Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

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DOSSIER

Philothérapie

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Article # 14

Comment choisir son philosophe ?

Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques

Oreste Saint-Drôme

Avec le renfort de Frédéric Pagès

Éditions La Découverte, 2000, 224 pages

ISBN :2-7071-3131-8

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Quatrième de couverture

Cet ouvrage est destiné à ceux qui, largués au bord du chemin par les idéologies en déroute, recherchent un sens à leur vie. Un beau jour, ils se posent fatalement la question  » Et pourquoi pas la bonne vieille philo ?  » Oui mais, où, comment, sous quelle forme philosopher et surtout avec qui ? En effet, on ne philosophe pas avec la philosophie mais avec des philosophes. Mais comme ils sont pléthore, la difficulté consiste à le ou les choisir, sans errer lamentablement dans les manuels et les encyclopédies.

Etudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives.

L’autre accès consiste à choisir préalablement sa question et à trouver la réponse la plus adéquate dans l’œuvre du philosophe le plus approprié. L’auteur a facilité la tâche des lecteurs en poussant la sollicitude jusqu’à formuler les questions qui les agitent au quotidien. Leur effort consistera à en saisir la pertinence pour leur usage, exclusif, semi-exclusif ou collectif…

Source : Éditions La Découverte.


L’auteur – Oreste Saint-Drôme et Frédéric Pagès

Oreste Saint-Dôme est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Comment choisir son psychanalyste (Seuil, 1985). Frédéric Pagès, auteur de Descartes et le Cannabis (Mille et une nuits, 1996), est agrégé de philosophie et journaliste au Canard enchaîné.

Source : Éditions La Découverte.


Oreste Saint-Drôme, pseudonyme de Ali Magoudi

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Ali Magoudi, né le 4 janvier 1948 à Paris, est un psychanalyste et écrivain français

Biographie

Ali Magoudi est né le 4 janvier 1948 à Paris. Son père, Abdelkader Magoudi, né en 1903 dans l’Oranais, est algérien, et sa mère, Eugenia, est polonaise : ils se rencontrent en Pologne. À la fin de l’année 1945 (après la Seconde guerre mondiale), le couple quitte la Pologne et s’installe à Paris1.

Prix

  • Lauréat du « Prix Botul » (2005).
  • En 2011, il reçoit pour son roman Un sujet français le prix Eve Delacroix 2012 de l’Académie française2.
  • En 2011, il fait partie de la sélection 2011 du prix Goncourt2.

Bibliographie

  • Approche psychanalytique des toxicomanes, avec Caroline Ferbos, PUF, 1986
  • François Mitterrand. Portrait total, avec Pierre Jouve, Carrère, 1986
  • Jacques Chirac. Portrait total, avec Pierre Jouve, Carrère, 1987
  • Comment choisir son psychanalyste, sous le pseudonyme de Oreste Saint-Drôme, Le Seuil, « Point-virgule » no 48, 1987
  • Comment se débarrasser de son psychanalyste. 15 scénarios possibles, plus un, sous le pseudonyme de Oreste Saint-Drôme, Le Seuil, « Point-virgule » no 59, 1988
  • Les Dits et les non-dits de Jean-Marie Le Pen. Enquête et psychanalyse, avec Pierre Jouve, La Découverte, 1988
  • Le Ronfleur apprivoisé. Petite encyclopédie pratique à l’usage des ronchopates et de leurs victimes, sous le pseudonyme de Oreste Saint-Drôme, Le Seuil, 1989
  • Comment cultiver son petit écolier, sous le pseudonyme de Oreste Saint-Drôme, La Découverte, 1990, 2001 ; L.G.F., no 13827, 1995
  • Quand l’homme civilise le temps, La Découverte, 1992
  • Comment se débarrasser de ses parents… sans crime, ni châtiment, sous le pseudonyme de Oreste Saint-Drôme, La Découverte, 1992
  • Dictionnaire inespéré de 55 termes visités par Jacques Lacan, sous le pseudonyme de Oreste Saint-Drôme, Le Seuil, 1989
  • La Lettre fantôme, Minuit, 1996
  • Comment choisir son philosophe, avec Frédéric Pagès, sous le pseudonyme de Oreste Saint-Drôme, La Découverte, 2000
  • Manifeste pour une Europe souveraine, avec Jérôme Monod, Odile Jacob, 1999
  • Le Monde d’Ali. Comment fait-on une psychanalyse quand on est Polonais, chirurgien, arabe, élevé dans le Sentier, Albin Michel, 2004
  • Les Rendez-vous. La psychanalyse de François Mitterrand, Maren Sell, 2005, rééd. 2011
  • J’vais vous dire un truc… : Les plus belles déclarations de Nicolas Sarkozy, La Découverte, 2009
  • Un sujet français, Albin Michel, 2011

Notes et références

  1. Philippe Delaroche, « Ali Magoudi rend hommage à un père trop secret » [archive], sur lexpress.fr, (consulté le )
  2. « Ali Magoudi » [archive], sur albin-michel.fr (consulté le )

Liens externes

Source : Ali Magoudi, Wikipédias.


Sommaire

11 Envoi

17 DU PHILOSOPHE

19 C’est quoi un philosophe ?

23 Où trouver du philosophe ?

32 Comment est formé le philosophe ?

36 Ya-t-il des philosophes à l’état naturel ?

39 Notre méthode sans trop de discours

45 COMMENT CHOISIR SON PHILOSOPHE : GRANDES QUESTIONS ET AFFINITÉS ÉLECTIVES

47 Ai-je le niveau de connaissance philosophique requis pour utiliser cette méthode ?

55 Ne serais-je pas plus avisé de commencer par le commencement ?

59 Blaise

66 Est-il possible d’optimiser mes potentialités (1) ?

69 Est-il possible d’optimiser mes potentialités (2) ?

74 Ludwig Joseph Johan

82 Comment me livrer corps et âme à mes passions ?

90 Comment ne pas me livrer corps et âme à mes passions ?

94 Karl

102 Comment décoder les propos et les conduites énigmatiques de mes adolescents ?

107 Comment m’y prendre pour expliquer ce qu’est un vistamboire ?

110 Puis-je recourir aux injures dans une discussion courtoise ?

114 Puis-je être du Sud sans perdre le Nord ?

118 Arthur

124 Est-il normal d’être indifférent aux malheurs du monde ?

129 Quelle(s) action(s) acquérir pour un profit maximal ?

133 Puis-je tordre le cou à mes angoisses de mort ?

137 Augustinus Aurélius

142 Qui m’aidera à bouter la pensée unique hors de ma tête ?

147 Ai-je le droit de ne pas juger un homme politique sur ses frasques sexuelles ?152 Je préfère consulter un philosophe femme, est-ce possible ?

157 Quels arguments employer si je souhaite virer mon amant avec savoir-vivre ?

161 Puthagora

165 Est-ce que je peux vivre aux crochets de l’État sans être coupable ?

169 Est-il pensable d’évacuer mon marxisme-léninisme même s’il faut jeter Marx avec l’eau du bain ?

173 Jean-Jacques

181 En quoi l’expression « Si je n’ai pas de tête, il me faut des jambes » rejoint-elle les préoccupations du sage ?

185 Qu’est-ce qui m’autorise à me passer de la philosophie ?

189 1mmanuel

196 La Sécurité sociale acceptera-t-elle de me rembourser ce livre ?

199 Suis-je autorisé à dire en plein soleil ce que je pense de Platon dans le secret de ma caverne ?

207 Fritz

216 En guise de conclusion

217 Confessions d’un prof

Source : Éditions La Découverte.

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Remerciements

Nos remerciements vont à ceux des éminents spécialistes, et néanmoins amis, qui ont accepté de corriger, pénible¬ment, à la chandelle, notre manuscrit pour en débusquer les à-peu-près, les erreurs patentes et les articulations luxées.

Jacques Gaillard,
Marc Giannésini,
Yan Maria Messian,
Yves Roucaute.

Malgré nos appréhensions, ils n’ont présenté ni décollement de la rétine, ni infarctus du myocarde ou tout autre symptôme provoqué par la rage et l’indignation.

Source : Saint-Drôme, Oreste, Comment choisir son philosophe ?, Paris, Éditions La Découverte, 2000, p.6.


Ma lecture de

Comment choisir son philosophe ?

Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques

Oreste Saint-Drôme

Avec le renfort de Frédéric Pagès

La Découverte, 2000

Serge-André Guay, auteur et président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys


J’accorde à ce livre 5 étoiles sur 5


Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture :

Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives.

Source : Saint-Drôme, Oreste, Comment choisir son philosophe ?, Paris, Éditions La Découverte, 2000, quatrième de couverture.

De plus l’auteur s’adresse directement au lecteur tout au long de l’ouvrage à la manière des livres de San Antonio.

J’ai eu l’impression d’être complice de l’auteur, l’œil au trou de la serrure pour le regarder levée le voile sur la vie privée et professionnelle de bon nombre de philosophes admirés.

Ce qui ne signifie pas que nous vous présenterons les philosophes rangés comme sur les linéaires de Carrefour : Diderot, Rousseau, Nietzsche à hauteur des yeux, à droite en entrant. Hegel, tout en haut, en fond de magasin (appeler le chef de rayon et son tabouret) ; Kant et Spinoza, à ras du sol (se mettre à quatre pattes pour les agripper) ; Comte-Sponville et Pascal Obispo en tête de gondole ; BHL en présentoir aux caisses, entre Télé poche et les barres de Mars.

Source : Saint-Drôme, Oreste, Envoi, Comment choisir son philosophe ?, Paris, Éditions La Découverte, 2000, p.15.

Comme si nous devions bien connaître la l’histoire de ces hommes philosophes pour choisir le nôtre en conséquence. Le titre de l’ouvrage «Comment choisir son philosophe» engage l’auteur dans une promesse. Un tel choix, s’il implique d’élever un philosophe au-dessus des autres, implique l’idée d’un modèle à suivre. Or, je crois que l’auteur souhaite que notre choix soit plus éclairé. L’auteur démontre que les philosophes auxquels il prête attention ne vivent pas nécessairement selon la philosophie qu’il avancent. L’auteur met en scène la vie de chaque philosophe comme une réalité interagissant avec sa philosophie personnelle et la philosophie pour laquelle il est reconnu.

Ce qui ne signifie pas que nous vous présenterons les philosophes rangés comme sur les linéaires de Carrefour : Diderot, Rousseau, Nietzsche à hauteur des yeux, à droite en entrant. Hegel, tout en haut, en fond de magasin (appeler le chef de rayon et son tabouret) ; Kant et Spinoza, à ras du sol (se mettre à quatre pattes pour les agripper) ; Comte-Sponville et Pascal Obispo en tête de gondole ; BHL en présentoir aux caisses, entre Télé poche et les barres de Mars.

Source : Saint-Drôme, Oreste, Envoi, Comment choisir son philosophe ?, Paris, Éditions La Découverte, 2000, p.15.

Dans ce livre, j’ai trouvé la confirmation de ma récente conclusion à savoir que LA philosophie n’existe pas :

Or, nous avançons l’idée que, comme LA femme, LE bonheur, LA peinture, LA philosophie n’existe pas. En revanche, il existe des femmes, peut-être ; des tableaux à profusion, sûrement ; des moments moins calamiteux que d’autres, sans doute ; et pléthore de philosophes, c’est un fait. Par conséquent, nous ne philosopherons pas avec la philosophie mais avec des philosophes.

Source : Saint-Drôme, Oreste, Envoi, Comment choisir son philosophe ?, Paris, Éditions La Découverte, 2000, p.15.

Aborder la philosophie, c’est aborder une pléthore de philosophies. J’aurais du m’en rendre compte à ma lecture de livres d’initiation à la philosophie où l’on passe d’un philosophe à l’autre. Mais, dans mon fort intérieur intellectuel, je croyais que tous ces philosophes partageaient une base commune à toutes les philosophies. On peut toujours se construire une théorie personnelle en identifiant et rassemblant des méthodes et des traits communs à l’ensemble des philosophes pour reconnaître une base partagée par tous. Ce sera notre base personnelle. Il faut se rappeler :

« Nous aimons croire que nous sommes objectifs, que nous sommes intéressés par l’information objective. En fait, à moins qu’une personne devienne subjective au sujet d’une information objective, elle ne s’y intéressera pas et elle ne sera pas motivée par cette information. Nous disons juger objectivement, mais en réalité nous réagissons subjectivement.

Nous faisons continuellement des choix dans notre vie quotidienne. Nous choisissons des « choses » qui nous apparaissent subjectivement, mais nous considérons nos choix comme étant objectifs. »

Cheskin, Louis, Basis For marketing Decision, Liveright, New York, 1961, p. 82.

Le choix de son(ses) philosophe(s) demeure subjectif, comme tout autre choix, explique Louis Cheskin, pionnier des enquêtes de motivation d’achat des consommateurs, et ce, dès 1961. António Damásio , médecin, professeur de neurologie, neurosciences et psychologie, en fera la démontration scientifique et conclut que la raison a toujours besoin d’un coup de pouce des émotions (réf.: L’Erreur de Descartes: La raison des émotion, Antonio R. Damasio).

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Être rationnel, ce n’est pas se couper de ses émotions. Le cerveau qui pense, qui calcule, qui décide n’est pas autre chose que celui qui rit, qui pleure, qui aime, qui éprouve du plaisir et du déplaisir. Le cœur a ses raisons que la raison… est loin d’ignorer.

Contre le vieux dualisme cartésien et contre tous ceux qui voudraient réduire le fonctionnement de l’esprit humain à de froids calculs dignes d’un super ordinateur, c’est en tout cas ce que révèlent les acquis récents de la neurologie : l’absence d’émotions et de sentiments empêche d’être vraiment rationnel.

Antonio R. Damasio est professeur de psychologie, de neurosciences et de neurologie. Il est directeur de l’Institut pour l’étude neurologique de l’émotion, de la décision et de la créativité à l’Université de Californie du Sud. Il est également l’auteur de Spinoza avait raison et du Sentiment même de soi.

Source : Damásio,António, L’Erreur de Descartes: La raison des émotion, Éditions Odile Jacob, quatrième de couverture.

Revenons sur « la voie des affinités électives » du livre Comment choisir son philosophe de Oreste Saint-Dôme :

Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives.

Source : Saint-Drôme, Oreste, Comment choisir son philosophe ?, Paris, Éditions La Découverte, 2000, quatrième de couverture.

Orestre Saint-Drôme nous propose « la voie des affinités électives » pour « Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant ». Cette voie « passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe ». J’ai mentionné en introduction à cet article, trouver un philosophe ayant vécu ou vivant en harmonie avec sa philosophie s’avère difficile, du moins, selon les mini-biographies proposées par Oreste Saint-Drôme dans son livre. Je me suis donc rabattue sur la seconde voie :« L’autre accès consiste à choisir préalablement sa question et à trouver la réponse la plus adéquate dans l’œuvre du philosophe le plus approprié ». On trouve ce tableau dans à la fin du livre :

Dans l’Antiquité, vous auriez utilisé comme médicament une théorie plus ou moins diluée ou une combinaison de plusieurs doctrines. Aujourd’hui, le choix est encore plus vaste pour entreprendre une mono ou une plurithérapie. C’est cette pharmacopée – ancienne et moderne – que nous vous présentons dans le tableau suivant.

Source : Saint-Drôme, Oreste, Comment choisir son philosophe ?, Paris, Éditions La Découverte, 2000, p. 197.

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Somme toute, j’ai beaucoup aimé ce livre, le propros et l’humour de l’auteur. Je vous le recommande.

P.S.: L’auteur Oreste Saint-Drôme n’est pas philosophe mais plutôt psychanalyste.

J’accorde à ce livre 5 étoiles sur 5


Serge-André Guay, auteur et président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys


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Liste de tous les articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

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DOSSIER

Philothérapie

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Article # 13

La philo-thérapie

Éric Suárez

Éditions Eyrolles, 2007, 230 pages

ISBN :78-2-212-53839-7

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Résumé

Lorsque Socrate interrogeait ses interlocuteurs sur la nature de l’amour, il employait une méthode que sa mère, sage-femme, pratiquait pour accoucher les corps : la maïeutique. La philosophie, par le biais de la consultation, renoue avec ces premiers instants elle accouche les esprits en suscitant le questionnement.

Plus pragmatique que jamais car s’attaquant à des problèmes concrets, la philosophie offre, dans cet ouvrage, une alternative au discours psy en donnant la possibilité de prendre du recul sur notre propre existence et d’y apporter un sens nouveau.

En s’appuyant sur des consultations philosophiques menées depuis plusieurs années, l’auteur relate et interroge les maux de notre quotidien – vie amoureuse, image de soi, place du travail, relations familiales, rapport à la mort… – et les met en perspective via le dialogue philosophique. En rendant accessible à tous la pensée de quelques grands philosophes d’hier et d’aujourd’hui, fait jaillir des pistes de réflexion mais aussi des outils existentiels pour nous libérer de nos peurs et nous aider à mieux vivre.

Source : Éditions Eyrolles.


L’auteur – Eric Suarez

Professeur de philosophie pendant plusieurs années en terminale, Éric Suárez a découvert l’impact que le questionnement philosophique pouvait avoir sur les difficultés rencontrées par ses élèves. Il a ouvert un cabinet de consultations en philosophie à Aix-en-Provence et publie ici son premier ouvrage.

Source : Éditions Eyrolles.

Autre présentation

Eric Suarez
Philosophie pour enfants

Docteur en philosophie pour enfants de l’Université de Laval (sous la direction de Michel Sasseville), Eric a étudié la relation entre l’apprentissage du dialogue philosophique et la gestion émotionnelle chez les enfants. Il s’intéresse également à la consultation philosophique comme moyen de distanciation par rapport aux problèmes du quotidien. Il est l’auteur de l’ouvrage « La philo-thérapie » disponible aux Editions Eyrolles (2007) et aux Editions Octaedro (2014).

Source : Association Savoir être et vivre ensemble (SEVE) – Aidons les enfants et les adolescents à grandir en discernement et en humanité, SEVE) Suisse.


Sommaire

INTRODUCTION ? 1

I. L’amour

Puis?je aimer la même personne toute une vie ? ? 5

La jalousie peut?elle tuer mon couple ? ? 15

L’infidélité est?elle pardonnable ? ? 25

Moins de désir, est?ce moins aimer ? ? 35

II. L’image de soi

La beauté est?elle la condition du désir ? ? 47

La jeunesse est?elle la promesse du bonheur ? ? 57

Suis?je ce que mon image est ? ? 67

Suis?je frivole ? ? 77

III. La famille

Doit?on s’aimer en famille ? ? 87

Suis?je un bon parent ? ? 97

Éduquer, est?ce avoir du pouvoir sur ses enfants ? ? 105

Quelle importance a la fratrie ? ? 115

IV. Le travail

Le travail est?il la seule reconnaissance sociale ? ? 125
Harcèlement au travail : comment sortir
de la victimisation ? ? 135

Jusqu’où puis?je aller dans mes responsabilités ? ? 145

L’argent me représente?t?il ? ? 153

V. Le deuil

Qui suis?je après la mort d’un proche ? ? 165

Comment surmonter une rupture amoureuse ? ? 175

Être parent, et après ? ? 185

Doit?on faire le deuil de ses rêves ? ? 193

CONCLUSION ? 203

GLOSSAIRE ? 205

QUELQUES MOTS SUR LES AUTEURS CITÉS ? 207

BIBLIOGRAPHIE ? 213

INDEX ? 215

INDEX DES AUTEURS CITÉS ? 221

TABLE DES MATIÈRES ? 223

Source : Éditions Eyrolles.

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introduction-11

introduction-22

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Éric Suárez dans les médias

Pensées nocturnes, second volet : l’atelier philo, entrevue avec Eric Suarez

Comment aborder la philosophie avec les enfants de 6 ans et plus, en classe ou à la maison ? Cette chronique propose une réponse en deux volets autour d’un livre : Pensées nocturnes de Jonas Taul, une merveille de littérature de jeunesse, tout en subtilités. Retrouvez ici le second volet de cette incursion dans le monde des idées, qui cherche à offrir des conseils pratiques pour la mise en place d’un atelier de philosophie, en prenant comme base le livre de J. Taul.

Ce second volet se présente sous la forme d’une entrevue avec Eric Suarez, animateur d’ateliers philosophiques auprès de publics jeunes et moins jeunes, tant en entreprise que dans les classes. Fort de ses études doctorales en philosophie à l’Université Laval (Québec) sous la direction de Michel Sasseville, portant plus spécifiquement sur la relation entre l’apprentissage du dialogue philosophique et la gestion des émotions chez les enfants. Il est l’auteur de l’ouvrage La philo-thérapie, disponible aux Editions Eyrolles (2007) et aux Editions Octaedro (2014).

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La philosophie pour enfants et l’éducation des émotions

En cette journée très triste pour l’humanité (Nouvelle-Zélande), une bonne nouvelle: nous avons un nouveau docteur en philosophie, et plus spécifiquement en philosophie pour enfants: Éric Suarez. Toutes nos félicitations, docteur!!!

Je souhaite de tout coeur que ta thèse, qui n’est pas sans rapport avec la prévention de la montée de la radicalisation sur notre petite planète, puisse conduire à plus d’humanité, de compréhension, d’écoute, d’entraide, de collaboration entre tous les humains!

Avec sa permission, pour ceux et celles qui souhaitent rejoindre Éric pour en savoir plus concernant sa thèse, voici son adresse: eric.suarez13@gmail.com

Bonne route Éric et que le vent te soit favorable en Suisse!!!

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Eric Suarez de Cocoonin fait des cafés philo dans des centres de personnes âgées et EMS.


Site web de Éric Suárez

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Site web de Éric Suárez, Docteur en philosophie, Lausanne, Suisse.

Faites un voeu, il sera exhaussé

Cocoon-In se donne pour mission d’offrir des prestations et des animations de qualité, à domicile ou en extérieur. A l’écoute de vos besoins, nous accordons nos services avec habileté afin que vous puissiez en bénéficier dans votre nid douillet. Que vous soyez une entreprise ou un particulier, nous venons à vous pour partager un instant de bienêtre et échanger sur des thèmes passionnants.

Cocoon-In symbolise la douceur et le confort d’un foyer. Quoi de plus naturel que de profiter, dans un environnement familier, d’une prestation unique et personnalisée. « Tisser un pont entre l’intérieur et l’extérieur, entre la maison et le monde » nous inspire et saura vous surprendre. Alors, rencontrons-nous !

Source : Site web de Éric Suárez, Docteur en philosophie, Lausanne, Suisse.


Autre titre signé par Éric Suárez

La philosophie pour enfants de Lipman et l’éducation émotionnelle

Thèse de doctorat, Université Laval, 2019.

Résumé

En initiant une pratique philosophique destinée aux enfants dès la fin des années 60, axée sur l’apprentissage du dialogue philosophique et l’acquisition d’un esprit critique et auto critique, Matthew Lipman appréhenda la pensée de façon plurielle. Loin de la considérer comme un ensemble d’habiletés purement rationnelles, il l’aborda de façon holistique, accordant aux émotions une place essentielle à son bon fonctionnement. Dès lors, la philosophie pour enfants, en reconnaissant à la pensée cette nature double, rationnelle et émotionnelle, ne se limiterait pas à éduquer les élèves à bien penser, c’est-à-dire à manier les différentes habiletés intellectuelles susceptibles d’assurer le discernement, mais également à bien gérer leurs émotions. Si Lipman reconnait la possibilité d’une éducabilité émotionnelle que permettrait l’apprentissage du dialogue philosophique chez les enfants, il n’en identifie pourtant pas les ressorts. Ce travail de thèse s’évertuera alors à prolonger la pensée de Lipman en éclairant le lien entre sa méthode pédagogique et l’éducation des émotions qu’elle induirait. Pour ce faire, une étude pluridisciplinaire de l’intelligence et de l’émotion nous aidera à mieux comprendre ce lien. En nous plongeant dans ce que la philosophie, la psychologie et les neurosciences auront découvert de la nature et de la fonction de ces deux composantes de l’être humain, nous comprendrons à quel point elles sont liées et combien les carences de l’une peuvent endommager les qualités de l’autre. De ce rapport de dépendance entre l’intelligence et l’émotion, nous découvrirons la notion d’«intelligence émotionnelle» telle que présentée par le psychologue Daniel Goleman en 1995. En tant que capacité à gérer ses émotions en relation avec celles d’autrui dans un contexte toujours particulier, nous comparerons alors l’intelligence émotionnelle de Goleman à ce que Lipman entend par l’éducation des émotions afin d’en saisir la ressemblance. À la lumière de cette comparaison, nous rechercherons, de façon toujours interdisciplinaire, les moyens d’améliorer cette même intelligence émotionnelle. Puis, dans une dernière partie, nous pourrons alors identifier dans les outils pratiques de la philosophie pour enfants — les différentes étapes de la méthode lipmanienne (lecture partagée, cueillette des questions, vote de la question et dialogue) — ce qui permettrait d’éduquer les émotions par une sollicitation et un renforcement de l’intelligence émotionnelle.

Source : Université Laval.

Télécharger la thèse (PDF)


Ma lecture de

La philo-thérapie par Éric Suárez

Serge-André Guay, auteur et président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles.

Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

La lecture de ce livre est douce en raison de l’humanité de son contenu. Nous sommes loin de la bataille entre la raison et les émotions ou du rejet de ces dernières comme ennemies du philosopher. L’auteur n’étouffe pas les émotions que peuvent ressentir ceux et celles qui le consultent.

La mise en contexte du sujet de chaque consultation rapportée par l’auteur créée un atmosphère propice à l’ouverture d’esprit du lecteur et le recul dont il a besoin pour philosopher. Voici celle du premier chapitre, Puis-je aimer la même personne toute une vie ? :

Lorsque Antoine, 35 ans, entre dans mon cabinet, je me rends bien compte qu’il a déjà une idée bien déterminée de ce qui l’a poussé à s’adresser à un consultant en philosophie. Son problème est clair, d’autant plus qu’il est partagé par de très nombreuses personnes de sa tranche d’âge, oscillant entre la volonté de construire un couple avec tout ce qu’il comprend et l’incertitude qu’il puisse perdurer dans le temps. Vivant avec la même compagne depuis onze ans, il s’interroge sur la capacité humaine à aimer la même personne durant toute sa vie. Je remarque immédiatement une véritable angoisse face à ce questionnement, une peur peut-être de « perdre son temps » en compromis sans savoir s’ils serviront réellement à quelque chose.

Si nous trouvons tous un intérêt à vivre en couple – à le rechercher sans relâche, à y rêver et à faire notre possible pour le conserver lorsque nous y avons accès –, l’intérêt n’a pas toujours été le même selon l’époque et selon le lieu. Qui n’a jamais entendu une grand-mère légitimer le fait qu’une fille choisisse un garçon sur le seul critère que celui-ci soit travailleur ? Les couples fondant leur existence sur une sécurité matérielle établissent d’emblée un contrat selon lequel chacun des protagonistes est gagnant et apporte à l’autre ce dont il manque. Les échanges sont clairs et confortent l’union dans un rapport de sécurité au sein d’un monde plein de dangers concernant l’intégrité physique de l’individu. Aujourd’hui, et dans nos pays riches, les besoins ne sont plus les mêmes. Les femmes comme les hommes ont gagné en indépendance et peuvent vivre en célibataires tout en subvenant à leurs besoins les plus primaires. Dans ce nouveau cadre, nous attendons tous de l’amour autre chose qu’une aisance matérielle. L’individualisme, c’est-à-dire cette propension qu’a l’homme moderne à pouvoir et à vouloir exprimer ce qu’il est au plus profond de lui, semble plus difficilement compatible aujourd’hui qu’hier avec une vie de couple entendue pour la vie.

Source : Suárez, Éric, La philo-thérapie, Éditions Eyrolles, 2007, pp. 5-6.

Cet exemple de mise en contexte de la question permet une prise de recul efficace (et douce). Il n’y a là aucune confrontation et contradiction qui pourraient éveiller les mécanismes de défense du lecteur (ou du client).

Il en va de même avec les Épilogues à la fin de chaque consultation relatée par Éric Suárez. Voici celle de la consultation Moins de désir, est-ce moins aimer ? :

Avoir une vision trop simpliste de la relation amoureuse, c’est-à-dire l’appréhender comme quelque chose par quoi on se laisse porter, c’est courir à sa perte. Confondre désir et amour, attirance physique et échange harmonieux entre deux personnes, est égale-ment un moyen de refuser la curiosité que nécessite la relation amoureuse. Curiosité, car découvrir les changements évolutifs de la personne avec qui nous partageons notre vie la rend par là même désirable puisque différente de ce qu’elle était. Ce n’est pas ici une plaidoirie de la fidélité, car chaque personne est libre d’entreprendre sa vie comme elle l’entend, mais c’est en tout cas le seul moyen pour qu’au sein du couple l’ennui ne vienne pas trop s’immiscer. Il faut garder à l’esprit que le monde change et qu’à ce titre, les vivants qui en font partie changent également. Par l’acceptation de cet état de fait, la découverte du conjoint est sans cesse renouvelée et l’amour entre deux personnes renforcé.

Source : Suárez, Éric, La philo-thérapie, Éditions Eyrolles, 2007, pp. 42-43

Éric Suárez fait preuve d’un raisonnement éclairé et de bienveillance envers son client et ses lecteurs. En effet, il me semble que la maïeutique qu’il pratique par le dialogue philosophique engendre un accouchement naturel de l’esprit plutôt qu’une violente césarienne.

Lorsque Socrate interrogeait ses interlocuteurs sur la nature de l’amour, il employait une méthode que sa mère, sage-femme, pratiquait pour accoucher les corps : la maïeutique. La philosophie, par le biais de la consultation, renoue avec ces premiers instants elle accouche les esprits en suscitant le questionnement.

Source : Suárez, Éric, La philo-thérapie, Éditions Eyrolles, 2007, quatrième de couverture.

On dit que «La maïeutique consiste à faire accoucher les esprits de leurs connaissances. Elle est destinée à faire exprimer un savoir caché en soi.» D’emblée, cette idée d’un savoir caché en soi ne me plaît pas parce qu’un peu trop ésotérique à mon goût.

En revanche, j’aime bien l’idée que «Le terme de maïeutique, laïcisé, englobe généralement les techniques de questionnement visant à permettre à une personne une mise en mots de ce qu’elle a du mal à exprimer, ressentir, ou ce dont elle a du mal à prendre conscience (émotions, désirs, envies, motivation…).»

Mon idée préférée entre toutes est celle liant la maïeutique à l’empathie car elle m’apparaît essentielle à tout dialogue, philosophique ou non. Dans son livre La philo-thérapie, Éric Suárez se montre empathique envers ses clients et ses lecteurs par une bienveillance apaisante. Il faut dire que j’en avais grandement besoin à la suite de mon expérience récente de dialectique d’opposition et de confrontation.

J’accorde à ce livre 5 étoiles sur 5


Serge-André Guay, auteur et président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys


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Liste de tous les articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Article # 12 – Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

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DOSSIER

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

ARTICLE # 12

FIN DU CHAPITRE

Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.


Bonjour monsieur Brenifier,

J’éprouve un grand bonheur à la lecture de vos livres et textes. Dans le livre «La consultation philosophiques», on parle de documents que vous faites parvenir à un client avant une consultation. Puis-je recevoir ces documents s’il-vous-plaît ?

Je publie un DOSSIER : Pourquoi consulter un philosophe ? Quand la philosophie nous aide :

https://fondationlitterairefleurdelys.com/2020/10/06/dossier-philotherapie-quand-la-philosophie-nous-aide/

P.S.: J’envisage suivre l’une de vos formations.


Sa réponse ne tenait pas compte de ma demande. Il m’a proposé un rendez-vous vidéo en ligne.


Bonjour Serge-André Guay

Enchanté de vous connaître.

Je vous propose un RV Jeudi 9 Septembre, à 11 h, heure de Montréal.

Cela vous convient-il?

Cordialement

Oscar Brenifier


J’ai répondu :

Bonjour monsieur Brenifier,

Merci pour votre réponse. Oui, un rendez-vous le jeudi 9 septembre à 11h00, heure de Montréal, me convient. Je suis sur Skype sous le nom « Guay Serge-André » avec « contact@manuscritdepot.com ». Est-ce que cela vous convient?

Cependant, je ne m’attendais pas à un rendez-vous dès maintenant. Je profiterai de l’occasion pour faire une entrevue avec vous dans le but de la publier dans notre magazine en ligne.

Je ne suis pas encore prêt pour une consultation philosophique pour moi-même. J’étudie encore. À mon programme de lecture (LU) :

• Comment choisir son philosophe, Oreste Daint-Drôme, 2000
• La philosophie comme manière de vivre, Pierre Hadot, 2001
• La philosophie c’est la vie, Lou Marinoff, 2003
• La philothérapie, Éric Suárez, 2007
• La consultation philosophique, Eugénie Vegleris, 2010
• Sur le divan d’un philosophe, Jean-Eudes Arnous, 2013
• La pratique philosophique, Jérome Lecoq, 2014
• Philosopher pour se retrouver, Laurence Bouchet, 2015
• Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, 2017
• Socrate à l’agora, Collectif, 2017
• Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, 2019
• L’art de la pratique philosophique, Oscar Brenifier, 2019
• La consultation philosophique, Oscar Brenifier, 2020
• La philosophie, un art de vivre, Collectif, 2021

Avez-vous consulté mon dossier :

Monsieur Brenifier a répondu sans aucune allusion à ma demande d’entrevue:

Bonjour Serge-André

Personnellement, comme Socrate, le dialogue me parait toujours préférable pour aller à l’encontre d’autrui.

/ »Je ne suis pas encore prêt pour une consultation philosophique pour moi-même »./

Personne n’est jamais « prêt » à cet exercice, ni non plus « pas prêt ».

Je le fais avec tout un chacun, y compris des enfants de 5 ans.

C’est un simple dialogue, sur des questions importantes. En évitant le double écueil des banalités d’usage, et celui du formalisme.

Mais votre travail doxographique, que j’ai consulté attentivement, tout en étant utile et intéressant, constitue en effet un écueil intellectuel et psychologique, tout à fait habituel dans la profession.

D’ailleurs, si je devais vous envoyer un texte, ce serait celui sur « la corruption académique ».

Mais je préfère vous l’envoyer après notre rencontre.

Ainsi, tout naturellement, je répondrai à vos questions et vous répondrez aux miennes.

Cela se nomme un dialogue philosophique, qui devrait être plaisant et enrichissant pour tous deux.

A demain

O. B.

Je suis embêté par l’affirmation de monsieur Brenifier à savoir que «Personne n’est jamais « prêt » à cet exercice, ni non plus « pas prêt ».» Je décide tout de même de le croire et j’ai l’impression que je vais me lancer dans le vide; je ne suis pas prêt. J’ai répondu :

Bonjour,

Merci pour votre réponse. Je suis déçu que mon travail «/constitue en effet un écueil intellectuel et psychologique/». Vous me direz sans doute pourquoi.

Je vous écrivais ne pas être prêt pour une consultation philosophique en raison de mes finances. Pour l’instant, je me concentre sur la lecture dans le cadre de ma cueillette d’information qui mobilise mes énergies et mes dépenses.

  • Comment choisir son philosophe, Oreste Daint-Drôme, 2000
  • La philosophie comme manière de vivre, Pierre Hadot, 2001
  • La philosophie c’est la vie, Lou Marinoff, 2003
  • La philothérapie, Éric Suárez, 2007
  • La consultation philosophique, Eugénie Vegleris, 2010
  • Sur le divan d’un philosophe, Jean-Eudes Arnous, 2013
  • La pratique philosophique, Jérome Lecoq, 2014
  • Philosopher pour se retrouver, Laurence Bouchet, 2015
  • Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, 2017
  • Socrate à l’agora, Collectif, 2017
  • Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, 2019
  • L’art de la pratique philosophique, Oscar Brenifier, 2019
  • La consultation philosophique, Oscar Brenifier, 2020
  • La philosophie, un art de vivre, Collectif, 2021

J’ai hâte de vous parler et de répondre à vos questions.

Monsieur Brenifier n’a pas répondu à ce courriel où j’exprime mon souci face au coût de l’exercice. Il a préféré me parler de notre première session :

Bonjour André

Pour lundi, nous allons travailler exclusivement le questionnement.

Pour vous préparer, rédigez une question initiale, puis tentez de produire 10-20 questions permettant de travailler la question initiale.

A lundi

Oscar

Me voilà donc plonger bien malgré moi dans une consultation philosophique formelle. Monsieur Brenifier me place en face d’un devoir à faire avant notre rencontre. Je voulais uniquement le document qu’il adresse à ses clients potentiels. Il me propose un rendez-vous. Je l’informe que je souhaite profiter de ce rendez-vous pour réaliser une entrevue pour les fins d’un article dans ce magazine. Il me fait parvenir un devoir à faire en prévision de notre premier rendez-vous. Je plie l’échine avec appréhension et stress. Et ceux et celles qui me connaissent savent fort bien je ne suis pas du genre à agir de la sorte. Normalement, j’aurais insisté auprès de monsieur Brenifier sur le fait qu’il ne répond pas à mes demandes formulées dans mes courriels. C’est un principe de communication très simple à respecter et auquel je tiens mordicus. Surprise: j’ai laissé tombé ce principe sous le poids de l’autorité que j’ai consentie à monsieur Brenifier, une rare exception dans mon comportement. Bref, je suis intimidé par la notoriété de monsieur Brenifier.

J’ai participé à la première session puis à la deuxième a une semaine d’intervalle.  Nous planifions la troisième session pour la semaine suivante. Mon agenda me force à prioriser ma famille. Je demande à monsieur Brenifier de reporter la troisième session en m’ouvrant à lui sur les événements familiaux en cause. Je lui propose le 29 ou lieu du 27 septembre. Il me répond :

Oui, c’est possible le 29. Néanmoins, nous encourageons toujours nos interlocuteurs à faire l’impossible pour garder les engagement de la pratique comme priorité, indépendamment des circonstances de la vie. Voyez aussi si ce n’est pas possible.

Témoin de la scène, mon épouse me propose de faire la session vidéo de l’endroit où je serai le 27 septembre puisque je dois effectuer un voyage d’urgence. Je transmets la proposition à monsieur Brenifier :

Je peux respecter notre cours de lundi le 27 septembre si je le fais en ligne chez (…) où je me trouverai lundi. Une proposition de mon épouse.

Il accepte. Je me retrouve dans une situation familiale impliquant deux événements distincts à plus de 200 kilomètres de chez moi et, de là, je devrai encaisser le stress de mon devoir et celui de ma session vidéo avec monsieur Brenifier. Je suis sous la contrainte, ce qui ne me plaît pas du tout. Je suis mécontent. Tout aurait été si simple de reporter la troisième session une semaine plus tard, le temps que je gère ma situation familiale au mieux.

La veille de cette session, le stress est toujours à son comble et je me dois d’en éliminer ne serait-ce qu’une source : la session du lendemain avec monsieur Brenifier. Je communique mon mécontentement à monsieur Brenifier dans l’espoir qu’il se rende à ma demande de report de la session. Je lui parle de son intransigeance et de sa rigidité.

Il me répond :

Bonjour André

Visiblement, je me suis trompé d’histoire.

Je vous envoie donc une autre proposition de conte, tiré de l’ouvrage sur le Zen, ci-joint.

Histoire 11 – Ah bon!

Je vous invite à lire l’histoire et l’analyse, comme pour l’autre.

Et de répondre aux questions de compréhension avec trois hypothèses, et un concept.

Comme c’est un peut tard, faites ce que vous pouvez, ou rien du tout si vous n’avez pas le temps.

Nous ferons le travail durant la séance.

A demain

O. B.

Je répond :

Bonjour quand même,

C’est la fin. Une référence à un autre conte en réponse à mon message via Messenger. Quel toupet. C’est la fin. Je ne veux plus suivre vos cours.

Il répond :

C’est dommage que vous laissiez vos émotions, surtout votre colère, prendre le dessus. Surtout que vous savez que cela vous ronge.

Je répond :

Il est dommage que vous ne sachiez pas comment prendre vos responsabilités.

Il répond :

Cela, il faudra me l’expliquer. Mais je vous suggère d’attendre quelques jours, afin d’être plus posé. Je note que vous ne serez pas là demain, et si vous revenez à la raison, vous pourrez toujours me recontacter. Lisez néanmoins le conte que je vous ai envoyé, plutôt que le prendre pour une insulte.

Émotions, colère, insulte ne sont que des interprétations de la part de monsieur Brenifier. À mes yeux, je m’explique et ma seule motivation est d’être l’objet d’un peu d’empathie de la part de mon professeur afin qu’il accepte de reporter la session du lendemain. Et tous ceux qui se sont frottés à moi savent fort bien que j’aime aller au fond du problème, dans les moindres détails, pour défendre ma cause. Je ne vais donc pas en rester là.

Je lui adresse ce message avec «Penser, c’est juger» en guise d’objet :

Monsieur Brenifier,

Je ne suis pas animé par la colère face à vous et vos propos. Je suis mécontent de vos réponses à mes messages. Lorsque je me donne la peine de m’expliquer sur un sujet ou un autre, ma motivation est d’éclaircir, non pas d’exprimer une colère quelconque. Lorsque je suis en colère, je ne réponds pas et je quitte en silence. Toute explication de ma part est une perche tendue pour tenter de mieux me faire comprendre. Mais cela ne fonctionne pas avec vous.

Voici un exemple :

J’écris : «C’est la fin. Une référence à un autre conte en réponse à mon message via Messenger. Quel toupet. C’est la fin. Je ne veux plus suivre vos cours.»

Vous répondez : «C’est dommage que vous laissiez vos émotions, surtout votre colère, prendre le dessus. Surtout que vous savez que cela vous ronge.»

Votre réponse ne respecte pas les règles élémentaires de la communication relationnelle. Dans un premier temps, on ne suppose pas quoi que se soit mais on fait état si l’on comprend ou non le message reçu. Dans un deuxième temps, il faut codifier son message en fonction du receveur afin que ce dernier puisse comprendre selon son propre schéma de référence. Votre réponse n’est qu’un jugement.

Qui plus est, elle ne répond pas à mon message. Je vous parle de la «référence à un autre conte», vous ne dites rien à ce sujet dans votre jugement. Je vous dis que vous avez du toupet, vous ne dites rien à ce sujet. Il ne vous vient pas à l’esprit de répondre au contenu de mon message. Vous sautez tout de suite au jugement. Vous ne me demandez pas si je suis submergé par mes émotions ou en colère, vous le supposez d’emblée.

Voici un autre exemple :

J’écris : «Il est dommage que vous ne sachiez pas comment prendre vos responsabilités.»

Vous répondez : «Cela, il faudra me l’expliquer. (…)».

Vous admettez que vous ne comprenez pas, c’est bien. Mais c’est aussi un indicateur sérieux de votre ignorance au sujet du rôle d’un consultant en général et du même coup du rôle spécifique du consultant en philosophie. Je suis bouche bée car il ne me revient pas de former le professeur. Et même si nous sommes dans un dialogue et sur le même pied l’un et l’autre, il faut tout de même que les échanges soient fructueux, c’est-à-dire que les réponses tiennent compte du contenu du message, ce que vous ne faites pas. Vous sautez par-dessus le message pour juger et vous prenez pour acquis que votre jugement est adéquat. C’est étrange de la part d’un communicateur.

Je ne vous expliquerai pas les responsabilités d’un consultant en philosophie ou en d’autres domaines. Vous devez approfondir vous-même cette question des responsabilités et, pour y parvenir, effectuer votre propre recherche.

Je peux tout de même vous communiquer mon impression. Je pense que vous avez érigé votre propre tour d’ivoire à l’instar de ces philosophes universitaires que vous dénoncez. Vous êtes pris dans une interprétation très personnelle du travail de Socrate et cela limite la compréhension de vos responsabilités à titre de consultant et de communicateur.

De plus, je peux aussi vous communiquez mon opinion à savoir pourquoi vos livres «La consultation philosophique» et «L’art de la consultation philosophique» sont très denses. Suite à nos derniers messages échangés, il m’apparut comme une évidence que cette densité témoignait, non seulement de votre connaissance et de votre système de pensée, mais aussi le fait de l’absence de la légèreté qu’apporte la vie à l’être humain. Voici l’image que j’ai en tête : lorsque la vie cesse dans le corps humain, ce dernier devient très lourd et du même coup très dense.

Votre philosophie ne tient pas compte de l’Être humain sensible. Et votre propos au sujet de l’Être humain raisonné se limite à une dissection Et toute dissection implique un corps mort. Vos propos s’apparentent aux planches de biologie exceptionnelles dessinées par Léonard de Vinci. Il n’y a de vie.

En fin de compte, votre philosophie ne tient compte que de la philosophie. Voilà pourquoi vous ne savez pas répondre à mes questions et mes messages, pourquoi vous ne pouvez pas prendre vos responsabilités de consultant et de professeur.

Et si jamais il vous vient à l’esprit de répondre que je me trompe et que vous tenez bel et bien compte de l’Être humain sensible, vous semblez en méprisez les émotions et le voir comme un ennemi de la philosophie.

Vous écrivez : «(…),et si vous revenez à la raison, (…)».

Vous croyez que j’ai perdu la raison parce que vous supposez que mes messages ne sont que l’expression d’émotions et de colère, parce que je demeure un Être humain sensible et que je me dois de condamner ce dernier à la potence, du moins le dominer en dictateur philosophique.

La raison a toujours et en toutes circonstances besoin des émotions. Et si jamais un coup émotif se produit, c’est toujours un indice précieux pour la raison. Ainsi, on peut être en même temps émotif et raisonné malgré les apparences et… les jugements d’autrui. Évidemment, on peut prendre la tête mais dans ce cas très précis le philosophe consultant à des responsabilités spécifiques à prendre face à l’Être humain sensible. Et n’allez pas me dire que l’Être humain sensible relève de la psycho alors que la philosophie se concentre sur l’Être humain raisonné. On ne peut pas en toute connaissance de cause les séparer l’un de l’autre. Dans l’expression «amour de la sagesse», il y a de l’émotion dans l’air.

Ce qui me stress, c’est lorsque la communication n’est pas effective comme dans le cas des derniers messages que nous avons échangés. Sans une communication effective, le moment présent est une impasse. Pour lutter contre le stress, on conseille d’éliminer la source du stress. Ce que j’ai fait en mettant fin à nos sessions.

Et vous savez ce que je pense de votre philosophie du moment présent. J’ai écris : «J’ai horreur de cette philosophie du moment présent où je me trouve amputé de mon passé, de toute justification historique, et de tout futur, y compris de mes attentes et de mes objectifs. Vivre un bon «moment présent» et s’y limiter, est une chose, ne pas avoir conscience qu’il répond à une attente dans le futur et formulée dans le passé en est une autre.»

Très souvent, la justification historique est un indice, non pas de ce que pense notre interlocuteur, mais de comment il pense et comment il commet certaines erreurs de pensées. La référence au passé est confortable et laisse entrevoir l’Être raisonné sans filtre.

Bref, je crois que vous êtes devenu une victime de votre philosophie parce que vous la pratiquer en jugeant, d’où votre idée que «Penser, c’est juger». Pour penser juste, il faut dépasser le stade du jugement.

Il me répond :

Bonjour André

Je vous remercie pour vos critiques, que j’ai trouvé fort éclairantes.
En particulier le concept de « tour d’ivoire », qui a en effet une certaine réalité dans la pratique philosophique, bien que sa nature ne soit pas identique à la « Tour d’ivoire » de la philosophie académique, qui porte plutôt sur la connaissance et l’érudition. Cela me fait penser à « la citadelle de l’âme » de Maitre Eckhart, ou au repli dans l’âme Marc-Aurèle: Tu peux, à l’heure que tu veux, te retirer en toi-même. Nulle retraite n’est plus tranquille ni moins troublée pour l’homme que celle qu’il trouve en son âme.

Néanmoins, ces critiques portent principalement sur mon attitude psychologique, existentielle ou relationnelle, sur mon « éthos », et sur mes écrits théoriques.

Mais elles n’abordent pas mon travail effectif en tant que praticien philosophe, c’est-à-dire ce que j’accomplis durant les séances.

Vous en avez eu l’expérience à deux reprises, et aussi, comme je vous l’ai conseillé dans le passé, vous pouvez observer des vidéos sur YouTube afin de mieux connaître ce que je fais concrètement au cours des séances de dialogue.

N’oubliez pas que vous pouvez télécharger nos discussions sur Skype si vous souhaitez les revoir pour les analyser.

Cela m’intéresse d’autant plus qu’après des années de travail et de séances avec de très nombreuses personnes au quatre coins du monde, je tente parfois de faire un bilan et je me demande parfois ce que ces personnes ont pu trouver ou apprendre durant ces séances. Avec bien entendu des réactions variées, bien que rarement neutres.

Cordialement

Oscar Brenifier

Je lui répond avec en objet «Mon bilan est fait et ma conclusion est claire» :

Bonjour monsieur Brenifier,

VOUS ÉCRIVEZ : «MAIS ELLES N’ABORDENT PAS MON TRAVAIL EFFECTIF EN TANT QUE PRATICIEN PHILOSOPHE, C’EST-À-DIRE CE QUE J’ACCOMPLIS DURANT LES SÉANCES.» C’EST UN FAIT, JE NE CRITIQUE PAS VOTRE TRAVAIL EFFECTIF. JE CROIS QUE SEUL UN AUTRE PRATICIEN PHILOSOPHE PEUT CRITIQUER LE TRAVAIL DE L’UN DE SES CONFRÈRES.

Quant à la critique d’un nouvel élève amateur face à son maître praticien philosophe, elle portera moins sur le contenu au profit du contenant. Ce sont des professeurs dont les nouveaux élèves parlent entre eux en début d’année scolaire. Il en fut de même lors de nos deux premières sessions. Le nouvel élève sait fort bien qu’il pourra revenir plus tard sur le contenu. Au départ, l’élève se soumet à l’idée que le médium est le message, que le professeur (éthos) est le premier message à déchiffrer.

Ce que je comprends de nos sessions et de nos échanges, c’est que le philosophe praticien choisit, construit, adapte et adopte une philosophie spécifique. Or, votre approche et votre philosophie ne répondent pas à mes besoins. Il y a autant de philosophies qu’il y a de philosophes. Je ne cherche pas à épouser une philosophie spécifique mise de l’avant pas tel ou tel philosophe. Qui plus est, toutes ces philosophies spécifiques ne sont pas de pures inventions; elles amalgament des essences de plusieurs philosophies.

Je recherche les bases de LA philosophie, les éléments communs à tous les philosophes consultants, d’où mes efforts consacrés à la lecture de plus d’un vingtaine de livres signés par des philosophes consultants. Évidemment, je n’échapperai pas à l’histoire des idées et l’histoire de la philosophie puisque LA philosophie ne s’abreuve pas à une seule et même source. Il n’en demeure pas moins que mes lectures me permettent d’avoir une vue en perspective de la consultation philosophique.

J’ai compris avec vous que je pouvais développer ma propre philosophie pour fonder ma propre pratique de consultation. Et je n’échapperai pas à l’idée d’un amalgame d’essences de plusieurs philosophies pour fonder la mienne en propre, façonnée par ma personnalité et par mes expériences personnelles et professionnelles. C’est l’une de conclusions que je tire de nos sessions et des messages échangés en marge de ces sessions.

VOUS ÉCRIVEZ : «NÉANMOINS, CES CRITIQUES PORTENT PRINCIPALEMENT SUR MON ATTITUDE PSYCHOLOGIQUE, EXISTENTIELLE OU RELATIONNELLE, SUR MON « ÉTHOS », ET SUR MES ÉCRITS THÉORIQUES.»

Votre observation confirme l’importance première du contenant, la première impression que donne à son client le philosophe consultant en tant que personne, capitale pour la suite. Vous m’avez semblé sympathique jusqu’à ce que vos jugements me blessent. Dans ce cas, il me vaut mieux tout admettre que de risquer d’autres jugements. Et j’ai tenu le coup pendant les deux sessions avec ouverture d’esprit. Je vous ai donné une chance mais je ne pouvais pas adhérer à vos jugements sur parole. Je refoulais parce que vous ne vouliez pas que je me justifie. Souvenez-vous de votre référence à Freud lorsque j.ai tenter de me justifier par la responsabilisation à outrance dans mon passé. Souvenez-vous de votre jugement de mon «C’est vous qui le dites», un jugement gros comme le bras.

Vous le savez, j’ai décroché lorsque vous avez refusé d’emblée par intransigeance et rigidité de reporter la troisième séance.

Quant à vos écrits théoriques, sachez qu’on en voit l’application pratique que vous en faites lors de vos sessions. L’Être sensible est absent sinon réprimé autant dans vos écrits théoriques que dans vos sessions. Vos jugements de l’Être sensible sont généralement négatifs.

Quant je vous ai demandé de me faire parvenir les documents que vous envoyez au client avant la première consultation, document dont vous parler dans votre livre /La consultation philosophique/, vous n’avez pas répondu à ma demande (impression négative). Vous avez préféré me proposer un premier rendez-vous. Je vous ai dit que je n’étais pas prêt. Vous m’avez répondu qu’on n’est jamais prêt. Je vous ai laissé le bénéfice du doute. Ce fut une erreur de ma part. J’aurais dû être intransigeant et rigide. Notez que je n’ai jamais reçu ces documents (impression négative).

Vous déclarez :

«Pour certains, le travail est décapant. « Renversant » pour Jacqueline. Déroutant pour Camille, qui n’a pas été capable de retourner travailler après sa consultation. « J’ai dû aller faire une grande promenade », se souvient-elle. Gildas, lui, n’a pas été surpris par « ce qui est sorti », mais il admet un « résultat instantanée hallucinant, une sorte de clairvoyance. Ça fait mal sur le coup, mais c’est pour la bonne cause ». La consultation philosophique n’est pas faite pour tout le monde. Pour le philosophe Oscar Brenifier, elle s’adresse aux personnes qui ont accès à la « rationalité ». « Il y a des gens que je renvoie vers une thérapie au bout de dix minutes, car il y a trop de douleur. Il y a aussi ceux qui veulent se raconter, or ce n’est pas le principe de la consultation philosophique », explique-t-il, en précisant qu’il ne « soigne pas une pathologie », contrairement aux médecins. « Quand vous vous demandez quel est le sens de votre vie, vous n’êtes pas malade », tempête-t-il.» (La consultation philosophique, une alternative au rendez-vous chez le psy ? Tatiana Chadenat, 03 juillet 2015, Madame / Figaro.

Ce n’est pas parce qu’«il y a trop de douleur» que cette dernière s’explique nécessairement et obligatoirement par une pathologie. Ce n’est pas parce qu’un client «veut se raconter» que le client est nécessairement et obligatoirement victime d’une pathologie. Il se peut que ce soit parce qu’il y a un problème de rationalité, parce que le client ne parvient pas à rationaliser. Le philosophe consultant peut relever les erreurs de pensée, de logique et/ou de perception et aider son client à en prendre conscience. Juger les clients qui souffrent trop et ceux qui veulent se raconter comme victime d’une pathologie et les rejeter ne respecte pas l’esprit même de la philosophie comme mode de vie.

Évidemment, je comprends qu’il s’agit là de votre philosophie puisqu’elle tient l’Être sensible comme un obstacle au philosopher.

VOUS ÉCRIVEZ : «EN PARTICULIER LE CONCEPT DE « TOUR D’IVOIRE », QUI A EN EFFET UNE CERTAINE RÉALITÉ DANS LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE, BIEN QUE SA NATURE NE SOIT PAS IDENTIQUE à LA « TOUR D’IVOIRE » DE LA PHILOSOPHIE ACADÉMIQUE, QUI PORTE PLUTÔT SUR LA CONNAISSANCE ET L’ÉRUDITION. CELA ME FAIT PENSER à « LA CITADELLE DE L’ÂME » DE MAITRE ECKHART, OU AU REPLI DANS L’ÂME MARC-AURÈLE: TU PEUX, à L’HEURE QUE TU VEUX, TE RETIRER EN TOI-MÊME. NULLE RETRAITE N’EST PLUS TRANQUILLE NI MOINS TROUBLÉE POUR L’HOMME QUE CELLE QU’IL TROUVE EN SON ÂME.»

Encore faut-il que cette âme soit une citadelle par opposition à la caverne de Platon. Et encore faut-il que le repli dans l’âme ne soit pas une fuite. Vous faites vous-même preuve de connaissance et d’érudition pour justifier «une certaine réalité dans la pratique philosophique».

VOUS ÉCRIVEZ :« CELA M’INTÉRESSE D’AUTANT PLUS QU’APRÈS DES ANNÉES DE TRAVAIL ET DE SÉANCES AVEC DE TRÈS NOMBREUSES PERSONNES AU QUATRE COINS DU MONDE, JE TENTE PARFOIS DE FAIRE UN BILAN ET JE ME DEMANDE PARFOIS CE QUE CES PERSONNES ONT PU TROUVER OU APPRENDRE DURANT CES SÉANCES. AVEC BIEN ENTENDU DES RÉACTIONS VARIÉES, BIEN QUE RAREMENT NEUTRES.»

Neutre ! Vous ne savez pas l’être. «Penser, c’est juger» dites-vous. N’allez pas me dire que vous croyez que vos jugements sont neutres voire objectifs.

/« Nous aimons croire que nous sommes objectifs, que nous sommes intéressés par l’information objective. En fait, à moins qu’une personne devienne subjective au sujet d’une information objective, elle ne s’y intéressera pas et elle ne sera pas motivée par cette information. Nous disons juger objectivement, mais en réalité nous réagissons subjectivement./

/Nous faisons continuellement des choix dans notre vie quotidienne. Nous choisissons des « choses » qui nous apparaissent subjectivement, mais nous considérons nos choix comme étant objectifs. »/

/Cheskin, Louis, Basis For marketing Decision, Liveright, New York, 1961, p. 82./

Nous sommes ici dans ce qu’il est convenu de nommer «L’erreur de Descartes » à l’initiative d’António Damásio (L’Erreur de Descartes : la raison des émotions, Paris, Odile Jacob, 1995). La raison a toujours besoin d’un coup de pouce des émotions. Il faut tenir compte dans la consultation philosophique. Le client est motivé subjectivement et cela exige respect et une humilité de la part du philosophe consultant.

Et que faire quand le client désire ce dont il n’a pas besoin ? La question se pose souvent dans le domaine des affaires. Voici une autre citation tirée d’ouvrage du chercheur américain Louis Cheskin :

/“One remains in business by giving the customer what he wants and needs. If you give him only what he wants, you may be in serious trouble. If you give him only what he needs, he may refuse it./

/(…)/

/To be successful in any business, you must give the client both what he wants and needs. If you offer him only what he needs, he may not want it; you have, therefore, to convert his need into a want./

/Giving businessmen what they need and want is a basic requirement for success. They need to solve business problems and they want evidence that their marketing decisions are right.”/

/Louis Cheskin, Secrets of marketing Success, pp. 140-141/

On ne peut pas soutenir que vous êtes au fait de pareilles situations, du moins à la lumière de nos deux sessions. Je désirais discuter de la théorie exposée dans votre livre «La consultation philosophique» mais vous l’avez reportée. Pour vous, j’avais besoin d’une consultation philosophique. Pour moi, la théorie vient toujours avant la pratique. Et ce n’est qu’à la fin de la deuxième session que vous m’avez informé que l’on ne parlerait pas de moi dans la troisième session. Je ne savais même pas que les deux premières sessions devaient porter sur moi. Toute mon attention était concentrée sur votre façon de faire. De temps en temps, à ma grande surprise, vous me jugiez en affirmant, par exemple, que je n’avais pas assez confiance en moi et que mes émotions me submergeaient. Je ne me donnais pas d’autre choix que d’accepter votre jugement et j’ai dis pourquoi ci-dessus.

Blessé par vos jugements, je n’ai rien en mémoire du contenu même de nos sessions si ce n’est vos jugements sans considération de leur accueil par ma personne. Une chance que j’ai tout gardé et je pourrai y revenir si le cœur m’en dit.

Vous m’avez demandé d’être rationnel sans jamais me dire comment si ce n’est que de dominer mes émotions. Je ne crois pas que le rationnel émerge automatiquement sous la répression ou le simple contrôle des émotions.

Mon bilan est fait et ma conclusion est claire : je n’adopterai pas votre pratique de la consultation philosophique.

Voici ce qu’écrit monsieur Brenifier dans son livre La consultation philosophique :

Initialement, la frustration s’exprime souvent comme une pure émotion, comme un reproche, comme un ressentiment, toutefois, en se verbalisant, elle permet de devenir un objet pour elle-même ; elle permet au sujet qui l’exprime de prendre conscience de lui-même comme un personnage extérieur. À partir de ce constat, il devient capable de réfléchir, d’analyser son être au travers de la mise à l’épreuve, de mieux comprendre son fonctionnement intellectuel, et il peut alors intervenir sur lui-même, tant sur son être que sur sa pensée. Certes le passage par certains moments à tonalité psychologique est difficilement évitable, sans toutefois s’appesantir, car il s’agit de passer rapidement à l’étape cognitive subséquente, au moyen de la perspective critique, en tentant de définir une problématique et des enjeux.

Source : Brenifier, Oscar, La consultation philosophique, Éditions Alcofribas, 2020, p. 28.

En m’offrant des jugements sur ma personne et mes propos, avec intransigeance et rigidité dans le propos, monsieur Brenifier ne fait pas l’effort «de passer rapidement à l’étape cognitive subséquente, au moyen de la perspective critique, en tentant de définir une problématique et des enjeux».

Il poursuit :

Notre hypothèse de travail consiste précisément à identifier certains éléments de la subjectivité, bribes que l’on pourrait nommer opinions, opinions intellectuelles et opinions émotionnelles, afin d’en prendre le contrepied et de faire l’expérience d’une pensée « autre ». Sans cela, comment apprendre à sortir volontairement et consciemment du conditionnement et de la prédétermination ? Comment émerger du pathologique et du pur ressenti ? D’ailleurs il peut arriver que le sujet n’ait pas en lui la capacité d’accomplir ce travail ou même la possibilité de l’envisager, par manque de distanciation, par manque d’autonomie, par insécurité ou à cause d’une forte angoisse quelconque, auquel cas nous ne pourrons peut-être pas travailler avec lui. Tout comme la pratique d’un sport exige des dispositions physiques minimales, la pratique philosophique, avec ses difficultés et ses exigences, nécessite des dispositions psychologiques minimales, en deçà desquelles nous ne pourrons pas travailler.

Source : Brenifier, Oscar, La consultation philosophique, Éditions Alcofribas, 2020, p. 28.

