.
Si « La sérénité s’oppose au trouble, à la peur, à l’anxiété et au mal-être » en nous procurant un « État de calme, de tranquillité, de confiance sur le plan moral, soit La sérénité de l’esprit, elle ne saurait pas devenir un refuge, une tour d’ivoire, et encore moins fomenter une vie en retrait du monde. Demeurer calme, tranquille et confiant en toutes circosntances et en toutes occasions implique une certaine insensibilité aux troubles, aux préoccupations de l’existence. Or, la sensibilité de l’Homme lui assure une perméabilité au Monde et à l’Autre et lui procure ainsi tous les profits du vivre ensemble. Nous devons demeurer atteignable et même violable intérieurement par le Monde et par l’Autre pour garder notre esprit en éveil.
Évidemment, je ne peux pas m’opposer à l’idéal d’une vie sereine en opposition au trouble, à la peur, à l’anxiété et au mal-être. Mais je ne crois pas que la sérénité soit la solution au trouble, à la peur, à l’anxiété et au mal-être.
La solution au trouble n’est pas le calme.
La solution à la peur n’est pas le sang-froid.
La solution à l’anxiété n’est pas la quiétude.
La solution au mal-être n’est pas le bien-être.
Et pour opposer :
Le calme au trouble
Le sang-froid à la peur
La quiétude à l’anxiété
Le bien-être au mal-être
Il faut aller à la source pour régler le problème une fois pour toutes. Se battre à chaque fois, répéter inlassablement le même exrecice, relève de la psychologie. Seule la philosophie, dans le plus grand respect des émotions et des sentiments, dispose des outils pour creuser et dégager la source originale d’un problème au sein même de l’esprit et le régler une fois pour toutes. Notez qu’il existe une philosophie pour qui les émotions sont des ennemis jurés de la raison et, par conséquent, les briment plutôt que de les respecter, ce qui conduit à des graves erreurs.
Lucien Auger nous invite à prendre la resposabilité les opinions que nous forgeons à la suite d’une émotion. Ces opinions prennent la forme de ce qu’il nomme des « phrases intérieures » que nous nous répétons en réaction à une émotion face à un événement. En fait, il s’agit plutôt des jugements personnels par lesquels nous interprétons ce qui vient de se passer sous le coup de l’émotion.
L’auteur nous invite à « acquérir un certain contrôle sur ces phrases intérieures ». Il précise : « Il n’en est pas ainsi à propos du monde extérieur et des autres. J’ai très peu de contrôle sur le monde psysique et pas du tout sur les idées des autres. » (AUGER, Lucien, S’aider soi-même, chapitre 1, Découvrir les émotions, Les Éditions de l’Homme, 2004, p. 22.)
Par exemple, si un être humain me signifie clairement qu’il me trouve stupide et qu’alors je me sente déprimé, il est fort heureux que mes sentiments dépressifs ne soient causés que par moi, par l’opinion que j’ai de l’importance de cet avis. Si, au contraire, mes sentiments dépressifs sont causés directement par l’opinion de l’autre, je suis contraint d’être malheureux tant que je n’ai pas réussi à le faire changer d’avis. Je me vois astreint à la rude besogne d’opérer ce changement en lui, et comme je ne possède pas de moyen de contrôle sur son opinion à mon égard et que, quoi que je fasse, il peut toujours me trouver stupide s’il le veut, ma situation est assez désespérante.
AUGER, Lucien, S’aider soi-même, chapitre 1, Découvrir les émotions, Les Éditions de l’Homme, 2004, pp. 22-23.
Le livre « S’aider soi-même» de Lucien Auger se fonde sur l’idée que nous sommes seuls responsables de nos émotions et de nos opinions, que nous sommes la cause du problème et, par conséquent, nous pouvons les contrôler. Mais si, au contraire, nous rejetons la faute sur l’autre, nous n’avons alors aucun contrôle. Lucien Auger ne reconnait aucune responsabilité à l’autre dans notre malheur quant aux conséquences de ses actes et/ou ses opinions sur nous. Je ne suis pas d’accord.
Il justifie cette responsabilisation de nos émotions et de l’état dans lequel elle nous place en soutenant que nous avons « très peu de contrôle sur le monde psysique et pas du tout sur les idées des autres. » Dans ce contexte, aussi bien agir sur soi que sur le monde et les autres face auxquels je n’ai aucun contrôle. Or, ce livre est en soi une démonstration de l’auteur sur le contrôle qu’il tente d’exercer sur les « idées des autres ». Par son acte d’écriture, il contredit ce qu’il écrit.
Nous avons, non pas très peu, mais beaucoup de contrôle sur le monde physique. Ce contrôle fut et demeure la base de toutes les civilisations.
Et nous sommes très loin de ne pas avoir du tout de contrôle sur les idées des autres. Toute l’histoire de l’Humanité, y compris de nos relations inter-personnelles, démontre le contraire.
Certes, je ne peux pas empêcher l’Autre de penser (d’avoir l’idée) que je suis stupide mais je peux le faire changer d’idée, pour autant que je lui accorde toute l’importance qu’il mérite. Et si je mets dans tous mes états parce que l’Autre demeure persuadé que je suis stupide, je dois me rappeler qu’une opinion, les miennes et celles des Autres, ne sont que des opinions, des préjugés ou des jugements, et non pas des vérités conforme à la réalité. Je ne peux pas prendre pour vrai ce que je pense uniquement parce que je le pense.
Le livre « S’aider soi-même » s’adresse aux personnes ballotées d’un bord et l’autre par leurs émotions et l’auteur les condamne à des exercices tout au long de leur vie, à un travail inlassable de confrontation., sans pour autant que cela soit suffisant :
Ne croyez pas cependant que ces seuls exrecices soient suffisants pour arriver à purger votre esprit de tout son bagage d’idées délétères. Ils sont destinés qu’à vous ouvrir une voie sur laquelle vous cheminerez ensuite par vous-même. Si, après des efforts loyaux et rigoureux, vous vous sentez encore habité par une anxiété ou une hostilité intenses et prolongées, n’hésitez pas à recourrir à une aide thérapeuthique.
AUGER, Lucien, S’aider soi-même, Conclusion, Découvrir les émotions, Les Éditions de l’Homme, 2004, p. 170.
Lucien Auger explique bien la méthode émotivo-rationnelle dans son livre « S’aider soi -même – Une psychothérapie par la raison ». J’en reconnais l’utilité pour les gens dans l’urgence de leurs émotions. Mais, selon Lucien auger lui-même, les excercies proposés ne seront pas suffisants.
Serge-André Guay, président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys
Auteur, J’aime penser
Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».
La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).
L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.
L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.
Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.
Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.
Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».
À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.
J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.
J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.
La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.
Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.
Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».
Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)
Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface, p. 9.
J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.
Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, « La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.
J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.
Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.
J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.
Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.
Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.
Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »
Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.
J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.
Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.
J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».
Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».
J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.
Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.
J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.
Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer
Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.
Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».
Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.
Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.
Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.
Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.
Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.
J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.
Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».
Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.
La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.
Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.
À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…
Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.
Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.
Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.
Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».
J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.
Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.
La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.
La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.
Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.
Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.
En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.
Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence
Lou Marinoff
À ceux qui osent poser des questions et tout spécialement les poser au philosophe
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Frédéric Faure
Titre original
The Big Questions, How philosophy can change your life,
Bloomsbury, New York and London
La table ronde, Paris, 2004, 420 pages
ISBN 10 : 2710326477
ISBN13 : 978-2710326472
Cet article présente mon point de vue au sujet du livre « La philosophie, c’est la vie ».
Dans un premier temps, je présente le livre et, dans un deuxième temps, vous trouverez mon rapport de lecture.
Quatrième de couverture
« Lou Marinoff est un indispensable compagnon de voyage. Toujours enchanteur, toujours téméraire, c’est un éveilleur. »
Paulo Coelho.
« Grâce à Lou Marinoff, la philosophie vient à votre aide. Une thérapie et une cure d’intelligence pour tous ceux et celles qui vont bien ou mal mais veulent vivre mieux. »
Newsweek.
Comment puis-je connaître le bonheur? Vaincre le malaise? Être juste? Équilibrer la raison et la passion? Comment puis-je changer? Telles sont les questions qui agitent notre existence quotidienne. Telles sont aussi les questions auxquelles répondent les grands philosophes. Car la philosophie est avant tout une voie personnelle, une autre manière de vivre toutes nos expériences, les plus extraordinaires comme les plus banales. À travers des siècles de sagesse, avec Lou Marinoff, prenez Épicure, Descartes, Nietzsche, Freud et les autres comme conseillers. Grâce à des citations pertinentes, des commentaires éclairants, des cas concrets, des exercices pratiques, apprenez à vous redécouvrir, à vous reconstruire, à vous réaliser. Et à vous épanouir. Car, pour nous aussi, changer commence aujourd’hui.
Source : La table ronde.
Table des matières
L’auteur
Lou Marinoff
Professeur de philosophie au City College de New York, Lou Marinoff est aussi le président de la Fédération américaine de philosophie pratique.
CV de Lou Marinoff
Professor Lou Marinoff, Ph.D.
Curriculum Vitae
Department of Philosophy
The City College of New York
Lou Marinoff at Taplow Court, UK. Crédit photo : Ravi Juneja (Wikipédia) Academic Affiliations
1994-… Professor, Philosophy Department & Asian Studies, The City College of the City University of New York
1997-98 Instructor, Graduate Course in Philosophical Practice, Felician College, New Jersey
1993-94 Lecturer, Arts One Program (Great Books), University of British Columbia
1993-94 Lecturer, Department of Philosophy, Capilano College, North Vancouver
1992-94 Lecturer, Department of Philosophy, University of British Columbia, Vancouver
1992 Instructor, Coquitlam Continuing Education, Grade 11 Mathematics for mature students
1988-89 Pre-Doctoral Fellow, Edelstein Centre, The Hebrew University of Jerusalem
1987-88 Lecturer & Research Fellow, Dept. of History & Philosophy of Science, University College London
1983-84 Research Assistant, Physics Department, Concordia University, Montreal
1982 Research Assistant, Chemistry Department, Concordia University, Montreal
Executive Education Affiliations
2015 – Faculty, Ducere, Melbourne/Canberra, Australia
2009 – Faculty, Festival of Thinkers, Abu Dhabi
2006 – Faculty, Horasis: Global Arabia, China, India, Russia, Business Meetings
2000 – Faculty, World Economic Forum, Geneva-Davos-New York-Delhi-Beijing-Singapore 2001-05 Faculty, Institute for Local Gov’t., SW Leadership & Governance Program, Univ. of Arizona 2004 Fellow, The Aspen Institute, Executive Seminar
2004 – Faculty, Omega Institute for Holistic Studies, Rhinebeck, NY 1999- Faculty, American Philosophical Practitioners Association
1991-94 – Executive Moderator, Canadian Business & Professional Ethics Network, Univ. of British Columbia
Leadership Roles
2011-14 Chair, Department of Philosophy, The City College of New York
2012-13 Dialogues with SGI Youth Leaders in Los Angeles, Miami, New York, Toronto, Vancouver, Washington
2009-10 Chair, Department of Philosophy, The City College of New York
2007-… Faculty, Global Leadership Fellows Programme, World Economic Forum
2005-… Founding Editor-in-Chief, Philosophical Practice: Journal of the APPA
2003 Program Leader, for Global Leaders of Tomorrow, World Economic Forum
1999 -… Founding President, American Philosophical Practitioners Association (APPA)
1998 Executive Director, American Society for Philosophy, Counseling & Psychotherapy (ASPCP)
1997 President, American Society for Philosophy, Counseling & Psychotherapy (ASPCP)
Academic Qualifications
1992 Ph.D., University College London, England, in Philosophy of Science
1984 B. Sc. (with Great Distinction), Concordia University, Montreal, in Theoretical Physics
1980 Diploma, Control Data Institute, Montreal, in Digital Computing Technology
1972 Diploma, Dawson College, Montreal, in pre-University Liberal Arts
2007-… Macaulay Honors College: Applied Ethics Across the Disciplines, The Rational Animal, Ethics
1994-… The City College of New York: Asian Philosophy, Biomedical Ethics, Buddhism, Chinese Philosophy, Comparative Ethics, Computer Ethics, Critical Thinking, Decision Theory, Engineering Ethics, Environmental Ethics, Independent Study, Indian Philosophy, Introductory Philosophy, Philosophy of Artificial Intelligence, Philosophy of Science Fiction, Senior Seminar, Symbolic Logic, The Rational Animal, World Philosophies, Senior Engineering Project supervisor and co-sponsor
2004 Omega Institute (Rhinebeck): Continuing Education Units (CEUs) for mental health professionals
2002 European Association of Psychiatrists (Stockholm): CEUs for psychiatrists
2002 Australian Psychotherapy Congress (Melbourne): CEUs for psychotherapists
1992-94 Capilano College, BC: Business Ethics, Environmental Ethics, Ethics, Philosophy of Law
1991-94 University of British Columbia: Biomedical Ethics, Critical Thinking, Deductive Logic, Great Books, Philosophy of Science, Scientific Reasoning
1990-91 Bonaventure School, QC: Mathematics, Sciences, Moral Education, PC application software.
