Âgé de sept ans, j’ai rêvé être dans une pièce aux dimensions d’un cube. Une pièce vide, sans meuble et sans décoration. Tous les côtés – plafond, plancher, et murs – étaient de couleur blanche.
Je me tenais là au milieu de la pièce, face à l’un des murs. Je distinguais au centre de ce mur une petite porte. Intrigué, je me demandais si cette petite porte donnait sur une armoire, sur une fenêtre…
Mais cette petite porte était trop haute pour que je puisse l’atteindre jusqu’à ce que je vois une tribune tout le long de ce mur. Je n’avais qu’à monter sur cette tribune pour saisir la pognée de la petite porte et l’ouvrir. Une lumière éclatante, vive, rayonnant dans tout l’espace se trouvait derrière la petite porte.
Dès l’ouverture de la porte, cette lumière suscita en moi un immense bonheur, une grande joie, un bien-être comme je n’en n’avais jamais ressentis. J’étais en extase et je voulais me remplir de cette lumière pour la conserver en moi. J’ai sorti ma tête par l’entrée de la fenêtre pour la balancer de gauche à droite, de bas en haut, et même en faisant des cercles… Je me baignais la tête dans cette lumière bienfaisante.
Ce rêve s’est inscrit dans mes souvenirs pour toujours. Il a refait surface par lui-même pour me redonner l’espoir d’une fin heureuse dans les moments difficiles. Ce rêve me garantissait que j’étais voué à un bel avenir, que la lumière reviendrait au bout de tous les tunnels de ma vie. Ce rêve me donnait aussi une valeur unique comme être humain. Je m’étais baigné dans une lumière plus pure que pure, une lumière qui ne m’avait pas aveuglé en parfaite opposition avec les réflexes involontaires de l’œil en temps normal. Le rêve était extraordinaire et moi aussi.
Aujourd’hui, 61 ans plus tard, âgé de 68 ans, je dois admettre qu’une grande part de la confiance en moi, en mes talents et en ma capacité à les exploiter qui s’est maintenu tout au long de ma vie provient de ce rêve. Autrement, ce rêve m’a donné une confiance inébranlable capable de transcender les moments difficiles de mon parcours de vie.
J’ai ressenti un bien-être. Ce rêve deviendra une image intérieure, une présence discrète qui me donnera confiance en moi à travers les épreuves de la vie.
Interprétations ?
Me faut-il davantage interprété ce rêve ? Le saisir autrement en ma conscience ? Je n’ai pas cherché à approfondir les différentes significations possibles de ce rêve. Seule le sentiment de bien-être et la confiance acquise m’importaient.
Évidemment, à l’âge de 7 ans, l’enfant que je suis s’accroche d’abord au vécu de rêve sans trop se poser de question.
L’idée d’une lumière qui n’aveugle pas sera sous l’influence de l’évolution culturelle de la société à différent âge.
Influences culturelles
Mon enseignement catholique dès mes premières années d’école m’apprendra que Dieu est lumière :
« Jésus leur parla de nouveau, et dit : Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. »
Jean 8,12 — Louis Segond
C’est la formule la plus directe et la plus célèbre. Il n’y a aucune ambiguïté : « Je suis la lumière du monde » est bien une parole attribuée à Jésus dans cette traduction.
« Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
Jean 9,5 — Louis Segond
Ici, la lumière est explicitement liée à une présence, à un temps vécu, non à une abstraction.
« En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. »
Jean 1,4–5 — Louis Segond
Ce passage prépare théologiquement l’affirmation de Jésus : la lumière est vie, et elle rencontre une résistance.
« La nouvelle que nous avons apprise de lui, et que nous vous annonçons, c’est que Dieu est lumière, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres. »
1 Jean 1,5 — Louis Segond
Ici, ce n’est plus seulement le Christ, mais Dieu lui-même qui est nommé comme lumière.
Puis, un jour, ma foi en la religion s’éteint. Puis, il en sera de même de ma foi dans l’existence de Dieu, de tous les dieux. Du jour au lendemain, mon dieu migre de mon cœur à mon imagination sous l’influence d’un ami philosophe ( «Tous les dieux sont des inventions de l’humanité»).
Vient ensuite la philosophie ou le lien entre la lumière et la vérité.
Lumière et philosophie
La lumière comme vérité
Platon
Dans l’allégorie de la caverne, la lumière du soleil symbolise la vérité et le Bien.
Sortir de la caverne, c’est quitter l’ombre des opinions pour l’éclat de l’intelligible. La lumière n’est pas seulement ce qui éclaire : elle transforme celui qui la reçoit.
Voir la lumière, c’est changer de regard — et de vie.
La lumière comme intellect
Aristote
La lumière rend visibles les formes, comme l’intellect agent rend pensables les idées.
Elle n’est pas le contenu de la pensée, mais ce qui rend la pensée possible.
