Article # 377 – L’existentialisme interculturel : Sur le sens de la vie dans la pensée asiatique et occidentale, Leah Kalmanson, Bloomsbury Academic

Kalmanson, Leah. Cross-Cultural Existentialism: On the Meaning of Life in Asian and Western Thought. London / New York : Bloomsbury Academic, 2020 (édition reliée) / 2022 (édition brochée). 198 p. ISBN : 978-1-3501-4001-1 (HB), 978-1-3502-0563-5 (PB).

Description

Traduction de l’anglais au français par Google Gemini

S’inscrivant dans un discours existentialiste qui excède la seule tradition européenne, cet ouvrage se tourne vers les philosophies asiatiques afin de réévaluer des questions fondamentales quant à la finalité de l’existence, l’imminence de la mort et notre capacité à vivre de manière significative dans des conditions d’incertitude.

Inspirée par les apories de l’existentialisme européen, cette étude interculturelle s’attache à identifier des techniques concrètes de pratique existentialiste au travers des philosophies de l’Asie de l’Est. L’investigation s’ouvre sur les écrits provocateurs de la moniale bouddhiste coréenne du XXe siècle Kim Iryop ; cette dernière soutient que la concentration méditative déploie une puissance énergétique s’étendant à l’ensemble du réseau karmique, rendant possible une transformation radicale de notre condition existentialiste commune. L’élucidation de sa thèse requiert une analyse plus vaste des sources est-asiatiques. En examinant des pratiques aussi diverses que les cérémonies bouddhiques d’acquisition de mérites, les méthodes confucéennes (ru) de perfectionnement de soi, la mémorisation et la récitation rituelles de textes, ainsi que la divination par le Yijing, l’ouvrage s’achève en préconisant un tournant spéculatif. Cet « existentialisme spéculatif » s’oppose à la méfiance envers la métaphysique propre à la pensée existentialiste européenne du XXe siècle, tout en proposant un programme d’action. Loin d’être un manuel de développement personnel, il s’agit d’une méthodologie philosophique qui prend pleinement au sérieux le pouvoir de la cultivation de l’esprit pour transformer le sens de la vie que nous partageons.

Table des matières

Introduction : Vers un existentialisme spéculatif

  1. Apories du sens : L’investigation existentialiste dans la tradition occidentale
  2. La création de nouvelles valeurs, Partie I : Transformations karmiques
  3. La création de nouvelles valeurs, Partie II : Correspondances cosmiques
  4. Rituels pour une ré-habituation existentialiste

Conclusion : Retour à l’expérience intérieure

Bibliographie

Index

Description

Texte original en anglais

Engaging in existential discourse beyond the European tradition, this book turns to Asian philosophies to reassess vital questions of life’s purpose, death’s imminence, and our capacity for living meaningfully in conditions of uncertainty.

Inspired by the dilemmas of European existentialism, this cross-cultural study seeks concrete techniques for existential practice via the philosophies of East Asia. The investigation begins with the provocative writings of twentieth-century Korean Buddhist nun Kim Iryop, who asserts that meditative concentration conducts a potent energy outward throughout the entire karmic network, enabling the radical transformation of our shared existential conditions. Understanding her claim requires a look at East Asian sources more broadly. Considering practices as diverse as Buddhist merit-making ceremonies, Confucian/Ruist methods for self-cultivation, the ritual memorization and recitation of texts, and Yijing divination, the book concludes by advocating a speculative turn. This ‘speculative existentialism’ counters the suspicion toward metaphysics characteristic of twentieth-century European existential thought and, at the same time, advances a program for action. It is not a how-to guide for living, but rather a philosophical methodology that takes seriously the power of mental cultivation to transform the meaning of the life that we share.

Table of Contents

Introduction: Toward a Speculative Existentialism

1. Meaningful Dilemmas: Existential Inquiry in the Western Tradition

2. The Creation of New Values, Part I: Karmic Transformations

3. The Creation of New Values, Part II: Cosmic Correspondences

4. Rituals for Existential Re-Habituation

Conclusion: Return to Inner Experience

Bibliography

Index


Source : Bloomsbury Academic.


Au sujet de l’auteur

Traduction de l’anglais au français par Google Gemini

Leah Kalmanson

Philosophie et sciences des religions

Professeure agrégée

College of Liberal Arts & Social Sciences

Philosophy & Religion

Titulaire de la chaire Bhagwan Adinath d’études jaïnes

Chaire Bhagwan Adinath d’études jaïnes

University of North Texas

Leah Kalmanson est professeure agrégée et titulaire de la chaire Bhagwan Adinath d’études jaïnes. Titulaire d’un doctorat en philosophie de l’Université de Hawaï à M?noa, elle a enseigné de 2010 à 2021 à l’Université Drake à Des Moines (Iowa) à titre de professeure agrégée, avant de rejoindre l’Université de North Texas (UNT).

Dans ses travaux de recherche comme dans son enseignement, la professeure Kalmanson s’investit activement dans l’étude du riche patrimoine des philosophies du monde. Elle est l’auteure de l’ouvrage Cross-Cultural Existentialism (2020) et coauteure de A Practical Guide to World Philosophies (2021). Ses travaux sont publiés dans de nombreuses revues spécialisées, notamment Comparative and Continental Philosophy, Continental Philosophy Review, Frontiers of Philosophy in China, Hypatia, Journal of World Philosophies, Philosophy East & West, Pragmatism Today, Shofar, Studies in Chinese Religions, ainsi que dans la revue numérique Aeon.

Texte original en anglais

Leah Kalmanson

Philosophy and Religion

Associate Professor

Bhagwan Adinath Professor of Jain Studies

College of Liberal Arts & Social Sciences

Philosophy & Religion

University of North Texas

Leah Kalmanson is an Associate Professor and the Bhagwan Adinath Professor of Jain Studies. Dr. Kalmanson holds a Ph.D. in philosophy from the University of Hawai’i at M?noa. Before joining UNT, she was an Associate Professor at Drake University in Des Moines, Iowa, where she taught from 2010 to 2021. Dr. Kalmanson actively engages the rich heritage of world philosophies in both scholarly and pedagogical contexts. She is the author of the 2020 book Cross-Cultural Existentialism and co-author of the 2021 A Practical Guide to World Philosophies. Her essays appear in journals including Comparative and Continental Philosophy, Continental Philosophy Review, Frontiers of Philosophy in China, Hypatia, Journal of World Philosophies, Philosophy East & West, Pragmatism Today, Shofar, and Studies in Chinese Religions, as well as the digital magazine Aeon.


Source : University of North Texas.


Article rédigé avec l'Intelligence artificielle GEMINI de Google
Article rédigé avec l’Intelligence artificielle GEMINI de Google

MA QUESTION

Ce livre est-il intéressant pour les nouvelles pratiques philosophiques et la consultation philosophique ?