1987-88 University College London: Philosophy of Science (undergraduate & postgraduate sections)
Graduate Supervision
2016-17 Research supervisor for two Visiting Scholars from China; one from Guangxi University; the other, from Shandong University at Weihei.
2013-14 External supervisor of candidate for M.A. in Conflictology at the Open University of Catalonia, Spain
2012-… External supervisor of Ph.D. candidate in Philosophy at the University of Bucharest, Romania
2012 External supervisor of Ph.D. candidate in Philosophy at Shandong Normal University, China, and Visiting Scholar at CCNY
2012-19 External supervisor of Ph.D. candidate in Philosophy at the Universidad National Autonomo de Mexico (UNAM), Mexico City
2000 External Examiner on Ph.D. thesis in Education at the University of British Columbia
Books
2019: On Human Conflict: The Philosophical Foundations of War and Peace, Rowman & Littlefield, Lanham, MD
2018: Eloquent Sinking: A Gaspesian Tragicomedy, Waterside Press, Dan Diego
2014 : The Power of Tao: Finding Serenity in Changing Times, Argo-Navis (Perseus Books), Denver 2013 : Therapy for the Sane, 10th Anniversary Edition, Argo Navis (Perseus Books), Denver
2012 : The Inner Philosopher: Conversations on Philosophy’s Transformative Power. A dialogue with Daisaku Ikeda. Cambridge, MA: Dialogue Path Press
2007 : The Middle Way: Finding Happiness in a World of Extremes, Sterling, New York & London. Translated into 5 languages.
2003: Therapy for the Sane: How Philosophy Can Change Your Life, Bloomsbury, New York & London. Translated into 13 languages.
1999 : Plato Not Prozac: Applying Philosophy to Everyday Problems, HarperCollins, NY. Translated into 27 languages.
1994 : Fair New World, Backlash Books, Vancouver.
Edited Book
2018: Vice Versa: Collected & Neglected Poems (1931-2017) by Rosaline Tafler. Amazon Create Space. Compiled by Julian Marinoff. Note: Rosaline Tafler (born 1923) is the editor’s mother.
Contributed Book Chapters
2020: « Last Laughs and Dead Ends: How to Get Death’s Goat, or Let’s Put the ‘Yin’ Back in ‘Dying’, » Yearbook for the Philosophy of Humor, ed. Lydia Amir, De Gruyter, Berlin, forthcoming
2019: « Doing Good and Living Well, » in Proceedings of the 15th ICPP, edited by David Sumiacher, Novedades Educativas of Argentina, Buenos Aires, in the press
2018: « A Time to Waken the Wisdom of the Middle Way, » in Our World Today: Reflections from American Thinkers, edited by Masao Yokota, Ushio,Tokyo, 92-102
2017: « Dada as Philosophical Practice, Philosophical Practice as Dada, » in New Frontiers of Philosophical Practice, edited by Lydia Amir, Cambridge Scholars Press, Newcastle, 4-33
2017: « Interview, » in The Philosophy Clinic, edited by Stephen Costello, Cambridge Scholars Press, Newcastle, 119-144
2017: « Philosophical Practice as Political Activism, » in Socrate à l’agora. Que peut la parole philosophique? edited by Mieke de Moor, VRIN, Paris, 107-125
2016 : « All the Great Things in the World Start from the Small » in The Habit : Borrowing Life Strategies from the World’s Most Creative Leaders, edited by Douglas Huh, Yolimwon Publishing Group, Seoul, 102-109
2015 : « Critical Thinking, Ethics, and Philosophical Counseling, » in The Beacon of Mind, edited by Andrea Blackie and John Spencer, Param Media, Vancouver, 158-173.
2014 : »A Skeptical View of Sustainability, » in Design a Pattern of Sustainable Growth, edited by Daniele Schirilo, ASERS Publishing, Craiova, Romania, 14-30.
2013 : Extract from The Inner Philosopher, in Daisaku Ikeda — Sekai tono Taiwa (Daisaku Ikeda — Dialogue with World Figures), Daisan Bunmei Publishing Company, Tokyo, 196-199.
2013 : « Philosophical Challenges in Building a Culture of Peace, » in Voices for the Culture of Peace: Compendium of the SGI-USA Culture of Peace Distinguished Speaker Series, volume 2. Editor: Ian McIlraith. Publisher: Culture of Peace Press, Los Angeles, 149-180.
2013 : Chapter in Philosophical Practice: Five Questions, edited by Jeanette Bresson Ladegaard Knox. Automatic Press, Birkerod, Denmark, 183-202.
2010 : « Synchronicity, Serpents, and ‘Something-Elseness’, » in The Challenge of Dialogue, eds. Jens Peter Brune, Horst Gronke, Dieter Krohn, Münster/London: LIT, Volume 12, Series on Socratic Philosophizing.
2007 : “Ethics, Globalization and Hunger: An Ethicist’s Perspective,” in Ethics, Globalization and Hunger, eds. Per Pinstrup-Anderson and Peter Sandoe, Springer Netherlands, 29-49.
2006 : “The PC Tyranny”, in In The Agora, eds. Andrew Irvine & John Russell, The University of Toronto Press, Toronto, 456-461.
2006 : “Tres Desafios Para la Filosofia Practica”, in La Filosofia a las Puertas del Tercer Milenio, ed. & trans. Jose Barrientos Rastrojo, Fenix Editoria, Universidad de Sevilla, 135-146.
2005 : “The Matrix and Plato’s Cave: Why the Sequels Failed,” in More Matrix and Philosophy, ed. William Irwin, Open Court, Chicago, 3-11.
2004: “Thus Spake Settembrini,” in Philosophy and Psychiatry, eds. Thomas Schramme & Johannes Thome, De Gruyter, Berlin , 27-49.
2003 : “The Big Picture: What is Business Ethics? What are Its Prospects in Asia?,” in Asia’s New Crisis, eds. Pamela Mar & Frank-Jürgen Richter, John Wiley & Sons Asia, Singapore, 16-40.
2003 : “The Geometry of Defection” in Cheryl Hughes and James Wong, eds., Social Philosophy Today, Volume 17, Philosophy Documentation Center, Charlottesville, 69-90.
1998 : “The Failure of Success: How Exploiters are Exploited in the Prisoner’s Dilemma,” in Modeling Rational and Moral Agents, Peter Danielson, ed., Vancouver Cognitive Science Series, Oxford University Press, 161-185.
1997 : “The Quest for Meaning,” in Mind Versus Computer: Were Dreyfus and Winograd Right?, M. Gams & M. Paprzycki, X. Wu, eds., IOS Press, Amsterdam, 64-79.
1996 : “An Approach to Indian Philosophy: Hindu and Buddhist Doctrines of Karma,” in Reason, Knowledge and Value, CCNY Philosophy Dept., eds., McGraw-Hill, 214-248.
1995 : “On the Emergence of Ethical Counseling,” in Essays on Philosophical Counseling, Ran Lahav & Maria Tillmanns, eds., University Press of America, Lanham, 171-191.
Publications in Scholarly Journals
2019: « Humanities Therapy as a Remedy for the Detriments of Technosociety, » Keynote Address at the ICHTT at Nanjing University, Journal of Humanities Therapy, 10.2, 1-19.
2019: « Contemporary Philosophical Practice: Forces That Favor, and Hinder, Its Progress, » Revue Roumaine de Philosophie, 63.2 , 337-350.
2017: « Psychology is the Child of Philosophy, » Interview with Montse Rovira. EC Psychology and Psychiatry, 4.1, 6-14.
2016: « Playing with Ideas, » Interview with Scott Eberle. American Journal of Play, 9.1, 1-18
2016: « Introduction to Philosophical Practice, » Journal of the University of Anhui, 5, 27-35.
2016: « Atlas Shrugged, Akston Counseled: How Ayn Rand Re-Invented Philosophical Practice, » Journal of Humanities Therapy, 7.1, 1-24.
2015 : « Synchronicities, Serpents, and Something-Elseness, » Interdisciplinaire Vereniging voor Analytische Psychologie, 30, 38-63
2014 : « The Case Against a ‘Philosophical DSM’,” co-authored by Vaughana Feary, Journal of Humanities Therapy, 5, 47-70.
2014 : « Biological Roots of Conflict, and Its Resolution via Cultural Evolution, » The Journal of Conflictology, 5.2, 2-13.
2013 : « Editorial on the 12th ICPP, » Philosophical Practice, 8.3, 1238.
2012 : « Humanities Therapy: Restoring Well-Being in an Age of Culturally-Induced Illness. » Keynote address, in
Proceedings of the 11th International Conference on Philosophical Practice, Humanities Institute, Kangwon National University, 27-48.
2012 : « Editorial on the 11th ICCP, » Philosophical Practice, 7.3, 1011-14.
2011: « Theory and Practice of Philosophical Counseling », Journal of Humanities Therapy, 2, 1-17. 2011: « Commemorating Fifty Years of IOP », The Journal of Oriental Studies, Vol. 50, #2, 78.
2011 : « Transforming Poison into Medicine: The Role of Dualism in Psychiatry, » The World Journal of Biological Psychiatry, 12(S1), 66-69.
2009 : « Theory and Practice of Philosophical Counseling, » Proceedings of the First International Conference on Humanities Therapy, Kangwon National University Humanities Institute, 17-24.
2007 : “Geometry of the Lotus: The Middle Way and Humanity’s Future,” Journal of the Institute for Oriental Studies.
