Article # 203 – Les imposteurs de la philo, Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau, Le passeur Éditeur, 2019

Les imposteurs de la philo

Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau

Le Passeur Éditeur

Date de sortie :10 novembre 2019

Langue : Français

Éditeur : Le Passeur

Catégories : Essais / Philosophie/ Métaphysique

Détail des contributeurs :

Henri de Monvallier

Nicolas Rousseau

Préface de Michel Onfray

Nombre de pages : 204 pages

Papier – ISBN : 978-2-36890-722-1

Numérique : ISBN : 978-2-36890-723-8

TEXTE DE LA QUATRIÈME DE COUVERTURE

« Nous traiterons d’un certain nombre d’auteurs grand public considérés habituellement comme des « intellectuels » ou des « philosophes », qui se signalent apparemment par leur clarté d’expression et qui prétendent populariser la philosophie. Mais ce sera pour montrer que leur pensée est aussi inconsistante, quoique l’habillage soit d’un style opposé : non pas obscur, inintelligible et parfois inquiétant, mais brillant, plein de paillettes et de joliesses. Ce qui est encore une façon de masquer la platitude ou la vacuité du propos.

Notre but est seulement de comprendre ces nouvelles formes de philosophies indigentes qui trompent le public en lui donnant l’illusion de participer à la vie des Idées ; alors que cette philosophie 0%, comme il y a des yaourts 0%, se réduit bien souvent à une suite d’élucubrations sans ordre, arbitraires et incohérentes. »

Reprenant avec précision et fidélité les livres et les textes de ces néo-néo-philosophes oscillant entre vacuité et cupidité, Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau dénoncent une nouvelle génération d’imposteurs, ceux que Victor Hugo, dans un néologisme fameux des Misérables, qualifiait de « filousophes ».

Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau sont professeurs agrégés de philosophie. S’inspirant de Michel Onfray, René Pommier et Jean-François Revel, ils traquent les impostures de la pensée contemporaine. Ils ont déjà écrit ensemble Blanchot l’obscur ou la déraison littéraire (2015). Henri de Monvallier est également l’auteur de Le Tribun de la plèbe (2019).

ISBN 978-2-36890-722-1 9782368906941 19,00 € TTC


AU SUJET DES AUTEURS

Nicolas Rousseau

Nicolas Rousseau est professeur agrégé de philosophie. S’inspirant de Michel Onfray, René Pommier et Jean-François Revel, il traque les impostures de la pensée contemporaine. Avec Henri de Monvallier, ils ont déjà écrit Blanchot l’obscur ou la déraison littéraire (2015), ainsi qu’un livre critique sur la philosophie universitaire (La Phénoménologie des professeurs, 2020).

Ouvrage paru : Les imposteurs de la philo

Henri de Monvallier

Né en 1980, Henri de Monvallier est agrégé de philosophie et docteur en philosophie. Auteur d’une dizaine d’ouvrages et de nombreux articles, il anime une université populaire à Issy-les-Moulineaux depuis 2018. Membre du comité scientifique de la Revue internationale de philosophie, il a déjà publié, au Passeur, Les Imposteurs de la philo (2019) et Le portefeuille des philosophes (2021).


DES MÊMES AUTEURS

Henri de Monvallier

Essais coécrits avec Nicolas Rousseau

  • Blanchot l’obscur ou la déraison littéraire, Éditions Autrement, 2015.

    • Une charge critique contre Maurice Blanchot et une certaine forme d’obscurantisme littéraire.

  • Les imposteurs de la philo : Nouveaux sophistes et filousophes, Le Passeur Éditeur, 2019.

    • Analyse du phénomène des « philosophes médiatiques » (ouvrage préfacé par Michel Onfray).

  • La Phénoménologie des professeurs : L’avenir d’une illusion scolastique, Éditions L’Harmattan, coll. « Ouverture philosophique », 2020.

    • Critique de la « philosophie universitaire » et de la domination de la phénoménologie dans l’enseignement académique français.

Essais en solo ou autres collaborations

  • Le Tribun de la plèbe, 2019.

  • Vivre ensemble : 25 questions autour de la citoyenneté (avec Nicolas Rousseau), Castordoc, 2011.

    • Ouvrage destiné à la jeunesse sur les enjeux civiques.

Articles et contributions

  • Publications régulières de textes d’opinion et d’entretiens dans des revues spécialisées comme Actu-Philosophia ou The Times of Israël.


Raphaël Desanti et Henri de Monvallier, L’effet Bourdieu. Dialogue sur une sociologie libératrice. Paris: Les Éditions Connaissances et savoirs, Deuxième édition corrigée, 2021, 151 pp. Collection “Sciences sociales”. [Raphaël Desanti nous a confirmé, le 13 mars 2023, l’autorisation de diffuser en libre accès à tous ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.] Livre téléchargeable gratuitement !


NICOLAS ROUSSEAU

Essais coécrits avec Henri de Monvallier

  • Blanchot l’obscur ou la déraison littéraire, Éditions Autrement, 2015.

  • Les imposteurs de la philo : Nouveaux sophistes et filousophes, Le Passeur Éditeur, 2019.

  • La Phénoménologie des professeurs : L’avenir d’une illusion scolastique, Éditions L’Harmattan, 2020.

Autres essais

  • Les Mirages postmodernes : Pourquoi la philosophie respire mal (avec Raphaël Desanti), Éditions L’Harmattan, 2023.

    • Réflexion sur les blocages et les impasses de la pensée contemporaine.

Ouvrages pédagogiques et jeunesse

  • Vivre ensemble : 25 questions autour de la citoyenneté, Castordoc / Flammarion, 2011.

  • A voté ! On élit qui et pour quoi ?, Castordoc / Flammarion, 2017.

Contributions et articles

  • Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau, Éditions Honoré Champion : rédaction de l’article consacré à Condillac.

  • Interventions régulières dans Actu-Philosophia et The Times of Israël (section Ops & Blogs) sur l’imposture intellectuelle et l’histoire des idées.


Attention à l’homonymie : Dans les catalogues de libraires, vous trouverez souvent des titres comme Au soleil du Mali ou Si la statue parlait. Ces livres appartiennent à un autre Nicolas Rousseau (un écrivain et voyageur suisse né en 1951), dont le style et les thèmes n’ont pas de lien avec la critique philosophique de l’agrégé.


SOMMAIRE

Les imposteurs de la philo

Préface — Les nouveaux sophistes : Portrait d’une génération philosophante

Introduction — Têtes de gondole et têtes à claques

1 — Profs de philo à vendre : Raphaël Enthoven et Charles Pépin

  • Les pirouettes de Raphaël Enthoven, « maladroit surdoué »

  • Charles Pépin fait son cinéma

2 — À propos de Raphaël Glucksmann et d’un problème plus général

  • Progressistes et humanistes de gauche dans un âge d’angoisse

  • Progressisme ou confusionnisme ?

  • « Engagez-vous, qu’ils disaient » : l’illusion des discours « citoyens »

  • L’histoire de France racontée aux enfants du vide : une collection de cartes postales progressistes

3 — Vincent Cespedes, le télévangéliste du bonheur

  • Les philosophes, le succès et l’argent

  • Les moyens de ses ambitions

  • Le maquis de la néorésistance

  • Le nouveau phénomène érotique

  • Au bonheur des coachs

4 — Le petit maître corrigé ou les grosses âneries de Geoffroy de Lagasnerie

  • La misère excuse tout

  • Orgueil et préjugés

  • Le complotisme pour toute science

  • La misère du sociologue

  • Derrière Foucault, Carl Schmitt : la gauche intellectuelle et ses démons d’extrême-droite

5 — La dialectique peut-elle produire du clic ? Brèves considérations concernant la philosophie sur YouTube

  • La philosophie sur YouTube : entre foire d’empoigne et cour des Miracles

  • Le cas Cyrus North : l’homme aux 280 000 abonnés

Conclusion — Les illusions lyriques d’une philosophie néo-adolescente


EXTRAIT

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Préface

MICHEL ONFRAY


Les nouveaux sophistes

Portrait d’une génération philosophante

DIOGÈNE revient et c’est une bonne nouvelle : il est pour l’heure un Janus à deux têtes bien faites et bien pleines. Il a pour nom Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau.

Ces deux comparses sont jeunes, diplômés, ils ont déjà écrit et publié, ils sont estampillés par l’université et disposent donc des ausweis nécessaires. On ne saurait donc voir dans leur portrait d’une génération philosophante quoi que ce soit qui ressemble à du ressentiment : ils ne moquent pas ce qu’ils n’auraient pu obtenir, ils n’ont jamais désiré ce qu’ils conchient. À rebours des passions tristes, ils sont bien plutôt de joyeux drilles cultivés qui jouent au « chamboule tout » dans le petit monde dit de la philosophie d’aujourd’hui. Je sais qu’ils ont dans leurs cartons des pages hilarantes sur la génération des philosophes d’avant cette nouvelle génération qui avaient fait profession de nébulosité. Ces pages ont déjà fait peur à des éditeurs craignant que le démontage d’idoles minuscules, mais majuscules dans leur petit monde, ne puisse trouver ses lecteurs.

De la même manière qu’une génération « nouveaux philosophes » a été construite par les médias dans les années 1978-80, notre nouveau Diogène – voilà un personnage conceptuel pour les amateurs de ce genre de choses-là – a instruit avec ce livre le dossier des nouveaux sophistes. On a pu reprocher beaucoup de choses à Sartre ou à Camus, à Aron ou à Bourdieu, mais, quoi qu’il en soit, cette génération s’est battue pour des idées, pas pour des egos. Encore moins pour des prébendes, des surfaces médiatiques monnayables en argent sonnant et trébuchant.

Il s’agit pour cette génération non pas tant de se battre pour des idées que de s’installer dans un champ spécifique qui permet ensuite de monnayer du capital symbolique, donc, par ricochet, de pouvoir transformer ce capital symbolique en situation sociale, donc en rente ; ce qui, après un jeu de billard à trois bandes, permet d’obtenir paiement de leurs activités. Ce qui réunit cette génération, malgré son apparente hétérogénéité, c’est qu’aucun n’est finalement gratuit : on peut se les offrir. Ils sont sortis de leurs études pour entrer directement dans le commerce ; il se fait que c’est celui des idées.

