Article # 359 – Une formation en psychologie pour les philosophes et une format en philosophie pour les psychologues ?


Philosophies est une revue internationale, évaluée par les pairs et en libre accès, qui promeut la réintégration des diverses formes de réflexion philosophique et de recherche scientifique sur les questions fondamentales de la science, de la technologie et de la culture, publiée en ligne tous les deux mois par MDPI. L’International Society for the Study of Information (IS4SI) est affiliée à Philosophies et ses membres bénéficient d’une réduction sur les frais de traitement des articles (APC).

Philosophies is an international, peer-reviewed, open access journal promoting re-integration of diverse forms of philosophical reflection and scientific research on fundamental issues in science, technology and culture, published bimonthly online by MDPI. The International Society for the Study of Information (IS4SI) is affiliated with Philosophies and their members receive a discount on the article processing charge.


Philosophy and Psychology Engaged: The Sincere, Practical, Timely and Felicitous Proposal of a Highly Suitable Marriage

by Larry Culliford, Independent Scholar, Steyning BN44 3PJ, UK


Lire cet article en ligne et le télécharger (anglais)


Culliford, L. Philosophy and Psychology Engaged: The Sincere, Practical, Timely and Felicitous Proposal of a Highly Suitable Marriage. Philosophies 2021, 6, 19. https://doi.org/10.3390/philosophies6010019

© 2021 by the author. Licensee MDPI, Basel, Switzerland. This article is an open access article distributed under the terms and conditions of the Creative Commons Attribution (CC BY) license (http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/).


Texte traduit de l’anglais au français par Gemini Google


Notice biographique de l’auteur

Le Dr Larry Culliford, chercheur indépendant, est diplômé du St Catharine’s College de Cambridge et du Guy’s Hospital de Londres, où il a obtenu ses diplômes de médecine et de chirurgie (MB, BChir en 1974). Ancien médecin généraliste et psychiatre consultant pour le NHS (titulaire du MRCPsych en 1984), il a pris sa retraite en 2007. Il a publié des articles consacrés aux liens entre spiritualité et psychiatrie, à l’enseignement de la spiritualité aux étudiants en médecine, ainsi qu’au « diagramme du sens de la vie » (The Meaning of Life Diagram). Parmi ses ouvrages figurent notamment Love, Healing & Happiness (2007), The Psychology of Spirituality: an introduction (2011), Much Ado about Something: a vision of Christian maturity (2015) et Seeking Wisdom (2017). Membre de longue date du Scientific and Medical Network ainsi que de l’International Society for the Study of Spirituality (INSS, auparavant BASS), il a également présidé la Thomas Merton Society of Great Britain and Ireland. En mars 2020, il a prononcé, sur invitation, la conférence inaugurale marquant l’ouverture de la nouvelle bibliothèque du Spirituality Institute for Research and Education (SpIRE) de Dublin.


Résumé

De multiples menaces imminentes témoignent d’un besoin pressant d’améliorer les relations sociales à l’échelle mondiale. Les bacheliers, curieux des personnes et de la vie, sont naturellement attirés par la philosophie et la psychologie. Une alliance manifeste entre ces deux disciplines renforcera leurs contributions en vue d’un avenir plus sain pour l’humanité. Un modèle de psychologie du développement en six étapes vers « l’individuation », « l’intégration complète de la personnalité » et « l’universalisme » — incluant une description des processus de transition entre ces étapes — définit des objectifs communs pour les deux disciplines. Un changement de paradigme introduit une dimension « spirituelle », hiérarchiquement supérieure et englobant de manière continue les dimensions physique, biologique, psychologique et sociale déjà établies de l’expérience et de la compréhension humaines ; il déplace la prédominance des priorités profanes et matérialistes vers un ensemble de valeurs universelles associées à la sagesse. En influençant l’éducation, la science, la politique et l’économie, cette évolution engendre des retombées positives mondiales. Afin d’approfondir le développement du caractère vers la sagesse et la maturité, et promouvoir ainsi l’évolution psychologique et philosophique de l’humanité, les cours de premier cycle peuvent être modifiés de manière simple et progressive en initiant les étudiants à des routines de « pratiques de sagesse » visant à élargir les horizons de l’expérience et à favoriser des compétences utiles, notamment la contemplation, la méditation, le discernement, l’empathie et la maîtrise de soi. À la suite de la conclusion, un addenda clôt l’article par une allégorie finale destinée à transmettre la pertinence d’une telle proposition, ouvrant ainsi la voie à un nouveau départ opportun, pratique et potentiellement fécond.

1. Introduction

Épigraphe

« La sagesse procède de l’âme, elle n’est pas susceptible de preuve, elle est sa propre preuve. »

Walt Whitman [1]

Il convient d’établir une distinction fondamentale entre le fait de connaître une chose et celui, plus réducteur, de posséder un savoir théorique sur cette chose : cet écart repose à la fois sur « l’expérience » et le « savoir-faire », deux attributs indispensables au premier cas mais superflus dans le second. Par exemple, la plupart des gens ont une notion de ce qu’est l’argile, mais seul un maître potier, grâce à l’expérience et à la maîtrise technique acquises par l’apprentissage et le travail effectif de la matière, peut véritablement prétendre la « connaître » ; il est ainsi en mesure de l’utiliser comme une substance vivante, dans le prolongement de sa propre personne, afin de façonner un objet singulier — un bol ordinaire, par exemple, à la fois fonctionnel et esthétique.

Dans cette optique, songeons à Béatrice et Bénédict, les protagonistes de la pièce de Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien, qui témoignent d’abord l’un envers l’autre une indifférence proche de l’animosité, avant de se révéler former un couple parfaitement assorti. Il pourrait en aller de même pour la philosophie et la psychologie sur le plan académique, si ces deux disciplines s’attachaient non seulement à dispenser un enseignement théorique sur leurs objets respectifs, mais également à former des étudiants pleinement instruits, chevronnés et aguerris dans leurs arts particuliers, les préparant ainsi à devenir des citoyens capables d’apporter des contributions individuelles et collectives généreuses et substantielles à l’édification d’une société sûre, harmonieuse et saine. À cet égard, la proposition avancée dans cet article procède de la conviction qu’au service d’une finalité aussi féconde, ces deux domaines ont énormément à s’apporter mutuellement, ouvrant la voie à l’émergence de futures promotions de philosophes rompus à la psychologie et de psychologues versés dans la philosophie. Ces pionniers seraient dès lors appelés à marquer de leur empreinte la culture générale ainsi que les générations futures de professionnels de la santé, du secteur médico-social, du corps enseignant et de dirigeants mondiaux à travers divers champs d’activité, qu’ils soient politiques, religieux, économiques, artistiques ou militaires [2].

Références

  1. Whitman, W. Song of the Open Road. Disponible en ligne : http://www.poetryfoundation.org/poems/48859/song-of-the-open-road (consulté le 17 décembre 2020).
  2. Culliford, L. Seeking Wisdom: A Spiritual Manifesto ; University of Buckingham Press : Buckingham, Royaume-Uni, 2017.

Lire la suite de cet article en ligne et le télécharger (anglais)


Texte original en anglais


Short Biography of Author

Dr. Larry Culliford, an independent scholar, is a graduate of St Catharine’s College, Cambridge and Guy’s Hospital, London, qualifying MB, BChir (1974). He is a former general practitioner and NHS consultant psychiatrist (MRCPsych 1984) who retired in 2007. He has published papers on spirituality and psychiatry, teaching medical students about spirituality, and ‘The Meaning of Life Diagram’. His books include ‘Love, Healing & Happiness’ (2007), ‘The Psychology of Spirituality: an introduction’ (2011), ‘Much Ado about Something: a vision of Christian maturity’ (2015), and ‘Seeking Wisdom’ (2017). He is a long-term member of the Scientific and Medical Network, and of the International Society for the Study of Spirituality (INSS—formerly BASS). He is a past Chair of the Thomas Merton Society of Great Britain and Ireland. In March 2020, by invitation, he gave the inaugural lecture launching the new library at Dublin’s Spirituality Institute for Research and Education (SpIRE).

Abstract

Multiple impending threats signify a pressing need for improved social relations globally. School leavers, curious about people and life, are naturally attracted to philosophy and psychology. An open alliance of the two will enhance their contributions towards a healthier future for humanity. A six-stage scheme of developmental psychology towards ‘individuation’, ‘full personality integration’ and ‘universalism’—including a description of transition processes between stages—defines shared goals for both disciplines. A paradigm change introduces a hierarchically superior, seamlessly encompassing, ‘spiritual’ dimension to the established physical, biological, psychological and social dimensions of human experience and understanding, and shifts dominance from worldly, materialist priorities towards a set of universal values associated with wisdom. Influencing education, science, politics and economics, this development produces worldwide benefits. To further character development towards wisdom and maturity, thus promoting humanity’s psychological and philosophical evolution, undergraduate courses can be modified simply and gradually by introducing students to ‘wisdom practice’ routines aimed at broadening horizons of experience and promoting helpful skills, including those of contemplation, meditation, discernment, empathy, and self-control. Following the Conclusion, an Addendum ends the paper with a closing allegory to convey the wisdom of such a suggestion, pointing towards a timely, practical and potentially profitable new beginning.

1. Introduction

Epigraph

“Wisdom is of the soul, Is not susceptible of proof, Is its own proof.”
Walt Whitman [1]

There is an important distinction to be made between knowing something and, more simply, knowing about that thing—the difference involving both ‘experience’ and ‘skill’, two attributes essential to the former but unnecessary regarding the latter. For example, people tend to know about clay, what it is, but only an expert potter, from experience and skill acquired through learning about and actually working it, can properly be said to ‘know’ clay and so be able to use it like living matter, as an extension of the personality, to create a distinctive object—a simple bowl perhaps, both utilitarian and beautiful.

Bearing this in mind, consider Beatrice and Benedick, the characters in Shakespeare’s play, Much Ado about Nothing, who seem initially to harbor a degree of indifference approaching antipathy towards one other, the two nevertheless being revealed eventually as a perfectly matched couple. So might it be with the academic disciplines of philosophy and psychology, should they come not only to teach about their respective subjects but also to educate students to become fully knowledgeable, skilled and experienced in their particular arts, preparing them to become citizens, making full and generous individual and collective contributions towards a safe, harmonious and healthy society. In this regard, the proposal suggested by this paper is born of the conviction that, with such a fruitful aim, the two disciplines have much to offer one another, giving rise to the possibility of future cohorts of experienced psychologically-minded philosophers and skillful philosophically-minded psychologists, pioneers set to influence a wider culture and future generations of health and social care professionals, schoolteachers, and leaders throughout the world in other spheres of activity—political, religious, commercial, artistic and military included [2].

References

  1. Whitman, W. Song of the Open Road. Available online: http://www.poetryfoundation.org/poems/48859/song-of-the-open-road. (accessed on 17 December 2020).
  2. Culliford, L. Seeking Wisdom: A Spiritual Manifesto; University of Buckingham Press: Buckingham, UK, 2017. [Google Scholar]

Read the full article online and download (PDF)


Article rédigé avec l'Intelligence artificielle GEMINI de Google
Article rédigé avec l’Intelligence artificielle GEMINI de Google

Ce document est un article universitaire écrit par Larry Culliford, intitulé « Philosophy and Psychology Engaged: The Sincere, Practical, Timely and Felicitous Proposal of a Highly Suitable Marriage », publié dans la revue Philosophies en 2021.

L’article propose une alliance (« un mariage ») entre la philosophie et la psychologie, afin de répondre aux crises sociétales et environnementales contemporaines en favorisant l’accès à la sagesse et à la maturité personnelle.

Voici les points principaux développés dans le texte :

1. Le rapprochement entre philosophie et psychologie

  • L’auteur compare la philosophie et la psychologie aux personnages Béatrice et Bénédict de Shakespeare : apparemment distantes, mais formant un couple idéal.

  • Plutôt que de rester purement théoriques (« académiques »), ces disciplines devraient former des praticiens compétents capables d’incarner la sagesse et d’améliorer la société.

  • S’inspirant de Pierre Hadot, l’article rappelle que la philosophie antique était avant tout un « mode de vie » et une quête de sagesse vécue.

2. Psychologie du développement et modèle en 6 étapes

L’auteur s’appuie sur les théories du développement personnel (Erikson, Jung, Kohlberg, Fowler, Arasteh) pour proposer un schéma en 6 étapes de maturation humaine et spirituelle :

  1. Égocentrique (Egocentric) : centré sur la survie et la satisfaction personnelle immédiate.

  2. Conditionnement (Conditioning) : imprégnation des règles, de la famille et des conventions culturelles (souvent matérialistes).

  3. Conformiste (Conformist) : recherche d’appartenance sociale et attachements matériels/idéologiques.

  4. Individuel (Individual) : émergence d’une pensée autonome, indépendance d’esprit, début de responsabilisation.

  5. Intégration (Integration) : réorientation vers l’altruisme, prise de conscience de l’interconnexion cosmique et de l’unité avec la nature et autrui.

  6. Universel (Universal) : sagesse avancée, compassion désintéressée, vie dans l’instant présent et perte de la peur de la mort.

3. Les dimensions de l’expérience humaine et la spiritualité

  • L’auteur structure la réalité humaine en cinq dimensions imbriquées : physique, biologique, psychologique, sociale et spirituelle (ou holistique).

  • La dimension spirituelle, définie ici de manière laïque et indépendante des dogmes religieux, donne du sens et relie l’ensemble des dimensions.

  • La science moderne est jugée trop souvent réduite à une vision matérialiste étroite incapable d’intégrer pleinement la conscience et l’expérience intérieure.

4. Guérison émotionnelle et compétences spirituelles

  • Le spectre émotionnel : L’auteur présente un tableau de huit paires d’émotions opposées/complémentaires (par exemple : Anxiété/Calme, Colère/Acceptation, Tristesse/Joie). La traversée du deuil et de la souffrance permet la libération émotionnelle et la croissance personnelle.

  • Pratiques de sagesse (Wisdom practices) : Pour développer la sagesse, Culliford recommande la contemplation (réflexion désintéressée) et la méditation (apaisement de l’esprit, pleine conscience), dont les bienfaits neurologiques et psychologiques sont soulignés.

  • Compétences associées : Le discernement, l’empathie, l’auto-contrôle et la capacité à identifier et nommer ses émotions (lexithymie).

5. Propositions pédagogiques pour l’université

L’auteur suggère d’adapter progressivement les programmes de premier cycle universitaire en philosophie et en psychologie :

  • Intégrer l’apprentissage de la psychologie du développement spirituel.

