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Mesure : 21.0 cm (Hauteur), 14 cm (Largeur), 353 gr (Poids)
QUATRIÈME DE COUVERTURE
Le thérapeute et le philosophe
Pour atteindre le but, il faut l’abandonner.
Cette étrange assertion de Gregory Bateson, père fondateur de l’approche systémique, est le fil conducteur de ce livre. Il explore les processus que nous mettons en œuvre lorsque nous poursuivons un but, quel qu’il soit. D’abord le rétrécissement du champ de la conscience qui se produit lorsque nous ne prenons plus en compte que les informations susceptibles de nous rapprocher du but. Tout se met à ressembler à un marteau pour qui doit enfoncer un clou. Puis nous élaborons des plans, étape par étapes. Nous planifions. Enfin nous nous efforçons de modeler notre environnement à l’image du plan. Et ce faisant, nous négligeons les régulations systémiques de la nature, engendrant par là des désastres écologiques mais aussi une corruption des relations humaines.
Les effets dommageables de ce processus, l’auteur les constate également dans sa pratique de thérapeute?: un homme d’affaires, mû par la volonté de développer son entreprise, ne remarque pas qu’il s’éloigne irrémédiablement de sa femme et de ses enfants ; une enseignante voulant absolument contrôler sa classe finit par se faire agresser par ses élèves ; une maman voulant rassurer sa fille inquiète de l’avenir n’aboutit qu’à l’effrayer davantage… telles sont quelques-unes des illustrations cliniques qui émaillent cet ouvrage.
Nous voici donc en plein paradoxe?: d’une part, la poursuite acharnée de nos buts engendre des effets indésirables et d’autre part, il nous est impossible de ne pas en avoir. Toutes nos actions sont orientées vers un but. Mais alors quelle est la solution??
L’auteur nous indique deux voies?: la première est celle de la thérapie stratégique. La pratique clinique montre que c’est lorsque le patient renonce aux attitudes volontaristes qu’il déploie pour atteindre son but, autrement dit, lorsqu’il lâche prise, que le but se réalise… de manière naturelle.
La seconde voie est une voie plus spirituelle. En effet, si toute action orientée vers un but entraine des effets négatifs, la solution consiste alors à ne pas agir, ou à agir sans but. Ce qui nous entraîne vers la philosophie du non-agir développée par le taoïsme.
Exploration des liens entre la pensée de Bateson, la pratique de la thérapie stratégique et l’antique philosophie chinoise, ce livre est aussi une invitation à faire preuve d’un peu plus de sagesse dans notre rapport au monde.
Dany Gerbinet
Dany Gerbinet pratique la thérapie stratégique depuis une trentaine d’années. Fasciné par les implications philosophiques des travaux de Bateson, il cherche à développer une vision relationnelle de l’homme et des problèmes humains. Il anime régulièrement des formations en France, en Belgique et en Suisse. Il est aussi l’auteur du premier roman de la thérapie stratégique, Le Baron chez les psys.
Ce livre est le résultat du processus qu’il décrit : un processus de transformation lent et continu. Au début, j’ai longtemps hésité sur la forme : je ne savais pas si j’avais envie d’écrire un roman illustrant ce thème, ou plutôt d’en faire un essai philosophique. J’hésitais tant et si bien que mon manuscrit prenait tantôt une tournure romanesque, tantôt une forme plus théorique.
Je me suis ouvert de ce problème à mon ami Yves Ulman, qui s’est évertué à lire un texte polymorphe et à prendre des notes fort pertinentes, mais manuscrites, qu’il s’efforçait de me restituer dans des restaurants parisiens où notre goût commun pour le vin naturel a bien failli compromettre cette noble entre- prise. Néanmoins une forme littéraire en émergea, qu’il en soit remercié.
Samia Khallaf est la personne qui a été la plus impliquée dans l’aide dont j’ai bénéficié. Sans jamais ménager son temps, elle m’a accordé un soutien indéfectible, supportant mes doutes et mes interrogations innombrables, plaçant plus de foi que moi- même en mes propres ressources. Ses multiples relectures, ses feedbacks toujours pertinents, sa disponibilité permanente, ses encouragements m’ont accompagné tout du long.
J’ai été particulièrement ému par la bienveillance de Cyrille Javary à mon égard. Qu’un sinologue de cette envergure, auteur de tant d’ouvrages importants, dont la meilleure traduction du Yi Jing parue à ce jour, prenne au sérieux la demande de pré- face d’un parfait inconnu me paraît un geste d’une grande élégance. Préfacer un ouvrage est un acte engageant, et ses retours sur les lacunes que présentaient çà et là mes connaissances du taoïsme, en particulier sa vigilance quant à ma présentation du concept de non-agir, témoignent de sa rigueur et de son honnêteté intellectuelle. Pour brèves qu’elles furent, nos conversations m’ont beaucoup appris. Une chose m’a particulièrement charmé : l’homme est congruent avec son enseigne- ment, démontrant ainsi qu’il est possible pour un Occidental du XXIe siècle d’incarner l’idéal confucéen.
Je remercie Emmanuelle Piquet de m’avoir mis en contact avec l’éditeur de cet ouvrage et d’avoir accepté avec enthousiasme ma demande de postface. Puisque dans celle-ci elle mentionne avoir été mon élève, je tiens à préciser qu’en plus de trente ans d’enseignement de la thérapie stratégique, c’est la seule fois où, selon l’expression consacrée, j’ai vu l’élève dépasser le maître (si tant est qu’un tel mot me convienne).
Son amitié m’est précieuse.
Enfin je remercie Enrick Barbillon qui m’a démontré qu’un véritable travail d’éditeur pouvait se faire d’une manière aussi amicale qu’agréable pour l’auteur.
Préface
Lâcher (la) prise, pour toucher au but ?
Par Cyrille J.-D. JAVARY
Dany Gerbinet n’est pas Chinois. Pas plus que la « thérapie brève » qu’il pratique avec efficacité. Alors pourquoi s’intéresse-t-il au Yi Jing, le classique chinois du Changement, ainsi qu’à la conception chinoise du « non-agir », particulière- ment développée par le taoïsme, qu’on appelle ici le « lâcher- prise » ? Parce qu’il y construit un écho stimulant avec le concept de « renoncement explicite » qui est au cœur de la stratégie thérapeutique élaborée par Gregory Bateson.
Paul Watzlawick, un des fondateurs de l’École de Palo Alto en Californie, disait de Bateson que son immense culture en faisait un véritable « homme de la Renaissance ». L’apport de Bateson fut immense dans de nombreux domaines, en particulier en psychiatrie où il a introduit le regard systémique qui, cessant de considérer le patient comme un agent isolé, le replace dans toutes ses interactions. Marié avec l’anthropologue Margaret Mead, G. Bateson a eu de nombreux contacts avec des cultures non occidentales, notamment de l’océan Pacifique. Pourtant la Chine est restée absente de son vaste domaine de réflexion. L’époque peut expliquer cela.
En 1949, la fondation de la République populaire maoïste fait disparaître la Chine traditionnelle des préoccupations universitaires américaines. Seul le mouvement de la contre-culture hippy, porté par les poètes de la Beat Generation (William Burroughs, Allen Ginsberg, Jack Kerouac), continuera à s’intéresser au taoïsme et à étudier le Yi Jing, le grand livre du Yin-Yang qu’on appelait alors en France, par dérision, le « livre de Katmandou ».
Ce temps-là est aujourd’hui révolu. La Chine, entrée depuis une trentaine d’années dans une nouvelle ère politique, est aussi entrée dans notre quotidien. Qi Gong, Taiji Quan ne sont plus des mots exotiques, les aiguilles des acupuncteurs et les baguettes des restaurants chinois nous sont devenues familières. Durant la même période, l’« écologie de l’esprit » de G. Bateson a atteint les rives européennes.
Né en Californie, le Mental Resarch Institute (MRI) a développé une façon différente de traiter la souffrance psychologique : la « thérapie brève systémique et stratégique ».
En 1987, le psychothérapeute Jean-Jacques Wittezaele fonde en Belgique l’Institut Gregory Bateson, représentant officiel pour l’Europe francophone du MRI, un organisme qui propose des centres de consultation et cherche à diffuser et à promouvoir une vision interactionnelle du comportement humain tant auprès des professionnels de la santé mentale que du grand public.
L’apport de Dany Gerbinet, qui y travaille depuis sa création, tient à sa perception du lien roboratif qu’il tisse entre les principes de la « thérapie brève » et la perception chinoise du changement exprimée dans le Yi Jing. Thérapeute, donc homme de terrain, D. Gerbinet est aussi stimulé par le lien qu’il discerne entre la conduite taoïste du « non-agir », et le « lâcher-prise » que Bateson n’avait que juste esquissé.
« Lâcher-prise » est une expression à la mode, c’est-à-dire sou- vent employée à tort et à travers. Il n’est donc pas inutile de revenir à son origine pour comprendre comment elle peut exprimer un des principes actifs de la pratique de la thérapie brève batesonienne de D. Gerbinet.
Habituellement, le « lâcher-prise » est compris comme l’abandon d’une crispation négative, inutile, voire oppressive, le renoncement au désir de vouloir tout contrôler. Ce relâchement bienfaisant de la tension vers un objectif déterminé est en effet ce qui rapproche le plus cette expression du binôme chinois : ?? wú wéi, auquel elle est rapportée.
Calligraphie de l’expression ?? wú wéi
Le premier des deux idéogrammes qui composent l’expression chinoise est un mot très ancien dont la signification d’origine tourne déjà autour d’une idée d’absence. Les documents archaïques représentent un chaman tenant des queues de renard et en train d’exécuter une danse rituelle destinée à faire tomber la pluie. Seul moyen d’irrigation d’un territoire à 80 % constitué de collines et cultivé en terrasses, la pluie est à l’époque une préoccupation essentielle. La danse de ce chaman vise à remédier à une absence dramatique. Par la suite, au fil des siècles, la forme graphique de cet idéogramme va évoluer, écrivant la signification abstraite d’absence au moyen d’une tout autre image, celle du défrichage par brulis.
Cette pratique, commune dans toute l’Eurasie, consiste à mettre le feu à une zone forestière afin de la rendre cultivable. La transformation d’une réalité (la forêt) en un paysage où ne subsiste plus rien qu’une terre noircie (mais gorgée de cendres et donc potentiellement riche de mille moissons futures) convenait très bien pour décrire l’idée d’une absence, d’un « vide créa- tif », d’où peuvent surgir de nombreuses possibilités. C’est dans ce sens que ce mot est très présent dans le Classique de la Voie et de la Vertu, le Dao De Jing attribué à Laozi, où il est souvent traduit par « vide ».
Le second idéogramme de cette expression : ? wèi (simplifié en ?), a eu lui aussi, une longue histoire étymologique dont les circonvolutions expliquent pourquoi il est parfois mal compris. Certains voient dans les plus anciennes représentations de cet idéogramme le dessin de la main, signe d’action, et l’idéogramme de l’éléphant. Cette curieuse juxtaposition représente- rait la conduite des éléphants, ce qui est plausible, mais hardi dans la mesure où les éléphants ne sont guère présents dans les paysages de la Chine antique.
