Conférence # 2 – J’aime penser – Comment prendre plaisir à penser dans un monde ou tout un chacun se donne raison

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Titre de la conférence

J’aime penser

Sous-titre de la conférence

Comment prendre plaisir à penser dans un monde ou tout un chacun se donne raison

Source bibliographique

J’AIME PENSER
Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison
SERGE-ANDRÉ GUAY
Essai et témoignage de gouvernance personnelle,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, Canada. 2020, 370 pages.
ISBN 2-89612-016-5 / 978-2-89612-016-1
Couverture souple couleur
Format 7 X 10 pouces
Reliure allemande

PROGRAMME

Introduction

Pourquoi j’ai écrit ce livre ?

Développement

  • La pensée profonde
  • La pensée universelle
  • La pensée joyeuse
  • La pensée heureuse
  • La pensée malheureuse
  • La pensée empathique
  • La pensée différente
  • La pensée solitaire
  • La pensée initiatique
  • La pensée certaine

Conclusion

    • Témoignage personnel

Période de questions

Conférencier : Serge-André Guay

Auteur de J’aime penser ou Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison.
Curriculum vitae en ligne : https://philotherapie.ca/2022/03/01/a-propos/

Coordonnées du conférencier

31, rue St-Joseph, Lévis, Québec, Canada. G6V 1A8
Téléphone : 581-988-7146
Courriel : info@philotherapie.ca
Site web : https://philotherapie.ca/
Dossier philo en ligne : https://philotherapie.ca/2020/10/06/dossier-philotherapie-quand-la-philosophie-nous-aide/

Durée (trois choix)

45 minutes (conférence : 30 minutes. Période de questions : 15 minutes)
90 minutes (conférence : 60 minutes. Période de questions : 30 minutes)
120 minutes (conférence : 60 minutes. Période de questions : 60 minutes)

P.S.: La durée de la conférence varie selon le nombre d’extraits de chaque livre présentés à l’auditoire (le tout dans le respect des droits d’auteur).

Matériel électronique nécessaire

Projecteur compatible PC
Entrée USB et/ou clé USB
Écran de projection

Coût d’achat de la conférence

350.00$ + frais de déplacement et, s’il y a lieu, d’hébergement.


Un exemple de conférence

VIDÉO ET NOTES DE LA  CONFÉRENCE

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LA NUIT DE LA PHILOSOPHIE DE MONTRÉAL

18 novembre 2021

CONFÉRENCE

La philothérapie ? Quand la philosophie nous aide

Dans le cadre de l’édition 2021 de la NUIT DE LA PHILOSOPHIE DE MONTRÉAL, Serge-André Guay, président éditeur de la Fondation littéraire Fleur de Lys prononcera une conférence sous le thème de la philothérapie en passant en revue seize livres consacrés au sujet.

Révélée au grand jour par la publication en l’an 2000 du livre «Platon, pas Prozac ! La philosophie comme remède» signé par le philosophe montréalais Lou Marinoff, la philothérapie connaît un essor remarquable.

L’idée de consulter un philosophe intéresse de plus en plus de gens en quête de nouvelles réponses à leurs problèmes. Des cabinets de consultation philosophique ouvrent leurs portes un peu partout dans le monde, notamment en Europe et aux États-unis.

La démarche du philosophe consultant ou praticien auprès de la population commence très souvent par la publication d’un livre. Captivé par le sujet, Serge-André Guay a inscrit à son programme de lecture seize de ces ouvrages. Il livrera autant de comptes-rendus lors de sa conférence.

Lieu : Le Cornélien, 6692 rue St-Denis, Montréal QC. H2S 2R9
Début : 19h30
Durée : 60 minutes
Entrée : Gratuit
Audience : Tout public
Réservation : https://www.eventbrite.ca/e/billets-la-philotherapie-ou-quand-la-philosophie-nous-aide-188010774287

Programme de la conférence : cliquez ici


Vidéo de la conférence


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« La philothérapie ou quand la philosophie nous aide »

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Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

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DOSSIER

Philothérapie

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Article # 22

La faiblesse du vrai

Ce que la post-vérité fait à notre monde commun

Myriam Revault d’Allonnes

Éditions du Seuil

Octobre 2018

Ma lecture

Le terme de « post-vérité » me place dans une situation très inconfortable parce qu’il suppose que la vérité à titre de référence commune est passée date de nous jours. Il y a déjà quelques décennies que nous entendons l’expression « À chacun sa vérité » qui vient trop souvent mettre fin au débat. Je suis inquiet et j’hésite à me rendre à l’évidence que notre ère est désormais celle de la post-vérité. J’ai acheté et lu le livre LA FAIBLESSE DU VRAI de la philosophe Myriam Revault d’Allonnes puisque le titre me laisse croire qu’il est peut-être possible de renverser la situation en corrigeant les faiblesses du vrai.

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La faiblesse du vrai

Ce que la post-vérité fait à notre monde commun

Myriam Revault d’Allonnes

Éditions du Seuil


Éditeur : Éditions du Seuil
Collection : La Couleur des idées
Date de parution : 11 octobre 2018
Genre littéraire : essai
Nombre de pages Livre papier [BROCHÉ] : 144
ISBN : 9782021383058 (2021383059)
Langue(s) : Français
EAN 9782021383041
EAN13 eBook [EBOOK] : 9782021383058


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Résumé de l’éditeur

L’irruption de la notion de « post-vérité », désignée comme mot de l’année 2016 par le dictionnaire d’Oxford, a suscité beaucoup de commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun.

En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d’Allonnes déconstruit nombre d’approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n’est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu’il est lié à la constitution de l’opinion publique et à l’exercice du jugement. L’exploration du « régime de vérité » de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des « vérités de fait » en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l’idéologie fabrique un monde entièrement fictif.

Loin d’enrichir le monde, la « post-vérité » appauvrit l’imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.

Myriam Revault d’Allonnes est professeur à l’École pratique des hautes études. Elle a publié de nombreux essais au Seuil, et notamment La Crise sans fin. Essai sur l’expérience moderne du temps (2012).

Source : Éditions du Seuil.


TABLE

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Au sujet de l’auteure

Présentation de l’auteure sur Wikipédia

1942-….

Myriam Revault d’Allonnes est une philosophe et universitaire française, professeur émérite des universités à l’École pratique des hautes études.

Biographie

Agrégée de philosophie, elle est titulaire d’un doctorat de philosophie de l’université Paris 1 et d’une habilitation universitaire1.

Myriam Revault d’Allonnes est une philosophe française, professeur émérite des universités à l’École pratique des hautes études (EPHE)2. Elle est également chercheur associé au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po). Elle a enseigné la théorie politique à l’École doctorale de Sciences Po Paris et a été directrice de programme au Collège international de philosophie de 1986 à 19923. Elle a dirigé de 2006 à 2013 la collection de philosophie pour enfants « Chouette ! Penser » aux éditions Gallimard-jeunesse. Elle collabore régulièrement à la revue Esprit.

Elle est membre de la commission du Livre blanc sur la politique étrangère et européenne de la France (2008) et du Jury de la Conférence de consensus sur la prévention de la récidive (2012).

Elle préside depuis 2015 la commission philosophie-psychanalyse-sciences religieuses du Centre national du livre (CNL).

Elle est la mère du journaliste David Revault d’Allonnes.

Thèmes de recherche

Spécialiste de philosophie éthique et politique, ses recherches ont d’abord porté sur la Terreur de la Révolution française, sur le « mal du politique » et le « caractère intraitable » des passions dont est faite l’assise originaire du lien social. Elle s’est interrogée sur la notion de « banalité du mal » et sur la question du « sens de l’humain » entendu comme capacité d’échanger des expériences, capacité dont l’expérience concentrationnaire nous a notamment donné à voir la défection la plus radicale.

Travaillant autour de la pensée de Hannah Arendt, elle a également poursuivi, sur la question du politique, des recherches proches, dans leur inspiration et leur perspective, de celles de Maurice Merleau-Ponty, de Claude Lefort, de Paul Ricœur et de Cornelius Castoriadis. Abordant ainsi des problèmes liés aux perspectives actuelles, elle a analysé les remaniements conceptuels (notamment autour de la question de la temporalité) auxquels doivent être soumises les expériences contemporaines, d’où ses récents travaux sur les notions d’« autorité », de « crise » et de « représentation ». Sa réflexion sur la démocratie accorde une place décisive aux affects politiques et aux dispositions subjectives que les individus entretiennent à l’égard du mode d’existence démocratique.

Ouvrages

  • D’une mort à l’autre : précipices de la Révolution, Paris, Seuil, coll. « Esprit », , 233 p. (ISBN 2-02-010719-8).
  • La persévérance des égarés, Christian Bourgois, 1991.
  • Ce que l’homme fait à l’homme. Essai sur le mal politique, Seuil, 1995 (Champs-Flammarion, 1999 et 2010).
  • Le dépérissement de la politique. Généalogie d’un lieu commun, Aubier-Flammarion, 1999 (Champs-Flammarion, 2001).
  • Merleau-Ponty. La chair du politique, Michalon, 2001.
  • Fragile humanité, Aubier-Flammarion, 2002.
  • Doit-on moraliser la politique ?, Bayard, coll. « Le temps d’une question », 2002.
  • Pourquoi les hommes font-ils la guerre ?, Gallimard-Jeunesse, 2006.
  • Le pouvoir des commencements. Essai sur l’autorité, Seuil, 2006 (« Points Essais » 2012).
  • L’homme compassionnel, Seuil, 2008.
  • Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie, Seuil, 2010.
  • La crise sans fin. Essai sur l’expérience moderne du temps, Seuil, 2012 (« Points Essais », 2016).
  • Raconter des histoires, raconter l’histoire, Gallimard-Jeunesse, coll. « Chouette ! Penser », 2013.
  • L’obstination (avec Adèle Van Reeth), Plon, 2014.
  • Le miroir et la scène. Ce que peut la représentation politique, Seuil, 2016.
  • La politique expliquée à nos enfants, Seuil, 2017.
  • La faiblesse du vrai. Ce que la post-vérité fait à notre monde commun, Seuil, 2018.
  • L’Esprit du macronisme, ou l’art de dévoyer les concepts, Seuil, 2021.

Distinctions

  • Prix Montyon de l’Académie française (2009)
  • Chevalier de la Légion d’honneur (2013)
  • Prix spécial du jury du Livre Politique pour l’ensemble de son œuvre (2019)

Notes et références

  1. « Myriam Revault d’Allonnes | Dictionnaire prosopographique de l’EPHE » [archive], sur prosopo.ephe.fr (consulté le 15 avril 2019)
  2. « Myriam Revault d’Allonnes | École pratique des hautes études » [archive], sur www.ephe.fr (consulté le 27 décembre 2017)
  3. « Myriam REVAULT D’ALLONNES | CIPh Paris » [archive], sur www.ciph.org (consulté le 27 décembre 2017)

Source : Wikipédia.

Présentation de l’auteur par l’éditeur

Myriam Revault d’Allonnes est professeur à l’École pratique des hautes études. Elle a publié de nombreux essais au Seuil, et notamment La Crise sans fin. Essai sur l’expérience moderne du temps (2012).

Source : Éditions du Seuil.


cevipof

Page web dédiée à l’auteure Myriam Revault d’Allonnes sur le site SciencePo CEVIPROF


REVUE DE PRESSE

Myriam Revault d’Allonnes : «La vérité n’a plus d’effet sur le réel», Le Figaro, Paul Sugy, 07/12/2018

Le réel inquiété. Entretien avec Myriam Revault d’Allonnes – Propos recueillis par Jonathan Chalier, ESPRTI – Comprendre le monde qui vient, décembre 2018

Fake news : « Les gens en arrivent à croire des choses dont ils savent qu’elles sont fausses », Par : Pauline PACCARD, France 24, 08/01/2019

 » La faiblesse du vrai. Ce que la post-vérité fait à notre monde commun » De Myriam Revault-d’Allonnes par F. Rousseau

Interview – Myriam Revault d’Allonnes : «La post-vérité attaque le socle de notre monde commun», par Thibaut Sardier, Libération, 19 octobre 2018

Le régime des opinions – À propos de : Myriam Revault d’Allonnes, La faiblesse du vrai. Ce que la post-vérité fait à notre monde commun, Seuil – par Alain Policar , le 29 novembre 2018, La vie des idées


Ma lecture

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

L’évocation du caractère faible du vrai fait naître un grand intérêt en moi et éveille des souvenirs. Je me souviens du temps où je me demandais pourquoi la vérité ne triomphait pas d’elle-même au sein de notre monde. Dès mes premiers pas dans la vingtaine, le constat s’avérait de fait et par expérience du vrai dans mon entourage. Je garde en mémoire le découragement causé par cet état de fait sur moi et ma perception du monde. Pourquoi déployer autant d’efforts pour trouver le vrai s’il faut se battre pour sa reconnaissance au sein de notre société ? À mes yeux, la crédibilité du vrai allait de soi. N’ayant pas trouvé de réponse, je me détourne de la question pour me concentrer sur une autre : « Comment être certain ? » à l’aube de mes quarante ans. Je trouve la réponse dans la pensée scientifique dont le fonctionnement me fascine encore aujourd’hui.

L’affirmation de Myriam Revault d’Allonnes à l’effet que le vrai peut être faible s’introduit dans mon esprit comme une révélation. Jusque-là, je ne remettais pas en cause le vrai en lui-même dans l’analyse de ses défaites. Puis voilà qu’une philosophe reconnue mondialement pointait du doigt la faiblesse du vrai. La thèse a tout de suite fait sens pour moi et je la reconnais d’emblée comme une évidence.

Cependant, le contexte pèse lourd. Le diagnostic selon lequel nous sommes désormais dans une ère de post-vérité me décourage. Non seulement le vrai fait preuve de faiblesse, il risque le suicide.

De tous les temps, les hommes questionnent et remettent en cause le vrai; ils doutent, parfois avec sagesse. Le vrai a besoin du doute à l’instar de la pensée scientifique. Le doute, véritable faille par laquelle entre la lumière, nous procure le bénéfice de la certitude de notre savoir, et ce, jusqu’à ce qu’il soit remis en doute et ainsi de suite. Bref, le savoir (scientifique) se construit sur les ruines du déjà-su. En science, on ne prend rien pour acquis. On se donne la permission de remettre en cause tous les acquis, d’en douter… scientifiquement. En science, l’évolution du savoir et la découverte de nouveaux savoirs reposent sur le doute. Jusqu’ici tout va pour le mieux à condition de demeurer dans le contexte de la science (la vraie science).