Je ne crois pas, dans mon cas, que monsieur Brenifier a mis à profit ses propres «dispositions psychologiques minimales».

Il écrit :

En guise de conclusion sur les difficultés de la consultation philosophique, disons que la principale épreuve réside en l’acceptation de l’idée de pathologie, prise au sens philosophique, voire d’établir un diagnostic cognitif et émotionnel, d’examiner le fonctionnement et les obstacles de la rationalité.

Source : Brenifier, Oscar, La consultation philosophique, Éditions Alcofribas, 2020, p. 32.

Je ne crois pas que monsieur Brenifier tirer du savoir nécessaire à la connaissance requise pour établir un diagnostic émotionnel. Il juge et tout jugement est subjectif. Il ne suffit pas de dire «Vous êtes trop émotif» ou «Vous êtes en colère» pour «examiner le fonctionnement et les obstacles de la rationalité». Examiner implique de «Considérer avec attention, avec réflexion», de «Regarder très attentivement». Un jugement confondu avec un diagnostic ne fait pas le travail. Si on veut que le client soit rationnel, il ne faut certainement pas piquer ses émotions. Il faut plutôt les mettre dans une perspective philosophique.

Le débat entre la raison et les émotions chez les philosophes fait rage depuis longtemps avec le mot d’ordre : «Les émotions nuisent à la raison ». Il faut nous libérer de nos émotions, à tout le moins, les dominer pour permettre à la raison de triompher. Autrement, il est impossible de philosopher. À mon avis, on peut pas philosopher sans avoir le plus grand des respects et une empathie exemplaire pour les émotions du client. Je crois davantage dans l’approche du philosophe consultant norvégien Morten Fastvold. Voici un extrait de ses «Réflexions sur les sessions conduites par Oscar Brenifier» reproduite par Oscar Brenifier en annexe de son livre La consultation philosophique :

Pratiquer des jeux comme exercices intellectuels n’est pas au centre de l’intérêt des philosophes norvégiens qui désirent s’engager dans l’art nouveau et mal défini du « conseil philosophique ». Au lieu de cela, nous nous préoccupons surtout des demandes que nos clients expriment en fonction de leurs problèmes existentiels et émotionnels ; nous abordons ainsi une large gamme de sujets en commun avec les psychothérapeutes. Refusant seulement les personnes présentant des problèmes mentaux sérieux et évidents, nous admettons que nos clients puissent tout aussi bien consulter un psychothérapeute, mais que pour quelque mystérieuse raison, plus ou moins consciente, ils choisissent plutôt de consulter un philosophe. Nous sommes supposés, dans une très large mesure, procéder avec nos clients de la même façon qu’un psychothérapeute : une écoute attentive de ce que le client nous dit de sa vie et de ses problèmes, et cela dans une approche empathique et pleine de sympathie, avec le vif désir de le mettre à l’aise et le rassurer, de façon à créer une atmosphère de confiance. C’est le client, et non le philosophe, qui est supposé maitriser la thérapie, ce qui lui permet de changer de sujet ou de sujet de conversation comme bon lui semble, sans que l’on risque plus qu’un timide « Vous êtes conscient que vous venez de changer de sujet et de mettre fin à notre échange ? », suivi d’un « Allez-y ! ”» consentant, quand il ne change pas d’idée et veut poursuivre dans cette nouvelle direction. En permanence, surtout lors de la première consultation, il nous faut identifier « l’urgence » du client en l’écoutant avec soin et en posant avec doigté les questions qui peuvent révéler son problème réel. Ainsi, avec cette « urgence » plus ou moins clairement exprimée et le consentement du client, nous pourrons, avec de la chance, lui proposer quelques clés philosophiques ou quelques pensées opportunes qui lui exposeront son problème sous un nouvel éclairage, en le libérant de la manière étroite dont il percevait le problème, entrevoyant quelques solutions possibles. Le plus souvent, nous considérons ceci comme une expérience de bien-être pour les deux acteurs, même si quelquefois nous rencontrons une expression émotionnelle inattendue, à laquelle il nous faut faire face. Ces incidents, cependant, sont supposés se produire rarement, et certainement pas causés par une quelconque provocation du philosophe. Cette image du philosophe comme « M. Gentil » est peut-être un tant soit peu exagérée, mais je ne crois pas qu’elle s’éloigne beaucoup de la vérité.

(…)

Apparaît alors Oscar Brenifier sur la scène. Il propose des jeux, au lieu de la « philosophie » comme nous – ou en tout cas moi – pensions devoir l’utiliser. Déclarant que « Je ne suis pas intéressé aux raisons pour lesquelles le client vient me consulter », il rejette d’entrée un des piliers supposés de notre pratique : l’identification de la requête du client, et continue en demandant avec insistance que le client produise une idée qu’il considère importante, sans se soucier si elle est vraie ou fausse, raisonnable ou pas d’un point de vue philosophique. Si cette hypothèse n’est pas trop difficile à accepter, on est choqué, une fois de plus, quand Brenifier ne permet pas au client d’expliquer pourquoi il a choisi l’idée avancée et certainement pas de l’habiller d’explications personnelles. « Que diable ce Frenchman est-il en train de faire ? » se demande M. Gentil — il s’agit de moi. Comment se permet-il de violer l’autonomie de son client quand il ne souhaite guère d’explication du contexte, refusant tout éclaircissement complémentaire ? Jouer simplement d’une idée hors contexte, sans chercher si elle est vraie ou fausse, peut paraître ne pas du tout relever de la consultation philosophique. Pire même, cela semble violer les exigences de considérer et prendre le client comme une personne unique, ce que fait tout psychothérapeute au courant des dernières techniques. Comme les consultants philosophiques, je suppose. Car, qui rêverait seulement de ne pas respecter les concepts d’Empathie, d’Ethique, et d’Autonomie ? Sûrement pas les aspirants au métier de consultant philosophique de Norvège. Revenant aux sessions conduites par Brenifier, M. Gentil commence vraiment à se faire du souci quand il se permet d’interrompre son client à plusieurs reprises, forçant ce malheureux à entrer dans le jeu du philosophe, ce qui augmente sa frustration. J’ai même l’impression que Brenifier, en plein milieu de la pression de retenue et confusion qu’il crée, mène le client à l’aventure en déformant ses arguments et en argumentant lui-même, ce qui conclut la confusion engendrée par quelques conclusions bizarres – ou plutôt quelques conclusions préliminaires – qui ne rendent pas le client très heureux. On est loin de l’atmosphère de bien-être à laquelle je m’attendais, où l’on espérait voir le client partir souriant. Ici, il se sent manipulé et insuffisamment respecté. En fait, il part plus frustré qu’il n’était venu. Et il me faut demander : « Cette sorte de jeu intellectuel plutôt brutal l’a-t-il aidé en quoi que ce soit ? » À ce point, ma réponse est : « Probablement pas. »

Source : JEUX SÉRIEUX – LA POSSIBILITÉ DE REDÉFINIR UN PARADIGME PHILOSOPHIQUE – Réflexions sur les sessions conduites par Oscar Brenifier – Par Morten Fastvold – Source : Brenifier, Oscar, La consultation philosophique, Annexe 2, Éditions Alcofribas, 2020, p. 162.

Il faut se rendre jusqu’à la fin des réflexions de monsieur Morten Fastvold pour apprendre que ce dernier se dit «à présent sûrement prêt à adopter cette alternative-là» en référence à la méthode d’Oscar Brenifier. Autrement, je crois que monsieur Brenifier n’aurait pas ajouté le texte de Morten Fastvold en annexe à son livre.

Il n’en demeure pas moins que je préfère et de loin à la brutalité de la méthode Brenifier «une écoute attentive de ce que le client nous dit de sa vie et de ses problèmes, et cela dans une approche empathique et pleine de sympathie, avec le vif désir de le mettre à l’aise et le rassurer, de façon à créer une atmosphère de confiance » (Morten Fastvold).

C’est par les failles que la lumière entre, qu’elle éclaire autant le système de pensée que les pensées elles-mêmes de la personne. Et s’il faut que le philosophe consultant crée cette faille pour permettre au client de voir plus clair dans propre son système de pensée, il n’est pas obligé d’user de brutalité, pas même de confrontation et encore moins de juger. Une simple hypothèse suffit et conservera l’atmosphère de confiance.

On ne laisse pas entrer en son esprit et sa raison n’importe qui, n’importe quoi et n’importe comment. Se présenter à la porte avec la seule faculté de juger comme acte de la pensée ne relève pas de la philosophie, de l’amour de la sagesse. Défoncer la porte avec des jugements gros comme le bras éveillera tous les mécanismes de défense, conscients, inconscients et involontaires.

Le philosophe consultant ne peut pas prétendre s’adresser à une raison qu’il a forcé à se barricader face à ses attaques. Brandir les contradictions du client ou le forcer à se contredire pour lui montrer la faillibilité de sa logique ne servira qu’à l’aveugler.

Une lumière soudaine dans l’esprit d’un client dans le noir ne lui procurera que de la douleur d’un éblouissement qui peut s’avérer fatal. De plus, la contradiction n’est pas une lumière en soit, pas plus que les jugements à l’emporte pièce. Ce sont armes de guerre. Et c’est sans compter que le philosophe consultant n’est pas ou ne doit pas se prendre lui-même pour la lumière dont le client a besoin.

Il est de pratique courante que le client, comme nous tous d’ailleurs, cherche à colmater les failles qui laisse entrer en son esprit une lumière aveuglante par habitude de la noirceur. Le philosophe consultant violer l’esprit de son client avec des grenades voire des bombes pour créer les failles utiles à la prise de recul et à la prise de conscience. Un simple doute suffit à la tâche pour autant qu’il soit enseigné à en tirer le bénéfice. Nous sommes ici très loin du philosophe consultant qui afflige son client de tous les maux de sa raison et de ses émotions.

Le philosophe consultant ne se laissera berner par la lumière artificielle en l’esprit de son client, lumière qu’il génère en se donnant raison. Il y a des personnes pour qui le doute affecte l’équilibre durement acquis. Il faut donc tenir par la main le client en aversion face au doute, qui craint que le doute le plonge dans l’abime.

Le philosophe consultant, nous dit-on, se pose en égal de son client et non pas en autorité. Il s’agit, nous dit-on, d’un dialogue et non pas d’un monologue. Le temps de parole joue alors un rôle essentiel. La philosophe consultant ne peut pas se permettre de museler son client comme je l’ai vécu avec Oscar Brenifier. Il m’imposait de taire toutes justifications et, du même coup, il renvoyait mon passé à Freud. Il m’imposait de taire mes attentes, car cela se réfère au futur. Il me fallait être dans le moment présent, sans émotion et boire ses jugements de ciguë. Ce ne fut pas possible. J’ai ri nerveusement et à répétition. Mais il n’y avait rien de drôle. À un point tel que je n’étais plus moi-même, que je ne me reconnaissais pas. Stressé comme un enfant au premier jour d’école.

Le consultant philosophe se doit de décrypter l’état d’âme de son client. Se le tenir pour dit et en tout respect. Il ne s’agit pas faire entrer le client dans un moule mais de le rejoindre là où il est dans l’état qu’il est.

J’ai adoré le livre La consultation philosophique de monsieur Oscar Brenifier mais je n’ai pas aimé ses sessions vidéo avec moi. Ce n’est pas le fait d’un écart entre la théorie et la pratique. Monsieur Brenifier s’en tient avec rigueur à la pratique de sa théorie. Et ce n’est qu’ainsi qu’on se rend à l’évidence de sa rigidité et de son intransigeance face à la personne, notamment face à l’Être sensible.

Enfin, j’ai souligné à de nombreuses dans ce dossier ma peur de voir la philosophie être contaminée par la psychologie. Aujourd’hui, je dois reconnaître que la philo sans un peu de psycho ne peut pas répondre aux besoins du client en consultation.

J’avais entrepris la lecture d’un deuxième livre de monsieur Brenifier, L’art de la pratique philosophique, mais je préfère mettre fin à ce chapitre et aller au prochain titre de ma liste.


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Liste de tous les articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR


Les ouvrages philosophiques à destination du grand public : pour quelle philosophie ? par Léa MAUBON

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Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Nous reproduisons ci-dessous le mémoire d’étude de madame Léa Maubon intitulé Les ouvrages philosophiques à destination du grand public : pour quelle philosophie ? Ce mémoire traite de certains des livres dont je fais rapport de lecture dans notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide». La travail de madame Léa Maubon nous éclaire sur «la production de plus en plus importante d’ouvrages de philosophie à destination du grand public».

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Les ouvrages philosophiques à destination du grand public : pour quelle philosophie ?

Master 2 Livre et Savoirs

Léa MAUBON

Sous la direction de Gérard Wormser

Professeur agrégé de philosophie – ENS-LSH

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École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (Enssib)

L’Enssib est membre associé de l’Université de Lyon

MAUBON Léa | Master LS | Mémoire d’étude | Janvier 2010 – 75 –

Droits d’auteur réservés.


Reproduit avec l’aimable auroisation de Léa MAUBON


Source : École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques.

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Description : Mémoire de recherche du master « Livre et Savoirs », spécialité Bibliothèques, portant sur le paysage éditorial de philosophie contemporain en tant qu’objet.

Collection : Mémoires Master « Livre et savoir » / « Edition scientifique et bibliothèque »

Thèmes : Science de l’information , Edition

Indexation sujet Rameau : Edition–France–20e siècle

Indexation sujet Rameau : Edition–Philosophie–France

Licence de diffusion : Tous droits réservés

Format : Fichier Adobe PDF

Étendue : 1.94 Mo

Étendue : 76 p.

Date de publication : janvier 2010

Langue : fr

Éditeur ou organisme : École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques [enssib]

Éditeur ou organisme : Ecole normale supérieure Lettres et Sciences Humaines

Couverture spatiale : France

Couverture temporelle : XXe siècle

Type de ressource : text

Diplôme : Master ESB « Édition scientifique et bibiothèque », spécialité Bibliothèque


Résumé

Français

Cette étude porte sur un phénomène du paysage éditorial français actuel: la production de plus en plus importante d’ouvrages de philosophie à destination du grand public. Il s’agit de réfléchir, à partir d’une description de cette tendance, sur ses enjeux éditoriaux mais également philosophiques. La démocratisation de la philosophie est un projet ancien, aujourd’hui soumis à l’expérience, qui interroge le devenir de la philosophie en France.

Anglais

This study deals with a tendency of the french contemporary editorial landscape : the increasing production of philosophical books intended for general public. From a description of this tendency, the aim is to consider its editorial stakes, but also philosophical stakes. The democratization of philosophy, that has been contemplated for a long time in the history of philosophy, since the Enlightenment, is today experienced, and questions the evolution of philosophy in France.

Descripteurs : Edition — Philosophie — France

Droits d’auteurs

Droits d’auteur réservés.

Remerciements

Je tiens tout d’abord à remercier vivement M. Wormser, qui a accepté de diriger mes recherches, et dont l’attention et les conseils avisés m’ont été d’une grande aide.

Je remercie par ailleurs M. Puech, Mme Vanin-Verna et M. Pierron, philosophes et auteurs d’ouvrages de philosophie destinés au grand public, qui ont bien voulu m’accorder du temps pour répondre à mes questions et m’apporter des précisions importantes dans le cadre de mon travail. Merci pour votre sympathie et votre disponibilité.

Table des matièeres

INTRODUCTION page 7?

I – CONTEXTUALISATION ET DESCRIPTION DU PHENOMENE EDITORIAL page 10?

1 POPULARISER, VULGARISER, RENDRE ACCESSIBLE : UN PROJET ANCIEN AUJOURD’HUI RENDU POSSIBLE page 10

a Une conception « populaire » de la philosophie opposée à une conception « ésotérique » page 10

b Les “nouveaux philosophes” ou la philosophie sortie de l’université page 12

c Le contexte actuel de démocratisation de la philosophie : engouement et phénomène de société page 13

d Que revendiquent les auteurs d’aujourd’hui ? Diffusion et accessibilité page 15

2 L’EXPERIMENTATION AUJOURD’HUI DU PROJET DE DEMOCRATISATION DANS L’EDITION page 18

a Les ouvrages et les auteurs à l’origine du phénomène éditorial page 18

b Une typologie des ouvrages pour le grand public page 20

c De l’ouvrage isolé à la collection : différents niveaux d’exigence, différentes approches page 23

3 PUBLIER DE LA PHILOSOPHIE POUR LE GRAND PUBLIC DANS LE CONTEXTE MEDIATIQUE ACTUEL : ENJEUX ET PROBLEMATIQUES DE LA TRANSMISSION PAR LE LIVRE page 26

a L’arrivée du marketing en philosophie et ses enjeux pour la création philosophique page 26

b Les relations problématiques entre le livre de philosophie et les médias page 28

II – TRANSMISSION ET COMMUNICABILITE DE LA PHILOSOPHIE : COMMENT S’ADRESSER AUX NON-SPECIALISTES ? page 31?

1 LA QUESTION DES PUBLICS ET DE LA DEMANDE DE PHILOSOPHIE page 31

a Les publics : à qui s’adresse-t-on et qui lit ? page 31

b La notion de “grand public” à relativiser page 33

c La demande philosophique aujourd’hui : entre besoins réels, consommation culturelle et fantasmes page 35

d Susciter la demande autour du livre page 37

2 COMMENT INCITER, COMMENT RENDRE LA PHILOSOPHIE ATTRAYANTE : STRATEGIES EDITORIALES ET AUCTORALES page 39

a L’objet-livre page 39

b Le titre et les promesses de la quatrième de couverture page 41

c Le pacte de lecture dans les ouvrages d’initiation page 42

d Faire de la philosophie avec tous les matériaux possibles, inventer des voies d’accès différentes pour « entrer en philosophie » page 44

3. LA PROBLEMATIQUE DE L’ECRITURE : COMMUNICABILITE ET TRANSMISSION page 45

a Vulgariser, rendre accessible la philosophie : un exercice problématique page 46

b Le passage d’une écriture universitaire à une écriture pédagogique page 47

c Style léger, humour et désacralisation : vers une philosophie « décomplexée » ? page 49

III – LE DEVENIR DE LA PHILOSOPHIE AU TRAVERS DE CE PHENOMENE EDITORIAL page 51?

1 UNE CONCEPTION PRATIQUE VOIRE UTILITARISTE DE LA PHILOSOPHIE page 51

a Une volonté de revenir aux fondements de la philosophie et à l’attitude de la sagesse page 51

b Le retour d’une philosophie morale et surtout pratique page 53

c Une pensée centrée sur l’individu et la quête du bien-être : conception utilitariste de la philosophie page 55

2 UN PHENOMENE QUI MET EN JEU LA SANTE DE LA PHILOSOPHIE page 56

a La popularisation de la philosophie dans notre société : une exigence démocratique ?page 56

b Le fossé s’accroît-il entre philosophie universitaire et philosophie grand public ? Méfiance et rejet réciproques page 58

c Vedettariat et présence médiatique comme indice de santé de la philosophie ? 60

3 QUE DONNE-T-ON A PENSER ? page 62

a Quelle valeur accorder à l’initiation ? page 62

b Philosophie et divertissement page 64

c Entre prêt-à-penser et initiatives intéressantes de certains auteurs : le problème du discernement page 65

CONCLUSION page 67?

BIBLIOGRAPHIE THEMATIQUE page 69?

Introduction

Depuis un certain temps déjà, la philosophie semble avoir quitté le strict milieu universitaire et étudiant pour atteindre un public plus large mais aussi pour infiltrer des domaines qui lui étaient auparavant étrangers. Elle s’est étendue à des activités situées en dehors de ses cadres institués. L’entreprise par exemple, se réclame aujourd’hui d’une « philosophie » pour justifier ses politiques, et embauche même des consultants en philosophie pour « humaniser » le management. Le journalisme et les médias en sont eux-mêmes imprégnés. On trouve la philosophie dans les cafés, où des débats autour de thèmes divers sont organisés pour un public dont les origines sociales ou le bagage culturel peuvent être très variés. Aussi parle-t-on d’une démocratisation ou d’une popularisation de la philosophie, ces termes étant eux-mêmes déjà philosophiquement problématiques. La philosophie semble de plus en plus présente à tous les niveaux du débat public et se manifeste sous forme de nouvelles pratiques.

Un véritable engouement pour un certain type de philosophie est apparu, ces dernières années, ainsi qu’en témoignent les succès de librairie de certains ouvrages, la forte présence médiatique de la discipline, et l’existence de véritables philosophes-vedettes. Plus généralement, le domaine éditorial des sciences humaines s’adresse à un public élargi, lui-même de plus en plus demandeur de débats et d’outils de pensée pour comprendre le monde actuel. Dans ce contexte, pourtant marqué par une certaine fragilité de l’édition en sciences humaines, les ouvrages de philosophie à destination du grand public se multiplient. Ils occupent une place importante dans les ventes et le chiffre d’affaire des maisons d’édition pour le secteur. On peut citer comme symbole de cet engouement le Monde de Sophie, de Jostein Gaarder, paru en Norvège en 1991, traduit en 54 langues (en français en 1995), et vendu à des millions d’exemplaires dans le monde. Le succès de ce livre semble avoir relancé un mouvement dont l’origine est sans aucun doute à situer à la fin des années 1970 avec l’apparition des « nouveaux philosophes ». La tendance actuelle est certainement très différente de ce qu’était la démocratisation de la philosophie il y a trente ans. Cependant, en évoquant les « nouveaux philosophes », nous mettons d’emblée le doigt sur une problématique fondamentale et permanente du phénomène, à savoir la présence de la philosophie dans les médias, et partant, de la compatibilité des contraintes médiatiques avec l’exigence philosophique.

Il s’agira donc, à travers un état des lieux du paysage éditorial français, de s’intéresser à une expérience originale dans l’histoire de la philosophie : la popularisation de la discipline par des ouvrages ouvertement destinés au « grand public » – encore faudra-t-il s’interroger sur la composition de ce lectorat – et la construction d’une réputation qui puisse s’inscrire en faux contre les traditionnelles accusations d’élitisme et d’hermétisme faites à la philosophie. On pourra, bien sûr, considérer le phénomène comme un simple effet de mode, et rester dans une conception pessimiste de la démarche vulgarisatrice. Mais ce serait manquer des enjeux qui interrogent les fondements même de la philosophie, notamment sa fonction au sein d’une société, son aptitude à la clarté pour participer au débat public, pour ne pas dire son utilité. Que peut-on attendre de la philosophie aujourd’hui, en particulier dans une société démocratique ? De plus, la question de l’accessibilité de la philosophie à un public autre que celui des « spécialistes » se pose depuis longtemps dans l’histoire de la philosophie, oscillant entre les deux conceptions extrêmes d’une philosophie « populaire » et d’une philosophie « ésotérique ». À l’heure de la démocratisation de tous les savoirs et de l’accessibilité quasi-totale de la culture, les ouvrages à destination d’un public non-spécialiste se présentent comme une forme possible de concrétisation d’un projet, certes flou, de popularisation de la discipline. Le contexte politique, social, et culturel permet aujourd’hui que soit expérimentée dans les faits une question qui tourmente la philosophie : est -ce un avilissement, une compromission pour elle que de s’adresser aux non-spécialistes et aux masses ; ou bien est-ce au contraire une exigence démocratique, une démarche que l’on est en droit d’attendre de la philosophie à l’égard d’un public en quête de sens et de réponses sur notre monde ?

Il faudra ainsi s’interroger sur de multiples aspects de ce phénomène éditorial. Comment la philosophie a-t-elle su se rendre attrayante (se rendre « populaire ») aux yeux d’un public qui pouvait se montrer méfiant pour la discipline, dans une société capitaliste voire utilitariste qui a tendance à affirmer – pour reprendre une expression très souvent entendue – que « la philo, ça ne sert à rien » ? Justement, on montrera que la philosophie promet aujourd’hui de se rendre utile, en épousant les préoccupations concrètes des lecteurs, allant même jusqu’à se présenter comme une thérapie. Que nous proposent donc les auteurs d’ouvrages à destination du grand public, que nous promettent-ils et par quelles stratégies nous incitent- ils à les lire ? On s’interrogera en outre sur la problématique de l’écriture comme vecteur de transmission d’une philosophie accessible et claire, propice à initier, à faire « entrer en philosophie ». Il est nécessaire de s’intéresser aux méthodes aussi bien qu’aux contenus.

Il semble que ce phénomène éditorial doive également être observé comme une réponse à une certaine demande de la part du public. Ce qui vient en premier à l’esprit est cette notion de « quête de sens », souvent employée pour désigner la situation de l’homme contemporain cherchant à reconstruire ses repères et ses valeurs, aux prises avec une société matérialiste qui nivelle tout et qui ne produit plus de représentations du monde. Mais il serait bon de compléter cette explication, notamment par le fait que la philosophie peut être l’objet de fantasmes sur ce qu’elle peut apporter à l’homme d’aujourd’hui, et pour reprendre une formule de Jacques Bouveresse, sur « ce que l’on est en droit d’attendre d’elle ».

Par ailleurs, comme il en a été question plus haut, le livre est l’objet d’un marché, et il est soumis aux contraintes de la visibilité médiatique. C’est d’autant plus le cas pour les ouvrages qui nous concernent qu’ils s’adressent au grand public. Ce contexte peut donc poser des difficultés quant à la portée réelle de ces ouvrages, si les contenus qui y sont véhiculés sont conditionnés ou dictés par les lois du marché et des médias.

Tous ces enjeux conduisent ainsi à des interrogations plus larges et peut-être plus problématiques encore sur ce que devient la philosophie au travers de ce phénomène. Quelle forme, quelle tournure prend aujourd’hui la philosophie dans les livres de philosophie destinés au grand public ? Peut-on circonscrire un type de pensée ou des thèmes qui domineraient dans ces ouvrages ? Que nous donne-t- on véritablement à penser ? Tenter d’apporter des réponses à ces questions supposera d’avoir auparavant dressé un tableau et une typologie des ouvrages concernés.

La question de savoir ce que l’on transmet vraiment, et comment on le transmet, est ici essentielle : on pourrait se risquer à demander si l’apparition du marketing dans le livre de philosophie n’aurait pas fait évoluer cette dernière en une forme parmi d’autres de « communication », et y voir l’absorption progressive de la philosophie dans une forme d’anti-philosophie. Cependant, l’on peut parallèlement étudier ce phénomène éditorial comme une manifestation des nouvelles pratiques philosophiques nées ces dernières décennies, et ainsi tenter de montrer en quoi la philosophie, au lieu de mourir de sa démocratisation, poursuit son devenir dans des formes inattendues.

I – Contextualisation et description du phénomène éditorial.

Il convient de replacer le phénomène éditorial que nous pouvons observer actuellement dans son contexte et dans les conditions historiques qui lui ont donné naissance. Nous ne pouvons l’aborder sans nous intéresser au préalable à ce qui, dans l’histoire de la pensée, permet de rendre compte d’un projet ou d’une demande déjà anciens. En effet, il ne faudrait pas restreindre le champ d’analyse en imaginant que cette demande de popularisation et de prise de distance par rapport à la philosophie universitaire serait née ces dernières décennies, parallèlement à l’apparition de l’accessibilité pour tous de tous les savoirs et de la culture.

1. POPULARISER, VULGARISER, RENDREACCESSIBLE : UN PROJET ANCIEN AUJOURD’HUI RENDU POSSIBLE.

a. Une conception « populaire » de la philosophie opposée à une conception « ésotérique ».

Il s’agit ici de replacer le projet dans son historicité, afin de comprendre ses enjeux. Le divorce entre d’une part la philosophie que l’on peut qualifier de « savante », celle qui est instituée, et d’autre part une philosophie « vivante », plus populaire voire spontanée, ne date pas d’aujourd’hui. Depuis l’Antiquité, la demande est faite à la philosophie de ne pas s’abstraire des préoccupations concrètes et des grandes questions qui se posent à tous les hommes, tout en conservant un langage accessible. On a de tout temps reproché aux philosophes « professionnels » le jargon, la technicité de leur discours, et le caractère abscons de leurs analyses, en y opposant l’idéal de la clarté, de l’idée claire, du « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ». Le problème du discours, du langage employé par les philosophes, est donc un enjeu majeur pour notre problématique. Il faut remarquer que la philosophie est la seule discipline qui puisse être traitée aussi bien à l’aide d’un discours très technique qu’avec un langage des plus accessibles. Ce n’est pratiquement pas le cas pour les disciplines scientifiques et celles des sciences humaines, auxquelles on ne reproche jamais leur caractère technique et difficile d’accès. Comme nous l’explique Yvon Belaval dans Les philosophes et leur langage1, c’est sans doute parce que l’on considère généralement que l’objet de la philosophie n’est justement pas un objet technique et spécial, mais qu’elle traite d’une réalité commune à tous, de questions qui concernent tout le monde. Le grand public est déstabilisé par le discours difficile des philosophes : il lui semble que la philosophie aurait, en quelques sortes, des comptes à lui rendre étant donné qu’elle traite d’objets omniprésents dans la vie ordinaire : le langage, la mort par exemple. Le problème de la communicabilité de la vérité, par le biais de l’écriture, est donc un problème central.

Ce sont aussi deux conceptions de la philosophie elle-même qui s’opposent : d’un côté, une conception qui se voudrait populaire, avec un idéal de compréhension par le plus grand nombre, et à l’extrême inverse une conception ésotérique telle que revendiquée par exemple par Hegel affirmant : « Il est de fait que la philosophie doit reconnaître la possibilité pour le peuple de se hausser jusqu’à elle, mais elle ne doit pas s’abaisser au niveau du peuple. Mais en notre temps de liberté et d’égalité où s’est formé un si vaste public qui n’entend être exclu de rien, qui prétend qu’il est bon pour tout, et que tout lui est bon, les choses les plus belles et les meilleures n’ont pu échapper au destin de voir la foule, qui est incapable de se hausser à ce qu’elle voit planer au dessus d’elle, tenter d’y parvenir en le manipulant assez pour le rendre vulgaire (…) ; et la vulgarisation s’est rapidement élevée au rang d’une tâche reconnue et méritoire. »2. Le caractère ésotérique de la philosophie serait la garantie de sa qualité. Il s’agit donc d’un véritable problème philosophique, un questionnement à la fois sur la communicabilité du vrai mais aussi sur le rapport de la philosophie à un public, à tous ceux qui ne sont pas des spécialistes mais des profanes souhaitant s’intéresser aux questions philosophiques.

Le problème de l’accessibilité de la philosophie aux non-spécialistes se pose de manière explicite à l’époque des Lumières avec l’apparition de la notion de philosophie populaire », qui a pour finalité de nouer le lien le plus étroit possible entre évidence et philosophie. Dans la préface de l’ouvrage collectif Popularité de la philosophie3, Philippe Beck écrit que la philosophie populaire est effectivement une forme de réponse possible à la demande ancienne de clarté. Le mot d’ordre de Diderot « Hâtons-nous de rendre la philosophie populaire ! », tiré du paragraphe XL des Pensées sur l’interprétation de la nature4, renvoie à toute une conception du savoir qui s’est développée pendant cette période. Notons que dans l’expression de Diderot, la notion de philosophie désigne à la fois la discipline philosophique au sens strict, mais aussi plus largement le savoir en général. L’objectif de Diderot, ainsi que nous l’explique Véronique Le Ru dans Popularité de la philosophie5, était de dénoncer « l’affectation des grands maîtres qui se plaisent à tirer un voile entre le peuple et la nature », et de démontrer que c’est en la rendant accessible que les philosophes font avancer leur pensée. Il y a là une volonté de répandre la bonne nouvelle de la liberté, mais aussi de rendre possible cette liberté par la progression de la raison et de l’esprit critique. Toujours selon Diderot, il y aurait deux objectifs à atteindre pour populariser la philosophie. D’une part, réformer le langage, en imposant un modèle d’expression simple et rationnel, en évitant les tics de langage, le jargon, en adoptant un art de la définition. D’autre part, il s’agirait de montrer au « vulgaire » l’utilité de la philosophie, la proximité de celle-ci avec ses préoccupations quotidiennes, afin de ne jamais se trouver dans la situation de devoir dire que la philosophie ne sert à rien. Ainsi, la question de savoir ce que la philosophie apporte réellement à l’homme, et à tous les hommes, devient inévitable. La pensée doit se rapporter directement à l’action et aux

questions qui touchent la société. Cependant, il faut nuancer cet idéal de popularisation chez les Lumières. Pas de pensée égalitariste, ni même l’idée de « rendre la philosophie au peuple ». Rendre la philosophie « populaire » signifierait plutôt ici, rendre la philosophie attrayante, désirable, bien plus que la vulgariser et l’abaisser au niveau du peuple.

Il semble donc qu’une bonne part de l’origine du phénomène éditorial actuel soit à chercher dans ce projet formulé par les Lumières. Si les conditions politiques, culturelles, sociales, sont aujourd’hui extrêmement différentes, il n’en reste pas moins que depuis Diderot s’est fortement développée l’idée d’une popularisation de la philosophie, expérimentée aujourd’hui sous des formes très concrètes.

b. Les “nouveaux philosophes” ou la philosophie sortie de l’université.

En France, depuis une vingtaine d’années environ, des pratiques philosophiques sont apparues en dehors des universités, s’installant dans de multiples strates de la société. On constate un engouement important des français pour cette discipline qui semblait jadis l’apanage d’une élite intellectuelle mais qui, depuis que les « nouveaux philosophes » ont fait entrer la philosophie sur la scène médiatique dans les années 1980, s’est vue comme démocratisée et exposée au grand public.

Le début d’une forme de popularisation de la philosophie concorde avec l’apparition de la télévision dans les années 1950 où déjà, des philosophes comme Bachelard, Foucault ou Sartre étaient reçus dans des émissions telles que Lecture pour tous. Des débats y sont régulièrement diffusés. Les philosophes apparaissent aux yeux du grand public et deviennent, en quelques sortes, des figures plus accessibles, d’autant plus que les débats philosophiques à la télévision sont souvent moins « pointus » que les livres de leurs auteurs. Le rythme de cette médiatisation s’accélère dans les années 1980, époque de l’apparition des « nouveaux philosophes », en particulier grâce à l’émission Apostrophes, bénéficiant d’une très grande audience. Les représentants de cette « nouvelle philosophie » (autoproclamée) parviennent à construire un dispositif médiatique très différent de ce qu’on avait connu jusqu’alors, consistant en une forte présence médiatique (plateaux de télévision, presse, radio) et une influence importante dans les maisons d’édition (direction de collection, construction d’un réseau etc.) Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann, Maurice Clavel et beaucoup d’autres, portent la philosophie sur la scène médiatique (avec toutes les critiques et les problématiques que cela a pu engendrer), aux yeux d’un grand public pour qui désormais cette discipline paraît moins ésotérique, moins enfermée dans l’Université, mais restant toujours lointaine, faisant encore partie d’une culture légitime peu accessible pour qui n’aurait pas eu la formation exigée. En effet on ne peut pas encore parler d’un véritable phénomène de vulgarisation ou même de popularisation : des auteurs comme Bernard-Henri Lévy sont loin de revendiquer l’idée d’une philosophie accessible à tous, comme il l’explique dans un Hors Série du Magazine Littéraire en 1996, à propos des cafés-philo : « La philosophie ne sera jamais à la portée de tous : elle suppose un infracassable noyau dont seule la démagogie ambiante peut faire l’économie. »6 Ainsi, même si l’on ne peut pas comparer le phénomène des « nouveaux philosophes » à celui que l’on observe aujourd’hui, on peut y voir l’origine de la forte médiatisation de la philosophie, qui a contribué à rapprocher la discipline du plus grand public, jusqu’à engendrer en lui ce « besoin » ou cette demande de philosophie dont on parle aujourd’hui.

c. Le contexte actuel de démocratisation de la philosophie : engouement et phénomène de société.

En 1992 naissait au Café des Phares, place de la Bataille à Paris, le premier « café-philo », organisé par Marc Sautet, docteur en philosophie ayant ouvert également un cabinet de consultations philosophiques. Réunissant entre 10 et 100 personnes, ces rencontres consistent en un exposé fait par le philosophe, puis en un débat auquel tout le monde peut participer, dans une ambiance relativement conviviale. Pas de pré-requis pour participer : ni formation philosophique, ni lectures particulières. L’accent est mis sur la pratique du dialogue, de l’échange. Comme le montre l’ouvrage de Jacques Diament, Les Cafés de philosophie7 , ce phénomène a suscité à la fois l’enthousiasme, la condescendance, et les critiques les plus cinglantes. La question se posait surtout quant à la nature véritablement philosophique de ces débats. Pour certains, en particulier quelques journalistes virulents, on transformait la pratique philosophique en une forme de consommation parmi d’autres (d’autant plus qu’elle s’exerçait dans des cafés), un étalage anarchique d’opinions sans même l’ébauche d’une pensée ; bref l’expression « philosophie de comptoir » tendait à reprendre tout son sens. D’autres, au contraire, ont vu dans le café-philo une forme de socialisation des individus autour d’une activité intellectuelle valorisante, qui ressuscitait d’une certaine manière le dialogue socratique : il ne fallait donc pas surestimer la prétention philosophique de ces débats, ceux-ci étant à analyser comme une forme de pratique intellectuelle sociabilisante, plutôt que comme un véritable apprentissage de la philosophie. Surtout, ce phénomène était interprété comme le symptôme d’une société en crise, submergée par le flot d’informations et angoissée par la perte des repères et des valeurs. Marc Sautet – pourtant souvent taxé de sophiste par les journalistes – se revendiquait d’ailleurs de la figure de Socrate, qu’il fallait selon lui imiter dans une démocratie menacée par le capitalisme et l’individualisme. Le concept des cafés -philo s’est depuis largement répandu en France et s’est exporté (Japon, Etats-Unis). La philosophie devient donc l’objet d’une véritable demande, voire d’un besoin, qui se manifestent dans les années 1990 dans l’apparition de pratiques de diverses formes, et auxquels tente de répondre le phénomène éditorial que nous constatons aujourd’hui.

De manière concomitante on observe le renouveau des universités populaires. Si le concept n’est pas d’aujourd’hui – des universités populaires sont apparues au moment de l’affaire Dreyfus dans le but de combattre l’antisémitisme par la propagation d’idées humanistes – il y a eu en revanche un engouement nouveau et beaucoup plus massif depuis une dizaine d’années. La plus célèbre est celle créée par Michel Onfray à Caen en 2002, qui a initié un développement massif de ces universités partout en France. L’objectif est de démocratiser gratuitement le savoir, en particulier envers ceux dont la situation ne permet pas ou plus l’accès aux études supérieures (femmes au foyer, retraités, etc.). Dans ces universités, la philosophie tient en général une assez large place. Sur le site Internet de l’Université Populaire de Caen, le principe de fonctionnement est défini en ces termes : « L’Université Populaire retient de l’Université traditionnelle la qualité des informations transmises, le principe du cycle qui permet d’envisager une progression personnelle, la nécessité d’un contenu transmis en amont de tout débat. Elle garde du café philosophique l’ouverture à tous les publics, l’usage critique des savoirs, l’interactivité et la pratique du dialogue comme moyen d’accéder au contenu. »8. Il y a le souhait d’une pratique philosophique moderne répondant à la demande populaire de philosophie mais désireuse de conserver l’exigence et la rigueur propres à la discipline. C’est en effet l’enjeu des nouvelles pratiques philosophiques : éviter la dégradation de la philosophie et de ses exigences spécifiques, tout en instaurant des formes originales d’exposition et de construction de la pensée, et en intégrant à ce processus les non-spécialistes.

La philosophie s’est évidemment invitée sur Internet, comme en témoignent les nombreux blogs et forums de discussion consacrés de près ou de loin à la discipline. Mais là encore se pose la question du contenu véritablement philosophique de ces sites. On observe souvent une confusion entre philosophie, spiritualité, religion, développement personnel, etc. Les frontières traditionnelles de la philosophie deviennent très floues sur la toile. Comme c’est le cas pour beaucoup d’autres disciplines et objets de pensée sur Internet, les non- spécialistes ont tendance à s’emparer d’un objet pour se l’approprier individuellement et le transformer en des hybrides difficiles à identifier. Les concepts philosophiques échappent à leur cadre académique formel, devenant des objets dont tous peuvent se saisir et user à leur guise.

Pour citer d’autres exemples de ces nouvelles pratiques philosophiques constituant le contexte général du phénomène éditorial qui nous intéresse, nous pouvons citer le développement des cabinets de consultation philosophique. En se présentant comme une alternative à la psychothérapie, leur visée est d’utiliser les méthodes du dialogue philosophique (maïeutique et dialectique) afin de faire émerger dans le discours « patient » des contradictions, des confusions, et finalement de créer un nouveau sens à sa demande. Les consultations philosophiques existent dans certains pays d’Europe (Hollande, Allemagne) mais aussi aux Etats-Unis par exemple. En France, leur représentant principal est Oscar Brenifier, qui participe par ailleurs à de nombreuses études sur la pédagogie en philosophie (il travaille notamment sur la pratique de la philosophie avec les enfants.) De plus, il a collaboré au rapport de l’Unesco sur la pratique de la philosophie dans le monde9.

Un dernier exemple de la pénétration de la philosophie dans toutes les strates de notre société : la pratique de la philosophie en entreprise, en particulier dans les méthodes de management. Plusieurs ouvrages sur la question sont parus : Manager avec la philo, d’Eugénie Vegleris10 ou encore Le Philosophe et le manager de Rodolphe de Borchgrave11. Le but est d’introduire dans le management les méthodes de réflexion philosophique afin d’aider le manager à mieux comprendre l’entreprise, à développer sa créativité, etc. L’enjeu affiché étant, bien sûr, d’ « humaniser » des pratiques managériales qui montrent de plus en plus leurs limites.

On peut donc observer aujourd’hui l’extension de pratiques dites « philosophiques » hors des cadres établis de la discipline. La philosophie s’est installée au cœur de la culture populaire. Comme l’affirme Rosi Braidotti dans La philosophie…là où on ne l’attend pas12, « la philosophie perce, s’insinue, contamine tous ceux avec qui elle entre en contact ». La philosophie se répand en effet par tous les moyens possibles : médias, gestion d’entreprise, droits de l’homme. La discipline est aujourd’hui en train d’expérimenter, bon gré mal gré, l’exploration de formes de pensée inédites. Quant à la question de la qualité philosophique de ces pratiques, qui plus est sur la scène médiatique, elle reste en suspens. Il convient donc de les interroger, de les analyser, en évitant toute forme de jugement hâtif ou de condescendance, car elles sont de toute manière à interpréter comme un symptôme, comme une caractéristique propre de la société actuelle.

d. Que revendiquent les auteurs d’aujourd’hui ? Diffusion et accessibilité.

Dans ce contexte dont nous avons tenté de peindre les grandes lignes, les auteurs des ouvrages de philosophie pour le grand public inscrivent tous leur démarche dans une conception spécifique de la philosophie, et l’on pourrait dire qu’ils revendiquent l’existence non seulement de droits pour le public à pouvoir accéder à la philosophie, mais également de devoirs que la discipline serait tenue de respecter.

Il faut tout d’abord noter que cette tentative de démocratisation de la pratique philosophique s’inscrit dans le contexte de démocratisation de la culture, instituée d’ailleurs par les politiques culturelles mises en œuvre depuis 1959 avec Malraux et son Ministère des Affaires culturelles. On peut donc considérer que, comme toute autre domaine de la culture, la philosophie doit légitimement être rendue accessible au plus grand nombre. Ce phénomène s’inscrit également, de manière plus récente, dans une volonté internationale d’étendre les pratiques philosophiques à un public beaucoup plus large, en particulier avec les actions engagées par l’Unesco.

Ainsi, l’on peut se référer au rapport de l’Unesco publié en 200713 sur la diffusion de la philosophie dans le monde, par l’enseignement mais aussi par toutes les autres formes de pratiques qu’elle s’invente. Selon ce rapport, qui présente la philosophie comme une « école de la liberté », diffuser cette discipline et rendre accessible ses méthodes, ses modes de réflexion au plus grand nombre serait une nécessité non seulement individuelle (réponse à des besoins existentiels, spirituels, intellectuels…) mais surtout collective, et par là, démocratique. Il s’agit de « développer l’esprit critique, rempart par excellence contre toute forme de passion doctrinaire ». La philosophie rendrait possible « une lecture intelligible du monde, afin de mieux faire face aux défis qui se posent à lui ». Le rapport prend acte de l’engouement pour la philosophie qui s’est manifesté ces dernières années, ainsi que des pratiques nouvelles qui en sont nées, et il interroge notamment les enjeux de la découverte de la philosophie autrement que par le biais de l’Université ou de l’enseignement traditionnel. C’est donc une conception large de la philosophie qui semble s’imposer au sein de cette institution, une conception qui ne restreint pas la discipline au champ universitaire, mais qui, au contraire, voit dans les pratiques nouvelles une opportunité à saisir si l’on souhaite que la raison critique et l’apprentissage du philosopher soient possibles pour chaque individu dans un contexte démocratique.

Il semble que les auteurs des ouvrages qui nous intéressent s’inscrivent, chacun à leur niveau et à leur manière, dans cette démarche de promotion de la philosophie jusque chez les non-spécialistes, afin de les aider à s’engager dans le dialogue et la réflexion critique. Le point commun à ces démarches est sans nul doute la volonté de donner de la philosophie une image nouvelle, et surtout une image accessible, non pas transcendante comme elle pouvait l’être dans l’Université, mais plus immanente : bref montrer que la philosophie nous « concerne » tous, qu’elle peut se mettre à notre portée pour nous aider à réfléchir sur le monde qui nous entoure. Ainsi Fabrice Gerschel, directeur de Philosophie Magazine créé en mars 2006, a-t-il déclaré lors d’un entretien au magazine Médias : « Nous avons essayé de dire à un grand public cultivé : c’est pour vous, c’est accessible ».14 La visée du magazine était de montrer l’actualité aujourd’hui de la philosophie, justement en traitant l’actualité et les enjeux contemporains avec une « boîte à outils » philosophique. Il s’agissait également de présenter de manière pédagogique les notions essentielles de la philosophie ou de grands auteurs. Philosophie Magazine est aujourd’hui le seul en France à être destiné à un large public.

De même, Vincent Cespedes, directeur de la collection “Philosopher“ chez Larousse, explique dans une vidéo sur le site internet dédié à la collection15 que son but est de montrer que la pensée n’est pas réservée à une élite » : « il faut revenir à l’idée que la philosophie c’est la création, la création en commun, la création d’intelligence ». Toujours selon lui, l’accès à la philosophie pour tous est absolument nécessaire, car celle-ci est « vitale » : « on passe à côté de la vie si on passe à côté de la philosophie », agir sans savoir ce qu’on fait, c’est ne pas vivre à propos ». La philosophie serait, de plus, intimement liée à la démocratie où elle tient un rôle éminent: « (…) on est tous potentiellement philosophes, sinon la démocratie n’existe plus ». L’opposition au système universitaire et à son caractère élitiste est très nette : « Depuis les années soixante, on a une philosophie universitaire qui se sclérose, qui se coupe de la vie ». Vincent Cespedes a lui-même, comme il dit, « joué le jeu des colloques, fait des études très pointues », mais il est revenu de ce système, au nom de la sauvegarde la dimension créatrice de la philosophie, et surtout de la nécessité de l’ouvrir à tous.

Dans l’avant-propos de ses Présentations de la philosophie16, A. Comte-Sponville souligne lui aussi l’importance fondamentale de la philosophie pour chaque individu. La philosophie serait une dimension constitutive de l’existence : mieux la penser, ce serait donc mieux vivre. La critique de certains travers de l’Université est toujours présente mais un peu plus modérée: il a pour souci d’écrire « pour l’humanité », et pas uniquement « pour ses pairs », ainsi qu’il le revendique dans le chapitre qui lui est dédié au sein de l’ouvrage Comment je suis devenu philosophe ?17. A l’occasion d’un entretien avec S. Charles publié dans La Philosophie française en questions18, il avoue aimer écrire à la fois pour un public universitaire et pour le grand public, car les deux types d’écriture s’enrichissent mutuellement. Les deux sont compatibles dans une vie de philosophe. Cependant, selon lui, l’Université finirait parfois par s’enfermer dans des problèmes dont les enjeux philosophiques seraient très réduits. Il ne se présente pas comme un « vulgarisateur », mais comme quelqu’un qui cherche à produire une véritable œuvre philosophique et qui s’adresse à un grand public cultivé, en construisant ce qu’il appelle « une sagesse pour aujourd’hui ».

Dans le dernier chapitre de Penser sa vie19, intitulé “La vie sans pourquoi”, Fernando Savater déplore lui aussi les maux de l’enseignement de la philosophie aujourd’hui : « la sacralisation de notre jargon de spécialistes et le refus de discuter avec quelqu’un qui ne le maîtrise pas ». De plus, les philosophes aujourd’hui ne peuvent plus « se fermer dédaigneusement aux questions que pose le profane intelligent. (…) Les philosophes doivent tenter de répondre aux questions et aux inquiétudes des humains, et non s’enfermer pour des discussions pointilleuses de terminologie avec leurs seuls pairs »20.

Les partisans de la pratique philosophique dès l’enfance ont quant à eux une position très argumentée, théorisée dans de nombreux ouvrages sur la question : La philosophie pour enfants : Le modèle de Matthew Lipman en discussion21, dirigé par Claudine Leleux, ou encore La pratique de la philosophie avec les enfants22, de Michel Sasseville.

Matthew Lipman, philosophe et pédagogue américain, fut le premier théoricien de cette pratique. Lui et les chercheurs qui poursuivent ses travaux considèrent la pratique de la philosophie comme un enjeu tout d’abord pédagogique : dans un monde où les connaissances circulent avec rapidité et où elles sont pourtant vouées à l’obsolescence, on ne peut plus se contenter de donner priorité à la transmission du savoir. Il s’agit plutôt de former le raisonnement, le jugement, de développer le sens de l’investigation et de la critique. L’enjeu est également politique : la pratique philosophique serait fondamentale dans l’apprentissage du dialogue, des échanges entre les hommes, et serait donc une nécessité démocratique. Les livres de philosophie pour enfants constitueraient donc des supports précieux pour cet apprentissage.

Comme on peut le constater, la plupart des auteurs d’ouvrages d’initiation à la philosophie revendiquent clairement leur opposition à l’université et à l’académisme. Ils défendent les nouvelles pratiques philosophiques pour leur vivacité par rapport à un certain immobilisme de l’université. Il s’agira, plus tard dans notre réflexion, de réfléchir sur ce fossé et cette incompréhension mutuelle qui semblent séparer le monde de l’université de ces nouvelles pratiques philosophiques. En tout cas, le droit à la philosophie pour tous est explicitement revendiqué par les auteurs. Ce serait même un devoir pour la philosophie et le philosophe que de s’ouvrir à tous ceux qui le désirent. Il est souvent fait référence à une époque – l’Antiquité – où la philosophie se pratiquait partout, avec l’exemple de Socrate. C’est bien à ce type de philosophie qu’il est fait référence : une pratique plus spontanée, qui reviendrait aux sources de la discipline elle-même. En revanche, il est assez peu question de « vulgarisation ». Nos auteurs s’en défendent, ce terme étant semble-t-il lui-même devenu vulgaire (pourtant leur manière de rendre accessible la pensée des grands auteurs s’apparente bien à de la vulgarisation). Ils prétendent plutôt réactualiser les pensées des auteurs traditionnels afin de les adapter au monde d’aujourd’hui et d’en montrer la portée pratique. Il s’agit donc de désacraliser la philosophie, et tenter de revenir à des “fondamentaux”. L’idée est que chaque individu, y compris et surtout l’enfant, possèderait naturellement les capacités d’étonnement et de questionnement qui sont à l’origine de la philosophie. Chacun serait alors capable, sans conditions particulières de culture ou d’érudition, de construire lui-même son propre rapport à la philosophie.

2. L’EXPERIMENTATION AUJOURD’HUI DU PROJET DE DEMOCRATISATION DANS L’EDITION.

Il convient de réfléchir à présent sur les formes prises par ces nouvelles pratiques philosophiques dans l’édition française. On constate en effet une production importante et de nombreux best-sellers qui inscrivent de plus en plus la philosophie dans la culture populaire. Il s’agira donc de s’intéresser avant tout au livre et à la presse.

a. Les ouvrages et les auteurs à l’origine du phénomène éditorial.

Il convient de distinguer, au sein de ces pratiques, d’une part celles qui relèvent d’une pratique active et participante, où l’individu est invité à penser par lui-même et à exprimer ses idées devant un public (cafés-philo et débats au sein des universités populaires, ou encore les blogs et forums sur internet) et d’autre part les pratiques solitaires, personnelles, relevant plutôt de la réception d’un contenu intellectuel, culturel et philosophique, comme c’est le cas pour la lecture. Ces deux formes d’expériences sont évidemment liées, et souvent pratiquées de manière concomitante chez les non-spécialistes cherchant à s’initier à la philosophie. Le phénomène éditorial qui nous intéresse concerne donc le deuxième type d’expérience. Il s’agit d’en dresser les grandes lignes et surtout de chercher les auteurs et les ouvrages qui en sont à l’origine.

On peut considérer le début des années 1990 (voire la toute fin des années 1980) comme le point de départ du phénomène éditorial qui nous intéresse sous la forme qu’il connaît encore actuellement. Il coïncide donc en quelque sorte avec la création des cafés-philo. Ces deux faits semblent manifester une demande et un engouement nouveau en France pour la philosophie. Le Monde de Sophie, de J. Gaarder, paru en France en 1995, en constitue le symbole. Traduit en 53 langues et vendus à 25 millions d’exemplaires dans le monde, il est encore aujourd’hui le best-seller incontournable en matière d’initiation à la philosophie. On y retrouve l’idée que chaque individu peut découvrir en lui cette faculté de questionnement qui le poussera à explorer l’histoire des idées pour tenter d’y trouver des réponses. L’ouvrage prend la forme d’un récit initiatique, sorte de roman d’apprentissage dont la principale aventure est le cheminement progressif dans la philosophie. Mais si cet ouvrage constitue un symbole de cette nouvelle passion française pour les livres de philosophie, il n’en est pas pour autant à l’origine. Dès la fin des années 1980, des auteurs comme André Comte-Sponville et Luc Ferry commencent à publier des ouvrages pour le grand public. Ces deux auteurs appartiennent à la même génération ; ils aspirent tous deux à une forme de sagesse moderne inspirée des grands auteurs d’autrefois et marquée par l’athéisme. Ils souhaitent revenir à des questions fondamentales qui semblent avoir été occultées par la philosophie contemporaine: « qu’est-ce que l’homme ? », « comment être libre ? », « comment être heureux ? », « comment bien vivre ? » etc. – questions propices à intéresser même un lecteur profane et à reprendre les concepts fondamentaux de la philosophie dans une visée d’initiation. Ces ouvrages rencontrent un franc succès auprès du public, ils reçoivent parfois des prix – prix Médicis pour Le Nouvel ordre écologique23 de L. Ferry en 1992 par exemple, ou prix Ernest-Thorel de l’Académie des sciences morales et politiques en 1998 pour La Sagesse des modernes24 de L. Ferry et A. Comte-Sponville – et sont souvent réédités en poche. Ces auteurs écrivent également dans la presse. Il semble qu’ils soient – entre autres – à l’origine de cette tendance, qui se généralisera ensuite, vers un retour à la philosophie traditionnelle pour interpréter le monde d’aujourd’hui ; on peut aussi y observer un attrait important pour les notions de sagesse, de bien-vivre, d’épanouissement grâce à la philosophie et de quête de sens, qui sont encore des thèmes très présents dans les ouvrages publiés pour le grand public.

Plus prolifique encore est le philosophe Michel Onfray, auteur depuis les années 1990 d’une cinquantaine d’ouvrages et fondateur de l’Université Populaire de Caen. Ses livres rencontrent également un grand succès auprès des lecteurs non-spécialistes mais ne situent pas dans la même veine que les deux auteurs que nous venons de citer. Il y a plutôt chez M. Onfray la volonté d’aller à l’encontre de l’image académique de la philosophie et des auteurs traditionnels. Outre son adhésion aux courants matérialistes et athées, c’est une pensée qui se propose de réhabiliter des auteurs oubliés ou méprisés par l’histoire de la philosophie et par l’enseignement actuel. On citera par exemple sa Contre-histoire de la philosophie, en six tomes, dont le premier est paru en 200725, ou encore cet Antimanuel de philosophie26, à l’usage des bacheliers. Il propose également d’aborder des thèmes oubliés : gastronomie, sens délaissés (Le Ventre des philosophes. Critique de la raison diététique27 ou La Raison gourmande : Philosophie du goût28).

Cette forme d’impertinence, voire d’insolence habilement maniée par Onfray est en grande partie cause de son succès envers tous ceux qui se sentent déçus par l’académisme et réclamant une approche différente mais toujours accessible de la philosophie. Il semble ainsi que M. Onfray soit le représentant d’une tendance à traiter la philosophie traditionnelle avec ironie et irrévérence, contribuant aussi à la désacraliser, à la faire descendre de son piédestal, à en montrer les faiblesses. Il critique assez radicalement le système universitaire et son conformisme, son féodalisme, la désignant par l’expression « chambre stérile ». « On ne devient pas philosophe à l’université », déclare-t-il dans un entretien publié dans La Philosophie française en questions29. En contrepartie, il reste également très critique sur le phénomène médiatique qui touche la philosophie actuellement, et auquel, paradoxalement, il participe. Il revendique, pour ce qui le concerne, une démarche rigoureuse, opposée à celle des « sophistes » d’aujourd’hui, et aspire à la popularisation d’une philosophie de qualité.

Ces figures de philosophes contemporains, citées ici à titre d’exemples car il en existe bien d’autres, ont participé à la généralisation de la philosophie “grand public” dans le monde éditorial. Depuis, la philosophie a en effet investi une grande part de la production éditoriale, avec des best -sellers côtoyant des ouvrages à plus faible vente. Elle investit également les médias et en particulier la presse, qui semble elle aussi profiter de cet engouement massif. De nombreux magazines littéraires (Lire, le Magazine littéraire…) font régulièrement des dossiers ou des hors-série consacrés la philosophie : dossiers sur Althusser en 1992 ou sur Marx en 1994, hors-série sur Nietzsche en 2001 ou sur Socrate en juin 2009 pour ce qui est du Magazine littéraire par exemple. Mais les magazines plus généralistes consacrent également des hors-série à la philosophie : Le Point, par exemple, a publié des hors-série sur la pensée antique (juillet- août 2005), sur la philosophie moderne de Kant, Hegel, Spinoza etc. (septembre-octobre 2006), sur les trois philosophes Nietzsche, Schopenhauer, Kierkegaard (septembre-octobre 2007) etc. Ces numéros, auxquels collaborent des auteurs comme L. Ferry, Roger-Pol Droit, M. Onfray, mais aussi des universitaires ou normaliens comme Pierre-François Moreau, Jean-Michel Besnier, proposent généralement une découverte des grands textes de la philosophie (page de gauche, un extrait d’œuvre) et leur commentaire (page de droite). Cette approche donne donc un accès direct (bien que très fragmentaire) aux textes, tout en proposant une explication souvent rigoureuse mais accessible qui permet une compréhension relativement aisée de leurs enjeux fondamentaux. Le succès de ce type de magazines nous permet d’évaluer l’enthousiasme généré par la démarche de démocratisation de la philosophie. C’est d’ailleurs sans doute ce succès qui a motivé la création du premier magazine grand public entièrement consacré à la philosophie : Philosophie Magazine . Fondé en 2006 par l’ex- financier Fabrice Gerschel, ce périodique a connu un chiffre de vente inespéré dans les kiosques dès le premier numéro (plus de 50 000 ventes, ce qui semblait énorme pour un magazine dédié à une discipline considérée comme hermétique). Visiblement, il correspondait parfaitement à la demande des français en matière d’accès à la philosophie : traitement philosophique de l’actualité, questions et enjeux contemporains, découverte des grands penseurs de notre civilisation… Enfin, pour terminer le tour d’horizon non exhaustif de ce phénomène éditorial, citons ce Cahier de vacance philo édité en 2008 par le CNRS, qui propose une exploration rapide, ludique et humoristique de l’histoire de la philosophie, avec des exercices pour vérifier ses connaissances. Une forme de philosophie semble avoir trouvé sa voie dans un style et un traitement journalistiques.

b. Une typologie des ouvrages pour le grand public.

Afin d’affiner notre analyse du paysage éditorial en matière de philosophie destinée au grand public, il convient d’ébaucher une typologie des ouvrages qui nous intéressent. Il n’est pas forcément évident au premier coup d’œil d’opérer un tri entre ce qui relèverait soit d’une philosophie savante soit d’une philosophie grand public. Certains ouvrages ou auteurs « à la mode » ne s’adressent pas nécessairement à un grand public : ainsi le philosophe Slavoj Žižek, star actuelle de la philosophie, n’est assurément pas un philosophe accessible ; de même un ouvrage sur la trilogie Matrix (Matrix : Machine philosophique30 paru en 2003), traitant pourtant d’un film très populaire, est loin d’être lisible par tous les publics. Seule une véritable lecture de l’ouvrage nous permet d’apprécier leur accessibilité. On peut également se fier à la mise en rayon, dans les librairies ou les bibliothèques, qui ont parfois un rayon dédié intitulé « Initiation » (bibliothèque municipale de la Part Dieu) ou « Penseurs d’aujourd’hui » (Librairie Decitre à Lyon, place Bellecour). On se réfèrera enfin au classement par Livres Hebdo qui distingue les niveaux de publics ciblés : “niveau universitaire”, “public motivé”, et “tout public”. Il ne sera pas question ici des ouvrages scolaires sauf si ceux-ci débordent un usage strictement scolaire (comme l’Antimanuel de philosophie31 de M. Onfray, à l’origine destiné aux bacheliers mais qui a atteint un public beaucoup plus large). Après examen d’un grand nombre de ces ouvrages, il est possible de mettre en valeur des catégories, qui peuvent parfois se recouper ou se cumuler pour un même ouvrage.

– Les ouvrages d’initiation retraçant les grandes lignes de l’histoire de la philosophie : ils peuvent se présenter sous forme de manuels grand format, avec images (comme La Philosophie pour les nuls32), ou d’ouvrages plus traditionnels en format poche comme L’étonnement philosophique33 de Jeanne Hersch. Ce dernier montre d’ailleurs qu’il est possible d’aborder l’histoire de la philosophie de manière très accessible tout en adoptant une approche à la fois rigoureuse et originale, ici par le prisme de l’expérience de l’étonnement en philosophie. Cet ouvrage reste d’ailleurs une référence en matière d’initiation à la philosophie aussi bien auprès d’un public non-spécialiste que des étudiants en philosophie.