Au cours des siècles, l’éléphant disparaît et c’est un autre animal qui apparaît dans l’idéogramme. Certains y ont vu une guenon en train de peler un fruit, mais il semble plutôt qu’il s’agisse d’un mouton, au moment du travail de transformation de son pelage en laine à filer.
Dans toutes les civilisations anciennes, les opérations ayant trait au tissage étaient très importantes et en Chine, les nombreux idéogrammes comportant le signe du tissage en témoignent.
Mais avant de pouvoir tisser la laine, il faut d’abord démêler, peigner, régulariser l’amas de poils qui tombe des ciseaux lors de la tonte. Cela s’appelle carder la laine, et ce n’est pas une opération de tout repos. Elle demande au contraire l’appli- cation d’une force certaine.
Jadis, pour démêler la tonte, on utilisait les barbes crochues des chardons (le verbe « carder » dérive du mot « chardon »). Puis on s’est servi de sortes de peignes plats en bois, garnis de clous recourbés que l’on frottait l’un contre l’autre. À l’origine tenus en main, ils furent ensuite installés sur une sorte de machine à pivot simplifiant le passage en force entre deux pièces garnies de clous recourbés, l’une mobile et l’autre fixe, des touffes laineuses.
De l’importance du tissage, l’usage de cet idéogramme en viendra à exprimer toute action d’organisation en général, d’où son sens moderne de « agir », qui a l’inconvénient de masquer l’action énergique que cet agir réclamait pour parvenir à la laine.
Dans l’expression qui nous importe, l’« agir » (mot français qui peut être aussi bien un nom qu’un verbe) est bien précédé d’une négation, qui est spécifiquement une négation de verbe. C’est ainsi que peuvent se comprendre des phrases du Dao De Jing telles que : « agir par le non-agir » (??? wéi wú wéi). Cette injonction est justement suivie par cette recommandation à première vue paradoxale : « alors il n’y a rien qui ne se fasse »1. Comment peut-on comprendre que c’est la diminution de la crispation vers le but qui augmente la possibilité de l’atteindre ? L’explication tient dans la connotation d’effort du cardage de la laine qui sert de métaphore à l’idéogramme wéi. Ce n’est pas simplement du « faire », de l’agir en général, dont il est question (il y a de nombreux autres idéogrammes pour exprimer cela) ; non, c’est un type d’agir bien particulier qu’exprime cet idéogramme : l’agir brutal, la résolution frontale d’un blocage. S’il est sûr que pour peigner la toison des moutons il faille une action vigoureuse, il est moins assuré que la force soit la meilleure méthode pour défaire les nœuds psychologiques dans lesquels s’enferment les êtres humains.
On s’aperçoit alors que parler de « non-agir » ne rend pas ce dont parle l’expression wú wéi. Pour s’en faire une idée plus conforme, il vaut mieux écouter ce que nous en dit François Cheng, le plus grand lettré francophone vivant. Il nous explique en effet qu’il faut y lire une injonction à ne pas « forcer les choses ». Et il souligne alors que cette signification est exactement celle que Mencius (380-289), le grand continuateur de Confucius, illustre avec l’apologue du paysan qui tire sur ses plants de riz afin de les faire pousser plus vite et qui, ainsi, détruit toute sa récolte. N’avons-nous pas nous aussi le proverbe : « on ne fait pas pousser les poireaux en leur tirant dessus » ?
Alors éclot l’écho que ce vieux bon sens paysan chinois rencontre avec la « sagesse systémique » de G. Bateson et la pratique clinique de sa théorie stratégique : la crispation sur le but peut être le meilleur moyen de ne pas l’atteindre. Dans la nature, comme dans la psyché humaine, forcer les choses conduit plus souvent à l’échec qu’à la victoire. Dany Gerbinet dans cet ouvrage nous en montre plusieurs exemples tirés de sa pratique clinique.
E. Herrigel, ce penseur allemand qui, lors de son séjour au Japon avant-guerre, avait entrepris un cheminement vers le zen par le biais du tir à l’arc, était lui aussi parvenu à ce constat. Il le raconte avec simplicité : « Un jour que je faisais remarquer (à mon maître d’archerie) combien je m’efforçais consciencieusement de rester décontracté [c’est moi qui souligne l’oxymore], celui-ci me répondit : “c’est justement parce que vous vous y efforcez que vous n’y parvenez pas”. »
Si Herrigel s’était intéressé à l’idéogramme écrivant le tir à l’arc : ? shè ; il aurait remarqué que ce caractère ne comporte dans sa graphie ni le mot « arc » (? gông), ni le verbe « tirer » (? lâ). Il est en effet composé du signe du corps humain dans son ensemble (? shçn), et d’un élégant caractère (?cùn) qui évoque l’idée de rythme, par le dessin de cet endroit du poignet où, d’une pression du pouce, l’acupuncteur perçoit la pulsation rythmique du pouls de son patient.
Montrant que l’idéal du tir à l’arc n’est pas dans la cible à atteindre mais dans l’ajustement du geste du tireur, cet idéogramme fait clairement apparaître le lien que tisse l’ouvrage de D. Gerbinet entre le renoncement à un but conscient selon
Cyrille J.-D. JAVARY
INTRODUCTION
À la fin de notre vie, nous aurons passé notre temps à poursuivre les buts les plus divers : réussir des études, obtenir tel poste, séduire telle personne, acheter une maison, ou simplement passer le prochain dimanche à la pêche. Ou encore écrire un livre…
La question que ce livre se propose d’explorer est : Que se passe-t-il lorsque nous poursuivons nos buts ? Quels processus mettons-nous en œuvre, psychologiquement et matériellement ? Quelles en sont les conséquences ?
La source de ce questionnement est double. D’une part, je pratique depuis une trentaine d’années la thérapie stratégique, issue de l’école de Palo Alto, et d’une certaine manière, mes patients viennent toujours me demander une aide parce qu’ils ne parviennent pas à atteindre le but qu’ils se sont fixés. Tel parent se désespère parce qu’il n’arrive pas à remettre son enfant sur le droit chemin, tel autre n’arrive pas à prendre la parole en public, ou essaye vainement de se débarrasser de ses rituels compulsifs, de pensées obsédantes, tel autre encore sombre dans la dépression parce qu’incapable de dire non, de fixer ses limites, il permet ainsi involontairement aux autres d’abuser de lui.
Tous ont en commun d’être tendus vers un but, qui est de trouver une solution au problème qui les amène à me consulter.
D’autre part, ce livre a été inspiré par la lecture de Gregory Bateson.
Rien d’étonnant à cela : la thérapie stratégique plonge directement ses racines dans son œuvre. Et la question du but y est abordée sous un angle particulier. Même si ce sujet n’est qu’un des nombreux aspects de ses recherches, il m’a tellement fasciné que j’ai eu l’envie de le prolonger, oserais-je dire de le développer ?
Qui était Bateson ?
Il n’est pas facile de le présenter en quelques lignes, et il est plus difficile encore de donner une idée de son œuvre. Celle-ci est vaste et souvent déroutante, car elle témoigne d’une manière de penser assez inhabituelle.
Au fil de ses recherches, Bateson s’est appuyé sur plusieurs disciplines.
Son chemin l’a mené de la biologie à l’anthropologie, de l’anthropologie à la cybernétique, de la cybernétique à l’étude de la communication (humaine, inter-espèces), de l’étude de la communication à la psychiatrie, et s’est terminé par un questionnement sur le sacré et le fait religieux. Avant toute chose, Bateson était un chercheur, un homme en quête. En quête de ce qu’il appelait, un peu mystérieusement, « la structure qui relie ».
La structure qui relie ? Qu’est-ce à dire ?
Ici encore, il n’est pas simple de répondre en quelques lignes à une question à laquelle ce chercheur de haut vol consacra sa vie entière. Mais pour sortir un peu cette formule de l’obscurité qui l’entoure, je dirais que Bateson était à la recherche d’une sorte de matrice qui unit tous les êtres vivants.
« Quelle est, demande-t-il, la structure qui relie le crabe au homard et l’orchidée à la primevère ? Et qu’est-ce qui les relie, eux quatre, à moi ? Et moi à vous ? Et nous six à l’amibe, d’un côté, et au schizophrène qu’on enferme, de l’autre ? »2
Nous voici d’emblée dans un paradoxe. Car comme nous le verrons, Bateson dénonce les effets pervers du processus que nous mettons en œuvre quand nous poursuivons nos buts conscients. Or un homme en quête est forcément un homme lancé à la poursuite d’un but. Et celui-ci, on le voit, est démesuré. Bien sûr, Bateson n’avait pas la présomption d’apporter à sa question une réponse complète et définitive. À la manière de l’anthropologue, qu’il a d’ailleurs été, il pénètre dans des territoires vierges, observe, cherche à comprendre et à rendre compte de ses découvertes. Il va là où le pousse sa curiosité intellectuelle.
On comprend dès lors que ses ouvrages n’aient pas la structure habituelle d’un livre présentant un sujet unique, avec une division en chapitres et un développement logique. Ils se présentent plutôt comme des compilations d’articles. L’ensemble peut paraître assez disparate. On y trouve néanmoins des thèmes récurrents, notamment la nature systémique du monde et la coupure dualiste entre l’homme et son environnement. On y trouve aussi, en filigrane, la proposition d’une autre relation au monde, un chemin vers une écologie spirituelle.
La réflexion qui suit trouve son point de départ dans deux de ces articles. L’un est intitulé « But conscient ou Nature », l’autre « Effets du but conscient sur l’adaptation humaine ».3
Les idées qui y sont développées seront exposées ici, d’une manière qui se veut plus accessible que dans leur forme originale, la lecture de Bateson pouvant s’avérer rapidement décourageante.
J’ai choisi de construire ce livre selon une architecture à deux niveaux.
Le premier est celui des idées, la strate philosophique qui sous-tend la pensée de Bateson. Le second niveau est celui des implications très concrètes de cette manière particulière de penser.
Ainsi, je tenterai de montrer, à travers des situations réelles, rencontrées dans ma pratique de thérapeute, en quoi les idées
de Bateson ont non seulement une portée intellectuelle et philosophique vertigineuse, mais également une utilité résolument pragmatique.
À un niveau d’abstraction plus élevé, je voudrais montrer qu’en prolongeant la pensée de Bateson, on s’approche d’une conception du monde voisine de l’antique philosophie chinoise.
Un homme en particulier m’a aidé, sans le savoir, à faire le lien : il s’agit de François Jullien.4 Il me semble qu’il existe entre les deux hommes une parenté intellectuelle, notamment en ceci que, comme Bateson, cet éminent sinologue s’intéresse aux fondamentaux de notre pensée.
Ces soubassements sont tellement enfouis dans notre inconscient que nous ne pouvons les questionner sans nous en éloigner. Et c’est précisément en cela que la démarche de Jullien m’intéresse : en quittant notre pensée européenne pour sonder les fondements de la culture chinoise, en mesurant l’écart qui les sépare, il met en évidence les prémisses sur lesquelles se fondent nos propres outils de pensée.