2006 : “Leonard Cohen,” entry in the Encyclopedia of Erotic Literature, eds. Gaetan Brulotte & John Phillips, Routledge, London, 261-263.
2005 : “One Philosopher is Worth a Hundred ‘C-Words’,” editorial, Philosophical Practice, 1.1, 1-10.
2003 : “General Semantics and Philosophical Practice: Korzybski’s Contributions to the Global Village,” General Semantics Bulletin, 69, 13-26 (The Alfred Korzybski Memorial Lecture, 2001.)
2003: “Overcoming the Pain of Life,” Journal of the Institute for Oriental Studies, 13, 143-159. 2003: “The Book of Changes as a Counseling Tool,” Practical Philosophy, 6.1, 56-62.
2000 : “Inculcating Virtue in Philosophical Practice,” Journal of Philosophy in the Contemporary World, 7, 51-63.
2000 : “Employment Equity versus Equal Opportunity,” Sexuality and Culture, 4, Fall 2000, 23-44.
1999 : “The Tragedy of the Coffeehouse: Costly Riding, and How to Avert It,” Journal of Conflict Resolution, 43, 434-450.
1999 : “On Virtual Liberty: Offense, Harm and Censorship in Cyberspace,” Inquiry: Critical Thinking Across the Disciplines, 18, 64-76.
1998 : “What Philosophical Counseling Can’t Do,” Journal of Philosophy in the Contemporary World, 5:33-41.
1997 : “Philosophy Meets Pirandello: Six Professions in Search of a Schema,” Proceedings of the Second International Congress on Philosophical Practice, Wim v.d. Vlist, ed., Internationale School voor Wijsbegeerte, The Netherlands, 107-115.
1996 : “A Reply to Rapoport,” Theory and Decision, 41, 157-164.
1996 : “How Braess’ Paradox Solves Newcomb’s Problem: Not!,” International Studies in the Philosophy of Science, 10, 217-237.
1995: “Has Turing Slain the Jabberwock?,” Informatica, (Special Issue: Mind <> Computer), 19, 513-526. 1994: “A Resolution of Bertrand’s Paradox,” Philosophy of Science, 61, 1-24.
1994 : “Hobbes, Spinoza, Kant, Highway Robbery and Game Theory,” Australasian Journal of Philosophy, 72, 445-462.
1993 : “Three Pseudo- Paradoxes in ‘Quantum’ Decision Theory: Apparent Effects of Observation on Probability and Utility,” Theory and Decision, 35, 55-73.
1992 : “Maximizing Expected Utilities in the Prisoner’s Dilemma,” Journal of Conflict Resolution, 36, 183-216.
1990 : “The Inapplicability of Evolutionarily Stable Strategy to the Prisoner’s Dilemma,” The British Journal for the Philosophy of Science, 41, 461-472.
Journal Editorship
2005-… Philosophical Practice: Journal of the APPA, publishes 3 issues per year, wwwU.appa.edu/journal.htmU
Filmography
2010: Role in Changing Our Minds, directed by David Sousa. Living Life Films, premiered Los Angeles 2010. http://www.changingourmindsmovie.com/
2006 : Leading role in Way of the Puck, directed by Eric Anderson, Creative Ape Productions, premiered at Worldfest Houston International Film Festival . See http://wayofthepuckHTU.com/UTH
2004 : Leading role in Table Hockey: The Movie, directed by Thor Henrikson, Triad Film Productions, aired on CTV and the Independent Film Channel. http://wwwHTU.triadfilms.ns.ca/UT
Videography
2007-… Twenty-nine short videos on diverse topics, LuMar Productions, on Lou Marinoff’s YouTube Channel. More than 100,000 views to date. http://www.youtube.com/user/loumarinoff?feature=mhum
Discography
2015: Classical Journey. Selected recordings for unaccompanied guitar, 1976-2009. Works by Bach, Brouwer, Lauro, Sanz, Sor, Tarrega. http://www.cdbaby.com/cd/loumarinoff
2014: Digital re-mastering and re-release of Marinoff Ex Machina, an album of original songs (recorded 1973). http://www.cdbaby.com/cd/louismarinoff
Photography
2009-… Exhibiting more than 5,000 photos in galleries at http://loumarinoff.zenfolio.com/
Book and Film Reviews
2017: Review of Creatures of a Day, by Irivn Yalom, in Philosophical Practice, 12.1, 1905-09.
2012: Review of The Spinoza Problem, by Irvin Yalom, reprinted in Psychotherapy in Australia, May 2012.
2012: Review of The Spinoza Problem, by Irvin Yalom, in Philosophical Practice, 7.1, 945-50.
2010: Review of Nonsense on Stilts, by Massimo Pigliucci, in Times Higher Education, June 10, http://www.timeshighereducation.co.uk/story.asp?storycode=411973
2010 : Review of Winning Habits, by B.P. Bam, in Philosophical Practice, 5.1, 600-602.
2005- … : Reviews of several dozen books under editorship of Philosophical Practice: Journal of the APPA
2003 : Review of Blinded by the Right, by David Brock, in Sexuality and Culture, 7, 84-87.
2002 : Review of Political Correctness: The Revolt of the Primitive, by Howard Schwartz, in Sexuality and Culture, 6:97-02.
2001 : Review of Quills, in Sexuality and Culture, 5, 11-17.
1997 : Review of Moral Panic, by John Fekete, in Sexuality and Culture, 1, 293-297.
1996 : Review of Personal Existence After Death, by Robert Geis, in Canadian Philosophical Reviews, 16,
396-7.
1995 : Review of Metaphysical Myths, Mathematical Practice, by Jody Azzouni, Canadian Philosophical Reviews, 5, 156-158.
1994: Review of The Language of First-Order Logic with Tarski’s World 4.0, by Jon Barwise and John Etchemendy, Canadian Philosophical Reviews, 14, 162-164.
Books Endorsed, by Invitation
2017: Rolf Dobelli, The Art of the Good Life, Hachette, NY
2017: Ashwani Kumar, Hope in a Challenged Democracy, The Wisdom Tree, New Delhi
2016: Aleksandar Fatic, Virtue as Identity, Rowman & Littlefield, London & New York
2014: Jason Ma, editor, Young Leaders 3.0, Young Leaders 3.0 Press, Palo Alto, CA
2014: Clark Strand, Waking the Buddha, Middleway Press, Santa Monica, CA
2013: Olivier Urbain, ed., Daisaku Ikeda and Dialogue for Peace, I.B. Tauris, London
2013: Aviezer Tucker, Plato for Everyone, Prometheus Press, NY
2012: Ivan Tselichtchev, China Versus the West, John Wiley & Sons Asia, Singapore.
2009: Ronald Bosco, Daisaku Ikeda, Joel Myerson, Creating Waldens, Dialogue Path Press, Boston
2007: Brendan Burchard, Life’s Golden Ticket, HarperCollins, NY
2005 : Christina Hoff Summers & Sally Satel, One Nation Under Therapy, St. Martin’s Press, NY
2003: Daisaku Ikeda, René Simard, Guy Bourgeault, On Being Human: Where Ethics, Medicine and Spirituality Converge, Middleway Press, Santa Monica, CA
2002: William Irwin, ed., The Matrix and Philosophy, Open Court, Chicago, IL 2001: Phyllis Chesler, Woman’s Inhumanity to Woman, Nation Books, NY 2001: Paulo Coelho, Veronika Decides to Die, HarperCollins, NY
2000 : Oreste Saint-Drôme, Comment choisir son philosophe, La Découverte, Paris
Occasional Pieces
2016 : Interview with Fanfare Magazine, September/October issue
2013: Interview with Europe’s Journal of Philosophy: http://ejop.psychopen.eu/article/view/665/503 2010: « India’s Gifts to the Global Village, » in Report on the Global India Business meeting, Horasis.
2010 : Persistence Pays, or Why Cars Have Speedometers. Times Higher Education, April 1. http://www.timeshighereducation.co.uk/story.asp?sectioncode=26&storycode=411033&c=1
2010 : « Wither Mother Russia? », in Report on the Global Russia Business Meeting, Horasis.
2009 : « Landmarks in Human Progress, » in Report on the Global China Business Meeting, Horasis
Membership in Professional Societies (past or current)
American Philosophical Association; American Philosophical Practitioners Association; American Society for Philosophy, Counseling and Psychotherapy; British Society for the Philosophy of Science; Canadian Philosophical Association; Lighthearted Philosophers Society, National Association of Scholars; Philosophy of Science Association.
