Manuel scolaire, Première édition : 1914 – Québec Réédition de la huitième édition parue en 1940 Collection du domaine public de la Fondation littéraire Fleur de Lys, Laval, Québec, Canada, 20 novembre 2009, 236 pages. ISBN 978-2-89612-315-5
Manuel scolaire, Première édition : 1914 – Québec Réédition de la huitième édition parue en 1940 Collection du domaine public de la Fondation littéraire Fleur de Lys, Laval, Québec, Canada, 20 novembre 2009, 236 pages. ISBN 978-2-89612-315-5
Collection du domaine public de la Fondation littéraire Fleur de Lys
«Où est passée la logique ?» À la poubelle, tout simplement, comme un vieux manuel scolaire. Car la logique ne tombe pas du ciel. Il faut l’enseigner. Or, au Québec, l’enseignement de la logique a pris le bord lors du grand ménage de la Révolution tranquille au cours des années 60. Parce que la logique alors au programme se référait à la religion catholique, la logique est disparue dans le tourbillon de la modernisation, comme on jette le bébé avec l’eau du bain. Aujourd’hui, on la cherche partout sans succès, d’où l’urgence de remettre en circulation LEÇONS DE LOGIQUE, un petit manuel scolaire, purement québécois, dont la toute première édition remonte à 1914.
J’ai mis la main sur un exemplaire de la huitième édition (1940) de ce petit livre sur les rayons de la Bouquinerie du bonheur à Lévis pour la modique somme de 1.00$ il y a plus d’une dizaine d’années.
J’y avais tout d’abord découvert un vieux manuel scolaire de stylistique française dont je ne comprenais pas le retrait des écoles. Vous savez, le genre de livre dont on dit : «Ah ! Si j’avais eu ce manuel lors de mes études, tout aurait été plus simple.»
La lecture de ce livre m’a fait prendre conscience que la période dite de Grande noirceur, celle précédant la Révolution tranquille, ne méritait pas sa réputation en tous lieux et en toutes circonstances. Personnellement, je croyais que la meilleure connaissance devait obligatoirement dater de l’année en cours, mis à part les Grands classiques de la littérature. À l’époque, je considérais les publications des années 60 comme désuètes, alors pour qui était de celles des années précédentes, elles demeuraient à mes yeux un simple objet de collectionneurs.
Toujours est-il que le manuel de stylistique française éveilla en moi un doute sur ma perception du passé. Et avec la découverte de LEÇONS DE LOGIQUE, les années 50 m’apparurent non plus comme un temps révolu mais comme le meilleur aboutissement historique de la connaissance humaine. On retrouve, notamment mais pas exclusivement, dans les livres scolaires de ces années-là l’expression du savoir accumulé par l’Homme depuis plus de 2,000 ans, un savoir en lien avec son passé et son évolution, bref une certaine sagesse.
Avec la Révolution tranquille, tout (ou presque tout) fut réinventé de A à Z, comme si rien (de bon) n’avait jamais existé auparavant. Ainsi, les livres de connaissances publiés depuis les années 60 se concentrent avant tout sur le présent, et ce, dans une reformulation si audacieuse et astucieuse du savoir qu’on a l’impression que tout le monde avant nous s’est trompé, que seules les découvertes du moment comptent.
Évidemment, la quasi-haine de la religion catholique, accusée d’avoir tenu volontairement le bon peuple dans l’ignorance et sous son joug moral, a joué un rôle de premier plan dans la refonte de la connaissance enseignée dans nos écoles. La Révolution tranquille trouvera dans cette véritable catharsis religieuse un moteur essentiel à son succès.
Encore aujourd’hui, plusieurs jeunes des années 60 et 70 vouent une haine aveugle à la religion, voire à toute religion. J’ai eu droit à ce commentaire de l’un d’eux à la suite de sa lecture de LEÇONS DE LOGIQUE : «J’ai trouvé ça d’un ennui mortel et complètement dépassé.» Il m’a fallu une bonne heure au téléphone pour me rendre compte que les références de l’auteur à la religion catholique (dont plusieurs au pape lui-même) l’obnubilèrent à ce point qu’il passa à côté de l’essentiel, les rouages de la logique exposés dans ce livre.
Vous apprécierez LEÇONS DE LOGIQUES uniquement si vous avez réglé la question de la religion voire de la spiritualité dans votre vie. Autrement, vos émotions, négatives ou positives, gagneront sur la raison.