  • Introduire des routines quotidiennes d’exercices spirituels (méditation, contemplation de la nature, actes de service) via un « Plan de développement personnel/spirituel ».

  • Remplacer ou compléter les dilemmes purement abstraits (comme le problème du tramway) par des expériences vécues (jeux de rôle réalistes, excursions dans la nature, visites de lieux mémoriels ou sacrés).

6. Urgence planétaire et allégorie finale

  • Urgence : Face aux menaces globales (pandémie de COVID-19, crise climatique, risque nucléaire, consumérisme destructeur), il est urgent de passer de valeurs matérialistes et compétitives à des valeurs de coopération, de compassion et de sagesse universelle.

  • Allégorie : L’article se conclut par une histoire métaphorique où un sage ermite réconcilie deux jeunes villageois réticents au mariage en leur montrant que leur union donnera naissance à de magnifiques « enfants » (symbolisant les fruits bénéfiques d’une union entre philosophie et psychologie pour toute la communauté)


Est-ce à l’avantage de la psychologie?

Dans ce texte, la proposition n’est pas conçue comme un rapport de force où l’une des disciplines prendrait l’ascendant sur l’autre, mais plutôt comme une alliance équilibrée et mutuellement bénéfique. La psychologie en tire néanmoins des avantages considérables et déterminants selon l’auteur :

  • Un élargissement au-delà du réductionnisme matérialiste : L’auteur déplore que la science moderne et la psychologie universitaire soient trop souvent cantonnées à une approche réductionniste, matérialiste et empirique étroite, traitant parfois la conscience comme un simple sous-produit mécanique du cerveau. L’alliance avec la philosophie permet à la psychologie d’intégrer une cinquième dimension indispensable : la dimension spirituelle et holistique.

  • Une sortie du modèle purement biomédical et pharmacologique : Le texte souligne que la psychiatrie et la psychologie clinique contemporaines se heurtent à des niveaux épidémiques d’anxiété, de dépression et d’addictions qu’elles tentent trop souvent de « surmédicaliser » par des traitements médicamenteux. L’apport de la philosophie (notamment vue comme un « mode de vie » et un entraînement à la sagesse selon Pierre Hadot) offre à la psychologie des outils thérapeutiques durables : la contemplation, la régulation émotionnelle, l’acceptation et la quête de sens.

  • Un ancrage téléologique et éthique : En s’associant à la philosophie, la psychologie du développement gagne un cap clair pour définir ce que signifie une vie accomplie (le passage de l’égoïsme vers l’intégration, la sagesse et l’altruisme universel).

  • Des compétences cliniques renforcées : Les « exercices spirituels » recommandés (contemplation, méditation) améliorent concrètement les aptitudes du praticien en psychologie, notamment en développant son empathie, son discernement, son calme intérieur et sa capacité à aider le patient à nommer ses émotions (lexithymie).

L’avantage est réciproque : si la psychologie gagne en profondeur existentielle, en hauteur de vue et en méthodes de transformation intérieure, la philosophie y gagne pour sa part un ancrage empirique, une meilleure compréhension des processus de maturation humaine et une sortie de l’abstraction purement théorique. L’allégorie finale du mariage insiste d’ailleurs sur le fait que cette union ne bridera aucune des deux disciplines, mais « les aidera chacune à voler ».


Oui mais les philosophes consultants ne doivent pas pratiquer la psychologie.


La distinction institutionnelle et légale entre la pratique psychologique (réservée aux psychologues et psychothérapeutes réglementés) et le conseil philosophique (philosophical counselling) n’est pas abordée sur le plan juridique par Larry Culliford dans son texte.

L’auteur se place sur un plan épistémologique, éducatif et culturel plutôt que déontologique ou réglementaire :

  • Un projet universitaire et formateur plutôt que professionnel : Culliford s’adresse en premier lieu aux départements d’enseignement supérieur et aux étudiants de premier cycle. Son but est de former des « philosophes à sensibilité psychologique » (psychologically-minded philosophers) et des « psychologues à sensibilité philosophique » (philosophically-minded psychologists), sans fusionner les professions réglementées ni inciter les uns à usurper les prérogatives des autres.

  • La philosophie comme art de vivre (Hadot) et non comme psychothérapie médicale : L’auteur s’appuie sur la vision antique mise en avant par Pierre Hadot, où la philosophie antique comportait déjà des « exercices spirituels », de l’examen de conscience et de l’autorégulation émotionnelle bien avant l’apparition de la psychologie clinique moderne. Pour Culliford, intégrer la méditation ou la réflexion sur les émotions dans la formation philosophique ne relève pas de la pratique clandestine d’une psychologie médicale, mais d’un retour aux sources de la quête de sagesse.

  • La psychologie vue comme un éclairage sur la maturation : Ce que le philosophe emprunte à la psychologie dans le texte relève principalement de la psychologie du développement (Erikson, Jung, Fowler). Il s’agit pour lui de comprendre les étapes de la vie, la gestion des pertes et les mécanismes de l’ego, afin que la réflexion éthique et existentielle ne reste pas un pur exercice intellectuel abstrait.

Sur le plan de la pratique actuelle du conseil philosophique, les praticiens veillent à ne pas poser de diagnostics ni traiter de troubles mentaux, renvoyant ces situations vers des cliniciens. Le texte de Culliford ne contredit pas cette règle d’exercice : il invite plutôt le philosophe à s’outiller de concepts développementaux et de pratiques réflexives pour accompagner la personne vers la maturité et la sagesse, tout en invitant le psychologue à ne pas réduire l’être humain à une mécanique cérébrale ou pathologique.


Voir tous nos articles

 

Article # 253 – De la théorie à la pratique : intégrer la spiritualité éthique dans la formation au conseil philosophique, Mahdi Ganjvar, Professeur associé, Département de philosophie et de théologie islamiques, Université d’Ispahan, Ispahan, Iran, 20 Août 2025

Traduit de l’anglais au français pour Google Gemini

Intelligence artificielle GEMINI de Google


Available via license: CC BY-NC 4.0

Lire la version originale en anglais


License : CC BY-NC 4.0

Ganjvar, Mahdi. (2025). From concept to practice: integrating ethical spirituality into philosophical counseling training. Journal of Medical Ethics and History of Medicine. 10.18502/jmehm.v18i7.19421.


Copyright © 2025 Tehran University of Medical Sciences. This work is licensed under a Creative Commons Attribution-Non-Commercial 4.0 International license https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ Non-commercial uses of the work are permitted, provided the original work is properly cited.


Auteur correspondant Mahdi Ganjvar Adresse : Département de philosophie et de théologie islamiques, Faculté de théologie et d’études du Ahl-al-Bayt (descendants du Prophète), Université d’Ispahan, Ispahan, Iran. Code postal : 8174673441 Tél : (+98) 31 37 93 31 36 E-mail : m.ganjvar@ltr.ui.ac.ir


Reçu : 14 fév. 2024 Accepté : 11 avr. 2025 Publié : 20 août 2025


Citation de cet article : Ganjvar M. From concept to practice: integrating ethical spirituality into philosophical counseling training. J Med Ethics Hist Med. 2025: 18:7.


Mots-clés : Conseil philosophique ; Spiritualité ; Confidentialité ; Bien-être ; Éthique médicale.


Copyright © 2025 Université des sciences médicales de Téhéran. Ce travail est sous licence internationale Creative Commons Attribution-Pas d’Utilisation Commerciale 4.0. Les utilisations non commerciales de l’œuvre sont autorisées, à condition que l’œuvre originale soit correctement citée.


Résumé

Le conseil philosophique reconnaît de plus en plus le rôle de la spiritualité et de l’éthique au sein des contextes multiculturels. Cet article vise à combler une lacune dans la formation des conseillers concernant l’absence de directives claires pour l’intégration de concepts moraux et spirituels dans le conseil, et propose un modèle conceptuel et pratique. Sur le plan méthodologique, cette étude réalise une revue exhaustive de la littérature, synthétisant des publications professionnelles sur le conseil philosophique, la spiritualité et les principes éthiques issus d’institutions telles que l’American Counseling Association (ACA) et l’Organisation de psychologie et de conseil d’Iran (PCOI). L’article théorise un cadre éthique pour la spiritualité dans le conseil philosophique et préconise l’intégration dans les programmes d’études de la compétence, des valeurs, de l’ouverture d’esprit, du bien-être du client, de la confidentialité et de la réhabilitation morale. Ce modèle théorique, qui nécessitera une validation empirique future, vise à améliorer la culture spirituelle et les capacités éthiques des praticiens. Les résultats de l’étude soulignent la nécessité impérieuse pour les conseillers philosophiques de synchroniser méticuleusement leurs approches avec les valeurs, les exigences, les priorités et les attentes distinctes exprimées par leurs clients. Cet alignement valide intrinsèquement l’autonomie inhérente du client et sa capacité d’autodétermination dans les processus de prise de décision. Par conséquent, il est primordial que les conseillers philosophiques fassent preuve d’une prudence judicieuse afin de contourner l’imposition par inadvertance de leurs valeurs personnelles ou de leurs convictions religieuses, car de telles actions contreviendraient fondamentalement au principe éthique de l’autonomie du client.

Introduction

Le conseil philosophique, ou « thérapie par la philosophie », offre une approche unique face aux défis de la vie et s’enracine dans les traditions philosophiques anciennes. Cette philosophie appliquée aide les individus à examiner leur vision du monde et les croyances sous-jacentes qui contribuent à leurs problèmes personnels (1). Elle vise à faire passer la philosophie de la théorie abstraite à un art pratique de vivre sagement et bien (2). Elle améliore également la connaissance de soi, aidant les clients à reconnaître et à hiérarchiser leurs valeurs par la réflexion et le questionnement plutôt que par des conseils (3, 4).

Contrairement au conseil médical (diagnostic des maladies physiques) ou à la psychologie traditionnelle (traitement des problèmes émotionnels), le conseil philosophique aborde les dimensions ontologiques, épistémologiques, éthiques et liées au sens des problèmes humains. Il emploie la pensée critique, l’analyse logique et des outils philosophiques tels que le questionnement socratique pour aider les clients à identifier leurs présupposés cachés, à clarifier leurs valeurs et à surmonter les dilemmes existentiels. L’objectif est la conscience de soi, la cohérence interne et une philosophie de vie épanouissante. Les distinctions clés entre le conseil philosophique et le conseil médical ou psychologique traditionnel peuvent être résumées comme suit :

  • Focalisation : Le conseil médical cible la santé physique ; la psychologie cible la santé mentale. Le conseil philosophique se centre sur les pensées, les croyances, les valeurs et le sens de la vie.

  • Approche : La médecine utilise un modèle de maladie ; la psychologie traditionnelle utilise des interventions thérapeutiques. Le conseil philosophique est exploratoire, analytique et éducatif ; il favorise l’autonomie de la pensée critique plutôt que le traitement de la « maladie mentale » (5).

  • Nature des problèmes : La médecine traite les affections physiques ; la psychologie traite les problèmes émotionnels/comportementaux. Le conseil philosophique se concentre sur les défis de croyance, de valeur, de sens, ainsi que sur les défis éthiques et existentiels ne découlant pas d’une maladie.

  • Rôle du conseiller : Les médecins sont des experts/thérapeutes, et les psychologues facilitent le changement. Les conseillers philosophiques guident les clients vers des prises de conscience indépendantes.

  • Objectif ultime : La médecine recherche la santé physique ; la psychologie recherche le bien-être mental. Le conseil philosophique promeut la sagesse, la conscience de soi, la cohérence intellectuelle et la création de sens.

Le conseil philosophique se concentre sur les aspects les plus profonds de l’expérience humaine et complète d’autres approches, aidant ceux qui recherchent une compréhension de soi profonde.

Tableau 1. Différences entre le conseil philosophique et la psychothérapie traditionnelle

Caractéristique Conseil philosophique Psychothérapie traditionnelle
Focalisation

valeurs, croyances, sens de la vie, pensée, convictions

diagnostic, traitement des maladies mentales, santé mentale et émotions

Approche

investigation, réflexion, analyse, éducation, exploration, autonomisation dans la pensée et la résolution de problèmes

modèle médical (diagnostic et traitement), approches thérapeutiques et interventionnelles pour les troubles mentaux

Buts / Objectifs

connaissance de soi, résolution de problèmes éthiques et existentiels, promotion de la sagesse, conscience de soi, cohérence intellectuelle, recherche de sens à la vie

réduction des symptômes, amélioration de la santé mentale, soulagement de la souffrance émotionnelle

Public cible

généralement, des personnes bien portantes confrontées à des problèmes de vie, des défis existentiels ou des préoccupations concernant les significations et les valeurs

personnes souffrant de problèmes de santé mentale et de troubles émotionnels/comportementaux

Rôle du conseiller

guide, compagnon de pensée, facilitateur de la compréhension de soi et de solutions générées par le client

expert, thérapeute, facilitateur de changement

Au-delà de ses distinctions fondamentales, le conseil philosophique intègre de plus en plus diverses composantes spirituelles et met l’accent sur la formation éthique des conseillers (6, 7). Les clients peuvent souhaiter intégrer leurs croyances spirituelles dans la thérapie ; or, bien que l’American Counseling Association (ACA) impose le respect des diverses orientations religieuses (8), les conseillers philosophiques manquent souvent de directives spécifiques dans ce domaine (9). La profession plus large du conseil a développé de solides compétences éthiques et techniques pour garantir le bien-être des clients, la supervision clinique jouant un rôle crucial dans le maintien de ces normes et le développement des compétences spirituelles. Malgré cela, de nombreux conseillers philosophiques déclarent se sentir mal préparés à aborder les questions spirituelles et éthiques lors des consultations. Cela met en évidence le besoin urgent de meilleures pratiques en matière d’éthique professionnelle et de compétences spirituelles au sein de la formation au conseil philosophique (10).

Bien que l’attention portée aux questions spirituelles dans la supervision soit en augmentation, l’incertitude demeure quant à savoir si les conseillers reçoivent une formation adéquate. Les études montrent invariablement que les praticiens signalent une formation insuffisante en éthique et en spiritualité (11-13), soulignant le besoin d’un « contenu supplémentaire pour aider les praticiens à se conformer aux mandats éthiques de la profession » (14). Le présent article aborde ce problème en examinant les stratégies éthiques/spirituelles essentielles pour les conseillers philosophiques au service de personnes issues de divers horizons religieux. Les dilemmes éthiques concernant la spiritualité dans le conseil philosophique sont vastes, allant des préoccupations concernant l’imposition de valeurs personnelles à la gestion de la séparation entre religion et politique dans les cadres universitaires. Ces défis peuvent entraver l’intégration efficace de la spiritualité en tant que compétence thérapeutique (15).