LA RÉPONSE

Cross-Cultural Existentialism: On the Meaning of Life in Asian and Western Thought de Leah Kalmanson est un ouvrage particulièrement pertinent et novateur pour le domaine des nouvelles pratiques philosophiques et de la consultation philosophique, et ce pour plusieurs raisons :

1. Reconstitution d’un « répertoire de techniques pratiques »

  • Diagnostic du manque dans la philosophie occidentale : L’auteure s’appuie sur les travaux de Pierre Hadot pour rappeler que les philosophies antiques grecques et romaines concevaient la philosophie comme un « mode de vie » et un ensemble d’« exercices spirituels ». Cependant, elle note que si l’existentialisme moderne européen s’intéresse à l’expérience concrète, il manque cruellement d’instructions explicites et de pratiques concrètes pour la réhabituation existentialiste.

  • Apport des traditions d’Asie de l’Est : Le livre comble ce vide en explorant des méthodes concrètes issues du bouddhisme, du ruïsme (confucianisme) et du taoïsme :

    • La méditation et la concentration mentale

    • La mémorisation et la récitation rituelle de textes

    • L’usage de la divination (comme le Yijing)

    • Les rituels de création et de transfert de mérite

2. Dépassement du dualisme Sujet/Objet (Utile pour la posture du consultant)

  • Critique des dilemmes occidentaux : Le livre examine les débats occidentaux sur le sens de la vie (notamment entre Susan Wolf et Steven Cahn), bloqués dans le dualisme sujet-objet (le sens est-il « objectif » ou purement « subjectif » / nihiliste ?).

  • Vision dynamique et intégrative : Kalmanson propose un existentialisme spéculatif basé sur la cosmologie du qi (?) et du li (?). Dans cette perspective, l’expérience intérieure (le cœur-esprit, xin ?) et le monde extérieur sont interconnectés et s’influencent mutuellement.

  • Pour la consultation philosophique, cela offre des clés conceptuelles pour aider un consultant à dépasser le sentiment d’aliénation, de solipsisme ou d’absurdité.

3. Renouvellement du vocabulaire existentialiste pour l’accompagnement

Le livre propose de recadrer et de transformer les notions existentialistes classiques (souvent associées à l’angoisse, l’absurde ou l’aliénation) grâce à des concepts pratiques d’Asie de l’Est :

Vocabulaire existentialiste classique Alternative proposée (Basée sur la pratique)

Angoisse (Anxiety)

Solicitude / Sollicitude (you ?)

Absurde (Absurdity)

Sérieux / Respect (jing ?)

Aliénation (Alienation)

Sérénité / Immobilité (jing ?)

Authenticité / Liberté (Authenticity/Freedom)

Sincérité et Spontanéité (cheng ? / ziran ??)

4. Transformation de soi et « création de valeurs »

En s’appuyant sur des figures comme la moniale bouddhiste coréenne Kim Iry?p ou les textes ruïstes classiques comme le Daxue (La Grande Étude), l’ouvrage montre que la culture de soi (self-cultivation) n’est pas un simple exercice intellectuel ou privé. C’est une méthode d’action où le travail sur son esprit transforme concrètement sa posture, ses relations et son environnement.

En résumé

Si vous cherchez à enrichir votre pratique de la consultation philosophique ou à animer des ateliers de nouvelles pratiques philosophiques (NPP) :

  • Ce livre apporte des outils méthodologiques et rituels issus de sagesses non occidentales.

  • Il offre un cadre théorique solide pour penser la philosophie non pas comme une simple analyse conceptuelle à visée thérapeutique, mais comme une activité transformationnelle et incarnée.


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Analyse académique

Cross-Cultural Existentialism

Leah Kalmanson

1. Thèse centrale et cadre théorique

Dans cet ouvrage, Leah Kalmanson propose de dépasser les apories de l’existentialisme européen et de la phénoménologie du XXe siècle en articulant une posture philosophique inédite : l’« existentialisme spéculatif » (speculative existentialism).

L’autrice part du constat que si la phénoménologie et l’existentialisme occidentaux ont cherché à surmonter le dualisme sujet-objet et le sujet métaphysique (à travers des concepts tels que l’« être-au-monde » d’Heidegger), ils restent piégés dans les dilemmes de l’intériorité subjective par manque de méthodes pratiques et d’exercices concrets de transformation de soi. Pour pallier cette lacune, Kalmanson mobilise les traditions philosophiques d’Asie de l’Est (le ruisme/confucianisme, le bouddhisme et le taoïsme). Ces traditions fournissent une ontologie et une cosmologie axées sur le qi (?) et le li (?), associées à un modèle « microcosme-macrocosme ». Dans ce cadre, l’expérience interne de l’esprit (xin ?) n’est pas une intériorité privée coupée du monde, mais une activité participante capable de résonner à travers l’environnement matériel, social et cosmique.

2. Structure et développement du texte

Chapitre 1 : Meaningful Dilemmas: Existential Inquiry in the Western Tradition

Kalmanson commence par analyser le débat contemporain entre Susan Wolf et Steven Cahn concernant le sens de la vie. Wolf affirme que le sens émerge lorsque « l’attraction subjective rencontre l’attractivité objective » (subjective attraction meets objective attractiveness), exigeant ainsi des valeurs indépendantes. Cahn soutient à l’inverse une position purement subjectiviste. Kalmanson démontre que cette querelle reproduit le cycle historique entre réalisme et idéalisme en Occident (Descartes, Berkeley, Hume, Kant).

Elle examine ensuite la critique de la subjectivité chez Nietzsche et sa notion de création de valeurs par la volonté de puissance (will to power), ainsi que la tentative de Simone de Beauvoir d’établir un sens au sein de l’ambiguïté de la condition humaine (Ethics of Ambiguity). Enfin, elle s’appuie sur la critique formulée par Quentin Meillassoux (After Finitude) et Tom Sparrow (The End of Phenomenology) contre le « corrélationnisme » et le « solipsisme de l’espèce » phénoménologique. Son constat est le suivant : la phénoménologie manque de techniques concrètes de réceptivité et de ré-habituation pour mettre en œuvre sa théorie non-dualiste dans la vie quotidienne.

Citation (Anglais) :

« The “scandal of philosophy” is not that this proof has yet to be given, but that such proofs are expected and attempted again and again. » (Heidegger cité par Kalmanson, p. 17)

« The present exercise in cross-cultural existentialism looks to East Asian discourses that approach the phenomenon of subjective interiority differently. » (Kalmanson, p. 2)

Traduction (Français) :

« Le « scandale de la philosophie » n’est pas que cette preuve n’ait pas encore été donnée, mais que de telles preuves soient attendues et tentées une fois de plus. » (Heidegger cité par Kalmanson, p. 17)

« Le présent exercice d’existentialisme interculturel s’intéresse aux discours d’Asie de l’Est qui abordent le phénomène de l’intériorité subjective différemment. » (Kalmanson, p. 2)

Chapitre 2 : The Creation of New Values, Part I: Karmic Transformations

Le chapitre explore la pensée de la nonne bouddhiste coréenne du XXe siècle, Kim Iry?p (1896–1971). En dialogue avec les réflexions de Georges Bataille sur la notion d’« économie générale » et le système monastique, Kalmanson analyse l’affirmation d’Iry?p selon laquelle la concentration méditative ne relève pas de la sphère privée, mais projette une énergie à travers le réseau karmique partagé.