Il faut comprendre que l’auteur de LEÇONS DE LOGIQUE est un religieux, l’Abbé Arthur Robert. Les références qu’il comprend le mieux pour enseigner la logique sont donc d’ordre religieux. Un laïc enseignerait les mêmes leçons avec d’autres références.
Personnellement, je ne crois pas qu’il y ait meilleures références dans l’enseignement de la logique que sa «contrepartie» spirituelle, comme on le fait en abordant la raison par les émotions et vice versa.
En revanche, l’usage de telles références exige de l’auteur un véritable tour de force afin de ne pas être lui-même aveuglé par ses croyances spirituelles et ses émotions. Et dans le cas présent, on peut parler d’un double tour de force car l’auteur est lui-même un religieux. Mais il se consacre à l’enseignement et un certain recul lui est nécessaire, ce qui ne lui simplifie sûrement pas la vie.
L’Abbé Arthur Robert a fait sa marque dans l’enseignement de la philosophie au Québec. «À Québec, les professeurs de philosophie de la Faculté des Arts qui ont presque tous (7/9) étudié en Europe sont ceux du Séminaire de Québec ; le professorat de Philosophie à la Faculté des Arts est essentiellement l’affaire de Mgr O.-E. Mathieu qui y « enseigne » durant trente-quatre ans (1878-1911) et de l’abbé Arthur Robert qui y « enseigne » durant seize ans (1905-1920).» (La philosophie et son enseignement au Québec (1665-1920) Yvan Lamonde, 1980). On doit à l’Abbé Robert une part de l’ouverture du niveau proprement universitaire en philosophie au Québec après 1920.
Mais ses Leçons de logiques ne sont pas destinées aux étudiants universitaires, ni même aux collégiens mais aux étudiants du secondaire (Écoles Normales et Couvents) : « Ces LEÇONS DE LOGIQUE nous tenons à le déclarer, ne s’adressent pas aux étudiants en philosophie dans les séminaires et, les collèges classiques…
Le petit volume que nous présentons au public a surtout pour but de mettre la philosophie aristotélicienne et thomiste à la portée des élèves des cours académiques des Écoles Normales et des Couvents, et aussi, de la classe instruite en général. »
Les éditeurs nous informent que le livre se retrouve même au primaire : « Nous remercions sincèrement les maisons d’enseignement primaire, voire secondaire, qui ont adopté ce petit manuel comme texte de leur enseignement. » (Voir l’Avertissement à la suite de l’Avant-propos).
Pour cette réédition, le respect de la mise en page originale et de la numérotation des leçons, 290 au total, nous a paru utile pour préserver la facilité de consultation de l’ouvrage.
La Fondation littéraire Fleur de Lys aura eu le mérite de la numérisation de cet ouvrage et de devancer Google Livres dans sa mise à disposition sur le web.
Bonne lecture !
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
Avant-Propos par l’abbé Arthur Robert
Leçons de logique, Abbé Arthur Robert,
Collection du domaine public de la Fondation littéraire Fleur de Lys
Ces LEÇONS DE LOGIQUE nous tenons à le déclarer, ne s’adressent pas aux étudiants en philosophie dans les séminaires et, les collèges classiques…
Le petit volume que nous présentons au public a surtout pour but de mettre la philosophie aristotélicienne et thomiste à la portée des élèves des cours académiques des Écoles Normales et des Couvents, et aussi, de la classe instruite en général.
Les manuels de philosophie en français ne manquent pas. Mais la plupart — pour ne pas dire tous — ne répondent pas au programme de — notre enseignement primaire. Les uns, trop volumineux, les autres, moins considérables — à part de nobles exceptions — ne sont pas toujours conformes aux immortels principes de la philosophie scolastique si souvent recommandée par les papes.
Sans avoir la prétention de combler une lacune, notre travail, nous l’espérons, sera de nature à rendre quelques services aux instituteurs et institutrices, religieux ou laïques, qui se dévouent avec tant d’intelligence et de savoir-faire à l’éducation de la jeunesse.
Est-il besoin de dire que ces LEÇONS exposent dans un ordre peu différent la matière qui fait l’objet de tous les manuels de philosophie scolastique. Notre seul mérite est d’avoir condensé, résumé le plus clairement possible la doctrine que l’on rencontre chez la plupart des auteurs.
Font suite à ce court traité des LEÇONS DE PSYCHOLOGIE et des LEÇONS DE MORALE qui ont aussi reçu du public le plus bienveillant accueil.