La lumière n’est pas ce que l’on connaît, mais ce grâce à quoi l’on connaît.
La lumière comme présence
Augustin
Dieu est lumière intérieure : lux mentis.
Ce n’est pas l’œil qui voit la vérité, mais l’âme éclairée de l’intérieur.
La vérité ne s’impose pas de l’extérieur : elle se reconnaît.
La lumière comme raison
Descartes
La « lumière naturelle » est la capacité rationnelle de l’esprit à distinguer le vrai du faux.
Elle fonde l’évidence claire et distincte.
La lumière devient méthode.
La lumière comme dévoilement
Heidegger
La vérité n’est pas illumination brutale, mais clairière (Lichtung).
Un espace où l’être peut apparaître sans être forcé.
La lumière ne révèle pas tout : elle ouvre.
La lumière comme limite
Kant
La raison éclaire… mais jusqu’à un certain point.
Au-delà, elle produit des illusions. La lumière critique est aussi une retenue.
La vraie clarté inclut la conscience de l’ombre.
— FIN DU COMMENTAIRE DE ChatGPT —
Expérience de mort imminente (EMI)
Je ne peux pas passer sous silence le phénomène de la « lumière au bout du tunnel » rapporté par certaines personnes ayant vécu une expérience de mort imminente (EMI) à laquelle on peut donner des explications neurologiques, psychologiques et spirituelles.
Je n’ai pas vécu une telle expérience. Mais l’idée de la lumière m’interpelle en raison de mon rêve.
Les études de neurobiologie et d’imagerie cérébrale n’ont pas encore permis d’expliquer complètement ces expériences.
Elles semblent faire partie d’un phénomène complexe, à la frontière du biologique, du psychologique et du spirituel. Ce qui est frappant, c’est leur impact durable : beaucoup de personnes ayant vécu une EMI racontent ensuite une perte de la peur de la mort et un changement profond dans leurs valeurs.
ChatGPT 5
Âgé de sept ans, je ne pense pas à la mort. Et lorsque j’en prendrai conscience, aucune peur de la mort me hantera ma vie durant. Je n’ai pas peur de mourir.
La transformation intérieure : un après différent de l’avant
De très nombreux témoignages — recueillis depuis les années 1970 par des chercheurs comme Raymond Moody, Kenneth Ring, ou plus récemment Pim van Lommel (cardiologue néerlandais) — montrent que les personnes ayant vécu une EMI reviennent avec une nouvelle vision de la vie.
Les caractéristiques les plus fréquemment observées sont :
Perte de la peur de la mort : la mort n’est plus perçue comme une fin absolue, mais comme une transition. Même les personnes non religieuses décrivent cette lumière comme « accueillante » ou « pleine d’amour », ce qui atténue la peur existentielle.
Renforcement de la compassion et de l’empathie : beaucoup rapportent un sentiment d’unité avec les autres êtres vivants et une volonté d’aider ou de soulager la souffrance d’autrui.
Réévaluation des priorités de vie : les valeurs matérielles (richesse, statut social) deviennent secondaires ; les relations humaines, la gentillesse et la quête de sens deviennent primordiales.
Sens accru de la mission personnelle : certains affirment avoir perçu qu’ils avaient « encore quelque chose à accomplir », une raison d’être qui oriente profondément leur existence après le retour.
ChatGPT 5
Si mon expérience rêvée de la lumière bienfaisante a eu de tels effets sur moi, je n’en étais pas conscient à l’âge de sept ans. Cependant, à la retraite, plus de soixante ans après mon rêve, je peux dire que la compassion et l’empathie m’étaient naturelles, que je donnais peu d’importance aux valeurs matérielles et que je me suis senti investi d’une mission personnelle et professionnelle dès l’adolescence. Toute personne qui me parle d’un problème me motive d’emblée encore aujourd’hui à en rechercher une solution.
Ces qualités ne font pas de moi pour autant une personne prête à donner des conseils à tous vents. Il me faut comprendre, analyser, réfléchir et surtout chercher et rechercher tout ce que je peux trouver sur le sujet en cause. Au collège, tout ce que je voulais de mes professeurs, c’est qu’ils m’enseigne comment chercher ce dont j’aurai besoin tout au long de ma vie. C’est ma qualité de recherchiste que soulignera la direction de Radio-Canada à Québec à la suite de ma saison estivale sur les ondes de la station à titre de chroniqueur culturel en 1976 (alors âgé de 19 ans). Mon approche est simple : il n’est pas besoin de tout savoir mais plutôt de savoir chercher et rechercher.
La question de la vie après la mort dans un univers de lumière
« Quand nous sommes, la mort n’est pas là ; quand la mort est là, nous ne sommes plus. »
Épicure.
