Titre complet : La Philosophie du non. Essai d’une philosophie du nouvel esprit scientifique
Première édition : 1940
Édition de référence :4ème édition, Paris, Les Presses universitaires de France, 1966, 147 pages. Collection : « Bibliothèque de philosophie contemporaine ».
Numérisation : Produit par Daniel Boulognon, bénévole et professeur de philosophie, dans le cadre de la bibliothèque numérique « Les classiques des sciences sociales » dirigée par Jean-Marie Tremblay.
Introduction générale et thèse de l’ouvrage
Dans La Philosophie du non, Gaston Bachelard propose une refondation épistémologique visant à surmonter les rigidités des systèmes philosophiques traditionnels face au dynamisme et aux ruptures de la science contemporaine (physique relativiste, microphysique, mécanique quantique). La thèse centrale de l’ouvrage soutient que la pensée scientifique ne saurait se figer dans un cadre métaphysique immuable ou a priori. L’esprit scientifique progresse en niant, en dialectisant et en englobant ses concepts antérieurs.
Cette « philosophie du non » n’est pas un refus ou un nihilisme, mais une démarche constructive de conciliation et de dépassement dialectique, qui élargit les cadres de l’entendement. Bachelard y défend un pluralisme philosophique ordonné et une « philosophie dispersée » capable de mesurer l’évolution fine de chaque concept scientifique.
I. Pensée philosophique et esprit scientifique : les deux pôles du savoir
Bachelard débute son analyse en constatant la rupture et l’incompatibilité entre l’attitude des philosophes et celle des scientifiques face à la connaissance.
Le réductionnisme des savants et des philosophes : Le savant, souvent positiviste et empiriste, a tendance à concevoir la philosophie des sciences uniquement comme un « bilan de résultats généraux » , accumulant les faits sans se soucier de l’unité spirituelle. À l’inverse, le philosophe utilise la science comme un simple recueil d’exemples illustratifs de fonctions spirituelles qu’il prétend analyser a priori. Le philosophe s’égare alors souvent en métaphores et en généralisations hâtives : « sous la plume du philosophe, la Relativité dégénère en relativisme, l’hypothèse en supposition, l’axiome en vérité première ».
L’obstacle du général et de l’immédiat : La philosophie des sciences traditionnelle s’épuise entre deux écueils opposés : « le général et l’immédiat ». Bachelard affirme que la pensée scientifique contemporaine exige une union intime entre le rationalisme et l’empirisme :
« l’empirisme a besoin d’être compris; le rationalisme a besoin d’être appliqué. »
Le rôle du rationalisme appliqué : Bachelard valorise particulièrement le mouvement allant du rationalisme à l’expérience, propre à la physique mathématique contemporaine. Ce « rationalisme appliqué » ne subit pas l’application comme une défaite ou un compromis, mais comme une réalisation ordonnée et exempte d’irrationalité.
II. Le profil épistémologique et l’analyse spectrale des concepts
Pour analyser la complexité et l’évolution de la pensée scientifique, Bachelard introduit le concept méthodologique de profil épistémologique. Ce profil permet de mesurer la fréquence et l’importance des diverses doctrines philosophiques qui coexistent au sein d’un même esprit pour un concept donné.
Bachelard prend pour exemple le concept de masse, qu’il déploie sur cinq niveaux philosophiques ordonnés et progressifs:
Niveau
Doctrine associée
Caractérisation du concept de masse
1
Animisme
Appréciation quantitative brute, subjective et gourmande (évaluation visuelle, désir de possession, métaphores affectives).
2
Réalisme (Empirisme positif)
Détermination objective liée à l’usage instrumental de la balance. Le concept est simple, pragmatique et figé.
3
Rationalisme classique
Définition relationnelle et corrélative établie par la mécanique newtonienne ($F = m \cdot a$). La masse devient un coefficient de devenir.
4
Rationalisme complet
Intégration dans la relativité einsteinienne où la masse devient une fonction de la vitesse et se trouve corrélée à l’énergie.