Nous n’avons qu’une seule ambition : c’est de voir plus connue et mieux appréciée la philosophie traditionnelle, la SEULE vraie, puisque SEULE, elle résout avec satisfaction les graves problèmes qui intéressent l’humanité.
Au sujet de l’auteur
Abbé Arthur Robert
« Originaire de Beauport, Arthur Robert (1876-1939) étudie au Petit Séminaire puis au Grand Séminairede Québec. Après son ordination, en 1902, il enseigne la philosophie à l’UniversitéLaval pendant trois ans et se rend ensuite en Europe, plus précisément à Rome et à Louvain, pour y poursuivre des études. De retour en 1907, il renoue avec l’enseignement, auquel il consacrera la plus grande partie de sa vie. Entre 1918 et 1939, il occupe plusieurs postes importants, dont ceux de supérieur du Petit Séminaire, doyen de la Faculté de théologie, supérieur du Grand Séminaire et recteur de l’Université Laval. Il est nommé en 1933 chanoine honoraire du chapitre métropolitaire et, en 1938, protonotaire apostolique. Peu de temps après cette nomination, il est admis à l’Hôtel-Dieu de Québec, où il s’éteint quelques mois plus tard. Mgr Robert a laissé plusieurs ouvrages d’érudition dont Histoire de la philosophie, Leçons de logique et Leçons de psychologie, sans compter de nombreux articles de revue. »
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INTRODUCTION
Le bonheur dans la vie de la philosophie
Etre ami de la sagesse, se connaître soi-même, ne constituent pas des idéaux dépassés pour des anciens vêtus de toges et devisant sur l’harmonie au nom de l’univers cosmique ! Cette injonction delphique, certes issue du fond des âges, interpelle l’homme en l’homme, l’humain dans l’humain, et nous pourrions ajouter aujourd’hui, Socrate en Socrate, Paul en Paul. La conscience qui se prend pour objet de conscience, objet et sujet de son état et de sa dignité, a nécessité l’œuvre et le travail des penseurs les plus avisés. Mais pour chaque individu qui naît à la conscience, le travail est à reprendre à zéro. Que nous soyons humain, nul ne l’ignore, mais l’humain tel qu’il est, a le devoir de s’humaniser. La culture ne suffit pas, il faut que l’homme soit mis en acte, dans sa simplicité et son ordre. Comment ? Nous n’avons trouvé que cette attitude, aujourd’hui réservée, et rare, de confronter fondamentalement sa conscience à la sagesse, sa volonté aux vertus, son intelligence à la vérité. Or cet amour de la sagesse, cette philosophie là, oubliée, où l’intelligence et la volonté s’exercent sur la réalité donnée, dans la plus grande satisfaction de la vérité, de l’acte bon, ici et maintenant, emplissent l’âme d’une véritable et intime félicité.
En effet, comme l’amour sauve, la philosophie soigne. Ainsi, le terme de «philosophie-thérapie», de philothérapie, exprime dans une linguistique quelque peu moderne, un corolaire évident de la philosophie, autant dire, de l’amour de la sagesse. Quand on y vient, sa conscience, à quelque degré qu’elle soit, s’accroît toujours accompagnée d’un bonheur. Mais il faut l’y aider. Et chacun n’est pas philosophe, et n’a pas une conscience ordonnée et assez certaine de soi et du monde, car il faut l’admettre, l’homme n’à pas été livré avec son mode d’emploi rédigé, mais, bien plutôt, à rédiger en quelque sorte. Chacun le sait et le fait pour sa propre personne, dans son histoire, son intention, son existence. En ceci, elle se rédige elle-même, malgré elle parfois, tant bien que vaille. Puis il y a ce malaise, ce choc, ce deuil, qui n’arrive qu’à soi, qui ne semble pas pouvoir être exprimé, ni compris. La fatalité, le destin, le mal, ont pourtant une intelligibilité, un langage, même varié, même diversement éprouvé. Il faut tous les ressorts d’un philosophe et d’un thérapeute à la fois pour démêler l’intrigue personnelle et complexe qui se noue en soi. Si la psychothérapie est une forme d’introspection, la philosophie est toute l’introspection, et donc toute la gouvernance de l’homme, tel un pilote en son navire. Mais ordonnée et singularisée, et non pas systématisée; qui se penche sur un objet réel, et non pas un objet phénoménologique. La philosophie sait ce qu’est le bonheur, bien plus que son concept, elle se sait humaniste quand elle n’a que ce seul désir de le partager.