Kalmanson étudie l’« économie karmique » bouddhique : le mécanisme de la production et du transfert de mérite (pu?ya), ainsi que la doctrine de la coproduction conditionnée (prat?tyasamutp?da). La transformation de la conscience individuelle y apparaît comme une force d’action trans-égotique sur le monde.

Citation (Anglais) :

« Once an individual is capable of uniting her own thoughts and their opposites and her actions are in accord with the unity of opposites, she is fully in charge of a change in her body …. Anyone desirous of achieving such a state in this life should join a monastery, or, if that is not possible, one should practice concentration to attain the total power of mind. » (Kim Iry?p citée par Kalmanson, p. 41)

Traduction (Français) :

« Dès lors qu’un individu est capable d’unir ses propres pensées et leurs contraires et que ses actions sont en accord avec l’unité des contraires, il est pleinement responsable d’un changement dans son corps […]. Quiconque désire atteindre un tel état dans cette vie devrait rejoindre un monastère, ou, si cela n’est pas possible, pratiquer la concentration pour atteindre la puissance totale de l’esprit. » (Kim Iry?p citée par Kalmanson, p. 41)

Chapitre 3 : The Creation of New Values, Part II: Cosmic Correspondences

Kalmanson recontextualise la pensée d’Iry?p à la lumière de la philosophie néo-confucianiste (ruiste) des dynasties Song et Ming, centrée sur les notions de qi (?, souffle/énergie psychophysique) et de li (?, structure/principe). En s’appuyant sur des penseurs comme Zhu Xi (1130–1200) et sur le texte classique du Daxue (??, La Grande Étude dans le Liji), elle démontre qu’il existe une isomorphie structurelle entre la culture de soi (xiushen ??), la régulation de la famille, le gouvernement de l’État et la paix du monde.

Elle aborde la notion de de (?, vertu/puissance morale) pour discuter les limites des théories constructivistes sociales contemporaines (Michel Foucault, Judith Butler, Maurizio Lazzarato). Kalmanson soutient que dans la philosophie du qi, la distinction entre l’« interne » et l’« externe » s’efface au profit d’une dynamique d’interpénétration.

Citation (Anglais) :

« In the cosmos there has never been any psychophysical stuff without structure nor any structure without psychophysical stuff. » (Zhu Xi cité par Kalmanson, p. 10)

« From the ruler down to ordinary people, all must regard the cultivation of the self as the root. » (Daxue cité par Kalmanson, p. 10)

Traduction (Français) :

« Dans le cosmos, il n’y a jamais eu de matière psychophysique sans structure, ni de structure sans matière psychophysique. » (Zhu Xi cité par Kalmanson, p. 10)

« Du souverain jusqu’au peuple ordinaire, tous doivent considérer la culture de soi comme la racine. » (Daxue cité par Kalmanson, p. 10)

Chapitre 4 : Rituals for Existential Re-habituation

Pour élaborer le vocabulaire de cet existentialisme fondé sur le qi, l’autrice reconfigure les concepts existentialistes traditionnels à partir de notions orientales :

  • Inquiétude/Sollicitude (you ?) au lieu de l’angoisse (anxiety).

  • Sérieux/Respect (jing ?) au lieu de l’absurde (absurdity).

  • Quiétude/Sérénité (jing ?) au lieu de l’aliénation (alienation).

  • Sincérité (cheng ?) et Spontanéité (*ziran ??) à la place de l’authenticité et de la liberté.

Ces notions ne sont pas conçues comme des catégories purement intellectuelles, mais comme des pratiques disciplinées de renouvellement quotidien (rixin ??) et de vitalité ininterrompue (shengsheng bu xi ????).

Citation (Anglais) :

« The small set of terms I select—namely, solicitude (you ?), seriousness (jing ?), stillness (jing ?), sincerity (cheng ?), and spontaneity (ziran ??)—would certainly not be labeled “existentialist” anywhere within East Asian traditions themselves. But, in turn, each idea helps us to reframe the vocabulary of Western existentialism… » (Kalmanson, p. 15)

Traduction (Français) :

« Le petit ensemble de termes que je sélectionne — à savoir la sollicitude (you ?), le sérieux (jing ?), la quiétude (jing ?), la sincérité (cheng ?) et la spontanéité (ziran ??) — ne serait certainement étiqueté comme « existentialiste » nulle part au sein des traditions d’Asie de l’Est elles-mêmes. Mais, à son tour, chaque idée nous aide à reconfigurer le vocabulaire de l’existentialisme occidental… » (Kalmanson, p. 15)

3. Synthèse des concepts clés

Concept occidental traditionnel Reconfiguration par le qi (Kalmanson) Fondement théorique/pratique

Sujet cartésien / Intériorité

Esprit-cœur (xin ?) fluide et perméable

Cosmologie du qi (?) et structure li (?)

Angoisse / Absurde

Sollicitude (you ?) / Sérieux (jing ?)

Pratiques de cultivation mentale et rituelle

Authenticité / Liberté

Sincérité (cheng ?) / Spontanéité (ziran ??)

Alignement avec la dynamique du cosmos (Way)

Création de valeur (Nietzsche)

Transformation trans-égotique du karma

Méditation et transfert de mérites (pu?ya)

Conclusion du livre

En conclusion (Return to Inner Experience), Kalmanson redéfinit l’intériorité non plus comme une substance métaphysique fermée ou une illusion phénoménologique, meublée d’états d’âme, mais comme la capacité du xin (?) à apaiser ses énergies mentales turbides pour revenir à un état primordial de créativité et de résonance avec le monde. L’existentialisme spéculatif n’est pas un manuel de développement personnel (how-to guide), mais une méthodologie philosophique qui prend au sérieux le pouvoir de la cultivation mentale pour transformer la signification de l’existence partagée.


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Compte rendu critique

Ce document présente un compte rendu critique de nature académique rédigé par Melissa Anne-Marie Curley (Ohio State University), publié dans le Journal of World Philosophies (Volume 8, Hiver 2023, pages 129–133). Ce texte analyse l’ouvrage de Leah Kalmanson intitulé Cross-Cultural Existentialism: On the Meaning of Life in Asian and Western Thought (London: Bloomsbury Academic, 2021).

Voici une analyse détaillée et exhaustive du contenu du texte, structurée selon ses composantes thématiques et argumentatives.

1. Informations bibliographiques et identifiants du document

  • Titre de la recension : Philosophical Practice and the Matter of Everyday Life

  • Auteure de la recension : Melissa Anne-Marie Curley (Ohio State University, USA, curley.32@osu.edu)

  • Ouvrage récensé : Leah Kalmanson, Cross-Cultural Existentialism: On the Meaning of Life in Asian and Western Thought, London: Bloomsbury Academic, 2021 (ISBN-10: 1350140015, ISBN-13: 978-1350140011, 190 pages, $39.95).

  • Mots-clés : Existentialisme, Ruïsme (Confucianisme), Kim Iry?p, philosophie comparée, Bouddhisme, Zhu Xi.