– Les ouvrages portant sur un problème ou une notion philosophiques classiques, dans le but d’en exposer les principaux enjeux et les réponses données par la philosophie traditionnelle : les grands problèmes philosophiques, comme l’expérience esthétique, la morale, sont alors traités comme des “nœuds” autour desquels convergent différentes réponses données par l’histoire de la philosophie. On citera par exemple les ouvrages de la collection Chemins philosophiques chez Vrin (Qu’est-ce que l’imagination ?34 Qu’est-ce qu’une personne ?35 ). Certains ouvrages proposent de traiter plusieurs de ces problèmes. C’est le cas pour certains ouvrages qui se présentent sous la forme de manuels destinés aux bacheliers (et qui reprennent donc les grandes notions au programme) mais qui, comme nous l’avons dit, excèdent ce strict usage, comme La Philosophie sans complexe36.

– Les ouvrages présentant une ou plusieurs figures philosophiques remarquables : un ou plusieurs grands auteurs sont présentés, les grandes lignes de leur pensée exposées. On constate une forte présence d’éléments biographiques et anecdotiques dont la visée est de dresser un portrait éloquent de l’auteur en question. Les auteurs peuvent aussi y être abordés par le biais d’un instrument de pensée qui leur est propre, par exemple un animal comme dans Un Animal, un philosophe37, ou Zénon et la tortue38. Il y a souvent mise en relation de la vie et de la pensée, selon l’idée que pour comprendre la pensée d’un homme il faut connaître l’homme lui-même. Les Philosophes vus autrement39, de Laurence Vanin-Verna, illustre bien cette démarche. On peut mettre également dans cette catégorie des ouvrages qui présentent le parcours de philosophes contemporains, comme Comment je suis devenu philosophe40 ou La vocation philosophique41.

– Les ouvrages proposant de traiter des problèmes contemporains et d’en exposer les enjeux à un grand public : ces ouvrages s’intéressent à des enjeux très actuels comme la bioéthique, le développement durable, la démocratie…Ces sujets parfois pointus sont exposés de manière très claire et très adaptée à un public non-spécialiste. Ils sont la plupart du temps rédigés par des spécialistes de la question qui estiment nécessaire de permettre l’appropriation des grands thèmes contemporains par le grand public, tout aussi concerné par ces problèmes que les spécialistes eux-mêmes. On citera par exemple le livre Ethique animale, de Jean-Baptiste Jeangene-Vilmer42.

– Les ouvrages proposant des réponses à des questions existentielles ou métaphysiques, et les ouvrages se posant comme remède à un problème existentiel : dans ces ouvrages la philosophie est présentée le plus souvent comme un instrument qui peut nous permettre de trouver la sagesse ou la sérénité, d’accéder au bonheur : Qu’est-ce qu’une vie réussie43, ou Vaincre les peurs : La philosophie comme amour de la sagesse44, de L. Ferry ; La construction de soi : Un usage de la philosophie d’Alexandre Jollien45 ; Penser sa vie46, de Fernando Savater etc.

La philosophie est également proposée comme une forme de consolation, de remède, voire d’alternative à la psychanalyse : La philosophie comme remède au chômage47, de Jean-Louis Cianni ; Les Consolations de la philosophie48 d’Alain de Botton etc.

C’est donc une pensée qui se veut proche de l’existence dans ses aspects les plus concrets et pratiques. La plupart de ces ouvrages s’inscrivent dans la niche éditoriale de ce qu’on appelle « développement personnel », mais ne s’en réclament pas explicitement car ils semblent placer la philosophie sur un terrain plus noble, plus élevé. D’où l’on peut esquisser l’idée que l’estampillage « philosophie » peut conférer une forme de légitimité particulière à certains ouvrages.

– Les ouvrages proposant des exercices spirituels, des expériences de pensées, voire des jeux : ces ouvrages invitent le lecteur à faire des expériences de pensée nouvelles, à déplacer et modifier son regard habituel sur le monde, afin de renouveler notre étonnement et de contredire ce que nous prenons pour des évidences. Ils se présentent sous forme de dialogues (39 Petites histoires philosophiques d’une redoutable simplicité49), ou d’exercices spirituels parfois ludiques (101 expériences de philosophie quotidienne50 ou Ceci n’est pas un livre : Leçons de philosophie et jeux d’esprit51).

– Les ouvrages proposant d’entrer en philosophie par des voies originales ou moins traditionnelles : ces ouvrages traitent de sujets qui ne sont a priori pas des objets philosophiques en montrant qu’ils peuvent le devenir au même titre que d’autres plus traditionnels. On a ici l’idée que tout ce qui existe peut être pensé philosophiquement, qu’il n’y a pas d’objet qui puisse échapper à un traitement philosophique. Ces ouvrages s’intéressent donc au cinéma ou à la télévision (Cinéphilo52, ou La philosophie sur grand écran : Manuel de cinéphilosophie53, ou Philosophie en séries54), à la vie quotidienne (Philosophie matin, midi et soir55 ; Petite philosophie du rugby56 ; Petite philosophie du shopping57), mais aussi par exemple aux histoires drôles (Platon et son ornithorynque entrent dans un bar… : La philosophie expliquée par les blagues58).

– Les ouvrages qui se veulent à l’encontre d’une approche traditionnelle de la philosophie : ce sont des antimanuels (Antimanuel de philosophie59), des contre-dictionnaires (Contre-dico philosophique60), ou des contre-histoires comme celle, déjà citée, de M. Onfray.

– Les ouvrages de philosophie pour enfants : ces ouvrages s’adressent aux enfants depuis le plus jeune âge (maternelle) jusqu’à l’adolescence. Ils proposent surtout d’initier l’enfant au questionnement philosophique, à la pensée réflexive, et de l’inviter à s’interroger un peu plus méthodiquement sur les grandes questions qu’il est spontanément porté à se poser : ainsi les collections Philozenfants et Philozidées chez Nathan, ou les Goûters Philo chez Milan.

– Les ouvrages dérivés d’émissions de télévision ou de radio, et de chroniques dans la presse : certaines émissions de philosophie ou certaines chroniques journalistiques qui ont rencontré le succès peuvent faire l’objet d’un livre. C’est le cas pour Pas si vite !61 et Petits dialogues entre amis62, tous deux issus de l’émission Pas si vite ! diffusée sur Canal+ pendant deux ans à la fin des années 1990. On peut également citer une fois de plus Un animal, un philosophe63, composé à partir d’une série de chroniques écrites par Robert Maggiori dans Libération au cours de l’été 2004.

c. De l’ouvrage isolé à la collection : différents niveaux d’exigence, différentes approches.

Certains ouvrages de philosophie pour le grand public ne font pas partie d’une collection spécifique dédiée à cette discipline. C’est souvent le cas lorsque l’auteur possède déjà une certaine renommée. Mais quelques éditeurs choisissent de créer une collection, afin de mettre en valeur leurs ouvrages dans un ensemble harmonisé qui donnera une cohérence à leur démarche. Ces livres sont alors souvent l’objet de commandes. Mais il arrive aussi qu’un ou deux auteurs seulement soient les rédacteurs de tous les ouvrages d’une collection, comme c’est le cas pour “La philo ouverte à tous” chez Milan, dirigée et entièrement rédigée par L. Vanin-Verna. Il est intéressant de décrire ces collections car elles peuvent donner à voir différentes approches, différentes conceptions de la manière dont on peut rendre accessible la philosophie, ainsi que différents niveaux d’exigence.

Le plus souvent, les directeurs de ces collections sont eux-mêmes professeurs de philosophie au lycée ou à l’université, docteurs en philosophie : Martine Laffont (“Boîte à outils philo” chez Milan), est doctorante en philosophie ; L. Vanin-Verna est docteur en philosophie politique et épistémologie, professeur à l’université du Sud Toulon- Var ; Myriam Revault d’Allones, (collection “Chouette ! Penser”), est professeur des universités à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes etc. On constate donc dans ces collections une adéquation entre la démarche philosophique et les compétences des personnes qui y participent. Les exigences imposées aux collections ne sont pas le fait de personnes qui seraient extérieures au processus de l’écriture philosophique et à la pédagogie.

Un certain nombre de collections mettent l’accent sur la dimension concrète et quotidienne que peut contenir la philosophie. L’idée est de montrer l’utilité et la pertinence de la philosophie dans tous les domaines de la vie, afin notamment de donner l’image d’une discipline moins abstraite que ce que l’on pense ordinairement. Ainsi, Vincent Cespedes choisit ses auteurs en fonction de cette exigence : une philosophie qui nous parlerait depuis le monde, depuis la vie, et non depuis des « refuges de mandarins qui parlent des hauteurs ». La collection aborde ainsi des thèmes tels que la vieillesse64, le charme65, Mai 6866, la France67 … C’est le cas également pour la collection “Pause philo” chez Milan qui propose des thèmes inhabituels voire surprenants mais toujours ancrés dans la vie quotidienne : Petite philosophie du voyage 68, et Petite philosophie de l’amateur de vin69, de Thierry Tahon ; Petite philosophie du shopping70, de Frédérique Pernin etc.

Certaines collections affichent la volonté de concilier la démarche de démocratisation et le maintien d’un certain niveau d’exigence philosophique, tentant ainsi de montrer que les deux ne sont pas incompatibles. Ainsi V. Cespedes déclare-t-il à propos de la collection “Philosopher” : « Cette collection doit en même temps satisfaire les philosophes, parce qu’elle apporte du nouveau dans la pensée. (…) Je veux que mes auteurs aient des thèses à défendre ». Dans la plupart des collections de philosophie pour le grand public, on est finalement assez loin d’une simple démarche de vulgarisation. Il y a plutôt volonté de création, recherche d’innovation aussi bien dans les thèmes abordés que dans la manière de les traiter. Le public est donc invité à entrer en philosophie par des portes nouvelles, à explorer des chemins un peu moins habituels et porteurs de sens pour aujourd’hui, mais sur lesquels il pourra de toute manière rencontrer les incontournables auteurs classiques. Car il ne s’agit pas non plus, à l’inverse, de s’extraire de toute l’histoire de la philosophie : de nombreuses références sont faites aux philosophes de la tradition. En somme leur pensée est certes vulgarisée mais là n’est pas la fin en soi de ces ouvrages.

Pour les personnes qui souhaiteraient en revanche rester sur des problématiques plus traditionnelles, sur des notions qui ont traversé l’histoire des idées, il existe des collections dont la ligne éditoriale consiste justement à reprendre les grands thèmes philosophiques tels que l’art, le temps, autrui, l’illusion, le devoir, le désir… Ainsi, la collection “Philosopher”71 aux éditions Quintette propose une quarantaine de petits ouvrages très courts qui traitent ces questions sous forme de petits essais très structurés, ne dépassant jamais les 80 pages.

Certaines collections se présentent un peu comme des hybrides et traitent à la fois de questions traditionnelles et de thèmes plus contemporains, comme la collection “Chemins philosophiques” chez Vrin. Elle se caractérise par ses titres toujours formés sur la base « Qu’est-ce que … » et nous invite à réfléchir sur des thèmes aussi variés que la laïcité, l’œuvre d’art, la fiction, la ville, l’imagination, l’Internet etc. Il est à noter que là encore le niveau d’exigence est assez élevé, du point de vue de l’écriture philosophique. Il sera donc question plus tard de nuancer la notion de “grand public”.

En ce qui concerne les collections destinées aux enfants, les démarches sont très différentes de celles que l’on vient de voir. En effet, toute l’attention est portée sur la capacité des enfants à s’interroger et sur l’idée qu’il faut développer en eux la réflexivité et la faculté critique. Ainsi, il n’est pas question de vulgariser des auteurs ou d’expliquer des thèses philosophiques. On voit ici radicalisée l’idée kantienne selon laquelle il faudrait non pas apprendre “la philosophie” mais apprendre “à philosopher”. Dans la collection “Philozenfants” chez Nathan (pour les enfants à partir de 7 ans), les questions abordées sont très courantes : la vie, les sentiments, le savoir, le bonheur, la liberté…Sur chaque double page on trouve une question, une réponse spontanée, puis plusieurs petites questions introduites par « oui, mais… », qui viennent mettre en doute cette première réponse spontanée. Aucune réponse n’est donnée, mais seulement des pistes de réflexion. La volonté des auteurs est de poser les bases d’un dialogue avec les parents (ou avec l’instituteur ou autre intervenant au sein d’un groupe de travail). C’est la pratique qui est mise en avant, bien plus que la transmission d’un contenu. Dans la célèbre collection “Les goûters philo” chez Milan (pour les enfants à partir de 8-9 ans), il y a plus de place pour le texte. Une situation de la vie courante est mise en relation avec une réflexion, avec un peu plus d’affirmations et moins d’interrogations que pour la collection précédemment citée. Dans ces ouvrages, la démarche narrative du premier moment du texte vient justifier et rendre plus concrète la partie réflexive qui suit. La réflexion s’ancre beaucoup plus dans l’univers de l’enfant. C’est sans doute ce qui a fait le succès de cette collection.

A l’image de la collection “Boîte à outils philo” chez Milan, certaines collections se présentent comme des propositions d’outils conceptuels ou bibliographiques pour aider à la compréhension du monde contemporain. La démarche pédagogique est toujours très claire, que ce soit au niveau stylistique ou dans l’organisation visuelle de l’ouvrage. L’idée est de permettre à tous ceux qui le souhaitent de se réapproprier des instruments de pensée pour conquérir une forme d’indépendance intellectuelle, par le biais de la philosophie. Il ne s’agit pas de donner des réponses toutes faites, ou de considérer la lecture de ces ouvrages comme une fin en soi. Au contraire ces derniers invitent le lecteur à aller plus loin que cette simple lecture. Il sera question plus tard de s’interroger sur la portée réelle de ces ouvrages chez les lecteurs non-spécialistes.

Il convient de remarquer que très généralement, les ouvrages et les auteurs de ces collections sont peu médiatisés, et n’entrent pas dans le système du vedettariat. Il semble, que ces ouvrages moins exposés médiatiquement conservent justement une certaine indépendance rendant possible le maintien d’une plus grande rigueur philosophique.

3. PUBLIER DE LA PHILOSOPHIE POUR LE GRAND PUBLIC DANS LE CONTEXTE MEDIATIQUE ACTUEL : ENJEUX ET PROBLEMATIQUES DE LA TRANSMISSION PAR LE LIVRE.

a. L’arrivée du marketing en philosophie et ses enjeux pour la création philosophique.

L’arrivée du marketing dans le monde de l’édition a très probablement découlé des phénomènes de concentration économique que l’on a pu observer ces dernières décennies et qui ont entrainé des exigences plus fortes de rentabilité. Même si l’on essaie toujours aujourd’hui de “dédiaboliser” le marketing du livre en montrant qu’il n’est pas incompatible avec la création, force est de constater que des stratégies économiques, des études de marché, sont mises en œuvre pour répondre à des impératifs beaucoup plus triviaux, ceux de la rentabilité. Le livre a toujours été, comme le démontrait Bourdieu72, un objet à la fois économique et symbolique, marchandise et signification. Mais aujourd’hui le marketing présente des caractéristiques qui peuvent mettre en péril l’indépendance de la création, en particulier s’il s’agit d’un marketing qui intervient sur la conception du livre et non plus seulement sur l’offre (mise sur le marché, publicité, promotion…).

Il convient donc ici de s’interroger sur les enjeux de l’arrivée du marketing dans le domaine de la philosophie. Notons qu’il s’agit là d’un phénomène récent, puisque les ouvrages de philosophie ont très longtemps circulé dans une sphère restreinte, celle de l’université et des étudiants. Il n’était pas besoin de développer des stratégies spécifiques pour augmenter les ventes auprès d’un public d’ores et déjà acquis. La philosophie n’avait pas vraiment de public potentiel mais bien un public réel et limité. Cela tenait en partie aux contenus des livres eux-mêmes, réservés aux initiés et aux spécialistes. Mais dès lors qu’il a été question de “populariser” la philosophie, alors il a fallu repenser les stratégies de conception et de vente de ces objets nouveaux qu’étaient les livres de philosophie pour le grand public, en trouvant les moyens de convaincre de nouveaux publics.

Déjà, avec les “nouveaux philosophes”, une certaine forme de marketing s’était imposée. Elle a été analysée et critiquée par Deleuze notamment à l’occasion d’un entretien publié en supplément de la revue Minuit73 en 1977 : il s’agissait, entre autre, de faire dire au livre plus qu’il n’en dit en profitant d’une forte présence médiatique (presse, radio, télévision) et faire parler du livre par tous ceux dont le travail est de relayer l’information. Cette manière de “créer l’événement” autour d’un livre et de monopoliser la scène médiatique est une composante importante du marketing éditorial, qui a bien sûr évolué aujourd’hui, mais qui est toujours observable en ce qui concerne les auteurs-vedettes de la philosophie. Il est évident que la moindre présence médiatique joue un rôle non négligeable dans les chiffres de vente.

Mais ce qui différencie la situation actuelle de celle des “nouveaux philosophes”, c’est qu’il y a aujourd’hui une large production de livres de philosophie pour le grand public, qui n’existait pas il y a trente ans, et qui reste très peu médiatisée. C’est le cas en particulier pour la majeure partie des livres composant les collections que nous avons décrites un peu plus haut. Les meilleures ventes de livres de philosophie se concentrent sur un petit nombre d’auteurs médiatisés, et font ignorer la partie immergée de l’iceberg que constitue cette importante production observable principalement sous forme de collections. Le marketing qui est à l’œuvre pour la diffusion de ces ouvrages ne mise alors pratiquement pas sur la médiatisation. Il consiste à créer une image de marque, une garantie de qualité, comme on a pu le voir pour certaines collections qui promettaient de concilier accessibilité avec exigence de rigueur et de créativité. La fidélisation des lecteurs sur une même collection joue donc ici un rôle fondamental. Les ventes sont alors assurées par la publicité (dans la presse littéraire et sciences humaines notamment) et la fidélisation des lecteurs. On se situe finalement à mi-chemin entre le long-seller et le fast- seller. Une étude d’Olivier Godechot sur le marché du livre philosophique publiée en 1999 dans la revue Actes de la Recherches en sciences humaines74, fait en effet une distinction entre d’une part le long-seller, dont le succès économique se fait sur une longue durée et découle du succès symbolique au sein d’un grand public cultivé, et d’autre part le fast-seller dont le succès, rapide, repose essentiellement sur la visibilité médiatique et suppose d’imposer à l’auteur des contraintes d’écriture et de promotion – ce qui pose par ailleurs la question de la qualité philosophique intrinsèque des ouvrages. Le phénomène de développement des collections que l’on a pu analyser précédemment pourrait être un compromis entre ces deux tendances.

Cependant, et pour tous les ouvrages de philosophie pour le grand public sans distinction, on peut toujours légitimement s’interroger quant au rôle de l’estampillage « philosophie populaire » dans la vente de ces ouvrages. Proposer de s’adresser au plus grand nombre, se déclarer accessible et lisible, voilà un argument de vente qui promet des ventes faciles. Du même coup, on qualifiera ce qui se vend bien de “populaire”, renforçant ainsi l’argument selon lequel la philosophie peut facilement se rendre accessible et que de ce fait, elle le doit. Le succès du phénomène éditorial actuel repose donc en partie sur ce consensus, qui veut que tout ce qui porte aujourd’hui le nom de philosophie et qui affiche une volonté de démocratisation serait bon à prendre. Le terme de “philosophie” est toujours entouré d’une certaine aura et confère aux ouvrages qui s’en réclament une légitimité certaine : ainsi, dès lors qu’on lui associe le terme de “populaire”, c’est comme si l’on brisait enfin une contradiction qui avait trop longtemps vécu, engendrant nécessairement l’enthousiasme chez le grand public. Celui-ci ne peut d’ailleurs manquer de se sentir valorisé par les démarches de ces auteurs qui le considèrent tout à fait capable d’accéder à la philosophie. Ainsi, il semble que le marketing éditorial ait repris à son compte la volonté déjà ancienne de la philosophie – et donc ses arguments – de s’ouvrir à un plus grand nombre de lecteurs. On est alors tenté de parler d’une forme de démagogie à l’œuvre dans ces stratégies.

Il faut également noter un aspect important de l’édition philosophique : certains éditeurs publiant des ouvrages philosophiques d’érudition à public restreint se voient aujourd’hui contraints de diversifier leur production vers des ouvrages à diffusion beaucoup plus large et de vente plus facile, précisément pour pouvoir maintenir leur équilibre économique et préserver la production d’ouvrages spécialisés à vente restreinte. L’absence d’un public suffisant pour les livres d’une haute exigence intellectuelle peut engendrer chez les éditeurs le besoin de commander des ouvrages qui toucheront un public plus large. Mais ce n’est pas le cas pour tous les éditeurs, par exemple pour Milan qui est toujours restée fidèle à la même démarche, celle de la vulgarisation et de la démocratisation de la philosophie. Chez Milan, la production d’ouvrages de philosophie relève d’une volonté positive et non d’une stratégie par défaut pour sauvegarder un secteur plus difficile.

Dans ce contexte éditorial, la création en philosophie pose problème, en particulier si le marketing intervient en amont, c’est- à-dire dans le processus de conception, et non plus seulement en aval, pour la diffusion et la vente. Des contraintes d’écriture, de style, de volume de texte, de thématiques également, peuvent alors s’imposer à l’auteur. Mais comme le montre un article de Paul Dirkx intitulé “Les obstacles à la recherche sur les stratégies éditoriales”75, il est assez difficile – et donc problématique pour la recherche – d’accéder à des données complètes et claires sur les stratégies éditoriales des maisons d’édition. Le milieu éditorial semblerait vouloir se protéger contre toute tentative d’objectivation de son fonctionnement. On sait donc peu de choses sur la manière dont les éditeurs analysent le marché en fonction de la demande, sur les études qui sont réalisées pour cibler un lectorat. On ne sait pas dans quelle mesure les ouvrages grand public sont conçus pour correspondre aux attentes et aux goûts de certains segments de marché, ni quelle place est laissée aux choix et à la créativité de l’auteur.

b. Les relations problématiques entre le livre de philosophie et les médias.

Le marketing appliqué à l’industrie du livre implique généralement la nécessité d’une visibilité médiatique de l’auteur. On a vu à quel point cela avait pu être important à travers le phénomène des “nouveaux philosophes” : ceux-ci ont fait de leur omniprésence médiatique l’instrument principal d’une stratégie de promotion – et d’autopromotion – tout à fait nouvelle, en tout cas dans le monde de la philosophie. La philosophie est alors entrée elle aussi dans la société du spectacle, spectacle que François Aubral et Xavier Delcourt qualifiaient de « tapageur et grossier » dans leur essai Contre la nouvelle philosophie 76 publié en 1977. Leur analyse dénonçait une double imposture : d’une part celle du contenu même des ouvrages (doctrines à la mode mais philosophiquement vides, mystification, renonciation à la rigueur philosophique) ; d’autre part celle des méthodes promotionnelles et de la soumission de la création philosophique aux exigences médiatiques et journalistiques.

Aujourd’hui les “nouveaux philosophes” sont moins présents sur les plateaux de télévision et dans la presse, hormis A. Glucksmann et B-H. Lévy qui ont toujours une forte influence. Ce courant est désormais passé de mode, et on n’a finalement retenu des nouveaux philosophes que leurs méthodes de promotion. Mais de nombreux autres philosophes occupent une place notable dans la sphère médiatique, comme L. Ferry, A. Finkielkraut, R. Enthoven, R-P. Droit etc. Les philosophes sont en même temps des journalistes, prolifiques dans la presse, et interviennent régulièrement sur les plateaux de télévision pour des débats, souvent à l’occasion de la parution de leurs livres. Par ailleurs, les livres de philosophie eux-mêmes sont passés au crible très normatif des médias: ainsi, non seulement le jugement sur la philosophie se fait par des journalistes et non plus par les pairs, mais le livre de philosophie, s’il veut bénéficier d’un public assez large, doit se conformer aux normes imposées par cette sphère médiatique, normes qui semblent entrer en contradiction avec les exigences propres de la philosophie.

Cette publicité de la discipline pose de nombreux problèmes et notamment celui du statut du livre de philosophie dans cette relation étroite avec les médias. Publier un livre de philosophie semble parfois constituer un simple prétexte à la présence médiatique. Pierre Bourdieu aborde ce phénomène dans son essai Sur la télévision77 : « Être, disait Berkeley, c’est être perçu. Pour certains de nos philosophes, être, c’est être perçu à la télévision (…) et il est vrai que ne pouvant guère compter sur leur œuvre pour exister dans la continuité, ils n’ont pas d’autre recours que d’apparaître aussi fréquemment que possible à l’écran, donc d’écrire à intervalles réguliers, et aussi brefs que possible, des ouvrages qui ont pour fonction de leur assurer des invitations à la télévision »78. La présence médiatique et tout ce qui s’engendre autour du livre importent bien plus que le livre et son contenu. Bourdieu souligne également l’influence considérable du journalisme, lui-même soumis aux exigences du marché, sur les différents champs de la production culturelle, et notamment la philosophie (voir l’essai publié dans l’ouvrage cité précédemment, intitulé L’emprise du journalisme). Le journalisme, en situation de dépendance vis-à-vis des verdicts du marché et de l’audimat, se fait extrêmement prescriptif vis-à-vis des productions philosophiques se voulant accessibles à un large public.

Si le journalisme impose ses normes au livre de philosophie, il n’est pas rare également que ce dernier soit lui-même engendré directement par les productions médiatiques. Le livre est alors en quelque sorte un sous-produit de l’activité médiatique, un épiphénomène. C’est le cas particulièrement lorsque le livre ou même la collection est issue d’une émission de radio ou de télévision sur la philosophie : on citera la collection “Les nouveaux chemins de la connaissance” tirée de l’émission du même nom sur France Culture présentée par R. Enthoven ; également Pas si vite !79 et Petits dialogues entre amis 80, deux livres publiés à la suite de l’émission “Pas si vite !” diffusée sur Canal+ à la fin des années 1990 et présentée par Jackie Berroyer ; enfin, un autre exemple avec Un animal, un philosophe 81, de Robert Maggiori, composé à partir de chroniques publiées dans Libération. Le livre de philosophie n’est parfois que prétexte à relayer ce qui se fait dans les médias. Le livre de philosophie se fait alors le véhicule des débats à la mode, d’idées très consensuelles : il est une manière comme une autre de diffuser, de relayer “ce qui se dit”, c’est-à-dire de faire – uniquement – de la communication. Et même lorsque ces livres se veulent irrévérencieux, allant à contre-courant des idées dominantes, ce n’est que pour mieux nourrir l’impertinence et la polémique, méthodes spectaculaires désormais inévitables du marketing télévisuel.

L’écriture philosophique qui veut sortir du strict cadre universitaire doit donc souvent se plier à la temporalité journalistique, à la rapidité d’apparition et de disparition des sujets à la mode, et il est très rare que ces productions retiennent l’attention plus de quelques semaines et soient considérées peu à peu comme des références en philosophie. Le statut du livre de philosophie, dans ce contexte, apparaît désacralisé, au sens où il n’y a plus forcément d’équation entre présence d’un livre et présence d’une pensée véritablement philosophique. Une grande partie de la littérature philosophique aujourd’hui a perdu son autonomie interne, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la pensée et la création philosophique.

Il est donc difficile de comprendre Rosi Braidotti quand elle affirme, dans un ouvrage intitulé La philosophie…là où on ne l’attend pas82, que « le monde des médias et de l’édition se révèle un allié essentiel » des nouvelles expérimentations de la pensée philosophique. Dans les faits, la philosophie ne semble pas tirer bénéfice de la médiatisation d’une petite partie de la production philosophique. L’image actuelle de la discipline (accessible, facile, peu exigeante), véhiculée dans les médias, pourrait même entrainer de la part du public des réactions de plus en plus négatives, et des accusations d’hermétisme envers toutes les productions philosophiques qui refuseraient d’adhérer à ce modèle.

II – Transmission et communicabilité de la philosophie : comment s’adresser aux non-spécialistes ?

La problématique de la transmission de la philosophie à des non-spécialistes est présente à tous les niveaux d’un ouvrage de philosophie : elle implique d’identifier le ou les publics auxquels on s’adresse, mais aussi de mettre en place des stratégies éditoriales visant à rendre la philosophie attrayante et à briser l’image hermétique qu’elle a auprès du grand public, que ce soit dans l’aspect matériel des ouvrages ou dans leur contenu philosophique. Enfin, la question de l’écriture est fondamentale, si on veut s’interroger sur les conditions des nécessaires médiations et de la communicabilité de la philosophie. La manière dont on s’adresse au grand public est spécifique et mérite d’être prise en compte si l’on veut comprendre ce phénomène éditorial.

1. LA QUESTION DES PUBLICS ET DE LA DEMANDE DE PHILOSOPHIE.

Avant d’aborder la question de la médiation à mettre en place pour atteindre un public plus large, il est indispensable de s’intéresser à ce public lui-même, dont nous verrons qu’il constitue une notion déjà problématique. De plus, on ne cesse de parler aujourd’hui d’une “demande de philosophie” de la part de ce public : il s’agit donc de comprendre dans quelle mesure le grand public français formulerait une telle demande.

a. Les publics : à qui s’adresse-t-on et qui lit ?

La philosophie tente de conquérir de nouveaux publics, mais on parle d’un “grand public” sans vraiment savoir de quoi il est composé. S’il est assez simple de savoir à qui les philosophes souhaitent s’adresser, il est en revanche plus difficile de savoir qui lit vraiment ces ouvrages, d’autant plus qu’il y a souvent une différence entre les publics visés et les publics réels.

Les philosophes ou les éditeurs tentent de définir le lectorat qu’ils visent, soit sur la quatrième de couverture, soit dans une préface ou un avertissement au début du livre. En ce qui concerne les tranches d’âge, il est fréquent que les auteurs s’adressent en premier lieu aux élèves de terminale, pour qui l’initiation à la philosophie est un comme un rite de passage. Ils auraient donc besoin de guides, d’ouvrages auxquels se référer mais qui ne soient pas simplement des manuels scolaires et rébarbatifs. Bien souvent, ces ouvrages atteignent d’autres types de publics. Beaucoup d’adultes en effet sont également intéressés par la philosophie et se dirigent assez spontanément vers ces publications : ils ne prennent pas le risque de se sentir illégitimes en les lisant étant donné qu’ils sont censés posséder un bagage culturel à peu près équivalent à celui d’un lycéen. Ces ouvrages peuvent également être utilisés par les professeurs de terminale eux-mêmes pour leurs cours. Ainsi l’Antimanuel de philosophie83 de M. Onfray, originellement conçu comme guide pour le bac, a-t -il conquis des publics adultes et des professeurs. Les auteurs sont d’ailleurs conscients de cela, comme F. Savater qui, dans l’avertissement de Penser sa vie84, invite à la lecture les élèves de terminale, « mais aussi les profanes désireux de connaître cette vénérable tradition intellectuelle qui a vu le jour en Grèce ».

Les lycéens et les adolescents en général sont souvent sollicités, d’une part du fait de cette période de la vie propice au questionnement, et d’autre part parce qu’ils constituent une nouvelle génération, potentiellement capable de donner à la philosophie la place que, selon ces auteurs, elle mérite dans notre société. L. Ferry par exemple considère ce public comme un lectorat privilégié, notamment dans son livre Apprendre à vivre : traité de philosophie à l’usage des jeunes générations85, dans lequel il s’adresse à un adolescent potentiel en le tutoyant. Dans l’avant-propos de ses Présentations de la philosophie86, A. Comte-Sponville souhaite s’adresser particulièrement aux adolescents, qui ont « plus besoin que les autres d’être accompagnés ». Encore une fois, ce type d’ouvrage vise implicitement des publics plus larges, notamment des adultes néophytes que ces questions intéressent et qui verraient là une manière de s’initier à la philosophie. Paradoxalement, on remarque que les publics jeunes, s’ils sont très sollicités, sont aussi les plus difficiles à atteindre, d’après de nombreux auteurs. Vincent Cespedes par exemple, déclare sur osezphilosopher.fr que les jeunes lisent très peu d’ouvrages philosophiques car ils sont plus spontanément attirés par les romans, et qu’il faut trouver d’autres voies pour les atteindre. On constate donc que très peu d’ouvrages s’adressent à un public précis et ciblé : les jeunes constituent souvent un public idéalement réceptif à la philosophie, mais dont les auteurs savent qu’il sera finalement peu atteint, et préfèrent s’adresser aux non-spécialistes en général.

En ce qui concerne la philosophie pour enfants, en revanche, on a un public très ciblé, et les tranches d’âge sont définies : les “Goûters philo”, chez Milan, s’adressent aux enfants à partir de 8-9 ans, les ouvrages de la collection “Philozenfants“ chez Nathan, aux enfants à partir de 7 ans, et la collection “Chouette ! Penser”, aux enfants de plus de 11 ans. En effet chaque contenu est adapté au niveau de lecture et de compréhension de chaque âge, avec plus ou de moins d’illustrations et de place laissée au texte. Mais là encore, ces petits livres pour enfants ont peut -être pour premier public les parents eux-mêmes, déjà parce qu’ils les choisissent, et ensuite parce qu’ils s’y intéressent eux-mêmes. Comme le note M. Puech dans l’intervention déjà citée, « nos livres sont aussi lus par des adultes, ce sont peut-être mêmes de faux livres pour enfants : ce serait une ruse pour décomplexer des adultes qui ont été tellement humiliés par la culture… ». Cette remarque pose dès lors la question du profil socio-culturel des lecteurs des ouvrages grand public.

b. La notion de “grand public” à relativiser.

Les ouvrages estampillés “grand public” ne s’adressent assurément pas à “tout le monde”. Il faut nuancer la notion de “grand public” en ce qui concerne la philosophie, car même vulgarisée, cette discipline n’est pas “grand public” comme le serait un jeu télévisé ou même un roman de Marc Lévy. Les partisans d’une philosophie “ouverte à tous” sont généralement bien conscients qu’ils ne s’adressent en vérité qu’à un public d’un certain niveau socio-culturel, ce qui invite à se poser la question des limites de la démocratisation de la philosophie si l’éducation ne contrebalance pas suffisamment les inégalités dues aux déterminations socio-économiques. L’acte même de lecture, qui plus est la lecture d’essais, n’est pas une pratique universellement répandue dans notre société. Elle suppose un bagage culturel et intellectuel que tout le monde ne possède pas. De plus, la lecture d’ouvrages de philosophie serait peut- être moins populaire que la pratique des cafés-philo par exemple. Dès lors, on rencontre assez souvent l’expression de “grand public cultivé”, dans les paroles de L. Ferry ou d’A. Comte-Sponville par exemple. Elle est également utilisée lorsqu’il s’agit d’associer à des publics étudiants un lectorat plus large qui souhaiterait s’intéresser à la philosophie. C’est le cas, par exemple dans la description, sur la quatrième de couverture, de la collection “Chemins philosophiques” chez Vrin : « Ce livre s’adresse aux étudiants des universités et des classes préparatoires, mais aussi au grand public cultivé attendant un traitement direct et clair d’une question de philosophie générale ». Mais l’appellation “grand public cultivé” est peu commentée. On lui préfère parfois celle de “grand public éclairé”, expression qui permet peut-être d’exclure l’idée d’une détermination par le capital culturel que peut contenir le terme “cultivé”.

On peut trouver une description de ce lectorat dans l’article paru dans le magazine Médias sur le fondateur de la revue Philosophie Magazine, F. Gerschel87, qui parle lui aussi d’un grand public cultivé. Certes, le lectorat d’un magazine de philosophie ne correspond pas forcément à celui de livres de philosophie, mais on peut supposer qu’il s’en rapproche beaucoup. F. Gerschel décrit donc le public de Philosophie Magazine comme un lectorat extrêmement urbain, très éduqué et généralement grand consommateur de livres. D’après les études de marché, la moyenne d’âge de ce lectorat serait de 45 ans, et les lycées et étudiants n’en représenteraient que 25 %. Ce serait un profil similaire à celui des lecteurs du Monde. Toujours selon le fondateur de ce magazine, il serait encore possible d’élargir ce lectorat, car une partie du public serait encore réticente à l’idée de découvrir la philosophie, à cause d’une véritable “barrière psychologique”.

Si l’on se réfère à l’enquête Pratiques Culturelles des Français à l’ère numérique88 de 2008, la lecture des ouvrages de philosophie (et encore moins les ouvrages grand public) ne fait pas l’objet d’une étude détaillée. Elle fait partie d’une catégorie intitulée “Essais politiques, philosophiques, religieux” dans la question 64A : « Genre de livre lus le plus souvent »89. Seulement 16% des personnes interrogées ont lu au moins un livre de ce type au cours des 12 derniers mois, dont une majorité d’hommes et une majorité âgée de plus de 45 ans. Ce lectorat est généralement diplômé (bac +3 et plus) et les lecteurs se retrouvent principalement dans les catégories socio-professionnelles du type “cadres et professions intellectuelles supérieures” (34%), “anciens cadres” (37%), “anciens indépendants” (27%), ou “anciens professions intermédiaires” (20%). Le lectorat est par ailleurs très urbain (44 % à Paris intra muros). L’observation de ces résultats nous indique que la philosophie est encore loin d’être véritablement populaire, du moins en ce qui concerne la lecture effective d’ouvrages philosophiques. Il nous a paru difficile de comparer les résultats des enquêtes précédentes (1973/81 et 1997) car les types de question (genres de livre lus le plus souvent sur un an ou en général ? Genre de livres lus ou possédés ?) et les catégories de livres varient. Cependant, si l’on essaie de comparer la dernière enquête avec celle réalisée entre 1973 et 198190, avec le même type de question (genre de livres lus le plus souvent) et une catégorie à peu près équivalente (essais politiques, philosophiques, religieux, ouvrages de psychologie etc.), on remarque tout de même une évolution : en 1973 la lecture de ce type d’ouvrage concernait 11.8 % des personnes interrogées et 12.9 % en 1981. Aujourd’hui ils sont 16% à lire des ouvrages de cette catégorie. Ainsi, même si la sociologie de la culture et notamment les études sur les publics de la culture tendent à démontrer qu’il n’y aurait pas vraiment de démocratisation de la culture et que les déterminations économiques, sociales et culturelles auraient toujours le même rôle dans les inégalités des pratiques culturelles, c’est peut-être un peu différent en ce qui concerne la philosophie. Et c’est sans doute à cause de ce phénomène éditorial récent. Mais la tendance ne connaît pas une évolution massive et la lecture de ce type d’ouvrages reste généralement réservée à certaines catégories de la population. Finalement, même si aujourd’hui des ouvrages philosophiques deviennent des best-sellers, ce n’est pas parce qu’ils touchent des catégories plus populaires de la société, mais bien parce qu’ils conquièrent un lectorat déjà habitué à la lecture d’essais intellectuels. La culture reste aux mains des gens cultivés. Les démarches de popularisation de la philosophie n’ont finalement brisé que la barrière psychologique qui retenait des lecteurs déjà cultivés de s’initier à la philosophie, mais elles n’ont pas vraiment franchi les barrières culturelles et sociales qui empêchent des catégories moins privilégiées de s’intéresser à cette discipline. De plus, il semble ici important de distinguer d’une part les nouvelles pratiques philosophiques que sont les cafés-philo ou même les universités populaires, qui sont effectivement assez populaires, et d’autre part l’acte de lecture d’ouvrages philosophiques, qui implique toujours un bagage culturel plus important. Cela peut également être compris du point de vue de la discipline philosophique elle-même : celle-ci serait par nature très difficile à vulgariser absolument, et il y aurait possibilité pour les lecteurs de s’élever jusqu’à elle, mais impossibilité pour la philosophie de se rendre totalement accessible à n’importe quel type de lecteur. Elle supposerait un travail, l’acquisition d’une culture philosophique et d’un minimum de rigueur intellectuelle dont on ne pourrait faire l’économie. Il existe donc assurément un fantasme autour d’un lectorat “populaire”, voire d’une sorte de “vrai peuple” laissé de côté par la culture légitime et qui aurait dorénavant la possibilité de s’élever à cette culture. Les véritables lecteurs de ce type d’ouvrage sont déjà engagés dans des pratiques culturelles légitimes.

c. La demande philosophique aujourd’hui : entre besoins réels, consommation culturelle et fantasmes.

Depuis les années 1990, la philosophie ferait l’objet d’une demande spécifique qui émanerait d’un public nouveau. Comme nous venons de le voir, il faut se montrer prudent avec la notion de grand public. Il y a un réel fantasme sur la notion de “philosophie populaire”. Il est pourtant coutume de parler d’une “demande” de philosophie ; les auteurs et éditeurs s’en réclament, à tort ou à raison, pour justifier la publication de leurs livres.

On peut dès lors s’interroger sur les raisons de cette demande, sur ce qui est en jeu derrière tout cela. Tout d’abord, est-elle née spontanément ou a-t-elle été engendrée par l’industrie culturelle ? Il est possible en effet que le marketing éditorial ait essayé d’explorer une nouvelle tendance éditoriale et que celle-ci se soit révélée une véritable manne. Cependant il semble plutôt que l’édition ait profité d’un phénomène préexistant et de démarches spontanées d’auteurs souhaitant écrire la philosophie différemment.

Un certain nombre d’auteurs de philosophie pour le grand public interprètent de manière similaire la demande actuelle de philosophie. Marc Sautet, créateur des cafés-philo, affirmait que notre société se trouve dans une situation de crise de la démocratie, semblable à celle de l’époque de Socrate et de la naissance de la philosophie occidentale. Pratiquer la philosophie serait alors une manière pour les citoyens de réactiver le débat démocratique. Beaucoup de libraires, selon un article de Livres Hebdo sur les sciences humaines91, ressentiraient en effet « l’envie des gens de comprendre le monde », avec une « boulimie impressionnante pour les débats », et donc de s’approprier les outils pour y participer. C’est également la position partagée par L. Ferry et Comte-Sponville, ainsi que V. Cespedes. On rencontre souvent l’idée que la philosophie doit, comme elle le faisait dans l’Antiquité, se mêler des affaires de la cité.

La demande de philosophie aurait également pour origine une crise du sens. Les milieux du journalisme et de l’édition interprètent cette demande comme émanant d’une société en manque de repères et de valeurs, perdue dans un monde capitaliste et déshumanisé. J. Gaarder, auteur du Monde de Sophie, affirme dans un entretien accordé à l’Express.fr (16-07-1998)92, que la société serait devenue plus cynique, plus égoïste, et que serait donc né le désir de renouer avec des valeurs plus communes, d’où l’importance de rendre la philosophie accessible à tous. Jackie Berroyer, dans Pas si vite ! 93, interprète l’engouement nouveau pour la philosophie comme une manière de créer un contrepoids spiritualiste face au matérialisme de notre société. Il formule même une utopie dans laquelle la philosophie deviendrait nécessaire à l’existence et à l’humanité, se référant à une formule de Malraux (qu’il n’a sans doute jamais prononcée) : « Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Oreste Saint-Drôme évoque, dans Comment choisir son philosophe ?94 la panne des systèmes de pensée, la difficulté des foules déboussolées à suivre des idéologies agonisantes, qui expliqueraient le recours à “dame Philo”. Quant à O. Brenifier, dans sa contribution au rapport de l’Unesco sur la diffusion de la philosophie, il affirme que l’origine la plus flagrante de ce besoin de philosophie est à trouver dans la chute des grands schémas politiques, idéologiques, moraux ou religieux traditionnels : dès lors, chacun essaie de faire « sa propre cuisine », tentant de formuler des valeurs tant collectives qu’individuelles. La transformation des fonctionnements socio-économiques traditionnels, due à l’accélération des échanges, à la déstabilisation des structures identitaires établies, obligerait à une recherche d’ancrages et de valeurs nouvelles.

L’engouement actuel pour la philosophie est aussi souvent associé au besoin individuel de donner un sens à sa propre existence, voire de résoudre des problèmes personnels. Peut-être la psychanalyse a-t-elle montré ses limites, c’est pourquoi le public se tournerait vers la philosophie. Le souci de soi est en effet très présent dans notre civilisation, et certains aspects de la philosophie pourraient contribuer à y répondre.

L’engouement que nous constatons peut donc venir de demandes très diverses, et il est difficile d’en cibler une en particulier. Sur ce point, le rapport de l’Unesco sur la diffusion de la philosophie s’avère intéressant : O. Brenifier y distingue en effet plusieurs types de demande. Il y aurait une demande culturelle, celle qui consiste en une quête de connaissances ; une demande existentielle, lié à la question du sens et au besoin de comprendre la finitude, la mort etc. ; une demande spirituelle, de l’ordre de la métaphysique, apparentée par O. Brenifier à un succédané de la religion ; une demande thérapeutique, qui exacerberait les problèmes personnels déjà présents dans la demande existentielle, liée à une douleur de l’existence, avec une dimension pathologique qu’il s’agirait de guérir ; une demande politique, due à l’idée que la philosophie n’aurait de sens que si elle débouche sur l’action et le débat ; une demande relationnelle, qui voudrait qu’une des motivations de l’activité philosophique serait d’entrer en relation avec ses semblables, de faire des rencontres ; et enfin une demande intellectuelle, liée au besoin spécifique d’apprendre à penser, au plaisir de penser. Selon Brenifier, c’est cette dernière demande surtout qu’il serait indispensable de mettre en avant dans le cadre du développement d’un esprit critique nécessaire à la bonne marche d’une démocratie.

Par ailleurs, il est important de se demander si l’achat et la lecture de livres de philosophie ne font pas partie d’une démarche de consommation culturelle valorisante pour l’individu. Lire de la philosophie, discipline de la culture légitime par excellence, serait devenu un passage obligé pour acquérir un certain statut et se sentir valorisé aux yeux d’autrui. La philosophie deviendrait même mondaine. En témoignent certains ouvrages – certes traités sur le mode de l’humour, mais néanmoins très révélateurs – tels que Juste assez de philosophie pour briller en société de Ben Dupré95.

Il y aurait également, dans le fait aujourd’hui d’acheter un livre de philosophie, l’idée d’un acte d’achat relevant du “bien-consommer”, dont on peut se demander s’il est associé à un désir de “bien-vivre”, c’est-à-dire de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons et de participer réellement au vivre-ensemble. Il semble en effet que l’acte d’achat nous dédouane d’une véritable militance. Il favoriserait une certaine passivité, une bonne conscience, une militance à vide mais pas vraiment une participation active au débat public et démocratique.

Enfin, la position de J. Bouveresse sur la demande philosophique mérite d’être mentionnée. Il tente en effet de relativiser le besoin réel de philosophie aujourd’hui. Il s’agirait d’un malentendu, comme il l’explique dans un article de Télérama du 3 février 1999 : « Quand les gens demandent de la philosophie ils veulent surtout du sens, des valeurs, des croyances »96. Il y aurait derrière le besoin de philosophie, non un besoin de penser par soi-même et d’élaborer ses propres jugements, mais le besoin d’obtenir directement les résultats de cette pensée : valeurs toutes faites, croyances… Les philosophes d’aujourd’hui profiteraient donc de ce besoin pour nous faire croire que c’est de philosophie dont nous avons manquons. Mais J. Bouveresse fait remarquer, dans Le Philosophe et le réel97 que ce droit à la philosophie pour tous, inventé et proclamé par nos philosophes, ferait totalement oublier les devoirs que nous avons, également, à l’égard de la philosophie. On demande aujourd’hui au philosophe de se montrer accessible, extrêmement clair, mais on en oublie combien cela peut, dans les excès occasionnés, nuire à la philosophie elle-même. Ce droit à la philosophie pour tous, qui implique qu’on ne respecte plus cette discipline, serait créé de toutes pièces et proviendrait d’une mauvaise évaluation de la demande de philosophie aujourd’hui. Bouveresse affirme que le grand public, en vérité, ne serait pas si demandeur qu’on le pense de philosophie “grand public”: « Par exemple les reproches qu’on adresse constamment à la philosophie de n’être pas suffisamment proche des préoccupations des gens ordinaires, de ne pas s’attaquer aux vraies questions (…), on ne les entend pas tellement de la bouche des intéressés eux-mêmes, ce ne sont pas tellement les gens du peuple qui disent cela. Ils comprennent assez bien que, même pour traiter de grandes questions qui intéressent tout le monde, il se peut qu’on ait besoin d’instruments conceptuels relativement sophistiqués, dont le maniement doive s’apprendre. (…)Le peuple, dans tout cela, n’a pas droit au chapitre, et il l’a d’autant moins que ce sont essentiellement les médias qui sélectionnent, selon leurs critères, les philosophes qui sont censés lui convenir »98. De plus, il serait faux de penser, comme la plupart de nos philosophes, qu’une existence sans philosophie ne serait pas authentique. Selon Bouveresse, ce serait faire preuve de mépris envers les gens qui n’ont pas de relation explicite avec la philosophie. Il y aurait donc, en France, une peur de la “barbarie non-philosophique”, plus ou moins fondée, mais en tout cas fortement récupérée par les auteurs et les médias pour nous présenter la philosophie comme indispensable.

d. Susciter la demande autour du livre.

La demande d’ouvrages philosophique peut être suscitée par des stratégies mises en places autour du livre. Le secteur des sciences humaines, d’après les nombreux rapports produits sur celui-ci, présente actuellement une santé économique inquiétante due à la diminution des ventes. Le Livre Hebdo de juin 2009 nous expose les grandes lignes de cette crise, en expliquant que le lectorat en général, et les universitaires tout particulièrement, délaissent le livre pour l’Internet. Malgré la représentation de plus en plus importante de certaines sciences humaines (philosophie, sociologie, psychologie) dans la société et dans les médias, les fonds s’appauvrissent et les ventes baissent. Les éditeurs ont donc tout intérêt à mettre en place des stratégies pour reconquérir ce public universitaire, mais aussi capter le « “petit” grand public éclairé », selon l’expression de Monique Labrune, directrice du département sciences humaines du Seuil. Le modèle économique de l’avenir consisterait d’ailleurs en une synergie entre universitaires et grand public.

Comme il a été dit un peu plus haut, la solution de certains éditeurs pour sauvegarder la production d’ouvrages érudits et spécialisés, serait d’opter en parallèle pour une production plus grand public. Afin d’attirer ce grand public, diverses opérations peuvent être mises en place : les éditeurs emploient en effet beaucoup d’énergie à rendre désirables les livres qu’ils publient.

Une première stratégie consiste à mettre l’accent sur l’événement autour du livre : organisation de rencontres, de débats sur le thème du livre dans les librairies, comme c’est le cas avec les “forum Fnac”, ou encore les “rencontres Decitre” dans la région Rhône-Alpes. Ces forums ou rencontres associent souvent une petite conférence, un débat, puis une séance de dédicaces. Ils ont l’avantage d’attirer non seulement les lecteurs qui connaissent déjà l’auteur et viennent spécialement le rencontrer, mais aussi les personnes qui passaient dans la librairie pour tout autre chose. Des débats ou conférences peuvent aussi être organisés à l’extérieur des librairies : salons ou journées du livre dans certaines villes. Par exemple, Laurence Vanin-Verna, directrice et auteure de la collection “La philo ouverte à tous”, participe très régulièrement aux forums Fnac, aux rencontres Decitre, à des conférences organisées par d’autres librairies, ou encore, par exemple, aux journées du livre de Felletin en août. Comme elle nous l’a confié, cette forte activité est nécessaire pour combler son manque de notoriété dans le milieu médiatique, du fait qu’elle n’a pas un “nom” qui parlerait de lui-même. Mais on peut imaginer que ces multiples opérations de promotion sont beaucoup plus enrichissantes pour elle (et pour le public) que des passages à la télévision : l’échange avec le public y est sans doute beaucoup plus instructif et fructueux sur le plan de l’initiation à la philosophie.

Une autre stratégie, moins fréquente, peut consister à mettre en place un site internet autour d’une collection. On parle alors d’un “site compagnon”, complément de la collection. Ce site peut avoir une rédaction dédiée, spécifique au site et n’est donc pas, dans ce cas, un simple double de la version papier. Ainsi le site de la collection “Philosopher” chez Larousse (osezphilosopher.fr99) propose-t-il des compléments à la collection dans divers onglets, comme une sélection de références bibliographiques pour pousser plus loin la lecture, un dictionnaire de notions philosophiques, une page présentant tous les ouvrages de la collection avec des extraits en ligne, des interviews-vidéos de V. Cespedes s’exprimant sur l’utilité de la philosophie aujourd’hui, sur ses rapports avec la démocratie etc. Selon lui, Internet permettrait d’attirer surtout les jeunes, qui ont plus tendance à délaisser le livre. Le site propose également un blog, tenu par le directeur de collection, mais il est pour l’instant un peu délaissé (pas de mise à jour depuis octobre 2008). Selon V. Cespedes, le site avait pour vocation d’être une sorte d’agora philosophique, avec un forum où auteurs et lecteurs pourraient débattre librement. Or, à ce jour, il n’en est rien, preuve peut-être qu’allier deux médias est difficile. C’est en tout cas l’avis de F. Gerschel, fondateur de la revue Philosophie Magazine, qui ne croit pas au modèle du bi- média, car il serait difficile de faire coexister une offre payante et une offre gratuite. Le site philomag.com est donc un site compagnon mais sans rédaction dédiée, car le public serait beaucoup plus attaché au papier. Une exception au moment du bac où une opération spéciale est organisée sur le site : le corrigé en direct des sujets de philo, qui attirent près de 50 000 visiteurs en une journée.

2. COMMENT INCITER, COMMENT RENDRE LA PHILOSOPHIE ATTRAYANTE : STRATEGIES EDITORIALES ET AUCTORALES.

L’enjeu, pour les éditeurs et pour les auteurs, est d’inviter des lecteurs non-spécialistes à lire des ouvrages consacrés à une discipline qui possède encore une certaine sacralité, ou qui inspire en tout cas des réticences et des craintes (notamment celle de ne pas se sentir un lecteur légitime). La philosophie doit donc plus que jamais se montrer incitative, attrayante, et se donner une image en rupture avec celle qu’on lui donnerait à l’université. Depuis le livre pris comme objet attrayant, jusqu’aux thèmes abordés, en passant par les promesses faites au lecteur sur les quatrièmes de couverture et dans les préfaces, les voies sont multiples et il s’agit de les conjuguer.

a. L’objet-livre.

Premier reflet d’un ouvrage, l’apparence du livre en tant qu’objet doit attirer l’œil du lecteur potentiel et l’inciter à le découvrir.

Le format, tout d’abord, peut jouer un rôle dans cette attractivité. Certains éditeurs préfèreront une taille très réduite avec un petit nombre de pages, comme les collections “Boîte à outils philo” de Milan (carré de 12×12) ou “Philosopher” chez Quintette (12×16), pour plaire à des lecteurs qui ne sont pas habitués à lire ou pour montrer qu’on est capable de relever le défi de concilier concision et clarté. Ces petits formats, auxquels il faut ajouter les formats poche un peu plus grands, sont également facilement transportables, à mettre dans une poche ou un sac à main pour lire dans le métro par exemple. La maniabilité peut en effet être un argument de vente non négligeable. Les très petits formats et les poche ont aussi l’avantage de proposer des prix attractifs (entre 4 et 10 euros), enjeu important de la démocratisation de la philosophie et de la culture en général. Les livres plus épais, plus grands, viseront des lecteurs déjà aguerris pour qui le nombre de pages et l’effort de lecture ne constituent pas un obstacle psychologique pour découvrir la philosophie. Ainsi les ouvrages de L. Ferry, Comte-Sponville ou Onfray dans leurs premières éditions (souvent rééditées en poches du fait de leur succès). Une taille plus grande et une maquette plus travaillée que celle d’un poche confèrera au livre un certain prestige auprès des lecteurs habitués et sensibles aux ouvrages de meilleure facture. Ils sont néanmoins plus chers, autour de 20 euros.

Partant du principe que ce type de livre, pour rendre attrayante la philosophie, doit donner une image non rébarbative de la discipline, la couverture occupe une place de choix pour la dimension visuelle. Il s’agit, encore une fois, de faire rupture avec la représentation qu’on se fait de la philosophie universitaire, donc de proposer des couvertures plus originales et d’autant plus séduisantes qu’on s’adresse à un public potentiellement jeune. On pourra alors jouer sur la typographie de la page de titre (jeux sur la forme, la taille, la disposition des caractères). Par ailleurs, le jeu sur les couleurs est presque omniprésent : on fera le choix de couleurs gaies ou lumineuses, surtout pour les ouvrages s’adressant à des publics jeunes ou centrés spécifiquement sur l’initiation à la philosophie. On rencontre fréquemment des illustrations sur la couverture : dessins humoristiques, parodiques, ou dessins représentants des traits d’esprit. Ainsi, les ouvrages de la collection “pause philo” chez Milan présentent souvent des dessins ou photos-montages amusants : une carte bleue anthropomorphe chargée de sacs de courses sur la couverture de Petite philosophie du shopping100 ; un ballon de rugby placé entre la main de Dieu et celle d’Adam dans une parodie d’un détail de la création de Michel-Ange, sur la couverture de Petite philosophie du rugby101. On trouvera aussi des photos ou dessins assez spirituels sur les couvertures de 39 petites histoires philosophiques d’une redoutable simplicité102, de 101 expériences de philosophie quotidienne103. Les éditeurs et auteurs peuvent aussi faire le choix d’intégrer des illustrations à l’intérieur de l’ouvrage. C’est souvent le cas pour des ouvrages de taille moyenne à grande. Le texte sera alors plus aéré, et la lecture plus ludique. La place de ces illustrations est importante dans les ouvrages de type manuels ou guides : l’Antimanuel de philosophie, ou encore le Guide de l’apprenti philosophe104 auquel a collaboré l’artiste et auteur de bandes dessinées Benoît Jacques. Dans Les consolations de la philosophie105 Alain de Botton a choisi d’illustrer de manière exhaustive tous ses propos : reproductions d’œuvres d’art, images extraites de films, paysages, mais aussi photo d’un avion puis d’un carcasse d’avion lorsqu’il est question d’un crash d’avion, photos de noix de Saint Jacques lorsqu’il est question de ces coquillages etc.

D’autres auteurs ou éditeurs font le choix de plus de sobriété dans la maquette de leurs livres. Un Luc Ferry, un Comte-Sponville, un Finkielkraut, ou même les ouvrages de la collection “Philosopher” chez Larousse, accordent au texte la plus grande place et proposent une maquette beaucoup plus traditionnelle. Finalement, on remarque qu’en règle générale les livres en tant qu’objets auront une apparence différente selon qu’ils s’adressent à un public vraiment très large (couvertures colorées, bariolées, illustrations…) ou à ce fameux “grand public cultivé” (maquettes plus traditionnelles, et, si illustration il y a, celles-ci seront plus “sérieuses”, moins humoristiques).

Dans la presse, mis à part les hors-séries et dossiers spéciaux de certains magazines, il n’existe qu’un mensuel dédié à la philosophie. Philosophie magazine a beaucoup misé sur sa présentation, son aspect visuel, comme nous l’explique son fondateur Fabrice Gerschel106. Les techniques sont classiques : choix du papier glacé très brillant pour la couverture, maquette aérée, nombreuses photos, rubriques diversifiées. Mais le résultat est souvent original. Les couvertures, en particulier, sont toujours des montages de photos surprenants qui attirent l’œil et invitent déjà à s’étonner, à réfléchir sur la question posée par le dossier central. Ces stratégies contribuent, selon le fondateur de la revue, à “dépoussiérer” l’image de la philosophie.

L’aspect visuel des livres de philosophie pour enfants fait bien entendu l’objet d’une attention encore plus importante. Plus les publics visés sont jeunes, plus il y aura d’illustrations et moins il y aura de texte. Par exemple, la collection “Philozidées” chez Nathan propose seulement une réflexion par double-page. Tout l’espace de cette double-page est occupé par les images virtuelles conçues par Jacques Després.

b. Le titre et les promesses de la quatrième de couverture.

Pour viser un public non-initié, le titre d’un ouvrage doit être d’emblée très évocateur, pour ne pas dire “accrocheur”. Il doit être représentatif du contenu de l’ouvrage, ne pas être trop abscons, et susciter un désir de lecture soit en répondant éventuellement en quelques mots aux attentes du public, soit en proposant un titre surprenant, intrigant.

Une partie des titres rencontrés évoquent des préoccupations quotidiennes ou existentielles que peut avoir le public et présentent l’ouvrage comme une réponse à ces préoccupations : Les consolations de la philosophie107, d’A. de Botton ; La philosophie comme remède au chômage108, de J-L. Cianni ; ou Vaincre les peurs109 et Apprendre à vivre110, de L. Ferry. Ce type de titre met l’accent sur la dimension pratique et l’utilité de la philosophie. D’autres titres peuvent évoquer des activités ou des problèmes quotidiens, mais avec un traitement plus léger : avec Petite philosophie du shopping ou Petite philosophie du bricolage etc., la collection “Pause philo” chez Milan propose de traiter des questions très concrètes et a donc opté, dans la plupart de ses ouvrages, pour un titre commençant par Petite philosophie de… Le mot « petite » permet d’annoncer à la fois un sujet philosophique modeste, un traitement sans prétention de la question, mais aussi une compréhension facilitée, sans grands mots, sans grands concepts. Cette cohérence dans les titres est d’ailleurs un repère important pour les lecteurs.

Mis à part le cas des ouvrages proposant de traiter des notions philosophiques traditionnelles, les titres des ouvrages de philosophie pour le grand public contiennent rarement des concepts. Ils se veulent souvent au plus proche de la “vie”, et au plus loin du type de titre que l’on peut rencontrer dans les productions universitaires. Ils doivent marquer les esprits, proposer des thèmes porteurs.

Certains titres sont des questions. Ils rappellent ainsi des sujets de dissertations, invitant dès la couverture à s’interroger et à aller voir à l’intérieur de l’ouvrage comment il est possible de répondre à la question. Les petits ouvrages de la collection “Boîte à outils philo” chez Milan en font partie : Faut-il tolérer toutes les idées ?111, Faut-il donner un sens à la vie ?112 etc. Certains ouvrages pour enfants ont aussi un titre en forme de question, stimulante et propice à éveiller les réponses du petit lecteur, comme la collection “Philozenfants” qui demande « c’est quoi ? », un peu à la manière des enfants (Les sentiments, c’est quoi ?, Moi, c’est quoi ?, La liberté, c’est quoi ? etc.).

D’autres collections pour enfants préfèrent des titres opposant deux notions, comme “les goûters philo” : Le succès et l’échec, Le respect et le mépris. A noter que cette collection a fait le choix d’évoquer parfois, dès le titre, des notions plus abstraites et difficiles : L’être et l’apparence, Le bien et le mal, Les dieux et Dieu, Normal et pas normal etc.