Compte tenu de cette nécessité et de cette lacune dans la recherche, un objectif secondaire de cet article est d’esquisser des stratégies de base pour l’orientation éthique lorsque les conseillers philosophiques intègrent des concepts spirituels et moraux dans leur pratique. Pour y parvenir, l’article analyse la littérature pertinente sur les aspects éthiques de la spiritualité dans le conseil philosophique. Il se concentre sur les composantes suivantes du code de déontologie de l’ACA (8) et des codes d’éthique de l’Organisation de psychologie et de conseil d’Iran (16) : a) la compétence spirituelle et professionnelle ; b) les idéaux et valeurs personnels ; c) l’ouverture d’esprit et le respect de la diversité ; d) le bien-être du client ; e) la confidentialité et la vie privée ; f) l’engagement pratique dans la réhabilitation morale des clients.

Ces composantes éthiques sont applicables à l’intégration nuancée de la spiritualité dans le conseil philosophique, couvrant tout, de la qualification du conseiller à la résolution des conflits éthiques. Bien que le concept d’intégration de la spiritualité dans le conseil ne soit pas nouveau, la nouveauté de cet article réside dans le fait qu’il relie les normes laïques occidentales aux fondements religieux et autochtones de l’éthique professionnelle de l’Iran dans son analyse de l’éthique spirituelle au sein du conseil philosophique.

Applications potentielles du conseil philosophique dans les dilemmes d’éthique médicale

Le conseil philosophique offre une approche puissante face aux dilemmes d’éthique médicale enracinés dans des croyances conflictuelles en clarifiant les valeurs et en favorisant le sens. L’intégration de la spiritualité éthique issue de ce domaine dans l’enseignement médical peut considérablement améliorer la compréhension qu’ont les professionnels du rôle de la spiritualité dans les décisions des patients, améliorer la communication, faciliter le dialogue éthique et accroître la conscience de la détresse morale (17). Les efforts de collaboration entre philosophes, conseillers et éthiciens médicaux peuvent offrir une formation éthique holistique et enrichir les cadres existants de la spiritualité dans les soins de santé. Cette intersection interdisciplinaire a des implications cruciales pour les soins centrés sur le patient.

Le conseil philosophique, par l’accent qu’il met sur les valeurs et le sens, est précieux pour naviguer dans les territoires complexes de l’éthique médicale. Il aide les patients et les familles à explorer les valeurs liées à la fin de vie, approfondit la compréhension des implications éthiques du consentement éclairé et aide à examiner les principes d’allocation des ressources (18). Il offre également un espace de réflexion aux professionnels de la santé confrontés à des situations éthiques difficiles (19). Sa focalisation non médicale et non religieuse lui permet d’aborder les aspects éthiques et spirituels sans imposer de cadres spécifiques (20).

Le conseil philosophique se connecte également à la médiation en bioéthique et à son application dans l’éthique organisationnelle et médicale, suggérant des perspectives uniques sur les conflits éthiques (21). Son utilisation croissante dans des domaines tels que la gestion des soins infirmiers et la médecine de réadaptation met en évidence une appréciation croissante des perspectives philosophiques en éthique médicale. Bien que la recherche existante aborde la spiritualité et l’éthique dans le conseil en général (22, 23), la spiritualité dans les soins médicaux (24, 25) et le conseil philosophique dans l’éthique des soins de santé (26), des recherches plus explicites sont nécessaires sur ce sujet. Plus précisément, nous devons étudier comment la formation au conseil philosophique, en particulier en termes de spiritualité éthique, façonne directement la résolution des dilemmes éthiques dans les milieux médicaux.

Tableau 2. Applications potentielles du conseil philosophique dans les dilemmes d’éthique médicale

Dilemme d’éthique médicale Pertinence potentielle de la spiritualité éthique Rôle potentiel du conseil philosophique
Prise de décision en fin de vie

Les valeurs spirituelles du patient influencent ses choix

Faciliter le dialogue sur les valeurs, élucider les cadres spirituels

Conflits de consentement éclairé

Compréhension par le patient du sens du bénéfice

Aider le patient à évaluer les avantages et les inconvénients du traitement à la lumière de ses valeurs profondément ancrées

Détresse morale chez les professionnels de la santé

Les valeurs professionnelles contribuent à la détresse morale

Fournir un espace de réflexion éthique, examiner les fondements philosophiques de la détresse, développer des stratégies d’adaptation

Méthodes

Cet article, étant propositionnel et conceptuel, n’évalue pas directement la validité et la fiabilité de ses méthodes proposées. Une telle évaluation nécessitera des recherches futures pour opérationnaliser le cadre suggéré et les recommandations pédagogiques au sein des programmes de formation, puis évaluer l’efficacité à l’aide de méthodes quantitatives et qualitatives. Par conséquent, l’objectif principal de cet article est d’offrir un cadre initial et de souligner l’importance des considérations éthiques et spirituelles dans la formation au conseil philosophique.

L’auteur a suivi les étapes ci-dessous pour développer le modèle conceptuel-appliqué et ses recommandations pédagogiques :

  • Identification des domaines clés : Cela impliquait de définir le conseil philosophique (les principes, les méthodes et les défis), la spiritualité dans le conseil (son importance et ses aspects multiculturels), et l’éthique du conseil, avec un accent sur le code de déontologie de l’American Counseling Association (ACA) et les codes d’éthique de l’Organisation de psychologie et de conseil d’Iran (16).

  • Recherche de sources d’information : Les bases de données spécialisées pertinentes, les articles scientifiques, les livres et les index de philosophie/éthique ont été explorés à l’aide de mots-clés applicables.

  • Sélection et évaluation des sources : Un processus de sélection rigoureux a permis de dégager des sources pertinentes et crédibles à partir de la recherche initiale.

  • Synthèse et organisation de la littérature professionnelle : Les sources pertinentes ont été synthétisées et organisées, en faisant référence aux publications et aux ressources des organisations professionnelles de conseil et de psychologie.

Résultats et discussion

Composantes éthiques de la spiritualité dans le conseil philosophique

Dans le conseil philosophique, les clients sont considérés comme des agents moraux et des individus autonomes méritant le respect, et non simplement comme des personnes « malades » (27). Ainsi, la fonction morale de la spiritualité s’étend au-delà des devoirs du conseiller pour influencer le caractère du client. La pratique philosophique vise à libérer les clients des notions préconçues, préjugées et inconscientes grâce à une phénoménologie réflexive (28). Le développement spirituel nécessite une ouverture d’esprit et une liberté dans le choix des valeurs et des croyances. Par conséquent, les conseillers philosophiques sont éthiquement tenus d’éviter d’imposer leurs opinions personnelles et de maximiser la liberté de décision du client (1). Marinoff préconise une approche de « non-ingérence » pour résister à l’envie de prendre des décisions à la place des clients (27). Cela maintient la responsabilité morale des clients vis-à-vis de leurs décisions, ce qui est crucial pour l’autonomie et l’orientation spirituelle personnelle, un concept en partie ancré dans la prémisse philosophique selon laquelle il n’existe pas de vision unique et correcte de la vie (29). Le reste de cet article explorera et analysera les orientations morales et spirituelles fondamentales essentielles à une interaction efficace avec le client à travers les capacités épistémiques et pratiques du conseil philosophique.

La compétence spirituelle en tant que compétence professionnelle

La compétence spirituelle professionnelle, définie comme une compétence culturelle englobant les visions spirituelles du monde des clients, est une dimension éthique clé du conseil philosophique (14). Introduite par Hodge (30) et développée par Hodge et Bushfield (31), elle s’organise en un processus dynamique à trois dimensions interconnectées :

  1. La conscience de soi : Comprendre sa propre vision du monde façonnée par ses valeurs, y compris ses propres biais.

  2. La compréhension empathique : Une appréciation, basée sur les forces, de la vision spirituelle du monde du client.

  3. La capacité d’intervention : La capacité de créer des stratégies pertinentes, appropriées et sensibles, alignées avec la vision spirituelle du monde du client (30).

La norme C.2.a. du Code de déontologie de l’ACA (2014) renforce cela en stipulant : « Les conseillers n’exercent que dans les limites de leur compétence, sur la base de leur éducation, de leur formation, de leur expérience supervisée, de leurs titres professionnels d’État et nationaux et de leur expérience professionnelle appropriée. Les conseillers feront preuve d’un engagement à acquérir les connaissances, la conscience personnelle, la sensibilité et les compétences nécessaires pour travailler avec une population de clients diversifiée » (8).

Une abondante littérature met l’accent sur la préparation spirituelle des conseillers, en particulier pour ce qui est d’accueillir des expressions religieuses et spirituelles diverses et d’appliquer les domaines spirituels au processus thérapeutique (22, 32, 33). Une approche claire du conseil philosophique renforce également la confiance du client dans ce type de traitement relativement nouveau (1). L’engagement des conseillers envers une méthode distinctive démontre une compétence spirituelle et professionnelle, renforçant la confiance du client et favorisant une interaction productive. Certains chercheurs proposent même d’incorporer la compétence spirituelle dans la formation des conseillers comme un phénomène développemental tout au long de la vie, encourageant les apprenants à explorer leurs propres perspectives spirituelles ainsi que d’autres visions diverses (15). La nécessité de la compétence spirituelle est mise en évidence par le fait que les conseillers négligent souvent les aspects religieux et spirituels en raison d’un manque de familiarité avec ces notions, et non à cause de limites éthiques ou environnementales (34). Les clients peuvent se sentir incompris si les conseillers ne reconnaissent pas les questions spirituelles, éthiques ou religieuses, comme un sentiment de culpabilité lié à la violation d’un précepte religieux. Les conseillers doivent être prêts à discuter de spiritualité, mais doivent faire preuve de prudence avant d’initier de telles discussions si le client ne l’a pas fait au préalable. Cette préparation fait partie intégrante de la compétence spirituelle du conseiller philosophique.

Afin d’opérationnaliser les résultats de la recherche, je vais tenter de formuler et de présenter la composante de la compétence spirituelle sous la forme de plusieurs règles éthiques pour le conseil philosophique :

  • Compétences diversifiées : Les conseillers philosophiques ont besoin d’une connaissance des différentes traditions philosophiques, de compétences morales/spirituelles diverses, de pensée critique, d’empathie et de la capacité à guider les clients dans la découverte de leurs croyances et valeurs.

  • Préparation et prudence : Les conseillers doivent être pleinement préparés mais prudents lorsqu’ils abordent des questions spirituelles et morales avec les clients.

  • Transparence et limites de compétence : Les conseillers ayant des idées spirituelles rigides doivent divulguer leurs croyances dans les formulaires de consentement éclairé (35). Ils ne doivent fournir des services que dans leurs domaines de compétence (professionnelle, de recherche et éducative).

  • Titres exacts : Les conseillers doivent utiliser uniquement les diplômes obtenus et les titres scientifiques issus d’institutions réputées, en s’abstenant d’utiliser des titres universitaires non mérités.

  • Méthodes spécialisées : Les conseillers ne doivent utiliser que des méthodes de thérapie et de conseil pour lesquelles ils sont formés et expérimentés, en évitant les techniques non spécialisées.

  • Sensibilité culturelle : Les conseillers doivent être attentifs à l’impact des éléments culturels, ethniques, raciaux, de genre, spirituels et religieux dans leur travail.

Préférences personnelles et valeurs spirituelles

Les visions individuelles de la spiritualité et de la religion varient considérablement, tant pour les clients que pour les conseillers. Alors que les clients profondément religieux peuvent désirer explorer ces aspects, d’autres peuvent se sentir mal à l’aise (36). Un conseiller philosophique prudent reconnaît ces différences et adapte son engagement aux préférences et aux besoins du client pour refléter son « autodétermination » (37, 38). Un conseil philosophique éthique traite à la fois le conseiller et le client comme des « sujets » dotés d’une valeur intrinsèque et d’une autonomie (39). Reconnaître les significations uniques, les croyances et les besoins émotionnels des clients liés à la religion et à la spiritualité est crucial pour une alliance thérapeutique solide (40). Cette approche centrée sur le client et sensible à la spiritualité respecte ses préférences. Par exemple, les conseillers non religieux travaillant avec des clients religieux peuvent honorer les demandes de prière, tandis que les conseillers religieux doivent respecter le choix des clients séculiers de s’en abstenir (41). Le choix par le client d’un conseiller partageant les mêmes croyances peut également stimuler la motivation (42).

Cependant, la prudence est de mise pour éviter que les conseillers n’imposent des croyances religieuses, ce qui pourrait entraver l’autonomie du client (43). D’un autre côté, éviter totalement les discussions spirituelles par crainte d’imposer des croyances personnelles risque de transmettre un message rigide et chargé de valeurs. La recherche montre que les attitudes négatives des conseillers envers la religion/spiritualité peuvent être préjudiciables, tandis que des croyances positives et de soutien sont avantageuses (44). Les conseillers philosophiques qui adhèrent à une seule approche de la spiritualité peuvent également, par inadvertance, nuire aux clients. Par conséquent, éviter l’interférence des idéaux personnels et des valeurs spirituelles est une exigence éthique dans le conseil philosophique. S’il est contraire à l’éthique d’imposer des perspectives spirituelles ou religieuses, le conseiller et le client peuvent explorer les aspects spirituels pour aider ce dernier à trouver du sens et à opérer des changements positifs. L’intérêt renouvelé pour la spiritualité dans la littérature du conseil souligne la nécessité pour le conseiller de faire preuve de conscience de soi et d’examiner de manière critique ses croyances personnelles sur la religion et la spiritualité (22). Les conseillers philosophiques doivent faire la distinction entre aider les clients à découvrir leurs propres valeurs et les inciter à adopter les croyances spirituelles du conseiller, garantissant ainsi une guidance personnalisée et holistique.