LA CHARTE
La philothérapie, telle que nous la concevons, se donne pour but premier entre toutes les choses, de conduire et de guider la personne qui en ferait la demande, vers un certain sens et un certain bonheur auquel elle tend.
Pour ce dessein, la philosophie réelle se considère comme un moyen, et l’ensemble des sciences et des connaissances qu’elle coordonne et hiérarchise sont soumises à ce but que justifie seul le chemin parcouru vers un progrès de l’existence heureuse.
Le philothérapeute ne connaît la personne à laquelle il apporte son aide que comme un sujet absolu et libre, pleinement responsable du devoir de travailler à son propre bonheur.
Par conséquent, il ne porte pas de jugement de valeur relatif à des questions de religiosité, de mœurs, de statut, de profession, de nationalité ou d’ethnie, de politique, de degrés de conscience, etc, bien qu’il ait à aborder ces questions comme un déterminisme possible.
Le sujet libre doit être conscient de ses propres forces et de ses capacités mentales et morales à partir desquelles il aura à travailler et agir par lui-même vers le progrès ou le dénouement auquel il aspire ou qui à été mis en évidence et perçu comme atteignable par les deux parties.
Les problématiques soulevées collégialement, bien que pouvant relever de démarches complexes, issues d’intelligences diverses et de principes rationnels et moraux variées, secouées ou non de passions et de vicissitudes existentielles, ne peuvent en aucun cas consister en des justifications directes qui légitimeraient d’une manière ou d’une autre la nuisance de l’entourage familiale, professionnel ou sociétal.
Le philothérapeute n’use pas de son statut pour intimer plus ou moins insidieusement des théories ou des systèmes de pensée relatifs propre à une secte, une école, un parti politique ; mais il peut user des pensées que l’histoire de l’intelligence, les philosophes de tous temps, les penseurs et les scientifiques dont la philanthropie est avérée, peuvent être mis judicieusement à profit pour démêler les impasses et les problèmes existentiels dans lesquels peuvent se situer en conscience une personne.
La déontologie du philothérapeute consiste dans une simple discrétion de convenance avec la personne aidée. La philothérapie, ne présupposant ni ne cherchant de maladie mentale ou psychologique d’une part ; les réflexions et les démarches qui en sont extraites étant conjointement l’œuvre des deux parties en exercice ; d’autre part, elles peuvent être, selon accord signé et consentit librement, l’objet de publications et d’articles sous couvert d’anonymat ou non, dans la mesure où ces publications constituent un exemple intéressant, digne du bien commun.
Le philothérapeute pouvant néanmoins être confronté à des personnes dont le désarrois ou les inclinations peuvent être dommageable pour elles-mêmes ou l’entourage, il peut être d’un conseil privilégié pour orienter vers une aide psychiatrique ou psychologique un personne soumise à des affections qu’elle ne peut supporter, et dont l’intensité affecterait un temps leur libre conscience.
Le philothérapeute ayant, à l’égard des personnes auxquelles il apporte son aide, une bienveillance naturelle et une humanité propre aux philosophes de notre temps, il prendra soin de se prémunir de toute ambiguïté de nature affective ou intellectuelle, et de tout abus qui tombe d’une manière ou d’une autre sous le coup de la Lois, par l’usage d’une attitude professionnelle exemplaire dont les principes d’écoute et d’autorité seront appliqués avec la subtilité qui convient à chaque cas particulier.
Pour se prémunir de tout transfert (psy) et pour garantir la sécurité des deux parties, le philothérapeute aura donc la tâche explicite de manifester et de signifier en quoi son acte, par le jeux de questions judicieuses et à-propos et ses démarches d’introspections, relève d’une intention seconde fondamentale pour le but fixé, et ne consiste en aucun cas en des manières de constituer une intersubjectivité ou des formes relationnelles.
Un esprit pénétrant et l’expérience du philothérapeute doivent lui donner l’assurance et l’autorité de couper cours à toute dissolution du dialogue dans des affects ou des sentiments dont l’affection supplanterait absolument la maîtrise de soi. Par ailleurs, comme le caractère introspectif de la notion philosophique de la thérapie doit demeurer à ce titre dans son fondement naturel, l’immanence de la rencontre doit se conformer sur une mutuelle bienveillance de bon alois.