Le voyage nous conduira à revisiter notre conception occidentale de l’action, et notamment de l’action orientée vers un but. Ne nous apparaît-il pas nécessaire d’agir pour atteindre nos buts ? Et pourtant…
En chemin, nous rencontrerons aussi d’autres concepts tellement évidents pour nous que nous ne les voyons plus, comme l’importance que nous accordons à la volonté. Celle-ci ne nous paraît-elle pas indispensable à la réussite de nos entreprises, et donc à la réalisation de nos buts ? N’apparaît-elle pas comme une condition nécessaire pour résoudre nos problèmes psychologiques ? Et pourtant…
De même, nous questionnerons notre tendance à recourir au contrôle.
Car la réalisation de nos buts exige de nous que nous contrôlions la situation. Rien n’est plus effrayant pour un occidental qu’une situation hors contrôle. Et pourtant…
Et si la poursuite acharnée de nos buts n’aboutissait qu’à une crise écologique d’une dimension ahurissante ?
Et si notre attitude volontariste, loin de nous être utile pour résoudre nos problèmes psychologiques, en était au contraire la source ?
Et s’il y avait quelque chose qui n’allait pas dans notre façon de penser le monde ?
Dans notre façon de penser notre relation à lui, notre relation aux autres, notre relation aux êtres vivants, les hommes, les animaux, les plantes, l’univers ?
Et si nous manquions de sagesse ? Et s’il y avait une alternative ?
Et si notre tâche la plus importante aujourd’hui était d’apprendre à penser autrement ?
Vous connaissez peut-être l’histoire du colibri qui tente d’éteindre un incendie de forêt ? Il prend une goutte d’eau dans son bec, survole les flammes, déverse sa minuscule charge, revient, repart… tu es fou, lui disent les animaux, tu n’y arriveras jamais. Je sais, dit le colibri. Je veux juste faire ma part.
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NOTES
1. Bateson, le « non-agir », et le « lâcher-prise » en thérapie brève.
2. Gregory Bateson, La nature et la pensée, Seuil, p. 16
3. « But conscient ou nature », Vers une écologie de l’esprit, Seuil, p. 183 et suivantes. « Effets du but conscient sur l’adaptation humaine », id, p. 197 et suivantes
4. Professeur à l’Université Paris Diderot, titulaire de la Chaire sur l’altérité du Collège d’études mondiales, auteur de plus de vingt ouvrages majeurs, traduits dans plus de 20 pays (dont la Chine), François Jullien est philosophe et sinologue.
PREMIÈRE PARTIE
La thérapie stratégique
CHAPITRE I
Où le problème, c’est la solution
La thérapie stratégique repose sur un concept simple (si simple qu’il en est parfois suspect) et d’une portée souvent insoupçonnée : le concept de « tentative de solution ». L’idée, étonnante lorsqu’on la découvre, est que c’est précisément ce que nous faisons pour résoudre un problème qui le crée et l’amplifie.
Un exemple parmi des milliers d’autres : Madame Jeanne est la maman d’une adolescente de 13 ans, Laetitia. Récemment divorcée, elle craint que la séparation n’ait traumatisé sa fille. Elle se dit que l’adolescence est un âge difficile, et redoute par-dessus tout que Laetitia ne « tourne mal ». Elle est donc très attentive à sa scolarité, ses fréquentations, ses centres d’intérêts, etc. Pourtant, Laetitia a tout de la jeune fille modèle : elle travaille bien à l’école, joue au tennis, se montre volontiers serviable, et son style vestimentaire n’a rien d’extravagant. Le divorce de ses parents lui apparaît davantage comme une solution que comme un problème : les tensions qui lui pesaient à la maison font désormais partie du passé. D’ailleurs rien dans son comportement ne laisse penser qu’elle soit particulièrement perturbée. Mais comme il vaut mieux prévenir que guérir, la maman se montre très vigilante : elle contrôle son journal de classe, vérifie qu’elle a bien fait ses devoirs et étudié ses leçons, et lorsque Laetitia demande à aller chez une amie, elle vérifie auprès des parents qu’elle s’y trouve bien. Les heures de rentrée sont strictes et la maman ne supporte aucun retard. De sorte que Laetitia commence à trouver cette pression permanente quelque peu étouffante. Aussi, lorsqu’elle apprend que le professeur de maths est absent en dernière heure, elle décide de s’accorder une bouffée d’air : au lieu de se rendre à l’étude, elle quitte l’école avec une amie et s’en va boire un coca au MacDo du coin. Las ! Le surlendemain, une carte d’absence arrive dans la boîte à lettres. La maman y lit la confirmation de ses craintes. Elle décide donc de prendre une mesure stricte et punit Laetitia, la prive d’ordinateur, et donc d’accès à Facebook et au « tchat » avec ses copines, et ce pendant 15 jours. C’est la première tentative de solution de la maman (encore pourrait-on considérer le contrôle excessif qu’elle exerce sur sa fille comme étant déjà de l’ordre de la tentative de solution). Pour Laetitia, la sanction est vraiment injuste. Elle est gagnée par une sourde colère intérieure. Les choses ne tardent pas à s’envenimer : quitte à être punie, Laetitia commet d’autres petits écarts. Elle sèche une heure de gymnastique. Nouvelle carte d’absence, et nouvelles sanctions. Bientôt c’est l’escalade : Laetitia cherche par tous les moyens à échapper au contrôle, et comme il est plus facile d’échapper au contrôle exercé par l’école qu’à celui exercé par sa maman, elle sèche de plus en plus souvent les cours. Puis quelques verres d’alcool viennent remplacer le coca. Alarmée, la maman multiplie alors les tentatives de solution : les sanctions se mettent à pleuvoir, elle lui fait la morale (C’est pour ton bien !), interdit à Laetitia de voir sa meilleure amie désormais reléguée au rang de « mauvaise fréquentation ». Elle refuse de la laisser seule à la maison, appelant sa propre mère à la rescousse lorsqu’elle doit s’absenter. Toute sortie est interdite, Laetitia ne peut même plus se rendre au catéchisme. En sorte qu’elle commence à étouffer sérieusement et à manifester comme elle peut quelques signes de rébellion. À la maison, elle ne range plus ses affaires, cesse de participer aux tâches ménagères, et passe le plus clair de son temps enfermée dans sa chambre. Lorsque sa maman l’emmène, contre son gré, en thérapie, Laetitia est un condensé de désespoir et de révolte intérieure…
Ainsi, avec les meilleures intentions du monde, Madame Jeanne a provoqué précisément ce qu’elle voulait éviter. Pour la thérapie stratégique, ce sont les tentatives de solution de Madame Jeanne (rappeler les règles, punir, limiter les sorties, contrôler à l’excès le comportement de sa fille) qui ont engendré et alimenté le problème.
C’est l’idée même des tentatives de solution : les mesures prises par sa maman engendraient, par réaction, les comportements « rebelles » de Laetitia, qui entraînaient eux-mêmes davantage de mesures « correctrices » de la part de la maman, mesures qui entraînaient en retour davantage de révolte chez Laetitia.
Ce constat est sans doute difficile à croire, mais tous les problèmes fonctionnent de la même manière. Ils sont engendrés par des tentatives de solution inadéquates. C’est en tout cas ce que la thérapie stratégique affirme et ce que sa pratique confirme. Il s’agit de l’une de ses prémisses, la principale.
Ce concept de tentative de solution m’a toujours fasciné. L’idée que c’est précisément ce qu’on fait pour régler le problème qui l’engendre et l’aggrave me paraît toucher à une sorte de fatalité qui pèse sur l’espèce humaine, toujours prompte à faire elle-même son malheur… Il m’arrive souvent de penser que ce que nous appelons « le progrès » est un chemin jalonné de catastrophes sur lequel nous courons comme des lemmings vers le gouffre final.
D’une façon plus optimiste, la découverte du mécanisme par lequel nous engendrons d’innombrables problèmes ouvre des perspectives vertigineuses, car en inversant le processus, nous tenons là une méthode de résolution de problèmes susceptible de rencontrer de multiples champs d’application. Et puis cette idée a un corollaire : si l’on ne fait rien, il n’y a pas de problème ! Voilà qui s’accorde fort bien à mes côtés contempla- tifs, que des esprits grincheux confondent avec de la paresse…
Plus sérieusement, on trouve dans cette prémisse un lien avec certaines philosophies orientales, en particulier le bouddhisme zen et le taoïsme, lequel développe une philosophie dite du non-agir.
On voit aussi poindre un lien entre ce concept et la notion de but conscient. C’est parce qu’elle s’est fixée comme but d’empêcher sa fille de mal tourner que Madame Jeanne a eu recours à toutes ces tentatives de solution. Est-ce à dire que la poursuite de nos buts, même les plus légitimes nous expose inévitable- ment à des résultats catastrophiques ?
C’est toute la question que cet ouvrage se propose d’explorer.
Ce qui nous relie / Thérapie stratégique et physique quantique, Dany Gerbinet, Enrick B. Éditions.
Description
Quel rapport y-a-t-il entre la physique quantique et la thérapie brève stratégique ?
Ces deux disciplines, apparemment si distantes, laissent entrevoir une même vision du monde. Quand on pratique la thérapie brève depuis de longues années, on se rend compte d’une chose essentielle : Il ne sert à rien d’étudier isolément le comportement d’un patient. Celui-ci n’a de sens que dans un environnement incluant d’autres personnes : famille, amis, collègues, etc. Ces personnes sont reliées les unes aux autres et s’influencent mutuellement. Le thérapeute, en lien avec le patient, se retrouve ainsi relié à cet environnement humain en interaction et en interdépendance.
De leur côté, les physiciens ont étudié les plus petites particules de matière en tentant de les isoler. Donc en supprimant toute interaction. Ils rencontrèrent alors ce qu’ils nommèrent : « le problème de la mesure ». Selon le choix du dispositif d’observation utilisé, donc selon le choix de l’observateur, la particule change de comportement : tantôt elle se conduit comme un corpuscule, tantôt comme une onde. Les physiciens durent admettre qu’ils étaient inexorablement reliés aux minuscules particules qu’ils s’efforçaient d’isoler. La relation – leur relation à l’objet observé – s’était invitée dans leurs travaux.
Ainsi, par des voies bien différentes, la physique quantique et la thérapie stratégique questionnent les fondamentaux de notre mode de pensée occidental. S’il faut renoncer à l’objectivité, voire à la causalité, que pouvons-nous connaître du monde ? Comment penser notre relation à l’environnement, notre relation aux autres ? Ces questions en entraînent une autre, bien plus vaste encore, à savoir : qu’est-ce que l’esprit ?
Réflexion sur l’art de résoudre les problèmes humains et « d’habiter le monde », ce livre propose une vision du monde fondée sur la relation.
Ce qui nous relie (Tome 2) / Vers un esprit transpersonnel, Dany Gerbinet, Enrick B. Éditions.
N’avez-vous pas l’intuition, parfois, qu’il existe quelque chose de plus grand que nous et qui nous relie ?
C’était aussi l’intime conviction de Gregory Bateson : « Quelle est la structure qui relie le crabe au homard et l’orchidée à la primevère ? Et qu’est-ce qui les relie, eux quatre, à moi ? Et moi à vous ? » demandait-il.