  • Revue : Journal of World Philosophies 8 (Winter 2023): 129–133 (e-ISSN: 2474-1795, doi: 10.2979/jourworlphil.8.2.07).

2. Thèse centrale et cadre théorique général

L’objectif de Leah Kalmanson est de répondre à une impasse fondamentale au sein de l’existentialisme occidental. Bien que l’existentialisme prétende revenir à l’expérience concrète du monde, il échoue à dépasser le dualisme sujet-objet parce qu’il ne propose pas de plan d’exercices pratiques pour incarner ses théories non-dualistes.

Pour combler ce manque, Kalmanson s’appuie sur un éventail de répertoires rituels et philosophiques d’Asie de l’Est. Elle cherche à montrer comment des exercices pratiques d’auto-culture (self-cultivation) permettent de réaliser une enquête existentialiste ancrée dans la vie quotidienne.

3. Dialogue avec Pierre Hadot et constat d’impasse

Curley met en lumière la réaction de Kalmanson face à la thèse de Pierre Hadot :

  • La thèse de Pierre Hadot : Dans Philosophy as a Way of Life, Hadot regrette la réduction médiévale de la philosophie à une « servante de la théologie », ce qui a transformé la philosophie en une matière purement théorique et abstraite. Hadot affirme que la philosophie n’est redevenue une « attitude concrète, un mode de vie et une façon de voir le monde » qu’avec Nietzsche, Bergson et l’existentialisme.

  • La réfutation modérée de Kalmanson : Kalmanson note que bien que l’existentialisme s’intéresse à l’expérience quotidienne concrète, il ne fournit aucune instruction explicite pour des « exercices spirituels » à la manière des Stoïciens anciens.

  • L’origine du problème : Selon Kalmanson, l’existentialisme retombe constamment dans le dualisme sujet-objet à cause de l’influence durable d’une conception problématique de l’intériorité subjective, maintenant une séparation entre l’expérience interne et le monde extérieur.

4. La solution de Kalmanson : Le détour par l’Asie de l’Est

Pour surmonter le dualisme occidental, Kalmanson se tourne vers l’Asie de l’Est :

  • Contrairement au retour d’Hadot aux exercices ascétiques anciens (qui restent ancrés dans la métaphysique d’un sujet spirituel face à un monde matériel), les traditions d’Asie de l’Est offrent des articulations théoriques et des techniques pratiques de transformation de soi et de réalisation existentialiste.

  • Cette démarche s’inscrit dans la phase de la philosophie comparée identifiée par Ralph Weber, où les penseurs tentent « l’entreprise transculturelle dans l’autre sens » (vers l’Occident plutôt qu’uniquement à partir de l’Occident).

5. Structure et contenu des chapitres de l’ouvrage

Le compte rendu détaille la structure en quatre chapitres et la conclusion du livre de Kalmanson :

Chapitre 1 : Meaningful Dilemmas: Existential Inquiry in the Western Tradition

  • Examine les débats occidentaux sur le sens de la vie pour démontrer leurs limites dualistes.

  • Analyse la création de valeurs chez Nietzsche et le traitement de la facticité et de la liberté chez Simone de Beauvoir.

  • Pose la question résiduelle : « Comment faisons-nous concrètement cela ? » (How do we do any of this?).

Chapitre 2 : The Creation of New Values, Part I: Karmic Transformations

  • Propose les pratiques bouddhistes d’accumulation et de transfert de mérites pour apprendre à agir avec une compassion « extravagante ».

  • Met en dialogue l’intellectuel français Georges Bataille et l’intellectuelle coréenne Kim Iry?p.

  • Présente la conception chez Kim Iry?p de la vacuité comme une « énergie vitale » réutilisable par un être éveillé pour transformer son environnement.

Chapitre 3 : The Creation of New Values, Part II: Cosmic Correspondences

  • Lit la vacuité chez Iry?p sous l’angle du qi (matrice matière-énergie).

  • Examine des pratiques pour clarifier et raffiner cette matrice : la lecture, la mémorisation et la récitation (telles que développées par le maître néo-confucéen Zhu Xi), ainsi que la divination par le Yijing.

Chapitre 4 : Rituals for Existential Re-habituation

  • Propose d’associer ou d’opposer les concepts de l’existentialisme occidental aux concepts de la « philosophie du qi ».

  • Remplace les notions européennes (anxiété, absurdité, aliénation, authenticité, liberté) par des attitudes et idéaux cultivés par le rituel et la contemplation :

    1. Solicitude (you ?) : distinguée dans le Liji du simple souci (huan ?) pour désigner un souci bienveillant envers autrui.

    2. Sérieux (jing ?)

    3. Immobilité / Calme (jing ?)

    4. Sincérité (cheng ?)

    5. Spontanéité (ziran ??)

Conclusion

  • Oppose le désir inexprimable de Bataille pour l’« au-delà de l’être » (sa pulsion de mort) au modèle basé sur le qi, où il n’y a pas de perte totale dans le néant car la sans-forme est le début de nouvelles formes.

  • Souhaite redonner de l’énergie aux lecteurs épuisés par les incertitudes existentialistes.

6. Appréciations positives et apports académiques de l’ouvrage

Curley souligne plusieurs points forts du travail de Kalmanson :

  • Maîtrise double : Une maîtrise à la fois de l’existentialisme européen et des pensées religieuses d’Asie de l’Est.

  • Usage pédagogique : Synthèses élégantes des concepts et exemples concrets adaptés aux cours universitaires.

  • Rôle de Kim Iry?p : L’inclusion de cette figure moderne permet de faire un pont entre le lecteur contemporain et les sources asiatiques anciennes.

  • Valorisation du répertore ruïste (confucéen) : Apport novateur, alors que les études comparatives en existentialisme et phénoménologie se concentrent habituellement sur le bouddhisme.

  • Inclusion des pratiques populaires : La démarche la plus audacieuse consiste à prendre pour interlocuteurs des personnes ordinaires participant à des rituels de création de mérites ou de divination, en pensant avec ces pratiques rituelles incarnées plutôt qu’en tentant d’en extraire une signification abstraite.

7. Critiques et nuances formulées par la recenseuse (Curley)

Curley formule deux réserves académiques principales :

  1. Sur-attribution au Ruïsme aux dépens du Bouddhisme et du Vitalisme européen :

    • En voulant sortir le ruïsme de l’ombre du bouddhisme, Kalmanson a tendance à attribuer au seul ruïsme des idées qui appartiennent au sens commun partagé en Asie de l’Est.

    • Le concept de « saengmyong » (vitalité/énergie vitale) chez Kim Iry?p est également nourri indirectement par le vitalisme européen qui circulait en Corée et au Japon au début du XXe siècle.

    • Kalmanson reprend la critique polemique ruïste contre le bouddhisme (l’accusant de nihilisme ou de quiétisme) comme si elle était descriptive, perdant de vue les sources bouddhistes est-asiatiques spécifiques d’Iry?p.

    • Curley suggère qu’il aurait été plus rigoureux d’utiliser la catégorie moins problématique de « philosophie du qi » plutôt que de qualifier ces éléments de ruïstes.