Il peut arriver, plus rarement, que les auteurs et les éditeurs misent sur un titre surprenant, intrigant, jouant ainsi sur la puissance d’attraction que peut engendrer l’étonnement chez le lecteur. Des titres comme Platon et son ornithorynque entrent dans un bar113 ou Zénon et la tortue114 ne peuvent manquer de susciter la curiosité.

Quant à la quatrième de couverture, elle va s’avérer déterminante dans le choix ou non du livre. Elle répond bien sûr à une logique beaucoup plus commerciale que pour des livres de philosophie à public plus restreint. Elle doit évidemment s’accorder au titre et exposer le projet de l’ouvrage ainsi que la problématique philosophique abordée. Elle doit retenir définitivement l’attention du lecteur déjà sollicitée par le titre. Parfois, c’est un extrait du livre qui est reproduit, visant ainsi à prouver que le contenu est accessible, à donner un aperçu du style adopté. La quatrième de couverture doit également vanter les mérites du livre et les qualités de l’auteur. Sur celle de l’Antimanuel de philosophie de M. Onfray, on peut lire : « On peut philosopher en charentaises, tranquille; sans mettre en jeu le monde comme il va ; on peut, aussi user de la philosophie comme de la dynamite – en nietzschéen. C’est ce que propose Michel Onfray dans cet Antimanuel qui interroge philosophiquement le monde réel à partir de questions très contemporaines (…). Ce Livre transfigure les contraintes du programme scolaire des élèves de terminale en une série de Leçons socratiques et alternatives dans lesquelles la jubilation n’empêche pas la pensée – puisqu’au contraire elle la rend possible ». Sur celle des Consolations de la philosophie, on lit : « Et donc, si l’on en croit Alain de Botton, Socrate nous consolera d’être impopulaire, Épicure de manquer d’argent, Sénèque de se sentir perpétuellement frustré, Montaigne de ne jamais se sentir à la hauteur, Nietzsche de devoir sans cesse affronter de nouvelles difficultés et, sans doute plus surprenant encore, Schopenhauer d’avoir des chagrins d’amour. En six chapitres pleins de verve et d’érudition, sans oublier une solide dose de bon sens, nous allons apprendre à mieux vivre ».

Le plus souvent, donc, les quatrièmes de couverture des ouvrages grand public présentent essentiellement des arguments de vente et répondent à une logique commerciale, utilisant des formules très accrocheuses et présentant la philosophie comme une sorte de promesse de bonheur. Encore une fois, c’est d’autant plus le cas que l’ouvrage se veut “très grand public”. Des livres grand public mais un peu moins accessibles usent de plus de sobriété dans leurs arguments : ainsi par exemple, les quatrièmes de couvertures de la collection “Philosopher” chez Quintette nous disent « Cette collection est une invitation à l’effort de chacun pour penser par soi-même ». On peut également privilégier sur la quatrième de couverture les principales problématiques du livre, sans avoir à louer de façon excessive l’auteur ou l’ouvrage.

c. Le pacte de lecture dans les ouvrages d’initiation.

Les ouvrages d’initiation destinés au grand public visent à rendre la philosophie plus accessible : ils doivent répondre aux attentes potentielles ou avérées du public tout en restant fidèle à une forme d’écriture qui reste – quoi qu’en en pense après jugement – philosophique, une écriture qui résiste nécessairement plus ou moins à la lecture pour un public non-initié. Cet obstacle peut d’ailleurs s’avérer uniquement psychologique et non fondé sur une difficulté réelle de compréhension. L’auteur est donc souvent forcé de passer avec le lecteur une sorte de “pacte de lecture”, où il expose son projet, avec ses ambitions et parfois ses difficultés, tout en invitant le lecteur à le suivre et à lui faire confiance. Il peut également inciter le lecteur à aller plus loin que cette seule lecture. Ce pacte de lecture est le plus souvent formulé dans l’introduction, l’avertissement, l’avant-propos, ou la préface.

Ainsi, bien que l’objectif affiché soit de rendre la philosophie accessible à tous, beaucoup d’auteurs restent, en quelque sorte, honnêtes en annonçant que cette discipline est un chemin long, relativement difficile, et qui demandera un minimum d’effort de la part du lecteur. Il est important de remarquer toutefois que cette honnêteté, qui consiste à prévenir des difficultés de la philosophie, constitue la justification même de l’existence de tels ouvrages. Car si la philosophie était vraiment facile, les livres d’initiation à la philosophie n’auraient pas lieu d’être et l’on pourrait philosopher à partir de rien.

Dans l’avant-propos des Présentations de la philosophie115, A. Comte-Sponville commence par décrire la philosophie comme un travail, qui exige efforts, patience et lectures nécessaires. Il se présente comme une simple introduction, une porte parmi d’autres pour “entrer en philosophie”, et laisse au lecteur le soin d’aller ensuite, par lui-même, faire ses propres lectures, de partir à la découverte des œuvres. L’auteur se réclame ici de Kant, pour qui il est important non pas d’apprendre la philosophie mais d’apprendre à philosopher, à penser par soi-même mais avec les autres. Le pacte de lecture est ici assez clair et l’auteur semble conscient des faiblesses d’une simple introduction à la philosophie. En même temps, il nous dissuade d’interrompre là notre lecture en affirmant que l’homme « ne peut renoncer à la philosophie qu’en renonçant à une part de son humanité ». Dire cela, c’est forcer un peu l’acceptation du pacte de lecture. Voilà donc le lecteur averti : ce sera relativement difficile pour lui, mais maintenant qu’il a commencé, il ne peut s’arrêter là. D’autres ouvrages également invitent le lecteur à un travail et des lectures personnelles, comme le Guide de l’apprenti philosophe116 de Christian Roche et Jean-Jacques Barrère : dans l’introduction, les auteurs justifient la nécessité d’un guide pour explorer la philosophie, pour savoir où commencer. Ils présentent le livre comme à la fois instructif et distrayant, tout en invitant les lecteurs à ne pas s’en arrêter à cette lecture, à réfléchir par eux-mêmes : « Et enfin, vous adonner à la réflexion, à la comparaison et même – pourquoi pas ? – à la méditation. (…) Le seul espoir que nous ayons : que vous finissiez, après l’avoir acheté, par abandonner ce livre sur quelque étagère de votre bibliothèque (…) et qu’alors, vous alliez en voyage, seul, le nez au vent… ». La collection “Philosopher” des éditions Quintette se place, elle, sous l’autorité d’Alain : « La fonction de penser ne se délègue point, disait Alain. C’est tout le sens de la réflexion philosophique. Si philosopher c’est s’interroger sur le sens des mots et des choses, cette collection est une invitation à l’effort de chacun pour penser par soi-même ». Fernando Savater, auteur de Penser sa vie, invite le lecteur à « penser avec lui, voire contre lui ». Il dit ne proposer qu’un itinéraire, pour des tâtonnements, et pas un « guide définitif de pensées valables ». Il insiste sur la nécessité de l’investigation. Ces ouvrages semblent donc rester assez lucides sur la nature de la philosophie. Si l’on peut discuter de la valeur intrinsèque de ces ouvrages, il faut tout de même leur concéder qu’ils gardent envers la philosophie un certain respect et n’affichent pas des prétentions excessives, ce qui n’est pas toujours le cas.

Dans Comment choisir son philosophe ?117, O. Saint-Drôme (qui n’est pas lui-même philosophe) se fait l’apôtre d’une simplification nécessaire de la philosophie, en évoquant la collaboration du philosophe Frédéric Pagès : « Nous l’avons (…) irrité avec notre volonté de simplifier ; indisposé avec notre refus de retracer l’historique des concepts ; horripilé avec notre tendance à surfer sur la crête des idées ». Mais il finit par reconnaître : « La philo, ça commence par un effort, ça continue para des efforts et ça se termine par des efforts » (cette formule plutôt complaisante semble d’ailleurs signifier que la pratique de la philosophie se “termine” un jour, ce qui parait contradictoire avec la nature même de la philosophie). On remarque ainsi que parfois, le fait de concéder à la philosophie qu’elle est exigeante et difficile n’est peut- être qu’une manière de se donner bonne conscience tout en s’autorisant par ailleurs à ne plus vraiment respecter ses “devoirs” à l’égard de la philosophie. Beaucoup d’ouvrages cependant ne s’embarrassent pas de ces précautions et ne semblent pas s’interroger sur leurs limites ni sur les limites en général d’un livre d’initiation ou de vulgarisation. Ils promettent au public une lecture facile, sans jargon, sans technicité, avec une grande complaisance à l’égard des attentes supposées du grand public.

d. Faire de la philosophie avec tous les matériaux possibles, inventer des voies d’accès différentes pour « entrer en philosophie ».

Pour rendre la philosophie plus attrayante, les auteurs et éditeurs peuvent faire le pari d’inventer des voies d’accès nouvelles vers la philosophie. Les ouvrages grands public publiés ces dernières années essaient de montrer que l’on peut philosopher à partir de tout, même des choses les plus banales ou qui semblent les plus étrangères à la philosophie. Ils font donc le choix de plus d’originalité en abordant des thèmes non traditionnels ou non académiques. Pour reprendre le titre de l’ouvrage de Rosi Braidotti, la philosophie interviendrait désormais « là où on ne l’attend pas ».

Comme nous l’avons observé plus haut, beaucoup d’ouvrages abordent des questions de la vie quotidienne, des activités courantes comme le sport, le bricolage, le shopping. Les préoccupations et activités du quotidien concernent tout le monde et peuvent donc, si l’on prend la peine réfléchir dessus, constituer une porte d’entrée accessible pour les non-spécialistes. Par exemple Pierre Riffard, dans Philosophie matin, midi et soir118, choisit même de construire une réflexion à la fois littéraire et philosophique selon la trame d’une journée, depuis le réveil matinal jusqu’à l’endormissement le soir, en passant par la douche, les trajets en bus, le travail etc.

On peut aussi choisir d’inviter à la philosophie par le biais d’autres domaines culturels ou artistiques, par exemple le cinéma (Cinéphilo119, La philosophie sur grand écran120…). Désormais la philosophie s’occupe également de télévision, avec l’ouvrage Philosophie en séries121 publié en 2009.

Il faut enfin mentionner ces auteurs américains Thomas Cathcart et Daniel Klein, qui dans Platon et son ornithorynque entrent dans un bar…122, proposent de philosopher à partir des histoires drôles. Selon eux, les concepts et théories philosophiques pourraient s’éclairer « à la lumière de bonnes blagues », celles-ci regorgeant de contenus philosophiques. Les histoires drôles auraient en commun avec la philosophie la même envie de « confondre nos préjugés, de tournebouler notre univers et de surprendre au gîte où elles se cachent les vérités sur la vie, le plus souvent dérangeantes ». On pourrait ainsi montrer qu’une blague sur l’adultère peut être le support d’un concept empiriste britannique, ou encore qu’il existe des blagues pour illustrer le telos aristotélicien. Cet ouvrage, certes surprenant et relativement bien écrit, a cependant tendance à se présenter comme un précurseur en la matière alors que d’autres ont été écrits dans la même veine quelques années plus tôt : par exemple en 2007 Petite philosophie des histoires drôles de Luc de Brabandere123.

Cette manière de “dépoussiérer” la philosophie en s’intéressant à des domaines qui lui sont a priori extérieurs semble avoir pour visée, entre autres, de faire rupture avec une tendance de la philosophie universitaire ou érudite que l’on pourrait qualifier de tendance autoréférentielle : philosopher sur la pensée d’un philosophe ou sur un concept purement philosophique. Désormais les auteurs veulent montrer que l’on peut philosopher même à partir de ce qui n’est pas d’emblée philosophique, et qu’il est possible de tout penser grâce à la philosophie. Cet argument est sans doute très vendeur, et un lecteur non-initié sera probablement plus attiré par un livre de philosophie sur le rugby ou le cinéma que par un ouvrage traitant du sujet transcendantal chez Husserl, même si celui-ci relève de la vulgarisation. Ces livres de philosophie, pour être lus, doivent s’adapter aussi aux centres d’intérêt du grand public. Mais au delà de cet aspect promotionnel, il s’agira plus tard de s’interroger sur cette tendance actuelle de la philosophie à vouloir tout penser, non pas dans le but de penser le tout mais d’explorer dans leurs moindres détails tous les domaines du réel.

3. LA PROBLEMATIQUE DE L’ECRITURE : COMMUNICABILITE ET TRANSMISSION.

La problématique de l’écriture philosophique est centrale si l’on veut étudier ces ouvrages pour le grand public. L’enjeu est la communicabilité d’un langage qui doit rester, même en étant plus simple, philosophique. Ce langage doit rendre possible la transmission d’un savoir, d’une culture philosophique, mais aussi, idéalement, la transmission du désir de penser par soi-même. Il convient donc de s’interroger sur les notions de vulgarisation et de pédagogie ainsi que sur les différentes manières d’écrire choisies par les auteurs de ces ouvrages destinés au grand public.

a. Vulgariser, rendre accessible la philosophie : un exercice problématique.

Il existe dans l’histoire de la philosophie des ouvrages très abscons et techniques côtoyant des ouvrages qui au contraire, sans pour autant traiter des questions moins importantes ou moins sérieuses, utilisaient un langage plus proche de l’exigence de clarté. Les Méditations Métaphysiques de Descartes par exemple, ou de nombreux ouvrages d’Alain, sont écrits dans une langue extrêmement commune et avec le moins de jargon possible. A l’inverse, un Kant ou un Husserl s’avèrent très difficiles à lire pour le non-philosophe. Ainsi semblent cohabiter dans l’histoire de la pensée deux conceptions, deux traitements différents du langage philosophique. La manière d’exposer sa pensée, de la partager, dépend entièrement du langage utilisé. Ainsi, comme l’écrit P. Thouard dans l’introduction de son ouvrage Le Partage des idées124, « des apophtegmes les plus abscons à la translucidité de l’essai pédagogique, du mime savant au mime poétique, l’éventail des possibilités formelles qui s’offrent [au philosophe] est vaste. Il relève d’un enjeu qui excède la simple stratégie de séduction ou de dissimulation, puisqu’il engage (…) le sort de sa pensée comme pensée partagée. »125. A une écriture simple, diaphane, tentant de réduire « l’écart entre la voix qui parle et l’oreille qui écoute », s’opposeraient une forme de séduction pour le mystère, l’obscurité, et une stratégie du retrait visant parfois à susciter la curiosité et à aiguiser l’intelligence du lecteur. Le problème de la communicabilité de la vérité a donc toujours été au cœur de l’histoire de la discipline.

Mais comme nous l’explique Y. Belaval dans Les philosophes et leur langage126, il ne faut pas confondre la clarté du langage avec celle de la pensée. Il y a une différence entre pouvoir lire et pouvoir comprendre et interpréter. Ainsi, le langage de Nietzsche peut sembler simple – c’est surtout dû à sa dimension poétique – mais la pensée, elle, l’est beaucoup moins. C’est là le piège de la facilité de lecture, à laquelle s’ajoute la facilité d’écriture : écrire de manière simple ce n’est pas pour autant être clair dans l’exposé de sa pensée. Et c’est prendre le risque de trop simplifier les problèmes voire de sacrifier l’exigence de rigueur propre à la philosophie. De plus, on reproche au langage technique et abstrait de s’écarter de l’évidence et de la clarté pour se perdre dans du « bavardage » ; pourtant « la raison d’être du vocabulaire technique ne réside -t-elle pas dans l’exigence de la clarté ? ». Ainsi Husserl fait-il de l’évidence la garantie de l’élucidation alors qu’il s’exprime lui-même dans un langage plutôt ésotérique. L’écriture philosophique est donc d’emblée problématique, et cela ne facilite pas l’élaboration d’ouvrages pour le grand public, ce qui explique peut -être que ce type d’exercice soit si difficile et si rarement réussi. Toujours est-il que l’utilisation d’un langage commun, partagé, n’a jamais interdit l’accès à des problèmes complexes ni empêché de les traiter avec profondeur. C’est cette particularité du langage philosophique qui doit sous-tendre la rédaction des ouvrages pour le grand public.

Il convient de faire remarquer que la notion de vulgarisation, appliquée à la philosophie, s’avère problématique. Elle signifie le fait de rendre accessible un savoir à un public profane. Or, ce qui pose ici problème n’est pas l’idée d’accessibilité, mais bien celle de “savoir”. Car la philosophie est certes un savoir (les concepts, l’histoire de la philosophie, tout cela s’apprend) mais elle ne peut en aucun cas se réduire à cela. Elle est aussi – et surtout – une réflexion, l’élaboration d’une pensée dans le temps. Dès lors, on voit mal comment vulgariser une réflexion sans la dénaturer, sans mutiler ses étapes et ses rebonds. Et il semble difficile de séparer le savoir philosophique de son élaboration historique et temporelle, d’autant plus que la philosophie consiste en une réflexion sur les savoirs. Il ne s’agit pas d’un simple exposé de connaissances. En somme, le savoir philosophique a ceci de spécifique qu’il est toujours déjà réflexion. Et ce qui permet de dire qu’un ouvrage est réellement philosophique, c’est précisément qu’il construit une réflexion propre, inédite, voire innovante.

L’écriture de philosophie pour le grand public est donc un exercice problématique car il ne s’agit pas uniquement de transmettre un savoir : ce qu’il faut aussi transmettre c’est la teneur et l’évolution d’une réflexion, c’est la pensée en train de se faire et non simplement le résultat. Enfin, idéalement, il faut transmettre un certain type de rapport à la philosophie, qui ne relève pas uniquement de l’observation et de la réception, mais qui suscite une réflexivité, un désir d’imiter non pas le contenu de la pensée mais l’acte de penser lui-même.

b. Le passage d’une écriture universitaire à une écriture pédagogique.

Il se trouve que très rares sont les auteurs de philosophie pour le grand public qui s’expriment et s’expliquent dans leurs ouvrages sur leur manière d’écrire. La plupart d’entre eux sont des professeurs ou d’anciens professeurs d’université. Il serait donc intéressant d’apprendre comment il est possible de passer d’une écriture universitaire (destinée aux spécialistes voire aux étudiants) à une écriture très pédagogique, accessible aux non-spécialistes. Mis à part le rejet du jargon et de la technicité, on en sait peu sur leur travail d’écriture. La manière de traiter ce qui relève du concept, par exemple, est peu commentée.

Ce qui ressort dans les ouvrages grand public de qualité, ce sont des démarches qui ne relèvent pas de la réduction ou de la renonciation (au concept, à l’abstraction, à l’analyse…) mais plutôt de la reformulation ou du “dépliage” des idées. On ne cherche pas un langage qui épouse le concept pur : il faut au contraire déplier (selon l’étymologie même d’ “expliquer”), retracer les étapes d’une réflexion. C’est là une forme de “vulgarisation” valable pour la philosophie. A l’inverse, certains ouvrages ne s’embarrassent pas de cette rigueur et contiennent ainsi de nombreux raccourcis (c’est-à-dire le fait de ne pas retracer le lien entre les idées) et des approximations. L’honnêteté intellectuelle, valeur indispensable en philosophie, doit donc sans cesse sous-tendre l’écriture. L’impact pédagogique de cela est aisé à comprendre : en effet, ne donner que les résultats d’une réflexion ou faire des liens peu justifiés entre les idées ne constitue pas un modèle de pensée à imiter pour les lecteurs. Le lecteur, pour comprendre et s’approprier l’essence de la réflexion philosophique (et non pas uniquement ses résultats), doit trouver en face de lui une pensée en train de se faire, une pensée qui s’explique et se justifie elle-même.

Jean-Philippe Pierron, professeur à l’Université Lyon III et auteur de Faut-il donner un sens à la vie ? dans la collection “Boîte à outils philo” chez Milan, a aimablement accepté d’expliquer la manière dont a été composé ce petit ouvrage. Tout d’abord ce dernier a fait l’objet d’une commande de la part de l’éditrice, Martine Laffont, elle-même docteur en philosophie – ce qui a permis une collaboration fructueuse. Le fait qu’il s’agisse d’une commande posait d’emblée des contraintes d’écriture, difficiles mais stimulantes : sujet et titre (sous forme de question) étaient imposés, un peu comme l’exercice de la dissertation. L’auteur et l’éditrice se sont mis d’accord sur la nécessité d’écrire des phrases courtes, de bannir le vocabulaire technique. Un autre point important a été l’interdiction des notes en bas de pages, ce qui obligeait à la clarté au tout premier degré de l’écriture. Cette contrainte a été mise en place au niveau de la collection car celle-ci vise des publics jeunes et peu habitués à la lecture de philosophie. Enfin, l’ouvrage devait proposer, à la fin, une “boîte à outils” : quelques concepts expliqués et des références pour pousser plus loin les lectures. J-P. Pierron nous a par ailleurs expliqué que cette écriture était le fruit d’une collaboration et d’échanges successifs entre lui et l’éditrice. Plusieurs relectures ont été faites par l’éditrice, qui proposait ensuite de retravailler certaines formulations, de raccourcir certaines phrases. Du fait de la formation philosophique de Martine Laffont, ce travail a été très efficace et pertinent. Ensuite, l’ouvrage a été soumis à des lectures-tests : l’auteur a fait lire certains passages du livre à des adolescents de son entourage (deux lycéens et un élève de 15 ans). Ceux-ci ont émis des questions, beaucoup plus sur le fond que sur la forme, ils ont réagi au contenu philosophique lui-même, prouvant que l’écriture adoptée ne constituait pas un obstacle à la compréhension. Une autre lecture-test a été faite avec un journaliste de l’Equipe , afin d’essayer de s’adapter à plusieurs types de publics. Celle-ci également s’est avérée positive. On constate donc que l’écriture, loin de se réduire à une activité solitaire, est parfois le fruit d’échanges multiples et se fait par adaptations successives. Elle est mise à l’épreuve bien avant la publication et retravaillée dans les détails afin de coller le plus possibles aux caractéristiques du lectorat. M. Pierron a beaucoup insisté sur la démarche pédagogique mise en œuvre dans son écriture, la communicabilité de la philosophie passant selon lui par la nécessité de trouver des médiations efficaces. Trouver ces médiations est un exercice très difficile qui demande tout autant de rigueur qu’une écriture philosophique plus érudite et technique. La pédagogie, la clarté, sont un type de travail différent mais tout aussi exigeant. Selon M. Pierron, le fait d’être enseignant lui a été d’un grand secours, car il a pris l’habitude – et c’est même un principe fondamental dans tous ses cours – de toujours trouver des médiations, des manières de reformuler habilement les idées sans jamais les dénaturer. Pour cela, il dit privilégier “l’ordre de l’exposition” à “l’ordre des raisons”. Il est convaincu qu’il existe des manières intelligentes de rendre la philosophie accessible sans opérer une dégradation.

Cet exemple ne fait pas office de règle d’écriture pour tous les ouvrages de philosophie grand public. Beaucoup ne bénéficient pas de ce type de collaboration entre éditeur et auteur, et l’écriture ne relève pas nécessairement des mêmes exigences.

L’expérience de Michel Puech, co-auteur de la plupart des livres de la collection “Les goûters philo” chez Milan, est tout aussi instructive : son rôle était d’opérer un cadrage, une mise en forme philosophique, avant et après l’écriture du texte par Brigitte Labbé (celle-ci n’étant pas philosophe de formation) . Il nous a expliqué ne pas travailler en termes de renoncement mais plutôt en termes de ressources : « on peut s’appuyer sur toutes les ressources de la vie et des connaissances et sensibilités d’un enfant à partir de 10 ans, et c’est très riche ». Selon lui, toute pédagogie (en particulier envers les enfants) consiste à se mettre à la place de celui à qui l’on parle. Surtout, un point important est de ne pas faire ressentir à son lecteur ses lacunes en références philosophiques, son éloignement par rapport au concept.

c. Style léger, humour et désacralisation : vers une philosophie « décomplexée » ?

Il s’agit ici de s’arrêter sur une caractéristique d’écriture rencontrée assez fréquemment dans les ouvrages de philosophie pour le grand public. C’est la pratique de certaines formes d’humour, de légèreté dans le ton, contribuant à désacraliser la philosophie, à la traiter de manière moins solennelle, à la fois pour la rendre plus proche des lecteurs, plus accessible, plus désirable, mais aussi pour s’inscrire en faut contre la philosophie universitaire et sa réputation grave et hermétique.

L’écriture, libérée des exigences universitaires, se fait souvent moqueuse envers la philosophie des spécialistes. Ainsi P. Riffard commence-t-il son livre Philosophie matin, midi et soir par cette remarque : « La philosophie est comme un casse-noix : certaines personnes ne réussissent qu’à se pincer les doigts avec, les professionnels le retournent dans tous les sens, et puis – quand même – il se trouve des gens qui s’en servent pour ouvrir ces merveilleuses noix qu’on appelle les pensées »127. Cette manière d’opposer la philosophie des spécialistes obnubilés par la technicité et coupés du monde à une philosophie utile, proche de la vie relève, il faut bien le dire, du stéréotype. Ce genre d’idée traverse pourtant bon nombre d’ouvrages de philosophie pour le grand public, contribuant à accentuer l’image négative que le public peut se faire de la philosophie universitaire.

Le ton humoristique peut être adopté tout au long d’un ouvrage. Par exemple, dans Comment choisir son philosophe ?, O. Saint-Drome choisit de traiter la philosophie comme une thérapie pour laquelle il faudrait bien choisir son remède (le sous-titre est : Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques). Le titre lui-même renvoie à ces dossiers “consommation” publiés dans certains magazines (comment choisir son écran plat ou sa voiture), et chaque chapitre porte des titres humoristiques : “C’est quoi un philosophe ?”, “Où trouver du philosophe ?”, “Quelles actions acquérir pour un profit maximal ?”, ou encore “La Sécurité Sociale acceptera -t-elle de me rembourser ce livre ?”. Ce livre se moque bien sûr de la tendance à considérer la philosophie comme une thérapie, mais il est assez difficile de savoir dans quelle mesure il adhère lui-même à ce type de représentation, où s’arrête l’humour et où commence le sérieux. Et on se demande si l’auteur tente de ridiculiser les excès de la philosophie grand public actuelle, ou s’il se moque de la philosophie elle-même. En tout cas, la philosophie dans ce livre est traitée de manière superficielle, avec de nombreuses approximations et un manque certain de rigueur. Il y a beaucoup de biographies d’auteurs, traitées sur le mode de l’humour également. Certains auteurs semblent avoir pris à la lettre le trait de Pascal (« Se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher »), en oubliant qu’on ne se moque bien d’une chose que lorsqu’on la connaît et qu’on la traite profondément. D’autres ouvrages au ton humoristique peuvent s’avérer pourtant un peu plus rigoureux, comme Platon et son ornithorynque… qui se sert des histoires drôles pour illustrer des thèses philosophiques, et dont l’aspect pédagogique est réellement intéressant. Ce registre humoristique est donc très présent dans beaucoup des livres étudiés, contribuant à désacraliser la philosophie pour la rendre plus accessible mais aussi, et c’est peut-être plus regrettable, à la tourner en dérision sans vraiment proposer de réflexion alternative.

La tendance est aussi à la désacralisation des philosophes eux-mêmes. On tente de les faire descendre du piédestal où la philosophie académique les aurait placés. Ces figures intouchables de l’histoire de la pensée sont souvent raillées pour leurs manies, leurs petits défauts, ou toutes sortes de choses relevant de la biographie, mais aussi sur des traits souvent caricaturés de leur philosophie. Kant en particulier fait l’objet de pointes, chez Onfray notamment (« les conditions de possibilité, les limites – obsessions kantiennes (…) »128, qui se fait le porte-parole de philosophes mis à l’écarts en démystifiant certains philosophes qui n’ont peut -être pas la place qu’ils méritent dans l’histoire des idées (comme certains philosophes des Lumières, Voltaire et Diderot par exemple). On trouve aussi cette tendance à la désacralisation chez le philosophe Jean-Baptiste Botul (supercherie philosophique créée par Frédéric Pagès) dans La vie sexuelle d’Emmanuel Kant 129. Pagès a également fait paraître sous ce pseudonyme Nietzsche et le démon de midi130, dans la même veine. Souvent, on fait appel à ce qui est de l’ordre de la biographie et de l’anecdote pour rendre les philosophes moins impressionnants pour les lecteurs, pour leur donner un caractère plus humain. Dans Les philosophes vus autrement, par exemple, Laurence Vanin-Verna propose des anecdotes sur les grands penseurs, à partir desquelles elle expose les grands traits de leur philosophie.

Le langage employé dans ces ouvrages, enfin, contient parfois des expressions relâchées, un style familier, s’inscrivant en rupture avec le style très soutenu des ouvrages plus érudits.

La philosophie fait ainsi l’objet de tentatives de désacralisation plus ou moins pertinentes et plus ou moins justifiées, qui laissent penser qu’elle devient “décomplexée”, selon une expression en vogue. Le problème n’est pas que l’humour ou la légèreté soient incompatibles avec cette discipline, bien au contraire. La philosophie ne souffre pas d’un peu de fantaisie, de gaieté, voire de légèreté, à partir du moment où ces registres la servent au lieu de lui nuire. L’humour, la critique ironique, se doivent d’être constructives, et c’était sans doute tout le sens de la phrase de Pascal.

III – Le devenir de la philosophie au travers de ce phénomène éditorial.

Ce phénomène éditorial qui touche aujourd’hui la philosophie, avec les caractéristiques propres que nous venons d’étudier, met en question le devenir de cette discipline. Car au-delà de l’effet de mode, de l’influence du marketing et des médias, il s’agit de s’interroger sur la nature et la forme de la philosophie qui nous est proposée. Même s’il semble que le véritable devenir de la philosophie et les avancées de la pensée se jouent davantage dans la sphère universitaire ou des formes de recherches plus savantes, il n’en reste pas moins que ce qui prend aujourd’hui le nom de philosophie, destinée au grand public, influe de façon non négligeable sur l’évolution de la discipline, ou du moins sur la représentation que l’on s’en fait. Il convient donc de s’interroger sur ce que devient la philosophie, sur ce que l’on nous donne véritablement à penser lorsqu’on nous propose de nous initier ou d’aborder philosophiquement des questions qui nous concernent tous. Que met-on aujourd’hui derrière le terme de philosophie ?

1. UNE CONCEPTION PRATIQUE VOIRE UTILITARISTE DE LA PHILOSOPHIE.

Cette tendance à promouvoir une conception pratique voire utilitariste de la philosophie, souvent inspirée par les sagesses antiques, ne concerne pas tous les ouvrages destinés au grand public. Pourtant elle en sous-tend un nombre important, si bien qu’il semble nécessaire ici de s’y arrêter, afin d’en étudier les différents aspects.

a. Une volonté de revenir aux fondements de la philosophie et à l’attitude de la sagesse.

Il s’agit tout d’abord de faire remarquer une tendance qui sous-tend beaucoup d’ouvrages de philosophie destinés au grand public, à savoir une volonté de retourner aux fondements de la philosophie, à ses principes originels. Cela révèle une fois de plus une opposition au monde universitaire qui ferait de la philosophie une discipline technique et érudite alors que le véritable devoir de celle-ci serait de répondre aux interrogations les plus fondamentales des hommes. Nous avons vu combien étaient critiqués ces soi-disant excès de la philosophie enfermée dans l’académisme, s’abstrayant des préoccupations importantes des individus. Les philosophes spécialistes en auraient oublié leur curiosité d’origine, selon Jostein Gaarder131, auteur du Monde de Sophie. C’est cette curiosité, cet étonnement qu’il s’agirait de remettre à l’honneur dans toute démarche qui se voudrait philosophique. On considère en effet la philosophie comme naturelle à tout individu, devant être stimulée par l’étonnement. En somme, les débuts de la philosophie occidentale, sorte d’ “âge d’or” de la philosophie, seraient le modèle à imiter à l’échelle de chaque individu qui voudrait entrer en philosophie : l’étonnement originel, puis le questionnement, le dialogue, la réflexion, l’analyse, etc.

Il faudrait donc prendre pour archétype la démarche originelle des premiers philosophes de notre civilisation. Et en particulier Socrate, qui constitue une figure de proue, la référence la plus récurrente, symbole à lui tout seul de la philosophie. Jostein Gaarder, dans la source citée précédemment, pose l’attitude socratique comme un modèle (Socrate apprenant par la bouche de l’oracle de Delphes qu’il est l’homme le plus sage d’Athènes alors qu’il croit qu’il ne sait rien). Marc Sautet, inventeur du café-philo, se réclamait lui aussi de Socrate, et la presse l’a souvent comparé à ce personnage. Il en va ainsi de la référence socratique dans bon nombre d’ouvrages pour le grand public. Socrate représente l’autodidaxie et la spontanéité de la pratique philosophique, spontanéité qu’il faudrait justement réinstaurer, car tous les individus possèderaient en eux les germes d’une pensée ne demandant qu’à être sollicitée. La figure de Socrate et sa destinée originale constituent donc un mythe, avec ses valeurs, ses anecdotes qu’on n’en finit par de raconter comme symboles de son attitude philosophique totale. Il a d’ailleurs fait l’objet dernièrement de deux dossiers spéciaux (très similaires) dans le Magazine Littéraire de juin 2009132 et dans Lire d’octobre 2009133. Il est également courant que des livres de philosophie pour le grand public adoptent plus ou moins la forme de dialogues socratiques, comme La philosophie expliquée à ma fille134, de Roger-Pol Droit, Eloge de la faiblesse, d’Alexandre Jollien, mais aussi Le Monde de Sophie de J. Gaarder. A. Comte-Sponville, lui, affirme « philosopher à l’ancienne, mais pour aujourd’hui »135.

Par ailleurs, les philosophies antiques (l’épicurisme, le stoïcisme, ou l’hédonisme et les cyniques grecs pour Onfray par exemple) jouissent actuellement d’une notoriété importante. Des auteurs comme A. Jollien, M. Onfray, A. Comte-Sponville, se réfèrent fréquemment à ces sagesses qui réinstaurent la quête du bonheur et du bien-vivre au cœur de la démarche philosophique. Ces sagesses grecques, nées de réactions aux philosophies platonicienne et aristotélicienne qui dévalorisaient la recherche du bonheur, sont considérées aujourd’hui comme des passages obligés pour l’initiation à la philosophie mais aussi comme des garde-fous contre les pressions que nos sociétés capitalistes et individualistes peuvent faire subir aux individus.

Remettre les philosophies antiques à l’honneur, c’est aussi réhabiliter des démarches philosophiques et des modes de pensées que la philosophie moderne avait évincés. Ainsi, la notion de sagesse revient au centre des préoccupations de beaucoup d’auteurs. Il s’agit de considérer la philosophie non plus comme une forme d’érudition ou comme une volonté d’interpréter du monde – et encore moins de le transformer – mais bien comme une manière de devenir sage, d’adopter une attitude sensée face au monde, et même, si l’on en croit certains auteurs, de redonner un sens à notre existence. On en appelle à l’étymologie même du mot “philosophie”, habituellement traduit par amour de la sagesse, pour rappeler qu’on s’est peut être trop éloignés des fondements de la discipline, et que la rendre accessible au plus grand nombre nécessite peut- être de retourner à ces origines. Des ouvrages comme ceux de Comte-Sponville ou A. Jollien par exemple, sont sous-tendus par l’idée que la valeur de la philosophie consiste essentiellement dans sa capacité à nous rendre heureux et sages. Pour Comte-Sponville, qui souhaite penser une « sagesse pour notre temps » les malheurs de l’homme viendraient de l’espoir, cause de souffrance car l’homme ne peut que faire le constat d’une absence de progrès de l’humanité, d’un échec à vouloir penser les grandes valeurs comme la vérité ou Dieu. Il propose donc une attitude du désespoir, vertu qui serait source de sérénité et de béatitude. Il a été l’un des premiers à remettre à l’honneur cette forme d’éthique en France. Roger-Pol Droit nous invite à réfléchir sur les sagesses autres que grecques, comme les sagesses chinoises, tibétaines, indiennes, dans les deux tomes de Philosophies d’ailleurs136. Quant à A. Jollien (Le métier d’homme137, La construction de soi138 etc.), il préconise une sagesse basée sur la joie et la libération du regard d’autrui pour parvenir à vivre avec le handicap et mieux s’enrichir de ce que la vie offre à chacun. Et dans Qu’est-ce qu’une vie réussie, L. Ferry s’interroge sur ce que les anciens peuvent nous apporter afin de comprendre ce qu’est une “vie bonne”.

Ces exemples symbolisent la tendance actuelle de bon nombre d’ouvrages pour le grand public, à savoir proposer une sagesse inspirée des philosophies antiques ou plus récentes (Montaigne, Pascal, Nietzsche sont également des figures assez récurrentes). Il convient de s’interroger sur cet engouement pour la “sagesse” et plus largement pour la philosophie pratique.

b. Le retour d’une philosophie morale et surtout pratique.

A travers cette notion de sagesse, c’est la volonté de revenir à une philosophie morale et pratique qui prévaut. De nombreux ouvrages de philosophie pour le grand public ont une visée essentiellement éthique, centrée sur le désir de mieux vivre, d’ordonner son existence selon des préceptes et des valeurs plus solides que celles que nous offre le monde actuel.

Pour nous attarder un peu sur la notion de sagesse, il va sans dire qu’elle possède un pouvoir d’attraction important vis-à-vis des lecteurs. Elle constitue un argument de vente solide, surtout lorsque l’on nous propose de « apprendre à vivre », de « vaincre les peurs », de « se construire ». Ces propositions sont désirables pour un grand nombre d’individus en quête de développement personnel. De plus, l’appel aux philosophies antiques confère à ces ouvrages une aura et une légitimité toutes trouvées. La référence aux racines, aux fondements de la philosophie, justifie d’elle-même ces ouvrages : Socrate, Platon, deviennent des marques qui en garantissent le bien-fondé, car la confiance à l’égard de ces nobles origines ne peut être remise en question.

De plus, l’attrait pour ces philosophies peut se justifier par leur apparente simplicité et facilité d’accès. Les dialogues des œuvres de Platon, les Essais de Montaigne, les Pensées de Pascal, peuvent sembler à la portée de tous, soit du fait de leur clarté et de leur fluidité, soit du fait de leur dimension littéraire. On aurait l’idée d’une philosophie plus pure, plus spontanée, plus originelle, qui n’aurait pas été “pervertie” par les élucubrations de la philosophie universitaire et académique. Ce fantasme d’un âge d’or, selon lequel cette philosophie-là serait plus vraie, plus authentique, est bien sûr très discutable.

D’un point de vue philosophique, la sagesse s’oppose en quelque sorte à la philosophie elle- même : la philosophie serait le mouvement, l’inassouvissement, la soif de toujours plus de vérité par l’analyse et la déconstruction des concepts, ou encore, selon la théorie hégélienne, le moteur du progrès intellectuel de notre civilisation et selon Marx, le moteur de la transformation du monde ; la sagesse au contraire représente une certaine forme d’immobilité de la pensée et de l’âme, du fait de la recherche exclusive de la sérénité, de l’ataraxie. Cet “amour de la sagesse” peut donc être interprété de deux manières : soit en se plaçant du côté de la sagesse et donc de la tranquillité de l’âme, soit en se plaçant du côté de l’amour, qui place la philosophie sous le signe d’Eros, du désir jamais complètement assouvi de vérité. Ce que contiennent ces sagesses auxquelles nous invitent les philosophes d’aujourd’hui, c’est une forme d’intemporalité, dont on peut se demander si elle n’est pas en même temps abstraction vis-à-vis des réalités auxquelles nous sommes confrontées : on a du mal à comprendre comment ces sagesses antiques pourraient répondre aux enjeux de la société de l’information ou du développement durable, à moins de leur faire dire ce qu’elles ne disent pas. De plus, la notion de sagesse peut promouvoir une vie désabusée, une renonciation au progrès voire à la dimension révolutionnaire de la philosophie. Enfin, ces sagesses telles qu’on nous les présente possèdent à la limite une valeur esthétique et peuvent également apporter, de temps à autres, des solutions pour certains embarras de l’existence. Ainsi, du fait de leur nature même et de la manière dont elles nous sont servies (c’est-à -dire un peu toujours de la même façon et à la sauce d’aujourd’hui), on pourrait dire que ces sagesses ont sans doute une utilité existentielle mais qu’elles sont nulles d’un point de vue philosophique.

Plus largement – car cela va bien au-delà de la simple notion de sagesse – l’heure est donc à un regain d’attention pour la dimension essentiellement pratique de la philosophie. Sa dimension spéculative est largement mise de côté. Il s’agit bien évidemment, comme nous l’avons vu, de rendre la philosophie attrayante et désirable pour le lecteur non-spécialiste qui, sans cette dimension pratique, ne trouverait pas d’autre intérêt à la philosophie qu’un simple aspect ludique. Dès lors, nous sommes invités dans bon nombre de ces ouvrages à relire les textes de la philosophie traditionnelle afin de comprendre en quoi ils peuvent nous aider, aujourd’hui, à mieux vivre et à adopter une attitude raisonnée vis-à-vis de ce qui nous entoure. Ainsi A. de Botton nous propose-t-il de nous « consoler », grâce à quelques philosophes, de certains malheurs qui peuvent s’abattre sur nous, comme nous le résume la quatrième de couverture : « Et donc, si l’on en croit Alain de Botton, Socrate nous consolera d’être impopulaire, Épicure de manquer d’argent, Sénèque de se sentir perpétuellement frustré, Montaigne de ne jamais se sentir à la hauteur, Nietzsche de devoir sans cesse affronter de nouvelles difficultés et, sans doute plus surprenant encore, Schopenhauer d’avoir des chagrins d’amour »139. On ne cesse de vouloir nous prouver que la philosophie peut être utile en toutes circonstances, comme J- L. Cianni dans La philosophie comme remède au chômage140, et qu’elle peut changer notre existence. Selon Comte-Sponville dans Présentations de la philosophie, les questions kantiennes correspondant aux trois critiques peuvent être réunies en une seule : « Comment vivre ? ». Et pour mieux vivre, il faut donc mieux penser. La réforme de notre manière de réfléchir et de considérer le monde doit nous permettre de mener une existence plus authentique. Il est également souvent fait référence à la notion d’humanisme, notamment chez L. Ferry.

L’éthique, la dimension pratique de la philosophie, sont à comprendre comme une réponse à la demande de sens des individus de la société contemporaine. La quête de valeurs se fait alors par bricolages plus ou moins légitimes : épicurisme, kantisme, nietzschéisme, stoïcisme, scepticisme, ou hédonisme selon les situations. Les auteurs eux-mêmes défendent cette démarche en sollicitant de nombreux philosophes pour répondre à une seule et même question. Chacun est alors amené à faire sa propre cuisine parmi ces références. On peut dès lors se demander une fois de plus avec Jacques Bouveresse si la demande philosophique actuelle ne correspondrait pas plutôt à une demande de valeurs et de croyance et non à un légitime besoin de penser par soi-même et de construire ses propres valeurs. C’est tout le problème de la valeur que l’on peut accorder à l’initiation à la philosophie par ce genre d’ouvrages.

De plus, cette demande d’éthique, à laquelle répondent ces sagesses et ces formes d’humanisme réactualisées, relèverait toujours selon Bouveresse d’une certaine hypocrisie de notre société : à mesure que le cynisme se répand, on attendrait de plus en plus du philosophe qu’il renforce la bonne conscience générale en prêchant une éthique et des valeurs universelles141. Cette tendance ne serait d’ailleurs pas nouvelle, et il cite Musil dans L’Homme sans qualités : « Aujourd’hui, si tout le monde est autorisé à agir en commerçant, une vieille tradition exige que l’on parle en idéaliste ».

c. Une pensée centrée sur l’individu et la quête du bien-être : conception utilitariste de la philosophie.

On a vu que les auteurs cherchaient surtout à montrer l’utilité de la philosophie, sa pertinence dans nos préoccupations quotidiennes. Du coup, une partie de ces ouvrages axés sur la sagesse et la portée pratique de la philosophie s’adressent bien souvent au lecteur en tant qu’individu, et leur visée est avant tout celle du bien-être. De plus, on peut être amené à parler d’une conception utilitariste de la philosophie, qui pencherait vers une visée thérapeutique.

Il faut tout d’abord remarquer la tendance à s’adresser uniquement au lecteur comme individu et à son univers personnel. Certains livres, comme la plupart des ouvrages de la collection “Pause philo” chez Milan, se concentrent sur le quotidien, sur l’univers immédiat du lecteur : le voyage, le bricolage, le shopping, la naissance d’un enfant, la cuisine etc. On pourrait considérer cela comme une tendance “cocooning” de la philosophie (le cocooning étant une attitude à la mode qui consiste à valoriser le confort de la maison, le plaisir d’être chez soi). La philosophie que l’on rencontre dans ce type d’ouvrage a un aspect très casanier, elle reste cantonnée au petit monde du lecteur, sans le dépayser, sans l’inviter à explorer des thèmes plus étrangers ou plus étranges. On reste dans le quotidien, le loisir, le divertissement, c’est-à-dire dans la sphère du privé, avec toutes les implications que cela peut avoir sur la dimension politique – au sens large – de la philosophie. On ne prend pas le risque de brusquer l’individu, de le troubler dans sa quiétude ou de nuire à son identité.

La quête du bien-être, de l’épanouissement par la philosophie est également très valorisée, avec l’idée que cette discipline peut participer à la construction de soi dans l’harmonie et la plénitude. La philosophie se confond alors avec la mode du “développement personnel”. Le développement personnel est une tendance actuelle qui concerne essentiellement la psychologie, et qui vise à l’amélioration de la qualité de l’existence par une meilleure connaissance de soi, une valorisation des talents et de son propre potentiel, et à la concrétisation des aspirations. On fait appel à cette notion dans le cadre de l’existence individuelle mais aussi dans le cadre professionnel (être mieux au travail, améliorer ses relations avec ses collègues etc.) De là découle le phénomène très en vogue du “coaching”, dont le but est d’améliorer ses performances professionnelles et personnelles grâce à un suivi personnalisé. Il arrive donc qu’une partie de ce qui porte aujourd’hui le nom de philosophie participe de ce phénomène- ci, à savoir prendre les idées philosophiques comme des instruments de coaching ou de “management de soi”.

D’une mode à l’autre, la philosophie remplacerait alors la psychologie et la tendance New age. On rejoint ici le phénomène de la “philothérapie”, qui considère la philosophie comme une alternative à la psychologie pour répondre aux problèmes existentiels, aux angoisses, aux cas de conscience etc. Ainsi des ouvrages tels que Les consolations de la philosophie ou La philosophie comme remède au chômage, ou encore le best-seller Plus de Platon, moins de Prozac !142 de Lou Marinoff (figure de proue de la philothérapie aux Etats-Unis) correspondent exactement à ce type de conception de la philosophie. En plus de détourner les idées philosophiques, voire de les déformer aux seules fins du bien-être de l’individu, ces pratiques enferment la discipline dans une forme de complaisance et de consensualisme qui semble contradictoire avec la mission et la nature même de la philosophie. Le souci de soi, qui avait prévalu dans les sagesses antiques notamment, est aujourd’hui l’objet d’une récupération qui transforme la philosophie en une discipline foncièrement utilitariste tournée vers l’individu.

2. UN PHENOMENE QUI MET EN JEU LA SANTE DE LA PHILOSOPHIE.

a. La popularisation de la philosophie dans notre société : une exigence démocratique ?

Une grande partie des auteurs justifient la démarche de popularisation de la philosophie en la présentant comme une exigence démocratique. Certains ouvrages permettraient de s’approprier des outils de réflexion nécessaires à la participation au débat public. De plus, il est vrai que dans un régime démocratique, la souveraineté du peuple suppose que celui-ci soit éduqué et qu’il contribue aux décisions politiques dans l’exercice de son libre arbitre. Dans ce cadre là, et comme le promeut d’ailleurs le rapport de l’Unesco sur la pratique de la philosophie dans le monde, la démocratisation de la philosophie peut à juste titre être considérée comme une nécessité pour former des citoyens éclairés et permettre un fonctionnement sain de la démocratie. La philosophie peut en effet fournir des instruments critiques et des méthodes de réflexion très salutaires. Les enjeux que le monde d’aujourd’hui pose à nos sociétés sont, de surcroit, des problématiques qui impliquent la réflexion et l’action de chaque citoyen à son échelle, comme c’est le cas avec les enjeux environnementaux. D’autres phénomènes comme Internet, la société de l’information, la bioéthique, sont l’affaire de chaque individu et il semble nécessaire que chacun ait non seulement accès à la réflexion produite sur ces sujets mais aussi la possibilité de participer soi-même à des discussions, des débats, voire à des formes de militance. Il existe ainsi des livres, parmi ceux que nous avons étudiés, qui proposent, avec un contenu accessible, de traiter ces enjeux :

L’Ethique animale143 de Jean-Baptiste Jeangene-Vilmer, Humain, Post-Humain144 de Dominique Lecourt en sont de bons exemples. Ils s’adressent à un grand public cultivé et offrent un traitement accessible, limpide et éclairant de ces questions.

On rencontre ainsi de temps en temps dans le paysage éditorial actuel des ouvrages de ce type qui créent un véritable réseau de sens pour la société d’aujourd’hui. Mais la lecture d’un livre, vecteur de transmission d’un savoir et d’une réflexion, a un impact personnel au premier abord, et ne peut à elle seule constituer un engagement dans le débat public. De la lecture au débat ou à l’acte politique, il y a souvent un écart, d’autant plus que la possibilité de participer au débat public pour l’ensemble des citoyens semble aujourd’hui assez limitée.

J. Bouveresse fait souvent remarquer145 que dans la démocratie française actuelle, on a beaucoup plus tendance à s’adresser au citoyen par la voie de la séduction que par celle de l’argumentation. Le type d’ouvrage que nous avons cité plus haut, en plus d’être assez rare, serait donc moins susceptible d’être apprécié par un grand nombre de lecteurs, ceux-ci développant une résistance à l’égard des règles de l’argumentation, ressenties comme une violence. Les mécanismes de la sphère médiatique et journalistique auraient donc pour effet une forme de violence douce, celle de la séduction. Leur influence s’étendrait jusque dans les attentes et des exigences du public, désormais plus habitué aux formes journalistiques qu’à des formes d’argumentation rigoureuses. Du coup, il suffirait de bien écrire pour penser. Plutôt que de forcer la philosophie à se conformer à ces attentes, Bouveresse « considère l’argumentation, même si elle demande au destinataire un effort plus grand, comme plus démocratique que la simple tentative de séduction »146. Il invite à manifester beaucoup plus d’égards pour la raison d’autrui que l’on en manifeste pour ses émotions et sentiments : c’est à ce prix seulement que l’on pourrait aujourd’hui se réclamer d’une doctrine comme celle de Kant. Le problème, c’est que proclamer aujourd’hui cette exigence, c’est risquer d’être soupçonné de mépris envers les désirs, les sentiments, et l’individualité de ses contemporains. Ainsi, l’idéal d’une démocratie où l’on s’adresserait à la capacité de chacun à se servir de son entendement, et où la philosophie serait le meilleur moyen de développer cette capacité, apparaît plutôt comme une fiction. Dans ce contexte, l’idéal de démocratisation de la philosophie ne peut se faire que par des formes dégradées de philosophie, et il serait plus judicieux de vouloir donner une idée exacte de la philosophie à un nombre de lecteurs éventuellement plus restreint que d’en proposer au plus grand nombre possible une idée totalement inexacte147. Bouveresse ajoute également que la pratique de la philosophie n’est pas nécessairement une condition sine qua non pour l’exercice du libre-arbitre. Un citoyen éclairé pourrait donc très bien se passer de philosophie, malgré, encore une fois, la peur de la “barbarie non-philosophique” qui règne en France.

On attendrait donc aujourd’hui de la philosophie qu’elle éclaire le plus grand nombre de citoyens, et cet idéal est celui promu par beaucoup d’auteurs. On voudrait, selon Bouveresse, faire jouer à la philosophie un rôle beaucoup trop grand pour elle, un rôle héroïque. Il semble au contraire qu’il faille recentrer la discipline sur une visée plus modeste, et attendre d’elle uniquement ce qu’elle est en mesure de nous apporter. Même si, dans la forme que prend la démocratie actuellement la philosophie peut difficilement être démocratisée pour un très grand nombre sans s’adapter aux attentes des lecteurs – et donc, sans se manifester dans des formes dégradées – il n’en reste pas moins qu’un combat doive être mené pour que subsiste la rigueur intellectuelle, quitte à s’adresser à un nombre de lecteurs plus réduit.

b. Le fossé s’accroît-il entre philosophie universitaire et philosophie grand public ? Méfiance et rejet réciproques.

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, il existe actuellement une incompréhension réciproque entre une philosophie adressée au grand public et une philosophie universitaire spécialisée. Cette dernière est en effet considérée comme un monde fermé, coupé de « la vie » et des préoccupations des citoyens. Il y aurait donc d’un côté une philosophie cantonnée à son univers abstrait et technique, et de l’autre une philosophie « spontanée », « naturelle », plus créative, plus proche de la vie et des enjeux fondamentaux du monde contemporain. C’est également une opposition entre d’un côté le savoir, l’érudition, la technicité, et de l’autre la sagesse. Mais on peut par ailleurs observer que ces positions, si attrayantes qu’elles puissent sembler au premier abord, sont assez peu étayées par de véritables arguments. On se pose par exemple assez peu la question de l’éducabilité philosophique des individus dans le contexte culturel actuel. On considère cette demande de philosophie de la part du public comme acquise, sans prendre la peine de l’interroger, en particulier eu égard au contexte médiatique relativement coercitif que nous connaissons aujourd’hui. Ces questions sont étrangement balayées d’un revers de la main. La critique d’une élite intellectuelle est donc bel et bien à l’œuvre en même temps qu’une attitude plus ou moins anti-intellectuelle envers tout ce qui relève du concept, de l’abstraction, au nom du vécu et des enjeux plus concrets. Selon ces conceptions, la créativité ne serait plus possible au sein de l’Université.

De plus, ces positions semblent finalement enfermer l’université dans un poncif qui ne date pas d’aujourd’hui, et dont la propagation conduirait à ignorer complètement la vitalité de la production philosophique universitaire en ce qui concerne, justement, des enjeux très contemporains : société de l’information, écologie, éthique biomédicale etc.

D’ailleurs, la grande majorité des ouvrages traitant de ces sujets sont écrits par des universitaires pour le grand public, preuve que l’université n’est pas si fermée sur elle-même qu’on le prétend, et qu’elle semble s’occuper d’enjeux finalement tout aussi concrets et fondamentaux (nanotechnologies, écologie par exemple) que ceux qui concernent l’existence individuelle.

Mais à l’inverse, les universitaires ne sont pas les derniers à favoriser cette incompréhension. Généralement, toute démarche qui vise à rendre accessible la philosophie à un public plus large est méprisée, jugée avec condescendance comme un manque de sérieux. M. Pierron et Mme Vanin-Verna, professeurs d’université et auteurs d’ouvrages pour le grand public, nous ont fait part du dédain dont ils ont été l’objet de la part de leurs collègues à l’occasion de la parution de leurs ouvrages. Cette perte d’estime leur semble assez pesante professionnellement parlant, d’autant plus que la plupart de ces professeurs ne font pas de différence entre des ouvrages de vulgarisation bien écrits et rigoureux, et des ouvrages beaucoup moins sérieux et manifestant une forme dégradée de philosophie. Ils tiennent eux aussi au vieux poncif selon lequel la philosophie ne peut et ne doit s’abaisser jusqu’au grand public. Ils ne semblent pas accepter – et à juste titre dans une certaine mesure – l’intervention du marketing en philosophie, qu’ils jugent immorale.

Ce fossé entre deux conceptions de la philosophie est sans nul doute nuisible pour la “santé” de la philosophie : d’une part, les tenants d’une philosophie populaire qui critiquent vertement l’hermétisme de l’université profitent de la division pour imposer au grand public une image faussée de la discipline et une pensée pauvre ; d’autre part la plupart des universitaires, rejetant en bloc la philosophie grand public, ne laissent aucune place à la possibilité pour celle -ci de proposer des ouvrages de qualité. Mais n’est-il pas de la responsabilité de ceux qui détiennent le savoir de prendre en compte voire d’épauler des démarches balbutiantes dont certaines sont véritablement pertinentes ? La responsabilité de l’université est ici interrogée, car il ne faudrait pas croire que les productions philosophiques pour le grand public sont inoffensives et n’ont aucune influence sur la santé de la philosophie. Au contraire, la philosophie universitaire aurait tout intérêt à chaperonner, à accompagner des productions plus grand public afin de leur assurer une meilleure qualité et de réduire la séparation entre ces deux conceptions de la philosophie. Ainsi M. Pierron estime nécessaire de trouver un équilibre entre les publications universitaires et les publications destinées au grand public. Il croit en la possibilité d’exporter dans le marché grand public certaines normes et exigences propres à la philosophie universitaire.

Il semble que le fossé dont il est question ici tende pourtant à se réduire quelque peu, notamment avec l’exemple de la revue Philosophie magazine, à laquelle contribuent chaque mois de très nombreux philosophes universitaires. Selon son fondateur Fabrice Gerschel, un certain nombre de ces professeurs verraient dans cette initiative « un sérieux allié pour redorer l’image de la philosophie et empêcher la fermeture des facultés de philosophie faute d’étudiants ». Il semble également que de plus en plus d’universitaires fassent le choix d’écrire pour un plus large public et fassent ainsi bouger les représentations qui circulent dans l’université.

c. Vedettariat et présence médiatique comme indice de santé de la philosophie ?

Quand il n’est pas méprisé, le phénomène éditorial qui nous intéresse est très souvent interprété par les journalistes et par les auteurs eux-mêmes comme un regain ou un réveil de la philosophie. Celle -ci retrouverait sa vitalité, sa créativité, perdues depuis longtemps dans les ténèbres de l’université.

Mais dans le contexte de médiatisation accrue de la philosophie, une large part du public a de la discipline une image univoque : l’antinomie insoluble entre une philosophie facile et peu exigeante telle qu’elle se pratique dans les médias, et une philosophie universitaire ésotérique et inaccessible, abstraite, sclérosée. Dans l’optique d’une démocratisation de la philosophie, et au nom de la qualité de la production philosophique, cet état des choses ne semble pas acceptable. D’une part, cette représentation de la philosophie universitaire est erronée, et l’enfermer dans ces accusations revient à ignorer sa portée réelle et sa contribution essentielle à des problèmes concernant pourtant toute la société. D’autre part, l’aura des vedettes de la philosophie et des best-sellers occulte tout un pan de production philosophique très vivante, se voulant à la fois accessible et rigoureuse : on a d’un côté une surmédiatisation, de l’autre une quasi-invisibilité – du moins pour un public moins cultivé et moins informé qui n’a accès qu’à ce qu’on lui propose dans les médias, c’est-à-dire la majeure partie du public.

Tous les ans, la même chose se produit : deux ou trois best-sellers dans les 300 000 ventes ; loin derrière, des ouvrages qui plafonnent à 3000 ventes ; et entre ces deux extrêmes, rien. Cette invisibilité de la plupart des ouvrages philosophiques pour le grand public se traduit dans les médias mais également dans toute la chaine de diffusion. Interrogée à ce sujet, Mme Vanin-Verna, directrice de la collection “La philo ouverte à tous” nous a fait part des difficultés à trouver des distributeurs quand on n’a pas un “nom”, des difficultés également dans les grandes librairies, où les libraires hésitent à déballer les cartons réceptionnés et à mettre les ouvrages en rayon. Un réseau très fermé d’auteurs et d’éditeurs (Ferry, Comte-Sponville, Onfray, ou encore Raphaël Enthoven dont le père est éditeur) semble s’être constitué, détenant le monopole sur la diffusion de leurs ouvrages. Et le vedettariat en philosophie, selon Bouveresse, transformerait la recherche de la vérité en « une entreprise tout aussi digne d’intérêt que la recherche du succès, de la célébrité, de l’argent ».

Il semble donc difficile, pour le grand public, de se faire une idée de l’état de santé et de vitalité réel de la philosophie. On a tendance à assimiler le nombre de ventes à la qualité. La mode est en effet considérée par les médias comme ce qui est nouveau, créatif. Mais il semble qu’il ne puisse guère y avoir de “mode” pour une discipline dont l’objet est la recherche de la vérité. J. Bouveresse, dans ses Essais II148, souligne que ce qui fait la valeur et la force d’une philosophie, « c’est aussi de savoir résister aux modes et aux séductions de causes qui font trop facilement l’unanimité ». D’ailleurs, les modes que l’on observe aujourd’hui en philosophie sont loin d’être si innovantes qu’on le croit : il s’agit souvent de “faire du neuf avec du vieux”, de réactualiser des philosophies traditionnelles, de remettre à l’honneur les sagesses anciennes, des formes d’humanisme quelque peu anachroniques. Par des rapprochements douteux, on en arrive à présenter les auteurs populaires et très médiatisés comme des philosophes qui renouent avec une philosophie originelle, une philosophie “purifiée” des excès qu’elle aurait connu à l’université. Comme le dit avec ironie Bouveresse dans La Demande philosophique, « les véritables héritiers de Socrate, à ce qu’on dit, ne sont pas ceux qui enseignent la philosophie dans les Universités, mais ceux qui la font à la télévision ou dans les cafés »149. Ainsi, selon les journalistes et les tenants de cette philosophie populaire qui investit les médias, il semblerait que la discipline retrouve vitalité et santé, qu’elle renoue le dialogue avec le présent, qu’elle soit donc désormais “bien avec son temps”. Il y aurait donc là un progrès de la philosophie. Ce progrès se mesurerait en terme d’accessibilité croissante de la philosophie du fait de sa médiatisation. Mais ce jugement est probablement biaisé par les mécanismes du système médiatique en lui-même, où les critères de qualité sont bien plus l’éloquence que la valeur intrinsèque d’un propos. Bouveresse fait d’ailleurs remarquer qu’il est beaucoup plus difficile de juger de la valeur d’un homme ou d’une idée, tandis qu’il est très aisé de mesurer le succès, surtout quand celui-ci est quantifiable (best-sellers, présence médiatique etc.).

La philosophie telle qu’elle est pratiquée dans les médias et pour une grande partie du public, n’est pas du tout représentative du véritable état de la philosophie, surtout celle de la recherche actuelle. Mises à part quelques émissions de télévisions diffusées la nuit, comme “Ce soir ou jamais” sur France 3, présentée par Frédéric Taddéi, qui invite régulièrement des philosophes universitaires (Jean-Pierre Dupuy, Alain Badiou, Bernard Stiegler etc.), et des émissions sur France Culture, la recherche philosophique est très peu mise à l’honneur. On ne peut donc pas valider la prétention des médias à démocratiser la philosophie, car les ouvrages et les auteurs médiatisés véhiculent bien souvent une forme “dégradée” de philosophie, pour reprendre le mot de Bouveresse.