5
Surrationalisme dialectique
Émergence, notamment via la mécanique de Dirac, d’une dialectique interne et externe (concept de masse négative).
Le profil épistémologique montre qu’un même esprit (comme celui de Bachelard lui-même) utilise ces différents niveaux selon le contexte d’application. Les obstacles épistémologiques surmontés laissent leurs traces dans ce profil. L’analyse spectrale révèle ainsi qu’un concept n’est pas une entité figée mais « un moment de l’évolution d’une pensée ».
III. Le non-substantialisme et les fondements d’une chimie non-lavoisienne
Bachelard applique la méthode dialectique à la notion de substance, traditionnellement considérée comme le bastion du réalisme et du matérialisme.
1. La métachimie et l’inversion du réalisme
En chimie moderne, l’objet pur n’est pas simplement trouvé dans la nature, il est le produit d’une réalisation technique guidée par la théorie. Bachelard évoque ainsi une « métachimie » où le réel est défini par sa synthèse. Le noumène (la formule développée, la substructure de l’atome) précède et organise le phénomène.
2. Vers une chimie non-lavoisienne
Bachelard propose de dépasser les postulats de la chimie de Lavoisier (fondée sur la conservation de la masse et la stabilité des éléments) à travers deux directions majeures:
La dynamisation de la substance (La sur-stance) : La photochimie moderne montre que l’énergie et la radiation font partie intégrante de la substance. La matière ne peut plus être pensée indépendamment du temps et du bilan énergétique. La substance devient un « amas de rythmes » ou un groupe de résonances temporelles.
La relativité externe de la substance (L’ex-stance) : Inspiré par les travaux de Paul Renaud et Georges Champetier, Bachelard souligne que l’opération de purification d’une substance est intrinsèquement liée à ses conditions de détection. À la limite de la précision, l’isolement d’un corps pur devient ambigu:
« on connaît clairement ce qu’on connaît grossièrement. »
La substance pure est alors définie non pas de manière isolée et intime, mais de manière externe par un faisceau de relations opératoires : elle devient une « ex-stance ».
IV. La rupture spatiale : non-analyticité et microphysique
Le chapitre IV s’attaque à la forme a priori de l’espace et à l’intuition linéaire. Bachelard cherche à libérer l’espace de sa fonction purement mécanique pour en faire un espace de connexion fine adapté à l’infiniment petit.
S’appuyant sur les travaux d’Adolphe Buhl, Bachelard démontre qu’on peut concevoir des trajectoires non-analytiques (en dents de scie ou brisées à l’infini) qui conservent des propriétés de continuité et d’isométrie sans pour autant admettre de tangente ou de dérivée unique en chaque point.
Cette micromécanique géométrique permet d’intégrer l’ambiguïté et de conceptualiser le principe d’incertitude de Heisenberg à l’échelle d’une structure indéfiniment fine:
« conjointement, la tangente s’affole et l’espace a un grain […] Il y a opposition entre la précision ponctuelle et la précision directionnelle. »
L’intuition commune, paresseuse et unifiante, se révèle ainsi être un obstacle épistémologique qu’il faut réformer par des abstractions mathématiques.
V. La logique non-aristotélicienne et la sémantique générale
Le bouleversement des catégories physiques de substance et de localisation spatiale ébranle nécessairement les fondements de la logique classique.
1. La critique du système trinaire classique
La logique d’Aristote (fondée sur le principe d’identité), la géométrie euclidienne et la physique newtonienne formaient un « système trinaire » parfaitement cohérent mais fermé. L’avènement de la microphysique et de la relativité brise cette harmonie et exige une logique non-aristotélicienne. Les principes d’identité (« ce qui est, est ») et de mono-localisation ne sont plus des vérités a priori, mais des postulats approximatifs valables uniquement à l’échelle macroscopique.
2. La logique trivalente de Paulette Février
Bachelard met en avant la logique formelle proposée par Paulette Février, qui lie l’indétermination de Heisenberg à une structure logique à trois valeurs (vrai, faux, absurde). Cette logique introduit l’idée de propositions vraies isolément mais logiquement « incomposables » lorsqu’elles sont appliquées simultanément au même micro-objet.
