Article # 266 – The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice / Le Manuel Socratique : Méthodes de dialogue pour la pratique philosophique, Michael Noah Weiss, LIT Verlag, 2015

Michael Noah Weiss (Éditeur)

The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice

LIT Verlag GmbH & Co. KG

Lieu de publication : Wien (Vienne) / Zürich (Zurich)

Année de publication : 2015

Collection : Schriftenreihe der Initiative Weltethos Österreich, Band 9

ISBN : 978-3-643-90659-5 (LIT Verlag)

Description physique : Contient des sections méthodologiques (pages 9 à 397+), une liste d’auteurs (page 423+)

Contributeurs : Sur mandat de la Global Ethic’s Initiative Austria. Contient des contributions de : Anders Lindseth, Morten Fastvold, Michael Niehaus, Detlef Staude, Aleksandar Fati?, Constantinos Athanasopoulos, Ina Paul-Horn, Lydia Amir, Peter Worley, Audrey Gers, Luisa de Paula, Zoran Kojcic, Else Werring, Peter Harteloh, Sigurd Ohrem, Finn Thorbjørn Hansen, Helge Svare, Larissa Krainer, Peter Heintel, Camilla Angeltun, Jeanette Bresson Ladegaard Knox, Lucie Antoniol, Viktoria Chernenko, Tulsa Jansson, Jens Oscar Jenssen, Pia Houni, Are Seljevold, Lisz Hirn, Antonio Sandu, Ran Lahav, José Barrientos-Rastrojo, Maria João Neves, Ida Helene Henriksen, Michael Noah Weiss.

Source : LIT Verlag GmbH & Co. KG.


Présentation par l’éditeur

Traduction de l’anglais au français

Dans ce manuel, 34 praticiens de la philosophie de renommée internationale, issus de 20 pays différents, présentent une grande variété de méthodes de dialogue pour la pratique philosophique, qui n’avaient encore jamais été publiées sous une forme aussi compacte et condensée. En s’inspirant principalement de Socrate et de sa méthode de la maïeutique — l’art d’accoucher les âmes, comme il l’appelait —, cette publication se propose d’offrir différentes approches méthodologiques afin d’inciter les gens à s’émerveiller, à réfléchir, à changer de perspective et à penser différemment. En somme : amener les individus à philosopher — sur la vie et sur la manière dont ils la mènent —, tout en leur offrant des pistes d’inspiration pour cheminer vers la vie qu’ils estiment devoir mener.

Texte original en anglais

In this handbook 34 renowned philosophical practitioners, from 20 different countries, present a great variety of dialogue methods for philosophical practice, which never before have been published in such a compact and compiled form. By having Socrates and his method of maieutics – the art of midwifery of the soul as he called it – as one of its main sources of inspiration, this publication intends to offer different methodological approaches in order to make people wonder, reflect, change perspective, to think different. In short: to make people philosophize – about life, the way they live it, and give inspiration on the way towards how they think they should.

Source : LIT Verlag GmbH & Co. KG.


Table des matières

Avant-propos par Anders Lindseth | 1

Prologue : Penser différemment. Sur la finalité et l’usage de ce manuel par Michael Noah Weiss | 3

I. Le conseil philosophique (Philosophical Counseling) | 9

  • L’art de questionner — Morten Fastvold (Norvège) | 11

  • La philosophie comme mode de vie. Exercices de soin de soi — Michael Niehaus (Allemagne) | 19

  • Le chemin de la réflexion. La pratique philosophique dans l’accompagnement dialogique de vie — Detlef Staude (Suisse) | 35

  • La maladie comme sujet de vie inéluctable. Les possibilités de la pratique philosophique dans les soins de santé et la psychothérapie — Anders Lindseth (Norvège) | 45

  • Les tâches du rêve. La cognition somatique des émotions dans le jugement moral — Aleksandar Fati? (Serbie) | 67

  • La colère. Aristote en pratique — Constantinos Athanasopoulos (Grèce) | 83

  • L’éthique des idées. Face au risque d’une conversation à l’issue ouverte — Ina Paul-Horn (Autriche) | 89

  • Le sens tragique de la vie bonne — Lydia Amir (Israël) | 97

II. La philosophie pour enfants (Philosophy for Children) | 129

  • L’hypothèse, l’ancrage, l’ouverture (If it, Anchor it, Open it Up). Une technique de questionnement guidé et fermé — Peter Worley (Royaume-Uni) | 131

  • Que faire ? Un atelier sur l’éthique en milieu scolaire — Audrey Gers (France) | 151

  • La joute sophistique. Un jeu philosophique sur le bonheur — Luisa de Paula (Italie) | 155

  • Dans le sillage de la morale provisoire de Descartes. Un exercice de biographie philosophique — Luisa de Paula (Italie) | 163

  • La philosophie nomade (Mobile Philosophy). L’usage de la technologie mobile dans l’enseignement de la philosophie et de l’éthique — Zoran Kojcic (Croatie) | 173

  • La vertu de tolérance. Un exercice dialogique — Else Werring (Norvège) | 181

III. Les marches philosophiques (Philosophical Walks) | 189

  • Le voyage importe plus que la destination. La marche philosophique comme exercice socratique — Peter Harteloh (Pays-Bas) | 191

  • Un coq pour Asclépios. Un parcours philosophique sur les pas de Socrate — Sigurd Ohrem (Norvège) | 205

IV. Les méthodes de dialogue socratique | 215

  • L’appel et les pratiques de l’émerveillement. Comment susciter une communauté socratique de l’émerveillement en milieu professionnel — Finn Thorbjørn Hansen (Danemark) | 217

  • Identifier les valeurs fondamentales à travers les récits d’entreprise — Helge Svare (Norvège) | 245

  • L’éthique procédurale (Process-Ethics) — Larissa Krainer & Peter Heintel (Autriche) | 251

  • Qu’est-ce que le courage ? La méthode du Socratic World Café — Camilla Angeltun (Norvège) | 261

  • « Dis-moi, qu’as-tu l’intention de faire de ta vie unique, sauvage et précieuse ? » Le dialogue socratique dans une mise en scène dramatique — Jeanette Bresson Ladegaard Knox (Danemark) | 269

  • Un dialogue socratique en six étapes. Autour de la question « Faut-il tout dire ? » — Lucie Antoniol (Belgique) | 283

  • Le point de non-retour. La problématisation comme exercice philosophique — Viktoria Chernenko (Russie) | 287

  • L’identité — Un dialogue problématisant qui nous sommes. Théorie et conseils pratiques pour philosopher en groupe — Tulsa Jansson (Suède) | 293

  • La méthode STL. Une approche socratique du dialogue interconfessionnel — Jens Oscar Jenssen (Norvège) | 303

  • Comment le dialogue socratique encourage-t-il à parler ? Un exemple de dialogue sur l’amitié (philia) — Pia Houni (Finlande) | 311

V. Les cafés philo (Philo Cafés) | 323

  • Notre Agora. Comment appréhender notre agora en tant que praticiens de la philosophie ? — Are Seljevold (Norvège) | 325

  • Dialogue et émancipation sociale (Social Empowerment). La méthode du cercle de dialogue (Dialogkreis) — Lisz Hirn (Autriche) | 343

  • À la poursuite numérique du bonheur. Éthique appréciative et café philosophique virtuel — Antonio Sandu (Roumanie) | 349

VI. Les pratiques philosophiques contemplatives | 365

  • Philosophie contemplative et pratique philosophique — Ran Lahav (États-Unis) | 367

  • Un atelier d’expérience en groupe. Théorie et pratique — José Barrientos-Rastrojo (Espagne) | 375

  • Exercices de pratique philosophique de la méthode RVPC. Le raciovitalisme poétique — Maria João Neves (Portugal) | 385

  • L’écoute consciente (Mindful Listening). L’attention incarnée dans la rencontre avec l’autre — Ida Helene Henriksen (Norvège) | 393

  • Daimonion. L’imagerie guidée comme outil pour la pratique philosophique — Michael Noah Weiss (Autriche) | 397

Épilogue : Éthique planétaire (Global Ethic) et pratique philosophique. Vers une déontologie professionnelle pour les praticiens de la philosophie | 411

Liste des auteurs | 423

Source : LIT Verlag GmbH & Co. KG.


EXTRAIT

Avant-Propos

Anders Lindseth

Traduction de l’anglais au français

La première Conférence internationale sur la pratique philosophique (1ère ICPP) s’est tenue en 1994 à l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver, organisée par Ran Lahav et Lou Marinoff. Ce qui a rendu cette conférence si inoubliable pour nous, qui y participions, fut le sentiment de faire partie de quelque chose de radicalement nouveau. Bien qu’il ne fût pas entièrement clair de quoi il s’agissait, il était fascinant de s’inscrire dans une dynamique qui apparaissait essentiellement innovante. Pour certains, l’essence de cette innovation consistait à ramener la philosophie de l’université vers le peuple. Ils y voyaient l’ouverture d’un champ d’application dans lequel les philosophes pouvaient s’investir en dehors du monde académique. Et c’est précisément cet intérêt pour un champ d’application non académique qui est devenu central lors de la 2e ICPP en 1996, aux Pays-Bas.

D’autres participants à la conférence de Vancouver considéraient cette innovation essentielle comme une chance de renouveler la philosophie en tant que telle, y compris au sein des universités. Pour ma part, ainsi que pour tous ceux qui appartenaient au cercle constitué autour du Dr Gerd B. Achenbach à Bergisch Gladbach, en Allemagne, c’était là le point le plus important.

En 1981, Achenbach ouvrit son « Philosophische Praxis » (Cabinet de pratique philosophique) — le premier cabinet de ce genre tel que nous le connaissons aujourd’hui. Lorsqu’on l’interrogea un jour sur les motivations qui l’avaient conduit à ouvrir son cabinet, sa réponse (voir Achenbach, 1984) intégrait trois facteurs :

« Premièrement, la philosophie s’était repliée dans un ghetto académique, où elle avait perdu tout rapport direct avec les problèmes réels vécus par les êtres humains. Deuxièmement, à notre époque, la psychologie s’était vu attribuer la tâche d’aider les gens à résoudre leurs problèmes, une tâche autrefois dévolue à l’accompagnement spirituel (pastoral care). Or, la psychologie subissait désormais le même sort que l’accompagnement spirituel en cherchant à fournir des solutions générales à des problèmes individuels. Ainsi, pour les questions face auxquelles les gens se débattent, il devrait y avoir des réponses (plus ou moins) prêtes à l’emploi, des solutions générales — ce que la psychologie tente de justifier par la recherche empirique, tandis que l’accompagnement spirituel tente de fonder ses réponses sur les dogmes de la foi. Dans les deux cas, il arrive facilement que la personne en quête d’aide ne soit pas rencontrée dans sa propre historicité personnelle. C’est ici [et c’était le troisième point d’Achenbach] qu’intervient la tâche traditionnelle de la philosophie : réfléchir sur l’expérience humaine, tenter de trouver des mots capables de mettre cette expérience en perspective et d’en réconcilier les contradictions inhérentes. Dans la pratique philosophique, le philosophe va à la rencontre de divers êtres humains avec leurs questions et leurs problèmes spécifiques ; cette pratique peut ainsi aider la philosophie à trouver une issue hors de son ghetto académique pour revenir dans la sphère publique et politique, au sein d’une communauté de communication — où la philosophie n’est plus une affaire d’experts, mais une préoccupation pour tous les êtres humains d’expérience et de réflexion qui cherchent une orientation sur leur chemin de vie. » (Lindseth, 2013 : 171f.)

Vingt ans ont maintenant passé depuis la 1ère ICPP à Vancouver, et il est devenu évident que plusieurs domaines en dehors du monde académique se sont ouverts à l’activité et au travail des philosophes : la pratique philosophique sous forme de dialogue avec les individus et les familles, la philosophie pour enfants, le dialogue socratique, les cafés philosophiques, le conseil philosophique en entreprise, le coaching philosophique, etc. Parallèlement, la tâche originelle de la philosophie, qui consiste à réfléchir sur l’expérience de la vie humaine d’une manière libératrice, demeure un défi immense, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du milieu universitaire. Puisse cet ouvrage contribuer à relever ce défi.

Références

  • Achenbach, G.B. (1984) : Philosophische Praxis. (Avec les contributions de M. Fischer, T.H. Macho, O. Marquard et E. Martens). Cologne : Verlag für Philosophie. Jürgen Dinter, (Schriftenreihe zur Philosophischen Praxis, Vol. i). pp. 5-12.

  • Lindseth, A. (2013) : 5 Questions. Dans : Knox, J.B.L. & Friis, J.K.B.O. (Éds.) : Philosophical Practice – 5 Questions. Copenhague : Automatic Press/VIP. pp. 171 – 172.

Source : Traduction par Google Gemini.


RAPPORT DE LECTURE

Ce livre, intitulé The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice, a été édité par Michael Noah Weiss en 2015 (publié par LIT Verlag).

Cet ouvrage ne traite pas directement de la figure historique de Socrate, mais s’inspire plutôt de son approche dialogique comme une forme d’« accouchement spirituel » (la maïeutique s’appliquant à l’âme) afin d’aider les individus à penser différemment. Il s’agit d’un véritable guide pratique (ou « boîte à outils ») réunissant 34 contributeurs issus de 20 pays différents.

Le manuel est structuré en six grandes sections méthodologiques :

  1. Philosophical Counseling (Le conseil philosophique) : Axé sur la relation d’aide individuelle face à des questions existentielles ou éthiques (avec des chapitres sur l’art de questionner par Morten Fastvold, la philosophie comme mode de vie, la gestion de la colère chez Aristote, etc.).

  2. Philosophy for Children (La philosophie pour enfants) : Des techniques pour introduire le questionnement critique chez les plus jeunes en milieu scolaire ou via les technologies.

  3. Philosophical Walks (Les marches philosophiques) : Des exercices Socratiques appliqués au voyage et à la marche.

  4. Socratic Dialogue Methods (Les méthodes de dialogue socratique) : Divers processus de groupe comme la méthode du « Socratic World Café » ou le dialogue en milieu professionnel.

  5. Philo Cafés (Les cafés philo) : Comment aborder l’espace public (l’agora moderne) pour l’autonomisation sociale ou éthique.

  6. Contemplative Philosophical Practices (Les pratiques philosophiques contemplatives) : Des approches qui lient l’attention corporelle, l’écoute attentive et l’imagination guidée au travail philosophique.

Que souhaitez-vous explorer ou approfondir spécifiquement dans cet ouvrage ? Nous pouvons aborder un chapitre particulier, une méthode précise (comme l’art de questionner ou les exercices de soin de soi), ou traduire/analyser une section qui vous intéresse.


L’émancipation de la pensée par le dialogue

Une lecture critique de

The Socratic Handbook

(Michael Noah Weiss, Éd.)

Résumé

The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice, publié sous la direction de Michael Noah Weiss en 2015, constitue un jalon fondamental dans l’institutionnalisation contemporaine de la philosophie pratique. Cet article propose une analyse critique approfondie de l’ouvrage. Il explore comment le paradigme de la maïeutique socratique y est réinvesti pour s’extraire de ce que Gerd Achenbach a nommé le « ghetto académique ». À travers l’examen de ses six sections constitutives (le conseil philosophique, la philosophie pour enfants, les marches philosophiques, le dialogue socratique, les cafés philo et les pratiques contemplatives), nous démontrons comment l’ouvrage propose une alternative épistémologique et méthodologique aux approches psychothérapeutiques et positivistes dominantes.

Introduction : Le retour de la philosophie dans la Cité

Lorsque Gerd Achenbach ouvre le premier cabinet de pratique philosophique (Philosophische Praxis) en Allemagne en 1981, son geste n’est pas seulement entrepreneurial ; il est profondément politique et épistémologique. Comme le rappelle Anders Lindseth dans l’avant-propos de The Socratic Handbook, la philosophie s’était alors « repliée dans un ghetto académique », abandonnant le traitement des souffrances existentielles à la psychologie empirique ou à la théologie dogmatique (Lindseth, 2015). Or, ces disciplines échouent trop souvent à rencontrer l’individu dans sa propre « historicité personnelle » (Achenbach, 1984, cité par Lindseth, 2015).

L’ouvrage The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice, dirigé par Michael Noah Weiss en 2015 pour le compte de la Global Ethic’s Initiative Austria, s’inscrit précisément dans cette trajectoire de réappropriation de l’héritage socratique comme pratique de terrain. Réunissant 34 praticiens originaires de 20 pays, ce manuel n’ambitionne pas de produire une exégèse de la figure historique de Socrate, mais d’ériger sa posture maïeutique en principe actif : l’art de l’« accouchement spirituel » destiné à faire douter, réfléchir et bifurquer le sujet (Weiss, 2015).

Cet article se propose d’offrir un examen critique de l’architecture méthodologique de ce manuel, en analysant ses apports théoriques majeurs et en évaluant la viabilité de ses propositions face aux crises de sens contemporaines.

1. Le Conseil Philosophique : Entre Soin de Soi et Analyse Noétique

Le premier versant de l’ouvrage est consacré au Philosophical Counseling, l’accompagnement individuel. L’enjeu central réside dans la distinction fondamentale entre la thérapie clinique et l’élucidation philosophique. Contrairement à la psychologie, qui cherche souvent à réinsérer le sujet dans une norme comportementale par des réponses préfabriquées, le conseil philosophique aborde la crise (existentielle, morale, professionnelle) comme un carrefour herméneutique (Lindseth, 2015).

L’art du questionnement et la subversion de l’expertise

Morten Fastvold (2015) formalise ce positionnement à travers l’outil du « quadrant des questions », adapté des travaux de Philip Cam. En distinguant les questions factuelles (« Demandez à un expert ! ») des questions interprétatives ou spéculatives, Fastvold démontre que le conseiller socratique doit habiter une forme d’« ironie socratique productive ». Il postule que le praticien « ne sait rien » de la vie du client au début de la séance (Fastvold, 2015). L’espace du cabinet devient un miroir où s’énonce le Gnothi Seauton (Connais-toi toi-même).

                  [ LE QUADRANT DES QUESTIONS (Cam/Fastvold) ]
                  
                                 Une seule réponse
                                       ?
                                       ?
         « Examinez le texte ! »       ?     « Demandez à un expert ! »
         (Compréhension / Analyse)     ?     (Faits / Données empiriques)
                                       ?
    ????????????????????????????????????????????????????????????????????????
                                       ?
         « Utilisez votre tête ! »     ?     « Utilisez votre imagination ! »
         (Philosophie / Logos)         ?     (Spéculation / Contre-factuel)
                                       ?
                                       ?
                               Plusieurs réponses

Le soin de soi comme résistance biopolitique

Michael Niehaus (2015), s’appuyant sur les relectures foucaldiennes et hadotiennes de l’Antiquité, rappelle que la philosophie comme mode de vie (philosophia) implique une cura sui (le soin ou le souci de soi) qui intègre de manière indissociable le corps, les affects et l’esprit. L’exercice du memento mori (Niehaus, 2015) ou la mise à distance humoristique de son propre tragique, développée de manière magistrale par Lydia Amir (2015), ne visent pas l’anesthésie émotionnelle, mais la conquête d’une lucidité joyeuse (la hilaritas spinoziste). L’individu s’émancipe des injonctions biopolitiques de performance en assumant sa finitude et sa propre faillibilité.

2. La Philosophie pour Enfants : L’Ancrage Logique et l’Éveil Critique

La deuxième section du manuel aborde la Philosophy for Children (P4C). Elle s’éloigne du modèle transmissif traditionnel (l’apprentissage de l’histoire des systèmes) au profit de la co-construction d’une Communauté de recherche (Lipman, 2003).

La technique « X » de Peter Worley

L’une des contributions méthodologiques les plus stimulantes est celle de Peter Worley (2015). Prenant le contre-pied de la doxa pédagogique qui sacralise la « question ouverte », Worley théorise l’efficacité de la « question fermée au niveau grammatical, mais ouverte au niveau conceptuel ». Une question comme « Le prisonnier de Locke est-il libre ? » exige un arbitrage immédiat (Oui/Non). Ce choix initial force l’élève à formuler une intuition brute, qui est ensuite soumise à la technique de l’« ancrage » (anchoring) : le facilitateur demande une justification (« Pourquoi ? ») sans altérer le cadre conceptuel choisi par l’enfant.

Cette oscillation, que Worley schématise sous la forme d’un « X », évite la dispersion sémantique et habitue l’esprit enfantin à la structure rigoureuse de l’argumentation (Prémisse $\rightarrow$ Conclusion).

   [ TECHNIQUE DE QUESTIONNEMENT EN « X » ]
   
       Question Fermée Conceptuelle
        (Focus / Arbitrage initial)
                   ?
                   ?
                   ?
            Point d'Ancrage
         (Intuition de l'élève)
                   ?
                   ?
                   ?
       Ouverture Justificative
       (Clarification / Exemple)

3. Espaces Publics et Dialogues Organisationnels : L’éthique de la Problématisation

Les sections III, IV et V du manuel déplacent le curseur du cadre privé et scolaire vers l’espace public (les Cafés Philo) et institutionnel (les organisations et entreprises).

La démocratisation de l’Agora moderne

Lisz Hirn (2015) et Are Seljevold (2015) interrogent le rôle du praticien dans l’espace public. Face à la polarisation des débats contemporains, le Café Philo ne doit pas être un lieu de simple échange d’opinions subjectives (ce que Platon qualifiait de doxa), mais un espace de déconstruction collective des préjugés. En s’appuyant sur l’éthique de la communication d’Habermas ou sur l’analyse pragmatique de la parole, les praticiens réinstaurent des règles d’écoute active qui transforment la confrontation stérile en examen rationnel.

Le Dialogue Socratique en entreprise : au-delà du coaching managérial

Dans le monde corporate, l’intervention philosophique court toujours le risque d’être instrumentalisée à des fins de productivité ou de pacification managériale. Des contributeurs comme Helge Svare (2015) ou Finn Thorbjørn Hansen (2015) montrent que le véritable dialogue socratique en milieu professionnel opère une subversion bénéfique. Par l’introduction de « communautés d’émerveillement » ou de processus de « problématisation » (Chernenko, 2015), le philosophe amène l’organisation à interroger ses finalités éthiques et la cohérence de ses valeurs, bien au-delà des chartes de responsabilité sociétale (RSE) superficielles.

4. Les Pratiques Contemplatives : Vers une Philosophie Incarnée

La dernière section du manuel introduit une dimension souvent occultée par le rationalisme occidental moderne : l’ancrage corporel et somatique de la pensée.

La phénoménologie de l’écoute et l’imagerie guidée

Ran Lahav (2015) définit les contours d’une « philosophie contemplative » où l’activité réflexive s’articule avec le silence et la méditation. Le concept de Daimonion retravaillé par Michael Noah Weiss (2015) utilise l’imagerie guidée comme un outil d’exploration des couches inconscientes de la rationalité. Il ne s’agit pas d’une dérive ésotérique, mais d’une réintégration de la dimension esthétique et sensible de l’existence dans le giron du travail philosophique, faisant écho aux intuitions de Merleau-Ponty sur le « corps propre ».

Conclusion : Une Déontologie pour l’Éthique Planétaire

The Socratic Handbook s’achève sur un épilogue programmatique appelant à la structuration d’une déontologie professionnelle pour les praticiens de la philosophie (Weiss, 2015). Face à la prolifération de méthodes d’accompagnement non réglementées, l’ancrage rigoureux dans l’histoire de la philosophie, combiné à une agilité méthodologique éprouvée, constitue le meilleur garant de la légitimité de cette discipline.

En définitive, le manuel dirigé par Weiss démontre avec force que la philosophie n’est pas un monument historique à contempler au sein des universités, mais un ensemble de « technologies de l’existence » indispensables pour naviguer dans l’incertitude du siècle. En redonnant à l’émerveillement et au doute leur fonction directrice, cet ouvrage pose les bases d’une éthique planétaire vivante, où le dialogue devient l’outil premier de la libération humaine.

Références Bibliographiques

  • Achenbach, G. B. (1984). Philosophische Praxis. Mit Beiträgen von M. Fischer, T.H. Macho, O. Marquard und E. Martens. Köln: Dinter (Schriftenreihe zur Philosophischen Praxis, Band 1).

  • Amir, L. (2015). The Tragic Sense of the Good Life. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 97-128). Wien: LIT Verlag.

  • Chernenko, V. (2015). The Point of No Return. Problematization as a Philosophical Exercise. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 287-292). Wien: LIT Verlag.

  • Fastvold, M. (2015). The Art of Questioning. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 11-18). Wien: LIT Verlag.

  • Hansen, F. T. (2015). The Call and Practices of Wonder. How to evoke a Socratic Community of Wonder in Professional Settings. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 217-244). Wien: LIT Verlag.

  • Hirn, L. (2015). Dialogue and Social Empowerment. The Dialogkreis-Method. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 343-348). Wien: LIT Verlag.

  • Lahav, R. (2015). Contemplative Philosophy and Philosophical Practice. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 367-374). Wien: LIT Verlag.

  • Lindseth, A. (2013). 5 Questions. In J. B. L. Knox & J. K. B. O. Friis (Eds.), Philosophical Practice – 5 Questions (pp. 171-172). Copenhagen: Automatic Press/VIP.

  • Lindseth, A. (2015). Foreword. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 1-2). Wien: LIT Verlag.

  • Lipman, M. (2003). Thinking in Education (2nd ed.). Cambridge: Cambridge University Press.

  • Niehaus, M. (2015). Philosophy as a Way of Life. Exercises in Self-Care. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 19-34). Wien: LIT Verlag.

  • Seljevold, A. (2015). Our Agora. How Should We Approach our Agora as Philosophical Practitioners?. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 325-342). Wien: LIT Verlag.

  • Svare, H. (2015). Finding Core Values in Company Narratives. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 245-250). Wien: LIT Verlag.

  • Weiss, M. N. (Ed.). (2015). The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice. Wien: LIT Verlag (Schriftenreihe der Initiative Weltethos Österreich, Band 9).

  • Weiss, M. N. (2015). Prologue: Think Different. On the Purpose and Use of this Handbook. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 3-8). Wien: LIT Verlag.

  • Weiss, M. N. (2015). Daimonion. Guided Imagery as a Tool for Philosophical Practice. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 397-410). Wien: LIT Verlag.

  • Worley, Peter (2015). If it, Anchor it, Open it Up. A closed, guided questioning technique. In M. N. Weiss (Ed.), The Socratic Handbook: Dialogue Methods for Philosophical Practice (pp. 131-150). Wien: LIT Verlag.


Approfondissement thématique

Le Conseil Philosophique

(Philosophical Counseling)

Le conseil philosophique, tel qu’il est théorisé et pratiqué dans la première partie de The Socratic Handbook, redéfinit la relation d’aide hors des cadres cliniques et psychothérapeutiques conventionnels. Cette approche postule que les difficultés humaines (crises existentielles, dilemmes éthiques, souffrances professionnelles ou personnelles) ne relèvent pas systématiquement d’une pathologie mentale à soigner, mais bien souvent d’un besoin de clarification conceptuelle et d’orientation existentielle.

Cette section approfondit les fondements épistémologiques, les postures maïeutiques et les applications cliniques de cette discipline à travers les contributions majeures de l’ouvrage.

1. L’Épistémologie de la relation d’aide : S’affranchir du modèle médical

Le conseil philosophique se structure en opposition au modèle diagnostique de la psychologie clinique. Comme le souligne Anders Lindseth, la dérive de la psychologie moderne réside dans sa tendance à appliquer des solutions générales et des protocoles standardisés à des vécus individuels, privant le sujet de son historicité personnelle.

La distinction fondamentale entre Disease et Illness (Anders Lindseth)

Lindseth propose un outil conceptuel crucial en distinguant la maladie objective, clinique (disease), de la maladie vécue subjectivement par le patient (illness).

  • La Disease : Relève de la science médicale. Elle est traduisible en données quantifiables, en diagnostics et en traitements causaux. Elle objective le patient, le transformant en « source d’informations » pour l’expert.

  • La Illness : Relève de la phénoménologie et de l’expérience vécue. Devenir malade est une épreuve humiliante (krank étant lié à Kränkung en allemand) qui bouleverse le rapport au monde et à soi.

Dans cette perspective, le rôle du praticien de la philosophie n’est pas de guérir l’organe (la disease), mais d’accompagner le sujet dans la réappropriation et l’intégration de sa maladie comme une expérience de vie majeure et inévitable (inevitable life topic). Par l’ouverture d’un espace d’attention pure, le dialogue permet au sujet de passer d’une fuite panique face à la souffrance à une réconciliation avec sa propre finitude.

2. La posture socratique : L’art du questionnement et de la neutralité

Le conseiller philosophique n’est pas un sage dispensant des leçons de vie, mais un facilitateur socratique qui s’astreint à une stricte discipline d’abstention.

                     [ LA POSTURE DU CONSEILLER SOCRATIQUE ]
                     
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         ?                    L'ironie socratique                      ?
         ?   Le praticien postule qu'il ne sait rien de la vie du      ?
         ?   consultant. Il refuse de donner des conseils directs.     ?
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         ?                 La réduction phénoménologique               ?
         ?   Mise entre parenthèses (*epoché*) des théories            ?
         ?   toutes faites pour laisser apparaître le vécu brut.       ?
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         ?                   L'éthique des idées                       ?
         ?   Endurer le silence et la vacuité temporelle pour laisser  ?
         ?   le consultant accoucher de ses propres concepts.          ?
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Le quadrant de questionnement (Morten Fastvold)

Morten Fastvold formalise la boîte à outils du questionnement en insistant sur le fait que le conseiller doit maîtriser le passage entre différents types de questions pour maintenir l’exigence logique du dialogue :

  1. Les questions d’élucidation (« Examinez le texte ! ») : Visent à clarifier ce que le consultant vient de dire. Elles fixent les énoncés pour empêcher le sujet de fuir ses propres mots.

  2. Les questions factuelles (« Demandez à un expert ! ») : Nécessaires pour ancrer le récit dans la réalité factuelle et vérifier que le raisonnement du consultant ne repose pas sur des prémisses erronées (par exemple, distinguer une persécution réelle d’une perception paranoïaque).

  3. Les questions spéculatives (« Utilisez votre imagination ! ») : Permettent de déstabiliser les schémas de pensée habituels en introduisant des scénarios contre-factuels.

  4. Les questions proprement philosophiques (« Utilisez votre tête ! ») : Elles n’ont pas de réponse unique et forcent le sujet à conceptualiser sa situation à un niveau universel (Qu’est-ce que la justice ? Qu’est-ce qu’être adulte ?).

L’endurance du silence et de la vacuité (Ina Paul-Horn)

Dans son chapitre sur l’éthique des idées, Ina Paul-Horn met en garde contre la tentation du conseiller de « combler le vide ». Face aux blocages du consultant, le praticien doit résister à l’impulsion de donner des réponses rassurantes. L’acceptation du silence et d’une conversation à l’issue incertaine crée un espace mental intermédiaire où les véritables émotions (comme la colère ou la déception face à des attentes déçues) peuvent émerger et être conscientisées.

3. Méthodologies d’accompagnement : Du parcours structuré à la somatisation

Les praticiens du Socratic Handbook proposent différentes grilles méthodologiques pour structurer cette relation d’aide individuelle.

Le Chemin de la Réflexion (Weg der Besinnung) de Detlef Staude

Detlef Staude propose un protocole d’accompagnement biographique et philosophique rigoureux, segmenté en sessions thématiques payées d’avance, pour éviter l’arrêt prématuré du travail réflexif lorsque celui-ci devient inconfortable :

     [ LE CHEMIN DE LA RÉFLEXION (Weg der Besinnung) ]

     Étape 1 : Clarification de la situation de vie actuelle (Phase 1)
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     Étape 2 : Exploration phénoménologique du passé (Phase 2)
               - Recherche des ancrages identitaires et des schémas hérités.
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     Étape 3 : Analyse des valeurs, attitudes (*Haltung*) et concepts (Phase 3)
               - Qu'est-ce qui est central aujourd'hui ?
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     Étape 4 : Projection vers l'avenir, aspirations et désirs profonds (Phase 4)
               - Identification du but ultime (Liberté ? Sécurité ? Reconnaissance ?).
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     Étape 5 : Intégration et déontologie du soin de soi (Phase 5)

L’objectif de cette méthode est d’atteindre l’authenticité et la liberté vécue, plutôt qu’une vérité abstraite ou une autonomie utopique, en harmonisant le pôle individuel, le pôle social et le pôle corporel du consultant.

La cognition somatique des émotions (Aleksandar Fati?)

Rompant avec le dualisme cartésien classique qui sépare l’esprit rationnel du corps physique, Aleksandar Fati? réhabilite l’éthique des vertus sentimentaliste (dans la lignée de David Hume). Pour Fati?, les émotions somatisées sont des blocs d’information cognitive indispensables à la prise de décision morale.

Il propose deux exercices physiques pour contourner la censure de la conscience rationnelle et accéder au registre authentique des émotions du consultant :

  • Les Tâches du Rêve (Tasks for Dreaming) : Un protocole d’une semaine où le consultant, en isolement, consigne ses pensées et émotions brutes immédiatement aux frontières du sommeil (au réveil et à l’endormissement), lorsque le contrôle rationnel et les exigences de « correction politique » de la vie sociale sont au plus bas.

  • L’épuisement physique (Physical Exhaustion) : Inspiré des techniques d’entraînement militaire, cet exercice consiste à soumettre le corps à un effort intense (course, frappe sur sac) pour saturer le système nerveux sous l’effet de l’adrénaline. En état de fatigue extrême, le sujet perd la capacité de maintenir ses masques sociaux et exprime des intuitions et des sentiments profonds (par exemple, admettre une haine libératrice ou un désir d’abandonner une situation), qui sont ensuite analysés à tête reposée.

4. Les figures philosophiques de la réconciliation existentielle

La force du conseil philosophique réside dans sa capacité à mobiliser des doctrines de l’histoire de la philosophie non pas comme des dogmes, mais comme des grilles de lecture thérapeutiques pour restructurer le rapport au monde.

La colère chez Aristote (Constantinos Athanasopoulos)

Face aux crises de colère, la psychologie comportementale propose souvent des techniques d’évitement ou de contrôle cognitif (« I am worth it ») que Constantinos Athanasopoulos juge superficielles et inapplicables dans le feu de l’action. En s’appuyant sur l’éthique d’Aristote, il rappelle que la colère n’est pas une anomalie à éradiquer, mais une passion humaine légitime qui a sa place dans la conquête d’une vie vertueuse.

Le travail du philosophe consiste à aider le consultant à calibrer sa colère selon la juste mesure aristotélicienne : se mettre en colère au bon moment, pour la bonne cause, envers la bonne personne, et avec la juste intensité. La colère saine devient ainsi un moteur d’affirmation morale de soi, tandis que son absence totale traduirait une insensibilité pathologique.

Le sens tragique et l’humour libérateur (Lydia Amir)

Lydia Amir aborde de front le conflit inhérent à la condition humaine : l’écart irréductible entre nos désirs infinis et les limites tragiques de la réalité. Pour surmonter ce tragique sans sombrer dans la résignation ou le déni métaphysique (religieux ou idéaliste), elle théorise la figure de l’Homo risibilis (l’être humain ridicule).

   [ LE PROCESSUS DE TRANSFORMATION ALCHIMIQUE DE LYDIA AMIR ]
   
       Conscience du Tragique (Souffrance, limites, finitude)
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       Mise à distance esthétique par le rire de soi
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       Reconnaissance de sa propre absurdité (Homo risibilis)
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       Dissolution du ridicule (On cesse d'être ridicule dès qu'on s'en sait conscient)
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       Émancipation joyeuse / Sérénité (Ataraxie phénoménologique)

En apprenant au consultant à développer un sens de l’humour auto-référentiel et à rire de ses propres insuffisances, de sa fierté blessée et de ses illusions de contrôle, Amir propose une véritable alchimie existentielle qui convertit la souffrance en joie pure (hilaritas). Ce rire conscient libère le sujet de la honte et du dégoût de soi, posant ainsi les bases d’une éthique de la compassion universelle fondée sur le partage de notre commune vulnérabilité.

Voici une proposition de conclusion synthèse claire et percutante pour parachever votre document de lecture, mettant en relief l’importance transversale de cet ouvrage.


Conclusion générale

La maïeutique comme horizon thérapeutique et citoyen

En réunissant des contributions aussi variées qu’internationales, The Socratic Handbook s’impose comme une œuvre charnière de la philosophie appliquée contemporaine. Sa force réside dans sa capacité à démontrer que la méthode socratique n’est ni un dogme figé, ni une pure joute logique désincarnée. Qu’elle s’articule autour du soin phénoménologique de l’individu, de l’éveil rationnel de l’enfant, de la restructuration éthique des entreprises ou de l’ancrage somatique et contemplatif de l’esprit, la maïeutique y est réaffirmée comme un acte fondamental de libération.

L’absence notable de figures socratiques purement confrontationalistes, à l’instar d’Oscar Brenifier, souligne la ligne directrice et l’éthique profonde de ce manuel : privilégier une posture d’« accouchement » bienveillante, attentive à l’historicité et à la vulnérabilité du sujet. Face au cloisonnement académique et à la standardisation des thérapies psychologiques, cet ouvrage redonne à la philosophie sa fonction première : être une boussole existentielle et un espace de dialogue authentique pour aider l’être humain à habiter pleinement sa vie.


ANNEXE AU RAPPORT DE LECTURE

Question à Google Gemini

Est-ce que livre parle de Oscar Brenifier ?

Non, Oscar Brenifier n’est pas l’un des auteurs ou contributeurs de ce livre (il ne fait pas partie des 34 praticiens ayant rédigé un chapitre dans cet ouvrage, et la table des matières ne contient aucun texte écrit par lui).

Cependant, il est important de nuancer :

  1. Il est une figure de référence indirecte : En tant que l’un des praticiens les plus célèbres de la méthode socratique et de la consultation philosophique en France et à l’international, son approche (souvent qualifiée d’« analytique » ou de posture de « détective » socratique) est très connue dans ce domaine.

  2. Comparaison de méthodes : Dans la littérature scientifique et les articles qui analysent la pratique philosophique (et qui citent régulièrement The Socratic Handbook), le style d’Oscar Brenifier est fréquemment comparé aux méthodes présentées dans ce livre (notamment face à l’approche plus phénoménologique, accueillante et à l’écoute d’Anders Lindseth ou de Detlef Staude).

En résumé, si le livre lui-même se concentre sur les méthodes propres à ses 34 auteurs (sans lui consacrer de section spécifique), l’esprit de sa pratique socratique plane inévitablement sur l’ensemble de cet ouvrage dédié aux méthodes de dialogue.

Est-ce qu'on y trouve le nom « Oscar Brenifier » ?

Non, le nom « Oscar Brenifier » ne figure pas dans le texte de ce livre.

Bien qu’il soit une figure majeure de la pratique socratique et de la consultation philosophique à l’échelle internationale, et qu’il fasse l’objet d’analyses croisées dans d’autres publications universitaires sur la philosophie pratique, les 34 auteurs et contributeurs de The Socratic Handbook (2015) ne le mentionnent ni ne le citent dans cet ouvrage spécifique.

Je suis un peu surpris parce que Morten Fastvold a critiqué Oscar Brenifier dans le passé.

C’est une excellente remarque, et votre surprise est tout à fait légitime ! Les ponts et les tensions entre praticiens de la philosophie socratique sont en effet nombreux et complexes.

Pour éclaircir ce point :

Une critique méthodologique de fond

Morten Fastvold, l’un des contributeurs clés de ce manuel avec son chapitre sur l’art de questionner, s’est effectivement opposé de manière très claire à l’école de pensée d’Oscar Brenifier.

Le cœur de cette discorde réside dans une différence fondamentale d’interprétation de l’« exigence socratique » :

  • La posture d’Oscar Brenifier est réputée pour sa confrontation directe, parfois qualifiée de « violence socratique » ou de formalisme radical. Il cherche à acculer l’interlocuteur à ses contradictions logiques sans chercher à ménager ses émotions, quitte à ce que l’expérience soit vécue de manière déstabilisante ou abrupte.

  • La posture défendue par Morten Fastvold (et plus largement par l’école norvégienne et germanique représentée dans le livre par Anders Lindseth et Gerd Achenbach) prône un dialogue socratique beaucoup plus phénoménologique, axé sur l’accueil, l’écoute bienveillante de l’expérience vécue et le soin de l’autre. Pour eux, le counseling philosophique doit se détacher d’une joute logique pure et dure pour véritablement rencontrer l’historicité de l’individu.

Pourquoi Brenifier n’apparaît pas dans l’ouvrage ?

Le fait qu’Oscar Brenifier ne soit pas cité dans The Socratic Handbook (bien que le livre traite de son sujet de prédilection : le dialogue socratique) s’explique donc par deux raisons principales :

  1. Une divergence d’écoles : Ce manuel est profondément ancré dans une vision d’Europe du Nord et germanique de la philosophie pratique, très influencée par l’approche d’Achenbach, de Lindseth et de la phénoménologie herméneutique. C’est une vision qui s’accorde assez mal avec le rationalisme radical et direct de l’Institut de Pratique Philosophique (IPP) de Brenifier.

  2. Un choix de ligne éditoriale : Michael Noah Weiss a rassemblé des contributeurs qui partagent, malgré leur immense diversité de méthodes, une certaine philosophie de l’accompagnement basée sur l’ouverture, l’émerveillement et une posture de « sage-femme » attentive et non invasive.

La critique historique de Fastvold envers Brenifier témoigne de la vitalité des débats dans ce domaine : le dialogue socratique est loin d’être un bloc monolithique, et ce manuel a clairement choisi son camp en privilégiant l’accompagnement phénoménologique à la confrontation logique pure.

Trouver une référence web à la discorde entre Morten Fastvold et Osacar Brenifier.

La discorde entre Morten Fastvold (représentant de l’approche norvégienne phénoménologique) et Oscar Brenifier (partisan du rationalisme radical et de la confrontation) est documentée de manière académique.

L’article de référence, écrit par Morten Fastvold lui-même, s’intitule « Norvège : au sujet de jeux sérieux et la possibilité de redéfinir un paradigme philosophique » et a été publié dans la revue internationale de didactique de la philosophie Diotime (n° 28).

Dans cet écrit, Fastvold formule des critiques très précises à l’encontre de la méthode de Brenifier :

  • Le rejet de la souffrance et de la requête du consultant : Fastvold reproche à Brenifier sa célèbre posture consistant à déclarer ouvertement qu’il n’est « pas intéressé par les raisons pour lesquelles le client vient [le] consulter ». Pour l’école norvégienne, ce refus d’identifier la requête initiale détruit l’un des piliers fondamentaux de la relation d’aide philosophique.

  • La philosophie réduite à un « jeu intellectuel » : Fastvold soutient que la méthode de Brenifier s’apparente davantage à une série de jeux de logique formelle et de joutes rhétoriques qu’à une authentique démarche de soin de l’âme (cura sui) et de traitement des problèmes émotionnels et intellectuels des personnes.

L’intégralité de cette analyse critique et de ce débat méthodologique est disponible directement à cette adresse :

Cette ressource audio permet d’appréhender directement la posture rigoureuse et sans concession d’Oscar Brenifier sur la pensée critique et la déconstruction des illusions de la subjectivité, des concepts que Morten Fastvold remet en question dans son article de fond.


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Article # 253 – De la théorie à la pratique : intégrer la spiritualité éthique dans la formation au conseil philosophique, Mahdi Ganjvar, Professeur associé, Département de philosophie et de théologie islamiques, Université d’Ispahan, Ispahan, Iran, 20 Août 2025

Traduit de l’anglais au français pour Google Gemini

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License : CC BY-NC 4.0

Ganjvar, Mahdi. (2025). From concept to practice: integrating ethical spirituality into philosophical counseling training. Journal of Medical Ethics and History of Medicine. 10.18502/jmehm.v18i7.19421.


Copyright © 2025 Tehran University of Medical Sciences. This work is licensed under a Creative Commons Attribution-Non-Commercial 4.0 International license https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ Non-commercial uses of the work are permitted, provided the original work is properly cited.


Auteur correspondant Mahdi Ganjvar Adresse : Département de philosophie et de théologie islamiques, Faculté de théologie et d’études du Ahl-al-Bayt (descendants du Prophète), Université d’Ispahan, Ispahan, Iran. Code postal : 8174673441 Tél : (+98) 31 37 93 31 36 E-mail : m.ganjvar@ltr.ui.ac.ir


Reçu : 14 fév. 2024 Accepté : 11 avr. 2025 Publié : 20 août 2025


Citation de cet article : Ganjvar M. From concept to practice: integrating ethical spirituality into philosophical counseling training. J Med Ethics Hist Med. 2025: 18:7.


Mots-clés : Conseil philosophique ; Spiritualité ; Confidentialité ; Bien-être ; Éthique médicale.


Copyright © 2025 Université des sciences médicales de Téhéran. Ce travail est sous licence internationale Creative Commons Attribution-Pas d’Utilisation Commerciale 4.0. Les utilisations non commerciales de l’œuvre sont autorisées, à condition que l’œuvre originale soit correctement citée.


Résumé

Le conseil philosophique reconnaît de plus en plus le rôle de la spiritualité et de l’éthique au sein des contextes multiculturels. Cet article vise à combler une lacune dans la formation des conseillers concernant l’absence de directives claires pour l’intégration de concepts moraux et spirituels dans le conseil, et propose un modèle conceptuel et pratique. Sur le plan méthodologique, cette étude réalise une revue exhaustive de la littérature, synthétisant des publications professionnelles sur le conseil philosophique, la spiritualité et les principes éthiques issus d’institutions telles que l’American Counseling Association (ACA) et l’Organisation de psychologie et de conseil d’Iran (PCOI). L’article théorise un cadre éthique pour la spiritualité dans le conseil philosophique et préconise l’intégration dans les programmes d’études de la compétence, des valeurs, de l’ouverture d’esprit, du bien-être du client, de la confidentialité et de la réhabilitation morale. Ce modèle théorique, qui nécessitera une validation empirique future, vise à améliorer la culture spirituelle et les capacités éthiques des praticiens. Les résultats de l’étude soulignent la nécessité impérieuse pour les conseillers philosophiques de synchroniser méticuleusement leurs approches avec les valeurs, les exigences, les priorités et les attentes distinctes exprimées par leurs clients. Cet alignement valide intrinsèquement l’autonomie inhérente du client et sa capacité d’autodétermination dans les processus de prise de décision. Par conséquent, il est primordial que les conseillers philosophiques fassent preuve d’une prudence judicieuse afin de contourner l’imposition par inadvertance de leurs valeurs personnelles ou de leurs convictions religieuses, car de telles actions contreviendraient fondamentalement au principe éthique de l’autonomie du client.

Introduction

Le conseil philosophique, ou « thérapie par la philosophie », offre une approche unique face aux défis de la vie et s’enracine dans les traditions philosophiques anciennes. Cette philosophie appliquée aide les individus à examiner leur vision du monde et les croyances sous-jacentes qui contribuent à leurs problèmes personnels (1). Elle vise à faire passer la philosophie de la théorie abstraite à un art pratique de vivre sagement et bien (2). Elle améliore également la connaissance de soi, aidant les clients à reconnaître et à hiérarchiser leurs valeurs par la réflexion et le questionnement plutôt que par des conseils (3, 4).

Contrairement au conseil médical (diagnostic des maladies physiques) ou à la psychologie traditionnelle (traitement des problèmes émotionnels), le conseil philosophique aborde les dimensions ontologiques, épistémologiques, éthiques et liées au sens des problèmes humains. Il emploie la pensée critique, l’analyse logique et des outils philosophiques tels que le questionnement socratique pour aider les clients à identifier leurs présupposés cachés, à clarifier leurs valeurs et à surmonter les dilemmes existentiels. L’objectif est la conscience de soi, la cohérence interne et une philosophie de vie épanouissante. Les distinctions clés entre le conseil philosophique et le conseil médical ou psychologique traditionnel peuvent être résumées comme suit :

  • Focalisation : Le conseil médical cible la santé physique ; la psychologie cible la santé mentale. Le conseil philosophique se centre sur les pensées, les croyances, les valeurs et le sens de la vie.

  • Approche : La médecine utilise un modèle de maladie ; la psychologie traditionnelle utilise des interventions thérapeutiques. Le conseil philosophique est exploratoire, analytique et éducatif ; il favorise l’autonomie de la pensée critique plutôt que le traitement de la « maladie mentale » (5).

  • Nature des problèmes : La médecine traite les affections physiques ; la psychologie traite les problèmes émotionnels/comportementaux. Le conseil philosophique se concentre sur les défis de croyance, de valeur, de sens, ainsi que sur les défis éthiques et existentiels ne découlant pas d’une maladie.

  • Rôle du conseiller : Les médecins sont des experts/thérapeutes, et les psychologues facilitent le changement. Les conseillers philosophiques guident les clients vers des prises de conscience indépendantes.

  • Objectif ultime : La médecine recherche la santé physique ; la psychologie recherche le bien-être mental. Le conseil philosophique promeut la sagesse, la conscience de soi, la cohérence intellectuelle et la création de sens.

Le conseil philosophique se concentre sur les aspects les plus profonds de l’expérience humaine et complète d’autres approches, aidant ceux qui recherchent une compréhension de soi profonde.

Tableau 1. Différences entre le conseil philosophique et la psychothérapie traditionnelle

Caractéristique Conseil philosophique Psychothérapie traditionnelle
Focalisation

valeurs, croyances, sens de la vie, pensée, convictions

diagnostic, traitement des maladies mentales, santé mentale et émotions

Approche

investigation, réflexion, analyse, éducation, exploration, autonomisation dans la pensée et la résolution de problèmes

modèle médical (diagnostic et traitement), approches thérapeutiques et interventionnelles pour les troubles mentaux

Buts / Objectifs

connaissance de soi, résolution de problèmes éthiques et existentiels, promotion de la sagesse, conscience de soi, cohérence intellectuelle, recherche de sens à la vie

réduction des symptômes, amélioration de la santé mentale, soulagement de la souffrance émotionnelle

Public cible

généralement, des personnes bien portantes confrontées à des problèmes de vie, des défis existentiels ou des préoccupations concernant les significations et les valeurs

personnes souffrant de problèmes de santé mentale et de troubles émotionnels/comportementaux

Rôle du conseiller

guide, compagnon de pensée, facilitateur de la compréhension de soi et de solutions générées par le client

expert, thérapeute, facilitateur de changement

Au-delà de ses distinctions fondamentales, le conseil philosophique intègre de plus en plus diverses composantes spirituelles et met l’accent sur la formation éthique des conseillers (6, 7). Les clients peuvent souhaiter intégrer leurs croyances spirituelles dans la thérapie ; or, bien que l’American Counseling Association (ACA) impose le respect des diverses orientations religieuses (8), les conseillers philosophiques manquent souvent de directives spécifiques dans ce domaine (9). La profession plus large du conseil a développé de solides compétences éthiques et techniques pour garantir le bien-être des clients, la supervision clinique jouant un rôle crucial dans le maintien de ces normes et le développement des compétences spirituelles. Malgré cela, de nombreux conseillers philosophiques déclarent se sentir mal préparés à aborder les questions spirituelles et éthiques lors des consultations. Cela met en évidence le besoin urgent de meilleures pratiques en matière d’éthique professionnelle et de compétences spirituelles au sein de la formation au conseil philosophique (10).

Bien que l’attention portée aux questions spirituelles dans la supervision soit en augmentation, l’incertitude demeure quant à savoir si les conseillers reçoivent une formation adéquate. Les études montrent invariablement que les praticiens signalent une formation insuffisante en éthique et en spiritualité (11-13), soulignant le besoin d’un « contenu supplémentaire pour aider les praticiens à se conformer aux mandats éthiques de la profession » (14). Le présent article aborde ce problème en examinant les stratégies éthiques/spirituelles essentielles pour les conseillers philosophiques au service de personnes issues de divers horizons religieux. Les dilemmes éthiques concernant la spiritualité dans le conseil philosophique sont vastes, allant des préoccupations concernant l’imposition de valeurs personnelles à la gestion de la séparation entre religion et politique dans les cadres universitaires. Ces défis peuvent entraver l’intégration efficace de la spiritualité en tant que compétence thérapeutique (15).

Compte tenu de cette nécessité et de cette lacune dans la recherche, un objectif secondaire de cet article est d’esquisser des stratégies de base pour l’orientation éthique lorsque les conseillers philosophiques intègrent des concepts spirituels et moraux dans leur pratique. Pour y parvenir, l’article analyse la littérature pertinente sur les aspects éthiques de la spiritualité dans le conseil philosophique. Il se concentre sur les composantes suivantes du code de déontologie de l’ACA (8) et des codes d’éthique de l’Organisation de psychologie et de conseil d’Iran (16) : a) la compétence spirituelle et professionnelle ; b) les idéaux et valeurs personnels ; c) l’ouverture d’esprit et le respect de la diversité ; d) le bien-être du client ; e) la confidentialité et la vie privée ; f) l’engagement pratique dans la réhabilitation morale des clients.

Ces composantes éthiques sont applicables à l’intégration nuancée de la spiritualité dans le conseil philosophique, couvrant tout, de la qualification du conseiller à la résolution des conflits éthiques. Bien que le concept d’intégration de la spiritualité dans le conseil ne soit pas nouveau, la nouveauté de cet article réside dans le fait qu’il relie les normes laïques occidentales aux fondements religieux et autochtones de l’éthique professionnelle de l’Iran dans son analyse de l’éthique spirituelle au sein du conseil philosophique.

Applications potentielles du conseil philosophique dans les dilemmes d’éthique médicale

Le conseil philosophique offre une approche puissante face aux dilemmes d’éthique médicale enracinés dans des croyances conflictuelles en clarifiant les valeurs et en favorisant le sens. L’intégration de la spiritualité éthique issue de ce domaine dans l’enseignement médical peut considérablement améliorer la compréhension qu’ont les professionnels du rôle de la spiritualité dans les décisions des patients, améliorer la communication, faciliter le dialogue éthique et accroître la conscience de la détresse morale (17). Les efforts de collaboration entre philosophes, conseillers et éthiciens médicaux peuvent offrir une formation éthique holistique et enrichir les cadres existants de la spiritualité dans les soins de santé. Cette intersection interdisciplinaire a des implications cruciales pour les soins centrés sur le patient.

Le conseil philosophique, par l’accent qu’il met sur les valeurs et le sens, est précieux pour naviguer dans les territoires complexes de l’éthique médicale. Il aide les patients et les familles à explorer les valeurs liées à la fin de vie, approfondit la compréhension des implications éthiques du consentement éclairé et aide à examiner les principes d’allocation des ressources (18). Il offre également un espace de réflexion aux professionnels de la santé confrontés à des situations éthiques difficiles (19). Sa focalisation non médicale et non religieuse lui permet d’aborder les aspects éthiques et spirituels sans imposer de cadres spécifiques (20).

Le conseil philosophique se connecte également à la médiation en bioéthique et à son application dans l’éthique organisationnelle et médicale, suggérant des perspectives uniques sur les conflits éthiques (21). Son utilisation croissante dans des domaines tels que la gestion des soins infirmiers et la médecine de réadaptation met en évidence une appréciation croissante des perspectives philosophiques en éthique médicale. Bien que la recherche existante aborde la spiritualité et l’éthique dans le conseil en général (22, 23), la spiritualité dans les soins médicaux (24, 25) et le conseil philosophique dans l’éthique des soins de santé (26), des recherches plus explicites sont nécessaires sur ce sujet. Plus précisément, nous devons étudier comment la formation au conseil philosophique, en particulier en termes de spiritualité éthique, façonne directement la résolution des dilemmes éthiques dans les milieux médicaux.