Quand l’univers médiatique et le marketing éditorial imposent à la philosophie leurs exigences en termes de rapidité d’écriture, de volume de texte, de sujets à traiter, c’est malheureusement toute la production philosophique qui en souffre et pas seulement les ouvrages médiatisés, ainsi que le fait remarquer Bouveresse dans ses Essais IV150. Pour pouvoir se vendre, des auteurs de philosophie souhaitant sortir de la sphère universitaire sans pour autant verser dans la médiatisation se voient peu à peu forcés de conformer eux aussi aux contraintes formelles et thématiques imposées désormais par les ouvrages qui se vendent le mieux. Les exigences de rigueur et d’exactitude de la philosophie sont alors menacées de dégradation. Le fast-thinking et le fast-reading semblent s’imposer de plus en plus dans la littérature philosophique. Cette « intrusion du pouvoir journalistique à l’intérieur du champ philosophique », selon les mots de Bouveresse, écarte totalement la possibilité d’un jugement sur la valeur intrinsèque des œuvres, d’abord parce que l’on privilégie ce qui se passe autour de l’œuvre (le personnage de l’auteur, la promotion, la publicité, les “débats”, les polémiques), imposant du même coup une forme de censure, et ensuite parce que les critères de jugements sont de plus en plus dictés par des formes de malhonnêteté intellectuelle du fait, toujours selon Bouveresse, des conflits d’intérêt, des rapports de pouvoir, de la domination de l’audimat, et de l’opportunisme à l’œuvre dans l’univers du journalisme. Certains auteurs, pourtant, se défendent de dégrader la philosophie, en affirmant que s’inscrire dans la sphère médiatique, c’est participer activement au débat public : ainsi, A. Comte-Sponville déclare-t-il assumer « ses responsabilités d’intellectuel-citoyen ». Il ajoute qu’être médiatisé, ce n’est pas nécessairement avoir un problème d’égo et il s’inscrit en faux contre Pierre Bourdieu « qui prétend dans son livre sur la télévision (…) que les intellectuels médiatiques (les fast -thinkers comme il dit – et apparemment je fais partie du lot même si au fond il parle peu de moi) n’écrivent des livres que pour passer à la télévision »151. Certes, les affirmations de Bourdieu peuvent sembler excessives eu égard à la part certaine de bonne volonté et de sincérité dans les démarches de ces auteurs. Mais on ne peut ignorer que les mécanismes à l’œuvre dans les médias (temps de parole limité, conditions de communication imposées…) empêchent le développement d’une pensée rigoureuse et proprement philosophique. Les exigences de la philosophie semblent bien peu compatibles avec celles du journalisme.

Un aspect plus positif peut être envisagé avec les ouvrages de philosophie pour enfants, qui échappent pour le moment à la sphère médiatique et connaissent malgré cela un franc succès. Comme l’indique Michel Puech – directeur avec Brigitte Labbé de la collection “les Goûters philo” – dans une intervention à un colloque qui s’est tenu à Paris sur la transmission culturelle152, le vecteur de la littérature jeunesse semble moins « abîmé » que les autres vecteurs culturels, car il repose beaucoup plus sur le bouche à oreille, sur des micro-actions d’achat ou d’emprunt de livres qui ont encore un sens.

Ainsi, la santé de la philosophie actuelle semble souffrir de représentations biaisées par la division qui règne entre deux conceptions opposées de la philosophie – opposées mais pas nécessairement incompatibles, comme nous l’avons vu.

3. QUE DONNE-T-ON A PENSER ?

 a. Quelle valeur accorder à l’initiation ?

Parmi la diversité et les différents degrés de qualité de la production philosophique pour le grand public, il est difficile de savoir quelle valeur accorder à l’initiation à la philosophie. Le livre en tant que vecteur de transmission d’un contenu intellectuel, culturel, mais surtout d’un désir de penser, semble affaibli par certaines productions : certaines sont trop conditionnées par la sphère médiatique, d’autres sont médiocres philosophiquement, d’autres encore détournent la philosophie à des fins très discutables. A propos des nouvelles pratiques philosophiques en général, le rapport de l’Unesco lui-même reste très critique : bien qu’approuvant les qualités philosophiques de certaines démarches ambitieuses, qui doivent être considérées comme « idéaux régulateurs », il analyse bien les problèmes voire les pathologies de ces pratiques philosophiques, notamment des problèmes de subjectivisme, de facilité, de complaisance dans les débats, de certains aspects anti-culturels ou anti-intellectuels, etc. Quand l’initiation se veut trop démagogique, elle peut tomber dans des excès de ce genre et ainsi proposer une forme dégradée de philosophie. Le rapport interroge donc la capacité de la philosophie elle-même à lutter contre ces dérives, la responsabilité des institutions à parvenir à une compréhension de ces nouvelles pratiques pour promouvoir une philosophie d’une haute qualité, c’est-à -dire pas nécessairement rattachée à l’académisme, mais ne se risquant pas à l’ignorer.

Au niveau des livres de philosophie plus particulièrement, l’enjeu de l’initiation étant de donner véritablement matière à penser, on peut s’interroger sur l’impact effectif de certains ouvrages où tout est déjà pensé à la place du lecteur, où tout est mâché et digéré pour lui. On démocratise bien un contenu (dont la qualité elle-même est encore à discuter) mais démocratise-t-on vraiment la philosophie en tant que processus de pensée ? La question qui se pose ici, et peut-être celle qui interroge le plus profondément l’initiation à la philosophie, c’est s’il est possible de se passer d’un maître pour commencer à philosopher, si la simple lecture de textes est suffisante pour parvenir à une autonomie de pensée : c’est-à-dire la possibilité ou non d’être un autodidacte en philosophie. La relation avec un professeur, avec un magister qui nous enseigne la maîtrise, pourrait bien apparaître indispensable, non seulement par la dimension dialectique qu’elle offre mais aussi parce que, pour imiter le désir de philosopher, il faudrait imiter quelqu’un philosophant. Le phénomène de démocratisation de la philosophie par le support du livre pose donc le problème des limites de l’initiation par la simple lecture et des limites de l’autodidaxie.

Il semble, de plus, qu’on ne puisse pas renoncer au travail et à l’effort de pensée personnel, de même qu’on ne peut pas se passer d’une culture philosophique minimale et d’une maîtrise des concepts. Car une chose est de comprendre un livre d’initiation, une autre est de s’attaquer directement aux textes originaux et de pouvoir soi-même en tirer quelque chose. Les livres d’initiation sont souvent simples à comprendre, soit parce qu’ils sont effectivement très bien écrits, soit – et c’est plus problématique – parce qu’ils adoptent un style littéraire séduisant et fluide, sans obstacle à la lecture, qui cache un contenu peu rigoureux. Il faut donc valoriser les ouvrages qui invitent à se confronter aux textes eux-mêmes, les ouvrages qui ne se posent pas comme des directeurs de conscience mais plutôt comme des premiers pas sur un très long chemin. Certains ouvrages font preuve de modestie et ne profitent pas de l’estampillage “philosophie populaire” pour proposer une philosophie condescendante, qui s’abaisserait dans un acte généreux jusqu’au grand public.

Par ailleurs, les problèmes que peuvent poser certains ouvrages, dans leur dimension démagogique, c’est qu’en voulant plaire au grand public et en s’adaptant au consensus ambiant sur l’hermétisme de la philosophie universitaire, ils véhiculent des représentations négatives de la discipline. Or, on ne peut sensément promouvoir l’initiation à la philosophie sur fond de division, de dénigrement, de dénonciation d’un “camp adverse”. Cette méthode, qui s’apparente à la maxime « diviser pour mieux régner », permet en effet aux auteurs qui s’en réclament de proclamer leur légitimité, contre l’élitisme de la philosophie des spécialistes. Il s’agit là d’arguments extrêmement consensuels et anti-intellectuels qui, tout en flattant le lecteur et en l’invitant à s’initier, font beaucoup de tort à la philosophie en général. A ce prix-là, avec ces méthodes, on ne peut espérer initier authentiquement quelqu’un à la philosophie.

Il faut donc nuancer la portée initiatique de la plupart des ouvrages pour le grand public. On est souvent confronté à du prêt-à-penser, à du fast-thinking et du fast-reading, et les ouvrages concernés par cela occultent malheureusement une autre partie de la production philosophique qui, bien que tournée vers le grand public, essaie de résister à la tendance en proposant des livres de qualité.

b. Philosophie et divertissement.

Quelle représentation de la philosophie les lecteurs se font-ils lorsqu’ils accèdent à cette discipline pour la première fois avec des ouvrages qui la leur présentent comme facile ? On peut imaginer que certains ouvrages de philosophie ont le même impact sur le lecteur que n’importe quel roman en vogue. La philosophie penche en effet du côté du divertissement (on va même jusqu’à éditer des cahiers de vacances philo) et de la mondanité. Il est plus difficile en revanche d’éveiller les consciences. Le lecteur est ainsi souvent enfermé dans un monde à son image, un monde qui lui ressemble tellement qu’il n’est peut -être même plus la peine de s’en interroger. Non seulement on ne lui donne à penser que ce qu’il a sous les yeux, mais en plus on lui permet parfois une certaine complaisance à l’égard de lui-même. Par exemple, dans Petite philosophie du shopping de Frédérique Pernin, qui est pourtant un ouvrage bien écrit et par certains côtés intéressant, l’objet est finalement de réhabiliter la pratique du shopping comme « acceptation sereine, voire ludique, de l’existence », au nom de la « liberté de nos désirs » et de la « constitution de l’identité par la possession ». Certes, cet ouvrage présente une interprétation originale de ce phénomène de société, et il est salutaire d’entendre des idées alternatives sur quelque chose qui a tant été critiqué. Mais quelle est la portée philosophie d’un ouvrage si au bout du compte, le lecteur se voit absolument conforté dans sa position de consommateur et donc dans son univers familier ? Le rôle de la philosophie n’est-il pas de nous arracher à ce qui nous est familier, à prendre le recul nécessaire à la critique, et surtout à déplacer notre regard vers les choses que nous ne voulons pas voir ? Au contraire, et c’est aussi tout le problème de la culture de masse, le caractère essentiellement marchand de ces productions qui se veulent philosophiques se répercute sur l’ordre du discours et il n’y a plus de place pour une extériorité critique. Le consensus peut donc continuer à prévaloir.

Ces productions philosophiques tendent de plus en plus vers la revendication du quotidien, du singulier, du détail et de l’anecdote. L’universel n’est plus vraiment l’objet d’une pensée constructive : paradoxalement, on veut tout penser, dans les moindres détails de la vie quotidienne, mais on n’est plus capable de penser le tout. La philosophie voudrait s’attaquer à tout, montrer une forme de toute-puissance et surtout valoriser avant tout le plaisir qu’elle peut procurer. Le goût pour l’anecdote et la dimension spectaculaire de la philosophie sont très souvent utilisés pour rendre attrayante la discipline. Mais comme le fait remarquer Jacques Bouveresse, « la pire forme de mépris du grand public est celle qui consiste à essayer de satisfaire jusque sur le terrain de la philosophie son besoin de sensationnel »153.

C’est là le symptôme le plus préoccupant d’une part de la production philosophique destinée au grand public : l’entrée de la philosophie (ou de ce qui en porte le nom) dans la société du divertissement, et du coup, la perte de son caractère contestataire, subversif, ou simplement critique.

c. Entre prêt-à-penser et initiatives intéressantes de certains auteurs : le problème du discernement.

Il convient donc de distinguer d’un côté des ouvrages qui relèvent davantage du prêt-à-penser, souvent conditionnés par les exigences propres à la sphère médiatique, et de l’autre côté des initiatives vraiment intéressantes, innovantes, qui nous procurent matière à penser et qui donnent du sens à la démarche de démocratisation de la philosophie. Il semble qu’il faille ébaucher les conditions minimales dans lesquelles l’initiation et la démocratisation de la philosophie seraient possibles, en discernant ce qui relève d’une démarche véritablement philosophique et ce qui n’en est qu’un ersatz. Le problème principal qui se pose est l’incapacité d’un lecteur non-spécialiste à juger de la qualité philosophique des livres qui se présentent à lui. Comment lui est-il possible de se repérer et de faire un choix parmi cette diversité, hormis (au pire) le critère des “meilleures ventes” sur Amazon.fr ou (au mieux) les conseils avisés d’un libraire aguerri, d’un ami plus connaisseur en la matière ? En somme, on se demande comment s’orienter dans la pensée. Etant donné que les ouvrages d’initiation s’adressent tout particulièrement à des lecteurs qui n’ont pas nécessairement de relations étroites avec un milieu intellectuel prescripteur, la bouche-à-oreille, le conseil, semblent encore être les moyens les plus fiables pour espérer faire une lecture intéressante. Mais on peut se demander à ce propos si certains auteurs ne profitent pas de la situation d’ignorance et de manque de discernement dans laquelle se trouvent les lecteurs non-initiés pour leur faire acheter des ouvrages finalement bien peu porteurs de sens. On ne saurait mieux conseiller aux lecteurs qu’un devoir de méfiance envers les ouvrages qui manquent de modestie et font leur autopromotion, envers ceux qui se présentent comme la panacée, la solution à un problème, et ceux qui font de l’opposition à la philosophie universitaire la principale légitimation de leur démarche.

Tout d’abord, il est préférable de distinguer les attentes des lecteurs en matière de philosophie pour le grand public. Il peut s’agir de s’initier en voulant découvrir l’histoire de la philosophie, ses figures marquantes, l’évolution des concepts. Cela relève plutôt d’une demande culturelle et intellectuelle, qui pourra s’accompagner par la suite d’une découverte des textes eux-mêmes et de lecture d’ouvrages un peu plus pointus et spécialisés sur des questions qui auront éveillé la curiosité du lecteur. Les bons ouvrages de vulgarisation seraient alors ceux qui se présentent avant tout comme des ponts vers les textes d’origine, comme des portes d’entrée et non comme des fins en soi. Il n’est pas nécessairement demandé à ces ouvrages qu’ils offrent une innovation ou une créativité en termes conceptuels, mais peut-être qu’ils proposent un angle d’approche original de l’histoire de la pensée, de manière à ce que celle-ci n’ait pas un aspect trop encyclopédique et rébarbatif. L’ouvrage de Jeanne Hersch (L’étonnement philosophique154), qui invite à visiter l’histoire de la philosophie par le prisme de l’étonnement, en est un bon exemple. La pédagogie et la vulgarisation peuvent donc se faire de manière inédite tout en restant rigoureuse. Mais le problème est que la qualité pédagogique d’un texte et sa propension à nous porter à lire d’autres ouvrages ne peuvent faire l’objet d’un jugement qu’à la fin de la lecture.

L’autre type d’attente que l’on pourrait identifier serait celle d’un lecteur non-spécialiste mais plus aguerri, plus habitué à la lecture d’essais philosophiques, qui rechercherait des ouvrages traitant des enjeux plus contemporains de manière philosophique et des pistes pour penser le monde d’aujourd’hui. Ainsi, à l’inverse de ces ouvrages qui nous proposent une sagesse hors-temps, voire un recyclage des pensées de la tradition adaptées pour l’individu d’aujourd’hui, une démarche plus pertinente consisterait à prendre pour point de départ un questionnement de la réalité. Il ne s’agit pas de faire un simple constat catastrophiste (le monde est amoral, cynique), mais plutôt une analyse en profondeur de la situation pour, enfin, en tirer les conséquences éthiques nécessaires. Si l’on tient à la notion de sagesse, celle- ci ne peut se cantonner à la sphère privée et individuelle, aux problèmes existentiels de chacun, ou alors il faut parler de développement personnel et non de philosophie. Car la philosophie ne peut se confondre avec une thérapie ni se réduire à un utilitarisme centré sur le souci de soi. Ce serait là une conception fermée de la philosophie, le renoncement à la production d’un sens pour aujourd’hui. De plus, c’est la contraindre à l’immobilisme et au recyclage continuel.

Précisément, il s’agirait d’initier le lecteur en conciliant la transmission d’une culture philosophique (une batterie de concepts et un repérage dans l’histoire de la pensée) avec la production de sens à partir de phénomènes observés : la philosophie doit nous parler depuis aujourd’hui pour nous aider à entrer dans le monde de demain. Lire de la philosophie devient alors une manière d’appréhender des enjeux qui dépassent la simple sphère privée tout en se dotant soi-même d’outils d’analyse pour acquérir une autonomie de pensée. Un ouvrage d’initiation proprement philosophique permettrait donc au lecteur d’expérimenter ce qui pourrait se penser autrement, une pensée féconde tournée vers l’extériorité.

Il semble en effet que la philosophie pour le grand public, à l’inverse de ces sagesses rassurantes, lénifiantes et de cet humanisme mou qui sont véhiculés dans bon nombre d’ouvrages, se doive de déplacer le regard du lecteur, de bousculer ses idées établies. On serait ici probablement plus proche du projet de Diderot qui appelait à populariser la philosophie, dans cet esprit contestataire qui faisait du philosopher une condition de la liberté. De plus, cette démarche serait fidèle à celle qui a marqué la philosophie depuis ses origines, à savoir : le paradoxe, le fait d’aller contre la doxa. Il y aurait là le moyen, pour rejoindre Jacques Bouveresse, de respecter les devoirs que les philosophes ont envers la philosophie.

Conclusion

Le caractère hétéroclite de la production philosophique destinée aux non-spécialistes, notamment en termes de diversité des démarches et des degrés de qualité, impose de réviser deux opinions antagonistes selon lesquelles la philosophie pour le grand public serait en tous points méprisable ou bien, au contraire, absolument approuvable et désirable dans la société contemporaine. Ces positions a priori ignorent toutes deux la complexité du phénomène éditorial que nous pouvons observer depuis les années 1990. Médiatisation n’est pas synonyme de qualité, mais ne signifie pas non plus nécessairement dégradation de la philosophie : il se pourrait que de temps à autres, certains livres médiatisés soient de bons livres. De même, l’apparente clarté du langage n’est pas forcément un gage de clarté des idées et de pédagogie. L’existence d’un livre n’est plus la garantie de la présence d’une pensée. Enfin, l’humour et la légèreté n’empêchent pas un certain sérieux de la réflexion. Les critères de jugement doivent donc être élaborés avec prudence. En tout cas, il apparaît très difficile pour le lecteur néophyte de trouver ses repères dans cette production hétérogène. L’absence d’une autorité prescriptive autre que celle des médias rend problématique l’idée d’une véritable initiation à l’exigence et à la rigueur philosophiques. Elle pose aussi le problème des publics et de la démocratisation de la philosophie, qui est peut-être une illusion eu égard aux capacités et aux désirs réels des classes les plus populaires à accéder à cette forme de pensée, mais surtout eu égard à la nature même de la philosophie qui consisterait en une irréductibilité de ses exigences propres.

Il semble donc, et c’est là sans doute le point le plus problématique, que ce phénomène éditorial fonde ses principes sur un certain nombre de fantasmes, à commencer par celui de la démocratisation généralisée de la philosophie, d’une philosophie “populaire” voire d’un peuple philosophant. Nous avons vu combien nombreux en étaient les obstacles (culturels, sociologiques, psychologiques) et combien la notion de “grand public” était à nuancer. Mais la question la plus importante est de savoir s’il est vraiment souhaitable de populariser la philosophie, et ce sous divers points de vue : problèmes posés par la médiatisation, préservation de la qualité de la production philosophique, “besoins philosophiques” réels du public qui seraient beaucoup moins importants que ce qu’on pense, etc. Il y a ici deux autres formes de chimères qui entourent le phénomène éditorial : celle qui concerne la demande de philosophie de la part du grand public français, et celle qui affirme la nécessité de démocratiser la philosophie, sans doute engendrée par la peur de la “barbarie non-philosophique” selon l’expression de Bouveresse et qui fait de ce phénomène une spécificité française. Cela nous amène à une problématique centrale qui a été formulée par Bouveresse, à savoir ce que l’on peut légitimement et raisonnablement attendre de la philosophie aujourd’hui. Là aussi, un fantasme sous-tend la plupart des ouvrages étudiés : celui d’une omnipotence ou d’une toute-puissance de la philosophie qui pourrait tout penser, tout s’approprier, et qui constituerait aussi une promesse inégalable de bonheur et de bien-être. La philosophie apparaît comme la panacée pour restaurer la capacité des individus et de la société à fabriquer du sens et des valeurs. Paradoxalement, cette tendance à absolutiser les bienfaits de la philosophie conduit à la malmener et à ne plus respecter les contraintes qu’elle impose à la pensée. C’est aussi probablement surestimer ou mal interpréter les besoins réels du public. Cette tendance va même jusqu’à imposer la pratique philosophique comme indispensable à une existence humaine authentique, manière à la fois de créer des besoins au départ inexistants, mais aussi d’exercer une forme de violence symbolique et de mépris envers ceux qui n’ont pas accès (ou pas envie d’avoir accès) à cette pratique – ceci contribuant de surcroit à former dans l’esprit du grand public des réactions négatives envers la discipline.

La production philosophique souffre des excès que connaissent toutes les disciplines de la pensée dès lors qu’elles sont soumises aux contraintes médiatiques, mercantiles, et mercatiques ; mais ce qui lui est spécifique, c’est cette tendance à la division, au cloisonnement de part et d’autre. En voulant critiquer la philosophie universitaire qui se sclérose et s’isole, la philosophie grand public a tendance à elle-même se scléroser de son côté, chacun restant sur ses positions. Au travers de ce phénomène éditorial, mais aussi des nombreuses autres pratiques qui se sont créées de manière concomitantes, la philosophie fait l’objet de représentations nouvelles, principalement marquées par un antagonisme entre deux conceptions de la philosophie, alors qu’il existe sans aucun doute une troisième voie à explorer (que d’ailleurs certains ouvrages très intéressants ont commencé à esquisser).

L’accessibilité de la philosophie à un public plus large, et par là, le changement de statut de la discipline dans les représentations collectives sont à considérer comme un phénomène inévitable et même souhaitable pour la philosophie elle-même, qui peut dès lors faire l’expérience de risques, de limites, mais aussi de potentialités nouvelles qu’elle n’aurait probablement pas pu voir sans cela. Ainsi, plutôt que de traiter avec condescendance ce phénomène comme une simple mode, il conviendrait d’en tirer les enseignements, à condition qu’il fasse l’objet d’une réflexivité – ce que ce travail avait pour visée d’ébaucher.

L’idée d’une ouverture de la philosophie aux non-spécialistes, dans les limites des réductions que l’on peut faire subir à ses exigences propres, est en soi quelque chose de tout à fait souhaitable et contre laquelle on ne peut lutter qu’en enfermant la philosophie dans une tour d’ivoire. Car tout le problème vient sans doute de ce phénomène de claustration propre à la fois à l’université qui tend à vouloir garder ses prérogatives, mais aussi à la philosophie grand public qui encourage la division, la désolidarisation. Au contraire, il semble que la philosophie doive rester le domaine par excellence de l’ouverture et non de la fermeture, mais d’une ouverture raisonnée, canalisée depuis le haut par ceux qui sont sensés détenir le savoir. D’où l’importante responsabilité de l’université qui, plutôt qu’une attitude de rejet ou de condescendance, doive peut-être se placer dans une optique de régulation, pour trouver les moyens d’empêcher le monopole des ouvrages ultra-médiatisés véhiculant des formes dégradées de philosophie. Il est évident qu’on pourra difficilement stopper ce type de productions dans le contexte actuel d’hégémonie des médias (et l’on peut même espérer que lorsque la mode sera passée, ne subsisteront que les ouvrages de qualité qui deviendront des références). L’enjeu serait donc, en déconstruisant les fantasmes sur lesquels est fondé ce phénomène éditorial, de permettre une production alternative de qualité sous-tendue non plus par l’idéal de démocratisation ou de popularisation, mais par l’idée régulatrice, plus rationnelle, d’ouverture de la philosophie vers un public qui en formule expressément la demande.

Bibliographie thématique

Ouvrages de philosophie pour le grand public (adolescents et adultes) :

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NOTES

  1. BELAVAL, Yvon. Les philosophes et leur langage. Paris : Gallimard, 1990, 218 p. Collection Tel.
  2. HEGEL, G. W. F. L’essence de la critique philosophique. Paris : Vrin, 1986.
  3. BECK, Philippe, et THOUARD, Denis (dir.) Popularité de la philosophie. Paris: Ecole Normale Supérieure de Fontenay St Cloud, 2002.
  4. DIDEROT, Denis. Pensées sur l’interprétation de la nature. Paris : Flammarion, 2005, 244 p. Première édition 1753.
  5. Op. Cit.
  6. Cité par Jacques Diament in Les « cafés de philosophie”. Paris : L’Harmattan, 2001, 175 p
  7. DIAMENT, Jacques. Les « cafés de philosophie”. Paris : L’Harmattan, 2001, 175 p.
  8. Site internet d’Oscar Brenifier : http://pagesperso-orange.fr/michel.onfray/UPcaen.htm . Consulté le 17-11-2009.
  9. GOUCHA, Moufida (dir.) La philosophie, une école de la Liberté. Rapport de l’UNESCO, ONU, 2007. Disponible sur www.unesco.org/shs/fr/philosophy (consulté le 17-11-2009).
  10. VEGLERIS, Eugénie. Manager avec la philo. Paris : 2006, Editions d’Organisation, 216 p
  11. BORCHGRAVE, Rodolphe de. Le Philosophe et le manager. Penser autrement le management. Bruxelles : De Boeck, 2006, 228 p.
  12. BRAIDOTTI, Rosi. La philosophie …là où on ne l’attend pas. Paris : Larousse, 2009, 286 p. Collection Philosopher.
  13. GOUCHA, Moufida (dir.) La philosophie, une école de la Liberté. Rapport de l’UNESCO, ONU, 2007. Disponible sur www.unesco.org/shs/fr/philosophy (consulté le 17-11-2009).
  14. BARNABEL, Alain, CONSTANTIN, Daniel, et LAVERGNE Hervé. La philosophie peut questionner n’importe quelle actualité. Entretien avec Fabrice Gerschel. Médias, Automne 2009, n° 22, p. 62-68 .
  15. Disponible sur http://www.osezphilosopher.fr/ . Consulté le 18-11-2009.
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  17. ARC, Stéphanie (dir.). Comment je suis devenu philosophe. Paris: Le Cavalier Bleu, 2008
  18. CHARLES, Sébastien. La philosophie française en questions. Paris : LGF, 2003, 319 p.
  19. SAVATER, Fernando. Penser sa vie. Paris : Seuil, 1999, 283 p.
  20. Ibid., p. 264.
  21. LELEUX, Claudine (dir.) La philosophie pour enfants. Le modèle de Matthew Lipman en discussion. Bruxelles : De Boeck,  2004, 259 p. Collection Pédagogies en développement.
  22. SASSEVILLE, Michel. La pratique de la philosophie avec les enfants. 3ème édition. Laval : PU Laval, 2009, 253 p.
  23. FERRY, Luc. Le Nouvel Ordre écologique. Paris : Grasset, 1992, 274 p.
  24. FERRY, Luc, et COMTE-SPONVILLE, André. La sagesse des modernes. Paris : Robert-Laffont, 1998, 572 p.
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  26. ONFRAY, Michel. Antimanuel de philosophie. Paris : Bréal, 2001, 334p.
  27. ONFRAY, Michel. Le Ventre des philosophes : Critique de la raison diététique. Paris : LGF, 1990, 182 p.
  28. ONFRAY, Michel. La Raison gourmande : Philosophie du goût. Paris : Grasset, 1995, 267 p.
  29. CHARLES, Sébastien. Op. Cit.
  30. BADIOU, Alain, DURING, Elie, MANIGLIER, Patrice, BENATOUIL, Thomas, et al. Matrix : Machine philosophique. Paris : Ellipses, 2003, 192 p.
  31. ONFRAY, Michel. Op. cit.
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  33. HERSCH, Jeanne. L’étonnement philosophique. Paris : Gallimard, 1993, 462 p. Collection Folio.
  34. BOURIAU, Christophe. Qu’est-ce que l’imagination ? Paris : Vrin, 2003, 128 p. Collection Chemins philosophiques.
  35. CHAUVIER, Stéphane. Qu’est-ce qu’une personne ? Paris : Vrin, 2003, 128 p. Collection Chemins philosophiques.
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  40. ARC, Stéphanie (dir.). Comment je suis devenu philosophe. Paris: Le Cavalier Bleu, 2008.
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  45. JOLLIEN, Alexandre. La construction de soi : Un usage de la philosophie. Paris : Seuil, 2006, 182 p.
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  66. CESPEDES, Vincent. Mai 68 : La philosophie est dans la rue ! Paris : Larousse, 2008, 289 p. Collection Philosopher.
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  70. PERNIN, Frédérique. Petite philosophie du shopping. Toulouse : Milan, 2006, 149 p. Collection Pause philo.
  71. Il est surprenant que les éditions Larousse aient créé plus récemment une collection du même nom. Cela s’explique sans doute par le fait que la collection des éditions Quintette a été arrêtée.
  72. BOURDIEU, Pierre. Une révolution conservatrice dans l’édition. Actes de la Recherche en sciences sociales. N° 126-27. Paris : Seuil, 1999, 127 p.
  73. DELEUZE, Gilles. Les « nouveaux philosophes ». Minuit. N° 24, mai 1977. Disponible sur http://www.generation-online.org/p/fpdeleuze9.htm (consulté le 28-11-2009).
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  76. AUBRAL, François, DELCOURT, Xavier. Contre la nouvelle philosophie. Paris : Gallimard, 1977, 345 p. Collection Idées.
  77. BOURDIEU, Pierre. Sur la télévision, suivi de L’emprise du journalisme. Paris : Liber, 1996, 95 p.
  78. Ibid. p. 11.
  79. BERROYER, Jackie, et SCALA, André. Pas si vite ! Paris : Canal+ Editions, 2000, 214 p.
  80. FIELD, Michel, et SCALA, André. Petits dialogues entre amis. Paris : Albin Michel et Canal+ Editions, 1997, 286 p.
  81. Op. Cit.
  82. BRAIDOTTI, Rosi. La philosophie …là où on ne l’attend pas. Paris : Larousse, 2009, 286 p. Collection Philosopher.
  83. Op. Cit.
  84. Op. Cit.
  85. FERRY, Luc. Apprendre à vivre : traité de philosophie à l’égard des jeunes générations. Paris : Plon, 2006, 202 p.
  86. COMTE-SPONVILLE, André. Présentations de la philosophie. Paris : LGF, 2002, 186 p. Collection Le Livre de Poche.
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  88. DONNAT, Olivier. Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique. Enquête 2008. Paris : La Découverte, 2009, 282 p.
  89. Tableau disponible sur http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/doc/tableau/chap6/VI-4-1-Q64A.pdf Consulté le 04-12-
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  91. ANDREUCCI, Catherine, CHARONNAT, Cécile. Sciences humaines, l’éditeur multidimensionnel. Livres Hebdo, 12 juin 2009, n° 781, p. 80-87.
  92. Jostein Gaarder : entretien avec Dominique Simonnet. « La philosophie, c’est le rock des années 90 ». 16-07-09. Disponible sur http://www.lexpress.fr/informations/la-philosophie-c-est-le-rock-des-annees-90_629658.html . Consulté le 04-12-09.
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  94. SAINT-DROME, Oreste. Comment choisir son philosophe. Paris : La Découverte, 2000, 223 p.
  95. DUPRE, Ben. Juste assez de philosophie pour briller en société. Paris : Dunod, 2009, 208 p.
  96. Cité dans : DIAMENT, Jacques. Les cafés de philosophie. Paris : l’Harmattan, 2001, 175 p. Collection Questions contemporaines.
  97. BOUVERESSE, Jacques. Le Philosophe et le réel. Entretiens avec Jean-Jacques Rosat. Paris : Hachette Littératures, 1998, 262 p.
  98. Ibid. p. 61-62.
  99. http://www.osezphilosopher.fr . Consulté le 09-12-09.
  100. PERNIN, Frédérique. Petite philosophie du shopping. Toulouse : Milan, 2006, 149 p. Collection Pause Philo.
  101. TAHON, Thierry. Petite philosophie du rugby. Toulouse : Milan, 2005, 199 p. Collection Pause Philo.
  102. CASATI, Roberto, et C. VARZI, Achille. 39 Petites histoires philosophiques d’une redoutable simplicité. Paris : LGF, 2008, 213 p.
  103. DROIT, Roger-Pol. 101 expériences de philosophie quotidienne. Paris : Odile Jacob, 2002, 259 p.
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  106. BARNABEL, Alain, CONSTANTIN, Daniel, et LAVERGNE Hervé. La philosophie peut questionner n’importe quelle actualité. Médias, Automne 2009, n° 22, p. 62-68.
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  114. FEARN, Nicholas. Zénon et la tortue: Apprendre à penser comme un philosophe. Paris : Bréal, 2003, 223 p.
  115. COMTE-SPONVILLE, André. Présentations de la philosophie. Paris : LGF, 2002, 186 p. Collection Le Livre de Poche.
  116. ROCHE, Christian, BARRERE, Jean-Jacques, JACQUES, Benoît. Guide de l’apprenti-philosophe. Paris : Seuil, 2002, 223 p.
  117. SAINT-DROME, Oreste. Comment choisir son philosophe. Paris : La Découverte, 2000, 223 p.
  118. RIFFARD, Pierre. Philosophie matin, midi et soir. Paris : Presses Universitaires de France, 2006, 185 p. Collection Perspectives Critiques.
  119. POURRIOL, Ollivier. Cinéphilo. Paris : Hachette, 2008, 405 p. Collection Haute tension.
  120. DECKENS, Olivier. La philosophie sur grand écran. Manuel de cinéphilosophie. Paris : Ellipses, 2007, 208 p. Collection Philo.
  121. SAINT-MAURICE, Thibaut de. Philosophie en séries. Paris : Ellipses, 2009, 176 p.
  122. CATHCART, Thomas, et KLEIN, Daniel. Platon et son ornithorynque entrent dans un bar… : La philosophie expliquée par les blagues. Paris : Seuil, 2008, 253 p.
  123. BRABANDERE, Luc de. Petite philosophie des histoires drôles. Paris : Eyrolles, 2007, 93 p.
  124. THOUARD, Denis. Le partage des idées: études sur la forme de la philosophie. Paris : CNRS Editions, 231 p.
  125. Ibid. p. 5.
  126. BELAVAL, Yvon. Les philosophes et leur langage. Paris : Gallimard, 1990, 218 p. Collection Tel.
  127. RIFFARD, Pierre. Philosophie matin, midi et soir. Paris : Presses Universitaires de France, 2006, p. 9.
  128. ONFRAY, Michel. Contre-histoire de la philosophie. Tome 4 : Les Ultras des Lumières. Paris : Grasset, 2007, 338 p.
  129. BOTUL, Jean-Baptiste. La vie sexuelle d’Emmanuel Kant. Paris : Mille et une nuits, 1999, 93 p.
  130. BOTUL, Jean-Baptiste. Nietzsche et le démon de midi. Paris : Mille et une nuits, 2004, 127 p.
  131. Jostein Gaarder : entretien avec Dominique Simonnet. « La philosophie, c’est le rock des années 90 ». 16-07-09. Disponible sur http://www.lexpress.fr/informations/la-philosophie-c-est-le-rock-des-annees-90_629658.html . Consulté le 04-12-09.
  132. Socrate, un maître à penser. Magazine littéraire, juin 2009, n° 487.
  133. Socrate, enquête sur l’inventeur de la philosophie. Lire, octobre 2009, n° 380.
  134. DROIT, Roger-Pol. La Philosophie expliquée à ma fille. Paris : Seuil, 2004, 96 p. Collection Expliqué à…
  135. ARC, Stéphanie (dir.). Comment je suis devenu philosophe. Paris: Le Cavalier Bleu, 2008.
  136. DROIT, Roger-Pol. Philosophies d’ailleurs. Paris : Hermann, 2009, 488 p.
  137. JOLLIEN, Alexandre. Le métier d’homme. Paris : Seuil, 2002, 90 p.
  138. JOLLIEN, Alexandre. La construction de soi. Paris : Seuil, 2006, 182 p.
  139. BOTTON, Alain de. Les Consolations de la philosophie. Paris : Mercure de France, 2001, 254 p.
  140. CIANNI, Jean-Louis. La philosophie comme remède au chômage. Paris : Albin Michel, 2007, 217p.
  141. BOUVERESSE, Jacques. Le Philosophe et le réel. Entretiens avec Jean-Jacques Rosat. Paris : Hachette Littératures, 1998, p. 10.
  142. MARINOFF, Lou. Plus de Platon, moins de Prozac ! Paris : Michel Lafon, 2002, 390 p.
  143. JEANGENE-VILMER, Jean-Baptiste. Ethique animale. Paris : PUF, 2008, 304 p. Collection Ethique et philosophie morale.
  144. LECOURT, Dominique. Humain, Post-humain. PUF : paris, 2003, 192 p.
  145. BOUVERESSE, Jacques. Le Philosophe et le réel. Entretiens avec Jean-Jacques Rosat. Paris : Hachette Littératures, 1998, 262 p.
  146. Ibid. p. 12.
  147. BOUVERESSE, Jacques. Essais IV. Pourquoi pas des philosophes ? Marseille : Agone, 2004, 292 p. Collection Banc d’essais.
  148. BOUVERESSE, Jacques. Essais II. L’époque, la mode, la morale, la satire. Marseille : Agone, 2001, 234 p. Collection Bans d’essais.
  149. BOUVERESSE, Jacques. La Demande philosophique : Que veut la philosophie et que peut-on vouloir d’elle ? 2nde éd. Paris : Editions de l’Eclat, 1997, p. 19.
  150. BOUVERESSE, Jacques. Essais IV. Pourquoi pas des philosophes ? Marseille : Agone, 2004, 292 p. Collection Banc d’essais.
  151. CHARLES, Sébastien. La philosophie française en questions. Paris : LGF, 2003, 319 p.
  152. PUECH, Michel. La transmission culturelle. Intervention au CMPP Paris, colloque « De la culture à la pensée », 24 novembre 2004. Disponible sur http://michel.puech.free.fr. Consulté le 02-12-09.
  153. BOUVERESSE, Jacques. Essais IV. Pourquoi pas des philosophes ? Marseille : Agone, 2004, 292 p. Collection Banc d’essais.
  154. Op. Cit.

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Prendre connaissance de notre dossier

Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide


Liste de tous les articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR


Article # 10 – Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

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Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies

Eva Illouz et Edgar Cabanas

Premier Parallèle, 2018

260 pages – Publié le 23 août 2018

Traduit de l’anglais par Frédéric Joly

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Informations de l’éditeur


Résumé

Une analyse de la psychologie positive et de ses origines. Apparue à la fin des années 1990, cette pensée suggère qu’il est possible de se débarrasser de tout sentiment négatif afin de mieux tirer parti de soi-même. Les auteurs lui reprochent de présenter l’individu comme seul responsable de ses succès et de ses échecs sans prendre en compte les maux de la société.


Texte en quatrième de couverture

Le bonheur se construirait, s’enseignerait et s’apprendrait : telle est l’idée à laquelle la psychologie positive prétend conférer une légitimité scientifique. Il suffirait d’écouter les experts et d’appliquer leurs techniques pour devenir heureux. L’industrie du bonheur, qui brasse des milliards d’euros, affirme ainsi pouvoir façonner les individus en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d’elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.

Mais n’aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre, encore une fois, que la richesse et la pauvreté, le succès et l’échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ?
Et si la dite science du bonheur élargissait le champ de la consommation à notre intériorité, faisant des émotions des marchandises comme les autres ?

Edgar Cabanas et Eva Illouz reconstituent ici avec brio les origines de cette nouvelle « science » et explorent les implications d’un phénomène parmi les plus captivants et inquiétants de ce début de siècle.


Appréciations – Médias

« Eva Illouz et Edgar Cabanas s’attaquent avec brio à la dictature du bonheur. Un livre édifiant, important et urgent pour comprendre l’emprise d’une idéologie devenue mondiale au service du pouvoir. » Marie Lemonnier, L’Obs

« Dans son dernier livre, la sociologue dénonce l’injonction qui nous est faite d’être heureux. Cette idéologie, dont la psychologie positive est le bras armé, n’a qu’un objectif : culpabiliser les individus et conforter le néolibéralisme. Une fois de plus, l’auteure veut « mettre de la sociologie là où domine la psychologie »». Virginie Bloch-Lainé, Libération

« Une lecture terrifiante et indispensable.? » Estelle Lenartowicz, L’Express?

« On pourrait comparer Happycratie à une cellule de dégrisement, tant l’ivresse du bonheur nous a gagnés. (…) Une lecture qui déconstruit l’esprit du temps. » Elodie Maurot La Croix

« Un livre exceptionnel (…) qui montre l’aporie, l’impasse, de la société individualiste actuelle. Aujourd’hui, Socrate se baladant sur l’agora et posant ses grandes questions sur le bien, le juste, ce vers quoi on doit tendre verrait un mec arriver pour lui proposer d’être coach en développement personnel chez Google. » Raphaël Glucksmann sur France Inter (à 51’10 de l’émission Le grand face-à-face)

« Un essai décapant. » Laurent Lemire, Livres Hebdo

« La sociologue Eva Illouz et le psychologue Edgar Cabanas, fins observateurs de l’usage des émotions intimes par le capitalisme, décryptent comment le bonheur est devenu un marché juteux et une idéologie aussi captivante que perverse. » Catherine Portevin, PhiloMag

« La thèse est simple et lumineuse. (…) Merci à eux de nous rappeler l’importance du travail négatif, sous peine « d’oublier la bigarrure du monde humain, si chère à Freud ». » Psychologies Magazine

« Méfions-nous de ce nouvel ordre moral qui fait de la souffrance un scandale et refoule la douleur comme une maladie honteuse. » Dominique Garandet, Centre France

« Un ouvrage érudit et percutant. » Europe1

« Une lecture éclairante, qui appelle à quitter l’obsession égocentrique de l’amélioration de soi, et à combattre une tyrannie de l’optimisme. » Annabelle Laurent, Usbek & Rica

« Une somme urgente et salutaire à la fois. » Livres Critique

« Un livre passionnant. » Xavier Lambrechts, TV5 Monde

« Une critique juste de la tyrannie d’un modèle du bonheur artificialisé, dégagé de tout contexte social. » Jean-Marie Durand, Les Inrocks

« On le cultive, on le théorise, on en fait un business, des livres, des cours… Il est même le nouveau carburant de la productivité. En société et au travail, le bonheur est devenu une injonction. » Nicolas Santolaria, Le Monde

« La science du bonheur n’est-elle pas le prélude à une société ultra-individuaslite ? Le docteur en psychologie Edgar Cabanas et la sociologue Eva Illouz explorent ces questions essentielles. » We Demain

« (Pour les auteurs), le bonheur, reformaté par la « psychologie positive », est devenu non plus une promesse désirable, mais un secteur lucratif, un outil de management et un leurre politique, surtout depuis la crise de 2008. Bienvenue en « happycratie »…», Joseph Confavreux, Mediapart

« L’essai Happycratie dénonce les techniques inspirées de la pensée positive et du développement personnel, qui véhiculent une vision du monde moralement discutable. » Jean-Laurent Cassely, Slate

« Captivant et brillant. » Le Devoir

« Un livre salutaire, une élucidation passionnante de l’alliance du commerce, de la para-scientificité, et de l’idéologie par laquelle nous est proposée une redoutable injonction au bonheur. » Pierre Coutelle, librairie Mollat, Bordeaux.

« Il y a quelque chose de fort plaisant à voir démontés et exposés les divers éléments constituants la psychologie positive. Avec l’esprit d’analyse qui la caractérise, Eva Illouz, avec Edgar Cabanas, exhibe à la fois l’indigence théorique de cette industrie du bonheur et les effets qu’elle induit : produire des psytoyens. C’est-à-dire des citoyens « parfaitement heureux » qui doivent pratiquer l’implication la résilience et l’autonomie. Des entrepreneurs d’eux-mêmes, n’ayant pour seule liberté que l’amélioration de soi perpétuelle. Pour cette tendance auto-proclamée, il s’agit, en somme, de former de bons petits soldats : confusionnistes, consuméristes, conformistes. » Thierry Jobard, librairie Kléber, Strasbourg.


Les auteurs

Edgar Cabanas

Docteur en psychologie rattaché à l’Institut Max Planck, à Berlin, il enseigne actuellement à l’université Camilo José Cela de Madrid. Ses travaux portent sur les usages politiques, économiques et sociaux du bonheur, tel qu’il est aujourd’hui envisagé, conçu et « vendu » par la psychologie, notamment positive.

Suivre Edgar Cabanas

Eva Illouz

Directrice d’études à l’EHESS (Paris), Eva Illouz enseigne aussi la sociologie à l’Université hébraïque de Jérusalem. Ses travaux portent sur la marchandisation des émotions et ce qu’elle appelle le « capitalisme affectif ». Elle a notamment écrit Les Sentiments du capitalisme (Seuil, 2006) et Pourquoi l’amour fait mal (Seuil, 2012, Points, 2014). Ses livres sont traduits dans de nombreuses langues.

Suivre Eva Illouz


Source : Premier Parallèle.


Extraits disponibles en ligne sur le site web leslibraires.ca

Feuilleter le livre

https://www.edenlivres.fr/p/432668

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https://assets.edenlivres.fr/medias/9b/955d0fdd5339acbe1a384ce5c71582fb47abd5.epub

Source : leslibraires.ca.


Revue de presse

Faut-il rejeter en bloc l’industrie du bonheur ? par Antonin BROI, Nonfiction

Happycratie, philosophie magazine

Happycratie: une simple critique de l’industrie du bonheur ? 7 mai 2020 Par Screenshot Blog : Le blog de Screenshot, Mediapart

Le bonheur, un juteux business pour les entreprises, Par Anne-Sophie Leurquin Journaliste au service, Le Soir (Belgique)

La psychologie positive : cheval de Troie du néolibéralisme ? Psychologies


DOSSIER

Philothérapie – Quand la philosophie nous aide

Article # 10

RAPPORT DE LECTURE

Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies

Eva Illouz et Edgar Cabanas

Premier Parallèle

Par Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Si le présent ouvrage apporte une contribution à l’actuel débat, très vivace, sur le bonheur, c’est en vertu de sa perspective sociologique critique. Nous nous sommes appuyés ici sur les travaux que nous avons précédemment menés – des travaux consacrés aux émotions, au néolibéralisme et à la culture thérapeutique –, en creusant certaines idées déjà exposées ailleurs et en en introduisant de nouvelles, notamment quant aux rapports entre la poursuite du bonheur et les modalités d’exercice du pouvoir dans les sociétés capitalistes néolibérales. Le terme « happycratie », que nous avons forgé, souligne la visée principale de ce livre, qui s’attache avant tout à montrer comment, à l’ère du bonheur, sont apparus, de concert avec une nouvelle notion de la citoyenneté, de nouvelles stratégies coercitives, de nouvelles décisions politiques, de nouveaux styles de management, de nouvelles obsessions individuelles et hiérarchies émotionnelles.

ILLOUZ, Eva, CANANAS, Edgar, Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Premier parallèle, 2018, pp. 23-24.

À la lecture de ce livre, je suis allé d’étonnement en étonnement, page après page. J’ai découvert la « psychologie positive », son histoire et ses ramifications dans nos universités, nos gouvernements, nos armées, nos entreprises et nos industries, sans oublier au sein de nos populations partout là où sévit le néo-libéralisme.

Si j’ai été témoin des poussées de fièvre de la pensée positive il y a près de 50 ans au cours de mon adolescence. Je n’ai jamais été attiré par ce mouvement de pensée. En fait, il m’a rebuté dès le départ parce que je savais déjà fort bien qu’il ne s’agit pas d’avoir des pensées positives pour traverser les épreuves de la vie. À l’adolescence, il faut le rappeler, nous découvrons que la société n’est pas comme on nous l’avait présentée dans notre enfance. Nous sommes déçu et, par conséquent, rebelles, ne serait-ce qu’un temps. Alors quand, dans les librairies et les médias, nous sommes confrontés à la « pensée positive », nous savons fort bien qu’il y a la-dessous quelque chose qui ne vas pas, du moins dans mon cas.

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Puissance de la pensée positive (La)

Par Norman Vincent Peale

Éditeur DE L’HOMME

Papier ISBN: 9782761922920 Épuisé : non disponible. 24.95$

Publié pour la première fois aux États-Unis en 1952, ce livre contient un message qui n’a rien perdu de sa portée universelle: il nous enseigne que c’est en convertissant nos émotions négatives en attitudes positives que nous pouvons connaître une vie bien remplie et satisfaisante. Il nous montre comment vaincre la peur, la frustration et le désespoir en suivant un cheminement qui s’appuie à la fois sur l’énergie divine et sur notre propre potentiel humain. Les conseils de l’auteur sont simples, précis et extrêmement efficaces.

Source : leslibraires.ca.

Mon rejet catégorique de la pensée positive s’accorde avec mon refus de m’arroger le droit de percevoir autrement la réalité que pour ce qu’elle est et de modifier mes perceptions pour toujours voir dans le malheur un aspect positif.

Disons-le franchement, la science du bonheur est une pseudoscience, dont les postulats et la logique se révèlent tout à fait défectueux. Le philosophe pragmatiste Charles Peirce a dit un jour qu’une chaîne de raisonnement n’est pas plus solide que son lien le plus faible ; de fait, la science du bonheur s’appuie sur de nombreux postulats sans fondement, sur des incohérences théoriques, des insuffisances méthodologiques, des résultats non prouvés et des généralisations ethnocentriques et abusives. Tout cela interdit d’accepter de manière non critique ce que cette science affirme en se réclamant de la vérité et de l’objectivité.

ILLOUZ, Eva, CANANAS, Edgar, Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Premier parallèle, 2018, pp. 16-17.

Ma lecture de Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies m’a appris l’existence, au delà de la pensée positive, d’une nouvelle psychologie, la psychologie positive.

Le bonheur est désormais fait d’un ensemble d’« emodities**** », c’est-à-dire de services, thérapies et produits qui promettent une transformation émotionnelle et aident à la mettre à œuvre5. Ces « emodities » empruntent des voies sinueuses : bien souvent, elles font leur apparition dans certains départements d’université, sous forme de théories, mais elles ne tardent guère à s’intégrer aux différents marchés – les entreprises, les fonds consacrés à la recherche, l’industrie du style de vie… La maîtrise de soi et de ses émotions, la quête d’authenticité et d’épanouissement personnel ne font pas que pousser le moi à se façonner constamment : elles permettent aussi à diverses institutions de faire circuler dans le corps social des marchandises émotionnelles – des « emodities ».

**** Néologisme produit par une contraction des termes anglais emotions et commodities (« marchandises »). Voir Eva Illouz (dir.), Les Marchandises émotionnelles, Premier Parallèle, 2019 [N.d.T.].

ILLOUZ, Eva, CANANAS, Edgar, Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Premier parallèle, 2018, p. 22.

La psychologie clinicienne, celle que nous connaissons, s’occupe des personnes se portent mal en raison de maladies mentales ou, si vous préférez, d’une santé mentale déficiente. La psychologie positive s’adresse à tout un chacun, les gens heureux qui veulent (ou qui furent persuader) être davantage heureux. C’est un tournant majeur pour la psychologie puisque sa clientèle vient de s’ouvrir à tout le monde.

(…) Les gens n’avaient pas seulement besoin d’être plus heureux lorsque les choses allaient mal : ce besoin-là, ils l’éprouvaient aussi, et plus encore, lorsque tout allait bien. La psychologie classique se devait donc d’assumer un rôle fondamentale inédit pour elle : elle ne devait plus se contenter de remédier à la souffrance; elle devait maximiser les potentiels de l’individualité.

ILLOUZ, Eva, CANANAS, Edgar, Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Premier parallèle, 2018, p. 44.

Le bonheur a supplanté l’objectif de justice et celui d’égalité dans la sphère politique de plusieurs pays conseillés par des psychologues et des « économistes du bonheur ».

Il s’agissait d’imposer le concept de bonheur national brut (BNB), en le présentant comme un indice bien plus pertinent que le produit intérieur brut (PIB), mais aussi des extensions de ce concept : l’«indice de bien-être économique», les dimensions «économiques du bien -être, l’«indice de bien-être durable» ou encore l’«indice de développement humain», censé permettre de mesurer l’efficacité des politiques publiques et le progrès économique à l’échelon national. Depuis 2008, tous les pays se sont peut à peu rangés, dans une plus ou moins grande mesure, à ces pratiques.

ILLOUZ, Eva, CANANAS, Edgar, Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Premier parallèle, 2018, p. 53.

Un processus général d’individualisation et de psychologisation a profondément transformé, au sein de nos sociétés capitalistes avancées, les «mécanismes politiques et sociaux de la responsabilisation». On parle même d’une «seconde révolution individualiste».

(…) Elle (seconde révolution individualiste) a en effet permis de présenter sous l’angle de la psychologie et de la responsabilité individuelle les déficits structurels, les contradictions et les paradoxes propres à la société. Le travail, par exemple, est progressivement devenu une affaire de projets personnels, de créativité et d’entreprenariat ; l’éducation, une affaire de compétences individuelles et de talents personnels ; la santé, une affaire d’habitudes de vie et de mode de vie ; ; l’amour, d’affinités interpersonnelles et de compatibilité ; l’identité, de choix et de personnalité ; le progrès social, de prospérité individuelle, et ainsi de suite. La conséquence a été l’effondrement général de la dimension sociale au profit de la dimension psychologique. «La» politique s’est ainsi vu progressivement remplacée par «une» politique, et une politique a forte consonance thérapeutique, la rhétorique du bonheur se substituant peu à peu a celle de l’individualisme dans la définition du modèle néolibéral de citoyenneté (nous développerons cette idée dans le quatrième chapitre).

ILLOUZ, Eva, CANANAS, Edgar, Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Premier parallèle, 2018, p. 77.

Je trouvais déjà notre société individualiste lors de mon entrée dans le monde adulte il y a quarante ans. Je suis tout de même surpris que ce soit pas une affaire de choix personnel Si je soupçonnais la société elle-même d’être devenue individualisante, je ne pouvais pas m’imaginer qu’il s’agissait d’une application structurelle orchestrée par les apôtres de la psychologie positive dans l’ensemble de la société.

La forteresse intérieure n’est pas l’endroit où nous voulons construire notre vie. Nous ne voulons pas vivre dans l’obsession égocentrique de l’amélioration de soi, qui n’est qu’une façon de se discipliner à outrance, de se censurer. L’idée d’une meilleure version de nous-mêmes à laquelle il s’agirait de parvenir n’est que chimère et faux-semblant, et nous n’entendons pas nous épuiser à la poursuivre. Nous refusons de nous retrouver prisonniers de postulats prétendant que l’amélioration de la société ne passerait que par l’amélioration des individus. (…)

ILLOUZ, Eva, CANANAS, Edgar, Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Premier parallèle, 2018, pp. 234-235.

(…)

(…) Nous répondons à ces arguments en renvoyant à la célèbre réfutation de l’utilitarisme proposée par le philosophe Robert Nozick, qui enseignait à Harvard et dont la sensibilité était anarchiste. Nozick proposait à son lecteur une expérience de pensée fort singulière : s’imaginer dans une machine lui fournissant à sa demande telle ou telle sensation de plaisir. La personne s’installant dans une telle machine, laissait entendre Nozick, serait poussée à croitre vivre en permanence la vie qu’elle désire vivre. La question soulevée était la suivante : une telle machine est-elle préférable à la vraie vie, censément moins plaisante ? Répondre à cette question semble aujourd’hui d’une actualité plus brûlante encore qu’à l’époque – tout particulièrement au regard de l’hégémonie grandissante de la science du bonheur (et des technologie virtuelles). Notre réponse, proche de celle de Nozick, est que le plaisir et la poursuite du bonheur ne peuvent pas l’emporter sur la réalité et la recherche du savoir – sur la pensée critique, la réflexion menée sur nous-mêmes et le monde qui nous entoure. (…)

ILLOUZ, Eva, CANANAS, Edgar, Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Premier parallèle, 2018, p. 236.

La recherche du bonheur à laquelle nous sommes tous invités depuis des décennies n’a pas eu de prise sur moi. Je ne suis pas à la recherche du bonheur afin qu’il occupe tous les coins et recoins de ma vie, qu’il soit présent même dans le malheur et la douleur. Je refuse de vivre dans l’illusion du bonheur. J’accepte volontiers des moments de bonheur, surtout ceux qui s’inscrivent en récompense à ma recherche du savoir et à mon apprentissage de la pensée critique.

Quand les auteurs Eva Illouz et Edgar Cabanas m’étonnent et me surprennent à la lecture de leur essai Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, j’éprouve du bonheur, celui de la découverte. Et que cette découverte me soit agréable ou non, qu’elle me mette en colère ou non, je suis heureux.

La sur-responsabilisation de l’individu face à son bonheur engendrée par la psychologie positive me déplaît comme toute autre sur-responsabilisation. « Si tu n’es pas heureux, c’est de ta faute. Il faut que tu travaille à ton bonheur. Personne d’autre que toi n’est responsable de ton bonheur. » Voilà le propos de la psychologie positive pour nous sur-responsabiliser.

Quand je suis déboussolé, je retrouve le nord à la lecture de l’essai « Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne » de William Kirk Kilpatrick, lui même psychologue, diplômé des plus grandes écoles dont les célèbres universités Harvard et Purdue, se demande « quel est donc le profit produit par la psychologie » :

« L’ÉCHEC DE LA FOI PSYCHOLOGIQUE

Quelque bien intentionné et agréable qu’il soit, il n’est pas évident que l’« establishment » sache aider. Partout il existe de sombres signes que cette foi n’est pas efficace. En dépit de la création d’une armée virtuelle de psychiatres, psychologues, psychométriciens, conseillers et éducateurs sociaux, il n’y a eu aucune diminution du taux de maladies mentales, suicides, alcoolisme, toxicomanie, enfants maltraités, divorces, meurtres et voies de fait de toutes sortes. Contrairement à ce qu’on pourrait espérer dans une société analysée si soigneusement et assistée par tant d’experts de la santé mentale, il y a eu un accroissement dans tous ces domaines. Il semble parfois exister un rapport direct entre le nombre grandissant de ceux qui aident et le nombre grandissant de ceux qui ont besoin d’aide. Plus nous avons de psychologues, plus nous récoltons de maladies mentales; plus nous avons d’éducateurs sociaux et de délégués à la liberté surveillée, plus la criminalité s’accroît; plus nous avons d’enseignants et plus l’ignorance grandit.

Il nous faut nous interroger devant tout cela. En clair, cela est suspect. Nous sommes contraints de concevoir la possibilité que la psychologie et les professions qui gravitent autour d’elle proposent des solutions aux problèmes qu’elles ont elles-mêmes contribué à faire naître. Ainsi, nous voyons des psychologues élever chez les gens l’espoir de bonheur ici-bas à un niveau démesuré, pour ensuite dispenser leurs conseils sur la crise qui survient vers la mi-vie et à la mort. Nous voyons des psychologues faire de l’attention portée à soi-même une vertu, pour ensuite s’étonner du nombre croissant de narcissistes. Nous voyons des psychologues alléguer devant les tribunaux que les mauvais garçons et même les mauvais adultes n’existent pas, pour ensuite formuler des théories afin d’expliquer l’augmentation de la criminalité. Nous voyons des psychologues mettre à rude épreuve les liens de la vie familiale, pour ensuite mener une thérapie dans les foyers brisés.

ATTENTES ET RÉSULTATS

Il y a trop de « si », de « et » et de « mais » pour prouver une relation fortuite entre la montée de la psychologie et la détérioration du lien social, mais il existe certainement assez de preuves pour douter du profit que la psychologie prétend nous apporter. Dans les domaines où les professionnels savent véritablement ce qu’ils font, nous nous attendons à un résultat. Stanislav Andreski, sociologue britannique, fait la lumière sur ce point en comparant la psychologie et la sociologie à d’autres professions. Il note que lorsqu’une profession est fondée sur une connaissance bien établie, il devrait y avoir une relation entre le nombre de personnes qui exercent cette profession et les résultats accomplis :

« Ainsi, dans un pays où il y a pléthore d’ingénieurs en télécommunication, l’équipement téléphonique sera normalement meilleur que dans un pays où il n’y a que quelques spécialistes dans ce domaine. Le taux de mortalité sera plus bas dans les pays ou les régions où il y a beaucoup de docteurs et d’infirmières que dans les lieux où ils sont rares et éloignés. Les comptes seront généralement tenus avec plus d’efficacité dans les pays où il y a de nombreux comptables expérimentés que là où ils font défaut. »

Mais quel est donc le profit produit par la psychologie et la sociologie? Le professeur Andreski poursuit :

« … Partant, nous devrions constater que dans les pays, les régions, les institutions ou encore les secteurs où les services des psychologues sont très largement requis, les foyers sont plus résistants, les liens entre conjoints, frères et sœurs, parents et enfants, plus solides et plus chaleureux; les relations entre collègues plus harmonieuses, le traitement des patients meilleur; les vandales, les criminels et les toxicomanes moins nombreux, que dans les endroits et les groupes qui n’ont pas recours aux talents des psychologues. En conséquence, nous pourrions déduire que les États-Unis sont la patrie bénie de l’harmonie et de la paix; et qu’il aurait dû en être toujours plus ainsi durant le dernier quart de siècle en relation avec la croissance numérique des sociologues, des psychologues et des experts en sciences politiques. »

Cependant, ce n’est pas ce qui s’est produit. Au contraire, les choses semblent empirer. Les rues ne sont pas sûres. Les foyers se désintègrent. Le suicide sévit parmi les jeunes. Et quand la psychologie tente de régler de tels problèmes, il semble souvent qu’elle les aggrave. La création dans les villes de centres de prévention du suicide s’accompagne, par exemple, d’une augmentation de celui-ci. Les conseils matrimoniaux conduisent fréquemment au divorce. Par ailleurs, l’observation la plus élémentaire nous montre que l’introduction de l’éducation sexuelle dans un public très étendu n’a aucunement enrayé la hausse des grossesses non désirées, de la promiscuité et des maladies vénériennes. Il est plutôt manifeste que de tels programmes encouragent la sexualité précoce et les problèmes qui en découlent.

Il est difficile de ne pas conclure que l’ordonnance est à l’origine de la maladie. « Si nous constations », écrit Andreski, « que toutes les fois que les pompiers arrivent, le feu redouble d’intensité, nous finirions par nous demander ce qu’il peut bien sortir de leurs lances et si, par hasard, ils ne sont pas en train de verser de l’huile sur le feu »

Source : KILPATRICK, William (KIRK), Séduction psychologique, Centre biblique européen (Suisse), 1985.