En quête de cette mystérieuse structure dynamique, d’une théorie de l’esprit, Dany Gerbinet nous invite à nous relier au monde de manière pacifiée. Il nous montre l’interdépendance de tous les êtres. Cette interdépendance, qui est aussi au cœur de la thérapie brève stratégique et systémique, est illustrée par des cas cliniques.
Cheminant de la biologie à la cybernétique, de la communication des dauphins à l’exploration de la conscience, il nous conduit aux rives du bouddhisme et du taoïsme.
Bienvenue sur la voie de l’ouverture au monde, à vous-même, aux autres – humains et non-humains -, et à l’Esprit Transpersonnel.
Le baron chez les psys / Ou les tribulations d’un énergumène au pays des thérapies stratégiques, Dany Gerbinet, Enrick B. Éditions.
Dans une cabane en forêt, deux hommes se rencontrent et parlent. L’un, surnommé le Baron, cherche son chemin de vie. Un chemin rendu plus difficile encore par la découverte de l’autisme de son fils. Cherchant de l’aide du côté des thérapies analytiques, il s’enfonce dans une douloureuse impasse, dont l’autre, un étrange personnage surnommé l’Indien, l’aidera à sortir. En lui révélant progressivement une conception différente des problèmes psychologiques et de leur solution, l’Indien, insensiblement, modifiera profondément la vision du monde du Baron, l’orientant vers une vie plus heureuse.
?Récit initiatique, ce livre s’adresse à tous, même si les professionnels de la « santé mentale » pourront s’amuser à reconnaître, à peine grimés, certains éminents représentants de l’approche systémique. Il poursuit un double objectif : raconter une « belle histoire », et au-delà, proposer une nouvelle vision de l’être humain, celle d’un homme relationnel ; et de l’esprit, celle d’un esprit transpersonnel.
La psychologie, c’est bien connu, s’inspire de tout ce qu’elle peut trouver pour développer sa pratique clinique. Dans le cas de ce livre, l’auteur Dany Gerbinet, psychothérapeute et clinicien adepte de la thérapie stratégique issue de l’école de Palo Alto, trouve un appui dans l’antique philosophie chinoise Yi Jing et dans la conception du « non-agir » développé par le taoïsme. Aussi, il fait des travaux de Gregory Bateson, anthropologue, psychologue, épistémologue américain et père fondateur de l’approche systémique, « le fil conducteur de ce livre ». Bref, il s’agit avant tout d’un livre de psychologie et non pas de philosophie. La philosophie demeure un simple référence, du moins à mes yeux. Mes lecteurs savent que je ne suis pas un adepte de la psychologie, loin de là. J’ai donc lu ce livre à reculons, c’est-à-dire avec un préjugé défavorable, mais tout de même jusqu’à la dernière page, question de donner une chance au coureur jusqu’à la fin du parcours.
Nous avons plutôt l’habitude de livres de philosophie sur ce site web. Ainsi et dans le plus grand respect de l’auteur et de son ouvrage de psychologie, je ne puis me prononcer sur le nombre d’étoiles à accorder à cet ouvrage.
« Cet ouvrage a été conçu à partir d’articles tirés du magazine Sciences Humaines, revus et actualisés pour la présente édition ainsi que de contributions inédites. Les encadrés non signés sont de la rédaction. »
J’accorde au livre LE CHANGEMENT PERSONNEL sous la direction de NICOLAS MARQUIS 4½ étoiles sur cinq.
J’en recommande fortement la lecture.
Lire mon rapport de lecture à la suite la présentation du livre et son auteur.
RÉSUMÉ
(Texte de la quatrième de couverture)
« ?Deviens ce que tu es?!? » : la formule – attribuée au poète grec Pindare et reprise par de nombreux auteurs – condense la vulgate du changement personnel. Entre souci d’épanouissement personnel et culte de la performance, cette mouvance recouvre tout à la fois un nouveau style d’existence socialement valorisé, un marché colossal qui possède ses experts, et une norme. L’esprit du temps nous invite à ne jamais être pleinement satisfait de ce que nous sommes, de ce que nous vivons?: « ?choisir sa vie? », « ?changer sa vie? » sont des expressions qui sonnent comme des promesses mais aussi des injonctions. Mais qu’est-ce qu’une « ?vie bonne? » ? Qu’est-ce que « ?bien vivre? » et comment y parvenir ?
Entre histoire, mythes et réalités, ce livre permet de mieux saisir les tenants et aboutissants de ce phénomène massif. Après avoir exploré les différentes acceptions du « ?changement? » et/ou du « ?développement? » personnel à travers le temps et l’espace – de la sagesse des Anciens aux philosophies contemporaines –, le livre présente les différentes formes du changement personnel à travers les étapes de la vie, les épreuves (maladie, séparation…) mais aussi dans tous les domaines de notre existence, en particulier le travail. Puis l’ouvrage donne la parole aux différents acteurs du changement personnel?: en premier lieu à ceux qui en ont fait une profession, ensuite à ceux qui utilisent ces techniques pour eux-mêmes, et enfin aux analystes critiques de ce phénomène de société.
« La psycho positive, ce n’est pas positiver ! » Rencontre avec Charles Martin-Krumm
Qu’est-ce que méditer ? (C. Petitmengin)
Lâcher prise pour s’ouvrir au monde (encadré)
Les usages de la méditation (encadré)
II – LE POINT DE VUE DES USAGERS : TÉMOIGNAGES
III. LES CRITIQUES DU CHANGEMENT PERSONNEL
Développement personnel, un royaume en éclats (J.-F. Marmion)
Coaches : que font-ils vraiment ? (F. Trécourt)
Le bon et le mauvais coach (encadré)
L’inconscient du changement personnel – Quatre questions à Michèle Declerck
Changer sa vie : une question sociologique (M. H. Soulet)
Annexes
Bibliographie
Lexique
Index des noms propres
Index des notions
Liste des contributeurs
EXTRAIT
AVANT-PROPOS
L’ÉNIGME DU CHANGEMENT PERSONNEL
Qui n’a jamais rêvé de changer sa vie, voire de changer de vie ? Qui ne s’est jamais entendu dire « si tu n’es pas heureux dans ton travail, tu n’as qu’à en changer ! » ? Qui ne s’est jamais dit qu’il pourrait améliorer la communication avec ses proches, la maîtrise de ses émotions, ses résultats scolaires ou professionnels ? Qui ne s’est jamais demandé s’il pouvait être plus heureux, s’il pouvait aller mieux ou simplement moins mal ? Qui n’a jamais comparé sa situation au bien-être ou au mal-être des autres ? Qui ne s’est jamais dit qu’il devrait (re)prendre sa vie en main, tout en ressentant en même temps une forme d’oppression à cette perspective ? Qui n’a jamais entendu parler du travail sur soi, de l’une ou l’autre sorte de thérapie, de la littérature et des stages de développement personnel ? Qui ne s’est jamais posé des questions sur les raisons ou les conséquences du succès de cette mouvance devenue tellement présente aujourd’hui ?
Se changer : entre désir et contrainte
Le changement personnel possède quelque chose de sacré et qui crée en nous une certaine ambivalence. Il s’agit de quelque chose qui nous attire, et en même temps d’un processus que nous craignons. Il s’agit peut-être aussi d’un mode de vie que nous avons adopté sans nous en rendre compte. Depuis notre plus tendre enfance et jusqu’au crépuscule de notre existence, nous sommes invités à être le plus autonome possible. Aujourd’hui, le changement personnel est à la fois une norme sociale qui nous intime d’être aux commandes de notre existence (et peut de ce fait parfois produire fatigue, stress et souffrance chez les individus), et une valeur sociale, qui permet de conduire sa vie dans un monde mouvant et de donner du sens aux diverses épreuves que nous rencontrons. C’est à la fois une injonction (que certains qualifieront de paradoxale) qui nous vient de l’extérieur, mais aussi quelque chose que nous avons appris à aimer, à désirer pour nous-mêmes – une possibilité de vie à laquelle nous ne renoncerions pour rien au monde.
Nous sommes ainsi pour nous-mêmes des ouvrages à remettre constamment sur le métier, des œuvres d’art à perpétuellement ciseler. L’esprit de l’époque nous invite à ne jamais être pleinement satisfait de ce que nous sommes, de qui nous sommes, de ce que nous vivons car, nous disent ces messages qui sourdent de partout, même si on est bien, il est toujours possible de vivre mieux. Ce changement prend souvent la forme d’un « développement personnel », mot-valise utilisé pour désigner la nébuleuse des techniques qui permettent à l’individu de vivre au maximum de ses possibilités, de vivre une vie qui se déplie et se déploie dans ses potentialités, qui explore tous les possibles latéraux. La place qu’a prise le changement personnel dans notre société témoigne de la façon dont nous considérons aujourd’hui ce qu’est une vie réussie, une vie qui vaut la peine d’être vécue – bref ce que les philosophes appellent la « vie bonne ». Mais qu’est-ce qu’aller mieux? Comment y parvenir ? Qu’est-ce que « bien vivre », selon la logique du changement personnel ?
Deux motifs du changement: l’épanouissement et la performance
À la lecture des différents articles qui composent cet ouvrage, on pourra retirer l’impression que les définitions du changement personnel « réussi » sont extrêmement variées, voire incompatibles entre elles. De même, les messages que colportent les experts du changement personnel semblent receler bien des contradictions : il s’agit à la fois d’être autre et d’être soi, de contrôler ses pensées tout en se laissant aller à écouter ses émotions, d’appliquer une série de techniques mais de prendre le temps de profiter de l’instant présent sans trop réfléchir, de se donner au maximum dans ses activités tout en restant attentif pour ne laisser passer aucune des opportunités qui s’offrent à nous, etc.
Cependant, au-delà de cette multiplicité apparente, deux thèmes reviennent très fréquemment. D’abord, celui de l’épanouissement personnel. S’il possédait encore une réelle fraîcheur pour les philosophes romantiques du XVIIIe siècle (Johann Herder) ou pour les transcendantalistes américains du XIXe siècle (Ralph Waldo Emerson), ce thème est aujourd’hui accommodé à toutes les sauces, en particulier dans un nombre impressionnant de thérapies qui prétendent permettre de révéler notre « vrai moi », notre « authentique potentiel », nos « capacités insoupçonnées » etc.
Il est intéressant d’observer que ces processus thérapeutiques sous- entendent que le changement personnel est un processus (au moins partiellement) maîtrisable, voire même qu’il est éventuellement « technicisable », ce qui signifie qu’en appliquant un certain nombre de pensées ou de comportements précisément définis, on pourra arriver de façon prévisible à certains résultats sur nous-mêmes ou sur autrui. Le domaine de la communication interpersonnelle en constitue un parfait exemple: du process communication à la communication non violente, du couple aux rapports professionnels, de Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus de John Gray à Cessez d’être gentil, soyez vrai! de Thomas d’Ansembourg, on retrouve l’idée selon laquelle notre façon de communiquer avec autrui peut être grandement améliorée en usant de certaines techniques (par exemple, parler en « je », éviter le « tu qui tue », pour reprendre la formule à succès de Jacques Salomé). C’est également ce que David Servan-Schreiber exprimait très clairement dans Guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicament ni psychanalyse, lorsqu’il proposait à ses lecteurs désireux de mieux communiquer « un algorithme, une sorte de recette par étapes » qui consiste en une carte à six points à suivre « que ce soit chez vous, au bureau, avec la police et même avec votre garagiste » (2003).