Tableau 2. Applications potentielles du conseil philosophique dans les dilemmes d’éthique médicale

Dilemme d’éthique médicale Pertinence potentielle de la spiritualité éthique Rôle potentiel du conseil philosophique
Prise de décision en fin de vie

Les valeurs spirituelles du patient influencent ses choix

Faciliter le dialogue sur les valeurs, élucider les cadres spirituels

Conflits de consentement éclairé

Compréhension par le patient du sens du bénéfice

Aider le patient à évaluer les avantages et les inconvénients du traitement à la lumière de ses valeurs profondément ancrées

Détresse morale chez les professionnels de la santé

Les valeurs professionnelles contribuent à la détresse morale

Fournir un espace de réflexion éthique, examiner les fondements philosophiques de la détresse, développer des stratégies d’adaptation

Méthodes

Cet article, étant propositionnel et conceptuel, n’évalue pas directement la validité et la fiabilité de ses méthodes proposées. Une telle évaluation nécessitera des recherches futures pour opérationnaliser le cadre suggéré et les recommandations pédagogiques au sein des programmes de formation, puis évaluer l’efficacité à l’aide de méthodes quantitatives et qualitatives. Par conséquent, l’objectif principal de cet article est d’offrir un cadre initial et de souligner l’importance des considérations éthiques et spirituelles dans la formation au conseil philosophique.

L’auteur a suivi les étapes ci-dessous pour développer le modèle conceptuel-appliqué et ses recommandations pédagogiques :

  • Identification des domaines clés : Cela impliquait de définir le conseil philosophique (les principes, les méthodes et les défis), la spiritualité dans le conseil (son importance et ses aspects multiculturels), et l’éthique du conseil, avec un accent sur le code de déontologie de l’American Counseling Association (ACA) et les codes d’éthique de l’Organisation de psychologie et de conseil d’Iran (16).

  • Recherche de sources d’information : Les bases de données spécialisées pertinentes, les articles scientifiques, les livres et les index de philosophie/éthique ont été explorés à l’aide de mots-clés applicables.

  • Sélection et évaluation des sources : Un processus de sélection rigoureux a permis de dégager des sources pertinentes et crédibles à partir de la recherche initiale.

  • Synthèse et organisation de la littérature professionnelle : Les sources pertinentes ont été synthétisées et organisées, en faisant référence aux publications et aux ressources des organisations professionnelles de conseil et de psychologie.

Résultats et discussion

Composantes éthiques de la spiritualité dans le conseil philosophique

Dans le conseil philosophique, les clients sont considérés comme des agents moraux et des individus autonomes méritant le respect, et non simplement comme des personnes « malades » (27). Ainsi, la fonction morale de la spiritualité s’étend au-delà des devoirs du conseiller pour influencer le caractère du client. La pratique philosophique vise à libérer les clients des notions préconçues, préjugées et inconscientes grâce à une phénoménologie réflexive (28). Le développement spirituel nécessite une ouverture d’esprit et une liberté dans le choix des valeurs et des croyances. Par conséquent, les conseillers philosophiques sont éthiquement tenus d’éviter d’imposer leurs opinions personnelles et de maximiser la liberté de décision du client (1). Marinoff préconise une approche de « non-ingérence » pour résister à l’envie de prendre des décisions à la place des clients (27). Cela maintient la responsabilité morale des clients vis-à-vis de leurs décisions, ce qui est crucial pour l’autonomie et l’orientation spirituelle personnelle, un concept en partie ancré dans la prémisse philosophique selon laquelle il n’existe pas de vision unique et correcte de la vie (29). Le reste de cet article explorera et analysera les orientations morales et spirituelles fondamentales essentielles à une interaction efficace avec le client à travers les capacités épistémiques et pratiques du conseil philosophique.

La compétence spirituelle en tant que compétence professionnelle

La compétence spirituelle professionnelle, définie comme une compétence culturelle englobant les visions spirituelles du monde des clients, est une dimension éthique clé du conseil philosophique (14). Introduite par Hodge (30) et développée par Hodge et Bushfield (31), elle s’organise en un processus dynamique à trois dimensions interconnectées :

  1. La conscience de soi : Comprendre sa propre vision du monde façonnée par ses valeurs, y compris ses propres biais.

  2. La compréhension empathique : Une appréciation, basée sur les forces, de la vision spirituelle du monde du client.

  3. La capacité d’intervention : La capacité de créer des stratégies pertinentes, appropriées et sensibles, alignées avec la vision spirituelle du monde du client (30).

La norme C.2.a. du Code de déontologie de l’ACA (2014) renforce cela en stipulant : « Les conseillers n’exercent que dans les limites de leur compétence, sur la base de leur éducation, de leur formation, de leur expérience supervisée, de leurs titres professionnels d’État et nationaux et de leur expérience professionnelle appropriée. Les conseillers feront preuve d’un engagement à acquérir les connaissances, la conscience personnelle, la sensibilité et les compétences nécessaires pour travailler avec une population de clients diversifiée » (8).

Une abondante littérature met l’accent sur la préparation spirituelle des conseillers, en particulier pour ce qui est d’accueillir des expressions religieuses et spirituelles diverses et d’appliquer les domaines spirituels au processus thérapeutique (22, 32, 33). Une approche claire du conseil philosophique renforce également la confiance du client dans ce type de traitement relativement nouveau (1). L’engagement des conseillers envers une méthode distinctive démontre une compétence spirituelle et professionnelle, renforçant la confiance du client et favorisant une interaction productive. Certains chercheurs proposent même d’incorporer la compétence spirituelle dans la formation des conseillers comme un phénomène développemental tout au long de la vie, encourageant les apprenants à explorer leurs propres perspectives spirituelles ainsi que d’autres visions diverses (15). La nécessité de la compétence spirituelle est mise en évidence par le fait que les conseillers négligent souvent les aspects religieux et spirituels en raison d’un manque de familiarité avec ces notions, et non à cause de limites éthiques ou environnementales (34). Les clients peuvent se sentir incompris si les conseillers ne reconnaissent pas les questions spirituelles, éthiques ou religieuses, comme un sentiment de culpabilité lié à la violation d’un précepte religieux. Les conseillers doivent être prêts à discuter de spiritualité, mais doivent faire preuve de prudence avant d’initier de telles discussions si le client ne l’a pas fait au préalable. Cette préparation fait partie intégrante de la compétence spirituelle du conseiller philosophique.

Afin d’opérationnaliser les résultats de la recherche, je vais tenter de formuler et de présenter la composante de la compétence spirituelle sous la forme de plusieurs règles éthiques pour le conseil philosophique :

  • Compétences diversifiées : Les conseillers philosophiques ont besoin d’une connaissance des différentes traditions philosophiques, de compétences morales/spirituelles diverses, de pensée critique, d’empathie et de la capacité à guider les clients dans la découverte de leurs croyances et valeurs.

  • Préparation et prudence : Les conseillers doivent être pleinement préparés mais prudents lorsqu’ils abordent des questions spirituelles et morales avec les clients.

  • Transparence et limites de compétence : Les conseillers ayant des idées spirituelles rigides doivent divulguer leurs croyances dans les formulaires de consentement éclairé (35). Ils ne doivent fournir des services que dans leurs domaines de compétence (professionnelle, de recherche et éducative).

  • Titres exacts : Les conseillers doivent utiliser uniquement les diplômes obtenus et les titres scientifiques issus d’institutions réputées, en s’abstenant d’utiliser des titres universitaires non mérités.

  • Méthodes spécialisées : Les conseillers ne doivent utiliser que des méthodes de thérapie et de conseil pour lesquelles ils sont formés et expérimentés, en évitant les techniques non spécialisées.

  • Sensibilité culturelle : Les conseillers doivent être attentifs à l’impact des éléments culturels, ethniques, raciaux, de genre, spirituels et religieux dans leur travail.

Préférences personnelles et valeurs spirituelles

Les visions individuelles de la spiritualité et de la religion varient considérablement, tant pour les clients que pour les conseillers. Alors que les clients profondément religieux peuvent désirer explorer ces aspects, d’autres peuvent se sentir mal à l’aise (36). Un conseiller philosophique prudent reconnaît ces différences et adapte son engagement aux préférences et aux besoins du client pour refléter son « autodétermination » (37, 38). Un conseil philosophique éthique traite à la fois le conseiller et le client comme des « sujets » dotés d’une valeur intrinsèque et d’une autonomie (39). Reconnaître les significations uniques, les croyances et les besoins émotionnels des clients liés à la religion et à la spiritualité est crucial pour une alliance thérapeutique solide (40). Cette approche centrée sur le client et sensible à la spiritualité respecte ses préférences. Par exemple, les conseillers non religieux travaillant avec des clients religieux peuvent honorer les demandes de prière, tandis que les conseillers religieux doivent respecter le choix des clients séculiers de s’en abstenir (41). Le choix par le client d’un conseiller partageant les mêmes croyances peut également stimuler la motivation (42).

Cependant, la prudence est de mise pour éviter que les conseillers n’imposent des croyances religieuses, ce qui pourrait entraver l’autonomie du client (43). D’un autre côté, éviter totalement les discussions spirituelles par crainte d’imposer des croyances personnelles risque de transmettre un message rigide et chargé de valeurs. La recherche montre que les attitudes négatives des conseillers envers la religion/spiritualité peuvent être préjudiciables, tandis que des croyances positives et de soutien sont avantageuses (44). Les conseillers philosophiques qui adhèrent à une seule approche de la spiritualité peuvent également, par inadvertance, nuire aux clients. Par conséquent, éviter l’interférence des idéaux personnels et des valeurs spirituelles est une exigence éthique dans le conseil philosophique. S’il est contraire à l’éthique d’imposer des perspectives spirituelles ou religieuses, le conseiller et le client peuvent explorer les aspects spirituels pour aider ce dernier à trouver du sens et à opérer des changements positifs. L’intérêt renouvelé pour la spiritualité dans la littérature du conseil souligne la nécessité pour le conseiller de faire preuve de conscience de soi et d’examiner de manière critique ses croyances personnelles sur la religion et la spiritualité (22). Les conseillers philosophiques doivent faire la distinction entre aider les clients à découvrir leurs propres valeurs et les inciter à adopter les croyances spirituelles du conseiller, garantissant ainsi une guidance personnalisée et holistique.

Ouverture d’esprit et respect de la diversité

Un aspect éthique central de la direction spirituelle dans le conseil philosophique est de favoriser l’indépendance intellectuelle ainsi qu’une volonté de réévaluer les croyances. Cela implique de rester ouvert aux possibilités et à l’indétermination. Un conseil philosophique réussi exige que les conseillers respectent l’autonomie de pensée et d’action du client. Les séances doivent créer un environnement où les clients peuvent aborder et résoudre librement les problèmes religieux qui ont un impact sur leur développement spirituel. Les clients sont encouragés à communiquer et à examiner leurs émotions et leurs convictions, en cherchant des résolutions sans crainte. Cela favorisera un état d’esprit logique et analytique et encouragera une réflexion ouverte, réfléchie et exempte de préjugés. En mettant l’accent sur la recherche naturelle de la vérité, cette méthode cultive une pensée libre et indépendante chez le conseiller comme chez le client. Elle encourage l’exploration de questions sous de multiples angles, soutenant la collaboration pour clarifier les interrogations plutôt que pour forcer un consensus.

La spiritualité a été caractérisée comme un concept diversifié par de nombreux chercheurs (33, 44, 45). Le Code de déontologie de l’ACA de 2014 (A.2.a.) interdit la discrimination fondée sur la religion, la race, l’éducation, le genre ou d’autres facteurs, exigeant des conseillers qu’ils comprennent les divers contextes culturels, croyances et valeurs (8). Miller souligne l’engagement de l’ACA à élargir les normes éthiques concernant la diversité (46). Reconnaître la diversité spirituelle dans le conseil philosophique est une responsabilité professionnelle fondamentale, car cela crée des environnements thérapeutiques inclusifs et de soutien qui favorisent le bien-être holistique. L’accent accru du Code de l’ACA sur le multiculturalisme souligne l’importance de valoriser les individus dans leur diversité. Les conseillers philosophiques doivent faire preuve d’empathie, comprendre la vision du monde du client, accepter les différences et soutenir le développement spirituel du client, quelles que soient leurs propres croyances (45). Lorsqu’ils abordent des préoccupations spirituelles, les conseillers doivent reconnaître que le bien-être spirituel varie selon les données démographiques. Les conseillers ne sont pas censés imposer des questions spirituelles, mais sont encouragés à introduire le sujet si les clients expriment un intérêt. Pour les valeurs morales complexes et les croyances spirituelles, les conseillers doivent collaborer avec les clients afin de créer un environnement d’exploration ouvert, détendu et flexible. Les conseillers ayant des visions rigides de la spiritualité risquent par inadvertance d’imposer leurs croyances aux clients, entravant ainsi leur éveil et leur croissance spirituelle. Afin d’aider les clients à faire des choix éclairés et à recevoir les orientations appropriées, des informations sur la spiritualité des conseillers doivent être divulguées au moment d’obtenir le consentement éclairé.

En résumé, les conseillers philosophiques sont éthiquement obligés de reconnaître l’aspect contraignant de la divulgation professionnelle s’ils refusent rigidement d’aborder les questions spirituelles, même si cela est dû à la peur d’imposer des valeurs personnelles. Cela nécessite un examen attentif.

Confidentialité et vie privée

La confidentialité et la vie privée sont des principes éthiques fondamentaux dans le conseil philosophique, cruciaux pour établir la confiance du client et une relation efficace. La vie privée, bien qu’étant un « concept contesté » (47), englobe dans ce contexte les pensées, les émotions, l’autonomie et les révélations sensibles. Le respect de la vie privée renforce la confiance du client, ce qui est vital pour l’efficacité thérapeutique car cela permet aux clients de partager des informations privées nécessaires à un diagnostic précis et à la résolution de problèmes. La confidentialité est une pierre angulaire de la relation d’aide et de la confiance du public dans les soins de santé mentale (48, 49). La confiance du client dans sa vie privée permet une « relation de thérapie par le dialogue ». Les conseillers ayant accès à des données sensibles, ils sont donc tenus d’éviter de poser des questions inutiles (16). Le manque de confiance entrave la révélation, le diagnostic et le traitement efficace, prolongeant la souffrance. La philosophie fondamentale derrière la confidentialité est de construire la confiance pour une consultation ouverte et sûre, et les violations effritent cette confiance (50).

La confidentialité dans le conseil philosophique dure toute la vie, persistant au-delà de la relation, du décès du client ou de la fin du traitement, à l’instar de l’éthique médicale. Cependant, elle n’est pas absolue. Les exceptions légalement justifiables incluent le consentement du client, le danger pour la vie (suicide/homicide), la maltraitance des enfants et les mandats légaux (16). Ces exceptions mettent en évidence l’équilibre complexe entre la protection de la vie privée, la sécurité et la conformité légale en thérapie.

Engagement pratique dans la réhabilitation morale des clients

Un autre aspect éthique de la spiritualité dans le conseil philosophique est l’engagement du conseiller à réhabiliter les clients vulnérables tels que les criminels ou les personnes incarcérées. Ici, le conseiller peut passer d’un statut de partenaire de conversation égal à celui de formateur ou de coach en réhabilitation. Cela soulève la question de savoir si le conseil philosophique inclut fondamentalement l’éducation (1). Bien que je soutienne que le rôle d’un conseiller philosophique n’est pas uniquement celui d’un enseignant ou d’un thérapeute, et que les clients ne sont pas simplement des étudiants ou des patients, certains chercheurs ont des points de vue différents. Fleming caractérise le conseil philosophique comme un « service éducatif », offrant des opportunités d’apprentissage et de croissance par le dialogue et la réflexion (51). Lahav et Tillmanns soulignent également l’importance de doter les clients d’outils de pensée pour les aider dans leur développement philosophique (29).

Feary propose un modèle de formation concret, fournissant des compétences en pensée critique à des personnes incarcérées par le biais du conseil philosophique aux États-Unis. Feary plaide pour une relance de la valeur de la réhabilitation, suggérant que le conseil philosophique devrait être au centre des interventions de réhabilitation, et non accessoire (52). Le rôle clé du conseiller philosophique est d’améliorer la vision du monde et les croyances des délinquants et de s’engager activement dans leur réhabilitation. La « réhabilitation », telle qu’utilisée ici, signifie favoriser les compétences essentielles pour la responsabilité morale et la prise de décision morale rationnelle. Cela implique une série de compétences que les clients délinquants doivent développer, notamment : la capacité d’identifier et d’aborder les problèmes entravant la pensée/le comportement logique ; une pensée critique améliorée ; l’acquisition de compétences d’interaction sociale, de communication et d’éthique ; une gestion et une expression efficaces des émotions ; un raisonnement moral cultivé ; l’établissement d’une identité personnelle, d’une perception réaliste de soi et d’une estime/valeur de soi de base malgré les critiques (52). Ces objectifs indiquent une approche éducative intégrant des éléments moraux et spirituels lors du conseil philosophique auprès de clients délinquants vulnérables.

Lacunes et implications pour la recherche future

Cette section présente les domaines nécessitant des investigations approfondies et propose des pistes de recherche future basées sur les objectifs et les résultats de cet article. Un travail important reste à accomplir pour comprendre en profondeur les rôles de l’éthique, de la religion et de la spiritualité au sein du conseil philosophique, et pour saisir la manière dont les clients perçoivent leur intégration dans la thérapie. Des recherches ultérieures pourraient déterminer quels éléments spirituels et éthiques seraient les plus pertinents et bénéfiques pour l’application pratique et les rencontres thérapeutiques, comme le suggèrent Sutton et al. (53). Il est nécessaire d’explorer plus avant les méthodes de pratique du conseil philosophique selon une approche éthique et spirituelle. Les implications et les suggestions comprennent le développement de modèles théoriques intégrant l’éthique et la spiritualité afin de rendre le conseil philosophique plus efficace. Ces suggestions soulignent collectivement la nécessité d’une éducation spirituelle, de procédures éthiques et de méthodologies transparentes pour une mise en œuvre efficace. Nous proposons des recommandations pédagogiques et des considérations éthiques pour améliorer la qualité du conseil philosophique. L’efficience et l’efficacité des interventions spirituelles exigent également une recherche approfondie. Une plus grande précision scientifique pourrait clarifier l’impact de la révélation de soi spirituelle dans le paradigme de la thérapie par la philosophie et son potentiel à améliorer la santé mentale du client.

Conclusion

Le conseil philosophique considère les clients comme des agents moraux autonomes méritant le respect. L’impact spirituel sur le caractère des clients est central car il soutient la libération des préjugés grâce à une phénoménologie de réflexion sur soi. La revue de la littérature révèle une tendance vers l’intégration de composantes spirituelles et d’une formation éthique dans le conseil philosophique, ce qui met en évidence le besoin de modèles éthiques et de compétences spirituelles. Cependant, de nombreux praticiens manquent d’une préparation adéquate dans ce domaine malgré les directives éthiques qui en soulignent l’importance.

Le présent article tente de combler cette lacune en conceptualisant un cadre éthique pour la spiritualité dans le conseil philosophique et offre des suggestions pour cultiver des compétences éthico-spirituelles. Ce cadre initial et théorique attend des tests pratiques. L’article propose d’intégrer des considérations éthiques et spirituelles — comprenant la compétence, les valeurs, l’ouverture d’esprit, la diversité, le bien-être du client, la confidentialité et la réhabilitation morale — dans la formation des conseillers philosophiques afin de pallier les carences actuelles des codes de déontologie. De plus, la focalisation non clinique du conseil philosophique sur les valeurs et les significations offre une approche significative face aux dilemmes médicaux spirituels et éthiques, qui découlent souvent de croyances conflictuelles. Intégrer la spiritualité éthique dans le processus de formation des professionnels de la santé peut approfondir leur compréhension des valeurs des patients, améliorer la communication et traiter la détresse morale. Cette convergence interdisciplinaire souligne la capacité unique du conseil philosophique à naviguer dans les paysages éthiques des soins de santé, favorisant des soins centrés sur la personne et la clarté des valeurs. Néanmoins, d’autres recherches dédiées sont cruciales pour étudier explicitement comment la formation au conseil philosophique peut équiper efficacement les individus pour faire face aux défis éthiques dans les contextes médicaux.

Les recherches indiquent que les conseillers philosophiques doivent s’aligner sur les valeurs, les besoins et les attentes des clients, respecter leur autonomie et éviter d’imposer des valeurs ou des fois personnelles. Cette orientation éthique s’accorde avec une compréhension multiculturelle de la spiritualité. Les conseillers doivent faire preuve d’ouverture d’esprit et d’humilité culturelle, s’abstenir d’imposer des croyances et explorer des sujets en phase avec les valeurs culturelles des clients. Cela nécessite une base solide de connaissances éthiques, religieuses et spirituelles, parallèlement à la conscience de soi. Face aux dilemmes, les conseillers peuvent se référer aux politiques de conduite professionnelle. Les résultats visent à élargir les connaissances professionnelles des praticiens et à permettre la prestation de services éthiques et efficaces auprès de personnes de divers horizons religieux. En fin de compte, cet article vise à améliorer la culture spirituelle des conseillers philosophiques et à fournir des lignes directrices pour perfectionner leurs capacités professionnelles, encourageant la réflexion personnelle sur les propres biais et présupposés concernant la spiritualité dans le conseil.

Financement L’auteur de cet article n’a aucune relation financière ou personnelle avec d’autres personnes ou organisations qui pourraient influencer de manière inappropriée ou biaiser le contenu de l’article.

Remerciements L’auteur souhaite exprimer sa sincère gratitude à l’éditeur, aux réviseurs et à l’équipe éditoriale du Journal of Medical Ethics and History of Medicine pour leurs commentaires précieux et leurs efforts dans l’évaluation et l’amélioration de ce manuscrit.

Contributions des auteurs L’auteur a mené de manière indépendante tous les aspects de cette recherche, y compris la conceptualisation, la méthodologie, l’analyse formelle, l’investigation, la conservation des données, la rédaction de la version initiale, ainsi que la révision et l’édition.

Conflit d’intérêts L’auteur de cet article n’a aucune relation financière ou personnelle avec d’autres personnes ou organisations qui pourraient influencer de manière inappropriée ou biaiser le contenu de l’article.

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Available via license: CC BY-NC 4.0

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Article # 252 – De l’académie à l’action : La pratique philosophique comme profession et paradigme émergents dans la société contemporaine, Revue canadienne de philosophie, Publié en ligne par Cambridge University Press,19 Août 2025

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TRADUCTION DE L’ARTICLE DE L’ANGLAIS AU FRANÇAIS PAR GOOGLE GEMINI

Intelligence artificielle GEMINI de Google

TITRE ORIGINAL – ANGLAIS

From Academia to Action: Philosophical Practice as an Emerging Profession and Paradigm in Contemporary Society

Cliquez ici pour lire la reproduction de l’intégral de cet article en anglais


SOURCE

Dialogue: Canadian Philosophical Review / Revue canadienne de philosophie , First View , pp. 1-32

DOI: https://doi.org/10.1017/S0012217325100723

Publié en ligne par Cambridge University Press: 19 August 2025


AUTEURS

Xiaojun Ding, Department of Philosophy, School of Humanities and Social Science, Xi’an Jiaotong University, Xi’an, China

Jiayi Xin, Department of Philosophy, School of Humanities and Social Science, Xi’an Jiaotong University, Xi’an, China

Peter Harteloh, Erasmus Institute for Philosophical Practice, Rotterdam, The Netherlands

Caifeng Xie, Department of Philosophy, School of Humanities and Social Science, Xi’an Jiaotong University, Xi’an, China

Sirui Fu, Department of Philosophy, School of Humanities and Social Science, Xi’an Jiaotong University, Xi’an, China

Minqiang Xu, Department of Philosophy, School of Humanities and Social Science, Xi’an Jiaotong University, Xi’an, China.


Notice bibliographique

Ding X, Xin J, Harteloh P, Xie C, Fu S, Xu M. From Academia to Action: Philosophical Practice as an Emerging Profession and Paradigm in Contemporary Society. Dialogue. Published online 2025:1-32.

doi:10.1017/S0012217325100723


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Droit d’auteur

© The Author(s), 2025. Published by Cambridge University Press on behalf of the Canadian Philosophical Association/Publié par Cambridge University Press au nom de l’Association canadienne de philosophie.


Résumé

La pratique philosophique a émergé en tant que discipline transformative qui fait le lien entre la recherche théorique et la vie quotidienne. Apparu à la fin du XXe siècle, ce domaine intègre le conseil, la thérapie et d’autres applications pratiques des perspectives philosophiques permettant de répondre aux défis existentiels et pragmatiques auxquels sont confrontés les individus, les groupes et les organisations dans la société contemporaine. Cet article examine la définition, l’évolution historique, les bases théoriques et les méthodologies de la pratique philosophique, tout en discutant des perspectives de professionnalisation — y compris la certification, les directives éthiques et l’intégration au sein des systèmes de santé et d’éducation. En fin de compte, cette étude souligne le potentiel de la pratique philosophique à revitaliser la pertinence de la philosophie, à favoriser l’épanouissement personnel et à améliorer le bien-être de la société.


Table des matières

  • 1. Introduction

  • 2. Définir la pratique philosophique : Relier la théorie et la vie quotidienne

    • 2.1 L’émergence de la pratique philosophique

    • 2.2 Les différents modes de pratique philosophique

      • 2.2.1 Conseil / Consultation individuel(le)

      • 2.2.2 Animation de groupes

      • 2.2.3 Conseil organisationnel

  • 3. La pratique philosophique comme nouveau paradigme

  • 4. Fondements théoriques et applications contemporaines de la pratique philosophique

    • 4.1 Les ressources intellectuelles historiques des consultations philosophiques

    • 4.2 Définir le concept de « consultation philosophique »

    • 4.3 Objectifs et valeurs des consultations philosophiques

    • 4.4 La relation entre les consultations philosophiques et la psychothérapie

    • 4.5 Diversité des méthodes et modèles de consultations philosophiques

    • 4.6 Critères d’admission, méthodes de formation, normes de valeurs et lignes directrices éthiques dans l’industrie de la consultation philosophique

  • 5. L’avenir de la pratique philosophique : Professionnalisation et engagement public

    • 5.1 L’essor du conseil philosophique en tant que profession mondiale

    • 5.2 Faire progresser les normes professionnelles et les qualifications en conseil philosophique

  • 6. Conclusion

  • Remerciements

  • Conflits d’intérêts

  • Références


1. Introduction

Dans un monde caractérisé par des changements rapides, une diversité culturelle et des dilemmes éthiques complexes, les individus cherchent de plus en plus de repères pour faire face à leurs défis personnels et existentiels. La philosophie académique traditionnelle, souvent perçue comme abstraite et déconnectée des préoccupations quotidiennes, a du mal à répondre à ces besoins immédiats. En réponse, un mouvement connu sous le nom de « pratique philosophique » a vu le jour, visant à combler le fossé entre la théorie philosophique et la vie de tous les jours. Bien que l’éthique, la philosophie sociale et la philosophie politique telles qu’elles sont enseignées à l’université puissent être considérées comme des applications pratiques (voir Aristote, 2011), la pratique philosophique s’étend au-delà de ces domaines. Aujourd’hui, nous distinguons la philosophie théorique (ontologie, épistémologie, etc.), la philosophie pratique (éthique, philosophie sociale, etc.) et la pratique philosophique. La pratique philosophique implique l’application de méthodes et de perspectives philosophiques pour aider les individus à examiner leurs croyances, à améliorer leurs schémas de pensée et à résoudre des problèmes pratiques ou existentiels. Elle représente un passage du paradigme traditionnel de la « philosophie de salon » (fauteuil) à une approche plus engagée et accessible qui intègre la philosophie dans la vie quotidienne.

Apparue en Europe et en Amérique du Nord à la fin du $XX^{e}$ siècle, la pratique philosophique englobe le conseil et la thérapie philosophiques, l’animation de groupes, le conseil organisationnel, la philosophie pour enfants, etc. Des philosophes pionniers tels que Gerd B. Achenbach, Lou Marinoff, Peter B. Raabe, Oscar Brenifier et Ran Lahav ont joué un rôle déterminant dans l’établissement de ce domaine en tant que profession et paradigme distincts. Ce mouvement reflète une insatisfaction croissante face aux limites de la philosophie académique traditionnelle et cherche à revitaliser la pertinence de la philosophie en répondant directement aux préoccupations des individus et des sociétés modernes, se présentant souvent comme une alternative ou un complément à la psychothérapie.

Cet article examine l’histoire, les fondements théoriques et les méthodologies pratiques de la pratique philosophique, en mettant en évidence son évolution vers un nouveau paradigme. La revue de la littérature offre un aperçu complet des recherches existantes et des fondements théoriques pertinents pour la pratique philosophique. Elle explore les différentes formes et méthodes employées par les praticiens de la philosophie, la relation entre le conseil philosophique et la psychothérapie, ainsi que les efforts de la profession en matière de certification et de normes éthiques. De plus, l’article aborde l’avenir de la pratique philosophique, en considérant son potentiel à devenir partie intégrante de la vie publique et du marché, ainsi que son rôle dans la transformation de la philosophie en une discipline plus inclusive et pratique. En analysant le développement et l’état actuel de la pratique philosophique, cette étude vise à fournir un éclairage sur son importance en tant que profession bourgeonnante et sur son potentiel à influencer à la fois la recherche philosophique et le bien-être sociétal.

2. Définir la pratique philosophique : Relier la théorie et la vie quotidienne

Selon Abraham Maslow (1981), le but ultime de l’existence humaine est l’accomplissement de soi et la réalisation personnelle — l’aspiration à une vie bonne. Bien que la théorie de la hiérarchie des besoins de Maslow soit largement reconnue, son applicabilité varie d’une culture à l’autre. La recherche démontre que, si les besoins physiologiques et de sécurité de base sont universels, l’accent mis sur les besoins de niveau supérieur, tels que l’estime et l’accomplissement de soi, diffère considérablement selon les cultures. Dans les sociétés individualistes, l’accomplissement de soi est souvent considéré comme le but suprême, tandis que les cultures collectivistes peuvent donner la priorité à la communauté et à la famille plutôt qu’à l’accomplissement individuel (Hofstede, 2001 ; Nevis, 1983). Par conséquent, la théorie de Maslow est valable d’une culture à l’autre, mais se manifeste à des degrés différents et par des voies diverses.

Cependant, dans un monde caractérisé par la diversité des cultures et des valeurs, la coexistence de différentes idéologies crée un labyrinthe de confusion, entraînant de profonds conflits dans les relations personnelles et des troubles intérieurs. Par exemple, la mondialisation a intensifié les interactions entre les cultures, entraînant parfois des crises d’identité ou des conflits culturels (Berry, 2005). L’essor des médias sociaux a amplifié l’exposition à des valeurs contradictoires, amenant les individus à se débattre avec des questions sur le relativisme moral et les normes éthiques (Turkle, 2011). Ces conflits sont souvent perçus comme des maladies psychologiques ou des manquements moraux préjudiciables à l’humanité. À mesure que les problèmes psychologiques s’aggravent, les individus s’interrogent de plus en plus sur le monde et la société, mais peinent à trouver des réponses définitives.

2.1 L’émergence de la pratique philosophique

La pratique philosophique apparaît comme un moyen de relever ces défis, offrant une voie vers l’accomplissement de soi en aidant les individus à explorer les questions fondamentales sur l’existence, le sens et les valeurs. En s’engageant dans une démarche d’investigation philosophique, les gens peuvent clarifier leurs croyances, surmonter la confusion et parvenir à une compréhension plus profonde d’eux-mêmes et du monde, progressant ainsi vers l’accomplissement de soi décrit par Maslow. Grâce à la pratique philosophique, les individus peuvent atteindre la paix intérieure et la plénitude en alignant leurs actions avec leur moi authentique.

En tant que représentantes du tournant appliqué de la philosophie occidentale contemporaine, le conseil et la thérapie philosophiques, ainsi que diverses approches intégrant la philosophie dans la vie quotidienne, sont collectivement désignés sous le nom de « pratique philosophique ». La pratique philosophique consiste à faire entrer la philosophie dans la vie quotidienne des gens, généralement avec l’aide d’un praticien de la philosophie formé, qui emploie des méthodes philosophiques — telles que l’utilisation de théories et de techniques philosophiques — pour examiner les croyances des individus et améliorer leurs schémas de pensée grâce à des perspectives issues de leurs propres expériences. Ce processus aide les participants à apprendre à penser comme des philosophes, les aidant ainsi à résoudre des problèmes pratiques ou des questions existentielles qu’ils rencontrent dans la vie quotidienne. En fin de compte, la pratique philosophique conduit à une plus grande compréhension de soi, à la croissance personnelle et à la paix intérieure.

En ce qui concerne l’émergence de la pratique philosophique contemporaine, son commencement dépend fondamentalement de la manière dont on définit le terme. Lorsqu’elle est comprise au sens strict comme des consultations individuelles conçues comme des alternatives à la psychothérapie traditionnelle, on fait souvent remonter la pratique philosophique à ses débuts dans l’Europe de la fin du $XX^{e}$ siècle (Achenbach et al., 1984). Dans ce contexte, les méthodes mettent l’accent sur le dialogue individuel à l’aide de techniques philosophiques classiques pour aborder des questions personnelles et existentielles dans le cadre d’une pratique privée en dehors du monde universitaire. Bien que certains chercheurs aient attribué les origines de la pratique philosophique américaine à des affirmations selon lesquelles Peter Grimes en était un pionnier précoce, les preuves restent ambiguës. Grimes est principalement connu pour son travail académique — enseignant le dialogue socratique dans des contextes universitaires et animant des sessions de groupe (par exemple, avec des personnes confrontées à l’addiction) — pourtant, il existe peu de preuves étayant l’existence d’une pratique soutenue au-delà de ces frontières institutionnelles (Grimes & Uliana, 1998). De plus, l’intégration de l’investigation philosophique dans les contextes psychothérapeutiques peut être considérée comme l’un des précédents à partir desquels les consultations philosophiques contemporaines ont évolué par la suite (Cohen, 2003a ; Rogers, 1951).

L’élargissement de la perspective pour inclure le dialogue de groupe socratique repousse l’horizon historique vers le début du $XX^{e}$ siècle. Des pionniers tels que Leonard Nelson et Gustav Heckmann ont joué un rôle séminal dans le développement de ces pratiques en Allemagne, où ils menaient des sessions avec des ouvriers et d’autres groupes non académiques. Leur travail a non seulement démocratisé le dialogue philosophique, mais a également posé les techniques fondamentales pour engager des publics divers en dehors des cadres académiques formels (Heckmann, 1981 ; Nelson, 1949). Cette tradition précoce souligne la possibilité pour la pratique philosophique d’être une activité publique et socialement engagée, plutôt que confinée aux murs de l’académie.

Si l’on adopte une compréhension plus large de la pratique philosophique — comme un « art de vivre » qui met l’accent sur la philosophie en tant que mode de vie — les origines deviennent encore plus anciennes et transculturelles (Ding et al., 2024b). Dans ce sens large, la philosophie a longtemps servi à la fois de guide pour la vie quotidienne et de source de conseil éthique et thérapeutique. Pierre Hadot (1995) souligne que la philosophie n’est pas seulement une entreprise intellectuelle mais un mode de vie qui implique un examen de soi continu et un engagement actif dans le monde, une perspective évidente dans les dialogues classiques de Socrate et dans les pratiques des stoïciens, tels qu’Épictète et Marc Aurèle, qui cultivaient la tranquillité et la résilience à travers leur mode de vie. De même, de l’Asie ancienne à la Grèce et Rome, les philosophes se sont engagés dans des dialogues consultatifs et thérapeutiques. En Chine, par exemple, Confucius a non seulement débattu de la conduite éthique et personnelle avec ses disciples et les dirigeants, mais a également promu l’harmonie sociale et la vertu (Ames & Rosemont, 1998 ; Zhang, 1999). Bien que la philosophie occidentale ait souvent été confinée à l’exploration théorique et à l’analyse conceptuelle rigoureuse depuis l’époque de Platon, la notion universelle de la philosophie en tant qu’art de vivre intégratif transcendant les frontières culturelles et temporelles demeure un paradigme intemporel et influent.

Alors que la « philosophie de salon » a bâti un vaste royaume intellectuel par le raisonnement systématique et la spéculation abstraite, sa déconnexion du grand public et de la vie quotidienne a suscité l’insatisfaction de beaucoup. La pratique philosophique est née de ce mécontentement à l’égard de la philosophie académique traditionnelle, proposant que la philosophie se tourne vers la vie quotidienne et réponde à des préoccupations pratiques. Comme le note Hadot, l’émergence des universités a également contribué au mode actuel de la philosophie. Au départ, la philosophie était un phénomène public, Socrate interpellant les gens sur la place publique. Ensuite, des écoles sont apparues, comme l’Académie de Platon et l’école stoïcienne, et finalement la philosophie s’est retrouvée enclose au sein des universités (par exemple, l’Université de Bologne, établie en 1088, reçut sa charte formelle (Authentica Habita) de l’empereur Frédéric Ier Barberousse en 1158), devenant une branche de la science. Aujourd’hui, on assiste à une redécouverte de la philosophie en tant que phénomène public.

2.2 Les différents modes de pratique philosophique

Selon leurs objectifs et leurs méthodes, la pratique philosophique se divise principalement en trois catégories : le conseil ou les consultations individuelles, l’animation de groupes (y compris la philosophie avec les enfants dans les écoles) et le conseil organisationnel. Il est important de distinguer la pratique philosophique des consultations philosophiques. La « pratique philosophique » fait référence à la philosophie comme mode de vie, englobant une approche large de l’intégration de la philosophie dans la vie quotidienne. Les « consultations philosophiques » sont des activités spécifiques au sein de cette pratique, impliquant un engagement direct avec des clients pour aborder des questions personnelles ou organisationnelles. De même, il existe une distinction entre le conseil philosophique (philosophical counselling) et les consultations philosophiques. Le terme « conseil » (counselling) comporte des connotations psychothérapeutiques et est utilisé au sein de la pratique philosophique ; cependant, le terme « consultation » peut être préféré pour souligner la nature philosophique de l’engagement sans impliquer de psychothérapie. Les consultations individuelles, le dialogue de groupe et le conseil organisationnel soutiennent tous la philosophie comme mode de vie.

2.2.1 Conseil / Consultation individuel(le)

Les clients qui recherchent un conseil ou des consultations individuelles s’adressent généralement aux praticiens de la philosophie avec des problèmes pratiques ou des dilemmes spécifiques, en quête d’assistance. Historiquement, lorsque les individus rencontraient des difficultés dans la vie, ils se tournaient souvent vers des psychologues ou des membres du clergé pour obtenir des conseils. Cependant, en raison de problèmes tels que la longueur des traitements, la lenteur de l’efficacité, la dépendance aux médicaments, la stigmatisation des individus comme « patients » et la tendance à la récurrence des symptômes en psychothérapie, certains psychologues — notamment Albert Ellis — se sont tournés vers la philosophie comme complément ou alternative à la psychothérapie. Ellis a développé la thérapie cognitive en psychologie et a créé la thérapie rationnelle-émotive comportementale, intégrant des principes philosophiques dans la pratique psychologique (Ellis & Harper, 1997 ; Ellis & MacLaren, 2005).

Tous les problèmes que les gens rencontrent dans la vie quotidienne ne découlent pas de troubles psychologiques ou mentaux. Particulièrement pour les individus modernes dans ce monde complexe et en constante évolution, les gens sont souvent confrontés à diverses confusions et dilemmes existentiels plutôt qu’à des troubles neurobiologiques identifiés par la psychopathologie. Si les problèmes d’une personne peuvent être résolus en examinant attentivement, en diagnostiquant et en ajustant ses philosophies de vie fondamentales — telles que sa vision du monde, sa conception de la vie et ses valeurs — alors consulter un conseiller philosophique est plus approprié que de s’adresser à un psychiatre qui traite principalement par des médicaments (Harteloh, 2013c). Inversement, si quelqu’un souffre d’un dysfonctionnement émotionnel ou d’une maladie physiologique, une consultation médicale et un éventuel traitement pharmacologique sont nécessaires. Néanmoins, même pour les patients qui ont besoin de médicaments, l’intervention de la philosophie peut grandement aider leur traitement. Cette synergie entre la philosophie et la médecine souligne l’essor des humanités médicales aujourd’hui. Lorsque les pensées des gens sont clarifiées, leur perception du monde devient plus nette, et leurs souffrances et luttes intérieures diminuent. La recherche a montré que soulager l’angoisse mentale peut conduire à une réduction de la douleur physique, car le stress psychologique et les émotions négatives sont connus pour aggraver les symptômes physiques (Gatchel et al., 2007 ; Lumley et al., 2017). En abordant la souffrance mentale par la pratique philosophique, les individus peuvent connaître des améliorations de leur bien-être physique. C’est pourquoi Marinoff, le président fondateur de l’American Philosophical Practitioners Association (APPA), qualifie le conseil philosophique de « thérapie pour les personnes saines » (Marinoff, 2004).

Dans les régions hautement industrialisées telles que les États-Unis, le Japon, la Chine, l’Inde et l’Europe, les préoccupations existentielles sont omniprésentes et sont souvent médicalisées sous forme de dépression. En revanche, les pratiques philosophiques offrent un cadre alternatif en se réappropriant la forme philosophique fondamentale. Ces pratiques permettent une transformation dans laquelle les individus passent du simple fait de fonctionner dans des rôles (tels qu’étudiants, managers ou parents au foyer) à un engagement authentique en tant qu’apprenants, travailleurs ou amants — passant ainsi du simple fonctionnement à l’existence véritable (Harteloh, 2024).

2.2.2 Animation de groupes

La pratique philosophique peut être menée soit en tête-à-tête, soit de un à plusieurs — ce dernier cas étant connu sous le nom d’« animation de groupe », une forme de pratique philosophique impliquant plusieurs participants. Les sessions informelles d’animation de groupe se tiennent généralement dans des cafés, des bars et des librairies. Au début du développement de la pratique philosophique, en particulier en France, les lieux publics comme les cafés ont joué un rôle crucial en facilitant le dialogue et l’échange entre les praticiens de la philosophie et le grand public (Sautet, 1995). Les gens se réunissaient régulièrement pour participer à des discussions animées par un praticien de la philosophie. Les sujets de discussion pouvaient être prédéterminés ou décidés sur le champ par consultation ou vote des participants. Ces sujets intéressent tout le monde et sont ouverts à la discussion, comme « La liberté consiste-t-elle à agir selon notre propre volonté ? » ou « Dans quelles circonstances le mensonge n’est-il pas condamnable ? ». En raison des parcours académiques et professionnels divers des participants, leurs points de vue diffèrent souvent. Même si un consensus n’est pas atteint à la fin de la discussion, le processus implique une réflexion indépendante et critique, atteignant ainsi le but de la pratique philosophique qui est de cultiver la pensée.

L’animation de groupe formelle comporte des procédures relativement fixes, la méthode principale étant la méthode socratique nelsonienne (Heckmann, 1981 ; Nelson, 1949), qui a été élargie et affinée plus tard dans ce qu’on appelle aujourd’hui le dialogue « néo-socratique ». Le groupe participant à la pratique se compose généralement d’environ 10 personnes, qui peuvent être des étudiants, des parents au foyer, des employés d’entreprise ou du personnel gouvernemental, sans nécessiter de bagage philosophique préalable. Le praticien de la philosophie n’a pas besoin de beaucoup parler tout au long du processus ni d’exprimer ses points de vue personnels, mais sert principalement à guider la progression de la discussion. La méthode progresse d’une question vers des principes sous-jacents en passant par des exemples. Ces principes ne sont pas généraux ou théoriques par nature, mais sont valables pour le groupe impliqué dans le processus. L’animation de groupe formelle se déroule généralement dans un espace relativement clos et calme, comme une salle de classe ou une salle de conférence, mais a parfois lieu dans des bibliothèques ou des librairies. Contrairement à l’animation de groupe informelle, l’animation de groupe formelle vise en fin de compte à parvenir à une réponse concluante valable pour le groupe de participants, de sorte que les discussions peuvent durer plusieurs jours.

Il convient de noter que la méthode socratique nelsonienne peut également être appliquée aux consultations individuelles — par exemple, par le praticien de la philosophie français Oscar Brenifier. Une question constitue à la fois l’entrée et la sortie de la consultation. Le processus de consultation socratique passe de la question initiale du client, à travers une analyse d’exemples tirés de l’expérience, à une autre question philosophique illustrant les principes sous-jacents ou les présupposés du client.

2.2.3 Conseil organisationnel

Toute organisation, qu’il s’agisse d’un gouvernement, d’une école, d’un hôpital ou d’une entreprise, est confrontée à divers dilemmes éthiques et moraux. Le conseil organisationnel désigne le processus par lequel les praticiens de la philosophie utilisent une série de techniques philosophiques pour accroître ou améliorer la sensibilité éthique et l’éthos spirituel de l’organisation (Ha?egan, 2019a). Le philosophe économique néerlandais Henk van Luijk soutient que là où il y a des affaires, il y a des crises morales. Une organisation éthique peut offrir à ses employés un environnement de travail plus positif et favoriser des relations collégiales plus harmonieuses, améliorant ainsi les relations entre les employés et les clients. Par conséquent, un tel conseil organisationnel est bénéfique pour tous et atteint finalement l’objectif de maximiser les intérêts de l’organisation (van Luijk, 1993). Les praticiens de la philosophie peuvent faire partie de l’organisation ou agir en tant que consultants externes facilitant des discussions de groupe au sein de l’entreprise, telles que des délibérations morales ou des marches philosophiques.

Aux Pays-Bas, la méthode socratique nelsonienne et le dialogue néo-socratique qui en découle sont fondamentaux pour la philosophie d’entreprise. Ils sont appliqués dans des domaines tels que l’élaboration des politiques et l’identité d’entreprise, la promotion du bien-être humain au sein des entreprises (souvent appelée « ressources humaines »), la gestion de la qualité et l’éthique environnementale. En s’engageant dans un dialogue réflexif et critique, les praticiens explorent les valeurs et les hypothèses profondes qui sous-tendent les pratiques organisationnelles, ce qui aide les entreprises à résoudre les dilemmes éthiques, à améliorer la prise de décision et à favoriser une approche de la gouvernance d’entreprise plus durable et centrée sur l’humain.

Les praticiens de la philosophie peuvent également intégrer des techniques de conseil individuel et d’animation de groupe pour résoudre des problèmes organisationnels et interpersonnels spécifiques. Marinoff, s’appuyant sur ses années d’expérience en pratique philosophique, a développé le célèbre modèle de processus « PEACE » (voir Figure 1), permettant à ce modèle de pratique philosophique auprès d’organisations et d’individus comme clients de se diffuser avec succès d’Amérique du Nord vers l’Europe et dans le monde entier. La méthode PEACE comprend les cinq étapes suivantes (Marinoff, 1999, pp. 37-51) :

  • Problème (P) : Identifier correctement les problèmes centraux.

  • Émotion (E) : Exprimer de manière constructive les réactions émotionnelles du client face aux problèmes, rendant possible la discussion ultérieure.

  • Analyse (A) : Aider à résoudre les problèmes en considérant de manière rationnelle et logique les différentes solutions possibles du client, plutôt que de chercher simplement à apaiser le client ou à l’aider à tourner la page, comme dans la psychothérapie traditionnelle.

  • Contemplation (C) : Découvrir les intentions, les cadres de pensée et les environnements qui permettent au client de faire les meilleurs choix.

  • Équilibre (E) (Equilibrium) : Atteindre un état où les problèmes initiaux ne sont plus perçus comme problématiques.

L’aspect philosophique du modèle PEACE réside dans l’exploration approfondie des choix rationnels faits par les individus. Marinoff pense que le processus PEACE est applicable tant au conseil individuel qu’au conseil organisationnel. Par conséquent, il considère le modèle PEACE comme la méta-méthodologie ou le cadre universel de la pratique philosophique. Notamment, l’expression des émotions (E) est l’endroit où ce modèle chevauche la psychothérapie.

Une autre méthode de conseil individuel qui mérite d’être mentionnée est l’approche de réflexion philosophique telle qu’appliquée par Gerd B. Achenbach, Anders Lindseth et Peter Harteloh. Cette méthode implique une réflexion systématique sur les paroles du client d’un point de vue neutre en termes de valeurs (aporie), permettant au client de se reconstruire en tant que personne. Bien qu’elle ressemble à la psychothérapie existentielle par ses techniques de miroir, elle en diffère par sa nature et son contenu philosophiques, mettant l’accent sur un examen de soi récursif. Le processus se déplace de la forme vers le contenu, entraînant un renouveau de la conscience du client (Harteloh, 2024).

3. La pratique philosophique comme nouveau paradigme

Le praticien de la philosophie néerlandais Peter Harteloh (2013a), s’inspirant de la terminologie du philosophe Thomas S. Kuhn, considère la pratique philosophique comme un paradigme émergent dans la philosophie occidentale contemporaine. Le terme « paradigme » désigne à l’origine un exemple ou un modèle ; différents paradigmes scientifiques incarnent des modes de pensée, des visions du monde, des théories fondamentales, des modèles, des méthodes, des outils, des normes et tous les aspects liés à la recherche scientifique distincts. Selon Kuhn (1962), les scientifiques adhérant à des paradigmes différents — comme les partisans de la théorie géocentrique par rapport à la théorie héliocentrique — éprouvent des différences si profondes dans leurs perspectives théoriques qu’ils « voient » effectivement des mondes entièrement différents. C’est comme s’ils portaient des lentilles différentes qui façonnent leurs observations. De même, la divergence entre la philosophie théorique traditionnelle et la pratique philosophique contemporaine est prononcée. Les philosophes de ces deux communautés peuvent avoir des compréhensions et des attitudes Josephson très différentes à l’égard de la philosophie.

La philosophie académique traditionnelle se considère souvent comme une science indépendante du philosophe — une discipline exercée de manière objective sans référence aux expériences personnelles ou aux perspectives de l’individu. En revanche, la pratique philosophique reconnaît que la philosophie est intrinsèquement liée à la personne qui l’étudie ou la pratique. La notion d’une science entièrement indépendante du scientifique a été contestée et largement abandonnée au $XX^{e}$ siècle dans divers domaines. Par exemple, en physique, le principe d’incertitude de Werner Heisenberg a mis en évidence l’interaction inévitable entre l’observateur et l’observé, démontrant que l’acte de mesure affecte le phénomène mesuré (Heisenberg, 1927). En sociologie, l’effet Hawthorne, identifié par des études menées aux usines Hawthorne, a montré que les individus modifient leur comportement en réponse au fait d’être observés, soulignant l’influence du chercheur sur le sujet (Adair, 1984). La philosophie, cependant, attendait une réponse à cette anomalie. La pratique philosophique émerge comme la réponse à ce défi en reconnaissant l’inséparabilité de l’investigation philosophique de la propre vie et des expériences du philosophe.

Dans le paradigme traditionnel de la « philosophie de salon », de nombreux philosophes théoriques s’engagent profondément dans une pensée abstraite et des investigations sur des questions métaphysiques et épistémologiques, exposant souvent leurs pensées et leurs méthodes à l’aide d’une terminologie complexe et spécialisée. Les profanes dépourvus d’un solide bagage philosophique trouvent fréquemment ces théories inaccessibles, et même les philosophes eux-mêmes peuvent peiner à communiquer de manière fluide d’une école de pensée à l’autre. Bien que la philosophie moderne ait fait des progrès en matière de lisibilité et d’accessibilité, ses méthodes sont largement restées dans les schémas académiques établis, se concentrant principalement sur l’écriture philosophique et le discours savant. Bien qu’un tel travail théorique possède une valeur significative, si la recherche philosophique ne prend pas en compte la manière dont ces points de vue impactent la vie réelle des individus, et si les théories et méthodes des philosophes ne s’imprègnent pas dans leurs propres modes de vie ou ne fournissent pas de conseils pratiques aux autres, les limites d’une telle recherche en valeur pratique deviennent évidentes. Par conséquent, l’influence de la philosophie sur le développement historique de l’humanité est souvent moins directe et apparente que celle de la science, qui produit fréquemment des avancées technologiques et des changements sociétaux tangibles.

Bien que l’application par Harteloh (2013a) du terme « paradigme » puisse ne pas s’aligner parfaitement avec l’usage original de Kuhn, sa caractérisation du développement et de l’état actuel de la pratique philosophique est juste. Les travaux de Kuhn ont conduit à la sociologie des sciences (développée plus tard par des chercheurs tels que Robert K. Merton), fournissant une analyse de la science comme un ensemble de connaissances entremêlées de facteurs sociaux (Kuhn, 1962 ; Merton, 1973). L’interprétation de Harteloh résonne plus étroitement avec cette compréhension. Des études comparatives révèlent que la pratique philosophique a bel et bien initié une révolution dans le domaine de la recherche philosophique, précipitant un changement de paradigme. Comme l’affirme Harteloh, la signification de cette transition « réside dans l’auto-amélioration de la philosophie » (Harteloh, 2013a, p. 35). Établissant des parallèles avec la description des paradigmes scientifiques par Kuhn, Harteloh soutient que la pratique philosophique a déjà manifesté les caractéristiques d’un véritable paradigme : elle compte des praticiens de la philosophie renommés, des théories et des méthodes représentatives propres à la pratique philosophique, des organisations spécialisées, des revues universitaires, des conférences, ainsi que des programmes d’éducation et de formation professionnelles dédiés à ce domaine.

La formation préliminaire de la pratique philosophique en tant que paradigme est attestée par plusieurs événements marquants. Notamment, la première Conférence internationale sur la pratique philosophique a été coorganisée par Lahav et Marinoff en 1994 à Vancouver, au Canada, et a réuni 55 praticiens de la philosophie venus du monde entier. Depuis lors, la conférence s’est tenue environ tous les deux ans, dans des lieux tels que Leusden aux Pays-Bas (1996, 2010), New York aux États-Unis (1997), Bensberg en Allemagne (1998), Oxford au Royaume-Uni (1999), Oslo en Norvège (2001), Copenhague au Danemark (2004), Séville en Espagne (2006), Carloforte en Italie (2008), Chuncheon en Corée du Sud (2012), Athènes en Grèce (2013), Belgrade en Serbie (2014), Berne en Suisse (2016), Mexico au Mexique (2018), en ligne en Russie (2021), Timi?oara en Roumanie (2023) et Zagreb en Croatie (2025). La large répartition géographique de ces conférences souligne le fait que la pratique philosophique est devenue un mouvement mondial, dont l’influence s’étend à l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Asie de l’Est et au-delà.

Depuis qu’Achenbach a fondé la première organisation de pratique philosophique, la Société internationale pour la pratique philosophique (Internationale Gesellschaft für Philosophische Praxis), en 1982, la pratique philosophique s’est rapidement propagée sur le continent européen, florissant particulièrement aux Pays-Bas. À la fin des années 1990, le nombre de praticiens de la philosophie et d’organisations régionales a explosé, et de plus en plus de clients ont commencé à apparaître. La pratique philosophique a fait l’objet d’une attention significative et d’une couverture enthousiaste de la part des médias mondiaux. Au-delà de l’Allemagne, des sociétés ou associations formelles de pratique philosophique ont été établies dans de nombreux pays, notamment aux Pays-Bas, en Norvège, en Israël, en Finlande, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Grèce, aux États-Unis, au Canada, en Australie, au Brésil, en Afrique du Sud, en Inde, en Roumanie, en Corée du Sud, au Japon et en Chine (Hong Kong et Taïwan). De plus, des pays comme le Mexique, l’Argentine, la Colombie, la Pologne et la République tchèque ont développé des communautés actives de pratique philosophique, indiquant ainsi l’expansion mondiale de ce domaine. Ces organisations comptent de nombreux membres et organisent régulièrement des séminaires et des ateliers liés à la pratique philosophique. Sur les sites web de l’APPA et de la National Philosophical Counseling Association (NPCA), on peut trouver des centaines de praticiens de la philosophie certifiés aux États-Unis et à l’étranger, ainsi que leurs coordonnées.