Et même s’il s’agit d’un livre se référant à la foi chrétienne, l’auteur donne d’abord une juste mesure de sa pensée critique sur la psychologie, étant lui même psychologue, diplômé des plus grandes écoles dont les célèbres universités Harvard et Purdue.

Le livre Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Premier parallèle me donnera à l’avenir la même possibilité de retrouver le nord… un sourire en coin aux lèvres.

Bonne lecture !

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys


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Liste de tous les articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Article # 8 – Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

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DOSSIER

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

ARTICLE # 8

Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

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Informations de l’éditeur

Résumé

De quoi peut bien nous guérir la philosophie ? Sa compétence dépasse celle des chamans, des psychothérapeutes et des chirurgiens : la philosophie guérit de la vie. Car vivre ne va pas de soi, et il n’est pas même certain que nous soyons armés pour cela. La vie n’est pas un sport de glisse, où il suffirait de se laisser aller à être soi. Il faut du courage pour exister. Il faut du panache pour affronter la réalité, son indifférence, son injustice et sa bêtise.

Et consoler ne suffit pas. Il nous faut un remède, une médecine. Pas de celles qui préconisent des solutions faciles, mais de celles qui permettent d’affronter les tempêtes, de traverser les orages. C’est cette médecine que délivre la philosophie. Elle ne tue pas ; elle rend plus fort.

Maux du corps et maux de l’âme, vieillesse, burn-out, addictions en tout genre, manque de volonté et mauvaises fréquentations, amour et chagrins d’amour, problèmes d’argent, de voisinage, de famille ou de bureau, coups de foudre et coups de sang, jalousie ou solitude, de Montaigne à Nietzsche en passant par Hegel et Descartes, la philosophie a tout affronté, et cherché à tout soigner.

Caractéristiques

Nombre de pages : 264

Code ISBN : 978-2-13-082645-3

Numéro d’édition : 1

Format : 12.5 x 19 cm

Collection : Quadrige

Discipline : Philosophie

Catégorie : Livre

Date de parution : 02/09/2020

Sommaire

GUÉRIR LA VIE

LES MAUX DU CORPS

LES MAUX DE L’ÂME

LES TRACAS QUOTIDIENS

TROUBLES MENTAUX, PASSAGERS OU CHRONIQUES

LES ACCIDENTS DE LA VIE

LES CAS LIMITES

THÉORIES CURIEUSES

Autour de l’auteur

Ancienne élève de l’ENS, agrégée, docteur et maître de conférences en philosophie, doyen de la faculté de philosophie de l’Institut catholique de Paris, spécialiste de Descartes et du cartésianisme, Laurence Devillairs est également l’auteur aux Puf d’Être quelqu’un de bien (2019) ainsi que des « Que sais-je ? » Descartes (2018) et Les 100 citations de la philosophie (2019).

SOURCE : PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE (PUF).


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CV détaillé de Laurence Devillairs


Revue de presse

Soigner par la philosophie, par Sandrine Warsztacki – 15 Septembre 2020, En Marche – Le journal de la Mutualité chrétienne

Philosopher au bord du gouffre, Laurence Devillairs, Philosophie magazine, 15 décembre 2020

Laurence Devillairs : pour une philosophie de la plainte, Philosophie magazine, 15 décembre 2020

Un éclat de philosophie comme consolation, Béatrice Bouniol, Croix Network, Bayard Presse, 25 novembre 2020

Laurence Devillairs: «Guérir la vie par la philosophie», Pierre-Edouard Deldique, Radio France Internationale, 21 mars 2017

La philosophie peut-elle nous guérir ? Présentée par Béatrice Soltner U, Radio chrétienne francophone, 17 août 2017


DOSSIER

Philothérapie – Quand la philosophie nous aide

RAPPORT DE LECTURE

Guérir la vie par la philosophie

Laurence Devillairs

Presses universitaires de France

Par Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Le choix du verbe « GUÉRIR » dans le titre situe l’œuvre loin de la pudeur des consultants philosophes hésitant à associer leur travail à une « thérapie » et encore moins à la « médecine ». Laurence Devillairs se démarque en associant la philosophie à la médecine, une médecine :

De quoi peut bien nous guérir la philosophie ? Sa compétence dépasse celle des psychothérapeutes : la philosophie guérit de la vie. Car vivre ne va pas de soi.

Nous avons besoin d’un remède, d’une médecine. Non celle qui préconise des solutions faciles, mais celle qui permet d’affronter les tempêtes et les orages. C’est cette médecine que délivre la philosophie.

Maux du corps et de l’âme, vieillesse, bunt-out, chagrins d’amour, problèmes d’argent, de famille ou de bureau, coup de foudre et coup de sang, de Montaigne à Nietzsche, en passant par Hegel et Descartes, la philosophie a tout affronté et tout soigné.

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, quatrième de couverture.

Vous l’avez sans doute devinez, le passage soutenant que la compétence de la philosophie dépasse celle des psychothérapeutes, m’a rassuré car je crains encore et toujours une liaison fatale entre la philosophie et la psychologie en raison de hyper commercialisation de cette dernière en de multiples techniques et méthodes en tous genres plus ou moins questionnables.

 Les introductions des différents textes au sommaire de cette œuvre – car c’est bel et bien une œuvre – m’ont ravit par leur réalisme. Madame Devillairs aborde ses sujets dans détour; elle entre dans le vif du sujet de la manière dont nous le vivons réellement. Voici les premières lignes de son Avant-propos :

Vivre, se sentir vivant, exister ici et maintenant, tel serait, à en croire certains, le secret du bonheur. Comme si la vie était un cadeau ; comme si le moment présent n’était que magie et poésie. Pour tous ceux qui vivent d’amour et d’eau fraîche, de vacances et de loisirs, dans le luxe, le calme et la volupté, il en va sans doute ainsi. Cependant, pour la majorité d’entre nous, vivre n’est pas un cadeau, mais une série de contraintes, de figures et d’horaires imposés.

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, p. 17.

Le ton est donné à tout ce livre. L’auteur ne passera pas sous silence notre mal de vivre et l’affrontera avec nous de plein fouet dans sa réalité la plus crue. Et j’aime bien me reconnaître dans les propos d’un auteur. J’aime être surpris par son honnêteté. J’aime m’éclater de rire ou avoir un sourire en coin à la lecture des propos d’un auteur.

La philosophie est utile ; elle n’est ni un luxe ni une occupation pour dilettantes. Elle ne prône pas l’utilité de ce qui est inutile, le bonheur de ce qui ne sert à rien ; au contraire, rien n’est pensé en philosophie qui ne soit pensé pour être utile.

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, p. 18.

La philosophie ne s’attarde pas à nous séduire, à nous plaire, à nous flatter dans le sens du poil. Elle s’offre pour ce qu’elle est : un outil dont l’utilité démontre son efficacité.

Une des grandes leçons de la philosophie, son officine, sa pharmacie est de nous enseigner que, si nous ne sommes pas maîtres du « destin », nous le sommes de nous-mêmes, et de la façon dont nous accueillons ce qui survient. Cette leçon magistrale a été donnée pour la première fois par les stoïciens, ces héritiers de Socrate, dont l’école perdura durant au moins cinq siècles et dont l’influence est encore manifeste de nos jours.

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, p. 31.

Maîtres de nous-même pour autant que nous nous en donnons les moyens utiles en les distinguant des futiles.

Ce qui motive en effet le médecin philosophe, c’est moins la maladie que l’inconscience que nous avons d’être malades ; c’est l’assurance qui y a en l’homme quelque chose qui ne va pas, comme un virus natif et insoupçonné. Les autres médecines ne font qu’appliquer un pansement sur une jambe de bois; la philosophie seule tente de transformer les bois dont nous sommes faits, rendant par là inutiles et inefficaces tous les pansements que d’autres on imaginés.

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, pp. 34-35.

L’auteure aborde de nombreux sujets comme en témoigne le sommaire détaillé ci-dessus. Et elle nous surprend, notamment au sujet des efforts déployés par les uns et les autres pour que nous trouvions dans l’épreuve et la souffrance quelque chose de positif.

Il faut se battre, ne pas se laisser aller, garder le moral : le malade doit se transformer en soldat, la défaite est impensable, et la résilience obligatoire. Il faut lutter contre cet ennemi intérieur qu’est la maladie. Il s’agit d’une épreuve et, comme toute épreuve, elle a ses vainqueurs et ses champions. Le malade doit être un battant. Pour un peu, on l’envierait : la maladie est l’occasion pour lui de se dépasser, de tester ses ressources et ses forces. Ne dit-on pas que ce qui ne tue pas rend plus fort ? Le malade a l’opportunité de devenir un héros, de planter le drapeau au sommet de la fièvre, sur le pic du cancer. Pour un peu. on entonnerait la Marseillaise, en saluant le public.

Rien de plus révoltant que cette moralisation de la maladie, qui entraîne nécessairement la culpabilisation du malade. Si garder le moral est essentiel, guérir n’est pas une épreuve sportive, et être malade n’est pas la conséquence d’un défaut d’entraînement, le résultats d’un laisser-aller. Le malade n’a pas plus à se battre qu’il n’est responsable de sa maladie : on ne se fabrique pas non plus un cancer qu’on ne doit le vaincre en combat singulier. Continuer à vivre malgré tout est déjà largement suffisant. Ces discours guerriers visent sans doute à donner du sens à ce qui n’en a pas. à trouver des raisons, de origines, des causes, de buts et de scores, là où ne règne que la présence injustifiée de la maladie. (…)

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, pp. 54-55

Et l’auteur de préciser : «  »Souffrir, c’est souffrir trop », affirme Ricœur. La philosophie a dans ce domaine une utilité, que certains jugerons paradoxale : elle consiste à refuser tout ce qui cherche à positiver le négatif contenu dans l’expérience douloureuse. »

Personnellement, j’ai toujours refusé de « positiver le négatif » par souci de ne pas perdre de vue la réalité ou de rêver là où le cauchemar s’impose de lui-même. J’ai été témoin de plusieurs vagues de positivisme extrême. De mon adolescence à ma soixantaine, j’ai toujours trouvé qu’être positif avec une épée sur la tête relevait de la folie. Aussi, c’est toujours lors des périodes les plus négatives de ma vie que j’ai été le plus créatif.

Quand madame Devillairs parle de l’expérience, elle me ramène les deux pieds sur terre :

L’expérience n’apprend rien, car ce que l’on vit n’est pas cumulatif, ne s’additionne pas pour déboucher sur une vérité absolue. D’abord parce que chaque expérience est unique et incomparable, incapable de ce fait de nous armer pour en affronter d’autres. On ne revit jamais deux fois la même expérience. Les certitudes qu’elle peut nous offrir ne sont que négatives : on peut, grâce à elle, peut-être parvenir à savoir ce qu’il est faux de penser (de soi, du monde des autres), mais non ce qui est vrai. Ce n’est pas la vérité que nous révèle l’expérience, mais l’erreur : elle nous met aux prises avec un fait, une situation qui contredit nos prédictions. Son pouvoir est de  » falsifier », de réfuter, et non de vérifier une hypothèse ou une conviction.

DEVILLAIRS, Laurence, Guérir la vie par la philosophie, Presses Universitaires de France / Humensis, 2020, p. 198.

Les question se pose donc ainsi : « Quelles erreurs me révèlent mes expériences ? ». Avoir beaucoup d’expérience implique nécessairement d’identifier et de corriger nos erreurs afin de ne pas les répéter. Autrement, l’expérience demeure vaine. L’expérience est positive que si elle nous éclaire sur le négatif. Et je ne crois pas que l’expérience soit auto-éclairante, seul l’autre peut nous permettre de constater nos erreurs.

______________________________

« Guérir la vie par la philosophie » tranche avec mes lectures précédentes. L’auteure a choisit des situations dans lesquelles nous pouvons aisément nous reconnaître. Elle nous en propose le revers, l’autre côté de la médaille. Elle nous étonne et nous surprend. Elle nous rappelle que tout n’est pas rose, que la vie est difficile, que la vie n’est pas un cadeau. Elle nous propose une médecine : la philosophie. Il faut lire ce livre !

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys


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Liste de tous les articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Article # 5 – Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

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DOSSIER

Philothérapie

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Article # 5

Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Ma lecture

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

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Philosopher pour se retrouver

La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai

Laurence Bouchet

Éditions Marabout – 2015

Ce livre n’est plus disponible à la vente

Présentation par l’éditeur

Le premier guide de philosophie pratique.

La philosophie pratique permet de donner du sens et de trouver une stabilité dans un monde où tout va très vite, où nous avons à la fois l’impression d’être tout-puissants et impuissants. Or, tant que nous n’avons pas conscience de ce qui entrave notre pensée, nous ne sommes pas en mesure de dialoguer ni avec les autres ni avec nous-même.
Ce livre vous offre donc une méthode de philosophie pratique, de philosophie à vivre. Le fondement de la méthode implique un travail sur soi afin de mieux se connaître, puis une mise en œuvre de compétences philosophiques.

Chaque chapitre, consacré à une idée phare de la philo pratique, partira d’une citation ou un texte de philosophe. Il proposera un éclairage sur ce texte permettant au lecteur un questionnement sur lui-même.

Enfin, de façon pionnière, des exercices concrets pour la vie quotidienne.

Source : Éditions Marabout.

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À propos de l’auteur

Laurence Bouchet professeure de philosophie, philosophe praticienne et philosophe consultante. Elle enseigne la philosophie par le débat socratique. Elle anime des cafés de pratique philosophique à Pontarlier, Besançon, Champagnole, Paris. Elle propose également des interventions dans diverses institutions et auprès d’entreprises ainsi que des consultations philosophiques. http://www.la-philosophie-en-pratique.fr

Source : Google Livres.


Extrait

SIMPLICITÉ DE LA PHILOSOPHIE

« Je m’avance vers celui qui me contredit, qui m’instruit », « La seule chose que je sais, c’est que je ne sais rien », « L’homme est condamné à être libre », « Je pense, donc je suis », « Connais-toi toi-même », « Ose penser par toi-même », « Ce n’est pas la réalité qui nous blesse, mais la représentation que nous en avons », « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort », etc.

Voici, pêle-mêle, des citations de grands philosophes. Probablement le lecteur a-t-il déjà lu ou entendu l’une d’elles, vague réminiscence de ses cours de terminale. Le lycéen pourra en mobiliser quelques-unes pour agrémenter le développement de sa dissertation du baccalauréat. Au cours d’un dîner en ville, on pourra se sentir important en rappelant au détour de la conversation ce qu’ont dit Socrate, Montaigne, Descartes, Nietzsche ou Sartre.

Dans ce livre, je voudrais proposer une autre approche de la philosophie. Il ne s’agira pas d’apprendre sur les auteurs et d’expliquer telle ou telle pensée afin d’ajouter une connaissance nouvelle. Non. Bien plutôt, je voudrais inviter le lecteur à mettre en pratique la philosophie. À faire vivre ces idées en lui, à les questionner, à se questionner sur lui-même en les questionnant, à les expérimenter.

La philosophie est réputée pour sa complexité. Certains la fuient pour cette raison, comme si cette discipline trop brumeuse, trop fumeuse peut-être, n’avait rien à leur dire. D’autres, à l’opposé, la recherchent pour cette même raison ; en entrant dans les méandres de la réflexion, peut-être trouvent-ils moyen de fuir une réalité jugée trop difficile et décevante. On verra dans ce livre que, s’il est vrai que la philosophie est une discipline difficile, ce n’est pas en vertu de sa complexité, mais bien au contraire de sa simplicité. Il n’est pas facile d’être simple. Cela suppose un travail de dépouillement, une plus grande authenticité (voir ici), un courage certain pour assumer sa liberté et sa responsabilité, pour essayer, se lancer au risque de se tromper.

Aucune des citations proposées ci-dessus ne pose de redoutable problème de compréhension, aucune n’est particulièrement complexe, chacun en comprend le sens général, pourtant aucune n’est facile à appliquer. Au fil de ces pages, je voudrais donc indiquer des voies pour mettre en pratique la philosophie, pour qu’elle ne reste pas lettre morte. Ce livre ne prendra son sens que par celui que le lecteur pourra lui donner lorsque ses pages seront refermées. Il s’aventurera à philosopher, lorsqu’il tentera des expériences, prendra quelques risques et observera ce que cela produit.

Une autre façon de philosopher

En France, depuis vingt ans, depuis les premiers cafés philo mis en place par Marc Sautet, la philosophie s’est échappée des amphithéâtres et des classes de terminale générale. Elle a pris la tangente et pratique l’école buissonnière. On la trouve dans les cafés, à Paris comme en province, dans les écoles maternelles et primaires, dans les collèges, elle s’aventure dans les lycées professionnels. Elle s’expose en pleine campagne lors de séminaires ou se replie dans le cabinet du philosophe consultant. Elle s’essaie sur les réseaux sociaux, donne des rendez-vous par visioconférence.

Elle prend même ses aises dans un monde où personne n’aurait pensé la trouver : celui de l’entreprise et des équipes managériales.

Et le phénomène est mondial. La philosophie parle toutes les langues, circule sur la planète. Tous les ans sont organisées au mois d’août des rencontres internationales de pratique philosophique : « The International Conference on Philosophical Practice » (ICPP), 2012 en Corée, 2013 en Grèce, 2014 en Serbie… Tous les ans, à l’Unesco, au mois de novembre, divers philosophes praticiens exposent leur méthode d’animation de débats philosophiques et échangent sur ce qu’ils mettent en place.

La philosophie prend différentes formes, suit diverses écoles de pratique. Les approches varient en fonction de la place qu’elles accordent plutôt à l’expression de soi ou plutôt à l’exercice de l’écoute de l’autre. La méthode que je pratique a été en grande partie élaborée par le philosophe praticien Oscar Brénifier, même si mon travail diffère du sien sur un plan à la fois théorique et pratique (ces différences sont exposées sur mon site Internet). Quoi qu’il en soit, cette méthode implique un travail rigoureux sur les compétences* philosophiques (voir ici), ainsi qu’un travail sur les attitudes* (voir ici), c’est-à-dire une prise de conscience de soi grâce à la réflexion philosophique.

On le voit, les approches de la pratique philosophique sont multiples, mais elles ont toutes en commun de faire de la pensée un exercice au contact des autres. Par ces pratiques, la philosophie devient vivante et populaire, elle ne concerne plus seulement une élite mais tout un chacun.

Mon métier et l’enseignement traditionnel en France

La prise de conscience de ce dynamisme autour de la philosophie et en dehors des murs de la classe a renouvelé ma vision de l’enseignement de cette discipline. Étudiante en philosophie puis professeur de philosophie, je n’ai longtemps connu qu’une seule façon d’enseigner : la leçon magistrale ou le cours discuté. Dans tous les cas, le professeur ou le maître se plaçait en position d’enseigner ce qu’il savait à des étudiants ou des lycéens qui, eux, ne savaient pas. Dans tous les cas, le seul problème était d’apprendre un contenu théorique et non de se préoccuper de sa mise en pratique. On pouvait ainsi longuement disserter sur Sartre et la mauvaise foi* sans jamais se demander si nous-mêmes, professeurs ou étudiants, étions de mauvaise foi. On pouvait parler de la distinction des désirs chez Épicure, montrer qu’il y a certains désirs dont la poursuite nous rendra nécessairement malheureux, comme l’argent ou la gloire, car nous n’en aurons jamais assez, mais tout cela restait théorique et jamais nous ne cherchions à comprendre si nous-mêmes n’étions pas victimes de ces désirs vains. Comme si les idées des philosophes n’avaient aucune influence sur le cours de nos existences, comme si elles ne nous concernaient pas.

Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais…

Je me souviens du jour où, dans la classe, j’ai pris conscience que cette façon d’enseigner conduisait à une contradiction performative, c’est-à-dire à faire exactement l’inverse de ce que je disais. Il s’agissait de l’étude de ce fameux texte dont la lecture est quasi incontournable en terminale, un extrait de Qu’est-ce que les Lumières ? de Kant. Dans ce texte, le philosophe nous conseille d’oser penser par nous-mêmes, car si nous ne le faisons pas, d’autres se chargeront de le faire à notre place. Kant nous met en garde : il est possible de passer sa vie en restant mineurs, passifs et dépendants, effrayés à l’idée de penser, redoutant de faire le moindre pas en dehors des sentiers battus. Ce qui nous empêche de penser, ajoute-t-il, ce n’est pas une quelconque incapacité intellectuelle, mais simplement notre paresse et notre lâcheté. Apprenons donc à nous risquer, suggère-t-il, et malgré la timidité que nous inspirent les maîtres, nous verrons bien que cela n’est finalement pas si dangereux.

J’expliquais donc cela aux élèves tandis qu’ils écoutaient, notaient sur leurs cahiers : « Il faut oser penser par soi-même, trouver le courage d’aller contre sa paresse et sa lâcheté. » Mais ce qu’ils faisaient, ce que je les conduisais à faire, et à travers moi l’institution scolaire, était en complète contradiction avec le contenu des propos tenus par Kant. Je me trouvais moi-même dans la position du maître qui pense à la place des autres ! Je leur imposais la passivité par ma pratique d’enseignante, alors que le discours que je leur adressais leur demandait d’être actifs et autonomes.

Se risquer

Prenant conscience de cette contradiction, je m’interrompis et décidai de me taire afin d’inviter concrètement les élèves à penser par eux-mêmes, même timidement, même maladroitement. Aussitôt, je constatai que cette tâche était difficile, entravés qu’ils étaient par toutes sortes de complexes que leur éducation avait contribué à fabriquer : peur de ne pas savoir, peur de se tromper, peur de dire des bêtises, peur du jugement des autres et peur du professeur. Mais petit à petit, ils commençaient à s’aventurer, à s’engager dans leur propos, à en tirer une certaine fierté et même à proposer de belles idées qui me surprenaient, car je n’y avais jamais pensé. Depuis, je n’ai cessé de m’interrompre, de prendre une place non en plein, en imposant des connaissances et en faisant la leçon, mais en creux, en écoutant et en questionnant. Je n’ai cessé, aidée dans ma démarche par mes collègues philosophes praticiens, de faire en sorte que les élèves ou les personnes qui participent à des ateliers de philosophie osent penser par eux-mêmes. Depuis, mon travail est devenu plus complexe, plus déstabilisant, plus imprévisible, mais aussi plus passionnant.

Aux origines de la philosophie

À y regarder de plus près, cette pratique philosophique que je m’efforce de mettre en place avec d’autres animateurs philosophes n’est pas si nouvelle. Elle semble même un retour aux origines de la philosophie occidentale, un retour aux sources adapté à notre monde contemporain. En effet, lorsque Socrate se promenait sur l’agora en interpellant les passants, lorsque Épicure invitait dans son jardin ses amis pour philosopher, lorsque Épictète s’entretenait avec ses disciples, ils ne se contentaient pas de faire de grands discours théoriques (ils n’en faisaient d’ailleurs parfois pas du tout, se limitant à questionner, à l’instar de Socrate). Ce qu’ils disaient était fait pour être mis en pratique, leur discours ou leur questionnement devaient produire un effet. La philosophie n’était pas, comme elle l’est parfois devenue aujourd’hui, un pur jeu spéculatif, l’occasion de briller dans une dissertation, un article ou un livre. Elle impliquait un exercice sur soi, une confrontation avec la réalité.

Se distancier de soi et voir plus clair

À l’origine, philosopher par le dialogue avec les autres, par le dialogue avec soi-même, était un moyen de conduire ses pensées, d’y mettre de la cohérence tout en examinant différents points de vue. La philosophie permettait, par les compétences* que sont le questionnement, la conceptualisation, la définition, l’argumentation, bref tous les procédés abstraits de la pensée, de mieux comprendre la réalité et en même temps de prendre de la distance avec soi-même, d’y voir plus clair pour gouverner sa vie. Comme si, finalement, comprendre grâce à la raison le monde qui nous entoure permettait de mieux y trouver notre place, d’affirmer notre individualité tout en en connaissant les limites.

Ce dont on parle et celui qui parle

La philosophie, à l’origine, ne porte pas seulement sur ce dont on parle, mais aussi sur celui qui parle. Elle conduit à s’interroger sur soi, à tenter de mieux se connaître et de mieux agir : « Quand on approche Socrate de très près et que l’on entre en dialogue avec lui, même si l’on a commencé à parler avec lui de tout autre chose, il est nécessaire que l’on cesse d’être entraîné par le fil du discours en toutes sortes de détours, jusqu’à ce qu’on en vienne à devoir rendre raison de soi-même, aussi bien quant à la manière dont on vit présentement qu’à celle dont on a vécu son existence passée. Quand on en est arrivé là, Socrate ne vous laissera pas partir avant d’avoir, bien à fond et de la belle manière, soumis tout cela à l’épreuve de son contrôle… Je ne vois aucun mal à ce que l’on me rappelle que j’ai agi ou que j’agis d’une manière qui n’est pas bonne. Celui qui ne fuit pas cela sera nécessairement plus prudent dans le reste de sa vie. » (Platon, Lachès.)

La consultation philosophique

C’est dans ce retour aux origines que s’inscrit la pratique de la consultation philosophique. Lors de cet exercice, la personne qui vient trouver le philosophe est invitée à s’interroger sur elle-même. La consultation philosophique s’est développée il y a une trentaine d’années en Allemagne, à l’initiative de son fondateur, Gerd Achenbach, qui entendait rendre la philosophie plus accessible au public et en même temps revenir à la maïeutique* socratique.

Elle s’inscrit dans l’émergence du counseling, du coaching et de la philosophie du care des pays anglo-saxons. Selon cette tendance, l’individu aurait besoin du regard et du conseil d’une personne extérieure pour se développer et faire face à certains problèmes mêlant l’affectif, le professionnel et l’existentiel.

Dans ce foisonnement, la consultation philosophique répond à une exigence qui était déjà celle de Socrate : « Connais-toi toi-même ». Elle met au jour un système de représentation sur lequel nous appuyons notre existence sans toujours en avoir bien conscience. Elle produit un effet miroir, permet de se distancier de ce système de représentation, d’en observer les avantages, les limites, les rigidités. Il devient alors possible de mieux assumer notre liberté : notre système de représentation n’est pas figé une fois pour toutes. Si nous l’avons adopté, c’est parce qu’il avait une raison d’être, il permettait de satisfaire une aspiration. Mais si cette aspiration s’est modifiée ou s’il existe de meilleures manières de la satisfaire, alors nous pouvons changer.

De la même façon, nous adoptons certaines positions corporelles qui peuvent à la longue générer des contractures et limiter nos mouvements. La consultation philosophique procure à l’esprit ce que la séance de massage procure au corps. Elle donne de la souplesse, permet de prendre conscience de possibilités de penser et d’être que nous ne concevions pas à force de rigidité et de peur de souffrir. De même que le kinésithérapeute libère les mouvements en massant les points sensibles, le consultant philosophe libère notre pensée en nous aidant à mieux examiner nos crispations. La douleur est alors moins terrible que ce que nous imaginions et qui nous paralysait. Pour le corps comme pour l’esprit, la crainte de souffrir produit une souffrance plus grande que la souffrance elle-même, car cette dernière est redoublée par la crispation. Nous affronter à la souffrance réelle, c’est nous libérer de cette crispation, retrouver plus de mouvement et de légèreté.

Le besoin d’une quête existentielle

Philosopher, ce n’est donc pas accumuler des connaissances sur les philosophes, lire tous leurs livres, ce n’est pas seulement mettre en œuvre certaines compétences* intellectuelles s’appuyant sur la raison. Philosopher, c’est d’abord et avant tout se lancer dans une quête existentielle, une recherche exigeante d’authenticité et de vérité.

Cette authenticité s’acquiert en se défaisant d’une vie immédiate où l’on ne poursuit que plaisir, envies, flatteries et distractions, d’une vie où l’on se disperse. Dans notre monde contemporain, tout est fait, semble-t-il, pour éviter à chacun la confrontation avec soi-même. La technique, pour le meilleur mais aussi pour le pire, nous soulage des tâches pénibles. Certes, nous n’avons plus à fatiguer nos corps pour labourer la terre, faire la lessive, couper des arbres, tailler des pierres, nous déplacer, communiquer. Les machines, les automobiles, les avions, les ordinateurs et téléphones portables nous ont considérablement facilité les choses.

Nous pourrions donc déployer notre énergie et notre temps dans des activités constructives pour fortifier notre âme, pour faire de nous-mêmes des personnes authentiques et ouvertes aux autres, à la fois autonomes et solidaires. Mais loin de s’être développées, il semble que ces vertus soient plutôt en voie de disparition et que les valeurs qui les fondent, si elles sont toujours contenues dans nos discours, dirigent rarement nos pratiques. La technique, en nous soulageant des tâches pénibles, nous a fait perdre un certain goût de l’effort, de la confrontation avec l’adversité et de l’engagement dans l’existence.

L’illusion de la toute-puissance

La technique nous donne l’illusion de la toute-puissance et même si nous sommes souvent conscients de cette illusion, nous éprouvons les plus grandes difficultés à lui résister. D’un côté nous avons le sentiment d’une vie aux possibilités décuplées, d’un autre les possibilités offertes par la technique engendrent un sentiment d’impuissance. Dans les pays riches, il semble qu’il n’y ait plus de frein à la satisfaction de désirs toujours renouvelés, comme s’il fallait sans cesse combler le vide de l’existence pour ne pas y penser. Ainsi, devant notre ordinateur dont le fonctionnement nous est hermétique, lorsque guidés par notre envie nous cliquons, lorsque poussés par un vague sentiment nous « likons » sur Facebook, nous pouvons nous interroger sur les capacités que nous développons. Sur le coup, nous nous laissons entraîner et nous passons d’une page virtuelle à une autre sans voir le temps passer, mais que reste-t-il d’une telle expérience à la fin de la journée ? Et pour ne pas voir en face ce vide inquiétant, il ne nous reste qu’à fuir un peu plus et recommencer à se laisser happer.

Des clés pour se retrouver dans un monde sans repère

Ou bien, ou bien… Peut-être faut-il parvenir au fond du sentiment de vide, de mensonge et de facticité pour rebondir, décider enfin de réagir, de faire quelque chose de sa vie, de prendre le taureau par les cornes, de retrouver le goût de l’effort et du souci de soi.

Et si nous choisissons cette voie, alors la philosophie a quelque chose à nous apporter. C’est dans cette optique que je m’efforce de la vivre et de la faire vivre, en la mettant en pratique avec les personnes que je rencontre dans le cadre de cours au lycée, de cafés philo, de séminaires, d’ateliers collectifs ou encore de consultations et de formations individuelles.

Certes, entreprendre de se mettre dans la peau de Socrate est une tâche qui ne conduit pas toujours à se faire des amis, car il s’agit de chercher à dévoiler la vérité sans complaisance plutôt qu’à se faire aimer. Il n’est pas confortable d’aider chacun à regarder l’image qu’il renvoie aux autres au lieu de celle, plus flatteuse, qu’il s’est construite de lui-même. Et cela dans le but de l’encourager à se prendre en main, à changer peut-être ou assumer ce qu’il est, dans tous les cas à devenir l’auteur de sa vie.

Certaines personnes ne supportent pas une telle exigence, elles se fâchent, quittent l’assemblée, furieuses, ou ne viennent plus jamais s’adresser au philosophe avec lequel elles ont eu une consultation. D’autres, au contraire, comprennent et ressentent l’intérêt de cette démarche, certes exigeante et difficile. En faisant le choix de se connaître et de s’aventurer à philosopher, elles s’allègent des lourdeurs qui les entravaient et découvrent un plaisir nouveau, celui de cheminer, en dialoguant tantôt avec les autres, tantôt avec elles-mêmes, vers une vérité toujours mouvante, un « gai savoir », comme disait Nietzsche.

Ce livre s’adresse donc à ces personnes partantes pour une telle aventure, à celles qui optent d’abord et avant tout pour une quête d’authenticité avant celle du bonheur.

Dans quel état d’esprit lire ce livre

Comme je l’ai dit, la philosophie est d’abord une pratique vivante sur soi et en lien avec les autres, et non une pure théorie coupée de la réalité. Pourquoi dès lors écrire un livre ? Socrate lui-même se méfiait de l’écrit qui fige la pensée. Philosopher, c’est d’abord être en mouvement, dans la présence, l’étonnement et l’inattendu du dialogue. Il y a un danger à fixer les paroles dans les écrits, car elles peuvent devenir des objets de culte, des vérités qu’on ne questionne plus. Kant lui-même, dans ce fameux passage de Qu’est-ce que les Lumières ?, se méfiait des livres qui peuvent prendre la place de tuteurs, penser à notre place. Il ne suffit pas que les mots « Pense par toi-même » soient consignés dans un livre, encore faut-il que chacun se mette à penser par lui-même, et cela aucun livre ne peut le faire à notre place.

Alors, tout dépendra du lecteur et des raisons pour lesquelles il parcourra ces lignes. On peut lire passivement pour ne pas vivre. On peut lire pour fuir, pour se réfugier et se mettre à l’abri d’une réalité jugée trop difficile. On peut aussi lire pour prendre le temps de questionner, pour se mettre en retrait, pour ne plus se perdre et s’éparpiller dans l’urgence, on peut lire pour mieux agir et assumer.

Une personne avec laquelle j’avais pratiqué des consultations philosophiques et qui avait participé à des ateliers m’a dit trouver une structure dans le cadre de ces exercices, mais dès qu’elle retournait dans ce qu’elle appelait la « vraie vie », elle se sentait perdue. Il y avait pour elle deux mondes séparés, celui des ateliers, des cafés ou des consultations philosophiques, où l’on réfléchit, où l’on prend le temps d’examiner, d’écouter et de se poser, et de l’autre le monde de tous les jours où l’on se sent perdu, happé par l’urgence, où l’on n’a plus le loisir de réfléchir, de prendre du recul.

Mais la philosophie ne s’arrête pas à la porte de l’atelier ou du cabinet de consultation, elle est là jour après jour et nous accompagne. Toutes les situations du quotidien sont de belles occasions de philosopher, s’étonner, observer, comprendre et même décider de se lâcher et de prendre des risques.

C’est donc pour cette personne et pour celles qui lui ressemblent que j’écris ce livre, afin de leur donner les moyens de faire des liens entre ce qu’elles vivent et la philosophie.

Un livre pour accompagner les autres

Ce livre s’adresse, on l’aura compris, à ceux qui sont prêts à se lancer dans un travail sur eux-mêmes. Il concerne aussi ceux qui, en  chemin vers cette authenticité, découvrent qu’elle se construit dans la confrontation avec l’altérité et se sentent par conséquent disposés à accompagner les autres. Les personnes qui, par leur métier, sont concernées par le travail en équipe et par l’accompagnement : coachs, thérapeutes, managers, psychologues, formateurs, professeurs, infirmiers, trouveront également des pistes dans ces lignes. Il m’est arrivé de travailler avec une équipe de personnes en formation pour devenir cadres de santé. La philosophie leur a donné des outils. Elle leur a permis de formuler clairement les problèmes récurrents au sein d’une équipe d’infirmiers. Elle les a aidés à s’écouter et à parler sans dissimuler, à réfléchir ensemble aux solutions envisageables grâce à la distanciation que permet l’exercice de la raison et de l’argumentation.

Mode d’emploi de ce livre

Ce livre est composé de onze chapitres. Trois d’entre eux : « L’atelier de philosophie » (ici), « La consultation philosophique » (ici) et « Le praticien philosophe » (ici) sont consacrés à des explications méthodologiques sur la pratique philosophique. On y trouve aussi de nombreux exemples qui illustrent cette pratique.

Les huit autres chapitres : « L’amitié » (ici), « La critique » (ici), « L’intelligence des émotions » (ici), « L’ironie » (ici), « L’authenticité » (ici), « Le jugement » (ici), « Connaissance de soi » (ici), « La vie, la mort » (ici), proposent l’analyse d’un concept clé de la pratique philosophique lié aux attitudes* que cette dernière requiert et développe.

Des exercices pour une lecture active

Chaque chapitre est suivi de deux types d’exercices. Le premier propose au lecteur des questions qui lui permettront de travailler les compétences*, ou savoir-faire : analyse, questionnement, argumentation. Le second type d’exercice donne des pistes pour travailler les attitudes* philosophiques, ou savoir-être : authenticité, engagement, capacité à sortir de sa zone de confort.

Les compétences : réfléchir sur des questions

En marge du texte, le lecteur trouvera des questions qui l’accompagneront dans une lecture active. Ces questions ouvrent des pistes pour critiquer et problématiser : un peu comme si le texte proposait une voie, mais qu’il en était indiqué d’autres sur le côté, bifurcations dans lesquelles un lecteur promeneur pourrait s’aventurer. Ces questions sont regroupées par thème à la fin de chaque chapitre et accompagnées d’autres questions permettant de préciser et d’approfondir la réflexion. Le lecteur pourra se munir d’un cahier de réflexions dans lequel il proposera des réponses argumentées à ces questions. Il sera possible au lecteur de communiquer ses réponses réfléchies sur mon site Internet1 afin d’entrer en dialogue avec d’autres personnes.

Le lecteur pourra analyser ces questions. Chacune contient au moins un présupposé : en même temps qu’une proposition questionne, elle s’appuie sur une ou des affirmations. Par exemple, quand on demande « Pourquoi êtes-vous entré dans la bijouterie ? », la question affirme que vous êtes entrés dans la bijouterie. Pour chacune des questions proposées, le lecteur pourra relever les présupposés.

Les questions peuvent également orienter notre réflexion dans une direction. Par exemple, nous imposer un choix : « Veux-tu aller au cinéma ou à la piscine ? » Ou bien : « Vaut-il mieux aimer ou réfléchir ? »

Les questions exercent donc sur notre pensée un certain pouvoir, que parfois nous refusons. Lorsqu’un choix nous est proposé, il nous arrive de ne pas l’accepter, car nous voudrions tout prendre, un peu comme des enfants capricieux. Nous pouvons ainsi vouloir ainsi aller au cinéma et à la piscine. Aimer et réfléchir. Dans ce cas, nous refusons la question telle qu’elle nous est proposée. Face à une alternative, il est souvent plus confortable et plus agréable de ne pas choisir. Mais alors nous ne nous engageons pas, nous restons avec nous-même sans prêter attention à ce que la question peut avoir d’étrange et de dépaysant.

J’invite donc le lecteur à accepter les questions telles qu’elles sont formulées. C’est en acceptant les mots de l’autre, des mots qui ne sont pas les nôtres, que nous pouvons sortir de nos cadres de pensée. Ces questions contiennent des présupposés contestables que le lecteur pourra mettre au jour. Pourtant, je lui suggère de jouer le jeu, de faire confiance aux formulations, même si ce ne sont pas celles qu’il aurait choisies. Il s’agira de répondre par oui ou par non si la question pose une alternative, et d’étayer ensuite sa réponse par un argument ; de donner des causes ou des raisons si la question commence par « pourquoi », des moyens si elle commence par « comment ». S’il prend en charge les questions proposées, le lecteur trouvera des hypothèses de réponses qui le surprendront peut-être et le conduiront sur des chemins imprévus.

Les attitudes : pratiquer au quotidien

À la fin de chaque chapitre, le lecteur trouvera un autre type d’exercices qu’il pourra pratiquer cette fois non pas avec un stylo en main, mais dans sa vie quotidienne, au travail, en famille, avec ses amis, afin de mettre les idées en pratique. Ces exercices l’aideront à travailler ses attitudes* qui le disposeront à la pratique philosophique, un peu comme certains s’adonnent quotidiennement à des assouplissements pour accompagner la pratique d’un sport. Ces exercices constituent des pistes, mais le lecteur pourra en inventer d’autres.

Par exemple, participer à un atelier de pratique philosophique ou bien faire une consultation requiert un certain rapport à ses émotions et à son intelligence, ce qui n’est pas une attitude donnée d’emblée. Dans le chapitre « L’intelligence des émotions » (voir ici), des pistes de réflexion sont proposées pour mieux comprendre le rôle et le fonctionnement de nos émotions en lien avec l’intelligence. À la fin de ce chapitre, les exercices permettront au lecteur de s’exercer à prendre conscience de ses émotions. Une pratique régulière l’aidera à ne pas les subir, à mieux savoir les gérer, à ne pas les laisser entraver son intelligence lorsqu’il participera à un atelier de pratique philosophique, fera une consultation ou communiquera avec des personnes dans un tout autre cadre.

Source : Cet extrait est disponible sur le site web des Éditions Marabout et sur le site Google Livres.

MES COMMENTAIRES

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

5 étoiles sur 5

Publié en 2015, « Philosopher pour se retrouver » de Laurence Bouchet nous introduit puis nous instruit de la pratique de la philosophie sur le terrain dans le cadre d’ateliers de philosophie (rencontres de groupe) et de consultation philosophique (rencontres individuelles). J’accorde à ce livre 5 étoiles sur 5, non seulement en raison de l’enseignement que le lecteur y trouvera traitant de thèmes/concepts dont le choix est plus que pertinent, mais aussi en raison des questions en marge du texte et des exercices proposés au lecteur par l’auteure. Bref, ce livre est très bien fait, très bien écrit et aisé à lire.

Madame Bouchet écrit : « La consultation (philosophique) s’adresse donc à tous ceux qui désirent acquérir la sagesse et sont conscients de ne pas la posséder ». (page 55) La précision revêt une importance capitale. Si nous croyons déjà posséder la sagesse et que nous le démontrons en nous donnant nous-même raison, ou que nous n’aimons pas nous remettre en question, que nous préférons prendre pour vrai ce que l’on pense parce qu’on le pense, que nous n’aimons pas douter… La consultation philosophique ne produira pas l’effet escompté, du moins au départ.

Quant à la distinction à faire entre la consultation philosophique et la psychanalyse, un sujet qui me tient à cœur. Mme Bouchet écrit :

(…) La consultation philosophique partage avec la psychanalyse l’objectif d’une meilleur connaissance de soi. Elle en diffère toutefois sur trois points essentiels :

  • elle ne prétend pas accéder à l’inconscient et ne travaille que sur des pensées conscientes;
  • elle ne s’élabore pas sur une parole libre et sans retenue, mais sur des réponses à des questions précises, voire binaires, posée par le philosophe consultant;
  • elle utilise les compétences* philosophiques que son l’analyse, la synthèse, l’argumentation, la mise à jour des présupposés, la problématisation et la conceptualisation.

Ainsi, au sous-titre « Analyser et non pas raconter » du chapitre « La consultation philosophique », l’auteure écrit : « Avec lui (le consultant philosophe), il s’agit de penser ce que l’on dit et non de dire tout ce que l’on pense. » (p. 59) Autrement dit et selon moi, il ne s’agit pas de répondre à un besoin de verbaliser pour se soulager mais plutôt un net besoin de verbaliser pour mieux comprendre ce que l’on pense, comment on pense et corriger le tir au besoin par l’analyse.

Si la simple verbalisation m’effraie dans le contexte d’une consultation philosophique, c’est parce qu’elle peut rendre le dialogue nécessaire difficile à tenir. Je reconnais l’avantage de s’entendre dire nos pensées pour ensuite penser ce qu’on vient de dire. Mais je ne reconnais aucun bénéfice au mémérage sur soi-même, si ce n’est un indice sur la situation trouble de la personne.

Choisir une consultation philosophique implique une prise de position avouée face au problème que l’on souhaite régler. Souvent, les philosophes consultants précise dans leurs essais que la personne devant eux a déjà fait l’expérience de d’autres types consultations sans en tirer les bénéfices espérés. La consultation philosophique devient en pareil contexte un dernier recours, un recours ultime.

L’auteur Laurence Bouchet précise : « SORTIR DE LA RUMINATION – Pourquoi une méthode aussi directive ? La consultation philosophique s’appuie sur l’idée de Platon selon laquelle penser, c’est entrer en dialogue avec soi-même. Or il existe de dialogue que si deux points de vue différents se confrontent. » (p. 61)

La particularité de ce livre n’a rien de commun avec les autres livres commentés dans ce dossier. Ces derniers nous introduisent à la consultation philosophique. Ils nous en donnent des exemples. Ils justifient l’approche et la contextualise. Le livre « Philosopher pour se retrouver » se présente plutôt comme un livre d’instruction pour apprendre à philosopher par soi-même et, pour les intéressés, à apprivoiser la consultation philosophique comme pratique. « Nous pouvons tous êtes philosophes. Nous devons tous êtes philosophes. Osons être philosophes ! » écrit-elle.


Le contenu du livre m’a beaucoup plus.

Je l’ai lu avec un grand intérêt.

Je vous en recommande la lecture.

* * * * *

Je luis accorde cinq étoiles sur cinq


Serge-André Guay, auteur et président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys


Sur le site web de Laurence Bouchet

Vous trouverez aussi des vidéos de consultations philosophiques sur le site web de l’auteur à cette adresse : https://www.laurencebouchet-pratiquephilosophique.com/-video-consultations-philo

Enfin, Laurence Bouchet offre « Une formation complète à la pratique philosophique ».

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Articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Article # 2 – Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

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DOSSIER

Philothérapie

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Article # 2

Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie


À lire avant cet article # 2, l’Introduction à ce dossier.


La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Dans « Platon, pas Prozac! », il écrit :

« De tous les temps, les philosophes ont observé la nature humaine, ce qui ressemble à la description de tâches d’un psychologue. Une philosophie de l’humanité resterait incomplète sans un apport de la psychologie. De même, la psychologie dénuée d’une dimension philosophique ne remplirait pas son rôle. Ces deux sphères de l’activité humaine se sont pourries le jour où elles se sont séparées. »

MARINOFF, Lou, Platon, pas Prozac!, Éditions Logiques, 2000, p. 45.

Je m’oppose fermement à une fusion entre la philosophie et la psychologie, cette dernière connaissant des dérives qui portent atteinte au bien fondé et au succès de ses interventions. En effet, la psychologie, science inexacte par excellence, tire dans toutes les directions, notamment, dans le domaine du développement personnel. Elle fait du MOI une montagne à gravir d’où, une fois au sommet, apparaît une autre montagne à gravir et ainsi de suite au sein d’une même thérapie voire d’une thérapie à l’autre.

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Dans son livre « Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne », William Kirk Kilpatirck, diplômé des plus grandes écoles dont les célèbres universités Harvard et Purdue, professeur de psychologie de l’éducation au Boston College, écrit :

ATTENTES ET RÉSULTATS

Il y a trop de « si », de « et » et de « mais » pour prouver une relation fortuite entre la montée de la psychologie et la détérioration du lien social, mais il existe certainement assez de preuves pour douter du profit que la psychologie prétend nous apporter. Dans les domaines où les professionnels savent véritablement ce qu’ils font, nous nous attendons à un résultat. Stanislas Andreski, sociologue britannique, fait la lumière sur ce point en comparant la psychologie et la sociologie à d’autres professions.

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Il note que lorsqu’une profession est fondée sur une connaissance bien établie, il devrait y avoir une relation entre le nombre de personnes qui exercent cette profession et les résultats accomplis :

« Ainsi, dans un pays où il y a pléthore d’ingénieurs en télécommunication, l’équipement téléphonique sera normalement meilleur que dans un pays où il n’y a que quelques spécialistes dans ce domaine. Le taux de mortalité sera plus bas dans les pays ou les régions où il y a beaucoup de docteurs et d’infirmières que dans les lieux où ils sont rares et éloignés. Les comptes seront généralement tenus avec plus d’efficacité dans les pays où il y a de nombreux comptables expérimentés que là où ils font défaut. »

Mais quel est donc le profit produit par la psychologie et la sociologie? Le professeur Andreski poursuit :

« … Partant, nous devrions constater que dans les pays, les régions, les institutions ou encore les secteurs où les services des psychologues sont très largement requis, les foyers sont plus résistants, les liens entre conjoints, frères et sœurs, parents et enfants, plus solides et plus chaleureux; les relations entre collègues plus harmonieuses, le traitement des patients meilleur; les vandales, les criminels et les toxicomanes moins nombreux, que dans les endroits et les groupes qui n’ont pas recours aux talents des psychologues. En conséquence, nous pourrions déduire que les États-Unis sont la patrie bénie de l’harmonie et de la paix; et qu’il aurait dû en être toujours plus ainsi durant le dernier quart de siècle en relation avec la croissance numérique des sociologues, des psychologues et des experts en sciences politiques. » Note originale de l’auteur : Stanislas Andreski, Social Sciences as Sorcery, Penguin Books, New York,1974, pp. 25-26.)

Cependant, ce n’est pas ce qui s’est produit. Au contraire, les choses semblent empirer. Les rues ne sont pas sûres. Les foyers se désintègrent. Le suicide sévit parmi les jeunes. Et quand la psychologie tente de régler de tels problèmes, il semble souvent qu’elle les aggrave. La création dans les villes de centres de prévention du suicide s’accompagne, par exemple, d’une augmentation de celui-ci. Les conseils matrimoniaux conduisent fréquemment au divorce. Par ailleurs, l’observation la plus élémentaire nous montre que l’introduction de l’éducation sexuelle dans un public très étendu n’a aucunement enrayé la hausse des grossesses non désirées, de la promiscuité et des maladies vénériennes. Il est plutôt manifeste que de tels programmes encouragent la sexualité précoce et les problèmes qui en découlent.

Il est difficile de ne pas conclure que l’ordonnance est à l’origine de la maladie. « Si nous constations », écrit Andreski, « que toutes les fois que les pompiers arrivent, le feu redouble d’intensité, nous finirions par nous demander ce qu’il peut bien sortir de leurs lances et si, par hasard, ils ne sont pas en train de verser de l’huile sur le feu » (p. 29) » (KILPATRICK, William A Kirk, Séduction psychologique (L’échec de la psychologie moderne), Centre biblique européen, Suisse, 1985, pp. 33-35.)

Ce livre de William A Kilpatrick figure au catalogue du Centre biblique européen et s’adresse à tous ceux et celles pour qui la psychologie n’a pas livré les résultats espérés et propose en échange de s’engager dans une vie chrétienne. On peut donc critiquer sa référence religieuse mais il s’agit tout même d’un constat dressé par un professeur de psychologie de profession et par un sociologue de réputation internationale.

Personne ne peut nier les nombreux échecs de la psychologie dans sa pratique clinicienne.

À mon avis, la psychologie prête flanc à la critique et à l’échec parce qu’elle tire dans toutes les directions, comme je mentionnais ci-dessus.

En fait, la psychologie aspire tout ce qu’elle peut en son sein sans trop de discernement. Elle fonce. Et si la philo peut lui-être d’une quelconque utilité, elle l’intégrera dans sa pratique en cabinet. Et c’est bien cette habitude de tout aspirer qui me fait douter des avantages d’une fusion entre la psychologie et la philosophie.

Un fait m’inquiète : la psychologie intègre, non pas LA philosophie, mais DES philosophies. Piger ici et là dans telle ou telle philosophie ne permet pas de connaître LA philosophie et encore moins de savoir comment philosopher.

La psychologie tire des bribes des philosophies avancées par Bouddha, Confucius, Jésus, Mahomet, Lao Tzeu, Socrate, Aristote, Épicure, Épictète, Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Lévinas… Des bribes qui sonnent bien à l’oreille et comme en trouvent à ne plus finir dans les séances de développement personnel.

Mais attendez. Certains philosophes praticiens ne font-ils pas la même chose ? Oui. Frédéric Lenoir, philosophe et sociologue, Docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), pige dans toutes les philosophies dans son livre « Petit traité de vie intérieure » dont voici la Présentation :

« De tous mes livres de philosophie et de spiritualité, celui-ci est certainement le plus accessible, mais sans doute aussi le plus utile. Car ce n’est pas un savoir théorique que je cherche à transmettre, mais une connaissance pratique, la plus essentielle qui soit : comment mener une vie bonne, heureuse, en harmonie avec soi-même et avec les autres. Ce que je dis ici avec des mots simples et des exemples concrets, comme au cours d’une conversation avec un ami, est le fruit de trente années de recherches et d’expériences. Mon témoignage personnel importerait peu s’il n’était éclairé par la pensée des philosophes et des sages de l’humanité qui ont marqué ma vie : le Bouddha, Confucius, Socrate, Aristote, Épicure, Épictète, Jésus, Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Lévinas parmi d’autres. Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c’est passer de l’ignorance à la connaissance, de la peur à l’amour. » FL

Source : Frédéric Lenoir, site web.
https://www.fredericlenoir.com/essais/petit-traite-de-vie-interieure-2/

Cette idée qu’en mangeant des pommes de différentes variétés on deviendra pomiculteur ne tient pas la route.

Bien sûr, on peut user de techniques pour philosopher mais cela ne fera de vous qu’un technicien (en quête d’amélioration de votre technique ou d’une technique meilleure) au lieu de se former à philosopher pour devenir votre propre philosophe, car c’est bien là le but premier, le seul but utile.

Je réitère mon invitation à une distinction claire et nette entre LA philosophie et LES philosophies. On apprend à philosopher avec LA philosophie et non pas avec LES philosophies, à moins d’être un expert de l’histoire de la philosophie et de ses différentes doctrines et de l’analyse de ces dernières.

Et quand la psychologie tente de philosopher en glanant ici et là dans la sagesse d’une ou de différentes philosophies, elle ne philosophe pas. Elle « philosophise », c’est-à-dire qu’elle introduit le raisonnement philosophique dans la psychologie.

Philosophiser, verbe,rare. a) Empl. intrans. Synon. de philosopher (supra B).À quoi bon s’encombrer de tant de souvenirs? Le passé nous mange trop. Nous ne sommes jamais au présent, qui seul est important dans la vie. Comme je philosophise! (Flaub., Corresp., 1853, p.318).b) Empl. trans. Introduire le raisonnement philosophique (dans une religion, une science). Sa manière [de M. de La Mennais] de philosophiser le christianisme est-elle tout simplement (…) un pur déisme avec morale évangélique (…) et, si l’on veut aller au plus loin dans ce sens, est-elle un socinianisme humanitaire? (Sainte-Beuve, Portr. contemp., t.1, 1836, p.268).Le premier zélateur américain de Freud, Putnam, «philosophise» avec tant d’ardeur la psychanalyse que Ferenczi, longtemps le plus proche disciple de Freud, est obligé de lui répondre dans son article «Philosophie et psychanalyse» (L’Express, 19 févr. 1968, p.77, col. 2).

Source : Centre nationale de ressources textuelles et lexicales (CNRTL).

https://www.cnrtl.fr/definition/philosophiser

D’un point de vue théorique, j’approuve toutes les relations interdisciplinaires, y compris celle entre la psychologie et la philosophie. Mais je demeure sur mes gardes quand vient le temps de passer à la mise en pratique interdisciplinaire.

La psychologie, de par sa position dominante, teinte tout travail sur soi. Même les philosophes praticiens (philothérapies) se retrouvent sous l’influence de la psychologie, consciemment et inconsciemment. Je note une « psycholonisation » des philosophes praticiens dans leurs efforts et leurs argumentations pour rejoindre la population. En s’offrant comme une alternative pour résoudre les mêmes problèmes soulevés par la psychologie dans leur propre pratique, les philosophes praticiens se facilitent la vie. En revanche, ils ne mettent pas de l’avant les problèmes propres à être résolus par la philosophie.

Le titre du livre « Platon, pas Prozac! » constitue un bel exemple de l’introduction de la philosophie sur le marché clinicien comme alternative à la médication relevant de la psychologie et de psychiatrie. Le titre frappe l’esprit et communique efficacement mais laisse tout de même crois que la philosophie s’attaque aux mêmes problèmes que la psychologie mais ce n’est pas le cas dans la réalité.

CAUSES ET RAISONS

La philosophie est une démarche intellectuelle d’acquisition de la sagesse en vue de la mettre en pratique dans sa quête du bonheur. On peut ajouter à cette notion très large, le bonheur de penser. La philosophie s’attarde aux raisons qui expliquent et motivent telle ou telle pensée, telle ou telle conception du monde et de l’existence, et à la connaissance, la vérité, la morale, la beauté, l’esprit et le langage.

La psychologie vise la santé mentale et cherche des causes dans le passé et quelquefois dans le présent du patient.

Bref, la santé intellectuelle relève de la philosophie et la santé mentale de la psychologie.

LA PHILOSOPHIE, LA SCIENCE DES PROFONDEURS

L’avantage premier de la philosophie réside dans ses efforts pour aller plus en profondeur que peut le faire la psychologie. Selon moi, la santé mentale trouve très souvent sa principale source dans la santé intellectuelle, Autrement dit, une bonne santé intellectuelle garantie une bonne santé mentale, du moins elle en est un terreau fertile. La philosophie doit donc occuper la première place dans la quête du bonheur et dans la levée des barrières empêchant la sérénité de la démarche. La santé intellectuelle est un processus continu qui demeure ouvert tout au long de la vie.

«D’abord, la psychologie est essentiellement centrée sur le “moi”. Elle cherche à comprendre les failles, les problèmes et les troubles du patient. Tandis que les domaines concernés par la philosophie sont bien plus larges : elle traite de l’homme en général, mais elle se demande aussi ce qu’est le monde, Dieu, les autres, la vie, le bonheur…

Ensuite, bien souvent la psychologie invite le patient à regarder en arrière ; à fouiller dans son enfance, à se souvenir d’un évènement qui serait l’origine d’un traumatisme. Elle cherche à guérir le passé. À l’inverse, la philosophie ne panse pas le passé. Elle permet, grâce à la rencontre des philosophes d’il y a 500 ou 2500 ans, de penser autrement, de ne pas rester bloqué sur des idées/pensées qui nous font du mal. On en découvre d’autres qui nous correspondent et on agit en fonction de celles-ci. En ce sens, la philosophie nous donne les clés pour agir, et pour prendre notre futur en main et redevenir maître de son destin.»

Source : Quelle est la différence entre la psychologie et la philosophie ?, Institut pandore.

« La psychologie est née de la philosophie »

«La philosophie et la psychologie sont deux champs d’étude ayant une place commune dans l’histoire. La psychologie est née de la philosophie. Elle apparut pour inclure la méthode empirique face aux questions soulevées par la philosophie. Par conséquent, la philosophie a apporté à la psychologie divers sujets d’étude tels que la sensation, la perception, l’intelligence et la mémoire.»

Source : Quelle relation existe-t-il entre la philosophie et la psychologie ? Nos Pensées.


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Articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Article # 1 : Introduction au dossier – Philothérapie – Quand la philosophie nous aide

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DOSSIER

Philothérapie

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Article # 1

INTRODUCTION

(Lévis, Québec, Canada. Le 4 octobre 2020) Aujourd’hui, à titre d’éditeur et auteur captivés par la philosophie, j’ouvre un nouveau dossier dans ce magazine sous le titre évocateur : « Philothérapie ou Quand la philosophie nous aide ».

« Ah ! Non, pas la philosophie ! »

Le Cri (en norvégien : Skrik) est une œuvre expressionniste de l’artiste norvégien Edvard Munch dont il existe cinq versions (deux peintures, un pastel, un au crayon et une lithographie) réalisées entre 1893 et 1917. Symbolisant l’homme moderne emporté par une crise d’angoisse existentielle, elle est considérée comme l’œuvre la plus importante de l’artiste. Le paysage en arrière-plan est le fjord d’Oslo, vu d’Ekeberg. Source : Wikipédia.

On reproche souvent aux philosophes et leurs adeptes d’avoir la tête dans les nuages, loin, très loin, des préoccupations terre-à-terre des gens. À force de mettre de l’avant de multiples philosophies accompagnées de toutes aussi multiples théories de nature purement intellectuelle, les philosophes se sont éloignés du bon peuple. Et cela commence avec leurs enseignements en milieu scolaire où la philosophie devient plus souvent qu’autrement un véritable Calvaire pour les élèves et les étudiants, de tous les niveaux. Sur les bancs d’école, la philosophie devient un passage obligé à traverser le plus rapidement possible pour passer à autre chose.

Un mot rebutant

Image par OpenClipart-Vectors de Pixabay

Avec le temps et à lui seul, le mot « philosophie » a finit par rebuter la plupart des gens comme s’il dégageait une odeur nauséabonde à des miles à la ronde.

Il faut tout de suite souligner qu’il n’en va pas ainsi dans toutes les sociétés à travers le monde. En France, par exemple, les philosophes, du moins quelques uns, sont de véritables vedettes médiatiques capables de soulever des débats utiles au sein de la société.

La philosophie n’est pas populaire au Québec

Au Québec, les philosophes ne prennent que très rarement la parole sur la scène publiques et encore moins dans les médias où les invitations sont exceptionnelles. La philosophie n’est pas populaire au Québec. Des efforts louables sont déployés auprès des écoliers au primaire, des étudiants au secondaire et des collégiens mais seul l’avenir nous dira si la philosophie perdra sa mauvaise réputation.

Une quête très personnelle

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Image par Gordon Johnson de Pixabay

Les adeptes de la philosophie au sein de la population québécois mènent une quête très personnelle. Car, par la force des choses, ils évoluent en silence.

Chaque parcours se caractérise par sa singularité. Cependant, la solitude de la démarche semble universelle, du moins au Québec. On ne trouve pas ici des cafés philosophiques à tous les coins de rue. Il ne nous reste plus que la littérature pour avancer dans l’intimité de nos foyer.

Jambette philosophique (croc-en-jambe)

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Image par mohamed Hassan de Pixabay

Quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse, la philosophie s’inscrit dans l’Histoire de l’Humanité depuis plus de 2000 ans. On peut même dire qu’elle est omniprésente dans nos vies de tous les jours même si nous ne la reconnaissons comme telle que rarement.

Les philosophes poursuivent inlassablement leur travail de réflexion et font ici et là des adeptes. Ces derniers laissent des tracent. Comme le Petit Poucet, ils laissent derrière eux des petits cailloux blancs, autant pour retrouver leurs points de départ que pour ceux et celles qui, par hasard, croiseraient leurs chemins.

Ainsi, on des allusions et même des références à la philosophie dans tous les domaines, même les plus éloignés par nature. La philosophie nous donne parfois des jambettes, le temps d’introduire en notre esprit une réflexion à poursuivre. Si elle ne parvient pas toujours à ses fins, elle peut tout de même se vanter d’engendrer des révélations tout ce qu’il y a de plus surprenant là où l’on ne l’attend pas. Ce fut mon cas.

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Disparue de mon radar depuis la fin de mes études collégiales (j’expliquerai plus loin le pourquoi), la philosophie s’est dressée devant moi en plein cœur de mon parcours professionnel à l’aube de mes quarante ans.