Ouverture d’esprit et respect de la diversité

Un aspect éthique central de la direction spirituelle dans le conseil philosophique est de favoriser l’indépendance intellectuelle ainsi qu’une volonté de réévaluer les croyances. Cela implique de rester ouvert aux possibilités et à l’indétermination. Un conseil philosophique réussi exige que les conseillers respectent l’autonomie de pensée et d’action du client. Les séances doivent créer un environnement où les clients peuvent aborder et résoudre librement les problèmes religieux qui ont un impact sur leur développement spirituel. Les clients sont encouragés à communiquer et à examiner leurs émotions et leurs convictions, en cherchant des résolutions sans crainte. Cela favorisera un état d’esprit logique et analytique et encouragera une réflexion ouverte, réfléchie et exempte de préjugés. En mettant l’accent sur la recherche naturelle de la vérité, cette méthode cultive une pensée libre et indépendante chez le conseiller comme chez le client. Elle encourage l’exploration de questions sous de multiples angles, soutenant la collaboration pour clarifier les interrogations plutôt que pour forcer un consensus.

La spiritualité a été caractérisée comme un concept diversifié par de nombreux chercheurs (33, 44, 45). Le Code de déontologie de l’ACA de 2014 (A.2.a.) interdit la discrimination fondée sur la religion, la race, l’éducation, le genre ou d’autres facteurs, exigeant des conseillers qu’ils comprennent les divers contextes culturels, croyances et valeurs (8). Miller souligne l’engagement de l’ACA à élargir les normes éthiques concernant la diversité (46). Reconnaître la diversité spirituelle dans le conseil philosophique est une responsabilité professionnelle fondamentale, car cela crée des environnements thérapeutiques inclusifs et de soutien qui favorisent le bien-être holistique. L’accent accru du Code de l’ACA sur le multiculturalisme souligne l’importance de valoriser les individus dans leur diversité. Les conseillers philosophiques doivent faire preuve d’empathie, comprendre la vision du monde du client, accepter les différences et soutenir le développement spirituel du client, quelles que soient leurs propres croyances (45). Lorsqu’ils abordent des préoccupations spirituelles, les conseillers doivent reconnaître que le bien-être spirituel varie selon les données démographiques. Les conseillers ne sont pas censés imposer des questions spirituelles, mais sont encouragés à introduire le sujet si les clients expriment un intérêt. Pour les valeurs morales complexes et les croyances spirituelles, les conseillers doivent collaborer avec les clients afin de créer un environnement d’exploration ouvert, détendu et flexible. Les conseillers ayant des visions rigides de la spiritualité risquent par inadvertance d’imposer leurs croyances aux clients, entravant ainsi leur éveil et leur croissance spirituelle. Afin d’aider les clients à faire des choix éclairés et à recevoir les orientations appropriées, des informations sur la spiritualité des conseillers doivent être divulguées au moment d’obtenir le consentement éclairé.

En résumé, les conseillers philosophiques sont éthiquement obligés de reconnaître l’aspect contraignant de la divulgation professionnelle s’ils refusent rigidement d’aborder les questions spirituelles, même si cela est dû à la peur d’imposer des valeurs personnelles. Cela nécessite un examen attentif.

Confidentialité et vie privée

La confidentialité et la vie privée sont des principes éthiques fondamentaux dans le conseil philosophique, cruciaux pour établir la confiance du client et une relation efficace. La vie privée, bien qu’étant un « concept contesté » (47), englobe dans ce contexte les pensées, les émotions, l’autonomie et les révélations sensibles. Le respect de la vie privée renforce la confiance du client, ce qui est vital pour l’efficacité thérapeutique car cela permet aux clients de partager des informations privées nécessaires à un diagnostic précis et à la résolution de problèmes. La confidentialité est une pierre angulaire de la relation d’aide et de la confiance du public dans les soins de santé mentale (48, 49). La confiance du client dans sa vie privée permet une « relation de thérapie par le dialogue ». Les conseillers ayant accès à des données sensibles, ils sont donc tenus d’éviter de poser des questions inutiles (16). Le manque de confiance entrave la révélation, le diagnostic et le traitement efficace, prolongeant la souffrance. La philosophie fondamentale derrière la confidentialité est de construire la confiance pour une consultation ouverte et sûre, et les violations effritent cette confiance (50).

La confidentialité dans le conseil philosophique dure toute la vie, persistant au-delà de la relation, du décès du client ou de la fin du traitement, à l’instar de l’éthique médicale. Cependant, elle n’est pas absolue. Les exceptions légalement justifiables incluent le consentement du client, le danger pour la vie (suicide/homicide), la maltraitance des enfants et les mandats légaux (16). Ces exceptions mettent en évidence l’équilibre complexe entre la protection de la vie privée, la sécurité et la conformité légale en thérapie.

Engagement pratique dans la réhabilitation morale des clients

Un autre aspect éthique de la spiritualité dans le conseil philosophique est l’engagement du conseiller à réhabiliter les clients vulnérables tels que les criminels ou les personnes incarcérées. Ici, le conseiller peut passer d’un statut de partenaire de conversation égal à celui de formateur ou de coach en réhabilitation. Cela soulève la question de savoir si le conseil philosophique inclut fondamentalement l’éducation (1). Bien que je soutienne que le rôle d’un conseiller philosophique n’est pas uniquement celui d’un enseignant ou d’un thérapeute, et que les clients ne sont pas simplement des étudiants ou des patients, certains chercheurs ont des points de vue différents. Fleming caractérise le conseil philosophique comme un « service éducatif », offrant des opportunités d’apprentissage et de croissance par le dialogue et la réflexion (51). Lahav et Tillmanns soulignent également l’importance de doter les clients d’outils de pensée pour les aider dans leur développement philosophique (29).

Feary propose un modèle de formation concret, fournissant des compétences en pensée critique à des personnes incarcérées par le biais du conseil philosophique aux États-Unis. Feary plaide pour une relance de la valeur de la réhabilitation, suggérant que le conseil philosophique devrait être au centre des interventions de réhabilitation, et non accessoire (52). Le rôle clé du conseiller philosophique est d’améliorer la vision du monde et les croyances des délinquants et de s’engager activement dans leur réhabilitation. La « réhabilitation », telle qu’utilisée ici, signifie favoriser les compétences essentielles pour la responsabilité morale et la prise de décision morale rationnelle. Cela implique une série de compétences que les clients délinquants doivent développer, notamment : la capacité d’identifier et d’aborder les problèmes entravant la pensée/le comportement logique ; une pensée critique améliorée ; l’acquisition de compétences d’interaction sociale, de communication et d’éthique ; une gestion et une expression efficaces des émotions ; un raisonnement moral cultivé ; l’établissement d’une identité personnelle, d’une perception réaliste de soi et d’une estime/valeur de soi de base malgré les critiques (52). Ces objectifs indiquent une approche éducative intégrant des éléments moraux et spirituels lors du conseil philosophique auprès de clients délinquants vulnérables.

Lacunes et implications pour la recherche future

Cette section présente les domaines nécessitant des investigations approfondies et propose des pistes de recherche future basées sur les objectifs et les résultats de cet article. Un travail important reste à accomplir pour comprendre en profondeur les rôles de l’éthique, de la religion et de la spiritualité au sein du conseil philosophique, et pour saisir la manière dont les clients perçoivent leur intégration dans la thérapie. Des recherches ultérieures pourraient déterminer quels éléments spirituels et éthiques seraient les plus pertinents et bénéfiques pour l’application pratique et les rencontres thérapeutiques, comme le suggèrent Sutton et al. (53). Il est nécessaire d’explorer plus avant les méthodes de pratique du conseil philosophique selon une approche éthique et spirituelle. Les implications et les suggestions comprennent le développement de modèles théoriques intégrant l’éthique et la spiritualité afin de rendre le conseil philosophique plus efficace. Ces suggestions soulignent collectivement la nécessité d’une éducation spirituelle, de procédures éthiques et de méthodologies transparentes pour une mise en œuvre efficace. Nous proposons des recommandations pédagogiques et des considérations éthiques pour améliorer la qualité du conseil philosophique. L’efficience et l’efficacité des interventions spirituelles exigent également une recherche approfondie. Une plus grande précision scientifique pourrait clarifier l’impact de la révélation de soi spirituelle dans le paradigme de la thérapie par la philosophie et son potentiel à améliorer la santé mentale du client.

Conclusion

Le conseil philosophique considère les clients comme des agents moraux autonomes méritant le respect. L’impact spirituel sur le caractère des clients est central car il soutient la libération des préjugés grâce à une phénoménologie de réflexion sur soi. La revue de la littérature révèle une tendance vers l’intégration de composantes spirituelles et d’une formation éthique dans le conseil philosophique, ce qui met en évidence le besoin de modèles éthiques et de compétences spirituelles. Cependant, de nombreux praticiens manquent d’une préparation adéquate dans ce domaine malgré les directives éthiques qui en soulignent l’importance.

Le présent article tente de combler cette lacune en conceptualisant un cadre éthique pour la spiritualité dans le conseil philosophique et offre des suggestions pour cultiver des compétences éthico-spirituelles. Ce cadre initial et théorique attend des tests pratiques. L’article propose d’intégrer des considérations éthiques et spirituelles — comprenant la compétence, les valeurs, l’ouverture d’esprit, la diversité, le bien-être du client, la confidentialité et la réhabilitation morale — dans la formation des conseillers philosophiques afin de pallier les carences actuelles des codes de déontologie. De plus, la focalisation non clinique du conseil philosophique sur les valeurs et les significations offre une approche significative face aux dilemmes médicaux spirituels et éthiques, qui découlent souvent de croyances conflictuelles. Intégrer la spiritualité éthique dans le processus de formation des professionnels de la santé peut approfondir leur compréhension des valeurs des patients, améliorer la communication et traiter la détresse morale. Cette convergence interdisciplinaire souligne la capacité unique du conseil philosophique à naviguer dans les paysages éthiques des soins de santé, favorisant des soins centrés sur la personne et la clarté des valeurs. Néanmoins, d’autres recherches dédiées sont cruciales pour étudier explicitement comment la formation au conseil philosophique peut équiper efficacement les individus pour faire face aux défis éthiques dans les contextes médicaux.

Les recherches indiquent que les conseillers philosophiques doivent s’aligner sur les valeurs, les besoins et les attentes des clients, respecter leur autonomie et éviter d’imposer des valeurs ou des fois personnelles. Cette orientation éthique s’accorde avec une compréhension multiculturelle de la spiritualité. Les conseillers doivent faire preuve d’ouverture d’esprit et d’humilité culturelle, s’abstenir d’imposer des croyances et explorer des sujets en phase avec les valeurs culturelles des clients. Cela nécessite une base solide de connaissances éthiques, religieuses et spirituelles, parallèlement à la conscience de soi. Face aux dilemmes, les conseillers peuvent se référer aux politiques de conduite professionnelle. Les résultats visent à élargir les connaissances professionnelles des praticiens et à permettre la prestation de services éthiques et efficaces auprès de personnes de divers horizons religieux. En fin de compte, cet article vise à améliorer la culture spirituelle des conseillers philosophiques et à fournir des lignes directrices pour perfectionner leurs capacités professionnelles, encourageant la réflexion personnelle sur les propres biais et présupposés concernant la spiritualité dans le conseil.

Financement L’auteur de cet article n’a aucune relation financière ou personnelle avec d’autres personnes ou organisations qui pourraient influencer de manière inappropriée ou biaiser le contenu de l’article.

Remerciements L’auteur souhaite exprimer sa sincère gratitude à l’éditeur, aux réviseurs et à l’équipe éditoriale du Journal of Medical Ethics and History of Medicine pour leurs commentaires précieux et leurs efforts dans l’évaluation et l’amélioration de ce manuscrit.

Contributions des auteurs L’auteur a mené de manière indépendante tous les aspects de cette recherche, y compris la conceptualisation, la méthodologie, l’analyse formelle, l’investigation, la conservation des données, la rédaction de la version initiale, ainsi que la révision et l’édition.

Conflit d’intérêts L’auteur de cet article n’a aucune relation financière ou personnelle avec d’autres personnes ou organisations qui pourraient influencer de manière inappropriée ou biaiser le contenu de l’article.

Références bibliographiques

  1. Raabe, P. B. Philosophical counselling: theory and practice. Ann Arbor: The University of Michigan. 2001; 37.

  2. Shusterman, R. Practicing philosophy: pragmatism and the philosophical life. Routledge. 2016; 5.

  3. Lahav, R. A conceptual framework for philosophical practice. Worldview Interpretation. 1995, 19-23

  4. Fastvold, M. The Art of Questioning. In: Michael Noah Weiss (ed.): The Socratic handbook. Wien – Zürich: Lit, 2015; 11-18.

  5. Cohen, E. D., & Zinaich, S. (Eds.). Philosophy, counseling, and psychotherapy. Cambridge Scholars Publishing. 2013; 25

  6. Emmons, R., & Paloutzian, R. The psychology of religion. Annual review of psychology. 2003; 54:377-402.

  7. Polanski, P. Spirituality in supervision. Counselling and Values. 2003; 47: 131-141.

  8. American Counselling Association [ACA]. ACA code of ethics. Alexandria, VA: Author. 2014: 5-8

  9. Bernard, J. M., & Goodyear, R. K. Fundamentals of clinical supervision (4th ed.). Needham Heights, MA: Allyn & Bacon. 2009.

  10. Hagedorn, W. B., & Gutierrez, D. Integration versus segregation: applications of the spiritual competencies in counsellor education programs. Counselling and Values. 2009; 54: 32-47.

  11. Oxhandler, H. K., Parrish, D. E., Torres, L. R., & Achenbaum, W. A. The integration of clients’ religion and spirituality in social work practice: A national survey. Social Work. 2015; 60(3): 228-237.

  12. Canda, E. R., & Furman, L. D. Spiritual diversity in social work practice: The heart of helping (2nd ed.). New York, NY: Oxford University Press. 2010.

  13. Sheridan, M. Ethical issues in the use of spiritually based interventions in social work practice: What we are doing and why. Journal of Religion and Spirituality in Social Work. 2009; 28(1/2): 99-126

  14. Hodge, D. R. Spiritual competence: What it is, why it is necessary, and how to develop it. Journal of Ethnic & Cultural Diversity in Social Work. 2018; 27(2): 124-139.

  15. Myers, J. E., & Williard, K. Integrating spirituality into counsellor preparation: A developmental wellness approach. Counselling and Values. 2003; 47: 142-155.

  16. Psychology and Counselling Organization of Iran (PCOI). Codes of Ethics for Psychologists and Counsellors of Iran. 2006. https://pcoiran.ir/media/2023/1/10/1673338743108280.pdf

  17. Staicu, L., & Buda, O. 12 Philosophical foundations and the role of counselling in the ethics of informed consent. In book: Contemporary Debates in Bioethics: European Perspectives. 2018; pp.132-144.