Invited Lectures, Workshops and Services, 2010-14
2018
• Ho Chi Minh City, Vietnam, Horasis Asia Meeting, Panel Chair: Upholding Diversity & Inclusiveness
• Mexico City, Mexico, CECAPFI Seminar: Stoicism, Daoism & Buddhism in Philosophical Practice
• Mexico City, Mexico, 15th ICPP, Keynote Address: Awakening the Inner Philosopher
• Mexico City, Mexico, 15th ICPP: Panel Presentation: Perspectives on Philosophical Practice
• Mexico City. Mexico, Latin American Training, Public Lecture: Plato Not Prozac
• Puebla de Los Angeles, Mexico, Latin American Training, Public Lecture: The Power of Dao
• New York, NY, APPA Certification Program for Philosophical Counselors, hosted by SGI NY Culture Center
• Malaga, Spain, Horasis, Global India Meeting, Panel Chair: Setting the Agenda–India’s Future of Work
• Cascais, Portugal, Horasis Global Meeting, Panel Chair: The Power of Love
• The City College of New York: In Memoriam , K.D. Irani
2017
• Kolkata, India, Horasis Asia Meeting, Panel Chair: Valuing Unity in Diversity
• Sheffield, UK, Horasis China Meeting, Panel Chair: Navigating China’s Geopolitics
• La Paz, Bolivia, Descubre y Emprende Tu Propósito, Gran Congreso Virtual: podcast interview
• New York, NY, APPA Certification Program for Philosophical Counselors, hosted by SGI NY Culture Center
• Interlaken, Switzerland, Horasis India Meeting, Panel Chair: Imagining India’s Society
• Cascais, Portugal, Horasis Global Meeting, Panel Chair: Update on Values
• Estoril, Portugal, The Estoril Conference, Invited Speaker on European Immigration
• Cornelia Street Cafe, New York, Book Talk on The Power of Dao
• APA Pacific Division Meeting, Seattle, WA, invited panelist on Philosophy of Humor
• CCNY, Graduate Seminar in Philosophical Counseling for visiting students from Kyungpook National University, South Korea
• CCNY, Undergraduate Seminar in Philosophical Counseling for visiting students from Kyungpook National University, South Korea
• Hong Kong, APPA Certification Program for Philosophical Counselors, hosted by the Hong Kong Practical Philosophy Society
2016
• Bangkok, Thailand, Horasis Asia Meeting, Panel Chair: Faith & Values
• Mexico City, Mexico, SGI Culture Center presents, Un dialogo con Lou Marinoff Sobre su libro con Diasaku Ikeda
• Puebla de los Angeles, Mexico, Public lecture: Mas Platon y menos prozac, Organized by Hugo Pereyra & Horacio Lopez, Latin American Training
• Oaxtepec, Mexico, CECAPFI International Conference, Keynote lecture: Filosofica practica como
activismo politico
• Interlaken, Switzerland, Horasis China Meeting, Panel Chair: Fulfilling the Chinese Dream
• Zurich, Switzerland, Cafe-Philo with Lou Marinoff, Stoicism, Taoism, Buddhism
• New York, NY, APPA Certification Program for Philosophical Counselors, Hosted by SGI NY Culture Center
• Cascais, Portugal, Horasis India Meeting, Panel Chair: The New Urban Agenda
• Liverpool, UK, Horasis Global Meeting, Panel Chair: The Future of Thought
• Wonkwang University, Jeonju, Republic of Korea, Mind Over Mind: International Conference on Mindfulness, invited paper presentation
• Seminar in Philosophical Counseling, at The City College of New York, for visiting students from
Kyungpook National University, Republic of Korea
2015
• Panel Chair, Urbanization and Services Sector, Horasis Global China Meeting, Cascais, Portugal
• APPA Certification Training Program for Philosophical Counselors, hosted by SGI-USA, NY
• Plenary Interview of Sri Sri Ravi Shankar, Horasis Global India Meeting, Interlaken, Switzerland
• Faculty Appointment, Ducere Global Business School, Melbourne, Australia
• APPA Certification Training Program for Philosophical Counselors, invited by the Hong Kong Philosophical Practice Society, Hong Kong SAR
2014
Invited Lecture, « Ancient Chinese Philosophy and Modern Urban Leadership, » Chinese Executive Leadership Academy Pudong (CELAP), Shanghai, China
Invited Lecture, « Introduction to Philosophical Practice, » Department of Philosophy, Jiao Tong University, Shanghai, China
Invited Lecture, « The Relation Between Academic Philosophy and Philosophical Practice, » Institute for Advanced Studies in the Humanities and Social Sciences, Nanjing University, Nanjing, China
Invited Lecture, « Philosophical Practice in East Asia, » Nanjing University, Nanjing, China
Seminar, Department of Philosophy, « Theories, Methodologies, and Case Studies in Philosophical Practice, » Nanjing University, Nanjing, China
Public Lecture, « The Power of Tao, » The City College of New York
Panel Chair , « The Chinese Dream, » Horasis Global China Business Meeting, Lake Como, Italy
Invited Paper, « How to be Happy on Mondays, » Lighthearted Philosophers Society Conference, Galveston, TX
Keynote Address, « Practicing at the Edge, » 13th International Conference on Philosophical Practice, University of Belgrade, Serbia
APPA Certification Training Program for Philosophical Counselors, hosted by SGI-USA, NY
Plenary Panel Chair, Globalizing Indian Firms, Horasis Global India Meeting, Liverpool, UK
Panel Chair, « India, Karma, and Entrepreneurship, » Horasis Global India Business Meeting, Liverpool, UK
Invited Lecture, « Buddhism, Taoism, and Stoicism in Philosophical Counseling, » Atheneum of Madrid, Spain
Invited Lecture, « Values and Spirituality, » Atheneum of Madrid, Spain
Panel Chair, « Spurring the Economics of Innovation, » Global Russia Business Meeting, Valencia, Spain
Invited Lecture, « The Meaning of Life, » Sunday Assembly, New York
2013
Invited Paper, « Philosophical Practice as Political Activism, » University of Aix-Marseille, Aix-en-Provence
Panelist, Global China Business Meeting, The Hague, convened by Horasis
Invited Paper, « Last Laughs and Dead Ends, » Lighthearted Philosopher’s Society Conference, Tampa
Invited Lectures, « Values of Spirituality » and « Stoicism, Taoism & Buddhism, » Atheneum of Madrid
Invited Lecture, « Biological Roots of Human Conflict, and their Cultural Resolution, » 6th International Congress on Conflictology and Peace, Open University of Catalonia, Barcelona
Invited Lecture, « Philosophical Practice: a Retrospective, » 12th International Conference on Philosophical Practice, Municipality of Cholargos, Athens
Invited Paper, « Philosophy As Remedy, » 23rd World Congress of Philosophy, University of Athens
APPA Certification Training Program for Philosophical Counselors, hosted by SGI-USA, NY
Workshop on Philosophical Counseling, Institute of Philosophical Practices, Paris
Panelist and Plenary Speaker, Global India Business Meeting, Belfast, convened by Horasis
Workshops on Philosophical Practice, Landsort, Sweden, convened Spinalis Foundation
Workshops on Philosophy in Rehabilitation Medicine, Umea University, Sweden
Moderator, « Is ADHD a Valid Diagnosis? », 6th World ADHD Congress, Milan
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, SGI-UK Culture Center, Taplow Court, Maidenhead
Facilitator, Cafe-Philo, Hay-on-Wye Festival, UK
Panelist, « The Evolution of Desire, » Hay-on-Wye Festival, UK
Panelist, « The Tyranny of Freedom, » Hay-on-Wye Festival, UK
Invited Lecture, « Plato Not Prozac, » Hay-on-Wye Festival, UK
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » Kansei Culture Center, Kobe, Japan
Invited Lecture, « The Role of Philosophical Practice in Business, » University of Rikkyo, Japan
Invited Lecture, « Introduction to Philosophical Practice, » University of Rikkyo, Japan
Invited Lecture, « The Role of Philosophical Practice in Business, » University of Tokyo, Japan
Invited Lecture, « Introduction to Philosophical Practice, » University of Tokyo, Japan
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » SGI Culture Center, San Francisco
Invited Talk on « The Inner Philosopher, » Harvard Coop, Cambridge, MA
Panel Organizer & Chair, « From Soma to Society: A Sample Spectrum of Philosophical Practice, » Public Philosophy Network Conference, Emory University, Atlanta
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » SGI Culture Center, Chicago
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » SGI Culture Center, Montreal
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » SGI Culture Center, Ottawa
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » Ikeda Peace Auditorium, Los Angeles
Panelist, Global Arab Business Meeting, Ras Al Kaimah, UAE
Invited Talk on « The Inner Philosopher, » Banyen Bookstore, Vancouver
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » University of British Columbia, Vancouver
Invited Lecture (via skype), « Four Phases of Humanism, » for CEDAFIN, Mexico
Panel Chair, Global China Business Meeting,, Riga, Latvia
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » SGI- Culture Center, Toronto
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » University of Guelph-Humber, Toronto
Invited Talk on « The Inner Philosopher, Busboys & Poets bookstore, Washington, DC
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » SGI- Culture Center, Washington, DC
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » SGI Florida Culture Center, Miami
Paper presentation: « Of Coconuts and Beings, » Lighthearted Philosophers Society, Tampa
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » Ikeda Center, Cambridge, MA
Invited Lecture on « The Inner Philosopher, » SGI- Culture Center, New York
APPA Certification Training Program for Philosophical Counselors, hosted by SGI-USA, NY
Keynote Lecture, « Restoring Well-Being in an Age of Culturally-Induced Illness, » 11th International Conference on
Philosophical Practice, Kangwon National University, Republic of Korea
Panelist, Global India Business, Antwerp, Belgium.
2011
Keynote Lecture, « The Impact of Chinese Philosophy on the West », Global China Business Meeting, Valencia
Keynote Lecture (in Spanish) on El Poder del Tao, Universidad Complutense de Madrid, Spain
Keynote Lecture (in Spanish) on El Poder del Tao, Ateneo de Madrid, Spain
Keynote Lecture, « Cultivating the Greater Self », Ikeda Center for Peace, Learning & Dialogue, Boston
Keynote Lecture, « Transforming Poison into Medicine », Symposium on Molecular Psychiatry, Rostock
APPA Certification Training Program for Philosophical Counselors, hosted by SGI-USA, NY
Panelist on Education, Global India Business Meeting, Naples, Italy
Panelist on Globalization, 10th East-West Philosophers Conference, University of Hawaii at Manoa
Panelist on Risk Management, Global Russia Business Meeting, Limassol, Cyprus
Invited Lecture, Plato Not Prozac, United Nations University for Peace, San Jose, Costa Rica
2010
CUNY Book Talk, « The Middle Way, » Center for Worker Education, NY
Panelist on Creating Russian Brands, Global Russia Business Meeting, Ljubljana, convened by Horasis
Panelist on Entrepreneurship, Global India Business Meeting, Madrid, convened by Horasis
APPA Certification Training Program for Philosophical Counselors, hosted by SGI-USA, NY
Keynote Lecture, Closing Plenary, 10th International Conference on Philosophical Practice, Leusden
Invited Public Lecture, « Plato Not Prozac, » SUNY Cortland, NY
Panelist on Urbanization, Global China Business Meeting, Luxembourg, convened by Horasis
Keynote Lecture, « Transforming Poison into Medicine, » Interfaith Month, Bergen Community College, NJ
Conference Organization
2019 International Conference on Humanities Therapy, Nanjing University, Organizing Committee
2012-… 11th, 12th, 13th, 15th International Conferences on Philosophical Practice, Advisory Committee
2016-… Horasis Global Visions Community, program consultant
2001-05 World Economic Forum, for Annual General Meeting in Davos, Program Consultant
1999-… Annual General Meeting, American Philosophical Practitioners Association
1997 The Third International Conference on Philosophical Practice, Organizer.
1994 The First International Conference on Philosophical Counseling, Co-Organizer.
1992 Area Research Institute for the Canadian Business and Professional Ethics Network, Co-Organizer.
Referee for Serial Publications
Foundations of Physics, Philosophy of Science, Journal of Philosophy in the Contemporary World, Australasian Journal of Philosophy, Sexuality and Culture, Journal of Conflict Resolution, Hypatia.
Recent Service to the Philosophy Department and The College
2015 Coach of CCNY’s first « Ethics Bowl » team, competed at regional APPE event.
2014 Proposed creation of Center for Applied Philosophy, awaiting final approval by CUNY Central 2010 Proposed M.A. Program in Applied Philosophy, in process with CUNY Central
2007-14 Chaired and/or coordinated numerous Search Committees, as Deputy Chair and Chair of Department.
Public Service
1997 Newspaper, magazine, radio, television and podcast interviews, world-wide, mostly concerning philosophical practice.
1997-03 Monthly “Philosopher’s Forum”, Barnes & Noble Bookstore (6th Avenue, Manhattan), facilitation of unscripted public discourse.
1995-00 Pro bono publico philosophical counseling at City College, on an IRB-approved research protocol.
Awards and Distinctions
2019 Visiting Professor, Nanjing University, China
2019 Provost’s Outstanding Teaching Award, The City College of New York
2019 Doctor Honoris Causa, from West University of Timisoara, Romania, for Philosophical Practice
2018 Key to the City of Puebla de los Angeles, Mexico, in Recognition of Philosophical Practice
2018 Lifetime Achievement Award, Who’s Who in America, Marquis Who’s Who Publications
2015 Humanities Enrichment Grant, The City College of New York 2011 Who’s Who in America, Marquis Who’s Who Publications
2007 Soka University’s Award of Highest Honor, for Philosophical Practice, Tokyo 2003 Scholarly Achievement Award, Institute for Oriental Studies, Tokyo
2000 Premios Cultura Book Prize, University Ramón Llull, for Mas Platon y Menos Prozac
1996 PSC-CUNY Research Award, for project on synthetic evolution of cooperative structures
1994 SSHRC Aid to Occasional Scholarly Conference Award, to organize The First International Conference on Philosophical Practice, hosted by UBC’s Centre for Applied Ethics.