Les uns sont franchement payés par les médias dominants, les autres par le ticket d’entrée du public, d’autres encore par des associations de notaires ou de médecins, d’avocats ou de dentistes. Ici on cachetonne, là on relève les compteurs, partout on passe au tiroir-caisse. Certains empochent clairement le gros chèque signé par l’Ordre des médecins ou par un capitaine d’industrie propriétaire de médias. Le même bénéficiaire peut se trouver gratifié d’un chèque le matin, puis dans la soirée, non sans avoir aussi touché dans la journée pour une prestation qui recycle peu ou prou la vespérale et la matutinale. La chronique lue aux aurores est éditée le midi dans une revue ou un journal, puis reprise en soirée dans un livre qui sera promu en nocturne dans une conférence, elle aussi payée. La culbute est ainsi faite plusieurs fois avec un même produit. La grande distribution bave d’envie devant pareils talents marchands…

Plus malins, d’autres passent à la caisse en douce après avoir mis entre le bailleur de leurs fonds et eux-mêmes une université américaine grâce à des réseaux dont Didier Éribon a détaillé la nature sans fard dans Retour à Reims, voire son équivalent français, ou en prenant la tête d’une liste à des élections en s’installant dans le nid des « socialistes » incapables d’envoyer l’un des leurs au front, ce qui ne manque pas d’ouvrir moult portes indirectement rentables.

La logique de la rentabilisation ne serait pas à déplorer si elle passait par la vente d’un produit propre, autrement dit qui ne soit pas frelaté. Sauf fortune personnelle, il faut bien vivre. Vivre comme professeur de philosophie équivaut bien à vivre de ses conférences ou de ses livres.

Mais le problème est moins dans ce commerce de soi, qui est monnayage de sa force de travail, donc salariat, que dans l’indigence de la chose vendue. Le produit est frelaté. Notre Diogène bicéphale a donc raison, en ce sens, de parler d’imposture.

Car la marchandise philosophante est très allégée en philosophie – c’est du café décaféiné, du vin sans alcool, du jambon sans gras, des cigarettes sans tabac, des rillettes sans viande de porc, du Parti socialiste sans socialisme. Jadis on aurait pu dire : c’est du Canada Dry, ça a le goût de l’alcool, ça en a la couleur, ça en a l’apparence, mais ça n’en est pas.

Au moins les nouveaux philosophes vendaient de l’antimarxisme et de l’anticommunisme, du libéralisme et de l’atlantisme, de la gauche de droite et de l’Europe américaine, autrement dit : du giscardisme 1974 et du mitterrandisme 1983, donc du sarkozysme, du hollandisme et du macronisme 2019. Cette « dent creuse » selon Deleuze avait au moins le mérite d’être une dent. Avec les nouveaux sophistes, c’est une dent creuse sans dent et sans carie. On comprend que les congrès de dentistes adorent, ils ont l’impression, le temps d’une conférence, d’être des philosophes – des philosophes sans pensées, sans idées, sans raisonnements, sans analyses, sans démonstrations, sans arguments…

Dans cette génération, il y a une droite : elle est libérale, elle peut aussi se dire de gauche, elle sera alors maastrichienne, c’est celle de Raphaël Glucksmann ; elle écarte la politique ou l’islam qui sont autant de sujets clivants, donc susceptibles de restreindre le marché. On évite les sujets qui fâchent parce qu’ils classent dans un camp : il faut être successivement de tous les camps, pourvu que ce soit le bon : celui du libéralisme maastrichien. Le camp d’en face est celui du Mal, du souverainisme, du nazisme, du vichysme, du pétainisme, de l’hitlérisme, donc du lepénisme – c’est un réflexe rabique commun aux nouveaux sophistes de droite et de gauche : ils partagent la même conception du Mal… Pas question de n’être plus invités que par les dentistes de droite de droite ou les notaires de gauche de droite, sauf à n’avoir pour clients dans ses conférences payantes que des personnages sortis tout droit du salon Verdurin.

Voilà pourquoi, faute de fond, il ne reste à ces nouveaux sophistes que la forme. D’où l’abondance chez eux des effets de rhétorique, des jongleries faussement dialectiques, des sophisteries énoncées avec le ton du magicien, de paradoxes souvent compagnons de route de paralogismes ou de purs effets de langage, comme s’il s’agissait de briller dans un perpétuel concours de rhétorique – ou dans un dîner mondain dont il faudrait être le centre en étant partout, donc nulle part. Le tout en citant ponctuellement Épicure ou Platon, Hegel ou Spinoza, Camus ou Sartre, comme on saupoudre de ciboulette un plat très allégé. Ce name dropping est l’excipient du suppositoire, la garantie de la traçabilité philosophante.

Dans cette même génération, il existe également une gauche : elle est antilibérale. Mais elle fait le jeu de la gauche de droite et de la droite de gauche libérales. C’est une gauche de campus américain et de réseau du quai d’Orsay, une gauche antilibérale à laquelle les journaux libéraux ouvrent grand leurs colonnes – cherchez l’erreur… C’est une « gauche » qu’on ne met pas à la porte de France Culture ou qu’on ne boycotte pas sur France Inter, elle y travaille ; une « gauche » qu’on ne salit pas en une de Libération ou du Monde, on les y promeut. C’est la gauche soutenue par Emmanuelle Béart, fiscalement domiciliée en Suisse ; c’est une gauche parfumée aux fragrances chics de la French Theory et du déconstructionnisme. Elle fait rire sous cape les requins des médias et des partis qui nourrissent les petits poissons que sont ces nouveaux sophistes libéraux. Même pas mal…

Si, en matière de philosophie, l’infrastructure économique conditionne la superstructure idéologique, comme le disait Marx avec raison, alors ce courant néosophiste est bel et bien le produit du monde d’après la chute du mur de Berlin. D’une part, des amuseurs ; d’autre part, des inoffensifs ; de part et d’autre, des quantités négligeables pour le capital : les premiers s’en font les VRP, les seconds en sont les critiques mondains.

Rappelons que Geoffroy de Lagasnerie, normalien et agrégé, est le fils d’un ingénieur diplômé de l’École nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace, et que sa famille appartenait, via son père, à l’ancienne bourgeoisie du Limousin et, par sa mère (Agnès de Goÿs de Meyzerac), à une ancienne famille de la noblesse du Vivarais. Pierre Bourdieu aurait eu beaucoup à dire sur cette gauche de papier.

Quant aux autres cibles de notre Diogène moderne, elles viennent elles aussi des beaux quartiers où la misère est avant tout un concept ou une idée. Tout ce petit monde, bien sûr, hait Bourdieu qui a mis à nu leur nature d’héritiers et de « fils de », d’amuseurs publics et de danseurs mondains. Et lorsque Lagasnerie se revendique, lui, de l’auteur de La Distinction, c’est au nom d’une filiation de papier lui permettant de s’autodécerner un brevet de « rebelle » et d’intellectuel critique « radical ». Ces néosophistes sont les idiots utiles très idiots et très utiles du capital.

Il est bon que deux jeunes tireurs d’élite offrent à leurs carabines à plomb ces baudruches comme dans une foire. Ils s’inscrivent dans le lignage d’un Paul Nizan écrivant ses Chiens de garde ou de Jean-François Revel son Pourquoi des philosophes ? Pareille critique ne sert à rien, car cette engeance continuera de sévir, mais elle sauve l’honneur de la discipline.

MICHEL ONFRAY

Est-ce que la télévision, en donnant la parole à des penseurs qui sont censés
penser à vitesse accélérée, ne se condamne pas à n’avoir que des fast-
thinkers, des penseurs qui pensent plus vite que leur ombre¹ ?

PIERRE BOURDIEU

Ce livre est entièrement négatif.
Que ceux qui aiment les pensées positives

ne l’ouvrent pas².

JEAN-FRANÇOIS REVE

____________

Notes

¹?Pierre Bourdieu, Sur la Télévision, Seuil/Raisons d’agir, 1996, p. 30.

² Jean-François Revel, La Cabale des dévots, dans Histoire de la philosophie occidentale, Robert Laffont, « Bouquins », 2013, p. 152.


Introduction

Têtes de gondole et têtes à claques

Il passa pour dépourvu d’adresse
et d’ambition, mais fut tenu pour
un philosophe¹.

ROBERT MUSIL

NOUS avons voulu montrer dans notre livre précédent², consacré à Maurice Blanchot, comment l’obscurité de style pouvait dissimuler l’indigence du propos : quand on n’a rien à dire, on peut faire illusion en ne parlant de rien à l’aide d’un vocabulaire métaphysique. Nous défendions donc indirectement la clarté de l’expression contre l’enfumage et le brouillard propre à une certaine pensée « profonde ».

Cette fois-ci, en parallèle à d’autres chantiers en cours sur le problème du jargon en philosophie³, nous traiterons d’un certain nombre d’auteurs grand public considérés habituellement comme des « intellectuels » ou des « philosophes », qui se signalent apparemment par leur clarté d’expression et qui prétendent populariser la philosophie. Mais ce sera pour montrer que leur pensée est aussi inconsistante, quoique l’habillage soit d’un style opposé : non pas obscur, inintelligible et parfois inquiétant, mais brillant, plein de paillettes et de joliesses. Ce qui est encore une façon de masquer la platitude ou la vacuité du propos.

Les auteurs dont nous parlons sont en quelque sorte des « néo-néo-philosophes » : enfants naturels des années 1980, ils reprennent le même créneau que BHL et les nouveaux philosophes, celui de la philosophie pensée et formatée pour les médias ; avec cette conséquence déjà décrite par Deleuze dans sa brochure contre les « nouveaux philosophes » : un livre n’est plus fait pour être lu, mais pour l’article qu’il suscitera dans les médias. Éternel retour de la nouvelle philosophie, celle qui dit que le monde a changé et qu’il faut penser cette nouveauté. L’embarras que peut soulever leur philosophie est qu’elle met en question l’idée même de philosophie : elle se propose de penser ce qui est, donc en particulier ce qui est aujourd’hui, l’actualité. Mais le peut-elle ? Le doit-elle ? Vincent Descombes posait déjà la question dans son livre Philosophie par gros temps4. Philosopher, est-ce (ré)interpréter Aristote ou réfléchir sur les Gilets jaunes ? Trouver l’éternel ou saisir le transitoire ? À cette question scolaire qui permet d’infinies dissertations, Raphaël Enthoven pourrait répondre par un beau paradoxe qui réunit les contraires : trouver l’éternel dans le transitoire, ressaisir la transcendance dans l’immanence, etc.

Dans ce livre, notre ambition ne sera pas si haute. Notre but est seulement de comprendre ces nouvelles formes de philosophies indigentes qui trompent le public en lui donnant l’illusion de participer à la vie des idées ; alors que cette philosophie 0 % (comme il y a des yaourts 0 %) se réduit bien souvent à une suite d’élucubrations sans ordre, arbitraires et incohérentes.

Si Raphaël Enthoven et Raphaël Glucksmann sont des intellectuels médiatiques, ils gardent encore un certain ancrage dans la forme traditionnelle de l’intellectuel qui intervient sur l’actualité. Rien de très nouveau par rapport à la génération BHL. Le cas de Enthoven, par son amour immodéré du paradoxe, montre que la philosophie est toujours tentée par ces deux directions opposées : manier le paradoxe pour renverser la tradition, mais de façon très traditionnelle (en reprenant des arguments d’Aristote contre Platon, par exemple, ou en défendant Platon contre Aristote), ou bien allier le paradoxe dissertatif à d’autres figures de rhétorique pour renverser le sens commun.