  18. Summers, J., & Morrison, E. Principles of healthcare ethics. Health care ethics. 2nd ed. Sudbury: Jones and Bartlett Publishers. 2009; 41-58.

  19. Heston, T. F., & Pahang, J. A. Moral injury and the four pillars of bioethics. F1000Research. 2023; 8: 1193.

  20. Martin, M. W. Ethics as therapy: Philosophical counseling and psychological health. International Journal of Philosophical Practice. 2001; 1(1): 1-24.

  21. Matchett, N. J. Philosophical counseling as an alternative process to bioethics mediation. The American Journal of Bioethics. 2015; 15(1): 56-58.

  22. Steen, R. L., Engels, D., & Thweatt III, W. T. Ethical aspects of spirituality in counselling. Counselling and Values. 2006; 50(2): 108-118.

  23. Darrell, L., & Rich, T. Faith and Field: The Ethical Inclusion of Spirituality within the Pedagogy of Social Work. Field Educator. 2017; 7(1).

  24. Gula, R. M. Spirituality and Ethics in Healthcare: The Two Do Not Inhabit Separate Spheres, but Are Connected. Health Progress. 2000; 81(4): 17-19.

  25. Orr, R. D. Incorporating spirituality into patient care. AMA Journal of Ethics. 2015; 17(5): 409-415.

  26. Frunz?, S., Medveschi, I., Frunz?, M., & Grad, N. O. Aspects Regarding Ethical Counseling in Organizations. Journal for the Study of Religions & Ideologies. 2019; 18(54).

  27. Marinoff, L. On the emergence of ethical counselling: Considerations and two case studies. Essays on philosophical counselling. 1995; 171-192.

  28. Schuster, S. C. Philosophy as if it matters: The practice of philosophical counselling. Critical Review. 1992; 6(4): 598.

  29. Lahav, R., & da Venza Tillmanns, M. (Eds.). Essays on philosophical counselling. University Press of America. 1995: 22

  30. Hodge, D. R. Spirituality and people with mental illness: Developing spiritual competency in assessment and intervention. Families in Society. 2004; 85(1): 36-44.

  31. Hodge, D. R., & Bushfield, S. Developing spiritual competence in practice. Journal of Ethnic and Cultural Diversity in Social Work. 2006; 15(3-4): 101-127.

  32. Helminiak, D. Treating spiritual issues in secular psychotherapy. Counselling and Values. 2001; 45: 163-189.

  33. Zinnbauer, B., & Pargament, K. Working with the sacred: Four approaches to religious and spiritual issues in counselling. Journal of Counselling & Development. 2000; 78: 162-171.

  34. Faiver, C. M., O’Brien, E. M., & Ingersoll, R. E. Religion, guilt, and mental health. Journal of Counseling & Development. 2000; 78(2): 155-161.

  35. McClure, R., & Livingston, R. Religious values of counsellors, psychologists, and college students. Texas Counselling Association Journal. 2000; 28: 78-85.

  36. Cornish, M. A., Wade, N. G., & Knight, M. A. Understanding group therapists’ use of spiritual and religious interventions in group therapy. International Journal of Group Therapy. 2013; 63(4): 572-591.

  37. Brown, O., Elkonin, D., & Naicker, S. The use of religion and spirituality in psychotherapy: Enablers and barriers. Journal of Religion and Health. 2013; 52(4): 1131-1146.

  38. Bannister, S. N., Park, H. S., Taylor, S., & Bauerle, E. Clients’ expectations and preferences for marital Christian counselling: A chronological literature review and a contemporary evaluation. Social Work and Christianity. 2015; 42(1): 63-95.

  39. Maximo, S. I. A scoping review of ethical considerations in spiritual/religious counselling and psychotherapy. Journal of Pastoral Care & Counselling. 2019; 73(2): 127.

  40. Mizock, L., Millner, U. C., & Russinova, Z. Spiritual and religious issues in psychotherapy with schizophrenia: Cultural implications and implementation. Religions. 2012; 3(1): 82-98.

  41. Sanders, R. K. Maintaining a balance: The challenge of multiple relationships for Christian therapists. Journal of Psychology and Christianity. 2016; 35(4): 320-329.

  42. Peteet, J. R. What is the place of clinicians’ religious or spiritual commitments in psychotherapy? A virtuesbased perspective. Journal of Religion and Health. 2014; 53(4): 1190-1198.

  43. Denney, R. M., Aten, J. D., & Gingrich, F. C. Using spiritual self-disclosure in psychotherapy. Journal of Psychology and Theology. 2008; 36(4): 294-302.

  44. Olson, M. Counsellor understanding of Native American spiritual loss. Counselling and Values. 2003; 47: 109-117.

  45. Watts, R. Addressing spiritual issues in secular counselling and psychotherapy: Response to Helminiak’s (2001) views. Counselling and Values. 2001; 45: 207-217.

  46. Miller, G. The development of the spiritual focus in counselling and counsellor education. Journal of Counselling & Development. 1999; 77: 498-501.

  47. Winslade, W. J., & Ross, J. W. Privacy, confidentiality, and autonomy in psychotherapy. Neb. L. Rev. 1985; 64: 580.

  48. Fisher, M. A. Protecting confidentiality rights: The need for an ethical practice model. American Psychologist. 2008; 63(1): 1.

  49. Lustgarten SD. Emerging ethical threats to client privacy in cloud communication and data storage. Professional Psychology: Research and Practice. 2015; 46(3): 154-160.

  50. Donner, M. B., VandeCreek, L., Gonsiorek, J. C., & Fisher, C. B. Balancing confidentiality: Protecting privacy and protecting the public. Professional Psychology: Research and Practice. 2008; 39(3): 369a.

  51. Fleming, J. Ch. « Philosophical Counselling and Asian Philosophy. » In van der Vlist, Wim. ed. Perspectives in Philosophical Practice: Collected Lectures. Leusden, The Netherlands: Vereniging Voor Filosofische Practijk. 1996; 279.

  52. Feary, V. M. « A Right to (Re) Habilitation, including Philosophical Counselling, for Incarcerated Populations. » In van der Vlist, Wim. ed. Perspectives in Philosophical Practice: Collected Lectures. Leusden, The Netherlands: Vereniging Voor Filosofische Practijk. 1996; 259-278.

  53. Sutton, G. W., Arnzen, C., & Heather, K. Christian counselling and psychotherapy: Components of clinician spirituality that predict type of Christian intervention. Journal of Psychology and Christianity. 2016; 35(3): 204-214.


Available via license: CC BY-NC 4.0

Lire la version originale en anglais


Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

dossier-philotherapie-bandeau-750

Cet article répond à la démarche de Jean-Charles Kurdali, philopreneur


Quelques liens web de Jean-Charles Kurdali

https://www.linkedin.com/in/jean-charles-kurdali/

https://jeancharleskurdali.substack.com/

https://jeancharleskurdali.com/

https://books.google.ca/books?id=9IrVEAAAQBAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PP1&hl=fr&pg=PP1#v=onepage&q&f=false

https://www.vie-intentionnelle.com/

https://books.google.ca/books?id=9IrVEAAAQBAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PP1&hl=fr&pg=PP1#v=onepage&q&f=false

https://www.facebook.com/jeancharles.kurdali

https://x.com/JCKurdali?s=20


Article # 61

Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

Jean-Charles Kurdali est un coach très présent sur le web et plus particulièrement sur les réseaux sociaux (voir liens ci-dessus). Il se dit « Philopreneur » (contraction de « Philosophie » et de « Entrepreneur ».

Il met beaucoup l’accent sur l’argent et l’espoir de devenir millionnaire :

Conviction personnelle ? Toute personne qui sait (VRAIMENT) utiliser internet peut devenir millionnaire en moins de 10 ans.

https://www.linkedin.com/posts/jean-charles-kurdali_conviction-personnelle-toute-personne-qui-activity-7121872837241397248-1lOU?utm_source=share&utm_medium=member_desktop

Je dis souvent à mes amis en privé : « avec notre niveau de connaissance, ne pas être millionnaire dans quelques années serait une anomalie ».https://www.linkedin.com/posts/jean-charles-kurdali_jai-liquid%C3%A9-mon-compte-courant-mais-avec-activity-7119581724895768576-pXGr?utm_source=share&utm_medium=member_desktop


Le commerce extrême de la philosophie

Il m’apparaît tout à fait légitime et normal que nos philosophes consultants ou praticiens et nos philothérapeutes assurent le commerce de leurs services, ici et ailleurs sur le web. Malheureusement, assujettir la philosophie à un commerce extrême me tombe royalement sur les nerfs.

Ce matin, j’ai reçu à la suite de mon abonnement l’édition du 13 novembre 2023 de l’infolettre de Jean-Charles Kurdali. Elle s’intitule :

« Mes 3 piliers pour devenir millionnaire – Dans la tête d’un Philopreneur / no 240 ».

Déjà, le mot-valise « philopreneur » (contraction de « philosophie » et de « entrepreneur ») m’agaçait beaucoup, voilà maintenant la philosophie attachée à la quête d’argent plutôt qu’à la quête de la Sagesse. Or, l’argent ne règle aucun problème philosophique; ce n’est pas son domaine de prédilection. Et c’est sans compter que « l’argent ne fait pas le bonheur », même si vous êtes d’une générosité exemplaire.

L’usage du mot « millionnaire » en marketing sert attirer les gens qui rêvent d’un mode de vie où ils seront libres et riches en travaillant davantage sur eux-mêmes. Or, c’est la philosophie elle-même qui est un mode de vie, une manière de vivre (réf.: HADOT, Pierre, La philosophie comme manière de vivre, 2001).

La vie n’est pas une entreprise. Il n’est pas nécessaire d’entreprendre sa vie pour adopter la philosophie comme manière de vivre. Il ne s’agit pas en philosophie de « l’esprit d’entreprise » mais plutôt de « l’esprit critique » en Amour avec la Sagesse.


Sortir du cadre pour devenir millionnaire

Le philopreneur Jean-Charles Kurdali nous propose de sortir du cadre et des normes inhérentes à la société pour devenir millionnaire.

Or, il n’y a pas plus normatif dans une société à l’économie capitaliste d’offrir des opportunités de devenir millionnaire. Motiver les gens par l’appât du gain a toujours été partie prenante de l’histoire de l’humanité. Le capitalisme l’a très bien compris en poussant à l’extrême cette quête de l’appât du gain.

Que des gens vous disent que vous serez une meilleure personnes en sortant du cadre et que vous aurez ainsi l’opportunité de devenir millionnaire s’inscrit dans le même cadre dont vous devez vous devez vous priver.

Endimancher l’entrepreneur des habits de la philosophie demeure aussi dans la cadre du capitalisme.

Il faut tout monétiser et sans limite, même la philosophie, s’inscrit dans une démarche capitaliste dont le modèle de base est bien connu.

L’entrepreneur ne sort pas du cadre car il lui permet de réussir financièrement et ainsi satisfaire sa soif d’argent. Emprunter les chemins de la philosophie pour l’adopter comme manière de vivre, ça se comprend aisément. Mais détourner la philosophie pour la présenter comme moyen de devenir millionnaire du web, ça c’est extrêmement tordu.


L’abandon du terme « Philothérapie » ouvre la voie à toutes sortes d’excès

La protection offerte par le mot « Philothérapie »

La consultation philosophique privée a d’abord été connu sous le nom « Philothérapie » comme en témoigne la publication de plusieurs essais signés par les nouveaux « philothérapeutes ». Puis, le mot « philothérapie » est disparu du discours tout comme le mot « philothérapeute », et ce, au profit de « philosophe consultant » ou « philosophe praticien ».

Certains pionniers de la philothérapie vont même beaucoup plus loin en rejoignant la communauté des « coachs », un glissement fort dommageable à la promotion de la consultation philosophique privée. Les coachs, à l’affut de tout ce qui peut les aider dans leur promotion, ont perçu la philosophie comme une corde de plus à leurs arcs.

Avec l’abandon de la référence à l’apport thérapeutique de la philosophie par les philosophes consultants ou praticiens, ces derniers ont perdu la protection qu’offrait le terme distinctif « philothérapie » sous tous ses aspects, y compris poétique.
Les philosophes étant ce qu’ils sont, c’est-à-dire sans connaissance suffisamment approfondie de la mise en marché, ils ont eu peur d’une association de leurs pratiques avec la médecine et, par conséquent avec la thérapie définit comme un « Traitement médical en général et, en particulier, psychothérapie » (Dictionnaire de français Larousse).

La philothérapie se distinguait nettement de la psychothérapie en ouvrant un nouveau champ au sein des Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP).

Les philosophes consultants ou praticiens devaient tenir bon avec l’appellation « Philothérapie » pour jouir de la protection dévolue à une nouvelle pratique, unique, distincte, innovatrice. Le titre « philothérapeute » procurait aussi des moyens forts pour se distinguer de la masse des coachs. Il a été abandonné par les philosophes consultants ou praticiens.

Malheureusement, cette approche marketing (abandon de  »philothérapie » et de  »philothérapeute ») a laissé la place à toutes sortes de récupérations par toutes sortes de coachs par qui la philosophie devient un moyen de faire de l’argent motivé par l’appât du gain plutôt qu’une manière de vivre… philosophique !

L’argent est un moyen et non une fin, et encore moins une fin philosophique.


PHILO – Les bienfaits et méfaits de l’argent selon le philosophe viennois Georg Simmel

Le revers de la médaille

En effet en substituant l’objet par de l’argent, il s’en trouve comme « dématérialisé ». Dans le cas de la terre par exemple, outre sa valeur patrimoniale, cette substitution induit la perte d’un centre d’intérêts, d’un contenu de vie donnant une orientation à l’existence. Lorsqu’un sol ne possède plus qu’une seule valeur en argent, et ceci est valable pour tous les objets, il perd le caractère substantiel de l’activité personnelle qui confère à la liberté sa valeur. Ce fut le cas à l’époque de l’Athènes et la Rome tardive et cette préoccupation est tout aussi valable pour notre monde moderne.

OLIVAR, Franck, PHILO – Les bienfaits et méfaits de l’argent selon le philosophe viennois Georg Simmel, France Inter, 28 mai 2021.