La pratique philosophique a également vu naître plusieurs revues académiques afin de publier des articles professionnels connexes, formant un modèle interactif positif qui met l’accent à la fois sur la théorie et la pratique — guidant la pratique par la théorie et favorisant la réflexion théorique à travers la pratique. Les revues pertinentes actuellement disponibles comprennent principalement :

  • Philosophical Practice: Journal of the APPA

  • International Journal of Philosophical Practice: Journal of the NPCA

  • Practical Philosophy: Journal of the Society for Philosophy in Practice

  • International Journal of Applied Philosophy

  • Journal of Applied Philosophy

  • HASER: Revista Internacional de Filosofía Aplicada

  • Journal of Humanities Therapy

  • Philosophical Practice and Counseling

  • Interdisciplinary Research in Counseling, Ethics and Philosophy

  • Journal of Philosophy in Schools

En 1995, la première anthologie sur le conseil philosophique a été publiée, rassemblant 14 articles importants de praticiens de la philosophie de renom tels que Gerd B. Achenbach, Ran Lahav, Lou Marinoff et Elliot D. Cohen (Lahav & da Venza Tillmanns, 1995). Les praticiens de la philosophie ont également rédigé de nombreux ouvrages d’introduction et de théorie sur la pratique philosophique, fournissant des orientations à ceux qui aspirent à devenir praticiens de la philosophie (Marinoff, 2001 ; Raabe, 2001). Des livres populaires écrits pour le grand public ont encore renforcé la visibilité et la reconnaissance de la pratique philosophique. Certains de ces livres sont devenus des best-sellers internationaux, augmentant considérablement la notoriété de ce domaine dans la société contemporaine (Baggini & Macaro, 2012 ; Cohen, 2003b ; Marinoff, 1999 ; Pigliucci, 2017 ; Weiner, 2008).

En matière d’éducation professionnelle, la pratique philosophique a commencé à faire son entrée dans les institutions académiques, recevant l’attention et le soutien des organismes administratifs compétents (Knapp & Tjeltveit, 2005). L’Université de Séville en Espagne a été l’une des premières à établir un master d’arts en conseil philosophique. En 2010, le City College de New York a approuvé un plan visant à créer un programme de master d’arts en philosophie appliquée, qui inclut le conseil philosophique comme sous-discipline. L’APPA et la NPCA proposent respectivement des programmes de certification en conseil philosophique et en thérapie basée sur la logique (Logic-Based Therapy, LBT). L’Université de Nouvelle-Galles du Sud en Australie propose des cours de conseil philosophique au sein de son cursus de philosophie. L’Université de Vienne en Autriche propose des programmes de formation en pratique et conseil philosophiques. En Corée du Sud, plusieurs institutions de premier plan ont fait des pas importants dans le domaine académique du conseil philosophique et de la thérapie par les humanités (Rhee, 2017). Par exemple, l’Université nationale de Kangwon, l’Université nationale de Kyungpook, l’Université d’Hannam et l’Université d’Ulsan proposent chacune des programmes de licence et de doctorat axés sur ces disciplines. De plus, l’Université de Dongguk prévoit de lancer un programme connexe en 2025, élargissant ainsi les opportunités de développement académique et professionnel dans ce domaine émergent.

Actuellement, plusieurs chercheurs ont soutenu des thèses de doctorat dans le domaine du conseil et de la pratique philosophiques. Shlomit C. Schuster (1997) a analysé les autobiographies d’Augustin d’Hippone, de Jean-Jacques Rousseau et de Jean-Paul Sartre, illustrant comment la théorie et la pratique philosophiques ont transformé la vie de ces philosophes. Sa thèse conclut que, contrairement à la compréhension psychanalytique de la continuité et de la cohérence, ces philosophes ont atteint l’unité et l’harmonie personnelles en pratiquant la philosophie à leur manière propre. Maria da Venza Tillmanns (1998) a développé une théorie du conseil et de l’enseignement philosophiques basée sur le maintien d’une tension entre la théorie et la pratique. Sa thèse se concentre sur le concept du dialogique de Martin Buber, soulignant l’importance de reconnaître « l’altérité » d’autrui dans le conseil et l’enseignement. Un aspect crucial consiste à reconnaître et à valoriser les perspectives des clients ou des étudiants tout en maintenant son propre point de vue, ce qui facilite une communication et un échange authentiques.

Raabe (1999) critique les modèles existants de conseil philosophique, plaidant pour son lien avec la psychothérapie tout en soulignant ses forces uniques. Il introduit le modèle FIIT (Free Floating, Immediate Problem Resolution, Intentional Teaching, and Transcendence), qu’il affirme être plus clair, plus pratique et mieux aligné sur les normes philosophiques. Raabe explore également les avantages du conseil philosophique par rapport à la psychothérapie. Patrick Neubauer (2000) a exploré le développement institutionnel et les fondements conceptuels du conseil philosophique, en examinant les objectifs philosophiques de la philosophie du dialogue et du conseil. Il a procédé à des comparaisons approfondies de différents types de psychothérapie et a fourni des analyses de cas de divers conseillers, offrant pour la première fois des perspectives systématiques sur la pratique réelle du conseil dans la recherche allemande.

Xiaojun Ding (2016) a développé la pratique philosophique analytique (Analytic Philosophical Practice, APP) pour remédier aux limites des approches non analytiques. En utilisant des outils tels que la méthode socratique nelsonienne et le dialogue néo-socratique, l’APP analyse les visions du monde des clients et cherche à résoudre les problèmes de la vie par l’analyse logique et conceptuelle. En clarifiant les concepts, en dévoilant les présupposés, en résolvant les conflits et en justifiant les croyances, l’APP favorise la pensée critique et des effets thérapeutiques durables. Ding mène également une réflexion sur les défis du développement de l’APP, tels que les conflits potentiels entre les traditions analytique et continentale et la commercialisation de la pratique philosophique. Richard Sivil (2019) a exploré la diversité de la pratique philosophique et son enrichissement potentiel à travers le concept de phronesis (sagesse pratique). Critiquant les limites du modèle socratique nelsonienne, Sivil réimagine la pratique philosophique comme un mode de vie caractérisé par des aspirations transformatrices, des projets exploitables, un engagement personnel, des outils pratiques et un système cohérent. S’appuyant sur six traditions et philosophes occidentaux — le stoïcisme, l’épicurisme, Emmanuel Kant, John Dewey, Søren Kierkegaard et Friedrich Nietzsche — Sivil met en lumière des objectifs partagés (bonheur, moralité, authenticité) et des perspectives métaphysiques diverses.

4. Fondements théoriques et applications contemporaines de la pratique philosophique

Cette revue de la littérature vise à fournir un aperçu complet de la recherche existante et des fondements théoriques pertinents pour la pratique philosophique. Cette section examine le développement historique, les méthodologies et les applications de la pratique philosophique, ainsi que sa relation avec la psychothérapie. En passant systématiquement la littérature en revue, nous posons les jalons pour comprendre l’état actuel du domaine et identifier les lacunes que cette recherche vise à combler.

4.1 Les ressources intellectuelles historiques des consultations philosophiques

La pratique philosophique a considérablement évolué depuis les années 1980. Des pionniers de la première heure tels que Gerd B. Achenbach en Allemagne et Adriaan Hoogendijk aux Pays-Bas ont jeté les bases du domaine en établissant le conseil philosophique comme une discipline distincte. Leur travail a mis l’accent sur l’application pratique des perspectives philosophiques aux problèmes quotidiens, distinguant la pratique philosophique de la philosophie académique traditionnelle. Bien qu’un large éventail de psychologues et de psychothérapeutes comme Karl Jaspers, Ludwig Binswanger, Solomon Eliot Asch, Carl Rogers et Elliot D. Cohen aient incorporé des concepts philosophiques dans le conseil, Achenbach et Hoogendijk ont été les premiers à initier explicitement des pratiques privées de conseil philosophique en dehors du milieu universitaire comme alternatives à la psychothérapie. Cet axe de recherche se concentre sur les philosophes et les écoles influents qui fournissent des ressources intellectuelles pour le conseil philosophique contemporain. En clarifiant les origines théoriques et l’héritage intellectuel du conseil philosophique, ces études soutiennent la légitimité du conseil philosophique contemporain.

L’histoire des consultations philosophiques est profondément entrelacée avec l’histoire plus large de la philosophie. Les philosophes se sont longuement engagés dans des dialogues et des correspondances qui s’apparentent aux consultations philosophiques modernes. Par instance, René Descartes a entretenu une correspondance approfondie avec la princesse Élisabeth de Bohême, discutant de questions d’éthique et du problème corps-esprit (Shapiro, 2007). Ces lettres peuvent être considérées comme des formes précoces de consultations philosophiques, où les connaissances philosophiques sont appliquées à des préoccupations personnelles (Mochizuki & Harteloh, 2019). Le support a évolué, passant de lettres écrites à des dialogues en face-à-face, et aujourd’hui à des communications virtuelles, mais l’essence du dialogue philosophique demeure constante. Des dialogues de Platon, où Socrate s’engage dans de profondes discussions philosophiques avec divers interlocuteurs, jusqu’aux consultations virtuelles contemporaines, la pratique du dialogue philosophique a été un fil conducteur continu dans le tissu de la philosophie (Chen et al., 2025 ; Gill, 2012). Cette continuité souligne le fait que les consultations philosophiques ne sont pas une invention du $XX^{e}$ siècle mais sont inhérentes à la tradition philosophique à travers l’histoire.

La pratique philosophique puise dans un riche éventail de ressources intellectuelles. Les origines de la pratique philosophique occidentale sont profondément enracinées dans la philosophie grecque et romaine antique, les chercheurs se concentrant sur les idées de Socrate (Chen, 2014 ; Weiss & Ohrem, 2016), Platon (Holger, 2017), Aristote (Li, 2010), l’épicurisme (Fati? & Dentsoras, 2014) et le stoïcisme (Mesaro?, 2020). Hadot a exploré les philosophies de Socrate, des cyniques, d’Aristote, de l’épicurisme et du stoïcisme, résumant la philosophie comme un mode de vie. Il a soutenu que la philosophie appelle les gens à s’efforcer d’atteindre la sagesse par des exercices spirituels. Faisant écho au point de vue de Hadot, William Ferraiolo (2010) souligne que malgré le fait que l’un était esclave (Épictète) et l’autre empereur (Marc Aurèle), les idées de ces deux philosophes stoïciens sur la maîtrise de soi peuvent aider les individus modernes à faire face de manière rationnelle et efficace aux hauts et aux bas inévitables et incontrôlable de la vie, atteignant ainsi la paix intérieure et menant une vie bonne. Aleksandar Fati? (2014) soutient que l’épicurisme, en tant que philosophie de vie universelle, peut être un outil puissant pour aborder les questions émotionnelles et existentielles dans le conseil philosophique.

Outre les philosophes grecs et romains de l’Antiquité, de nombreux penseurs modernes et contemporains ont apporté des théories et des ressources intellectuelles profondes au conseil philosophique. Donald Robertson (1998) estime que le conseil philosophique contemporain s’inspire des pensées philosophiques de Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Martin Buber, Martin Heidegger, Jean-Paul Sartre et Ludwig Wittgenstein. Leslie Spivak (2004) note que la philosophie de la liberté humaine de Kierkegaard possède un pouvoir explicatif et une pertinence significatifs pour le conseil philosophique. Richard Shusterman (1997), à travers l’examen des théories philosophiques et de la vie de pragmatistes comme John Dewey, Nelson Goodman, Richard Rorty et Hilary Putnam, suggère que la philosophie devrait être utilisée pour analyser et guider la vie personnelle, aidant les gens à mieux vivre.

Certains chercheurs interprètent également la pratique philosophique à la lumière de la philosophie chinoise traditionnelle, notamment les enseignements du confucianisme (Chen & Ni, 2016 ; Lu, 2004 ; Su, 2011) et du taoïsme (Guo, 2023 ; Lahav, 1996). Ding et al. (2024a) explorent l’intégration des principes confucéens de culture de soi (self-cultivation) dans la pratique philosophique contemporaine, en mettant l’accent sur l’application combinée du gongfu (effort) et du jingjie (état spirituel) pour parvenir à l’unité de la connaissance et de l’action.

Xichen Lv (2007) associe la thérapie rationnelle-émotive d’Albert Ellis et la logothérapie de Viktor Frankl à des concepts taoïstes tels que s’adapter à la nature, accepter les circonstances et l’interdépendance de la fortune et de l’infortune pour traiter l’anxiété et la dépression. De plus, certains chercheurs intègrent des perspectives religieuses dans la pratique philosophique, s’appuyant sur le bouddhisme, le christianisme, l’islam, le jaïnisme et d’autres traditions pour compléter ses ressources intellectuelles (Casewell, 2022 ; Devarakonda, 2023 ; Hsu, 2011 ; Louw, 2011 ; Pilpel & Gindi, 2019 ; Su, 2020). Une contribution importante à la pratique philosophique est l’anthologie d’Achenbach (2010) Zur Einführung der Philosophischen Praxis. Ce recueil compile ses principales conférences, essais, dialogues et conversations qui résument son travail de pionnier en pratique philosophique. Il insiste sur l’importance de s’engager avec les clients dans des dialogues philosophiques ouverts, en allant au-delà des méthodologies rigides pour favoriser une véritable exploration philosophique.

En général, les sources philosophiques définissent la pratique philosophique comme intrinsèquement philosophique, même si les philosophes mentionnés n’étaient peut-être pas des praticiens au sens moderne du terme. Il existe fondamentalement quatre types de sources (voir Figure 2) :

  1. Les philosophes qui illustrent la philosophie comme mode de vie : Cette catégorie comprend des philosophes comme Socrate, les stoïciens (par exemple, Sénèque, Épictète, Marc Aurèle), Michel de Montaigne, Nietzsche, Kierkegaard et Wittgenstein. Ils ont vécu leurs philosophies, incarnant leurs principes philosophiques dans leur vie quotidienne.

  2. Les philosophes académiques qui ont préparé la voie à la pratique philosophique : Des philosophes tels que Jean-Paul Sartre, Pierre Hadot et Michel Foucault entrent dans cette catégorie. Ils ont comblé le fossé entre la philosophie académique et la pratique philosophique, Sartre utilisant par exemple des pièces de théâtre, des romans et des essais pour diffuser les idées existentialistes. De plus, la philosophie du langage ordinaire développée par A. J. Ayer et Paul Grice a jeté les bases des consultations philosophiques avec des clients et des invités dépourvus de formation académique formelle.

  3. Les philosophes académiques qui ont travaillé sur des concepts adaptés pour définir la pratique philosophique comme philosophique : Cela comprend des philosophes comme Platon, Aristote, Baruch Spinoza, Karl Marx, Martin Heidegger et d’autres qui ont développé des concepts et des théories fondateurs qui alimentent la pratique philosophique.

  4. Les philosophes non formés à l’académie qui illustrent la philosophie comme mode de vie : Cela comprend des auteurs comme Harry Mulisch, Franz Kafka, Thomas Mann et d’autres qui, à travers leurs œuvres littéraires, ont exploré de profonds thèmes philosophiques et contribué au discours philosophique.

4.2 Définir le concept de « consultation philosophique »

Lorsqu’on examine ce que font concrètement les praticiens de la philosophie, une consultation philosophique peut être définie comme un dialogue en tête-à-tête entre un philosophe et un client (invité) dans un espace privé, discutant de questions, de problèmes, d’inquiétudes ou de thèmes de pensée ou de vie à l’aide de moyens philosophiques et en gardant à l’esprit une idée philosophique (Harteloh, 2023). Cette définition s’aligne sur la définition générale de la psychothérapie comme une interaction entre un psychologue et un client pour traiter un état mental indésirable ou un comportement perturbateur par des moyens psychologiques — une technique qui peut être apprise ou entraînée, visant un objectif spécifié, en gardant à l’esprit une théorie du normal et de l’anormal. Cependant, les différences entre la psychothérapie et les consultations philosophiques résident dans l’idée sous-jacente (pathologie par rapport à philosophie), l’intention (traitement par rapport à discussion), l’objet (état mental indésirable par rapport à thème de vie), les moyens (technique standardisée par rapport au fait de philosopher) et la relation avec le client (hiérarchique par rapport à « co-penseur »). Une consultation philosophique peut au mieux être considérée comme une investigation philosophique sur le sens, dans la lignée de l’approche tardive de Wittgenstein de la philosophie comme une forme de thérapie pour l’intellect (Wittgenstein, 1953).

Robertson (1998) considère le conseil philosophique, tout comme l’éthique appliquée, comme un sous-domaine de la philosophie appliquée. Dans la pratique philosophique, les praticiens et les clients traitent de questions de vie personnelles et spécifiques. Les praticiens de la philosophie, inspirés par la philosophie académique, utilisent une série de techniques philosophiques pour rendre leurs dialogues avec les clients véritablement philosophiques, abordant ainsi les problèmes de vie privés et concrets des clients.

Lahav (1995) conçoit le conseil philosophique comme une forme d’interprétation de la vision du monde, proposant que les différentes approches de conseil philosophique disposent de diverses méthodes pour interpréter les visions du monde. Il affirme que sous la diversité des approches du conseil philosophique se cache un principe : les différents aspects de la vie quotidienne peuvent être interprétés comme des expressions des concepts que l’on a de soi et du monde. Ces concepts peuvent être expérientiels ou philosophiques, et leur somme constitue la vision du monde d’une personne.

Lydia Amir (2004) assimile directement le conseil philosophique à ses méthodes, suggérant qu’il s’agit d’un ensemble d’approches qui utilisent des voies philosophiques pour résoudre les problèmes et les dilemmes de la vie quotidienne. Schuster (1999) estime que le conseil philosophique implique un soin philosophique apporté au soi du client à travers un dialogue autonome entre le conseiller et le client.

4.3 Objectifs et valeurs des consultations philosophiques

La pratique philosophique n’est pas simplement l’application de la philosophie à un objet, un cas ou une personne indépendante ; c’est la philosophie comme mode de vie — vivre des concepts philosophiques. Elle représente un mode de philosophie où l’acte de philosopher définit la philosophie elle-même. L’un des buts premiers de la pratique philosophique est de discuter ou de résoudre les dilemmes cognitifs du quotidien, de façonner les philosophies de vie des individus et d’établir des systèmes de valeurs personnels. Les consultations philosophiques soutiennent la philosophie comme mode de vie, permettant aux participants non seulement de penser à des philosophes ou à la philosophie, mais de philosopher eux-mêmes.

Michael Grosso (2012) considère le conseil philosophique comme un art conceptuel, affirmant que son but est d’aider les clients à envisager leurs problèmes sous de nouveaux angles, leur permettant ainsi de surmonter ces difficultés différemment. Yohsuke Tsuchiya et Mai Miyata (2015) considèrent le conseil philosophique comme un outil réalisable dans la philosophie pour enfants (P4C) pour développer les vertus intellectuelles des enfants. Au-delà de l’entraînement aux méthodes de pensée et de la quête de sagesse, certains chercheurs soutiennent que le conseil philosophique est un moyen important pour l’éducation aux vertus éthiques. Barbara Jones (2012) considère la comédie de cabaret comme une forme de conseil philosophique, où les artistes dispensent une éducation morale au public en racontant des histoires personnelles d’une portée universelle. James A. Tuedio (2003) souligne que le conseil philosophique ne promet pas de résultats utilitaires ultimes ; la seule responsabilité du philosophe est de s’engager dans une investigation et un questionnement continus.

Tianqun Pan (2021) préconise l’analyse de la pensée, combinant le dialogue socratique avec l’analyse logique pour atténuer les souffrances d’origine cognitive et aider les gens à mener des vies meilleures dans la technosociété. Marinoff suggère que de nombreux problèmes mentaux modernes découlent de profonds problèmes existentiels, de conflits de valeurs et de la recherche du sens de la vie plutôt que de simples déséquilibres biochimiques. Son livre Platon, pas Prozac ! remet en question les perceptions traditionnelles des interventions en santé mentale, démontrant comment les idées philosophiques peuvent aborder les problèmes psychologiques et améliorer le bien-être mental (Marinoff, 1999).

Qian Ouyang (2012) considère le conseil philosophique comme une forme de philosophie pratique qui régénère la fonction de « guérison spirituelle » de la philosophie. De plus, favoriser la pensée critique est un objectif clé. Ding et al. (2022) préconisent l’utilisation du dialogue socratique pour cultiver la pensée critique, envisageant la pratique philosophique comme un processus dialectique qui examine et expose les schémas de pensée inefficaces menant à des croyances fausses ou incohérentes, évitant ainsi les biais et erreurs logiques.

Blanka Šulavíková (2011) explore le rôle central de la pensée critique dans la pratique philosophique, en particulier à travers le dialogue socratique, pour parvenir à une compréhension de la vérité (Ollinheimo & Hakkarainen, 2023). La pratique philosophique est également perçue comme un moyen et une technique cruciaux pour réaliser le soin humaniste dans l’éducation idéologique et politique (Huang, 2011, 2014 ; Wang, 2018 ; Yu, 2021). Le cœur du soin humaniste dans l’éducation idéologique et politique réside dans le soin des valeurs, visant à soulager les crises spirituelles caractérisées par une perte de repères et une quête de valeurs dévoyée. Pour répondre à ces questions, Xisheng Wang propose le « conseil de la pensée » (thought counselling) pour résoudre les dilemmes intellectuels, soulager la détresse spirituelle et renforcer l’efficacité de l’éducation idéologique et politique (Wang, 2014, 2018).

En outre, le conseil philosophique soutient la philosophie en tant que pratique, art de vivre, guidant les individus dans la recherche d’une vie pleine de sens et examinée. Cela implique d’adopter des principes philosophiques qui favorisent la croissance personnelle, le comportement éthique et l’équilibre émotionnel. En intégrant ces objectifs, la pratique philosophique cherche à améliorer le bien-être général et l’autonomie.

4.4 La relation entre les consultations philosophiques et la psychothérapie

Les praticiens de la philosophie s’attaquent à un large éventail de questions, allant des crises existentielles personnelles aux dilemmes éthiques dans les milieux professionnels. La polyvalence de la pratique philosophique la rend applicable à un large public, renforçant sa pertinence et son impact.

Une mission importante du conseil philosophique contemporain depuis sa création a été de contester les hypothèses théoriques, les méthodes et l’efficacité du conseil psychologique et de la psychothérapie. De nombreux chercheurs considèrent le conseil philosophique comme une alternative au conseil psychologique et à la psychothérapie, tentant de fournir une guidance de vie rationnelle de manière indépendante à travers le conseil philosophique sans recourir à aucun moyen psychothérapeutique (Achenbach et al., 1984 ; Marinoff, 2001 ; Raabe, 2010). Au contraire, J. Michael Russell (2001) soutient que le simple fait de comparer ce que font les conseillers philosophiques et les psychothérapeutes, et pourquoi ils le font, ne révèle aucune frontière claire et distincte entre les deux. Amir (2004) souligne également qu’une composante décisive du conseil philosophique réside dans l’expertise et l’expérience psychologiques pertinentes du conseiller philosophique ; faute de quoi, le conseiller risque de se perdre dans son propre labyrinthe philosophique.

La pratique philosophique partage certaines similitudes avec la psychothérapie, en particulier dans son accent sur le développement personnel et la résolution de problèmes. Cependant, il existe des différences clés. La pratique philosophique met l’accent sur le raisonnement et le dialogue philosophiques, tandis que la psychothérapie se concentre souvent sur les théories psychologiques et les techniques thérapeutiques. Comprendre ces différences est crucial pour définir les contributions uniques de la pratique philosophique.

Les chercheurs différencient souvent la pratique philosophique de la psychothérapie sur la base des concepts, des fondements théoriques, des objectifs, des méthodes et des publics cibles (Dâlcu, 2022 ; Fischer, 2011 ; Sivil, 2009 ; Valencia Magallón, 2019 ; Wei, 2013 ; Yang, 2015 ; Yu, 2010). Certains affirment que le conseil philosophique est plus efficace que le conseil psychologique pour clarifier les systèmes de croyances confus des clients ou leur fournir de meilleures croyances (Li, 2015). Harteloh (2023) note que la pratique philosophique transcende la psychothérapie traditionnelle en se concentrant sur la résolution des problèmes philosophiques de la vie par le dialogue, plutôt que sur le simple traitement des troubles psychologiques. D’autres chercheurs considèrent le conseil philosophique et la psychothérapie comme complémentaires (Cohen, 2013a ; Ha?egan, 2019b ; Liu & Ge, 2011 ; Zhou & Liu, 2009). Cependant, un débat persiste sur la question de savoir si le conseil philosophique peut être considéré comme une forme de thérapie (Šulavíková, 2012).

Certains chercheurs estiment que, bien que le conseil philosophique ne puisse pas remplacer complètement la psychothérapie, les psychothérapeutes ont besoin d’utiliser le conseil philosophique pour fournir aux clients des moyens plus efficaces et profonds d’atténuer les troubles psychologiques. Par conséquent, ils considèrent le conseil philosophique comme un outil supplémentaire à la psychothérapie (Cohen, 2013b). Jon Mills (2001) affirme que le conseil philosophique est une forme de psychothérapie, mais qu’il nécessite une structure et une direction pour se développer en une approche fiable pour résoudre les problèmes psychologiques — un paradigme « philosophico-psychologique » en théorie et en pratique.

En explorant la relation entre les consultations philosophiques et les diverses formes de psychothérapie, il est évident que certaines approches psychothérapeutiques ont des fondements philosophiques profondément ancrés. Sigmund Freud a introduit des théories qui explorent l’esprit inconscient, examinant des concepts tels que l’éros (pulsions de vie) et le thanatos (pulsions de mort) (Freud, 1920/1955). Les spéculations de Freud sur ces pulsions humaines fondamentales reflètent des interrogations philosophiques sur la nature humaine, l’éthique et le sens de l’existence. Certains chercheurs contemporains suggèrent que le travail de Freud chevauche la frontière entre la psychologie et la philosophie, postulant qu’il pourrait être considéré comme un philosophe à part entière en raison de ses profondes réflexions sur la condition humaine (DiCenso, 2005 ; Falque, 2020 ; Wakefield, 2018).

De même, la thérapie centrée sur le client de Rogers met l’accent sur l’expérience subjective de l’individu et sa capacité innée d’accomplissement de soi (Rogers, 1951). Cette approche humaniste favorise un environnement d’empathie, d’authenticité et de considération positive inconditionnelle, permettant aux clients d’explorer librement leurs pensées et sentiments intérieurs. Cet accent mis sur la croissance personnelle et l’exploration de soi résonne avec la priorité donnée par le conseil philosophique au dialogue et à la compréhension de soi. L’approche de Rogers est parfois considérée comme philosophique parce qu’elle est centrée sur des thèmes existentiels, tels que l’authenticité et la recherche de sens, qui sont des préoccupations fondamentales en philosophie (Cooper, 2003).

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC), bien que déjà reconnue pour ses racines stoïciennes, reflète également des principes associés à Descartes. L’accent mis par Descartes sur la pensée rationnelle et le doute (cogito, ergo sum) souligne le pouvoir de la cognition dans la compréhension de la réalité (Descartes, 1641/1998). La TCC postule que les schémas de pensée dysfonctionnels contribuent à la détresse émotionnelle et aux problèmes de comportement, et qu’en contestant et modifiant ces pensées, les individus peuvent atteindre le bien-être émotionnel (Beck, 1976). L’accent cartésien mis sur le doute systématique et l’analyse rationnelle fait écho aux techniques de la TCC visant à identifier et restructurer les croyances inadaptées (Hofmann et al., 2013).

De plus, la thérapie systémique, y compris la thérapie des systèmes familiaux développée par Murray Bowen (1985), introduit une perspective holistique en considérant les individus dans le contexte de leurs relations et de systèmes sociaux plus larges. Cette approche s’aligne sur les notions philosophiques d’interconnexion et sur les dimensions sociales de l’existence humaine, telles qu’explorées par Buber dans son concept de relation « Je-Tu » (Buber, 1970). Les consultations philosophiques intègrent souvent des discussions sur le rôle de l’individu au sein de ses réseaux familiaux et sociaux, examinant l’impact de ces relations sur ses défis personnels et ses visions philosophiques (Goldenberg et al., 2016).

En résumé, bien que les consultations philosophiques et les diverses approches psychothérapeutiques puissent partager des objectifs communs et se chevaucher dans certaines techniques, le conseil philosophique se distingue en ancrant explicitement sa pratique dans les théories et méthodologies philosophiques. Il met l’accent sur le dialogue ouvert, la réflexion critique et l’exploration de questions existentielles, visant à donner aux individus les moyens de construire leurs propres significations et philosophies de vie. La psychothérapie a ses racines dans la philosophie, pourtant son adoption d’un modèle médical/thérapeutique occulte souvent ces fondements philosophiques sous-jacents. Reconnaître l’interaction entre la philosophie et la psychologie enrichit les deux domaines, offrant une compréhension plus complète de la pensée et du comportement humains.

4.5 Diversité des méthodes et modèles de consultations philosophiques

Le conseil philosophique présente une diversité méthodologique significative, reflétant la variété des ressources et approches philosophiques dans lesquelles les praticiens puisent pour leurs activités de conseil. Les philosophes peuvent adopter différentes méthodes qu’ils jugent efficaces comme vecteurs d’engagement avec les clients, les approches courantes incluant le dialogue socratique, l’analyse phénoménologique et le questionnement existentiel. Ces méthodologies visent à favoriser l’autoréflexion et la pensée critique, permettant aux individus de mieux appréhender leur vie et leurs défis.

Bien que l’on pense souvent que la pratique philosophique nécessite une approche méthodique ou structurée pour guider son processus, cette hypothèse n’est pas universellement acceptée. Raabe (2001) soutient que le domaine de la pratique philosophique n’est pas encore parvenu à un consensus sur la nécessité de méthodes spécifiques ou sur l’existence d’une seule méthode définitive. Achenbach s’oppose à la nécessité de toute méthode spécifique. Il estime que la pratique philosophique doit être flexible et adaptable, soulignant l’importance d’un dialogue libre et ouvert qui répond aux besoins et contextes uniques de chaque individu (Achenbach et al., 1984). Une adhésion rigide à une méthode particulière pourrait, selon lui, contraindre la nature dynamique et exploratoire de l’investigation philosophique.

Harteloh (2013a) soutient qu’une consultation philosophique doit être guidée par une idée philosophique centrale. Lorsque le philosophe traduit les expressions d’un client en concepts tels que la justice, la liberté ou le bonheur et les situe dans leur contexte historique, la consultation acquiert un caractère distinctement philosophique. Par exemple, si un client discute d’autonomie, le consultant peut examiner la définition du concept et son rôle dans la vision du monde du client en le reliant à son héritage philosophique. Par conséquent, le consultant peut proposer des interprétations alternatives qui élargissent la perspective du client et l’aident à résoudre son dilemme (Harteloh, 2023).

À la lumière de ces perspectives divergentes, notre exploration de la pratique philosophique reconnaît à la fois les avantages potentiels des approches méthodiques et les arguments en faveur d’une pratique plus fluide et individualisée. Cette vision équilibrée permet une compréhension plus large de la manière dont la pratique philosophique peut être menée efficacement, en s’adaptant aux diverses traditions philosophiques et aux préférences des praticiens. Privilégier les principes plutôt que les méthodes prescriptives s’aligne sur les fondements mêmes de la philosophie, encourageant l’adaptabilité et la transformation personnelle à travers la réflexion critique et le dialogue.

Lorsqu’il examine la méthode par rapport au principe, Achenbach pose que le conseil philosophique se caractérise non par une méthode fixe mais par la flexibilité d’appliquer diverses approches (par exemple, analytique, phénoménologique, herméneutique) d’une manière adaptée à chaque client. Au lieu d’adhérer à une procédure uniforme, le processus est guidé par de grands principes philosophiques (Achenbach et al., 1984). Selon Achenbach, le conseil ne doit pas suivre une méthode standardisée, qui risque de reproduire la personne comme un produit de cette méthode. Au contraire, embrasser les principes philosophiques permet un ajustement individuel et donne à la personne le pouvoir de se reconstruire authentiquement en réponse à sa situation unique.

Divers chercheurs ont proposé différentes méthodes et formes de pratique philosophique. Les approches et principes représentatifs comprennent :

  • La méthode au-delà de la méthode (Beyond-Method Method) (Achenbach et al., 1984)

  • La méthode des exercices spirituels (Hadot, 1995)

  • La méthode d’interprétation de la vision du monde (Lahav, 1995)

  • Le processus PEACE (Marinoff, 2001)

  • La méthode FIIT (Raabe, 2001)

  • La méthode existentielle (Russell, 2001)

  • La LBT (Cohen, 2003a)

  • La méthode C.I.S.A. (Li, 2007)

  • La méthode du stoïcisme romain (Lahav, 2009)

  • Le dialogue néo-socratique (Littig, 2010)

  • La méthode IDEA (Ferraiolo, 2010)

  • La méthode de l’arbre des problèmes (Issues Tree Method) (Raabe, 2013)

  • L’analyse de la pensée (Pan, 2013)

  • Le conseil de la pensée (Thought Counselling) (Wang, 2014)

  • La méthode épicurienne (Fati? & Dentsoras, 2014)

  • La méthode de l’humour (Amir, 2014)

  • La méthode de la poésie (Rolfs, 2015)

  • La méthode APP (Ding, 2016)

  • La méthode réflexive (Harteloh, 2023)

La pratique philosophique englobe également diverses formes telles que les cafés philosophiques (Ding, 2019 ; Grosso, 2002 ; Harteloh, 2019 ; Katini? & Janeš, 2021), la P4C (Daniel & Auriac, 2011 ; Juuso, 2007 ; Pan, 2007) et les marches philosophiques (Harteloh, 2013b). Harteloh élargit le concept de marche philosophique, la définissant non pas seulement comme une activité physique, mais comme une exploration de l’esprit. En marchant, en choisissant des itinéraires spécifiques et en engageant le dialogue, les marches philosophiques encouragent l’interaction avec la nature et la société, favorisant une profonde réflexion philosophique. Par exemple, une marche philosophique a été organisée à l’Université de Nankin en 2013 (Harteloh, 2021). L’approche de Harteloh intègre des compétences philosophiques fondamentales comme la contemplation, le questionnement et la conceptualisation, créant une expérience unique qui relie les concepts, la sagesse philosophique et le lieu.

4.6 Critères d’admission, méthodes de formation, normes de valeurs et lignes directrices éthiques dans l’industrie de la consultation philosophique

En tant que profession relativement jeune qui continue de mûrir et de s’améliorer, le conseil philosophique est confronté à des questions pratiques liées à son fonctionnement et à son développement. Eric Hoffman (2003) propose un plan raisonnable pour le développement futur des conseillers et des organisations philosophiques, prônant une formation standardisée et des directives professionnelles claires. David A. Jopling (1996) met en garde le public contre les dangers potentiels qui pourraient survenir dans certaines situations impliquant le conseil philosophique, soulignant la nécessité d’une vigilance éthique. Mills (1999) examine les codes de déontologie professionnels émis par la Société canadienne de pratique philosophique, l’APPA et l’American Society for Philosophy, Counseling, and Psychotherapy, pointant des ambiguïtés au sein de ces codes et plaidant pour des normes éthiques plus claires. Schuster (1999) offre des conseils pratiques aux conseillers philosophiques américains préoccupés par la responsabilité légale, soulignant l’importance d’une pratique éthique et de la responsabilité professionnelle.

Des études récentes ont exploré plus avant la professionnalisation du conseil philosophique. Julia Clare et Richard Sivil (2014) discutent des normes de formation et de certification des praticiens de la philosophie, insistant sur la nécessité d’une éducation complète comprenant à la fois des connaissances philosophiques et des compétences de conseil. Tim LeBon (2001) examine les responsabilités éthiques des conseillers philosophiques, mettant en évidence l’importance d’établir des directives éthiques claires pour protéger à la fois les clients et les praticiens. Ces discussions soulignent les efforts continus au sein de la communauté du conseil philosophique pour formaliser les programmes de formation, standardiser les qualifications et renforcer l’intégrité professionnelle du domaine.

Spécifiquement, les questions marquantes dans l’éducation et la formation à la consultation philosophique comprennent :

  1. Les compétences philosophiques comme partie intégrante du programme : Les compétences philosophiques sont au cœur des programmes de formation des praticiens de la philosophie. Harteloh (2010) met en évidence les compétences critiques pour le conseil philosophique, notamment l’analyse logique, le raisonnement éthique, la compréhension herméneutique et le dialogue dialectique, tout en classant les compétences pratiques en questionnement, interprétation et compréhension. Les praticiens doivent exceller dans la construction et la déconstruction d’arguments complexes, l’identification des hypothèses sous-jacentes et l’animation de discussions significatives. Ils doivent également développer des métaphores pour articuler et clarifier le sens lors des interactions avec les clients. De plus, la familiarité avec les traditions philosophiques tant occidentales que non occidentales dote les praticiens d’une boîte à outils diversifiée pour répondre aux préoccupations des clients sous de multiples angles et situer leur discours au sein d’une longue tradition intellectuelle.

  2. La littérature utilisée dans le programme : Les programmes de formation intègrent un large éventail de textes philosophiques pour établir une base théorique solide. Les lectures fondamentales comprennent des œuvres classiques comme les dialogues de Platon, l’éthique à Nicomaque d’Aristote et la Critique de la raison pratique de Kant, aux côtés de textes modernes tels que les Recherches philosophiques de Wittgenstein et Être et Temps de Heidegger. Des ouvrages pratiques, y compris Philosophische Praxis d’Achenbach et al. (1984) et Plato, Not Prozac! de Marinoff (1999), relient la théorie à l’application. Ce programme diversifié permet aux praticiens de s’appuyer sur des idées pertinentes lors des consultations. De plus, il permet aux étudiants d’identifier des points de référence philosophiques qui étayent leur pratique comme étant intrinsèquement philosophique.

  3. L’exigence d’un master en philosophie pour l’admission : Comme la pratique philosophique s’appuie sur la capacité humaine inhérente à philosopher, l’exigence d’un master en philosophie pour l’admission reste contestée. La formation académique ne produit pas nécessairement les compétences communicationnelles essentielles à une pratique philosophique efficace ; un diplômé peut exceller en philosophie théorique tout en manquant d’aptitudes pour un dialogue engagé et pratique. Inversement, une personne non formée à l’académie peut développer de solides compétences pour questionner, spéculer et interpréter des idées lors de la communication interpersonnelle. Dans le langage courant, une telle personne est simplement considérée comme « un philosophe ». Des organisations comme l’APPA soutiennent qu’une formation académique avancée garantit une compréhension rigoureuse des méthodes philosophiques (APPA, s.d.). Les critiques soutiennent que des exigences strictes peuvent exclure des praticiens compétents et négliger des perspectives interdisciplinaires. Le débat s’articule autour de l’équilibre entre le besoin d’une expertise philosophique rigoureuse, l’inclusivité et la reconnaissance de parcours éducatifs diversifiés (Clare & Sivil, 2014).

  4. Critères d’admission pour les personnes sans master en philosophie : Pour les candidats sans master, les critères alternatifs peuvent inclure des portfolios, des études antérieures et une expérience professionnelle pertinente. Un entretien d’admission mené par des praticiens de la philosophie expérimentés peut servir à évaluer et à reconnaître l’aptitude d’un individu en tant que philosophe, en se basant sur son attitude et son mode de raisonnement. Certains programmes proposent des cours de base ou des évaluations pour mesurer les compétences philosophiques. Ces parcours visent à maintenir les standards tout en élargissant l’accès à la profession (LeBon, 2001).

  5. Le développement de l’étudiant (Bildung) et la durée de la formation : Le développement de l’étudiant, ou Bildung, fait référence au processus éducatif holistique axé sur la croissance personnelle et intellectuelle. L’étudiant doit développer son propre style de pratique en intégrant les éléments fondamentaux du programme — cultiver la sagesse, étudier les biographies des philosophes comme modèles, interpréter des textes originaux et s’engager dans des exercices ciblés. Les programmes s’étendent généralement sur 1 à 2 ans, combinant l’enseignement théorique et l’étude d’exemples avec une pratique supervisée, des ateliers et du mentorat. Les exigences varient ; l’accent est mis sur les connaissances, les compétences interpersonnelles, la conscience de soi et la sensibilité éthique (Mills, 1999).

  6. Critères de diplomation (Thèse, Consultations, Supervision) : L’obtention du diplôme requiert à la fois des réalisations académiques et pratiques. Les étudiants peuvent rédiger un mémoire ou un projet de recherche démontrant leur compréhension des principes du conseil philosophique. Cependant, l’exigence la plus cruciale est qu’ils démontrent leurs compétences à travers une série de consultations enregistrées. Les composantes pratiques incluent souvent au moins un an de consultations supervisées pour développer une expérience de terrain. La supervision par des praticiens expérimentés garantit le perfectionnement des compétences et le respect de l’éthique (Hoffman, 2003). Par exemple, selon les directives établies par la Société coréenne de conseil philosophique, pour se qualifier en tant que conseiller professionnel, les candidats doivent être titulaires d’un master ou plus, suivre plus de 240 heures de cours liés à la philosophie, participer à plus de 160 heures d’ateliers, s’engager dans au moins 50 heures d’activités sociétales et effectuer plus de 70 heures d’activités sous supervision. En outre, ils sont tenus de présenter au moins un cas de conseil et de publier au moins trois articles de recherche indépendants.

En résumé, la communauté académique a développé des recherches relativement matures et complètes sur les théories et les applications du conseil philosophique, réalisant des percées et des innovations significatives dans le développement de divers modèles et méthodes de conseil. En particulier, les chercheurs chinois ont accompli des progrès substantiels dans les introductions théoriques et dans l’exhumation des pensées pratiques et de la sagesse de la philosophie chinoise traditionnelle (Ding et al., 2024c). La croissance continue et la professionnalisation du conseil philosophique dépendent de la prise en compte de ces considérations pédagogiques et éthiques, garantissant que les praticiens sont bien armés pour répondre aux besoins évolutifs des clients. La pratique philosophique offre une voie de carrière alternative au-delà des rôles académiques traditionnels. Au lieu de chercher des postes d’enseignants ou de chercheurs après avoir terminé des études académiques en philosophie, les étudiants peuvent être formés pour devenir des philosophes praticiens. Cette approche leur permet d’exercer en pratique privée en dehors du cadre universitaire, au service d’une clientèle diversifiée qui peut comprendre des individus, des écoles ou des entreprises. Cette forme de pratique met l’accent sur l’application pratique des perspectives philosophiques, favorisant un engagement direct avec les dilemmes du monde réel tout en s’appuyant sur les riches traditions de l’investigation philosophique.

5. L’avenir de la pratique philosophique : Professionnalisation et engagement public

Alors que la pratique philosophique continue de prendre de l’ampleur, elle se trouve à une intersection charnière entre la philosophie académique traditionnelle et l’application pratique dans la société. L’évolution de la pratique philosophique influence non seulement la façon dont la philosophie est perçue, mais ouvre également de nouvelles voies pour le développement professionnel et l’engagement public. Cette section explore la professionnalisation du conseil philosophique, son état actuel, ses défis et ses orientations futures potentielles.

5.1 L’essor du conseil philosophique en tant que profession mondiale

En tant que nouvelle dynamique dans la recherche philosophique, la pratique philosophique a donné naissance à une profession distincte : le conseil philosophique. À certains égards, la professionnalisation du conseil philosophique a précédé la recherche théorique ou du moins a progressé simultanément avec elle. L’établissement d’une institution spécialisée dans la pratique philosophique par le philosophe allemand Gerd B. Achenbach en 1981 a marqué le début officiel du conseil philosophique contemporain dans une pratique privée en dehors du milieu universitaire. Il est important de distinguer la pratique philosophique du conseil ; bien que le mouvement de la pratique philosophique soit antérieur à cette période, le conseil philosophique explicite a véritablement commencé avec Achenbach, s’appuyant sur les intégrations implicites antérieures de la philosophie dans le conseil psychologique.

Comme cela a été discuté précédemment, le conseil philosophique, en tant que forme de consultation, engage les clients dans un dialogue philosophique pour les aider à réfléchir sur des événements de vie significatifs, à surmonter le deuil et la douleur découlent de transitions majeures, et à trouver un sens et un but. Ce sont des questions cruciales auxquelles la plupart des gens sont confrontés à une étape de leur vie. Plutôt que d’appliquer simplement les enseignements de grands philosophes — un concept plus adapté au conseil psychologique — le conseil philosophique implique de « co-philosopher » avec les clients, favorisant une exploration collaborative des idées et des croyances.

À l’heure actuelle, de nombreux conseillers philosophiques exercent à temps partiel ; leurs rôles principaux impliquent l’enseignement et la recherche académique dans les universités ou les collèges. Cependant, certains travaillent à temps plein dans ce domaine et opèrent en tant qu’indépendants. Le conseil philosophique ne constitue pas encore une catégorie d’emploi traditionnelle et n’a pas été intégré dans les marchés du travail réglementés par l’État ou dans les systèmes de santé. Il reste en grande partie une entreprise personnelle menée par des philosophes employant leur intellect et leurs connaissances, caractérisée par une indépendance distinctive. Certains praticiens de la philosophie créent leurs propres instituts, conçoivent des sites web personnels et s’affilient à des associations de pratique philosophique pour attirer des clients et générer de l’activité. Leurs méthodes de communication ne se limitent pas aux conversations en face-à-face mais tirent également parti des commodités de l’ère numérique, développant des méthodes de consultation utilisant des outils de communication modernes tels que le téléphone, le courrier électronique et les plateformes de visioconférence comme Zoom ou Tencent Meeting.

5.2 Faire progresser les normes professionnelles et les qualifications en conseil philosophique

Pour les conseillers philosophiques, la philosophie est devenue un outil qui non seulement enrichit les vies mais offre également un parcours de carrière viable, leur permettant de gagner leur vie et de s’établir professionnellement. Dans le climat économique mondial actuel, c’est indubitablement une nouvelle encourageante pour les diplômés en philosophie qui font face à d’importants défis sur le marché du travail. De nombreux départements de philosophie ont inclus le « conseil philosophique » comme une orientation de carrière potentielle pour les diplômés en philosophie dans leurs brochures d’inscription et fournissent ou recommandent des cours de formation professionnelle pertinents aux étudiants.

Pour obtenir des qualifications professionnelles et devenir un praticien de la philosophie certifié, certaines conditions doivent être remplies. En prenant l’APPA comme exemple, la certification peut être obtenue par invitation, sur dossier ou par la formation. Des praticiens éminents peuvent être invités à devenir membres certifiés ou à rejoindre le corps professoral de l’APPA (APPA Faculty). Les praticiens expérimentés répondant aux exigences de l’APPA peuvent demander leur certification. L’APPA propose également des programmes de niveau I (introductif) et de niveau II (avancé) en conseil, animation et consultation. Les programmes sont dispensés dans le monde entier sous la supervision du corps professoral de l’APPA, couvrant les compétences fondamentales, les analyses de cas avancées et les applications pratiques. L’APPA met l’accent sur les vertus professionnelles d’expertise, d’excellence et d’intégrité, avec des normes de certification strictes pour garantir une pratique de haute qualité.

Actuellement, parallèlement à l’augmentation rapide du nombre de praticiens de la philosophie, la base de clients de la pratique philosophique s’élargit continuellement. Davantage d’individus, de groupes et d’organisations recherchent de manière consciente et proactive l’aide des philosophes. Une analyse comparative des données de trafic des utilisateurs via la plateforme Similarweb montre qu’en mai 2025, le site officiel de l’APPA a enregistré 3 512 visites — représentant une baisse de 51,39 % par rapport à avril 2025 — avec une durée moyenne de visite sur le site de 38 secondes. En revanche, le site web de la NPCA a enregistré 2 267 visites en mai 2025 — soit une augmentation de 49,36 % par rapport à avril 2025 — avec une durée moyenne de visite sur le site de 2 minutes et 25 secondes.

De plus, l’influence de la pratique philosophique sur la philosophie académique traditionnelle devient de plus en plus significative. L’interaction entre la pratique philosophique et la philosophie académique, traditionnellement limitée à l’enseignement et à la recherche théorique, a donné des résultats fructueux. La pratique philosophique révèle de nouvelles approches dans la recherche philosophique, nécessitant l’introduction de nouvelles ressources et méthodes distinctes de l’exploration philosophique traditionnelle. En d’autres termes, elle emploie des théories et méthodes philosophiques existantes de manière innovante ou sous des angles différents dans la vie quotidienne de l’être humain. Le domaine de la pratique philosophique est incontestablement passionnant ; son émergence lie étroitement la philosophie aux questions qui importent aux profanes. Simultanément, la pratique philosophique s’efforce de devenir une véritable discipline au sein de l’institution philosophique académique. En tant qu’application de la philosophie, elle a soulevé de nouvelles questions philosophiques dans de nombreux aspects de la vie philosophique (Li et al., 2024).

Par conséquent, la pratique philosophique est à la fois une profession — un nouveau membre de la philosophie appliquée — et un sujet philosophique — un nouveau paradigme dans la recherche philosophique. Le passage d’un paradigme théorique à un paradigme pratique transforme fondamentalement la philosophie, qui passe d’une quête académique élitiste et exclusive à une culture séculière à laquelle tout le monde peut participer.

6. Conclusion

La pratique philosophique représente un virage transformateur dans la manière dont la philosophie est perçue et appliquée, passant d’exercices académiques abstraits à une discipline pratique répondant directement aux préoccupations quotidiennes. En jetant un pont entre la théorie et la pratique, le conseil philosophique offre aux individus, aux groupes et aux organisations des outils pour naviguer à travers les défis existentiels, clarifier leurs croyances et réaliser leur croissance personnelle. L’émergence de la pratique philosophique en tant que nouveau paradigme revitalise la pertinence de la philosophie et contribue au bien-être de la société.

La professionnalisation du conseil philosophique est critique pour établir sa légitimité et son efficacité. Le développement d’une formation standardisée et de directives éthiques, l’examen de l’efficacité des méthodologies de conseil philosophique et l’intégration de la pratique philosophique dans les systèmes de santé peuvent renforcer son accessibilité et son impact. À mesure que le domaine évolue, il est essentiel de relever les défis liés à la reconnaissance professionnelle, aux exigences éducatives et à l’engagement du public.

Des études comparatives entre le conseil philosophique et la psychothérapie traditionnelle peuvent éclairer les forces et les domaines à améliorer, en identifiant comment la pratique philosophique peut compléter et enrichir les approches thérapeutiques existantes. La recherche transculturelle est indispensable pour adapter la pratique philosophique aux différents contextes sociétaux, en reconnaissant les variations dans les valeurs culturelles, les traditions philosophiques et les styles de communication. De plus, l’exploration des plateformes numériques pour le conseil philosophique mérite attention, en particulier pour élargir l’accès et s’adapter aux besoins changeants d’un monde interconnecté par la technologie.

La collaboration interdisciplinaire entre philosophes, psychologues et autres professionnels de la santé mentale peut enrichir à la fois les aspects théoriques et pratiques de la pratique philosophique. En comblant les fossés entre les disciplines, les praticiens peuvent développer des approches holistiques pour aborder les expériences humaines complexes. En outre, l’intégration de la pratique philosophique dans les systèmes éducatifs (par exemple, la P4C) pourrait stimuler la pensée critique et le raisonnement éthique dès le plus jeune âge, favorisant une société plus réflexive.

En conclusion, la pratique philosophique recèle un potentiel important pour enrichir les vies et transformer les sociétés. En embrassant la philosophie comme mode de vie, les praticiens et les clients s’engagent dans des dialogues significatifs, favorisant une compréhension plus profonde de la condition humaine. Le développement et l’intégration continus de la pratique philosophique contribueront à un monde plus compatissant et plus éclairé.

Remerciements : Nous tenons à exprimer notre sincère gratitude à Nancy Salay, rédactrice anglophone de Dialogue, pour son aimable soutien et ses conseils précieux. Nous sommes particulièrement reconnaissants envers Jill Flohil, l’assistante éditoriale, dont la révision méticuleuse et rigoureuse a grandement amélioré la qualité de cet article. Ce travail a été soutenu par le projet de sciences humaines et sociales du ministère de l’Éducation en Chine (subvention n° 19YJC720006) et la Fondation nationale des sciences sociales de Chine (subvention n° 20FZXB047).

Conflits d’intérêts : Les auteurs déclarent n’en avoir aucun.

Voici l’intégralité de la section des références bibliographiques du document « from-academia-to-action-philosophical-practice-as-an-emerging-profession-and-paradigm-in-contemporary-society.pdf », retranscrite avec rigueur et incluant tous les liens hypertextes disponibles dans le texte d’origine :

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Cliquez ici pour lire la reproduction de l’intégral de cet article en anglais

Article # 236 – Philosophical Health – Thinking as a Way of Healing, Luis de Miranda (Anthology Editor), Bloomsbury Publishing, 2023

Philosophical Health

Thinking as a Way of Healing

Luis de Miranda

Published Dec 28 2023

Format Ebook (Epub & Mobi)

Edition 1st

Pages 296

ISBN 9781350353060

Imprint Bloomsbury Academic

Series Re-inventing Philosophy as a Way of Life

Publisher Bloomsbury Publishing


Description

(Traduction libre avec Google Gemini de l’anglais au Français)

Réunissant d’éminents chercheurs internationaux et interdisciplinaires, cet ouvrage novateur examine la théorie et la pratique de la santé philosophique dans les contextes contemporains du soin pris au sens large : le soin de soi, le soin de l’autre et le soin du monde.

Mais qu’entend-on par santé philosophique ? Bien que ce livre ne cherche pas à en fournir une définition normative — puisqu’il explore des perspectives disparates et encourage le pluralisme dans les modes de vie philosophiques —, on peut concevoir la santé philosophique comme un état de cohérence créative entre la manière de penser d’une personne ou d’un groupe et sa manière d’agir, de telle sorte que les possibilités d’une vie bonne soient accrues et les besoins d’épanouissement satisfaits.

Le concept de « possibilité » est une idée centrale de la santé philosophique. Sans un sens des possibilités de soi et sans une ouverture vers l’avenir, la santé perd sa signification ; à l’inverse, les pathologies se définissent par diverses formes d’impossibilités. À ce titre, la santé philosophique reconsidère le soin comme un processus de culture ou d’élagage du compossible en termes incarnés, psychologiques et sociaux, permettant aux choses de se régénérer ou, dans certains cas, de disparaître.

S’appuyant sur l’histoire de la philosophie, la phénoménologie, le nouveau matérialisme, le postcolonialisme, mais aussi sur un large éventail d’approches contemporaines de la pratique philosophique, Santé philosophique met en lumière la dimension philosophique sous-étudiée du soin et la dimension curative de l’acte de philosopher. En défendant la philosophie comme une pratique vécue, cet ouvrage révèle la pertinence croissante de la santé philosophique dans les débats contemporains sur le bien-être, le bien-appartenir (well-belonging), le conseil philosophique et le développement.