Les démarches de définition, d’acquisition de la personnalité et tout autre approfondissement plus ou moins intimes auxquelles se livre un sujet, doivent être connues des deux parties comme n’ayant qu’un but pour le philothérapeute de saisir et de cerner ce qui est directement utile à la problématisation, la résolution, l’assimilation et la mise en pratique qu’il présente au bon vouloir et à la susceptibilité du sujet qu’il établit avec lui et dont il prend acte.
Pour résoudre les impasses existentielles dans lesquelles une personne a le sentiment d’être, le philothérapeute aura à cœur de comprendre jusqu’aux considérations les plus satisfaisantes pour son esprit de philosophe, ce à quoi les principes de bonheurs, de bien souverain, lui sont intimement liés. Aussi, nous considérons qu’un philothérapeute doit se savoir suffisamment empli de ce bonheur selon sa vocation et sa propre démarche, et selon un accord universel de son état d’avec son monde actuel pour s’estimer propre à communiquer, si ce n’est par l’esprit, tout au moins par l’état, la singulière capacité d’un ami de la sagesse à se conduire lui-même malgré les difficultés de la vie. Nous recommandons donc, plus qu’une grande sagacité et une aptitude scolaire aux universités, une profonde expérience de la vie bien que les études de philosophie peuvent parfois en faire appréhender en raccourcis la teneur. Nous tenons comme perfectible la simplicité du déroulement existentiel tel qu’il peut être appréhendé par toutes les circonvolutions et la subtilité de la pensée humaine, jusqu’au point d’étalement de la simple réalité telle qu’elle est donnée aux hommes et selon leur capacité et leur dignité à ce qu’en justice ils peuvent en faire ou en espérer.
Carol Louis Bitonti
PRINCIPES SPÉCIFIQUES
La vocation philosophique, difficilement transmissible, et plus qu’un savoir, se distingue du grade universitaire en ceci qu’elle sait s’effacer face au réel afin que son discours soit au plus juste du sujet donné qu’elle traite et qui est premier. Les moyens logiques, scientifiques, psychologiques, pédagogiques…utilisés par le praticien de cette sorte consiste en une approche altruiste, une forme de relation de maître-disciple, dont le seul but est le bien et l’harmonie psychique de la personne à aider.
Cette démarche peut aller aussi loin que nécessite le besoin de se situer dans le monde matériel et immatériel sans remplacer absolument l’intuition intime de cette situation. Nous tiendront donc comme suspicieux toute démarche de persuasion du caractère ultime et définitif de concepts ou de situations relatives appliqués de manière sophistique et hors de propos par certaines philosophies ou certaines moeurs.
(Par exemple: l’érotisation du psychisme ou des comportements, annihilation culturelle des démarches métaphysiques, religieuses, matérialisation des relations, rationalisation des existences, déterminisme historique des individus, etc. etc.) Autant de théories que le philosophe doit savoir dépasser méthodiquement, et analyser jusque dans la légitimité ou non de leurs principes premiers. Le but consistant dans le bien d’autrui, il est recommandé la plus grande délicatesse face à l’usage d’un «démontage» en règle de certaines théories qui peuvent être constitutive de l’égo rationnel d’un sujet. (Notamment sur le sentiment d’appartenance, qu’il soit politique, religieux, ethnique, ou l’intuition intellectuelle propre, etc…)
Le philothérapeute est suffisamment versé dans la maîtrise de «l’universel» et du «conceptuel» pour s’astreindre au pragmatisme propre à sa démarche et rejoindre l’individu particulier dans sa plus ultime singularité. Il prend au sérieux les «idiotismes» en tant que possible constituant de la personne. Rappelons qu’il ne juge pas. C’est avec un tel professionnalisme qu’il accueille les idées en contradictions d’avec l’assentiment immédiat de son soi social malgré les moeurs ou «l’esprit» du pays dans lequel il exerce.
Au contraire il est insigne au philothérapeute d’élucider ces idées, ou «vices sous raison de bien» si elles sont déterminées comme étant l’occasion de souffrances ou d’empêchements de la part du sujet.
Nous signifions au passage le caractère inspiré et nécessairement détaché de sa fonction, qui n’est pas une attitude illuminée ou mystique. Le rapport avec les personnes qui font appel au philothérapeute doivent être le plus normal possible. Il ne présuppose pas de maladie mentale, ou de déviance, car, même si une personne est atteinte de quelques maux, ce n’est pas ce dont il s’occupe directement. ( Notons qu’il peut être, par sa maîtrise des systèmes de pensée, un interlocuteur privilégié pour des personnes atteintes d’handicap mentaux, et à même d’entrer sans dommage dans leur démarche singulière, ou leur souffrance dans un but d’apaisement ou psychothérapeutique).