L’organisation des philosophes consultants dans le monde

Pendant que les philosophes consultants aux États-Unis se rassemblent au sein d’une association dont l’adhésion repose sur leurs qualifications et des attestations liées à l’expérience et des formations spécifiques, American Philosophical Practitioners Association et la National Philosophical Counseling Association (NPCA), en Italie au sein de l’Association Pragma, la Société des professionnels des pratiques philosophiques en Italie (Associazione Pragma – ASSOCIAZIONE DI CATEGORIA DEI PROFESSIONISTI DELLE PRATICHE FILOSOFICHE), les philosophes consultants ou praticiens en France ne parviennent à s’imposer des standards au sein d’une association nationale reconnue, si ce n’est l’Institut de pratiques philosophiques. On trouve aussi l’Association internationale pour la pratique philosophique (International Association for Philosophical Practice) qui compte parmi ses membres (notez l’absence de pays francophones) :


Source : https://www.igpp.org/mitglieder.


La 17ème Conférence internationale de philosophie pratique fut organisé par Romanian Association of Philosophical and Ethical Counseling en 2023.

Bref, dans le domaine de la consultation philosophique, tout est encore à rassembler. Il y a des associations professionnelles ici et là mais aucun centre mondial dédié et convergeant.


La désorganisation des philosophes consultants et praticiens en France

Il n’en demeure pas moins que la France joue un rôle déterminant dans l’ensemble de la francophonie et, à ce titre, elle n’offre pas encore une association nationale professionnelle des forces en présence pour nous guider. Sans une telle association professionnelle, la France n’a pas pu rejoindre l’une ou l’autre des associations internationales.

À mon humble avis, ce vide associatif témoigne PEUT-ÊTRE de conflits et/ou de la compétition des forces en présence, chacun des philosophes consultants ou praticiens tentant de faire sa place au soleil.

Pourtant, la France est le pays de la philosophie à plusieurs égards. Et si l’on trouve des ouvrages très intéressants au sujet de la philothérapie, c’est grâce aux contributions de plusieurs philosophes consultants ou praticiens. Je me suis fait un grand plaisir de témoigner de ma lecture de plusieurs de ces essais dans notre dossier CONSULTER UN PHILOSOPHE :


Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophique : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

 Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022


À LIRE AUSSI

La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie


Conclusion

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.


dossier-consulter-un-philosophe.01

Liste de tous les articles par ordre de publication

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

Article # 62 – Soigner par la philosophie, En marche – Journal de la Mutualité chrétienne (Belgique)

“ Après les succès d’Épicure 500 vous permettant de faire dix repas par jour sans ballonnements, après Spinoza 200 notre inhibiteur de culpabilité, les laboratoires Laron, vous proposent Philonium 3000 Flash, un médicament révolutionnaire capable d’agir sur n’importe quelle souffrance physique ou mentale?: une huile essentielle d’Heidegger pour une angoisse existentielle, une substance active de Kant pour une douleur morale…. Retrouvez sagesse et vitalité en un instant ”, s’amusaient les chroniqueurs radio de France Inter dans une parodie publicitaire diffusée à l’occasion d’une émission ayant pour thème?: la philosophie peut-elle soigner le corps ?

Article # 63 – Contre le développement personnel. Thiery Jobard, Éditions Rue de l’échiquier, 2021

J’attribue quatre étoiles sur cinq à ce livre. Les lecteurs assidus de mes articles connaissent fort bien ma position plus que défavorable face au développement personnel. À l’instar de Thiery Jobard, je suis contre le développement personnel. Je qualifie le développement personnel d’arnaque extrêmement dangereuse pour ses adeptes et notre société.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

dossier-philotherapie-bandeau-750

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn :

« L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. »


Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ».

D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

D’autre part, le développement personnel se fonde sur une science inexacte dont l’efficience demeure encore et toujours à démontrer : La psychologie.

seduction_psychologique_001

Dans son livre « Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne » William Kirk Kilpatrick, lui-même psychologue, diplômé des plus grandes écoles dont les célèbres universités Harvard et Purdue, se demande « quel est donc le profit produit par la psychologie » :


« L’ÉCHEC DE LA FOI PSYCHOLOGIQUE

Quelque bien intentionné et agréable qu’il soit, il n’est pas évident que l’« establishment » sache aider. Partout il existe de sombres signes que cette foi n’est pas efficace. En dépit de la création d’une armée virtuelle de psychiatres, psychologues, psychométriciens, conseillers et éducateurs sociaux, il n’y a eu aucune diminution du taux de maladies mentales, suicides, alcoolisme, toxicomanie, enfants maltraités, divorces, meurtres et voies de fait de toutes sortes. Contrairement à ce qu’on pourrait espérer dans une société analysée si soigneusement et assistée par tant d’experts de la santé mentale, il y a eu un accroissement dans tous ces domaines. Il semble parfois exister un rapport direct entre le nombre grandissant de ceux qui aident et le nombre grandissant de ceux qui ont besoin d’aide. Plus nous avons de psychologues, plus nous récoltons de maladies mentales; plus nous avons d’éducateurs sociaux et de délégués à la liberté surveillée, plus la criminalité s’accroît; plus nous avons d’enseignants et plus l’ignorance grandit.

Il nous faut nous interroger devant tout cela. En clair, cela est suspect. Nous sommes contraints de concevoir la possibilité que la psychologie et les professions qui gravitent autour d’elle proposent des solutions aux problèmes qu’elles ont elles-mêmes contribué à faire naître. Ainsi, nous voyons des psychologues élever chez les gens l’espoir de bonheur ici-bas à un niveau démesuré, pour ensuite dispenser leurs conseils sur la crise qui survient vers la mi-vie et à la mort. Nous voyons des psychologues faire de l’attention portée à soi-même une vertu, pour ensuite s’étonner du nombre croissant de narcissistes. Nous voyons des psychologues alléguer devant les tribunaux que les mauvais garçons et même les mauvais adultes n’existent pas, pour ensuite formuler des théories afin d’expliquer l’augmentation de la criminalité. Nous voyons des psychologues mettre à rude épreuve les liens de la vie familiale, pour ensuite mener une thérapie dans les foyers brisés.

ATTENTES ET RÉSULTATS

Il y a trop de « si », de « et » et de « mais » pour prouver une relation fortuite entre la montée de la psychologie et la détérioration du lien social, mais il existe certainement assez de preuves pour douter du profit que la psychologie prétend nous apporter. Dans les domaines où les professionnels savent véritablement ce qu’ils font, nous nous attendons à un résultat. Stanislas Andreski, sociologue britannique, fait la lumière sur ce point en comparant la psychologie et la sociologie à d’autres professions. Il note que lorsqu’une profession est fondée sur une connaissance bien établie, il devrait y avoir une relation entre le nombre de personnes qui exercent cette profession et les résultats accomplis :

« Ainsi, dans un pays où il y a pléthore d’ingénieurs en télécommunication, l’équipement téléphonique sera normalement meilleur que dans un pays où il n’y a que quelques spécialistes dans ce domaine. Le taux de mortalité sera plus bas dans les pays ou les régions où il y a beaucoup de docteurs et d’infirmières que dans les lieux où ils sont rares et éloignés. Les comptes seront généralement tenus avec plus d’efficacité dans les pays où il y a de nombreux comptables expérimentés que là où ils font défaut. »

Stanislas Andreski, Social Sciences as Sorcery, Penguin Books, New York,1974, pp. 25-26.

Mais quel est donc le profit produit par la psychologie et la sociologie? Le professeur Andreski poursuit :

« … Partant, nous devrions constater que dans les pays, les régions, les institutions ou encore les secteurs où les services des psychologues sont très largement requis, les foyers sont plus résistants, les liens entre conjoints, frères et sœurs, parents et enfants, plus solides et plus chaleureux; les relations entre collègues plus harmonieuses, le traitement des patients meilleur; les vandales, les criminels et les toxicomanes moins nombreux, que dans les endroits et les groupes qui n’ont pas recours aux talents des psychologues. En conséquence, nous pourrions déduire que les États-Unis sont la patrie bénie de l’harmonie et de la paix; et qu’il aurait dû en être toujours plus ainsi durant le dernier quart de siècle en relation avec la croissance numérique des sociologues, des psychologues et des experts en sciences politiques. »

Stanislas Andreski, Social Sciences as Sorcery, Penguin Books, New York,1974, p. 26.

Cependant, ce n’est pas ce qui s’est produit. Au contraire, les choses semblent empirer. Les rues ne sont pas sûres. Les foyers se désintègrent. Le suicide sévit parmi les jeunes. Et quand la psychologie tente de régler de tels problèmes, il semble souvent qu’elle les aggrave. La création dans les villes de centres de prévention du suicide s’accompagne, par exemple, d’une augmentation de celui-ci. Les conseils matrimoniaux conduisent fréquemment au divorce. Par ailleurs, l’observation la plus élémentaire nous montre que l’introduction de l’éducation sexuelle dans un public très étendu n’a aucunement enrayé la hausse des grossesses non désirées, de la promiscuité et des maladies vénériennes. Il est plutôt manifeste que de tels programmes encouragent la sexualité précoce et les problèmes qui en découlent.

Il est difficile de ne pas conclure que l’ordonnance est à l’origine de la maladie. « Si nous constations », écrit Andreski, « que toutes les fois que les pompiers arrivent, le feu redouble d’intensité, nous finirions par nous demander ce qu’il peut bien sortir de leurs lances et si, par hasard, ils ne sont pas en train de verser de l’huile sur le feu ».

Stanislas Andreski, Social Sciences as Sorcery, Penguin Books, New York,1974, p. 29.

Séduction psychologique – L’échec de la psychologie moderne, William Kirk Kilpatrick, Traduction de l’original anglais (Psychological seduction, Thomas Nelson Publishers, Nashville, USA, 1983), Traduit en français par Alain Chong, Centre Biblique Européen, 1985, pp. 32-35


Dans la même veine, on peut se demander « Quel est donc le profit du développement personnel ? » La logique veut que si la source est polluée, le ruisseau, la rivière, le fleuve… le seront. Si nous pouvons remettre en question l’efficacité de la psychologie, nous pouvons tout autant questionner tout ce qui s’y abreuve, y compris le développement personnel.


100px-Wikipedia-logo-v2-fr.svg

En 2005, Steve Salerno fit un portrait du mouvement de développement personnel américain qui le montre non seulement comme sans efficacité pour atteindre ses buts, mais aussi dangereux socialement. Salerno dit que 80 % des clients du développement personnel sont des clients répétés qui continuent à y revenir, que le programme les ait aidés ou pas. D’autres, de manière similaire, soulignent qu’avec les livres consacrés au développement personnel, l’« offre fait augmenter la demande ». Plus les gens les lisent, plus ils pensent qu’ils en ont besoin, plus comme une addiction que comme une alliance*.

* Sham: How the Self-Help Movement Made America Helpless, Steve Salerno (2005). Le développement personnel, Manque de bases scientifiques, Wikipédia, consulté le 25 octobre 2023.

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9veloppement_personnel


developpement-impersonnel_large
Le développement (im)personnel, Julia de Funès. Présentation : Comment se «?développer?» quand on est sans cesse «?enveloppé?» par des coachs?? Comment le développement serait-il «?personnel?» quand guides et manuels s’adressent à chacun comme à tout autre?? La philosophe Julia de Funès fustige avec délectation les impostures d’une certaine psychologie positive. «?L’authenticité en 5 leçons?», «?La confiance en soi?: mode d’emploi?», «?Les 10 recettes du bonheur?»… Les librairies sont envahies d’ouvrages qui n’en finissent pas d’exalter l’empire de l’épanouissement personnel. Les coachs, nouveaux vigiles du bien-être, promettent eux aussi sérénité, réussite et joie. À les écouter, il n’y aurait plus de «?malaise dans la civilisation?», mais une osmose radieuse. Nous voici propulsés dans la «?pensée positive?» qui positive plus qu’elle ne pense?! C’est le non-esprit du temps. Pourquoi le développement personnel, nouvel opium du peuple, rencontre-t-il un tel engouement?? Sur quels ressorts psychologiques et philosophiques prend-il appui?? L’accomplissement de soi ne serait-il pas à rechercher ailleurs que dans ces (im)postures intellectuelles et comportementales?? Pour lutter contre la niaiserie facile et démagogique des charlatans du «?moi?», Julia de Funès propose quelques pépites de grands penseurs. Si la philosophie, âgée de 3?000 ans, est toujours là, c’est qu’en cultivant le point d’interrogation, elle développe l’intelligence de l’homme, fait voler en éclats les clichés et les lourdeurs du balisé, et permet à chacun de mieux affirmer sa pensée et vivre sa liberté. L’esprit n’est jamais mort, la réflexion ne rend pas les armes, une libération est toujours possible?!


La philosophe Julia de Funès, auteure de « Développement (im)personnel, le succès d’une imposture » aux Éditions de L’Observatoire, va plus loin :


Julia de Funès prédit le déclin à venir du coaching. « On va le voir avec quelques années de décalage, mais le développement personnel était très en avance aux Etats-Unis, et là il commence à y avoir beaucoup d’usages critiques sur ces approches. Les gens en reviennent parce qu’ils voient que ça ne marche pas, qu’il n’y a pas de recettes, qu’il y a beaucoup d’idéologie individualiste derrière, dont on est un peu lassé. »

AFP, Les philosophes se rebiffent contre le développement personnel, 2 février, 2021.


Différentes dénonciations du développement personnel pointent du doigt son manque de rigueur :


Une des critiques que l’on fait souvent au développement personnel c’est son manque de « rigueur » ou de lucidité et c’est indéniable qu’il y a de nombreux « gourous » qui prétendent avoir atteint la sagesse et qui veulent te guider moyennant une certaine somme d’argent (parfois très conséquente !).

Un des critères que j’utilise pour savoir si une approche de développement personnel est sérieuse ou pas, c’est le degré d’investissement personnel demandé et surtout  le degré de liberté laissé à l’individu pour progresser sur son chemin.  Si tout ce qu’on demande c’est d’obéir et de payer, il faut se méfier. On ne peut pas faire l’économie de la liberté de penser, de l’effort, pour se remettre en question, du doute, de la patience, de l’étude, de l’attention à soi, à ses besoins, aux autres, etc.

Source : Herrault, Sophie, Philosophie ou développement personnel ? Interview de Xavier Godet, philosophe dans l’âme, par Sophie Herrault – coach en motivation et intelligence émotionnelle et romancière (www.livre.sophieherrault.fr)


Dans le cadre de son émission Carnet de philo, édition du 16 mai 2019, Radio France initule son balado : « Faut-il détester le développement personnel ? »


Comment distinguer la philo du coaching ?