Or, le concept d’une « ère de post-vérité » implique l’ensemble de la société. Pis encore, une ère se définit comme « Époque qui commence avec un nouvel ordre de choses » selon le dictionnaire Le Robert. Ce nouvel ordre concerne le vrai et le faux, ce dernier gagnant la bataille pour ne pas dire la guerre puisqu’il s’agit non pas d’un moment donnée mais d’une époque.

La philosophe Myriam Revault d’Allonnes écrit :

Apparemment, l’idée selon laquelle nous nous situerions à un moment, voire à une époque, d’« après » la vérité constitue une rupture signifiante au regard d’une notion fondamentale de la métaphysique occidentale et sur laquelle repose également, pour le sens commun, l’évidence du réel : une proposition est dite « vraie » lorsqu’elle est garantie par sa conformité à ce qui est. Le souci de la vérité a pu s’énoncer de multiples façons, antagonistes, plus ou moins savantes, dans des domaines divers, mais la pluralité des approche n’a jamais conduit à remettre en question le caractère « vital » de la référence au vrai.

Source : Revault d’Allonnes, Myriam, La faiblesse du vrai, Introduction, p. 10.


(…) une proposition est dite « vraie » lorsqu’elle est garantie par sa conformité à ce qui est.


La philosophe Myriam Revault d’Allonnes va encore plus loin en parlant d’une ère post-factuel :

Il n’en va pas de même avec la « post-vérité » selon laquelle — à suivre le dictionnaire d’Oxford — les faits objectifs ont moins d’importance que leur appréhension subjective. La capacité du discours politique à modeler l’opinion publique en faisant appel aux émotions prime sur la réalité des faits. Peu importe que ces derniers informent ou non les opinions : l’essentiel, c’est l’impact du propos. Le partage du vrai et du faux devient donc insignifiant au regarde de l’efficacité du « faire-croire ». L’ère de la post-vérité est aussi celle du post-factuel.

Source : Revault d’Allonnes, Myriam, La faiblesse du vrai, Introduction, p. 11.

La philosophe Myriam Revault d’Allonnes remonte jusqu’au « débat matriciel entre Platon et Aristote sur le régime de vérité propre à la politique ». Aujourd’hui, nous savons tous que la politique entretient des relations troubles avec la vérité.

Avec raison, la philosophe Myriam Revault d’Allonnes distingue les « vérités de fait » et les « vérités scientifiques ». Elle souligne que « la post-vérité porte avant tout atteinte aux vérités de fait ».

Si cette discipline de pensée garde aujourd’hui toute sa validité, elle ne suffit pas à rendre compte des conditions spécifiques qui font que la post-vérité porte avant tout atteinte aux vérités de fait (relatives à des événements contingents, à des faits qui ont eu lieu mais dont la nécessité ne s’impose pas) plutôt qu’aux vérités scientifiques et rationnelles qui, dans la modernité, ne sont guère plus remise en question.

Source : Revault d’Allonnes, Myriam, La faiblesse du vrai, Introduction, p. 13.

Aujourd’hui, cette ère de post-vérité porte non seulement atteinte aux vérités de fait mais aussi  aux vérités scientifiques, du moins au sein d’une partie de la population, les complotistes, qui en détournent à la fois les usages et les objectifs. Mais cette « partie de la population » nous a tous pris par surprise en portant au pouvoir Donald Trump à la présidence des États-Unis d’Amérique, le plus puissant pays du monde. Loin de moi l’idée de soutenir que tous les électeurs de Donald Trump étaient des complotistes mais il en demeure pas moins qu’ils furent tous séduits par des « fait alternatifs ».

L’erreur serait pourtant de penser que la post-vérité et la fabrication de « faits alternatifs » dans des sociétés démocratiques relèvent des mêmes mécanismes que l’idéologie totalitaire. Certes, dans les deux cas on propose un substitut à la réalité, un réarrangement de toute la texture factuelle en sorte qu’un monde fictif vient en lieu et place du monde des expériences et des relations que nous avons en partage et qui est le « sol » sur lequel nous nous tenons.

Dans les systèmes totalitaires, une idéologie « fantasmatiquement fictive » suscite un monde à la fois mensonger et cohérent que l’expérience est impuissante à contrarier. Le penser idéologique s’affranchit de l’existence de la réalité plus « vraie » que celle que nous appréhendons et percevons. Il ordonne les faits selon une procédure entièrement logique : en partant d’une prémisse tenue pour un axiome et dont tout le reste est déduit, on parvient à une cohérence jamais rencontrée dans le réel.

Source : Revault d’Allonnes, Myriam, La faiblesse du vrai, Introduction, p. 14.

Qu’il soit de sociétés démocratiques ou de systèmes totalitaires, les relations du politique avec la réalité, les faits, le réel et le vrai restent troubles à toutes les époques. Les politiques ne veulent pas que la population adhère à la vérité mais uniquement qu’elle épouse les opinions qu’ils en ont.

Les vérités dérangeantes ou malvenues se voient transformées en « opinions » que l’on peut soutenir comme si elles n’étaient pas directement ancrées dans des faits incontestables. Le négationnisme est à cet égard un cas d’école, puisqu’il falsifie et abolit le réel sous les yeux de ceux qui en furent les témoins. C’est un processus — facilité par la propension au relativisme du « tout se vaut » — qui permet de se débarrasser de l’évidence factuelle et d’aboutir à une sorte de diversité indifférenciée où l’énoncé des opinions n’a plus besoin d’être étayé nu légitimé par les faits. Si les opinions ne sont fondées que pour autant qu’elles s’appuient sur des vérités de fait, la post-vérité met à bas cette validation et aboutit ainsi à l’effacement du partage entre vrai et faux. Il n’est plus nécessaire que les faits informent les opinions.

Source : Revault d’Allonnes, Myriam, La faiblesse du vrai, Introduction, p. 15.

C’est le fameux règne de l’opinion, tyran de la vérité de fait, que je dénonce depuis mon adolescence. Pour philosopher, il faut d’abord lutter contre ses opinions (et celles des autres). Il en va de même pour acquérir une pensée qui soit scientifique.


Il ne faut pas prendre pour vrai ce que l’on pense uniquement parce qu’on le pense.


L’opinion torture le vrai pour se donner raison, comme si on enseignait aux adolescents qu’être adulte, c’est avoir le pouvoir de se donner raison par-dessus tout. Le but dans le vie n’est pas d’avoir raison. Et l’arme ultime pour se donner raison et en conserver l’illusion de confort tient dans ces affirmations : « À chacun sa vérité », « À chacun son opinion ». Fonder sa valeur sur ses opinions ne fait aucun sens. Accorder à l’opinion une valeur de raison ne fait pas plus sens. L’opinion n’étanche pas la soif de raison. Au contraire, l’opinion assoiffe la raison jusqu’à l’asphyxie. La faculté de penser ne se limite pas à la formulation d’opinions.


Celui ou celle qui se donne raison vit dans un système sans faille.

Or, la lumière entre par les failles


La philosophe Myriam Revault d’Allonnes écrit :

La société dystopique décrite dans 1984 est une société où a disparu toute référence à cette « vérité » du sens commun qui rend possible à la fois le partage du jugement et celui des expériences sensibles. Elle est peuplée d’individus pour qui la distinction entre fait et fiction, entre vrai et faux, n’existe plus. Et dans ce monde qui n’en est plus un, le pouvoir heuristique de la fiction a sombré en même temps que la force du vrai. Car la puissance de l’imaginaire dépérit et s’efface lorsque triomphe la faiblesse du vrai.

Source : Revault d’Allonnes, Myriam, La faiblesse du vrai, Introduction, pp. 18-19.

À la fin de son ouvrage, la philosophe Myriam Revault d’Allonnes revient sur le sujet et soutiendra que :

Loin de cette perte en monde qu’implique l’indifférence au vrai, l’imagination ne souffre pas la faiblesse du vrai et s’accommode encore moins de son abandon… Car la force du vrai, ce n’est pas seulement comme le pensait Michel Foucault, la force des liens par lesquelles les hommes s’enchaînent eux-mêmes au pouvoir de la vérité¹, c’est d’abord le surplus de sens de l’expérience vive, la faculté de déranger le réel pour le rejoindre autrement. En d’autres termes, la condition pour que le monde soit habitable et qu’il ne se transforme pas en un désert auquel nous serions condamnés à nous adapter. Dans un fragment posthume de 1888, Nietzsche écrivait : « Ce qu’il est possible de penser est sans doute une fiction. » Certes mais pas n’importe laquelle.

Source : Revault d’Allonnes, Myriam, La faiblesse du vrai, 4. Fiction et pouvoir-faire, p. 132.

Somme toute, le livre LA FAIBLESSE DU VRAI de la philosophe Myriam Revault d’Allonnes m’a donné à penser et là se trouve ma quête en toutes mes lectures. Je vous recommande la lecture de ce livre dans les plus brefs délais. Il mérite 5 étoiles sur cinq.

* * * * *

Mais je reste au prise avec ma question : « Comment palier à la faiblesse du vrai ? » À mon humble avis, la faiblesse du vrai ne remet pas en cause le vrai lui-même mais plutôt la communication du vrai, communication qui a le devoir de créer une faille pour engendrer une expérience de pensée avec un pouvoir de révélation. « Je suis sorti de là et je n’étais plus le même » dira-t-on.


P.S.: Et c’est aussi une question de langue :

À la fin de son ouvrage, Orwell ajoute un appendice sur les principes du « néoparler », la langue officielle qui, dans la société entièrement réalisée, sera devenue le seul idiome de communication orale et écrite. Il devra se substituer à l’ « obsoparler » (l’ancienne langue, devenue obsolète) en réduisant au minimum le répertoire de langue, en simplifiant le lexique et la syntaxe, afin de restreindre le domaine de la pensée. (…)

Source : Revault d’Allonnes, Myriam, La faiblesse du vrai, 4. Fiction et pouvoir-faire, pp. 126-127.

N’est-ce pas ce qui se trame avec la nouvelle orthographe ?


À lire aussi : Ère post-vérité, Wikipédia.


Le contenu du livre m’a beaucoup plus.

Je l’ai dévoré.

Je vous en recommande la lecture.

* * * * *


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Articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR


Serge-André Guay, auteur et président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

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DOSSIER

Philothérapie

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Article # 21

Agir et penser comme Nietzsche

Affirmer ses propres valeurs, prendre du recul, surmonter la fatigue, stimuler sa volonté et sa créativité, devenir soi-même…

Nathanaël Masselot

Les Éditions de l’Opportun

Mars 2020

Ma lecture

Je ne suis procuré plusieurs livres traitant de la philothérapie. Je vous présente mon rapport de de lecture de ces ouvrages. Voici celui traitant de Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot.

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Agir et penser comme Nietzsche

Affirmer ses propres valeurs, prendre du recul, surmonter la fatigue, stimuler sa volonté et sa créativité, devenir soi-même…

Nathanaël Masselot

Les Éditions de l’Opportun – Mars 2020


Éditeur : Les Éditions de l’Opportun
Collection : Agir et penser
juillet 2020
Intérieur : Noir & blanc
Format (en mm) Livre papier [BROCHÉ] : 130 x 200
Poids (en grammes) : 310 (Livre papier [BROCHÉ])
Nombre de pages Livre papier [BROCHÉ] : 304
Nombre de pages eBook [EBOOK] : 304
Langue(s) : Français
EAN13 Livre papier [BROCHÉ] : 9782360758708
EAN13 eBook [EBOOK] : 9782360759392


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Résumé de l’éditeur

« Deviens ce que tu es. »

Et si vous laissiez l’incontournable philosophe Nietzsche vous guider sur les voies de l’épanouissement personnel ?

Comment les mots du grand philosophe peuvent-ils vous aider à mieux vivre au quotidien en famille, au travail ou avec vos amis ? Si comme Nietzsche il vous arrive d’être provocateur, hypocondriaque, bon enfant, égoïste, fataliste ou encore querelleur… vous pouvez vous appuyer sur la pensée puissante du philosophe allemand.

Nietzsche tire de chacun de ses traits de caractère (même les plus négatifs) une philosophie de vie qui ne veut qu’une seule chose: se libérer et s’armer. Nathanaël Masselot, docteur en philosophie, enseignant et philothérapeute, s’appuie sur la pensée mais aussi sur la vie du philosophe pour nourrir cet ouvrage de développement personnel pas comme les autres. Agir et penser comme Nietzsche est une leçon de vie puissante et intemporelle.

Source : Les Éditions de l’opportun.


SOMMAIRE

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Au sujet de l’auteur

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Présentation de l’auteur sur sa page LinkedIn

Depuis l’obtention de mon doctorat en 2016, consacré au temps et à l’individu, je poursuis avec passion mon activité d’enseignant (principalement en lycée où j’occupe un poste de titulaire et ponctuellement en université). Depuis 2018, j’exerce également l’activité de philothérapeute, à Lille. Par ce biais, j’offre aux adultes une solution de thérapie et de développement personnel centrée autour de la philosophie existentielle : quête de soi, de sens, usage de la liberté, dans le milieu professionnel et personnel.

Source : LinkedIn.

Présentation de l’auteur par l’éditeur

Nathanaël Masselot est Docteur en philosophie. Il s’appuie sur les questions posées lors de ses entretiens pour puiser les forces essentielles dans la sagesse exprimée par les plus grands philosophes depuis la nuit des temps.

Source : Les Édition de l’Opportun.


Site web de l’auteur

Le cabinet de Philothérapie

La philosophie au service de notre existence (accompagnement en thérapie et développement personnel)

Tout le monde se pose des questions existentielles. Et ce n’est pas une maladie !

Depuis plus de deux ans, mon cabinet de philothérapie constitue une démarche originale, alternative aux approches existantes, qui se propose de tirer parti des questions existentielles que vous rencontrez.

Loin de remplacer les autres approches existantes, la philothérapie s’inscrit progressivement dans le paysage de la thérapie et du développement personnel car elle répond à un besoin naturel, ancré dans l’existence humaine. On peut l’exprimer de plusieurs manières : agir librement, donner du sens, se sentir bien, s’accomplir personnellement.

Avec la philosophie comme outil, j’aide les individus à répondre à leurs questions existentielles. Répondre, c’est-à-dire agir. Je les accompagne pour identifier les fondamentaux de leur existence, mieux se connaître, s’affirmer et vivre plus librement.

Source : Le cabinet de Philothérapie.


Présentation de la philothérapie par l’auteur

Une approche au service de votre liberté

A la manière de Platon qui voyait dans le philosophe le plus habilité à être le « médecin de l’âme », la philothérapie répond aux besoins de l’individu qui a pris conscience du caractère fondamental de la connaissance de soi. Philosophiquement, il s’agit de passer au crible les structures essentielles de notre existence individuelle. En prenant le temps de se pencher sur soi, pour appréhender son existence sous un angle philosophique, on vit différemment, plus librement.