La nouveauté vient plutôt d’auteurs comme Vincent Cespedes et Cyrus North, qui ont intégré les exigences du Web, en particulier de YouTube. Avec eux, nous passons vraiment à la philo 2.0, qui largue les amarres du vieux monde du papier et des livres et part pour le vaste univers du numérique et de l’instantané. Leur rhétorique n’est plus celle destinée aux médias « intellos de gauche » traditionnels, type Libération, France Inter ou L’Obs, mais celle des vidéos de format court dont est friande la génération Y. Leur façon de parler, leur éthos corporel sont adaptés à un public plus jeune, avec des accroches, des punchlines et toute une gestuelle proche du hip-hop qui fait plutôt penser à une formation marketing qu’à un meeting politique. Ils ne s’adressent plus à ces figures mythiques et traditionnelles de la gauche que sont le peuple ou les citoyens, mais à l’individu consommateur de contenus en ligne, pressé, stressé et narcissique.

On peut dire qu’ils sont vraiment rentrés dans le XXIe siècle, avec tout ce que cela implique de dégradation du contenu de la parole, tandis que Charles Pépin, Raphaël Glucksmann ou Geoffroy de Lagasnerie apparaissent, de ce point de vue, comme des penseurs d’il y a vingt ou trente ans. Enthoven est quant à lui dans une position médiane, entre, d’une part, la philosophie dissertative à l’ancienne « qui fait réfléchir » et, d’autre part, la philosophie 2.0 « qui fait réagir ».

Comment savoir si l’on a affaire à un vrai philosophe ou à un imposteur ? Cette question est aussi vieille que la philosophie, et elle se pose de nouveau aujourd’hui. Aux yeux d’Aristophane ou de Lucien de Samosate, Socrate était un sophiste et un rêveur, perché sur son nuage (c’est littéralement la position où se trouve Socrate dans Les Nuées d’Aristophane). Les penseurs médiatiques, eux, ne veulent surtout pas être perchés sur leur nuage, ils veulent au contraire être en phase avec leur époque, intervenir sur l’actualité et sur le cours du monde. Mais à force de vouloir faire de la philosophie pour non-philosophes, on ne fait plus vraiment de philosophie. Les penseurs médiatiques ne sont pas les premiers, loin de là, à se payer de mots. C’est même une tradition bien établie dans la philosophie la plus académique. Leur originalité est de chercher la consécration auprès du grand public plutôt qu’auprès de leurs collègues.

Le résultat, à vrai dire, n’est pas forcément pire. Notre propos n’est pas de déplorer une décadence philosophique due au nihilisme de l’époque. Il sera, si l’on veut, plus pessimiste, mais moins plaintif : c’est que l’imposture a toujours existé, le creux déguisé en génie a toujours fait illusion, mais il est simplement plus voyant aujourd’hui, du fait d’Internet. Il repose sur des techniques, des procédés, tout un savoir-faire que nous allons analyser précisément ici et qui n’est pas forcément différent de celui de la tradition universitaire, même s’il n’est pas mis en œuvre de la même façon. La fast-food philo n’a ni plus ni moins de saveur que certaines vieilles soupes académiques. Simplement, à première vue, il révulse davantage, car il ne respecte pas les formes « nobles » de la transmission du savoir. Mais sur le fond, une élucubration insensée reste insensée, quelle que soit la forme : interminable pavé d’universitaire perdu dans les vapeurs de ses idées, ou livre écrit dans l’urgence pour nous délivrer en moins de deux cents pages la recette du bonheur et de la réussite. La qualité d’un livre ne dépend de toute façon pas du fait qu’il soit en tête de gondole ou en train de moisir au fond d’une bibliothèque.

Il y a un mystère de l’imposture en philosophie. Un pilote de ligne ne peut pas tricher. Un chirurgien, par la force des choses, est astreint à une rigueur dans son métier. La vie de passagers ou de patients dépend d’eux. Et s’ils manquent à leurs devoirs, cela peut se terminer par des morts et un procès au pénal. De la même façon, si l’on veut vérifier que quelqu’un est mathématicien, il n’est qu’à le mettre face à un exercice avec un bâton de craie et un tableau noir : en quinze secondes, on verra s’il s’agit d’un imposteur, qui se dit mathématicien mais ne l’est pas vraiment.

Au contraire, il semble que les « philosophes » (ou prétendus tels) jouissent d’une irresponsabilité de droit, surtout face à des interlocuteurs qui n’ont pas les moyens de les juger, comme les journalistes. Ils n’affrontent jamais les jugements de leurs pairs, tout au plus un certain sens commun qui se laisse facilement éblouir, hélas ! par leur rhétorique. Les penseurs médiatiques n’ont en effet pas de comptes à rendre : personne, sur les plateaux de télévision où ils sont omniprésents, ne vient réellement leur apporter la contradiction, pointer les faiblesses, les ridicules ou les absurdités de leurs raisonnements. On les laisse disserter à loisir, exposer leur « vision du monde », de la « société » ou de l’état du monde dans un bavardage à la fois docte et complaisant, drapé d’enjeux « fondamentaux » et de références culturelles prestigieuses. Notre but, dans cet essai, est de siffler la fin de la récréation en proposant une galerie de portraits, nécessairement incomplète, mais que nous estimons représentative, de ces imposteurs contemporains issus d’horizons intellectuels et idéologiques parfois très différents (qu’ont en commun, à première vue, un prof de philo-Sciences Po-HEC comme Pépin et un intellectuel d’extrême gauche « radical » comme Lagasnerie ?).

Si, à travers une argumentation précise, une petite dose de satire et un soupçon de mauvaise foi, nous pouvons arriver à convaincre le lecteur de leur imposture, et si nous pouvons contribuer à aiguiser un tant soit peu son « esprit critique » (cette qualité que les philosophes portent en bandoulière mais qu’ils appliquent en fait à tout sauf à eux-mêmes la plupart du temps), notre entreprise n’aura pas été complètement vaine.

On pourra toujours juger que notre livre est (encore !) un « pamphlet », et pourquoi pas. Mais le lecteur devrait avoir à l’esprit que pour attaquer et tourner en ridicule, il ne suffit pas de rire, de déplorer et de détester, mais avant tout de comprendre. Et pour cela, nous avons lu leurs livres, ce qui est en soi un projet assez baroque, comme on le reverra, et essayé véritablement de saisir ce qu’ils ont voulu dire. Et il n’est pas agréable de lire ces productions d’auteurs orgueilleux, dont on sent à chaque ligne qu’ils écrivent pour les applaudissements et qu’ils prendraient la mouche à la moindre objection.

Nous estimons pourtant – comble d’insolence ! – que c’est leur rendre service que de les confronter pour une fois à des critiques auxquelles ils ont trop longtemps échappé, pour leur plus grand malheur. Pour toutes sortes de raison, qui tiennent à l’intelligence, à la morale et au bon goût, il est temps de tirer le rideau sur le spectacle de tous ces précieux ridicules.

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Notes

  1. Robert Musil, L’Homme sans qualités, tome I, Seuil, « Points », 2004, p. 462.
  2. Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau, Blanchot l’obscur ou la déraison littéraire, Autrement, « Universités populaire & Cie », 2015.
  3. Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau, La Phénoménologie des professeurs. L’Avenir d’une illusion scolastique, L’Harmattan, « Ouverture philosophique », à paraître en 2020.
  4. Vincent Descombes, Philosophie par gros temps, Éditions de Minuit, « Critique », 1989.

COMMENCEMENT DU CHAPITRE 1

Profs de philo à vendre, Raphaël Enthoven et Charles Pépin


Les liens dans le texte de l’extrait sont ajoutés par nous


Parce qu’il joue le jeu de l’opinion, l’opinion se joue du philosophe de service ; elle ne lui demande pas de faire de la philosophie, mais de faire le philosophe¹.

RAPHAËL ENTHOVEN

Il existe de nos jours des professeurs de philosophie, mais de philosophes, point².

HENRY D. THOREAU


Dans son dialogue Philosophes à vendre³ (parfois traduit Philosophe à l’encan ou Les Sectes à l’encan), l’écrivain grec Lucien de Samosate (IIe siècle) met en scène Zeus, le roi des dieux, assisté d’Hermès, le dieu du commerce. Le roi des dieux met en vente au plus offrant, comme des esclaves, les représentants des dix principales écoles philosophiques. Chacun vante sa marchandise et trouve un acheteur suivant sa valeur : Socrate et Platon sont vendus chacun pour 120 mines, soit 7 200 oboles (un esclave ordinaire valait de 3 à 8 mines), Pythagore est adjugé 10 mines, Diogène 2 oboles ; Héraclite et Démocrite restent, quant à eux, invendus. La force comique de ce dialogue irrévérencieux réside dans le fait que Lucien télescope le champ intellectuel (fondé sur la gratuité et le désintéressement, tout philosophe digne de ce nom faisant profession de rechercher la vérité de façon désintéressée) et le champ économique (fondé sur l’argent, l’intérêt et la rentabilité). Tout le monde se souvient de Platon, lui-même issu d’une famille aristocratique très fortunée et qui n’a jamais eu à travailler, faisant l’éloge du désintéressement et fustigeant les sophistes, issus de la classe moyenne, qui, eux, se faisaient payer pour leurs cours et ce qu’on appellerait maintenant leurs « séances de coaching ». Par définition, la philosophie se veut une discipline « pure », non indexée sur la recherche du profit matériel ou financier et entièrement axée sur la quête intellectuelle de compréhension de la réalité, ainsi que sur la recherche spirituelle de transformation de soi et de son rapport au monde.

Mais alors, lorsqu’il n’est pas un riche héritier comme Platon ou Schopenhauer, comment le philosophe peut-il gagner sa vie ? Doit-il travailler à côté ? Le XIXe siècle trouve la réponse : le philosophe va gagner sa vie en devenant professeur de philosophie, c’est-à-dire en enseignant à des élèves ou à des étudiants la pensée des autres (l’histoire de la philosophie), certaines techniques de réflexion (distinguer entre deux concepts, « problématiser » un énoncé, etc.) et en corrigeant les travaux de ces élèves ou de ces étudiants (dissertations et commentaires de texte, à l’écrit comme à l’oral, ou bien travaux dits « de recherche », mémoires ou thèses, dans les dernières années d’enseignement supérieur). Le philosophe se trouve transformé en « professeur », à tel point que la distinction entre « philosophe » et « professeur de philosophie » n’est pas toujours très claire dans le grand public, les professeurs de philosophie eux-mêmes ayant intérêt à jouer sur cette ambiguïté et à revendiquer l’étiquette prestigieuse de « philosophe ». Pourtant, un professeur de philosophie n’est pas plus nécessairement philosophe qu’un professeur d’anglais n’est Anglais ou qu’un professeur de mathématiques n’est mathématicien (au sens où il aurait fait une trouvaille particulière dans sa discipline, produit un théorème spécifique ou démontré une conjecture). Or, nous vivons plus que jamais sous le règne des « profs de philo », prétendument philosophes. Leur fausse clarté indigente à vocation « pédagogique » et indexée essentiellement sur la demande philosophique du marché ne constitue en rien un remède aux maux du jargon et de l’illisibilité d’une certaine philosophie universitaire dominante : les deux forment l’avers et le revers d’une même triste médaille, celle de la bêtise, de la prétention et de la vacuité.