Ensuite, le second thème extrêmement présent dans la mouvance du changement personnel est celui de la performance, de l’exploitation d’un maximum de nos possibilités de vie. Comme le montreront des articles de la seconde partie de l’ouvrage, cette thématique a trouvé un terrain d’élection particulièrement propice dans le domaine du travail et des relations professionnelles. Non seulement notre travail est devenu aujourd’hui un facteur extrêmement important de notre existence, mais les carrières professionnelles impliquent désormais un nombre bien plus important de modifications, de bifurcations voire de ruptures, lors desquelles il est de plus en plus attendu que l’individu se prenne en main, selon une expression bien connue et de fréquemment utilisée.
Il est intéressant d’observer la façon dont la mouvance du change- ment personnel valorise aujourd’hui l’action, c’est-à-dire le fait d’agir, de faire des choses, de ne pas se laisser abattre, parfois au détriment de ce que certains psychanalystes appellent nos « capacités négatives » (s’ennuyer, se perdre, se laisser aller, etc.) qu’ils jugent tout aussi importantes dans nos vies que les capacités positives. En mettant en avant l’épanouissement de soi et la performance individuelle, le dépassement de nos limites et l’exploration de soi, la productivité et l’authenticité, non seulement dans le monde du travail mais plus largement dans tous les domaines de notre existence, la logique du changement personnel constitue une façon de réagir à ce qui nous arrive de positif ou de négatif dans notre existence. Elle met l’accent sur l’action (le fait de se battre, de chercher les solutions, d’en vouloir toujours plus) et non sur la passion (le fait de se laisser aller, de se plaindre, de ruminer son mécontentement ou de ne pas provoquer le destin). L’antithèse du changement personnel est constituée par le personnage de la victime (comme lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il se « victimise »), qui attend que les modifications viennent de l’extérieur, sans chercher à se prendre en charge lui-même. Le changement personnel montre que nous tenons en très haute estime le fait d’agir de soi-même, de conduire sa propre vie à sa façon, sans se laisser dicter nos façons d’être et de faire.
Changement subi, changement désiré
La généralisation du changement personnel comme style de vie ne doit pas cependant nous empêcher de voir que nous sommes loin d’être égaux face aux défis et aux opportunités que cette perspective représente. Pour le dire de façon schématique, le changement personnel peut intervenir dans deux types de situations: il peut être choisi et désiré par certaines personnes, alors que, pour d’autres, il sera vécu comme contraint et subi. Bien sûr, la réalité se trouve souvent quelque part entre ces deux situations extrêmes. Il y a fort à parier que le migrant qui quitte son pays pour fuir la misère et la faim, et l’étudiant qui s’éloigne du cocon familial pour réaliser un échange d’étude type Erasmus ou un « trip » initiatique à la recherche de soi, bien que tous les deux confrontés à des formes de changement personnel, ne vivent pas les mêmes expériences de transformation de soi. De même, qu’y a-t-il de commun entre le manager qui décide de saisir une nouvelle opportunité professionnelle et la personne en fin de carrière, victime d’un licenciement collectif et que les services sociaux veulent « activer » afin de la pousser à retrouver un emploi d’autre part ?
Cependant, la plupart des techniques et des pistes de changement personnel, de la méditation à la psychologie positive, de la résilience au développement personnel visent justement à brouiller cette distinction entre le changement personnel choisi et le changement personnel subi en portant haut et fort le message selon lequel il nous est toujours possible de faire quelque chose de ce qui nous arrive et à ce qui nous arrive. Cette perspective optimiste (humaniste, diront les uns, naïve, diront les autres) nous invite à considérer que la marge de manœuvre individuelle n’est jamais réduite à néant, qu’il est toujours possible de faire reculer les frontières de l’inné ou du déterminé pour augmenter le territoire de l’acquis, comme en témoigne l’idée à succès selon laquelle nous pouvons éduquer notre cerveau, à la positivité, par exemple.
La mouvance du changement personnel déploie ainsi une vision de la vie qui peut tenir dans un espace triangulaire dont les sommets sont formés par ces trois proverbes ou aphorismes du sens commun: « rien ne sert de pleurer sur le lait renversé », « faire contre mauvaise fortune bon cœur », et « tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». Regarder vers l’avenir plutôt que vers le passé, agir sur ce qui est à notre portée sans chercher à maîtriser ce qui ne l’est pas, et profiter de toutes nos expériences de vie, même les pires, pour se tirer vers le haut: voilà l’espace moral du changement personnel.
Choisir sa vie
Au final, la mouvance actuelle autour du changement personnel permet à nos contemporains de traiter un ensemble de questions que se posent tous les êtres humains, quelles que soient leur origine et leur époque : pourquoi m’arrive-t-il ce qui m’arrive ? Quelle est ma responsabilité là-dedans ? L’ai-je mérité ou non ? Comment vais-je m’en sortir ? Que puis-je espérer dans ma vie ? Etc. Ces questions rejouent la distinction qui nous taraude tous, thématisée notamment par Machiavel dans ses conseils au Prince, entre ce qui est de l’ordre de la fortune (ce qui n’est pas sous mon contrôle) et de l’ordre de la vertu (ce que je peux maîtriser, seul ou avec de l’aide).
Si ces questions sont peut-être communes à toute l’humanité, chaque culture fournit aux individus qui la composent des façons particulières d’y répondre. La peuplade des Azandé, située au Soudan du Sud, étudiée par l’anthropologue Edward Evans-Pritchard invoquait la magie et la sorcellerie. Le personnage de Job, dans l’Ancien Testament, demandait à Dieu des comptes pour expliquer pourquoi il avait tout perdu. La culture contemporaine du changement personnel, quant à elle, insiste sur les ressources intérieures à chaque individu: « nous avons en nous plus que ce que nous croyons », tel est son leitmotiv. C’est ainsi, par exemple, le message que délivre la psychologie positive, en soulignant le pouvoir de notre pensée et notre capacité à entraîner notre mental. Nous ne sommes souvent pas responsables de ce qui nous arrive, mais nous avons la capacité de travailler sur nous-mêmes pour toujours progresser, dans nos réussites comme dans nos échecs, en évitant surtout de se reposer sur ses lauriers. En bref, face aux épreuves heureuses et malheureuses de la vie, la mouvance du changement personnel invite chacun d’entre nous à « s’en prendre à lui-même », c’est-à-dire à se considérer comme responsable de la vie qu’il mène.
Qu’est-ce alors qu’une vie bonne, lorsqu’on évolue dans cette culture du changement personnel? C’est une vie que l’on a choisie et que l’on ne s’est pas laissé imposer par l’extérieur. Comment devons- nous vivre? Bien heureusement, toutes les techniques de changements personnel, aussi nombreuses soient-elles, ne suffisent pas à épuiser l’univers des réponses possibles à cette question qui nous taraude tous.
En valorisant le changement personnel, parfois pour lui-même, elles possèdent d’ailleurs leur point aveugle. Sont-elles aujourd’hui nombreuses à oser opposer à cette injonction à se changer soi-même ces autres questions: « et si nous arrêtions de vouloir conduire nos vies? Et si nous nous laissions aller ? Et si nous acceptions de considérer que nous ne maîtrisons pas grand-chose de notre destin? Et si nous nous contentions de ce que nous étions? Etc. ». C’est peu de dire qu’actuellement, cet autre son de cloche semble inaudible. L’idée de se prendre comme perpétuel objet d’amélioration semble, aux yeux de beaucoup d’entre nous, indépassable.
Donner du sens à son existence
Quelle attitude faut-il adopter face à ce mouvement sans précédent du changement personnel ? Que faut-il en penser ? En tant que citoyen, il est probable que ce phénomène ne laissera personne indifférent. Certains se réjouiront que l’on souligne enfin le pouvoir que chacun peut exercer sur lui-même, tandis que d’autres s’interrogeront tantôt sur le fantasme d’être un individu qui se tient tout seul, tantôt sur les conséquences sociales et politiques de cette culture. Pour les sciences humaines, la mouvance du changement personnel représente un défi très excitant. Il y a, dans ce succès, quelque chose à comprendre, un sens des choses à reconstituer.
Entre histoire, mythes et réalités du changement personnel, ce livre offre des pistes pour mieux saisir les tenants et aboutissants de ce phénomène massif. Dans une première partie, il nous plonge dans le passé et dans d’autres cultures pour mieux cerner les spécificités du change- ment personnel à l’heure actuelle. Dans une seconde partie, il investigue les formes et les réalités du changement personnel aujourd’hui, d’abord dans les épreuves que les âges de la vie nous amènent à rencontrer, ensuite spécifiquement dans le domaine du travail, et enfin dans nos oscillations entre les moments où nous lâchons prise, et les moments où nous nous reprenons en main. La troisième partie donne la parole aux différents acteurs de la mouvance du changement personnel: en premier lieu à ceux qui en ont fait une profession et ont développé des techniques pour mieux se changer, dans un deuxième temps à ceux qui, comme les lecteurs d’ouvrages de développement personnel, appliquent sur eux-mêmes ces techniques, et dans un troisième temps aux analystes et aux critiques de ce phénomène de société.
Sans céder à l’irénisme qui ne verrait que du beau et du bon dans ce phénomène, qui fantasmerait sur les libertés individuelles, mais sans non plus tomber dans le travers inverse qui consisterait à vilipender de façon aveugle les conséquences négatives du succès contemporain du changement personnel, l’ensemble constitué par les différents articles invite plutôt à comprendre pourquoi, aujourd’hui et dans nos sociétés, l’idée de travailler sur soi-même est devenue un impératif social et culturel qui permet à de très nombreux individus de donner du sens à leur existence.
Nicolas Marquis
MARQUIS, Nicolas (Sous la direction de), LE CHANGEMENT PERSONNEL, Histoire Mythes Réalités, Avant-Propos, Sciences Humaines Éditions, Auxerre, France, 2015, pp. 5-12.
Nicolas Marquis est chargé de cours à l’université Saint-Louis de Bruxelles et Marie Curie fellow au Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, société (CERMES3) de l’université Paris-Descartes. Il est l’auteur de Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel (Puf, 2014).
Médecin psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne à Paris et auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Méditer, jour après jour,25 leçons de pleine conscience (L’Iconoclaste, 2011), Et n’oublie pas d’être heureux – Abécédaire de psychologie positive (Odile Jacob, 2014).
Véronique Bedin
Directrice des éditions Sciences Humaines.
Justine Canonne
Journaliste.
Vincent Caradec
Professeur de sociologie à l’université Lille-III, il a notamment publié Sociologie de la vieillesse et du vieillissement (Armand Colin, 2015).
Nicole Catheline
Psychiatre, praticien hospitalier au sein de l’accueil thérapeutique de jour pour adolescents Mosaïque du centre hospitalier Henri-Laborit à Poitiers.