  2. Limites du répertoire occidental retenu par Kalmanson :

    • Kalmanson affirme qu’il n’y a pas d’instructions pour des exercices spirituels chez les philosophes existentialistes européens.

    • Curley souligne que si l’on élargit la recherche de « philosophes » à « traditions » du côté occidental (comme Kalmanson le fait du côté asiatique), de nombreuses pratiques émergent :

      • Martin Buber : La prière comme exercice concret.

      • Thomas Merton : Le travail manuel quotidien dans la tradition Shaker.

      • Jean-Luc Nancy : Le dessin et l’écoute comme pratiques d’enquête phénoménologique.

      • Emilio Uranga : La philosophie existentialiste de la « mexicanité » centrée sur la vie quotidienne.

      • Eugene Gendlin (avec Carl Rogers) : La pratique de l’orientation/focalisation en six étapes (focusing).

    • Curley s’interroge ainsi sur les contraintes imposées par le maintien d’un binaire Est-Ouest.

8. Profil de l’auteure du compte rendu

Melissa Anne-Marie Curley est l’auteure de Pure Land, Real World: Modern Buddhism, Japanese Leftists, and the Utopian Imagination (University of Hawai’i Press, 2017). Elle travaille également (avec Melanie Coughlin et Jessica L. Main) à la traduction de l’ouvrage de Keta Masako, Philosophy of Religious Experience: An Elucidation of the Pure Land Buddhist World (Sobunsha, 1992).


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Article # 308 – La spirale, forme de pensée de la création: le Monument à la IIIe Internationale de Tatline et sa réception dans l’art du XXe siècle, Tania et Michael F. Zimmermann, Genesis 24, 2024

RAPPORT DE LECTURE


Tania et Michael F. Zimmermann, « La spirale, forme de pensée de la création : le Monument à la IIIe Internationale de Tatline et sa réception dans l’art du XXe siècle », Genesis. Manuscrits – Recherche – Invention, 24 (2004), pp. 105-138.


1. Introduction et thèse centrale

Dans cette étude interdisciplinaire au croisement de l’histoire de l’art, de l’épistémologie et de l’histoire des idées, Tania et Michael F. Zimmermann explorent la fortune conceptuelle de la spirale à travers le prisme du projet utopique de Vladimir Tatline (1919) et de ses réinterprétations par les néo-avant-gardes de la seconde moitié du XXe siècle. La thèse centrale des auteurs postule que la spirale s’érige en une véritable « forme de pensée » (Denkform).

Dépassant la simple fonction de motif ornemental ou de symbole statique, la spirale est analysée comme un schème universel capable de formaliser le mouvement même de la cognition, de l’évolution naturelle et du devenir historique ou politique. L’intérêt philosophique majeur de ce texte réside dans sa capacité à démontrer comment une structure géométrique devient le point de convergence de traditions philosophiques majeures : la dialectique hégéliano-marxiste, le symbolisme spéculatif, le nominalisme médiéval et l’empirisme logique contemporain.

2. Analyse conceptuelle et articulations philosophiques

L’architecture de l’article suit elle-même une progression « spiralique », articulant la genèse théorique de la forme en Russie et son éclatement philosophique à travers sa réception occidentale.

A. La spirale comme schème dialectique et cosmologique

Les auteurs inscrivent initialement la spirale dans l’horizon de la philosophie allemande du XIXe siècle (Hegel, Marx, Engels) avant son appropriation par l’avant-garde soviétique. Elle y incarne la spatialisation de la triade dialectique (thèse, antithèse, synthèse). Les Zimmermann définissent rigoureusement ce statut :

« La « forme de pensée » est davantage qu’un symbole. Plutôt que de décrire une idée, elle décrit le cours de la pensée progressant dialectiquement à travers thèse, antithèse et synthèse. La « forme de pensée » vaut ici comme schème universel, dans lequel le cours de la croissance naturelle et le cours des progrès culturel, technique et politique se fondent. »

Chez Tatline, la double spirale du monument n’est pas qu’une prouesse technique ; elle offre une « légitimation cosmologique » au progrès révolutionnaire, unifiant les forces de la nature et de la civilisation dans un mouvement ascensionnel irréversible. Les auteurs rappellent la sémantique politique que le formaliste Viktor Šklovskij attribuait au monument : « Le monument est constitué de fer, de verre et de révolution ».

B. La synthèse du temps chez les symbolistes russes

L’article éclaire un aspect crucial pour la philosophie du temps en convoquant le poète et théoricien Andrej Belyj. Ce dernier conceptualise les formes géométriques comme des modalités temporelles et philosophiques : le point équivaut au momentané, la ligne au développement, le cercle au dogmatisme. La spirale opère la synthèse métaphysique ultime :

« […] la spirale, comme synthèse de la droite et du cercle, la réunion des temps linéaire et cyclique […]. »

Belyj affirme ainsi une ontologie dynamique de la connaissance où « la spirale est la ligne la plus simple du flux de la pensée », brisant l’immobilité des systèmes dogmatiques.

C. La confrontation épistémologique : Nominalisme vs Holisme (Dan Flavin)

Le passage le plus stimant pour la philosophie contemporaine réside dans l’analyse de la réception du monument par l’artiste minimaliste Dan Flavin. À travers ses Monuments pour V. Tatlin faits de tubes fluorescents, Flavin vide la forme de sa grandiloquence utopique pour la confronter au nominalisme de Guillaume d’Ockham.

Les Zimmermann mobilisent ici la critique épistémologique de Willard van Ornam Quine. Quine, dans ses attaques contre les hiérarchies rationalistes dogmatiques et la distinction kantienne entre jugements analytiques et synthétiques, postule que la totalité de notre savoir forme un tissu interconnecté soumis au test global de l’expérience. Les auteurs citent un passage séminal de Quine (tiré de Two Dogmas of Empiricism) pour éclairer la structure sérielle et transparente de l’art minimal :

« La totalité de ce que nous appelons connaissance ou croyances, de la plus négligeable donnée de géographie ou d’histoire aux lois les plus profondes de la physique atomique ou même de la mathématique pure et de la logique, est un tissu de fabrication humaine qui ne mord sur l’expérience qu’au long des bords. »

En refusant la composition équilibrée européenne, l’art minimaliste de Judd, Stella ou Flavin reflète ce débat philosophique : il n’y a plus de hiérarchie immanente (nouménal vs matériel). Chez Flavin, la relation devient purement numérique et contingente (« what you see is what you see »), et la spirale ascensionnelle se dissout dans la facticité pure du ready-made industriel.

D. De l’eschatologie positive à l’eschatologie négative (Robert Smithson)

Enfin, l’article se clôt sur une transition philosophique vers l’éthique environnementale et l’ontologie de la finitude à travers la Spiral Jetty de Robert Smithson. Si Tatline concevait la spirale comme une ascension optimiste, Smithson la déploie sur un plan horizontal, figée dans un lac salé stérile. Les auteurs analysent ce renversement métaphysique :

« À la complexe allégorie du développement de Tatline répond une allégorie complexe de l’effondrement, qui ici n’apparaît pas seulement comme irréversible et fatal, mais comme présent non seulement à la fin des temps, mais de tout temps toujours là. […] À l’eschatologie sécularisée répond une eschatologie négative. »

La spirale devient alors le schème de l’entropie, formalisant non plus l’accumulation dialectique de l’Esprit ou du Progrès, mais la perte d’énergie, le retour à l’indifférencié et la mort froide de l’univers.