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Notes

  1. Raphaël Enthoven, « RE par RE », entretien sur Actu Philosophia, 30 avril 2011.
  2. Henry D. Thoreau, Walden ou la vie dans les bois, Aubier, « Domaine anglais bilingue », 1992, p. 89.
  3. Lucien de Samosate, Les Sectes à l’encan, dans Œuvres complètes, Robert Laffont, « Bouquins », 2015, p. 342-360. (Voir aussi)

REVUE DE PRESSE

Henri de Monvallier, Nicolas Rousseau : Les imposteurs de la philo, Posted on 17 novembre 2019 by Vincent Billard

Je lis, donc je suis…

Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau – Les imposteurs de la philo – Publié le 14/04/2023 par jmarcio

Michel Onfray, la philosophie de l’imposture, 14 février 2022

Enthoven, Glucksmann ou Cespedes sont-ils des imposteurs de la philo ?

« Spinoza chez Ikea » : « Non, on ne peut pas vulgariser (et vendre) la philosophie sans limites » – Tribune – Par Audrey Jougla – Publié le 16/02/2021 à 10:0, Marianne

L’ÉPÉE, David. « Têtes à claques. Glucksmann, Enthoven, Cespedes & Co : Qui sont les nouveaux filousophes ? », Éléments, n° 184, juin-juillet 2020, p. 64-65..

«Les philosophes et l’argent: les penseurs ont-ils mis en cohérence leurs écrits et leur comportement?» Par Eugénie Boilait – Le 25 avril 2022 à 11h29, Le Figaro

Voici une proposition de revue de presse complète et structurée pour votre dossier sur l’ouvrage Les imposteurs de la philo. Cette synthèse regroupe les critiques majeures parues dans les grands médias et la presse spécialisée.


REVUE DE PRESSE : LES IMPOSTEURS DE LA PHILO

avec Google Gemini

Auteurs : Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau (Préface de Michel Onfray)

Éditeur : Le Passeur (2019)

1. Les Grands Médias Nationaux

  • LE POINT — Thomas Mahler (10 octobre 2019)

    • L’article, initialement titré « La philo pour les nuls ou la philo par les nuls ? », dénonce l’émergence d’une « philosophie 0 % ».

    • L’auteur compare ces productions médiatiques à des yaourts dégraissés : un produit marketing qui possède l’apparence de la philosophie mais aucune calorie intellectuelle.

    • Il souligne la charge féroce contre les « stars » des plateaux télé, notamment Raphaël Enthoven et Charles Pépin.

  • MARIANNE — Entretien avec Henri de Monvallier (24 octobre 2019)

    • Sous le titre « La philosophie « 0 % », c’est la négation même de la pensée », le magazine donne la parole aux auteurs pour fustiger la « filousophie ».

    • L’entretien cible particulièrement l’usage de la philosophie comme outil de management ou de coaching.

    • Il dénonce une génération de « profs de philo à vendre » qui privilégient les conférences grassement rémunérées en entreprise au détriment de la réflexion de fond.

  • TV5 MONDE — Journal « 64 Minutes » (9 novembre 2019)

    • Henri de Monvallier y explique que le livre ne réalise pas d’attaques personnelles, mais une analyse rigoureuse des textes (ad textum).

    • Il y réitère la critique contre les « philosophes de service » qui transforment la discipline en divertissement cérébral (braintainment).

2. Presse Spécialisée et Revues d’Idées

  • ÉLÉMENTS — David L’Épée (n° 184, 2020)

    • L’article intitulé « Têtes à claques : Qui sont les nouveaux filousophes ? » décrit l’essai comme un pamphlet « réjouissant » mené tambour battant.

    • Il détaille les portraits de Raphaël Glucksmann, Vincent Cespedes et Geoffroy de Lagasnerie, qualifiés de « boys band de la philosophie ».

    • David L’Épée souligne que les livres de certains auteurs, comme Cespedes, sont devenus de simples « brochures commerciales » pour vendre des prestations d’animation de luxe.

  • ACTU-PHILOSOPHIA — Recension de fond (2019)

    • Ce site spécialisé propose l’analyse la plus technique, chapitre par chapitre.

    • L’article dissèque la critique de la « prose dissertative » et dénonce la corruption éditoriale qui favorise le narcissisme des intellectuels médiatiques au détriment de la rigueur universitaire.

3. Radio et Podcasts

  • RCF — Émission « Au pied de la lettre » (10 mars 2019)

    • Un grand entretien de 55 minutes avec les deux auteurs où ils expliquent pourquoi la philosophie médiatique actuelle est une illusion des discours « citoyens ».

    • Ils y défendent la nécessité de « démasquer les fripons » pour redonner ses lettres de noblesse à la pratique philosophique.


Synthèse des thèmes récurrents

  1. La dérive mercantile : La transformation de la philosophie en « management complice » ou en animation pour croisières de luxe.

  2. La pauvreté stylistique : Des textes formatés, comparables à de simples corrigés de baccalauréat.

  3. Le divorce avec la réalité : Une préférence pour les généralités abstraites plutôt que pour l’analyse concrète des faits.

— FIN DE LA REVUE DE PRESSE AVEC GOOGLE GEMINI —


Mon rapport de lecture

Serge-André Guay, Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques

Permettez-moi d’emblée une citation tirée de la conclusion du livre « Les imposteurs de la philo » de Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau. On peut y lire : « la capacité à douter devrait être la marque de l’intellectuel (…) ».

Nous avons insisté en introduction sur ce qui réunissait les auteurs dont nous avons traité, sans vouloir cependant minimiser ce qui les sépare : si Pépin tient un discours relativement neutre socialement, apolitique, comme une belle dissertation en Sorbonne, Lagasnerie se veut au contraire très politisé et conteste radicalement toutes les institutions sociales, tandis qu’entre les deux, Raphaël Enthoven s’attaque régulièrement à des sujets d’actualité dans ses chroniques et Vincent Cespedes a également écrit sur le monde contemporain, notamment sur les Gilets jaunes. Il y a ainsi plusieurs façons d’être un intellectuel grand public, avec un rapport au monde social plus ou moins distant, mais dans tous les cas il reste une distance qui, si elle est nécessaire au recul que permettent la culture et la réflexion, devient problématique lorsque l’intellectuel médiatique la revendique au point de s’enfermer dedans.

« (…) Plus gênant encore est le manque de distance par rapport à soi, car si la capacité à douter devrait être la marque de l’intellectuel, cet exercice n’amène pas le succès, rebute et ne fait pas d’audimat ; (…) »

Plus gênant encore est le manque de distance par rapport à soi, car si la capacité à douter devrait être la marque de l’intellectuel, cet exercice n’amène pas le succès, rebute et ne fait pas d’audimat ; un personnage médiatique doit au contraire afficher une confiance inébranlable pour répondre à l’attente de messages simplifiés et de sens immédiat, le temps d’une interview ou d’une vidéo courte, alors que la philosophie ne peut avoir pour but d’être simplement agréable, même si elle adopte un style plaisant.

Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau, Les imposteurs de la philo, préface de Michel Onfray, Conclusion (Les illusions lyriques d’une philosophie néo-adolescente), Édition Le Passeur Éditeur, Paris, 2019, p.p. 198-199.

Au Québec, les imposteurs de la philo dont il est question dans ce livre demeurent inconnus et c’est très bien ainsi. De notre côté de l’Atlantique, la philosophie occupe très peu d’espace dans nos médias. Et je l’ai souligné dans une lettre d’opinion intitulé « Le Québec, un désert philosophique » publiée par le seul et unique quotidien québécois, LE DEVOIR, à faire une place de choix à la philosophie (une fois par mois). Je dénonçais l’absence de nos professeurs de philosophie sur la scène médiatique à l’occasion de la Journée mondiale de la philosophie; une fois par an ne serait pas de trop.

Célébrée chaque année à l’échelle planétaire depuis 2002, la troisième jeudi du mois de novembre, la Journée mondiale de la philosophie passe une fois de plus sous silence au Québec cette année. J’ai nettement l’impression que le Québec est un désert philosophique avec une oasis ici et là.

Pourquoi nos professeurs de philosophie ne prennent-ils pas d’assaut la scène publique et médiatique à l’occasion de cet événement ? Pourtant, ils craignent sur la mobilisation populaire lorsque l’enseignement de la philosophie au collégial se voit remis en cause.

Et pourquoi nos philosophes ne s’impliquent-ils pas auprès des médias pour susciter l’intérêt de la population ?

Mettre à l’avant la philosophie, ne serait-ce qu’une fois l’an, c’est insister sur l’importance du développement de l’esprit critique au sein de la société.

LE DEVOIR, Le Québec un désert philosophiques ?, Serge-André Guay, Opinion – Lettres, Montréal, le 10 novembre 2025.

Mais si ce qui se passe en France avec les imposteurs de la philo devait se reproduire au Québec, on en finirait plus de relever les scandales. Non pas que les Québécois soient anti-philo mais plutôt anti-chicane (Une chicane est une dispute, une chamaillerie ou une tracasserie. Au Québec, « se chicaner » signifie se disputer, et « chercher la chicane » veut dire provoquer un affrontement).

La spécificité du marché québécois

Au Québec, le paysage éditorial est en effet très différent de celui de la France :

  • Absence de « Philo Pop » : Contrairement à la France, où des figures comme Raphaël Enthoven ou Charles Pépin occupent un créneau massif, le Québec n’a pas vraiment de « stars » de la philosophie médiatique. Ici, la place est occupée par des experts en sciences humaines (psychologues, sociologues) ou des intervenants sociaux.

  • La domination du « Pratique » : Ce qui se vend sous l’étiquette « bien-être » au Québec, ce sont essentiellement des outils cliniques ou de la psychologie vulgarisée (ex: Sonia Lupien sur le stress, Rose-Marie Charest sur les relations). On est dans le « comment faire » bien plus que dans le « comment penser » (la philo pop).