Annie Collognat
Ancienne élève de l’École normale supérieure, Agrégée de Lettres classiques. Elle a notamment publié le Manuel de la sagesse antique (Omnibus, 2010), et dirigé le Dictionnaire de mythologie gréco-romaine (Omnibus, 2012).
Lucie Côté
Psychologue spécialiste de la santé mentale au travail. Directrice du module des Relations industrielles de l’université du Québec en Outaouais.
Jean Cottraux
Psychiatre honoraire des Hôpitaux, membre fondateur de (‘Académie de thérapie cognitive (Philadelphie) et directeur scientifique de l’Institut francophone de formation et de recherche en thérapie comportementale et cognitive (Ifforthecc).
Boris Cyrulnik
Neuropsychiatre, directeur d’enseignement à l’université de Toulon. Il est l’auteur de nombreux ouvrages Un merveilleux malheur, Odile Jacob, 1999 ; Les Vilains Petits Canards, Odile Jacob, 2001, rééd. 2004 ; De chair et d’âme, Odile Jacob, 2006. Dernier ouvrage : Les Âmes blessées, Odile Jacob, 2014.
Francis Danvers
Professeur émérite des universités, Vice- président de l’Université populaire de Lille, auteur notamment de S’orienter dans la vie: une valeur suprême!Essai d’anthropologie de la formation, Presses universitaires du Septentrion, 2009.
Muriel Darmon
Sociologue, directrice de recherche au CNRS (CESSP), elle a notamment publié Devenir anorexique (La Découverte, 2003), « Surveiller et maigrir. Sociologie des modes de contraintes dans un groupe commercial d’amaigrissement », Review of Agricultural and Environmental Studies, 91(2), 2010.
Michèle Declerck
Psychologue clinicienne, analyste, sophrologue, elle est l’auteur de Le Principe de précaution ou comment rater sa vie en essayant de la sauver, L’Harmattan, 2014.
Didier Demazière
Sociologue, chercheur au CNRS. Directeur de la revue Sociologie du Travail et président de l’Association Française de Sociologie. Il est l’auteur notamment de : Être chômeur à Paris, Sâo Paulo, Tokyo. Une méthode de comparaison internationale. Presses de Sciences Po, 2013. Avec N.Guimarâes, H. Hirata, K. Sugita), Sociologie des chômeurs, La Découverte (200b).
Jean-François Dortier
Fondateur et directeur du magazine Sciences Humaines.
Alain Ehrenberg
Sociologue, directeur de recherche au CNRS. Il est l’auteur, notamment de La Fatigue d’être soi (Odile Jacob. et de La Société du malaise (Odile Jacob, 2010).
Pierluigi Graziani
Professeur des universités en psychologie clinique et psychopathologie (université de Nîmes), il est l’auteur notamment de Soigner les addictions par les TCC (avec L. Romo, Elsevier Masson, 2013) et de Comment arrêter l’alcool ? (avec D. Eraldi Gackière, Odile Jacob, 2003).
Cyrille J-D Javary
Traducteur du Yi Jing, le Classique des Changements (Albin Michel, 2002), conférencier et consultant en entreprise, il a publié notamment Les Trois Sagesses chinoises : Taoïsme, Confucianisme, Bouddhisme (Albin Michel, 2010 ; éd. poche, 2012) ; La Souplesse du dragon. Fondamentaux de la culture chinoise (Albin Michel, 2014) ; Confucius, vieux sage ou maître actuel ? coffret 3 CD audio (éd. Frémeaux, 2015).
Michel Lacroix
Philosophe, maître de conférences des Universités. Auteur notamment de Le Développement personnel (Flammarion, 2000), Le Culte de l’émotion, Flammarion, 2001, Ma philosophie de l’homme (Robert Laffont, 2015).
Héloïse Lhérété
Rédactrice en chef du magazine Sciences Humaines.
Jean-François Marmion
Rédacteur en chef du magazine Le Cercle psy.
Charles Martin-Krumm
Maître de conférences à l’IUFM de Rennes, président de l’Association française et francophone de psychologie positive. Il a dirigé avec Cyril Tarquinio le Traité de psychologie positive, paru en 2011 aux éditions De Boeck.
Nicolas Marquis
Chargé de cours à l’université Saint-Louis de Bruxelles et Marie Curie fellow au Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, société (CERMES3) de l’université Paris-Descartes. Il est l’auteur de Du bien-être au marché du malaise, La société du développement personnel (Puf, 2014).
Xavier Molénat
Journaliste.
Claire Petitmengin
Professeure et chercheuse en philosophie et sciences cognitives à l’institut Mines-Télécom (TEM), auteure notamment de L’expérience intuitive (L’Harmattan, 2001) et Le Chemin du milieu. Introduction à la vacuité dans la pensée bouddhiste indienne, (Dervy, 2007).
Anne-Laure Pommery
Journaliste.
François de Singly
Professeur de sociologie à l’université Paris-V, il a publié, entre autres, Sociologie de la famille contemporaine (5e éd., Armand Colin, 2014).
Marc-Henry Soulet
Professeur de sociologie. Titulaire de la Chaire de Travail social et politiques sociales, Université de Fribourg (Suisse). Il a dirigé Changer de vie. Un problème social, Academie Press Fribourg, 2011 et publié « Changer de vie, devenir autre : essai de formalisation des processus engagés » in Bifurcations. Les sciences sociales face aux ruptures et à l’événement, La Découverte, 2010.
Pierre-Henri Tavoillot
Maître de conférences à l’université Paris-IV, président du Collège de philosophie, il est notamment l’auteur de Philosophie des âges de la vie (Grasset, 2007, avec É. Desenavanne), L’Abeille et le Philosophe. Étonnant voyage dans la ruche des sages (Odile Jacob, 2015), Faire ou ne pas faire son âge (éd. de l’Aube, 2014).
Anne-Claire Hiérizols
Journaliste.
Fabien Trécourt
Journaliste.
Flora Yacine
Journaliste.
MARQUIS, Nicolas (Sous la direction de), LE CHANGEMENT PERSONNEL, Histoire Mythes Réalités, Annexes – Liste des contributeurs, Sciences Humaines Éditions, Auxerre, France, 2015, pp. 267-268.
J’ai lu avec un grand intérêt le livre LE CHANGEMENT PERSONNEL sous la direction de NICOLAS MARQUIS. «Cet ouvrage a été conçu à partir d’articles tirés du magazine Sciences Humaines, revus et actualisés pour la présente édition ainsi que de contributions inédites. Les encadrés non signés sont de la rédaction.» J’en recommande vivement la lecture pour son éruditions sous les aspects du changement personnel exposé par différents spécialistes et experts tout aussi captivant les uns les autres.
La première partie du livre m’a comblé parce qu’elle traite intelligemment de la philosophie, ici présentée, comme la source historique du changement personnel.
PARTIE I – LE CHANGEMENT PERSONNEL : D’AUTRES TEMPS, D’AUTRES LIEUX
L’art de vivre dans l’Antiquité (A. Collognat)
Les sages en Grèce et à Rome (J. Canonne)
Les trois piliers de la sagesse chinoise (C. J-D Javary)
Confucianisme, taoïsme, bouddhisme…
La répartition des tâches (encadré)
Conduire son existence
Philosophie et développement personnel (N. Marquis)
Le mythe de l’intériorité (encadré)
Une brève histoire du développement personnel (C. André)
L’aventure prométhéenne du développement personnel (M. Lacroix)
France-États-Unis : deux conceptions de l’autonomie – Rencontre avec Alain Ehrenberg
Les racines philosophiques du « self-help » aux États-Unis (encadré)
Poursuivant ma lecture, je restais dans l’expectative de voir un sujet important à aborder sous le thème du changement personnel : la philothérapie (consultation philosophique). Mais cette Nouvelle Pratique de la Philosophie (NPP – UNESCO) ne fut pas traitée.
L’ouvrage LE CHANGEMENT PERSONNEL fut édité en 2015. Or, le premier cabinet de consultation philosophique est initiée dès les années 1980 par le philosophe allemand Gerd B. Achenbach dont il fera un premier bilan dans son livre Philosophische Praxis (1984) (voir aussi).
En 1981, le philosophe allemand Dr. Gerd B. Achenbach a été le premier à ouvrir une pratique philosophique. Dans son bureau, Achenbach a commencé à recevoir ceux qui cherchaient un certain type de conseils. Certains de ses clients avaient déjà essayé tout ce que la société d’aujourd’hui offre pour soulager les angoisses, les souffrances et les questions existentielles. Après le psychanalyste, le gourou, l’astrologue et l’atelier New Age, ils sont venus chercher de l’aide à la praxis d’un sceptique à l’écoute sympathique. L’objectif d’Achenbach est d’offrir au public une alternative à la psychothérapie, mais pas une thérapie alternative. Il déclare explicitement que la pratique philosophique n’est pas du tout une thérapie. Les diagnostics cliniques et le traitement, à l’instar du paradigme médical de la thérapie, sont absents de l’approche d’Achenbach ; même ainsi, le conseil philosophique peut également avoir des résultats thérapeutiques.
Je ne m’explique pas pourquoi un livre aussi complet au sujet du changement personnel ne relève pas la contribution des philosophes consultants ou praticiens. Pourtant, le lecteur se voit informé que cet ouvrage réunis des articles tirés du magazine Sciences Humaines, qui furent revus et actualisés. On ne peut donc pas justifiée l’absence des philosophes consultants dans cet ouvrage par l’absence d’articles sur le sujet dans les éditions du magazine SCIENCES HUMAINES précédant 2015, année de publication de l’ouvrage. Il s’agissait tout simplement d’intégrer la consultation philosophique dans la révision et l’actualisation de ces articles. Le lecteur est aussi avisé que l’ouvrage comprend des contributions inédites mais aucune ne traite de la consultation philosophique. Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?
Il me m’apparaît pas logique de se référer aux racines historiques de l’arbre du changement personnel sans, par la suite, parler de la branche de la consultation philosophique en lien direct avec ces racines. Je ne comprends pas.
Le directeur de la publication LE CHANGEMENT PERSONNEL, Nicolas Marquis est docteur en sociologie (voir aussi). Dois-je comprendre que la sociologie se réfère aisément à la philosophie mais qu’elle ne voit aucune phénomène social digne de mention dans la naissance et le développement de la consultation philosophique ? On compte déjà une activité importante dans le secteur de la consultation philosophique dès l’entrée dans les années.
À elles seules, la création de l’American Philosophical Practitioners Association (APPA) en 1999 et de l’Institut de pratiques philosophique en 2003 témoignent suffisamment de l’ampleur du phénomène social de la consultation philosophique pour être prise en compte par la sociologie. Comment un docteur en sociologie peut-il passer à côté de ce phénomène social en traitant du changement personnel ?
Pourtant, Nicolas Marquis consacre la troisième partie de l’ouvrage qu’il dirige aux points de vue des praticiens.
Parti III – Regards croisés sur le changement personnel
I – LE POINT DE VUE DES PRATICIENS
Peut-on vraiment se réaliser ?