Il a à l’égard de l’esprit humain la confiance et l’ouverture nécessaires à admettre et favoriser le génie, et sait accompagner à l’occasion et conduire les intuitions intellectuelles, scientifiques, artistiques, politiques, morales etc., si elles constituent un épanouissement désiré ou/et un progrès réel pour la société des hommes.
MÉTHODES
Il est particulièrement dommageable pour nos contemporains d’ignorer l’apport considérable d’une anthropologie qui met «l’habitus» au cœur de la personne agissante et consciente. Non qu’il s’agisse d’un tout absolu, mais l’exercice des vertus morales, et intellectuelles prennent pourtant leur fondement actif dans la nature même de l’homme libre et responsable dans un monde quelconque. Bien qu’il soit pourtant trop simpliste d’en rester sur ce seul aspect de sa dimension, une attitude analytique poussée doivent néanmoins révéler par delà le langage de la culture psychanalytique, la singularité d’un processus mental personnel dont le malaise se situe néanmoins en deçà du seuil de la maladie déclarée.(Deuil, crise existentielle, chagrin d’amour, perte de repères, situations tragique et ambigüe et autres contradictions en termes de collisions de droits ou d’intérêts, conflits culturels et moraux etc…) Comme nous en arrivons ici à devoir déterminer des degrés complexes (disons ici prenant en compte la dimension la plus large de la personne) d’intentionnalité plus ou moins maîtrisés par le sujet, il importe de réajuster sa «vie» sur les éléments cardinales de ses capacités à se conduire. C’est-à-dire par l’usage des vertus de prudence, force, tempérance et justice, ainsi que de leurs parties et corolaires. Au contraire, il ne nous semble absolument pas nécessaire d’insinuer des formes d’interprétations qui aboutissent à matérialiser des attitudes comme des processus inconscients agissants à l’insu d’une personne qui en serait jusqu’alors épargnée. Aussi le philothérapeute use de l’analyse et d’une pensée analytique que dans un but qui est au de-delà de la verbalisation d’un problème, mais principalement la résolution dans l’ordre pratique ou spéculatif auquel il appartient. Rappelons que toute démarche doit être précédée de l’assentiment volontaire du sujet car c’est là l’expression d’une réalité plus évidente que la satisfaction d’un idéal.
Conseils pratiques
Un praticien qui ne saurait pas faire la distinction entre le caractère l’immanent ou transitif de l’intersubjectivité requise s’expose imprudemment s’il ne sait pas mettre un terme à la rencontre sans contrepartie et rediriger vers un interlocuteur mieux à propos le traitement de tel ou tel type de problème.
Aider une personne dans un «cabinet», bien que pratique, n’est peut-être pas des plus judicieux. En effet, un local spécifique avec une salle d’attente contribue malheureusement à faire d’une personne, un patient ou pire, un client. Il est préférable que le philothérapeute aille vers son rendez-vous, puisqu’en théorie il n’a pas besoin de matériel. Ajoutons que, bien que ses honoraires soient libres, il est préférable que les conditions d’existence même du philothérapeute ne dépendent pas de cette activité afin de ne pas «prescrire» de manière abusive des rendez-vous auprès de personnes par définition affaiblies. Les tarifs annoncés au Etats Unis, autours de 200 dollars la séance, jettent un doute sur l’honnêteté de la démarche aussi préconise t-on les tarifs modérés d’un praticien qui prend du temps pour une personne pendant, et hors la séance, ce qui n’est que formellement quantifiable. Une dimension humanitaire de don de soi et de gratuité correspond à la déontologie du philothérapeute, tel un médecin aidant des populations dans le besoin.
THÈMES
La personne: Vous.