1988-89 Research Fellowship, Edelstein Centre for the History and Philosophy of Science, Technology and Medicine, The Hebrew University of Jerusalem.
1985-88 Commonwealth Scholarship, jointly sponsored by the Association of Commonwealth Universities and the British Council, for Ph.D. studies at the University of London.
1984 The Walter Raudorf Medal for Physics, and Valedictorian, Concordia University
Au sujet de l’approche de Lou Marinoff en philosophie pratique
Faculte de Theologie, d’Ethique et de Philosophic «LE COUNSELLING PHILOSOPHIQUE : UNE PRATIQUE EN QUETE D’IDENTITE ET DE NORMES» par Philippe Leblanc MEMOIRE PRESENTE COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAlTRISE ES ARTS (PHILOSOPHIE) UNIVERSITE DE SHERBROOKE JUIN 2008
2.4.1) Méthode Lou Marinoff (113)
La méthode nommée PEACE de Lou Marinoff se divise en cinq volets : Problème, Émotion, Analyse, Contemplation et Équilibre. Voyons ces cinq étapes dans le détail.
2.4.1 .a) Description
Problème
D’abord, la première étape consiste à identifier et à clarifier le problème qui affecte le client. Toutefois, il peut arriver qu’un problème semble trop complexe pour le client, ou encore qu’il confonde la cause et les symptômes, «alors, cette étape exigera des efforts supplémentaires si les paramètres de la question […] sont flous. » (114)
Émotion
La deuxième étape sert à dresser l’inventaire des émotions que le problème clairement défini engendre. II est rare qu’un problème ne suscite qu’une seule émotion et encore, il arrive que certaines émotions se masquent sous d’autres étiquettes pour les rendre plus acceptables socialement. II est important de démasquer ici quelles sont les vraies émotions enjeu.
Analyse
En troisième lieu, le client doit énumérer et évaluer les options qui s’offrent a lui en vue de résoudre le problème. «La solution idéale résoudrait a la fois les questions extérieures (le problème) et intérieures (les émotions suscitées par le problème), mais une solution idéale n’existe pas toujours. (115) » Dans un tel cas de solution imparfaite, il s’agit alors de trouver la solution la plus pertinente et la plus satisfaisante pour le client.
Contemplation
Cette quatrième étape consiste à prendre du recul, à s’ouvrir à une nouvelle perspective et à contempler la situation dans son ensemble. Une fois que le client est en mesure d’envisager la forêt, et non la somme des arbres qui la compose, il est alors en état de considérer des réflexions, des systèmes ou des méthodes philosophiques en lien avec sa situation. Le but de cette étape est d’élaborer une position philosophique en accord avec la nature du client.
Équilibre
Finalement, une fois les quatre étapes précédentes franchies, le client est en mesure d’atteindre un équilibre en intégrant sa nouvelle position philosophique dans sa vie quotidienne. Le client se trouve alors en mesure de saisir l’essence de sa situation et est prêt à mettre en oeuvre une action appropriée et justifiée de façon rationnelle.
Selon l’experience de Marinoff, «certains [clients] traversent les cinq dimensions en une seule séance, tandis que d’autres mettent des semaines, voire des mois, à maîtriser PEACE (116)». II explique cette variation dans la durée de consultations de ses clients par la nature du problème qui pousse le client à consulter, ainsi que par le degré de préparation avant la première rencontre. «Nombreux sont ceux qui ont déjà traverse les trois premières étapes […] avant de se présenter chez un conseiller en philosophie. Le cas échéant, la démarche se poursuit à l’étape de la contemplation. (117) » C’est également a cette étape que la compétence spécifique du conseiller en philosophie est davantage mise en valeur.
2.4.1.b1 Évaluation
Marinoff intègre et combine diverses approches dans sa méthode. Dans le premier volet, on retrouve des éléments de dialogue maïeutique et d’approche orientée sur le problème. Dans le second, on retrouve des éléments d’interprétation descriptive et d’investigation critique appliquée aux sentiments. Le troisième volet est constitue d’éléments provenant de l’approche orientée sur le problème, d’autonomie du client et d’intervention du conseiller (si necessaire). Le quatrième volet est compose d’éléments provenant de l’approche par le dialogue au pair ou pédagogique, est oriente sur le client et il n’est pas exclu d’y intégrer l’approche orientée vers les textes si approprie. Le dernier volet est un bon exemple de quête d’équilibre complotée.
Le découpage auquel nous venons de procéder n’est pas exclusif, c’est-à-dire que ce n’est pas parce qu’une approche est située dans un volet donne qu’elle apparaît ex nihilo, pour ensuite disparaître. Prenons pour exemple la quête d’équilibre que nous avons situe dans le dernier volet. Nous l’avons situe a ce moment précis de la méthode car c’est a ce moment qu’elle apparaît dans toute sa raison d’être, mais elle est également la finalité vers laquelle tout l’enchaînement et la combinaison des approches tendaient. Elle était done déjà présente, en puissance, des le début du processus. De même pour les approches situées au premier volet. A elles seules, elles ne sont pas suffisantes pour qualifier la methode de counselling philosophique», mais elles pavent la voie au processus qui, graduellement, prendra tout son sens et son identité propre. II en va de la cohérence de la methode.
NOTES
113 Tel que presentee dans MARINOFF, Lou. Platon, pas Prozac! ; La philosophie comme
remede!, Op. Cit., p. 67-77
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL LES DIMENSIONS PHILOSOPHIQUES DE LA RELATION D’AIDE MÉMOIRE PRÉSENTÉ COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAÎTRISE EN PHILOSOPHIE PAR CÉCILE RAYMOND Avril 2007
Le modèle philosophique PEACE de Lou Marinoff entend offrir une assistance philosophique à court terme. L’acronyme PEACE formant les cinq parties de sa thérapie, est formé de la première lettre de certains mots : Problème, Émotion, Analyse, Contemplation et Équilibre. Pour Marinoff, le mot « psychothérapie » a le sens de soigner son âme et son caractère. Le conseiller philosophique devient alors un psychothérapeute. Pour Marinoff, « l’assistance philosophique relève davantage de l’art, que de la science et procède différemment selon les individus »82. Il y a autant de méthodes qu’il y a de praticiens pour l’assistance philosophique. Mais la démarche en 5 volets « PEACE » réussit en général. Cette démarche illustre ce qui distingue la démarche philosophique, des autres formes de thérapies verbales.
Lou Marinoff se situe dans la ligne de pensée humaniste. Pour cette école de pensée, l’empathie est plus importante que l’expertise. Le seul fait de dialoguer avec quelqu’un qui se soucie de son propre bien est aidant dans bon nombre de cas. Pour Marinoff, ce ne sont pas les compétences d’experts qui font la valeur d’un thérapeute. L’écoute, l’empathie et la compréhension importent plus « que de lui proposer de nouvelles perspectives, lui apporter des solutions ou de l’espoir »83.
C’est surtout le style du thérapeute qui produit les résultats. L’interaction peut être utile, peu importe ce que l’autre personne dit. Car selon Lou Marinoff, il n’existe pas de thérapie instantanée pour une « rage de dent émotionnelle»a 4. Ce qui compte c’est que la personnalité de l’aidé/e soit bien arrimée à celle de l’aidant. C est en raison de la personnalité du thérapeute que les thérapies verbales sont valables, davantage qu’en vertu de l’école de pensée du thérapeute, ou du type de thérapie.
Lou Marinoff s’oppose à la connotation médicale actuelle de la psychothérapie. Pour lui, la thérapie la plus efficace « est celle dont les idées vous séduisent et vous offrent un exemple signifiant » 85. Cette position se rapproche du modèle du gourou et de son disciple, dans lequel la présence et la qualité du regard sont de première importance, mais elle s’y oppose par l’importance accordée à la qualité des paroles échangées. Car ce qui compte dans ce modèle, c’est la qualité symbolique de l’échange. Le modèle du gourou ne vise pas à résoudre des problèmes quotidiens, mais à transmettre une sagesse et une discipline de vie fondée sur une théorie de l’esprit et de l’action. Tandis que, même s’il affirme faire passer la résolution des problèmes au second plan, Marinoff en fait son principal objectif. Pourtant, Marinoff s’oppose à une démarche strictement intellectuelle, dans le cas où on ne sait comment l’utiliser. Il considère que la propension à élever au rang de maladie mentale le moindre problème personnel s’avère quasiment une maladie mentale en soi. C’est à ce moment que, pour lui, la philosophie devient nécessaire.
Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence
Lou Marinoff
La table ronde, 2004
Serge-André Guay, auteur et président éditeur Fondation littéraire Fleur de Lys
Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, « La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003. La présentation de ce titre original se lit comme suit, une fois traduite de l’anglais au français :
Le premier livre du professeur Lou Marinoff s’est inspiré de la sagesse des grands philosophes pour résoudre nos problèmes quotidiens, lançant un mouvement qui a restauré la philosophie à ce qu’elle était autrefois: utile dans tous les domaines de la vie. Maintenant, dans Les Grandes Questions,il porte le concept à un niveau supérieur, appliquant des siècles de philosophie et de grande littérature pour répondre aux questions centrales de l’existence moderne.
Nous exhortant à ne pas accepter la victimisation comme le sous-produit de la vie moderne, le professeur Marinoff utilise des études de cas spécifiques de sa pratique de conseil pour montrer comment la sagesse des grands penseurs peut nous aider à définir notre propre philosophie et ainsi récupérer notre sentiment de bien-être. Il pose et répond à des questions qui vont au cœur de la condition humaine : Comment savons-nous ce qui est juste ? Comment pouvons-nous faire face au changement? Pourquoi ne pouvons-nous pas tous nous entendre? Et, plus important encore, comment pouvons-nous utiliser les siècles de sagesse qui nous ont précédés pour nous aider à répondre à ces questions et à nous sentir à l’aise dans le monde ?
Accessible, divertissant et profondément utile, The Big Questions mélange la sagesse des grands penseurs avec des études de cas spécifiques pour éclairer comment un changement de perspective peut vraiment changer la vie.
Lou Marinoff est l’auteur du succès international Platon, Not Prozac!, qui a été publié en vingt langues. Professeur de philosophie au City College de New York, Marinoff est également le président fondateur de l’American Philosophical Practitioners Association.
Éloge de Platon, pas du Prozac:
« Qu’est-ce que la pratique philosophique exactement ? Marinoff l’appelle « thérapie pour les sains d’esprit ». En un mot, il utilise la tradition philosophique vieille de 2 500 ans pour résoudre des problèmes quotidiens, comme le travail, les relations et les problèmes familiaux. C’est un retour à ce que la philosophie était censée être – une ligne directrice pour un mode de vie. » -Salon.Com
Platon, pas prozac ! cherche à devenir la bible du mouvement du « conseil philosophique ». » -Philadelphia Inquirer Magazine « La pensée ancienne »
La présentation de l’édition française est la suivante :
Comment puis-je connaître le bonheur? Vaincre le malaise? Être juste? Équilibrer la raison et la passion? Comment puis-je changer? Telles sont les questions qui agitent notre existence quotidienne. Telles sont aussi les questions auxquelles répondent les grands philosophes. Car la philosophie est avant tout une voie personnelle, une autre manière de vivre toutes nos expériences, les plus extraordinaires comme les plus banales. À travers des siècles de sagesse, avec Lou Marinoff, prenez Épicure, Descartes, Nietzsche, Freud et les autres comme conseillers. Grâce à des citations pertinentes, des commentaires éclairants, des cas concrets, des exercices pratiques, apprenez à vous redécouvrir, à vous reconstruire, à vous réaliser. Et à vous épanouir. Car, pour nous aussi, changer commence aujourd’hui.