J’ai imaginé une certain temps que nous nous retrouvions dans un état de conscience de tout à la suite de la mort. Nous saurions tous, nous connaitrions tout après la mort. Plus aucun mystère. Plus aucune méconnaissance. Seulement un savoir total. De là, une question surgit : est-ce que l’Univers est cette conscience absolue ? Plus précisément, l’Univers est-il conscient de lui-même ? Un ami philosophe m’a répondu que cette idée était folle. Une autre personne, je ne sais plus qui, a répondu : « C’est nous la conscience de l’Univers ». On peut le prétendre tant et aussi longtemps que nous ne connaissons aucun autre être conscient ailleurs dans l’univers.
Le corps et la conscience
Mais dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
(…) Par « sentir », j’entends détecter une « présence » – d’un autre organisme à part entière, d’une molécule située sur la surface d’un autre organisme, ou d’une molécule sécrétée par un autre organisme. Sentir n’est pas percevoir ; sentir ne revient pas à construire un « modèle » (pattern ) sur la base de quelque autre réalité pour en produire une « représentation » et en créer une « image » dans l’esprit. Pourtant, sentir est la forme la plus élémentaire de la cognition.
DAMASIO, Antonio, Savoir et sentir, Éditions Odile Jacob, 2021, p. 23.
Selon Antonio Damasio en référence à l’évolution de la vie, l’esprit sensible et conscient naissent à la suite de l’apparition du système nerveux. Mais ce dernier ne suffit pas à éclaircir le mystère de la conscience :
S’il est vrai que la conscience telle que nous la connaissons ne peut émerger complètement qu’au sein d’organismes dotés de systèmes nerveux, il faut également souligner qu’elle requiert de nombreuses interactions entre la partie centrale de ces systèmes, le cerveau proprement dit, et plusieurs régions du corps ne relevant pas du système nerveux.
DAMASIO, Antonio, Savoir et sentir, Éditions Odile Jacob, 2021, p. 33.
Antonio Damasio parle d’«un esprit éclairé par la conscience». Il lie l’esprit et l’importance des sentiments : « Les sentiments permettent à une créature de représenter dans l’esprit son propre corps (…) ».
Sans système nerveux, pas de gestes moteurs complexes. Il est le point de départ d’une véritable nouveauté : l’esprit. Les sentiments comptent parmi les premiers phénomènes mentaux et l’on ne soulignera jamais assez leur importance. Les sentiments permettent à une créature de représenter dans l’esprit son propre corps, soucieux de réguler les fonctions de ses organes internes selon les nécessités de la vie : se nourrir, boire, excréter ; se mettre sur la défensive comme on le fait dans le cas de la peur ou de la colère, du dégoût ou du mépris ; adopter des comportements de coordination sociale tels que la coopération ou le conflit ; afficher l’épanouissement, la joie, l’exaltation, et même les comportements liés à la procréation.
Les sentiments permettent à l’organisme d’éprouver sa propre vie. Plus précisément, ils fournissent à l’organisme une évaluation graduée du succès relatif de son aptitude à vivre : un examen naturel dont le résultat est perçu sous la forme d’une qualité – plaisante ou déplaisante, légère ou intense. Ces informations sont précieuses et tout à fait neuves : le type d’informations que les organismes cantonnés au stade de « l’être 4 » ne peuvent obtenir. Sans surprise, les sentiments jouent un rôle important dans la création d’un « soi », processus mental animé par l’état de l’organisme. Ils sont ancrés dans sa charpente corporelle – la charpente constituée des structures musculaires et osseuses –, et orientés selon la perspective que nous offrent les canaux sensoriels tels que la vue et l’ouïe.
DAMASIO, Antonio, Savoir et sentir, Éditions Odile Jacob, 2021, pp. 40-41
« Les sentiments nous donnent la connaissance de la vie dans le corps et rendent cette connaissance consciente, sans en perdre la moindre pulsation (…). » écrit Antonio Damasio.
Pas de corps, pas de conscience. Bref, la conscience meurt avec la mort du corps. Autrement dit, notre conscience ne nous survit pas.
Si la conscience est un processus corporel, alors elle cesse lorsque le corps cesse.
Vient alors l’idée de l’esprit séparé du corps, de l’âme immortelle ou du souffle de vie qui assurerait une continuité dans l’au-delà. Dans ce contexte, nous entrons dans le monde de la croyance, à définir comme « une affirmation tenue pour vraie sans fondement démonstratif, empirique ou logique contraignant ». La croyance dépasse ce que l’on peut établir comme connaissance. Croire n’est pas savoir.
Les différents types de croyances sans preuve
Croyances existentielles
Elles donnent une orientation à la vie.
Exemples :
« La vie a un sens » « L’amour vaut le risque » « Il y a quelque chose plutôt que rien »
Elles ne sont pas prouvables, mais structurantes.
Croyances métaphysiques
Elles portent sur ce qui dépasse l’expérience possible.
Exemples :
l’âme immortelle, un esprit séparé, un au-delà de la conscience.