La philothérapie s’articule ainsi autour de deux piliers : la compréhension de soi et l’action, pour les réconcilier.

Pour mieux vous présenter l’approche de la philothérapie, j’ai écrit un livre qui : vous présente le dispositif général, met en scène dix entretiens virtuels sur des thèmes existentiels majeurs (appropriez-vous les questions qui vous interpellent, méditez-les, faîtes les vivre), présente des points de doctrine philosophique et donne des conseils pour pratiquer la philothérapie.

Source : Le cabinet de Philothérapie.


Ma lecture

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

ITINÉRAIRE PERSONNALISÉ DE LECTURE

Pourquoi ne pas vous offrir une lecture personnalisée de Nietzsche ?

Selon votre préférence vous pouvez :

  • lire en continu cet ouvrage ;
  • choisir les chapitres qui vous intéressent ;
  • vous appuyer sur les suggestions de renvois à la fin de chaque étape pour construire votre itinéraire personnel !

Pour renforcer l’immersion et la personnalisation, n’hésitez pas à naviguer d’un point à un autre, en suivant vos envies et en donnant libre cours à votre curiosité. La meilleure manière d’aborder Nietzsche, c’est la vôtre !

Source : Masselot, Nathanaël, Agir et penser comme Nietzsche , Avant-propos, p. 10.

Voici un exemple d’Itinéraire personnalisé proposé par Nathanaël Masselot, celui à la fin du Chapitre 1 – Nietzsche est un fin psychologue :


ITINÉRAIRE PERSONNALISÉ

« Ce que tu es, tu dois encore le devenir ! », telle est la fameuse revendication de Nietzsche.
Tout développement de la vie et de la volonté étant historique, cette question justifie d’assez nombreuses ramifications.

CHOISISSEZ !

Vous vous doutez qu’il n’y a pas de psychologie sans une vision de l’homme et du monde ?
Allez au chapitre 24, Nietzsche serait-il un nihiliste ?

Penser au-delà des clivages vous semble impératif ?
Allez au chapitre 3, une philosophie complètement non genrée ?

Vous préférez savoir immédiatement comment Nietzsche s’y prend concrètement pour faire de la psychologie à sa manière ?
Choisissez le chapitre 9, Nietzsche n’utilise pas des mots ordinaires
ou le chapitre 10, Nietzsche est un généalogiste

Source : Masselot, Nathanaël, Agir et penser comme Nietzsche, Avant-propos, p. 29.


Je confesse une certaine appréhension face à ce livre consacré à une philosophie en particulier, celle de Nietzsche. «Si je commence à lire chacun des philosophes, j’en ai pour des années» me dis-je. C’est pourquoi, je m’intéresse d’abord et avant tout à la philosophie en général, c’est-à-dire, pas plus à l’une qu’à l’autre. Il en va de même de mon intérêt pour la philothérapie où je focalise mon attention sur le fil conducteur entre toutes les approches puis sur ce qui les distinguent entre elles.

Mais je me devais de faire une exception avec ce livre en raison de ma lecture préalable d’un autre livre signé par Nathanaël Masselot et intitulé Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie que j’ai bien aimé (Voir mon rapport de lecture). Bref, si j’ai accepté de me pencher  sur la philosophie de Nietzsche, c’est en raison de Nathanaël Masselot.

Ce livre ne traite pas directement de la philothérapie. Il s’inscrit plutôt dans la catégorie des livres-conseils, des guides de réflexion. L’auteur espère sans doute que le lecteur y trouvera l’inspiration nécessaire par l’exemple (Nietzsche) pour développer sa pensée critique.  Bref, c’est un livre d’accompagnement d’une démarche personnel.


MON OBJECTIF

Vous rendre l’accès à Nietzsche agréable, stimuler votre envie de poursuivre le chemin, éveiller une flamme nouvelle en vous, tout cela n’est possible qu’à condition que vous ne répétiez pas ce que l’on pense de Nietzsche. Veuillez me croire : même chez les enseignants, même chez les universitaires, il n’y a pas de consensus sur la lecture de Nietzsche. Si ce dernier figure aujourd’hui au panthéon des philosophes³ c’est parce qu’il invite n’importe lequel de ses lecteurs à la modestie, en même temps qu’au courage de penser par soi-même, c’est-à-dire de tracer son propre chemin d’existence.

______

³?Bien qu’il soit toujours inhumé auprès de la modeste église de Röcken en Allemagne, la même où il fut baptisé.

Source : Masselot, Nathanaël, Agir et penser comme Nietzsche, Avant-propos, p. 12.


Nathanaël Masselot nous présente son livre en ces mots dans son Avant-propos :


Tout le monde connaît Nietzsche, ou du moins, en a déjà entendu parler. Plus rares sont les personnes qui se sont plongées dans son œuvre. Le Very Important Philosopher a ceci de commun avec les Very Important People qu’il est souvent à la fois celui dont on parle le plus et que l’on fréquente intimement le moins. Dans l’idéal, il faudrait donc aller plus loin avec Nietzsche. Je dois le confesser : je n’aime pas forcément me plonger dans un livre. Il y a tant d’autres choses à lire, à écouter, à contempler, à vivre… qu’il me semble tout à fait naturel d’exiger de bonnes raisons avant de découvrir une pensée nouvelle. Surtout lorsque les écrits de l’auteur sont volontairement difficiles d’accès.

Friedrich Nietzsche incarne un visage de la philosophie à la fois fascinant et impénétrable – deux adjectifs qui, en philo, ont cette tendance bizarre à se renforcer mutuellement ! Et pourtant, il y a bien des choses à gagner d’une fréquentation assidue de son œuvre. Compagnon singulier, la lecture de ses œuvres peut changer une vie. Non sans audace, Nietzsche invite à être davantage que lecteur, davantage que spectateur d’une pensée qui se déploie. Il convie à une véritable immersion philosophique.

Plonger dans une œuvre philosophique demande en général une bienveillance initiale. Au moment où vous tenez un ouvrage entre les mains, vous avez déjà fait un grand pas. Chez Nietzsche, « plonger » est une expression qui peut quasiment être prise au sens littéral : sous sa plume, c’est dans l’existence que l’on saute à pieds joints, dans ses recoins, ses zones d’ombres, ce qu’elle a de radical, de subtil et de délicat.

Source : Masselot, Nathanaël, Agir et penser comme Nietzsche, Avant-propos, pp. 11-12.


La recommandation au Chapitre 4 – Nietzsche versus les philosophes, a rejoint mes attentes :


OSEZ DOUTER !

N’ayez pas peur
de remettre en question
ce qui semble acquis.


J’espère de la philosophie et de chaque philosophe qu’il invite au doute, à la remise en question de toute vérité :


Selon, Nietzsche, les philosophes sont aveugles lorsqu’il s’agit de reconnaître la vérité, c’est d’abord leur vérité, c’est-à-dire le fruit de leur interprétation. Ils estiment être des esprits libres alors qu’ils croient encore en la vérité.

Source : Masselot, Nathanaël, Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël, Chapitre 4 – Nietzsche versus les philosophes, p.49.


J’ai une affirmation simple que je ne me lasse pas de répéter : «Il ne faut pas prendre pour vrai ce que nous pensons uniquement parce que nous le pensons».

On retrouve une explication que je qualifie de philosophique au cœur d’un livre sur le marketing:

Traduction libre

« Nous aimons croire que nous sommes objectifs, que nous sommes intéressés par l’information objective. En fait, à moins qu’une personne devienne subjective au sujet d’une information objective, elle ne s’y intéressera pas et elle ne sera pas motivée par cette information. Nous disons juger objectivement, mais en réalité nous réagissons subjectivement.

Nous faisons continuellement des choix dans notre vie quotidienne. Nous choisissons des « choses » qui nous apparaissent subjectivement, mais nous considérons nos choix comme étant objectifs. »

Texte original

« We like to believe that we are ob-jective, that we are interested in objective information. Actually, unless one becomes subjective about a new objective information, he is not interested in it and is not motivated by it.

We say we judge objectively, but actually we react subjectively. We continually make choices in daily life. We choose the « things » which appeal to us subjectively, but we consider the choices objective. »

Cheskin, Louis, Basis For marketing Decision, Liveright, New York, 1961, p. 82.

On peut s’étonner de telles affirmations dans un livre sur le marketing mais l’auteur et chercheur américain Louis Cheskin (1907-1981) n’avait pas le choix puisqu’il traitait des BASES pour prendre une décision en marketing à la lumière de ses expériences avec ses clients. Et j’ai vécu les mêmes expériences avec les clients de ma firme de recherche en marketing dans les années 1990. On peut toujours donner au client ce qu’il demande même si nous savons que ce qu’il demande n’est pas ce dont il a besoin. Pour éviter cette approche et être un honnête conseiller, il faut amener le client à désirer ce dont il a vraiment besoin. Pour y parvenir, il faut aider le client à comprendre que nous sommes tous subjectifs même si nous croyons tous être objectifs. Bref, il faut philosopher avec le client au sujet de la vérité de ce qu’il pense et doute nécessaire pour être critique face à cette soi-disant vérité qui n’est qu’en réalité qu’une simple interprétation.

Et c’est bien ce à quoi revient Nathanaël Masselot en référence à Nietzsche : « les philosophes sont aveugles lorsqu’il s’agit de reconnaître la vérité, c’est d’abord leur vérité, c’est-à-dire le fruit de leur interprétation ».

À mon humble avis, la caractéristique principale de l’interprétation est d’être sous influence de la culture personnelle de l’individu, de la culture environnante de cet individu, de son éducation et de son instruction, de la société et de la nation où il vit et/ou d’où il provient… de son schéma de référence inconscient et des réactions involontaires acquises au fil des jours. Une interprétation, même en toute logique et vraisemblable, n’est pas une vérité. Interpréter, c’est donner un sens à la vérité perçue. Encore faut-il reconnaître que notre perception n’est peut-être pas juste, conforme à la réalité. Nous parlerons de la réalité plus tard, si jamais elle peut échapper au défaut ou biais de nos perceptions.

De là, il n’y a qu’un petit pas à franchir pour aborder la question de l’esprit libre. Nathanaël Masselot écrit au Chapitre 13 – Nietzsche est un esprit libre :

L’esprit libre est une faculté directement liée aux qualités du philosophe tel que le dépeint Nietzsche : être capable d’un détachement, d’une indépendance à l’égard des habitudes, et de toute valeur qui serait déjà pétrifiée de jugements. La libération de l’esprit prend alors la forme de retrouvaille avec l’inimité du soi. À l’écoute immédiate de soi-même. le philosophe se surprend peut à peu, et chaque jour davantage, de sa propre singularité, c’est-à-dire de sa non-conformité avec le brouillard ambiant des fantômes impersonnels, dépossédés de leur moelle individuelle, qui flottent en société.

De façon paradoxale, l’esprit libre du philosophe est profondément ancré : pleinement en lui, individu concret, et non cette abstraction vidée de son sang qu’on appelle « homme » et que Nietzsche caractérise poétiquement dans Aurore comme un fantôme d’ego perdu dans le brouillard d’opinions et d’habitudes qui s’accroît et vit presque indépendamment des hommes qu’il recouvre.

Source : Masselot, Nathanaël, Agir et penser comme Nietzsche, Chapitre 13 – Nietzsche est un esprit libre, p.119.

On peut donc affirmer que la philosophie implique nécessairement et obligatoirement un esprit libre de tout jugement, toute opinion, toute habitude et toute croyance. J’ai relevé un seul problème avec cette quête de liberté d’esprit. C’est le vide et la peur du vide engendrés par l’absence de tout jugement, toute opinion et toute habitude sur lesquels se fonde la vie intellectuelle et spirituelle de l’individu.

Parce que la liberté d’esprit s’acquiert par le délestage de ces fondements, la vie intellectuelle et spirituelle souffre d’un grave et profond inconfort, voire d’une dépression philosophique. Pour plusieurs, un esprit libre procède en substance de la liberté de jugement, d’opinion, d’habitude et de croyance et peu lui importe les influences. Plusieurs aussi éprouvent une peur bleue, souvent inconsciente, de se retrouver face à eux-mêmes en toute intimité.

De plus et à mon humble avis, la nature ayant horreur du vide, on ne tolèrera pas un esprit vidé de ses meubles et accessoires ne serait-ce qu’un seconde. Avant tout, une nouvelle attitude doit déloger l’attitude en place pour que s’opère cette retrouvaille avec l’intimité du soi. C’est d’un changement de comportement intellectuelle et émotionnelle dont nous parlons. Et tout changement est dépendant soit d’une révélation ou d’un traumatisme, les deux moments où nous offrons le moins de résistance.

Comment faire ?

Parce qu’il n’y croit plus — ni à l’«homme», ni à la vérité, ni aux valeurs —, ou plutôt, parce qu’il ne croît plus en leur caractère absolu, le philosophe qu’est Nietzsche ne s’affirme pas en niant autrui : il s’autodétermine, s’affranchissant des attentes ou des conventions sociales, exerçant sa liberté par excellence. Spontanéité, volonté, détachement, indépendance, telles sont les principales caractéristiques d’un esprit libre. Sans trop d’illusions, il s’efforce d’aller au-devant. Libre, mais peut être aussi seul ? Prenant le large pour se refaire une santé, se sentir proche des éléments naturels plutôt que des constructions intellectuelles, des sédimentations spirituelles, c’est en solitaire que le philosophe prend la mer. Mais contrairement à l’image du philosophe retranché dans sa caverne à l’instar de Zarathoustra, la métaphore de la mer employée dans le Gai savoir illustre le courage de savoir s’exposer à ce qui n’est pas connu, tout comme celle de l’explorateur également utilisée par Nietzsche parfois.

Partir libres, pour mieux revenir, suggère Nietzsche, et fort.e.s d’un regard nouveau qui nous aura libéré.e.s de l’attachement aveugle et servile aux valeur d’un quotidien révolu, nous parviendrons alors à créer du neuf.

Source : Masselot, Nathanaël, Agir et penser comme Nietzsche, Chapitre 13 – Nietzsche est un esprit libre, pp. 119-120.

Ce n’est rien de moins que la quête intime du bonheur de penser qui seul permet la solitude créatrice préalable au partage.

La lecture du livre de Nathanaël Masselot, Agir et penser comme Nietzsche, donne naissance à de nombreuses réflexions personnelles, de là qu’il rencontre les objectifs de l’auteur.