Le poids réel du livre « Pratique » au Québec

Si l’on écarte la romance, le secteur qui nous intéresse — celui qui pourrait entrer en conflit avec la démarche philosophique — est celui de la Psychologie / Santé / Vie pratique.

Données BTLF (Québec) Observations
Ventes annuelles Ce secteur représente environ 18 % à 20 % du marché total.
Origine des titres Contrairement à la fiction, plus de 50 % des titres à succès dans cette catégorie sont écrits par des Québécois.
Thématiques Le public québécois achète massivement sur l’anxiété, le TDAH, l’épuisement et le deuil.

Pourquoi la « Philo Pop » ne « pogne » pas ici ?

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer l’absence de philosophie médiatique au Québec :

  • Pragmatisme nord-américain : Le lecteur québécois cherche souvent une solution concrète à un problème précis (approche psychologique). La dissertation philosophique à la française est perçue comme trop abstraite ou déconnectée.

  • Culture égalitaire : La figure du « maître à penser » ou de l’intellectuel en surplomb (typiquement critiquée dans Les imposteurs de la philo) passe mal au Québec, où l’on préfère l’approche du « vulgarisateur » ou du « coach ».


Les philosophes praticiens québécois (très peu nombreux) ne concurrencent pas avec des philosophes médiatiques (puisqu’ils n’existent pas ici). En revanche, le marché du livre saturé par la psychologie clinique vulgarisée au détriment de la philosophie.

Le risque n’est donc pas la « philosophie 0 % », mais la substitution complète de la réflexion philosophique par le diagnostic psychologique (pop psycho, pensée positive, développement personnel).


1. Profs de philo à vendre, Raphaël Enthoven et Charles Pépin

Lorsqu’il n’est pas un riche héritier comme Platon ou Schopenhauer, le philosophe gagne généralement sa vie, depuis le XIXe siècle, en devenant professeur de philosophie : il enseigne alors la pensée des autres ainsi que des techniques de réflexion, tout en corrigeant les travaux de ses élèves, une transformation qui crée une ambiguïté entretenue par les enseignants eux-mêmes qui revendiquent volontiers l’étiquette prestigieuse de « philosophe ». Pourtant, un professeur de philosophie n’est pas plus nécessairement philosophe qu’un professeur d’anglais n’est Anglais ou qu’un professeur de mathématiques n’est mathématicien au sens créateur du terme, et nous vivons plus que jamais sous le règne de ces « profs de philo » dont la fausse clarté indigente, indexée sur la demande du marché, ne constitue en rien un remède à l’illisibilité de la philosophie universitaire, les deux formant plutôt l’avers et le revers d’une même médaille marquée par la bêtise, la prétention et la vacuité.

Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau, Les imposteurs de la philo, préface de Michel Onfray, 1. Profs de philo à vendre, Raphaël Enthoven et Charles Pépin, Édition Le Passeur Éditeur, Paris, 2019, p.p. 27-28.

Parlant de la mini-chronique de Raphaël Enthoven au sujet de Uber, Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau nous parlent de l’ubérisation de la philosophie (…) ».

Au lieu de nous proposer une véritable réflexion philosophique et sociologique sur le phénomène de l’ubérisation, Raphaël Enthoven se contente, comme à son habitude, d’une petite chronique censément « brillante » mais assez atterrante et empreinte d’un mépris social inconscient pour les professions non intellectuelles ; ainsi, à l’image de Sartre observant les garçons de café depuis le Flore avec la lucidité du philosophe « libre » face aux automates du monde social, Enthoven — qui n’écrira sans doute jamais un ouvrage de l’envergure de L’Être et le néant — observe le chauffeur Uber avec la supériorité condescendante d’un jeune homme bien né à qui tout a réussi.

Alors que c’est toujours l’autre qui est perçu en représentation, comme ce chauffeur précaire qu’on observe sans jamais remettre en question le philosophe paradant dans les médias, il y aurait pourtant beaucoup à dire sur l’ubérisation de la philosophie : une pratique désormais à la carte et sur commande, dont le format s’adapte aux exigences temporelles du client, transformant le « fast-thinker » décrit par Bourdieu en un travailleur aux petits soins, obligé d’être toujours prévenant et souriant à l’image d’un prestataire de service. Cependant, si ce nouveau clerc de la pensée partage avec Karim de Bobigny cette forme de précarité fonctionnelle et de soumission au marché, la comparaison s’arrête brutalement devant la réalité comptable, puisqu’il y a fort à parier qu’à la fin du mois, la fiche de paye du philosophe médiatique affichera un zéro de plus que celle du chauffeur Uber.

Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau, Les imposteurs de la philo, préface de Michel Onfray, 1. Profs de philo à vendre, Raphaël Enthoven et Charles Pépin, Édition Le Passeur Éditeur, Paris, 2019, p.p. 44-45.

Et parlant de Charles Pépin, ils écrivent :

(…) S’il est tout à fait normal qu’un professeur de philosophie élabore des corrigés de dissertation formatés pour ses élèves de terminale dans l’optique du baccalauréat, il est nettement plus contestable de voir ces mêmes contenus transformés en livres ou en conférences monnayables pour le grand public, un procédé qui relève moins d’une démarche louable d’éducation populaire que d’une pulsion de profit facile. Ce fait est illustré par le succès commercial massif de Charles Pépin, dont les ouvrages comme le roman La Joie sont traduits dans une vingtaine de pays, et dont l’essai sur la confiance en soi s’affichait fièrement dans le métro parisien en janvier 2019 pour célébrer ses cent mille exemplaires vendus.

Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau, Les imposteurs de la philo, préface de Michel Onfray, 1. Profs de philo à vendre, Raphaël Enthoven et Charles Pépin, Édition Le Passeur Éditeur, Paris, 2019, p. 52.

La présence de Charles Pépin au Québec illustre parfaitement le décalage entre le modèle français du « philosophe médiatique » et la réalité plus pragmatique du milieu philosophique québécois. Voici une analyse de son influence et de sa réception dans la province :

Un succès de librairie incontestable

Bien que vous notiez qu’il n’existe presque pas de « philo pop » locale, Charles Pépin est l’un des rares auteurs français de ce créneau à s’imposer dans les librairies québécoises.

  • Ses essais, comme La Confiance en soi : une philosophie ou Les Vertus de l’échec, occupent souvent les têtes de gondole dans les grandes chaînes (Renaud-Bray, Indigo).

  • Son succès repose sur une approche « pratique » qui résonne avec le public québécois : il ne propose pas une métaphysique complexe, mais une sagesse appliquée aux défis du quotidien.

Le contraste avec le modèle québécois

Comme vous l’avez souligné dans vos réflexions sur le statut du professeur, la réception de Pépin au Québec met en lumière deux visions opposées de la discipline :

  • Le modèle Pépin (France) : Le passage de l’enseignement (le cours de terminale) au produit marchand (le livre à 100 000 exemplaires, les conférences). C’est ce que les auteurs de Les imposteurs de la philo dénoncent comme une pulsion de gain facile.

  • Le modèle Québécois : Ici, le professeur de cégep ou d’université reste généralement dans un cadre institutionnel ou pédagogique. La distinction entre « enseignant » et « philosophe » est souvent plus rigide, et l’idée de transformer ses notes de cours en best-seller de développement personnel est moins ancrée dans la culture académique locale.

Pépin et la « Psychologisation »

Au Québec, le créneau du « mieux-vivre » est massivement occupé par les psychologues cliniciens. Charles Pépin réussit à s’y frayer un chemin en utilisant un langage qui flirte avec la psychologie populaire tout en conservant le prestige du titre de « philosophe ».

  • Pour le lecteur québécois, Pépin n’est pas vu comme un héritier de Sartre ou de Platon, mais plutôt comme un vulgarisateur de haut niveau dont les thèmes (échec, confiance, rencontre) complètent l’offre de santé mentale existante.

Charles Pépin représente le risque de voir la philosophie devenir une pensée de service. Pépin est souvent perçu par ses détracteurs comme celui qui a « ubérisé » sa discipline, la rendant plaisante et immédiatement consommable pour un public en quête de solutions rapides.


Le passage du chercheur à l’« expert » médiatique ne repose pas sur la validation par les pairs ou sur l’originalité des travaux, mais sur la maîtrise d’un format de communication spécifique où la rapidité et la clarté l’emportent sur la profondeur. Pour les programmateurs de télévision et de radio, le bon « client » n’est pas le spécialiste pointu qui risque de nuancer son propos ou d’avouer ses doutes — ce qui casserait le rythme de l’émission — mais celui qui est capable de livrer une opinion tranchée sur n’importe quel sujet d’actualité, du terrorisme au bonheur en passant par l’intelligence artificielle, en moins de deux minutes. Cette omniscience de façade crée un cercle vicieux de notoriété : plus un auteur est présent dans les médias, plus il est perçu comme légitime par le grand public, ce qui finit par marginaliser les véritables chercheurs dont le discours, jugé trop aride ou trop lent, ne survit pas à l’exigence d’audimat et de divertissement immédiat.


Parlant de l’essai Les vertus de l’échec de Charles Pépin, Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau écrivent :

Cet essai de deux cents pages illustre parfaitement la « méthode Pépin » qui consiste à s’approprier un sujet à forte résonance psychologique et universelle — l’échec — pour le transformer en un produit parfaitement adapté aux exigences des séminaires d’entreprise. Charles Pépin y intervient régulièrement pour enseigner aux cadres comment transformer leurs revers en tremplins pour « rebondir », structurant son ouvrage en seize courts chapitres où les références philosophiques sont saupoudrées de manière thématique, proposant tour à tour une lecture chrétienne, stoïcienne, existentialiste ou psychanalytique de l’échec. Grâce à un sens aigu de la formule facile et percutante, telle que « Rater, ce n’est pas être un raté », il parvient à séduire un public de cadres et de catégories socioprofessionnelles supérieures en quête de sens immédiat et de valorisation personnelle.

Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau, Les imposteurs de la philo, préface de Michel Onfray, 1. Profs de philo à vendre, Raphaël Enthoven et Charles Pépin, Édition Le Passeur Éditeur, Paris, 2019, p. 58.

La conclusion du premier chapitre du livre « Les imposteurs de la philo » se lit comme suit :

La recherche de la clarté ne doit pas s’ériger en dogme, car elle recèle des dérives et des dangers tout aussi redoutables que ceux du jargon, bien que de nature différente. Dans les cas emblématiques d’Enthoven et de Pépin, cette clarté devient le synonyme d’une facilité, d’une superficialité et d’un avachissement intellectuel qui, par leur conformisme, rendent la pratique réelle de la philosophie impossible. Loin de rehausser l’image du penseur, cette approche ne vaut guère mieux que le jargon hermétique du phénoménologue ou les délires postmodernes, laissant l’observateur, telle une figure de Diogène moderne une lanterne à la main, errer à la recherche d’une philosophie introuvable. Finalement, nos « profs de philo » médiatiques s’enlisent dans une clarté indigente qui occulte la nécessité d’une véritable clarté intelligente, laquelle demeure indissociable d’une exigence intellectuelle rigoureuse.

Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau, Les imposteurs de la philo, préface de Michel Onfray, 1. Profs de philo à vendre, Raphaël Enthoven et Charles Pépin, Édition Le Passeur Éditeur, Paris, 2019, p. 67.


Préoccupation

La lecture du livre « Les imposteurs de la philo » révèle les conditions sociales et commerciales difficiles dans lesquelles exercent les philosophes praticiens, consultant ou cliniciens français. Je me préoccupe de la perception des nouvelles pratiques philosophiques par les Français sous l’influence de la philo-pop prêchée par les imposteurs de la philo. Est-ce que les Français intéressés par la consultation philosophique privée se présente avec une perception de loin diluée de la philosophie ?


Conclusion

J’accorde à ce livre quatre étoile sur cinq !

Je vous recommande la lecture du livre « Les imposteurs de la philo » de  Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau aux Éditions Le Passeur Éditeur paru en 2019.


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Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

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DOSSIER

Philothérapie

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Quand la philosophie nous aide

Article # 31

La confiance en soi

UNE PHILOSOPHIE

Charles Pépin

Allary Éditions, 2018

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La confiance en soi

Une philosophie

Charles Pépin

Alary Éditions

Date de parution: 29 mars 2018

ISBN: 9782370731661

240 pages


Ce livre est en vente au Québec chez votre libraire, sur le site web leslibraires.ca et chez Renaud-Bray


Résumé de l’éditeur

Cultivez les bons liens
Entraînez-vous
Écoutez-vous
Émerveillez-vous
Décidez
Mettez la main à la pâte
Passez à l’acte
Admirez
Restez fidèle à votre désir
Faites confiance au mystère

En puisant dans les textes des philosophes et des sages, dans les travaux des psychanalystes et des psychologues, mais aussi dans l’expérience de grands sportifs, d’artistes ou d’anonymes, ce livre éclaire le mystère de la confiance en soi. Et nous montre le chemin pour avoir davantage confiance en nous.

Date de parution: 29 mars 2018 – ISBN: 9782370731661 – 240 pages

Source : Allary Éditions.


Extraits

Lire la premier chapitre


Table des matières

Introduction

Cultivez les bons liens : la confiance relationnelle

Entraînez-vous : pratique de la confiance

Écoutez-vous : faire confiance à son intuition

Émerveillez-vous : quand la beauté nous donne confiance

Décidez : la confiance dans le doute

Mettez la main à la pâte : faire pour se faire confiance

Passez à l’acte : agir pour prendre confiance

Admirez : confiance et exemplarité


Entrevue avec Charles Pépin à France Télévision au sujet de son livre La confiance en soi

Autres vidéos sur YouTube


Au sujet de l’auteur

CHARLES PÉPIN

Une philosophie pratique:

?Charles Pépin est écrivain et philosophe.

Il est l’un des auteurs français de sciences humaines les plus traduits dans le monde.

Il a notamment publié chez Allary Éditions un roman, La Joie et une trilogie d’essais philosophiques: Les Vertus de l’échec, La Confiance en soi, La Rencontre.

Il est également l’auteur, avec Jul, des bandes dessinées La Planète des sages et Cinquante Nuances de Grecs (Dargaud).

BIOGRAPHIE

?Charles Pe?pin est philosophe et romancier.

Ne? en 1973, il est diplo?me? de Sciences-Po Paris, d’HEC et agre?ge? de philosophie.

?Il a enseigne? la philosophie a? la Maison d’e?ducation de la Le?gion d’honneur (Saint Denis) et a? Sciences-Po Paris.

?Il a publie? plusieurs essais philosophiques dont Ceci n’est pas un manuel de philosophie (Flammarion, 2010), Quand la beaute? nous sauve (Robert Laffont, 2013) et: Les Vertus de l’e?chec (Allary Éditions, 2016) La Confiance en soi (Allary Éditions, 2018) et La Rencontre (Allary Éditions, 2021).

Il publie e?galement des romans. Son dernier, La Joie (Allary Éditions, 2015) est une variation inspire?e de L’E?tranger de Camus.

?Avec Jul, il e?crit des bandes dessine?es autour de la philosophie et des philosophes. La Plane?te des sages (Dargaud, deux tomes, 2011 et 2015), Platon La Gaffe (Dargaud, 2013) ou encore 50 nuances de Grecs (Dargaud, deux tomes, 2017 et 2019) qui ont tous e?te? des succe?s de librairie.

?Il donne re?gulie?rement des confe?rences et tient une chronique dans Philosophie Magazine ou? il re?pond chaque mois a? une interrogation philosophique formule?e par un lecteur. Il anime depuis dix ans un se?minaire de philosophie ouvert a? tous : « Les lundis philos de Charles Pe?pin » avec l’institut MK2 a? Paris.

?En 2020, il lance un podcast sur Spotify « Charles Pe?pin : une philosophie pratique ». Chaque semaine, Charles Pe?pin propose un podcast de 30 minutes sur une question philosophique.

Charles Pe?pin est l’un des essayistes franc?ais les plus traduits a? l’e?tranger.

Source : Site internet officiel de l’auteur Charles Pépin.


Du même auteur

LA RENCONTRE, UNE PHILOSOPHIE

Pourquoi certaines rencontres nous donnent-elles l’impression de renaître??

Comment se rendre disponibles à celles qui vont intensifier nos vies, nous révéler à nous-mêmes??

La rencontre – amoureuse, amicale, professionnelle – n’est pas un «?plus?» dans nos vies. Au cœur de notre existence, dont l’étymologie latine ex-sistere signifie «?sortir de soi?», il y a ce mouvement vers l’extérieur, ce besoin d’aller vers les autres. Cette aventure de la rencontre n’est pas sans risque, mais elle a le goût de la «?vraie vie?».

De Platon à Christian Bobin en passant par Belle du Seigneur d’Albert Cohen ou Sur la route de Madison de Clint Eastwood, Charles Pépin convoque philosophes, romanciers et cinéastes pour nous révéler la puissance, la grâce de la rencontre. En analysant quelques amours ou amitiés fertiles – Picasso et Éluard, David Bowie et Lou Reed, Voltaire et Émilie du Châtelet… –, il montre que toute vraie rencontre est en même temps une découverte de soi et une redécouverte du monde.

Une philosophie salutaire en ces temps de repli sur soi.

LA CONFIANCE EN SOI, UNE PHILOSOPHIE

Cultivez les bons liens
Entraînez-vous
Écoutez-vous
Émerveillez-vous
Décidez
Mettez la main à la pâte
Passez à l’acte
Admirez
Restez fidèle à votre désir
Faites confiance au mystère

En puisant dans les textes des philosophes et des sages, dans les travaux des psychanalystes et des psychologues, mais aussi dans l’expérience de grands sportifs, d’artistes ou d’anonymes, ce livre éclaire le mystère de la confiance en soi.

Et nous montre le chemin pour avoir davantage confiance en nous.

LES VERTUS DE L’ÉCHEC

Et si nous changions de regard sur l’échec ?

En France, échouer est mal perçu. Nous y voyons une faiblesse, une faute, et non un gage d’audace et d’expérience.

Pourtant, les succès viennent rarement sans accroc. Charles de Gaulle, Rafael Nadal, Steve Jobs, Thomas Edison, J.K. Rowling ou Barbara ont tous essuyé des revers cuisants avant de s’accomplir.

Relisant leurs parcours et de nombreux autres à la lumière de Marc Aurèle, Saint Paul, Nietzsche, Freud, Bachelard ou Sartre, cet essai nous apprend à réussir nos échecs. Il nous montre comment chaque épreuve, parce qu’elle nous confronte au réel ou à notre désir profond, peut nous rendre plus lucide, plus combatif, plus vivant.

Un petit traité de sagesse qui nous met sur la voie d’une authentique réussite.

LA JOIE

« Je lui dis que ma sortie je n’y pense jamais. Jamais. Je lui dis que j’ai cette vie là à aimer et que c’est bien assez. Je lui dis que je ne veux pas de son espoir parce que l’espoir est un poison : un poison qui nous enlève la force d’aimer ce qui est là. »

Solaro traverse les épreuves de l’existence avec une force que les autres n’ont pas : il sait jouir du moment présent.

Ce livre est son histoire, le roman d’un homme joyeux.

C’est aussi une invitation à la réflexion, à comprendre ce qu’est la « joie », cette force mystérieuse qui, à tout instant, peut rendre notre vie exaltante.

QUAND LA BEAUTÉ NOUS SAUVE

Pourquoi la beauté nous fascine-t-elle ? Pourquoi avons-nous tant besoin du plaisir particulier qu’elle nous donne ?

Un paysage naturel vous offre l’apaisement, une mélodie vous redonne soudain foi en vous-même, un tableau vous emporte dans quelque chose de plus grand que vous, un visage contemplé vous invite à voir le monde autrement…

Chaque fois que la beauté nous touche, elle nous réapprend à nous faire confiance, à nous écouter, à ne pas nous laisser enfermer dans notre quotidien, à nous ouvrir à la promesse d’un Absolu. Dans le plaisir esthétique, nous réussissons même à nous confronter à ce qui d’habitude nous effraie : le mystère des choses, notre propre obscurité… C’est le pouvoir de la beauté : elle nous donne la force d’aimer ce qui est, en même temps que celle d’espérer ce qui pourrait être.

Croisant la pensée des grands philosophes, l’oeuvre des artistes d’hier et d’aujourd’hui, puisant aussi dans son expérience personnelle, Charles Pépin éclaire l’énigme de la beauté et montre en quoi sa fréquentation peut nous aider à vivre.

CECI N’EST PAS UN MANUEL DE PHILOSOPHIE

Comment connaître nos vrais désirs ?

Comment Descartes a-t-il pu comparer les animaux à des machines ?

Pourquoi sommes-nous fascinés par le pouvoir ?

Pourquoi les philosophes sont-ils si souvent incapables d’appliquer leurs idées ?

Peut-on vraiment se préparer à mourir ?

Est-il absurde de désirer l’impossible ?

Qu’est-ce qu’un authentique ami ?

Voici quelques-unes des questions abordées dans ce manuel pas comme les autres … où le programme de terminale est traité intégralement, mais au travers de «problématiques tout-terrain» permettant d’appréhender tous les sujets, où les extraits d’œuvres sont plus courts et accessibles que dans les manuels scolaires, où les conseils de méthodes abstraits laissent la place à des «copies de rêve» entièrement rédigées.

Un manuel de philosophie ? Oui, mais comme vous n’en avez jamais lu. Aussi utile pour un bachelier que pour tous ceux qui ne veulent plus entendre parler du bac, mais aimeraient bien entendre Platon leur parler d’amour ou Hegel leur parler du bonheur.