À cette époque et à la demande d’un client, je cherchais un moyen de prédire avec certitude l’avenir commercial d’un nouveau produit. Nouveau dans le domaine de la recherche marketing, toutes les options s’offraient à moi sans aucun préjugés. Le hasard a voulu que je glisse dans une pile de livres à emprunter à une bibliothèque, un livre qui ne me paraissait pas très intéressant de par son titre et son allure près d’un bouquin dans le genre « Devenez millionnaire en un jour ». Même si je suis loin d’être un fan de ce type de livres, je l’ai pris parce que je voulais ressortir de la bibliothèque avec les maximum de titres permis.

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Au-delà des apparences, ce livre m’a étonné. Et puisqu’il s’agissait de la traduction française d’une édition originale de langue anglaise, je me suis mis à la recherche de cette dernière. Les propos de l’auteur, Louis Cheskin, ont remis en cause tout ce que je savais dans le domaine de la recherche en marketing, un domaine que je ne connaissais que par la bande.

L’auteur n’avait pas signé un seul livre mais une quinzaine, soit un tous les deux ans pendant trente ans. J’ai déployé tous les efforts nécessaires pour réunir l’œuvre complète de cet auteur afin d’analyser et de bien comprendre ce qu’il enseignait.

À ma grande surprise, l’auteur se référait ici et là à la philosophie pour appuyer sa démarche et se faisait lui-même philosophe dans certains passages de son œuvre, autant de petits cailloux dans mon soulier. S’il se concentrait sur les produits, ils tentait de révéler le consommateur jusque dans ses plus profondes racines humaines. J’aimais beaucoup mes lectures. Elles façonnaient encore un peu plus ma façon de penser, à l’instar d’autres lectures passées. Mais je ne me suis pas mis à la philosophie pour autant.

Penser juste comme en science

Image par Gordon Johnson de Pixabay

Cependant, cet auteur m’a mis sur la piste de la pensée scientifique, son étude et son analyse. J’étais à l’affut de tout ce qui pouvais m’aider à penser juste, à lutter contre mes préjugés, à éviter les erreurs de pensée et de logique. Émotif et hypersensible, j’ai trouvé dans l’étude de la pensée scientifique de quoi mieux raisonner.

Je me suis intéressé de près au cours « Science, éthique et société » du professeur et sociologue Olivier Clain de l’Université Laval et diffusé au Canal Savoir en 1995. Ce cours est aujourd’hui disponible en ligne : cliquez ici pour y accéder. Ce cours est ni plus ni moins qu’une excellente formation de base à l’épistémologie soit l’étude critique des sciences, destinée à déterminer leur origine logique, leur valeur et leur portée (théorie de la connaissance).

Sensibiliser par le professeur Clain, j’ai lu « La Formation de l’esprit scientifique. Contribution à une psychanalyse de la connaissance objective » publié en 1938. J’ai aussi lu « Le Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences » de René Descartes publié en 1637. Jai poursuivi mes lecture avec :

  • Meynard, L. La connaissance, Librairie Classique Eugène Belin, Paris, 1963, p. 32.
  • Huisman, Denis et Vergez, André, Court traité de la connaissance, Classes terminales A-B, Édition Fernard Nathan, 1969, p. 309.Les mots en caractères gras sont des auteurs.
  • Nicolle, Jean-Marie, Histoire des méthodes scientifiques – Du théorème de Thalès à la fécondation in vitro, Bréal, 1994, p.107.
  • Matalon, Benjamin, La construction de la science – De l’épistémologie à la sociologie de la connaissance scientifique, Delachaux et Niestlé S.A., Lausane (Switzerland) – Paris, 1996, pp. 21-22.

Oui, oui, j’ai lu tout cela. Parfois avec une certaine aisance, parfois avec de grandes difficultés de compréhension. Mais j’apprenais sans pour autant être capable de tout mettre en pratique dans ma vie de tous les jours. Par contre, dans mon travail, mon nouveau savoir me servait amplement.

Jusque-là, je vendais mes idées. Désormais, je testais les idées des autres avec la méthode de recherche marketing mis au point par mon auteur préféré dans le domaine, Louis Cheskin.

Une dépression philosophique plutôt que psychologique

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Mais les affaires étant les affaires et n’ayant pas la couenne dure, j’ai tout perdu à cause d’une cliente qui m’a entraîné dans sa (troisième) faillite, une cliente référée par mon meilleur client. Je me suis senti trahi par le milieu des affaires, du moins le groupe d’industriels réuni autours de moi. Sidéré par un tel comportement, j’ai laissé venir le mur et j’ai déclaré faillite à la fin de l’année 1998.

J’ai tout de même profité de l’été précédant la catastrophe financière pour lire à commencer par l’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman aux Éditions Robert Laffont, publié en 1997. Ce livre m’a bouleversé et forcer à revoir mon appréhension de l’interférence des émotions dans mes efforts pour comprendre comment penser juste. Grâce à cet auteur, j’ai fait mes premiers pas dans la connaissance des neurosciences. J’ai pris plus de 200 pages de notes personnelles à la lecture de ce livre.

En décembre, j’ai trébuché sur le plancher des vaches, loin du monde des idées, en signant la papier de la faillite. La réalité m’a rattrapé et je suis tombé en dépression. Je me suis donné six mois pour m’en sortir tout seul mais ça n’a pas fonctionné. J’ai dû consulter mon médecin de famille. Il m’a prescrit des médicaments et ce ne fut pas un succès.

« Platon, pas Prozac ! » (1)

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Puis, un livre a attiré mon attention : « Platon, pas Prozac ! – La philosophie comme remède » de Lou Marinoff publié aux Éditions Logique en l’an 2000. Il m’a permis de comprendre que ma dépression n’était pas psychologique mais philosophique. J’aurais aimé rencontrer un philosophe praticien ou philothérapeute pour me guider vers une sortie de ma crise existentielle mais ils étaient tous hors de portée de moi. Ce livre fut et demeure un tournant dans ma vie.

« Être bien dans sa peau »

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De retour en thérapie avec un autre travailleur social, j’ai mis sur la table un autre livre nouvellement ajouté à ma bibliothèque : « Être bien dans sa peau » du docteur David D. Burns, un éminent psychiatre américain. Vendu à plus de 3 millions d’exemplaires dans le monde depuis sa parution en 1994, ce best seller est présenté en ces mots :

Être bien dans sa peau. Ce livre nous initie aux principes de la thérapie cognitive, suivant laquelle nous apprenons qu’en changeant notre manière de penser nous pouvons modifier notre humeur. Dans un langage clair et simple, un éminent psychiatre américain esquisse à grands traits un programme systématique de maîtrise des distorsions de la pensée qui conduisent au pessimisme, à la léthargie, au stress, à l’anxiété, à la perte du respect de soi. Découvrez comment : · Identifier les facteurs ayant une influence sur l’humeur; · Réagir face à l’hostilité et la critique; · Se débarrasser des sentiments de culpabilité; · Surmonter la dépendance à l’égard du besoin d’approbation; · Augmenter le respect de soi; · Gérer le stress de la vie quotidienne et l’anxiété; · Se sentir bien, tous les jours…

L’idée d’une « thérapie cognitive » me plaisait beaucoup. À la liste des dix distorsions cognitives identifiées par l’auteur chez les dépressifs, je devais cochez un gros OUI à chacune. « Il faut que je corrige cela si je veux m’en sortir » ai-je dit à mon thérapeute en lui brandissant le livre sous le nez. Souvenez-vous, je souhaite penser juste.

« J’aime penser »

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Je n’avais pas imaginé mon passage au nouveau siècle le soir du jour de l’an le 31 décembre 1999 à minuit le cul sur la paille. Ce fut toute une épreuve, pour mon épouse, nos quatre enfants et moi-même, surtout pas après les années fastes de notre firme de recherche en marketing et 1992 à 1998. Ce soir-là, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Une grande détresse m’habitait mais je ne pouvais pas m’y abandonner complètement, au risque d’entraîner tous mes proches dans l’abîme.

J’ai pris la décision de faire le bilan de ma vie et cette entrée dans un nouveau siècle s’y prêtait fort bien. Je me donc mis à l’écriture d’une autobiographie de ma pensée, puisque c’était en elle que grondait ma crise existentielle. La table des matières témoignait de mon projet :

Il s’agissait de relever chacune des connaissances et des expériences personnelles et professionnelles qui avait marqué l’évolution de ma pensée au fil des ans. À la fin, ça ressemblait à un tour d’horizon des passages des livres et autres sources d’information ayant marqué ma pensée, la façon ou la manière dont je pense, bref mon système de pensée.

Un soir de décembre 2001, un invité à la maison, à la vue de la grosse pile de feuilles de mes écrits, me lança tout bonnement : « T’aime ça penser », d’où le titre « J’aime penser ». Réunis, ces écrits constituaient un véritable manuscrit, un essai et un témoignage de gouvernance personnelle.

« La lumière entre par les failles »

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Il me fallait un sous-titre et voici mon choix : « Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison ».

C’est l’histoire de ma vie : être buté à des gens qui ne cessent de se donner raison. Ces gens vivent dans un système de pensée sans faille et, si jamais il y a en une, ils s’empressent de la boucher au plus sacrant. Ainsi, la lumière ne peut pas rentrer et les éclairer. Ils ne peuvent pas voir qu’ils n’ont pas raison. Plus encore, ils ne peuvent pas comprendre que le but dans la vie n’est pas d’avoir raison. Ils ne peuvent non plus tolérer le moindre doute. Ce faisant, il ne peuvent pas tirer le bénéfice du doute. Ces gens prennent pour vrai ce qu’ils pensent parce qu’ils le pensent, sans plus de question. Et si jamais vous les confrontez un peu trop longtemps ou un peu trop fort, ils finiront par vous dirent : « À chacun son opinion ». Certains croient même que le seul fruit de la pensée est une opinion. Ils savent, un point c’est tout.

Dans ma jeunesse, j’avais tort avant même d’ouvrir la bouche face aux adultes. Et je croyais qu’en devenant adulte on acquerrait le pouvoir d’avoir raison jusqu’à ce que j’entende Jacques Languirand à la radio soutenir que « La lumière entre par les failles ».

Du jour au lendemain, ma perception a changé : les gens cherchant à se donner raison en tout temps et en toutes circonstances sur tous les sujets possibles et impossibles étaient désormais pour moi des handicapés de la pensée. Il est aussi question de ces gens que l’on rencontre alors âgés de 20 ans et qui demeurent les mêmes à 60 ans. Ils n’ont pas changé. Ils se donnent encore et toujours raison.

Moi, j’aime penser mais ce n’est pas pour me donner raison.

« Platon, pas Prozac ! » (2)

Heureux de voir les philosophes se préoccuper de l’application pratique de leur savoir au sein de la population et de la parution du livre « Platon, pas Prozac ! » en l’an 2000, Le sujet me captive. Pour satisfaire ma curiosité, je cherche et je trouve des informations et des livres intéressants.

Ma recherche personnelle suit deux directions, La première concerne la philosophie elle-même. La deuxième vise la pratique de la philosophie sur le terrain auprès de la population.

LA philosophie et non les philosophies

On trouve un nombre élevé de livres traitant de différentes philosophies, plus souvent qu’autrement, des publications universitaires très difficiles à comprendre par un profane. L’auteur choisit une philosophie en particulier et l’analyse ou avance sa propre philosophie. Il y a autant de philosophie que d’aiguilles dans un sapin.

Les philosophies ne m’intéresse pas (encore) si ce n’est une seule exception : l’épistémologie. Je désigne cette branche de la philosophie comme l’étude de la connaissance.


Définition d’épistémologie

Etymologie : de l’anglais epistemology, constituée du grec ancien epistêmê, science, savoir, et ddu suffixe -logie, du grec lógos, étude, science, discours, parole.

L’épistémologie est la partie de la philosophie qui a pour objet une étude critique des principes, des concepts fondamentaux, des méthodes, des pratiques, des théories et des résultats des différentes sciences. En les considérant du point de vue de leur évolution, l’épistémologie s’efforce d’en déterminer l’origine logique, leur valeur, leurs portées scientifique et philosophique.

L’épistémologie moderne trouve son origine dans la philosophie de la connaissance d’Emmanuel Kant (1724-1804), ainsi que dans des traditions plus anciennes, notamment cartésienne. Elle s’est constituée en champ disciplinaire autonome au début du XXe siècle.

Dans les pays anglo-saxons, le terme épistémologie a un sens plus large et désigne la théorie de la connaissance en général et pas uniquement scientifique.

Source : La toupie.


J’aime bien les livres d’épistémologie abordant la connaissance scientifique, comment elle se constitue, comment elle acquiert une certitude.

Selon le professeur et sociologue des sciences Olivier Clain, non seulement le premier geste de la démarche critique est une mise en doute des connaissances acquises, mais la connaissance elle-même apparaît dès lors comme une réflexion critique, c’est-à-dire, comme « une démarche qui rend possible une avancée continuelle du savoir par destruction du déjà su, des évidences déjà accumulées ». (1)

  1. Clain, Olivier, cours Science, Éthique et Société, programme de formation Télé-Universitaire du département de sociologie de l’Université Laval.

Guay, Serge-André, J’aime penser, La pensée certaine.

J’ai lu

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Meynard, L. La connaissance, Librairie Classique Eugène Belin, Paris, 1963

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Huisman, Denis et Vergez, André, Court traité de la connaissance, Classes terminales A-B, Édition Fernard Nathan, 1969

Bachelard, Gaston, La formation de l’esprit scientifique, Librairie Philosophique J. Vrin, Paris, 1938, Seizième édition, 1999

Nicolle, Jean-Marie, Histoire des méthodes scientifiques – Du théorème de Thalès à la fécondation in vitro, Bréal, 1994

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Clain, Olivier, cours Science, Éthique et Société, programme de formation Télé-Universitaire du département de sociologie de l’Université Laval.

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Matalon, Benjamin, La construction de la science – De l’épistémologie à la sociologie de la connaissance scientifique, Delachaux et Niestlé S.A., Lausane (Switzerland) – Paris, 1996

En ce domaine, je préfère les manuels scolaires utilisés au secondaire et au collégial parce qu’ils servent d’introduction au sujet de manière épuré tout en procurant une base solide, par opposition aux manuels universitaires dans lesquels on peut vite se perdre dans les détails.

La multitude des ouvrages consacrés à des philosophies n’enseigne pas LA philosophie elle-même. On peut toujours compter sur certains manuels scolaires, comme je le mentionne ci-dessus, mais plusieurs de ces publications se limitent souvent à une histoire de la philosophie en suivant celle des grands philosophes. C’est bien, même très bien et très intéressant de saisir l’évolution des idées en philosophie, mais ce n’est pas un enseignement à proprement dit de LA philosophie, de la source même de ces idées.

La pratique révélatrice

On peut toujours apprendre à faire des meubles à la lecture de guide mais ne vaut le passage à l’exercice pratique avec un ébéniste. À mon avis, il en va de même avec la philosophie. Je m’intéresse donc aux guide d’animation des cafés philosophiques et aux livres des praticiens de la philosophie ciblant la population. Par exemple, j’ai sous la main :


Masselot, Nathanaël, Philothérapie, Libérez-vous par la philosophie, Les Édition de l’Oppotun, 2019.

ET SI LES GRANDS PHILOSOPHES VOUS AIDAIENT À MIEUX VIVRE ?

Ai-je le droit au bonheur ? Comment apprendre à oser ? L’amitié peut-elle accepter le mensonge ? Comment développer ma confiance en moi ? Comment gérer un deuil ? Ces questions essentielles – et bien d’autres – trouvent des réponses limpides chez les philosophes, et autres grands penseurs. Nathanaël Masselot, Docteur en philosophie, le prouve avec ce premier livre de philothérapie.

Grâce à la philothérapie, Nietzsche, Platon, Spinoza, Sénèque… vous accompagnent efficacement sur le chemin du bien-être. Les pensées puissantes des grands philosophes, confrontées à nos problèmes quotidiens, sont d’une aide évidente.

La philothérapie, nouvelle voie du développement personnel.

Source : Site web de l’éditeur.


Arnoux, Jean-Eudes, Sur le divan d’un philosophe (Le consultation philosophique : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie, Édition Favre SA, 2013

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Arnoux, Jean-Eudes, Sur le divan d’un philosophe (Le consultation philosophique : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie, Édition Favre SA, 2013

La philosophie, une discipline rébarbative d’intellos réservée aux auditoires de l’université? Et si au contraire elle pouvait vous apporter les réponses que vous cherchez? C’est le pari de Jean-Eudes Arnoux, philosophe qui, sans se prétendre thérapeute, propose à ceux qui viennent le voir de les aider dans leurs questionnements existentiels. La consultation philosophique se présente comme une alternative originale à d’autres types de coachings ou de psychothérapies et s’adresse aux particuliers mais aussi aux entreprises ou institutions. Une pratique au succès grandissant, qui a pour but de mieux se connaître, gagner en liberté, y voir plus clair, changer de perspective, trouver un sens à ses interrogations en allant puiser dans les sagesses anciennes et récentes. Avec de nombreux cas pratiques et exemples.

Source : Site web de l’éditeur.


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Boucher, Laurence , Philosopher pour se retrouver (La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Marabout (Hachette Livres), 2015.

Le premier guide de philosophie pratique.

La philosophie pratique permet de donner du sens et de trouver une stabilité dans un monde où tout va très vite, où nous avons à la fois l’impression d’être tout-puissants et impuissants. Or, tant que nous n’avons pas conscience de ce qui entrave notre pensée, nous ne sommes pas en mesure de dialoguer ni avec les autres ni avec nous-même.

Ce livre vous offre donc une méthode de philosophie pratique, de philosophie à vivre. Le fondement de la méthode implique un travail sur soi afin de mieux se connaître, puis une mise en oeuvre de compétences philosophiques.

Chaque chapitre, consacré à une idée phare de la philo pratique, partira d’une citation ou un texte de philosophe. Il proposera un éclairage sur ce texte permettant au lecteur un questionnement sur lui-même.

Enfin, de façon pionnière, des exercices concrets pour la vie quotidienne.

Source : Site web de l’éditeur.


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Pépin, Charles, Les philosophes sur le divan (Quand Freud rencontre Platon, Kant et Sartre, Flammarion, 2008.

Quand Freud rencontre Platon, Kant et Sartre Quand Platon, Kant et Sartre, immortels, s’allongent sur le divan de Freud, les questions les plus essentielles de la philosophie surgissent sous un jour inédit. En choisissant d’incarner les philosophes, Charles Pépin nous entraîne dans un passionnant voyage, ludique et romanesque, au cœur de l’histoire de la pensée occidentale. Où les idées des philosophes sont abordées à partir de leur vécu et de leurs émotions. Où les systèmes philosophiques apparaissent comme indissociables des obsessions de leurs auteurs : l’idéalisme pour Platon, le devoir pour Kant, le regard des autres chez Sartre. Des questionnements qui ressemblent aux nôtres, tant ils dessinent en creux le portrait de l’homme occidental.

Source : Site web de l’éditeur.


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Platon – Comment sortir de la caverne ? Philosophie magazine, Hors-série, No 45, Été 2020.

Après deux mois de confinement, nous revoilà projetés dans le monde du dehors, et notre regard a changé. Dans notre retraite forcée, nous avons été confrontés à des questions qui n’ont pas pris une ride depuis vingt-cinq siècles : Qu’est-ce qu’une vie digne d’être vécue ? Y a-t-il une vérité unique derrière le chaos des opinions ? Qu’est-ce qui distingue un expert d’un sophiste, le doute raisonnable du complotisme ? La démocratie est-elle le meilleur des régimes ? Sur quelles bases reconstruire un monde plus juste ?

Avec Alain Badiou, Monique Canto-Sperber, Laurence Devillairs, Raphaël Enthoven, Dimitri El Murr, Étienne Klein, Martin Legros, Manuela Valle, Letizia Mouze, Francis Wolff…

Source : Site web du magazine.


J’ai lu tous ces livres et le Hors-Série du magazine Philosophie.

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Image par Gerd Altmann de Pixabay

Le marketing de la philo ou quand la psycho s’impose

Après ma lecture du livre « Platon, pas Prozac ! » en l’an 2000 je ne me questionnais pas sur le marketing de la démarche. Puis, peu de livres sur la pratique de la philosophie en cabinet on raisonné jusqu’à moi. Je m’interroge sur le sujet depuis les deux dernières avec la multiplication des parutions de livres dédiés et dans la foulée de la mise en ligne de plusieurs sites web par des philosophes praticiens et d’associations de philosophie.

J’observe l’influence du marketing de la psychologie sur celui de la philosophie. Les problèmes soulevés par les philosophes praticiens sont les mêmes mis de l’avant par la psychologie pour attirer l’attention de la population, comme en témoigne les résumés ou présentations des livres listés ci-dessus.

La situation me rend mal à l’aise. J’ai l’impression que la philosophie se met à la remorque de la psychologie pour rejoindre la population. Il est vrai que la psychologie a une vaste expérience de sa pratique sur le terrain auprès de la population. On ne compte plus les cabinets de psychologues ou autres ressources aptes à vous donner un coup de main pour vous aider sur le plan psychologique. Les psychologues sont sortis de « leurs cadres universitaires » pour gagner la pratique clinicienne bien avant les philosophes.

D’un point de vue historique, la philosophie nait avant la psychologie. À l’époque de la Grèce Antique, la philosophie se veut pratique. On dit de Socrate : « Vers -435, il commença à enseigner, dans la rue, dans les gymnases, les stades, les échoppes, au gré des rencontres. Il parcourait les rues d’Athènes vêtu plus que simplement et sans chaussures, dialoguant avec tous. » (Source : Wikipédia.) Aujourd’hui,  la philosophie se cantonne dans nos universités. Et son enseignement ne débouche pas sur la pratique clinicienne contrairement à l’enseignement de la psychologie.

Même si d’un point de vue strictement marketing, la philosophie a certainement raison de tenter de s’attirer une « clientèle » en soulevant des problèmes aujourd’hui largement reconnus par la population grâce aux efforts de la psychologie. Le travail de sensibilisation est déjà fait. Pourquoi la philosophie n’en profiterait-elle pas ?

Je cherche la réponse à cette question. J’en reconnaît tout d’abord l’importance parce que je crois que les problèmes soulevés par la psychologie sont propres à cette dernière. À mon avis, la philosophie devrait relevés des problèmes strictement philosophiques pour rejoindre la population dans sa pratique clinicienne.

En épousant les mêmes problèmes que la psychologie, la philosophie se présente ni plus ni moins comme une alternative à la psychologie, une solution de rechange. Certains intervenants en psychologie prennent les devants et offrent une approche hybride, psychologique et philosophique. Nous sommes dans l’attente du compte-rendu des expériences de mise en pratique de cette approche hybride.

Le titre de l’ouvrage « Platon, pas Prozac ! » présente lui-même la philosophie comme une alternative. Mais dans ce cas précis, il s’agit d’une alternative aux médicaments propres aux traitements des problèmes dits psychologiques et psychiatriques. En ce sens, il rejoint la proposition du psychiatre américain David D. Burns en faveur d’une thérapie cognitive comme alternative aux médicaments dans le soin d’une dépression, de l’anxiété, l’inquiétude…

La psychothérapie sans médicament (thérapie cognitive) se rapproche de la philothérapie à une différence près, la philosophie n’a jamais eu recourt aux médicaments. Elle n’est donc pas handicapé par une pratique médicamenteuse dont souffre la réputation de la psychologie et de la psychiatrie.

Voici un extrait d’un contenu promotionnel publié dans un quotidien sous le titre « La thérapie cognitive comportementale TCC) : de quoi s’agit-il ? » :

Concrètement la TCC a pour objectif d’améliorer la façon de penser du patient, en référence à son “Cognitif” et ainsi travailler sur les actions qui en résultent, et notamment son ”Comportement”. De par cette approche validée scientifiquement, l’individu agit directement et positivement sur son état d’esprit en modifiant ses pensées et ses attitudes.

Source : La thérapie cognitive comportementale: de quoi s’agit-il ?, Le Journal de Montréal, le 25 octobre 2016.

P.S. : Ce contenu promotionnel est lié à Mindspace.

La psychologie a le défaut de tirer dans toutes les directions, y compris celle de la philosophie comme on peut le constater à la lecture de ce contenu promotionnel. Parler de « façon de penser » relève davantage de la philosophie que de la psychologie. En témoignent, ces textes :

Penser sa vie et repenser la philosophie, en un mot : penser!

Que signifie “Penser”?

Penser, réfléchir, apprendre

Pour bien penser arrêtons de penser

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La lettre majuscule grecque psi est souvent utilisée pour représenter le mot ou l’étude de la psychologie. Par exemple: ? = Psychologie ?ist = Psychologue. ?, en termes biologiques, est un symbole utilisé pour représenter le potentiel hydrique. ?, en astrologie, est le symbole qui représente Neptune. ?, en physique, est le symbole utilisé pour représenter la fonction d’onde de mécanique quantique. (The Greek capital letter psi is often used to represent the word, or study of, Psychology. For example: ? = Psychology ?ist = Psychologist. ?, in biological terms, is a symbol used to represent water potential. ?, in astrology, is the symbol that represents Neptune. ?, in physics, is the symbol used to represent the quantum-mechanical wave-function.) Source : Wikipédia.

Je n’ai rien contre la psychologie mais….

Certains experts parlent d’une frontière commune entre la psycho et la philo (voir ceci). À prime abord, un tel rapprochement m’apparaît très dangereux pour la philosophie car elle se trouve alors sous l’emprise d’une perception psychologique, provenant de l’autre côté de la frontière. La psychologie domine haut et fort dans plusieurs domaines. Plus encore, elle teinte la perception de presque tous les domaines. Elle a mis au monde le « développement personnel » et en détient le monopôle. Elle s’approprie tout ce qui lui passe sous la main jusqu’aux problèmes les plus éloignés de son expertise. On doit à la psychologie « Parlez-en, ça vous fera du bien ». La « verbalisation » de vos problèmes est devenue une panacée. « Vous avez besoin de ventiler, je vais vous arranger un rendez-vous avec un travailleur social ou un psychologue » disent les médecins généralistes à leurs patients.

Si je ne mets pas en doute la prescription à l’effet de verbaliser et de ventiler, je me questionne sur le savoir et l’expertise dont dispose la psychologie pour creuser en profondeur, relever les erreurs de pensée, les défauts du système de pensée, les manquements à la logique… bien au-delà des humeurs, des émotions et des sentiments pour atteindre les profondeurs de la cognition.

Et voilà que la psychologie relie son histoire avec celle de la philosophie :

Ce que la psychologie doit à Platon

Olivier Houdé a revisité l’histoire de la psychologie pour la collection «Que sais-je ?». Bousculant joyeusement l’ordre des chapitres, le chercheur explique pourquoi, selon lui, les débuts de la psychologie ne remontent pas au XIXe siècle mais à… l’Antiquité ! Un entretien paru dans le premier numéro de la revue «Carnets de science».

(…)

Platon psychologue, vous n’y allez pas un peu fort ?
O. H. : Je lance un pavé dans la mare, c’est vrai. Je dis que la psychologie était déjà à l’œuvre dans la pensée dès l’Antiquité, mais qu’elle a été longtemps masquée par la philosophie. Ne pas l’admettre reviendrait à prétendre aussi que, dans l’étude des mécanismes de la vie, tout ce qui précède la biologie moléculaire relève exclusivement de la philosophie ! J’ai la conviction qu’au cours du XXe siècle, les philosophes se sont sentis en danger face à ces psychologues de plus en plus scientifiques et envahissants, jusqu’à menacer de prendre leur place. Dans les milieux universitaires, il y a alors eu un pacte implicite selon lequel chacun restait sur son territoire sans marcher sur les plates-bandes de l’autre. Les psychologues ont dit : « Reconnaissez-nous comme une discipline scientifique nouvelle et, en échange, nous laissons à la philosophie toute la réflexion qui précède. »

Source : Ce que la psychologie doit à Platon, 08.02.2017, par Francis Lecompte, Centre national de recherche scientifique, France.

P.S.: Cet article a été publié dans le premier numéro de Carnets de Science, la revue d’information scientifique du CNRS destinée au grand public. En vente dans les librairies et Relay, ainsi que sur le site Carnets de science.

Je ne suis pas sorti du bois avec toute cette affaire de marketing de la philosophie à la sauce psychologique et vice versa. Je ne sais pas trop quoi en penser. Je reconnais les bénéfices du rapprochement entre les sciences mais il faut que chacune conserve son identité propre.

Je me demande si les philosophes ont conscience de cette empreinte de la psychologie dans la mise en marché de leurs philothérapies.

Mes lectures à venir devraient me permettre d’avancer dans ma réflexion sur le sujet. C’est donc un dossier à suivre.

Fin de l’Article # 1


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Articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuelle ou de groupe offerte par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

cupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

Article # 62 – Soigner par la philosophie, En marche – Journal de la Mutualité chrétienne (Belgique)

“ Après les succès d’Épicure 500 vous permettant de faire dix repas par jour sans ballonnements, après Spinoza 200 notre inhibiteur de culpabilité, les laboratoires Laron, vous proposent Philonium 3000 Flash, un médicament révolutionnaire capable d’agir sur n’importe quelle souffrance physique ou mentale?: une huile essentielle d’Heidegger pour une angoisse existentielle, une substance active de Kant pour une douleur morale…. Retrouvez sagesse et vitalité en un instant ”, s’amusaient les chroniqueurs radio de France Inter dans une parodie publicitaire diffusée à l’occasion d’une émission ayant pour thème?: la philosophie peut-elle soigner le corps ?

Article # 63 – Contre le développement personnel. Thiery Jobard, Éditions Rue de l’échiquier, 2021

J’attribue quatre étoiles sur cinq à ce livre. Les lecteurs assidus de mes articles connaissent fort bien ma position plus que défavorable face au développement personnel. À l’instar de Thiery Jobard, je suis contre le développement personnel. Je qualifie le développement personnel d’arnaque extrêmement dangereuse pour ses adeptes et notre société.

Article # 64 – Apocalypse cognitive – La face obscure de notre cerveau, Gérald Bronner, Presses Universitaires de France (PUF), 2021

Le philothérapeute (philosophe consultant ou philosophe praticien) a l’obligation de très bien connaître le contexte dans lequel évolue son client. Le développement de l’esprit critique de ce client passe inévitablement par une prise de conscience de sa cognition en vue de comprendre comment il connaît. Si, dès le départ, le client n’a pas conscience de son mode de pensées, il lui sera difficile de participer activement au dialogue avec son philothérapeute. L’objectif primaire du philosophe consultant demeure de déceler et de corriger les biais cognitifs de son client avant même d’abord une question philosophique. Bref, si la »machine à pensée » du client est corrompu par des «virus cognitifs », une «réinitialisation » s’impose en début de séance de consultation.

Article # 65 – Développement (im)personnel – Le succès d’une imposture, Julia de Funès, Éditions de l’observatoire/Humensis, 2019

Dans son livre « Développement (im) personnel, Julia de Funès, docteure en philosophie, soutient que le développement personnel offre la même recette à tous et qu’à ce titre il ne peut donc pas se qualifier sa démarche de « personnel ». Selon ma compréhension, le développement personnel devrait mettre de l’avant un développement personnalisé, c’est-à-dire adapté à chaque individu intéressé pour se targuer d’être personnel.

Article # 66 – Savoirs, opinions, croyances – Une réponse laïque et didactique aux contestations de la science en classe, Guillaume Lecointre, Édition Belin / Humensis, 2018

Mon intérêt pour la pensée scientifique remonte à plus de 25 ans. Alors âgé d’une quarantaine d’année, PDG d’une firme d’étude des motivations d’achat des consommateurs, je profite des enseignements et de l’étude du processus scientifique de différentes sources. Je me concentre vite sur l’épistémologie…

Article # 67 – À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Marc Romainville, Presses Universitaires de France / Humensis, 2023

Ce livre m’a déçu en raison de la faiblesse de sa structure indigne de son genre littéraire, l’essai. L’auteur offre aux lecteurs une foule d’information mais elle demeure difficile à suivre en l’absence de sous-titres appropriés et de numérotation utile pour le repérage des énumérations noyés dans un style plus littéraire qu’analytique.

Article # 68 – Ébauche d’un annuaire : philothérapeutes, philosophes consultants, philosophes praticiens

En l’absence d’une association d’accréditation des philothérapeutes, philosophes consultants ou praticiens en francophonie, il est difficile de les repérer. Il ne nous reste plus que de nombreuses recherches à effectuer sur le web pour dresser une liste, aussi préliminaire soit-elle. Les intervenants en philothérapie ne se présentent pas tous sous la même appellation : « philothérapeute », « philosophe consultant » ou « philosophe praticien » « conseiller philosophique » « philosophe en entreprise », « philosophe en management » et autres.

Article # 69 – Guérir l’impossible – Une philosophie pour transformer nos souffrances en forces, Christopher Laquieze, Guy Trédaniel Éditeur, 2023

J’ai lu le livre GUÉRIR L’IMPOSSIBLE en me rappelant à chaque page que son auteur, Christopher Laquieze, est à la fois philosophe et thérapeute spécialisé en analyse comportementale. Pourquoi ? Parce que ce livre nous offre à la fois un voyage psychologique et philosophique, ce à quoi je ne m’attendais pas au départ. Ce livre se présente comme « Une philosophie pour transformer nous souffrances en forces ». Or, cette philosophie se base davantage sur la psychologie que la philosophie. Bref, c’est le « thérapeute spécialisé en analyse comportementale » qui prend le dessus sur le « philosophe ».

Article # 70 – Agir et penser comme Platon – Sage, penseur, philosophe, juste, courageux …, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.

Article # 71 – 7 règles pour une vie (presque) sans problème, Simon Delannoy, 2022

Ma lecture de ce livre m’a procuré beaucoup de plaisir et de bonheur. Je recherche dans mes lectures les auteurs et les œuvres permettant aux lecteurs d’évoluer de prise de conscience en prise de conscience de la première à la dernière page, de ne plus être le même à la fin de la lecture. Et c’est ce que les lecteurs vivront à la lecture de ce livre.

Article # 72 – Les philo-cognitifs – Ils n’aiment que penser et penser autrement…, Fanny Nusbaum, Olivier Revol, Dominic Sappey-Marinier, Odile Jacob, Paris, 2019

Je n’ai pas aimé ce livre parce que son titre, LES PHILO-COGNITIFS, se réfère à la philosophie sans pour autant faire un traitement philosophique de son sujet. Mon achat reposait entièrement sur le titre de ce livre et je m’attendais à un livre de philosophie. Mais il s’agit d’un livre de psychologie. Mon achat fut intuitif. J’avais pleinement confiance dans l’usage du mot « PHILO » en titre d’un ouvrage pour que ce dernier ne puisse traiter d’un autre sujet que philosophique. Mais ce n’est pas le cas.

Article # 73 – Qu’est-ce que la philosophie ? Michel Meyer, Le livre de poche, Librairie générale française, Paris, 1997

J’aime beaucoup les livres d’introduction et de présentation de la philosophie parce qu’ils ramènent toujours les lecteurs à l’essentiel, aux bases de la discipline. À la question « Qu’est-ce que la philosophie ? », Michel Meyer répond : « La philosophie est depuis toujours questionnement radical. C’est pourquoi il importe aujourd’hui de questionner le questionnement, même si on ne l’a jamais fait auparavant. » MEYER, Michel, Qu’est-ce que la philosophie ? – Les questions ultime de la pensée, Le livre de poche © Librairie Générale Française, Paris, 1997. p. 18.

Article # 74 – Présentations de la philosophie, André Comte-Sponville, Éditions Albin Michel, Le livre de poche, 2000

À l’instar de ma lecture précédente (Qu’est-ce que la philosophie ? de Michel Meyer), le livre PRÉSENTATIONS DE LA PHILOSOPHIE du philosophe ANDRÉ COMTE-SPONVILLE m’a plu parce qu’il met en avant les bases mêmes de la philosophie et, dans ce cas précis, appliquées à une douzaine de sujets…

Article # 75 – Les théories de la connaissance, Jean-Michel Besnier, Que sais-je?, Presses universitaires de France, 2021

J’ai dévoré le livre LES THÉORIES DE LA CONNAISSANCE par JEAN-MICHEL BESNIER avec un grand intérêt puisque la connaissance de la connaissance me captive. Amateur d’épistémologie, ce livre a satisfait une part de ma curiosité. Évidemment, je n’ai pas tout compris et une seule lecture suffit rarement à maîtriser le contenu d’un livre traitant de l’épistémologie, notamment, de son histoire enchevêtrée de différents courants de pensée, parfois complémentaires, par opposés. Jean-Michel Besnier dresse un portrait historique très intéressant de la quête philosophique pour comprendre la connaissance elle-même.

Article # 76 – Philosophie de la connaissance – Croyance, connaissance, justification, textes réunis par Julien Dutant et Pascal Engel, Libraire philosophique J. Vrin, 2005

Ce livre n’était pas pour moi en raison de l’érudition des auteurs au sujet de la philosophie de connaissance. En fait, contrairement à ce que je croyais, il ne s’agit d’un livre de vulgarisation, loin de là. J’ai décroché dès la seizième page de l’Introduction générale lorsque je me suis buté à la première équation logique. Je ne parviens pas à comprendre de telles équations logiques mais je comprends fort bien qu’elles soient essentielles pour un tel livre sur-spécialisé. Et mon problème de compréhension prend racine dans mon adolescence lors des études secondaires à l’occasion du tout premier cours d’algèbre. Littéraire avant tout, je n’ai pas compris pourquoi des « x » et « y » se retrouvaient dans des équations algébriques. Pour moi, toutes lettres de l’alphabet relevaient du littéraire. Même avec des cours privés, je ne comprenais toujours pas. Et alors que je devais choisir une option d’orientation scolaire, j’ai soutenu que je voulais une carrière fondée sur l’alphabet plutôt que sur les nombres. Ce fut un choix fondé sur l’usage des symboles utilisés dans le futur métier ou profession que j’allais exercer. Bref, j’ai choisi les sciences humaines plutôt que les sciences pures.

Article # 77 – Problèmes de philosophie, Bertrand Russell, Nouvelle traduction, Éditions Payot, 1989

Quelle agréable lecture ! J’ai beaucoup aimé ce livre. Les problèmes de philosophie soulevés par Bertrand Russell et les réponses qu’il propose et analyse étonnent. Le livre PROBLÈMES DE PHILOSOPHIE écrit par BERTRAND RUSSELL date de 1912 mais demeure d’une grande actualité, du moins, selon moi, simple amateur de philosophie. Facile à lire et à comprendre, ce livre est un «tourne-page» (page-turner).

Article # 78 – La dictature des ressentis – Sauver la liberté de penser, Eugénie Bastié, Éditions Plon, 2023

La compréhension de ce recueil de chroniques signées EUGÉNIE BASTIÉ dans le quotidien LE FIGARO exige une excellence connaissance de la vie intellectuelle, politique, culturelle, sociale, économique et de l’actualité française. Malheureusement, je ne dispose pas d’une telle connaissance à l’instar de la majorité de mes compatriotes canadiens et québécois. J’éprouve déjà de la difficulté à suivre l’ensemble de l’actualité de la vie politique, culturelle, sociale, et économique québécoise. Quant à la vie intellectuelle québécoise, elle demeure en vase clos et peu de médias en font le suivi. Dans ce contexte, le temps venu de prendre connaissance de la vie intellectuelle française, je ne profite des références utiles pour comprendre aisément. Ma lecture du livre LA DICTATURE DES RESSENTIS d’EUGÉNIE BASTIÉ m’a tout de même donné une bonne occasion de me plonger au cœur de cette vie intellectuelle française.

Article # 79 – À la découverte de la sagesse stoïcienne: L’histoire improbable du stoïcisme suivie du Manuel de la vie bonne, Dr Chuck Chakrapani, Éditions Stoa Gallica, 2023

À titre d’éditeur, je n’ai pas aimé ce livre qui n’en est pas un car il n’en possède aucune des caractéristiques professionnelles de conceptions et de mise en page. Il s’agit de la reproduction d’un texte par Amazon. Si la première de couverture donne l’impression d’un livre standard, ce n’est pas le cas des pages intérieures du… document. La mise en page ne répond pas aux standards de l’édition française, notamment, en ne respectant pas les normes typographiques.

Article # 80 – Le changement personnel – Histoire Mythes Réalités, sous la direction de Nicolas Marquis, Sciences Humaines Éditions, 2015

J’ai lu avec un grand intérêt le livre LE CHANGEMENT PERSONNEL sous la direction de NICOLAS MARQUIS. «Cet ouvrage a été conçu à partir d’articles tirés du magazine Sciences Humaines, revus et actualisés pour la présente édition ainsi que de contributions inédites. Les encadrés non signés sont de la rédaction.» J’en recommande vivement la lecture pour son éruditions sous les aspects du changement personnel exposé par différents spécialistes et experts tout aussi captivant les uns les autres.

Article # 81 – L’empire des coachs – Une nouvelle forme de contrôle social, Roland Gori et Pierre Le Coz, Éditions Albin Michel, 2006

À la lecture de ce livre fort intéressent, j’ai compris pourquoi j’ai depuis toujours une dent contre le développement personnel et professionnel, connu sous le nom « coaching ». Les intervenants de cette industrie ont réponse à tout, à toutes critiques. Ils évoluent dans un système de pensée circulaire sans cesse en renouvellement créatif voire poétique, système qui, malheureusement, tourne sur lui-même. Et ce type de système est observable dans plusieurs disciplines des sciences humaines au sein de notre société où la foi en de multiples opinions et croyances s’exprime avec une conviction à se donner raison. Les coachs prennent pour vrai ce qu’ils pensent parce qu’ils le pensent. Ils sont dans la caverne de Platon et ils nous invitent à les rejoindre.

Article # 82 – À quoi sert la philosophie ?, Marc Sautet, Éditions Pleins Feux, 1997

Ce petit livre d’une soixantaine de pages nous offre la retranscription de la conférence « À QUOI SERT LA PHILOSOPHIE ? » animée par Marc Sautet, philosophe ayant ouvert le premier cabinet de consultation philosophique en France et également fondateur des Cafés Philo en France.

Article # 83 – Raviver de l’esprit en ce monde – Diagnostic du contemporain, François Jullien, Éditions de l’Observatoire, 2023

L’essai RAVIVER DE L’ESPRIT EN CE MONDE – UN DIAGNOSTIC CONTEMPORAIN par FRANÇOIS JULLIEN chez les Éditions de l’Observatoire, parue en 2023, offre aux lecteurs une prise de recul philosophique révélatrice de notre monde. Un tel recul est rare et fort instructif.

Article # 84 – La philosophie appelle à une révélation suivie d’une conversion

La philosophie a pour but l’adoption d’un mode de vie sain. On parle donc de la philosophie comme un mode de vie ou une manière de vivre. La philosophie ne se possède pas, elle se vit. La philosophie souhaite engendrer un changement de comportement, d’un mode de vie à celui qu’elle propose. Il s’agit ni plus ni moins d’enclencher et de soutenir une conversion à la philosophie.

Article # 85 – La philosophie comme mode de vie, Daniel Desroches, Deuxième édition revue et corrigée, Coll. À propos, Les Presses de l’Université Laval, Québec, 2019

La lecture de cet essai fut très agréable, instructive et formatrice pour l’amateur de philosophie que je suis. Elle s’inscrit fort bien à la suite de ma lecture de « La philosophie comme manière de vivre » de Pierre Habot (Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001).

Article # 86 – Les consolations de la philosophie, Alain De Botton, Mercure de France, 2001, Pocket

La lecture du livre Les consolations de la philosophie, une édition en livre de poche abondamment illustrée, fut très agréable et instructive. L’auteur Alain de Botton, journaliste, philosophe et écrivain suisse, nous adresse son propos dans une langue et un vocabulaire à la portée de tous.

Article # 87 – La philothérapie – Philosophie pratique à l’international

L’Observatoire de la philothérapie a consacré ses deux premières années d’activités à la France, puis à la francophonie. Aujourd’hui, l’Observatoire de la philothérapie s’ouvre à d’autres nations et à la scène internationale.

Article # 88 – L’approche intellectuelle en philothérapie et en philosophie pratique

Certaines personnes croient le conseiller philosophique intervient auprès de son client en tenant un « discours purement intellectuel ». C’est le cas de Dorothy Cantor, ancienne présidente de l’American Psychological Association, dont les propos furent rapportés dans The Philosophers’ Magazine en se référant à un autre article parue dans The New York Times.

Article # 89 – En thérapie avec… Épicure – Combattre votre anxiété – 40 antidotes du philosophe antique, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun, Paris, 2024

Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.

Article # 90 – Êtes-vous sûr d’avoir raison ?, Gilles Vervisch, Flammarion, 2022

De lecture agréable et truffé d’humour, le livre ÊTES-VOUS SÛR D’AVOIR RAISON ? de GILLES VERVISCH, agrégé de philosophie, pose la question la plus embêtante à tous ceux qui passent leur vie à se donner raison.

Article # 91 – L’approche interrogative et l’approche conversationnelle dans la pratique philosophique

Dans un article intitulé « Se retirer du jeu » et publié sur son site web Dialogon, le philosophe praticien Jérôme Lecoq, témoigne des « résistances simultanées » qu’il rencontre lors de ses ateliers, « surtout dans les équipes en entreprise » : « L’animation d’un atelier de “pratique philosophique” implique que chacun puisse se « retirer de soi-même », i.e. abandonner toute volonté d’avoir raison, d’en imposer aux autres, de convaincre ou persuader autrui, ou même de se “faire valider” par les autres. Vous avez une valeur a priori donc il n’est pas nécessaire de l’obtenir d’autrui. » (LECOQ, Jérôme, Se retirer du jeu, Dialogon, mai 2024.)

Article # 92 – Introduction à la philosophie, Karl Jaspers, Plon, coll. 10-18, 2001

« Jaspers incarne, en Allemagne, l’existentialisme chrétien » peut-on lire en quatrième de couverture de son livre INTRODUCTION À PHILOSOPHIE. Je ne crois plus en Dieu depuis vingt ans. Baptisé et élevé par défaut au sein d’une famille catholique qui finira pas abandonner la religion, marié protestant, aujourd’hui J’adhère à l’affirmation d’un ami philosophe à l’effet que « Toutes les divinités sont des inventions humaines ». Dieu est une idée, un concept, rien de plus, rien de moins. / Dans ce contexte, ma lecture de l’œuvre INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE de KARL JASPERS fut quelque peu contraignante à titre d’incroyant. Je me suis donc concentré sur les propos de JASPERS au sujet de la philosophie elle-même.

Article # 93 – Le rôle social des idées – Esquisse d’une philosophie de l’histoire contemporaine, Max Lamberty, Éditions de la Cité Chrétienne, 1936

« La philosophie a gouverné toute la vie de notre époque dans ses traits les plus typiques et les plus importants » (LAMBERTY, Max, Le rôle social des idées, Chapitre premier – La souveraineté des idées ou La généalogie de notre temps, Les Éditions de la Cité Chrétienne (Bruxelles) / P. Lethielleux (Paris), 1936, p. 41) – la démonstration du rôle social des idées par Max Lamberty doit impérativement se poursuivre de nos jours en raison des défis qui se posent à nous, maintenant et demain, et ce, dans tous les domaines. – Et puisque les idées philosophiques mènent encore et toujours le monde, nous nous devons d’interroger le rôle social des idées en philosophie pratique. Quelle idée du vrai proposent les nouvelles pratiques philosophiques ? Les praticiens ont-ils conscience du rôle social des idées qu’ils véhiculent dans les consultations et les ateliers philosophiques ?

Article # 94 – L’étonnement philosophique – Une histoire de la philosophie, Jeanne Hersch, Gallimard, coll. Folio Essai, 1993

J’aime beaucoup ce livre. Les nombreuses mises en contexte historique en lien avec celui dans lequel nous sommes aujourd’hui permettent de mieux comprendre cette histoire de la philosophie et d’éviter les mésinterprétations. L’auteure Jeanne Hersch nous fait découvrir les différentes étonnements philosophiques de plusieurs grands philosophes à l’origine de leurs quêtes d’une meilleure compréhension de l’Être et du monde.

Article # 95 – Qu’est-ce que la Deep Philosophy ? – Philosopher depuis notre profondeur intérieure, Ran Lahav, Loyev Books, 2023

Mon intérêt pour ce livre s’est dégradé au fil de ma lecture en raison de sa faible qualité littéraire, des nombreuses répétitions et de l’aveu de l’auteur à rendre compte de son sujet, la Deep Philosophy. / Dans le texte d’introduction de la PARTIE A – Première rencontre avec la Deep Philosophy, l’auteur Ran Lahav amorce son texte avec ce constat : « Il n’est pas facile de donner un compte rendu systématique de la Deep Philosophy ». Dans le paragraphe suivant, il écrit : « Néanmoins, un tel exposé, même s’il est quelque peu forcé, pourrait contribuer à éclairer la nature de la Deep Philosophy, pour autant qu’il soit compris comme une esquisse approximative ». Je suis à la première page du livre et j’apprends que l’auteur m’offre un exposé quelque peu forcé et que je dois considérer son œuvre comme une esquisse approximative. Ces précisions ont réduit passablement mon enthousiasme. À partir de là, ma lecture fut un devoir, une obligation, avec le minimum de motivation.

Article # 96 – Se réaliser – Petite philosophie de l’épanouissement personnel, Michel Lacroix, (Marabout), Éditions Robert Laffont, 2009

J’ai beaucoup aimé ce livre de Michel Lacroix, Se réaliser — Petite philosophie de l’épanouissement personnel. Il m’importe de vous préciser que j’ai lu l’édition originale de 2009 aux Éditions Robert Laffont car d’autres éditions sont parues, du moins si je me rapporte aux différentes premières et quatrièmes de couverture affichées sur le web. Ce livre ne doit pas être confondu avec un ouvrage plus récent de Michel Lacroix : Philosophie de la réalisation personnelle – Se construire dans la liberté parue en 2013 et qui sera l’objet d’une rapport de lecture dans ce dossier.

Article # 97 – Une histoire de la raison par François Châtelet – Entretiens avec Émile Noël, Édition du Seuil, 1992

Personnellement, je me suis limité à lecture du livre car je préfère et de loin l’écrit à l’audio. J’aime le titre donné à ce livre, « Une histoire de la raison », plutôt que « L’histoire de la raison », parce qu’il laisse transparaître une certaine humilité dans l’interprétation.

Article # 98 – La raison, Bertrand Saint-Sernin, Presses universitaires de France, coll. Que sais-je, Paris, 2003

Les ouvrages de la collection Que sais-je ? des PUF (Presses universitaires de France) permettent aux lecteurs de s’aventurer dans les moult détails d’un sujet, ce qui rend difficile d’en faire un rapport de lecture, à moins de se limiter à ceux qui attirent et retient davantage notre attention, souvent en raison de leur formulation. Et c’est d’entrée de jeu le cas dans le tout premier paragraphe de l’Introduction. L’auteur écrit, parlant de la raison (le soulignement est de moi) : « (…) elle est une instance intérieure à l’être humain, dont il n’est pas assuré qu’elle puisse bien fonctionner en situation de risque ou dans un état trouble ».

Article # 99 – Philosophie de la réalisation personnelle – Se construire dans la liberté, Michel Lacroix, Éditions Robert Laffont, 2013

Dans son livre « Philosophie de la réalisation personnelle – Se construire dans la liberté », le philosophe Michel Lacroix s’engage clairement en faveur du développement personnel. Il le présente comme l’héritier des efforts déployés par la philosophie dans le domaine de la réalisation de soi au cours siècles passés. À mon avis et si c’est effectivement le cas, le mouvement du développement personnel a vite fait de dilapider cet héritage de la philosophie en le déchiquetant en petits slogans vide de sens.

Article # 100 – Vivre dans un monde où tout un chacun se donne raison, en réponse à l’article « L’art de couper les cheveux en quatre » d’Alexandre Lacroix publié dans Philosophie magazine, juin 2024

Dans le dossier de son édition de juin 2024, Philosophie magazine tente de répondre à cette question en titre : « Comment savoir quand on a raison ? » Il n’en fallait pas plus pour me motiver à l’achat d’un exemplaire chez mon marchand de journaux.

Article # 101 – Loin de moi – Étude sur l’identité, Clément Rosset, Les Éditions de Minuit, 1999

Le texte en quatrième de couverture de LOIN DE SOI de CLÉMENT ROSSET confronte tous les lecteurs ayant en tête la célèbre maxime grecque gravés sur le fronton du temple de Delphes et interprété par Socrate : « Connais-toi toi-même » : « La connaissance de soi est à la fois inutile et inappétissante. Qui souvent s’examine n’avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte. » ROSSET, Clément, Loin de moi – Étude sur l’identité, Les Éditions de Minuit, 1999, quatrième de couverture.

Article # 102 – Penser par soi-même, Sous la direction de Maud Navarre, Sciences Humaines Éditions, 2024

Avec ses dix-sept articles de différents auteurs, le recueil PENSER PAR SOI-MÊME , sous la direction de MAUD NAVARRE, docteure en sociologie et journaliste scientifique, chez SCIENCES HUMAINES ÉDITIONS paru en 2024, complète et bonifie généreusement le dossier du même nom de l’édition de mars 2020 du magazine Sciences Humaines.

Article # 103 – Éloge du point d’interrogation – Tous philosophes ? Patrick Moulin, Les Éditions du Net, 2022

Je n’ai pas aimé ce livre en raison de mon aversion face au style d’écriture de l’auteur. J’ai abandonné ma lecture au trois quarts du livre. Je n’en pouvais plus des trop nombreuses fioritures littéraires. Elles donnent au livre les allures d’un sous-bois amazonien aussi dense que sauvage où il est à charge du lecteur de se frayer un chemin, machette à la main. Ce livre a attiré mon attention, l’a retenue et l’auteur pouvait alors profiter de l’occasion pour communiquer avec moi. Mais les ornements littéraires agissent comme de la friture sur la ligne de cette communication. J’ai finalement raccroché.

Article # 104 – Grandeur et misère de la modernité, Charles Taylor, Coll. L’essentiel, Éditions Bellarmin (Éditions Fides), 1992

Notre place dans le monde s’inscrit dans notre identité. Construire sa propre philosophie de vie bonne exige non seulement de se connaître soi-même mais aussi de connaître le monde dans lequel nous existons. C’est l’« Être-au-monde » selon de Martin Heidegger. Bref, voilà donc pourquoi cet Observatoire de la philothérapie – Quand la philosophie nous aide dépasse son sujet avec le livre GRANDEUR ET MISÈRE DE LA MODERNITÉ du philosophe CHARLES TAYLOR paru en 1992, il y a plus de trente ans.

Article # 105 – La philosophie antique comme exercice spirituel ? Un paradigme en question, Sylvain Roux, Les Belles Lettres, 2024

J’aime beaucoup ce livre. Tout philosophe se doit de le lire. Voici une enquête essentielle, à la fois très bien documentée, fine et facile à suivre. Elle questionne la conclusion du philosophe Pierre Hadot à l’effet que la philosophie est une manière de vivre. Sous le titre « La philosophie comme exercice spirituel ? – Un paradigme en question », le professeur de philosophie ancienne à l’université de Poitiers, Sylvain Roux, déterre les racines de la philosophie pour en montrer leur enchevêtrement.

Article #106 – Crise de soi – Construire son identité à l’ère des réseaux sociaux et du développement personnel, Thierry Jobard, coll. Amorce, Éditions 10/18, 2024

L’essayiste Thierry Jobard nous propose trois ouvres : 1. CONTRE LE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL (voir mon rapport de lecture); 2. JE CROIS DONC JE SUIS : LE GRAND BAZAR DES CROYANCES CONTEMPORAINE; 3. CRISE DE SOI – CONSTRUIRE SON IDENTITÉ À L’ÈRE DES RÉSEAUX SOCIAUX ET DU DÉVELOPPEMENT PERSONNEL. — Avec ce troisième essai, Thierry Jobard approfondit encore davantage son sujet démontrant ainsi une maîtrise de plus en plus grande des aléas de l’identité, cette fois-ci, sous l’influence des réseaux sociaux et du développement personnel.

Article #107 – Le parler de soi, Vincent Descombes, Collections Folio. Essais, Éditions Gallimard, 2014

Si vous avez aimez cet extrait, vous aimerez ce livre car il est représentatif de l’ensemble de l’œuvre. Personnellement, je cherchais des indices pour répondre à la question « Qui suis-je ? » et ce livre n’en offre pas. En revanche, j’aime bien quand un auteur remonte à la source de son sujet et le retrace dans le contexte historique. Vincent Descombes excelle en ce sens dans PARLER DE SOI. C’est pourquoi je me suis rendu jusqu’à la page 248 des 366 pages de son texte (Appendices exclues) avant d’abandonner ma lecture. J’aime bien m’informer de l’histoire d’une idée comme le fait si bien Vincent Descombes mais la vue sous microscope du fil historique de chaque détail a fini par me lasser. J’ai tenu bon dans l’espoir de me faire une vision d’ensemble de l’évolution du concept mais je ne suis pas parvenu à prendre le recul utile face à une telle multitude de détails.

Article #108 – La philosophie fait-elle votre bonheur ? Dossier, Revue Les Libraires, no 145, 2024

Peut-être vous dites-vous : « La philosophie, pas pour moi, non merci! » Pourtant, à partir du moment où une question germe dans votre tête et que vos neurones s’activent à faire des liens, à envisager des hypothèses, à analyser les pour et les contre, à réfuter certaines pistes, à emprunter d’autres foulées, à mettre en parallèle ou en confrontation des idées, vous êtes en train de philosopher.

Article #109 – Quatre moyens d’en finir avec la pointeuse, Clara Degiovanni, Dossier / “Comment trouver le bon rythme ?”, Philosophie magazine, no 183, octobre 2024

CITATION « 4. Raconter sa journée / 18 heures. Vous rejoignez un ami pour prendre un verre après le travail. Vous lui racontez votre journée, qui était finalement très réussie. Intéressé et sincèrement content pour vous, il vous invite à évoquer les perspectives qui s’offrent à vous dans votre entreprise actuelle. »

Article #110 – Pascal Chabot-Hélène L’Heuillet : silence, ça pulse !, propos recueillis par Cédric Enjalbert, Dossier / “Comment trouver le bon rythme ?”, Philosophie magazine, no 183, octobre 2024

Philosophe, spécialiste du burn-out, Pascal Chabot vient de publier une enquête cherchant Un sens à la vie et montrant qu’il est toujours ouvert et dynamique. Hélène L’Heuillet, philosophe et psychanalyste, fait non seulement reparaître son Éloge du retard mais elle signe également un ouvrage sur Le Vide qui est en nous. Ensemble, ils montrent comment rythme de vie et sens de la vie se répondent !

Article #111 – Émile Durkheim : l’individu, ferment de la société, par Athénaïs Gagey, Philosophie magazine, no 183, octobre 2024

Fondateur de la sociologie moderne, Émile Durkheim pense l’individu comme la partie d’un tout. Alors que les fractures sociales sont légion dans notre société, sa lecture est une proposition pour tenter de (re)faire société.

Article #112 – Histoire de la pensée philosophique – De l’homme grec à l’homme post-moderne, Jean-Marie Nicolle, Bréal, 2015

Le livre « Histoire de la pensée philosophique – De l’homme grec à l’homme post-moderne » par Jean-Marie Nicolle se classe parmi les meilleurs, sinon comme le meilleur, que j’ai pu lire. Jean-Marie Nicolle fait preuve d’une maîtrise quasi absolue de son sujet et en témoigne par des explications simples dans une écriture compréhensible par tous accompagnée de graphiques fort utiles. Ce livre rempli toutes ses promesses.

Article #113 – Nexus – Une brève histoire des réseaux d’information de l’âge de pierre à l’IA, Yuval Noah Harari, Albin Michel, Paris, 2024

Le livre Nexus – Une brève histoire des réseaux d’information de l’âge de pierre à l’IA signé par Yuval Noah Harari donne à penser que les civilisations se transforment avec la capacité de l’homme à produire, recueillir, centraliser et contrôler ou à diffuser l’information au fil des grandes innovations, de la tablette d’argile à l’intelligence artificielle (IA) en passant par l’imprimerie, le télégraphe, l’imprimerie, la presse écrite, la radio, la télévision, l’ordinateur et l’internet. / Difficile pour la presse de passer sous silence un auteur avec plus de 45 millions d’exemplaires vendus de ses livres témoigne les trois exemples ci-dessous.

Article # 114 – Conférence vidéo «Qu’est-ce que la pratique philosophique ? » par Laurence Bouchet, Philo Mobile

Lors de cette conférence organisée à Poitiers par l’association Poitiers Cité Philo, j’ai montré la place que la philosophie peut prendre dans nos vies, puis j’ai proposé à quelques personnes volontaires, un atelier interactif sur le thème de la honte, choisi par les participants. Avec l’ensemble de la salle nous avons ensuite commenté cette façon de philosopher.

Article #115 – Uniques au monde – De l’invention de soi à la fin de l’autre, Vincent Cocquebert, Les Éditions Arkê, 2023

« Ce dresse le panorama oppressant de cette société du sur-mesure et nous invite le sens d’une indépendance vertueuse. » COCQUEBERT, Vincent, Uniques au monde – De l’invention de soi à la fin de l’autre, Les Éditions Arkhê, 2023, Quatrième de couverture.

Et c’est tout un « panorama » ! Complet en relevant bon nombre d’exemples concrets, l’essai UNIQUES AU MONDE de l’auteur et journaliste indépendant Vincent Cocquebert, permet aux lecteurs de se mettre à jour sur les sources et les impacts de l’individualisation de l’homme depuis plusieurs décennies, à commencer par le « surinvestissement émotionnel dans la consommation ». À titre de conseiller en marketing et en publicité puis de président directeur d’une firme d’études des motivations d’achat des consommateur dans les années 1980-1990, j’ai reconnu la tendance au repli sur soi, notamment le cocooning, relevée par monsieur Cocquebert dans son ouvrage. Et que, poussé à l’extrême, ce repli sur soi conduise à « la fin de l’autre » a tout pour nous inquiéter tout en nous mobilisant. Un livre dont la lecture surprend le lecteur de page en page. À lire absolument !