Vous connaissez tous ces livres qui vous donnent de quoi vous épanouir, vous sentir mieux, de quoi gagner du temps, atteindre le bonheur, savoir dire non, de quoi s’aimer pour aimer les autres, etc. Aller dans un rayon de développement personnel est une expérience à part entière, puisqu’on y voit étalés devant soi tous les complexes possibles. À chacun de choisir son problème, de piocher un ouvrage et d’en découvrir le remède.

En philosophie, il est de bon ton de détester ça : pas scientifique, pas rigoureux, mercantile, les raisons sont nombreuses. Mais la principale pourrait être celle-ci : le développement personnel donne des solutions, quand la philosophie, elle, formule des problèmes.

(…)

Les faiblesses du développement personnel

La philosophe Julia de Funès dénonce ce paradoxe du « tout coaching » qui ne fait disparaître aucun problème, mais qui, comble du sort, devient du « développement impersonnel ». Contre-productif, conformiste, a priori rien de grave pour la philosophie qui pourrait laisser se déployer ce genre de librairie sans intervenir… mais une autre critique se trouve aussi dans ce terme mentionné d’« imposture ».

Source : Faut-il détester le développement personnel ? Carnet de philo, France culture, 16 mai 2019.

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-journal-de-la-philo/faut-il-detester-le-developpement-personnel-8866377


Le développement personnel étend ses tentacules jusque dans la philosophie, sans doute pour profiter de sa crédibilité mais encore faut-il bien connaître la philosophie, ce qui n’est pas bien assuré au sein de la communauté des coachs de vie et d’entreprise.


A priori, difficile de dire quel livre use honnêtement ou pas de philosophie (s’il est facile de distinguer une publication de thèse d’un manuel de survie quotidien, il est plus difficile de trancher pour tout un ensemble d’essais, même les exercices spirituels des Antiques sont redoutables de ce point de vue), mais en se penchant sur les livres eux-mêmes, on a quand même une idée : ceux qui font des catalogues, qui listent des auteurs par problèmes et en tirent des « conseils », mais qui surtout, vous donnent des solutions, des attitudes à suivre, et réduisent des problèmes à des obstacles à franchir, risquent bien de vous décevoir.

Source : Faut-il détester le développement personnel ? Carnet de philo, France culture, 16 mai 2019.

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-journal-de-la-philo/faut-il-detester-le-developpement-personnel-8866377


Le développement personne s’inscrit aujourd’hui dans la « science du bonheur » :

happycratie-1a-1200

Disons-le franchement, la science du bonheur est une pseudoscience, dont les postulats et la logique se révèlent tout à fait défectueux. Le philosophe pragmatiste Charles Peirce a dit un jour qu’une chaîne de raisonnement n’est pas plus solide que son lien le plus faible ; de fait, la science du bonheur s’appuie sur de nombreux postulats sans fondement, sur des incohérences théoriques, des insuffisances méthodologiques, des résultats non prouvés et des généralisations ethnocentriques et abusives. Tout cela interdit d’accepter de manière non critique ce que cette science affirme en se réclamant de la vérité et de l’objectivité.

ILLOUZ, Eva, CANANAS, Edgar, Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Premier parallèle, 2018, pp. 16-17.

(…)

Elle (seconde révolution individualiste) a en effet permis de présenter sous l’angle de la psychologie et de la responsabilité individuelle les déficits structurels, les contradictions et les paradoxes propres à la société. Le travail, par exemple, est progressivement devenu une affaire de projets personnels, de créativité et d’entreprenariat ; l’éducation, une affaire de compétences individuelles et de talents personnels ; la santé, une affaire d’habitudes de vie et de mode de vie ; l’amour, d’affinités interpersonnelles et de compatibilité ; l’identité, de choix et de personnalité ; le progrès social, de prospérité individuelle, et ainsi de suite. La conséquence a été l’effondrement général de la dimension sociale au profit de la dimension psychologique. «La» politique s’est ainsi vu progressivement remplacée par «une» politique, et une politique a forte consonance thérapeutique, la rhétorique du bonheur se substituant peu à peu à celle de l’individualisme dans la définition du modèle néolibéral de citoyenneté (nous développerons cette idée dans le quatrième chapitre).

ILLOUZ, Eva, CANANAS, Edgar, Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Premier parallèle, 2018, p. 77.

La forteresse intérieure n’est pas l’endroit où nous voulons construire notre vie. Nous ne voulons pas vivre dans l’obsession égocentrique de l’amélioration de soi, qui n’est qu’une façon de se discipliner à outrance, de se censurer. L’idée d’une meilleure version de nous-mêmes à laquelle il s’agirait de parvenir n’est que chimère et faux-semblant, et nous n’entendons pas nous épuiser à la poursuivre. Nous refusons de nous retrouver prisonniers de postulats prétendant que l’amélioration de la société ne passerait que par l’amélioration des individus. (…)

ILLOUZ, Eva, CANANAS, Edgar, Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Premier parallèle, 2018, pp. 234-235.


Le développement personnel se concentre sur l’amour de Soi tandis que la philosophie est l’Amour de la Sagesse. L’une et l’autre de ces disciplines ne peuvent pas être mises en équilibre dans une collaboration honnête. La philosophie doit éviter de toutes les influences engendrant sa dénaturation.


«D’abord, la psychologie est essentiellement centrée sur le “moi”. Elle cherche à comprendre les failles, les problèmes et les troubles du patient. Tandis que les domaines concernés par la philosophie sont bien plus larges : elle traite de l’homme en général, mais elle se demande aussi ce qu’est le monde, Dieu, les autres, la vie, le bonheur…

Ensuite, bien souvent la psychologie invite le patient à regarder en arrière ; à fouiller dans son enfance, à se souvenir d’un évènement qui serait l’origine d’un traumatisme. Elle cherche à guérir le passé. À l’inverse, la philosophie ne panse pas le passé. Elle permet, grâce à la rencontre des philosophes d’il y a 500 ou 2500 ans, de penser autrement, de ne pas rester bloqué sur des idées/pensées qui nous font du mal. On en découvre d’autres qui nous correspondent et on agit en fonction de celles-ci. En ce sens, la philosophie nous donne les clés pour agir, et pour prendre notre futur en main et redevenir maître de son destin.»

Source : Quelle est la différence entre la psychologie et la philosophie ?, Institut pandore.

https://www.institut-pandore.com/philosophie/difference-psychologie-philosophie/


Personnellement, le développement personnel me monte au nez depuis mon tout premier contact avec « la pensée positive » au cours de mon adolescence dans les années 1970-80. Le livre La puissance de la pensée positive de Norman Vincent Peale paru chez Marabout et paru en 1952 (Prentice Hall, New York) faisait alors et fait encore tourner les têtes aujourd’hui.

couverture

À l’adolescence, venir me dire que j’aurai une vie meilleure si je nourris des pensées positives m’a paru complètement irréaliste, insignifiantes, inutiles, trompeuses, etc. J’ai vite conclu cette affaire de pensée positive comme étant rien d’autre qu’une arnaque grand public. Comment peut-on croire en une chose pareille, en une telle magie ? Je voulais me comprendre, non pas avec les lunettes roses de la pensée positive, mais comme un être humain dans toute sa réalité. Il en allait de même dans ma quête de compréhension de ce monde fort loin des idées que j’en avais acquis au cours de mon enfance. Des pensées positives, même envoyées jour et nuit à mes proches, et pourquoi pas à la planète entière, ne changeraient rien aux malheurs des uns et des autres.

Il n’y a rien de plus insignifiant que de dire à une personne en situation difficile : « Courage, je t’envoie plein d’ondes positives ».

Ah ! Toutes ces histoires d’autosuggestion impliquant la pensée positive, je les redoute encore de nos jours comme la peste.

Certaines personnes témoignent des bienfaits de la pensée positive en parlant de « restructuration cognitive. C’est le cas de Rémi Thériault, candidat au doctorat en psychologie au Laboratoire de résilience sociale de l’Université du Québec à Montréal et lauréat du Prix du mérite de la relève étudiante, dans la section Idée du quotidien québécois LE DEVOIR de l’édition du 23 août 2023 :


Pour une positivité responsable et bienveillante

(…)

En six mois de cet exercice de restructuration cognitive, je suis sorti de ma dépression et revenu à un état psychologique neutre. Cependant, cela ne s’est pas arrêté là : mon bien-être psychologique a continué d’augmenter jusqu’à ce que je puisse me dire véritablement heureux — pour la première fois de ma vie. Le reste a suivi naturellement. J’ai commencé à expérimenter du succès à la fois socialement et à l’école. La vie avait finalement un sens. À la fin d’année, j’ai été nommé la personne la plus souriante de ma cohorte.

Source : Thériault, Rémi, Pour une positivité responsable et bienveillante, Idées, LE DEVOIR, 28 août 2023.

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/796952/serie-l-ete-c-est-fait-pour-penser-pour-une-positivite-responsable-et-bienveillante


Dans l’extrait ci-dessus, on trouve un lien sur l’expression « restructuration cognitive » qui nous conduit à cette définition :


La restructuration cognitive est une stratégie visant à identifier les pensées négatives et fausses et à les remplacer par des pensées alternatives plus réalistes et utiles. Cette stratégie cognitive est un élément clé des thérapies cognitivo-comportementales et a été inventée par Aaron Beck, psychiatre américain. Elle favorise la réflexion sur une situation stressante ou accablante afin de réduire la détresse émotionnelle. L’idée est de prendre de la distance avec ses pensées et ses émotions.

Source : Restructuration cognitive, le10 septembre 2019, mis à jour le10 août 2023, Institut Pi-Psy (Psychopédie).

https://encyclopedie.pi-psy.fr/psychopedy/restructuration-cognitives/


Dans cette définition, il n’est question de « pensées positives » mais plutôt de « pensées alternatives plus réalistes et utiles ».

Monsieur Thériault ajoute :


Pas une panacée

Attention, la pensée positive n’est pas magique et ne réglera pas tous nos problèmes. En effet, les études indiquent une réalité un peu plus complexe à laquelle il n’est pas possible de rendre justice dans un texte si court. Il est par exemple suggéré de « s’attendre au mieux, mais de se préparer au pire », en générant un contraste mental de l’avenir désiré et de la réalité actuelle, une sorte d’optimisme réaliste dans laquelle on prévoit des plans de contingence pour les obstacles possibles.

Pour éviter de se culpabiliser lorsque cela ne fonctionne pas, l’auto-compassion peut aider. Dans nos rapports sociaux, il faut également éviter la positivité toxique, caractérisée par une invalidation émotionnelle et une absence de souci et d’écoute de l’autre, par exemple lorsqu’on exhorte quelqu’un à être positif. La positivité, on ne peut ni l’exiger ni l’imposer aux autres.

Source : Thériault, Rémi, Pour une positivité responsable et bienveillante, Idées, LE DEVOIR, 28 août 2023.

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/796952/serie-l-ete-c-est-fait-pour-penser-pour-une-positivite-responsable-et-bienveillante


Non seulement, la pensée positive n’est pas une panacée mais il s’agit d’une dérive égocentrique mettant à mal la formation et la pratique de la pensée critique dans son sens philosophique.

On nous prie de ne pas confondre la « pensée positive » avec la « psychologie positive ».


100px-Wikipedia-logo-v2-fr.svgLa psychologie positive est une discipline de la psychologie fondée officiellement en 1998 lors du congrès annuel de l’Association américaine de psychologie par son président de l’époque, Martin E. P. Seligman (cf. son discours publié en 1999 dans le journal de l’APA, The American Psychologist). Cependant, la psychologie positive a des racines plus anciennes. La psychologie positive ne doit pas être confondue avec la pensée positive, une pseudo-science1 basée sur l’autosuggestion2, faisant l’objet de nombreux best-sellers vendus à des millions d’exemplaires à travers le monde depuis les années 19503.

La psychologie positive s’intéresse surtout à la santé, à qualité de vie et au bien-être, à ce qui rend les humains résilients, heureux, optimistes, plutôt qu’aux sources des psychopathologies. L’hypothèse de la psychologie positive est qu’en étudiant pourquoi et comment certains animaux et certaines personnes surmontent mieux que d’autres les difficultés de la vie, il sera possible de trouver des moyens de développer ces qualités chez tout un chacun. Son objectif est de promouvoir l’épanouissement (en anglais, flourishing) et l’accomplissement de soi (en anglais, fulfillment), au niveau individuel, groupal et social. La psychologie positive « étudie ce qui donne un sens à la vie », selon son fondateur, Martin E. P. Seligman. C’est l’étude des forces, du fonctionnement optimal et des déterminants du bien-être.

(…)

Cependant, la discipline est dénoncée par de nombreux chercheurs comme une pseudo-science4 et fait l’objet de divers critiques. Sur le plan éthique, il lui est opposé, d’une part, une réappropriation de concepts, théories et méthodes existants dans d’autres branches de la psychologie ou dans le domaine des soins spirituels (spiritual care) et, d’autre part, son application pratique dans le secteur militaire. Sur le plan théorique, la dichotomie qu’elle opère entre les processus négatifs et positifs est considérée trop réductrice, voire erronée 5. Sur le plan thérapeutique, la nouveauté et l’efficacité des méthodes de la psychologie positive sont également questionnées6

1 Marie Claire – La psychologie positive, qu’est-ce que c’est ? – Par Julia Kadri – Publié le 19/02/2018 [archive] : « Il ne faut cependant pas confondre psychologie positive et pensée positive : leur principale différence étant la science. »

2 Matthieu Ricard – La psychologie. positive ne consiste pas à « positiver » – le 27 novembre 2014 [archive]

3 Le secret de Rhonda Byrne vendu à près de 4 millions d’exemplaires ou encore La puissance de la pensée positive de Norman Vincent Peale vendu à environ 15 millions d’exemplaires

4. Annabelle Laurent, « « Happycratie » : faut-il en finir avec le développement personnel ? » [archive], sur usbeketrica.com, 30 août 2018.

5. Michel Hansenne, La face cachée de la psychologie positive : approche critique et perspectives, dl 2021 (ISBN 978-2-8047-2008-7 et 2-8047-2008-X, OCLC 1272858750, lire en ligne [archive])

6. Hansenne, La face cachée de la psychologie positive : approche critique et perspectives, dl 2021 (ISBN 978-2-8047-2008-7 et 2-8047-2008-X, OCLC 1272858750, lire en ligne [archive])

Source : Wikipédia ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie_positive ).