Croyances pragmatiques
Elles sont adoptées parce qu’elles fonctionnent.
Exemple (William James) : croire qu’on peut réussir aide parfois à réussir, même sans preuve préalable.
Croire n’est pas un besoin biologique, mais un besoin existentiel : celui de s’orienter dans le monde et de rendre la vie habitable. L’être humain ne peut se passer longtemps d’une forme de croyance, même minimale, qu’elle soit religieuse, morale ou symbolique.
Est-ce que croire est reconnu comme un besoin fondamental ?
Oui — croire est largement reconnu comme un besoin humain fondamental, mais pas au même titre qu’un besoin biologique. Et c’est là que la nuance est essentielle.
Oui, mais pas comme manger ou respirer
Croire n’est pas un besoin vital au sens physiologique. On peut vivre sans religion, sans dogme, sans croyance métaphysique.
Mais on ne vit pas longtemps sans :
orientation,
sens minimal,
cohérence intérieure.
Et c’est exactement là que la croyance intervient.
En psychologie et en anthropologie
De nombreuses approches reconnaissent que l’être humain a un besoin fondamental de :
donner sens à ce qu’il vit,
relier les événements entre eux,
se projeter au-delà de l’instant.
Viktor Frankl parlait de volonté de sens comme moteur central de l’existence.
Même sans religion, l’humain croit toujours en quelque chose :
une valeur,
une promesse,
une direction,
une image de l’avenir.
Croire n’est pas croire quoi que ce soit
Point crucial : le besoin de croire n’implique pas que toutes les croyances se valent.
Il y a :
des croyances ouvertes,
des croyances révisables,
des croyances dogmatiques,
des croyances toxiques.
Le besoin est fondamental, le contenu ne l’est pas.
— Fin du commentaire de ChatGPT —
Croire n’est pas un besoin biologique, mais un besoin existentiel : celui de s’orienter dans le monde et de rendre la vie habitable. L’être humain ne peut se passer longtemps d’une forme de croyance, même minimale, qu’elle soit religieuse, morale ou symbolique.
Mais il nous faut croire lucidement
Croire n’est pas une faiblesse de la raison, mais une nécessité de l’existence. L’être humain ne peut vivre sans orientation intérieure, sans une certaine confiance accordée à ce qui donne sens à son expérience. Toutefois, reconnaître ce besoin ne dispense pas de lucidité. Une croyance devient problématique lorsqu’elle se présente comme une certitude démontrée, ou lorsqu’elle cherche à masquer la finitude plutôt qu’à l’habiter. Croire lucidement consiste alors à assumer ses croyances pour ce qu’elles sont : non des preuves, mais des choix d’orientation. Ce n’est pas renoncer à la raison, mais refuser de lui demander ce qu’elle ne peut donner. La responsabilité n’est pas de croire moins, mais de croire en sachant pourquoi — et jusqu’où.
Y a-t-il un lien entre la croyance et mon rêve
Oui — il y a un lien profond, mais il n’est ni naïf ni mystique. Et surtout, ce lien est cohérent avec tout ce que tu as développé sur le corps, la conscience et la croyance lucide.
1. Ton rêve n’est pas une croyance… mais il la rend possible
Ton rêve ne te dit pas :
« voilà une vérité sur l’au-delà »,
« voilà ce qui te survivra ».
Il ne prouve rien.
Et c’est précisément pour cela qu’il est juste.
Ce que le rêve fait, c’est autre chose :
il donne une forme sensible à une orientation intérieure.
Chez Damasio, tout commence par le sentir.
Ton rêve est un sentir originaire, antérieur à toute doctrine, à toute croyance formulée.
2. La croyance comme prolongement du sentir
La croyance, au sens lucide, n’est pas une idée plaquée sur le réel. Elle est une stabilisation symbolique d’une expérience vécue.
Dans ton cas :
le corps de l’enfant ressent une lumière bienfaisante,
cette expérience est mémorisée,
puis, plus tard, elle devient image-orientation.
La croyance n’est pas : « la lumière existe quelque part ailleurs »
La croyance est : « il est possible de s’orienter vers ce qui éclaire »
3. Le rêve comme matrice de croyance non dogmatique
Ton rêve ne fonde pas une croyance sur :
une autorité,
un dogme,
une promesse d’immortalité.
Il fonde une croyance minimale, incarnée :
croire que l’on peut se tenir droit face à ce qui dépasse,
croire que la lumière n’abolit pas les murs mais les traverse,
croire que chercher la lumière est déjà une manière de vivre.
C’est une croyance sans illusion métaphysique, mais avec effet existentiel réel.
4. Pourquoi cela fonctionne « si bien »
Parce que ton rêve respecte exactement ce que la philosophie exige :
il ne nie pas la finitude,
il ne promet pas l’éternité,
il ne remplace pas la réalité par une fiction.
Il oriente le corps vivant, ici et maintenant.