Le contenu du livre m’a beaucoup plus.

Je l’ai dévoré.

Je vous en recommande la lecture.

* * * * *


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Page d’accueil du dossier

Articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

Article # 19 : S’aider soi-même – Une psychothérapie par la raison, Lucien Auger, Les Éditions de l’Homme

J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.

Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 21 – Agir et penser comme Nietzsche, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.

Article # 22 – La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allones, Seuil

Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.

Article # 23 – Pour une philothérapie balisée

Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.

Article # 24 – Comment nous pensons, John Dewey, Les empêcheurs de penser en rond / Seuil

Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »

Article # 25 – Une philothérapie libre axée sur nos besoins et nos croyances avec Patrick Sorrel

Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.

Article # 26 – Une pratique philosophique sans cœur

J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 28 – La pratique philosophique – Une méthode contemporaine pour mettre la sagesse au service de votre bien-être, Jérôme Lecoq, Eyrolles, 2014

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».

Article # 29 – Je sais parce que je connais

Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».

Article # 30 – Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.

Article # 31 – La confiance en soi – Une philosophie, Charles Pépin, Allary Éditions, 2018

Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.

Article # 32 – Les émotions en philothérapie

J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.

Article # 33 – Chanson « Le voyage » par Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre… bref, omnicréateur québécois

Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer

Article # 34 – « Ah ! Là je comprends » ou quand la pensée se fait révélation

Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.

Article # 35 – La lumière entre par les failles

Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».

Article # 36 – Les biais cognitifs et la philothérapie

Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.

Article # 37 – L’impossible pleine conscience

Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.

Article # 38 – Verbalisation à outrance : «Je ne suis pas la poubelle de tes pensées instantanées.»

Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».

Article # 39 – Comment dialoguer de manière constructive ? par Julien Lecomte, Philosophie, médias et société

Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.

Article # 40 – Le récit d’initiation en spirale

Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.

Article # 41 – La philothérapie – Un état des lieux par Serge-André Guay, Observatoire québécois de la philothérapie

Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.

Article # 42 – L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, Odile Jacob, 1995

J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.

Article # 43 – Éloge de la pratique philosophique, Sophie Geoffrion, Éditions Uppr, 2018

Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 45 – Sentir et savoir – Une nouvelle théorie de la conscience, Antonio Damasio, Éditions Odile Jacob

Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.

Article # 46 – Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Robert Redeker, Editions Pleins Feux, 2007

Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.

Article # 47 – Savoir se taire, savoir parler, Dr Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana, InterÉditions, 2017

La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.

Article # 48 – Penser sa vie – Une introduction à la philosophie, Fernando Savater, Éditions du Seuil, 2000

Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.

Article # 49 – Pourquoi avons-nous des couleurs de peau et des physiques si différents ?

À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…

Article # 50 – Extrait du mémoire de maîtrise «Formation de l’esprit critique et société de consommation» par Stéphanie Déziel

Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.

Article # 51 – « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. » Bertrand Russell

Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.

Article # 52 – Socrate et la formation de l’esprit critique par Stéphanie Déziel

Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.

Article # 53 – J’ai un problème avec la vérité

Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».

Article # 54 – Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs, Iaria Gaspard, Presses Universitaires de France, 2022

J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.

Article # 56 – Philosophie, science, savoir, connaissance

La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.

Article # 57 – La philosophie encore et toujours prisonnière de son passé ?

La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.

Article # 58 – Le Québec, un désert philosophique

Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.

Article # 59 – La naissance du savoir – Dans la tête des grands scientifiques, Nicolas Martin, Éditions Les Arènes, 2023.

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.

Article # 60 – Pourquoi est-il impossible d’atteindre l’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique ?

Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.

Article # 61 – Le commerce extrême de la philosophie avec les « philopreneurs »

En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR


Serge-André Guay, auteur et président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Conférence Nuit de la philosophie 2021

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LA NUIT DE LA PHILOSOPHIE DE MONTRÉAL

18 novembre 2021

CONFÉRENCE

La philothérapie ? Quand la philosophie nous aide

Dans le cadre de l’édition 2021 de la NUIT DE LA PHILOSOPHIE DE MONTRÉAL, Serge-André Guay, président éditeur de la Fondation littéraire Fleur de Lys prononcera une conférence sous le thème de la philothérapie en passant en revue seize livres consacrés au sujet.

Révélée au grand jour par la publication en l’an 2000 du livre «Platon, pas Prozac ! La philosophie comme remède» signé par le philosophe montréalais Lou Marinoff, la philothérapie connaît un essor remarquable.

L’idée de consulter un philosophe intéresse de plus en plus de gens en quête de nouvelles réponses à leurs problèmes. Des cabinets de consultation philosophique ouvrent leurs portes un peu partout dans le monde, notamment en Europe et aux États-unis.

La démarche du philosophe consultant ou praticien auprès de la population commence très souvent par la publication d’un livre. Captivé par le sujet, Serge-André Guay a inscrit à son programme de lecture seize de ces ouvrages. Il livrera autant de comptes-rendus lors de sa conférence.

Lieu : Le Cornélien, 6692 rue St-Denis, Montréal QC. H2S 2R9
Début : 19h30
Durée : 60 minutes
Entrée : Gratuit
Audience : Tout public
Réservation : https://www.eventbrite.ca/e/billets-la-philotherapie-ou-quand-la-philosophie-nous-aide-188010774287

Télécharger les notes de la conférence (PDF)


Proposition de conférences

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Proposition de conférences

Conférence # 1

La philothérapie ou quand la philosophie nous aide

Conférence # 2

J’aime penser – Comment prendre plaisir à penser dans un monde ou tout un chacun se donne raison

Conférence # 3

La lumière entre par les failles


Conférencier : Serge-André Guay

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys.
Auteur de J’aime penser ou Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison.
Curriculum vitae en ligne : https://philotherapie.ca/2022/03/01/a-propos/


Coordonnées du conférencier

Adresse civique : 31, rue St-Joseph, Lévis, Québec, Canada. G6V 1A8
Téléphone : 581-988-7146
Courriel : info@philotherapie.ca
Site web : https://philotherapie.ca/
Dossier philo en ligne : https://philotherapie.ca/2020/10/06/dossier-philotherapie-quand-la-philosophie-nous-aide/


Durée (trois choix de conférence selon la durée)

45 minutes (conférence : 30 minutes. Période de questions : 15 minutes)
90 minutes (conférence : 60 minutes. Période de questions : 30 minutes)
120 minutes (conférence : 60 minutes. Période de questions : 60 minutes)

P.S.: La durée de la conférence varie selon le nombre d’extraits de chaque livre présentés à l’auditoire (le tout dans le respect des droits d’auteur).


Matériel électronique nécessaire

Projecteur compatible PC
Entrée USB et/ou clé USB
Écran de projection


Coût d’achat de la conférence

350.00$ + frais de déplacement et, s’il y a lieu, d’hébergement.


Notes de la conférence

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Télécharger gratuitement les Notes de la conférence

« La philothérapie ou quand la philosophie nous aide »

Voici le lien de téléchargement du fichier PDF des Notes de la conférence « La philothérapie ou quand la philosophie nous aide » – PDF


Les notes


Il s’agit des notes de ma toute première conférence en 2021 dans le cadre de la Journée mondiale de philosophie de Montréal.

La conférence évolue au fil de mes lectures et de mes réflexions.


Courte histoire de la philothérapie

La référence à Socrate et à Platon est omniprésente dans le domaine de la consultation philosophique. On parle alors de dialectique, une méthode de discussion, de raisonnement, de questionnement et d’interprétation (méthode aussi appelée maïeutique).

Cette affirmation faite, passons à l’histoire contemporaine de la philosophie pratique.

En 1981, le philosophe allemand Dr. Gerd B. Achenbach a été le premier à ouvrir une pratique philosophique. Dans son bureau, Achenbach a commencé à recevoir ceux qui cherchaient un certain type de conseils. Certains de ses clients avaient déjà essayé tout ce que la société d’aujourd’hui offre pour soulager les angoisses, les souffrances et les questions existentielles. Après le psychanalyste, le gourou, l’astrologue et l’atelier New Age, ils sont venus chercher de l’aide à la praxis d’un sceptique à l’écoute sympathique. L’objectif d’Achenbach est d’offrir au public une alternative à la psychothérapie, mais pas une thérapie alternative. Il déclare explicitement que la pratique philosophique n’est pas du tout une thérapie. Les diagnostics cliniques et le traitement, à l’instar du paradigme médical de la thérapie, sont absents de l’approche d’Achenbach ; même ainsi, le conseil philosophique peut également avoir des résultats thérapeutiques.

En 1982, il fonde la Société pour la pratique philosophique qui deviendra la Société internationale pour la pratique philosophique.

Achenbach résiste à transformer son idée de pratique en méthode et préfère garder le style de conversation indéterminé et ouvert. Néanmoins, on peut présenter des descriptions, des « signaux routiers », qui donnent des directions à d’autres philosophes visant à imiter ses conseils efficaces et responsables à des personnes en quête de sens ou de solutions dans des situations problématiques. Parmi ces panneaux de signalisation, les quatre principaux sont les suivants :

  1. La communication sincère entre le praticien philosophique et le visiteur, basée sur une méthode « au-delà de la méthode ».
  2. L’importance du dialogue, comme ce qui anime et découle de l’être.
  3.  » Aménagement  » — une recherche d’explications — dans laquelle le praticien s’unit au problème, non pas en donnant sa propre compréhension de celui-ci, mais en donnant au visiteur une nouvelle impulsion pour s’expliquer.
  4. La composante innovante du dialogue, l’élément d’émerveillement dans la pratique philosophique, qui ne permet pas des points de vue fixes, des attitudes standard ou des solutions permanentes.

Des philosophes inspirés par son exemple ont ouvert des bureaux au Canada, Pays-Bas, Norvège, Autriche, Suisse et Israël. Aujourd’hui, la pratique philosophique est un mouvement international.

Marc Sautet est considéré comme le premier conseiller philosophique français.

Aux Etats-Unis, Ran Lahav, doctorant en philosophie, commence à pratiquer le conseil philosophique en 1992.

En 1994, Ran Lahav et Lou Marinoff organisent la première conférence internationale sur le conseil philosophique.

Parlant de Lou Marinoff, un montréalais d’origine, il est aujourd’hui le plus connu et le plus populaire des philosophes praticiens dans le monde. Il a étudié la physique théorique à l’Université Concordia et à l’Université McGill avant d’obtenir un doctorat en philosophie des sciences à l’University College London.

En 1998, il a cofondé l’American Philosophical Practitioners Association.

En 1999, paraît son livre intitulé « Platon pas Prozac ! ? Appliquer la philosophie aux problèmes quotidiens ». Ce livre connaît un succès de vente mondiale; il est traduit en 27 langues. Lou Marinoff est un vulgarisateur hors pair.

Philothérapie et consultation philosophique

Le philosophe allemand Dr. Achenbach parle de « pratique philosophique » et de « conseil philosophique ».

En France, au début des années 2000, on parlait de « philothérapie » par opposition à « psychothérapie ». À mon avis, il s’agissait là de se positionner avec une appellation en lien direct avec les références de la population et des clients éventuels.

Il y a un débat portant sur l’usage du mot « thérapie », un usage parfois réglementé par les gouvernements ou les Ordres professionnelles, et chasse gardée de la psychologie. L’expression « consultation philosophique » a donc été préférée à « philothérapie » pour faire taire les critiques. Il n’en demeure pas moins que bon nombre de philosophes reconnaissent l’aspect thérapeutique de la philosophie.

Aussi, on parle désormais de philosophes consultants, de philosophes praticiens et même de philosophes cliniciens.


1. Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, 2019

Extrait – Introduction – La philothérapie, une nouvelle méthode : Aussi étonnant que cela puisse paraître, nous manquons cruellement d’un dispositif spécifique qui aborderait les questions de notre existence. Les possibilités quasi infinies qui nous sont proposées (développement personnel, thérapie, coaching…) nous laissent souvent dans l’embarras (quant au choix), sinon perplexes (devant leur nombre). En nous tournant du côté de la psychologie, des médecines alternatives, des activités fondées sur la découverte et la gestion des énergies, nous abordons des dispositifs qui, en effet, ont bien quelque chose à voir avec ce qui nous préoccupe. Mais en se focalisant sur la conscience, les mécanismes et la chimie de notre corps, ou encore la part de mystères qui entourent notre énergie vitale, ces disciplines s’interdisent de remonter à la source de l’objet fondamental qui motive leur investigation, et qui se trouve être également la raison pour laquelle nous faisons en vain appel à elles : l’existence elle-même.

Le contenu du livre m’a beaucoup plus.
Je l’ai dévoré.
Je vous en recommande la lecture.
Je lui accorde 5 étoiles sur 5


2. Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophique : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie, Jean-Eudes Arnoux, 2013, Éditions Favre

Extrait – Chapitre 3 – Définition de la consultation philosophique : La consultation philosophique et la psychothérapie sont deux pratiques qui ne se confondent pas, au même titre que la psychologie et la philosophie qui sont deux discours différents sur l’homme. La psychologie – en dépit de son problème d’unité – développe un discours sur l’homme à partir d’un domaine spécifique de son identité : son psychisme dans sa dimension mentale et affective. La philosophie – en dépit aussi du problème de son unité – est un discours qui aborde le sujet de l’homme dans sa totalité. La réflexion philosophique traite de l’homme selon la perspective de l’existence. La question qu’elle pose : que-ce qu’être un homme ? Quelle est la condition de l’homme ? Socrate inaugure d’emblée une question bien spécifique. Dans le « Connais-toi toi-même », l’appel à cette connaissance n’est pas de nature introspective au sens psychologique. (…)

Le contenu du livre m’a plus.
Je l’ai lu avec joie.
Je vous en recommande la lecture.
Je lui accorde 4 étoiles sur 5


3. Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, 2015, Éditions Marabout

Extrait

(…) La consultation philosophique partage avec la psychanalyse l’objectif d’une meilleur connaissance de soi. Elle en diffère toutefois sur trois points essentiels :

1. elle ne prétend pas accéder à l’inconscient et ne travaille que sur des pensées conscientes;

2. Elle ne s’élabore pas sur une parole libre et sans retenue, mais sur des réponses à des questions précises, voire binaires, posée par le philosophe consultant;

3. elle utilise les compétences* philosophiques que sont l’analyse, la synthèse, l’argumentation, la mise à jour des présupposés, la problématisation et la conceptualisation.