3. La sémantique générale d’Alfred Korzybski
L’analyse de l’œuvre d’Alfred Korzybski, Science and Sanity (1933), permet à Bachelard de poser les bases d’une pédagogie de la déformation et de l’ouverture psychique. Korzybski dénonce le monolinguisme et l’identification sémantique comme des facteurs de blocage mental et de régression neurologique. Pour préserver la santé intellectuelle et s’adapter au devenir, l’esprit humain doit acquérir un « shifting character » (pouvoir de plasticité et de division spirituelle). Les mathématiques s’imposent alors comme le langage fonctionnel suprême, capable de structurer l’esprit en accord avec le dynamisme du monde réel.
VI. La valeur synthétique de la « philosophie du non »
Le dernier chapitre synthétise la portée constructive de l’œuvre. Bachelard distingue rigoureusement la philosophie du non des autres courants dialectiques :
Rupture avec la dialectique hégélienne : Contrairement à Hegel chez qui la contradiction mène à une synthèse par négation absolue, la dialectique de la science contemporaine est complémentaire et enveloppante. Le « non » bachelardien ne détruit pas le passé scientifique, il l’intègre comme un cas particulier ou une première approximation :
« la géométrie non-euclidienne enveloppe la géométrie euclidienne ; la mécanique non-newtonienne enveloppe la mécanique newtonienne »
Le concept de surobjet : En détruisant ses images premières et intuitives, l’esprit scientifique construit un « surobjet » purifié. L’atome moderne est le surobjet par excellence, défini précisément par la somme des critiques apportées à son modèle planétaire initial.
Le théorème de conciliation de Destouches : Face à l’opposition entre théories (par exemple, l’aspect ondulatoire et corpusculaire de la matière), Jean-Louis Destouches démontre qu’on peut toujours construire une théorie unifiée en modifiant un postulat de base. Bachelard oppose cette démarche au « commodisme » sceptique de Henri Poincaré:
« Pour Poincaré, il s’agit de dire autrement la même chose. Pour Destouches, il s’agit de dire de la même façon autre chose. »
Conclusion : la raison instruite par la science
La conclusion de La Philosophie du non scelle une véritable révolution copernicienne de l’entendement. La raison humaine n’est pas une faculté immuable, innée ou définitive. C’est la science évoluante qui instruit et configure la structure de la raison:
« L’arithmétique n’est pas fondée sur la raison. C’est la doctrine de la raison qui est fondée sur l’arithmétique élémentaire. Avant de savoir compter, je ne savais guère ce qu’était la raison. »
Pour demeurer active, saine et adéquate au réel construit, la philosophie doit renoncer aux absolus métaphysiques et accepter de se disperser au gré des découvertes et des exigences de la science contemporaine.
Découvrez les interviews de dix-sept scientifiques français et comprenez enfin comment ils pensent !
Nicolas Martin a réuni les plus grands scientifiques francophones, celles et ceux dont les travaux ont un retentissement international : dix hommes, sept femmes, dix-sept disciplines. Dans ces entretiens exclusifs, ces cerveaux remarquables nous ouvrent pour la première fois leur « boîte noire ».
Ils nous racontent d’où vient leur vocation, les qualités nécessaires pour mener à bien des recherches dans leur domaine, quelles ont été leurs réactions face aux échecs ou aux fausses pistes, comment s’organise leur pensée et si le moment eurêka existe réellement…
Jamais un tel panorama ne nous a été offert.
Ce livre est une plongée dans l’intimité de savants pleins d’humilité, qui s’expriment à cœur ouvert, dans une lanque accessible à tous. Avec une grande générosité, ils partagent leur savoir et leur savoir-être. Une vision du monde en forme de kaléidoscope passionnant.