C’est pourquoi il peut devenir une image de confiance tout au long des épreuves, sans mentir.
5. Une formulation possible pour ton texte
Tu pourrais écrire :
Mon rêve d’enfance ne fonde aucune croyance sur l’au-delà. Il n’affirme rien. Il oriente. Il donne une image à ce qui, en moi, cherche la lumière sans nier les murs. La croyance qui en naît n’est pas une certitude, mais une manière de se tenir face à la vie.
Je ne suis pas d’accord avec la réponse de ChatGPT à ma question « Y a-t-il un lien entre la croyance et mon rêve ? ». ChatGPT donne une interprétation de mon rêve qui va beaucoup trop loin pour moi. Je ne peux pas affirmer que ma présence dans une pièce de forme cubique donne aux murs un rôle. Et je ne peux pas soutenir non plus que j’ai acquis part ce rêve « une manière de se tenir face à la vie ». Ce rêve n’est pas toujours venu à ma rescousse lors de chacune des périodes difficiles de ma vie; ma manière de me tenir face à la vie a chavirée plus d’une fois, peu importe le rôle de ce rêve.
Ce rêve, je crois, est tout simplement inscrit en mon esprit comme un souvenir heureux exceptionnel. Si je peux peux le ramener à ma conscience sentimentale, il origine et loge, à mon humble avis, de mon inconscient. Je suis prêt à admettre que ce rêve se manifeste comme une promesse, une assurance d’une vie où le soleil brille toujours derrière les nuages. Mais il ne faut pas m’illusionner : ce rêve ne me sortait pas du pétrin. Il ne suffisait pas que j’y pense pour retrouver mon bien-être. Et je puis aussi affirmer que je n’y pensais pas automatiquement à chaque période difficile de ma vie. Un seule chose est certaine : je n’ai pas abandonné.
P.S.: Je suis très content de voir enfin mon rêve en images grâce à l’Intelligence Artificielle ChatGPT .
Ce livre, écrit par l’un des plus grands neuroscientifiques, propose une analyse tout à fait nouvelle et passionnante du phénomène de la conscience et de son rôle dans le vivant. Jusqu’à tout récemment, beaucoup de philosophes et de neuroscientifiques s’accordaient pour penser que la question de la conscience était insoluble. Antonio Damasio, au contraire, est convaincu qu’avec la neurobiologie, la psychologie et l’intelligence artificielle nous disposons des outils nécessaires pour résoudre le mystère de la conscience.
Dans ce livre, il éclaire toutes les facettes de la conscience. Les perspectives nouvelles qu’il explore en dévoilent les mécanismes, restant proches de l’expérience intime que nous en avons. Il explique les relations entre conscience et esprit, la différence entre être conscient, être éveillé et sentir, le rôle clé des sentiments et la manière dont le cerveau détermine le développement de la conscience.
Dans cette synthèse magistrale, Antonio Damasio réconcilie les découvertes scientifiques récentes et les éléments d’une philosophie de la conscience. Surtout, il présente de façon lumineuse l’essentiel de ses propres recherches qui ont transformé notre compréhension du cerveau et du comportement humain.
Antonio Damasio, mondialement connu, est professeur de neurosciences, de neurologie, de psychologie et de philosophie à l’Université de Californie du Sud à Los Angeles, où il dirige le Brain and Creativity Institute. Il est membre de la National Academy of Medicine et de l’American Academy of Arts and Sciences. Ses ouvrages sont traduits dans une trentaine de langues. Il est notamment l’auteur de L’Erreur de Descartes, de Spinoza avait raison et, dernièrement, de L’Ordre étrange des choses, qui ont connu un immense succès.
Au sujet de l’auteur – ANTONIO DAMASIO, M.D., Ph.D.
Antonio Damasio at « Fronteiras do Pensamento » in Porto Alegre, Brazil, 2013. Crédit : Fronteiras do Pensamento.
António Rosa Damásio, plus connu comme Antonio Damasio, né le 25 février 1944 à Lisbonne (Portugal), est un médecin, professeur de neurologie, neurosciences et psychologie luso-américain.
Fonctions
Après avoir obtenu son doctorat en neurobiologie à la faculté de médecine de l’Université de Lisbonne, Antonio Damasio fonde en janvier 1971 avec sa femme Hanna (pt) le « Centro de Estudos de Linguagem Egas Moniz »1. En 1975, le couple quitte le Portugal pour rejoindre Norman Geschwind à Harvard et y mener ses premières recherches en neurosciences1. Antonio Damasio devient enseignant-chercheur au Centre de recherche sur l’aphasie à Boston puis rejoint le Département de neurologie de l’Université de l’Iowa qu’il dirige de 1976 à 19952.
Il est le directeur de l’Institut pour l’étude neurologique de l’émotion et de la créativité de l’université de la Californie méridionale (University of Southern California) depuis 20053,4.