Le contenu du livre m’a beaucoup plus.
Je l’ai lu avec un grand intérêt.
Je vous en recommande la lecture.
Je lui accorde cinq étoiles sur cinq


4. La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris, 2010, Eyrolles

Extrait : Considérant son interlocuteur comme son frère en condition humaine, le consultant philosophe ne reste pas en retrait. Contrairement au psychanalyste qui se tait pour laisser parler l’inconscient de l’analysant, le philosophe consultant parle de lui dès lors que son expérience peut servir de miroir ou de piste. Contrairement au psychothérapeute qui utilise des tests pour mieux cerner la personnalité de l’autre, le consultant philosophe se fonde sur le seul échange pour permettre à l’autre de mieux se connaître. Libre de toute contrainte technique prédéfinie, se méfiant de tout protocole et de toute procédure, le consultant philosophe respecte seulement quelques règles de méthode : exigence de clarté, ouverture à la remise en question, confrontation avec soi à travers une communication authentique avec l’autre, réciprocité.

Ce livre se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ». Il suffit de lire pour comprendre tellement les propos de l’auteure se caractérisent par une clarté et une précision sans pareilles. Ils nous renseigne sur tous les aspects de la consultation philosophique; voilà un essai complet. Aucune ombre inutile embarrasse le lecteur et même là où le bénéfice du doute s’applique l’auteure fait toute la lumière. Chaque page de cet ouvrage a ravi pour ne pas dire exalté mon esprit. Apprendre et comprendre peuvent aussi nous donner des émotions fortes. Oh ! Comme je suis heureux de ma lecture ce livre.

Le contenu du livre m’a beaucoup plus.
Je l’ai lu avec un grand intérêt.
Je vous en recommande la lecture.
Je lui accorde cinq étoiles sur cinq


5. Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, 2020, Presses universitaires de France

Extrait : Vivre, se sentir vivant, exister ici et maintenant, tel serait, à en croire certains, le secret du bonheur. Comme si la vie était un cadeau ; comme si le moment présent n’était que magie et poésie. Pour tous ceux qui vivent d’amour et d’eau fraîche, de vacances et de loisirs, dans le luxe, le calme et la volupté, il en va sans doute ainsi. Cependant, pour la majorité d’entre nous, vivre n’est pas un cadeau, mais une série de contraintes, de figures et d’horaires imposés.

Extrait : Une des grandes leçons de la philosophie, son officine, sa pharmacie est de nous enseigner que, si nous ne sommes pas maîtres du « destin », nous le sommes de nous-mêmes, et de la façon dont nous accueillons ce qui survient.

Au sujet de l’attitude proposée au malade au sein de la société

Extrait : Il faut se battre, ne pas se laisser aller, garder le moral : le malade doit se transformer en soldat, la défaite est impensable, et la résilience obligatoire. Il faut lutter contre cet ennemi intérieur qu’est la maladie. Il s’agit d’une épreuve et, comme toute épreuve, elle a ses vainqueurs et ses champions. Le malade doit être un battant. (…) Continuer à vivre malgré tout est déjà largement suffisant. Ces discours guerriers visent sans doute à donner du sens à ce qui n’en a pas, à trouver des raisons, de origines, des causes, de buts et de scores , là où ne règne que la présence injustifiée de la maladie. (…)

Le contenu du livre m’a beaucoup plus.
Je l’ai lu avec un grand intérêt.
Je vous en recommande la lecture.
Je lui accorde cinq étoiles sur cinq

6. Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel, Nicolas Marquis, 2014, Presses universitaires de France, Prix du journal Le Monde de la recherche universitaire

Extrait – Présentation en quatrième de couverture : Des ouvrages qui prétendent nous aider dans notre développement personnel, à « être nous-mêmes » ou à « bien communiquer », et des individus qui déclarent que ces lectures ont « changé leur vie » : voilà la source de l’étonnement dont ce livre est le résultat. Comment comprendre ce phénomène ? Comment est-il possible que tant de personnes puissent trouver du sens au monde si particulier du « développement personnel », au point d’en ressentir des effets concrets ?

Ce livre est en partie une histoire critique de la recherche sociologique dans le domaine du développement personnel, ce qui n’a aucun intérêt pour le commun des mortels.

L’éditeur vante l’apport unique de l’auteur dans l’étude sociologique du dévelop¬pement personnel : « En procédant à la première enquête sur les lecteurs, il montre en quoi le développement personnel est l’une des institutions les plus frappantes des sociétés individualistes : son succès permet de comprendre les façons dont nous donnons, au quotidien, du sens à notre existence. »

Il faut attendre au cinquième chapitre pour plonger dans cette enquête qui, j’insiste, se limite à des observations ou, si vous préférez à une cueillette de données sans aucun traitement digne d’une science, même inexacte.

Je n’ai pas aimé le contenu du livre.
Je l’ai lu sans intérêt.
Je ne vous en recommande pas la lecture.
Je lui accorde une seule étoile sur cinq


7. Happycratie – Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

Extrait : Si le présent ouvrage apporte une contribution à l’actuel débat, très vivace, sur le bonheur, c’est en vertu de sa perspective sociologique critique. Nous nous sommes appuyés ici sur les travaux que nous avons précédemment menés –des travaux consacrés aux émotions, au néolibéralisme et à la culture thérapeutique –, en creusant certaines idées déjà exposées ailleurs et en en introduisant de nouvelles, notamment quant aux rapports entre la poursuite du bonheur et les modalités d’exercice du pouvoir dans les sociétés capitalistes néolibérales. Le terme « happycratie », que nous avons forgé, souligne la visée principale de ce livre, qui s’attache avant tout à montrer comment, à l’ère du bonheur, sont apparus, de concert avec une nouvelle notion de la citoyenneté, de nouvelles stratégies coercitives, de nouvelles décisions politiques, de nouveaux styles de management, de nouvelles obsessions individuelles et hiérarchies émotionnelles.

Extrait : Disons-le franchement, la science du bonheur est une pseudoscience, dont les postulats et la logique se révèlent tout à fait défectueux. Le philosophe pragmatiste Charles Peirce a dit un jour qu’une chaîne de raisonnement n’est pas plus solide que son lien le plus faible ; de fait, la science du bonheur s’appuie sur de nombreux postulats sans fondement, sur des incohérences théoriques, des insuffisances méthodologiques, des résultats non prouvés et des généralisations ethnocentriques et abusives. Tout cela interdit d’accepter de manière non critique ce que cette science affirme en se réclamant de la vérité et de l’objectivité.

Extrait : La forteresse intérieure n’est pas l’endroit où nous voulons construire notre vie. Nous ne voulons pas vivre dans l’obsession égocentrique de l’amélioration de soi, qui n’est qu’une façon de se discipliner à outrance, de se censurer. L’idée d’une meilleure version de nous-mêmes à laquelle il s’agirait de parvenir n’est que chimère et faux-semblant, et nous n’entendons pas nous épuiser à la poursuivre. Nous refusons de nous retrouver prisonniers de postulats prétendant que l’amélioration de la société ne passerait que par l’amélioration des individus. (…)

Le contenu du livre m’a beaucoup plus.
Je l’ai lu avec un grand intérêt.
Je vous en recommande la lecture.
Je luis accorde cinq étoiles sur cinq


8. La consultation philosophique, Oscar Brenifier, 2020, Éditions Alcofribas

Extrait : Le cabinet de philosophie – Comme dans toute activité philosophique, l’entretien privé évitera de se cantonner à la narration d’événements vécus, à l’énumération d’impressions et de sentiments personnels, ainsi qu’aux associations d’idées. Non pas que ces types d’échanges soient en eux-mêmes dépourvus d’intérêt, mais simplement parce que la philosophie, comme toute activité, est dotée d’exigences propres. Elle exige avant tout l’analyse, la délibération et la construction d’une pensée. Pour ce faire, trois composantes nous semblent indispensables, à divers et variables degrés.

  1. L’identification, qui consiste à devenir conscient de ses propres idées et des présupposés qu’ils contiennent implicitement.
  2. La critique, qui consiste à envisager les objections que l’on pourrait formuler à l’encontre des propositions initiales.
  3. La conceptualisation, qui consiste à émettre de nouvelles idées capables de prendre en charge les problématiques ayant pu émerger au cours de ce processus analytique.

Bien entendu, cela suppose une indispensable capacité de distanciation face à soi-même, identique en réalité à celle exigée lors de toute discussion digne de ce nom. Exigence plus laborieuse qu’on ne le pense souvent. Mais il est clair que la pratique de la philosophie implique de pouvoir agir au niveau du conscient et de pouvoir raisonner sur soi, ce qui n’est pas donné immédiatement à tous, en particulier lorsque des processus pathologiques récurrents parasitent le fonctionnement de l’esprit individuel.

Le contenu du livre m’a beaucoup plus.
Je l’ai lu avec un grand intérêt.
Je vous en recommande la lecture.
Je lui accorde quatre étoiles sur cinq


9. La philo-thérapie, Éric Suárez, 2007, Éditions Eyrolles

Extrait : Lorsque Antoine, 35 ans, entre dans mon cabinet, je me rends bien compte qu’il a déjà une idée bien déterminée de ce qui l’a poussé à s’adresser à un consultant en philosophie. Son problème est clair, d’autant plus qu’il est partagé par de très nombreuses personnes de sa tranche d’âge, oscillant entre la volonté de construire un couple avec tout ce qu’il comprend et l’incertitude qu’il puisse perdurer dans le temps. Vivant avec la même compagne depuis onze ans, il s’interroge sur la capacité humaine à aimer la même personne durant toute sa vie. Je remarque immédiatement une véritable angoisse face à ce questionnement, une peur peut-être de « perdre son temps » en compromis sans savoir s’ils serviront réellement à quelque chose. / Si nous trouvons tous un intérêt à vivre en couple – à le rechercher sans relâche, à y rêver et à faire notre possible pour le conserver lorsque nous y avons accès –, l’intérêt n’a pas toujours été le même selon l’époque et selon le lieu. Qui n’a jamais entendu une grand-mère légitimer le fait qu’une fille choisisse un garçon sur le seul critère que celui-ci soit travailleur ? Les couples fondant leur existence sur une sécurité matérielle établissent d’emblée un contrat selon lequel chacun des protagonistes est gagnant et apporte à l’autre ce dont il manque. Les échanges sont clairs et confortent l’union dans un rapport de sécurité au sein d’un monde plein de dangers concernant l’intégrité physique de l’individu. Aujourd’hui, et dans nos pays riches, les besoins ne sont plus les mêmes. Les femmes comme les hommes ont gagné en indépendance et peuvent vivre en célibataires tout en subvenant à leurs besoins les plus primaires. Dans ce nouveau cadre, nous attendons tous de l’amour autre chose qu’une aisance matérielle. L’individualisme, c’est-à-dire cette propension qu’a l’homme moderne à pouvoir et à vouloir exprimer ce qu’il est au plus profond de lui, semble plus difficilement compatible aujourd’hui qu’hier avec une vie de couple entendue pour la vie.

Le contenu du livre m’a beaucoup plus.
Je l’ai lu avec un grand intérêt.
Je vous en recommande la lecture.
Je lui accorde cinq étoiles sur cinq


10. Comment choisir son philosophe ? – Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme, 2000, Avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte

Extrait : Or, nous avançons l’idée que, comme LA femme, LE bonheur, LA peinture, LA philosophie n’existe pas. En revanche, il existe des femmes, peut-être ; des tableaux à profusion, sûrement ; des moments moins calamiteux que d’autres, sans doute ; et pléthore de philosophes, c’est un fait. Par conséquent, nous ne philosopherons pas avec la philosophie mais avec des philosophes.


11. La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, 2001, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel

Extrait : Je veux dire, donc, que le discours philosophique doit être compris dans la perspective du mode de vie dont il est à la fois le moyen et l’expression et, en conséquence, que la philosophie est bien avant tout une manière de vivre, mais qui est étroitement liée au discours philosophique. Hadot, Qu’est-ce que la philosophie antique? 19

Extrait : Dans l’Antiquité, la philosophie est donc essentiellement dialogue, plutôt que relation vivante entre des personnes, que rapport abstrait à des idées. Elle vise à former, plutôt qu’à informer, pour reprendre l’excellente formule de Victor Goldschmidt, employée par lui à propos des dialogues de Platon. p. 97

Extrait : La manière de vivre philosophique, c’est tout simplement le comportement du philosophe dans la vie quotidienne. p. 159

Le contenu du livre ne m’a pas satisfait.
Je l’ai lu sans grand intérêt.
Je vous en recommande tout de même la lecture.
Je lui accorde 2½ étoiles sur cinq


12. La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif, 2021, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita

Extrait : PHILOSOPHER OU VIVRE AVEC PHILOSOPHIE – Ainsi s’agissait-il moins de philosopher que de vivre avec philosophie. Il n’y avait pas de philosophie sans vie philosophique. On reconnaissait un philosophe à sa façon de se conduire conformément à une éthique de l’existence. Comme le dit Plutarque, « c’est la pratique de vie quotidienne de Socrate qui est sa vraie philosophie ». Que s’est-il passé pour que la philosophie, d’abord amour de la sagesse, se soit réduite à un pur exercice de pensée et de langage qui n’incite plus à vivre sagement, qui ne guide plus nos vies pour qu’elles soient meilleures ? / Pierre Hadot nous explique l’histoire de la rupture entre la vie philosophique et le discours philosophique. / « Avec le Moyen Âge, on assiste à une séparation radicale du mode de vie philosophique (qui fait partie désormais de la spiritualité chrétienne), et du discours philosophique, qui devient un simple outil théorique au service de la théologie (…). La philosophie se réfugie dans les universités où il ne s’agit plus, comme dans l’Antiquité, de former des hommes, mais des professeurs qui formeront à leur tour d’autres professeurs. »

Le contenu du livre ne m’a pas satisfait.
Je l’ai lu sans grand intérêt.
Je vous en recommande tout de même la lecture.
Je lui accorde 3½ étoiles sur cinq


13. Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ? Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2021

Extrait : Pour le résumé brièvement, dans les soi-disant dialogues aporétiques de Platon notamment, mais pas exclusivement, on découvre un Socrate très amical, qui s’intéresse à ses interlocuteurs et à leurs idées, au point d’en arriver à établir avec eux une relation amicale et à les encourager à énoncer des affirmations hardies parfois, et parfois même compromettantes. Mais que se passe-t-il ensuite ? Il advient à un moment donné, qui se révèle être le bon moment, Socrate soulève une perplexité — le plus souvent à partit d’un contre-exemple —, puis une autre et encore une autre, et ce faisant il commence à suivre et à développer ses propres idées et à réclamer de son interlocuteur qu’il soit disposé à lui répondre correctement, ce à quoi celui-ci ne parvient pas toujours. En sorte que, peu à peu, la cordialité des débuts s’évanouit, que Socrate durcit davantage ses positions, que l’espace apparemment ouvert aux idées de son interlocuteur se réduit comme peau de chagrin, que celui-ci ne se situe pas sur la même longueur d’onde, bref que les questions soulevées par Socrate se révèle cacher des complexités insoupçonnées et que l’interlocuteur finit par se sentir perdu, ou en tout cas mal à l’aise, au point que souvent il recule et finit par «jeter l’éponge». / Une telle manières de conduire l’entretient (celle qui constitue la deuxième partie de l’échange) a quelque chose d’asphyxiant (Il s’agit bien de quelque chose d’asphyxiant, j’y insiste, et non d’anesthésiant comme on l’a dit parfois. Voir sur ce point mon ouvrage: L. Rossetti, dialogue socratique, «Encre marine», Paris, Les Belles Lettres, 2011, p.241.), ce qui revient à dire que le dialogue, ainsi conduit, n’est que fort peu dialogique, n’est plus authentiquement dialogique ou, tout le moins, que se dessine une différence de taille entre l’attitude amicale du début de l’échange et les modalités passablement agressives dont je viens de parler. Le maître admirable semble se transformer en un maître peu soucieux d’égalité dans l’échange, un maître qui certes n’enseigne pas, mais qui enferme son interlocuteur dans une ou des difficultés que ce dernier n’est pas en mesure de surmonter, du moins pas immédiatement. Kohan observe finalement qui se Socrate procédait bien ainsi et qu’il conduisait ses entretiens de la sorte, ne faut-il pas à tout le moins en conclure que ledit Socrate fut un Janus bifrons, aussi admirable qu’insupportable ?