50 NUANCES DE GRECS – TOME 2

Le tome 2 de la plongée savante et subversive dans les classiques de la mythologie gréco-latine, la rencontre hilarante entre les mythes fondateurs et notre société contemporaine est toujours aussi passionnante !

Avec le mouvement des « toisons jaunes » les Argonautes bloquent les ronds-points à la sortie de Corinthe; le cheval de Troie est remplacé par un Uber, et les déesses excédées par le harcèlement sexuel des Dieux de l’Olympe lancent le hashtag «#MythToo »…

Dieux, déesses, héros et monstres : retrouvez tous les mythes au chevet de notre époque troublée, pour une indispensable leçon de sagesse éternelle.

50 NUANCES DE GRECS – TOME 1

Le tome 2 de la plongée savante et subversive dans les classiques de la mythologie gréco-latine, la rencontre hilarante entre les mythes fondateurs et notre société contemporaine est toujours aussi passionnante !

Avec le mouvement des « toisons jaunes » les Argonautes bloquent les ronds-points à la sortie de Corinthe; le cheval de Troie est remplacé par un Uber, et les déesses excédées par le harcèlement sexuel des Dieux de l’Olympe lancent le hashtag «#MythToo »…

Dieux, déesses, héros et monstres : retrouvez tous les mythes au chevet de notre époque troublée, pour une indispensable leçon de sagesse éternelle.

LA PLANÈTE DES SAGES – TOME 2

La (Nouvelle) Planète des sages est entièrement inédite. Avec 44 nouveaux philosophes, cet album poursuit le voyage avec les penseurs indispensables pour apprendre à naviguer dans notre époque troublée.

Ce tome 2 met en scène les grands penseurs vivants, ceux qui, aujourd’hui, alimentent les débats majeurs de notre société. Au programme, la théorie du genre, avec Judith Butler ; la conscience animale, avec Peter Singer ; et, dans un autre genre, « les bronzés qui font du Chomsky »…

LA PLANÈTE DES SAGES – TOME 1

Jul, l’auteur de Silex and the City, s’attaque à la philosophie avec la complicité de Charles Pépin, journaliste et universitaire, dans une encyclopédie savante et atypique.

Actuelle, décalée , elle propose deux approches : celle, humoristique et irrésistible, de Jul et celle, analytique et pédagogique, de Charles Pépin.

Ensemble, les deux auteurs ressuscitent et rendent accessibles les découvertes et les parcours de presque tous les penseurs qui ont fait la philosophie depuis trois mille ans. Jul illustre la pensée de chaque philosophe à travers des situations surréalistes et comiques, Charles Pépin rédige des « fiches » encyclopédiques limpides et malicieuses qui éclairent la réflexion de manière rigoureuse.

Source : Site internet officiel de l’auteur Charles Pépin.


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Wikipédia – Charles Pépin

Référence de page Charles Pépin sur Wikipédia

Charles Pépin Biographie [archive], sur FranceInter.fr

Charles Pépin Biographie [archive] sur iPhilo.fr

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Raphaël Enthoven reçoit Charles Pépin sur [archive] Arte.tv

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« 50 nuances de Grecs – Tome 1 50 nuances de Grecs » [archive], sur dargaud.com (consulté le )

« 50 nuances de Grecs – Tome 2 50 nuances de Grecs » [archive], sur dargaud.com (consulté le )

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Mon rapport de lecture du livre

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La confiance en soi

UNE PHILOSOPHIE

Charles Pépin

Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Nous retrouvons toujours, à des degrés divers et sous des formes variées, ces trois ressorts de la confiance en soi : la confiance en l’autre, la confiance en ses capacité et la confiance en la vie. Tout part peut-être de là, d’ailleurs : il faut y aller avec la fraîcheur d’un enfant, faire confiance sans savoir à quoi.

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Introduction, pp. 11-12.

Charles Pépin consacre le premier chapitre de son livre à « La confiance relationnelle » en nous conseillant en titre de « Cultivez de bons liens ». Dès la première phrase, il nous dit que « La confiance en soi vient d’abord des autres ». Il insiste à plusieurs reprises qu’il revient aux proches de l’enfant de lui donner confiance. Tout au long de notre vie, nous pouvons faire de même en adressant un « J’ai confiance en toi » bien senti à nos connaissances, ami(e)s, conjoint(e)s, collègues de classe ou de travail…

La confiance en soi contribue à la sécurité intérieure dont nous avons tous besoin.

À la différence de l’estime de soi, qui renvoie au jugement que nous portons sur notre valeur, la confiance en soi engage notre rapport à l’action, notre capacité à « y allez » malgré les doutes, à nous risquer dans un monde complexe. Pour trouver ce courage de s’aventurer au dehors, il faut une « sécurité intérieure ».

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 1 – Cultivez de bons liens, p. 17.

Si personne ne nous témoigne de leur confiance en nous lors de notre enfance, nous souffrirons d’une manque de confiance en soi à l’adolescence et si la situation perdure à l’adolescence, nous entrerons dans la vie adulte avec un manque de confiance en soi. Le doute pourra nous paralyser au lieu de nous servir.

Tout parents, tout maître, tout professeur, tout ami au sens d’Aristote, devrait avoir sans cesse à l’esprit cette double manière de donner confiance : d’abord mettre en confiance, ensuite faire confiance. D’abord sécuriser, ensuite « insécuriser » un peu. Nous avons besoin des deux pour oser nous aventurer dans le monde. Et souvent, ces deux dimensions se mêlent dans le regard que les autres portent sur nous : découvrant la confiance dans leurs yeux, nous nous sentons plus fort.

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 1 – Cultivez de bons liens, pp. 28-29.

À quelques reprises, le philosophe Charles Pépin relie le manque de confiance en soi à l’anxiété.

On entend parfois dire de certains individus, dans les entreprises, dans les familles, qu’ils manquent de confiance en eux, comme si leur confiance était simplement une affaire entre eux et eux-même… Mais s’ils n’ont pas été mis en confiance par personne, si personne ne leur a jamais fait confiance, il n’est pas surprenant qu’ils souffrent d’anxiété.

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 1 – Cultivez de bons liens, p. 30.

À mon avis, il ne s’agit pas d’attribuer notre anxiété à l’autre mais plutôt à notre choix des personnes que nous laissons entrer dans notre entourage.

Dans le deuxième chapitre de son ouvrage, « Entraînez-vous – Pratique de la confiance », le philosophe Charles Pépin soutient que la « confiance vient de la compétence, qui elle-même vient d’un entraînement intensif ». Il précise : « Chez les grands artistes, la confiance provient donc d’abord, ou disons plus exactement surtout, d’une pratique assidue et même obsessionnelle ».

(…) Bien souvent, lorsque nous avons du mal à trouver la confiance, nous pensons plus ou moins implicitement que nous ne sommes pas doués, que nous n’avons pas suffisamment de talent, alors que nous sommes simplement pas assez entraînés.

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 2 – Entraînez-vous – Pratique de la confiance, p. 40.

Le philosophe Charles Pépin nous parle du « saut de la confiance en soi ». Ce saut se produit à la suite de succès, petits et grands, nous ayant donné confiance en soi :

Nous avons eu confiance en notre capacité à mettre un pied devant l’autre, à écrire « en attaché », à faire du vélo… Nous avons confiance en notre capacité à déchiffrer une partition, à nous repérer dans une ville étrangère, à engager la conversation, à exprimer notre désaccord, à formuler nos désirs, à prendre la parole en public…

Et puis un jour, nous avons confiance en nous.

C’est ce que j’appellerais le saut de la confiance en soi. Toutes ces pratiques sont autant de chemins qui conduisent à ce saut, le rendent possible, autant d’occasions de vivre cette métamorphose. Inutile, d’ailleurs, de vouloir la précipiter : ce n’est pas en cherchant avec insistance plus de confiance en soi que nous l’obtiendrons. Il faut faire ses gammes avec patience, avec curiosité aussi. Et puis un jour, sans même parfois s’en rendre compte, commencer à improviser.

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 2 – Entraînez-vous – Pratique de la confiance, p. 44.

Bref, la confiance en soi vient à force de s’entraîner pour ainsi renforcer nos compétences.

Le philosophe Charles Pépin pose et répond à la question « Comment favoriser cette mutation de la compétence en confiance ? » « Tout d’abord en prenant du plaisir au développement de la compétence en question. » Il ajoute :

La compétence se mue donc plus facilement en confiance lorsqu’elle nous permet de progresser dans la connaissance que nous avons de nous même, de nos ressources et de nos qualités, de nos goût et de nos dégoûts… Aucune confiance en soi durable n’est possible sans connaissance de soi, sans creuser un sillon qui nous correspond. (…)

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 2 – Entraînez-vous – Pratique de la confiance, p. 46.

Lorsqu’un imprévu met à l’épreuve la confiancer en soi, c’est souvent un indique que nous faisons trop confiance en nos compétences plutôt qu’en nous-mêmes, nous dit Charles Pépin.

Du troisième chapitre, « Écoutez-vous – Faire confiance à son intuition », je retiens cette phrase : « Savoir s’écouter, c’est intégrer le savoir et ne pas oublier de le questionner ». Il nous parle des vérités établie par la science et nous incite à « comprendre comment ces vérités se sont forgées ». Partisan de la pensée scientifique et du doute sur lequel repose sa méthode, la « faille » dont je parle dans mon mantra « La lumière entre par les failles », c’est ce doute qui nous empêchera de prendre pour vrai ce que nous pensons uniquement parce que nous le pensons. On ne peut conseiller à une personne d’être à l’écoute de soi si elle se conte des mensonges.

Dans ce chapitre, j’ai découvert les philosophe Ralph Waldo Emerson :

Le seul philosophe à avoir pris au sérieux la question de la confiance en soi est Ralph Waldo Emerson, un auteur américain né au début du XIXe siècle. Dans la Confiance en soi, court texte publié en 1841 et figurant parmi ses Essais, il semble dresser un portrait de ce « médecin de l’avant » :

« Il est facile, étant dans le monde, de vivre selon l’opinion du monde; il est facile, dans la solitude, de vivre selon la nôtre, mais il y a de la grandeur, celui qui au milieu de la foule garde avec une suavité parfaite l’indépendance de la solitude »

Même au milieu de la foule, celui qui a confiance en lui sait encore s’écouter comme s’il était au calme, seul avec lui-même.

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 3 – Écoutez-vous – Faire confiance à son intuition, pp. 65-66.

Je chérie la solitude depuis mon adolescence, période au cours de laquelle j’ai écrit de nombreux poèmes. Tout au long de ma vie, la solitude fut pour moi le creuset de ma créativité. Mon choix pour le travail autonome à la maison témoigne de mon attachement à la solitude. Avant tout, je suis seul. Après tout, je suis avec le monde. J’ai l’impression d’avoir développer un profond lien avec l’universel et l’Homme à chaque fois que ma solitude prenait de la profondeur.