Il est également professeur adjoint au Salk Institute d’études de La Jolla5 et écrivain.
Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
(…) Par « sentir », j’entends détecter une « présence » – d’un autre organisme à part entière, d’une molécule située sur la surface d’un autre organisme, ou d’une molécule sécrétée par un autre organisme. Sentir n’est pas percevoir ; sentir ne revient pas à construire un « modèle » (pattern ) sur la base de quelque autre réalité pour en produire une « représentation » et en créer une « image » dans l’esprit. Pourtant, sentir est la forme la plus élémentaire de la cognition.
DAMASIO, Antonio, Savoir et sentir, Éditions Odile Jacob, 2021, p. 23.
Selon Antonio Damasio en référence à l’évolution de la vie, l’esprit sensible et conscient naissent à la suite de l’apparition du système nerveux. Mais ce dernier ne suffit pas à éclaircir le mystère de la conscience :
S’il est vrai que la conscience telle que nous la connaissons ne peut émerger complètement qu’au sein d’organismes dotés de systèmes nerveux, il faut également souligner qu’elle requiert de nombreuses interactions entre la partie centrale de ces systèmes, le cerveau proprement dit, et plusieurs régions du corps ne relevant pas du système nerveux.
DAMASIO, Antonio, Savoir et sentir, Éditions Odile Jacob, 2021, p. 33.
Antonio Damasio parle d’«un esprit éclairé par la conscience». Il lie l’esprit et l’importance des sentiments : « Les sentiments permettent à une créature de représenter dans l’esprit son propre corps (…) ».
Sans système nerveux, pas de gestes moteurs complexes. Il est le point de départ d’une véritable nouveauté : l’esprit. Les sentiments comptent parmi les premiers phénomènes mentaux et l’on ne soulignera jamais assez leur importance. Les sentiments permettent à une créature de représenter dans l’esprit son propre corps, soucieux de réguler les fonctions de ses organes internes selon les nécessités de la vie : se nourrir, boire, excréter ; se mettre sur la défensive comme on le fait dans le cas de la peur ou de la colère, du dégoût ou du mépris ; adopter des comportements de coordination sociale tels que la coopération ou le conflit ; afficher l’épanouissement, la joie, l’exaltation, et même les comportements liés à la procréation.
Les sentiments permettent à l’organisme d’éprouver sa propre vie. Plus précisément, ils fournissent à l’organisme une évaluation graduée du succès relatif de son aptitude à vivre : un examen naturel dont le résultat est perçu sous la forme d’une qualité – plaisante ou déplaisante, légère ou intense. Ces informations sont précieuses et tout à fait neuves : le type d’informations que les organismes cantonnés au stade de « l’être 4 » ne peuvent obtenir. Sans surprise, les sentiments jouent un rôle important dans la création d’un « soi », processus mental animé par l’état de l’organisme. Ils sont ancrés dans sa charpente corporelle – la charpente constituée des structures musculaires et osseuses –, et orientés selon la perspective que nous offrent les canaux sensoriels tels que la vue et l’ouïe.
DAMASIO, Antonio, Savoir et sentir, Éditions Odile Jacob, 2021, pp. 40-41
Bref, « Les sentiments nous donnent la connaissance de la vie dans le corps et rendent cette connaissance consciente, sans en perdre la moindre pulsation (…). » écrit Antonio Damasio.
Abordant la question de l’intelligence, il en distingue deux : non explicite et explicite. La première s’occupe de maintenir et réguler notre corps, de nous maintenir en vie. Il s’agit de l’homéostasie :
L’homéostasie ? On pourrait décrire l’homéostasie comme un ensemble de règles de savoir-faire, implacablement suivies selon les directives d’un manuel un peu particulier, sans aucun mot, sans aucune illustration. Ces directives garantissent que les paramètres dont dépend la vie, par exemple la présence de nutriments, certains niveaux de température ou de pH, sont maintenus dans un intervalle optimal.
DAMASIO, Antonio, Savoir et sentir, Éditions Odile Jacob, 2021, pp. 24-25
Quant au second type d’intelligence, explicite, il la présente en ces mots :
(…) L’intelligence humaine explicite n’est ni simple, ni modeste.
Elle requiert un esprit, et l’assistance des sentiments et de la conscience, qui sont des développements liés à l’esprit. Elle requiert la perception, la mémoire, et le raisonnement. Les contenus de l’esprit se fondent sur des schémas (patterns) cartographiés dans l’espace, qui représentent des objets et des actions. Ces contenus correspondent aux objets et aux actions que nous percevons à la fois à l’intérieur de notre organisme et dans le monde qui nous entoure. Les schémas cartographiés dans l’espace, que nous élaborons, peuvent faire l’objet d’une inspection mentale. Nous, propriétaires de l’esprit, nous pouvons étudier les « paramètres » et « l’extension » d’un schéma particulier. Propriétaires de ces schémas, nous pouvons en outre inspecter mentalement leur structure correspondant à un objet bien précis, et réfléchir, par exemple, au degré de « ressemblance » qu’ils entretiennent avec cet objet original.