3. Intérêt et pertinence pour l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques

Ce texte constitue une ressource méthodologique de premier ordre pour votre Observatoire pour plusieurs raisons fondamentales :

  1. Une méthodologie de la conceptualisation visuelle : L’article montre comment une pratique (ici plastique et architecturale) peut servir de laboratoire pour des concepts philosophiques abstraits. Il offre des outils pour analyser comment les « nouvelles pratiques » contemporaines produisent de la pensée en dehors des seuls traités textuels.

  2. Une généalogie des mutations de la rationalité occidentale : En passant du triomphalisme dialectique soviétique au minimalisme analytique américain, puis au pessimisme de la Land Art, le texte retrace les métamorphoses du rapport de l’homme moderne à la nature, au temps et à la technique.

  3. Une passerelle entre esthétique et philosophie des sciences : Les concepts de géométrie non-euclidienne (Riemann, Lobatchevski), de quatrième dimension ou la suite numérique de Fibonacci y sont traités non comme de purs outils mathématiques, mais comme des structures symboliques influençant directement notre appréhension du monde.

4. Conclusion

L’article de Tania et Michael F. Zimmermann réussit le tour de force de transformer un objet d’étude plastique en un véritable traité d’épistémologie dynamique. En démontrant que la spirale régit indissociablement le processus de la pensée théorique, de la planification politique et de la conscience de la finitude, il s’impose comme une lecture essentielle pour tout chercheur s’intéressant aux circulations contemporaines du concept et aux nouvelles formes de la rationalité.


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Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

La Naissance du savoir , MARTIN, NICOLAS © LES ARENES 2023
La Naissance du savoir , MARTIN, NICOLAS © LES ARENES 2023
La Naissance du savoir , MARTIN, NICOLAS © LES ARENES 2023
La Naissance du savoir , MARTIN, NICOLAS © LES ARENES 2023

La naissance du savoir

Dans la tête des grands scientifiques

Collectif d’auteurs

Nicolas Martin

ISBN 979-10-375-0915-4

Date de parution : 11 mai 2023

Nombre de pages : 400

Éditions Les Arènes

Découvrez les interviews de dix-sept scientifiques français et comprenez enfin comment ils pensent !

Nicolas Martin a réuni les plus grands scientifiques francophones, celles et ceux dont les travaux ont un retentissement international : dix hommes, sept femmes, dix-sept disciplines. Dans ces entretiens exclusifs, ces cerveaux remarquables nous ouvrent pour la première fois leur « boîte noire ».

Ils nous racontent d’où vient leur vocation, les qualités nécessaires pour mener à bien des recherches dans leur domaine, quelles ont été leurs réactions face aux échecs ou aux fausses pistes, comment s’organise leur pensée et si le moment eurêka existe réellement…

Jamais un tel panorama ne nous a été offert.

Ce livre est une plongée dans l’intimité de savants pleins d’humilité, qui s’expriment à cœur ouvert, dans une lanque accessible à tous. Avec une grande générosité, ils partagent leur savoir et leur savoir-être. Une vision du monde en forme de kaléidoscope passionnant.

Avec :

Alain Aspect, physique quantique, prix Nobel de physique
Jean-Pierre Sauvage, prix Nobel de chimie
Yves Agid, neurosciences, grand prix de l’INSERM
Françoise Combes, cosmologie, médaille d’or du CNRS
Gilles Boeuf, biologie marine et écologie
Évelyne Heyer, anthropologie génétique
Arnaud Fontanet, épidémiologie, ex-membre du Conseil scientifique
Hélène Loevenbruck, linguistique, médaille de bronze du CNRS
Étienne Ghys, mathématiques, médaille d’argent du CNRS, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences
Sabrina Krief, primatologie et médecine vétérinaire
Marc-André Selosse, biologie et mycologie
Laurence Devillers, informatique et intelligence artificielle
Jean-Jacques Hublin, paléoanthropologie
Sophie Szopa, climatologie, chimie atmosphérique
Carlo Rovelli, physique théorique, philosophie des sciences
Edith Heard, épigénétique, grand prix de l’INSERM
Marc Lachièze-Rey, physique théorique et astrophysique

Source : Éditions Les Arènes.


Lire un extrait ; Visitez le site web de l’éditeur


Vidéo de présentation de LA NAISSANCE DU SAVOIR sur le site web des Éditions Les Arènes.

Comment pensent les grands scientifiques ? Comment naissent les idées nouvelles et les grandes découvertes ? Le phénomène Eurêka existe-t-il vraiment ? Qu’est-ce qui déclenche une vocation ?

Nicolas Martin a interrogé le neurologue Yves Agid, l’astrophysicienne Françoise Combes, le mathématicien Etienne Ghys et la linguiste Hélène Lœvenbruck. Un échange passionnant !


Nicolas Martin et son livre LA NAISSANCE DU SAVOIR dans les médias

LIVRE. « La naissance du savoir », par Nicolas Martin, Sciences et Avenir, Par Olivier Lascar le 23.05.2023 à 13h41

« La naissance du savoir” : les grands esprits scientifiques se rencontrent, France culture

Comment naît une idée ? Les scientifiques sont-ils des humains comme les autres ? Entretien avec Nicolas Martin, 05 juin 2023 à 05:16•7 min. Par Marie Van Cutsem, avec A.Poncelet via La Première, RTBF


Au sujet de l’auteur Nicolas Martin

Nicolas Martin au Forum les Idées Claires au studio 104 de Radio France, en 2019. Author : NTourgueniev. (Wikipédia)
Nicolas Martin au Forum les Idées Claires au studio 104 de Radio France, en 2019. Auteur de la photographie : NTourgueniev. (Wikipédia). CC BY-SA 4.0

Nicolas Martin | Biographie, actualité et podcasts à écouter », sur Radio France


Quatrième de couverture

Journaliste, animateur, auteur et producteur, Nicolas Martin a animé pendant six ans la Méthode Scientifique sur France Culture, la première émission quotidienne de vulgarisation scientifique (200 000 auditeurs quotidien, 3 millions de téléchargements par semaine). Il a reçu les plus grands scientifiques français, toutes disciplines confondues. Chercheurs inconnus du grand public ou prix Nobel, il a montré que la science joue un rôle centrale dans nos vies.

Désormais éditeur aux Arènes, il va publier des livres de sciences conçus avec le même esprit d’ouverture et de pédagogie que les sujets traités dans la méthode scientifique. Et si les sciences étaient les nouvelles sciences humaines d’aujourd’hui ?


La Méthode scientifique est une émission de radio française de vulgarisation scientifique coproduite par Nicolas Martin et Antoine Beauchamp, diffusée sur France Culture de 2016 à 2022. Source : Wikipédia.