Extrait : Cette interprétation du rôle des émotions permet de penser la philosophie comme un mode de vie, comme une pratique visant à la transformation et à l’amélioration à la fois du philosophe et de son contexte de vie, grâce non seulement à des « outils pour penser » mais aussi à « outils pour ressentir ». (…) C’est pour ces raisons que j’expérimente depuis quelques années une forme spécifique de dialogue socratique, que je définis comme « intégrale ». Le dialogue socratique contemporain devrait assumer une vision intégrale de la pratique philosophique, selon laquelle les émotions ne sont pas seulement considérées comme l’antithèse de la rationalité mais comme des éléments constitutifs de l’être humain, travaillant constamment avec la raison dans les divers processus de recherche.

Le contenu du livre m’a plus.
Je l’ai lu avec un grand intérêt.
Je vous en recommande la lecture.
Je lui accorde 3½ étoiles sur cinq


14. La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, 2004 – La table ronde

Quatrième de couverture : « Lou Marinoff est un indispensable compagnon de voyage. Toujours enchanteur, toujours téméraire, c’est un éveilleur. » Paulo Coelho. / « Grâce à Lou Marinoff, la philosophie vient à votre aide. Une thérapie et une cure d’intelligence pour tous ceux et celles qui vont bien ou mal mais veulent vivre mieux. » Newsweek.

Comment puis-je connaître le bonheur? Vaincre le malaise? Être juste? Équilibrer la raison et la passion? Comment puis-je changer? Telles sont les questions qui agitent notre existence quotidienne. Telles sont aussi les questions auxquelles répondent les grands philosophes. Car la philosophie est avant tout une voie personnelle, une autre manière de vivre toutes nos expériences, les plus extraordinaires comme les plus banales. À travers des siècles de sagesse, avec Lou Marinoff, prenez Épicure, Descartes, Nietzsche, Freud et les autres comme conseillers. Grâce à des citations pertinentes, des commentaires éclairants, des cas concrets, des exercices pratiques, apprenez à vous redécouvrir, à vous reconstruire, à vous réaliser. Et à vous épanouir. Car, pour nous aussi, changer commence aujourd’hui.

Extrait : Mais si vous avez juste besoin de parler à quelqu’un de votre situation, afin de lui trouver un sens, ou de distinguer les multiples significations qu’elle revêt — en terme de valeur et de but — le philosophe pourrait bien, dans ce cas, être la personne qu’il vous faut. Dans le mondes Anciens, et tout au long de l’histoire, les philosophes ont été ouverts au traitement des maladies de l’existence; pourtant, dans le monde actuel, ils se montrent incroyablement inaccessibles, et peu concernés par ces problèmes. Il manque aux gens le type de conseil que le philosophe peut prodiguer, la diversité des perspectives qu’il peu proposer. Les dix dernières années, on a vu ainsi la philosophie pratique accomplir un retour impérieux. Des philosophes se sont affirmés en tant que consultant auprès de personnes privées, de groupes ou d’associations. Certains d’entre eux forment désormais des élèves à la philosophie pratique, en complément, du rôle de professeur qu’ils jouent à l’université ou au collège.

Le contenu du livre m’a beaucoup plus.
Je l’ai lu avec un grand intérêt.
Je vous en recommande la lecture.
Je lui accorde 5 étoiles sur cinq


Conclusion

  • Témoignage personnel

Période de questions


Vidéo

Vidéo de la conférence

LA NUIT DE LA PHILOSOPHIE DE MONTRÉAL

18 novembre 2021

Livre : J’aime penser (numérique gratuit)

c

J’AIME PENSER

Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison

SERGE-ANDRÉ GUAY
Essai et témoignage de gouvernance personnelle,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, Canada. 2020, 370 pages.
ISBN 2-89612-016-5 / 978-2-89612-016-1
Couverture souple couleur
Format 7 X 10 pouces
Reliure allemande

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PRÉSENTATION

La lumière entre par les failles

«J’avais seize ans lorsqu’on m’a dit : “Les gens qui se donnent toujours raison vivent dans un système sans faille. Or, c’est par les failles que la lumière entre.” L’affirmation ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd; elle m’allait comme un gant et je la répète depuis à qui veut bien l’entendre.

Voilà donc comment il faut voir les idées et les opinions des autres qui nous contredisent : comme des failles qui éclairent nos pensées et, possiblement, qui en révèlent les faiblesses. À partir de ce jour, je n’ai cessé de rechercher des idées meilleures que les miennes et, si possible, de les rendre encore meilleures. Quel plaisir j’ai à penser en exposant ainsi mon esprit aux idées de l’autre pour voir comment il va réagir, comment il va digérer et conclure.»

Serge-André Guay

LA NOUVELLE ÉDITION 2020

En ce mois de juillet 2020 ou vingt ans après la rédaction de cet essai-témoignage et maintenant âgé de 63 ans, je vous offre une édition augmentée dont la seule différence avec l’édition précédente est la mise à jour du chapitre La pensée imaginative.


TABLE DES MATIÈRES

Note aux lecteurs

Avant-propos

Introduction

Itinéraire

La pensée certaine

La pensée profonde

La pensée universelle

La pensée joyeuse

La pensée heureuse

La pensée malheureuse

La pensée empathique

La pensée différente

La pensée solitaire

La pensée initiatique

La pensée divine

La pensée imaginative

L’arrière-pensée

Notes

Au sujet de l’auteur

Du même auteur

Communiquer avec l’auteur

Index des poèmes

L’Homme de course
Tant d’années sur ses épaules
Lit
Je suis une bête sauvage
Les rats de société

TABLEAUX & ANNEXES

Les sept obstacles à surmonter pour acquérir un esprit scientifique selon Gaston Bachelard

Les styles interpersonnels selon Larry Wilson

Les stratégies de communicationavec les différents styles interpersonnels

Dominantes et sous-dominantesdes styles interpersonnels

Mon expérience des styles interpersonnels


EXTRAITS

Avant-propos

À tous les amoureux de la pensée pour qui le plaisir croît avec l’ouverture d’esprit

« J’avais seize ans lorsqu’on m’a dit : “Les gens qui se donnent toujours raison vivent dans un système sans faille. Or, c’est par les failles que la lumière entre.” L’affirmation ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd; elle m’allait comme un gant et je la répète depuis à qui veut bien l’entendre.

Voilà donc comment il faut voir les idées et les opinions des autres qui nous contredisent : comme des failles qui éclairent nos pensées et, possiblement, qui en révèlent les faiblesses. À partir de ce jour, je n’ai cessé de rechercher des idées meilleures que les miennes et, si possible, de les rendre encore meilleures. Quel plaisir j’ai à penser en exposant ainsi mon esprit aux idées des autres pour voir comment il va réagir, comment il va digérer et conclure. »

Nous commencerons par traiter de la certitude de la pensée ou de la pensée certaine. Nous verrons que la certitude, ce n’est pas avoir raison. Au contraire, la certitude vient du doute. En fait, le bénéfice du doute, c’est la certitude. J’expliquerai comment douter sans être inconfortable et instable, sans perdre votre force de conviction. Nous apprendrons comment ne pas nous enfermer dans un système sans faille et ainsi être privés de la lumière de la pensée des autres.

Nous traiterons aussi de la pensée profonde, philosophique. Dans ce livre, la philosophie est réduite à la science des profondeurs, elle sert à descendre aussi loin que l’exige la recherche de la cause première. Puisque la pensée est un univers vaste, infini, où nous pouvons approfondir tant que nous voulons sans jamais toucher le fond, nous verrons comment éviter de ne plus être capable de revenir à la surface, comment éviter de se perdre dans les profondeurs de sa pensée. Nous porterons aussi attention à la tentation de décrocher de la réalité et à la tentation de prendre ses pensées pour la seule réalité, tentations qui peuvent surprendre celui ou celle qui aime penser.

Nous aborderons la question de la pensée universelle, la pensée vraie pour tous les hommes, par opposition à la pensée personnelle, vraie que pour soi-même. Nous examinerons comment les penseurs de pensées universelles considèrent leur esprit comme celui de tous les hommes pour s’oublier eux-mêmes et ainsi pouvoir se mettre dans l’esprit d’une pensée compréhensible et partageable par tous les hommes. Ici, penser, c’est oublier le “ je ”. Tout un défi.

Nous jouerons à la pensée joyeuse ou drôle, la pensée qui nous surprend souvent en pleine concentration de ce que nous faisons le mieux, quand “ ça coule tout seul ” et qu’une impression intense de bien-être général nous envahit. Aussi, il n’est pas interdit d’apprendre à rire de soi-même et de ses problèmes. Qui sait quelle solution se cache derrière un rire à gorge déployée sortit tout droit d’une imagination débridée par l’ivresse des sommets de l’esprit? Et qui sait quel antidote à l’ennui ou à l’anxiété se dissimule dans le fou rire propagé à l’écho d’une grotte perdue dans la cité très ancienne des vapeurs de conscience?

De là, nous glisserons dans l’univers de la pensée heureuse. Nous tenterons de rattraper le bonheur par la pensée du bonheur de penser. La quête du bonheur intrigue la pensée, car chaque fois qu’elle s’en approche, à pas feutrés, pour l’observer, le bonheur, surpris, farouche, prend la fuite. Mais on ne court jamais plus vite que la pensée, même quand on est le bonheur. Ainsi, il n’y a pas mieux informé des déplacements du bonheur que la pensée. Elle a depuis longtemps constaté que le bonheur court tantôt à gauche, tantôt à droite, sans trop de logique, si ce n’est qu’il donne l’idée de fuir la réalité. Le bonheur est aveugle! Nous lui rendrons la vue pour qu’il apprivoise la réalité, donc, non pas par magie ou en nous illusionnant et, encore moins en masquant le malheur.

Inévitablement, la pensée malheureuse vient à l’esprit. S’il vous arrive, comme moi, de tomber dans le puits de la pensée malheureuse, nous nous aviserons de panser nos blessures avec des bandages d’idées soignantes et comment imposer le respect de nos réactions défensives, même les plus sauvages. Nous partirons à la rencontre des pensées les plus sombres, des pensées qui pleurent et des pensées qui meurent, découragées, désespérées. Nous trouverons tout de même dans ces pensées troublées la source de la pensée sereine, d’une paix à la fois pure et calme. C’est dans le noir que la lumière de l’esprit est la plus utile, fut-elle aussi faible que celle d’une étoile lointaine, et non pas sur une plage sous un soleil brillant. Il n’est pas question ici de la pensée positive, une lumière artificielle qui fait ombrage à la réalité du malheur en détournant notre attention de l’essentiel.

La pensée empathique est aussi obligatoirement au programme. Cette pensée-clé de l’univers d’autrui donne la possibilité de comprendre nos proches et le monde, de déceler le bonheur ou le malheur. C’est la pensée qui permet de faire don de soi à l’autre, d’aimer. Nous ne penserons pas à la place de l’autre, nous penserons avec lui. Nous le laisserons nous donner ses pensées puis nous nous efforcerons de les éclairer. Nous ne penserons pas à ce qu’il doit faire, nous l’aiderons à décider lui-même. Jamais l’autre n’aura ressenti la présence d’une pensée aussi intime de son esprit dans une expérience de communication interpersonnelle. Nous connaîtrons l’autre mieux que nous nous connaissons nous-mêmes et mieux qu’il se connaît lui-même.

Nous ne serons pas en reste puisque viendra ensuite la pensée qui permet de se connaître soi-même : la pensée différente. Nous serons définitivement forcés d’admettre que nous sommes très souvent mal placés pour nous connaître, quoiqu’on pense habituellement le contraire. La psychologie du Moi en prendra pour son rhume. Nous libérerons la pensée de l’esclavage de l’éternel chantier du travail forcé sur soi. Si notre pensée est différente, c’est toujours par rapport à celle d’un autre, jamais par rapport à soi-même. À la question “ Qui suis-je? ”, c’est l’autre qui a la réponse.

Privée de la pensée de l’autre, notre pensée devient solitaire. Nous enchaînerons donc avec la pensée solitaire, la pensée seule, seule avec elle-même. Comme je le dis souvent, toute pensée est comme le vin, elle doit mûrir un temps pour prendre de la valeur. Aussi, c’est d’abord dans la solitude que l’esprit prend le goût de penser et mûrit ce goût. Pleine de goût, une pensée donnera inévitablement le goût de penser. Autrement dit, la pensée acquiert dans la solitude la valeur d’être pensée par d’autres. Comme je dis souvent à celui qui verbalise ses pensées sans les réfléchir, l’autre n’est pas une poubelle de pensées avortées. Dans un monde où la pensée solitaire est insupportable à plusieurs, j’indiquerai comment meubler la solitude pour rendre la pensée seule plus confortable.

Aussi née dans le confort de la solitude, impossible d’oublier la pensée initiatique, celle qui découvre le sens caché des choses et qui se transmet dans la plus pure tradition orale. C’est la pensée racontée dans le secret des révélations de l’esprit. Nous traiterons du sens caché du monde, de la vie et des choses à la lumière du feu sacré de la pensée.