Article #116 – La philosophie comme attitude, Stéphane Madelrieux, Presses universitaires de France, Paris, 2023

L’auteur, STÉPHANE MADELRIEUX, professeur de philosophie à l’université Jean Moulin Lyon 3 et Directeur adjoint de l’Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IRPhiL), nous offre une histoire détaillée et de grande érudition de la LA PHILOSOPHIE COMME ATTITUDE. En quatrième de couverture, nous lisons : « Une philosophie ne se résume pas seulement à une doctrine ou à une méthode : c’est aussi une attitude. Au-delà des thèses doctrinales, et au-delà même des règles de méthode, il faut savoir retrouver les dispositions intellectuelles et morales qui composent les grandes attitudes. Ce livre voudrait en particulier prolonger la tradition des Lumières pour qui la philosophie est d’abord l’exercice d’une attitude spécifique, l’esprit critique, qui nous dispose à résister au dogmatisme. Il défend et illustre cette idée par l’examen détaillé de la philosophie pragmatiste, car les pragmatistes ont décelé dans l’histoire de la pensée et de la culture le conflit entre deux grandes tendances : l’attitude dogmatique et autoritaire, et l’attitude critique et expérimentales (…).

Article #117 – Votre cerveau vous joue des tours, Albert Moukheiber, Allary Éditions, 2019

L’essai VOTRE CERVEAU VOUS JOUE DES TOURS par ALBERT MOUKHEIBER, Docteur en neurosciences cognitives et psychologue clinicien, tient sa promesse. « Riche de nombreux exemples tirés de la vie quotidienne et de récits d’expériences de psychologie sociale, cet essai rend accessibles les dernières découvertes des neurosciences et propose des outils pour faire de notre cerveau notre allié en toutes circonstances. » Le lecteur néophyte y trouvera son compte à l’instar de ceux et celles qui ont perdu de vue les neurosciences. Et sûrement en raison de sa pratique à titre psychologue clinicien, Albert Moukheiber parsème son livre de quelques judicieux conseils à ses lecteurs.

Article #118 – Neuromania – Le vrai du faux sur votre cerveau, Albert Moukheiber, Allary Éditions, 2024

« On ne peut pas réduire tous les problèmes à l’individu et à son cerveau, ni faire dire aux neurosciences et aux sciences cognitives ce qu’elles ne disent pas ». lit-on en quatrième de couverture de l’essai NEUROMANIA de ALBERT MOUKHEIBER docteur en neurosciences et psychologue clinicien. Au programme : distinguer le vrai du faux sur notre cerveau. Je ne savais pas que ces sciences étaient elles aussi victimes de désinformation et de raccourcis trompeurs dans les médias et ainsi au sein de nos propres croyances sur le cerveau. L’auteur note aussi une approche éhontée des neurosciences et des sciences cognitives dans le développement personne1.

Article #119 – Les enjeux anthropologique du coaching, Batiste Rappin, Coll. Les carrefours de l’être, Les Éditions Ovadia, 2024

Ce livre rassemble « six travaux scientifiques composé d’une communication et de cinq articles dont l’écriture s’est étalée entre 2005 et 2015 » lit-on en quatrième de couverture. L’auteur Baptiste Rappin fait preuve d’une grande érudition et d’une analyse fine qui confèrent à son ouvrage son caractère scientifique. Il ne s’agit pas d’un livre accessible même si l’auteur juge « le moment venu de les mettre à disposition du grand public ».

Article #120 – Les essentiels : Histoire illustrée des méthodes scientifiques, Jean-Marie Nicolle, Éditions Bréal, 2024

Ce livre a profondément influencé ma façon de pensée en me donnant les clés de l’esprit scientifique appliquée à ma vie de tous les jours, tant sur le plan personnel que professionnel. Partisan de la méthode scientifique pour son objectivité, je prête une attention toute spéciale à tous les outils pouvant m’instruire sur la naissance et l’acquisition de la connaissance, et ce, dans les moindre détails de sa construction. La question « Comment je connais ? » demeure ouverte afin de de mieux de me connaître, et de connaître mieux.

Article #121 – Les essentiels : Réfléchir pour mourir moins cave – Louis Dugal, Les Éditions de La bagnole, 2024

L’enseignement scolaire de la philosophie aux adolescents peut être vécu par l’étudiant comme une autre matière à son programme et demeurer dans sa sphère intellectuelle une théorie de plus à maîtriser pour obtenir des bonnes notes pour ses travaux et lors de ses examen. Ainsi, l’enseignement de la philosophie ne donne pas lieu automatiquement à l’étonnement qui éveille un esprit philosophique transcendant. / De la question viendra une réponse étonnante, cette étincelle nécessaire à l’embrassement de l’esprit philosophique. C’est sans doute dans une telle approche que le professeur de philosophie, aujourd’hui, conseiller en réussite scolaire, au Collège d’Enseignement Général et Professionnel (Cégep) de Rosemont au Québec, monsieur Louis Dugal, a adoptée auprès de ses étudiants et dont témoigne son livre « Réfléchir pour mourir moins cave » soumettant à ses lecteurs « 35 questions philosophiques à se mettre sous la dent ».

Article #122 – Science, vérité et croyances, Andreas Bikfalvi, médecine/sciences – Institut national de la santé et de la recherche médicale et Institut d’Histoire et Philosophie des Sciences et Techniques (France)

Je reproduis sur cette page web du site « Observatoire québécois de la philothérapie » l’article Science, vérité et croyances signé par Andreas Bikfalvi et publié dans le magazine médecine/sciences (Volume 34, Number 11, Novembre 2018 ) et édité par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) – France. Cette reproduction est autorisée en vertu de la licence Creative Commons Attribution License CC-BY.

Article #123 – Dans quelle mesure la philosophie est pratique, Fichte, Hegel, sous la direction de Myriam Bienenstock et Michèle Crampe-Casnabet, ENS Éditions, 2022

RÉSUMÉ – Dans quelle mesure la philosophie est-elle pratique ? Formulée par Hegel dans ses tout premiers cours d’Iéna, au début du XIXe s., la question renvoie d’abord au débat bien connu sur la thèse, classiquement rapportée à Fichte, d’un primat du pratique : lorsque Fichte affirme que « tout est issu de l’agir et de l’agir du moi », revendique-t-il simplement le primat de la loi morale sur la raison théorique ? N’est-ce pas plutôt le rapport de la philosophie à la vie qu’il veut souligner, comme Hegel quelques années plus tard ? C’est le statut même de la philosophie pratique, placée par Fichte au fondement même du savoir, qui est en question dans ces débats.

Article #124 – Entre science et culture – Introduction à la philosophie des sciences, Yvon Gauthier, Presses de l’Université de Montréal, 2005

RÉSUMÉ – La philosophie des sciences définit les critères de scientificité qui permettent d’évaluer la validité et la pertinence des théories scientifiques. Elle a donc une vocation critique. Cet ouvrage propose une analyse de la pratique scientifique aussi bien dans les sciences exactes que dans les sciences sociales et humaines, et ce, à partir d’une perspective constructiviste qui donne un accès direct à la logique interne de l’entreprise scientifique.

Article #125 – La Fatigue d’être soi – Dépression et société, Alain Ehrenberg, Éditions Odile Jacob, 1998.

Fatigue, inhibition, insomnie, anxiété, indécision : la plupart des difficultés rencontrées dans la vie quotidienne sont aujourd’hui assimilées à de la dépression. Pourquoi ce « succès » de la dépression ? Croisant l’histoire de la psychiatrie et celle des modes de vie, Alain Ehrenberg suggère que cette « maladie » est inhérente à une société où la norme n’est plus fondée sur la culpabilité et la discipline, mais sur la responsabilité et l’initiative ; elle est la contrepartie de l’énergie que chacun doit mobiliser pour devenir soi-même. Et si la dépression était surtout le révélateur des mutations de l’individu ?

Article #126 – Devenir soi, former son caractère : Emerson, Mill, Nietzsche, Phantasia, Volume 14, 2024

Pour illustrer l’intention qui a présidé à l’élaboration du présent numéro, nous pouvons commencer par mettre en parallèle trois déclarations philosophiques aux accents étonnamment similaires. En 1841, dans un essai intitulé Self?Reliance, le philosophe américain Ralph Waldo Emerson défend une forme radicale d’anticonformisme : « Il y a un moment dans l’éducation de tout homme où il arrive à la conviction que l’envie est ignorance ; que l’imitation est suicide ; qu’il doit se prendre lui?même, pour le meilleur et pour le pire, comme le lot qui lui est dévolu ; que même si le bien abonde dans l’univers, aucun grain de blé nourrissant ne peut lui venir d’ailleurs que du labeur consacré au lopin de terre qu’il a reçu en culture »1. En 1859, le philosophe anglais John Stuart Mill affirme dans On Liberty, contre les conceptions conservatrices qui lui paraissent encore prédominantes dans la société victorienne : « Si l’on considérait le libre développement de l’individualité comme l’un des principes essentiels du bien-être, si on le voyait non pas comme accessoire coordonné à tout ce qu’on désigne par civilisation, instruction, éducation, culture, mais comme un élément et une condition nécessaires de toutes ces choses, il n’y aurait pas de danger que la liberté fût sous?estimée, et il n’y aurait pas de difficulté extraordinaire à tracer la frontière entre elle et le contrôle social »2. Enfin, en 1878, le philosophe allemand Friedrich Nietzsche esquisse, dans Humain, trop humain, une réflexion sur le talent individuel qui lui est inspirée par un vers célèbre de Pindare : « Chacun possède du talent inné, mais peu possèdent, inné et cultivé par l’éducation, le degré de ténacité, d’endurance, d’énergie qui fait qu’il deviendra vraiment un talent, donc deviendra ce qu’il est »3.

Article #127 -Le philosophe Ludwig Wittgenstein et la philosophie pratique

Recueil d’article : Wittgenstein et le pouvoir thérapeutique de la philosophie; Wittgenstein : Philosophie et pratique de la philosophie; Réflexions en marge de Wittgenstein, Wittgenstein ou la philosophie comme activité critique; Les maladies philosophiques – Ou la consultation philosophique éclairée par Wittgenstein; Ludwig Wittgenstein, un Platon sans platonisme; Wittgenstein et la philosophie.

Article #128 – «Troquez votre consultant pour un philosophe», Philonomist.Lab

Le message de Philonomist.Lab est clair : « Troquez votre consultant pour un philosophe » ! Cette publicité est tirée du numéro spécial de Philosophie & Philonomist. magazine « Quel sens donner au travail ? » Avec cette publicité la philosophie s’affirme haut et fort comme une ressource pour les entreprises et confirme l’avancée de la discipline dans son sens pratique.

Article # 129 – L’étincelle nécessaire à l’acquisition de l’esprit critique

L’importance de l’esprit critique prend de l’ampleur en ces temps de désinformation qui laissent apparaître « La faiblesse du vrai » (Myriam Revault d’Allones, Seuil, 2018). Aujourd’hui, la situation de l’information sur les réseaux sociaux nous plonge dans une crise réelle de désinformation. Hier, dans les années 1960-1970-1980, nous parlions de la nécessité de développer l’esprit critique de la population face aux médias traditionnels (journaux, radio, télévision). Il s’agissait alors de mettre en branle une toute nouvelle discipline, l’éducation aux médias, à laquelle nous ajoutons aujourd’hui « et à l’information ».

Article #130 – L’art de se connaître soi-même, Arthur Schopenhauer, Rivages poche, 2015

L’art de se connaître soi-même du philosophe allemand Arthur Schopenhauer rassemble des textes de ses carnets de notes personnelles et fut publiés après son décès. Je ne crois pas que ces carnets de notes furent intitulée « L’art de se connaître soi-même » par Arthur Schopenhauer. À lecture des textes, j’ai la nette impression que l’auteur se donne lui-même en exemple dans l’art de se connaître soi-même. Arthur Schopenhauer parle de lui et par projection de sa vision du monde. Avant tout, il faut nous pencher sur la fameuse injonction « Connais-toi toi-même », ce que fait fort bien le philosophe italien Franco Volpi, professeur à l’Université de Vicenze, dans sa préface…

Article # 131 – Vivre ! dans un monde imprévisible, Manuel de résilience pour surmonter les crises, Frédéric Lenoir, Éditions Fayard, Paris, 2020

J’ai longtemps résisté à l’achat des livres de Frédéric Lenoir car je craignais de tomber dans le développement personnel avec tous ses travers largement dénoncés dans mes rapports de lecture. Sur un coup de tête, avec l’achat de plusieurs livres de philosophie, j’ai glissé dans ma pile un titre de Frédéric Lenoir : « Vivres ! dans un monde imprévisible (édition mise à jour – Le Livre de Poche, 2021). Ma lecture de ce livre confirme crainte : nous sommes bel et bien dans un manuel de développement personnel plutôt qu’un livre de philosophie. Dès qu’un auteur se dit philosophe et d’une autre profession, on peut être certain de la contamination de la première par cette dernière. De plus, Frédéric Lenoir se réfère non seulement aux « grands philosophes du passé, mais aussi les neurosciences et la psychologie des profondeurs (…) ». La mention de la psychologie par un philosophe éveille en moi de forts mécanismes de défense. Il faut lire ma « Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie » pour comprendre ma réticence. Quand aux neurosciences, je m’en méfie tout autant depuis ma lecture du livre « Neuromania – Le vrai du faux sur votre cerveau » d’Albert Moukheiber, Docteur en neurosciences cognitives et psychologue clinicien, paru chez Allary Éditions en 2024 (voir mon rapport de lecture). Bref, j’ai lu ce livre les deux pieds sur les freins.

Article # 132 – L’art de ne pas toujours avoir raison, Martin Desrosiers, Leméac Éditeur, 2024

Dans « L’art de ne pas toujours avoir raison », le professeur de philosophie au Collège Jean-de-Brébœuf (Montréal, Québec), Martin Desrosiers, confesse son comportement sur les réseaux sociaux : « Car j’ai été, je l’avoue, un ergoteur. Un obstineux. » CITATION : « Ce que j’évoque ici peut sembler une évidence. Et pourtant, j’ai mis beaucoup trop de temps à le comprendre. Car j’ai été, je l’avoue, un ergoteur. Un obstineux. Celui qui feint l’ouverture, mais qui, en réalité, souhaite secrètement mettre en échec la personne à qui il s’adresse. Celui qui, avec un mélange d’insécurité et d’arrogance, cherche avant tout la phrase assassine, la saillie cinglante, la pique acerbe. Celui qui balance aussi passivement qu’agressivement des énormités, puis qui s’étonne des réactions qu’il suscite (« C’est quoi le problème, je fais juste poser des questions ! »). Celui qui défend bec et ongles une position, mais sans trop y croire, pour le pur plaisir de la polémique. Celui qui adopte un ton inutilement combatif et convaincu, mais qui se scandalise dès que l’autre devient émotif. Celui qui interrompt, qui roule des yeux, qui soupire. Celui qui, au fond, veut surtout gagner. Et, oui, je dois aussi l’avouer : celui qui passe beaucoup trop de temps sur Twitter et Facebook à s’immiscer dans des débats stériles, non pas pour réfléchir et évoluer, mais pour marquer des points ou, par voyeurisme, pour guetter les réactions qu’il suscite. Pour tout dire, j’ai été celui qui consacre toutes ses énergies à toujours avoir raison, ou du moins à en avoir l’air aux yeux d’autrui, et qui fait ainsi passer son ego avant son caractère intellectuel. Le problème avec l’obstineux que je fus naguère, ce n’est pas simplement qu’il pouvait être désagréable ou manquer de civilité : le problème, c’est que ses défauts faisaient carrément obstacle à la connaissance elle-même, en radant quasi impossible tout progrès ou toute compréhension mutuelle. J’étais loin d’être seul, et loin d’être le pire, mais j’ai trop longtemps joué dans ce mauvais film. » DESROSIERS, Martin, 1. L’obstineux et le philosophe, L’art de ne pas toujours avoir raison, Leméac Éditeur, Montréal, 2024, pp. 12-13.

Article # 133 – Les essentiels : Vous reprendrez bien un peu de philo ?, Pierre Soubiale, Éditions First, 2020

Le livre « Vous reprendrez bien un peu de philo ?  » du professeur de philosophie Pierre Soubiale remplis toutes ses promesses. J’ai bien ri à la lecture des « 10 situations cocasses pour (enfin) tout comprendre » mises en scène par l’auteur avec une grande imagination. Et comment ne pas souligner le talent de Pierre Soubiale dans son écriture et son humour. Je classe ce livre, unique en son genre, parmi « Les essentiels », comme l’un des meilleurs livres de vulgarisation de la philosophie.

Article # 134 – Développer son esprit critique face au monde de la désinformation, Gérald Bronner, vidéos de la conférence

L’ère des infox et des « vérités alternatives » menace ce qu’il y a de plus précieux dans les sociétés humaines : la possibilité du débat constructif. L’une des solutions possibles les mieux identifiées par la science contemporaine à cette situation préoccupante est que chaque citoyen puisse affiner son jugement face à ce déferlement d’informations : développer son esprit critique. C’est ce que propose ce séminaire gratuit et ouvert à toutes et tous en Sorbonne, grâce au soutien de la Fondation Descartes.

Article # 135 – Débattre avec décence, Louis Cornellier, Opinion – Chronique, Le Devoir, 9 novembre 2024

« Nous sommes généralement convaincus d’avoir raison de penser ce que nous pensons. C’est normal. Dans le cas contraire, nous changerions d’idée. Personne ne veut être irrationnel. C’est la raison pour laquelle il est difficile de convaincre autrui. » (CORNELLIER, Louis, Débattre avec décence, Opinion – Chronique, Le Devoir, 9 novembre 2024). / Cette citation est le premier paragraphe de « Débattre avec décence » publié par le quotidien LE DEVOIR dans la section Opinion/Chronique et signée par Louis Cornellier, chroniqueur (Présence Info, Jeu), essayiste et poète, enseignant de la littérature au collégial.

Article # 136 – Une fausse citation de Carl Gustav Jung circule sur le web francophone

Cette citation « Les crises, les bouleversements, la maladie ne surgissent pas par hasard. Ils nous servent d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie. » attribuée à Carl Gustav Jung est fausse.

Article # 137 – Le thérapeute et le philosophe – Atteindre un but par le non-agir, Dany Gerbinet, Enrick B. Éditions, 2017

La psychologie, c’est bien connu, s’inspire de tout ce qu’elle peut trouver pour développer sa pratique clinique. Dans le cas de ce livre, l’auteur Dany Gerbinet, psychothérapeute  et clinicien adepte de la thérapie stratégique issue de l’école de Palo Alto, trouve un appui dans l’antique philosophie chinoise Yi Jing et dans la conception du « non-agir » développé par le taoïsme. Aussi, il fait des travaux de Gregory Bateson, anthropologue, psychologue, épistémologue américain et père fondateur de l’approche systémique, « le fil conducteur de ce livre ». Bref, il s’agit avant tout d’un livre de psychologie et non pas de philosophie. La philosophie demeure un simple référence, du moins à mes yeux. Mes lecteurs savent que je ne suis pas un adepte de la psychologie, loin de là. J’ai donc lu ce livre à reculons, c’est-à-dire avec un préjugé défavorable, mais tout de même jusqu’à la dernière page, question de donner une chance au coureur jusqu’à la fin du parcours.

Article # 138 – Penser contre soi-même, Nathan Devers, Éditions Albin Michel, 2024

« Penser contre soi-même » de Nathan Devers m’a ravi autant par son écriture, son caractère autobiographique et les propos au sujet de la philosophie. Une écriture poétique, pleine de métaphores, à prendre au pied de la lettre, qui donnent des ailes à l’imagination, au récit de vie de cet auteur qui m’a pas encore trente ans. Je me range avec ceux et celles qui voient en Nathan Devers un auteur de grand talent. « Penser contre soi-même » est une prouesse littéraire autobiographique comme je les aime et beaucoup trop rare. Autobiographique de la vie quotidienne de l’âme et de l’esprit de l’auteur. Une histoire de ses pensées, de leur stagnation et de leur évolution, d’aboutissement en aboutissement, d’étonnement en étonnement, de détermination en détermination, d’hésitation en hésitation, de croyances, de doutes… et finalement de philosophie en philosophie.

Article # 139 – La liberté, c’est notre destin ! La philosophie antique aux cœur des débats actuels, Pierre Laurendeau, Presses de l’Université Laval, 2013

Ce livre s’inscrit en lien direct avec la philosophie pratique appliquées à notre vie de tous les jours, à notre mode de vie ou notre manière de vivre, et, plus spécifiquement à notre implication dans les débats actuels, en remontant aux philosophes de l’Antiquité. / Le titre, « La liberté, c’est notre destin ! » projette à l’avant scène la dualité de nos vies. Sommes-nous à la fois libres et déterminés ? Au premier abord, la liberté exclue que nous soyons entièrement déterminés et le destin exclue que nous soyons entièrement libres.

Article # 140 – Philosophical Praxis, Origin, Relations, and Legacy, Gerd B. Achenbach – Translated by Michael Picard, Lexington Books, 2024

J’ai lu pour vous « Philosophical Praxis — Origin, Relations, and Legacy » par Gerd B. Achenbach,fondateur de la philosophie pratique en 1981. Ce recueil de textes traduit de l’allemand à l’anglais par Michael Picard est enfin disponible depuis 2024. Ce livre est LE GUIDE ESSENTIEL de la philosophie pratique.

Article # 141 – Les quatre accords toltèques, Don Miguel Ruiz, Les éditions Jouvence, 2024

Habituellement, je ne penche pas sur tels livres de développement personnel. Je les remets en cause en donnant la parole à des auteurs et leurs œuvres critiques de cette discipline. L’auteur de « Les quatre accords toltèques », Don Miguel Ruiz, donne à son œuvre le sous-titre « La voie de la liberté individuelle », la voie à emprunter pour contrer « Le processus de domestication » qui nous conditionne. Je perçois dans les propos de Don Miguel Ruiz son propre conditionnement en raison de son manque de recul devenu inutile sous la dérive du biais de généralisation à outrance.

Article # 142 – Le 5e accord toltèque, Don Miguel Ruiz et José Luis Ruiz, Les éditions Jouvence, 2029

J’ai lu « Le 5e accord toltèques » à la suite de « Les quatre accords toltèques » (voir mon rapport de lecture de ce dernier). Je les ai achetés ensemble, question d’avoir déjà en main la suite au cas où… Et ce, malgré que je suis très loin d’être un fan du développement personnel. « Le 5e accord toltèques » est une vraie farce, une attrape, un piège. / Ce rapport de lecture se base uniquement sur le « Chapitre 8 – Le pouvoir du doute » qui révèle le cinquième accord toltèque. Je le reproduis ci-dessous avec mes commentaires.

Article # 143 – Philosophie pratique en France / Pourquoi créer une association nationale ?

L’absence d’une association nationale des philosophes consultants/praticiens en France cause de sérieux préjudices au développement, à la crédibilité et à la reconnaissance de la philosophie pratique auprès des institutions et de la population. / Le premier de ces préjudices concerne les échanges collectifs entre les philosophes consultants. La philosophie pratique ne saurait être une cause individuelle évoluant en vase clos. Le partage des expériences sur le terrain entre les philosophes consultants dans un cadre associatif formel permet non seulement de les solidariser mais aussi et surtout d’analyser les succès et les échecs avec la force du nombre dans une prise de recul essentielle.

Article # 144 – « la philosophie au bac est-elle devenue un banal commentaire intellectualisé de l’actualité? »

Voici un extrait de l’article-entretien paru sous le titre « « On privilégie la critique sociale, les sciences humaines » : la philosophie au bac est-elle devenue un banal commentaire intellectualisé de l’actualité? » sous la plume de Victoire Lemoigne dans la section « Langue française » du quotidien français LE FIGARO et traitant de l’examen de philosophie de la fin des études secondaires (lycée) en France (BAC philo). / LE FIGARO. – Les sujets de philosophie au baccalauréat semblent très ancrés dans l’actualité : vérité et réseaux sociaux, avenir de la technique… Ce n’est pas la première fois. Que cela révèle-t-il, selon vous, de l’évolution de la philosophie dans l’enseignement ? / Michel BOYANCÉ. – Une tendance de fond. Dès les années 2000, un projet de réforme avait pour but de supprimer la philosophie en tant que telle, pour la remplacer par une forme prolongée d’éducation civique. Ce projet a été abandonné, car la tradition française de la philosophie comme discipline autonome, à la recherche de principes, est restée très forte. Mais cette spécificité s’efface peu à peu, et la philosophie tend à n’être qu’un relais des sciences humaines et sociales, celles-ci fournissant la matière première, la philosophie étant un prolongement questionnant et conceptualisant.

Article # 145 – La pensée joyeuse, J’aime penser, Serge-André Guay

La philosophie se vit dans la joie voire l’euphorie de l’étonnement. Être étonné, c’est comprendre sans effort dans la lecture, dans la réflexion personnelle ou dans la discussion. Le fameux « Ah ! Là je comprends » vient alors à l’esprit pour autant que ce dernier soit libre et dans le moment présent. Je traite de la question dans le chapitre LA PENSÉE JOYEUSE de mon livre  J’AIME PENSER (Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison – Essai et témoignage de gouvernance personnelle). Vous trouverez ci-dessous le texte intégral du chapitre LA PENSÉE JOYEUSE.

Article # 146 – La pensée heureuse, J’aime penser, Serge-André Guay

La philosophie se vit dans la joie voire l’euphorie de l’étonnement. Être étonné, c’est comprendre sans effort dans la lecture, dans la réflexion personnelle ou dans la discussion. Le fameux « Ah ! Là je comprends » vient alors à l’esprit pour autant que ce dernier soit libre et dans le moment présent. Je traite de la question dans le chapitre LA PENSÉE JOYEUSE de mon livre  J’AIME PENSER (Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison – Essai et témoignage de gouvernance personnelle). Vous trouverez ci-dessous le texte intégral du chapitre LA PENSÉE JOYEUSE.

Article # 147 – La pensée certaine, J’aime penser, Serge-André Guay

Pour tirer le bénéfice du doute – Il fut un temps où la pensée était certaine uniquement si les autorités religieuses la cautionnaient. Nous sommes au Moyen Age. À cette époque, un homme avait raison que si l’église lui donnait raison. Les autorités religieuses s’étaient attribuées le monopole de toute certitude en se donnant le titre de représentantes suprêmes de Dieu sur Terre. / Parlons-en de la Terre. Un homme avait beau se lever et démontrer que la Terre n’était pas au centre de l’univers d’après de savantes observations, si les autorités religieuses ne lui donnaient pas raison, il avait tort et la Terre demeurait au centre de l’univers. Un autre pouvait bien prouver que la Terre était ronde comme une orange et non pas plate comme une assiette, selon de savants calculs, si l’église préférait ses raisons de croire la Terre plate, l’homme avait tort et devait se taire.

Article # 148 – La pensée initiatique, J’aime penser, Serge-André Guay

Pour partager le sens caché – La pensée initiatique nous introduit au sens caché de la vie, du monde et des choses, visibles et invisibles. Pour ce faire, elle nous éveille à des dimensions secrètes, difficiles d’accès à la pensée quotidienne. Elle agit sur nous principalement par révélation d’une connaissance ou d’une explication jusque-là inconnue et souvent insoupçonnée. En général, cette révélation s’opère de façon brusque ou instantanée et tout à fait gratuitement, c’est-à-dire sans effort particulier de notre part. Ainsi, la nouvelle connaissance ou explication s’impose à nous et nous la comprenons sur-le-champ, comme si un éclair venait de traverser notre esprit. Grâce à cette nouvelle compréhension, nous ne verrons plus jamais la vie, le monde ou les choses de la même manière. Nous profitons désormais d’une conscience élargie.

Article # 149 – La lumière entre par les failles, Serge-André Guay

Ce document se veut une remise en question de la méthode du dialogue socratique utilisée par leader français de la philosophie pratique, Oscar Brenifier. La mise en pratique de cette méthode m’apparaît dogmatique, rigide et provocatrice au point de manquer de respect au client, à la fois dans son Être raisonné et dans son Être émotionnel.  Cette remise en question applique le droit fondamental du client énoncé par Anette Prins-Bakker, praticienne en consultation philosophique, dans « Practical Daydreaming » publié dans l’édition du Journal Filosofie de mai 1996 : « Dans son article  »Practical Daydreaming » publié dans le Journal Filosofie de mai 1996, Anette Prins-Bakker décrit la liberté dans la pratique philosophique. Voici ma traduction libre de cet article : « La plus grande liberté possible se trouve dans la pratique philosophique, car un client peut toujours soulever des objections concernant les points de départ ou les méthodes philosophiques utilisées par un praticien.»[14]

Article # 150 – Journée mondiale de la philosophie, 20 novembre 2025

Célébrée chaque année à l’échelle planétaire depuis 2002, le troisième jeudi du mois de novembre, la Journée mondiale de la philosophie passe une fois de plus sous silence au Québec cette année. J’ai nettement l’impression que le Québec est un désert philosophique avec une oasis ici et là.

Article # 151 – « Connais-toi toi-même » avec ton historiographie

Rien de mieux que l’écriture pour se connaître soi-même. Une historiographie de votre vie vous sera très utile pour vous situer dans le temps selon votre année de naissance, votre âge, votre occupation principale, quelques informations additionnelles et l’actualité du moment dans le monde. J’ai fait cet exercice pour dresser un portrait fidèle de ma vie scolaire et professionnelle et je vous l’offre en téléchargement libre et gratuit. Je vous offre aussi gratuitement un exemple vierge à compléter en format WORD ou PDF.

C’est en référence à mon historiographie que j’ai pu écrire mon autobiographie professionnelle. Je vous l’offre aussi gratuitement.

Article # 152 – L’histoire de la philosophie, l’histoire des sciences et la philosophie de l’histoire de la philosophie, Jacques Bouveresse

1. La philosophie et son passé – Dans l’introduction du livre qu’il a publié en 1978, en collaboration avec Michael Ayers et Adam Westoby, Philosophy and its Past, Jonathan Rée commence, de façon compréhensible et prévisible, par insister sur le fait que la philosophie entretient avec son histoire une relation qui est d’un type tout à fait spécifique et bien différente de celle que les sciences ont avec la leur…


Statistiques du premier jour (1er janvier 2023) au 28 décembre 2025


Article # 153 – Référence : Sortir de la philosophie, Patrick Bazin, Lire le monde, Livres Hebdo, 2 décembre 2025

Alors que les « philosophes » médiatiques séduisent par un discours généraliste, signe d’une philosophie épuisée à l’ère des sciences cognitives et du numérique, les bibliothèques, en tant lieux de la pensée collective, apparaissent plus essentielles que jamais pour guider une société immergée dans l’information.

Article # 154 – Référence : Les psychédéliques – La chimie de la pleine conscience, Le Précepteur

“Les psychédéliques ont la réputation d’ouvrir les portes de la conscience. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? Se pourrait-il que ce que nous percevons ne soit qu’une version parmi d’autres de la réalité ? Étudier les effets de ces substances, c’est explorer la conscience humaine elle-même, la manière dont nous construisons la réalité, et la question de ce que nous appelons « vérité ».”

Article # 155 – Que veut dire penser ? Arabes et Latins, Jean-Baptiste Brenet, Rivages poche – Petite Bibliothèque, 2025

Ce livre intéressera ceux et celles préoccupés par l’évolution de la philosophie à travers les différentes traductions des écrits grecques anciens en arabe, puis en latin et enfin en français. Le titre doit se lire comme suit : “QUE VEUT DIRE PENSER selon les Arabes et les Latins” ou, selon l’IA ChatGPT, “Que voulait-on dire quand on disait “penser” au Moyen Âge, en arabe et en latin ?” La chaîne de traduction des écrits des philosophes grecques de l’Antiquité (Platon, Aristote…) vers le français suit deux chemins différents : 1. Grec — Latin — Français; 2. Grec — Arable — Latin — Français. Il est donc aisé d’imaginer l’influence culturelle des langues lors de ces traductions. Chaque langue forme un esprit différent avec ses propres conceptualisations et sa propre culture.

Article # 156 – Vivre – La psychologie du bonheur, Mihaly Csikszentmihalyi, Pocket, 2006

J’ai lu pour vous un livre de psychologie et ce ne sera pas une habitude. Vivre – La psychologie du bonheur par Mihaly Csikszentmihalyi chez Pocket éditions, paru en 2006. Une traduction française de « Flow : The psychology of optimal experience » par les Éditions Robert Laffond, S.A., Paris, 2004). NOTE IMPORTANTE : Je ne suis pas un fan de la psychologie en raison de manque évident de scientificité. La psychologie demeure à classer parmi les sciences inexactes ou fausse science. Ma position anti-psychologie se développe dans les années 1980 à la suite de ma lecture du livre SÉDUCTION PSYCHOLOGIQUE – L’ÉCHEC DE LA PSYCHOLOGIE MODERNE du psychologue WILLIAM KIRK KILPATRICK.

Article # 157 – La philosophie c’est pour vous aussi, Charles Robin, le précepteur, Larousse, 2025

Enfin ! Un livre de philosophie facile à comprendre ! LA PHILOSOPHIE C’EST POUR VOUS AUSSI de CHARLES ROBIN. Cet homme excelle dans la vulgarisation de la philosophie. Je le reconnais même comme le Grand Maître de la vulgarisation philosophique. À ce titre, on comprend aisément que son auditoire compte plus d’un million d’abonnés sur YouTube et d’autres plateformes de diffusion de ses podcasts. Il atteint sans détour son objectif à chacune de ses interventions : « Donner matière à penser ». Le premier chapitre en extrait ci-dessus démontre tout le talent de ce « précepteur » dans l’enseignement populaire de la philosophie.

Article # 158 – Définitions et rôles : âme, conscience, esprit, intellect et spirituel

Âme – Conscience – Esprit – Intellect – Spirituel : EXPÉRIENCE DE DÉFINITION AVEC L’IA ChatGPT – Quelle est la différence épistémologique entre âme, esprit, intellect, conscience et spirituel?

Article # 159 – La philosophie comme solution au mal de vivre, Julie Tremblay, Presses de l’Université Laval, 2013

Julie Tremblay, détentrice d’un maîtrise en philosophie de l’Université Laval (Québec, Québec), nous offre LA PHILOSOPHIE COMME SOLUTION AU MAL DE VIVRE réunissant ses réflexions et son témoignage. Elle inscrit son œuvre dans le courant des NOUVELLES PRATIQUES PHILOSOPHIQUES. Ce livre est lourd et je saurais le recommander à une personne au prise avec le mal de vivre. Le témoignage de l’auteure ne me pose pas de problème et, en tout respect, il m’impose l’absence de tout jugement de son vécu. En revanche, je soumets à ma critique les leçons qu’elle tire de sa « quête de sens » et les conseils qu’elle promulgue.

Article # 160 – S’étonner d’être – L’éveil à la joie d’être conscience, Alexandre Quatanta, Édidion Accarias – L’Originel, Paris, 1999

Ce livre ne se présente pas pour ce qu’il est. Rien en première et en quatrième de couverture nous informe que l’auteur se concentre sur la philosophie orientale, notamment, la philosophie indienne. J’ai acheté ce livre en raison de son titre : « S’étonner d’être ». Reconnu comme la source de la philosophie, l’étonnement demeure un sujet de premier ordre dans l’Amour de la sagesse (« Aristote : La philosophie commence dans l’étonnement). Quant à « être », il s’offre comme un sujet de prédilection pour bon nom de philosophe. Le titre avait donc tout pour motiver mon achat de ce livre. Le sous-titre aussi a attiré positivement mon attention, « L’éveil à la joie d’être conscience », puisque j’ai déjà éprouvé une telle joie.

Article # 161 – La liberté ne rend pas la vérité

J’ai demandé à ChatGPT de commenter l’affirmation « La liberté ne rend pas la vérité?». Introduction – La question du lien entre liberté et vérité traverse l’histoire de la philosophie. La formule « La liberté ne rend pas la vérité » exprime l’idée que la simple liberté de penser ou de s’exprimer ne garantit pas que ce qui est cru ou exprimé soit vrai.

Article # 162 – Le rêve de lumière d’un enfant

Âgé de sept ans, j’ai rêvé être dans une pièce aux dimensions d’un cube. Une pièce vide, sans meuble et sans décoration. Tous les côtés – plafond, plancher, et murs – étaient de couleur blanche. Je me tenais là au milieu de la pièce, face à l’un des murs. Je distinguais au centre de ce mur une petite porte. Intrigué, je me demandais si cette petite porte donnait sur une armoire, sur une fenêtre…

Article # 163 – Hommage à Claude Collin, professeur de philosophie, pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial (Québec)

LIVRE NUMÉRIQUE GRATUIT – EBOOK GRATUIT – Ce document offert en libre téléchargement (PDF) – Ce document comprend les écrits pédagogiques de Claude Collin (1925 – 2018) hébergés sur le site web du Cégep du Vieux-Montréal et archivé par Internet Archive.

Claude Collin a développé une position didactique dite « expérimentale », centrée sur l’expérience philosophique et sur le processus de penser plutôt que sur un simple apprentissage technique de contenus. L’idée est de concevoir l’enseignement de la philosophie non pas comme une succession d’exercices formels, mais comme une mise en situation réflexive où l’étudiant engage son expérience intérieure et son rapport au sens philosophique.

Ce point de vue, longtemps marginal dans les programmes collégiaux, s’inscrit dans une critique générale de l’éducation qui cherche à donner du sens à l’acte de philosopher plutôt qu’à en faire un ensemble de compétences mesurables ou un simple savoir transmis.

Article # 166 – Lettre – Le Québec, un désert philosophique, Le Devoir, 21 novembre 2025

Célébrée chaque année à l’échelle planétaire depuis 2002, la troisième jeudi du mois de novembre, la Journée mondiale de la philosophie passe une fois de plus sous silence au Québec cette année. J’ai nettement l’impression que le Québec est un désert philosophique avec une oasis ici et là.

Pourquoi nos professeurs de philosophie ne prennent-ils pas d’assaut la scène publique et médiatique à l’occasion de cet événement ? Pourtant, ils craignent sur la mobilisation populaire lorsque l’enseignement de la philosophie au collégial se voit remis en cause.


Section Hommage à Claude Collin

Pionnier québécois des nouvelles pratiques philosophiques

Article # 167 – Nouvelle édition gratuite : L’expérience philosophique, essai de didactique expérimentale, Claude Collin, nouvelle édition Hommage

Pendant que des efforts considérables s’effectuaient dans le sens d’une recherche fondamentale, nous avons cru nécessaire d’attirer l’attention sur les possibilités d’une recherche scientifique portant sur les conditions psychopédagogiques de l’enseignement de la Philosophie, tout en respectant les objectifs lointains d’une démocratisation de l’enseignement. De ce point de vue, il s’agissait d’édifier et de perfectionner un instrument de travail adapté aux besoins de l’étudiant actuel de sorte qu’il devienne capable d’élaborer sa propre philosophie.

Article # 168 – Nouvelle édition gratuite : Initiation philosophique en quatre leçons, Claude Collin, Éditions Le Griffon d’argile, 1994

Philosopher ne consiste pas d’abord à apprendre des doctrines, mais à entrer dans un travail de pensée.

C’est à cette expérience que Claude Collin convie l’étudiant dans ce court ouvrage devenu classique de la didactique philosophique québécoise.

Issu de plus de vingt années de recherche et d’enseignement au collégial, ce livre propose une démarche rigoureuse et accessible pour passer de la pensée spontanée à la pensée réfléchie. En quatre leçons, l’auteur met au jour les opérations mentales fondamentales de l’activité philosophique : clarifier une expérience, analyser les concepts, formuler un problème, construire une synthèse. La philosophie y apparaît non comme un savoir à mémoriser, mais comme une pratique intellectuelle à exercer.

Article # 169 – Hommage au pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial, Claude Collin (1925 – 2018)

Claude Collin (1925 – 2018) a développé une position didactique dite « expérimentale », centrée sur l’expérience philosophique et sur le processus de penser plutôt que sur un simple apprentissage technique de contenus. L’idée est de concevoir l’enseignement de la philosophie non pas comme une succession d’exercices formels, mais comme une mise en situation réflexive où l’étudiant engage son expérience intérieure et son rapport au sens philosophique.

Ce point de vue, longtemps marginal dans les programmes collégiaux, s’inscrit dans une critique générale de l’éducation qui cherche à donner du sens à l’acte de philosopher plutôt qu’à en faire un ensemble de compétences mesurables ou un simple savoir transmis.

Article # 170 – L‘enseignement de la philosophie,  Claude Collin*, Société Canadienne de Philosophie, 2008

Cet article porte sur l’enseignement de la philosophie. Il décrit et analyse une remise en question radicale des principaux éléments pédagogiques relatifs à cet enseignement, suite à la création d’un Ministère de l’Éducation au Québec en 1964. Parmi les multiples essais tentés par les professeurs afin de rendre cet enseignement accessible, mesurable et efficace, ce document s’arrête sur un essai de didactique scientifique qui ramène la problématique de l’enseignement philosophique au passage de l’expérience vécue commune à l’expérience philosophique achevée. La méthode utilisée dans l’élaboration de cette didactique s’inspire de la méthode de Raymond Buyse, qui repose sur la notion de fait pédagogique.

Article # 171 – Le test de PERPE/ PHILO et la problématiquede l’enseignement de la philosophie par Claude COLLlN et S.A. OSANA, Prospectives, Volume 7, Numéro 5, 1971

Le « Test PERPE/Philo » (Perceptions des Étudiants de la Relation Pédagogique et de son Efficacité, version Philosophie) représente l’aboutissement technique et scientifique de la démarche de « Claude Collin » et de l’« Institut de recherches didactiques de Laval ».

Ce test n’est pas un simple questionnaire de satisfaction, mais un instrument de mesure psychopédagogique rigoureux conçu pour transformer l’enseignement de la philosophie au collégial en une science expérimentale.

Article # 172 – Intervention de Claude Collin au XVIIe Congrès mondiale de la philosophie, Montréal, 1983

Il y a quelques années le Département de Philosophie du Cégep du Vieux-Montréal effectuait une recherche sur les problèmes pédagogiques tels que perçus par les étudiants et les professeurs. Les résultats révèlent une concordance sur au moins deux points : le langage et le type de réflexion exigés en philosophie constituaient les difficultés les plus constantes tant du point de vue des étudiants que des professeurs.

Article # 173 – Communiqué de presse – Hommage à Claude Collin (1925 – 2018), professeur de philosophie, pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial

(2 mars 2026, Lévis, Québec) La Fondation littéraire Fleur de Lys en collaboration avec l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques rend hommage à Claude Collin (1925 – 2018), professeur de philosophie (Cégep du Vieux-Montréal), pour sa contribution à la didactique de l’enseignement de la pensée critique dans le cadre des cours de philosophie au collégial.

Article # 174 – Communiqué de presse – Rééditions de deux des essais de Claude Collin (1925 – 2018), professeur de philosophie, pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial

(9 mars 2026, Lévis, Québec) La Fondation littéraire Fleur de Lys en collaboration avec l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques réédite deux des essais de Claude Collin, (1925 – 2018), professeur de philosophie (Cégep du Vieux-Montréal). Reconnu pour sa contribution à la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial, le professeur Collin a publié quatre essais introuvables aujourd’hui.

Article # 175 – Revue de presse – Claude Collin (1925 – 2018), professeur de philosophie, pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial

Avant de vous présenter les distingués orateurs qui composent cet atelier, puis-je rappeler que les responsables du Congrès ont jugé bon de constituer trois ateliers sur l’Enseignement de la Philosophie. Cela s’imposait non seulement en raison du thème général du congrès, lequel implique nécessairement la problématique de l’enseignement de la philosophie comme transmission et développement de la culture; non seulement aussi en raison de l’urgence des problèmes pédagogiques reliés à l’évolution culturelle de notre société; mais encore en raison de l’intérêt manifesté par l’abondance, la qualité et la diversité des communications reçues.

Article # 176 – Nouvelle édition gratuite : L’enseignement de la philosophie, essai de didactique expérimentale, Claude Collin, nouvelle édition Hommage

Afin de donner à l’enseignement de la philosophie, au niveau des Collèges d’Enseignement Général et Professionnel (CEGEP), un peu de crédibilité et d’objectivité, et en vue de contribuer, d’autre part, à l’effort commun qui se fait dans le domaine de l’enseignement de cette discipline à travers tout le Québec depuis la réforme de l’Éducation au début des années 60, nous nous sommes assigné la tâche de concilier deux tendances qui, jusqu’à présent, étaient antagonistes, et qui pourraient, à la condition d’être bien comprises, contribuer grandement à la solution des problèmes pédagogiques dans nos écoles.

Article # 177 – Réaction de Claude Collin, professeur de philosophie, au Rapport du Comité d’étude des cours communs à tous les étudiants du CEGEP (1970)

Depuis la fondation des CEGEP, les cours communs n’ont pas été sans susciter certaines inquiétudes. On s’interrogeait sur leur utilité, leur pertinence, leur valeur pédagogique et sociale. Les autorités provinciales, les CEGEP et pratiquement tous les professeurs de cours communs, ont saisi l’ampleur du problème. Ils ont fait des propositions pertinentes et sont allés jusqu’à proposer et mettre en pratique certaines solutions du problème.

Article # 178 – Quelle serait l’opinion de Claude Collin au sujet de l’enseignement de la philosophie au cégep de nos jours ?

Imaginer l’opinion de Claude Collin (1921-2012) sur les cours de philosophie actuels au cégep nécessite de mettre en résonance sa pensée — axée sur la « dialectique du vécu » et la recherche d’une philosophie authentique — avec les réalités pédagogiques de 2024.

Article # 179 – Claude Collin et « l’expérience philosophique »

Le concept d’« expérience philosophique » tel qu’il est compris dans le contexte québécois et dans les travaux de Claude Collin n’est pas une simple notion abstraite ; c’est le cœur d’une révolution pédagogique qui s’est opérée au moment de la création des cégeps.

Article # 180 – Claude Collin et les Nouvelles Pratiques Philosophiques

Pour situer Claude Collin dans le paysage actuel des Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP), il faut le voir comme un précurseur visionnaire qui, dès les années 70, pratiquait déjà ce que nous appelons aujourd’hui la « philosophie de proximité » ou la « philosophie hors les murs ».

Article # 181 – L’adjectif comme révolution : Pourquoi Claude Collin a choisi le « Philosophique » plutôt que la « Philosophie »

Parler de Claude Collin, c’est s’aventurer dans une grammaire de l’éveil. Pour celui qui a révolutionné l’enseignement collégial au Québec, le choix des titres de ses œuvres majeures — L’expérience philosophique (1978) et Initiation philosophique en quatre leçons (1982) — ne relève pas de la coquetterie stylistique. En refusant les prépositions « de la » ou « à la », Collin opère un basculement sémantique qui définit toute sa pédagogie clinique.

Article # 182 – Rapport de lecture : L’expérience philosophique, Claude Collin, Bellarmin, Montréal, 1978

L’histoire officielle récente des Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP) remonte au début des années 1980 avec le philosophe allemand Gerd B. Archenback. Or, le véritable précurseur des Nouvelles Pratiques Philosophiques est nul autre qu’un Québecois : le professeur de philosophie au Cégep du Vieux-Montréal (Collège d’Enseignement Général et Professionnel), Claude Colin (1925 – 2018). Au début des années 1970, Monsieur Collin innove une nouvelle pratique philosophique avec sa didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial.

Article # 183 – Introduction à l’Hommage à Claude Collin, pionner des nouvelles pratiques philosophiques

L’Essence de la Méthode Collin — « Pour apprendre à réfléchir à la façon d’un philosophe, l’étudiant doit être capable de maîtriser ces opérations [Information, Analyse, Vérification]. Un agencement de ces trois procédés est le plus sûr moyen de lui permettre de s’élever à une pensée qui soit digne de la philosophie. » — Claude Collin, 1977

Article # 184 – Nouvelle édition hommage gratuite : Méthode de recherche philosophique, Claude Collin, Griffon d’argile, 1990

Nous sommes habitués d’utiliser notre « bon sens » pour solutionner les problèmes de la vie de t0hS les jours, pour surmonter les contraintes qu’e e nous impose, à la lumière de l’information concrète dont nous pouvons disposer. Or ce « bon sens » est une forme d’intelligence essentiellement orientée vers la pratique, le monde de l’apparence, e concret. Notre pensée et notre discours sont que toujours spontanés et demeurent vagues et imprécis ; nous ne sentons pas le besoin d’aller plus loin dans la réflexion. / En évoluant ainsi, au niveau du sens commun, nous sommes solidaires de notre milieu, de notre époque… Mais est-ce vraiment suffisant? N’aurions-nous pas intérêt à prendre un certain recul? À regarder les choses de plus haut, dans une perspective plus profonde?

Article # 185 – La collection des quatre essais de Claude Collin en libre téléchargement – Nouvelles édition hommage

Les quatre essais de Claude Collin

Initiation philosophique en quatre leçons, Claude Collin, Éditions Le Griffon d’argile, 1994

L’expérience philosophique, essai de didactique expérimentale, Claude Collin, Montréal, Bellarmin, 1978

L’enseignement de la philosophie, essai de didactique expérimentale, Claude Collin, Montréal, Bellarmin, 1974

COLLIN, Claude, Méthode de recherche philosophique, Griffon d’argile, 1990.

Article # 186 – Claude Collin et l’enseignement de la philosophie aujourd’hui dans nos Cégeps

Pourquoi consacrer aujourd’hui un dossier majeur à l’œuvre de Claude Collin, ce professeur québécois dont les travaux sur la didactique de la philosophie ont marqué le paysage intellectuel des années 70 et 80 ? La réponse ne se trouve pas dans la nostalgie, mais dans les statistiques criantes de notre époque.

En juin 2024, le rapport gouvernemental « Regards croisés » jetait une lumière crue sur l’enseignement de la philosophie au collégial : un premier cours qui agit comme un goulot d’étranglement pour la réussite, un manque flagrant de recherche en didactique, et surtout, un constat d’échec pour l’enseignement magistral traditionnel, qui augmenterait de 50 % les risques d’abandon. Face à cette impasse, le Ministère appelle désormais à un « apprentissage actif » et à une quête de « sens » pour l’étudiant.

Article # 187 – Communiqué de presse – Hommage à Claude Collin, pionnier de la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial

(23 mars 2026, Lévis, Québec) La Fondation littéraire Fleur de Lys en collaboration avec l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques a complété la réédition hommage en libre téléchargement des quatre essais de Claude Collin, (1925 – 2018), professeur de philosophie (Cégep du Vieux-Montréal). Reconnu pour sa contribution à la didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial, le professeur Collin a publié quatre essais introuvables aujourd’hui.

Article # 188 – L’enseignement de la philosophie émancipe-t-il ? sous la direction de Laurence Manesse Césarini, L’Harmattan, 2011

« Si l’ouvrage dirigé par Laurence Manesse Césarini offre une radiographie précise des tensions éthiques du métier d’enseignant, il semble néanmoins s’enfermer dans une posture de dénonciation systématique. En plaçant l’émancipation dans un « ailleurs » utopique, hors des contraintes de l’État et de la culture, les auteurs risquent de perdre de vue l’essentiel : la philosophie est une pratique située. Vouloir une pensée « hors du temps » ou « hors du système » est une illusion. Le véritable discernement consisterait à se demander comment habiter notre époque et nos institutions pour y faire germer une pensée utile et ancrée, plutôt que de se limiter à un blâme récurrent du cadre qui nous contient. »

Article # 189 – Philosopher mode d’emploi, Les 5 structures élémentaires de la philosophie, Guillaume Pigeard De Gurbert, Armand Collin, 2026

Ce livre n’est plus ni moins qu’une analyse des structures reconnues par l’auteur dans les textes historiques des différentes philosophies de Platon à aujourd’hui. S’il s’agit d’un mode d’emploi et même si l’auteur réduit le tout à cinq structures qu’il qualifie d’essentielles, il se compare à un mode d’emploi d’assemblage des sections, des sous-sections et sous sous sections d’un meuble Ikea. Une fois assemblée, on n’y pense plus si ce n’est que ce fut très compliqué.

Article # 190 – Les grandes questions à la lumière du bon sens et de la raison, René Lavernhe

Cet article est une proposition de René Lavernhe (1936 – ). Marié et père de famille, il a exercé le métier d’instituteur puis de professeur de collège dans le Cantal. Il est actuellement retraité. Les propos tenus par René Lavernhe n’engage en rien l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques.

«Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée.» (Descartes)

«Je festoie et caresse la vérité en quelque main que je la trouve, et m’y rends allégrement, et lui tends mes armes vaincues d’aussi loin que je la vois approcher.» (Montaigne)

Article # 191 – J’ai un problème avec le concept d’obscurité en philosophie

Le concept d’obscurité utilisé en philosophie s’agite avec force dans le dernier livre ajouté à ma bibliothèque et dont j’ai fait rapport de ma lecture :

Article # 189 – Philosopher mode d’emploi, Les 5 structures élémentaires de la philosophie, Guillaume Pigeard De Gurbert, Armand Collin, 2026

Le concept de d’obscurité revient aussi dans le vivre « Qu’est-ce que philosopher » de Jean-Baptiste Brenet (Éditions Payot & Rivages, Paris, 2025). J’ai vite abandonné la lecture par dépit de ce concept d’obscurité.

Article # 192 – La conscience de soi, Louis Lavelle, collection « Les Cahiers Verts, Grasset, Paris,1933

I. La conscience de soi – « La conscience est une petite flamme invisible et qui tremble. Nous pensons souvent que son rôle est de nous éclairer, mais que notre être est ailleurs. Et pourtant, c’est cette clarté qui est nous-même. Quand elle décroît, c’est notre existence qui fléchit ; quand elle s’éteint, c’est notre existence qui cesse. » Source : LAVELLE, Louis. « Chapitre I : La conscience de soi », in La Conscience de soi, Paris, Grasset, coll. « Les Cahiers Verts », n° 18, 1933, p. 1.

Article # 193 – Jean Grondin, À l’écoute du sens, Entretiens avec Marc-Antoine Vallée, Éditions Saint-Martin (coll. Essentiel Bellarmin) Groupe Fides, 2011

La série de cinq entretiens réalisés par Marc-Antoine Vallée lève le voile sur le parcours d’un philosophe québécois qui jouit d’une reconnaissance internationale. Retraçant son itinéraire philosophique, à la lumière de ses recherches sur la tradition herméneutique et ses principaux représentants — Heidegger, Gadamer et Ricœur —, Jean Grondin livre une réflexion passionnante sur quelques-unes des facettes de la grande question du sens. Y a-t-il un sens qui serait immanent à la vie ? Comment l’art et la littérature articulent-ils notre expérience du sens ? Quelle est la contribution de la religion à la réflexion philosophique sur le sens ? Il ressort de ces entretiens un pari sur le sens qui récuse toute réduction nominaliste, constructiviste ou nihiliste du sens à une réalité simplement illusoire, construite ou factice. RAPPORT DE LECTURE À VENIR.

Article # 194 – Postures et impostures de la philosophie pratique

Cet article-dicussion avec l’Intelligence artificielle Gemini et Google s’inspire de la Journée d’étude d’étude organisée par l’association française FAIRE PHILO sous le thème « Postures et impostures et la philosophie pratique.

Article # 195 – L’histoire tragique du québécois Jean-Claude Valfer, consultant en philosophie

Le 27 septembre 2012, la Cour suprême du Canada refuse d’entendre l’appel de Jean-Claude Valfer cherchant à faire reconnaître son statut de « philosophe praticien », confirmant ainsi sa condamnation pour exercice illégal de la profession de travailleur social. Quelques heures après l’annonce de cette décision, M. Valfer décède subitement d’un malaise cardiaque à l’âge de 66 ans, usé par le poids financier et moral de cette saga judiciaire de dix ans.

Article # 196 – L’Empire du Diagnostic : La Médicalisation de l’Existence et la Crise du Sens

L’exercice de la philosophie en cabinet privé ne peut plus faire l’économie d’une réflexion critique sur le cadre sociétal dans lequel il s’inscrit : celui d’une médicalisation généralisée de l’existence. / Si, au siècle dernier, le défi du sujet était de se libérer des dogmes religieux ou des carcans moraux, le défi de l’homme contemporain est de s’arracher à une « religion de la santé » qui transforme chaque repli de l’âme en une catégorie clinique. Pour le philosophe consultant, accorder une attention toute spéciale à ce phénomène n’est pas une simple option intellectuelle, c’est une nécessité déontologique.

Article # 197 – Le statut du philosophe consultant, praticien ou clinicien dans le monde

Alors que la quête de sens devient une urgence au cœur d’une société de plus en plus médicalisée, une figure singulière réémerge dans l’espace public : celle du philosophe praticien. Qu’on le nomme consultant, clinicien ou praticien, cet acteur des « Nouvelles Pratiques Philosophiques » (NPP) propose une alternative radicale au monopole du diagnostic psychologique. Pourtant, derrière la clarté de la démarche s’articule un défi de taille : celui de son statut.

Article # 198 – Quand l’enseignement universitaire de la philosophie pratique exclut la consultation privée

Dans le paysage actuel des universités québécoises, la philosophie pratique s’est taillé une place de choix, mais au prix d’une étrange amputation. Alors que les programmes mettent de l’avant l’éthique de la discussion, la médiation citoyenne et l’intervention au sein des comités d’éthique, une figure historique de la discipline semble systématiquement mise à l’écart des cursus : celle du philosophe consultant.

Article # 199 – L’université en dérive : 99,98 % de la philosophie pratique passée sous silence

J’ai longtemps résisté à me pencher sur ce livre parce que l’Université de Sherbrooke n’offre pas de formations permettant à ses étudiants d’acquérir les compétences nécessaires pour devenir consultants, cliniciens ou praticiens en consultation philosophique. Il n’en demeure pas moins que l’Université de Sherbrooke offre une formation en « philosophie pratique » sans aucun rapport si ce n’est qu’un lien très ténu  avec les « nouvelles pratiques philosophiques ». J’ai relevé cette situation dans mon article Article # 198 – Quand l’enseignement universitaire de la philosophie pratique exclut la consultation privée.

Article # 200 – Lettre ouverte aux étudiants en philosophie : Ne laissez pas l’université murer votre avenir

Chers étudiants(es) universitaires en philosophie pratique

On vous enseigne la philosophie pratique en limitant la discipline à l’éthique et la philosophie politique. Or, une réalité massive vous est cachée : la philosophie pratique est déjà ailleurs.

Dans sa contribution à l’ouvrage collectif La philosophie pratique pour penser la société, le professeur Alain Létourneau prétend identifier le « sens en usage » de la discipline en s’appuyant sur seulement cinq pages Wikipédia de langues différentes. Or, Google ne cumule que 9 079 résultats pour ces pages, soit 0,43 % de l’ensemble des recherches liées aux termes de la pratique. Ce poids tombe à un dérisoire 0,012 % lorsqu’on le compare au volume total de la pratique réelle avec ses institutions et ses têtes d’affiches mondiales totalisant 75 772 790.

Article # 201 – Du monde universitaire à l’action : la pratique philosophique, une profession et un paradigme émergent dans la société contemporaine

La pratique philosophique a émergé en tant que discipline transformative qui fait le lien entre la recherche théorique et la vie quotidienne. Apparu à la fin du XXe siècle, ce domaine intègre le conseil, la thérapie et d’autres applications pratiques des perspectives philosophiques permettant de répondre aux défis existentiels et pragmatiques auxquels sont confrontés les individus, les groupes et les organisations dans la société contemporaine. Cet article examine la définition, l’évolution historique, les bases théoriques et les méthodologies de la pratique philosophique, tout en discutant des perspectives de professionnalisation — y compris la certification, les directives éthiques et l’intégration au sein des systèmes de santé et d’éducation. En fin de compte, cette étude souligne le potentiel de la pratique philosophique à revitaliser la pertinence de la philosophie, à favoriser l’épanouissement personnel et à améliorer le bien-être de la société.

Article # 202 – Le dieu des philosophes et des savants, Régis Jolivet, Paris, Fayard, 1956

EXTRAIT de la CONCLUSION
1. LA PREUVE DE DIEU
1. La croyance. On parle communément de la croyance en Dieu et non de la science de Dieu. Rien n’est mieux fondé que cette manière de s’exprimer, si le mot de croyance désigne essentiellement l’adhésion active donnée à l’objet de l’affirmation, ou, si l’on veut, le redoublement réfléchi de l’affirmation, l’acte par lequel l’esprit se formule à lui-même l’adhésion à un énoncé. On pourrait dire que la croyance, ainsi comprise, se ramène à l’assentiment. Or cet assentiment est requis chaque fois que l’énoncé peut comporter, chez celui qui l’énonce, quelque élément d’incertitude ou de doute, — ou, chez celui à qui il s’adresse, une contestation possible. L’assentiment ou la croyance marquent qu’un choix est à faire entre l’affirmation ou la négation, entre le oui et le non.

Article # 203 – Les imposteurs de la philo, Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau, Le passeur Éditeur, 2019

Au Québec, les imposteurs de la philo dont il est question dans ce livre demeurent inconnus et c’est très bien ainsi. De notre côté de l’Atlantique, la philosophie occupe très peu d’espace dans nos médias. Et je l’ai souligné dans une lettre d’opinion intitulé « Le Québec, un désert philosophique » publiée par le seul et unique quotidien québécois, LE DEVOIR, à faire une place de choix à la philosophie (une fois par mois). Je dénonçais l’absence de nos professeurs de philosophie sur la scène médiatique à l’occasion de la Journée mondiale de la philosophie; une fois par an ne serait pas de trop.

Article # 204 – La santé totalitaire – Essai sur la médicalisation de l’existence, Roland Gori et Marie-José Del Volgo, Denoël, 2005

« Comment peut-on être malade aujourd’hui dans une médecine qui transforme le patient en consommateur, sans souci authentique pour sa souffrance psychique ? L’oubli du malade dans la médecine contemporaine semble être le prix à payer pour des soins toujours plus rationnels et scientifiques. L’exploration du corps humain, le diagnostic précoce des maladies, l’acharnement à les combattre par des traitements douloureux et invasifs, exproprient « pour son bien » le patient de son corps. À travers des protocoles de diagnostic et de soins très standardisés, à travers le contrôle social de nos existences par une surveillance médicale accrue au nom de la santé publique, nos modes de vie se retrouvent toujours plus normalisés. Comment alors restituer au patient sa valeur de sujet et ses droits pour éviter de le transformer en marchandise au profit des industries de santé ? Comment concilier les exigences de la médecine scientifique et sa nécessaire vocation « thérapeutique », c’est-à-dire humaniste ?À partir de son expérience du soin psychique, le psychanalyste a plus que jamais le devoir éthique et politique de mettre en garde contre les dérives de cette médicalisation généralisée et la « passion de l’ordre » qu’elle semble recouvrir. »

Article # 205 – Philo ou Psycho : l’exploration du monde ou de soi ?

Dans cet article, je nous invite à une clarification nécessaire des frontières entre deux univers souvent confondus : la réflexion philosophique et l’échange psychologique. À travers l’analyse des formats « Café » et de la consultation privée, l’auteur explore la distinction fondamentale entre la quête du concept (l’universel) et la quête du vécu (le singulier).

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