Site web de l’émission

Prix du journaliste scientifique de l’Association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI)


Mon rapport de lecture du livre

La naissance du savoir de Nicolas Martin

* * * * *

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques. Voici ces questions :


Questions adressées à Carlo ROVELLI

Physique théorique et philosophie des sciences

Y a-t-il un souvenir d’enfance, un événement ou une expérience, auquel vous liez l’apparition de votre curiosité scientifique ?

Einstein dit dans ses écrits : « Très jeune, j’avais le sentiment qu’il y avait quelque chose de profondément caché derrière les choses. » Partagez-vous ce sentiment ?

Qu’est-ce qui vous intéressait petit, si ce n’était pas les sciences ?

Avez-vous été marqué dans votre enfance par une œuvre artistique, dont vous diriez qu’elle participe à l’éveil de votre curiosité ?

Venez-vous d’une famille où il y avait des scientifiques, des artistes, des créateurs ?

Ont-ils encouragé votre curiosité scientifique ou auriez-vous tout aussi bien être artiste ?

Que se passe-t-il à ce moment-là, dans votre voiture, pour que vous vous disiez que vous voulez consacrer votre vie à la physique théorique ?

Plus que la philosophie, par exemple ?

Avez-vous eu un mentor qui a permis de structurer votre pensée scientifique ?

Comment jugez-vous aujourd’hui, avec le recul, votre début de carrière ?

Quel conseil donneriez-vous au Carlo Rovelli de 20 ans ?

Lors de ce début de carrière, quelle était la part de compétition et de collaboration ? Laquelle des deux était la plus stimulante ?

Comment naît chez vous une idée nouvelle ?

Comment se formule votre travail de réflexion ?

La gravitation quantique a boucles dans la tête de Carlo Rovelli, ça ressemble à quoi ?

Ma question suivante était : l’usage de l’analogie est-il pertinent, mais je crois que vous venez d’y répondre !

Diriez-vous que votre raisonnement est plutôt inductif ou déductif ?

Pensez-vous que la théorie peut ou doit contredire l’expérience ?

Quelle la part de l’écrit ? Avez-vous besoin d’écrire beaucoup et dans quel langage ?

Quelle est la part de l’oral dans votre réflexion ?

Quel type de mémoire avez-vous ?

Qu’est ce qui est le plus important pour vous : l’intuition ou le rationnel ?

L’émotion est-elle importante ? Doit-on la suivre ou au contraire la mettre de côté et viser l’objectivité ?

Vous est-il difficile de penser en dehors du cadre pour faire émerger une idée nouvelle ?

Que est votre premier réflexe quand vous vous retrouvez face à une anomalie ?

Quel est la cadre idéal pour penser librement ?

La nuit est-elle réservée au sommeil ou est-ce un bon moment pour travailler ?

Quelle place accordez-vous au hasard ou à la sérendipité ?

L’évolution de la technologie a-t-elle modifié votre façon de réfléchir ?

Qu’est-ce qu’un obstacle pour vous ?

Est-ce facile pour vous de vous dire que vous faites fausse route, que cet obstacle est une impasse ?

Pour vous, la recherche est-elle génératrice d’anxiété ou de sérénité ?

Quelle place accordez-vous à l’autocritique ? Est-ce un exercice facile ou compliqué ?

Le doute est-il fécond, nécessaire et utile ou est-ce au contraire un parasite ?

Comment faites-vous pour qu’une idée nouvelle et isolée puisse se transformer en changement de paradigme collectif ?

La réponse est évidente, mais quelle est la découverte qui a marqué votre carrière ?

Pensez-vous que nous puissions en trouver un jour des preuves expérimentales ?

À l’inverse, quel est votre plus grand échec ?

Diriez-vous que votre domaine de recherche a changé la façon dont vous percevez le monde ou le réel ?

Y a-t-il un chercheur ou une chercheuse d’un discipline autre que la vôtre dont vous vous sentiriez proche ?

Pensez-vous que le temps des grandes découvertes dans votre disciple est révolu, ou est-il à venir ?

Pensez-vous que nous puissions un jour arriver à une théorie du tout ?

SOURCE : Extrait disponible sur le site Amazon.

Cliquez sur « FREE PREVIEW » pour prendre connaissance des réponses aux questions ci-dessus.


On peut donc parcourir ce livre pour découvrir les différentes réponses à chaque question (à quelques variantes près) données par les scientifiques interviewés.

Dans sa préface, Nicolas Martin pose d’emblée cette question : « Un scientifique est-il un humain comme les autres ? » Monsieur Martin nous laisse libre de trouver ne propre réponse. « Devenir chercheur, c’est accessible à tout le monde » soutient Nicolas Martin. Son questionnaire se compose de trois grandes parties :

1. « Tout d’abord, l’apparition de la vocation ? (…) »;

2. « Dans un deuxième temps, j’ai souhaité comprendre la nature de la formulation et de l’organisation de la pensée » (…);

3. « Puis, dans un troisième temps, j’ai interrogé les circonstances propices à l’élaboration de la pensée (…) ».

Je m’intéresse de plus près à l’épistémologie (1. Étude critique des sciences, destinée à déterminer leur origine logique, leur valeur et leur portée (théorie de la connaissance). 2. Théorie de la connaissance ; « étude de la constitution des connaissances valables » (Piaget). Épistémologie génétique. Source : Le Robert – Dico en ligne). En fait, je cherche des réponses à la question « Comment nous pensons ? » dans l’espoir de prendre suffisamment de recul pour distinguer le Savoir de la connaissance, la connaissance de l’opinion et l’opinion de la croyance. Mon but ultime : contribuer à la lutte contre les opinions, prémisse de base de la pensée scientifique selon Gaston Bachelard (voir Wikipédia). Il s’agit de ne pas prendre pour vrai ce qu’on pense uniquement parce qu’on le pense. Il faut douter ! La connaissance scientifique se bâtie sur les ruines du déjà-su, ce qui implique la destruction du déjà-su et, par conséquent, de douter de ce déjà-su, de ne rien prendre pour acquis une fois pour toute.

Et à ce sujet, je me suis réjouie de la question au sujet du doute adressée par Nicolas Martin à chacun de ses invités dans son ouvrage. Tous les scientifiques interrogés par monsieur Martin accordent une grande importance au doute et à sa nécessité dans la pensée scientifique. Je crois que nous devons tous faire de même dans notre vie personnelle et professionnelle : ne rien prendre pour acquis une fois pour toute, pas même nos opinions et nos croyances. L’exercice demande de fonder la confiance en soi sur sa capacité à douter. Le doute n’est rien d’autre, pour des personnes comme vous et moi, qu’un chemin de travers (11° Chemin de travers = chemin qui court sur le travers d’une ou de plusieurs terres.) (Source : Glossaire du parler français au Canada, Éditeur : Québec : l’Action sociale (limitée),1930. (Voir aussi : Chemin de traverse (voie), Wikipédia.))