La pensée positive et la psychologie positive, à la base du développement personnel, sont toutes deux dénoncées comme étant des « pseudo-sciences ».

Mettre dans la balance, d’un côté le développement personnel et, de l’autre la philosophie, et le tout penchera en faveur de la philosophie.

Plus dense que le développement personnel, la philosophie n’est rien de moins que la MÈRE de toutes les sciences. La métaphore du sous-marin se prête bien pour décrire la philosophie. Pendant que le développement personnel se débat dans sa chaloupe sous l’effet de la houle de l’océan, le sous-marin de la philosophie plonge en profondeur en toute quiétude et sécurité pour trouver la cause première, la cause originale.


c.serge-andre-guay-1a-1200

La pensée profonde

Pour trouver la cause première – Celui ou celle qui aime penser n’évite pas la pensée profonde mais y plonge toujours avec prudence. Le risque de se perdre dans les profondeurs de la pensée est réel. Rien ne sert de se lancer dans la recherche de la cause première d’un problème et ainsi pouvoir le résoudre une fois pour toutes, à tout le moins, de le comprendre vraiment, s’il devient impossible de revenir à la surface. De nombreuses illusions peuvent nous retenir. Certaines usent du charme de la poésie pour nous perdre dans nos pensées. Voyez par vous-même.

On peut toujours rester à la surface et se laisser bercer par les flots de la mer. Par beau temps, tout va pour le mieux. Malheureusement, la mer perd souvent son calme, signe de problèmes à résoudre. Parfois, il tempête de problèmes. Notre embarcation risque de chavirer à la prochaine vague. Et la plupart d’entre nous prennent place dans un simple canot. Malgré nos efforts honnêtes de pensée positive pour en faire un paquebot, nos mains agrippées au rebord nous trahissent et nous ramènent vite à la dure réalité du tangage et du roulis excessif de la vie en ces jours malades de mauvais temps.

De toute évidence, le recours à l’arme secrète s’impose. Il faut vite sauter à bord du sous-marin de la raison et plonger loin du tumulte des pensées incisives.

Inimaginable d’envisager aplanir les vagues avec nos mains, même avec un mouvement soutenu en nageant directement à la surface de la mer. Ça prendrait un front de bœuf et une pensée écervelée pour se lancer dans l’aventure. C’est pourtant l’impression que me donnent les animateurs des débats d’opinions dans les médias et ailleurs. Tombés à la mer, on ne voit plus que leurs mains tapant désespérément sur le dos des vagues, entourées de dizaines voire de centaines d’autres mains s’agitant dans un pareil effort perdu d’avance. À vol d’oiseau, la scène ressemble au naufrage du Titanic de la raison, retenu à la surface par des poches pleines d’air de l’esprit vide de sens. En fait, il n’y a plus que le courant qui a du sens dans ces débats d’idées. Rien de plus normal : les idées suivent le courant qui les entraîne. Pendant ce temps, l’esprit ballotte dans un sens, puis dans l’autre, revient, ballotte encore dans un sens, puis dans l’autre. Il y a de quoi avoir le mal de mer et plusieurs l’ont, si l’on se fie aux vomissements avalés par la mer de sa gigantesque bouche de liberté d’expression dont l’appétit vorace ne connaît jamais la satiété. C’est peu dire que j’en ai contre les débats d’opinions, de véritables cliniques d’avortement de la raison.

Pendant ce temps, les plus sages, évidemment beaucoup moins nombreux, sont déjà en discussion dans leur raison sous-marine, chargée d’une bonne provision d’idées éclairantes alimentées par des piles de doutes et d’une réserve d’ouverture d’esprit oxygénante reliée à un caisson à air comprimé de connaissances et de compréhensions permettant d’éviter en tout temps les accidents de décompressions de la raison. Une carte des profondeurs du grand Esprit dans une main, le bâton de contrôle des émotions de navigation dans l’autre, le sage s’éloigne lentement mais sûrement de la surface énervée et énervante. Bientôt, seule la lumière des idées l’éclaire. Sur le plateau du continent, il distingue déjà l’épave de la raison utile à rien. Il progresse sur la pente descendante, évite d’autres épaves de l’« hommerie », cette fois, avec difficultés, car les courants idéologiques, les plus meurtriers de l’histoire humaine secouent sans ménagement la raison. Sur la carte, il peut lire : « Cimetière perdu des idées aveugles ». Absorbé par le drame de la vision de toutes ces catastrophes, il est surpris par un premier signe du mal des profondeurs : il hallucine. Il voit des fantômes idéologiques sortir de la coque des navires irraisonnés. Il imagine le pire à l’idée de voir ces fantômes atteindre la réalité de la surface. Il augmente l’arrivée d’oxygène, retrouve ses esprits et le mal disparaît peu à peu. L’hallucination l’a motivé davantage à trouver la cause première du problème, la source de la foule folle tuée par le remous de sa raison sans gouvernail. Il arrive à la limite du plateau de la bêtise, à ses pieds, les bas fonds, dangereux, très dangereux, là où se trouvent les meilleures raisons mais aussi les pires, dont celles avec le pouvoir de l’empêcher de revenir à la surface, qui le rendraient complètement ivre des profondeurs de la pensée.

Mais il dispose d’une deuxième arme secrète : une science des profondeurs, la philosophie. Sa recherche de la cause première ne sera pas désordonnée, sans méthode. Il a mis un certain temps à maîtriser quelque peu cette arme au nom rébarbatif. Au départ, il avait l’impression d’une science difficile et ennuyeuse. Même après une certaine familiarité, cette impression n’est jamais complètement disparue, d’où une certaine prudence, souvent salutaire, il faut le dire, car la science a deux tranchants : on risque de comprendre mais aussi de ne pas être compris.

Une seule condition s’impose pour accepter de courir le risque de la réflexion : demeurer raisonnable par les autres, c’est-à-dire, s’assurer qu’il y aura toujours quelqu’un pour me comprendre et me ramener à la raison si je perds la tête. Un sage est sage tant qu’il n’est pas seul, tant qu’il y a quelqu’un pour prendre de ses nouvelles. Si le sage apprend à réfléchir en profondeur avec sa raison, cela ne lui servirait à rien s’il ne pouvait pas en discuter ensuite avec d’autres, pour recharger ses piles de doutes.

Extrait de mon livre J’AIME PENSER – COMMENT PRENDRE PLAISIR À PENSER DANS UN MONDE OÙ TOUT UN CHACUN SE DONNE RAISON, essai et témoignage de gouvernance personnel édité par la Fondation littéraire Fleur de Lys. En lecture et téléchargement gratuit : https://sergeandreguay1.wordpress.com/


L’affirmation à l’origine de cette réplique parle de « développement spirituel ou philosophique » :

« L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. »

Le « ou » me cause un problème. Le « spirituel » est une chose, le « philosophique » en est une autre; ce n’est pas l’un ou l’autre. Il n’y a pas de choix à faire entre le spirituel et le philosophique.


« Quelle est la différence entre spiritualité et philosophie ? La philosophie essaie d’atteindre le vrai, le bien par le raisonnement, la spiritualité essaie de l’atteindre par l’affectivité. »

Yves Rousson, Anciennement Professeur certifié hors classe de mathématiques à Ministère de l’Éducation nationale (France) (1968–2008).

On peut dire que la spiritualité est un courant de pensée caractérisé par la place essentielle qu’il accorde à l’esprit ou à l’âme considérés comme une réalité autonome à la source de l’agir humain et donc de la conscience morale. C’est la définition la plus générale que l’on puisse trouver de la spiritualité, mais elle est insuffisante. Il faut y ajouter deux éléments.

Jeanmart, Gaëlle, Introduction : qu’est-ce que la spiritualité ? 1 Philosophie et spiritualité aujourd’hui – Université de Liège – philocité – 13 et 15 février.

https://www.philocite.eu/basewp/wp-content/uploads/2014/02/gjeanmart_2007_philosophie_spiritualite1.pdf

D’abord le fait que la spiritualité s’intéresse toujours à la fois à la définition des fins de l’homme et aux moyens de parvenir à leur réalisation effective, de sorte que, comme courant de pensée, elle implique toujours conjointement un certain nombre de pratiques destinées à accomplir le sujet, c’est-à-dire à accomplir cette partie essentielle de lui-même qu’est son âme. Et troisièmement, on peut dire que ces processus de transformation lui ouvre toujours l’accès à la vérité ou à plus de vérité. La spiritualité postule donc, d’une part, que la vérité n’est jamais donnée au sujet de plein droit et tel qu’il est, mais qu’il faut qu’il se modifie pour s’assurer un accès au vrai ; et elle postule, d’autre part, que cet accès à la vérité produit en retour des effets sur lui : la vérité n’est pas simplement le fruit d’un acte de connaissance, elle illumine, elle donne la tranquillité, le bonheur véritable : en somme, elle accomplit le sujet. »

Jeanmart, Gaëlle, Introduction : qu’est-ce que la spiritualité ? 1 Philosophie et spiritualité aujourd’hui – Université de Liège – philocité – 13 et 15 février.

https://www.philocite.eu/basewp/wp-content/uploads/2014/02/gjeanmart_2007_philosophie_spiritualite1.pdf


Personnellement, j’accepte le concept de l’âme uniquement dans le cadre de la spiritualité tout en soutenant que l’âme n’est pas le seul concept de la spiritualité. Par exemple, on retrouve aussi dans concept de spiritualité celui de la Religion et dans ce dernier les concepts de « cœur » et de « foi ».

J’accepte et le concept de l’esprit uniquement dans le cadre de philosophie.

Bref, je n’emploie pas les termes « âme » et « esprit » comme étant des synonymes, pas plus que les termes « philosophie » et « spiritualité » sont pour moi des synonymes.


Qu’est-ce que l’âme ?

La notion d’âme est historiquement importante, mais son intérêt contemporain est limité. L’âme relève aujourd’hui de la religion ou de la métaphysique. La notion n’est plus utilisée ni en science, ni réellement en philosophie.

Les textes anciens qui parlent de l’âme sont souvent ré-interprétés pour en tirer un apport utile aujourd’hui. On évacue la notion d’âme et on considère que ces textes parlent de l’esprit ou du psychisme (par exemple).

Âme, Dicophilo – Dictionnaire de philosophie en ligne : https://dicophilo.fr/definition/ame/


Il faut prendre connaissance de la définition de l’esprit :


1698685650402https://dicophilo.fr/definition/esprit/


« Le concept de spiritualité est relativement controversé car ses attributs varient en fonction de sa définition laïque ou religieuse » souligne Ellen Herve-Desirat dans « Les concepts en sciences infirmières (2012), pages 288 à 291 » (https://www.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition–9782953331134-page-288.htm ou https://docplayer.fr/235192808-Spiritualite-ellen-herve-desirat.html).

Voici une variante très importante dans la définition de la spiritualité : « laïque ou religieuse ». Cette variante s’applique aussi à la définition du développement personnel.

Le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française classe le développement personnel relève du domaine de psychologie (psychologie du développement) et en donne la définition suivante: « Démarche volontaire et continue de valorisation de soi en tenant compte de ses valeurs, de ses objectifs, de ses forces. »  (https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/19467099/developpement-personnel).

Nous sommes loin de la philosophie se définissant comme l’Amour de la Sagesse et manière de vivre.

Le site web superprof – La plateforme qui connecte profs particuliers et élèves ajoute : « La philosophie refuse de prendre en compte l’opinion comme fondements de la communication et en fait une critique sévère. Pour philosopher, on doit faire l’effort de remettre en doute une fois dans sa vie tout ce que jusque-là, on considérait comme vrai. » (https://www.superprof.fr/ressources/philosophie/philosophie-terminale-stmg/explication-definition-philosophie.html).

Or, dans le développement personnel, l’opinion règne en roi et maître. Et bon nombre de ces opinions sont en réalité des croyances.

Impossible dans ce contexte, de soutenir que « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. »


A lire aussi

Le piège de la pensée positive, Marc Allard, LE SOLEIL, Les Coops de l’information, 27 août 2021. https://www.lesoleil.com/2021/08/27/le-piege-de-la-pensee-positive-a89aa29a510925a0d38960ba6c4324e1/

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.


dossier-consulter-un-philosophe.01

Liste de tous les articles par ordre de publication

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

Article # 62 – Soigner par la philosophie, En marche – Journal de la Mutualité chrétienne (Belgique)

“ Après les succès d’Épicure 500 vous permettant de faire dix repas par jour sans ballonnements, après Spinoza 200 notre inhibiteur de culpabilité, les laboratoires Laron, vous proposent Philonium 3000 Flash, un médicament révolutionnaire capable d’agir sur n’importe quelle souffrance physique ou mentale?: une huile essentielle d’Heidegger pour une angoisse existentielle, une substance active de Kant pour une douleur morale…. Retrouvez sagesse et vitalité en un instant ”, s’amusaient les chroniqueurs radio de France Inter dans une parodie publicitaire diffusée à l’occasion d’une émission ayant pour thème?: la philosophie peut-elle soigner le corps ?

Article # 63 – Contre le développement personnel. Thiery Jobard, Éditions Rue de l’échiquier, 2021

J’attribue quatre étoiles sur cinq à ce livre. Les lecteurs assidus de mes articles connaissent fort bien ma position plus que défavorable face au développement personnel. À l’instar de Thiery Jobard, je suis contre le développement personnel. Je qualifie le développement personnel d’arnaque extrêmement dangereuse pour ses adeptes et notre société.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

La pratique philosophique comme exercices spirituels vers la vérité, la sagesse et la vertu, par Xiaojun Ding et Feng Yu dans Religion

religions-mdpi-001


– Article – Traduction de l’anglais au français avec Google traduction


La pratique philosophique comme exercices spirituels vers la vérité, la sagesse et la vertu

par Xiaojun Ding1,*et Feng Yu2,*


1. Département de philosophie, École des sciences humaines et sociales, Université Xi’an Jiaotong, Xi’an 710049, Chine.

2. Département de psychologie, École de philosophie, Université de Wuhan, Wuhan 430079, Chine.

* Auteurs auxquels la correspondance doit être adressée.


Éditeur académique : Daniel M. Stuart

Religions 2022 , 13 (4), 364 ; https://doi.org/10.3390/rel13040364

Reçu : 18 mars 2022 / Révisé : 7 avril 2022 / Accepté : 11 avril 2022 / Publié: 15 avril 2022

(Cet article appartient à la rubrique Religions et Humanités/Philosophies )


Résumé