Avec :
Alain Aspect, physique quantique, prix Nobel de physique
Jean-Pierre Sauvage, prix Nobel de chimie
Yves Agid, neurosciences, grand prix de l’INSERM
Françoise Combes, cosmologie, médaille d’or du CNRS
Gilles Boeuf, biologie marine et écologie
Évelyne Heyer, anthropologie génétique
Arnaud Fontanet, épidémiologie, ex-membre du Conseil scientifique
Hélène Loevenbruck, linguistique, médaille de bronze du CNRS
Étienne Ghys, mathématiques, médaille d’argent du CNRS, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences
Sabrina Krief, primatologie et médecine vétérinaire
Marc-André Selosse, biologie et mycologie
Laurence Devillers, informatique et intelligence artificielle
Jean-Jacques Hublin, paléoanthropologie
Sophie Szopa, climatologie, chimie atmosphérique
Carlo Rovelli, physique théorique, philosophie des sciences
Edith Heard, épigénétique, grand prix de l’INSERM
Marc Lachièze-Rey, physique théorique et astrophysique
Vidéo de présentation de LA NAISSANCE DU SAVOIR sur le site web des Éditions Les Arènes.
Comment pensent les grands scientifiques ? Comment naissent les idées nouvelles et les grandes découvertes ? Le phénomène Eurêka existe-t-il vraiment ? Qu’est-ce qui déclenche une vocation ?
Nicolas Martin a interrogé le neurologue Yves Agid, l’astrophysicienne Françoise Combes, le mathématicien Etienne Ghys et la linguiste Hélène Lœvenbruck. Un échange passionnant !
Nicolas Martin et son livre LA NAISSANCE DU SAVOIR dans les médias
Journaliste, animateur, auteur et producteur, Nicolas Martin a animé pendant six ans la Méthode Scientifique sur France Culture, la première émission quotidienne de vulgarisation scientifique (200 000 auditeurs quotidien, 3 millions de téléchargements par semaine). Il a reçu les plus grands scientifiques français, toutes disciplines confondues. Chercheurs inconnus du grand public ou prix Nobel, il a montré que la science joue un rôle centrale dans nos vies.
Désormais éditeur aux Arènes, il va publier des livres de sciences conçus avec le même esprit d’ouverture et de pédagogie que les sujets traités dans la méthode scientifique. Et si les sciences étaient les nouvelles sciences humaines d’aujourd’hui ?
La Méthode scientifique est une émission de radio française de vulgarisation scientifique coproduite par Nicolas Martin et Antoine Beauchamp, diffusée sur France Culture de 2016 à 2022. Source : Wikipédia.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques. Voici ces questions :
Questions adressées à Carlo ROVELLI
Physique théorique et philosophie des sciences
Y a-t-il un souvenir d’enfance, un événement ou une expérience, auquel vous liez l’apparition de votre curiosité scientifique ?
Einstein dit dans ses écrits : « Très jeune, j’avais le sentiment qu’il y avait quelque chose de profondément caché derrière les choses. » Partagez-vous ce sentiment ?
Qu’est-ce qui vous intéressait petit, si ce n’était pas les sciences ?
Avez-vous été marqué dans votre enfance par une œuvre artistique, dont vous diriez qu’elle participe à l’éveil de votre curiosité ?
Venez-vous d’une famille où il y avait des scientifiques, des artistes, des créateurs ?
Ont-ils encouragé votre curiosité scientifique ou auriez-vous tout aussi bien être artiste ?
Que se passe-t-il à ce moment-là, dans votre voiture, pour que vous vous disiez que vous voulez consacrer votre vie à la physique théorique ?
Plus que la philosophie, par exemple ?
Avez-vous eu un mentor qui a permis de structurer votre pensée scientifique ?
Comment jugez-vous aujourd’hui, avec le recul, votre début de carrière ?
Quel conseil donneriez-vous au Carlo Rovelli de 20 ans ?
Lors de ce début de carrière, quelle était la part de compétition et de collaboration ? Laquelle des deux était la plus stimulante ?
Comment naît chez vous une idée nouvelle ?
Comment se formule votre travail de réflexion ?
La gravitation quantique a boucles dans la tête de Carlo Rovelli, ça ressemble à quoi ?
Ma question suivante était : l’usage de l’analogie est-il pertinent, mais je crois que vous venez d’y répondre !
Diriez-vous que votre raisonnement est plutôt inductif ou déductif ?
Pensez-vous que la théorie peut ou doit contredire l’expérience ?
Quelle la part de l’écrit ? Avez-vous besoin d’écrire beaucoup et dans quel langage ?
Quelle est la part de l’oral dans votre réflexion ?
Quel type de mémoire avez-vous ?
Qu’est ce qui est le plus important pour vous : l’intuition ou le rationnel ?
L’émotion est-elle importante ? Doit-on la suivre ou au contraire la mettre de côté et viser l’objectivité ?
Vous est-il difficile de penser en dehors du cadre pour faire émerger une idée nouvelle ?
Que est votre premier réflexe quand vous vous retrouvez face à une anomalie ?
Quel est la cadre idéal pour penser librement ?
La nuit est-elle réservée au sommeil ou est-ce un bon moment pour travailler ?
Quelle place accordez-vous au hasard ou à la sérendipité ?
L’évolution de la technologie a-t-elle modifié votre façon de réfléchir ?
Qu’est-ce qu’un obstacle pour vous ?
Est-ce facile pour vous de vous dire que vous faites fausse route, que cet obstacle est une impasse ?
Pour vous, la recherche est-elle génératrice d’anxiété ou de sérénité ?
Quelle place accordez-vous à l’autocritique ? Est-ce un exercice facile ou compliqué ?
Le doute est-il fécond, nécessaire et utile ou est-ce au contraire un parasite ?
Comment faites-vous pour qu’une idée nouvelle et isolée puisse se transformer en changement de paradigme collectif ?
La réponse est évidente, mais quelle est la découverte qui a marqué votre carrière ?
Pensez-vous que nous puissions en trouver un jour des preuves expérimentales ?
À l’inverse, quel est votre plus grand échec ?
Diriez-vous que votre domaine de recherche a changé la façon dont vous percevez le monde ou le réel ?
Y a-t-il un chercheur ou une chercheuse d’un discipline autre que la vôtre dont vous vous sentiriez proche ?
Pensez-vous que le temps des grandes découvertes dans votre disciple est révolu, ou est-il à venir ?
Pensez-vous que nous puissions un jour arriver à une théorie du tout ?
Cliquez sur « FREE PREVIEW » pour prendre connaissance des réponses aux questions ci-dessus.
On peut donc parcourir ce livre pour découvrir les différentes réponses à chaque question (à quelques variantes près) données par les scientifiques interviewés.
Dans sa préface, Nicolas Martin pose d’emblée cette question : « Un scientifique est-il un humain comme les autres ? » Monsieur Martin nous laisse libre de trouver ne propre réponse. « Devenir chercheur, c’est accessible à tout le monde » soutient Nicolas Martin. Son questionnaire se compose de trois grandes parties :
1. « Tout d’abord, l’apparition de la vocation ? (…) »;
2. « Dans un deuxième temps, j’ai souhaité comprendre la nature de la formulation et de l’organisation de la pensée » (…);
3. « Puis, dans un troisième temps, j’ai interrogé les circonstances propices à l’élaboration de la pensée (…) ».
Je m’intéresse de plus près à l’épistémologie (1. Étude critique des sciences, destinée à déterminer leur origine logique, leur valeur et leur portée (théorie de la connaissance). 2. Théorie de la connaissance ; « étude de la constitution des connaissances valables » (Piaget). Épistémologie génétique. Source : Le Robert – Dico en ligne). En fait, je cherche des réponses à la question « Comment nous pensons ? » dans l’espoir de prendre suffisamment de recul pour distinguer le Savoir de la connaissance, la connaissance de l’opinion et l’opinion de la croyance. Mon but ultime : contribuer à la lutte contre les opinions, prémisse de base de la pensée scientifique selon Gaston Bachelard (voir Wikipédia). Il s’agit de ne pas prendre pour vrai ce qu’on pense uniquement parce qu’on le pense. Il faut douter ! La connaissance scientifique se bâtie sur les ruines du déjà-su, ce qui implique la destruction du déjà-su et, par conséquent, de douter de ce déjà-su, de ne rien prendre pour acquis une fois pour toute.
Et à ce sujet, je me suis réjouie de la question au sujet du doute adressée par Nicolas Martin à chacun de ses invités dans son ouvrage. Tous les scientifiques interrogés par monsieur Martin accordent une grande importance au doute et à sa nécessité dans la pensée scientifique. Je crois que nous devons tous faire de même dans notre vie personnelle et professionnelle : ne rien prendre pour acquis une fois pour toute, pas même nos opinions et nos croyances. L’exercice demande de fonder la confiance en soi sur sa capacité à douter. Le doute n’est rien d’autre, pour des personnes comme vous et moi, qu’un chemin de travers (11° Chemin de travers = chemin qui court sur le travers d’une ou de plusieurs terres.) (Source : Glossaire du parler français au Canada, Éditeur : Québec : l’Action sociale (limitée),1930. (Voir aussi : Chemin de traverse (voie), Wikipédia.))
« Est-Il difficile pour vous penser en dehors du cadre ? » demande Nicolas Martin à chacun des scientifique. Nicolas Martin ne demande pas si les scientifiques pensent ou non en dehors du cadre mais bel et bien si cela leur est difficile. Voici la question et la réponse de Carlo ROVELLI :
N. M.: Vous est-il difficile de penser en dehors du cadre pour faire émerger une idée nouvelle ?
C. R.: Je ne voudrais pas paraître arrogant ou excessif, mais j’ai toujours eu le problème inverse dans ma vie. Je me suis toujours trouvé hors du cadre. Dès mon plus jeune âge, j’avais la nette impression que les gens ne pensaient pas comme moi. Je me suis retrouvé dans la même situation avec mes collègues quand j’ai commencé la recherche. Mon principal problème a toujours été d’arriver à articuler ma façon de vois les choses avec ce que la majorité pense. Je dois faire un effort pour comprendre les autres, être compris et ne pas trop briser la communication.
MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Carlo ROVELLI, p. 24.
Quant à la question portant sur les émotions, les scientifiques sont unanimes.
N. M.: L’émotion est-elle importante ? Doit-on la suivre ou au contraire la mettre de côté et viser l’objectivité ?
C. R.: L’émotion, c’est primordiale. Ceux qui disent qu’ils ne laissent pas leurs émotions les dominer sont encore plus dominés que les autres. Les motifs qui expliquent notre activité ne peuvent pas être rationnels parce que la rationalité ne donne pas de motivation en soi. Les émotions sont donc cruciales et il faut construire sur elles (..)
MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Carlo ROVELLI, Édition Les arènes, 2023, p. 24.
N. M.: Pensez-vous qu’il est important de conserver une place à l’émotion dans vos travaux de recherche ?
J.-P. S.: L’émotion est essentielle. Pour faire de la recherche sans émotion, il faut enlever la passion. Or, si on met de la passion dans ses recherche, quand ils commencent à marcher, c’est formidable. Et lorsqu’il y a un échec, l’émotion se transforme en drame. Pour un chercheur, tout est émotionnel.
MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Jean-Pierre SAUVAGE, Édition Les arènes, 2023, pp. 226-227.
N. M.: L’émotion est-elle importante ? Est-ce un atout, un allié, quelque chose qu’il faut écouter ? Ou faut-il la laisser pour essayer de tendre vers l’objectivité ?
F. C.: L’émotion est essentielle. Sans elle, point de motivation ni de recherche. L’émotion donne l’envie de trouver. Et c’est ce qui fait qu’on est tellement satisfait quand on découvre quelque chose. (…)
MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Françoise COMBES, Édition Les arènes, 2023, p. 246.
N. M.: Chez-vous, dans votre parcours de recherche, vous diriez que vous avez volontairement une grande place aux émotions ou qu’au contraire vous avez essayé de les mettre de côté et de ne pas parasiter votre travail intellectuel ?
Y. A.: (…)
Est-ce qu’il y a des pensées sans émotions ? En fait, non. On sait maintenant, d’après des travaux effectués dans le domaine de la science cognitive, que toute décision résulte d’une conjugaison des activités intellectuelles et émotionnelles (dans le cortex frontal). De plus, toute pensée entraîne une émotion et toute émotion invite à penser…
MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Yves AGID, Édition Les arènes, 2023, p. 296.
Par intérêt personnel, la question au sujet du doute se classe au premier rang. Pour lutter contre ses opinions, prémisse de base de la pensée scientifique selon Gaston Bachelard (La formation de l’esprit scientifique – PDF gratuit), il faut en douter. Le doute, je l’ai souvent souligné, c’est la faille qui permet à la lumière d’entrer.
N. M.: Les doute est-il fécond, nécessaire et utile ou est-ce au contraire un parasite ?
C.R.: Oh non ! Le doute est la source de tout savoir. Sans soute nous n’apprenons rien. Il faut douter continuellement. Si nous ne doutons pas, nous sommes stupides (…)
MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Carlo ROVELLI, Édition Les arènes, 2023, p. 28.
N. M.: Le doute est-il un compagnon nécessaire ou un parasite ?
L. D.: C’est un compagnon nécessaire, très utile et enthousiasmant. Si je ne doute pas, je suis perdue. Nous avons besoin de déséquilibre. Il faut être déséquilibré pour être toujours en action. Et ce n’est pas anxiogène. Le doute peut être un catalyseur pour trouver autre chose.
MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Laurence, DEVILLERS, Édition Les arènes, 2023, p. 327.
Au sujet de l’intuition et du rationnel :
N. M.: Quelle est la part que vous accordez à l’intuition par rapport au rationnel ?
M. L.-R.: Je ne les oppose pas. On pourrait dire que l’intuition est la machine et que le rationnel est le combustible qui fait fonctionner la machine. Mais on pourrait soutenir aussi la réciproque ! (…)
MARTIN, Nicolas, La naissance du savoir, Marc LACHIÈZE-REY, Édition Les arènes, 2023, p. 161.
J’accorde cinq étoiles sur cinq voire six étoiles sur cinq à LA NAISSANCE DU SAVOIR de NICOLAS MARTIN paru en 2023 chez les Éditions LES ARÈNES. Je ne saurais trop en recommander la lecture. Ce livre est unique, original et fascinant. Pour la première fois, nous entrons dans le centre même de la pensée scientifique tel que pratiquée par dix-sept grands scientifiques.
Le lien avec notre sujet d’observation, la philothérapie, est direct parce qu’il ajoute des réponses à une question centrale de ma démarche : Comment pensons-nous ?
Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».
La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).
L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.
L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.
Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.
Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.
Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».
À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.
J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.
J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.
La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.
Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.
Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».
Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)
Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface, p. 9.
J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.
Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, « La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.
J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.
Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.
J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.
Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.
Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.
Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »
Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.
J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.
Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.
J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».
Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».
J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.
Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.
J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.
Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer
Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.
Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».
Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.
Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.
Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.
Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.
Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.
J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.
Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».
Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE. L’auteur prend le temps de situer son sujet dans son contexte historique soulignant la reconnaissance plutôt récente de la dépression comme une maladie. Auparavant, on parlait d’acédie et d’ennui.
Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole» – Avec cet article, nous sortons de du cadre de la philosophie pour entrer de plein pied dans celui de la psychologie. Le livre Savoir se taire, savoir parler a attiré mon attention à la suite de ma lecture de l’article « Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole » paru dans le Figaro.fr. J’accepte cette intrusion de la psychologie dans ce dossier sur la philosophie parce que cette « hystérie de la parole » observable à notre époque, notamment sur les réseaux sociaux, entre directement en conflit avec le silence nécessaire et incontournable à la réflexion philosophique. Bref, il faut savoir se taire, savoir parler pour philosopher. J’ai donc acheté ce livre et voici mon rapport de lecture.
Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.
À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques (…)
Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.
Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.
Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.
Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».
J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.
Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.
La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.
La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.
Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.
Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.
En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.