Rien de mieux pour terminer que la pensée divine, le commencement et la fin de toute pensée à la recherche d’une bonté divine infinie. La pensée cherche depuis le moment où elle a eu la ferme impression de ne pas être tout à fait chez soi ici-bas, en regardant les étoiles de la voûte céleste, un soir d’été, allongée dans un champ de blé sur la terre encore chaude. Debout, le blé montait à la hauteur de ses épaules; la pensée habitait un enfant, devenu introuvable par ses camarades d’une partie de cache-cache. Cette pensée ne quittera plus jamais cet enfant. Était-ce la mémoire d’un ailleurs, un souvenir du Paradis à l’éveil de la pensée? Vous avez deviné, cet enfant, c’était moi. L’expérience de la révélation ne me laissera pas sur cette première et vague impression d’un monde meilleur. Aussi, nous distinguerons très nettement la pensée religieuse de la pensée divine. La première demeure humaine, de la tête aux pieds et jusqu’au bout des doigts, même quand des efforts surhumains sont déployés. La seconde est simplement surnaturelle, sublime et mémorable. Curieusement, l’intensité lumineuse sans précédant de la pensée divine ne nous fait même pas cligner des yeux, pas même une seule fois, au contraire, nous aimerions y baigner notre esprit à jamais, les yeux grands ouverts.

Chaque fois qu’il m’a paru utile de penser un mot, j’ai donné sa définition, dans le texte ou dans une note en bas de page. Qui aime penser, s’instruit du sens de chaque mot traduisant sa pensée. Aussi, je cite plusieurs philosophes et scientifiques, des spécialistes et des généralistes, d’hier et d’aujourd’hui, auteurs d’ouvrages dont la lecture a grandement ajouté à mon plaisir de penser.

Introduction

Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison

«Je me suis surpris à aimer penser au cours de mon adolescence, quelque part au cours de la deuxième année de mes études secondaires. En fait, les connaissances étalées sur le tableau par mes professeurs me donnaient davantage à penser qu’à apprendre. “ Une imagination trop fertile”, me disait-on, pour expliquer mes faibles résultats scolaires.

Le jour fatidique approchait. Vous savez, ce jour où l’on a conscience d’avoir conscience. Ce jour-là, on peut dire oui ou non à l’idée de penser sa pensée. Je ne parle pas de réfléchir, simplement, comme on le fait sur un sujet ou une question pour se faire une opinion. Non. Ce jour-là, on se voit réfléchir, on s’entend penser. Je suis convaincu qu’un jour ou l’autre nous avons tous une telle étincelle d’esprit, une chance instantanée, peut-être programmée à l’avance, de prendre du recul sans aucun effort. Reste à décider si cette étincelle allumera une flamme puis un feu de conscience ardente ou si elle disparaîtra aussi vite qu’elle est venue, ne laissant qu’un vague souvenir inconscient.»

* * *

Ce recul nous permet soudainement de nous regarder aller consciemment pour la première fois. Le moment est sans doute comparable à celui où l’esprit quitte le corps, sauf que, cette fois, tout se passe à l’interne, dans notre tête. Un esprit se détache de l’esprit qui pense et le regarde. On reste bouche bée, ahuri.

Plusieurs se refusent à vivre ce moment. Le dédoublement les met profondément mal à l’aise. Ils se sentent brisés dans leur unité. Ils s’imaginent mal en train de penser et en sont troublés. Ils préfèrent, et de loin, penser simplement, c’est-à-dire, sans penser qu’ils pensent.

Certains ne veulent pas se regarder penser parce qu’ils anticipent l’idée de se surveiller ou d’être surveillés, même si le moment de conscience ne porte pas cette intention. Paradoxalement, ces gens passeront une partie de leur adolescence, voire de leur vie, à se surveiller, dans leurs allures, visiblement en manque de confiance envers eux-mêmes, et à surveiller les autres du coin de l’œil, visiblement, en manque de confiance envers les autres. Si vous regardez un tant soit peu leurs chaussures, ils s’arrêtent quelques pas plus loin pour regarder leurs chaussures à la recherche de ce qui a attiré votre attention. Ils surveillent tout de leur allure, mais ils oublient d’imaginer jusqu’à quel point leurs pensées modèlent leur apparence, sans doute parce qu’ils croient révéler leurs pensées uniquement lorsqu’ils prennent la parole, dans le langage.

D’autres, déjà habitués à prendre leurs pensées comme elles viennent, ne veulent pas en connaître la provenance et encore moins savoir comment elles émergent. Ils sont bien prêts à penser, même à faire un effort pour bien penser, mais rien de plus. Sans doute se disent-ils qu’il y a autre chose à faire dans la vie que de penser. Alors, penser aux pourquoi et comment, ils laissent ça à d’autres.

Paradoxalement, ces gens n’hésiteront pas à donner leurs opinions sur tout. Même s’ils s’expliquaient pendant des heures, le penseur ne réussirait toujours pas à cerner les tenants et les aboutissants de leurs opinions. Bref, leurs opinions suscitent davantage de questions que de compréhension.

Plusieurs d’entre eux ne s’expriment pas pour faire comprendre quoi que ce soit, mais pour se donner raison dans l’espoir de voir triompher leurs opinions. Ils ont raté l’occasion de faire la différence entre “ Il est vrai que je pense” et “ Ce que je pense est vrai” et ils prennent pour vrai tout ce qu’ils pensent, même lorsqu’ils soutiennent le contraire.

Heureusement, il y a aussi ceux et celles pour qui l’étincelle de conscience de la conscience sera à jamais bénéfique. Ils ne sont pas aveuglés par la lumière qui éclaire leurs pensées. Ils saisissent l’éclair d’une main et amassent de l’autre tout pour allumer un feu. À chaque brindille ajoutée, ils lèvent les yeux pour découvrir ce que la lumière révèle de nouveau sur leurs pensées. Ces gens là ne reviendront jamais en arrière. Ils alimenteront le feu leur vie durant, sachant que même s’ils s’endorment il restera toujours un tison pour à nouveau prendre du recul. Pour eux, connaître et comprendre sera passionnant. Au départ, ils maîtrisent à peine leur vision mais on les reconnaît en les écoutant raconter comment ils en sont venus à penser telle ou telle chose. Souvent, ils ajoutent moult détails et toutes sortes d’intrigues qui ne manquent pas de suspense et parfois même d’humour, démontrant ainsi jusqu’à quel point ils prennent plaisir à penser. En fait, ils racontent davantage comment ils pensent que ce qu’ils pensent. Et ce n’est qu’un début.

Personnellement, j’étais disposé depuis déjà quelques mois à prendre un tel recul mais un événement quotidien m’indisposait : les soupers de famille. Chaque fois, la discussion tournait au monologue, à vrai dire, en une suite de monologues où chacun semblait ouvrir la bouche dans le seul but de se donner raison. Chaque orateur rapportait ce qu’il considérait un fait, donnait son opinion et s’évertuait à donner raison à son interprétation de ce fait déjà loin derrière.

J’ai cru un moment que c’était ce qu’il fallait faire avec sa faculté de penser, que devenir adulte, c’était d’avoir raison, d’être capable de se donner raison. Aussi ai-je tenté l’expérience, mais en vain. Je n’avais jamais raison et toujours tort, sans même l’ombre d’un doute. Ensuite, j’ai essayé, non pas de me donner raison, mais de simplement exposer mon opinion en vue d’en débattre mais sans succès. Chacun s’appliquait inconsciemment à faire avorter tout débat en donnant raison à son opinion.

Même lorsque je tentais d’attirer l’attention sur l’un de mes problèmes, je n’avais pas raison, soit que je voyais un problème là où il n’y en avait pas, soit que je ne voyais pas le bon problème. Dans tous les cas, je finissais par être pointé du doigt comme étant moi-même le problème et, par surcroît, j’en étais évidemment la cause. Pourtant, à les écouter parler, je constatais qu’eux-mêmes n’étaient jamais responsables lorsqu’ils soulevaient un problème mais sans jamais m’accorder un tel privilège. Dans mon cas, toute la responsabilité m’incombait avant même que je puisse prononcer un seul mot.

Mais, comme tout adolescent, je vivais bel et bien des problèmes hors de mon contrôle qui demandaient l’intervention d’un parent adulte. Dès ma première année d’études secondaires, j’ai rencontré des problèmes en mathématique. Le seul commentaire auquel j’ai eu droit est: “Étudie”. Aux yeux de mes proches, la seule raison pour laquelle j’avais des problèmes en mathématique, c’était parce que je n’étudiais pas assez et il m’était impossible de leur proposer une interprétation différente. Je graduai donc avec de piètres résultats, juste au-dessus de la note de passage. Puis, un jour, lors de la quatrième année de mes études secondaires, mes problèmes sont devenus des montagnes insurmontables avec l’algèbre et ce qui devait arriver arriva : “ Monsieur Guay, me dit mon professeur, vous retardez toute la classe avec vos questions”.

Mais comment exposer mes difficultés à mes parents sans avoir tort, sans me faire renvoyer tout simplement à ma table de travail. J’en conclus que seul un coup d’éclat, une bombe, pouvait me donner une chance de me faire entendre. Aussi, je me levai d’un bond annonçant à mon professeur que si c’était comme ça, que si je retardais tout le monde, je n’avais plus d’affaire dans cette classe, je pris mes livres et sortis à la stupéfaction de tous.

Mon plan : me présenter au directeur des études, l’informer que je venais de quitter ma classe de mathématique en raison d’un grave problème que je lui révélerais uniquement en présence de mon père et que je ne quitterais pas son bureau d’ici à ce que mon père s’y présente, ce qui impliquait que le directeur téléphone à mon père à son travail pour qu’il vienne directement au collège à la sortie de son travail. Ce coup de téléphone et la convocation devaient servir de bombe, dont j’espérais qu’elle fasse voler en mille morceaux le monopole d’interprétation que mon père se donnait de mon problème. Le directeur des études acquiesça à ma demande sans aucune question et dans le calme le plus parfait. J’attendis trois heures, mon père arriva et mon problème fut abordé et discuté convenablement pour la première fois en quatre ans. Malheureusement, les efforts concertés prouvèrent qu’il était trop tard et ma liste de choix de carrière s’est vue réduite de 50 %. Tout ça, principalement parce que les gens de ma famille avaient pris la mauvaise habitude de se donner aveuglément raison, même au sujet des problèmes des autres.

Mais ce n’est que le jour où j’ai eu l’occasion de prendre du recul que je me suis aperçu que penser pour se donner raison n’était pas utile. Lorsque je me suis vu en train de me donner raison, copiant les autres membres de ma famille, j’ai été complètement bouleversé. Lorsque je me suis rendu compte que j’étais malheureux parce que je n’avais jamais raison, croyant sans doute que je serais heureux si j’avais raison, j’ai été profondément déçu de moi-même. De l’étincelle de conscience de conscience venue deux ou trois ans plus tôt, couvait un feu livrant finalement assez de lumière pour voir clair dans mon jeu et celui des autres.

Jusque-là, je m’étais amusé de mes pensées par des dizaines de poèmes pour compenser mon malheur. Le temps était venu d’apprendre à aimer à penser pour être heureux, à commencer, avec moi-même.

J’avais seize ans lorsqu’on m’a dit : “ Les gens qui se donnent toujours raison vivent dans un système sans faille. Or, c’est par les failles que la lumière entre.” L’affirmation ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd; elle m’allait comme un gant et je la répète depuis à qui veut bien l’entendre.

Voilà donc comment il faut voir les idées et les opinions des autres qui nous contredisent : comme des failles qui éclairent nos pensées et, possiblement, qui en révèlent les faiblesses. À partir de ce jour, je n’ai cessé de rechercher des idées meilleures que les miennes et, si possible, de les rendre encore meilleures. Quel plaisir j’ai à penser en exposant ainsi mon esprit aux idées des autres pour voir comment il va réagir, comment il va digérer et conclure.

Je me souviens de mes premières années de plaisir à penser alors que je me rendais dans le Vieux-Québec pour rencontrer des gens venus de partout en vue de leur demander ce qu’ils pensaient de ceci ou de cela, juste pour me frotter à des idées différentes des miennes et me forcer à réfléchir. Quelle jouissance!

Je me rappelle aussi mes premières lectures à la recherche d’une meilleure compréhension de la pensée, de la vie, de la solitude,… Quel bonheur ces gens nous donnent en écrivant ce qu’ils connaissent, comprennent et pensent.

Sur certains sujets, je ne voulais pas trop lire, question d’aller le plus loin possible par moi-même. À titre d’exemple, je me suis limité à la lecture de seulement une dizaine de recueils de poésies alors que je m’adonnais moi-même à ce style littéraire. Influençable, je voulais d’abord expérimenter ma vision et mon style avant de prendre connaissance d’autres univers poétiques.

Ma différence, ma vraie différence, était dans mon esprit et dans ma pensée. Aujourd’hui, je crois que l’authenticité (Authenticité:  »Qualité de ce qui mérite d’être cru, qui est conforme à la vérité », Le Petit Robert.)se trouve d’abord dans la pensée, pourvu qu’elle “exprime une vérité profonde de l’individu et non des habitudes superficielles, des conventions”. J’ajouterai une seule qualité à cette vérité : “unique”.

Quand je pense, je suis totalement moi-même, authentique aussi bien qu’unique.

J’ai l’impression de me tenir à un carrefour où les idées vont et viennent comme les automobilistes et les piétons au croisement d’artères principales. Je suis très heureux de ne pas m’être limité à mes seules idées. Une seule pensée étrangère aux miennes peut faire avancer ma compréhension de plusieurs mois si ce n’est de plusieurs années.

Jusqu’à tout récemment, j’avais oublié jusqu’à quel point je laisse entendre que j’aime penser, tout absorbé que je suis ces années-ci par la connaissance de la connaissance. En effet, peu avant Noël, un voisin est venu nous rendre une première visite depuis notre déménagement. La discussion roulait bon train sur toutes sortes de sujets lorsqu’il a lancé : “ Moi aussi, j’aime ça penser”. Il n’y aura pas meilleur moment pour vous demander, chers lecteurs et lectrices, si vous aussi vous aimez penser.

Si vous avez acheté ce livre parce que vous aimez penser, je vais essayer de vous faire aimer ça encore plus pour un plus grand bonheur. Si vous avez acheté ce livre parce que vous n’aimez pas penser, mais êtes tout de même curieux de savoir comment des gens en arrivent à aimer ça, je vais tenter de vous satisfaire au-delà de vos attentes : de vous faire aimer ça.