Source : © Bloomsbury Publishing.


TABLES DES MATIÈRES

(Traduction libre avec Google Gemini de l’anglais au Français)

Remerciements

Introduction : Introduction à la santé philosophique : la dimension curative du sens, Luis de Miranda (Université de Turku, Finlande)

Partie I : Le Soi

  1. Vivre pour de vrai, pas dans le faux : « L’honnêteté envers soi-même » comme fondement de la santé philosophique, Eugenia I. Gorlin (Université du Texas, États-Unis)

  2. Les approches existentiales-phénoménologiques en psychiatrie et en psychothérapie face à l’idée de santé philosophique, Lehel Balogh (Université de Hokkaido, Japon)

  3. Mécanismes, organismes et personnes : santé philosophique et soins centrés sur la personne, Michael Loughlin (Université de West London, Royaume-Uni)

  4. L’état d’équanimité (Samata) comme santé philosophique : une perspective issue de la Bhagavad-Gita, Balaganapathi Devarakonda (Université de Delhi, Inde)

  5. Le constructivisme logique dans la santé philosophique, Elliot D. Cohen (Association nationale du conseil philosophique, États-Unis)

Partie II : Les Autres

6. La vertu de la vulnérabilité : Merleau-Ponty et Minuchin sur les frontières de l’identité personnelle, Laura McMahon (Université d’Eastern Michigan, États-Unis)

7. Santé philosophique, communication juste non violente et justice épistémique, Raja Rosenhagen (Université d’Ashoka, Inde)

8. Santé philosophique, sens et rôle de l’autre : une approche herméneutique, Dennis Schutijser (Université pontificale catholique, Équateur)

9. Ubuntu : une approche afro-communautaire du conseil et de la santé philosophiques, Richard Sivil (Université du KwaZulu-Natal, Afrique du Sud)

10. Qu’est-ce que cela fait de conseiller comme un philosophe ? Une lecture phénoménologique de la santé philosophique, Andrei Simionescu-Panait (Université polytechnique de Bucarest, Roumanie)

11. Intelligence artificielle et santé philosophique : de l’analytique à la créalectique, Luis de Miranda (Université de Turku, Finlande)

Partie III : Le Monde

12. Professionnalisation et mauvaise santé philosophique : maladies et conseils, Matthew Sharpe (Université Deakin, Australie) et Eli Kramer (Université de Wroc?aw, Pologne)

13. La santé philosophique et le pouvoir transformateur du récit, Abdullah Ba?aran (Université Hitit, Turquie)

14. La décolonisation comme santé philosophique, Brendan Moran (Université de Calgary, Canada)

15. La santé philosophique au sein du posthumanisme cosmopolite enchevêtré, Jacob Vangeest (Université Western, Canada)

16. Les philosophies somatiques d’Asie de l’Est comme guides pour une vie philosophiquement saine, Lehel Balogh (Université de Hokkaido, Japon)

17. Santé philosophique, créalectique et sens du possible, Luis de Miranda (Université de Turku, Finlande)

Épilogue méthodologique

Entretiens de construction de sens axés sur les éléments de la santé philosophique (SMILE_PH), Luis de Miranda (Université de Turku, Finlande)

Source : © Bloomsbury Publishing.


Table of Contents

Acknowledgements

Introduction: Introducing philosophical health: the healing dimension of making-sense, Luis de Miranda (University of Turku, Finland)

1. Living for Real, not Counterfeit: ‘Self-honesty’ as a Foundation for Philosophical health,

2. Existential-Phenomenological Approaches in Psychiatry and Psychotherapy to the Idea of Philosophical Health,

3. Mechanisms, Organisms and Persons: Philosophical Health and Person-centred Care,

4. State of Equanimity () as Philosophical Health: A Perspective from the Bhagavad-

5. Logical Constructivism in Philosophical Health,

6. The virtue of vulnerability: Merleau-Ponty and Minuchin on the Boundaries of Personal Identity,

7. Philosophical Health, Non-violent Just Communication, and Epistemic Justice,

8. Philosophical Health, Meaning, and the Role of the Other: a Hermeneutic Approach,

9. Ubuntu: An Afro-communitarian Approach to Philosophical Counselling and Health,

10. What is it like to Counsel like a Philosopher? A Phenomenological Reading of Philosophical Health, (

11. Artificial Intelligence and Philosophical Health: From Analytics to Crealectics,

12. Professionalisation and Philosophical Ill-health: Maladies and Counsels,

13. Philosophical Health and the Transformative Power of Storytelling,

14. Decolonization as Philosophical Health,

15. Philosophical Health in Entangled Cosmopolitan Posthumanism,

16. East Asian Somatic Philosophies as Guides to a Philosophically Healthy Life,

17. Philosophical Health, Crealectics and the Sense of the Possible,

Methodological epilogue

Sense-making interviews looking at elements of philosophical health (SMILE_PH),

Source : © Bloomsbury Publishing.


INTRODUCTION

Introduction à la santé philosophique

La dimension curative du sens

Luis de Miranda

(Traduction libre avec Google Gemini de l’anglais au Français)

Suis-je en bonne santé philosophique ? Vivez-vous votre plus haute destinée ? Ses actions reflètent-elles ses pensées ? Ses paroles sont-elles le miroir de son âme ? Quel est notre but dans la vie ? Vivons-nous dans une contradiction obscure avec nos pensées, nos valeurs, nos croyances et nos idéaux les plus profonds, ou dans l’ignorance de ceux-ci ? Avons-nous développé un sens philosophique robuste ou sommes-nous, comme Macbeth, les spectateurs ou les acteurs regrettables d’un récit global plein de bruit et de fureur, qui ne signifie rien ?

Imaginez un livre écrit au début du XIXe siècle sur le thème suivant : la santé physique pour tous. Ce livre aurait fait figure de nouveauté, car la pratique systématique de l’exercice ou du régime pour le seul bien de la santé physique était alors le privilège d’une minorité aristocratique. Aujourd’hui, la santé physique est devenue une préoccupation pour tous.

Imaginez maintenant un livre sur la santé psychologique pour tous, publié au début du XXe siècle : la psychologie (et la psychothérapie) était alors un domaine nouveau, et la pratique des soins psychologiques était le privilège de quelques rares (mal)heureux. De nos jours, la santé psychologique est bel et bien une préoccupation mondiale.

Moi-même et la plupart des auteurs de cet ouvrage croyons en la santé philosophique pour tous. Domaine foisonnant de pratiques, de recherches et mouvement diversifié, la santé philosophique sera peut-être un jour reconnue comme une nécessité universelle si nous voulons donner du sens à notre existence terrestre, aujourd’hui plus complexe que jamais. Cela se produit au moment même où nous écrivons : le nombre de conseillers philosophiques augmente régulièrement d’année en année dans le monde entier, que ce soit en Inde ou aux États-Unis, en Suède, en Roumanie ou en Amérique du Sud. Des personnes de tous âges et d’origines diverses décident d’utiliser les outils philosophiques pour guider leur vie. Parfois, pour des questions de sens personnel ou collectif et de construction cohérente du sens, elles s’entretiennent régulièrement avec un praticien de la philosophie, tel que moi-même ou certains des auteurs de ce livre.

Les présents auteurs viennent également de cultures et de régions du monde différentes, ainsi que d’horizons disciplinaires variés. Certains ne seront peut-être pas entièrement d’accord sur les détails de la santé philosophique tels que je les ai esquissés précédemment (de Miranda, 2019 ; 2021a ; 2021b ; 2022) ; néanmoins, ils s’engagent en faveur de son importance et de son intention générale : penser est une manière de se guérir soi-même et de guérir les autres.

En lisant ces lignes, vous ressentez probablement votre corps d’une manière ou d’une autre : peut-être êtes-vous debout devant un écran numérique ou enfoncé dans un fauteuil, un livre à la main. Peut-être êtes-vous paralysé dans un lit ou bienheureux assis sur un banc au bord de la mer pendant que le vent agite les pages du livre, faisant écho aux voiles des bateaux qui passent. Vous prenez une profonde inspiration : en tant qu’être appartenant au règne de la biologie, vous avez un sens corporel. Vous ressentez votre corps et votre corps ressent le monde. Parfois, il vous dit vrai par l’intermédiaire de votre intuition.

Et puis il y a vous en tant que perspective sur vous-même : une personne qui peut se percevoir comme plus ou moins en phase avec son corps, ses objectifs quotidiens, ses tactiques, ses peurs ou ses aspirations. Vous, la voix intérieure qui évalue, juge et s’interroge. Vous dites souvent : « Mon nom est [insérer votre nom ici] » : vous avez le sens du soi. Parfois, vous réussissez même à être constamment honnête avec vous-même.

Maintenant, vous savez ou espérez aussi que vous n’êtes pas seul. Peut-être aimez-vous et êtes-vous aimé, ou peut-être vous êtes-vous senti étranger à votre environnement, comme un extraterrestre oublié dans ce monde par un équipage d’autres semblables. Vous partagez ou non des liens profonds avec votre communauté ou votre entourage ; vous avez, fort ou affaibli, un sentiment d’appartenance. Parfois, vous vous rencontrez dans le visage de l’autre et faites l’expérience de l’amitié et de la joie.

Vous vivez peut-être depuis quelques décennies déjà, juste assez pour savoir que certains soirs, vous vous êtes senti lourd ou vide, comme si les portes de l’avenir étaient fermées et les fenêtres du passé obscurcies par de noirs rideaux. Et pourtant, certains matins, vous sautez du lit avec un puissant élan existentiel, porté par un élan conquérant vers un horizon encore indéfini : vous avez, haut ou bas, le sens du possible. Vous le ressentez plus ou moins intensément : parfois, vous percevez un flux créatif vivant derrière nos protocoles routiniers ; vous ressentez la pulsation de la possibilité ultime qui est peut-être la source créatrice du Réel, ou « Créel » (de Miranda, 2021c).

Sens corporel, sens du soi, sentiment d’appartenance, sens du possible : ces manières de donner du sens au monde — universelles dans leur forme et pourtant si diverses dans leur pratique — sont dans une certaine mesure partagées avec les créatures non humaines : une pieuvre a un sens corporel, un gibbon possède un certain sens du soi, les poissons manifestent un sentiment d’appartenance et les fourmis sont dotées d’un sens du possible, de sorte que l’on peut dire qu’une définition commune de la santé pour tous les êtres vivants est, pour faire simple, un bon sens du possible. D’un point de vue étymologique, on peut appeler cela l’eudynamia — de eu-, bon, et dynamis, potentiel, force, possibilité (de Miranda, 2021b).

Il existe ensuite deux sens ultérieurs que la plupart des philosophes considèrent comme spécifiquement humains. Nous pouvons suivre des valeurs, des idéaux ou des visions porteuses de sens qui nous donnent une orientation profonde à plus long terme, au-delà du présent de nos perceptions immédiates : ils constituent notre sens de la finalité (sense of purpose). Grâce à lui, nous pouvons dévoiler et déployer notre destin sous la forme d’un projet transpersonnel, soutenu par une dialectique créative entre l’idéal, le groupe et le monde. Il manifeste notre liberté de prospérer vers un horizon collectif « imparadisant ». Rares sont ceux d’entre nous qui possèdent un sens aigu de la finalité, car cela exige de la maturité, de la sagesse et du courage.

De plus, nous pouvons expliquer le monde et lui donner du sens par le biais de mythes, de cosmologies, de récits structurés, d’édifices conceptuels ou de réseaux systématiques d’idées qui guident et justifient notre finalité : c’est notre vision du monde, notre sens philosophique. En fin de compte, la propriété de notre vision philosophique du monde est que, une fois explicitée, elle peut générer des bénéfices salutaires dans la dynamique intercréative des cinq sens précédents.

Le sens corporel, le sens du soi, le sentiment d’appartenance, le sens du possible, le sens de la finalité et le sens philosophique sont les éléments de la santé philosophique qui, lorsqu’ils sont harmonisés plutôt que défaillants, douloureux ou conflictuels, contribuent à créer des personnes accomplies, des groupes ou des institutions sains. Notre manière de penser et notre manière de faire peuvent ainsi s’accorder de telle sorte que nous puissions faire l’expérience d’une intégrité profonde dans le monde.

Soins holistiques et santé philosophique
Le mot anglais « wholesome » [sain, salutaire, complet] est un terme intéressant ; il est porteur de l’ancienne étymologie germanique du mot « santé » (heil), évoquant les idées d’unité, de totalité. La langue allemande parle encore du profond soulagement d’être heilfroh, complètement apaisé ou soulagé. « Le Vrai est le tout », écrit Hegel dans la Phénoménologie de l’esprit (1977 : 11) : la philosophie est la discipline qui se soucie de la totalité de la réalité et au-delà, tandis que les autres disciplines dominantes ont tendance à se soucier de parties ou de domaines spécifiques du Réel, comme l’atmosphère (la météorologie), les machines (l’ingénierie) ou les papillons (le lépidoptérologie). La philosophie est généralement ignorée, moquée ou considérée comme vaine parce qu’il est très difficile, voire asymptotiquement possible, de connaître ou d’intuiter le tout, et plus facile de se concentrer sur un seul aspect du monde comme le font la biologie, la physique, la paléontologie, l’économie, la linguistique et toutes sortes d’affaires humaines.

La médecine, par exemple, s’attache à éradiquer la maladie ici et là plutôt qu’à comprendre ce qu’est la santé de manière holistique. Considérez pourtant la définition de la santé largement diffusée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans sa Constitution (1948) : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » L’adjectif complet fait ici encore écho à l’étymologie de la santé comme un tout, pointant vers l’unité, la compréhension ou l’harmonie globale qui est le but de la philosophie. Qu’est-ce donc qu’un tout en bonne santé s’il ne s’agit pas d’une simple juxtaposition de parties ? Qu’est-ce qu’une personne en bonne santé si elle n’est pas seulement un corps biologique fonctionnel ? Qu’est-ce qu’une action saine si elle n’est pas un simple comportement en pilote automatique ? Qu’est-ce qu’une institution saine si elle n’est pas une forme de crime organisé ? Qu’est-ce qu’une société saine s’il s’agit de plus d’un marché stochastique ?

Cet ouvrage est le premier à proposer une réflexion plurielle et internationale sur la notion de santé philosophique prise au sérieux en tant que champ théorique et pratique. C’est une idée qui a émergé d’une pratique historiquement nouvelle : au cours des dernières décennies, quelques individus indépendants à travers le monde ont commencé à prendre soin d’autres êtres humains à travers ce qu’ils appellent le « conseil philosophique » (philosophical counselling) ou la « philosophie comme thérapie » (Banicki, 2014 ; Marinoff, 2013). Il existe aujourd’hui des dizaines de conseillers philosophiques praticiens actifs sur la plupart des continents, et comme je l’ai mentionné plus haut, certains d’entre eux, dont moi-même, figurent parmi les auteurs de la présente anthologie.

Les conseillers philosophiques pratiquent souvent leur approche holistique du soin comme un passe-temps parce que leur activité n’est pas encore une profession reconnue par les systèmes de santé, ou dans certains cas parce qu’ils ne souhaitent pas être pleinement professionnalisés ou dogmatiquement institutionnalisés. Les conseillers philosophiques mènent des dialogues individuels ou collectifs lorsqu’ils n’enseignent pas, ne font pas de recherche universitaire, n’écrivent pas de livres ou n’essaient pas de donner du sens à des offres d’emploi non philosophiques. Ils peuvent être totalement indépendants ou organisés au sein de diverses associations, telles que, entre autres, l’APPA (American Philosophical Practitioners Association), la SSFP (Swedish Society for Philosophical Practice) et la PPAI (Philosophical Practitioners Association of India).

Mais pourquoi parler de santé philosophique plutôt que, par exemple, de bien-être mental ? Parce que tout ce qui est juste n’est pas purement mental et que tout ce qui est correct ne nous met pas nécessairement à l’aise. La santé n’est pas seulement l’une des préoccupations majeures de l’humanité, c’est désormais une préoccupation mondialisée qui engage notre destin sur terre (Walraven, 2010 ; Frumkin, 2016). Au cours du siècle dernier, la santé physique et la santé psychologique ont été systématisées en un impératif social (Bell, Taylor et Marmot, 2010). Des résultats positifs tangibles ont été produits en termes d’espérance de vie ou de guérison de pathologies que l’on pensait autrefois incurables, mais une certaine version des soins de santé est également devenue une industrie capitaliste et une forme de gouvernance sociale normative (O’Byrne, 2019).

Dans les sociétés occidentales, au début du XXe siècle, la gymnastique, le régime alimentaire et la psychothérapie étaient un luxe réservé à un petit nombre, mais ils sont devenus une nécessité pour le plus grand nombre à la fin de ce même siècle. Les États nationaux financent et administrent des programmes de santé psychologique et physique régis par des statistiques, conformément à ce que Foucault (1975) appelait la biopolitique ou le contrôle des populations. Les institutions, dont le pouvoir est aujourd’hui renforcé par des données numériques massives, promeuvent souvent une voie médicalisée vers la santé, fondée sur une conception mécanique ou chimique de l’esprit et du corps (Fee, 1999 ; Tyreman, 2020).

La santé physique et la santé psychologique sont aujourd’hui des catégories de santé bien acceptées : elles sont considérées comme des conditions nécessaires au « bien-être », mais elles ne suffisent pas à rendre compte de la vie bonne et du sens de la finalité des individus et des collectifs. En 2019, le mouvement Philosophical Health International (PHI) a été lancé pour engager une conversation mondiale sur la théorie et la pratique de la santé et du soin philosophiques, y compris — mais aussi au-delà — de la pratique spécifique du conseil philosophique. Cet ouvrage est la première publication collective issue du réseau florissant du PHI. Il envisage la « santé philosophique » comme un concept et une pratique transdisciplinaires, mettant en lumière l’idée que penser peut être une manière de prendre soin des individus, des groupes ou même des visions du monde, non pas de manière normative, mais plutôt d’une manière qui ouvre notre sens du possible sous des formes et dans des directions variées. Cela est illustré dans le présent livre par la diversité des perspectives sur l’idée de santé philosophique : psychologique, logique, centrée sur le soin à la personne, mythologique, herméneutique, bibliothérapeutique, intersubjective, institutionnelle, phénoménologique, décoloniale, asiatique, africaine, etc.

En anglais, l’expression « philosophical health » a commencé à apparaître dans quelques publications à la fin du XXe siècle : par exemple, la revue Life & Health suggérait que la santé philosophique est une forme de « santé spirituelle » et un élément essentiel du bien-être, dans lequel notre comportement est « en rythme » avec nos valeurs (Levy, Dignan et Shirreffs, 1984 : 7). Une décennie plus tard, dans une monographie sur Wittgenstein intitulée Philosophical Health, Richard A. Gilmore comparait Wittgenstein à Socrate et écrivait : « Le concept de « santé » philosophique ou psychologique que je propose qu’ils partageaient tous deux était celui dans lequel les manières de parler et de penser d’une personne sont cohérentes avec ses manières d’agir » (Gilmore, 1999 : 134).

Bien que la « santé philosophique » soit une expression relativement nouvelle, ce n’est pas une idée neuve, mais plutôt une redécouverte collective : son essence a été incarnée ou défendue de manière plus ou moins implicite par quelques figures notables de l’histoire de la philosophie, notamment Socrate, Épicure, les Stoïciens ou plus récemment Nietzsche, Bergson ou encore Wittgenstein. Pour eux, la santé philosophique consistait à essayer de se hisser à la hauteur de la version la plus élevée possible de son destin, en accord avec un questionnement constant sur le sens de l’être.

Le renouveau actuel des formes grecques et romaines d’une philosophie attentive au soin semble s’inscrire dans une réinvention de la philosophie comme forme de thérapie existentielle sans diagnostic, et du philosophe comme catalyseur d’harmonie vécue. Certains ont critiqué la pertinence de cette approche (Knapp et Tjeltveit, 2005 ; Louw, 2013), mais que l’on soit favorable ou non au mouvement actuel de la santé philosophique, incluant la philosophie comme soin, comme art de vivre et comme conseil philosophique, la plupart admettent que cette approche nécessite un ancrage théorique et une exploration plus approfondis — d’où le présent livre.

L’idée de santé philosophique a une longue généalogie, qui n’est pas le sujet principal des chapitres suivants ; ces derniers s’intéressent davantage aux perspectives contemporaines. Beaucoup de choses ont été écrites sur l’histoire intellectuelle de la philosophie comme thérapie. Dans L’Herméneutique du sujet (Foucault, 2005), la source européenne de l’idée de santé philosophique se trouve dans la conception platonicienne et socratique de l’????????? ?????? (epimeleia heautou), le soin de l’âme ou de soi. Dans le Premier Alcibiade de Platon, le soin philosophique est une condition nécessaire non seulement pour la vertu de la personne individuelle, mais aussi pour devenir un bon gouvernant ou un agent politique de la cité via une certaine éthique du soin et du sacrifice de soi (Cawston et Archer, 2018). Il y avait, pour les Grecs, un lien entre l’idée collective de justice et l’idée individuelle d’équilibre. L’esprit philosophique n’était en fin de compte pas seulement individuel ou logiquement rationnel, il était une reconnexion inspirante avec le divin ou le sublime en nous, une idée souvent illustrée par le démon (daimon) de Socrate. Le daimon était l’esprit intuitif, le génie tutélaire, la voix intérieure chuchotant des paroles de sagesse (Silverman, 2010). Le concept grec de santé philosophique articulait la croissance personnelle à une cosmologie partagée, un récit cosmo-politique.

Des auteurs à sensibilité historique, tels que Martha Nussbaum (1994), Pierre Hadot (1995) et à nouveau Michel Foucault (2005), ont ainsi grandement contribué à faire reconnaître que la philosophie des anciens Grecs et Romains était liée à une préoccupation pour la santé — pour des auteurs comme Plutarque, la philosophie et la médecine constituaient un seul et même domaine commun. Selon Nussbaum (1994), la pratique philosophique se caractérisait par des arguments, un raisonnement précis, une rigueur logique et une recherche d’acuité définitionnelle. Construire un art de vivre par la philosophie devait être un art engagé envers la vérité rationnelle et envers une praxis de l’argumentation et de l’interaction visant la transformation personnelle et sociétale : les philosophes antiques voulaient se distinguer des magiciens, des guérisseurs chamaniques ou des sophistes. Cela a déplacé l’intérêt du philosophe vers l’efficacité existentielle du discours et des arguments (rhétoriques, narratifs, imaginaires, mnémoniques).

Selon Hadot et Foucault, un argument philosophiquement thérapeutique est également « spirituel » et ne peut être compris sans son contexte subjectif. La philosophie antique ne se restreignait pas à une activité intellectuelle de rationalisation ; elle était un mode de vie (Sharpe et Ure, 2021). Le discours logique n’était qu’une partie du mode de vie philosophique précisément parce que les connaissances acquises devaient être mises en œuvre dans le désordre de la vie pratique et des comportements en chair et en os. La philosophie, selon les mots de Sénèque, « nous apprend à agir, non à parler » (Inwood, 2005). On ne pouvait prétendre posséder un véritable savoir philosophique à moins de produire une forme de vie entière qui soit authentiquement philosophique, un exercice biographique et effectif de fusion entre la vérité et l’incarnation subjective (Foucault, 2005). Traduire la compréhension théorique en intuition pratique et incarnée, et vice versa, exigeait un entraînement persistant et un rappel constant de notre sens de la finalité et de notre sens philosophique. Cette forme de soin intellectuel se montrait critique envers une pratique de la culture et de la civilisation consommée comme un vernis, une façade superficielle qui échoue à masquer notre égocentrisme, nos peurs irrationnelles, notre nihilisme immature ou notre hubris.

Plus près de nous, Nietzsche considérait la philosophie comme le fondement de la santé mentale et physique. Il pensait que les arguments philosophiques ou moraux dits universels sont souvent biaisés par un certain esprit de corps et ne peuvent être discutés sans référence à leurs destinataires et à leurs auteurs, qui en incarnent les valeurs. Notre recréation contemporaine de l’idée de santé philosophique trouve son origine, du moins en partie, dans la notion nietzschéenne de « grande santé », perçue comme un éthos d’affirmation de la vie et des valeurs et comme une incarnation créative, idéalement capable de résister à toutes sortes de virus sociaux et à la pensée de groupe (Glenn, 2001 ; Nietzsche, 1979, 1982). Avec l’approche tentativement non dualiste de la santé de Nietzsche, la philosophie a recommencé à aspirer à une pratique incarnée et à une attitude concrète, une manière profondément honnête et engagée de s’épanouir avec détermination dans le monde : la santé comme actualisation de sa plus haute destinée (Bestimmung) (Nietzsche, 2004 : 67). De manière moins différente qu’on ne l’imaginerait, Ludwig Wittgenstein, dans ses Recherches philosophiques tardives, a promu une compréhension thérapeutique de la philosophie articulée à une « forme de vie » : « Le travail en philosophie est en réalité plutôt un travail sur soi-même » (Gilmore, 1999 : 19).

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Les fondements analytiques et abstraits de la philosophie de la « tour d’ivoire » (Vossen, 2015) sont ébranlés, non seulement par la philosophie dite « continentale » ou la « philosophie globale », mais aussi par un outsider surprenant : le mouvement international du conseil philosophique et de la pratique philosophique. Celui-ci se développe régulièrement, comme nous l’avons dit, dans des pays comme l’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Autriche, la Suisse, la Norvège, l’Italie, l’Espagne, le Canada, Israël, la Turquie, l’Afrique du Sud, l’Inde ou la Suède (Louw, 2013). Jusqu’à présent, ce mouvement a été largement ignoré par la recherche et l’enseignement universitaires. La majorité des philosophes universitaires n’en ont pas conscience ou, selon le New York Times, se montrent même méfiants ou hostiles : « Parmi les philosophes universitaires sérieux — même ceux qui se penchent sur les questions relatives à la condition humaine —, il existe une répulsion presque viscérale à l’idée même de conseil philosophique » (Duane, 2004). De nombreux départements de philosophie ou universités déploient encore des efforts actifs pour fermer leurs portes aux versions de la philosophie qui sont immergées dans la société et actives dans le changement pratique. Pourtant, nous pensons que la santé philosophique est une recherche et une praxis effectives, et qu’elle devrait être accueillie par le monde universitaire.

La plupart des psychologues, psychanalystes et psychiatres se montrent également hostiles à l’égard d’une activité qui semble parfois revendiquer des bénéfices thérapeutiques sans protocole bien défini ou scientiste : « Les psychologues rencontrent de plus en plus de philosophes en pratique indépendante qui utilisent la philosophie pour aider des individus ou des groupes à résoudre des problèmes pratiques. […] Le conseil philosophique n’est pas actuellement une alternative viable au traitement de la santé mentale » (Knapp et Tjeltveit, 2005 : 1). Est-ce vraiment le cas ? Devons-nous alors continuer à abandonner l’écologie de notre esprit et de notre santé mentale à une industrie psychiatrique qui semble avoir délaissé le souci de la singularité de la personne et de notre besoin de sens, alors que sa réponse à la détresse repose trop souvent sur des pilules chimiques, des questionnaires corsetés, des statistiques tatillonnes, des astuces comportementales éphémères et une nomenclature alambiquée de diagnostics ? Platon n’est pas le Prozac (Marinoff, 1999) et les pilules philosophiques ne sont pas chimiques, mais sont plutôt des idées dynamiques telles que : penser de manière indépendante et pourtant engagée dans la vie, écouter profondément et pourtant donner du sens au monde de manière créative, et être conscient que la santé n’est atteinte que lorsque l’esprit et le corps sont profondément accordés à une quête non dogmatique et généreuse de vérité, de justice et d’honnêteté.

L’aspect créatif de la phrase précédente est important si l’on veut éviter que la santé philosophique ne devienne un énième discours normatif monochrome, un nouveau dogme proclamant ce qui est méta-sain ou ce qui doit être fait absolument pour éviter la maladie intellectuelle ou morale. Comme le soutenait Nietzsche, le « concept d’une santé normale, ainsi que ceux d’un régime normal et d’une évolution normale d’une maladie, doivent être abandonnés » (Nietzsche, 2001 [1882] : 117).

Le soi, les autres et le monde

La construction de sens philosophique et le corpus de la philosophie sont aujourd’hui de plus en plus utilisés dans des contextes pratiques, parallèlement à la conviction qu’il peut y avoir une symbiose entre un esprit sain, une incarnation saine et des environnements sains (Banicki, 2014). Selon la philosophe Yolanda Angulo Parra, qui s’intéresse particulièrement à l’utilisation du conseil philosophique pour aider les femmes mexicaines, par exemple dans les prisons, « le conseiller philosophique renforce l’autonomie de l’individu, améliore les capacités de raisonnement des personnes, les introduit à la recherche philosophique dans le seul but de parvenir à un processus d’introspection qui mènera à une meilleure compréhension du soi intérieur [et] à devenir une meilleure personne » (Omelchenko, 2012 : 78). Ces ambitions d’autonomie personnelle et de développement de soi sont-elles les caractéristiques fondamentales d’une personne en bonne santé philosophique ? En partie, mais la santé philosophique est aussi, plus humblement, un soin fondé sur l’écoute profonde des autres et le soin de la terre, tous ces aspects étant entrelacés et intercréatifs. Le présent ouvrage est donc divisé en trois parties — le Soi, les Autres et le Monde — même si une telle segmentation séquentielle, nécessaire à des fins d’analyse, ne rend pas justice au fait que, dans la réalité, nous ne pouvons pas pleinement isoler le soi des autres ni du monde.

La Partie I s’ouvre sur la proposition éclairante d’Eugenia Gorlin selon laquelle « l’honnêteté envers soi-même » est le fondement de la santé philosophique. Étant donné la propension humaine à l’auto-illusion, l’honnêteté ne peut être tenue pour acquise mais doit, selon elle, faire l’objet d’un engagement de principe si l’on veut acquérir une bonne santé philosophique. Gorlin suggère que le cadre de l’honnêteté envers soi-même peut offrir un front unifié aux philosophes et aux psychologues désireux de faire progresser l’épanouissement humain. Nous devons, dit-elle, apprendre à être honnêtes sur ce que nous pensons, ressentons, croyons, envisageons et voulons, afin de pouvoir choisir nos actions et construire notre vie en conséquence : « La poursuite de la santé philosophique dépend de cette volonté de suivre ses réflexions là où elles mènent, quelles que soient les vérités ou les possibilités que cela puisse mettre en lumière. » L’auteure conclut par quelques techniques et pratiques visant à promouvoir l’honnêteté envers soi-même.

Dans le Chapitre 2, Lehel Balogh apporte une contribution indispensable et inspirante à l’histoire intellectuelle récente en examinant comment, dans la tradition existentiale-phénoménologique du XXe siècle, l’idéal d’authenticité en tant que gage de santé mentale se compare à l’idéal de santé philosophique. Ce chapitre passe en revue diverses approches inspirées de la pensée philosophique de penseurs séminaux tels que Kierkegaard, Nietzsche, Heidegger et Sartre : la Daseinsanalyse de Ludwig Binswanger et Medard Boss, ainsi que l’analyse existentielle et la logothérapie de Viktor Frankl, ou encore l’école américaine de psychothérapie existentielle de Rollo May et Irvin Yalom. Balogh écrit que « reconquérir le soi depuis la zone médiane floue entre l’authenticité et l’inauthenticité s’avère être l’intuition curative clé qui garantit non seulement la santé mentale et physique de l’individu, mais aussi sa santé philosophique. »

Le Chapitre 3 est une réflexion faisant autorité de Michael Loughlin sur les soins centrés sur la personne et la terminologie associée — y compris la prise de décision partagée, la pratique fondée sur les valeurs, l’autonomisation du patient (patient empowerment) et l’expertise du patient — qui est aujourd’hui au cœur des débats sur l’avenir des prestations et des pratiques de services de santé. L’auteur y soutient que les formes les plus plausibles de soins centrés sur la personne doivent intégrer, de manière explicite, l’idée de santé philosophique : dans les contextes cliniques, la discussion sur la santé philosophique représente une opportunité passionnante d’élargir notre compréhension de ce que signifie traiter les patients comme des personnes. Tout aussi important, écrit Loughlin, l’approche de la santé philosophique nous aide « à apprécier l’importance de reconnaître la qualité de personne (personhood) des praticiens, et ainsi à clarifier le rôle du dialogue dans le diagnostic et le soin, la nature relationnelle de la condition de personne et la relation entre la science et les valeurs dans les soins de santé et d’assistance sociale. »

Dans le Chapitre 4, Balaganapathi Devarakonda explore de manière intrigante la tradition philosophique indienne, en particulier la Bhagavad Gita, pour défendre l’idée que l’équanimité personnelle est une composante clé de la santé philosophique. En cultivant la perspective du Samata drishti ou du juste équilibre, un individu peut atteindre et maintenir, explique Devarakonda, une forme de bien-être holistique qui peut être conceptualisée comme une santé philosophique. Après avoir passé en revue plusieurs visions occidentales problématiques de la signification de la santé, l’auteur détaille les avantages de définir la santé philosophique comme « un état de juste équilibre naturel et harmonieux contribuant à une perspective équilibrée qui aide les individus à gérer leur vie en se confrontant aux divers objets du monde, à leurs semblables et à leurs expériences subjectives. »

Le dernier chapitre de la partie sur le Soi, le Chapitre 5, est écrit avec la clairvoyance de l’expérience par Elliot D. Cohen, l’un des pionniers de la pratique du conseil philosophique aux États-Unis et fondateur de la thérapie et de la consultation basées sur la logique (Logic-Based Therapy and Consultation). Cohen commence par nous rappeler que l’idéal de santé philosophique est au moins aussi ancien que Platon, qui, dans la République, définissait la santé de l’âme comme une harmonie amicale entre le principe directeur de la raison et les deux principes soumis de l’esprit [le cœur/le courage] et du désir. Cohen utilise dans sa pratique à la fois la logique formelle (déduction) et la logique informelle (identification et évitement des « sophismes »). Il pense que nos cogitations irrationnelles en général, et notre perfectionnisme en particulier, peuvent mener à de graves problèmes existentiels, et écrit : « Enclin à penser que la santé philosophique est la construction de base, et que la santé mentale est une fonction de cette dernière. Lorsque la santé philosophique souffre au point qu’un consultant n’est plus capable de fonctionner dans la vie quotidienne, on peut alors dire qu’il est mentalement malade. »

La Partie II de ce livre, consacrée aux Autres, s’ouvre (Chapitre 6) par un compte rendu phénoménologique empathique de Laura McMahon sur l’importance de la vulnérabilité pour notre santé philosophique en tant que sois existentiels vivant au sein de familles, de groupes et de collectifs. Pour McMahon, la vulnérabilité est une vertu au sens aristotélicien, la capacité de nous situer en relation avec les autres en abandonnant notre illusion d’omnipotence égoïste. Une intuition centrale ici, inspirée de Merleau-Ponty, est que l’identité personnelle est toujours déjà accomplie de manière interpersonnelle, et par conséquent que les problèmes psychologiques ne doivent pas être recherchés « dans » l’individu mais plutôt dans les systèmes interpersonnels auxquels l’individu appartient. McMahon écrit qu’il est « crucial pour notre santé existentielle que nous reconnaissions notre vulnérabilité comme une capacité positive à être, au cœur de nos « propres » identités, ouverts à et façonnés par notre entrelacement avec les choses et les autres dans le monde. »

Dans le Chapitre 7, Raja Rosenhagen propose une analyse affûtée de la littérature antérieure sur la notion de « santé philosophique » (de Miranda, 2021a, 2021b, 2021c), afin de poser les jalons de sa définition de la santé philosophique comme un « bien trans-subjectif ». Rosenhagen combine ensuite des éléments issus des travaux d’Iris Murdoch et de Marshall Rosenberg pour esquisser une pratique qu’il nomme « communication juste non violente », dont il démontre de manière convaincante qu’elle peut aider à relier la santé philosophique aux notions de justice épistémique et de vie collective bonne. Un sujet en bonne santé philosophique, écrit l’auteur, « est en harmonie avec lui-même dans sa façon de penser, de parler, d’agir et de ressentir, et en harmonie avec les autres (humains et non humains) en étant orienté, en pensée et en action, vers l’actualisation du bien commun de tous. »

Le Chapitre 8 est une tentative inspirante d’approche herméneutique de la santé philosophique, écrite par Dennis Schutijser sous l’influence de Paul Ricœur. Que signifie considérer que notre vie a du sens ? Pour répondre à cette question, nous devons comprendre que l’épanouissement ne peut être uniquement subjectif, mais doit également être intersubjectif : par conséquent, plutôt que de tenter de répondre seuls à la question du sens de la vie, nous devrions, soutient Schutijser, étudier comment ce sens tend à se constituer de manière collective et narrative. Il écrit : « La santé philosophique est herméneutique parce qu’elle oscille constamment entre ses propres expériences et interprétations […] et des cadres d’interprétation intersubjectifs. Le jeu entre le particulier et l’universel, entre le texte et le contexte, est la manière dont la santé philosophique peut unifier les perspectives personnelles et les interprétations partagées. »

Dans le Chapitre 9, Richard Sivil explore en profondeur la contribution que la vision du monde afro-communautaire Ubuntu pourrait apporter au conseil philosophique et à la santé philosophique. Envisagée à travers le prisme de l’individualisme, la santé philosophique pourrait être comprise comme une forme d’épanouissement personnel, mais l’Ubuntu élargit la notion de santé philosophique de l’épanouissement individuel vers l’épanouissement communautaire de telle sorte, soutient Sivil, « que la personne est comprise comme socialement ancrée — un enchevêtrement, nécessairement interconnecté avec les autres. » Cela, ajoute l’auteur, « élargit la notion de santé philosophique au-delà d’une étroite cohérence de la pensée et de l’action de l’individu pour en faire quelque chose qui émerge dans et par la cohérence de la communauté. »

Le Chapitre 10 examine la relation entre le conseiller philosophique et le consultant d’un point de vue phénoménologique. Andrei Simionescu-Panait, l’un des conseillers philosophiques notables de Roumanie, y explique comment les notions husserliennes de « conscience du « je peux » », d’époché et de réduction sont des portes éprouvées vers une bonne pratique de l’écoute profonde et du focusing. Le consultant doit se voir offrir une forme d’attention que Simionescu-Panait appelle « l’empathie observationnelle », et par conséquent, la santé philosophique peut être mieux cultivée par le dialogue avec un autre formé à cet effet. L’auteur ajoute : « Le consultant trouve une orientation profonde en lui-même en séparant et même en discriminant les idées. » En prenant soin des affects et des concepts selon leur pertinence, écrit Simionescu-Panait, « on trouve son chemin à travers la jungle de sa pensée en traçant des sentiers à travers une végétation abondante et désorganisée. »

Le dernier chapitre de la partie consacrée à l’Autre aborde le récent défi épistémologique de l’intelligence artificielle sous l’angle de la santé philosophique. J’y distingue trois modes d’intelligence : analytique, dialectique et créalectique. Le monde peut, dans une certaine mesure, être divisé en parties analytiques concrètes à des fins de manipulation et de possession ; il peut en partie être divisé en tensions dialectiques de déploiement agonistique pour arbitrer les luttes de pouvoir. Pourtant, aucune de ces deux formes de compréhension ne suffit à atteindre la santé philosophique, soutient ce chapitre, car la réalité en tant que simple ensemble de choses ou de bits n’épuise pas notre besoin vivant de sublimité. Une forme saine d’intelligence doit collaborer avec notre sens du possible, c’est-à-dire notre relation avec le fondement créatif du Réel, ou « Créel ».

Dépassant le Soi et l’Autre tout en les incluant, la troisième partie de l’ouvrage — Le Monde — s’ouvre sur un chapitre réjouissant de Matthew Sharpe et Eli Kramer (Chapitre 12). Les auteurs y démontrent que certaines caractéristiques de l’environnement professionnel mondial actuel des universitaires en général, et des philosophes universitaires en particulier, sont incompatibles avec les cinq principes de la santé philosophique (de Miranda, 2021a) : l’héroïsme mental, l’orientation profonde, la créativité critique, l’écoute profonde et le Créel (le Réel créatif en tant que possibilité ultime). Sharpe et Kramer diagnostiquent une culture de « mauvaise santé philosophique » à l’université, qui, écrivent-ils, « possède cinq « maladies » correspondantes : la lâcheté mentale, la superficialité, le culte du commentateur, l’écoute dédaigneuse et le dogmatisme fataliste. » Dépassant la seule critique, le chapitre se conclut en plaidant pour des voies capables de favoriser la santé philosophique à l’université et au-delà.

Dans le Chapitre 13, Abdullah Ba?aran examine de manière remarquable la fonction thérapeutique et transformative du récit (storytelling) du point de vue de la santé philosophique. Les récits littéraires et les textes philosophiques qui incluent des narrations de transformation peuvent être utilisés, soutient-il, comme une pratique de traitement philosophique non seulement pour les conseillers, mais aussi pour ceux qui souhaitent prendre soin d’eux-mêmes par la lecture. L’auteur nous convainc que le récit, avec sa qualité du « et si », est un moyen fructueux de redéfinir constamment notre place dans la réalité. Il écrit : « La pédagogie du récit pour la santé philosophique réside dans le fait que les histoires de transformation personnelles, biographiques ou fictionnelles possèdent l’attribut distinctif de formuler les concepts essentiels qui nous lient les uns aux autres. »

Le Chapitre 14 propose une vision provocatrice de la décolonisation en tant que santé philosophique, inspirée par les écrits de la philosophe franco-algérienne Seloua Luste Boulbina. Brendan Moran affirme que la décolonisation et la santé philosophique sont complémentaires et exigent le démantèlement de diverses sortes d’attitudes coloniales qui ne peuvent être sainement déconstruites sans un élan philosophique profond passant par la réflexion et la voix à la première personne. Le but de cette pratique de soin et d’écoute philosophiques est que ni les individus ni les sociétés ne soient privés de possibilités de remettre en question les contraintes et de recommencer à neuf. « La santé philosophique, écrit Moran, est simplement la capacité de revisiter et d’engager les conditions de vie sans l’engourdissement que ces conditions pourraient autrement entraîner. » L’auteur amène la priorité de la première personne au cœur d’un débat avec Gilles Deleuze et Roberto Esposito et leur affirmation selon laquelle la santé philosophique est renforcée par un rapport à soi-même à la troisième personne.

Dans le Chapitre 15, Jacob Vangeest plonge dans un voyage stimulant de pensée planétaire, associant le posthumanisme cosmopolite (Rosi Braidotti), l’enchevêtrement (entanglement) (Karen Barad) et la santé philosophique, pour penser nos possibilités d’épanouissement. Ce chapitre esquisse le cadre d’un posthumanisme cosmopolite fondé sur une théorie de l’obligation intersubjective, tout en portant ce concept d’obligation envers l’autre dans le domaine du soin philosophique planétaire. Vangeest écrit : « Prendre-soin-de au sein d’une interdépendance enchevêtrée sert de condition au posthumanisme cosmopolite, dans la mesure où ce concept accentue les dimensions intersubjectives de la santé philosophique. »

Le Chapitre 16, signé Lehel Balogh, introduit avec une clarté éclairante la manière dont les philosophies traditionnelles d’Asie de l’Est envisagent les connexions entre l’individu et son milieu plus large, et comment une telle pensée philosophique peut favoriser une conscience éveillée de la réalité. Le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme, sous leurs nombreuses formes, partagent tous la conviction fondamentale que l’état normal et quotidien de la personne humaine n’est pas son état idéal. Ce chapitre examine en particulier l’idée de l’énergie ki en tant que source de vie universelle et créative, et la manière dont sa culture et son contrôle peuvent permettre à une personne de se forger un caractère équilibré, en harmonie avec la société et le cosmos. Balogh soutient que les écoles de pensée est-asiatiques nous permettent de « voir plus clairement comment la santé philosophique pourrait faciliter l’établissement d’un ordre social capable de contribuer à l’amélioration de la santé générale, de l’équilibre mental et d’un mode de vie altruiste, éthique et socialement responsable qui permet de s’engager dans une cohabitation pacifique avec les autres et avec son environnement. »

Dans le Chapitre 17, j’examine comment la notion de santé philosophique peut nous aider à résoudre les dichotomies apparentes entre le soi, les autres et le monde, ainsi qu’entre les êtres humains et non humains. Sous la notion de santé créalectique, je présente ce que je crois être une voie médiane ontologiquement sûre et pourtant créative entre l’individualisme méthodologique dans la pratique philosophique — la focalisation sur le soi — et la focalisation sur la compossibilité intercréative, un terme inspiré de G. W. Leibniz pour suggérer une compatibilité harmonieuse de diverses formes de vie. Tous les êtres, humains et non humains, partagent un sens du possible qui peut être plus ou moins élargi (eudynamia) ou appauvri (adynamia). La santé philosophique ne peut pas se résumer à la construction d’un sens aigu du soi humain ou d’une sécurité ontologique privée : nous avons également besoin d’un sens aigu de la compossibilité entre les réalités ou potentiels humains et non humains.

Un épilogue conclut l’ouvrage, fournissant une méthode pour aider les conseillers philosophiques à mener des dialogues semi-structurés avec leurs consultants, le long des six sens auxquels j’ai fait allusion dans les premiers paragraphes de cette introduction : le sens corporel, le sens du soi, le sentiment d’appartenance, le sens du possible, le sens de la finalité et le sens philosophique.

L’avenir de la santé philosophique
C’est un sujet d’étonnement constant que de voir tant d’entre nous retarder indéfiniment la confrontation avec le sens supérieur que nous devrions donner à (notre) vie, ou repousser l’instauration d’une orientation profonde et significative dans la conduite de notre biographie. Si un sens philosophique ou un sens de la finalité est ce qui nous distingue de nos semblables de la faune et de la flore, comment se fait-il que, dans un siècle de défis mondiaux, la plupart d’entre nous traversent la vie quotidienne sans un sens de la finalité — individuel ou commun —, sans une cosmologie minimale du soin — personnelle ou partagée ? L’argument habituel selon lequel nous nous abstenons de cultiver notre santé philosophique parce que nous préférons adopter une attitude de type « don’t worry, be happy » [ne t’inquiète pas, sois heureux] ne tient pas la route, puisque la majeure partie de l’humanité s’inquiète en fait souvent du présent et de l’avenir, des affaires domestiques, de peurs narcissiques, de problèmes stéréotypés ou de menaces médiatiques exagérées.

La santé philosophique n’est pas un privilège universitaire. Qui sommes-nous, nous les universitaires, pour critiquer le citoyen moyen qui néglige sa santé philosophique si nous sommes nous-mêmes — malgré notre titre de « PhD », qui ne signifie souvent un doctorat en philosophie que de manière superficielle — anxieusement engloutis par le jeu de la carrière ou la pensée de groupe de disciplines tribalistes, tout en fuyant le devoir d’ancrer nos efforts dans un soin philosophique psychiquement et socialement incarné ? Non seulement toutes les disciplines, mais la plupart des professions sont concernées — interrogées — par la perspective de la santé philosophique d’une manière ou d’une autre ; c’est pourquoi les professionnels de tous les domaines, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’université, devraient aujourd’hui réclamer un temps plus lent, un temps pour penser et réfléchir.

En l’année de ma naissance, 1971, le magazine satirique français Charlie Hebdo, aujourd’hui mondialement connu en raison de l’attentat terroriste de 2015 qui a coûté la vie à plusieurs membres de sa rédaction, a commencé à publier L’An 01 du dessinateur Gébé, une fable dans laquelle toute la population française décide d’interrompre le travail et la production de marchandises afin de réfléchir à la vie et au monde. Un demi-siècle plus tard, nous avons encore besoin de faire une pause et de réfléchir à ce que nous faisons. Ce livre est destiné à suggérer et à créer un espace d’écoute profonde et de remise en question sereine de nos modes de vie et de leur compossibilité. Et si nous captions une conversation sur la nécessité, dans nos pratiques disparates, non pas seulement d’une santé physique ou d’une santé psychologique, mais aussi d’une guérison philosophique ?

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Source : © Bloomsbury Publishing.


QU’EST-CE QUE LA SANTÉ PHILOSOPHIQUE ?

La santé philosophique (philosophical health) est un concept émergent et transdisciplinaire qui désigne un état de cohérence créative entre la manière de penser, de parler et de faire d’une personne ou d’un groupe, de façon à accroître les possibilités d’une vie bonne et à satisfaire les besoins d’épanouissement.

Conçue comme un idéal vers lequel on tend plutôt que comme un état statique, elle s’inscrit dans la lignée de l’ancienne vision grecque de la philosophie comme praxis, mode de vie et soin de l’âme (epimeleia heautou), par opposition à une simple discipline académique abstraite.

Les Six Sens de la santé philosophique

Selon le cadre théorique développé par Luis de Miranda, la santé philosophique repose sur l’harmonisation de six dimensions ou « sens » à travers lesquels l’être humain construit le sens de sa vie :

  • Le sens corporel (bodily sense) : La perception intuitive et biologique de son propre corps et sa manière de ressentir le monde.

  • Le sens du soi (sense of self) : La voix intérieure, la perspective réflexive et la capacité à être fondamentalement honnête avec soi-même.

  • Le sentiment d’appartenance (sense of belonging) : La force des liens et de l’interdépendance relationnelle avec sa communauté ou son entourage.

  • Le sens du possible (sense of the possible) : La capacité à percevoir des ouvertures et un flux créatif derrière les protocoles routiniers. Un bon rapport au potentiel et à la force est ce que l’on appelle l’eudynamia.

  • Le sens de la finalité (sense of purpose) : La capacité typiquement humaine à se projeter à long terme à travers des valeurs, des idéaux ou des projets transpersonnels.

  • Le sens philosophique (philosophical sense) : La vision du monde (worldview), c’est-à-dire le réseau d’idées et de récits structurés qui guide et justifie les actions d’un individu.

Lorsque ces six éléments sont harmonisés plutôt que manquants, douloureux ou en conflit, ils permettent au sujet d’expérimenter une profonde intégrité existentielle.

Les cinq principes pour cultiver la santé philosophique

Pour évaluer et nourrir cette santé, le mouvement s’appuie sur cinq grands piliers directeurs :

  1. L’héroïsme mental (mental heroism) : Le courage de penser de manière autonome et de s’engager au quotidien pour ce qui est vrai et juste, tout en restant conceptuellement empathique envers la pensée d’autrui.

  2. L’orientation profonde (deep orientation) : Une direction stable et à long terme de l’esprit, tournée vers le bien commun et l’épanouissement collectif.

  3. La créativité critique (critical creativity) : La capacité à prendre les bonnes décisions au bon moment face aux crises de l’existence, permettant d’atteindre un équilibre de vie supérieur.

  4. L’écoute profonde (deep listening) : Une ouverture d’esprit attentive et bienveillante envers les autres, favorisant un dialogue consonant avec autrui, la nature et la vérité.

  5. Le Créel (the Creal) : L’attitude de confiance et d’engagement face au flux constant du Réel créatif et à l’abondance de ses virtualités, en se focalisant sur ce qui est ontologiquement possible plutôt que sur les limitations du passé.

Ce qu’elle n’est pas : une approche critique

Le concept de santé philosophique se définit également par opposition aux dérives des approches contemporaines de la santé mentale et de l’esprit :

  • Elle n’est pas une santé purement « mentale » : Tout ce qui est juste n’est pas uniquement mental, et la santé ne se résume pas à un confort psychologique ou à un « bien-être » passif.

  • Elle s’oppose au réductionnisme médical et psychiatrique : Elle critique la tendance à traiter le corps comme une simple machine et à réduire la détresse humaine à des grilles statistiques, des diagnostics standardisés ou des pilules chimiques.

  • Elle rejette l’inauthenticité et l’auto-illusion : Elle n’encourage pas les « illusions positives » superficielles, mais exige une confrontation lucide et honnête avec soi-même et avec sa situation réelle.

  • Elle sort de la « tour d’ivoire » universitaire : Elle critique une philosophie académique qui se limiterait à commenter les textes du passé au lieu d’être une force active de transformation sociale et individuelle.

En résumé, la santé philosophique est l’art de vivre en accord avec ses valeurs profondes, d’assumer sa vulnérabilité en lien avec les autres et de rester activement ouvert au sens du possible.


ANALYSE

Philosophical Health: Thinking as a Way of Healing

1. Cartographie du projet et positionnement épistémologique

L’ouvrage s’inscrit dans la collection académique « Re-inventing Philosophy as a Way of Life ». Il propose une rupture épistémologique majeure avec la philosophie universitaire contemporaine dite « de la tour d’ivoire », souvent confinée à une pure abstraction théorique ou au « culte du commentateur ». Les auteurs réactivent l’idéal antique (socratique, épicurien, stoïcien) selon lequel la philosophie n’est pas un ensemble de discours dogmatiques, mais une praxis transformatrice, un mode de vie incarné et un outil de guérison.

Luis de Miranda applique une perspective historique linéaire pour légitimer l’émergence de ce champ :

  • Le XIXe siècle a vu l’avènement et la démocratisation de la notion de santé physique pour tous.

  • Le XXe siècle a systématisé la catégorie de la santé psychologique (via la psychothérapie et la psychanalyse).

  • Le XXIe siècle exige désormais la reconnaissance de la santé philosophique comme une nécessité universelle pour donner du sens à une existence terrestre plus complexe que jamais.

L’ouvrage récuse la réduction de l’écologie de l’esprit à la seule industrie psychiatrique ou capitaliste, qui répond trop souvent à la détresse par des protocoles standardisés, des nomenclatures rigides de diagnostics et des solutions purement chimiques. La santé philosophique se définit ici de manière positive, holistique et non normative.

2. Définition et architecture des « Six Sens » de la santé philosophique

Le cadre théorique de la santé philosophique repose sur l’harmonisation de six voies universelles de construction du sens (sense-making) :

  1. Le sens corporel (bodily sense) : La perception biologique et intuitive de notre corps en interaction constante avec le monde.

  2. Le sens du soi (sense of self) : La perspective réflexive interne, la voix qui évalue, juge et s’efforce à l’honnêteté envers soi-même.

  3. Le sentiment d’appartenance (sense of belonging) : Le tissu des liens profonds et de l’interdépendance relationnelle avec la communauté et l’environnement.

  4. Le sens du possible (sense of the possible) : La perception d’un flux créatif derrière les routines protocolaires, touchant à la source même du Réel créatif, ou « Créel ». Ces quatre premiers sens sont, à des degrés divers, partagés avec le monde non humain (l’animalité) sous la forme de l’eudynamia (le bon rapport au potentiel et à la force).

  5. Le sens de la finalité (sense of purpose) : Spécifiquement humain, il permet de déployer son destin à long terme sous la forme d’un projet transpersonnel et d’un horizon collectif.

  6. Le sens philosophique (philosophical sense) : Notre vision du monde (worldview), c’est-à-dire le réseau systématique d’idées, de récits ou de concepts qui justifie et guide notre finalité.

La « santé philosophique » est précisément l’état de cohérence et d’harmonisation de ces six éléments. Lorsqu’ils s’accordent, l’individu fait l’expérience d’une intégrité profonde entre sa manière de penser et sa manière d’agir.

3. Analyse transversale des sections : Le Soi, les Autres, le Monde

Partie I : Le Soi (The Self)

Cette première section pose les fondements internes de la santé philosophique en se concentrant sur la structure cognitive et l’éthique individuelle du sujet.