Au quatrième chapitre, « Émerveillez-vous – Quand la beauté nous donne confiance », le philosophe Charles Pépin écrit : « Fréquenter la beauté, c’est se rapprocher de soi. Non pas simplement  »s’évader », mais plonger au fond de soi pour y trouver la possibilité de la confiance ». Ce lien entre la beauté et la confiance en soi m’étonne.

Dès lors que nous savons accueillir librement la beauté, elle peut nous délivrer de nos inhibitions. Juger que  »c’est beau » sans critère, c’est chaque fois gagner confiance en soi »

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 4 – Émerveillez-vous – Quand la beauté nous donne confiance, pp. 65-66.

Est-ce que nous affirmons un simple jugement lorsque nous nous exclamons « Ah ! Que c’est beau » ? Ou est-ce que je suis en train d’accorder ma confiance à l’objet de cette beauté ? Personnellement, si c’est beau, je tombe en admiration et dans un état d’étonnement heureux.

Dans le cinquième chapitre, « Décidez – La confiance dans le doute », le philosophe Charles Pépin nous invite à agir « malgré le doute ».

Décider, c’est trouver la force de s’engager dans l’incertitude, réussir à y aller dans le doute, malgré le doute. C’est pallier le manque d’arguments définitifs par la capacité à s’écouter, ou simplement à trancher pour se remettre en mouvement. Dans les deux cas, c’est une question de confiance en soi. (…)

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 5 – Décidez – La confiance dans le doute, pp. 90-91.

Ce conseil s’avèrera utile à ceux et celles qui se trouvent paralysés par le doute ou prix au piège de leurs analyses. Je ne crois pas qu’il faille décider malgré le doute. Il faut plutôt apprendre à tirer le bénéfice du doute puisque ce dernier n’est rien d’autre que la certitude (jusqu’au prochain doute). Il faut apprendre à tirer le bénéfice du doute. À mon avis, considérer le doute comme un frein  à l’action, comme un obstacle à escamoter, est une erreur. Je ne recommande pas de s’en tenir au proverbe « Dans le doute, abstiens-toi » mais d’en tirer toute la lumière qu’il laisse entrer pour nous éclairer.

Le chapitre 6, « Mettez la main à la pâte – Faire pour se faire confiance » est une ode aux artisans et aux gens de métier qui mettent la main à pâte, par opposition à ceux et celles qui n’effectuent qu’un travail intellectuel et suivent des processus dictés par la direction. Est-ce que la confiance en soi grandit par la réalisation de ses propres mains de projets concrets et matériels sur le terrain, comme planter des fleurs dans une platebande ? « Fais quelque chose de tes deux mains » disaient les vieux dans ma jeunesse. Et c’est ce que j’ai fait, avec mon père, avec le responsable du laboratoire de photographies au collège, avec mes cartes à collectionner de la mission Apollo….  et ainsi de suite tout au long de ma vie. Est-ce cela m’a permis de développer ma confiance en moi-même ? Je n’ai jamais travailler de mes deux mains dans le but avoué de prendre confiance en moi-même. C’est une question pratico-pratique : faire soi-même plutôt que faire faire. Il n’en demeure pas moins que le travail manuel me procure une grande satisfaction.

Le chapitre 7, « Passez à l’acte – Agir pour prendre confiance », est dédié à ceux et celles qui hésitent à passer à l’acte par manque de confiance en eux. Le philosophe Charles Pépin souligne qu’agir, c’est avoir « confiance en la rencontre entre soi et monde ». Il ajoute :

(…) Ce n’est donc pas seulement en  »soi » qu’il s’agit d’avoir confiance, mais bien en la rencontre avec les autres et soi, entre le monde et soi – que seule l’action rend possible ».

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 7 – Passez à l’acte – Agir pour prendre confiance, p. 121.

C’est vrai, certaines personnes se coupent du monde par manque de confiance en soi. Elles passent à l’acte que dans la solitude, cachées des autres.

Il me faut aborder la peur du jugement, ce de jugement qui nous transperce comme un poignard et nous inflige de profondes blessures. Un tel jugement pousse à la fuite, au repli sur soi, question de panser ses blessures, comme un animal sauvage au fond de son terrier. En pareil cas, le plus grand des respects de cette retraite s’impose. On ne force pas l’animal à sortir de son terrier avec un grand bâton. Passer à l’acte ou la rencontre avec les autres comporte des risques. La confiance en soi ne doit jamais être aveugle ou, pis encore, naïve.

Dans le chapitre 8 « Admirez – confiance et exemplarité », le philosophe Charles Pépin conseille à ses lecteurs de prendre exemple sur ceux et celles qui réussissent.

Admirez, ce n’est pas vénérer; ce n’est pas s’oublier dans la contemplation du talent de l’autre. C’est se nourrir. Prendre exemple sur ceux qui ont osé suivre leur étoile pour entreprendre de cherche la sienne. Que nous dit leurs exemple ? Qu’il possible de devenir soi.

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 8 – Admirez – confiance et exemplarité, p. 140.

Le philosophe Charles Pépin nous dit de ne pas craindre de sortir du rang, de faire des vagues, pour oser. Je ne crois pas qu’il soit obligé de sortir du rang pour oser, pour devenir soi. Il y a ici un choix de vie important. Sortir du rang implique parfois de vivre en marge, avec un minimum de rencontres avec les autres. Notre admiration se tourne souvent vers des personnes qui réussissent tout en demeurant dans le rang. Peut-on réussir indépendamment du rang que nous occupons ? Il y a toujours un lien direct entre la réussite et les ressources disponibles au sein même du système de rangs. Et finalement, c’est tout le système qui porte au nue les personnes que nous admirons.

Dans le chapitre 9, « Restez fidèle à votre désir – L’antidote à la crise de confiance », le philosophe Charles Pépin introduit son sujet en ces mots :

« Nous avons aujourd’hui des possibilités infinies de nous comparer aux autres. C’est le pire des poison pour la confiance en soi. »

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 9 – Restez fidèle à votre désir – L’antidote à la crise de confiance, p. 147.

Le philosophe tombe à bras raccourcis sur les réseaux sociaux où l’on se compare et trouve toujours mieux que soi.

« Le seul fait de se comparer nous détourne de la vérité de notre existence : nous sommes tous singuliers. Notre valeur est absolue, non relative à celle des autres. (…) »

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 9 – Restez fidèle à votre désir – L’antidote à la crise de confiance, p. 150.

Se connaître implique de connaître son désir et d’y demeurer fidèle plutôt que de désirer les désirs des autres ou de mettre son désir en compétition avec ceux des autres. Autrement, nous serons en proie à l’envie et à la jalousie et nous perdrons notre propre désir de vue pour vivre ceux des autres.

Dans le chapitre 10, « Faites confiance au mystère – La confiance en la vie », je comprends l’importance de la confiance à accorder à tout ce qui est plus grand que nous, objet de mystères qui échappe à notre contrôle, tel que la vie, dieu, le cosmos…

Voilà la leçon paradoxale de ce voyage dans l’histoire des philosophies de la vue : prendre confiance en soi, c’est apprendre à se tenir tout contre le mystère de la vie, c’est savoir l’accueillir au point de se réchauffer à son contact.

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 10 – Faites confiance au mystère – La confiance en la vie, p. 167.

Le philosophe Charles Pépin s’en prend au« « coachs les moins inspirés » pour qui « il s’agit toujours de se  »reprogrammer », de  »trouver son mode d’emploi », son  »logiciel », quand ce n’est pas carrément la  »combinaison du coffre-fort » ». « Chez eux, écrit-il, la métaphore dominante est informatique ou mécanique. »

(…) Quiconque entreprend une recherche internet sur la confiance en soi tombe immédiatement sur de telles métaphores, entre les  »sept techniques pour prendre confiance en soi » et  »les trois clés de la confiance ». Au milieu de ces métaphores sont présentées des méthodes de pure autosuggestion, dans la ligne de la méthode Coué :  »Levez-vous chaque matin en vous disant que ça va mieux qu’hier »,  »Regardez-vous dans la glace au réveil en vous répétant que vous êtes génial »,  »Formulez à haute et distincte vois vos objectifs », etc.

Ces injonctions sont aussi bêtes que méchantes. Bêtes : elles constituent autant d’insultes à la complexité de l’esprit humain. Méchantes surtout : elle risquent de nous culpabiliser davantage lorsque nous souffrons d’anxiété. Si je manque de confiance en moi et que l’on me répète qu’il est très simple de la regagner, qu’il suffit pour cela de me  »reprogrammer » en sept jours et de me motiver chaque matin devant mon miroir, que vais-je éprouver en cas d’échec. Ne vais-je pas me sentir encore plus responsable, encore plus fautif ? Je suis frappé d’observer la violence de toutes ces injonctions, de voir combien elles manquent de tendresse. »

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Chapitre 10 – Faites confiance au mystère – La confiance en la vie, p. 168.

Ah ! Toutes ces histoires d’autosuggestion impliquant la pensée positive, je les redoute comme la peste depuis toujours. Dès mon adolescence, je les ai trouvées insignifiantes, inutiles, trompeuses, etc. Puis a surgi de nulle part la fameuse expression « Je t’envoie des énergies positives » ou « des ondes positives » et dans laquelle je ne perçois que de la crédulité et de la naïveté. Avez-vous déjà répondu à celui ou celle qui prétend vous envoyer des énergies positives que vous ne les avez pas reçues ? La réponse est : « Je te les envoie de nouveau ». Comment peut-on croire en une chose pareille, en une telle magie ? Il faut souligner que c’est beaucoup plus facile de se dédouaner de tout acte concret d’entraide avec un « Je t’envoie des ondes positives ». Ainsi, il n’est plus nécessaire de « mettre la main à la pâte ».

En conclusion de « La confiance en soi – Une philosophie », le philosophe Charles Pépin termine son œuvre avec ces mots :

Avoir confiance en soi, ce n’est pas être sûr de soi. C’est trouver le courage d’affronter l’incertain au lieu de le fuir. Trouver dans le doute, tout contre lui, la force de s’élancer ».

PÉPIN, Charles, La confiance en soi – Une philosophie, Conclusion, p. 184.


Je vous recommande chaudement la lecture de ce livre si vous manquez de confiance en soi. Le philosophe Charles Pépin en cerne tous les aspects. C’est un livre pratique unique.


J’accorde cinq étoiles sur cinq

*****

au livre

LA CONFIANCE EN SOI

UNE PHILOSOPHIE

du philosophe Charles Pépin


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et chez Renaud-Bray


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Articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

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Serge-André Guay, auteur et président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys