Article # 277 – Enjeux de la consultation philosophique / Issues in Philosophical Counseling, Peter B. Raabe, Ph. D. Praeger Publishers, Westport (USA), 2002

Raabe, Peter B. Issues in Philosophical Counseling. Westport, CT: Praeger Publishers, 2002.
Raabe, Peter B. Issues in Philosophical Counseling. Westport, CT: Praeger Publishers, 2002.

PETER B. RAABE, Ph.D. (1949-)

Issues in Philosophical Counseling

Praeger Publishers (Greenwood Publishing Group, Inc.)

Westport, Connecticut / Londres (Royaume-Uni)

Année de publication : 2002

Nombre de pages : 254 pages (incluant bibliographie et index)

Langue : Anglais

ISBN-10 : 0-275-97667-X

ISBN-13 : 978-0275976675

Classement Dewey (CDD) : 100 — Philosophie

Matière principale (Library of Congress) : Philosophical counseling (Consultation philosophique / Pratique philosophique)


PRÉSENTATION PAR L’ÉDITEUR

Traduction de l’anglais au français par Google Gemini

Raabe examine certains des problèmes les plus complexes qu’un client peut présenter à un conseiller et la manière dont un philosophe les aborderait. Il propose une discussion philosophique détaillée ainsi que des études de cas illustrant certains des enjeux les plus importants rencontrés dans toute pratique de consultation.

Les six premiers chapitres abordent la consultation philosophique en termes généraux, tandis que les 15 chapitres suivants traitent de questions existentielles spécifiques telles que les différences de communication entre les hommes et les femmes et leur pertinence dans le cadre d’un entretien de consultation, le rôle de la médication en thérapie, le concept de normalité, le sens de la vie, les motivations sous-jacentes au suicide, l’interprétation des rêves et les croyances religieuses. Cet ouvrage constitue une ressource précieuse pour les professionnels, les étudiants et les chercheurs s’intéressant à la consultation philosophique et à la philosophie appliquée et pratique.

Texte original

Description

Raabe examines some of the most perplexing problems a client may present to a counselor and how a philosopher would deal with them. He provides a detailed philosophical discussion as well as illustrative case studies of some of the most important issues encountered in any counseling practice.

The first six chapters discuss philosophical counseling in general terms, while the following 15 chapters deal with specific life issues such as the differences between how men and women communicate and how this is relevant to a counseling discussion, the role of medication in therapy, the concept of normalcy, the meaning of life, the motivation behind suicide, dream interpretation, and religious beliefs. An important resource for professionals, students, and scholars involved with philosophical counseling and applied/practical philosophy.

Source : Bloomsbury Publishing Inc.


PRÉSENTATION PAR L’AUTEUR SUR SON SITE WEB

Traduction de l’anglais au français par Google Gemini

Enjeux de la consultation philosophique

par le Dr Peter B. Raabe

Alors que mon premier livre, Philosophical Counseling: Theory and Practice, traitait en profondeur des fondements théoriques de cette pratique, le présent ouvrage se concentre davantage sur son application. Certains chapitres ont été initialement présentés sous forme de communications lors de colloques de sociétés et d’associations savantes ouverts au grand public ; d’autres ont été publiés dans des revues professionnelles à comité de lecture, tandis que d’autres encore ont été rédigés spécifiquement dans un but pédagogique à l’intention des conseillers philosophiques en exercice. J’espère que la grande lisibilité et l’orientation largement non théorique de ces essais rendront ce livre d’un grand intérêt non seulement pour les universitaires et les professionnels en exercice, mais aussi pour toute personne n’ayant pas de formation philosophique académique et, plus important encore, pour quiconque est confronté à la réalité de ces questions dans sa propre vie personnelle. Mon intention est que ce livre vienne combler l’immense fossé qui sépare la vulgarisation de l’académisme dans les rayons des librairies, un espace dans lequel très peu de philosophes contemporains s’aventurent. J’espère montrer qu’il est en effet possible d’écrire avec profondeur sur des sujets graves dans un style non technique, et de combler ce vide qui existe entre les livres superficiels de « développement personnel » et les ouvrages simplistes du « New Age » d’un côté, et les textes de philosophie académique arides, abstraits et scolaires de l’autre.

Gardez à l’esprit que la consultation philosophique est un nouveau domaine de pratique, bien qu’elle constitue en réalité une revitalisation de l’intention originelle de la philosophie telle qu’énoncée par les Anciens. En mettant la philosophie en pratique, Socrate abordait les questions existentielles de son temps avec une certaine dose de scepticisme et de doute, interrogeant délibérément les modes de pensée familiers et remettant en cause les croyances du prétendu « bon sens » ainsi que l’opinion populaire. À travers ce livre, je questionne et conteste également de manière délibérée nos manières habituelles – y compris nos approches psychologiques courantes – de penser des sujets tels que les différences entre les hommes et les femmes, la prétendue irrationalité des émotions, l’usage de médicaments psychotropes, ce que signifie être normal, la « valeur » d’une terrible affliction, le sens du suicide, l’interprétation des rêves et le devoir envers soi-même…

Texte original

While my first book Philosophical Counseling: Theory and Practice dealt extensively with the theoretical underpinnings of the practice, the present volume focuses more on application. Some chapters were originally presented as papers at conferences of scholarly societies and associations whose doors were open to the general public, others were published in peer-reviewed professional journals, while still others were written specifically to be instructive to philosophical counselors in active practice. I hope that the easy readability and the largely non-theoretical orientation of these essays will make this book of interest not only to academics and practicing professionals but also to anyone not academically trained in philosophy and, even more importantly, to anyone struggling with the reality of these issues in his or her own personal life. My intention is for this book to fill the huge gap on the bookshelf located between the popular and the academic into which very few contemporary philosophers venture. I hope to show that it is indeed possible to write deeply about serious matters in a non-technical style, and to fill that void between the shallow ‘self-help’ and simplistic ‘New Age’ books on the one end, and the arid, abstract, academic philosophy texts on the other.

Please bear in mind that philosophical counseling is a new field of practice, despite the fact that it is a revitalization of the original intent behind philosophy as it was stated by the ancients. In putting philosophy to use, Socrates approached the issues of life in his day with a certain amount of skepticism and doubt, deliberately questioning the familiar ways of thinking, and challenging so-called ‘common sense’ beliefs and popular opinion. With this book I also deliberately question and challenge the familiar ways – including the familiar psychological ways – we have of thinking about issues such as the differences between men and women, the supposed irrationality of the emotions, the use of psychotropic medication, what it means to be normal, the ‘value’ of a terrible affliction, the meaning of suicide, the interpretation of dreams, and one’s duty to oneself. .. . »

Source : Site web de Peter B. Raabe.


TABLE DES MATIÈRES

Traduction de l’anglais au français par Google Gemini

Remerciements (Acknowledgments)

Introduction (Introduction)

Chapitre 1. L’homme qui sauva le monde mais ne put se sauver lui-même (The Man Who Saved the World but Could Not Save Himself)

Chapitre 2. La consultation philosophique en bref (Philosophical Counseling in Brief)

Chapitre 3. Philosophie expérimentale (Experimental Philosophy)

Chapitre 4. Philosophie clinique (Clinical Philosophy)

Chapitre 5. La consultation et le café (Counseling and the Café)

Chapitre 6. La consultation par courrier électronique (E-mail Counseling)

Chapitre 7. Sexe et logique (Sex and Logic)

Chapitre 8. Parler comme une femme / Écouter comme un homme (Speaking Like a Woman/Listening Like a Man)

Chapitre 9. Passions rationnelles (Rational Passions)

Chapitre 10. Toute gravité mise à part (All Seriousness Aside)

Chapitre 11. Médiquer l’esprit (Medicating the Mind)

Chapitre 12. Médiquer l’esprit : une seconde dose (Medicating the Mind: A Second Dose)

Chapitre 13. Atteindre la normalité (Getting to Normal)

Chapitre 14. Célébrer l’affliction (Celebrating Affliction)

Chapitre 15. Le sens de la vie (The Meaning of Life)

Chapitre 16. Apprendre à vieillir (Learning to Be Old)

Chapitre 17. Le suicide comme autodéfense (Suicide as Self-Defense)

Chapitre 18. Qu’est-ce que Dieu a à voir là-dedans ? (What Does God Have to Do with It?)

Chapitre 19. L’interprétation des rêves (Dream Interpretation)

Chapitre 20. Le devoir envers soi-même (Duty to Oneself)

Chapitre 21. Le philosophe indépendant (The Independent Philosopher)

Bibliographie sélective (Selected Bibliography)

Index (Index)

Table of contents

Texte original

Acknowledgments

Introduction

  1. The Man Who Saved the World but Could Not Save Himself

  2. Philosophical Counseling in Brief

  3. Experimental Philosophy

  4. Clinical Philosophy

  5. Counseling and the Café

  6. E-mail Counseling

  7. Sex and Logic

  8. Speaking Like a Woman/Listening Like a Man

  9. Rational Passions

  10. All Seriousness Aside

  11. Medicating the Mind

  12. Medicating the Mind: A Second Dose

  13. Getting to Normal

  14. Celebrating Affliction

  15. The Meaning of Life

  16. Learning to Be Old

  17. Suicide as Self-Defense

  18. What Does God Have to Do with It?

  19. Dream Interpretation

  20. Duty to Oneself

  21. The Independent Philosopher

Selected Bibliography

Index

Source : Bloomsbury Publishing Inc.


AU SUJET DE L’AUTEAU PETER B. RAABE, Ph.D.

Traduction de l’anglais au français par Google Gemini

PETER B. RAABE enseigne la philosophie et exerce en cabinet privé en tant que conseiller philosophique. Le Dr Raabe est l’auteur de nombreux articles et communications sur la consultation philosophique, ainsi que de l’ouvrage Philosophical Counseling: Theory and Practice (Praeger, 2000).

Texte original

PETER B. RAABE teaches philosophy and has a private philosophical counseling practice. Dr. Raabe is the author of numerous articles and presentations on philosophical counseling and Philosophical Counseling: Theory and Practice (Praeger, 2000).

Source : Bloomsbury Publishing Inc.

* * *

Traduction de l’anglais au français par Google Gemini

Je suis né en 1949 à Montabauer, en Allemagne, et je vis au Canada depuis 1957. J’ai remporté de nombreux prix d’art oratoire à l’école primaire comme au secondaire. Le point culminant de mon parcours professionnel diversifié a été le Prix international du journalisme d’enquête, que j’ai obtenu au cours des cinq années durant lesquelles j’ai travaillé comme intervieweur pour la radio professionnelle. C’est à cette époque que j’ai réalisé que j’avais une passion pour la recherche, l’apprentissage, l’enseignement et la consultation.

Texte original

I was born in 1949 in Montabauer, Germany and have lived in Canada since 1957. I won numerous public speaking awards in both elementary and high school. The high point of my varied working life was the International Investigative Journalism Award I won during the five years I spent working as an interviewer in professional radio broadcasting. It was during this time that I realized I had a passion for researching, learning, teaching, and counselling.

Source : Site web de Peter B. Raabe.


RAPPORT DE LECTURE

Analyse scientifique et textuelle

Issues in Philosophical Counseling

Peter B. Raabe (2002)

Introduction

L’analyse critique du mouvement de la consultation philosophique (philosophical counseling) exige d’en examiner les fondements conceptuels, cliniques et épistémologiques tels qu’exposés par le philosophe canadien Peter B. Raabe dans son ouvrage de référence, Issues in Philosophical Counseling (2002). Ce travail se propose de restituer avec une stricte fidélité méthodologique la pensée de l’auteur, en évitant toute projection ou surinterprétation herméneutique. Les thèses de Raabe s’articulent autour d’une triple démarche : une critique de l’institutionnalisation de la philosophie universitaire, une redéfinition expérimentale du dialogue de consultation et un réquisit de déconstruction du modèle biomédical réductionniste en santé mentale.

1. La désuétude de l’académisme universitaire et la reconquête de la clinique

Le point de départ de l’analyse de Raabe réside dans le constat d’une rupture historique majeure : la philosophie moderne s’est systématiquement dépouillée de sa dimension pratique au profit d’autres disciplines (biologie, astronomie, médecine, psychothérapie), se cantonnant à une pure spéculation abstraite. L’auteur oppose vigoureusement ce statut de « sport de combat » verbal ou de « masturbation intellectuelle » académique à l’intention originelle des Anciens, pour qui la philosophie constituait un remède pragmatique face à la souffrance humaine. En analysant la tragédie de Socrate, Raabe montre comment le philosophe athénien s’est enfermé dans un conflit purement conceptuel pour mourir par fidélité à des principes abstraits, négligeant ainsi la préservation de sa propre existence et de son entourage :

« Socrates’ work as a philosopher was meant to rescue Athenians from living according to unreasonable religious dogma, unjustified cultural and political traditions, and unexamined personal habits. With his philosophy he was out to save the world. But he couldn’t save himself. »

« Le travail de Socrate en tant que philosophe consistait à sauver les Athéniens d’une vie régie par des dogmes religieux déraisonnables, des traditions culturelles et politiques injustifiées, et des habitudes personnelles non examinées. Avec sa philosophie, il voulait sauver le monde. Mais il n’a pas pu se sauver lui-même. »

Selon Raabe, le système universitaire actuel souffre d’une circularité stérile où les enseignants forment de futurs enseignants à décortiquer des dilemmes hypothétiques sans jamais appliquer leurs compétences à l’allègement de la détresse d’individus réels. La consultation philosophique doit être comprise non comme un simple exercice de vulgarisation ou de philosophie appliquée (applied philosophy), mais comme le rétablissement de la fonction clinique originelle de la philosophie, à savoir un dialogue maïeutique et collaboratif visant à améliorer activement la vie du client.

2. Le cadre épistémologique de la consultation philosophique : de l’analyse conceptuelle à la philosophie expérimentale

L’épistémologie de la consultation philosophique selon Raabe repose sur une distinction stricte par rapport aux cafés philosophiques et à la psychothérapie. Contrairement aux cafés philosophiques (qui relèvent d’un échange public centré sur un thème général sans visée thérapeutique explicite), et à la psychothérapie (fondée sur la pathologisation, l’hypothèse de l’inconscient et le traitement de symptômes), la consultation se définit comme une démarche empirique et collaborative. Elle prend la forme d’une véritable « philosophie expérimentale » (experimental philosophy). Dans ce cadre, le consultant et le client formulent des hypothèses interprétatives ou des plans d’action que le client teste concrètement dans sa réalité vécue afin d’en évaluer la valeur pragmatique et la « puissance causale » :

« Knowing, for the experimental sciences, means a certain kind of intelligently conducted doing; it ceases to be contemplative and becomes in a true sense practical. Now this implies that philosophy, unless it is to undergo a complete break with the authorizing spirit of science, must also alter its nature. It must assume a practical nature; it must become operative and experimental… »

« Savoir, pour les sciences expérimentales, signifie un certain type d’action intelligemment menée ; cela cesse d’être contemplatif et devient dans un sens véritable pratique. Or, cela implique que la philosophie, à moins de subir une rupture totale avec l’esprit d’autorité de la science, doit elle aussi modifier sa nature. Elle doit assumer une nature pratique ; elle doit devenir opératoire et expérimentale… »

L’approche de Raabe s’inscrit dans un cadre non dogmatique où la rationalité n’est pas imposée de manière descendante. Le dialogue permet au client de mettre au jour les biais logiques, les contradictions internes et les postulats obsolètes qui entravent son existence, assurant ainsi une meilleure « accommodation intellectuelle au monde ».

3. La critique systémique du réductionnisme biomédical et de la psychiatrie biologique

Raabe consacre une part prépondérante de son ouvrage à la déconstruction des postulats ontologiques de la psychiatrie biologique et de l’utilisation systématique des psychotropes. L’auteur récuse la tendance contemporaine à diagnostiquer et à médicamenter toute fluctuation émotionnelle ou comportementale hors-norme, une dérive qu’il qualifie de réductionnisme éliminativiste. En s’appuyant sur les travaux d’Elliot Valenstein, il démontre que l’efficacité d’une molécule chimique sur un symptôme dépressif ne prouve en aucun cas que la cause première de la détresse réside dans un dysfonctionnement organique ou un « déséquilibre chimique » du cerveau :

« There is no reason to assume that any biochemical, anatomical, or functional difference found in the brains of mental patients is the cause of their disorder. It is well established that the drugs used to treat a mental disorder, for example, may induce long-lasting biochemical and even structural changes, which in the past were claimed to be the cause of the disorder, but may actually be an effect of treatment. »

« Il n’y a aucune raison de supposer que toute différence biochimique, anatomique ou fonctionnelle trouvée dans le cerveau des patients psychiatriques soit la cause de leur trouble. Il est bien établi que les médicaments utilisés pour traiter un trouble mental, par exemple, peuvent induire des modifications biochimiques et même structurelles durables qui, par le passé, étaient présentées comme la cause du trouble, mais qui peuvent en réalité être un effet du traitement. »

Raabe modélise l’esprit à l’aide d’une métaphore informatique révisée : si le cerveau équivaut au matériel (hardware) et le système neurologique au logiciel d’exploitation (software), l’esprit contient en réalité des récits, des valeurs, des jugements axiologiques et des structures sémantiques (qui correspondent aux fichiers ou « écrits » enregistrés dans la machine). Modifier chimiquement le hardware par des psychotropes n’aide en rien à corriger une erreur logique ou une contradiction de valeurs au sein de ces récits de vie ; au contraire, cela peut altérer l’accès du sujet à sa propre conscience et supprimer la motivation nécessaire à l’auto-réflexion.

4. Genre, émotions et normalité : les défis cliniques de la consultation

Dans la seconde moitié de l’ouvrage, Raabe applique sa méthodologie clinique à plusieurs enjeux existentiels : les styles de communication de genre (chapitre 8), la structure cognitive des émotions (chapitre 9) et la relativité de la normalité psychologique (chapitre 13).

L’auteur souligne d’abord que les hommes et les femmes développent dès l’enfance des sous-cultures sociolinguistiques distinctes qui influencent leur manière d’aborder une séance de consultation. Là où l’homme appréhende souvent le dialogue sous l’angle de la négociation de statut, de l’affirmation de compétence et de la recherche immédiate de solutions techniques, la femme l’envisage davantage comme un moyen de renforcer la connexion relationnelle et de valider ses affects par le biais du récit partagé.

Raabe propose ensuite une réhabilitation cognitive des émotions, démontrant qu’elles ne s’opposent pas à la rationalité mais découlent directement de croyances, d’évaluations et de jugements de valeur inconscients ou inavoués. L’émotion en soi n’est jamais irrationnelle ; c’est le jugement ou la prémisse cognitive sur laquelle elle s’appuie qui peut se révéler faux, incohérent ou obsolète.

Enfin, Raabe s’attaque à la notion de « normalité » véhiculée par les manuels de diagnostic psychiatrique tels que le DSM. L’auteur affirme que la normalité est une fiction statistique et socioculturelle fluctuante, dont les critères sont souvent calqués sur des impératifs économiques de productivité et de conformisme social. Le processus thérapeutique ne doit pas viser une normalisation forcée – qui s’apparenterait à une forme d’eugénisme comportemental à l’ère néolibérale – mais doit plutôt aider le sujet à assumer sa singularité et à trouver un équilibre existentiel propre.

Citations originales (Anglais)

Les extraits textuels suivants, présentés dans leur langue d’origine, illustrent de manière exhaustive les axes directeurs de l’argumentation scientifique de Peter B. Raabe :

  • Sur la mort de Socrate et la perte de la praxis :

    • « Socrates’ work as a philosopher was meant to rescue Athenians from living according to unreasonable religious dogma, unjustified cultural and political traditions, and unexamined personal habits. With his philosophy he was out to save the world. But he couldn’t save himself. »

    • « Philosophy in the classroom consists of helping philosophy students become better philosophy students. There never was, and never will be, therapy for the soul in a philosophy classroom, because the students’ personal struggles with life are defined as irrelevant to academic disputation and scholastic achievement. »

  • Sur la nature expérimentale de la consultation :

    • « Knowing, for the experimental sciences, means a certain kind of intelligently conducted doing; it ceases to be contemplative and becomes in a true sense practical. Now this implies that philosophy, unless it is to undergo a complete break with the authorizing spirit of science, must also alter its nature. It must assume a practical nature; it must become operative and experimental… »

    • « Discourse can only arrive at hypotheses; experimentation (both in thought and in reality) is employed to verify the effectiveness of reasoned conclusions about oneself, the world, and one’s relation to the world in everyday application. »

  • Sur les limites des traitements chimiques :

    • « There is no reason to assume that any biochemical, anatomical, or functional difference found in the brains of mental patients is the cause of their disorder. It is well established that the drugs used to treat a mental disorder, for example, may induce long-lasting biochemical and even structural changes, which in the past were claimed to be the cause of the disorder, but may actually be an effect of treatment. »

    • « It is faulty reasoning at its worst to claim that the remedy to a problem always indicates the nature of its cause. »

  • Sur la rationalité des émotions :

    • « An emotion is only irrational if one of two conditions exists: (1) if the emotion is inconsistent with the perceptions and appraisals it is based on, or (2) if the beliefs with which an emotion is associated are also irrational. »

Citations traduites (Français)

La traduction de ces concepts fondamentaux reflète fidèlement la rigueur analytique de l’auteur :

  • Sur la mort de Socrate et la perte de la praxis :

    • « Le travail de Socrate en tant que philosophe consistait à sauver les Athéniens d’une vie régie par des dogmes religieux déraisonnables, des traditions culturelles et politiques injustifiées, et des habitudes personnelles non examinées. Avec sa philosophie, il voulait sauver le monde. Mais il n’a pas pu se sauver lui-même. »

    • « La philosophie dans la salle de classe consiste à aider les étudiants en philosophie à devenir de meilleurs étudiants en philosophie. Il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais, de thérapie de l’âme dans une classe de philosophie, parce que les luttes personnelles des étudiants avec la vie sont définies comme étant sans pertinence pour les disputes académiques et la réussite scolaire. »

  • Sur la nature expérimentale de la consultation :

    • « Savoir, pour les sciences expérimentales, signifie un certain type d’action intelligemment menée ; cela cesse d’être contemplatif et devient dans un sens véritable pratique. Or, cela implique que la philosophie, à moins de subir une rupture totale avec l’esprit d’autorité de la science, doit elle aussi modifier sa nature. Elle doit assumer une nature pratique ; elle doit devenir opératoire et expérimentale… »

    • « Le discours ne peut mener qu’à des hypothèses ; l’expérimentation (à la fois dans la pensée et dans la réalité) est employée pour vérifier l’efficacité des conclusions raisonnées sur soi-même, le monde et sa relation au monde dans l’application quotidienne. »

  • Sur les limites des traitements chimiques :

    • « Il n’y a aucune raison de supposer que toute différence biochimique, anatomique ou fonctionnelle trouvée dans le cerveau des patients psychiatriques soit la cause de leur trouble. Il est bien établi que les médicaments utilisés pour traiter un trouble mental, par exemple, peuvent induire des modifications biochimiques et même structurelles durables qui, par le passé, étaient présentées comme la cause du trouble, mais qui peuvent en réalité être un effet du traitement. »

    • « C’est un raisonnement fallacieux à son comble que de prétendre que le remède à un problème indique toujours la nature de sa cause. »

  • Sur la rationalité des émotions :

    • « Une émotion n’est irrationnelle que si l’une des deux conditions suivantes est remplie : (1) si l’émotion est incompatible avec les perceptions et les évaluations sur lesquelles elle se fonde, ou (2) si les croyances auxquelles une émotion est associée sont elles-mêmes irrationnelles. »


Recension critique par Stan van Hooft (2002)


Van Hooft, S. (2002, 23 décembre). Issues in philosophical counseling / Peter B. Raabe. Mental Help Net.


L’appareil critique entourant l’évaluation scientifique d’Issues in Philosophical Counseling s’enrichit de manière significative par l’intégration de la recension universitaire rédigée par le philosophe Stan van Hooft. Son analyse permet d’apporter une perspective externe indispensable pour apprécier la portée, la méthodologie, mais aussi les limites théoriques de l’approche de Peter B. Raabe.

1. La consécration de l’autonomie du client face au déterminisme psychologique

Le point de convergence le plus saillant entre l’analyse de Raabe et la lecture de Van Hooft réside dans le postulat anthropologique et éthique qui fonde la consultation philosophique : l’affirmation de l’autonomie du sujet. Van Hooft souligne que cette approche rompt radicalement avec le paradigme réductionniste des thérapies psychologiques traditionnelles. Alors que la psychologie clinique et la psychanalyse (notamment à travers l’interprétation des rêves) appréhendent souvent l’individu comme le jouet de forces intrapsychiques inconscientes ou de pulsions échappant à son contrôle rationnel, le conseiller philosophique postule la pleine capacité d’autodétermination du client.

Cette autonomie n’est pas une simple pétition de principe, mais le moteur même de la cure clinique. Van Hooft met en évidence que, selon Raabe, le client est un agent moral rationnel capable de réévaluer ses propres prémisses de vie et d’opérer des changements concrets. L’apport de la consultation réside uniquement dans l’accompagnement dialogique requis pour clarifier ces structures de pensée.

2. Les réserves critiques de Van Hooft : les limites méthodologiques et doctrinales

Bien que Van Hooft qualifie l’ouvrage d’« admirable et utile » (« admirable and useful book »), il formule plusieurs critiques méthodologiques de nature à tempérer l’antiphilosophie académique de Raabe.

  • Le rejet excessif de la spéculation académique : Van Hooft reproche à Raabe d’être parfois trop dédaigneux envers la philosophie théorique et contemplative. Il rappelle, à l’appui d’Aristote, que la pure contemplation intellectuelle est en soi un facteur d’accomplissement existentiel.

  • L’absence de modélisation procédurale : Contrairement au premier ouvrage de Raabe, ce volume ne propose pas de description systématique, étape par étape, du processus de consultation philosophique.

  • Un recours hâtif à l’invalidation logique : Concernant la déconstruction de l’homophobie au chapitre 7, Van Hooft estime que Raabe se montre parfois trop empressé à plaquer l’étiquette formelle de « sophisme » (fallacy) sur les arguments de ses opposants, au lieu d’en disséquer patiemment le contenu sémantique spécifique.

  • La posture de l’oncle bienveillant (avuncular figure) : La recension met en garde contre l’image implicite que renvoie le livre : celle d’un conseiller distillant de bons mots et des suggestions rationnelles à des clients qui partagent déjà, au fond, sa propre vision du monde et ses compétences cognitives. Cette proximité intellectuelle présupposée risque d’éluder la confrontation nécessaire avec des conceptions du monde radicalement divergentes.

Citations originales complémentaires (Anglais)

  • Sur le postulat d’autonomie du client :

    • « The central assumption upon which philosophical counseling rests is that clients are autonomous agents able, with assistance where necessary, to understand their own situation and to change their own life for the better. »

  • Sur les critiques de la posture de Raabe :

    • « While he can be a little too dismissive of academic philosophy (he should take note of Aristotle’s insistence that contemplation or the pure pursuit of truth is an enrichment of life important for the attainment of fulfillment.), he has a clear grasp of the possibilities and limitations of philosophical counseling. »

    • « While Raabe is a little too willing to use the label of ‘fallacy’ to refute these arguments rather than focusing on their content, his critique is devastating and would certainly provide a reassuring armory to any clients who felt themselves victimized by prejudice in this area. »

    • « Perhaps Raabe’s impatience with academic philosophy leads him to stress the practical over the theoretical to the extent that it prevents him from seeing the importance of engaging with the world-view of the client if one is doing philosophy. »

Citations traduites complémentaires (Français)

  • Sur le postulat d’autonomie du client :

    • « Le postulat central sur lequel repose la consultation philosophique est que les clients sont des agents autonomes capables, au besoin avec de l’aide, de comprendre leur propre situation et de changer leur propre vie pour le mieux. »

  • Sur les critiques de la posture de Raabe :

    • « Bien qu’il puisse se montrer un peu trop dédaigneux envers la philosophie académique (il devrait prendre note de l’insistance d’Aristote sur le fait que la contemplation ou la pure recherche de la vérité est un enrichissement de la vie, essentiel à l’accomplissement de soi), il possède une compréhension claire des possibilités et des limites de la consultation philosophique. »

    • « Bien que Raabe se montre un peu trop enclin à utiliser l’étiquette de « sophisme » pour réfuter ces arguments plutôt que de se concentrer sur leur contenu, sa critique est dévastatrice et fournirait certainement un arsenal rassurant à tout client se sentant victime de préjugés dans ce domaine. »

    • « Peut-être que l’impatience de Raabe à l’égard de la philosophie académique le conduit à privilégier le pratique par rapport au théorique au point de l’empêcher de voir l’importance de s’engager pleinement avec la vision du monde du client lorsque l’on pratique la philosophie. »


Recension critique de Robert Makus (2001)


Makus, Robert. Recension de Philosophical Counseling: Theory and Practice, par Peter B. Raabe. Philosophy in Review 22, n° 4 (2002): 286-287. PDF


L’évaluation critique de l’œuvre de Peter B. Raabe s’étend également à son premier ouvrage théorique, Philosophical Counseling: Theory and Practice (2001), examiné par le philosophe Robert Makus de l’Université de San Francisco. Cette recension apporte un éclairage indispensable sur les fondements méthodologiques de l’auteur et permet de contextualiser l’origine de son modèle en quatre étapes, largement appliqué dans son second livre.

1. La critique de la surcharge académique et le style « thèse de doctorat »

Makus observe que la consultation philosophique souffre d’un déficit de légitimité par rapport à la psychologie et à la psychothérapie, n’ayant pas encore trouvé son Sigmund Freud ou son William James. Pour pallier cette absence, Raabe tente de proposer un cadre unifié. Cependant, Makus formule une critique sévère à l’égard de la première partie théorique de l’ouvrage, qu’il qualifie de lourde et de trop scolarisée. Il souligne que la profusion de notes de bas de page et l’accumulation de citations d’auteurs phénoménologues (Husserl, Heidegger, Merleau-Ponty) s’apparentent à un style de « rédaction de première année » (freshman-essay style), où la surcharge de données l’emporte sur la profondeur de l’argumentation. Selon le critique, cette compilation superficielle conduit Raabe à ériger un sophisme de l’épouvantail (straw man fallacy) lorsqu’il cherche à exposer les limites de la phénoménologie et de l’herméneutique pour justifier le besoin de son propre modèle.

2. L’accusation de « fratricide intellectuel » et de réductionnisme méthodologique

Un point crucial de la critique de Makus concerne le traitement réservé par Raabe aux autres praticiens du domaine, un procédé qualifié de « fratricide intellectuel subtil » (subtle intellectual fratricide). Raabe est accusé de passer au crible les différentes méthodologies existantes avec l’intention délibérée de démontrer leur manque de cohérence, biaisant ainsi son analyse par une approche inductive plutôt que proprement philosophique.

Ce réductionnisme s’exprime notamment dans la critique systématique que Raabe formule à l’encontre de Gerd Achenbach, considéré comme le père fondateur de la consultation philosophique moderne. Alors que la posture d’Achenbach repose fondamentalement sur le rejet de toute méthode prédéfinie au profit d’un dialogue totalement ouvert, Raabe cherche à légitimer la discipline par l’imposition d’une méthode uniforme. Makus met en évidence cette contradiction : en voulant normaliser la pratique, Raabe fragilise la liberté conceptuelle qui caractérise le mouvement depuis ses débuts.

3. Les outrances argumentatives : l’usage de la « carte communiste » et le procès d’Heidegger

Makus remet également en question la pertinence de certains arguments rhétoriques employés par Raabe pour asseoir la légitimité de sa pratique au détriment des sciences psychiatriques. Pour illustrer le fait que les psychologues et psychiatres n’ont aucun privilège épistémologique pour définir la normalité, Raabe rappelle que le régime communiste soviétique qualifiait les prisonniers politiques de schizophrènes « en quête de réformes ». Makus juge ce recours à la « carte communiste » disproportionné et extrême pour simplement signaler la présence de biais culturels au sein du manuel diagnostique (DSM) de l’Association américaine de psychiatrie.

De plus, Raabe tente de défendre la nécessité de rendre la philosophie accessible en s’en prenant aux philosophes qui écrivent dans un jargon technique. Pour ce faire, il cite un passage obscur de Heidegger hors de son contexte, sans explication, pour l’accuser d’obscurantisme intentionnel. Makus qualifie cette démarche de « naïve sur le plan herméneutique », arguant que Raabe évite ainsi le véritable débat : comment rendre la philosophie accessible aux non-philosophes sans pour autant sacrifier les distinctions conceptuelles que seule une langue technique permet d’exprimer.

4. La validation du modèle en quatre étapes

Malgré ces réserves théoriques, Makus reconnaît que le modèle de consultation développé par Raabe est théoriquement solide et constitue la véritable force du livre. Ce modèle dynamique repose sur la compréhension du fait que les besoins du client évoluent au fil du temps :

  • La première étape consiste en un dialogue libre (free-floating dialogue) au cours duquel le client décrit sa situation globale.

  • La deuxième étape se concentre sur la résolution immédiate du problème (immediate problem resolution) identifié.

  • La troisième étape vise l’enseignement de compétences philosophiques (teaching the client the philosophical skills) permettant au client de résoudre de futurs problèmes de manière autonome, ce qui distingue fondamentalement cette pratique de la psychothérapie traditionnelle.

  • La quatrième étape est celle de la transcendance (transcendence), où le client explore des questions plus vastes liées à sa propre vision du monde.

Ce modèle, illustré par des études de cas brèves et concrètes issues de la pratique de Raabe, offre enfin aux futurs praticiens une direction claire et rigoureuse pour rendre la philosophie utile et applicable.

Citations originales (Anglais)

  • Sur la surcharge méthodologique et le style universitaire :

    • « The more than two hundred footnotes in this thirty-four-page section alert one to the book’s first major weakness; it has that dissertation feel of a document with more data than argument. »

    • « Raabe’s analysis creaks under the weight of six quotes […] piled on top of each other in what might unkindly be called ‘freshman-essay style’. »

  • Sur la critique des pairs et Gerd Achenbach :

    • « At this point a subtle intellectual fratricide begins to emerge. Despite an otherwise neutral attitude towards disparate conceptions of philosophical counseling, Raabe begins to undermine the open-ended approach pioneered by the father of modern philosophical counseling, Gerd Achenbach. »

  • Sur les arguments rhétoriques discutables :

    • « Using this communist card seems an extreme way to suggest that there may be some cultural bias lurking in the American Psychiatric Association’s Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. »

    • « It is hermeneutically naive of Raabe to suggest that philosophers like Heidegger could have been more accessible if they really wanted to… »

  • Sur la pertinence du modèle en quatre étapes :

    • « It is a model based on Raabe’s trenchant insight that counseling sessions are not static, that the clients’ needs tend to progress over time, and any model that limits itself to a single stage or objective is likely to fail at meeting those needs as they change. »

Citations traduites (Français)

  • Sur la surcharge méthodologique et le style universitaire :

    • « Les plus de deux cents notes de bas de page de cette section de trente-quatre pages signalent la première faiblesse majeure du livre ; il s’en dégage cette impression de thèse universitaire propre à un document contenant plus de données que d’arguments. »

    • « L’analyse de Raabe grince sous le poids de six citations […] empilées les unes sur les autres dans ce que l’on pourrait gentiment appeler un « style de rédaction de première année ». »

  • Sur la critique des pairs et Gerd Achenbach :

    • « À ce stade, un subtil fratricide intellectuel commence à se dessiner. Malgré une attitude par ailleurs neutre à l’égard des différentes conceptions de la consultation philosophique, Raabe commence à saper l’approche ouverte initiée par le père de la consultation philosophique moderne, Gerd Achenbach. »

  • Sur les arguments rhétoriques discutables :

    • « L’utilisation de cette carte communiste semble être un moyen extrême de suggérer qu’un biais culturel puisse se cacher derrière le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association américaine de psychiatrie. »

    • « Il est d’une naïveté herméneutique de la part de Raabe de suggérer que des philosophes comme Heidegger auraient pu être plus accessibles s’ils l’avaient réellement voulu… »

  • Sur la pertinence du modèle en quatre étapes :

    • « C’est un modèle basé sur l’intuition tranchante de Raabe selon laquelle les séances de consultation ne sont pas statiques, que les besoins des clients ont tendance à évoluer au fil du temps, et que tout modèle qui se limite à une seule étape ou à un seul objectif est susceptible de ne pas répondre à ces besoins à mesure qu’ils changent. »

Notice bibliographique de la recension

Norme APA (7e édition)

Makus, R. (2002). [Recension du livre Philosophical Counseling: Theory and Practice, par P. B. Raabe]. Philosophy in Review, 22(4), 286-287.

Norme MLA (9e édition)

Makus, Robert. Recension de Philosophical Counseling: Theory and Practice, par Peter B. Raabe. Philosophy in Review, vol. 22, n° 4, 2002, p. 286-287.

Norme Chicago (Style A : Notes et Bibliographie)

Makus, Robert. Recension de Philosophical Counseling: Theory and Practice, par Peter B. Raabe. Philosophy in Review 22, n° 4 (2002): 286-287.


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Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

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Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole»

Avec cet article, nous sortons de du cadre de la philosophie pour entrer de plein pied dans celui de la psychologie. Le livre Savoir se taire, savoir parler a attiré mon attention à la suite de ma lecture de l’article « Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole » paru dans le Figaro.fr. J’accepte cette intrusion de la psychologie dans ce dossier sur la philosophie parce que cette « hystérie de la parole » observable à notre époque, notamment sur les réseaux sociaux, entre directement en conflit avec le silence nécessaire et incontournable à la réflexion philosophique. Bref, il faut savoir se taire, savoir parler pour philosopher. J’ai donc acheté ce livre et voici mon rapport de lecture.

J’accorde à ce livre 4 étoiles sur 5

* * * *


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Article # 47

Savoir se paire, savoir parler

Choisir de le dire ou pas – au bon moment- et avec les mots qu’il faut

Jean-Christophe Seznec

Psychiatre, Paris
Psychiatre (ancien chef de clinique) en libéral à Paris, médecin du sport et pharmacologue. Membre de l’AFTCC, créateur de la société Alterhego.

Laurent Carouana

Comédien, metteur en scène, il est coach en expression orale en entreprise.

216 pages
Collection
Epanouissement
août 2017
InterEditions
Tout public
EAN : 9782729615918
EAN Ebook : Epub – 9782729617462

Présentation du livre

Tweets, sms, emails, posts, etc. se multiplient et rebondissent, circulant à une telle vitesse qu’ils deviennent irrattrapables —   les agressifs et les toxiques aussi vite relayés que les sympathiques. La facilité et la rapidité avec lesquelles nous pouvons nous exprimer tout autant que l’idée que nous existons que si nous communiquons nous ont fait oublier les vertus du silence. Happés par ce tourbillon compulsif et communicationnel, nous devons réapprendre à nous taire pour redevenir conscients de ce que nous ressentons avant de le dire, pour redonner du poids et de la bienveillance à notre communication, pour ne pas regretter d’avoir parlé. Savoir se taire est la force cachée de la personne qui agit en pleine conscience et sait s’exprimer à bon escient et avec les mots justes.

Source : Dunod © 2017.

Sommaire de l’ouvrage

  • Introduction : Si nous faisions une pause dans le brouhaha ?
  • 1. Pourquoi parlons-nous ?
  • 2. Pourquoi ne nous taisons-nous pas ?
  • 3. Choisir de dire
  • 4. Comment bien l’ouvrir à travers les nouveaux médias : mail, SMS, twitter, facebook… ?
  • 5. Savoir se taire
  • 6. Savoir parler à bon escient
  • Conclusion : La saveur du silence au milieu des mots dits en pleine conscience
  • À vous… quand préférez-vous le silence à la parole ?
  • Comment aller plus loin
  • Bibliographie
  • Et pour les passionnés de schémas…

Source : Dunod © 2017.


Table des matières

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Lire un extrait (PDF)

Cliquer pour accéder à Feuilletage.pdf

Extrait – Introduction

Si nous faisions une pause dans le brouhaha ?

« Soyez amoureux. Crevez-vous à écrire. Contemplez le monde. Écoutez de la musique et regardez la peinture. Ne perdez pas votre temps. Lisez sans cesse. Ne cherchez pas à vous expliquer. Écoutez votre bon plaisir. Taisez-vous. »
Ernest Hemingway – Paris est une fête

Paroles, paroles… » chantait Dalida. Nous parlons pour communiquer, pour échanger, pour dire, pour bavarder, pour exister, pour séduire, pour rigoler, pour demander, manipuler, sommer, exiger, revendiquer, etc. Nous avons appris à nous affirmer, à dépasser notre peur et notre timidité. Certains ont suivi des stages de communication, d’autres des ateliers d’affirmation de soi, concept que Christophe André a rendu si populaire1 et qui amène tant de personnes en consultation.

On parle beaucoup de dialogue social ou de démocratie participative. On le fait parce qu’on en a envie, besoin ou parce qu’on en ressent le droit, au risque d’inonder l’espace public de nos propos. Notre société de consommation, de communication et des réseaux sociaux est remplie de paroles qui nous mettent parfois aux limites de l’overdose. Dès qu’il se passe quelque chose sur Terre de notable, ou non d’ailleurs, on peut observer un déferlement de tweet, de post, d’images, de commentaires plus ou moins bienveillants ou informatifs. La parole est parfois devenue une « diarrhée verbale » qui inonde et pollue notre environnement. En outre, dans cette société hyper connectée, nous ne savons pas qui reçoit nos propos, ce qui n’est pas sans risque et sans conséquences.

Notre tête est aussi remplie de notre brouhaha intérieur. Nous commentons, jugeons ou critiquons en permanence au risque de ne pas être dans notre vie, mais juste en train de la regarder, de l’évaluer ou de la commenter.
Nous vous proposons ici de faire l’expérience de l’inverse. Sus- pendre la parole. Ralentir, arrêter de juger pour juste ressentir. Apprendre à se taire pour retrouver le contact avec soi, ses sensations mais aussi l’autre et son environnement. Retrouver la pertinence de ce que nous choisissons d’exprimer en tenant compte du contexte. Se taire, c’est retrouver la pleine conscience de l’instant présent et son impermanence. Se taire permet de savourer ce qui est. En musique, les silences sont aussi importants que les notes. Sans silence choisi, la musique deviendrait peut-être un bruit !

Chut.
Source : Dunod © 2017.


Revue de presse

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Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole»

Par  Pascale Senk – 3 juin 2018

INTERVIEW – Pour le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre, le fait de tout verbaliser peut favoriser les idées noires et l’anxiété, alors que le silence et la méditation apaisent.

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre, spécialiste en psychologie du sport et du travail, est membre de l’Association française des thérapies cognitives et comportementales. Il a récemment copublié Savoir se taire, savoir parler (InterEditions).

LE FIGARO. – Pourquoi publier un livre sur la parole?

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Autres articles de presse

Utiliser à bon escient les réseaux sociaux, c’est aussi parfois se taire

Le silence : quels bénéfices pour la santé ?


Site web Jean-Christophe Seznec

Le blog à palabres


Mon rapport de lecture du livre

Savoir se taire, savoir dire

Choisir de le dire ou pas – au bon moment- et avec les mots qu’il faut

Jean-Christophe Seznec – Laurent Carouana

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception. Voici un exemple :

Parler pour se sentir exister

Face à la difficulté d’être, il est plus facile de «faire»¹. Parler est une façon de «faire». Nous sommes amenés à parler pour un oui et pour rien, ce qui peut nous donner l’illusion d’une identité ou d’une prestance au risque d’inonder notre entourage de propos qui n’intéressent que nous. Nous comblons nos failles narcissiques et notre vide existentiel à travers un excès de communication, quitte à polluer notre environnement et notre réseau social d’une diarrhée verbale.

¹ Seznec JC, J’arrête de lutter avec mon corps, PUF, 2011.

SEZNEC, Jean-Christophe – CAROUANA, Laurent, Chapitre 1 – Pourquoi parlons-nous ?, Savoir se taire, savoir dire, InterÉditions, Dunod, 2017, p. 6.

Les auteurs affirment « Face à la difficulté d’être, il est plus facile de “faire”. » En isolant cette phrase de son contexte, j’ai la nette impression qu’elle s’adresse aux gens qui préfère les travaux manuels aux travaux intellectuels. Aussi, je pense qu’elle découle d’une généralisation à outrance (un biais cognitifs reconnu) à moins que je soi la seule exception.

Les auteurs affirment que « Parler est une façon de “faire” ». Si nous pouvons nous rendre à l’évidence que « parler » est devenue une action, par exemple en politique, on ne peut pas l’admettre comme tel. En fait, « parler » n’est qu’une illusion d’action. Une annonce n’est pas la réalisation de ce qui est annoncé. Dans la sagesse populaire, on dit souvent « Il faut que les bottines suivent les babines » justement pour distinguer « parler » et « agir » car les mots ne suffisent pas.

Les auteurs affirment que « Nous comblons nos failles narcissiques et notre vide existentiel à travers un excès de communication ». Est-ce ainsi que nous devons juger une personne qui parle beaucoup, beaucoup trop, un verbomoteur, comme on dit ?

La « faille narcissique » est un concept bien connu en psychologie et en psychiatrie :

Faille narcissique : tout ce que vous devez savoir sur ce mal-être

Faille narcissique : Quésaco ?

Terme souvent utilisé en clinique psychanalytique, la faille narcissique à l’opposé de la personnalité narcissique désigne les régressions de l’amour propre et de l’estime de soi. Dans ce contexte, le défaillant narcissique plutôt que d’être obsédé par son image et de se surévaluer est une personne qui doute constamment de sa capacité à être aimé par les personnes qui l’entourent. Ainsi, la faille narcissique peut se caractériser par différentes formes d’inhibitions allant jusqu’à l’autodisparition du moi. À l’inverse d’être imbu de soi-même, la personne souffrant de faille narcissique se sent donc constamment inutile, non méritante et inférieure aux autres. Parmi les caractéristiques, telles qu’il a été décrit par la littérature psychiatrique, qui peuvent mettre en péril l’intégrité personnelle du défaillant narcissique, on retrouve également :

  • Le manque d’estime de soi voire le mépris de soi
  • Le manque de confiance en soi
  • Une image de soi négative ou erronée
  • La comparaison avec les autres
  • La difficulté à se sentir importante
  • Une insécurité continue
  • La difficulté à s’intégrer
  • La tendance à l’auto culpabilisation
  • Le sentiment de honte

Source : Faille narcissique : tout ce que vous devez savoir sur ce mal-être, © 2012-2022, Penser et Agir.

Personnellement, je reconnais l’intention d’attirer l’attention chez une personne qui parle beaucoup. Mais est-ce vraiment motiver par un besoin de reconnaissance pour combler un manque d’estime soi ? À ce jour, je n’ai jamais perçu les verbomoteurs comme étant en quête d’estime de soi ou souffrant d’une faille narcissique. À mon humble avis, tout dépend de ce qui est dit. Est-ce des pensées instantanées s’enchaînant sans fin l’une à la suite de l’autre ? Dans ce cas et j’ai traité cette question dans mon livre J’AIME PENSER – Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison :

Comme je dis souvent à celui qui verbalise ses pensées sans les réfléchir, l’autre n’est pas une poubelle de pensées avortées.

Source : GUAY, Serge-André, J’aime penser, Itinéraire – D’une pensée à l’autre, Fondation littéraire Fleur de Lys, 2020.

Je respecte donc d’emblée les propos de celui qui parle peu tout comme de celui qui parle beaucoup que si des réflexions sérieuses en sont à l’origine. On peut écouter avec grand intérêt une personne qui parle beaucoup pendant des heures parce qu’elle nous captive et nous apprend de nouvelles connaissances, provoque en nous des prises de conscience, même si, en apparence et en apparence seulement, elle semble abuser de la communication et occupe ainsi l’avant de la scène. À la limite, je respecte aussi ceux qui parlent pour parler, motivés par un besoin pressant de verbalisation, puisque cela relève de l’auto-thérapie.

Les auteurs soutiennent également que la personne qui fait preuve d’un excès de communication cherche à combler ses failles narcissiques ou un « vide existentiel ». Si et seulement si « Le vide, ou « vide existentiel », est une condition humaine caractérisée par un sentiment d’ennui généralisé, d’aliénation et d’apathie » (Wikipédia), il faut permettre l’excès de communication, ne serait-ce que par empathie envers la personne devant soi. Savoir écouter s’impose par respect pour la condition humaine. S’engager dans une écoute active, interrompre pour faire le point, sera davantage bénéfique que que te dire à la personne de se taire ou, pis encore, de quitter les lieux.

Notez bien le titre du chapitre, « Pourquoi nous parlons ? », et le sous-titre d’où je tire la citation dont je vous entretiens, « Parler pour se sentir exister ». Il est question du sentiment d’exister, non pas de la conscience d’exister. Parlant du sentiment, nous sommes bel et bien dans la psychologie. Parlant de la conscience, nous sommes dans la philosophie.

Quoique le sentiment se définisse aussi en rapport direct avec la conscience (Conscience plus ou moins claire, connaissance comportant des éléments affectifs et intuitifs, Le Robert – Dictionnaire), nous demeurons dans la sphère émotionnelle.

Le sentiment est la composante de l’émotion qui implique les fonctions cognitives de l’organisme, la manière d’apprécier. Le sentiment est à l’origine d’une connaissance immédiate ou d’une simple impression. Il renvoie à la perception de l’état physiologique du moment. Le sens psychologique de sentiment qui comprend un état affectif est à distinguer du sens propre de la sensibilité.

Source : Sentiment, Wikipédia.

Personnellement, je parle, même à l’excès, non pas pour ressentir que j’existe mais plutôt pour communiquer et socialiser. La conscience de mon existence ne relève pas de mes sentiments. La preuve de mon existence n’est pas le sentiment que j’en ai. J’existe, c’est un fait incontestable en mon âme et conscience. Le fait que j’existe s’est imposé par lui-même. Je n’avais qu’à le reconnaître. Je ne ressens aucun besoin d’exister. C’est parce que j’existe que je peux penser. Le « Je pense donc je suis » de René Descartes est une aberration car ce n’est parce que je pense que j’existe. C’est l’inverse, il faut tout d’abord exister et pour être capable de penser. Enfin, une personne existe même si elle n’a pas conscience de son existence.


Malgré ma critique ci dessus, j’accorde quatre étoiles sur cinq à ce livre. Je peux m’accommoder des observations et des affirmations de la psychologie pour autant que j’en doute pour y réfléchir. J’admets l’utilité de ce livre pour certaines personnes exposées ou victimes de la diarrhée verbale dont il traite.

Le droit à la parole est précieux. Il nécessite encore d’être défendu. Cependant, cela ne doit pas être au prix d’une diarrhée verbale comme on l’observe de plus en plus le cas dans les médias et les réseaux sociaux.

Cette sur-communication vampirise notre cerveau en pervertissant notre relation aux autres et à soi. Elle est source d’un bruit dans notre tête, autour de nous et numérique. Trop de blablas disait une chanson! En outre, cette parole excessive devient un objet de pouvoir pour soumettre l’expression de chacun. Cette parole fait la part belle aux discours «contre» et muselle les actions«pour». Dans cette atmosphère, il est difficile de vivre, de discuter et d’échanger ensemble. Les commentaires et les jugements excessifs font le lit de l’anxiété. (…)

SEZNEC, Jean-Christophe – CAROUANA, Laurent, Conclusion, Savoir se taire, savoir dire, InterÉditions, Dunod, 2017, p. 187.

Les expressions « Diarrhée verbale » et « Hystérie de la parole » résument très bien le problème abordé par les auteurs de Savoir se taire, savoir dire.  de ce livre.

En cherchant des références à la « Diarrhée verbale » avec Google, vous trouverez aussi l’expression « Incontinence verbale ». L’algorithme de Google vous conduira aéagelement au mot « Logorrhée ».


wikitionnaire-001

logorrhée \l?.??.?e\ féminin

  1. Littéralement, diarrhée verbale, ou incontinence verbale. Trouble du langage caractérisé par un besoin irrésistible et morbide de parler.
  2. (Littéraire) Long discours creux ; verbiage. Flux de paroles inutiles et incohérentes. Blabla prétentieux pour présenter des banalités ou une analyse plus ou moins cohérente et fondée.
    • Il y a des gens qui vous envahissent avec leur logorrhée : on a la pénible impression d’être prisonnière de leurs mots. — (Amélie Nothomb, Mercure, Éditions Albin Michel, Paris, 1998, page 51)
    • C’était la meilleure solution : fermer sa gueule et tourner les talons en direction des vestiaires sans même attendre qu’il ait fini de se vider de toute cette logorrhée mauvaise qui lui sortait de la bouche et qui venait d’on ne savait où. — (Jean-Paul Didierlaurent, Le liseur de 6h27, Au Diable Vauvert, 2014, p. 26)
Synonymes

Incontinence verbale (1) :

Long discours creux (2) :

Source : logorrhée, Wikitionnaire





Dans le livre Les motivations par Alex Mucchielli dans la collection Que sais-je des Presses universitaires de France, on peut lire : « L’annonce de l’action tient presque lieu d’action aux yeux de beaucoup ».

« Enfin, dans toute la société court le mythe de la communication salvatrice. C’est en communiquant que l’on pense pouvoir régler les problèmes. En tout cas, tout le monde pense que s’il reste des problèmes, « c’est que l’on n’a pas su communiquer ». La communication devient une chose, elle devient plus importante que le message. L’annonce de l’action tient presque lieu d’action aux yeux de beaucoup. Cette idéologie de la communication répond au désarroi que connaît le monde occidental et elle propose une vision du monde bâtie sur la transparence, la participation de tous (l’interactivité) et la connaissance pour tous (Ph. Breton et S. Proulx, 1990). Pour remobiliser les personnels de l’entreprise, les nombreux consultants en communication proposent alors aux chefs d’entreprise une nouvelle formule de management qui a l’immense avantage d’être « nouvelle ». »

Mucchielli, Alex, Les motivations, Presses Universitaires de France, Collection Que Sais-Je, Cinquième édition mise à jour, Paris, 2000, p. 49.

Les auteurs du livre Savoir se taire, savoir dire affirment que «Parler est une façon de «faire». Est-ce la conséquence de l’idéologie de la communication observée par Alex Mucchielli dans les années 1970-1980 à l’effet que «La communication devient une chose, elle devient plus importante que le message» ?

Plus jeune, je croyais que si un problème persistait au sein de notre société, c’était le fait d’un manque de communication, comme le souligne Alex Mucchielli : «C’est en communiquant que l’on pense pouvoir régler les problèmes. En tout cas, tout le monde pense que s’il reste des problèmes, « c’est que l’on n’a pas su communiquer». Dans le contexte des années 1970-1980, Alex Mucchielli relève que l’annonce d’une action, la communication, prend trop souvent la place de l’action elle-même. C’est vrai, surtout en politique. C’est vrai aussi de nos promesses du nouvel an. On se rendra compte que l’annonce d’une action est considérée comme le début de l’action alors qu’il n’en est rien. Parler et agir diffèrent grandement, du moins, dans leur définition respective.

Mais aujourd’hui, l’idée que « parler, c’est agir » persiste, peut être à bon escient, comme on le voit dans le Mouvement Me too (Mouvement Moi aussi) où la prise de parole des femmes tient lieu de premier pas d’une action concrète, la dénonciation.

Revenons à l’observation d’Alex Mucchielli à l’effet que les problèmes persistent au sien de notre société parce que « l’on n’a pas su communiquer ». Cela implique que la communication soutenue peut régler tous les problèmes irrésolus. Mais on peut communiquer tant et aussi longtemps que l’on veut, mais si on ne sait pas communiquer, il y a là un grave problème. Si notre communication connaît elle-même des problèmes, elle ne peut pas conduire à une solution du problème dont on parle.

Le lecteur trouvera dans le livre de Jean-Christophe Seznec et de Laurent Carouana des instructions très utiles sur le « savoir parler » relevant, pour le premier, de son expérience à titre de médecin psychiatre, et, pour le second, de son expérience de comédien, metteur en scène et coach en expression orale en entreprise.

Dans le domaine de la philosophie, on parle de «rhétorique» : l’art de l’action du discours sur les esprits, l’art de l’éloquence, l’art de la persuasion, l’art de bien dire,…

209px-Wikipedia-logo-v2-fr.svgLa rhétorique est l’art de l’action du discours sur les esprits. Le mot provient du latin rhetorica, emprunté au grec ancien ???????? ????? / rhêtorikê tékhnê, « technique, art oratoire ». Plus précisément, selon Ruth Amossy : « telle qu’elle a été élaborée par la culture de la Grèce antique, la rhétorique peut être considérée comme une théorie de la parole efficace liée à une pratique oratoire ».

La rhétorique est d’abord l’art de l’éloquence. Elle a d’abord concerné la communication orale. La rhétorique traditionnelle comportait cinq parties : l’inventio (invention ; art de trouver des arguments et des procédés pour convaincre), la dispositio (disposition ; art d’exposer des arguments de manière ordonnée et efficace), l’elocutio (élocution ; art de trouver des mots qui mettent en valeur les arguments ? style), l’actio (diction, gestes de l’orateur, etc.) et la memoria (procédés pour mémoriser le discours). La rhétorique a ensuite concerné la communication écrite et a désigné un ensemble de règles (formes fixes) destinées au discours. Au XXe siècle, la linguistique et l’analyse des textes littéraires ont relancé l’intérêt pour la rhétorique.

Au-delà de cette définition générale, la rhétorique a connu au cours de son histoire une tension entre deux conceptions antagonistes, la rhétorique comme art de la persuasion et la rhétorique comme art de l’éloquence. La rhétorique grecque, telle qu’elle fut pratiquée par les sophistes et codifiée par Aristote, se préoccupait principalement de persuader. Dans l’Antiquité romaine, se fait jour une nouvelle conception de la rhétorique comme art de bien dire « bene dicendi scientia » selon les mots de l’orateur romain Quintilien. À l’époque classique, la rhétorique s’étend à l’étude des textes écrits, et notamment aux textes littéraires et dramatiques, la conception romaine de la rhétorique l’emporte progressivement sur la conception grecque. La rhétorique s’est ainsi progressivement restreinte à la stylistique c’est-à-dire à un inventaire de figures relevant des ornements du discours. Il en résulte une conception de la parole rhétorique qui se distingue de l’argumentation et de la dialectique par l’usage d’effets pathétiques et éthiques du discours sur le public. Contre cette évolution, l’école rhétorique contemporaine de Chaïm Perelman renoue avec la rhétorique grecque en proposant une « nouvelle rhétorique » qui est une théorie de l’argumentation.

Source : Rhétorique, Wikipédia.

146587_couverture_Hres_0La rhétorique a mauvaise réputation. Pour les uns, elle évoque un savoir effrayant, l’art sombre de la manipulation, le secret damné des avocats et des politiciens. Pour d’autres, elle serait au contraire une discipline vieillotte, l’étude obsessionnelle des figures de style, le plaisir coupable des libraires et des professeurs de français. Accusée d’être à la fois toute-?puissante et insignifiante, dangereuse et poussiéreuse, la rhétorique a fini par faire consensus. Contre elle.

Et pourtant. Au-?delà des fantasmes et des préjugés, il est temps de considérer la rhétorique pour ce qu’elle est : l’art de présenter notre pensée de la manière la plus pertinente possible, afin d’en faciliter l’acceptation par nos auditeurs et nos interlocuteurs. Ainsi définie, la rhétorique est partout. Dans les réunions professionnelles comme dans les dîners de famille. Dans les spots publicitaires comme dans les bavardages amicaux. Dans les entretiens d’embauche comme dans les rendez-?vous galants. Pas un jour ne passe sans que nous l’utilisions ou la subissions. Convaincre notre compagne ou notre compagnon de nous accompagner à un dîner ennuyeux, c’est de la rhétorique. Convaincre notre patron de nous accorder une augmentation, c’est de la rhétorique. Convaincre des électeurs de glisser un bulletin dans l’urne, c’est, aussi, de la rhétorique. La rhétorique, c’est tout simplement l’art de convaincre.

Source : VIKTOROVITCH, Clément, Le pouvoir rhétorique – Apprendre à convaincre et à décrypter les discours, Introduction, ÉDITIONS DU SEUIL, 2021, p. 9.

Sur cette conclusion vous référant à la rhétorique, je me dois aussi de vous rappeler le livre en vedette dans cet article, Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, auquel j’accorde quatre étoile sur cinq.

* * * *

Je vous en recommande donc la lecture.


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Liste des articles par ordre de publication

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007.

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE. L’auteur prend le temps de situer son sujet dans son contexte historique soulignant la reconnaissance plutôt récente de la dépression comme une maladie. Auparavant, on parlait d’acédie et d’ennui.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

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