  • L’honnêteté envers soi-même (Self-honesty) : Eugenia I. Gorlin démontre que face à la propension humaine à l’auto-illusion et aux mécanismes de défense (rationalisation, évitement), l’honnêteté de principe est la condition sine qua non de la santé philosophique. Trancher entre une cognition authentique et une cognition contrefaite permet au sujet de reprendre le contrôle et d’assumer sa responsabilité existentielle.

  • L’approche phénoménologique et existentielle : Lehel Balogh retrace l’histoire de la psychiatrie existentielle (Jaspers, Binswanger, Boss, Frankl, Yalom). Il démontre que la santé mentale et philosophique dépend de la reconquête du soi hors de la zone floue de l’inauthenticité. La maladie est souvent le produit d’un rétrécissement du monde où le sujet ne parvient plus à actualiser ses possibilités.

  • Le soin centré sur la personne (Person-centred care) : Michael Loughlin critique le réductionnisme médical et le scientisme qui traitent l’organisme humain comme une simple machine. Il propose de replacer l’analyse philosophique au cœur de la médecine pour apprécier la qualité de « personne » du patient et du praticien à travers le dialogue clinique.

  • L’équanimité (Samata) : Balaganapathi Devarakonda puise dans la Bhagavad-Gita pour définir la santé philosophique comme un état d’équilibre naturel face aux objets du monde, aux semblables et aux expériences subjectives (plaisir/douleur, honneur/déshonneur).

  • Le constructivisme logique : Elliot D. Cohen utilise la thérapie basée sur la logique (LBTC) pour prouver que les individus se rendent malades en déduisant des conclusions autodestructrices à partir de prémisses irrationnelles (les « Onze Sophismes Cardinaux », dont le principal est l’exigence de perfection). La santé philosophique se rétablit par la culture de vertus guidées (courage, tempérance, respect).

Partie II : Les Autres (The Others)

La deuxième section examine la porosité des frontières individuelles et l’interdépendance éthique et communicationnelle.

  • La vertu de la vulnérabilité : S’appuyant sur Merleau-Ponty et le thérapeute familial Minuchin, Laura McMahon démontre que l’identité personnelle est toujours co-accomplie de manière interpersonnelle. La vulnérabilité n’est pas une faiblesse, mais une ouverture ontologique au monde et à l’autre. Les pathologies ne résident pas « dans » l’individu, mais dans la rigidité ou la diffusion des systèmes relationnels (comme la famille).

  • La communication juste non violente : Raja Rosenhagen croise la vision de l’attention juste d’Iris Murdoch avec la méthode de Marshall Rosenberg. Il définit la santé philosophique comme un « bien trans-subjectif » et prouve que s’exposer authentiquement avec ses besoins et écouter l’autre permet de contrer l’injustice épistémique (herméneutique et testimoniale).

  • L’approche communautaire africaine : Richard Sivil explore la vision du monde Ubuntu, déplaçant le concept de santé philosophique de l’épanouissement purement individuel vers un épanouissement communautaire et socialement ancré.

Partie III : Le Monde (The World)

La dernière partie élargit le spectre aux structures institutionnelles, aux récits globaux et à l’environnement planétaire.

  • La critique de l’institution universitaire : Matthew Sharpe et Eli Kramer diagnostiquent une culture de « mauvaise santé philosophique » au sein même des départements de philosophie, marquée par la lâcheté mentale, la superficialité et le dogmatisme fataliste, et proposent des voies de refondation.

  • La décolonisation et la pensée planétaire : Brendan Moran (inspiré par Luste Boulbina) envisage la décolonisation comme une santé philosophique qui redonne la capacité de revisiter ses conditions de vie sans subir l’engourdissement des contraintes coloniales. Jacob Vangeest, quant à lui, lie la santé philosophique au posthumanisme cosmopolite et à l’interdépendance planétaire.

4. Les concepts clés de Luis de Miranda : Créel et Crealectique

L’apport théorique singulier du directeur de l’ouvrage réside dans le dépassement des modes d’intelligence traditionnels (analytique et dialectique) au profit de l’intelligence créalectique.

  • Le Créel (Creal) : Ce concept désigne le Réel envisagé non pas comme une somme de données fixes et mesurables (perspective analytique), mais comme une source invisible d’abondance virtuelle, un flux créatif de possibilités infinies en constante métamorphose.

  • La santé créalectique : Elle se définit comme le contraire exact de la dépression. Alors que la dépression et les pathologies sont caractérisées par des formes d’impossibilités et un enfermement dans le passé ou la routine, la santé philosophique est une ouverture active et confiante vers le sens du possible. Penser devient un acte de co-création généreuse, une harmonisation de notre capacité collective à imaginer, ressentir et actualiser un monde commun.

Conclusion de l’analyse

Philosophical Health: Thinking as a Way of Healing s’impose comme un manifeste théorique et pratique rigoureux. En refusant de scinder la rationalité et l’affectivité, le biologique et le culturel, l’individuel et le collectif, cet ouvrage offre une alternative puissante aux dérives de la médicalisation outrancière de l’existence. Il démontre de manière convaincante que l’autonomie psychique et la santé globale d’un être humain dépendent fondamentalement de sa capacité à clarifier ses structures de pensée, à assumer sa vulnérabilité et à s’engager avec droiture et créativité dans le monde.


LES NOUVELLES PRATIQUES PHILOSOPHIQUES

Ce livre traite de la consultation philosophique précisément dans le sens de ce que l’on appelle en France et à l’international les « nouvelles pratiques philosophiques » (NPP).

Dans son introduction, Luis de Miranda met explicitement en avant l’essor de ce mouvement mondial en dehors de la seule recherche universitaire traditionnelle. Il souligne que le nombre de conseillers philosophiques ne cesse d’augmenter d’année en année (notamment aux États-Unis, en Suède, en Inde ou en Amérique du Sud) et que cette anthologie est le fruit direct de ce réseau de praticiens.

L’ouvrage aborde ces nouvelles pratiques sous plusieurs angles très concrets, portés par des figures majeures de la discipline :

  • Le conseil philosophique clinique (ou thérapie par la philosophie) : Le livre présente différentes méthodologies de consultation. Par exemple, le chapitre d’Elliot D. Cohen (l’un des pionniers du conseil philosophique aux États-Unis) détaille la Logic-Based Therapy (thérapie basée sur la logique), qui utilise la logique formelle et informelle pour aider les consultants à déconstruire les raisonnements irrationnels qui gâchent leur quotidien.

  • La phénoménologie appliquée au cabinet : Le chapitre d’Andrei Simionescu-Panait (conseiller en Roumanie) décrit précisément l’expérience vécue de la consultation. Il explique comment l’écoute profonde et l’empathie phénoménologique permettent d’aider le consultant à se repérer dans la « jungle » de ses propres pensées.

  • La philosophie comme art de vivre (Philosophy as a Way of Life) : L’ouvrage s’inscrit dans la lignée des travaux de Pierre Hadot et de Michel Foucault sur le « soin de l’âme » ou le « souci de soi » (epimeleia heautou). La consultation y est vue comme une thérapie existentielle sans diagnostic médical, visant à harmoniser la pensée et l’action.

  • L’ouverture multiculturelle et interdisciplinaire : Le livre montre comment ces nouvelles pratiques s’enrichissent d’autres visions du monde (comme la perspective de la Bhagavad-Gita pour travailler l’équanimité ou la philosophie africaine Ubuntu pour penser le conseil à l’échelle communautaire et non plus seulement individuelle).

  • Les techniques de communication et d’accompagnement : Des outils pratiques pour les consultations y sont analysés, comme la mise en œuvre de la communication juste non violente (Raja Rosenhagen) ou l’usage thérapeutique du récit et de la bibliothérapie (Abdullah Ba?aran).

L’ouvrage se conclut d’ailleurs par un épilogue méthodologique très concret, écrit par Luis de Miranda, qui fournit un protocole d’entretien semi-structuré (nommé SMILE_PH) pour guider les conseillers philosophiques dans leurs dialogues avec les consultants.


LE PROTOCOLE D’ENTRETIEN SEMI-STRUCTURÉ SMILE_PH

(Sense-Making Interviews Looking at Elements of Philosophical Health)

CONÇU PAR LUIS DE MIRANDA

Le protocole d’entretien semi-structuré SMILE_PH a été conçu par Luis de Miranda (Université de Turku, Finlande) et sert d’épilogue méthodologique à l’ouvrage. Il s’agit d’un outil clinique et d’accompagnement directement ancré dans les « nouvelles pratiques philosophiques ».

D’après les éléments textuels fournis par l’auteur, voici comment se structure et s’articule ce protocole :

1. Que signifie l’acronyme SMILE_PH ?

L’acronyme est explicité dans la table des matières et l’introduction de l’ouvrage :

  • SMILE renvoie à « Sense-Making Interviews » (Entretiens de construction de sens).

  • PH signifie « Philosophical Health » (Santé philosophique).

Le protocole s’intitule donc littéralement : Entretiens de construction de sens axés sur les éléments de la santé philosophique.

2. L’objectif du protocole

Le but de cet entretien semi-structuré est de fournir aux conseillers philosophiques (et aux praticiens du soin) une méthode claire pour mener des dialogues approfondis avec leurs consultants (counselees). Il est conçu pour explorer, évaluer et harmoniser la façon dont une personne donne du sens à sa vie.

3. L’architecture de l’entretien : L’exploration des « Six Senses »

Pour guider le dialogue de manière rigoureuse sans être rigide (le propre de l’entretien semi-structuré), le protocole SMILE_PH s’articule autour des six sens fondamentaux de la santé philosophique théorisés par Luis de Miranda. Lors de la consultation, le praticien utilise le protocole pour faire cheminer le consultant à travers ces six dimensions :

  • Le sens corporel (bodily sense) : Questionner la relation du consultant à son propre corps, ses intuitions et sa manière de ressentir physiquement le monde.

  • Le sens du soi (sense of self) : Explorer l’évaluation interne du consultant, sa capacité à être honnête avec lui-même, ses aspirations et ses jugements.

  • Le sentiment d’appartenance (sense of belonging) : Analyser la qualité et la force des liens que la personne entretient avec sa communauté, son entourage ou son environnement.

  • Le sens du possible (sense of the possible) : Évaluer si le consultant se sent bloqué par la routine (état d’anhédonie/dépression) ou s’il reste ouvert au flux créatif des opportunités de la vie.

  • Le sens de la finalité (sense of purpose) : Guider la personne vers l’explicitation de ses buts à long terme, de ses valeurs directrices et de son projet de vie transpersonnel.

  • Le sens philosophique (philosophical sense) : Mettre en lumière la vision du monde (worldview) globale du consultant, c’est-à-dire le système d’idées et de croyances profondes qui justifie et oriente ses actions.

4. Pourquoi est-ce un entretien « semi-structuré » ?

En pratique philosophique, le protocole n’est pas un questionnaire fermé ni une grille d’évaluation psychiatrique mécanique. C’est un guide thématique : le conseiller dispose de jalons conceptuels précis (les six sens), mais il s’adapte au rythme, au langage et aux métaphores du consultant à travers un dialogue socratique ou phénoménologique.

L’exercice permet de repérer si certains de ces sens sont en conflit, douloureux ou manquants, afin d’aider le consultant à retrouver une « intégrité profonde » et une cohérence entre sa pensée et ses actes.


LES CRITIQUES D’AUTRES APPROCHES FORMULÉES PAR LES AUTEURS DE

Philosophical Health: Thinking as a Way of Healing

L’ouvrage dirigé par Luis de Miranda dresse une critique argumentée et multiforme de plusieurs approches contemporaines dominantes dans la gestion de la santé, de la psyché et de la connaissance.

Ces critiques ne sont pas de simples rejets gratuits, mais des remises en question épistémologiques et pratiques conçues pour faire de la place à la santé philosophique. On peut regrouper les cibles de leurs critiques en trois grandes catégories :

1. La critique du modèle biomédical réductionniste et du scientisme

C’est l’une des critiques les plus récurrentes de l’ouvrage, particulièrement développée par Michael Loughlin et Balaganapathi Devarakonda.

  • L’approche mécaniste du corps : Le livre dénonce la tendance de la médecine moderne à réduire l’organisme humain à une simple machine complexe. En se focalisant uniquement sur les pièces défectueuses (les mécanismes biologiques), elle oublie l’organisme en tant que totalité vivante et la personne en tant que sujet d’une histoire.

  • La vision négative de la santé : Les auteurs attaquent la définition traditionnelle de la santé comme une simple « absence de maladie ou d’infirmité ». Même la définition de l’OMS, bien qu’elle tente d’intégrer le bien-être social et mental, est critiquée parce qu’elle se contente souvent de juxtaposer des morceaux de l’être humain (le biologique d’un côté, le culturel de l’autre) au lieu d’embrasser une ontologie unifiée où la culture et l’esprit s’expriment à chaque niveau.

2. La critique de l’industrie psychiatrique et des thérapies standardisées

Luis de Miranda, Eugenia Gorlin et Elliot D. Cohen pointent du doigt les dérives de la prise en charge de la détresse mentale.

  • La dépersonnalisation par le diagnostic : L’ouvrage s’en prend à une psychiatrie lourde qui enferme les individus dans une nomenclature alambiquée de diagnostics et de grilles statistiques, oubliant la singularité de la souffrance et le besoin fondamental de sens du patient.

  • La « médicalisation » et la solution chimique : Le livre s’oppose à la tendance systémique à vouloir faire disparaître les crises existentielles ou les angoisses par des pilules chimiques (d’où la célèbre formule de Lou Marinoff rappelée dans le texte : « Platon n’est pas le Prozac ») ou par des astuces comportementales éphémères.

  • L’illusionnisme psychologique : Gorlin critique une certaine psychologie populaire qui promeut le maintien d’« illusions positives » sur soi-même. Les données empiriques qu’elle mobilise prouvent que ces distorsions (positives ou négatives) alimentent la dépression, alors que la santé philosophique exige une confrontation honnête et lucide avec la réalité.

3. La critique de la philosophie universitaire traditionnelle

Fait marquant, le livre n’épargne pas sa propre discipline d’origine. Dans le chapitre co-écrit par Matthew Sharpe et Eli Kramer, c’est l’institution académique elle-même qui est diagnostiquée comme étant en « mauvaise santé philosophique ».

  • La « philosophie de la tour d’ivoire » : Les auteurs fustigent une université qui a transformé la philosophie en une discipline purement abstraite et théorique, déconnectée de la vie vécue.

  • Les cinq maladies de l’académie : Le livre accuse le milieu universitaire de souffrir de cinq pathologies majeures : la lâcheté mentale, la superficialité, le culte du commentateur (le fait de ne faire que commenter les textes du passé au lieu de penser le présent), l’écoute dédaigneuse des alternatives et un dogmatisme fataliste.

4. La critique des biais occidentaux (individualisme et colonialisme)

  • L’individualisme méthodologique : À travers les contributions sur l’Ubuntu (Richard Sivil) ou les philosophies est-asiatiques (Lehel Balogh), l’ouvrage critique la tendance occidentale à concevoir la santé et l’épanouissement comme une quête purement centrée sur l’ego ou le moi privé. Le livre défend l’idée que la santé est fondamentalement relationnelle, trans-subjective et communautaire.

  • Les attitudes coloniales : Le chapitre de Brendan Moran souligne que les contraintes intellectuelles et les attitudes coloniales sclérosent la capacité des sociétés et des individus à s’interroger et à recommencer à neuf, ce qui nuit directement à leur santé philosophique.

En résumé, le livre utilise ces critiques pour démontrer que les approches actuelles (médicales, psychologiques ou académiques) fragmentent la réalité humaine. La santé philosophique se propose alors comme une thérapie non dogmatique pour réunifier ce que ces disciplines ont séparé.


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Article # 235 – L’éthique comme thérapie : conseil philosophique et santé psychologique, Mike W. Martin, Université Chapman, 2001

L’éthique comme thérapie : conseil philosophique et santé psychologique

Mike W. Martin

Université Chapman, 2001


RÉSUMÉ

« Dès les débuts du conseil philosophique, on a tenté de le distinguer de la thérapie (psychologique) en insistant sur le fait que le terme de thérapie ne saurait être plus trompeur. S’il est vrai que les conseillers philosophiques ne doivent pas prétendre pouvoir guérir les maladies mentales majeures, ils contribuent néanmoins à une santé positive — une santé comprise comme quelque chose de plus que la simple absence de maladie mentale. Cette thèse est développée en critiquant le livre de Lou Marinoff, Plato not Prozac! (Platon, pas Prozac !), mais également en s’appuyant plus largement sur la littérature relative au conseil philosophique. J’interprète également le conseil philosophique comme une forme d’éthique philosophique. »

From the inception of philosophical counseling an attempt was made to distinguish it from (psychological) therapy by insisting that therapy could not be more misleading. It is true that philosophical counselors should not pretend to be able to heal major mental illness; nevertheless they do contribute to positive health—health understood as something more than the absence of mental disease. This thesis is developed by critiquing Lou Marinoff’s book, Plato not Prozac!, but also by ranging more widely in the literature on philosophical counseling. I also interpret philosophical counseling as a form of philosophical ethics.


Avant de prendre connaissance de cette analyse

Télécharger gratuitement l’article de Mike W. Martin sur le site web de l’Université Chapman (PDF)


Voici l’analyse structurelle et thématique du texte de Mike W. Martin, intitulée « Ethics as Therapy: Philosophical Counseling and Psychological Health » (2001), fidèlement enrichie par l’insertion des citations textuelles traduites en français :

1. Thèse centrale de l’auteur

La thèse de Mike W. Martin est que le conseil philosophique et la thérapie psychologique ne s’excluent pas mutuellement, contrairement à ce qu’affirment la majorité des pionniers du mouvement du conseil philosophique. L’auteur cherche à dissoudre la dichotomie moralité-thérapie.

Citation de l’auteur : « Ce faisant, ils présupposent une dichotomie entre moralité et thérapie : les problèmes humains relèvent soit de la moralité, soit de la santé mentale, mais pas des deux, du moins pas sous le même rapport. Je cherche à dissoudre cette dichotomie, ouvrant ainsi la voie à l’exploration des dimensions thérapeutiques du conseil philosophique… »

Il soutient que les problèmes humains combinent presque toujours des aspects moraux (liés au sens de la vie et aux valeurs) et des aspects thérapeutiques (liés au bien-être psychologique), et que le conseil philosophique contribue activement à ce qu’il appelle la « santé mentale positive ».

2. Structure argumentative du texte

Le texte se développe en trois grandes sections logiques :

A. La critique de la dichotomie moralité-thérapie (Section 1 & 2)

Martin prend pour cible principale l’ouvrage de Lou Marinoff, Plato, Not Prozac!. Il pointe du doigt une contradiction chez Marinoff et d’autres auteurs comme Roger Paden :

D’un côté, ils rejettent le modèle médical et la psychothérapie, accusés de vouloir « pathologiser » et normaliser excessivement les moindres crises existentielles ou défauts de caractère.

Citation (Lou Marinoff) : « …une trop grande partie de la psychologie et de la psychiatrie a visé à « pathologiser » (c’est-à-dire médicaliser) tout le monde et n’importe quoi, cherchant à diagnostiquer chaque personne qui franchit la porte et à trouver quel syndrome ou trouble pourrait être la cause de leurs problèmes »

Citation (Roger Paden) : « Les conseillers philosophes « doivent rejeter la ‘santé’ comme idéal normatif. […] L’objectif du conseil philosophique ne peut pas être de ramener ses clients à un niveau minimal de fonctionnement défini socialement (ou biologiquement) ; il ne peut pas non plus être de traiter la déviance. Le conseil philosophique ne peut pas être une discipline de normalisation. » »

D’un autre côté, ils utilisent constamment un jargon thérapeutique (parler de « guérison » de la dépression, qualifier le conseil philosophique de « thérapie pour personnes saines »).

Citation de l’auteur : « Sans explication, et contrairement au penchant anti-thérapeutique de la majeure partie de son livre, il qualifie le conseil philosophique de forme de « thérapie par la parole » et parle de conseillers philosophiques qui « guérissent » la dépression… »

Pour invalider cette séparation stricte, Martin s’appuie sur une étude de cas : la dépression d’un moine (empruntée à Ben Mijuskovic). Bien que la crise du moine soit d’ordre intellectuel et moral (un conflit de valeurs sur son engagement religieux et son célibat), Martin démontre qu’on ne peut décemment pas isoler ce conflit des symptômes cliniques réels qu’il engendre (idées suicidaires, troubles du sommeil, léthargie). La crise de valeurs et le problème de santé mentale sont intrinsèquement entremêlés.

Citation de l’auteur : « Le bon sens nous dit que des personnes souffrant de « symptômes de dépression majeure », de fatigue, de troubles du sommeil, de sentiments de désespoir, d’impuissance et d’idées suicidaires, avec une sévérité qui les pousse à chercher une aide professionnelle, ne sont pas au sommet de leur santé mentale. »

B. L’introduction du concept de « Santé Mentale Positive » (Section 2)

Pour résoudre la contradiction des praticiens philosophes, Martin propose de passer d’une définition négative de la santé (la simple absence de maladie) à une définition positive et holistique (inspirée de l’OMS et de Marie Jahoda).

Citation de l’auteur : « Tel qu’il est conçu positivement, cependant, la santé inclut des états de bien-être au-delà de la simple absence de maladie. Même en l’absence de maladies majeures, on peut être en deçà d’une santé optimale. Un concept positif de la santé nous permet de dire que même si le moine n’était pas cliniquement déprimé, il n’était pas dans une santé psychologique optimale au moment où il a cherché de l’aide. »

La santé positive inclut des éléments comme :

  • L’autonomie (gouvernance de soi rationnelle).

  • L’estime de soi / le respect de soi.

  • La perception réaliste de la réalité et la croissance personnelle.

Selon Martin, même si le consultant n’est pas atteint d’une pathologie mentale lourde, il peut être en deçà d’une santé psychologique optimale. En clarifiant ses valeurs, le conseil philosophique restaure un « ordre moral » qui a pour effet direct (ou effet secondaire bénéfique) d’améliorer cette santé positive.

Citation de l’auteur : « …les praticiens philosophiques peuvent aider à restaurer l’ordre moral — et avec lui la « santé mentale »…. L’ordre moral n’est pas un médicament, mais il a de merveilleux effets secondaires »

C. La convergence des méthodes : Facteurs communs et éthique appliquée (Section 2 & 3)

Martin démonte deux autres contrastes souvent exagérés par les conseillers philosophiques :

  • Causes vs Raisons : L’idée que les psychologues ne s’intéressent qu’aux causes passées (inconscientes) et les philosophes aux raisons présentes est fausse. Les thérapies modernes (notamment cognitives et comportementales, ou la thérapie existentielle d’Irvin Yalom) se concentrent activement sur la structure du raisonnement et les valeurs actuelles du patient.

    Citation de l’auteur : « L’idée selon laquelle les psychologues se concentrent sur les causes des problèmes au détriment de leurs implications de valeur actuelles est une généralisation erronée. La plupart des thérapeutes psychologiques s’intéressent de très près aux valeurs actuelles de leurs clients… »

  • L’effet des facteurs communs : En s’appuyant sur Carl Rogers et Jerome Frank, Martin rappelle que l’efficacité de toute relation d’aide (y compris philosophique) repose en grande partie sur des variables universelles : l’empathie, l’écoute active, la création d’un cadre sécurisant et la bienveillance, plutôt que sur la seule spécificité des théories appliquées.

    Citation de l’auteur : « Le conseil philosophique peut promouvoir la santé mentale simplement en raison des caractéristiques génériques qu’il partage avec d’autres formes de conseil, et pas seulement en raison de ses techniques spécifiques. »

Enfin, Martin réhabilite le conseil philosophique au sein de l’éthique appliquée universitaire. Contre ceux qui accusent la philosophie thérapeutique de diluer la recherche de la vérité au profit de l’utilité pratique (une critique qui remonte à Aristote contre Platon), Martin démontre que l’éthique a toujours eu une vocation pratique (à l’instar de Socrate dans le Criton) et que la gestion de la distance professionnelle et du respect de l’autonomie du client y est tout aussi rigoureuse que dans l’enseignement académique.

Citation de l’auteur : « Pour être pertinente dans notre vie de tous les jours, l’éthique doit s’attaquer plus directement aux croyances, attitudes et raisonnements quotidiens. »

3. Les grands thèmes transversaux

  • L’interdépendance du conceptuel et du causal : Les valeurs morales structurent nos émotions. Des valeurs confuses ou irrationnelles génèrent une souffrance psychologique (domaine de la santé).

  • Le projet d’intégration vs le projet de remplacement : L’auteur s’oppose au « projet de remplacement » (vouloir remplacer la morale par la thérapie, ou vice-versa). Il défend un « projet d’intégration » où les perspectives thérapeutiques et morales s’enrichissent mutuellement.

    Citation de l’auteur : « Le projet de remplacement cherche à remplacer la moralité par des perspectives thérapeutiques. Je conviens que le projet de remplacement doit être rejeté comme une menace générale pour la moralité. […] En revanche, la tendance thérapeutique contient un projet d’intégration, le projet d’intégrer les perspectives morales et thérapeutiques. »

  • Le statut de la psychothérapie : Si la psychothérapie est définie au sens large comme une thérapie du mental ou de l’esprit (psyche-therapy) cherchant le bien-être d’un être doué de raison, alors le conseil philosophique est une forme de psychothérapie, se distinguant simplement par l’utilisation centrale des outils de l’histoire de la philosophie.

    Citation de l’auteur : « Si, cependant, la psychothérapie est comprise plus largement comme une thérapie du mental ou de l’esprit — comme une thérapie pour un individu en tant qu’être mental qui poursuit un sens, s’engage dans un raisonnement sur les valeurs et cherche une santé positive au-delà de la simple absence de maladie mentale —, alors le conseil philosophique est une forme de psychothérapie. »

Conclusion de l’analyse

Le texte de Mike W. Martin est une tentative de pacification et de clarification épistémologique. Il recadre le mouvement du conseil philosophique en lui évitant l’écueil d’un anti-psychologisme dogmatique et naïf. En mobilisant l’histoire de la philosophie (Platon, les Stoïciens, Épicure) et la psychologie humaniste, il démontre de manière convaincante que s’occuper des valeurs d’un individu, c’est inévitablement prendre soin de sa santé psychologique.

Il s’appuie à ce titre sur les fondements mêmes des traditions qu’il évoque :

Citation (Platon) : « …il apparaît alors que la vertu est pour ainsi dire la santé, la beauté et le bien-être de l’âme, tout comme le vice en est la maladie, la laideur et la faiblesse. »

Citation (Épicure) : « Vide est le discours de ce philosophe qui ne guérit par la thérapie aucune souffrance humaine. »

Pour l’auteur, le conseil philosophique gagne en crédibilité non pas en se positionnant contre la thérapie, mais en s’assumant comme une thérapie par l’éthique.

Citation de l’auteur : « Peut-être, tourné vers l’avenir, le conseil philosophique pourrait-il enrichir l’éthique universitaire en restaurant l’appréciation qu’avait Platon de la manière dont la moralité et la santé mentale sont connectées. »


ASPECTS LÉGAUX

D’un point de vue strictement légal, le texte met effectivement le doigt sur une zone de friction majeure qui s’apparente à un conflit de compétences professionnelles et réglementaires, bien que l’auteur l’aborde sous un angle principalement philosophique et épistémologique.

Ce conflit légal potentiel et cette tension institutionnelle s’articulent autour de trois points cardinaux présents dans le texte :

1. La question des compétences et de la responsabilité légale

Le risque de dérive légale ou médicale survient lorsque des conseillers philosophiques, sans formation clinique, prennent en charge des personnes souffrant de pathologies lourdes. C’est ce que souligne Karl Pfeifer en affirmant que la formation philosophique traditionnelle n’est pas adéquate pour traiter des troubles émotionnels profonds, et ce que Ben Mijuskovic formule comme un avertissement direct :

« …les conseillers philosophiques devraient être formés aux troubles psychiatriques, sinon de terribles erreurs pourraient se produire, bien qu’involontairement. »

Sur le plan juridique, si un conseiller philosophique non diplômé en psychologie ou en psychiatrie tente de traiter un trouble mental classé (comme un trouble dépressif majeur), il s’expose (selon les législations des différents pays) à des poursuites pour exercice illégal de la médecine ou de la psychothérapie.

2. Le conflit lié au remboursement par les assurances

Le texte mentionne un point de friction économique et légal très concret : la reconnaissance professionnelle et le droit aux compensations financières. Lou Marinoff revendique pour les philosophes le même statut que les thérapeutes réglementés :

« Il insiste sur le fait que les conseillers philosophiques ont les mêmes droits au remboursement de leurs services par les compagnies d’assurance maladie que les psychothérapeutes. »

Pour les compagnies d’assurance et les organismes de réglementation de la santé, accorder ces remboursements nécessite des certifications d’État, des normes strictes et l’utilisation de diagnostics codifiés (comme le DSM). En refusant le modèle du diagnostic tout en réclamant les mêmes droits financiers, les conseillers philosophiques se placent dans une posture juridiquement conflictuelle avec le système de santé publique.

3. La notion de « Tyrannie Médicale »

Le texte évoque un conflit d’autorité entre la sphère légale/morale et la sphère médicale. Lorsque la psychologie ou la psychiatrie « pathologisent » des comportements ou des choix de vie (comme l’abus de substances ou les troubles du contrôle des impulsions), elles font entrer des notions de responsabilité éthique dans un cadre purement thérapeutique.

L’auteur prévient que le projet consistant à remplacer complètement la moralité par la thérapie crée :

« …la « tyrannie médicale » de thérapeutes à qui l’on confère implicitement un pouvoir en matière morale, sous le couvert d’une science moralement neutre. »

Il y a donc bien un conflit de légitimité : qui, de l’éthicien, du juge ou du médecin, a l’autorité légale et morale pour définir et encadrer les déviances du comportement humain ?

En résumé

Bien que Mike W. Martin cherche à intégrer les deux approches pour le bien-être du patient, les institutions (ordres professionnels, tribunaux, assureurs) fonctionnent selon des frontières légales strictes. Le conflit légal existe dès lors que la frontière entre « l’exploration de valeurs » (philosophie) et « la guérison des troubles » (médecine) devient floue dans la pratique d’un cabinet privé.


À RETENIR

Pour bien comprendre l’intervention de Mike W. Martin dans son article de référence « Ethics as Therapy: Philosophical Counseling and Psychological Health », il faut saisir qu’il agit en médiateur et en clarificateur épistémologique. Son but n’est pas de détruire le conseil philosophique, mais de lui donner des fondations théoriques plus solides et plus honnêtes en le réconciliant avec la thérapie.

Voici les quatre clés principales pour comprendre la portée de son intervention :

1. Un rappel à l’ordre contre un dogmatisme naïf

Martin intervient pour corriger une posture qu’il juge intenable chez les pionniers du conseil philosophique (comme Marinoff ou Paden). Ces derniers, par peur d’être assimilés à des psychologues, ont proclamé une séparation radicale : la philosophie s’occuperait du sens et des valeurs, la psychologie de la maladie et de la santé.

Martin démontre que cette frontière est artificielle. En s’appuyant sur le cas concret du moine, il rappelle qu’une souffrance existentielle profonde (un conflit de valeurs) altère directement l’état de santé global d’une personne (provoquant insomnies, fatigue, pensées suicidaires). L’intervention de Martin force le mouvement à admettre qu’on ne peut pas détacher les valeurs morales de leur impact sur la santé psychologique.

2. Une redéfinition de la « Santé »

L’apport conceptuel majeur de Martin est l’introduction de la santé mentale positive. Il explique que les philosophes praticiens se trompent en pensant que la santé se résume à l’absence de maladie mentale (définition négative).

Il faut comprendre de son intervention que la santé est un spectre. Même si un individu n’est pas « fou » ou cliniquement malade, il peut manquer d’autonomie, de respect de soi ou de clarté existentielle. En aidant un consultant à structurer ses pensées et ses choix, le philosophe fait progresser sa santé positive. L’auteur guérit ainsi le mouvement de sa propre contradiction : les philosophes font de la thérapie (au sens de prendre soin de l’esprit) sans oser le dire.

3. Le rejet du corporatisme et la reconnaissance des points communs

Martin intervient également pour tempérer l’arrogance de certains philosophes qui rejettent en bloc la psychologie. Il démontre que :

  • Les psychothérapeutes ne sont pas de simples « chercheurs de traumatismes passés » : Les thérapies modernes (cognitives, comportementales, existentielles) s’intéressent activement aux systèmes de croyances et aux raisonnements actuels du patient.

  • L’effet thérapeutique passe par la relation humaine : En invoquant Carl Rogers et Jerome Frank, il rappelle que l’empathie, l’écoute et la création d’un espace sécurisant (les « facteurs communs » à toute relation d’aide) sont tout aussi responsables du mieux-être du client que la maîtrise des textes de Platon ou de Nietzsche.

4. Un projet d’intégration plutôt que de remplacement

Enfin, il faut comprendre que Martin refuse les guerres de tranchées. Il rejette le projet de la société moderne visant à remplacer la morale par la thérapie (où la mauvaise action devient une simple maladie), mais il rejette aussi le projet inverse. Il prône un projet d’intégration. Pour lui, l’éthique appliquée et la psychologie doivent travailler main dans la main.

En conclusion

Ce qu’il faut retenir de son intervention, c’est un retour aux sources. Martin rappelle que l’idée d’une philosophie comme médecine de l’âme (medicina animi) n’est pas une invention moderne, mais le cœur même des philosophies antiques de Platon, d’Épicure et des Stoïciens. Par son article, Martin redonne au conseil philosophique sa véritable identité : une pratique qui n’a pas à rougir d’être thérapeutique, car aider quelqu’un à vivre une vie droite et pleine de sens, c’est fondamentalement prendre soin de sa santé.


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Article # 201 – Du monde universitaire à l’action : la pratique philosophique, une profession et un paradigme émergent dans la société contemporaine

Publié en ligne par Cambridge University Press, 19 August 2025

Xiaojun DingJiayi XinPeter HartelohCaifeng XieSirui Fu  and Minqiang Xu


Ding X, Xin J, Harteloh P, Xie C, Fu S, Xu M. From Academia to Action: Philosophical Practice as an Emerging Profession and Paradigm in Contemporary Society.


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TRADUCTION DU TEXTE ORIGINAL DE L’ANGLAIS AU FRANÇAIS

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Du monde universitaire à l’action : la pratique philosophique, une profession et un paradigme émergent dans la société contemporaine

Nom de l’auteur Affiliation
Xiaojun Ding Department of Philosophy, School of Humanities and Social Science, Xi’an Jiaotong University, Xi’an, Chine
Jiayi Xin Department of Philosophy, School of Humanities and Social Science, Xi’an Jiaotong University, Xi’an, Chine
Peter Harteloh Erasmus Institute for Philosophical Practice, Rotterdam, Pays-Bas
Caifeng Xie Department of Philosophy, School of Humanities and Social Science, Xi’an Jiaotong University, Xi’an, Chine
Sirui Fu Department of Philosophy, School of Humanities and Social Science, Xi’an Jiaotong University, Xi’an, Chine
Minqiang Xu Department of Philosophy, School of Humanities and Social Science, Xi’an Jiaotong University, Xi’an, Chine
Date de publication : Publié en ligne par Cambridge University Press : 19 août 2025
Corresponding author: Xiaojun Ding; Email: xiaojunding@xjtu.edu.cn

Résumé

La pratique philosophique a émergé en tant que discipline transformative qui fait le lien entre la recherche théorique et la vie quotidienne. Apparu à la fin du XXe siècle, ce domaine intègre le conseil, la thérapie et d’autres applications pratiques des perspectives philosophiques permettant de répondre aux défis existentiels et pragmatiques auxquels sont confrontés les individus, les groupes et les organisations dans la société contemporaine. Cet article examine la définition, l’évolution historique, les bases théoriques et les méthodologies de la pratique philosophique, tout en discutant des perspectives de professionnalisation — y compris la certification, les directives éthiques et l’intégration au sein des systèmes de santé et d’éducation. En fin de compte, cette étude souligne le potentiel de la pratique philosophique à revitaliser la pertinence de la philosophie, à favoriser l’épanouissement personnel et à améliorer le bien-être de la société.


1. Introduction

Dans un monde caractérisé par des changements rapides, la diversité culturelle et des dilemmes éthiques complexes, les individus recherchent de plus en plus des repères pour faire face aux défis personnels et existentiels. La philosophie académique traditionnelle, souvent perçue comme abstraite et déconnectée des préoccupations quotidiennes, a eu du mal à répondre à ces besoins immédiats. En réponse, un mouvement connu sous le nom de « pratique philosophique » a vu le jour, visant à combler le fossé entre la théorie philosophique et la vie quotidienne. Si l’éthique, la philosophie sociale et la philosophie politique telles qu’enseignées à l’université peuvent être considérées comme des applications pratiques (voir Aristote, 2011), la pratique philosophique s’étend au-delà de ces domaines. Aujourd’hui, nous distinguons la philosophie théorique (ontologie, épistémologie, etc.), la philosophie pratique (éthique, philosophie sociale, etc.) et la pratique philosophique. La pratique philosophique implique l’application de méthodes et de perspectives philosophiques pour aider les individus à examiner leurs croyances, à améliorer leurs schémas de pensée et à résoudre des problèmes pratiques ou existentiels. Elle représente un glissement du paradigme traditionnel de la « philosophie de salon » vers une approche plus engagée et accessible qui intègre la philosophie dans la vie quotidienne.

Née en Europe et en Amérique du Nord à la fin du XXe siècle, la pratique philosophique englobe le conseil et la thérapie philosophiques, l’animation de groupes, le conseil en organisation et la philosophie avec les enfants, etc. Des philosophes pionniers tels que Gerd B. Achenbach, Lou Marinoff, Peter B. Raabe, Oscar Brenifier et Ran Lahav ont joué un rôle déterminant dans l’établissement de ce domaine en tant que profession et paradigme distincts. Ce mouvement reflète un mécontentement croissant face aux limites de la philosophie académique traditionnelle et cherche à redynamiser la pertinence de la philosophie en répondant directement aux préoccupations des individus et des sociétés modernes, se présentant souvent comme une alternative ou un complément à la psychothérapie.

Cet article examine l’histoire, les fondements théoriques et les méthodologies pratiques de la pratique philosophique, en soulignant son évolution vers un nouveau paradigme. La revue de la littérature offre un aperçu complet des recherches existantes et des fondements théoriques pertinents pour la pratique philosophique. Elle explore les diverses formes et méthodes employées par les praticiens de la philosophie, la relation entre le conseil philosophique et la psychothérapie, ainsi que les efforts de la profession en matière de certification et de normes éthiques. En outre, l’article aborde l’avenir de la pratique philosophique, en considérant son potentiel à devenir partie intégrante de la vie publique et du marché, ainsi que son rôle dans la transformation de la philosophie en une discipline plus inclusive et plus pratique. En analysant le développement et l’état actuel de la pratique philosophique, cette étude vise à fournir des éclairages sur son importance en tant que profession en plein essor et sur son potentiel à influencer à la fois la recherche philosophique et le bien-être de la société.

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2. Définir la pratique philosophique : jeter un pont entre la théorie et la vie quotidienne

Selon Abraham Maslow (réf. Maslow 1981), le but ultime de l’existence humaine est l’épanouissement personnel et la plénitude — une aspiration à une vie meilleure. Si la théorie de Maslow sur la hiérarchie des besoins est largement reconnue, son applicabilité varie d’une culture à l’autre. Les recherches démontrent que, bien que les besoins physiologiques et de sécurité fondamentaux soient universels, l’importance accordée aux besoins de niveau supérieur, tels que l’estime et l’épanouissement personnel, diffère considérablement d’une culture à l’autre. Dans les sociétés individualistes, l’épanouissement personnel est souvent considéré comme l’objectif primordial, tandis que les cultures collectivistes peuvent privilégier la communauté et la famille plutôt que l’épanouissement individuel (Hofstede, référence Hofstede2001 ; Nevis, référence Nevis1983). Par conséquent, la théorie de Maslow est valable dans toutes les cultures, mais se manifeste à des degrés divers et par des voies différentes.

Cependant, dans un monde caractérisé par la diversité des cultures et des valeurs, la coexistence d’idéologies différentes crée un labyrinthe de confusion, conduisant à de profonds conflits dans les relations personnelles et à des tourments intérieurs. Par exemple, la mondialisation a intensifié les interactions entre les cultures, entraînant parfois des crises d’identité ou des chocs culturels (Berry, référence Berry 2005). L’essor des réseaux sociaux a amplifié l’exposition à des valeurs contradictoires, amenant les individus à se débattre avec des questions sur le relativisme moral et les normes éthiques (Turkle, référence Turkle2011). Ces conflits sont souvent perçus comme des maladies psychologiques ou des défaillances morales préjudiciables à l’humanité. À mesure que les problèmes psychologiques s’aggravent, les individus remettent de plus en plus en question le monde et la société, mais peinent à trouver des réponses définitives.

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2.1 L’émergence de la pratique philosophique

La pratique philosophique apparaît comme un moyen de relever ces défis, offrant une voie vers la réalisation de soi en aidant les individus à explorer des questions fondamentales sur l’existence, le sens et les valeurs. En s’engageant dans une réflexion philosophique, les personnes peuvent clarifier leurs convictions, surmonter la confusion et parvenir à une compréhension plus profonde d’elles-mêmes et du monde — progressant ainsi vers la réalisation de soi décrite par Maslow. Grâce à la pratique philosophique, les individus peuvent atteindre la paix intérieure et l’épanouissement en alignant leurs actions sur leur moi authentique.

En tant que représentantes du tournant appliqué de la philosophie occidentale contemporaine, le conseil et la thérapie philosophiques, ainsi que diverses approches intégrant la philosophie dans la vie quotidienne, sont collectivement désignées sous le nom de « pratique philosophique ». La pratique philosophique consiste à intégrer la philosophie dans la vie quotidienne des gens, généralement sous la conduite d’un praticien philosophique formé qui utilise des méthodes philosophiques — telles que des théories et des techniques philosophiques — pour examiner les croyances des individus et améliorer leurs schémas de pensée grâce à une réflexion sur leurs propres expériences. Ce processus aide les participants à apprendre à penser comme des philosophes, ce qui les aide à résoudre les problèmes pratiques ou les questions existentielles qu’ils rencontrent dans la vie quotidienne. En fin de compte, la pratique philosophique conduit à une meilleure compréhension de soi, à un épanouissement personnel et à la paix intérieure.

En ce qui concerne l’émergence de la pratique philosophique contemporaine, ses débuts dépendent fortement de la manière dont on définit le terme. Lorsqu’elle est comprise au sens strict comme des consultations individuelles destinées à remplacer la psychothérapie traditionnelle, la pratique philosophique remonte souvent à ses débuts en Europe à la fin du XXe siècle (Achenbach et al., 1984). Dans ce contexte, les méthodes mettent l’accent sur le dialogue individuel utilisant des techniques philosophiques classiques pour aborder des questions personnelles et existentielles dans un cabinet privé en dehors du milieu universitaire. Bien que certains chercheurs aient attribué les origines de la pratique philosophique aux États-Unis à l’affirmation selon laquelle Peter Grimes aurait été l’un des premiers pionniers dans ce domaine, les preuves sont ambiguës. Grimes est principalement connu pour son travail universitaire — enseignant le dialogue socratique en milieu universitaire et animant des séances de groupe (par exemple, avec des personnes aux prises avec une addiction) — mais il existe peu de preuves étayant l’existence d’une pratique soutenue au-delà de ces frontières institutionnelles (Grimes & Uliana, référence Grimes et Uliana 1998). De plus, l’intégration de la réflexion philosophique dans des contextes psychothérapeutiques peut être considérée comme l’un des précurseurs à partir desquels les consultations philosophiques contemporaines ont ensuite évolué (Cohen, référence Cohen 2003a ; Rogers, référence Rogers 1951).

Élargir le champ d’application pour y inclure le dialogue socratique en groupe repousse la perspective historique encore plus loin, au début du XXe siècle. Des pionniers tels que Leonard Nelson et Gustav Heckmann ont joué un rôle déterminant dans le développement de ces pratiques en Allemagne, où ils ont animé des séances avec des ouvriers et d’autres groupes non universitaires. Leur travail a non seulement démocratisé le dialogue philosophique, mais a également posé les techniques fondamentales pour impliquer des publics diversifiés en dehors des cadres universitaires formels (Heckmann, Référence Heckmann1981 ; Nelson, Référence Nelson1949). Cette tradition ancienne souligne la possibilité d’une pratique philosophique en tant qu’activité publique et socialement engagée, plutôt que confinée aux murs de l’université.

Si l’on adopte une conception plus large de la pratique philosophique — en tant qu’« art de vivre » qui met l’accent sur la philosophie comme mode de vie —, ses origines deviennent encore plus anciennes et transculturelles (Ding et al., Référence Ding, Harteloh, Pan et Yu2024b). Dans ce sens large, la philosophie a longtemps servi à la fois de guide pour la vie quotidienne et de source de conseils éthiques et thérapeutiques. Pierre Hadot (Hadot, 1995) souligne que la philosophie n’est pas simplement une entreprise intellectuelle, mais un mode de vie qui implique une introspection continue et un engagement actif avec le monde, une perspective évidente dans les dialogues classiques de Socrate et dans les pratiques des stoïciens, tels qu’Épictète et Marc Aurèle, qui cultivaient la sérénité et la résilience à travers leur mode de vie. De même, de la Grèce antique à Rome, en passant par l’Inde et la Chine, les philosophes se livraient à des dialogues consultatifs et thérapeutiques. En Chine, par exemple, Confucius ne se contentait pas de débattre de conduite éthique et personnelle avec ses disciples et les dirigeants, mais prônait également l’harmonie sociale et la vertu (Ames & Rosemont, référence Ames et Rosemont 1998 ; Zhang, référence Zhang 1999). Bien que la philosophie occidentale se soit souvent limitée à l’exploration théorique et à l’analyse conceptuelle rigoureuse depuis l’époque de Platon, la notion universelle de la philosophie en tant qu’art de vivre intégratif — transcendant les frontières culturelles et temporelles — reste un paradigme intemporel et influent.

Si la « philosophie de salon » a bâti un vaste empire intellectuel grâce au raisonnement systématique et à la spéculation abstraite, son éloignement du grand public et de la vie quotidienne a suscité le mécontentement de nombreuses personnes. La pratique philosophique est née de ce mécontentement vis-à-vis de la philosophie académique traditionnelle, proposant que la philosophie se tourne vers la vie quotidienne et aborde des préoccupations concrètes. Comme le note Hadot, l’émergence des universités a également contribué au mode de fonctionnement actuel de la philosophie. À l’origine, la philosophie était un phénomène public, Socrate engageant le dialogue avec les gens sur la place du marché. Puis, des écoles ont vu le jour, telles que l’Académie de Platon et l’école stoïcienne, et la philosophie a fini par s’enfermer dans les universités (par exemple, l’université de Bologne, fondée en 1088, a reçu sa charte officielle (Authentica Habita) de l’empereur Frédéric Ier Barberousse en 1158), devenant ainsi une branche de la science. Aujourd’hui, on assiste à une redécouverte de la philosophie en tant que phénomène public.

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2.2 Différents modes de pratique philosophique

En fonction de ses objectifs et de ses méthodes, la pratique philosophique se divise principalement en trois catégories : l’accompagnement individuel ou les consultations, l’animation de groupes (y compris la philosophie avec les enfants en milieu scolaire) et le conseil aux organisations. Il est important de faire la distinction entre la pratique philosophique et les consultations philosophiques. La « pratique philosophique » désigne la philosophie en tant que mode de vie, englobant une approche globale visant à intégrer la philosophie dans la vie quotidienne. Les « consultations philosophiques » sont des activités spécifiques au sein de cette pratique, impliquant un engagement direct avec les clients pour aborder des questions personnelles ou organisationnelles. De même, il existe une distinction entre le conseil philosophique et les consultations philosophiques. Le terme « conseil » a des connotations psychothérapeutiques et est utilisé dans le cadre de la pratique philosophique ; cependant, le terme « consultation » peut être préféré pour souligner la nature philosophique de l’engagement sans impliquer de psychothérapie. Les consultations individuelles, le dialogue de groupe et le conseil organisationnel soutiennent tous la philosophie en tant que mode de vie.

2.2.1 Accompagnement/consultation individuels

Les clients qui sollicitent un accompagnement ou une consultation individuels s’adressent généralement à des praticiens de la philosophie avec des problèmes pratiques ou des dilemmes spécifiques, en quête d’aide. Historiquement, lorsque les individus étaient confrontés à des difficultés dans la vie, ils se tournaient souvent vers des psychologues ou des membres du clergé pour obtenir des conseils et des orientations. Cependant, en raison de problèmes tels que la durée prolongée des traitements, leur efficacité lente, le recours aux médicaments, l’étiquetage des individus en tant que « patients » et la tendance à la réapparition des symptômes en psychothérapie, certains psychologues — notamment Albert Ellis — se sont tournés vers la philosophie comme complément ou alternative à la psychothérapie. Ellis a développé la thérapie cognitive en psychologie et a créé la thérapie comportementale et émotionnelle rationnelle, intégrant des principes philosophiques dans la pratique psychologique (Ellis & Harper, 1997 ; Ellis & MacLaren, 2005).

Tous les problèmes que les gens rencontrent dans la vie quotidienne ne découlent pas de troubles psychologiques ou mentaux. En particulier pour les individus modernes dans ce monde complexe et en constante évolution, les gens sont souvent confrontés à diverses confusions et dilemmes existentiels plutôt qu’à des troubles neurobiologiques identifiés en psychopathologie. Si les problèmes d’une personne peuvent être résolus en examinant, diagnostiquant et ajustant soigneusement ses philosophies de vie fondamentales — telles que sa vision du monde, sa conception de la vie et ses valeurs —, il est alors plus approprié de consulter un conseiller en philosophie plutôt que de s’adresser à un psychiatre qui traite principalement par des médicaments (Harteloh, Référence Harteloh2013c). À l’inverse, si une personne souffre d’un dysfonctionnement émotionnel ou d’une maladie physiologique, une consultation médicale et un éventuel traitement pharmacologique sont nécessaires. Néanmoins, même pour les patients qui ont besoin de médicaments, l’intervention de la philosophie peut grandement faciliter leur traitement. Cette synergie entre la philosophie et la médecine souligne l’essor actuel des sciences humaines médicales. Lorsque les pensées des gens sont clarifiées, leur perception du monde devient plus claire, et leurs souffrances et luttes intérieures s’atténuent. Des recherches ont montré que le soulagement de la détresse mentale peut entraîner une réduction de la douleur physique, car on sait que le stress psychologique et les émotions négatives exacerbent les symptômes physiques (Gatchel et al., référence Gatchel, Peng, Peters, Fuchs et Turk2007 ; Lumley et al., référence Lumley, Schubiner, Lockhart, Kidwell, Harte, Clauw et Williams2017). En abordant la souffrance mentale par la pratique philosophique, les individus peuvent constater une amélioration de leur bien-être physique. C’est pourquoi Marinoff, président fondateur de l’American Philosophical Practitioners Association (APPA), qualifie le conseil philosophique de « thérapie pour les personnes saines d’esprit » (Marinoff, 2004).

Dans les régions fortement industrialisées — telles que les États-Unis, le Japon, la Chine, l’Inde et l’Europe —, les préoccupations existentielles sont omniprésentes et sont souvent médicalisées sous le diagnostic de dépression. En revanche, les pratiques philosophiques offrent un cadre alternatif en renouant avec la forme philosophique fondamentale. Ces pratiques permettent une transformation dans laquelle les individus passent du simple fait de remplir des rôles tels qu’étudiant, manager ou personne au foyer à s’engager de manière authentique en tant qu’apprenant, travailleur ou amoureux — passant ainsi du simple fonctionnement à une véritable existence (Harteloh, Référence Harteloh2024).

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2.2.2 Animation de groupe

La pratique philosophique peut se dérouler en tête-à-tête ou en groupe — cette dernière étant connue sous le nom d’« animation de groupe », une forme de pratique philosophique impliquant plusieurs participants. Les séances informelles d’animation de groupe se tiennent généralement dans des cafés, des bars et des librairies. Au début du développement de la pratique philosophique, notamment en France, les lieux publics tels que les cafés ont joué un rôle crucial dans la facilitation du dialogue et des échanges entre les praticiens de la philosophie et le grand public (Sautet, Référence Sautet1995). Les gens se réunissaient régulièrement pour participer à des discussions animées par un praticien de la philosophie. Les thèmes de discussion pouvaient être prédéterminés ou décidés sur place par consultation ou vote parmi les participants. Ces sujets, qui intéressent tout le monde et sont ouverts à la discussion, peuvent être par exemple : « La liberté consiste-t-elle à agir selon sa propre volonté ? » ou « Dans quelles circonstances le mensonge n’est-il pas condamnable ? ». En raison de la diversité des parcours universitaires et professionnels des participants, leurs points de vue divergent souvent. Même si aucun consensus n’est atteint à la fin de la discussion, le processus fait appel à une réflexion indépendante et critique, atteignant ainsi l’objectif de la pratique philosophique qui est de cultiver la pensée.

L’animation formelle de groupe suit des procédures relativement fixes, la méthode principale étant la méthode socratique nelsonienne (Heckmann, référence Heckmann 1981 ; Nelson, référence Nelson 1949), qui a ensuite été développée et affinée pour devenir ce que l’on appelle aujourd’hui le dialogue « néo-socratique ». Le groupe participant à la pratique se compose généralement d’une dizaine de personnes, qui peuvent être des étudiants, des personnes au foyer, des employés d’entreprise ou des fonctionnaires, sans qu’aucune formation philosophique préalable ne soit requise. Le praticien en philosophie n’a pas besoin de s’exprimer beaucoup tout au long du processus ni d’exprimer des points de vue personnels, mais sert principalement à guider le déroulement de la discussion. La méthode passe d’une question, via des exemples, à des principes sous-jacents. Ces principes ne sont pas de nature générale ou théorique, mais sont valables pour le groupe impliqué dans le processus. L’animation formelle de groupe se déroule généralement dans un espace relativement clos et calme, tel qu’une salle de classe ou une salle de conférence, mais a parfois lieu dans des bibliothèques ou des librairies. Contrairement à l’animation informelle de groupe, l’animation formelle de groupe vise en fin de compte à parvenir à une réponse concluante valable pour le groupe de participants, de sorte que les discussions peuvent durer plusieurs jours.

Il convient de noter que la méthode socratique nelsonienne peut également s’appliquer à des consultations individuelles — par exemple, par le praticien de philosophie français Oscar Brenifier. Une question constitue à la fois l’entrée et la sortie de la consultation. Le processus de consultation socratique part de la question initiale du client, passe par une analyse d’exemples tirés de l’expérience, pour aboutir à une autre question philosophique illustrant les principes sous-jacents ou les présupposés du client.

2.2.3 Conseil en organisation

Toute organisation — qu’il s’agisse d’une administration, d’une école, d’un hôpital ou d’une entreprise — est confrontée à divers dilemmes éthiques et moraux. Le conseil en organisation désigne le processus par lequel des praticiens de la philosophie utilisent une série de techniques philosophiques pour renforcer ou améliorer la sensibilité éthique et l’éthique spirituelle de l’organisation (Ha?egan, référence Ha?egan2019a). Le philosophe économique néerlandais Henk van Luijk soutient que partout où il y a des affaires, il y a des crises morales. Une organisation éthique peut offrir à ses employés un environnement de travail plus positif et favoriser des relations collégiales plus harmonieuses, améliorant ainsi les relations entre les employés et les clients. Par conséquent, ce type de conseil en organisation est bénéfique pour tous et permet en fin de compte d’atteindre l’objectif de maximisation des intérêts de l’organisation (van Luijk, référence van Luijk1993). Les praticiens de la philosophie peuvent faire partie de l’organisation ou agir en tant que consultants externes facilitant des discussions de groupe au sein de l’entreprise, telles que des délibérations morales ou des promenades philosophiques.

Aux Pays-Bas, la méthode socratique nelsonienne et le dialogue néo-socratique qui en découle sont fondamentaux pour la philosophie d’entreprise. Ils sont appliqués dans des domaines tels que l’élaboration des politiques et l’identité d’entreprise, la promotion du bien-être humain au sein des entreprises (souvent désigné sous le terme de « ressources humaines »), la gestion de la qualité et l’éthique environnementale. En s’engageant dans un dialogue réflexif et critique, les praticiens explorent les valeurs et les hypothèses profondes qui sous-tendent les pratiques organisationnelles, ce qui aide les entreprises à résoudre des dilemmes éthiques, à améliorer la prise de décision et à favoriser une approche plus durable et centrée sur l’humain de la gouvernance d’entreprise.

Les praticiens de la philosophie peuvent également intégrer des techniques de conseil individuel et d’animation de groupe pour résoudre des problèmes organisationnels et interpersonnels spécifiques. Marinoff, s’appuyant sur ses années d’expérience dans la pratique philosophique, a développé le célèbre modèle de processus « PEACE » (voir figure 1), permettant à ce modèle de pratique philosophique — avec des organisations et des individus comme clients — de se répandre avec succès de l’Amérique du Nord vers l’Europe et le reste du monde. La méthode PEACE comprend les cinq étapes suivantes (Marinoff, référence Marinoff1999, pp. 37–51) :

Problème (P) : Identifier correctement les problèmes fondamentaux.

Émotion (E) : Exprimer de manière constructive les réactions émotionnelles du client face aux problèmes, afin de permettre la poursuite de la discussion.

Analyse (A) : Aider à résoudre les problèmes en examinant de manière rationnelle et logique les différentes solutions possibles pour le client, plutôt que de simplement essayer de l’apaiser ou de l’aider à passer à autre chose, comme dans la psychothérapie traditionnelle.

Contemplation (C) : Découvrir les intentions, les cadres de pensée et les environnements qui permettent au client de faire les meilleurs choix.

Équilibre (E) : Atteindre un état où les problèmes initiaux ne sont plus perçus comme problématiques.

L’aspect philosophique du modèle PEACE réside dans l’exploration approfondie des choix rationnels effectués par les individus. Marinoff estime que le processus PEACE s’applique aussi bien au conseil individuel qu’au conseil en organisation. Il considère donc le modèle PEACE comme la méta-méthodologie ou le cadre universel de la pratique philosophique. Il convient de noter que c’est au niveau de l’expression des émotions (E) que ce modèle recoupe la psychothérapie.

Une autre méthode de conseil individuel qui mérite d’être mentionnée est l’approche de la réflexion philosophique telle qu’elle est appliquée par Gerd B. Achenbach, Anders Lindseth et Peter Harteloh. Cette méthode implique une réflexion systématique sur les propos du client d’un point de vue neutre sur le plan des valeurs (aporie), permettant au client de se reconstruire en tant que personne. Si elle ressemble à la psychothérapie existentielle par ses techniques de mise en miroir, elle s’en distingue par sa nature et son contenu philosophiques, mettant l’accent sur l’introspection récursive. Le processus passe de la forme au contenu, aboutissant à un renouveau de la conscience du client (Harteloh, Référence Harteloh2024).

3. La pratique philosophique comme nouveau paradigme

Le praticien philosophique néerlandais Peter Harteloh (Référence Harteloh2013a), s’appuyant sur la terminologie du philosophe Thomas S. Kuhn, considère la pratique philosophique comme un paradigme émergent de la philosophie occidentale contemporaine. Le terme « paradigme » désigne à l’origine un exemple ou un modèle ; différents paradigmes scientifiques incarnent des modes de pensée distincts, des visions du monde, des théories fondamentales, des modèles, des méthodes, des outils, des normes et tous les aspects liés à la recherche scientifique. Selon Kuhn (Référence Kuhn1962), les scientifiques adhérant à des paradigmes différents — tels que ceux soutenant la théorie géocentrique par opposition à la théorie héliocentrique — font l’expérience de différences si profondes dans leurs perspectives théoriques qu’ils « voient » en réalité des mondes totalement différents. C’est comme s’ils portaient des lentilles différentes qui façonnent leurs observations. De même, la divergence entre la philosophie théorique traditionnelle et la pratique philosophique contemporaine est marquée. Les philosophes issus de ces deux communautés peuvent avoir des conceptions et des attitudes nettement différentes envers la philosophie.

La philosophie académique traditionnelle se considère souvent comme une science indépendante du philosophe — une discipline pratiquée objectivement sans référence aux expériences ou perspectives personnelles de l’individu. En revanche, la pratique philosophique reconnaît que la philosophie est intrinsèquement liée à la personne qui l’étudie ou la pratique. La notion d’une science entièrement indépendante du scientifique a été remise en question et largement abandonnée au XXe siècle dans divers domaines. Par exemple, en physique, le principe d’incertitude de Werner Heisenberg a mis en évidence l’interaction inévitable entre l’observateur et l’observé, démontrant que l’acte de mesure affecte le phénomène mesuré (Heisenberg, Référence Heisenberg1927). En sociologie, l’effet Hawthorne, identifié grâce à des études menées à l’usine Hawthorne, a montré que les individus modifient leur comportement lorsqu’ils se savent observés, soulignant ainsi l’influence du chercheur sur le sujet (Adair, Référence Adair1984). La philosophie, cependant, attendait une réponse à cette anomalie. La pratique philosophique émerge comme la réponse à ce défi en reconnaissant l’indissociabilité de la recherche philosophique de la vie et des expériences propres au philosophe.

Dans le paradigme traditionnel de la « philosophie de salon », de nombreux philosophes théoriciens se livrent à une réflexion abstraite approfondie et explorent des questions métaphysiques et épistémologiques, exposant souvent leurs pensées et leurs méthodes à l’aide d’une terminologie complexe et spécialisée. Les profanes dépourvus d’une solide formation philosophique trouvent souvent ces théories inaccessibles, et même les philosophes eux-mêmes peuvent avoir du mal à communiquer sans heurts entre les différentes écoles de pensée. Bien que la philosophie moderne ait fait des progrès en matière de lisibilité et d’accessibilité, ses méthodes sont restées largement confinées dans des schémas académiques établis, se concentrant principalement sur l’écriture philosophique et le discours savant. Si ces travaux théoriques ont une valeur considérable, lorsque la recherche philosophique ne prend pas en compte l’impact de ces points de vue sur la vie réelle des individus, et lorsque les théories et méthodes des philosophes n’imprègnent pas leur propre mode de vie ni ne fournissent de conseils pratiques aux autres, les limites de cette recherche en termes de valeur pratique deviennent évidentes. Par conséquent, l’influence de la philosophie sur le développement historique de l’humanité est souvent moins directe et moins apparente que celle de la science, qui produit fréquemment des avancées technologiques tangibles et des changements sociétaux.

Bien que l’utilisation du terme « paradigme » par Harteloh (Référence Harteloh2013a) ne corresponde pas parfaitement à l’usage original de Kuhn, sa description de l’évolution et de l’état actuel de la pratique philosophique est pertinente. Les travaux de Kuhn ont donné naissance à la sociologie des sciences (développée par la suite par des chercheurs tels que Robert K. Merton), fournissant une analyse de la science en tant que corpus de connaissances étroitement lié à des facteurs sociaux (Kuhn, Référence Kuhn1962 ; Merton, Référence Merton1973). L’interprétation de Harteloh s’inscrit davantage dans cette perspective. Des études comparatives révèlent que la pratique philosophique a bel et bien initié une révolution dans le domaine de la recherche philosophique, précipitant un changement de paradigme. Comme l’affirme Harteloh, l’importance de cette transition « réside dans l’auto-amélioration de la philosophie » (Harteloh, Référence Harteloh2013a, p. 35). En établissant des parallèles avec la description des paradigmes scientifiques par Kuhn, Harteloh soutient que la pratique philosophique présente déjà les caractéristiques d’un véritable paradigme : elle compte des praticiens philosophiques de renom, des théories représentatives et des méthodes propres à la pratique philosophique, des organisations spécialisées, des revues universitaires, des conférences, ainsi que des programmes d’enseignement et de formation professionnels dédiés à ce domaine.

La formation préliminaire de la pratique philosophique en tant que paradigme est attestée par plusieurs événements marquants. Notamment, la première Conférence internationale sur la pratique philosophique a été organisée conjointement par Lahav et Marinoff en 1994 à Vancouver, au Canada, et a réuni 55 praticiens de la philosophie venus du monde entier. Depuis lors, la conférence s’est tenue environ tous les deux ans, notamment à Leusden aux Pays-Bas (1996, 2010), à New York aux États-Unis (1997), à Bensberg en Allemagne (1998), à Oxford au Royaume-Uni (1999), Oslo en Norvège (2001), Copenhague au Danemark (2004), Séville en Espagne (2006), Carloforte en Italie (2008), Chuncheon en Corée du Sud (2012), Athènes en Grèce (2013), Belgrade en Serbie (2014), Berne en Suisse (2016), Mexico au Mexique (2018), en ligne en Russie (2021), Timi?oara en Roumanie (2023) et Zagreb en Croatie (2025). La large répartition géographique de ces conférences souligne le fait que la pratique philosophique est devenue un mouvement mondial, dont l’influence s’étend à travers l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Asie de l’Est et au-delà.

Depuis qu’Achenbach a fondé la première organisation dédiée à la pratique philosophique, la Société internationale pour la pratique philosophique (Internationale Gesellschaft für Philosophische Praxis), en 1982, la pratique philosophique s’est rapidement répandue à travers le continent européen, connaissant un essor particulier aux Pays-Bas. À la fin des années 1990, le nombre de praticiens de la philosophie et d’organisations régionales a explosé, et de nouveaux clients ont commencé à apparaître. La pratique philosophique a bénéficié d’une attention considérable et d’une couverture médiatique enthousiaste de la part des médias internationaux. Au-delà de l’Allemagne, des sociétés ou associations de pratique philosophique ont été créées dans de nombreux pays, notamment aux Pays-Bas, en Norvège, en Israël, en Finlande, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Grèce, aux États-Unis, au Canada, en Australie, au Brésil, en Afrique du Sud, en Inde, en Roumanie, en Corée du Sud, au Japon et en Chine (Hong Kong et Taïwan). De plus, des pays comme le Mexique, l’Argentine, la Colombie, la Pologne et la République tchèque ont développé des communautés actives de pratique philosophique, ce qui témoigne encore davantage de l’expansion mondiale de ce domaine. Ces organisations comptent de nombreux membres et organisent régulièrement des séminaires et des ateliers liés à la pratique philosophique. Sur les sites web de l’APPA et de la National Philosophical Counseling Association (NPCA), on peut trouver des centaines de praticiens philosophiques certifiés aux États-Unis et ailleurs, ainsi que leurs coordonnées.

La pratique philosophique a également donné naissance à un certain nombre de revues universitaires destinées à publier des articles professionnels sur le sujet, formant ainsi un modèle interactif positif qui met l’accent à la fois sur la théorie et la pratique — guidant la pratique par la théorie et favorisant la réflexion théorique à travers la pratique. Les revues pertinentes actuellement disponibles comprennent principalement :

Philosophical Practice : Revue de l’APPA

International Journal of Philosophical Practice : revue de la NPCA

Practical Philosophy : revue de la Society for Philosophy in Practice

International Journal of Applied Philosophy

Journal of Applied Philosophy

HASER : Revista Internacional de Filosofía Aplicada

Journal of Humanities Therapy

Philosophical Practice and Counseling

Interdisciplinary Research in Counseling, Ethics and Philosophy

Journal of Philosophy in Schools

En 1995, le premier recueil consacré au conseil philosophique a été publié, rassemblant 14 articles importants rédigés par des praticiens de la philosophie renommés tels que Gerd B. Achenbach, Ran Lahav, Lou Marinoff et Elliot D. Cohen (Lahav & da Venza Tillmanns, Référence Lahav et da Venza Tillmanns1995). Les praticiens de la philosophie ont également rédigé de nombreux ouvrages d’introduction et théoriques sur la pratique philosophique, offrant des conseils à ceux qui aspirent à devenir praticiens de la philosophie (Marinoff, Référence Marinoff2001 ; Raabe, Référence Raabe2001). Des livres grand public ont encore renforcé la visibilité et la reconnaissance de la pratique philosophique. Certains de ces ouvrages sont devenus des best-sellers internationaux, renforçant considérablement la notoriété de ce domaine dans la société contemporaine (Baggini & Macaro, Référence Baggini et Macaro2012 ; Cohen, Référence Cohen2003b ; Marinoff, Référence Marinoff1999 ; Pigliucci, Référence Pigliucci2017 ; Weiner, Référence Weiner2008).

En matière de formation professionnelle, la pratique philosophique a commencé à faire son entrée dans les établissements universitaires, bénéficiant de l’attention et du soutien des instances administratives compétentes (Knapp & Tjeltveit, Référence Knapp et Tjeltveit2005). L’université de Séville, en Espagne, a été l’une des premières à créer un master en conseil philosophique. En 2010, le City College of New York a approuvé un projet visant à créer un programme de master en philosophie appliquée, qui inclut le conseil philosophique en tant que sous-discipline. L’APPA et la NPCA proposent respectivement des programmes de certification en conseil philosophique et en thérapie fondée sur la logique (LBT). L’université de South Wales, en Australie, propose des cours de conseil philosophique dans le cadre de son programme de philosophie. L’université de Vienne, en Autriche, propose des programmes de formation en pratique philosophique et en conseil. En Corée du Sud, plusieurs institutions de premier plan ont fait des progrès significatifs dans le domaine académique du conseil philosophique et de la thérapie par les sciences humaines (Rhee, référence Rhee 2017). Par exemple, l’université nationale de Kangwon, l’université nationale de Kyungpook, l’université de Hannam et l’université d’Ulsan proposent chacune des programmes de premier cycle et de doctorat axés sur ces disciplines. De plus, l’université de Dongguk prévoit de lancer un programme connexe en 2025, élargissant ainsi les possibilités de développement académique et professionnel dans ce domaine émergent.

À l’heure actuelle, plusieurs chercheurs ont soutenu leur thèse de doctorat dans le domaine du conseil et de la pratique philosophiques. Shlomit C. Schuster (Référence Schuster1997) a analysé les autobiographies d’Augustin d’Hippone, de Jean-Jacques Rousseau et de Jean-Paul Sartre, illustrant comment la théorie et la pratique philosophiques ont transformé la vie de ces philosophes. Sa thèse conclut que, contrairement à la conception de la continuité et de la cohérence propre à la psychanalyse, ces philosophes ont atteint l’unité et l’harmonie personnelles en pratiquant la philosophie à leur manière unique. Maria da Venza Tillmanns (Référence da Venza Tillmanns1998) a développé une théorie du conseil et de l’enseignement philosophiques fondée sur le maintien d’une tension entre théorie et pratique. Sa thèse se concentre sur le concept de « dialogique » de Martin Buber, soulignant l’importance de reconnaître l’« altérité » des autres dans le conseil et l’enseignement. Un aspect crucial consiste à reconnaître et à valoriser les perspectives des clients ou des étudiants tout en conservant son propre point de vue, facilitant ainsi une communication et un échange authentiques.

Raabe (Référence Raabe1999) critique les modèles existants de conseil philosophique, plaidant pour son lien avec la psychothérapie tout en soulignant ses atouts uniques. Il présente le modèle FIIT (Free Floating, Immediate Problem Resolution, Intentional Teaching, and Transcendence), qu’il affirme être plus clair, plus pratique et mieux aligné sur les normes philosophiques. Raabe explore également les avantages du conseil philosophique par rapport à la psychothérapie. Patrick Neubauer (Référence Neubauer2000) a exploré le développement institutionnel et les fondements conceptuels du conseil philosophique, en examinant les objectifs philosophiques de la philosophie du dialogue et du conseil. Il a mené des comparaisons approfondies entre différents types de psychothérapie et a fourni des analyses de cas de divers conseillers, offrant pour la première fois dans la recherche allemande un aperçu systématique de la pratique réelle du conseil.

Xiaojun Ding (Référence Ding2016) a développé la pratique philosophique analytique (APP) pour pallier les limites des approches non analytiques. À l’aide d’outils tels que la méthode socratique nelsonienne et le dialogue néo-socratique, l’APP analyse les visions du monde des clients et cherche à résoudre les problèmes de la vie par une analyse logique et conceptuelle. En clarifiant les concepts, en révélant les présupposés, en résolvant les conflits et en justifiant les croyances, l’APP favorise la pensée critique et des effets thérapeutiques durables. Ding réfléchit également aux défis liés au développement de l’APP, tels que les conflits possibles entre les traditions analytiques et continentales et la commercialisation de la pratique philosophique. Richard Sivil (Référence Sivil2019) a exploré la diversité de la pratique philosophique et son enrichissement potentiel à travers le concept de phronésis (sagesse pratique). Critiquant les limites du modèle socratique nelsonien, Sivil réinvente la pratique philosophique comme un mode de vie caractérisé par des aspirations transformatrices, des projets concrets, un engagement personnel, des outils pratiques et un système cohérent. S’appuyant sur six traditions et philosophes occidentaux — le stoïcisme, l’épicurisme, Emmanuel Kant, John Dewey, Søren Kierkegaard et Friedrich Nietzsche —, Sivil met en évidence des objectifs communs (bonheur, moralité, authenticité) et diverses perspectives métaphysiques.

4. Fondements théoriques et applications contemporaines dans la pratique philosophique

Cette revue de la littérature vise à offrir un aperçu complet des recherches existantes et des fondements théoriques pertinents pour la pratique philosophique. Cette section examine l’évolution historique, les méthodologies et les applications de la pratique philosophique, ainsi que ses liens avec la psychothérapie. En passant systématiquement en revue la littérature, nous posons les bases nécessaires pour comprendre l’état actuel du domaine et identifier les lacunes que cette recherche entend combler.

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4.1 Fondements théoriques : Sagesse ancienne et philosophie moderne

La pratique philosophique a considérablement évolué depuis les années 1980. Des pionniers tels que Gerd B. Achenbach en Allemagne et Adriaan Hoogendijk aux Pays-Bas ont jeté les bases de ce domaine en établissant le conseil philosophique comme une discipline distincte. Leurs travaux mettaient l’accent sur l’application pratique des perspectives philosophiques aux problèmes quotidiens, distinguant ainsi la pratique philosophique de la philosophie académique traditionnelle. Bien qu’un large éventail de psychologues et de psychothérapeutes, tels que Karl Jaspers, Ludwig Binswanger, Solomon Eliot Asch, Carl Rogers et Elliot D. Cohen, aient intégré des concepts philosophiques dans le conseil, Achenbach et Hoogendijk ont été les premiers à lancer explicitement des pratiques privées de conseil philosophique en dehors du milieu universitaire, en tant qu’alternatives à la psychothérapie. Ce domaine de recherche se concentre sur les philosophes et les écoles influents qui fournissent des ressources intellectuelles pour le conseil philosophique contemporain. En clarifiant les origines théoriques et l’héritage intellectuel de l’accompagnement philosophique, ces études soutiennent la légitimité de l’accompagnement philosophique contemporain.

L’histoire des consultations philosophiques est étroitement liée à l’histoire plus large de la philosophie. Les philosophes se sont longtemps livrés à des dialogues et à des correspondances qui s’apparentent aux consultations philosophiques modernes. Par exemple, René Descartes a entretenu une correspondance abondante avec la princesse Élisabeth de Bohême, discutant de questions d’éthique et du problème corps-esprit (Shapiro, Référence Shapiro2007). Ces lettres peuvent être considérées comme des formes précoces de consultations philosophiques, où des réflexions philosophiques sont appliquées à des préoccupations personnelles (Mochizuki & Harteloh, Référence Mochizuki et Harteloh 2019). Le support a évolué, passant des lettres écrites aux dialogues en face à face, puis aux communications virtuelles, mais l’essence du dialogue philosophique reste la même. Des dialogues de Platon, où Socrate engage de profondes discussions philosophiques avec divers interlocuteurs, aux consultations virtuelles contemporaines, la pratique du dialogue philosophique a constitué un fil conducteur dans le tissu de la philosophie (Chen et al., référence Chen, Zheng, Zhao et Ding2025 ; Gill, référence Gill2012). Cette continuité souligne le fait que les consultations philosophiques ne sont pas une invention du XXe siècle, mais qu’elles ont toujours fait partie intégrante de la tradition philosophique à travers l’histoire.

La pratique philosophique puise dans un riche éventail de ressources intellectuelles. Les origines de la pratique philosophique occidentale sont profondément enracinées dans la philosophie de la Grèce et de la Rome antiques, les chercheurs s’intéressant aux idées de Socrate (Chen, référence Chen 2014 ; Weiss & Ohrem, Référence Weiss et Ohrem2016), Platon (Holger, Référence Holger2017), Aristote (Li, Référence Li2010), l’épicurisme (Fati? & Dentsoras, Référence Fati? et Dentsoras2014) et le stoïcisme (Mesaro?, Référence Mesaro?2020). Hadot a exploré les philosophies de Socrate, des cyniques, d’Aristote, de l’épicurisme et du stoïcisme, résumant la philosophie comme un mode de vie. Il a soutenu que la philosophie invite les gens à rechercher la sagesse par le biais d’exercices spirituels. Faisant écho au point de vue de Hadot, William Ferraiolo (Référence Ferraiolo2010) souligne que, bien que l’un ait été esclave (Épictète) et l’autre empereur (Marc Aurèle), les idées de ces deux philosophes stoïciens sur la maîtrise de soi peuvent aider les individus modernes à faire face de manière rationnelle et efficace aux inévitables et incontrôlables aléas de la vie, atteignant ainsi la paix intérieure et menant une bonne vie. Aleksandar Fati? (Référence Fati?2014) soutient que l’épicurisme, en tant que philosophie de vie universelle, peut être un outil puissant pour aborder les questions émotionnelles et existentielles dans le cadre du conseil philosophique.

Certains chercheurs interprètent également la pratique philosophique à travers le prisme de la philosophie traditionnelle chinoise, notamment les enseignements du confucianisme (Chen & Ni, référence Chen et Ni 2016 ; Lu, référence Lu 2004 ; Su, référence Su 2011) et du taoïsme (Guo, référence Guo 2023 ; Lahav, référence Lahav 1996). Ding et al. (Référence Ding, Fu, Jiao et Yu2024a) explorent l’intégration des principes confucéens de culture de soi dans la pratique philosophique contemporaine, en mettant l’accent sur l’application combinée du gongfu (effort) et du jingjie (état spirituel) pour parvenir à l’unité de la connaissance et de l’action.

Xichen Lv (Référence Lv2007) combine la thérapie rationnelle-émotive d’Albert Ellis et la logothérapie de Viktor Frankl avec des concepts taoïstes tels que l’adaptation à la nature, l’acceptation des circonstances et l’interdépendance de la chance et du malheur pour traiter l’anxiété et la dépression. De plus, certains chercheurs intègrent des perspectives religieuses dans la pratique philosophique, s’inspirant du bouddhisme, du christianisme, de l’islam, du jaïnisme et d’autres traditions pour compléter ses ressources intellectuelles (Casewell, Référence Casewell2022 ; Devarakonda, Référence Devarakonda2023 ; Hsu, Référence Hsu2011 ; Louw, Référence Louw2011 ; Pilpel & Gindi, Référence Pilpel et Gindi2019 ; Su, Référence Su2020). L’anthologie d’Achenbach (Référence Achenbach2010), intitulée Zur Einführung der Philosophischen Praxis, constitue une contribution importante à la pratique philosophique. Ce recueil rassemble ses principaux cours, essais, dialogues et conversations qui résument son travail pionnier dans le domaine de la pratique philosophique. Il souligne l’importance d’engager avec les clients des dialogues philosophiques ouverts, en dépassant les méthodologies rigides pour favoriser une véritable exploration philosophique.

En général, les sources philosophiques définissent la pratique philosophique comme intrinsèquement philosophique, même si les philosophes cités n’étaient peut-être pas des praticiens au sens moderne du terme. Il existe essentiellement quatre types de sources (voir figure 2) :

(1) Les philosophes qui incarnent la philosophie comme mode de vie : cette catégorie comprend des philosophes tels que Socrate, les stoïciens (par exemple Sénèque, Épictète, Marc Aurèle), Michel de Montaigne, Nietzsche, Kierkegaard et Wittgenstein. Ils ont vécu leur philosophie, incarnant leurs principes philosophiques dans leur vie quotidienne.

(2) Les philosophes universitaires qui ont ouvert la voie à la pratique philosophique : des philosophes tels que Jean-Paul Sartre, Pierre Hadot et Michel Foucault entrent dans cette catégorie. Ils ont comblé le fossé entre la philosophie universitaire et la pratique philosophique ; Sartre, par exemple, a utilisé des pièces de théâtre, des romans et des essais pour diffuser les idées existentialistes. De plus, la philosophie du langage ordinaire développée par A. J. Ayer et Paul Grice a jeté les bases des consultations philosophiques avec des clients et des invités dépourvus de formation universitaire formelle.

(3) Les philosophes universitaires qui ont travaillé sur des concepts permettant de définir la pratique philosophique en tant que telle : cela inclut des philosophes tels que Platon, Aristote, Baruch de Spinoza, Karl Marx, Martin Heidegger et d’autres qui ont développé des concepts et des théories fondamentaux qui éclairent la pratique philosophique.

(4) Les philosophes sans formation universitaire qui incarnent la philosophie comme mode de vie : cela inclut des auteurs tels que Harry Mulisch, Franz Kafka, Thomas Mann et d’autres qui, à travers leurs œuvres littéraires, ont exploré des thèmes philosophiques profonds et contribué au discours philosophique.

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4.2 Approches centrées sur le client : Logique, Existence et Phénoménologie

En examinant ce que font concrètement les praticiens de la philosophie, on peut définir la consultation philosophique comme un dialogue en tête-à-tête entre un philosophe et un client (invité) dans un espace privé, au cours duquel ils discutent de questions, de problèmes, d’inquiétudes ou de thèmes liés à la réflexion ou à la vie, en utilisant des moyens philosophiques et en gardant à l’esprit une approche philosophique (Harteloh, référence Harteloh2023). Cette définition s’aligne sur une définition générale de la psychothérapie comme une interaction entre un psychologue et un client visant à traiter un état mental indésirable ou un comportement perturbateur à l’aide de moyens psychologiques — une technique qui peut s’apprendre ou s’acquérir par la formation, orientée vers un objectif précis, et fondée sur une théorie de la normalité et de l’anormalité. Cependant, les différences entre la psychothérapie et les consultations philosophiques résident dans l’idée sous-jacente (pathologie contre philosophie), l’intention (traitement contre discussion), l’objet (état mental indésirable contre thème de la vie), les moyens (technique standardisée contre philosophie) et la relation avec le client (hiérarchique contre « co-penseur »). Une consultation philosophique peut être considérée comme une enquête philosophique sur le sens, dans la lignée de l’approche philosophique de Wittgenstein tardif, qui voyait la philosophie comme une forme de thérapie pour l’intellect (Wittgenstein, Référence Wittgenstein, Anscombe et Rhees1953).

Robertson (Référence Robertson 1998) considère le conseil philosophique, à l’instar de l’éthique appliquée, comme un sous-domaine de la philosophie appliquée. Dans la pratique philosophique, les praticiens et les clients traitent de questions personnelles et spécifiques à la vie. Les praticiens philosophiques, inspirés par la philosophie académique, utilisent une série de techniques philosophiques pour rendre leurs dialogues avec les clients véritablement philosophiques, en abordant les problèmes de vie privés et concrets des clients.

Lahav (Référence Lahav, Lahav et da Venza Tillmanns 1995) considère le conseil philosophique comme une forme d’interprétation de la vision du monde, proposant que différentes approches du conseil philosophique disposent de diverses méthodes pour interpréter les visions du monde. Il affirme que les diverses approches du conseil philosophique reposent sur un principe : différents aspects de la vie quotidienne peuvent être interprétés comme des expressions de nos concepts de soi et du monde. Ces concepts peuvent être expérientiels ou philosophiques, et leur somme constitue la vision du monde d’une personne.

Lydia Amir (Référence Amir 2004) assimile directement le conseil philosophique à ses méthodes, suggérant qu’il s’agit d’un ensemble d’approches qui utilisent des moyens philosophiques pour résoudre les problèmes et les dilemmes de la vie quotidienne. Schuster (Référence Schuster 1999) estime que le conseil philosophique implique une attention philosophique portée au moi du client à travers un dialogue autonome entre le conseiller et le client.

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4.3 L’intégration de la sagesse orientale dans la pratique

La pratique philosophique n’est pas simplement l’application de la philosophie à un objet, un cas ou une personne indépendants ; c’est la philosophie en tant que mode de vie — vivre les concepts philosophiques. Elle représente un mode de philosophie où l’acte de philosopher définit la philosophie elle-même. L’un des principaux objectifs de la pratique philosophique est de discuter ou de résoudre les dilemmes cognitifs quotidiens, de façonner les philosophies de vie des individus et d’établir des systèmes de valeurs personnels. Les consultations philosophiques soutiennent la philosophie en tant que mode de vie, permettant aux participants non seulement de réfléchir aux philosophes ou à la philosophie, mais aussi de philosopher eux-mêmes.

Michael Grosso (Référence Grosso2012) considère le conseil philosophique comme un art conceptuel, affirmant que son but est d’aider les clients à envisager leurs problèmes sous un angle nouveau, leur permettant ainsi de les surmonter différemment. Yohsuke Tsuchiya et Mai Miyata (Référence Tsuchiya et Miyata2015) considèrent le conseil philosophique comme un outil viable dans le cadre de la Philosophie pour les enfants (P4C) pour développer les vertus intellectuelles des enfants. Au-delà de la formation aux méthodes de réflexion et de la quête de la sagesse, certains chercheurs soutiennent que le conseil philosophique est un moyen important pour l’éducation aux vertus éthiques. Barbara Jones (Référence Jones2012) considère le cabaret comique comme une forme de conseil philosophique, dans laquelle les artistes dispensent une éducation morale au public en racontant des histoires personnelles revêtant une signification universelle. James A. Tuedio (Référence Tuedio2003) souligne que le conseil philosophique ne promet pas de résultats utilitaires ultimes ; la seule responsabilité du philosophe est de s’engager dans une recherche et un questionnement continus.

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4.4 Diverses méthodes et modèles de consultations philosophiques

Les praticiens de la philosophie abordent un large éventail de questions, allant des crises existentielles personnelles aux dilemmes éthiques en milieu professionnel. La polyvalence de la pratique philosophique la rend applicable à un large public, renforçant ainsi sa pertinence et son impact.

Une mission importante du conseil philosophique contemporain, depuis sa création, a été de remettre en question les présupposés théoriques, les méthodes et l’efficacité du conseil psychologique et de la psychothérapie. De nombreux chercheurs considèrent le conseil philosophique comme une alternative au conseil psychologique et à la psychothérapie, tentant de fournir une orientation de vie rationnelle de manière indépendante par le biais du conseil philosophique, sans utiliser de moyens psychothérapeutiques (Achenbach et al., 1984 ; Marinoff, 2001 ; Raabe, 2010). À l’inverse, J. Michael Russell (2001) soutient que la simple comparaison de ce que font les conseillers philosophiques et les psychothérapeutes, et des raisons pour lesquelles ils le font, ne révèle aucune frontière claire et distincte entre les deux. Amir (2004) souligne également qu’une composante décisive du conseil philosophique réside dans l’expertise et l’expérience psychologiques pertinentes du conseiller ; autrement, ce dernier risque de s’égarer dans son propre labyrinthe philosophique.

La pratique philosophique partage certaines similitudes avec la psychothérapie, particulièrement dans l’accent mis sur le développement personnel et la résolution de problèmes. Cependant, il existe des différences clés. La pratique philosophique met l’accent sur le raisonnement et le dialogue philosophiques, tandis que la psychothérapie se concentre souvent sur les théories psychologiques et les techniques thérapeutiques. Comprendre ces différences est crucial pour définir les contributions uniques de la pratique philosophique.

Les chercheurs différencient souvent la pratique philosophique de la psychothérapie en se basant sur les concepts, les fondements théoriques, les objectifs, les méthodes et les publics cibles (Dâlcu, 2022 ; Fischer, 2011 ; Sivil, 2009 ; Valencia Magallón, 2019 ; Wei, 2013 ; Yang, 2015 ; Yu, 2010). Certains soutiennent que le conseil philosophique est plus efficace que le conseil psychologique pour clarifier les systèmes de croyances confus des clients ou pour proposer de meilleures croyances (Li, 2015). Harteloh (2023) note que la pratique philosophique transcende la psychothérapie traditionnelle en se concentrant sur la résolution de problèmes philosophiques de la vie par le dialogue, plutôt que sur le simple traitement de troubles psychologiques. D’autres chercheurs considèrent le conseil philosophique et la psychothérapie comme complémentaires (Cohen, 2013a ; Ha?egan, 2019b ; Liu & Ge, 2011 ; Zhou & Liu, 2009). Cependant, le débat persiste sur la question de savoir si le conseil philosophique peut être considéré comme une forme de thérapie (Šulavíková, 2012).

Certains chercheurs estiment que, bien que le conseil philosophique ne puisse pas remplacer complètement la psychothérapie, les psychothérapeutes doivent utiliser le conseil philosophique pour offrir aux clients des moyens plus efficaces et profonds d’atténuer les troubles psychologiques. Par conséquent, ils considèrent le conseil philosophique comme un outil supplémentaire à la psychothérapie (Cohen, 2013b). Jon Mills (2001) affirme que le conseil philosophique est une forme de psychothérapie, mais qu’il nécessite une structure et une orientation pour devenir une approche fiable de résolution des problèmes psychologiques — un paradigme « philosophico-psychologique » tant dans la théorie que dans la pratique.

En explorant la relation entre les consultations philosophiques et les diverses formes de psychothérapie, il est évident que certaines approches psychothérapeutiques possèdent des fondements philosophiques profondément ancrés. Sigmund Freud a introduit des théories qui sondent l’esprit inconscient, explorant des concepts tels qu’eros (pulsions de vie) et thanatos (pulsions de mort) (Freud, 1920/1955). Les spéculations de Freud sur ces pulsions humaines fondamentales reflètent des interrogations philosophiques sur la nature humaine, l’éthique et le sens de l’existence. Certains chercheurs contemporains suggèrent que l’œuvre de Freud chevauche la frontière entre la psychologie et la philosophie, postulant qu’il pourrait être considéré comme un philosophe à part entière en raison de ses réflexions profondes sur la condition humaine (DiCenso, 2005 ; Falque, 2020 ; Wakefield, 2018).

De même, la thérapie centrée sur le client de Rogers met l’accent sur l’expérience subjective de l’individu et sa capacité innée d’auto-actualisation (Rogers, 1951). Cette approche humaniste favorise un environnement d’empathie, d’authenticité et de considération positive inconditionnelle, permettant aux clients d’explorer librement leurs pensées et sentiments intérieurs. L’accent mis sur la croissance personnelle et l’exploration de soi résonne avec l’importance accordée par le conseil philosophique au dialogue et à la compréhension de soi. L’approche de Rogers est parfois considérée comme philosophique car elle se centre sur des thèmes existentiels, tels que l’authenticité et la quête de sens, qui sont des préoccupations fondamentales de la philosophie (Cooper, 2003).

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC), bien que déjà reconnue pour ses racines stoïciennes, reflète également des principes associés à Descartes. L’accent mis par Descartes sur la pensée rationnelle et le doute (« cogito, ergo sum ») souligne le pouvoir de la cognition dans la compréhension de la réalité (Descartes, 1641/1998). La TCC postule que les schémas de pensée dysfonctionnels contribuent à la détresse émotionnelle et aux problèmes comportementaux, et qu’en remettant en question et en modifiant ces pensées, les individus peuvent atteindre un bien-être émotionnel (Beck, 1976). L’accent cartésien sur le doute systématique et l’analyse rationnelle est parallèle aux techniques de la TCC visant à identifier et restructurer les croyances inadaptées (Hofmann et al., 2013).

En outre, la thérapie systémique, y compris la thérapie des systèmes familiaux développée par Murray Bowen (1985), introduit une perspective holistique en considérant les individus dans le contexte de leurs relations et de systèmes sociaux plus larges. Cette approche s’aligne sur les notions philosophiques d’interconnectivité et sur les dimensions sociales de l’existence humaine, telles qu’explorées par Buber dans son concept de relation « Je-Tu » (Buber, 1970). Les consultations philosophiques intègrent souvent des discussions sur le rôle de l’individu au sein de ses réseaux familiaux et sociaux, examinant comment ces relations impactent leurs défis personnels et leurs perspectives philosophiques (Goldenberg et al., 2016).

En résumé, bien que les consultations philosophiques et les diverses approches psychothérapeutiques puissent partager des objectifs communs et se chevaucher dans certaines techniques, le conseil philosophique se distingue en ancrant sa pratique explicitement dans des théories et des méthodologies philosophiques. Il privilégie le dialogue ouvert, la réflexion critique et l’exploration de questions existentielles, visant à donner aux individus les moyens de construire leurs propres significations et philosophies de vie. La psychothérapie prend ses racines dans la philosophie, mais son adoption d’un modèle médical/thérapeutique occulte souvent ces fondements philosophiques sous-jacents. Reconnaître l’interaction entre la philosophie et la psychologie enrichit les deux domaines, offrant une compréhension plus complète de la pensée et du comportement humains.

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4.5 Diversité des méthodes et modèles de consultations philosophiques

Le conseil philosophique présente une diversité méthodologique significative, reflétant la variété des ressources et des approches philosophiques sur lesquelles les praticiens s’appuient dans leurs activités de conseil. Les philosophes peuvent adopter différentes méthodes qu’ils jugent efficaces comme vecteurs d’engagement avec les clients, les approches courantes incluant le dialogue socratique, l’analyse phénoménologique et le questionnement existentiel. Ces méthodologies visent à favoriser l’autoréflexion et la pensée critique, permettant aux individus d’acquérir une compréhension plus profonde de leur vie et de leurs défis.

Bien que l’on pense souvent que la pratique philosophique nécessite une approche méthodique ou structurée pour guider son processus, cette hypothèse n’est pas universellement acceptée. Raabe (2001) soutient que le domaine de la pratique philosophique n’est pas encore parvenu à un consensus sur la nécessité de méthodes spécifiques ou sur l’existence d’une méthode unique et définitive. Achenbach s’oppose à la nécessité de toute méthode spécifique. Il estime que la pratique philosophique doit être flexible et adaptable, soulignant l’importance d’un dialogue libre et ouvert qui réponde aux besoins et aux contextes uniques de chaque individu (Achenbach et al., 1984). Une adhésion rigide à une méthode particulière pourrait, selon lui, contraindre la nature dynamique et exploratoire de l’enquête philosophique.

Harteloh (2013a) soutient qu’une consultation philosophique doit être guidée par une idée philosophique centrale. Lorsque le philosophe traduit les expressions d’un client en concepts — tels que la justice, la liberté ou le bonheur — et les situe dans leur contexte historique, la consultation acquiert un caractère distinctement philosophique. Par exemple, si un client discute de l’autonomie, le consultant peut examiner la définition du concept et son rôle dans la vision du monde du client en le reliant à son héritage philosophique. Par conséquent, le consultant peut proposer des interprétations alternatives qui élargissent la perspective du client et l’aident à résoudre son dilemme (Harteloh, 2023).

À la lumière de ces perspectives divergentes, notre exploration de la pratique philosophique reconnaît à la fois les avantages potentiels des approches méthodiques et les arguments en faveur d’une pratique plus fluide et individualisée. Cette vision équilibrée permet une compréhension plus large de la manière dont la pratique philosophique peut être menée efficacement, en s’adaptant à diverses traditions philosophiques et aux préférences des praticiens. L’accent mis sur les principes plutôt que sur les méthodes prescriptives s’aligne sur les principes fondamentaux de la philosophie, encourageant l’adaptabilité et la transformation personnelle par la réflexion critique et le dialogue.

Lorsqu’il examine la question de la méthode par rapport au principe, Achenbach postule que le conseil philosophique se caractérise non par une méthode fixe, mais par la flexibilité d’appliquer diverses approches (par exemple, l’analytique, la phénoménologie, l’herméneutique) d’une manière adaptée à chaque client. Au lieu d’adhérer à une procédure uniforme, le processus est guidé par des principes philosophiques directeurs (Achenbach et al., 1984). Selon Achenbach, le conseil ne doit pas adhérer à une méthode standardisée, qui risquerait de reproduire la personne comme un produit de cette méthode. Au contraire, l’adoption de principes philosophiques permet un ajustement individuel et donne à la personne le pouvoir de se reconstruire de manière authentique en réponse à sa situation unique.

Divers chercheurs ont proposé différentes méthodes et formes de pratique philosophique. Les approches et principes représentatifs incluent :

  • Méthode au-delà de la méthode (Achenbach et al., 1984)

  • Méthode des exercices spirituels (Hadot, 1995)

  • Méthode d’interprétation de la vision du monde (Lahav, 1995)

  • Processus PEACE (Marinoff, 2001)

  • Méthode FIIT (Raabe, 2001)

  • Méthode existentielle (Russell, 2001)

  • LBT [Logic-Based Therapy] (Cohen, 2003a)

  • Méthode C.I.S.A. (Li, 2007)

  • Méthode du stoïcisme romain (Lahav, 2009)

  • Dialogue néo-socratique (Littig, 2010)

  • Méthode IDEA (Ferraiolo, 2010)

  • Méthode de l’arbre des problèmes [Issues Tree] (Raabe, 2013)

  • Analyse de la pensée (Pan, 2013)

  • Conseil de la pensée (Wang, 2014)

  • Méthode épicurienne (Fati? & Dentsoras, 2014)

  • Méthode de l’humour (Amir, 2014)

  • Méthode de la poésie (Rolfs, 2015)

  • Méthode APA (Ding, 2016)

  • Méthode réflexive (Harteloh, 2023)

La pratique philosophique englobe également diverses formes telles que les cafés philosophiques (Ding, 2019 ; Grosso, 2002 ; Harteloh, 2019 ; Katini? & Janeš, 2021), la philosophie pour enfants [P4C] (Daniel & Auriac, 2011 ; Juuso, 2007 ; Pan, 2007), et les marches philosophiques (Harteloh, 2013b). Harteloh développe le concept de la marche philosophique, la définissant comme plus qu’une activité physique, mais comme une exploration de l’esprit. En marchant, en choisissant des itinéraires spécifiques et en s’engageant dans le dialogue, les marches philosophiques encouragent l’interaction avec la nature et la société, favorisant une réflexion philosophique profonde. Par exemple, une marche philosophique a été organisée à l’Université de Nanjing en 2013 (Harteloh, 2021). L’approche de Harteloh intègre des compétences philosophiques fondamentales telles que la contemplation, le questionnement et la conceptualisation, créant une expérience unique qui relie les concepts, la sagesse philosophique et le lieu.

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4.6 Critères d’admission, méthodes de formation, normes de valeurs et directives éthiques dans l’industrie de la consultation philosophique

En tant que profession relativement jeune, encore en phase de maturation et d’amélioration, le conseil philosophique fait face à des enjeux pratiques liés à son fonctionnement et à son développement. Eric Hoffman (2003) propose un plan raisonnable pour le développement futur des conseillers et des organisations philosophiques, préconisant une formation standardisée et des directives professionnelles claires. David A. Jopling (1996) met en garde le public contre les dangers potentiels pouvant survenir dans certaines situations impliquant le conseil philosophique, soulignant la nécessité d’une vigilance éthique. Mills (1999) examine les codes d’éthique professionnelle publiés par la Société canadienne de pratique philosophique, l’APPA et l’American Society for Philosophy, Counseling, and Psychotherapy, en soulignant les ambiguïtés de ces codes et en plaidant pour des normes éthiques plus claires. Schuster (1999) offre des conseils pratiques aux conseillers philosophiques américains préoccupés par la responsabilité civile, insistant sur l’importance d’une pratique éthique et de la responsabilité professionnelle.

Des études récentes ont approfondi l’exploration de la professionnalisation du conseil philosophique. Julia Clare et Richard Sivil (2014) discutent des normes de formation et de certification des praticiens philosophes, soulignant la nécessité d’une éducation complète incluant à la fois des connaissances philosophiques et des compétences en conseil. Tim LeBon (2001) examine les responsabilités éthiques des conseillers philosophiques, mettant en lumière l’importance d’établir des directives éthiques claires pour protéger tant les clients que les praticiens. Ces discussions soulignent les efforts continus au sein de la communauté du conseil philosophique pour formaliser les programmes de formation, standardiser les qualifications et renforcer l’intégrité professionnelle du domaine.

Plus précisément, les questions saillantes dans l’éducation et la formation à la consultation philosophique incluent :

(1) Les compétences philosophiques comme partie intégrante du programme

Les compétences philosophiques sont au cœur des programmes de formation des praticiens philosophes. Harteloh (2010) met en avant des compétences critiques pour le conseil philosophique, notamment l’analyse logique, le raisonnement éthique, la compréhension herméneutique et le dialogue dialectique, tout en classant les compétences pratiques comme le questionnement, l’interprétation et la compréhension. Les praticiens doivent exceller dans la construction et la déconstruction d’arguments complexes, l’identification des présupposés sous-jacents et l’animation de discussions significatives. Ils doivent également développer des métaphores pour articuler et clarifier le sens lors des interactions avec le client. De plus, la connaissance des traditions philosophiques tant occidentales que non occidentales dote les praticiens d’une boîte à outils diversifiée pour répondre aux préoccupations des clients sous de multiples angles et situer leur discours au sein d’une tradition intellectuelle séculaire.

(2) Littérature utilisée dans le programme

Les programmes de formation intègrent un large éventail de textes philosophiques pour établir une base théorique solide. Les lectures fondamentales incluent des œuvres classiques comme les dialogues de Platon, L’Éthique à Nicomaque d’Aristote et la Critique de la raison pratique de Kant, aux côtés de textes modernes tels que les Recherches philosophiques de Wittgenstein et Être et Temps de Heidegger. Des ouvrages pratiques, notamment Philosophical Practice d’Achenbach et al. (1984) et Platon, pas Prozac ! de Marinoff (1999), font le lien entre la théorie et l’application. Ce curriculum diversifié permet aux praticiens de s’appuyer sur des idées pertinentes lors des consultations. En outre, il permet aux étudiants d’identifier des points de référence philosophiques qui étayent leur pratique comme étant intrinsèquement philosophique.

(3) L’exigence d’un Master en philosophie pour l’admission

Étant donné que la pratique philosophique s’appuie sur la capacité humaine inhérente à philosopher, l’exigence d’un master en philosophie pour l’admission reste contestée. La formation académique ne produit pas nécessairement les compétences communicationnelles essentielles à une pratique philosophique efficace ; un diplômé peut exceller en philosophie théorique tout en manquant d’aptitude pour un dialogue pratique et engagé. Inversement, une personne n’ayant pas reçu de formation académique peut développer de solides compétences en matière de questionnement, de spéculation et d’interprétation des idées lors de communications interpersonnelles. Dans le langage courant, une telle personne est simplement considérée comme « un philosophe ». Des organisations comme l’APPA soutiennent qu’une formation académique avancée garantit une compréhension rigoureuse des méthodes philosophiques (APPA, s.d.). Les critiques soutiennent que des exigences strictes peuvent exclure des praticiens capables et négliger des perspectives interdisciplinaires. Le débat se concentre sur l’équilibre entre la nécessité d’une expertise philosophique rigoureuse et l’inclusivité ainsi que la reconnaissance de parcours éducatifs divers (Clare & Sivil, 2014).

(4) Critères d’admission pour les personnes sans Master en philosophie

Pour les candidats sans master, les critères alternatifs peuvent inclure des portfolios, des études antérieures et une expérience professionnelle pertinente. Un entretien d’admission mené par des praticiens philosophes expérimentés peut servir à évaluer et à reconnaître l’aptitude d’un individu en tant que philosophe, sur la base de son attitude et de son mode de raisonnement. Certains programmes proposent des cours de base ou des évaluations pour juger des compétences philosophiques. Ces voies visent à maintenir les standards tout en élargissant l’accès à la profession (LeBon, 2001).

(5) Développement de l’étudiant (Bildung) et durée de la formation

Le développement de l’étudiant, ou Bildung, fait référence au processus éducatif holistique axé sur la croissance personnelle et intellectuelle. L’étudiant doit développer un style de pratique personnel en intégrant les éléments centraux du programme : cultiver la sagesse, étudier les biographies de philosophes comme modèles, interpréter des textes originaux et s’engager dans des exercices ciblés. Les programmes s’étendent généralement sur 1 à 2 ans, combinant l’enseignement théorique et l’étude d’exemples avec une pratique supervisée, des ateliers et du mentorat. Les exigences varient ; l’accent est mis sur les connaissances, les compétences interpersonnelles, la conscience de soi et la sensibilité éthique (Mills, 1999).

(6) Critères d’obtention du diplôme (Thèse, consultations, supervision)

L’obtention du diplôme requiert des accomplissements tant académiques que pratiques. Les étudiants peuvent rédiger une thèse ou un projet de recherche démontrant leur compréhension des principes du conseil philosophique. Cependant, l’exigence la plus cruciale est qu’ils démontrent leurs compétences à travers une série de consultations enregistrées. Les composantes pratiques incluent souvent au moins un an de consultations supervisées pour développer une expérience concrète. La supervision par des praticiens expérimentés garantit l’affinement des compétences et le respect de l’éthique (Hoffman, 2003). Par exemple, selon les directives de la Société coréenne de conseil philosophique, pour se qualifier en tant que conseiller professionnel, les candidats doivent détenir un master ou un diplôme supérieur, valider plus de 240 heures de cours liés à la philosophie, participer à plus de 160 heures d’ateliers, s’engager dans au moins 50 heures d’activités sociétales et effectuer plus de 70 heures d’activités sous supervision. De plus, ils sont tenus de présenter au moins un cas de conseil et de publier au moins trois articles de recherche indépendants.

En résumé, la communauté académique a développé des recherches relativement matures et complètes sur les théories et les applications du conseil philosophique, réalisant des percées et des innovations significatives dans le développement de divers modèles et méthodes de conseil. En particulier, les chercheurs chinois ont accompli des progrès substantiels dans les introductions théoriques et dans l’exploration des pensées et de la sagesse pratiques de la philosophie chinoise traditionnelle (Ding et al., 2024c). La croissance continue et la professionnalisation du conseil philosophique dépendent de la prise en compte de ces considérations éducatives et éthiques, garantissant que les praticiens soient bien équipés pour répondre aux besoins évolutifs des clients. La pratique philosophique offre une voie de carrière alternative au-delà des rôles académiques traditionnels. Au lieu de briguer des postes d’enseignants ou de chercheurs après des études académiques en philosophie, les étudiants peuvent être formés pour devenir des philosophes praticiens. Cette approche leur permet d’exercer en cabinet privé hors du cadre universitaire, au service d’une clientèle diversifiée pouvant inclure des individus, des écoles ou des entreprises. Cette forme de pratique met l’accent sur l’application pratique des intuitions philosophiques, favorisant un engagement direct avec les dilemmes du monde réel tout en s’appuyant sur les riches traditions de l’enquête philosophique.

5. Professionnalisation : Certification, normes et éthique

Alors que la pratique philosophique continue de prendre de l’ampleur, elle se trouve à une jonction charnière entre la philosophie académique traditionnelle et son application pratique dans la société. L’évolution de la pratique philosophique influence non seulement la manière dont la philosophie est perçue, mais ouvre également de nouvelles voies pour le développement professionnel et l’engagement public. Cette section explore la professionnalisation du conseil philosophique, son état actuel, ses défis et ses orientations futures potentielles.

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5.1 L’essor du conseil philosophique en tant que profession mondiale

En tant que nouvelle dynamique de la recherche philosophique, la pratique philosophique a donné naissance à une profession distincte : le conseil philosophique. À certains égards, la professionnalisation du conseil philosophique a précédé la recherche théorique ou, à tout le moins, a progressé simultanément avec elle. L’établissement d’une institution de pratique philosophique spécialisée par le philosophe allemand Gerd B. Achenbach en 1981 a marqué le début formel du conseil philosophique contemporain au sein d’un cabinet privé hors du milieu universitaire. Il est important de distinguer la pratique philosophique du conseil ; bien que le mouvement de la pratique philosophique soit antérieur à cette période, le conseil philosophique explicite a véritablement commencé avec Achenbach, s’appuyant sur des intégrations implicites antérieures de la philosophie dans le conseil psychologique.

Comme nous l’avons vu précédemment, le conseil philosophique, en tant que forme de consultation, engage les clients dans un dialogue philosophique pour les aider à réfléchir sur des événements de vie significatifs, à résoudre le deuil et la douleur résultant de transitions majeures, et à trouver du sens et un but. Ce sont des questions cruciales auxquelles la plupart des gens sont confrontés à une étape de leur vie. Plutôt que de simplement appliquer les idées de grands philosophes — un concept plus adapté au conseil psychologique — le conseil philosophique implique de « philosopher avec » les clients, favorisant une exploration collaborative des idées et des croyances.

À l’heure actuelle, de nombreux conseillers philosophiques exercent à temps partiel ; leurs rôles principaux consistent à enseigner et à mener des recherches académiques dans des universités ou des collèges. Cependant, certains travaillent à plein temps dans ce domaine en tant qu’indépendants. Le conseil philosophique n’est pas encore une catégorie d’emploi traditionnelle et n’a pas été intégré dans les marchés du travail régulés par les gouvernements ou dans les systèmes de santé. Il reste largement une entreprise personnelle menée par des philosophes employant leur intellect et leurs connaissances, caractérisée par une indépendance distinctive. Certains praticiens philosophes créent leurs propres instituts, leurs sites web personnels et s’affilient à des associations de pratique philosophique pour attirer des clients et générer des affaires. Leurs méthodes de communication ne se limitent pas aux conversations en face à face, mais tirent également parti des commodités de l’ère numérique, développant des méthodes de consultation utilisant des outils de communication modernes tels que le téléphone, le courrier électronique et les plateformes de vidéoconférence comme Zoom ou Tencent Meeting.

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5.2 Faire progresser les normes professionnelles et les qualifications dans le conseil philosophique

Pour les conseillers philosophiques, la philosophie est devenue un outil qui non seulement enrichit la vie, mais offre également un parcours de carrière viable, leur permettant de gagner leur vie et de s’établir professionnellement. Dans le climat économique mondial actuel, c’est sans aucun doute une nouvelle encourageante pour les diplômés en philosophie qui font face à des défis importants sur le marché du travail. De nombreux départements de philosophie ont inclus le « conseil philosophique » comme une orientation de carrière potentielle pour les diplômés en philosophie dans leurs brochures d’inscription et fournissent ou recommandent des cours de formation professionnelle pertinents aux étudiants.

Pour obtenir des qualifications professionnelles et devenir un praticien philosophe certifié, certaines conditions doivent être remplies. En prenant l’APPA comme exemple, la certification peut être obtenue par invitation, par candidature ou par formation. Des praticiens distingués peuvent être invités à devenir membres certifiés ou à rejoindre le corps professoral de l’APPA. Les praticiens expérimentés répondant aux exigences de l’APPA peuvent demander une certification. L’APPA propose également des programmes de niveau I (introductif) et de niveau II (avancé) en conseil, en facilitation et en consultation. Les programmes sont menés à l’échelle mondiale sous la supervision du corps professoral de l’APPA, couvrant les compétences fondamentales, les analyses de cas avancées et les applications pratiques. L’APPA met l’accent sur les vertus professionnelles que sont l’expertise, l’excellence et l’intégrité, avec des normes de certification strictes pour garantir une pratique de haute qualité.

Actuellement, parallèlement à l’augmentation rapide du nombre de praticiens philosophes, la base de clients de la pratique philosophique ne cesse de s’étendre. De plus en plus d’individus, de groupes et d’organisations recherchent consciemment et proactivement l’aide de philosophes. Une analyse comparative des données de trafic via la plateforme Similarweb montre qu’en mai 2025, le site officiel de l’APPA a enregistré 3 512 visites — soit une baisse de 51,39 % par rapport à avril 2025 — avec une durée moyenne de visite sur site de 38 secondes. En revanche, le site de la NPCA a enregistré 2 267 visites en mai 2025 — soit une augmentation de 49,36 % par rapport à avril 2025 — avec une durée moyenne de visite sur site de 2 minutes et 25 secondes. De plus, l’influence de la pratique philosophique sur la philosophie académique dominante devient de plus en plus significative. L’interaction entre la pratique philosophique et la philosophie académique, traditionnellement limitée à l’enseignement et à la recherche théorique, a donné des résultats fructueux.

La pratique philosophique révèle de nouvelles approches dans la recherche philosophique, nécessitant l’introduction de nouvelles ressources et méthodes distinctes de l’exploration philosophique traditionnelle. En d’autres termes, elle emploie les théories et méthodes philosophiques existantes de manière innovante ou sous des angles différents dans la vie quotidienne. Le domaine de la pratique philosophique est sans aucun doute passionnant ; son émergence lie étroitement la philosophie aux questions qui importent aux profanes. Simultanément, la pratique philosophique s’efforce de devenir une véritable discipline au sein de l’établissement philosophique académique. En tant qu’application de la philosophie, elle a soulevé de nouvelles questions philosophiques dans de nombreux aspects de la vie philosophique (Li et al., 2024). Par conséquent, la pratique philosophique est à la fois une profession — un nouveau membre de la philosophie appliquée — et un sujet philosophique — un nouveau paradigme dans la recherche philosophique. Le passage d’un paradigme théorique à un paradigme pratique transforme par essence la philosophie, d’une poursuite académique d’élite et exclusive, en une culture séculaire à laquelle tout le monde peut participer.

6. Conclusion

La pratique philosophique représente un changement transformateur dans la manière dont la philosophie est perçue et appliquée, passant d’exercices académiques abstraits à une discipline pratique répondant directement aux préoccupations quotidiennes. En jetant un pont entre la théorie et la pratique, le conseil philosophique offre aux individus, aux groupes et aux organisations des outils pour naviguer à travers les défis existentiels, clarifier leurs croyances et atteindre une croissance personnelle. L’émergence de la pratique philosophique en tant que nouveau paradigme revitalise la pertinence de la philosophie et contribue au bien-être de la société.

La professionnalisation du conseil philosophique est essentielle pour établir sa légitimité et son efficacité. Le développement de formations standardisées et de directives éthiques, l’examen de l’efficacité des méthodologies de conseil philosophique et l’intégration de la pratique philosophique dans les systèmes de santé peuvent renforcer son accessibilité et son impact. À mesure que le domaine évolue, il est essentiel de relever les défis liés à la reconnaissance professionnelle, aux exigences éducatives et à l’engagement du public.

Des études comparatives entre le conseil philosophique et la psychothérapie traditionnelle peuvent éclairer les points forts et les domaines à améliorer, en identifiant comment la pratique philosophique peut compléter et enrichir les approches thérapeutiques existantes. La recherche transculturelle est indispensable pour adapter la pratique philosophique à différents contextes sociétaux, en reconnaissant les variations des valeurs culturelles, des traditions philosophiques et des styles de communication. En outre, l’exploration des plateformes numériques pour le conseil philosophique mérite une attention particulière, notamment pour élargir l’accès et répondre aux besoins évolutifs d’un monde technologiquement interconnecté.

La collaboration interdisciplinaire entre philosophes, psychologues et autres professionnels de la santé mentale peut enrichir tant les aspects théoriques que pratiques de la pratique philosophique. En comblant les fossés entre les disciplines, les praticiens peuvent développer des approches holistiques pour aborder les expériences humaines complexes. De plus, l’intégration de la pratique philosophique dans les systèmes éducatifs (par exemple, la philosophie pour enfants – P4C) pourrait favoriser la pensée critique et le raisonnement éthique dès le plus jeune âge, promouvant ainsi une société plus réflexive.

En conclusion, la pratique philosophique détient un potentiel significatif pour enrichir les vies et transformer les sociétés. En embrassant la philosophie comme mode de vie, praticiens et clients s’engagent dans des dialogues porteurs de sens, favorisant une compréhension plus profonde de la condition humaine. Le développement et l’intégration continus de la pratique philosophique contribueront à un monde plus compatissant et éclairé.

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Remerciements

Nous tenons à exprimer notre sincère gratitude à Nancy Salay, rédactrice anglophone de Dialogue, pour son aimable soutien et ses conseils précieux. Nous sommes particulièrement reconnaissants envers Jill Flohil, l’assistante éditoriale, dont la révision méticuleuse et approfondie a considérablement amélioré la qualité de cet article. Ce travail a été soutenu par le projet de sciences humaines et sociales du MOE (Ministère de l’Éducation de Chine, subvention n° 19YJC720006) et la Fondation nationale des sciences sociales de Chine (subvention n° 20FZXB047).

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Conflits d’intérêts

Les auteurs déclarent n’en avoir aucun.

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Type de document Article de recherche
Titre de la revue Dialogue: Canadian Philosophical Review / Revue canadienne de philosophie
Édition First View, pp. 1 – 32
Identifiant (DOI) https://doi.org/10.1017/S0012217325100723
Licence Creative Commons Attribution (CC BY 4.0) – Permet la réutilisation, la distribution et la reproduction avec citation appropriée.
Droit d’auteur (Copyright) © The Author(s), 2025. Publié par Cambridge University Press pour le compte de l’Association canadienne de philosophie.
Accès Libre accès (Open Access)

Original Version in English

 

Abstract

Philosophical practice has emerged as a transformative discipline that bridges theoretical inquiry and everyday life. Originating in the late 20th century, the field integrates counselling, therapy, and other practical applications of philosophical insights to address existential and pragmatic challenges faced by individuals, groups, and organizations in contemporary society. This article examines the definition, historical evolution, theoretical foundations, and methodologies of philosophical practice, while discussing prospects for professionalization — including certification, ethical guidelines, and integration within healthcare and education systems. Ultimately, this study underscores the potential of philosophical practice to revitalize the relevance of philosophy, foster personal growth, and enhance societal well-being.

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© The Author(s), 2025. Published by Cambridge University Press on behalf of the Canadian Philosophical Association/Publié par Cambridge University Press au nom de l’Association canadienne de philosophie

1. Introduction

In a world characterized by rapid change, cultural diversity, and complex ethical dilemmas, individuals increasingly seek guidance to address personal and existential challenges. Traditional academic philosophy, often perceived as abstract and disconnected from everyday concerns, has struggled to meet these immediate needs. In response, a movement known as “philosophical practice” has emerged, aiming to bridge the gap between philosophical theory and everyday life. While ethics, social philosophy, and political philosophy as taught at universities might be considered practical applications (see Aristotle, 2011), philosophical practice extends beyond these domains. Today, we distinguish among theoretical philosophy (ontology, epistemology, etc.), practical philosophy (ethics, social philosophy, etc.), and philosophical practice. Philosophical practice involves the application of philosophical methods and insights to help individuals examine their beliefs, improve their thinking patterns, and resolve practical or existential problems. It represents a shift from the traditional “armchair philosophy” paradigm to a more engaged, accessible approach that integrates philosophy into daily life.

Originating in Europe and North America in the late 20th century, philosophical practice encompasses philosophical counselling and therapy, group facilitation, organizational consulting, and philosophy with children, etc. Pioneering philosophers such as Gerd B. Achenbach, Lou Marinoff, Peter B. Raabe, Oscar Brenifier, and Ran Lahav have been instrumental in establishing this field as a distinct profession and paradigm. The movement reflects a growing dissatisfaction with the limitations of traditional academic philosophy and seeks to revitalize philosophy’s relevance by directly addressing the concerns of modern individuals and societies, often presenting itself as an alternative or supplement to psychotherapy.

This article examines the history, theoretical foundations, and practical methodologies of philosophical practice, highlighting its evolution into a new paradigm. The literature review provides a comprehensive overview of existing research and theoretical underpinnings relevant to philosophical practice. It explores the various forms and methods employed by philosophical practitioners, the relationship between philosophical counselling and psychotherapy, and the profession’s efforts toward certification and ethical standards. Additionally, the article discusses the future of philosophical practice, considering its potential to become an integral part of public life and the marketplace, and its role in transforming philosophy into a more inclusive and practical discipline. By analyzing the development and current state of philosophical practice, this study aims to provide insights into its significance as a burgeoning profession and its potential to influence both philosophical research and societal well-being.

2. Defining Philosophical Practice: Bridging Theory and Everyday Life

In Abraham Maslow’s (Reference Maslow1981) view, the ultimate goal of human existence is self-actualization and fulfilment — a yearning for a good life. While Maslow’s theory of the hierarchy of needs is widely recognized, its applicability varies across different cultures. Research demonstrates that, although basic physiological and safety needs are universal, the emphasis on higher-level needs such as esteem and self-actualization differs significantly among cultures. In individualistic societies, self-actualization is often seen as the paramount goal, whereas collectivistic cultures may prioritize community and family over individual fulfilment (Hofstede, Reference Hofstede2001; Nevis, Reference Nevis1983). Therefore, Maslow’s theory is valid across cultures but manifests to different degrees and through diverse pathways.

However, in a world characterized by diverse cultures and values, the coexistence of different ideologies creates a labyrinth of confusion, leading to profound conflicts in personal relationships and inner turmoil. For example, globalization has intensified interactions among cultures, sometimes resulting in identity crises or cultural clashes (Berry, Reference Berry2005). The rise of social media has amplified exposure to conflicting values, causing individuals to grapple with questions about moral relativism and ethical standards (Turkle, Reference Turkle2011). These conflicts are often perceived as psychological illnesses or moral failings detrimental to humanity. As psychological issues become more severe, individuals increasingly question the world and society but struggle to find definitive answers.

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2.1 The Emergence of Philosophical Practice

Philosophical practice emerges as a means to address these challenges, offering a path toward self-actualization by helping individuals explore fundamental questions about existence, meaning, and values. By engaging in philosophical inquiry, people can clarify their beliefs, overcome confusion, and achieve a deeper understanding of themselves and the world — thus progressing toward the self-actualization that Maslow describes. Through philosophical practice, individuals can attain inner peace and fulfilment by aligning their actions with their authentic selves.

As a representative of the applied turn in contemporary Western philosophy, philosophical counselling and therapy, along with various approaches that integrate philosophy into daily life, are collectively known as “philosophical practice.” Philosophical practice involves bringing philosophy into people’s everyday lives, typically facilitated by a trained philosophical practitioner who employs philosophical methods — such as utilizing philosophical theories and techniques — to examine individuals’ beliefs and improve their thinking patterns through insights into their own experiences. This process helps participants learn to think like philosophers, aiding them in solving practical problems or existential issues they encounter in daily life. Ultimately, philosophical practice leads to greater self-understanding, personal growth, and inner peace.

Regarding the emergence of contemporary philosophical practice, its beginning depends critically on how one defines the term. When understood narrowly as individual consultations intended as alternatives to traditional psychotherapy, philosophical practice is often traced back to its inception in late-20th-century Europe (Achenbach et al., Reference Achenbach, Fischer, Macho, Marquard and Martens1984). In this context, the methods emphasize individual dialogue using classical philosophical techniques to address personal and existential issues in a private practice outside academia. Although some scholars have attributed the origins of U.S. philosophical practice to claims that Peter Grimes was an early pioneer in this field, the evidence is ambiguous. Grimes is primarily known for his academic work — teaching Socratic dialogue within university settings and conducting group sessions (for example, with persons contending with addiction) — yet there is scant evidence supporting the existence of a sustained practice beyond these institutional boundaries (Grimes & Uliana, Reference Grimes and Uliana1998). Moreover, the integration of philosophical inquiry into psychotherapeutic contexts can be seen as one of the precedents from which contemporary philosophical consultations later evolved (Cohen, Reference Cohen2003a; Rogers, Reference Rogers1951).

Broadening the scope to include Socratic group dialogue shifts the historical perspective further back into the early 20th century. Pioneers such as Leonard Nelson and Gustav Heckmann played a seminal role in developing these practices in Germany, where they conducted sessions with workers and other non-academic groups. Their work not only democratized philosophical dialogue but also laid the foundational techniques for engaging diverse publics outside formal academic settings (Heckmann, Reference Heckmann1981; Nelson, Reference Nelson1949). This early tradition underscores the possibility of philosophical practice as a public, socially engaged activity rather than one confined to the walls of academia.

If one adopts a more expansive understanding of philosophical practice — as an “art of living” that emphasizes philosophy as a way of life — the origins become even more ancient and transcultural (Ding et al., Reference Ding, Harteloh, Pan and Yu2024b). In this broad sense, philosophy has long served as both a guide for daily living and a source of ethical and therapeutic counsel. Pierre Hadot (Reference Hadot1995) emphasizes that philosophy is not merely an intellectual enterprise but a way of life that involves continuous self-examination and active engagement with the world, a perspective evident in the classical dialogues of Socrates and in the practices of the Stoics, such as Epictetus and Marcus Aurelius, who cultivated tranquility and resilience through their way of life. Similarly, from ancient Greece, Rome, India, to China, philosophers engaged in consultative and therapeutic dialogue. In China, for example, Confucius not only debated ethical and personal conduct with his disciples and rulers but also promoted social harmony and virtue (Ames & Rosemont, Reference Ames and Rosemont1998; Zhang, Reference Zhang1999). Although Western philosophy has often been confined to theoretical exploration and rigorous conceptual analysis since the time of Plato, the universal notion of philosophy as an integrative art of life — transcending cultural and temporal boundaries — remains a timeless and influential paradigm.

While the “armchair philosophy” has built a vast intellectual kingdom through systematic reasoning and abstract speculation, its disconnection from the general public and daily life has led to dissatisfaction among many. Philosophical practice emerged from this discontent with traditional academic philosophy, proposing that philosophy should move toward everyday life and address practical concerns. As Hadot notes, the emergence of universities also contributed to the current mode of philosophy. Initially, philosophy was a public phenomenon, with Socrates engaging people in the marketplace. Then, schools emerged, such as Plato’s Academy and the Stoic school, and eventually philosophy became enclosed within universities (e.g., the University of Bologna, established in 1088, received its formal charter (Authentica Habita) from Emperor Frederick I Barbarossa in 1158), becoming a branch of science. Now, there is a rediscovery of philosophy as a public phenomenon.

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2.2 Different Modes of Philosophical Practice

According to their objectives and methods, philosophical practice is mainly divided into three categories: individual counselling or consultations, group facilitation (including philosophy with children in schools), and organizational consulting. It is important to distinguish between philosophical practice and philosophical consultations. “Philosophical practice” refers to philosophy as a way of life, encompassing a broad approach to integrating philosophy into everyday living. “Philosophical consultations” are specific activities within this practice, involving direct engagement with clients to address personal or organizational issues. Similarly, there is a distinction between philosophical counselling and philosophical consultations. The term “counselling” carries psychotherapeutic connotations and is used within philosophical practice; however, “consultation” may be preferred to emphasize the philosophical nature of the engagement without the implication of psychotherapy. Individual consultations, group dialogue, and organizational consulting all support philosophy as a way of life.

2.2.1 Individual Counselling/Consultation

Clients seeking individual counselling or consultations typically approach philosophical practitioners with specific practical problems or dilemmas, seeking assistance. Historically, when individuals faced difficulties in life, they often turned to psychologists or clergy for guidance and advice. However, due to issues such as lengthy treatment durations, slow effectiveness, reliance on medication, the labelling of individuals as “patients,” and the tendency for symptoms to recur in psychotherapy, some psychologists — notably Albert Ellis — turned to philosophy as a supplement or alternative to psychotherapy. Ellis developed cognitive therapy in psychology and created Rational Emotive Behavior Therapy, integrating philosophical principles into psychological practice (Ellis & Harper, Reference Ellis and Harper1997; Ellis & MacLaren, Reference Ellis and MacLaren2005).

Not all problems people encounter in daily life stem from psychological or mental disorders. Particularly for modern individuals in this complex and ever-changing world, people often face various existential confusions and dilemmas rather than neurobiological disorders identified in psychopathology. If one’s problems can be resolved by carefully examining, diagnosing, and adjusting fundamental life philosophies — such as one’s worldview, outlook on life, and values — then consulting a philosophical counsellor is more appropriate, rather than seeking a psychiatrist who primarily treats with medication (Harteloh, Reference Harteloh2013c). Conversely, if someone is experiencing emotional dysfunction or physiological illness, medical consultation and possible pharmacological treatment are necessary. Nevertheless, even for patients who require medication, the intervention of philosophy can greatly aid their treatment. This synergy between philosophy and medicine underscores the rise of medical humanities today. When people’s thoughts are clarified, their perception of the world becomes clearer, and their inner pain and struggles diminish. Research has shown that alleviating mental anguish can lead to a reduction in physical pain, as psychological stress and negative emotions are known to exacerbate physical symptoms (Gatchel et al., Reference Gatchel, Peng, Peters, Fuchs and Turk2007; Lumley et al., Reference Lumley, Schubiner, Lockhart, Kidwell, Harte, Clauw and Williams2017). By addressing mental suffering through philosophical practice, individuals may experience improvements in physical well-being. Therefore, Marinoff, the founding president of the American Philosophical Practitioners Association (APPA), refers to philosophical counselling as “therapy for the sane” (Marinoff, Reference Marinoff2004).

In highly industrialized regions — such as the U.S., Japan, China, India, and Europe — existential concerns are pervasive and are often medicalized as depression. In contrast, philosophical practices offer an alternative framework by reclaiming the foundational philosophical form. These practices enable a transformation in which individuals shift from merely functioning in roles like students, managers, or homemakers to engaging authentically as learners, workers, or lovers — thereby transitioning from mere functioning to true existence (Harteloh, Reference Harteloh2024).

2.2.2 Group Facilitation

Philosophical practice can be conducted either one-on-one or one-to-many — the latter being known as “group facilitation,” a form of philosophical practice involving multiple participants. Informal group facilitation sessions are typically held in cafes, bars, and bookstores. In the early development of philosophical practice, especially in France, public venues like cafes played a crucial role in facilitating dialogue and exchange between philosophical practitioners and the general public (Sautet, Reference Sautet1995). People gathered regularly to participate in discussions hosted by a philosophical practitioner. The discussion topics could be predetermined or decided on the spot through consultation or voting among participants. These topics are of interest to everyone and open to discussion, such as “Is freedom acting according to our own will?” or “Under what circumstances is lying not condemnable?” Due to participants’ diverse academic and professional backgrounds, their viewpoints often differ. Even if consensus is not reached by the end of the discussion, the process involves independent and critical thinking, thereby achieving the purpose of philosophical practice in cultivating thought.

Formal group facilitation has relatively fixed procedures, with the main method being the Nelsonian Socratic Method (Heckmann, Reference Heckmann1981; Nelson, Reference Nelson1949), which was later expanded and refined into what is now called “Neo-Socratic” dialogue. The group participating in the practice usually consists of about 10 people, who can be students, homemakers, corporate employees, or government staff, without requiring any prior philosophical background. The philosophical practitioner does not need to say much throughout the process or express personal viewpoints but serves primarily to guide the progression of the discussion. The method moves from a question via examples to underlying principles. These principles are not general or theoretical by nature but are valid for the group involved in the process. Formal group facilitation typically takes place in a relatively enclosed, quiet space, such as a classroom or conference room, but sometimes occurs in libraries or bookstores. Unlike informal group facilitation, formal group facilitation ultimately aims to reach a conclusive answer valid for the group of participants, so discussions may last several days.

Notably, the Nelsonian Socratic Method can be applied to individual consultations as well — for example, by French philosophical practitioner Oscar Brenifier. A question is both the input and output of the consultation. The Socratic consultation process moves from the initial question of the client, through an analysis of examples from experience, to another philosophical question exemplifying the underlying principles or presuppositions of the client.

2.2.3 Organizational Consulting

Any organization — whether a government, school, hospital, or company — will face various ethical and moral dilemmas. Organizational consulting refers to the process whereby philosophical practitioners use a series of philosophical techniques to enhance or improve the organization’s ethical sensibilities and spiritual ethos (Ha?egan, Reference Ha?egan2019a). Dutch economic philosopher Henk van Luijk argues that wherever there is business, there are moral crises. An ethical organization can provide its employees with a more positive work environment and foster more harmonious collegial relationships, thereby enhancing relationships between employees and customers. Therefore, such organizational consulting is beneficial to everyone and ultimately achieves the goal of maximizing organizational interests (van Luijk, Reference van Luijk1993). Philosophical practitioners can be part of the organization or act as external consultants facilitating in-company group discussions such as moral deliberations or philosophical walks.

In Holland, the Nelsonian Socratic Method and the subsequent Neo-Socratic dialogue are fundamental to business philosophy. They are applied in areas such as policy-making and business identity, the promotion of human well-being within companies (often referred to as “human resources”), quality management, and environmental ethics. By engaging in reflective, critical dialogue, practitioners explore the deeper values and assumptions underlying organizational practices, which helps businesses address ethical dilemmas, enhance decision-making, and foster a more sustainable and human-centric approach to corporate governance.

Philosophical practitioners can also integrate individual counselling and group facilitation techniques to solve specific organizational and interpersonal problems. Marinoff, drawing on his years of experience in philosophical practice, developed the famous “PEACE” process model (see Figure 1), enabling this model of philosophical practice — with organizations and individuals as clients — to spread successfully from North America to Europe and around the world. The PEACE method consists of the following five steps (Marinoff, Reference Marinoff1999, pp. 37–51):

  • Problem (P): Correctly identify the core problems.

  • Emotion (E): Constructively express the client’s emotional reactions to the problems, making subsequent discussion possible.

  • Analysis (A): Help solve the problems by rationally and logically considering the client’s various possible solutions, rather than merely trying to soothe the client or help them move on, as in traditional psychotherapy.

  • Contemplation (C): Discover the intentions, thought frameworks, and environments that enable the client to make the best choices.

  • Equilibrium (E): Achieve a state where the original problems are no longer perceived as problematic.

Figure 1. Lou Marinoff’s “PEACE” Process Model

The philosophical aspect of the PEACE model lies in deeply exploring the rational choices made by individuals. Marinoff believes that the PEACE process is applicable to both individual counselling and organizational consulting. Therefore, he regards the PEACE model as the meta-methodology or universal framework of philosophical practice. Notably, the expression of emotions (E) is where this model overlaps with psychotherapy.

Another method for individual counselling that warrants mention is the philosophical reflection approach as applied by Gerd B. Achenbach, Anders Lindseth, and Peter Harteloh. This method involves a systematic reflection on the client’s words from a value-neutral point of view (aporia), enabling the client to reconstruct themselves as a person. While it resembles existential psychotherapy in its mirroring techniques, it differs in its philosophical nature and content, emphasizing recursive self-examination. The process moves from form to content, resulting in a renewal of the client’s consciousness (Harteloh, Reference Harteloh2024).

3. Philosophical Practice as a New Paradigm

Dutch philosophical practitioner Peter Harteloh (Reference Harteloh2013a), drawing on the terminology of philosopher Thomas S. Kuhn, regards philosophical practice as an emerging paradigm in contemporary Western philosophy. The term “paradigm” originally denotes an example or pattern; different scientific paradigms embody distinct ways of thinking, worldviews, fundamental theories, models, methods, tools, standards, and all aspects related to scientific research. According to Kuhn (Reference Kuhn1962), scientists adhering to different paradigms — such as those supporting the geocentric theory versus the heliocentric theory — experience such profound differences in theoretical perspectives that they effectively “see” entirely different worlds. It is as if they are wearing different lenses that shape their observations. Similarly, the divergence between traditional theoretical philosophy and contemporary philosophical practice is pronounced. Philosophers from these two communities may hold markedly different understandings and attitudes toward philosophy.

Traditional academic philosophy often considers itself a science independent of the philosopher — a discipline pursued objectively without reference to the individual’s personal experiences or perspectives. In contrast, philosophical practice recognizes that philosophy is inherently connected with the person studying or practising it. The notion of a science entirely independent of the scientist was challenged and largely abandoned in the 20th century across various fields. For instance, in physics, Werner Heisenberg’s Uncertainty Principle highlighted the inevitable interaction between the observer and the observed, demonstrating that the act of measurement affects the phenomenon being measured (Heisenberg, Reference Heisenberg1927). In sociology, the Hawthorne effect, identified through studies at the Hawthorne Works, showed that individuals modify their behaviour in response to being observed, underscoring the influence of the researcher on the subject (Adair, Reference Adair1984). Philosophy, however, awaited an answer to this anomaly. Philosophical practice emerges as the response to this challenge by acknowledging the inseparability of philosophical inquiry from the philosopher’s own life and experiences.

In the traditional “armchair philosophy” paradigm, many theoretical philosophers engage deeply in abstract thinking and inquiries into metaphysical and epistemological issues, often expounding their thoughts and methods using complex and specialized terminology. Laypersons without a substantial philosophical background frequently find these theories inaccessible, and even fellow philosophers may struggle to communicate seamlessly across different schools of thought. Although modern philosophy has made strides in readability and accessibility, its methods have largely remained within established academic patterns, focusing primarily on philosophical writing and scholarly discourse. While such theoretical work holds significant value, if philosophical research does not consider how these viewpoints impact the actual lives of individuals, and if philosophers’ theories and methods do not permeate their own lifestyles or provide practical guidance to others, the limitations of such research in practical value become evident. Consequently, the influence of philosophy on human historical development is often less direct and apparent than that of science, which frequently yields tangible technological advancements and societal changes.

Although Harteloh’s (Reference Harteloh2013a) application of the term “paradigm” may not align perfectly with Kuhn’s original usage, his characterization of the development and current state of philosophical practice is apt. Kuhn’s work led to the sociology of science (later expanded upon by scholars such as Robert K. Merton), providing an analysis of science as a body of knowledge intertwined with social factors (Kuhn, Reference Kuhn1962; Merton, Reference Merton1973). Harteloh’s interpretation resonates more closely with this understanding. Comparative studies reveal that philosophical practice has indeed initiated a revolution in the field of philosophical research, precipitating a paradigm shift. As Harteloh asserts, the significance of this transition “lies in philosophy’s self-improvement” (Harteloh, Reference Harteloh2013a, p. 35). Drawing parallels with Kuhn’s description of scientific paradigms, Harteloh contends that philosophical practice has already exhibited the hallmarks of a genuine paradigm: it boasts renowned philosophical practitioners, representative theories and methods unique to philosophical practice, specialized organizations, academic journals, conferences, and professional education and training programs dedicated to the field.

The preliminary formation of philosophical practice as a paradigm is evidenced by several landmark events. Notably, the first International Conference on Philosophical Practice was jointly organized by Lahav and Marinoff in 1994 in Vancouver, Canada, and was attended by 55 philosophical practitioners from around the world. Since then, the conference has been held approximately every two years, with venues including Leusden in the Netherlands (1996, 2010), New York in the U.S. (1997), Bensberg in Germany (1998), Oxford in the U.K. (1999), Oslo in Norway (2001), Copenhagen in Denmark (2004), Seville in Spain (2006), Carloforte in Italy (2008), Chuncheon in South Korea (2012), Athens in Greece (2013), Belgrade in Serbia (2014), Bern in Switzerland (2016), Mexico City in Mexico (2018), online in Russia (2021), Timi?oara in Romania (2023), and Zagreb in Croatia (2025). The wide geographical distribution of these conferences underscores the fact that philosophical practice has evolved into a global movement, with influence extending across Europe, North America, East Asia, and beyond.

Since Achenbach established the first philosophical practice organization, the International Society for Philosophical Practice (Internationale Gesellschaft für Philosophische Praxis), in 1982, philosophical practice has rapidly spread across the European continent, particularly flourishing in the Netherlands. By the late 1990s, the number of philosophical practitioners and regional organizations surged, and more clients began to emerge. Philosophical practice received significant attention and enthusiastic coverage from global media. Beyond Germany, formal philosophical practice societies or associations have been established in numerous countries, including the Netherlands, Norway, Israel, Finland, the U.K., Italy, Spain, Portugal, Greece, the U.S., Canada, Australia, Brazil, South Africa, India, Romania, South Korea, Japan, and China (Hong Kong and Taiwan). Additionally, countries like Mexico, Argentina, Colombia, Poland, and the Czech Republic have developed active philosophical practice communities, further indicating the global expansion of the field. These organizations have numerous members and regularly hold philosophical practice-related seminars and workshops. On the websites of the APPA and the National Philosophical Counseling Association (NPCA), one can find hundreds of certified philosophical practitioners within and outside the U.S., along with their contact information.

Philosophical practice has also established a number of academic journals to publish related professional articles, forming a positive interactive model that emphasizes both theory and practice — guiding practice with theory and promoting theoretical reflection through practice. The currently available relevant journals mainly include:

  • Philosophical Practice: Journal of the APPA

  • International Journal of Philosophical Practice: Journal of the NPCA

  • Practical Philosophy: Journal of the Society for Philosophy in Practice

  • International Journal of Applied Philosophy

  • Journal of Applied Philosophy

  • HASER: Revista Internacional de Filosofía Aplicada

  • Journal of Humanities Therapy

  • Philosophical Practice and Counseling

  • Interdisciplinary Research in Counseling, Ethics and Philosophy

  • Journal of Philosophy in Schools

In 1995, the first anthology on philosophical counselling was published, gathering 14 important articles by renowned philosophical practitioners such as Gerd B. Achenbach, Ran Lahav, Lou Marinoff, and Elliot D. Cohen (Lahav & da Venza Tillmanns, Reference Lahav and da Venza Tillmanns1995). Philosophical practitioners have also authored many introductory and theoretical books on philosophical practice, providing guidance for those aspiring to become philosophical practitioners (Marinoff, Reference Marinoff2001; Raabe, Reference Raabe2001). Popular books written for the general public have further boosted the visibility and recognition of philosophical practice. Some of these books have become international bestsellers, greatly enhancing the field’s prominence in contemporary society (Baggini & Macaro, Reference Baggini and Macaro2012; Cohen, Reference Cohen2003b; Marinoff, Reference Marinoff1999; Pigliucci, Reference Pigliucci2017; Weiner, Reference Weiner2008).

In terms of professional education, philosophical practice has begun to enter academic institutions, receiving attention and support from relevant administrative bodies (Knapp & Tjeltveit, Reference Knapp and Tjeltveit2005). The University of Seville in Spain was among the first to establish a Master of Arts degree in philosophical counselling. In 2010, the City College of New York approved a plan to establish a Master of Arts degree program in Applied Philosophy, which includes philosophical counselling as a sub-discipline. The APPA and NPCA offer certification programs in philosophical counselling and Logic-Based Therapy (LBT) respectively. The University of South Wales in Australia offers courses in philosophical counselling within their philosophy curriculum. The University of Vienna in Austria provides training programs in philosophical practice and counselling. In South Korea, several prominent institutions have taken significant strides in the academic field of philosophical counselling and humanities therapy (Rhee, Reference Rhee2017). For example, Kangwon National University, Kyungpook National University, Hannam University, and the University of Ulsan each offer undergraduate and doctoral programs focused on these disciplines. Additionally, Dongguk University is scheduled to launch a related program in 2025, further expanding opportunities for academic and professional development in this emerging field.

Currently, several scholars have completed doctoral dissertations in the field of philosophical counselling and practice. Shlomit C. Schuster (Reference Schuster1997) analyzed the autobiographies of Augustine of Hippo, Jean-Jacques Rousseau, and Jean-Paul Sartre, illustrating how philosophical theory and practice transformed these philosophers’ lives. Her dissertation concludes that, unlike psychoanalysis’ understanding of continuity and consistency, these philosophers achieved personal unity and harmony through practising philosophy in their unique ways. Maria da Venza Tillmanns (Reference da Venza Tillmanns1998) developed a theory of philosophical counselling and teaching based on maintaining a tension between theory and practice. Her dissertation focuses on Martin Buber’s concept of the dialogical, emphasizing the importance of recognizing the “otherness” of others in counselling and teaching. A crucial aspect is acknowledging and valuing the perspectives of clients or students while maintaining one’s own viewpoint, facilitating genuine communication and exchange.

Raabe (Reference Raabe1999) critiques existing models of philosophical counselling, arguing for its connection to psychotherapy while emphasizing its unique strengths. He introduces the Free Floating, Immediate Problem Resolution, Intentional Teaching, and Transcendence (FIIT) model, which he asserts is clearer, more practical, and better aligned with philosophical norms. Raabe also explores the advantages of philosophical counselling over psychotherapy. Patrick Neubauer (Reference Neubauer2000) explored the institutional development and conceptual foundations of philosophical counselling, examining the philosophical goals of dialogue philosophy and counselling. He conducted in-depth comparisons of different types of psychotherapy and provided case analyses of various counsellors, offering systematic insights into actual counselling practice for the first time in German scholarship.

Xiaojun Ding (Reference Ding2016) developed Analytic Philosophical Practice (APP) to address the limitations of non-analytic approaches. Using tools like the Nelsonian Socratic Method and the Neo-Socratic dialogue, APP analyzes clients’ worldviews and seeks to resolve life problems through logical and conceptual analysis. By clarifying concepts, disclosing presuppositions, resolving conflicts, and justifying beliefs, APP fosters critical thinking and long-lasting therapeutic effects. Ding also reflects on challenges in APP’s development, such as possible conflicts between analytic and continental traditions and the commercialization of philosophical practice. Richard Sivil (Reference Sivil2019) explored the diversity of philosophical practice and its potential enrichment through the concept of phronesis (practical wisdom). Critiquing the limits of the Nelsonian Socratic Model, Sivil reimagines philosophical practice as a way of life characterized by transformative aspirations, actionable projects, personal engagement, practical tools, and a coherent system. Drawing on six Western traditions and philosophers — Stoicism, Epicureanism, Immanuel Kant, John Dewey, Søren Kierkegaard, and Friedrich Nietzsche — Sivil highlights shared goals (happiness, morality, authenticity) and diverse metaphysical perspectives.

4. Theoretical Foundations and Contemporary Applications in Philosophical Practice

This literature review aims to provide a comprehensive overview of existing research and theoretical foundations relevant to philosophical practice. This section examines the historical development, methodologies, and applications of philosophical practice, as well as its relationship with psychotherapy. By systematically reviewing the literature, we set the stage for understanding the current state of the field and identifying gaps that this research aims to address.

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4.1 Historical Intellectual Resources of Philosophical Consultations

Philosophical practice has evolved significantly since the 1980s. Early pioneers such as Gerd B. Achenbach in Germany and Adriaan Hoogendijk in the Netherlands laid the groundwork for the field by establishing philosophical counselling as a distinct discipline. Their work emphasized the practical application of philosophical insights to everyday problems, distinguishing philosophical practice from traditional academic philosophy. Although a wide array of psychologists and psychotherapists like Karl Jaspers, Ludwig Binswanger, Solomon Eliot Asch, Carl Rogers, and Elliot D. Cohen had incorporated philosophical concepts into counselling, Achenbach and Hoogendijk were the first to explicitly initiate private philosophical counselling practices outside academia as alternatives to psychotherapy. This area of research focuses on influential philosophers and schools that provide intellectual resources for contemporary philosophical counselling. By clarifying the theoretical origins and intellectual inheritance of philosophical counselling, these studies support the legitimacy of contemporary philosophical counselling.

The history of philosophical consultations is deeply entwined with the broader history of philosophy. Philosophers have long engaged in dialogues and correspondences that resemble modern philosophical consultations. For instance, René Descartes extensively corresponded with Princess Elisabeth of Bohemia, discussing issues of ethics and the mind-body problem (Shapiro, Reference Shapiro2007). These letters can be seen as early forms of philosophical consultations, where philosophical insights are applied to personal concerns (Mochizuki & Harteloh, Reference Mochizuki and Harteloh2019). The medium has evolved from written letters to face-to-face dialogues, and now to virtual communications, but the essence of philosophical dialogue remains consistent. From Plato’s dialogues, where Socrates engages in profound philosophical discussions with various interlocutors, to contemporary virtual consultations, the practice of philosophical dialogue has been a continuous thread in the fabric of philosophy (Chen et al., Reference Chen, Zheng, Zhao and Ding2025; Gill, Reference Gill2012). This continuity underscores the fact that philosophical consultations are not a 20th-century invention but have been inherent in the philosophical tradition throughout history.

Philosophical practice draws from a rich array of intellectual resources. The origins of Western philosophical practice are deeply rooted in ancient Greek and Roman philosophy, with scholars focusing on the ideas of Socrates (Chen, Reference Chen2014; Weiss & Ohrem, Reference Weiss and Ohrem2016), Plato (Holger, Reference Holger2017), Aristotle (Li, Reference Li2010), Epicureanism (Fati? & Dentsoras, Reference Fati? and Dentsoras2014), and Stoicism (Mesaro?, Reference Mesaro?2020). Hadot explored the philosophies of Socrates, the Cynics, Aristotle, Epicureanism, and Stoicism, summarizing philosophy as a way of life. He argued that philosophy calls on people to strive for wisdom through spiritual exercises. Echoing Hadot’s view, William Ferraiolo (Reference Ferraiolo2010) points out that despite one being a slave (Epictetus) and the other an emperor (Marcus Aurelius), both Stoic philosophers’ ideas on self-control can help modern individuals rationally and effectively cope with the inevitable and uncontrollable ups and downs of life, thereby achieving inner peace and leading a good life. Aleksandar Fati? (Reference Fati?2014) contends that Epicureanism, as a universal life philosophy, can be a powerful tool for addressing emotional and existential issues in philosophical counselling.

In addition to ancient Greek and Roman philosophers, many modern and contemporary thinkers have contributed profound theories and intellectual resources to philosophical counselling. Donald Robertson (Reference Robertson1998) believes that contemporary philosophical counselling draws inspiration from the philosophical thoughts of Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Martin Buber, Martin Heidegger, Jean-Paul Sartre, and Ludwig Wittgenstein. Leslie Spivak (Reference Spivak2004) notes that Kierkegaard’s philosophy of human freedom has significant explanatory power and relevance for philosophical counselling. Richard Shusterman (Reference Shusterman1997), through examining the philosophical theories and lives of pragmatists like John Dewey, Nelson Goodman, Richard Rorty, and Hilary Putnam, suggests that philosophy should be used to analyze and guide personal life, helping people live better.

Some scholars also interpret philosophical practice through the lens of traditional Chinese philosophy, including the teachings of Confucianism (Chen & Ni, Reference Chen and Ni2016; Lu, Reference Lu2004; Su, Reference Su2011) and Daoism (Guo, Reference Guo2023; Lahav, Reference Lahav1996). Ding et al. (Reference Ding, Fu, Jiao and Yu2024a) explore the integration of Confucian principles of self-cultivation into contemporary philosophical practice, emphasizing the combined application of gongfu (effort) and jingjie (spiritual state) in achieving unity of knowledge and action.

Xichen Lv (Reference Lv2007) combines Albert Ellis’ Rational Emotive Therapy and Viktor Frankl’s Logotherapy with Daoist concepts such as adapting to nature, accepting circumstances, and the interdependence of fortune and misfortune to address anxiety and depression. Additionally, some scholars incorporate religious perspectives into philosophical practice, drawing on Buddhism, Christianity, Islam, Jainism, and other traditions to supplement its intellectual resources (Casewell, Reference Casewell2022; Devarakonda, Reference Devarakonda2023; Hsu, Reference Hsu2011; Louw, Reference Louw2011; Pilpel & Gindi, Reference Pilpel and Gindi2019; Su, Reference Su2020). An important contribution to philosophical practice is Achenbach’s (Reference Achenbach2010) anthology Zur Einführung der Philosophischen Praxis. This collection compiles his key lectures, essays, dialogues, and conversations that encapsulate his pioneering work in philosophical practice. He emphasizes the importance of engaging with clients in open-ended philosophical dialogues, moving beyond rigid methodologies to foster genuine philosophical exploration.

In general, philosophical sources define philosophical practice as inherently philosophical, even though the philosophers referred to might not have been practitioners in the modern sense. There are basically four kinds of sources (see Figure 2):

  1. (1) Philosophers Who Exemplify Philosophy as a Way of Life: This category includes philosophers like Socrates, the Stoics (e.g., Seneca, Epictetus, Marcus Aurelius), Michel de Montaigne, Nietzsche, Kierkegaard, and Wittgenstein. They lived their philosophies, embodying their philosophical principles in their daily lives.

  2. (2) Academic Philosophers Who Prepared the Way for Philosophical Practice: Philosophers such as Jean-Paul Sartre, Pierre Hadot, and Michel Foucault fall into this category. They bridged the gap between academic philosophy and philosophical practice, with Sartre, for instance, using plays, novels, and essays to disseminate existentialist ideas. Additionally, the ordinary language philosophy developed by A. J. Ayer and Paul Grice laid the groundwork for philosophical consultations with clients and guests who lack formal academic training.

  3. (3) Academic Philosophers Who Worked on Concepts Suited for Defining Philosophical Practice as Philosophical: This includes philosophers like Plato, Aristotle, Baruch de Spinoza, Karl Marx, Martin Heidegger, and others who developed foundational concepts and theories that inform philosophical practice.

  4. (4) Non-Academically Trained Philosophers Who Exemplify Philosophy as a Way of Life: This includes authors like Harry Mulisch, Franz Kafka, Thomas Mann, and others who, through their literary works, explored profound philosophical themes and contributed to philosophical discourse.

Figure 2. Sources of Philosophy as a Way of Life

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4.2 Defining the Concept of “Philosophical Consultation”

When examining what philosophical practitioners are actually doing, a philosophical consultation can be defined as a one-on-one dialogue between a philosopher and a client (guest) in a private space, discussing questions, problems, worries, or themes in thinking or life using philosophical means and with a philosophical idea in mind (Harteloh, Reference Harteloh2023). This definition aligns with a general definition of psychotherapy as an interaction between a psychologist and a client for treating an unwanted mental state or disturbing behaviour with psychological means — a technique that can be learned or trained, aimed at a specified goal, with a theory of the normal and abnormal in mind. However, the differences between psychotherapy and philosophical consultations lie in the underlying idea (pathology versus philosophy), the intention (treatment versus discussion), object (unwanted mental state versus theme in life), means (standardized technique versus philosophizing), and relationship with the client (hierarchical versus “co-thinker”). A philosophical consultation can best be considered a philosophical investigation into meaning in line with the later Wittgenstein’s approach to philosophy as a form of therapy for the intellect (Wittgenstein, Reference Wittgenstein, Anscombe and Rhees1953).

Robertson (Reference Robertson1998) considers philosophical counselling, like applied ethics, to be a subfield of applied philosophy. In philosophical practice, practitioners and clients deal with personal, specific life issues. Philosophical practitioners, inspired by academic philosophy, use a series of philosophical techniques to make their dialogues with clients genuinely philosophical, addressing clients’ private, concrete life problems.

Lahav (Reference Lahav, Lahav and da Venza Tillmanns1995) views philosophical counselling as a form of worldview interpretation, proposing that different philosophical counselling approaches have various methods for interpreting worldviews. He asserts that underlying the diverse approaches in philosophical counselling is a principle: different aspects of everyday life can be interpreted as expressions of one’s concepts of self and the world. These concepts can be experiential or philosophical, and their sum constitutes a person’s worldview.

Lydia Amir (Reference Amir2004) equates philosophical counselling directly with its methods, suggesting that it is a collection of approaches that use philosophical ways to solve problems and dilemmas in daily life. Schuster (Reference Schuster1999) believes that philosophical counselling entails philosophical care for the client’s self through autonomous dialogue between the counsellor and the client.

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4.3 Goals and Values of Philosophical Consultations

Philosophical practice is not merely the application of philosophy to an independent object, case, or person; it is philosophy as a way of life — living philosophical concepts. It represents a mode of philosophy where the act of philosophizing defines philosophy itself. One of philosophical practice’s primary aims is to discuss or resolve everyday cognitive dilemmas, shape individuals’ life philosophies, and establish personal value systems. Philosophical consultations support philosophy as a way of life, enabling participants not only to think about philosophers or philosophy but to philosophize themselves.

Michael Grosso (Reference Grosso2012) regards philosophical counselling as a conceptual art, asserting that its purpose is to help clients view their problems in new ways, enabling them to overcome these issues differently. Yohsuke Tsuchiya and Mai Miyata (Reference Tsuchiya and Miyata2015) consider philosophical counselling a feasible tool in Philosophy for Children (P4C) to develop children’s intellectual virtues. Beyond training in thinking methods and the pursuit of wisdom, some researchers advocate that philosophical counselling is an important means for ethical virtue education. Barbara Jones (Reference Jones2012) views cabaret comedy as a form of philosophical counselling, where performers provide moral education to the audience by narrating personal stories of universal significance. James A. Tuedio (Reference Tuedio2003) points out that philosophical counselling does not promise ultimate utilitarian outcomes; the philosopher’s sole responsibility is to engage in continuous inquiry and questioning.

Tianqun Pan (Reference Pan2021) advocates for thought analysis, combining Socratic dialogue with logical analysis to alleviate cognitive-induced suffering and help people achieve better lives in the technosociety. Marinoff suggests that many modern mental issues stem from deep existential problems, value conflicts, and the search for life’s meaning rather than mere biochemical imbalances. His book Plato, Not Prozac! challenges traditional perceptions of mental health interventions, demonstrating how philosophical ideas can address psychological problems and enhance mental well-being (Marinoff, Reference Marinoff1999).

Qian Ouyang (Reference Ouyang2012) views philosophical counselling as a form of practical philosophy that rejuvenates the “spiritual healing” function of philosophy. Additionally, fostering critical thinking is a key objective. Ding et al. (Reference Ding, Yu and Han2022) advocate using Socratic dialogue to cultivate critical thinking, viewing philosophical practice as a dialectical process that examines and exposes ineffective thinking patterns leading to false or inconsistent beliefs, thereby avoiding logical fallacies.

Blanka Šulavíková (Reference Šulavíková2011) explores the central role of critical thinking in philosophical practice, particularly through Socratic dialogue, to achieve an understanding of truth (Ollinheimo & Hakkarainen, Reference Ollinheimo and Hakkarainen2023). Philosophical practice is also seen as a crucial means and technique for achieving humanistic care in ideological and political education (Huang, Reference Huang2011, Reference Huang2014; Wang, Reference Wang2018; Yu, Reference Yu2021). The core of humanistic care in ideological and political education lies in value care, aiming to alleviate spiritual crises characterized by loss of meaning and misdirected value pursuits. To address these issues, Xisheng Wang proposes “thought counselling” to resolve intellectual dilemmas, relieve spiritual distress, and enhance the effectiveness of ideological and political education (Wang, Reference Wang2014, Reference Wang2018).

Furthermore, philosophical counselling supports philosophy as a practice, an art of living, guiding individuals in the pursuit of a meaningful and well-examined life. This involves adopting philosophical principles that promote personal growth, ethical behaviour, and emotional balance. By integrating these aims, philosophical practice seeks to enhance overall well-being and autonomy.

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4.4 The Relationship Between Philosophical Consultations and Psychotherapy

Philosophical practitioners address a wide range of issues, from personal existential crises to ethical dilemmas in professional settings. The versatility of philosophical practice makes it applicable to a broad audience, enhancing its relevance and impact.

An important mission of contemporary philosophical counselling since its inception has been to challenge the theoretical assumptions, methods, and effectiveness of psychological counselling and psychotherapy. Many researchers view philosophical counselling as an alternative to psychological counselling and psychotherapy, attempting to provide rational life guidance independently through philosophical counselling without using any psychotherapeutic means (Achenbach et al., Reference Achenbach, Fischer, Macho, Marquard and Martens1984; Marinoff, Reference Marinoff2001; Raabe, Reference Raabe2010). Contrarily, J. Michael Russell (Reference Russell2001) argues that simply comparing what philosophical counsellors and psychotherapists do and why they do it reveals no clear and distinct boundary between the two. Amir (Reference Amir2004) also points out that a decisive component in philosophical counselling is the philosophical counsellor’s relevant psychological expertise and experience; otherwise, the counsellor may become lost in their own philosophical labyrinth.

Philosophical practice shares some similarities with psychotherapy, particularly in its focus on personal development and problem-solving. However, there are key differences. Philosophical practice emphasizes philosophical reasoning and dialogue, while psychotherapy often focuses on psychological theories and therapeutic techniques. Understanding these differences is crucial for defining the unique contributions of philosophical practice.

Scholars often differentiate between philosophical practice and psychotherapy based on concepts, theoretical foundations, objectives, methods, and target audiences (Dâlcu, Reference Dâlcu2022; Fischer, Reference Fischer2011; Sivil, Reference Sivil2009; Valencia Magallón, Reference Valencia Magallón2019; Wei, Reference Wei2013; Yang, Reference Yang2015; Yu, Reference Yu2010). Some argue that philosophical counselling is more effective than psychological counselling in clarifying clients’ confused belief systems or providing better beliefs (Li, Reference Li2015). Harteloh (Reference Harteloh2023) notes that philosophical practice transcends traditional psychotherapy by focusing on resolving philosophical issues in life through dialogue, rather than merely treating psychological disorders. Other scholars view philosophical counselling and psychotherapy as complementary (Cohen, Reference Cohen2013a; Ha?egan, Reference Ha?egan2019b; Liu & Ge, Reference Liu and Ge2011; Zhou & Liu, Reference Zhou and Liu2009). However, there is debate over whether philosophical counselling can be considered a form of therapy (Šulavíková, Reference Šulavíková2012).

Some researchers believe that although philosophical counselling cannot completely replace psychotherapy, psychotherapists need to utilize philosophical counselling to provide clients with more effective and profound means of alleviating psychological disorders. Therefore, they view philosophical counselling as a supplementary tool to psychotherapy (Cohen, Reference Cohen2013b). Jon Mills (Reference Mills2001) asserts that philosophical counselling is a form of psychotherapy, but it requires structure and guidance to develop into a reliable approach for solving psychological problems — a “philosophical-psychological” paradigm in theory and practice.

In exploring the relationship between philosophical consultations and various forms of psychotherapy, it is evident that certain psychotherapeutic approaches have deeply rooted philosophical foundations. Sigmund Freud introduced theories that delve into the unconscious mind, exploring concepts such as eros (life instincts) and thanatos (death instincts) (Freud, 1920/Reference Freud and Strachey1955). Freud’s speculations on these fundamental human drives reflect philosophical inquiries into human nature, ethics, and the meaning of existence. Some contemporary scholars suggest that Freud’s work straddles the boundary between psychology and philosophy, positing that he could be considered a philosopher in his own right due to his profound reflections on the human condition (DiCenso, Reference DiCenso2005; Falque, Reference Falque2020; Wakefield, Reference Wakefield2018).

Similarly, Rogers’ Client-Centered Therapy emphasizes the individual’s subjective experience and innate capacity for self-actualization (Rogers, Reference Rogers1951). This humanistic approach fosters an environment of empathy, genuineness, and unconditional positive regard, enabling clients to explore their inner thoughts and feelings freely. The focus on personal growth and self-exploration resonates with philosophical counselling’s emphasis on dialogue and self-understanding. Rogers’ approach is sometimes regarded as philosophical because it centres on existential themes, such as authenticity and the search for meaning, which are fundamental concerns in philosophy (Cooper, Reference Cooper2003).

Cognitive Behavioural Therapy (CBT), while already acknowledged for its Stoic roots, also reflects principles associated with Descartes. Descartes’ emphasis on rational thought and doubt (“cogito, ergo sum”) underscores the power of cognition in understanding reality (Descartes, 1641/Reference Descartes1998). CBT posits that dysfunctional thinking patterns contribute to emotional distress and behavioural issues, and by challenging and modifying these thoughts, individuals can achieve emotional well-being (Beck, Reference Beck1976). The Cartesian focus on systematic doubt and rational analysis parallels CBT’s techniques of identifying and restructuring maladaptive beliefs (Hofmann et al., Reference Hofmann, Asmundson and Beck2013).

Furthermore, Systems Therapy, including Family Systems Therapy developed by Murray Bowen (Reference Bowen1985), introduces a holistic perspective by considering individuals within the context of their relationships and broader social systems. This approach aligns with philosophical notions of interconnectedness and the social dimensions of human existence, as explored by Buber in his concept of the “I-Thou” relationship (Buber, Reference Buber1970). Philosophical consultations often incorporate discussions about the individual’s role within their familial and social networks, examining how these relationships impact their personal challenges and philosophical outlooks (Goldenberg et al., Reference Goldenberg, Stanton and Goldenberg2016).

In summary, while philosophical consultations and various psychotherapeutic approaches may share common goals and overlap in certain techniques, philosophical counselling distinguishes itself by grounding its practice in philosophical theories and methodologies, explicitly. It emphasizes open-ended dialogue, critical reflection, and the exploration of existential questions, aiming to empower individuals to construct their own meanings and philosophies of life. Psychotherapy has its roots in philosophy, yet its adoption of a medical/therapeutic model often obscures these underlying philosophical foundations. Recognizing the interplay between philosophy and psychology enriches both fields, offering a more comprehensive understanding of human thought and behaviour.

4.5 Diverse Methods and Models of Philosophical Consultations

Philosophical counselling exhibits significant methodological diversity, reflecting the varied philosophical resources and approaches that practitioners draw upon in their counselling activities. Philosophers may adopt different methods they find effective as vehicles for engaging with clients, with common approaches including the Socratic dialogue, phenomenological analysis, and existential questioning. These methodologies aim to foster self-reflection and critical thinking, enabling individuals to gain deeper insights into their lives and challenges.

While philosophical practice is often thought to require a methodical or structured approach to guide its process, this assumption is not universally accepted. Raabe (Reference Raabe2001) argues that the field of philosophical practice has yet to reach a consensus on whether specific methods are necessary or if there should be a single definitive method. Achenbach argues against the necessity for any specific method. He believes that philosophical practice should be flexible and adaptable, emphasizing the importance of a free, open-ended dialogue that responds to the unique needs and contexts of each individual (Achenbach et al., Reference Achenbach, Fischer, Macho, Marquard and Martens1984). Rigid adherence to a particular method, in his view, could constrain the dynamic and exploratory nature of philosophical inquiry.

Harteloh (Reference Harteloh2013a) argues that a philosophical consultation should be guided by a central philosophical idea. When a philosopher translates a client’s expressions into concepts — such as justice, freedom, or happiness — and situates them within their historical context, the consultation attains a distinctly philosophical character. For instance, if a client discusses autonomy, the consultant can examine the concept’s definition and its role in the client’s worldview by relating it to its philosophical heritage. Consequently, the consultant may offer alternative interpretations that broaden the client’s perspective and help resolve their dilemma (Harteloh, Reference Harteloh2023).

In light of these differing perspectives, our exploration of philosophical practice acknowledges both the potential benefits of methodical approaches and the arguments for a more fluid, individualized practice. This balanced view allows for a broader understanding of how philosophical practice can be effectively conducted, accommodating various philosophical traditions and practitioner preferences. The emphasis on principles over prescriptive methods aligns with the core tenets of philosophy, encouraging adaptability and personal transformation through critical reflection and dialogue.

When considering method versus principle, Achenbach posits that philosophical counselling is characterized not by a fixed method but by the flexibility to apply various approaches (e.g., analytics, phenomenology, hermeneutics) in a manner tailored to each client. Instead of adhering to a uniform procedure, the process is guided by overarching philosophical principles (Achenbach et al., Reference Achenbach, Fischer, Macho, Marquard and Martens1984). According to Achenbach, counselling should not adhere to a standardized method, which risks reproducing the person as a product of that method. Instead, embracing philosophical principles allows for individual adjustment and empowers the person to reconstruct themselves authentically in response to their unique situation.

Various scholars have proposed different methods and forms of philosophical practice. Representative approaches and principles include:

Philosophical practice also encompasses various forms such as philosophical cafés (Ding, Reference Ding2019; Grosso, Reference Grosso2002; Harteloh, Reference Harteloh2019; Katini? & Janeš, Reference Katini? and Janeš2021), P4C (Daniel & Auriac, Reference Daniel and Auriac2011; Juuso, Reference Juuso2007; Pan, Reference Pan2007), and philosophical walks (Harteloh, Reference Harteloh2013b). Harteloh expands the concept of the philosophical walk, framing it as more than a physical activity, but as an exploration of the mind. By walking, choosing specific routes, and engaging in dialogue, philosophical walks encourage interaction with nature and society, fostering deep philosophical reflection. For instance, a philosophical walk was held at Nanjing University in 2013 (Harteloh, Reference Harteloh2021). Harteloh’s approach integrates core philosophical skills like contemplation, questioning, and conceptualization, creating a unique experience that connects concepts, philosophical wisdom, and place.

4.6 Admission Criteria, Training Methods, Value Norms, and Ethical Guidelines in the Philosophical Consultation Industry

As a relatively young profession still maturing and improving, philosophical counselling faces practical issues related to its operation and development. Eric Hoffman (Reference Hoffman2003) provides a reasonable plan for the future development of philosophical counsellors and organizations, advocating for standardized training and clear professional guidelines. David A. Jopling (Reference Jopling1996) cautions the public about potential dangers that might arise in certain situations involving philosophical counselling, highlighting the need for ethical vigilance. Mills (Reference Mills1999) examines the professional ethical codes issued by the Canadian Society for Philosophical Practice, the APPA, and the American Society for Philosophy, Counseling, and Psychotherapy, pointing out ambiguities within these codes and advocating for clearer ethical standards. Schuster (Reference Schuster1999) offers practical advice for American philosophical counsellors concerned about legal liability, emphasizing the importance of ethical practice and professional responsibility.

Recent studies have further explored the professionalization of philosophical counselling. Julia Clare and Richard Sivil (Reference Clare and Sivil2014) discuss the standards for training and certifying philosophical practitioners, emphasizing the need for comprehensive education that includes both philosophical knowledge and counselling skills. Tim LeBon (Reference LeBon2001) examines the ethical responsibilities of philosophical counsellors, highlighting the importance of establishing clear ethical guidelines to protect both clients and practitioners. These discussions underscore the ongoing efforts within the philosophical counselling community to formalize training programs, standardize qualifications, and enhance the professional integrity of the field.

Specifically, prominent issues in the education and training of philosophical consultation include:

  1. (1) Philosophical Competencies as Part of the Program

  2. Philosophical competencies are central to training programs for philosophical practitioners. Harteloh (Reference Harteloh2010) highlights critical skills for philosophical counselling, including logical analysis, ethical reasoning, hermeneutical understanding, and dialectical dialogue, while categorizing practical skills as questioning, interpreting, and understanding. Practitioners must excel in constructing and deconstructing complex arguments, identifying underlying assumptions, and facilitating meaningful discussions. They should also develop metaphors to articulate and clarify meaning during client interactions. Moreover, familiarity with both Western and non-Western philosophical traditions equips practitioners with a diverse toolkit to address clients’ concerns from multiple perspectives and situate their discourse within a long-standing intellectual tradition.

  3. (2) Literature Used in the Program

  4. Training programs incorporate a wide range of philosophical texts to establish a solid theoretical foundation. Core readings include classical works like Plato’s dialogues, Aristotle’s Nicomachean Ethics, and Kant’s Critique of Practical Reason, alongside modern texts such as Wittgenstein’s Philosophical Investigations and Heidegger’s Being and Time. Practical works, including Achenbach et al.’s (Reference Achenbach, Fischer, Macho, Marquard and Martens1984) Philosophical Practice and Marinoff’s (Reference Marinoff1999) Plato, Not Prozac!, link theory to application. This diverse curriculum enables practitioners to draw on relevant ideas during consultations. Furthermore, it enables students to identify philosophical reference points that substantiate their practice as inherently philosophical.

  5. (3) Requirement of a Master’s Degree in Philosophy for Entry

  6. As philosophical practice builds on the inherent human capacity for philosophizing, the requirement of a master’s degree in philosophy for entry remains contested. Academic training does not necessarily produce the communicative skills essential for effective philosophical practice; a graduate may excel in theoretical philosophy yet lack the aptitude for engaging, practical dialogue. Conversely, a non-academically trained individual can develop strong skills in questioning, speculating, and interpreting ideas during interpersonal communication. In everyday language, such a person is simply regarded as “a philosopher.” Organizations like the APPA argue that advanced academic training ensures rigorous understanding of philosophical methods (APPA, n.d.). Critics contend that strict requirements may exclude capable practitioners and overlook interdisciplinary insights. The debate centres around balancing the need for rigorous philosophical expertise with inclusivity and recognition of diverse educational backgrounds (Clare & Sivil, Reference Clare and Sivil2014).

  7. (4) Admission Criteria for Persons Without a Master’s Degree in Philosophy

  8. For applicants without a master’s degree, alternative criteria may include portfolios, prior studies, and relevant professional experience. An entry interview conducted by experienced philosophical practitioners can serve to assess and recognize an individual’s aptitude as a philosopher, based on their attitude and mode of reasoning. Some programs offer foundational courses or assessments to evaluate philosophical competencies. These pathways aim to maintain standards while broadening access to the profession (LeBon, Reference LeBon2001).

  9. (5) Development of the Student (Bildung) and Duration of Training

  10. The development of the student, or Bildung, refers to the holistic educational process focused on personal and intellectual growth. The student must develop a personal practice style by integrating the program’s core elements — cultivating wisdom, studying philosophers’ biographies as models, interpreting original texts, and engaging in targeted exercises. Programs typically span 1–2 years, combining theoretical instruction and study of examples with supervised practice, workshops, and mentorship. Requirements vary; the focus is on knowledge, interpersonal skills, self-awareness, and ethical sensitivity (Mills, Reference Mills1999).

  11. (6) Graduation Criteria (Thesis, Consultations, Supervision)

  12. Graduation requires both academic and practical achievements. Students may complete a thesis or research project demonstrating their grasp of philosophical counselling principles. However, the most crucial requirement is that they demonstrate their skills through a series of recorded consultations. Practical components often include at least one year of supervised consultations to develop hands-on experience. Supervision by experienced practitioners ensures skill refinement and ethical adherence (Hoffman, Reference Hoffman2003). For example, according to the guidelines set by the Korean Society of Philosophical Counseling, in order to qualify as a professional counsellor, candidates must hold a master’s degree or higher, complete over 240 hours of philosophy-related coursework, participate in more than 160 hours of workshops, engage in at least 50 hours of societal activities, and complete over 70 hours of activities under the supervision. In addition, they are required to present at least one counselling case and publish at least three independent research papers.

In summary, the academic community has developed relatively mature and comprehensive research on the theories and applications of philosophical counselling, achieving significant breakthroughs and innovations in developing various counselling models and methods. In particular, Chinese scholars have made substantial achievements in theoretical introductions and in excavating the practical thoughts and wisdom in traditional Chinese philosophy (Ding et al., Reference Ding, Xie and Yu2024c). The continued growth and professionalization of philosophical counselling hinge upon addressing these educational and ethical considerations, ensuring that practitioners are well-equipped to meet the evolving needs of clients. Philosophical practice offers an alternative career path beyond traditional academic roles. Instead of pursuing positions as teachers or researchers after completing an academic study in philosophy, students can be trained to become practicing philosophers. This approach enables them to conduct private practices outside of the university setting, serving a diverse clientele that may include individuals, schools, or companies. This form of practice emphasizes the practical application of philosophical insights, fostering direct engagement with real-world dilemmas while also drawing on the rich traditions of philosophical inquiry.

5. The Future of Philosophical Practice: Professionalization and Public Engagement

As philosophical practice continues to gain momentum, it stands at a pivotal juncture between traditional academic philosophy and practical application in society. The evolution of philosophical practice not only influences how philosophy is perceived but also opens new avenues for professional development and public engagement. This section explores the professionalization of philosophical counselling, its current status, challenges, and potential future directions.

5.1 The Rise of Philosophical Counselling as a Global Profession

As a new dynamic in philosophical research, philosophical practice has given rise to a distinct profession: philosophical counselling. In some respects, the professionalization of philosophical counselling has preceded theoretical research or at least progressed simultaneously with it. The establishment of a specialized philosophical practice institution by German philosopher Gerd B. Achenbach in 1981 marked the formal beginning of contemporary philosophical counselling in a private practice outside academia. It is important to distinguish between philosophical practice and counselling; while the philosophical practice movement predates this period, explicit philosophical counselling truly began with Achenbach, building upon earlier implicit integrations of philosophy in psychological counselling.

As previously discussed, philosophical counselling, as a form of consultation, engages clients in philosophical dialogue to help them reflect on significant life events, resolve grief and pain arising from major transitions, and find meaning and purpose. These are crucial issues that most people face at some stage in their lives. Rather than merely applying the insights of great philosophers — a concept more suited to psychological counselling — philosophical counselling involves co-philosophizing with clients, fostering a collaborative exploration of ideas and beliefs.

At present, many philosophical counsellors practice part-time; their primary roles involve teaching and conducting academic research in universities or colleges. However, some work full-time in this field and operate as freelancers. Philosophical counselling is not yet a traditional job category and has not been incorporated into government-regulated labour market or healthcare systems. It remains largely a personal endeavour by philosophers employing their intellect and knowledge, characterized by distinctive independence. Some philosophical practitioners establish their own institutes, create personal websites, and affiliate with philosophical practice associations to attract clients and generate business. Their communication methods are not limited to face-to-face conversations but also leverage the conveniences of the digital age, developing consultation methods using modern communication tools such as telephone, email, and video conferencing platforms like Zoom or Tencent Meeting.

5.2 Advancing Professional Standards and Qualifications in Philosophical Counselling

For philosophical counsellors, philosophy has become a tool that not only enriches lives but also provides a viable career path, enabling them to make a living and establish themselves professionally. In today’s global economic climate, this is undoubtedly encouraging news for philosophy graduates who face significant challenges in the job market. Many philosophy departments have included “philosophical counselling” as a potential career direction for philosophy graduates in their enrollment brochures and provide or recommend relevant professional training courses to students.

To obtain professional qualifications and become a certified philosophical practitioner, certain conditions must be met. Taking the APPA as an example, certification can be achieved through invitation, application, or training. Distinguished practitioners may be invited to become Certified Members or join the APPA Faculty. Experienced practitioners meeting APPA requirements can apply for certification. The APPA also offers Level I (introductory) and Level II (advanced) programs in counselling, facilitation, and consulting. Programs are conducted globally under APPA Faculty supervision, covering foundational skills, advanced case analyses, and practical applications. The APPA emphasizes professional virtues of expertise, excellence, and integrity, with stringent certification standards to ensure high-quality practice.

Currently, alongside the rapid increase in the number of philosophical practitioners, the client base for philosophical practice is continually expanding. More individuals, groups, and organizations are consciously and proactively seeking help from philosophers. A comparative analysis of user traffic data via the Similarweb platform shows that in May 2025, the official APPA website recorded 3,512 visits — representing a 51.39% decrease compared to April 2025 — with an average on-site visit duration of 38 seconds. In contrast, the NPCA website registered 2,267 visits in May 2025 — a 49.36% increase over April 2025 — with an average on-site visit duration of 2 minutes and 25 seconds. Additionally, the influence of philosophical practice on mainstream academic philosophy is becoming increasingly significant. The interaction between philosophical practice and academic philosophy, traditionally limited to teaching and theoretical research, has yielded fruitful results.

Philosophical practice reveals new approaches in philosophical research, necessitating the introduction of new resources and methods distinct from traditional philosophical exploration. In other words, it employs existing philosophical theories and methods in innovative ways or from different angles in daily human life. The field of philosophical practice is undoubtedly exciting; its emergence closely links philosophy with issues that laypersons care about. Simultaneously, philosophical practice is striving to become a genuine discipline within the academic philosophical establishment. As an application of philosophy, it has raised new philosophical questions in many aspects of philosophical life (Li et al., Reference Li, Ding and Li2024).

Therefore, philosophical practice is both a profession — a new member of applied philosophy — and a philosophical topic — a new paradigm in philosophical research. The shift from a theoretical paradigm to a practical paradigm essentially transforms philosophy from an exclusive, elite academic pursuit into a secular culture in which everyone can participate.

6. Conclusion

Philosophical practice represents a transformative shift in how philosophy is perceived and applied, moving from abstract academic exercises to a practical discipline directly addressing everyday concerns. By bridging theory and practice, philosophical counselling offers individuals, groups, and organizations tools to navigate existential challenges, clarify beliefs, and achieve personal growth. The emergence of philosophical practice as a new paradigm revitalizes philosophy’s relevance and contributes to societal well-being.

Professionalizing philosophical counselling is critical for establishing its legitimacy and effectiveness. Developing standardized training and ethical guidelines, examining the efficacy of philosophical counselling methodologies, and integrating philosophical practice into healthcare systems can enhance its accessibility and impact. As the field evolves, addressing challenges related to professional recognition, educational requirements, and public engagement is essential.

Comparative studies between philosophical counselling and traditional psychotherapy can illuminate strengths and areas for improvement, identifying how philosophical practice can complement and enhance existing therapeutic approaches. Cross-cultural research is essential to adapt philosophical practice to different societal contexts, acknowledging variations in cultural values, philosophical traditions, and communication styles. Additionally, the exploration of digital platforms for philosophical counselling warrants attention, especially in expanding access and accommodating the evolving needs of a technologically interconnected world.

Interdisciplinary collaboration between philosophers, psychologists, and other mental health professionals can enrich both theoretical and practical aspects of philosophical practice. By bridging gaps between disciplines, practitioners can develop holistic approaches to address complex human experiences. Moreover, integrating philosophical practice into educational systems (e.g., P4C) could foster critical thinking and ethical reasoning from an early age, promoting a more reflective society.

In conclusion, philosophical practice holds significant potential for enriching lives and transforming societies. By embracing philosophy as a way of life, practitioners and clients engage in meaningful dialogues, fostering a deeper understanding of the human condition. Ongoing development and integration of philosophical practice will contribute to a more compassionate and enlightened world.

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Acknowledgements

We would like to express our sincere gratitude to Nancy Salay, the Anglophone Editor of Dialogue, for her kind support and helpful guidance. We are especially thankful to Jill Flohil, the Editorial Assistant whose meticulous and thorough editing has significantly enhanced the quality of this article. This work was supported by the MOE (Ministry of Education in China) Project of Humanities and Social Sciences (Grant No. 19YJC720006) and the National Social Science Foundation of China (Grant No. 20FZXB047).

Competing interests

The authors declare none.

Article # 68 – Annuaire : philothérapeutes,  philosophes consultants, philosophes praticiens

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Observatoire francophone de la philothérapie

Document officiel annuel 2023

Annuaire de la philothérapie

Philothérapeutes • Philosophes consultants • Philosophes praticiens


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Image par Gordon Johnson de Pixabay


Annuaire de la philothérapie

Philothérapeutes • Philosophes consultants • Philosophes praticiens

NOTE

En l’absence d’une association d’accréditation des philothérapeutes, philosophes consultants ou praticiens en francophonie, il est difficile de les repérer. Il ne nous reste plus que de nombreuses recherches à effectuer sur le web pour dresser une liste, aussi préliminaire soit-elle.

Les intervenants en philothérapie ne se présentent pas tous sous la même appellation : « philothérapeute », « philosophe consultant » ou « philosophe praticien » « conseiller philosophique » « philosophe en entreprise », « philosophe en management » et autres.

Et c’est sans compter les intervenants qui se présentent comme des « coachs » versés dans le conseil philosophique.

Certains intervenants tiennent un discours qui relève davantage du développement personnel avec une approche entremêlant la psychologie et la philosophie.

Parmi les intervenants, il y a aussi ceux qui portent plusieurs chapeaux : philosophe, psychologue, psychanalyste, sophrologue… Il n’est aisé de s’y retrouver.

J’ai dénoncé l’absence d’une association d’accréditation en ces mots :

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

Source : Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs ».


Annuaire de la philothérapie

Philothérapeutes • Philosophes consultants • Philosophes praticiens

OBSERVATIONS

Alignées sur les standards de l’Observatoire francophone de la philothérapie

Au cours de l’année 2023, j’ai accordé mon attention à la présence et au positionnement des philothérapeutes (philosophes consultants et philosophes praticiens) sur le web.

NOTE Dans ces Observations, j’utilise uniquement l’appellation « Philosophe consultant » pour désigner à la fois ce dernier, le « philosophe praticien », le « philosophe en entreprise » et le « philosophe en management ».

Observation # 1 – Appellation professionnelle

L’appellation « Philothérapeute » a quasiment disparu au profit de « Philosophe consultant » et de « Philosophe praticien ». L’appellation des services rendus « Consultation philosophique » et « Formation à la consultation philosophique » demeure utilisée. On notera aussi une présence accrue de l’appellation « Philosophe en entreprise ».

Observation #1.1 L’absence d’une appellation unique complique passablement le repérage des services de consultations philosophique sur le web.

Observation # 2 – Accréditation professionnelle

Aucune de ces appellations ne profite d’une accréditation officielle reconnue par une quelconque autorité nationale (un ordre professionnel ou une association).

Observation # 2.1 En l’absence d’une autorité d’accréditation, les intervenants dans le domaine ne partagent pas un code de pratique et d’éthique commun.

Observation # 2.2 En l’absence d’une autorité d’accréditation, les éléments essentiels de la formation à la consultation philosophique ne peuvent pas être identifiés.

Observation # 3 – Crédibilité de la formation

La crédibilité des philosophes consultants repose sur une formation universitaire préalable en philosophie.

Observation # 3.1 L’absence de formation universitaire en philosophie est parfois compensée par une formation acquise auprès de philosophes consultants offrant le service.

Observation # 3.2 Certains philosophes consultants s’affichent sous l’appellation « autodidactes » ou « amateur de philosophie ».

Observation # 4 – Crédibilité par l’éducation populaire sur le web

Certains philosophes consultants, moins d’une douzaine, s’adonnent à l’éducation populaire en diffusant une information généreuse au sujet des bienfaits de leurs pratiques et de la philosophie comme mode de vie auprès des internautes en visite sur leurs propres sites web et sur les réseaux sociaux. Ces informations gratuites se transmettent par des conférences/ateliers en ligne, de lettres d’informations adressées par courriel aux abonnés, et d’articles publiés périodiquement. Ces informations permettent aux intéressés de s’informer adéquatement et d’accorder de la crédibilité aux philosophes consultants de leur choix.

Observation # 5 –  Crédibilité par la présence maximale sur le web

Un philosophe consultant jouit des retombées d’une présence maximale sur le site en possédant et en alimentant son propre site web et en étant présent sur un ou plusieurs réseaux sociaux.

Observation # 5.1 L’absence de site web et une présence uniquement sur les réseau sociaux mine passablement la crédibilité du philosophe consultant.

Observation # 6 – Crédibilité par coordonnées

L’absence de coordonnées sur le site web et/ou les réseaux sociaux, c’est-à-dire, du nom officiel de l’entreprise de consultation, de l’adresse civique et du numéro de téléphone sape sérieusement la crédibilité de la démarche commerciale du philosophe consultant.

Observation # 6.1 La présence sur les réseaux sociaux sans coordonnées de contact, limitant ainsi l’intéressé à des commentaires des « posts » (messages) discrédite le philosophe consultant.

Observation # 6.2 Sur le réseau social LinkedIn, certains philosophes consultants adhérent au classement par niveau alors que certains niveaux ne permettent par aux intéressés d’entrer en contact avec eux à moins d’être sous le même niveau.

Observation # 7 – Crédibilité par spécialisation(s)

La crédibilité de première du philosophe consultant se rattache à sa spécialisation dans les consultations philosophiques pour les personnes et/ou les entreprises. Or, on observe chez certains philosophes consultants l’affichage de plusieurs autres spécialisations (hypnose, réflexologie chinoise et ostéopathique, relaxation par le yoga et la méditation, techniques de respiration…) en plus de celle en consultation philosophique. Cette approche décrédibilise la spécialisation en consultation philosophique parce qu’elle retrouve sur une liste de services non-apparentés à la formation de philosophe.

Observation # 8 – Le coaching… philosophique

Plusieurs coachs de vie personnelle et/ou professionnelle exploitent allègrement des références à la philosophie pour se crédibiliser. Ces références se limitent souvent à des citations de philosophes reconnues sans aucune contextualisation.

Observation # 10 – Le développement personnel… philosophique

Certains philosophes consultants lorgnent vers le développement personnel dans leurs stratégies commerciales de positionnement marketing et décrédibilisent ainsi leur spécialisation en consultation philosophique.

Observation # 11 – Conséquences de l’abandon de l’appellation « Philothérapie »

Des années après l’abandon des appellations « Philothérapie » et « Philothérapeute » à l’époque du lancement de la consultation philosophique privée ou en entreprise et dans le cadre actuel de la récupération de la philosophie par le secteur du développement personnel, le philosophe consultant a perdu la protection originale du nom de sa pratique. L’usage des appellations « Philothérapie » et « Philothérapeute » impliquait une formation reconnue en philosophie et en thérapie de l’esprit. Ne pouvait donc pas relever de la « philothérapie » n’importe lequel sujet et objectifs, et du « Philothérapeute » qui le voulait. Les mots appellations « Philothérapie » et « Philothérapeute » protégeait le philosophe consultant d’un amalgame avec la psychologie et du rayonnement de cette dernière sur sa nouvelle profession, tout en le distinguant nettement du développement personnel. Ce n’est plus le cas.

CONCLUSION

Dans ce brouhaha sur le web et en l’absence d’une autorité d’accréditation des philosophes consultants, l’Observatoire francophone de la philothérapie a pris la décision de lancer un projet d’Annuaire de la philothérapie (voir les pages suivantes).

Le but est de regrouper dans une liste avec les coordonnées requises les philosophes consultants présents sur le web. Il ne s’agit pas de se substituer à une potentiel émergence d’une autorité d’accréditation professionnelle.


[1] Au cours de l’année 2023, l’« Observatoire québécois de la philothérapie » a changé de nom pour « Observatoire francophone de la philothérapie ».


Observatoire francophone de la philothérapie

https://philotherapie.ca/   info@philotherapie.ca

Une initiative de Serge-André Guay, auteur, conférencier et bibliographe

31, rue St-Joseph, Lévis, Québec, Canada. G6V1A8 Tél.: 581-988-7146

Mise à jour le 15 décembre 2023

Annuaire de la philothérapie

Philothérapeutes • Philosophes consultants • Philosophes praticiens

L’Observatoire francophone de la philothérapie présente un annuaire des philothérapeutes, philosophes consultants ou philosophes praticiens présents sur le web.

Si vous n’êtes pas listés dans cet annuaire prière de communiquer par courriel

(info@philotherapie.ca).

INTERVENANTS EN PHILOTHÉRAPIE

Reconnus pour leurs expertises dont témoignent leur présence sur le web pour se faire connaître, présenter la discipline et informer généreusement et gratuitement leurs internautes.

Jérôme Lecoq Philosophe Praticien
122 avenue Marceau, 93130 Noisy-le-Sec, FranceCourriel : jlecoq@dialogon.frSkype : jerome.lecoqhttps://www.linkedin.com/in/jeromelecoq/

https://www.dialogon.fr/

Nathanaël Masselot – Philothérapeute
Thérapie Lille – Thérapie Lyon – Thérapie Toulouse – Thérapie Nice – Thérapie Nantes – Thérapie Montpellier Thérapie Marseille – Thérapie Bordeaux – Thérapie Strasbourg – Thérapie ParisTéléphone et SMS : +33 664 662531Courriel : philotherapeute@gmail.comhttps://www.linkedin.com/in/nathana%C3%ABl-masselot/

https://www.philotherapeute.fr/

Eugénie Vegleris Consultante philosophe
1 rue l’Abbé de l’Epée, F.75005 PARISTéléphone : +33 (0)6 87 11 91 03https://www.linkedin.com/in/eugenievegleris/https://www.eugenie-vegleris.com/
Laurence Bouchet  Philosophe praticienne
Besançon et périphérieTéléphone : 06 10 44 78 59Courriel : laurencelevant@wanadoo.frhttps://www.linkedin.com/in/laurence-bouchet-21b54a5a/

http://surlefil.over-blog.net/

https://www.laurencebouchet-pratiquephilosophique.com/

Patrick Sorrel Praticien et formateur en philothérapie
Siège social : 150 Galerie de l’Arlequin, 38100 GrenobleCourriel : pat_sorrel@yahoo.frTéléphone : 06 10 99 89 34Centre Arc-en-ciel, 7 place Gustave Rivet, 38000 GRENOBLE

https://www.linkedin.com/in/patrick-sorrel-b10719202/

https://www.patricksorrel.com/

https://www.facebook.com/filOterrehappy

Nina Bonnefoy  Association Les Philosophines
+33 6 24 38 12 60
lesphilosophines@gmail.com

Philothérapeute ~ Pratique des « Balades Philothérapeutiques »

Philosophe Spécialiste d’Éthique, Éducation & Sociétés

Artiste

Créatrice de Programmes & Enseignements de Philosophie pour les enfants & adolescents

Praticienne Holistique – En France et à l’étranger, presentiel/distantiel (Français/Anglais)

Simon Delannoy
Lille et périphérieCourriel : simon@simondelannoy.comhttps://simondelannoy.podia.com/https://www.linkedin.com/in/simon-delannoy/

https://www.youtube.com/c/SimonDelannoy

https://f865-simon.systeme.io/lettredelavoie

Christopher Laquieze
Bordeaux, Nouvelle-Aquitaine, FranceCourriel : elcuarto1313@gmail.comhttps://www.linkedin.com/in/christopher-laquieze-4954b7255/https://linktr.ee/chrislaquieze

https://formations.leveilspirituel.fr/page-de-vente-banquet-promo1683556137416

https://smartlink.ausha.co/lespritlibre

Éric Delassus
46 rue du 22e RMVE 80890 Condé-Folie, France.Téléphone : 0648759584 (Mobile)Courriel : eric.delassus@orange.frhttp://cogitations.free.fr/

https://www.linkedin.com/in/%C3%A9ric-delassus-a7b33532/

https://philia562877567.wordpress.com/

Oscar Brenifier
Paris et périphérieCourriel : oscarbrenifier@yahoo.frhttps://www.linkedin.com/in/oscarbrenifier/http://www.pratiques-philosophiques.fr/fr/

https://www.facebook.com/profile.php?id=100062912337313

Anna Gichkina
185 rue Florival 68530 BuhlTéléphone : 06 68 85 57 46Courriel : a.gichkina@dialogue-socratique.frhttps://www.linkedin.com/in/anna-gichkina-577b81136/

https://www.dialogue-socratique.fr/

Tristan Bitsch
Association Maison de la philosophie pratique1 rue des Tuiliers, 69003 Lyon, FRANCETéléphone : +33 (0)6 19 28 98 01Courriel : tristan.bitsch@lilo.org

https://www.linkedin.com/in/tristan-bitsch-89996654/

https://www.maison-philopratique.org/

Anne-Adeline Fourtet
Maïeuthika69 rue de la Croix-Rousse, 01240 Marlieux-ChâtillonCourriel : anne-adeline.fourtet@maieuthika.frTéléphone : 06 74 48 79 62

linkedin.com/in/anne-adeline-fourtet-536727185

http://www.maieuthika.com/

Marie Léger
Philosophietherapie – Philosophie Thérapiehttps://www.tiktok.com/@philosophietherapie?lang=frhttps://www.linkedin.com/in/marie-l%C3%A9ger-2b0270204/

Autres intervenants en philothérapie

Laurence Vanin
Label-Idées (association)http://www.laurencevanin.fr/
Nelly Margotton
PHEDON, 10 quai Kléber – 67000 StrasbourgTéléphone : 0660141891 (Mobile)Courriel : nelly.margotton@hotmail.frhttps://www.linkedin.com/in/nelly-margotton-8a166827/

https://www.phedon-consult.com/

Pierre d’Elbée
Iphae Conseil66 rue Condorcet 75009 ParisTéléphone : +33 6 13 02 85 22https://www.linkedin.com/in/pierredelbee/

https://www.iphae.fr/consultants/

https://twitter.com/pierredelbee?lang=fr

Tomasso W. Bertolotti
monPHILOSOPHE18, rue de l’Abbé Grégoire, Issy-Les-Moulineaux, France.Téléphone : +33 (0) 46 45 93 58Courriel : hello@monphilosophe.com

http://monphilosophe.com/fr/

https://universitiamo.eu/app/uploads/2017/10/CV-Bertolotti.pdf

Marie Robert
Téléphone : 0611215011 (Mobile)Courriel : philosophyissexyzoom@gmail.comhttps://www.linkedin.com/in/marie-robert-84005a33/https://www.philosophyissexy.fr/

https://www.instagram.com/philosophyissexy/?hl=fr

Tristan Bitsch
Association Maison de la philosophie pratique, 1 rue des Tuiliers, 69003 Lyon, FRANCETéléphone : +33 (0)6 19 28 98 01Courriel : tristan.bitsch@lilo.orgCourriel : tristan.bitsch@noeticbees.com

https://www.linkedin.com/in/tristan-bitsch-89996654/

https://www.maison-philopratique.org/

Sophie Geoffrion
BORDEAUX16 rue Blanc Dutrouilh, 33000 Bordeaux CentrePARIS11 rue Saint-Louis en L’ILE, 75004 Paris

Téléphone : 06 89 61 43 60

Courriel : sophiegeoffrion@hotmail.com

https://www.linkedin.com/in/sophie-geoffrion-a364a56a/

http://sophiegeoffrion.com/

Audrey Gers
Art et Philosophie en Pratique27 Rue des Maréchaux 17400 Saint-Jean-d’Angély, FranceCourriel : moc.liamg@euqitarpneihposolihpalhttps://www.linkedin.com/in/audreygers/

https://art-et-philo-en-pratique.com/

Alicia Polzella Gauduel
AGO PHILOParis et périphérieTéléphone : 06 13 53 48 48Courriel : agophilomail@gmail.com

Courriel : alicia@agophilo.fr

https://www.linkedin.com/in/alicia-polzella-gauduel-ab400415b/

http://www.agophilo.fr/

Etienne Hacken
Bruxelles, Région de Bruxelles-Capitale, BelgiqueCourriel : cabinetphilosophique@gmail.comhttps://www.linkedin.com/in/etienne-hacken-1751911b9/https://cabinetphilosophique-etiennehacken.be/

Caroline Anthérieu-Yagbasan
PhilafilAix-en-Provence, Provence-Alpes-Côte d’Azur, France13790, Peynier – Francehttps://www.linkedin.com/in/caroline-anth%C3%A9rieu-yagbasan-9885541b1/

https://www.philafil.fr/

Célia Ouf
Chevreuse, Île-de-France, Francehttps://www.linkedin.com/in/c%C3%A9lia-ouf-b20060295/https://www.instagram.com/chemin.philo/
Nicolas Bouteloup
Paris, Île-de-France, FranceZone d’intervention : France, Suisse RomandeCourriel : nicolas.bouteloup@gmail.comhttps://www.linkedin.com/in/nicolas-bouteloup/

https://nicolasbouteloup.com/


Lucille Garric
Tous philosophes – La pratique philosophique tout terrainCrest, Auvergne-Rhône-Alpes, Francehttps://www.linkedin.com/in/lucillegarric/https://tousphilosophes.com/
Guillaume Rosquin
Koru Conseil – Espace de penséeMâcon, Bourgogne-Franche-Comté, FranceCourriel : guillaume.rosquin@free.frhttps://www.linkedin.com/in/guillaumerosquin/

https://www.koru-conseil.fr/

Guillaume Déléan
Consulting Socratique73610 Attignat-Oncin, France (métropolitaine)Attignat, Auvergne-Rhône-Alpes, France8 rue Belfort 69004 Lyon

Téléphone : (33)614283788

Téléphone : 06.14.28.37.88 (Mobile)

Courriel : gdelean@consulting-socratique.com

https://www.linkedin.com/in/guillaumedelean/

https://consulting-socratique.com/

Baptiste CANAZZI
NOETIC BEESLyon, Auvergne-Rhône-Alpes, FranceTéléphone : 0681966455 (Mobile)153 Boulevard de la Croix-Rousse – 69004 LYON

Courriel : baptiste.canazzi@noeticbees.com

https://www.linkedin.com/in/baptistecanazzi/

https://calendly.com/baptiste-canazzi/rdv-30min?month=2023-12

https://www.noeticbees.com/

Valérie Dufayet
Atelier Phil’Osons – Marseille Capitale de la MerConférences Réveil – Mediaschool Marseille – Lycée ProvenceTéléphone : 0669352153Courriel : atelierphilosons@gmail.com

https://www.linkedin.com/in/val%C3%A9rie-dufayet-79a855a7/

http://www.atelierphilosons.com/


Bruno GOMEZ
Cabinet de Réflexion ORATORI – Bruno GOMEZ154 AVENUE DU 7ème RÉGIMENT DE TIRAILLEURS ALGÉRIENS, 13190 ALLAUCHTéléphone : 06-47-54-68-67Courriel : cabinetdereflexion@orange.fr

https://www.linkedin.com/in/bruno-gomez-3a36b4233/

https://www.oratori-philo.fr/

Anna Gichkina
Cabinet du Dialogue Socratique – Philothérapie pour une réflexion structurée185 rue Florival 68530 Buhl (Grand Est, France)Téléphone : 06 68 85 57 46Courriel : a.gichkina@dialogue-socratique.fr

https://www.linkedin.com/in/anna-gichkina-577b81136/

https://www.dialogue-socratique.fr/

Georges Colleuil
École internationale du Référentiel – Le Référentiel de Naissance ®Courriel : georgescolleuilperso@gmail.comCourriel : gkommdiffusion@gmail.comCourriel : ecole.reform@gmail.com

Téléphone : +33 (0)612 518 731

Courriel : ecole.reform@gmail.com

http://www.ateliers-etc.fr/atelier_philotherapie.html

https://www.georgescolleuil.com/

Ciprian-Florin Stancu
Consultations à Paris, L’Isle-Adam ou SkypeTéléphone : 06-5139-5252https://philosophe-praticien.fr/
Chiari Nicolas
NîmesTour de Polygone, 5ème étage, boîte 29, 265 av des États du Languedoc, 34000 Montpellierhttps://www.resalib.fr/praticien/64176-chiari-nicolas-philotherapeute-nimes
Oriana Brücker
1204 Genève, SuisseTéléphone : +41 78 7646463Courriel : contact@philosophie-pratique.chhttps://www.linkedin.com/in/oriana-bruecker/

https://www.philosophie-pratique.ch/

Robert Alexander
Bruxelles et périphérieCourriel : robert@docteuralexander.comTéléphone : 0032 (0) 475 89 97 02http://docteuralexander.com/
Bruno Magret et Raphaël Sérail
http://brunomagret.viabloga.com/
Raphaël Sérail
Les ateliers d’éveil philosophiqueTéléphone : 06 78 65 29 62Courriel : philo.serrail@gmail.comhttps://www.atelierphiloraphaelserrail.com/
Jean Mathy
Levallois-Perret, Hauts-de-Seine, Île-de-FranceCourriel : jean.mathy@perce-neige.orghttps://www.linkedin.com/in/jeanmathyprofile/https://www.perce-neige.org/
Jérôme Meyniel
L’Œil de Socrate, cabinet d’études et de conseil en philosophieNous sommes basés en Bretagne, et nous intervenons sur tout le territoire national,
mais également dans les pays francophones, notamment en Suisse, à Monaco et en Belgique.
Téléphone : 06 86 54 31 57Courriel : contact@loeildesocrate.com

Courriel : jerome.meyniel@gmail.com

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https://www.loeildesocrate.com/

Francis COUSIN
Cabinet de Philo-analyse Francis Cousin2 bis, rue Pétel, 75015 PARISCourriel : f.cousin@philo-analyse.comhttps://philo-analyse.com/index.htm
Isabelle Millon
Directrice chez Institut de Pratiques PhilosophiquesParis et périphérieTéléphone : 0603463390 (Mobile)Courriel : isabellemillon2013@gmail.com

https://isabellemillon-pratique-philosophique.com/

https://www.linkedin.com/in/isabelle-millon-67394534/

Xavier Leleu
méta ? | proGranville, FranceTéléphone : 02 33 90 26 70Courriel : contact@meta-phi.org

https://meta-phi.org/

Oriana Brücker
1204 GenèveTéléphone : +41 78 7646463Courriel : contact@philosophie-pratique.chhttps://www.linkedin.com/in/oriana-bruecker/

https://www.philosophie-pratique.ch/

Laura Lange
Lyon, Auvergne-Rhône-Alpes, FranceCourriel : contact@lauralange.frhttps://www.linkedin.com/in/laura-lange-35821248/https://www.lauralange.fr/
Philippe Guitton
EDITIONS ANCRAGES2 BD ANDRE AUNE, 13006 MARSEILLE 6Philosophe praticienhttps://www.linkedin.com/in/philippe-guitton-12964069/

https://ancrages-edition.com/auteur/philippe-guitton/

https://www.pappers.fr/entreprise/ancrages-490768207

Jean-Yves Dubé
Québec, Québec, Canadahttps://www.linkedin.com/in/jean-yves-dub%C3%A9-2aa90957/https://jeanyvesdube.com/Courriel : jeanyvesdube.consultantenphilo@gmail.com

Téléphone: 418 660-7282

José Alvarez
Consultant en Philosophie et en question d’Éthique pour l’entreprise et l’éducationSubjectivité à l’époque contemporaine – La Philo dans le monde contemporainhttps://ethikos.hypotheses.org/Courriel : philoethique67@gmail.com

https://www.linkedin.com/in/jos%C3%A9-alvarez-807b9624b/

Anna Touati
ATELIERS DE PHILOSOPHIERomainville, Île-de-France, FranceCourriel : Anna.touati@outlook.frTéléphone : +33 6 50 53 59 84

https://www.linkedin.com/in/anna-touati-04b827210/

https://www.ateliers-philosophie.com/?fbclid=IwAR1SyuVtlV376CzIhf35YTy2WijrWOE7L6nQgXrV4Mw_SEc2XbucRe1tH38

INTERVENANTS – AUCUN SITE WEB TROUVÉ

François Cailliau / Matthieu-François CAILLIAU
Quimper, Bretagne, FranceCourriel : cailliau@protonmail.chhttps://www.linkedin.com/in/fran%C3%A7ois-cailliau-770500a0/
José Alvarez
Strasbourg, Grand Est, FranceCourriel : philoethique67@gmail.comhttps://www.linkedin.com/in/jos%C3%A9-alvarez-807b9624b/
Lara Pierquin-Rifflet
Région de Bruxelles-CapitalePhilosophe praticienne – Doctorante en philosophie de l’éducationCourriel : lara@rifflet.beNantes Université

https://www.univ-nantes.fr/lara-pierquin-rifflet

https://www.linkedin.com/in/lara-pierquin-rifflet-94695157/


Brigitte Aiache
Brigitte (Cabinet En Sens?) AiacheTéléphone : 0676469148 (Mobile)6 rue de Remusat Paris 75016Courriel : aiache.brigitte@gmail.com

https://www.linkedin.com/in/brigitte-aiache-a8472696/

Le Temps de la Philosophie
Transmettre la philosophie au quotidien, à tou.te.s, avec pédagogie et passion!Avignon / Paris , FRhttps://www.linkedin.com/company/le-temps-de-la-philosophie/about/https://letempsdelaphilosophie.com/
Christophe Baudet
https://www.linkedin.com/in/christophe-baudet-4b84104a/https://www.lepoint.fr/societe/quand-la-philo-soigne-11-09-2018-2250217_23.php#11AUCUN SITE WEB TROUVÉ
Anne Pineau-Valencienne, nom d’usage O’Byrne
https://www.linkedin.com/in/anne-pineau-valencienne-nom-d-usage-o-byrne-a2b431283/AUNCUN SITE WEB TROUVÉ
Michael Cote
https://www.linkedin.com/in/michael-cote-15306aa8/AUCUN SITE WEB TROUVÉ
Santiago Gregorio Caballero
https://www.linkedin.com/in/santiago-gregorio-caballero-55abb56a/AUCUN SITE WEB TROUVÉ

ASSOCIATIONS

Art et Philosophie en Pratique
https://www.linkedin.com/company/artphiloprat/https://art-et-philo-en-pratique.com/https://artphiloprat.start.page/
Thaé. Agence de philosophie
10 rue du Jourdain, 75020 Paris, Francehttps://www.linkedin.com/company/tha%C3%A9/https://thae.fr/
Les petites Lumières – ATELIERS de PHILOSOPHIE pour ENFANTS
16 RUE BERANGER 75003 PARISCourriel : contact@ateliersdephilosophiepourenfants.comCourriel : chiara.pastorini.lacroix@gmail.comTéléphone : 0033 (0)6 03 50 36 27

https://www.ateliersdephilosophiepourenfants.com/

Philoland (Sophie Geoffrion)
BORDEAUX : 16 rue Blanc Dutrouilh, 33000 Bordeaux CentrePARIS : 11 rue Saint-Louis en L’ILE, 75004 ParisTéléphone : 06 89 61 43 60Courriel : sophiegeoffrion@hotmail.com

https://www.linkedin.com/in/sophie-geoffrion-a364a56a/

https://www.sophiegeoffrion.com/philoland-la-philosophie-appliquee.html

Faire Philo
Association rassemblant les professionnels de la philosophie pratique18 rue professeur Joseph Nicolas, Bâtiment B13, 69008 Lyon.Courriel : contact@fairephilo.comhttps://fairephilo.com/
Nicolas BouteloupConférencier, animateur d’ateliers, enseignant (université, organisation privée, public adulte), accompagnement individuel ou collectif.Courriel : nicolas.bouteloup@gmail.comhttps://www.linkedin.com/in/nicolas-bouteloup/
Stéphane ClouxAteliers philosophiques pour enfants, adolescents, familles, adultes, et personnes âgées.https://www.linkedin.com/in/st%C3%A9phane-cloux-4b250061/
Elsa MassahCourriel : elsa.massah@gmail.comhttps://www.linkedin.com/in/elsa-massah-1bb65a34/
Julia Oroscohttps://www.linkedin.com/in/julia-orosco-96b904172/

SERVICES OFFERTS AUX STRUCTURES ET AUX GROUPES UNIQUEMENT

Myriam Mekouar
https://www.linkedin.com/in/myriam-mekouar-928a86198/https://www.asso-lecume.fr/

PHILOSOPHIE PRATIQUE ET AUTRES SERVICES

Cécile Balligand
Philosophie, hypnose et thérapies brèvesConsultations individuelles et conférences à Bruxelles et à ArlonRégion de Bruxelles-Capitale, BelgiqueTéléphone : 0497/401889 (Mobile)

Courriel : cecileballigand@yahoo.fr

https://www.linkedin.com/in/cecileballigand/

https://www.philotherapie.be/

Marie Hourdin
https://www.linkedin.com/in/mariehourdin-echoducorps/https://www.echoducorps.fr/pratique-philosophique/
Chromatika
https://www.chromatika.org/spip/
Emilie Devismes
https://www.linkedin.com/in/emiliedevismes/https://www.espacesyrinx.fr/prestations/philotherapie/
Philippe Hoebeke
https://philhotherapie.com/
Jeferson philothérapeute
https://jeferson-consultant.business.site/
Thierry Aymès
http://thierryaymes.blogg.org/PHILOSONGhttps://www.philosong.fr/PHILOSCÈNE

https://www.babdp.org/philoscene

Marie Hourdin
https://www.echoducorps.fr/pratique-philosophique/
David Tiquant
Ateliers philo pour enfants & Conférenceshttps://www.davidtiquant.fr/
Ciprian-Florin Stancu
https://philosophe-praticien.fr/
Ciprian Stancu
https://psychotherapie-philotherapie.com/parcours/ciprian
Pierre-Eric Sutter
Psychologue du travail depuis 1992, psychothérapeute et philosophe praticienhttps://psychotherapeute-pesutter.com/

MEDIAS

La Pause Philo
La Pause Philo est un média associatif qui explore la philosophie appliquée et la diversité des pratiques auxquelles elle donne naissance.http://lapausephilo.fr/
Diotime
Revue internationale de la didactique et des pratiques de la philosophiehttps://diotime.lafabriquephilosophique.be/
Entre-vues
https://www.entre-vues.net/ressources/les-nouvelles-pratiques-philosophiques/

RESSOURCES

LaboPhilo – Julien LAVENU – philosophie pour enfants
https://www.labophilo.fr/
Institut de Pratiques Philosophique
Livres numériques gratuitshttp://www.pratiques-philosophiques.fr/fr/livres/

FORMATION

Institut de Pratiques Philosophique
http://www.pratiques-philosophiques.fr/fr/
Cours de Philosophie – Nouvelle Acropole Belgique
https://cours-philosophie.be/programme/
WUACADEMIA et la Fondation World and Universal Academy
Philosophe et business coach ou coach en entreprisehttp://www.wuacademia.org/cours-philosophe-coach-en-entreprise-business-coach.html
FORMATION MANAGEMENT ET PHILOSOPHIE
Thibaud Brière
Téléphone : 06 85 29 52 71 (Professionnel)Courriel : thibaud.briere@philos.frhttps://www.linkedin.com/in/thibaud-bri%C3%A8re-3b520b55/https://www.thibaud-briere.com/
Philosophie et management ASBL
Établir un pont entre philosophie et management – Services et conseils aux entreprisesAvenue Jan Olieslagers 26, bte 2Woluwé-Saint-Pierre 1150Belgium

https://philoma.org/

https://www.linkedin.com/company/philoma-org/

Courriel : info@philoma.org

Laurence Devillairs
Conseil en affaires, Conseil en image de marque et Conseil en managementhttps://www.linkedin.com/in/laurence-devillairs-990578a9/
Axel Mannarino
MANNAAAdresse : 7 villa du bois joli 95230 SOISY SOUS MONTMORENCYTéléphone : 06.99.38.89.96Courriel : axelmanna@hotmail.fr

Courriel : axel.mannarino@mannaa.consulting

https://www.linkedin.com/in/axel-mannarino/

https://mannaa.consulting/

Anne-Laure Thessard
Nice, Francehttps://annelaurethessard.com/Courriel : anlaure.thessard@gmail.comhttps://www.linkedin.com/in/anne-laure-thessard-427434ba/

Dernière mise à jour : 15 décembre 2023

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La philothérapie – Un état des lieux

par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

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Liste des rapports de lecture et autres articles

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

Article # 62 – Soigner par la philosophie, En marche – Journal de la Mutualité chrétienne (Belgique)

“ Après les succès d’Épicure 500 vous permettant de faire dix repas par jour sans ballonnements, après Spinoza 200 notre inhibiteur de culpabilité, les laboratoires Laron, vous proposent Philonium 3000 Flash, un médicament révolutionnaire capable d’agir sur n’importe quelle souffrance physique ou mentale?: une huile essentielle d’Heidegger pour une angoisse existentielle, une substance active de Kant pour une douleur morale…. Retrouvez sagesse et vitalité en un instant ”, s’amusaient les chroniqueurs radio de France Inter dans une parodie publicitaire diffusée à l’occasion d’une émission ayant pour thème?: la philosophie peut-elle soigner le corps ?

Article # 63 – Contre le développement personnel. Thiery Jobard, Éditions Rue de l’échiquier, 2021

J’attribue quatre étoiles sur cinq à ce livre. Les lecteurs assidus de mes articles connaissent fort bien ma position plus que défavorable face au développement personnel. À l’instar de Thiery Jobard, je suis contre le développement personnel. Je qualifie le développement personnel d’arnaque extrêmement dangereuse pour ses adeptes et notre société.

Article # 64 – Apocalypse cognitive – La face obscure de notre cerveau, Gérald Bronner, Presses Universitaires de France (PUF), 2021

Le philothérapeute (philosophe consultant ou philosophe praticien) a l’obligation de très connaître le contexte dans lequel évolue son client. Le développement de l’esprit critique de ce client passe inévitablement par une prise de conscience de sa cognition en vue de comprendre comment il connaît. Si, dès le départ, le client n’a pas conscience de son mode de pensées, il lui sera difficile de participer activement au dialogue avec son philothérapeute. L’objectif primaire du philosophe consultant demeure de déceler et de corriger les biais cognitifs de son client avant même d’abord une question philosophique. Bref, si la »machine à pensée » du client est corrompu par des «virus cognitifs », une «réinitialisation » s’impose en début de séance de consultation.

Article # 65 – Développement (im)personnel – Le succès d’une imposture, Julia de Funès, Éditions de l’observatoire/Humensis, 2019

Dans son livre « Développement (im) personnel, Julia de Funès, docteure en philosophie, soutient que le développement personnel offre la même recette à tous et qu’à ce titre il ne peut donc pas se qualifier sa démarche de « personnel ». Selon ma compréhension, le développement personnel devrait mettre de l’avant un développement personnalisé, c’est-à-dire adapté à chaque individu intéressé pour se targuer d’être personnel.

Article # 66 – Savoirs, opinions, croyances – Une réponse laïque et didactique aux contestations de la science en classe, Guillaume Lecointre, Édition Belin / Humensis, 2018

Mon intérêt pour la pensée scientifique remonte à plus de 25 ans. Alors âgé d’une quarantaine d’année, PDG d’une firme d’étude des motivations d’achat des consommateurs, je profite des enseignements et de l’étude du processus scientifique de différentes sources. Je me concentre vite sur l’épistémologie…

Article # 67 – À l’école du doute – Apprendre à penser juste en découvrant pourquoi l’on pense faux, Marc Romainville, Presses Universitaires de France / Humensis, 2023

Ce livre m’a déçu en raison de la faiblesse de sa structure indigne de son genre littéraire, l’essai. L’auteur offre aux lecteurs une foule d’information mais elle demeure difficile à suivre en l’absence de sous-titres appropriés et de numérotation utile pour le repérage des énumérations noyés dans un style plus littéraire qu’analytique.

Article # 68 – Ébauche d’un annuaire : philothérapeutes, philosophes consultants, philosophes praticiens

En l’absence d’une association d’accréditation des philothérapeutes, philosophes consultants ou praticiens en francophonie, il est difficile de les repérer. Il ne nous reste plus que de nombreuses recherches à effectuer sur le web pour dresser une liste, aussi préliminaire soit-elle. Les intervenants en philothérapie ne se présentent pas tous sous la même appellation : « philothérapeute », « philosophe consultant » ou « philosophe praticien » « conseiller philosophique » « philosophe en entreprise », « philosophe en management » et autres.

Article # 69 – Guérir l’impossible – Une philosophie pour transformer nos souffrances en forces, Christopher Laquieze, Guy Trédaniel Éditeur, 2023

J’ai lu le livre GUÉRIR L’IMPOSSIBLE en me rappelant à chaque page que son auteur, Christopher Laquieze, est à la fois philosophe et thérapeute spécialisé en analyse comportementale. Pourquoi ? Parce que ce livre nous offre à la fois un voyage psychologique et philosophique, ce à quoi je ne m’attendais pas au départ. Ce livre se présente comme « Une philosophie pour transformer nous souffrances en forces ». Or, cette philosophie se base davantage sur la psychologie que la philosophie. Bref, c’est le « thérapeute spécialisé en analyse comportementale » qui prend le dessus sur le « philosophe ».

Article # 70 – Agir et penser comme Platon – Sage, penseur, philosophe, juste, courageux …, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Nathaniel Masselot maîtrise fort bien son écriture visiblement axée sur son accessibilité et sa compréhension par tous. Loin de la vulgarisation simpliste, l’auteur nous parle comme nous parlons. Loin de l’écriture hermétique, l’auteur n’a pas la tête dans les nuages et isolé dans une tour surplombant la société; il marche auprès de nous. Avec ses références à l’actualité, il campe son lecteur dans la réalité quotidienne où il évolue.

Article # 71 – 7 règles pour une vie (presque) sans problème, Simon Delannoy, 2022

Ma lecture de ce livre m’a procuré beaucoup de plaisir et de bonheur. Je recherche dans mes lectures les auteurs et les œuvres permettant aux lecteurs d’évoluer de prise de conscience en prise de conscience de la première à la dernière page, de ne plus être le même à la fin de la lecture. Et c’est ce que les lecteurs vivront à la lecture de ce livre.

Article # 72 – Les philo-cognitifs – Ils n’aiment que penser et penser autrement…, Fanny Nusbaum, Olivier Revol, Dominic Sappey-Marinier, Odile Jacob, Paris, 2019

Je n’ai pas aimé ce livre parce que son titre, LES PHILO-COGNITIFS, se réfère à la philosophie sans pour autant faire un traitement philosophique de son sujet. Mon achat reposait entièrement sur le titre de ce livre et je m’attendais à un livre de philosophie. Mais il s’agit d’un livre de psychologie. Mon achat fut intuitif. J’avais pleinement confiance dans l’usage du mot « PHILO » en titre d’un ouvrage pour que ce dernier ne puisse traiter d’un autre sujet que philosophique. Mais ce n’est pas le cas.

Article # 73 – Qu’est-ce que la philosophie ? Michel Meyer, Le livre de poche, Librairie générale française, Paris, 1997

J’aime beaucoup les livres d’introduction et de présentation de la philosophie parce qu’ils ramènent toujours les lecteurs à l’essentiel, aux bases de la discipline. À la question « Qu’est-ce que la philosophie ? », Michel Meyer répond : « La philosophie est depuis toujours questionnement radical. C’est pourquoi il importe aujourd’hui de questionner le questionnement, même si on ne l’a jamais fait auparavant. » MEYER, Michel, Qu’est-ce que la philosophie ? – Les questions ultime de la pensée, Le livre de poche © Librairie Générale Française, Paris, 1997. p. 18.

Article # 74 – Présentations de la philosophie, André Comte-Sponville, Éditions Albin Michel, Le livre de poche, 2000

À l’instar de ma lecture précédente (Qu’est-ce que la philosophie ? de Michel Meyer), le livre PRÉSENTATIONS DE LA PHILOSOPHIE du philosophe ANDRÉ COMTE-SPONVILLE m’a plu parce qu’il met en avant les bases mêmes de la philosophie et, dans ce cas précis, appliquées à une douzaine de sujets…

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