En fin de compte, les contenus de l’esprit sont manipulables : nous, propriétaires des schémas, nous pouvons les découper en morceaux, et réarranger ces morceaux de mille et une façons pour former de nouveaux schémas. C’est précisément ce que nous faisons lorsque nous essayons de résoudre un problème : nous découpons les schémas pour les réorganiser à notre manière. C’est ce que nous appelons le raisonnement.
Lorsqu’on fait référence aux schémas (patterns) mentaux qui constituent l’esprit, il est commode de parler d’images. Je ne parle pas seulement d’images « visuelles », mais de schémas de tous types, produits par les canaux sensoriels dominants : des schémas visuels, bien sûr, mais aussi auditifs, tactiles, viscéraux. Après tout, lorsque nous jouons avec notre propre esprit de manière créative, nous utilisons bien notre imagination ?
DAMASIO, Antonio, Savoir et sentir, Éditions Odile Jacob, 2021, pp. 50-51
Tout au long de ma lecture du livre « Sentir et savoir », j’ai éprouvé des difficultés à comprendre à ma satisfaction le terme « schémas (patterns) cartographiés dans l’espace », la référence aux « images » et celle aux « connaissances représentées dans les images ». Le défaut de ce livre se rapporte à l’absence d’un lexique clair et précis dès le départ. Il faut patienter jusqu’à la page 93 pour obtenir un lexique de trois mots :
Les définitions suivantes devraient expliciter ces descriptions :
Homéostasie : le processus qui maintient les paramètres physiologiques d’un organisme vivant (température, pH, niveaux de nutriments, fonctionnement des viscères, etc.) dans la fourchette la plus propice à son fonctionnement optimal et à sa survie. (Le terme « allostasie » est proche, mais bien distinct : il fait référence aux mécanismes que l’organisme utilise lorsqu’il cherche à rétablir l’homéostasie ³ .)
Émotions : ensembles d’actions internes involontaires et concomitantes (contractions des muscles lisses, changements du rythme cardiaque, de la respiration, des sécrétions hormonales, des expressions faciales, de la posture, etc.) déclenchées par des événements perceptifs. Les actions émotionnelles visent en général à soutenir l’homéostasie, pour faire face à une menace (par la peur ou la colère), signaler une réussite (via la joie), etc. Nous pouvons également produire des émotions lorsque nous nous remémorons des souvenirs.
Sentiments : les expériences mentales qui suivent et accompagnent divers états de l’homéostasie au sein de l’organisme. Ils peuvent être primaires (sentiments homéostatiques : la faim et la soif, la douleur et le plaisir) ou provoqués par des émotions (sentiments émotionnels : la peur, la colère, la joie, etc.)4 .
_________________
3. Pour une distinction raisonnable entre homéostasie et allostasie, voir : Bruce S. McEwen, « Stress, adaptation, and disease : Allostasis and allostatic load », Annals of the New York Academy of Sciences , 1998, 840 (1), p. 33-44.
4 . Les références suivantes couvrent extensivement le sujet de l’affect, de sa conception générale à son implémentation biologique et neuronale. Ralph Adolphs et David J. Anderson, The Neuroscience of Emotion : A New Synthesis , Princeton, Princeton University Press, 2018 ; Ralph Adolphs, Hanna Damasio, Daniel Tranel, Greg Cooper et Antonio Damasio, « A role for somatosensory cortices in the visual recognition of emotion as revealed by three-dimensional lesion mapping », Journal of Neuroscience , 2000, 20 (7), p. 2683-2690 ; Antonio Damasio, Le Sentiment même de soi. Corps, émotions, conscience , Paris, Odile Jacob, 1999 ; Antonio Damasio, Hanna Damasio et Daniel Tranel, « Persistence of feelings and sentience after bilateral damage of the insula », Cerebral Cortex, 2012, 23, p. 833-846 ; Antonio Damasio, Thomas J. Grabowski, Antoine Bechara, Hanna Damasio, Laura L. B. Ponto, Josef Parvizi et Richard Hichwa, « Subcortical and cortical brain activity during the feeling of self-generated emotions », Nature Neuroscience , 2000, 3 (10), p. 1049-1056 ; Antonio Damasio et Joseph LeDoux, « Emotion », in Erik R. Kandel, Principles of Neural Science , op. cit. ; Richard Davidson et Brianna S. Shuyler, « Neuroscience of happiness », in John F. Helliwell, Richard Layard et Jeffrey Sachs (éd.), World Happiness Report 2015 , New York, Sustainable Development Solutions Network, 2015 ; Mary Helen Immordino-Yang, Emotions, Learning, and the Brain : Exploring the Educational Implications of Affective Neuroscience , New York, W. W. Norton & Company, 2015 ; Kenneth H. Nealson et J. Woodlet Hastings, « Quorum sensing on a global scale : Massive numbers of bioluminescent bacteria make milky seas », art. cit. ; Anil K. Seth, « Interoceptive inference, emotion and the embodied self », Trends in Cognitive Sciences , 2013, 17 (11), p. 565-573 ; Mark Solms, The Feeling Brain : Selected Papers on Neuropsychoanalysis , Londres, Karnac Books, 2015 ; Anthony G. Vaccaro, Jonas T. Kaplan et Antonio Damasio, « Bittersweet : The neuroscience of ambivalent affect », Perspectives on Psychological Science , 2020, 15, p. 1187-1199.