Si ce livre vous a été remis en cadeau par une personne de votre connaissance qui sait que vous aimez penser, je vous souhaite la plus cordiale des bienvenues dans le groupe. Aussi, je vous prie de bien vouloir transmettre mes plus sincères remerciements à cette personne.

Itinéraire

Dune pensée à l’autre

Nous commencerons par traiter de la certitude de la pensée ou de la pensée certaine. Nous verrons que la certitude, ce n’est pas avoir raison. Au contraire, la certitude vient du doute. En fait, le bénéfice du doute, c’est la certitude. J’expliquerai comment douter sans être inconfortable et instable, sans perdre votre force de conviction. Nous apprendrons comment ne pas nous enfermer dans un système sans faille et ainsi être privés de la lumière de la pensée des autres.

Nous traiterons aussi de la pensée profonde, philosophique. Dans ce livre, la philosophie est réduite à la science des profondeurs, elle sert à descendre aussi loin que l’exige la recherche de la cause première. Puisque la pensée est un univers vaste, infini, où nous pouvons approfondir tant que nous voulons sans jamais toucher le fond, nous verrons comment éviter de ne plus être capable de revenir à la surface, comment éviter de se perdre dans les profondeurs de sa pensée. Nous porterons aussi attention à la tentation de décrocher de la réalité et à la tentation de prendre ses pensées pour la seule réalité, tentations qui peuvent surprendre celui ou celle qui aime penser.

Nous aborderons la question de la pensée universelle, la pensée vraie pour tous les hommes, par opposition à la pensée personnelle, vraie que pour soi-même. Nous examinerons comment les penseurs de pensées universelles considèrent leur esprit comme celui de tous les hommes pour s’oublier eux-mêmes et ainsi pouvoir se mettre dans l’esprit d’une pensée compréhensible et partageable par tous les hommes. Ici, penser, c’est oublier le « je ». Tout un défi.

Nous jouerons à la pensée joyeuse ou drôle, la pensée qui nous surprend souvent en pleine concentration de ce que nous faisons le mieux, quand « ça coule tout seul » et qu’une impression intense de bien-être général nous envahit. Aussi, il n’est pas interdit d’apprendre à rire de soi-même et de ses problèmes. Qui sait quelle solution se cache derrière un rire à gorge déployée sortit tout droit d’une imagination débridée par l’ivresse des sommets de l’esprit? Et qui sait quel antidote à l’ennui ou à l’anxiété se dissimule dans le fou rire propagé à l’écho d’une grotte perdue dans la cité très ancienne des vapeurs de conscience?

De là, nous glisserons dans l’univers de la pensée heureuse. Nous tenterons de rattraper le bonheur par la pensée du bonheur de penser. La quête du bonheur intrigue la pensée, car chaque fois qu’elle s’en approche, à pas feutrés, pour l’observer, le bonheur, surpris, farouche, prend la fuite. Mais on ne court jamais plus vite que la pensée, même quand on est le bonheur. Ainsi, il n’y a pas mieux informé des déplacements du bonheur que la pensée. Elle a depuis longtemps constaté que le bonheur court tantôt à gauche, tantôt à droite, sans trop de logique, si ce n’est qu’il donne l’idée de fuir la réalité. Le bonheur est aveugle! Nous lui rendrons la vue pour qu’il apprivoise la réalité, donc, non pas par magie ou en nous illusionnant et, encore moins en masquant le malheur.

Inévitablement, la pensée malheureuse vient à l’esprit. S’il vous arrive, comme moi, de tomber dans le puits de la pensée malheureuse, nous nous aviserons de panser nos blessures avec des bandages d’idées soignantes et comment imposer le respect de nos réactions défensives, même les plus sauvages. Nous partirons à la rencontre des pensées les plus sombres, des pensées qui pleurent et des pensées qui meurent, découragées, désespérées. Nous trouverons tout de même dans ces pensées troublées la source de la pensée sereine, d’une paix à la fois pure et calme. C’est dans le noir que la lumière de l’esprit est la plus utile, fut-elle aussi faible que celle d’une étoile lointaine, et non pas sur une plage sous un soleil brillant. Il n’est pas question ici de la pensée positive, une lumière artificielle qui fait ombrage à la réalité du malheur en détournant notre attention de l’essentiel.

La pensée empathique est aussi obligatoirement au programme. Cette pensée-clé de l’univers d’autrui donne la possibilité de comprendre nos proches et le monde, de déceler le bonheur ou le malheur. C’est la pensée qui permet de faire don de soi à l’autre, d’aimer. Nous ne penserons pas à la place de l’autre, nous penserons avec lui. Nous le laisserons nous donner ses pensées puis nous nous efforcerons de les éclairer. Nous ne penserons pas à ce qu’il doit faire, nous l’aiderons à décider lui-même. Jamais l’autre n’aura ressenti la présence d’une pensée aussi intime de son esprit dans une expérience de communication interpersonnelle. Nous connaîtrons l’autre mieux que nous nous connaissons nous-mêmes et mieux qu’il se connaît lui-même.

Nous ne serons pas en reste puisque viendra ensuite la pensée qui permet de se connaître soi-même : la pensée différente. Nous serons définitivement forcés d’admettre que nous sommes très souvent mal placés pour nous connaître, quoiqu’on pense habituellement le contraire. La psychologie du Moi en prendra pour son rhume. Nous libérerons la pensée de l’esclavage de l’éternel chantier du travail forcé sur soi. Si notre pensée est différente, c’est toujours par rapport à celle d’un autre, jamais par rapport à soi-même. À la question « Qui suis-je? », c’est l’autre qui a la réponse.

Privée de la pensée de l’autre, notre pensée devient solitaire. Nous enchaînerons donc avec la pensée solitaire, la pensée seule, seule avec elle-même. Comme je le dis souvent, toute pensée est comme le vin, elle doit mûrir un temps pour prendre de la valeur. Aussi, c’est d’abord dans la solitude que l’esprit prend le goût de penser et mûrit ce goût. Pleine de goût, une pensée donnera inévitablement le goût de penser. Autrement dit, la pensée acquiert dans la solitude la valeur d’être pensée par d’autres. Comme je dis souvent à celui qui verbalise ses pensées sans les réfléchir, l’autre n’est pas une poubelle de pensées avortées. Dans un monde où la pensée solitaire est insupportable à plusieurs, j’indiquerai comment meubler la solitude pour rendre la pensée seule plus confortable.

Aussi née dans le confort de la solitude, impossible d’oublier la pensée initiatique, celle qui découvre le sens caché des choses et qui se transmet dans la plus pure tradition orale. C’est la pensée racontée dans le secret des révélations de l’esprit. Nous traiterons du sens caché du monde, de la vie et des choses à la lumière du feu sacré de la pensée.

Rien de mieux pour terminer que la pensée divine, le commencement et la fin de toute pensée à la recherche d’une bonté divine infinie. La pensée cherche depuis le moment où elle a eu la ferme impression de ne pas être tout à fait chez soi ici-bas, en regardant les étoiles de la voûte céleste, un soir d’été, allongée dans un champ de blé sur la terre encore chaude. Debout, le blé montait à la hauteur de ses épaules; la pensée habitait un enfant, devenu introuvable par ses camarades d’une partie de cache-cache. Cette pensée ne quittera plus jamais cet enfant. Était-ce la mémoire d’un ailleurs, un souvenir du Paradis à l’éveil de la pensée? Vous avez deviné, cet enfant, c’était moi. L’expérience de la révélation ne me laissera pas sur cette première et vague impression d’un monde meilleur. Aussi, nous distinguerons très nettement la pensée religieuse de la pensée divine. La première demeure humaine, de la tête aux pieds et jusqu’au bout des doigts, même quand des efforts surhumains sont déployés. La seconde est simplement surnaturelle, sublime et mémorable. Curieusement, l’intensité lumineuse sans précédant de la pensée divine ne nous fait même pas cligner des yeux, pas même une seule fois, au contraire, nous aimerions y baigner notre esprit à jamais, les yeux grands ouverts.

Chaque fois qu’il m’a paru utile de penser un mot, j’ai donné sa définition, dans le texte ou dans une note en bas de page. Qui aime penser, s’instruit du sens de chaque mot traduisant sa pensée. Aussi, je cite plusieurs philosophes et scientifiques, des spécialistes et des généralistes, d’hier et d’aujourd’hui, auteurs d’ouvrages dont la lecture a grandement ajouté à mon plaisir de penser.

AU SUJET DE L’AUTEUR – BIOGRAPHIE

Serge-André Guay

Marié et père de quatre enfants, Serge-André Guay est né à Lévis (Québec, Canada) en 1957. De formation autodidacte et travailleur autonome depuis 25 ans, il a tout d’abord été animateur, commentateur, chroniqueur, journaliste, recherchiste et rédacteur en chef au service de différents médias québécois et ontariens.

Puis, son expérience des médias et un stage de formation en Europe font de lui un éducateur aux médias dont les interventions sont recherchées par le milieu scolaire. Ensuite, à titre de consultant, l’utilité de ses plans d’action en communication et en marketing est vite appréciée.

Depuis 1990, il développe une expertise hautement spécialisée en recherche marketing, soit l’étude des motivations d’achat des consommateurs, axée sur l’évaluation prédictive du potentiel commercial des produits et des services, nouveaux et améliorés.

Pour ce faire, il retient la méthode et l’approche indirecte proposées par le chercheur américain Louis Cheskin, à qui il accorde le titre de premier scientifique du marketing.

Depuis, il a étudié les réactions sensorielles involontaires et les réactions inconscientes de plus de 25,000 consommateurs dans le cadre de plus d’une centaine d’études des motivations d’achat pour différents manufacturiers et distributeurs canadiens.

Il a signé de nombreux articles et donné plusieurs conférences percutantes. Il a aussi publié une série de vingt-quatre études traitant du caractère scientifique du marketing sous le titre “Science & Marketing ”, Prédire le potentiel commercial des biens et des services”. À ses yeux, le marketing doit renouveler son efficacité sur des bases scientifiques rigoureuses.

Il n’hésite pas à questionner les idées reçues. Animé par une profonde réflexion sur la conscience et la condition humaine, il est un « penseur-entrepreneur », à la fois fonceur et analytique.

En 2000, il écrit un essai de gouvernance personnel sous le titre J’aime penser – Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison.

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Les ouvrages philosophiques à destination du grand public : pour quelle philosophie ? Master 2 Livre et Savoirs, Léa MAUBON

Cette étude porte sur un phénomène du paysage éditorial français actuel: la production de plus en plus importante d’ouvrages de philosophie à destination du grand public. Il s’agit de réfléchir, à partir d’une description de cette tendance, sur ses enjeux éditoriaux mais également philosophiques. La démocratisation de la philosophie est un projet ancien, aujourd’hui soumis à l’expérience, qui interroge le devenir de la philosophie en France.

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Conférence # 1 – La philothérapie ou quand la philosophie nous aide

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Proposition de conférence

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Titre de la conférence

La philothérapie ou quand la philosophie nous aide

Sous-titre de la conférence

Une revue des principaux livres de philosophie pratique

Source bibliographique

Collection privée de Serge-André Guay

PROGRAMME

Introduction

Courte histoire de la philothérapie

    • Plus de Platon, moins de Prozac ! Lou Marinoff, 1999
    • Platon, pas Prozac ! La philosophie comme remède, Lou Marinoff, 2000
    • Le terme « consultation philosophique » désormais préféré à «philothérapie»
    • Philothérapie en référence à la Psychothérapie
      L’usage réglementé du terme «thérapie»

Développement

Rapports de lecture

Conclusion

    • Témoignage personnel

Période de questions

Conférencier : Serge-André Guay

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys.
Auteur de J’aime penser ou Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison.
Curriculum vitae en ligne : https://livrequebec.com/edition-votre-editeur/

Coordonnées du conférencier

31, rue St-Joseph, Lévis, Québec, Canada. G6V 1A8
Téléphone : 581-988-7146
Courriel : info@philotherapie.ca
Site web : https://philotherapie.ca/
Dossier philo en ligne : https://philotherapie.ca/2020/10/06/dossier-philotherapie-quand-la-philosophie-nous-aide/

Durée (trois choix de conférence selon la durée)

45 minutes (conférence : 30 minutes. Période de questions : 15 minutes)
90 minutes (conférence : 60 minutes. Période de questions : 30 minutes)
120 minutes (conférence : 60 minutes. Période de questions : 60 minutes)

P.S.: La durée de la conférence varie selon le nombre d’extraits de chaque livre présentés à l’auditoire (le tout dans le respect des droits d’auteur).

Matériel électronique nécessaire

Projecteur compatible PC
Entrée USB et/ou clé USB
Écran de projection

Coût d’achat de la conférence

350.00$ + frais de déplacement et, s’il y a lieu, d’hébergement.


Un exemple de conférence

VIDÉO ET NOTES DE LA  CONFÉRENCE

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LA NUIT DE LA PHILOSOPHIE DE MONTRÉAL

18 novembre 2021

CONFÉRENCE

La philothérapie ? Quand la philosophie nous aide

Dans le cadre de l’édition 2021 de la NUIT DE LA PHILOSOPHIE DE MONTRÉAL, Serge-André Guay, président éditeur de la Fondation littéraire Fleur de Lys prononcera une conférence sous le thème de la philothérapie en passant en revue seize livres consacrés au sujet.

Révélée au grand jour par la publication en l’an 2000 du livre «Platon, pas Prozac ! La philosophie comme remède» signé par le philosophe montréalais Lou Marinoff, la philothérapie connaît un essor remarquable.

L’idée de consulter un philosophe intéresse de plus en plus de gens en quête de nouvelles réponses à leurs problèmes. Des cabinets de consultation philosophique ouvrent leurs portes un peu partout dans le monde, notamment en Europe et aux États-unis.

La démarche du philosophe consultant ou praticien auprès de la population commence très souvent par la publication d’un livre. Captivé par le sujet, Serge-André Guay a inscrit à son programme de lecture seize de ces ouvrages. Il livrera autant de comptes-rendus lors de sa conférence.

Lieu : Le Cornélien, 6692 rue St-Denis, Montréal QC. H2S 2R9
Début : 19h30
Durée : 60 minutes
Entrée : Gratuit
Audience : Tout public
Réservation : https://www.eventbrite.ca/e/billets-la-philotherapie-ou-quand-la-philosophie-nous-aide-188010774287

Programme de la conférence : cliquez ici


Vidéo de la conférence


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Télécharger gratuitement les Notes de la conférence

« La philothérapie ou quand la philosophie nous aide »

Voici le lien de téléchargement du fichier PDF des Notes de la conférence « La philothérapie ou quand la philosophie nous aide » – PDF