Source : La table ronde.
Dans la troisième des quatre parties du livre, intitulée « Construire sa maison philosophique », Lou Marinoff reconnaît à chacun une philosophie de vie :
Vous avez votre manière de vous comporter en vertu d’un ensemble complexe — qui vont des traits de la personnalité, biologiquement déterminés, aux habitudes acquises, en passant par les conditions imposées par le milieu et les émotions fortes. Mais voua agissez auddi selon votre raison, expérience, croyance, principes et devoirs — en d’autres termes, en accord avec votre philosophie de vie. Tout un chacun a une philosophie de la vie; même si, dans bien des cas, les idées directrices qui la soustendent son implicites. Tout le monde n’est pas capable de formuler avec précision sa philosophie. La question importante est de savoir si votre philosophie de vie marche pour vous, ou contre vous, ou pas du tout.
Socrate proclame que « la vie qui n’est pas examinée ne vaut pas la peine d’être vécue », il prescrit évidemment un examen philosophique. Tout comme un médecin examine votre corps. un psychologue votre psyché, un comptable vos comptes, un garagiste votre voiture, etc. — un philosophe peu examiner votre vie. Cet examen est non seulement possible mais également recommandé.
MARINOFF, Lou, Construire sa maison philosophique, La philosophie, c’est la vie, La table ronde, Paris, 2004, p. 337.
Dans ce livre, Lou marinoff nous aide à trouver des réponses à plusieurs questions :
Maladie ou mal être ?
Comment savoir ce qui est juste
Êtes-vous guidé par la raison ou la passion ?
Quand vous êtes offensé, avez-vous mal ?
Devez-vous souffrir ?
Qu’est-ce que l’amour ?
Ne pouvons-nous pas simplement nous entendre ?
Qui peut gagner « la guerre des sexes » ?
Qui est responsable ici : nous ou les machines ?
Êtes-vous un être spirituel ?
Comment faire face au changement ?
La première question est essentielle : avez-vous besoin d’un philosophe ou d’une autre aide, médicale celle-là ?
Mais si vous avez juste besoin de parler à quelqu’un de votre situation, afin de lui trouver un sens, ou de distinguer les multiples significations qu’elle revêt — en terme de valeur et de but — le philosophe pourrait bien, dans ce cas, être la personne qu’il vous faut. Dans le mondes Anciens, et tout au long de l’histoire, les philosophes ont été ouverts au traitement des maladies de l’existence; pourtant, dans le monde actuel, ils se montrent incroyablement inaccessibles, et peu concernés par ces problèmes. Il manque aux gens le type de conseil que le philosophe peut prodiguer, la diversité des perspectives qu’il peu proposer. Les dic dernières années, on a vu ainsi la philosophie pratique accomplir un retrour impérieux. Des philosophes se sont affirmés en tant que consultant auprès de personnes privées, de groupes ou d’associations. Certains d’entre eux forment désormais des élèves à la philosophie pratique, en complément, du rôle de professeur qu’ils jouent à l’université ou au collège.
MARINOFF, Lou, Maladie ou mal être ?, La philosophie, c’est la vie, La table ronde, Paris, 2004, pp. 223.
Lou Marinoff propre une approche tout en douceur de la philosophie pratique. Il ne rejette pas le simple besoin de verbalisation de la personne, pour autant qu’elle soit ouverte à la dimension philosophique. Il y a ici un respect très horobale de la personne. Il ne s’agit pas de la pousser dans les cables jusqu’à ce qu’elle se contredise, contrairement à d’autres philosophes praticiens dont j’ai lu les ouvrages et fait rapport de ma lecture dans le cadre de ce dossier.
On acquiert toute une expérience de notre monde en devenant une figure mondiale dans un domaine ou un autre. C’est le cas de Lou Marinoff. Il en fait été dans son discours d’acceptation d’un diplôme Horonis causa à la West University of Timisoara en Roumainie le 23 avril 2019. Un texte à lire (en anglais) :
Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».
La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).
L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.
L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.
Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.
Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.
Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».
À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.
J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.
J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.
La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.
Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.
Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».
Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)
Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface, p. 9.
J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.
Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, « La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.
J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.
Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.
J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.
Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.
Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.
Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »
Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.
J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.
Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.
J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».
Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».
J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.
Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.
J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.
Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer
Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.
Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».
Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.
Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.
Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.
Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.
Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.
J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.
Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».
Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.
La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.
Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.
À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…
Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.
Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.
Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.
Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».
J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.
Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.
La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.
La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.
Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.
Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.
En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.
Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?
Collectif
Sous la direction de Mieke de Moor
LES AUTEURS
Dries Boele, Laura Candiotto, Leon De Haas, Anne Herla, Gaëlle Jeanmart, Lou Marinoff, Mieke De Moor, Isabelle Pariente-Butterlin, Thomas Polednitschek, Livio Rossetti, Kristof Van Rossem.
CERTAINS TEXTES EN FRANÇAIS ET CERTAINS TEXTES EN ANGLAIS
Cet article présente mon point de vue au sujet du livre « La philosophie, un art de vivre ».
Dans un premier temps, je présente le livre et, dans un deuxième temps, vous trouverez mon rapport de lecture.
Quatrième de couverture
Les années 80 ont vu émerger un art de philosopher, plus soucieux de pratique de vie que de construction spéculative. Ce regain d’intérêt pour la philosophie pratique, et notamment pour la discussion et la délibération philosophiques, renouant avec le dialegesthai socratique, conduit à une réflexion fondamentale sur la fonction de la parole philosophique, une parole qui est aujourd’hui amenée à se produire en des lieux nouveaux et sur des questions qui sont d’abord de nature éthique et politique.
Le présent collectif, issu d’un colloque qui s’est tenu à Aix-en-Provence, recueille diverses contributions qui toutes s’interrogent sur ce « renouveau » et s’efforcent d’en apprécier le sens et l’ambition, en le rapportant à la figure exemplaire de Socrate philosophant sur l’agora. Cette rencontre d’une philosophie de nature académique et d’une pratique philosophique ouverte à chacun contribue à une meilleure compréhension des « dialogues socratiques » et à une meilleure intelligence du temps présent.
Dries BOELE was an art student and studied philosophy in Amsterdam and Paris. He has been involved in the Dutch movement of practical philosophy since 1983. In 1990 he opened his practice as a philosophical counselor and other forms of philosophical practice, such as Socratic dialogue and Dilemma training. Since 1995 he gives training workshops for facilitators of a Socratic dialogue. He works with civil servants, police officers, physicians, prisoners, coaches and managers, and offers seminars (also as a summer holiday in Holland, France and elsewhere) on the philosophy of the art of living. In Hotel de Filosoof (Amsterdam) he organizes a philosophical café and reading groups. He published numerous articles in the field of his main research, such as : The “Benefits” of a Socratic Dialogue, Or: Which Results Can We Promise? (Inquiry: Critical Thinking Across the Disciplines, Spring, 1997. Vol. XVII, No. 23.
Website : home.kpn.nl/boele097
Laura Candiotto
Laura CANDIOTTO, docteur en philosophie avec une thèse sur Platon et la rédaction des dialogues socratiques : stratégies, interlocuteurs et buts (Venise, 2011), est en séjour post-doctoral à l’université Ca’ Foscari de Venise où elle assistante de recherche en philosophie théorétique dans le Département de philosophie et patrimoine culturel. Sa recherche est principalement consacrée aux dialogues socratiques et à leur analyse littéraire et socio-politique. Outre Platon, ses intérêts se portent sur les questions d’éducation et de philosophie à destination des enfants. Récemment elle a orienté sa recherche en philosophie contemporaine dans le champ de la pratique philosophique dans des contextes d’éducation et a mis en œuvre plusieurs pratiques philosophiques reposant sur les dialogues socratiques. Elle coordonne depuis 2005 les activités de la CBO- Cooperativa Sociale Insieme. Elle a participé à de très nombreux séminaires et colloques et est l’éditeur (en collaboration avec L.V. Tarca) de Primum Philosophari. Verità di tutti i tempi per la vita di tutti i giorni (Milano-Udine, 2013). Parmi ses publications récentes, mentionnons : Le vie della confutazione. I dialoghi socratici di Platone (Milano-Udine, 2012) ; Essere in relazione. Verso un’unità di sensibile ed intellegibile, di teoria e pratica (Alpinia, Bormio (So) 2007. Curatele: 1) ; « Pratiche filosofiche integrali. La promozione della relazionalità in campo filosofico ed educativo », Amica Sofia, 2013-1.
Leon de Haas
Leon de HAAS is full-time philosopher and philosophical practitioner in the Netherlands and Germany (PlatoPraktijk.nl). He studied philosophy (Drs., 1977) and mass psychology & mass communication at the University of Amsterdam, The Netherlands. He worked as a philosophy teacher at the University of Amsterdam and the The Hague Academy for Social Work, and as a freelance philosophy researcher at the Erasmus University Rotterdam. Since 1976, he has been practicing philosophy in the context of community development, and, from 1990, as an organization consultant and leadership coach. He is the editor of ‘Philosophical Practices’ of the Dutch/Flemish Journal ‚Filosofie’ He is also member of the Board of the Berufsverband für Philosophische Praxis (BV-PP) / Professional Association for Philosophical Practice, Associate member of the Board of the Internationale Gesellschaft für Philosophische Praxis IGPP / International Society for Philosophical Praxis (portfolio international affairs). He was project manager of the 10th International Conference on Philosophical Praxis in The Netherlands (2010). Among his numerous publications, it is possible to mention : Situations & Experiences. Essays on Philosophical Practice, Roermond, 2013 ; « De filosofische praktijk gaat wereldwijd. 30 Jaar na Gerd Achenbach’s initiatief », Filosofie [Antwerpen], jrg. 23 nr. 3, 2013 and The Philosopher’s Workplace. An essay on philosophical craftsmanship and art. An abridged version has been published in: Manavayatan, The Humanosphere. Bilingual (English – Assamese) Multidisciplinary Research Journal on Humanities, Vol. II, Number I, July – December, 2012, p. 1-10, Assam, India: Centre for Studies in Humanities.
Website : www.platopraktijk.nl
Anne Herla
Anne HERLA, docteur en philosophie de l’université de Liège, est enseignante et chercheuse en philosophie dans cette même université. Elle est co-fondatrice de l’asbl PhiloCité. Ses domaines de recherche principaux sont la philosophie morale et politique, la philosophie de l’éducation et la didactique de la philosophie. Elle est également animatrice d’ateliers de philosophie avec des enfants, des adolescents et des adultes. Parmi ses travaux récents on peut mentionner : Hobbes ou le déclin du royaume des ténèbres. Politique et théologie dans le Léviathan, Paris, Kimé, 2006 ; « La discussion philosophique en classe : une pratique de l’émancipation ? », Tracés. Revue de sciences humaines, 25, 2013.
Gaëlle Jeanmart
Gaëlle JEANMART est docteur en philosophie de l’Université de Liège. Spécialisée en histoire de la philosophie ancienne et médiévale, particulièrement dans les domaines de l’éducation et de la morale, elle est l’auteur de Herméneutique et Subjectivité dans les Confessions d’Augustin (Turnhout 2006) ; Généalogie de la docilité dans l’Antiquité et le Haut Moyen Âge (Paris, 2007) ; Du courage. Une histoire philosophique (Paris, 2010) [en collaboration avec avec T. Berns et L. Blésin] et de Le mensonge et les vertus de la vérité. Une histoire (Turnhout, 2012). Elle est membre fondateur de PhiloCité, Université populaire de Liège, dont elle est actuellement la secrétaire générale.
Lou Marinoff
Lou MARINOFF is Professor and Chair of Philosophy at The City College of New York. He is also founding president of the American Philosophical Practitioners Association, and editor of its journal Philosophical Practice. Marinoff has authored internationally
bestselling books (including Plato Not Prozac!, translated into twenty-seven languages) that apply philosophy to the resolution of everyday problems. He has collaborated with global think tanks and leadership forums such as the Aspen Institute, BioVision (Lyon), Festival of Thinkers (Abu Dhabi), Horasis (Zurich), Soka Gakkai International (Tokyo), Strategic Foresight Group (Mumbai), and the
World Economic Forum (Davos).
Website : www.loumarinoff.com
Isabelle Pariente-Butterlin
Isabelle PARIENTE-BUTTERLIN, ancienne élève de l’Ecole normale supérieure, agrégée de philosophie, est Professeur à l’université d’Aix-Marseille, où elle dirige le département de philosophie. Elle consacre sa recherche à l’éthique et aux questions de méta-éthique entendue comme métaphysique de l’éthique. Mentionnons parmi ses publications : Le Droit, la norme et le réel (Paris, 2005) ; L’éthique kantienne résiste-t-elle à son explicitation ? (Besançon, 2014).
Thomas Polednitschek
Thomas POLEDNITSCHEK a étudié la philosophie, la théologie et la psychologie à Bonn, Münster et Munich. Depuis 1884, il exerce comme psychothérapeute en psychologie et depuis 2001 comme praticien philosophique en pratique active propre [eigener Praxis tätig ? qu’est-ce que ça veut dire : qu’il exerce comme praticien philosophique avec une pratique active qui lui est propre (qu’il a inventée ?)]. Depuis 2003 il est membre du Comité directeur de l’Internationalen Gesellschaft für Philosophische Praxis. Signalons parmi ses publications récentes : Der politische Sokrates
Was will Philosophische Praxis? (LIT –Verlag, Münster 2013.
Website : www.pppolednitschek.de
Kristof van Rossem
Kristof Van ROSSEM a un Master en Sciences des religions et en Philosophie (KULeuven et UUppsala). Il travaille comme philosophe indépendant. Pendant plus de dix années, il a travaillé pour de nombreuses entreprises, des écoles, des dentistes, des prisonniers, des juges, ainsi que pour l’Etat, en tant que « facilitateur de variations de dialogue philosophique », avec une spécialité dans le dialogue socratique. Il a publié sur la philosophie pratique et sur la didactique de la philosophie. Il travaille comme formateur d’enseignants de philosophie à la KULeuven et enseigne la philosophie et l’éthique à l’Ecole supérieure-Université de Bruxelles (HUB). Parmi ses publications, on peut signaler : « La Vie approfondie. A propos du dialogue socratique », in Diotime. Revue internationale de didactique de philosophie, nr. 39, maart 2009.
Website : www.socraticdialogue.be
Livio Rossetti
Livio ROSSETTI a été professeur de philosophie grecque à l’université de Pérouse pendant presque 30 ans. Professeur honoraire depuis 2009, c’est à son initiative que s’est tenu à Chieti en 1981 le Symposium Heracliteum, et que se tiennent les Symposia Platonica depuis qu’il a fondé l’International Plato Society à Pérouse en 1989. Fondateur des rencontres Eleatica en 2004 à Ascea-Elea (SA), des Socratica en 2005 à Senigallia (AN), et de l’association Amica Sofia en 2008 à Rome, il anime depuis ces dates ces rencontres régulières. Il a consacré une grande partie de sa recherche, outre à Platon et Xénophon, à Socrate, aux dialogues socratiques et à la littérature socratique en général, en portant une attention particulière aux questions de stratégie rhétorique, de théorie rhétorique, de logique informelle, de macro-rhetorique et de communication. Il s’est également occupé de l’articulation de la philosophie avec son appréhension aux divers âges de la vie et notamment dans l’enfance. Plus récemment son intérêt s’est focalisé sur les Présocratiques avec de nombreuses publications sur Héraclite, Parménide, Zénon, Empédocle, et sur les questions de législation en Grèce ancienne, dont il a étudié les thèmes d’Hippodamos à Théophraste. Parmi ses dernières publications, on peut mentionner : Le dialogue socratique (Paris, 2011), Filosofia 2 (Milan, 2013), et, en collaboration, Parmenide: suoni immagini esperienza (Sankt Augustin, 2013).
Website : www.socratica.eu
Présentation du colloque à l’origine de ce livre
Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?
RÉSUMÉ
Le but de ce colloque international est de déterminer le rôle et le statut de la parole philosophique dans la philosophie pratique antique et moderne en appréhendant de manière transversale certaines dimensions qui relèvent de la parole philosophique telle qu’elle prend forme dans certaines pratiques modernes qui se réclament d’elle. Le regain d’intérêt contemporain pour la philosophie pratique permet de considérer que le temps est venu de tenter de tirer au clair comment les philosophes et les professionnels modernes ont retrouvé le chemin de l’agora et d’entamer une réflexion sur les enjeux philosophiques, éthiques et politiques de la parole philosophique et des pratiques dans lesquelles cette parole prend forme et s’exerce.
L’Institut d’Histoire de la philosophie (E.A. 3276) organise en collaboration avec divers partenaires, un colloque international sur le thème « Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?» qui se tiendra à Aix-en-Provence les 7 et 8 décembre 2013.
Le but de ce colloque international est de déterminer le rôle et le statut de la parole philosophique dans la philosophie pratique antique et moderne en appréhendant de manière transversale certaines dimensions qui relèvent de la parole philosophique telle qu’elle prend forme dans certaines pratiques modernes qui se réclament d’elle.
Depuis les années 80 ont émergé, notamment dans les pays de l’Europe du nord, des pratiques philosophiques diverses. Celles-ci visent explicitement le domaine du conseil et de la délibération, aussi bien dans la vie quotidienne, que ce soit au sein de relations entre individus et groupes, ou au sein des organisations tant publiques que privées, ainsi des associations, des collectivités territoriales, des institutions, des entreprises, ou de toute autre forme d’organisation sociale.
La notion de « dialogue socratique » pour désigner certaines de ces pratiques a été forgée en 1922 par le philosophe allemand Leonard Nelson pour mettre en place une pratique qui s’appuie à la fois sur l’exemple des dialogues socratiques antique et sur l’idéal kantien de la philosophie critique. Cette pratique a donné naissance à la Philosophisch-Politische Akademie, académie qu’il a fondée et qui existe toujours. Son élève Gustave Heckmann a explicité les règles de ces « dialogues socratiques » et a introduit dans ces pratiques les principes d’un méta-dialogue qui seront mises en œuvre à une époque plus récente par d’autres philosophes. Gerd Achenbach, en 1980, par la mise en place de ce qu’il appelle la philosophische praxis, va donner ses lettres de noblesse à ces pratiques en mettant en place une activité professionnelle qu’il lie à la formation philosophique. Les différentes pratiques se réclament d’un premier sens de la philosophie ancienne conçue parfois, dans la lignée des travaux de Pierre Hadot, comme « art de vivre ». Ce n’est qu’en 1992 que Marc Sautet reprend en France ces idées et ouvre un cabinet orientée par elles, en reliant la notion de philosophie pratique à celle de Beratung, de conseil individuel relevant d’une direction de pensée philosophique.
Les différentes pratiques que nous venons de décrire sommairement ont trouvé dans un certain nombre de pays une légitimité reconnue et le conseil philosophique se trouve impliqué dans les instances délibératives et les organes décisionnaires, le plus souvent sous la forme de « conversations socratiques ».
L’idée de s’approprier certains concepts philosophiques en les mettant en œuvre dans des pratiques spécifiques de la société civile comme des instances de gouvernance, et notamment la notion de la philosophie comme « art de vivre », et du conseil et de la délibération comme des modalités du dialegesthai socratique, ne manquent pas d’interroger la philosophie, tant sur le plan de l’histoire de la philosophie ancienne que sur le plan de la philosophique pratique moderne.
Cette idée d’une appropriation des pratiques et des concepts antiques met en avant le rôle des acteurs et l’évaluation du poids relatif de l’individuel et du collectif dans les décisions, ainsi que les représentations que ces acteurs ont d’eux-mêmes et du monde, dans les processus de mises en pratique de ce qu’ils considèrent relever de la pensée philosophique. Ces pratiques singulières se donnent pour but la création d’un espace dit « libre » dans lequel peut être mis en œuvre un discours dit de second ordre, qui permet à ceux qui participent à ces « dialogues » ou à ces « conversations » socratiques d’élargir et de transformer la communication en argumentation philosophique. Dès lors, selon les théoriciens des « dialogues socratiques », les rapports interpersonnels s’améliorent dans la mesure où ce qui est visé, ce ne sont pas tant les personnes que les arguments et les valeurs qui y sont impliqués.
Globalement, on peut considérer que les pratiques philosophiques du conseil et de la délibération issues de cette orientation se divisent en deux approches. L’une observe ces pratiques telles qu’elles sont mises en œuvre par les différents praticiens pour en dégager le fond et le sens philosophique. Elle interroge les méthodes, les présupposés et les notions fondamentales de ces pratiques. L’autre porte sur les fondements théoriques et les supports institutionnels qui pourraient légitimer les pratiques, selon l’idée que le cadre de référence théorique du philosophe n’est pas indifférent au type de pratique effectué.
Reste que la référence à Socrate et au dialogue socratique n’est ni innocente ni indifférente. Le dialogue tel que le pratiquait Socrate a été un événement culturel important sinon essentiel. Livio Rossetti, l’un des rares chercheurs à avoir exploré ce sens du dialogue socratique en tant qu’événement culturel, parle même de l’invention d’« un genre littéraire tout à fait nouveau ». C’est de ce « genre » que se réclament ces pratiques philosophiques modernes qui ont donné lieu, surtout aux Pays-Bas et depuis les années quatre-vingt du siècle dernier, à un type spécifique de professionnels que l’on a appelé les « philosophes pratiquants ». L’exemple des Pays-Bas montre que la mise en oeuvre et la supervision de ce type de philosophie pratique nécessitent un ensemble de connaissances et de compétences spécifiques.
Le colloque « Socrate à l’agora. Que peut la parole philosophique ? » voudrait interroger le rôle et le statut du dialogue tel que le pratiquait Socrate au regard des pratiques contemporaines qui s’en réclament comme d’un idéal régulateur pour leurs activités présentées dans le cadre d’une parole philosophique publique. Il s’agira d’évaluer la manière dont ces « philosophes pratiquants » pratiquent ce qu’ils appellent leurs activités philosophiques et comment ils les pensent et il s’agira aussi d’examiner en quoi ces pratiques se distinguent du « genre » sur lequel elles prétendent se fonder.
Cette interrogation permettra de déboucher sur un examen théorique quant à la portée philosophique de ces pratiques, tant dans leur exercice ancien que dans leur exercice moderne, et d’examiner les liens que peuvent entretenir ces pratiques insérées dans la vie sociale contemporaine et se développant en quelque sorte à partir d’elles-mêmes avec la philosophie classique et moderne. Il s’agit donc d’un dialogue entre les « philosophes pratiquants » du « dialogue socratique » (Boele, van Rossem, etc.) et les spécialistes de la discipline philosophique qui s’intéressent au rôle critique de la philosophie dans le mode actuel. À quelles questions philosophiques ces pratiques répondent-elles ? Quelles sont les idées et les méthodes qui guident ces professionnels ? Sont-elles compatibles avec les exigences propres de la discipline philosophique sous sa forme académique ?
Le regain d’intérêt contemporain pour la philosophie pratique permet de considérer que le temps est venu de tenter de tirer au clair comment les philosophes et les professionnels modernes ont retrouvé le chemin de l’agora et d’entamer une réflexion sur les enjeux philosophiques, éthiques et politiques de la parole philosophique et des pratiques dans lesquelles cette parole prend forme et s’exerce.
Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017
Serge-André Guay, auteur et président éditeur Fondation littéraire Fleur de Lys
J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre :
Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.
Source : MOOR (DE), MIEKE, Avant-propos, Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, p.13.
Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.
J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.
La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.
Et mon bonheur se confirme dans le premier texte de cet ouvrage collectif, «Le dialogue socratique, un modèle désormais dépassé?» par Livio Rossetti.
Cet article prend pour point de départ un double paradoxe. D’une part, il s’ancre sur cette divergence, spectaculaire, existant entre l’habitude que nous avons de penser que Socrate a été le champion du dialogue d’égal à égal, habitude qui, pour nous, Italiens, est liée à l’enseignement de Guido Calogero, et les arguments avancés récemment par un spécialiste sud-américain, Walter Oman Kohan. Kohan suggère en effet presque le contraire de ce que dit Calogero. Il insiste sur le fait que, dans les dialogues aporétiques de Platon — en réalité, ce n’est pas seulement dans le cas de ce groupe de dialogues dits socratiques que cela se produit —, Socrate se révèle souvent incapable d’écouter son interlocuteur, déterminé comme il est à suivre son intuition et à s’opposer sans hésitation (ou presque) à son interlocuteur.
Source : LIVIO, Rossetti, Le dialogue socratique, un modèle désormais dépassé ?, Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, p.17.
Il me semblait bien qu’on n’est pas dans l’obligation d’être bête et méchant pour coincer à tout prix le client lors d’une consultation philosophique pour le mettre en contradiction avec lui-même et souligner son ignorance en se privant d’une écoute active. Après tout, il s’agit bien d’un dialogue d’égal à égal.
Pour le résumé brièvement, dans les soi-disant dialogues aporétiques de Platon notamment, mais pas exclusivement, on découvre un Socrate très amical, qui s’intéresse à ses interlocuteurs et à leurs idées, au point d’en arriver à établir avec eux une relation amicale et à les encourager à énoncer des affirmations hardies parfois, et parfois même compromettantes. Mais que se passe-t-il ensuite ? Il advient à un moment donné, qui se révèle être le bon moment, Socrate soulève une perplexité — le plus souvent à partit d’un contre-exemple —, puis une autre et encore une autre, et ce faisant il commence à suivre et à développer ses propres idées et à réclamer de son interlocuteur qu’il soit disposé à lui répondre correctement, ce à quoi celui-ci ne parvient pas toujours. En sorte que, peu à peu, la cordialité des débuts s’évanouit, que Socrate durcit davantage ses positions, que l’espace apparemment ouvert aux idées de son interlocuteur se réduit comme peau de chagrin, que celui-ci ne se situe pas sur la même longueur d’onde, bref que les questions soulevées par Socrate se révèle cacher des complexités insoupçonnées et que l’interlocuteur finit par se sentir perdu, ou en tout cas mal à l’aide, au point que souvent il recule et finit par «jeter l’éponge».
Une telle manières de conduire l’entretient (celle qui constitue la deuxième partie de l’échange) a quelque chose d’asphyxiant (Il s’agit bien de quelque chose d’asphyxiant, j’y insiste, et non d’anesthésiant comme on l’a dit parfois. Voir sur ce point mon ouvrage: L. Rossetti, dialogue socratique, «Encre marine», Paris, Les Belles Lettres, 2011, p.241.), ce qui revient à dire que le dialogue, ainsi conduit, n’est que fort peu dialogique, n’est plus authentiquement dialogique ou, tout le moins, que se dessine une différence de taille entre l’attitude amicale du début de l’échange et les modalités passablement agressives dont je viens de parler. Le maître admirable semble se transformer en un maître peu soucieux d’égalité dans l’échange, un maître qui certes n’enseigne pas, mais qui enferme son interlocuteur dans une ou des difficultés que ce dernier n’est pas en mesure de surmonter, du moins pas immédiatement. Kohan observe finalement qui se Socrate procédait bien ainsi et qu’il conduisait ses entretiens de la sorte, ne faut-il pas à tout le moins en conclure que ledit Socrate fut un Janus bifrons, aussi admirable qu’insupportable ?
Source : LIVIO, Rossetti, Le dialogue socratique, un modèle désormais dépassé ?, Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, pp. 27-27.
Le texte «Emotion in dialogue – A new proposal : the integral socratic dialogue (Émotion dans le dialogue – Une nouvelle proposition du dialogue socratique intégré) de Laura Candiotto m’a également ravi dès les premières lignes parce qu’il propose de tenir compte des émotions dans le dialogue avec le client en consultation philosophique.
Aristote est connu pour sa théorie rhétorique et pour analyser la relation entre les émotions et la persuasion. On peut soutenir que Platon a été le premier à explorer et à acquérir des connaissances significatives sur cette relation. Par exemple, le Sophiste 230b-230e5 de Platon (le passage du « noble sophisme ») montre clairement le lien entre le niveau logique et le niveau émotionnel que l’on retrouve dans l’elenchus socratique (réfutation). Pour être complète, la purification a également besoin d’un accord psychologique, qui est le résultat de la collaboration avec les émotions, principalement la honte.
Surtout dans les premiers dialogues platoniques, Socrate n’aborde pas seulement la partie intellectuelle de l’âme des interlocuteurs, en audience ou en public, mais il utilise également le canal émotionnel. Ce processus a lieu pour diverses raisons : d’abord pour orienter le dialogue et transmettre un contenu spécifique au public, mais aussi pour accompagner l’interlocuteur à travers une véritable transformation de soi – une transformation ayant le pouvoir d’engendrer un nouveau style de vie.
En d’autres termes, Platon suscite la collaboration des sphères rationnelle et émotionnelle afin d’inciter les citoyens à poursuivre un style de vie philosophique, changeant ainsi leurs modes de vie, leurs valeurs et leurs modèles.
Ainsi, les émotions permettent la constitution de l’identité dans la dimension cognitive intersubjective parallèlement à une transformation de soi. Ceci est possible grâce à leur caractère médiateur : les émotions ne sont pas des aspects irrationnels mais des instances médiatrices entre l’irrationnel et le rationnel. En d’autres termes, ils sont cruciaux pour le bien-être harmonieux de l’individu – et de la polis – qui est à la recherche de la juste composition. Lorsqu’elles sont correctement orientées, les émotions – grâce à la collaboration avec la composante rationnelle – sont la force motrice qui conduit l’âme à la découverte de la vérité. Si toutefois les émotions sont corrompues et ne sont pas régies par la partie rationnelle de l’âme, elles conduisent l’âme à commettre les plus grands méfaits (dans cette perspective, l’analyse de l’âme du tyran menée dans la République est exemplaire).
Source : CANDIOTTO, Laura, Emotion in dialogue – A new proposal : the integral socratic dialogue, Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, pp. 79-80.
P.S. : Polis – Wikipédia.: «En Grèce antique, la polis (en grec ancien ????? / pólis ; « cité » dans l’étymologie latine « civitas » ; au pluriel poleis) n’est pas une cité-État, le mot État étant anachronique, mais une communauté de citoyens libres et autonomes(1), le corps social lui-même, l’expression de la conscience collective des Grecs(2).»
(1) Le mot grec polis a donné le mot politique (politics en langue anglaise) : dans la Grèce antique, les politai (citoyens) étaient les acteurs de la vie politique.
(2) Louis Gernet, Les débuts de l’hellénisme, Les Grecs sans miracle, Paris, 1983
Laura Candiotto nous lance sur la piste d’une adaptation contemporaine de l’ancien dialogue socratique.
Cette interprétation du rôle des émotions permet de penser la philosophie comme un mode de vie, comme une pratique visant à la transformation et à l’amélioration à la fois du philosophe et de son contexte de vie, grâce non seulement à des « outils pour penser » mais aussi à « outils pour ressentir ».
Source : CANDIOTTO, Laura, Emotion in dialogue – A new proposal : the integral socratic dialogue, Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, p. 80.
C’est pour ces raisons que j’expérimente depuis quelques années une forme spécifique de dialogue socratique, que je définis comme « intégrale ». Le dialogue socratique contemporain devrait assumer une vision intégrale de la pratique philosophique, selon laquelle les émotions ne sont pas seulement considérées comme l’antithèse de la rationalité mais comme des éléments constitutifs de l’être humain, travaillant constamment avec la raison dans les divers processus de recherche.
Source : CANDIOTTO, Laura, Emotion in dialogue – A new proposal : the integral socratic dialogue, Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, p. 82.
Selon Laura Candiotto, «une méthode philosophique incapable d’intégrer le niveau émotionnel risque de perdre en efficacité».
Lors d’une expérience de consultation philosophique, mes émotions furent durement réprimées. Je me suis prêté au jeu jusqu’à ce que je me bute à la rigidité du philosophe praticien. Dans ce contexte, l’arrivée d’une considération des émotions dans le cadre d’un dialogue en consultation philosophique me plaît beaucoup. Depuis ma lecture de «L’intelligence émotionnelle» de Daniel Goleman, au cours de laquelle j’ai pris connaissance des travaux du médecin, professeur de neurologie, neurosciences et psychologie Antonio Damassio à savoir que la raison pure ne peut grand chose ou que le raison a toujours besoin d’un coup de pouce des émotions pour prendre une décision, ma perception du rôle des émotions a changé radicalement. En philosophie, je parle désormais de l’ÊTRE SENSIBLE et l’ÊTRE RAISONNÉ à prendre en considération comme étant complices.
J’accorde à ce livre 3½ étoiles sur 5
Serge-André Guay, auteur et président éditeur Fondation littéraire Fleur de Lys
Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».
La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).
L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.
L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.
Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.
Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.
Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».
À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.
J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.
J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.
La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.
Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.
Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».
Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)
Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface, p. 9.
J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.
Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, « La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.
J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.
Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.
J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.
Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.
Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.
Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »
Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.
J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.
Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.
J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».
Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».
J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.
Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.
J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.
Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer
Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.
Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».
Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.
Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.
Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.
Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.
Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.
J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.
Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».
Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.
La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.
Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.
À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…
Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.
Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.
Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.
Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».
J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.
Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.
La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.
La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.
Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.
Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.
En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.