DAMASIO, Antonio, Savoir et sentir, Éditions Odile Jacob, 2021, pp. 93-94
Sans système nerveux, pas d’esprit et sans esprit, pas de conscience :
(…) la conscience est une sorte particulière d’état… d’esprit ² : sans esprit, pas de conscience.
Une fois capables de conscience, ce dont nous devenons conscients, c’est du contenu de notre esprit. Les êtres possédant un esprit doué de sentiment et capable d’avoir quelques perspectives sur le monde environnant sont conscients. Ce n’est pas l’apanage des humains : c’est un trait largement répandu dans le règne animal.
___________
² Colin Klein et Andrew B. Barron, « How experimental neuroscientists can fix the hard
problem of consciousness », Neuroscience of Consciousness , 2020 (1), niaa009.
DAMASIO, Antonio, Savoir et sentir, Éditions Odile Jacob, 2021, p. 59
Et sans la conscience, par d’expérience mentale :
Sans la conscience, pas d’expérience mentale : pas de plaisir, pas de douleur, rien de ce que nous percevons, mémorisons, rappelons à la mémoire et manipulons pour décrire le monde extérieur et le monde intérieur par l’observation, la pensée, le raisonnement.
DAMASIO, Antonio, Savoir et sentir, Éditions Odile Jacob, 2021, pp. 131-132
Mais qu’est-ce que la conscience ?
Parmi les divers sens associés à la conscience, certains sont liés à la perspective de l’observateur ou de l’utilisateur du concept. Les philosophes, les psychologues, les biologistes et les sociologues ne voient pas la conscience de la même manière. Il en va de même pour les non-spécialistes, à qui l’on répète jour et nuit que leur problème se trouve « dans leur conscience » – ou ne s’y trouve pas –, et qui doivent se demander ce qu’être « conscient » signifie réellement dans la bouche des savants : être éveillé, être attentif, ou simplement posséder un esprit ? Pourtant, sous le bagage culturel se cache une signification essentielle du mot « conscience », signification reconnaissable par les neuroscientifiques, biologistes, psychologues et autres philosophes contemporains, malgré leurs différences de méthodes et la diversité de leurs explications. Pour chacun d’eux, le plus souvent, « conscience » (consciousness ) est synonyme d’expérience mentale . Qu’est-ce qu’une expérience mentale ? C’est un état d’esprit imprégné de deux caractéristiques remarquables et reliées entre elles : les contenus mentaux qu’il présente sont ressentis , et ces contenus mentaux adoptent une perspective singulière. Une analyse plus approfondie révèle que cette perspective singulière est celle de l’organisme particulier auquel l’esprit est inhérent. Certains lecteurs se diront peut-être que les notions de « perspective de l’organisme », de « moi » et de « sujet » sont apparentées, et ils auront raison. Ils auraient également raison de penser que ce « moi », ce « sujet » et cette « perspective de l’organisme » correspondent à une chose tout à fait tangible : la réalité du caractère de « propriété ». L’organisme possède son esprit particulier ; l’esprit appartient à son organisme particulier. Nous – vous, moi, quelle que soit l’entité consciente – possédons un organisme animé par un esprit conscient.
DAMASIO, Antonio, Savoir et sentir, Éditions Odile Jacob, 2021, pp. 138-139
Finalement, le livre « Savoir et sentir » d’Antonio Damasio, même avec ses chapitres courts, n’offre pas une vulgarisation simple à suivre. Et, personnellement, je déteste qu’un auteur inclut dans son texte de nombreux reports («comme nous le verrrons»). J’accorde à ce livre 3 étoiles sur 5. J’en recommande la lecture.
Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».
La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).
L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.
L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.
Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.
Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.
Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».
À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.
J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.
J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.
La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.
Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.
Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».
Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)
Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface, p. 9.
J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.
Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, « La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.
J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.
Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.
J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.
Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.
Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.
Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »
Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.
J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.
Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.
J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».
Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».
J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.
Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.
J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.
Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer
Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.
Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».
Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.
Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.
Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.
Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.
Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.
J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.
Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.
La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.
Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.
À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…
Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.
Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.
Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.
Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».
J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.
Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.
La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.
La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.
Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.
Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.
En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.