Rencontre avec Michel Lacroix
L’estime de soi au quotidien (C. André)
Changer tout en restant soi-même
Psychothérapie et changement (J. Cottraux)
Facteurs communs des psychothérapies efficaces (encadré)
« La psycho positive, ce n’est pas positiver ! » Rencontre avec Charles Martin-Krumm
Qu’est-ce que méditer ? (C. Petitmengin)
Lâcher prise pour s’ouvrir au monde (encadré)
Les usages de la méditation (encadré)
Le premier texte, PEUT-ON VRAIMENT SE RÉALISER ?, est issu d’une RENCONTRE AVEC MICHEL LACROIX. Mes propres recherches indique que Michel Lacroix n’est pas un philosophe praticien mais plutôt un universitaire : « Normalien, agrégé de philosophie, Michel Lacroix est maître de conférences à l’université de Cergy-Pontoise » selon son éditeur Robert Laffont. Monsieur Lacroix n’opère pas un cabinet de consultation philosophique même s’il a écrit « Philosophie de la réalisation personnelle ».
Bref, les textes de cette partie sont signés par
un normalien, agrégé de philosophie, maître de conférences;
un philosophe maître de conférence dans les Universités;
un médecin psychiatre à l’hôpital;
un neuropsychiatre;
un professeur d’Université à l’École de Psychologues Praticiens, coach et conférencier;
une professeure et chercheuse en philosophie et sciences cognitives.
Somme toute, on ne trouve pas au bas des pâquerettes, sur le terrain. Je serai étonné d’apprendre que tous les témoignages qui suivent (II – LE POINT DE VUE DES USAGERS : TÉMOIGNAGES) proviennent de consultation avec les praticiens de la section précédente (I – LE POINT DE VUE DES PRATICIENS).
La troisième et dernière partie, LES CRITIQUES DU DÉVELOPPEMENT PERSONNEL, proviennent du milieu même du développement personnel, à l’exception du texte proposé par un journaliste et un autre texte signé par un sociologue. Le texte « Le bon et le mauvais coach » est signé « E.T. » que je ne parviens pas à identifier.
III. LES CRITIQUES DU CHANGEMENT PERSONNEL
Développement personnel, un royaume en éclats (Jean-François Marmion, Rédacteur en chef du magazine Le Cercle psy).
Coaches : que font-ils vraiment ? (Fabien Trécourt, Journaliste.)
Le bon et le mauvais coach (Nicolas Marquis – Chargé de cours à l’université Saint-Louis de Bruxelles et Marie Curie fellow au Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, société (CERMES3) de l’université Paris-Descartes. Il est l’auteur de Du bien-être au marché du malaise, La société du développement personnel (Puf, 2014)).
L’inconscient du changement personnel – Quatre questions à Michèle Declerck (Michèle Declerck, Psychologue clinicienne, analyste, sophrologue, elle est l’auteur de Le Principe de précaution ou comment rater sa vie en essayant de la sauver, L’Harmattan, 2014.)
Changer sa vie : une question sociologique (Marc-Henry Soulet, Professeur de sociologie. Titulaire de la Chaire de Travail social et politiques sociales, Université de Fribourg (Suisse). Il a dirigé Changer de vie. Un problème social, Academie Press Fribourg, 2011 et publié « Changer de vie, devenir autre : essai de formalisation des processus engagés » in Bifurcations. Les sciences sociales face aux ruptures et à l’événement, La Découverte, 2010.)
Habituellement, dans mon livre à moi, les meilleures critiques proviennent, non pas de l’intérieur, mais de l’extérieur. Les critiques de l’intérieur par l’intérieur demeurent biaisées et très souvent partial, malgré les efforts d’objectivité déployés.
Le livre LE CHANGEMENT PERSONNEL n’a que deux défauts : 1. exclusions des philosophes consultants ou praticiens; 2. subjectivité du regard critique.
Les trois sous-titres en couverture, HISTOIRE – MYTHES – RÉALITÉ, annoncent adéquatement le contenu du livre LE CHANGEMENT PERSONNEL.
Cependant, je reste sur la crainte que l’HISTOIRE procure encore davantage de raisons au coaching en développement personnel et professionnel pour se crédibiliser. Mais voilà que Nicolas Marquis nous demande si le Développement personnel ne serait en train de devenir « un nouveau créneau pour philosophes reconvertis ? »
N’importe quel observateur de l’achalandage des rayons des grandes librairies conviendra aisément qu’entre le rayon du « développement personnel » (DP) et celui de la « philosophie », on a plutôt affaire à un métissage progressif qu’à une rupture nette et franche. On peut sans peine imaginer l’embarras du libraire qui se demande comment classer des titres d’auteurs qui, qu’on les aime ou non, ont plutôt habitué leurs lecteurs à des travaux proprement philosophiques. Mais voilà maintenant que Peter Sloterdijk écrit Tu dois changer ta vie ! Alain Badiou produit La Métaphysique du bonheur réel, Jacques Attali sort un Devenir soi : prenez le pouvoir sur votre vie. Le DP, un nouveau créneau pour philosophes reconvertis ?
La vie bonne : une préoccupation commune
Certains se réjouiront du fait que le savoir des philosophes contemporains, souvent perçu comme sclérosé, mêle enfin son sang à celui moins noble des productions populaires disponibles dans les supermarchés. D’autres se désoleront au contraire de voir des auteurs pourtant si respectables céder apparemment aux sirènes du marketing. Quelle que soit notre humeur à cet égard, il serait fâcheux d’oublier que la philosophie est d’abord une discipline qui vise à la compréhension, voire à la transformation de nos vies, sur les plans individuel comme collectif.
MARQUIS, Nicolas (Sous la direction de), Le changement personnel, Conduire son existence. Philosophie et développement personnel, Sciences Humaines Éditions, Auxerre, France, 2015, p. 34. (Voir CAIRN.INFO)
En réalité, cette reconversion se limite aux papiers. Aucun des philosophes cités dans cet extrait ne tient de cabinet de consultation philosophique ouvert à tous; ce ne sont pas des philosophes consultants ou praticiens. Ils nous offrent que de la littérature, exercice solitaire s’il en est un. Or, le changement personnel implique l’interpersonnel, un contact avec l’autre et même idéalement un conseil avisé de cet autre.
III. Regards croisés sur le changement personnel
Présentation
Par Nicolas Marquis
En devenant un phénomène de société, le changement personnel a impliqué un nombre de plus en plus important d’acteurs. Il n’est plus un procédé artisanal que l’on pratique secrètement à l’abri du regard d’autrui, dans son garage ou dans son for intérieur. La mouvance du changement personnel a donné naissance à de nombreux dispositifs qui ont aujourd’hui pignon sur rue : des thérapies comportementales et cognitives aux pratiques orientales de méditation, du coaching en entreprise à la psychologie positive, des groupes d’entraides aux ouvrages du développement personnel, etc. Le nombre d’outils à notre disposition pour travailler sur nous-mêmes n’a sans doute jamais été aussi important. Le changement personnel est devenu à la fois un marché, qui brasse de considérables sommes d’argent, un domaine d’expertise dans lequel se forment de nombreux praticiens en tentant de se différencier des charlatans, une nébuleuse qui reprend des éléments de discours épars, de la psychologie à l’ésotérisme en passant par les sagesses orientales ou les motivational speakers américains, un champ de lutte où se confrontent différentes visions de ce qu’est une vie réussie, et un objet d’étude pour une série de disciplines de sciences humaines.
MARQUIS, Nicolas (Sous la direction de), Le changement personnel, Présentation, III. Regards croisés sur le changement personnel, Sciences Humaines Éditions, Auxerre, France, 2015, p. 165. (Voir CAIRN.INFO)
Le simple fait que le Développement personnel (DP) soit devenu un marché au sens capitalisme du terme indique que le travail sur soi est désormais une entreprise, tant pour le coach que pour le coaché. Nicolas Marquis nous parle d’«un champ de lutte où se confrontent différentes visions de ce qu’est une vie réussie». Et c’est là une grande partie du problème des coachs car ils sont eux-mêmes le produit de la société capitaliste dans laquelle ils veulent inscrire, individu par individu, une matrice quasi industrielle du changement personnel. La lutte n’est pas tant sur les fondements d’une vie réussie, peu importe la vision de l’individu, ils s’en remettent à cette dernière, s’y soumettront, pour autant qu’il devienne un client. Finalement, la lutte s’avère davantage orientée vers la survie économique de l’entreprise de coaching. Le coach doit parvenir à vivre économiquement de son entreprise.
Les coachs s’inscrivent dans cette mouvance entrepreneuriale qui, depuis les années 1980, incite les jeunes et moins jeunes chômeurs à se lancer en affaires, à créer leur propre entreprise, à devenir travailleurs autonomes dont on retiendraient les services sous contrat, sans avoir ainsi à assumer les charges d’un employé. Et voilà maintenant qu’on dit à ces jeunes-vieux qu’ils doivent eux-mêmes devenir une entreprise, une entreprise de soi, et être ainsi équipé pour faire face aux changements inhérents à toute vie, pour exploiter leurs ambitions personnelles et professionnelles.
III. Regards croisés sur le changement personnel
II. Le point de vue des usagers : témoignages
Coaches : que font-ils vraiment ?
par Fabien Trécourt
C’est une première : plus d’un Européen sur deux déclare désormais avoir entendu parler du coaching professionnel d’entreprise, selon une étude internationale d’ICF/PwC, publiée fin mai 2014 (« 2014 ICF Global consumer awareness study »). Si vous faites partie de ceux qui assimilent spontanément coaching et entraînement sportif, sachez que le terme désigne aussi une prestation de service à destination des cadres et des dirigeants, en pleine expansion depuis les années 1980 – huit « coachés » sur dix jugent aujourd’hui l’expérience satisfaisante, contre 76 % en 2010. Selon la Société française de coaching (SFCoach), l’une des principales de ce secteur en France, cette démarche consiste en un « accompagnement de personnes ou d’équipes pour le développement de leurs potentiels et de leurs savoir-faire dans le cadre d’objectifs professionnels ». Étymologiquement, précise la coach Nathalie Ducrot, le mot renvoie à la profession de cocher : « Celui qui vous emmène là où vous voulez aller en toute sécurité, après avoir pris le temps de baliser le terrain, mais sans être un guide ou un mentor pour autant. » Autrement dit, un praticien part du principe que chaque manager est le meilleur expert de sa situation et possède en lui-même des solutions qu’il s’agit simplement de faire émerger. « C’est un facilitateur et un accompagnateur », conclut-elle.
MARQUIS, Nicolas (Sous la direction de), Le changement personnel, Coaches : que font-ils vraiment ? (Fabien Trécourt), II. Le point de vue des usagers : témoignages – III. Regards croisés sur le changement personnel, Sciences Humaines Éditions, Auxerre, France, 2015, p. 238. (Voir CAIRN.INFO)
Quelle astuce ! Tout est déjà en vous ! Je ne suis qu’« un facilitateur et un accompagnateur ». Socrate serait fier, lui, l’accoucheur d’esprit. « Et comment exploiter mon potentiel ? » « Suivez mes instructions » dira le coach. Cette approche prescriptive du coaching s’inscrit dans un modèle sociaux-éconimique à épouser et ainsi s’y formater. Un modèle pour un autre, tout aussi contraignant l’un que l’autre, société oblige.
III. Les critiques du changement personnel
Changer sa vie : une question sociologique
par Marc-Henry Soulet
On a tous rêvé d’une autre vie. Non pas tant de devenir milliardaire ou rock star à qui millions et groupies sont promis. Mais plus fondamentalement d’une autre vie pour soi, à soi. Pouvoir battre à nouveau les cartes et refaire la donne. Faire machine arrière et éviter ce dans quoi l’on s’est enfermé. Avoir une deuxième chance, en quelque sorte. Recommencer sa vie tout bonnement. Mais si changer sa vie est un travail sur soi, c’est aussi un travail permis, soutenu, produit socialement. On ne change pas sa vie tout seul parce que, tout simplement, on ne change pas de vie comme cela. Les sociologues ont toujours rappelé qui la force des déterminismes sociaux (la socialisation primaire, l’habitus…), qui les coûts de la mobilité sociale (la névrose de classe, le poids du statut de transfuge…), qui la pesanteur des actions passées (les paris adjacents contraignant à poursuivre malgré soi dans la voie engagée).
MARQUIS, Nicolas (Sous la direction de), Le changement personnel, Changer sa vie : une question sociologique (Marc-Henry Soulet) – III. Regards croisés sur le changement personnel – III. Les critiques du changement personnel, Sciences Humaines Éditions, Auxerre, France, 2015, p. 250. (Voir CAIRN.INFO)
Une autre vie ? Une autre vie dans la vie ? « Mais plus fondamentalement d’une autre vie pour soi, à soi. » Mais peut-on parler d’une « autre vie » ? Ne sagit-il pas de la même vie mais orientée différemment ? Tout depend de ce que nous entendons par « vie ». Le développement personnel ne ressusite pas les morts, même au sens figuré.
Dans son livre SÉDUCTION PSYCHOLOGIQUE – ÉCHEC DE LA PSYVHOLOGIE MODERNE (1985) (voir aussi), William Kirk Kilpatrick, alors professeur associé de psychologie éducative au Boston College et licencié des université Harvard et Purdue, explique que les gens ne veulent pas travailler sur eux, sur leur MOI, ils veulent un nouveau MOI. Ils veulent leur chemin de Damas, une révélation pour une conversion instantanée et par la seule force de l’âme et de l’esprit. Être un nouvel Être du jour au lendemain, doté d’un tout nouveau MOI. Ils ne veulent pas défiler chacune des lettres de l’alphabet; il veulent passer du A directement à Z. Est-ce possible ? Oui. Mais c’est une autre histoire.
J’accorde à l’ouvrage LE CHANGEMENT PERSONNEL sous la direction de NICOLAS MARQUIS chez SCIENCES HUMAINES ÉDITIONS 4 ½ étoiles. Je vous en recommande fortement la lecture.
Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».
La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).
L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.
L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.
Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.
Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.
Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».
À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.
J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.
J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.
La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.
Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.
Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».
Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)
Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface, p. 9.
J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.
Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, « La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.
J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.
Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.
J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.
Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.
Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.
Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »
Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.
J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.
Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.
J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».
Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».
J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.
Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.
J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.
Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer
Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.
Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».
Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.
Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.
Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.
Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.
Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.
J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.
Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».
Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.
La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.
Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.
À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…
Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.
Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.
Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.
Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».
J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.
Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.
La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.
La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.
Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.
Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.
En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.
“ Après les succès d’Épicure 500 vous permettant de faire dix repas par jour sans ballonnements, après Spinoza 200 notre inhibiteur de culpabilité, les laboratoires Laron, vous proposent Philonium 3000 Flash, un médicament révolutionnaire capable d’agir sur n’importe quelle souffrance physique ou mentale?: une huile essentielle d’Heidegger pour une angoisse existentielle, une substance active de Kant pour une douleur morale…. Retrouvez sagesse et vitalité en un instant ”, s’amusaient les chroniqueurs radio de France Inter dans une parodie publicitaire diffusée à l’occasion d’une émission ayant pour thème?: la philosophie peut-elle soigner le corps ?
J’attribue quatre étoiles sur cinq à ce livre. Les lecteurs assidus de mes articles connaissent fort bien ma position plus que défavorable face au développement personnel. À l’instar de Thiery Jobard, je suis contre le développement personnel. Je qualifie le développement personnel d’arnaque extrêmement dangereuse pour ses adeptes et notre société.
Le philothérapeute (philosophe consultant ou philosophe praticien) a l’obligation de très connaître le contexte dans lequel évolue son client. Le développement de l’esprit critique de ce client passe inévitablement par une prise de conscience de sa cognition en vue de comprendre comment il connaît. Si, dès le départ, le client n’a pas conscience de son mode de pensées, il lui sera difficile de participer activement au dialogue avec son philothérapeute. L’objectif primaire du philosophe consultant demeure de déceler et de corriger les biais cognitifs de son client avant même d’abord une question philosophique. Bref, si la »machine à pensée » du client est corrompu par des «virus cognitifs », une «réinitialisation » s’impose en début de séance de consultation.
Dans son livre « Développement (im) personnel, Julia de Funès, docteure en philosophie, soutient que le développement personnel offre la même recette à tous et qu’à ce titre il ne peut donc pas se qualifier sa démarche de « personnel ». Selon ma compréhension, le développement personnel devrait mettre de l’avant un développement personnalisé, c’est-à-dire adapté à chaque individu intéressé pour se targuer d’être personnel.
Mon intérêt pour la pensée scientifique remonte à plus de 25 ans. Alors âgé d’une quarantaine d’année, PDG d’une firme d’étude des motivations d’achat des consommateurs, je profite des enseignements et de l’étude du processus scientifique de différentes sources. Je me concentre vite sur l’épistémologie…
Ce livre m’a déçu en raison de la faiblesse de sa structure indigne de son genre littéraire, l’essai. L’auteur offre aux lecteurs une foule d’information mais elle demeure difficile à suivre en l’absence de sous-titres appropriés et de numérotation utile pour le repérage des énumérations noyés dans un style plus littéraire qu’analytique.
En l’absence d’une association d’accréditation des philothérapeutes, philosophes consultants ou praticiens en francophonie, il est difficile de les repérer. Il ne nous reste plus que de nombreuses recherches à effectuer sur le web pour dresser une liste, aussi préliminaire soit-elle. Les intervenants en philothérapie ne se présentent pas tous sous la même appellation : « philothérapeute », « philosophe consultant » ou « philosophe praticien » « conseiller philosophique » « philosophe en entreprise », « philosophe en management » et autres.
J’ai lu le livre GUÉRIR L’IMPOSSIBLE en me rappelant à chaque page que son auteur, Christopher Laquieze, est à la fois philosophe et thérapeute spécialisé en analyse comportementale. Pourquoi ? Parce que ce livre nous offre à la fois un voyage psychologique et philosophique, ce à quoi je ne m’attendais pas au départ. Ce livre se présente comme « Une philosophie pour transformer nous souffrances en forces ». Or, cette philosophie se base davantage sur la psychologie que la philosophie. Bref, c’est le « thérapeute spécialisé en analyse comportementale » qui prend le dessus sur le « philosophe ».
Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.
Ma lecture de ce livre m’a procuré beaucoup de plaisir et de bonheur. Je recherche dans mes lectures les auteurs et les œuvres permettant aux lecteurs d’évoluer de prise de conscience en prise de conscience de la première à la dernière page, de ne plus être le même à la fin de la lecture. Et c’est ce que les lecteurs vivront à la lecture de ce livre.
Je n’ai pas aimé ce livre parce que son titre, LES PHILO-COGNITIFS, se réfère à la philosophie sans pour autant faire un traitement philosophique de son sujet. Mon achat reposait entièrement sur le titre de ce livre et je m’attendais à un livre de philosophie. Mais il s’agit d’un livre de psychologie. Mon achat fut intuitif. J’avais pleinement confiance dans l’usage du mot « PHILO » en titre d’un ouvrage pour que ce dernier ne puisse traiter d’un autre sujet que philosophique. Mais ce n’est pas le cas.
À l’instar de ma lecture précédente (Qu’est-ce que la philosophie ? de Michel Meyer), le livre PRÉSENTATIONS DE LA PHILOSOPHIE du philosophe ANDRÉ COMTE-SPONVILLE m’a plu parce qu’il met en avant les bases mêmes de la philosophie et, dans ce cas précis, appliquées à une douzaine de sujets :…
J’ai dévoré le livre LES THÉORIES DE LA CONNAISSANCE par JEAN-MICHEL BESNIER avec un grand intérêt puisque la connaissance de la connaissance me captive. Amateur d’épistémologie, ce livre a satisfait une part de ma curiosité. Évidemment, je n’ai pas tout compris et une seule lecture suffit rarement à maîtriser le contenu d’un livre traitant de l’épistémologie, notamment, de son histoire enchevêtrée de différents courants de pensée, parfois complémentaires, par opposés. Jean-Michel Besnier dresse un portrait historique très intéressant de la quête philosophique pour comprendre la connaissance elle-même.
Ce livre n’était pas pour moi en raison de l’érudition des auteurs au sujet de la philosophie de connaissance. En fait, contrairement à ce que je croyais, il ne s’agit d’un livre de vulgarisation, loin de là. J’ai décroché dès la seizième page de l’Introduction générale lorsque je me suis buté à la première équation logique.
Quelle agréable lecture ! J’ai beaucoup aimé ce livre. Les problèmes de philosophie soulevés par Bertrand Russell et les réponses qu’il propose et analyse étonnent. Le livre PROBLÈMES DE PHILOSOPHIE écrit par BERTRAND RUSSELL date de 1912 mais demeure d’une grande actualité, du moins, selon moi, simple amateur de philosophie. Facile à lire et à comprendre, ce livre est un «tourne-page» (page-turner).
La compréhension de ce recueil de chroniques signées EUGÉNIE BASTIÉ dans le quotidien LE FIGARO exige une excellence connaissance de la vie intellectuelle, politique, culturelle, sociale, économique et de l’actualité française. Malheureusement, je ne dispose pas d’une telle connaissance à l’instar de la majorité de mes compatriotes canadiens et québécois. J’éprouve déjà de la difficulté à suivre l’ensemble de l’actualité de la vie politique, culturelle, sociale, et économique québécoise. Quant à la vie intellectuelle québécoise, elle demeure en vase clos et peu de médias en font le suivi. Dans ce contexte, le temps venu de prendre connaissance de la vie intellectuelle française, je ne profite des références utiles pour comprendre aisément. Ma lecture du livre LA DICTATURE DES RESSENTIS d’EUGÉNIE BASTIÉ m’a tout de même donné une bonne occasion de me plonger au cœur de cette vie intellectuelle française.
À titre d’éditeur, je n’ai pas aimé ce livre qui n’en est pas un car il n’en possède aucune des caractéristiques professionnelles de conceptions et de mise en page. Il s’agit de la reproduction d’un texte par Amazon. Si la première de couverture donne l’impression d’un livre standard, ce n’est pas le cas des pages intérieures du… document. La mise en page ne répond pas aux standards de l’édition française, notamment, en ne respectant pas les normes typographiques.