« Est-Il difficile pour vous penser en dehors du cadre ? » demande Nicolas Martin à chacun des scientifique. Nicolas Martin ne demande pas si les scientifiques pensent ou non en dehors du cadre mais bel et bien si cela leur est difficile. Voici la question et la réponse de Carlo ROVELLI :

N. M.: Vous est-il difficile de penser en dehors du cadre pour faire émerger une idée nouvelle ?

C. R.: Je ne voudrais pas paraître arrogant ou excessif, mais j’ai toujours eu le problème inverse dans ma vie. Je me suis toujours trouvé hors du cadre. Dès mon plus jeune âge, j’avais la nette impression que les gens ne pensaient pas comme moi. Je me suis retrouvé dans la même situation avec mes collègues quand j’ai commencé la recherche. Mon principal problème a toujours été d’arriver à articuler ma façon de vois les choses avec ce que la majorité pense. Je dois faire un effort pour comprendre les autres, être compris et ne pas trop briser la communication.

MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Carlo ROVELLI, p. 24.

Penser en dehors du cadre se compare à emprunter un chemin de travers (11° Chemin de travers = chemin qui court sur le travers d’une ou de plusieurs terres. (Source : Glossaire du parler français au Canada, Éditeur : Québec : l’Action sociale (limitée),1930.) (Voir aussi : Chemin de traverse (voie), Wikipédia.))

Penser en dehors du cadre, emprunter un chemin de travers, voilà ma recommandation aux étudiants du secondaire et du collégial dans mon livre intitulé « Le dernier livre – Pour les jeunes qui ne passeront pas leur vie à lire » (PDF gratuit).

Le dernier livre
LE DERNIER LIVRE – Pour les jeunes qui ne passeront pas leur vie à lire – Tout ce que vous n’apprendrez pas au secondaire et au collégial.

Quant à la question portant sur les émotions, les scientifiques sont unanimes.

N. M.: L’émotion est-elle importante ? Doit-on la suivre ou au contraire la mettre de côté et viser l’objectivité ?

C. R.: L’émotion, c’est primordiale. Ceux qui disent qu’ils ne laissent pas leurs émotions les dominer sont encore plus dominés que les autres. Les motifs qui expliquent notre activité ne peuvent pas être rationnels parce que la rationalité ne donne pas de motivation en soi. Les émotions sont donc cruciales et il faut construire sur elles (..)

MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Carlo ROVELLI, Édition Les arènes, 2023, p. 24.


N. M.: Pensez-vous qu’il est important de conserver une place à l’émotion dans vos travaux de recherche ?

J.-P. S.: L’émotion est essentielle. Pour faire de la recherche sans émotion, il faut enlever la passion. Or, si on met de la passion dans ses recherche, quand ils commencent à marcher, c’est formidable. Et lorsqu’il y a un échec, l’émotion se transforme en drame. Pour un chercheur, tout est émotionnel.

MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Jean-Pierre SAUVAGE, Édition Les arènes, 2023, pp. 226-227.


N. M.: L’émotion est-elle importante ? Est-ce un atout, un allié, quelque chose qu’il faut écouter ? Ou faut-il la laisser pour essayer de tendre vers l’objectivité ?

F. C.: L’émotion est essentielle. Sans elle, point de motivation ni de recherche. L’émotion donne l’envie de trouver. Et c’est ce qui fait qu’on est tellement satisfait quand on découvre quelque chose. (…)

MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Françoise COMBES, Édition Les arènes, 2023, p. 246.


N. M.: Chez-vous, dans votre parcours de recherche, vous diriez que vous avez volontairement une grande place aux émotions ou qu’au contraire vous avez essayé de les mettre de côté et de ne pas parasiter votre travail intellectuel ?

Y. A.: (…)

Est-ce qu’il y a des pensées sans émotions ? En fait, non. On sait maintenant, d’après des travaux effectués dans le domaine de la science cognitive, que toute décision résulte d’une conjugaison des activités intellectuelles et émotionnelles (dans le cortex frontal). De plus, toute pensée entraîne une émotion et toute émotion invite à penser…

MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Yves AGID, Édition Les arènes, 2023, p. 296.

Par intérêt personnel, la question au sujet du doute se classe au premier rang. Pour lutter contre ses opinions, prémisse de base de la pensée scientifique selon Gaston Bachelard (La formation de l’esprit scientifique – PDF gratuit), il faut en douter. Le doute, je l’ai souvent souligné, c’est la faille qui permet à la lumière d’entrer.

N. M.: Les doute est-il fécond, nécessaire et utile ou est-ce au contraire un parasite ?

C.R.: Oh non ! Le doute est la source de tout savoir. Sans soute nous n’apprenons rien. Il faut douter continuellement. Si nous ne doutons pas, nous sommes stupides (…)

MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Carlo ROVELLI, Édition Les arènes, 2023, p. 28.


N. M.: Le doute est-il un compagnon nécessaire ou un parasite ?

L. D.: C’est un compagnon nécessaire, très utile et enthousiasmant. Si je ne doute pas, je suis perdue. Nous avons besoin de déséquilibre. Il faut être déséquilibré pour être toujours en action. Et ce n’est pas anxiogène. Le doute peut être un catalyseur pour trouver autre chose.

MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Laurence, DEVILLERS, Édition Les arènes, 2023, p. 327.

Au sujet de l’intuition et du rationnel :

N. M.: Quelle est la part que vous accordez à l’intuition par rapport au rationnel ?

M. L.-R.: Je ne les oppose pas. On pourrait dire que l’intuition est la machine et que le rationnel est le combustible qui fait fonctionner la machine. Mais on pourrait soutenir aussi la réciproque ! (…)

MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Marc LACHIÈZE-REY, Édition Les arènes, 2023, p. 161.


J’accorde cinq étoiles sur cinq voire six étoiles sur cinq à LA NAISSANCE DU SAVOIR de NICOLAS MARTIN paru en 2023 chez les Éditions LES ARÈNES. Je ne saurais trop en recommander la lecture. Ce livre est unique, original et fascinant. Pour la première fois, nous entrons dans le centre même de la pensée scientifique tel que pratiquée par dix-sept grands scientifiques.

Le lien avec notre sujet d’observation, la philothérapie, est direct parce qu’il ajoute des réponses à une question centrale de ma démarche : Comment pensons-nous ?


dossier-consulter-un-philosophe.01

Liste des articles par ordre de publication

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007.

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE. L’auteur prend le temps de situer son sujet dans son contexte historique soulignant la reconnaissance plutôt récente de la dépression comme une maladie. Auparavant, on parlait d’acédie et d’ennui.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole» – Avec cet article, nous sortons de du cadre de la philosophie pour entrer de plein pied dans celui de la psychologie. Le livre Savoir se taire, savoir parler a attiré mon attention à la suite de ma lecture de l’article « Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole » paru dans le Figaro.fr. J’accepte cette intrusion de la psychologie dans ce dossier sur la philosophie parce que cette « hystérie de la parole » observable à notre époque, notamment sur les réseaux sociaux, entre directement en conflit avec le silence nécessaire et incontournable à la réflexion philosophique. Bref, il faut savoir se taire, savoir parler pour philosopher. J’ai donc acheté ce livre et voici mon rapport de lecture.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques (…)

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

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