La manière d’appréhension de la personne est une non-appréhension. En effet si «vous saisir» semble être l’enjeu premier d’une démarche de philothérapie, voir une demande précise, il faut pourtant à la fois vous décevoir, et donc, vous rassurer. Si vous vous saisissez vous même, autrement dit, qu’il vous semble assez simplement que vous vous conduisez librement dans l’existence, alors tout va bien. Seulement dès qu’on y pense, c’est-à-dire que je vous demande de revenir sur les valeurs, les motivations, les intentions accomplies ou non de vos actions, de vos pensées, nous entrons là dans une dialectique qui produit la pensée discursive d’un état dont on sait bien, par l’approximation confuse de nos modes de communication, qu’elle ne dit pas tout ou correctement tandis qu’il nous semble qu’on se révèle. L’intuition que l’on est bien soi constitue pourtant aussi le moteur de la construction de son caractère et par là même la manière de s’envisager. C’est comme mettre un filtre de la couleur de nous même pour (se) regarder en toute clarté. Pour faire face à cette incohérence, l’on suppose objectif et a-personnel la manière de voir le monde. Bref, on se fiche le filtre dans l’oeil jusqu’à l’âme. C’est bien de cela qu’on parle. Certes ainsi fait, soit la vérité n’est pas nôtre, alors comment autrui pourrait être mieux renseigné sur vous que vous même, soit il faut bien admettre que la vérité (subjective) ne dépersonnalise pas. (Je laisse méditer sur ce dernier point). L’analogie en matière de comportement humain est évidement catastrophique, puisque j’en vois qui projette sur ma minable personne leur conception de la nature humaine, et de fait, je ne me sais guère à mon avantage dans cette optique là. Naturellement on préfère se soustraire à cette vision, soit en adoptant une attitude sociale reconnue et déterminée, soit en n’en l’adoptant pas, ce qui semble passablement irresponsable jusqu’au moment ou, peut-être, on produit quelque bénéfice pour la communauté, alors c’était légitime. Si nous prenions un ton plus sérieux, ayant médité et tiré un enseignement pertinent de l’existentialisme dévoué de Sören Kierkegaard, une personne ne se sait jamais autant être que quand elle souffre, tandis qu’elle se contraint à l’aveuglement en une telle matière.
Tout va bien donc, puisqu’on le sait, inutile au philothérapeute de prendre un air circonspect et inquisiteur, et de projeter sur une maladresse sémantique et linguistique, l’impression d’un absolu rédhibitoire. La personne donc, n’est pas une simple dignité universelle telle que Kant le pose. Sa dignité n’est pas fondée en droit, dans un idéalisme précaire en équilibre sur une morale élastique. Elle n’est pas un concept qu’une analogie teinté d’empathie projète par humanisme sur un autrui-là. Vous n’êtes pas qu’un citoyen, ou un citoyen du monde, écartelé entre marxisme et libéralisme. Si les grecs se définissaient comme des civilisés, par la culture et des frontons proto-corinthiens, en opposition à d’autres qu’ils rejetaient dans l’animalité sylvestre (sauvage) il paraît difficile de nier l’origine même de la personne; Bob. On aurait pu dire Adam ou Eve, mais il n’est pas question de parler seulement de l’homme déchu, mais plutôt de l’humain révélé en un tel. La personne donc: c’est mon ami Bob. Je sais, il paye, mais mes tarifs sont très raisonnables au regard du temps passé à le rassurer, le comprendre, et lui donner des devoirs du soir qu’il me faut corriger: son bonheur.
La personne; je veux bien faire un peu de poésie, et acquiescer sur l’ineffable image divine qu’elle recèle, mais le travail du philosophe est bien de formuler des intermédiaires entre de nobles aspirations et la petitesse de notre condition. Il arrivera peut-être un temps où elle se co-saisira dans l’indicible Esprit Saint, mais comme rien dans la théologie de la Grâce ne démontre une suprématie de celle-ci sur notre nature, il conviendra, en fait de vie spirituelle,d’user ses fonds de culotte sur la rugosité de la vie, et donc, de bien faire ses devoirs.
L’insistance de ces derniers est de première importance dans notre démarche, car c’est dans l’actualisation de la personne que la personne se personnifie. Il faut donc bien jeter la télé. Et apprendre à jouer au échec, comprendre les subtilités du théâtre No, tout en connaissant par coeur les techniques de préparation du lièvre à la royale (il faut un lièvre adolescent près-pubère) et en gentleman, n’en faire état que lorsque la situation le permet et ainsi être à-propos en toutes circonstances autant que faire se peut. Certes le ton dégagé qui est pris ici ne doit pas éclipser le caractère fondamental de telles assertions, car en dépit du monde moderne, du scientisme, de tous les déterminismes qui nous sont inculqués, il appert que la personne, qui n’est pas qu’un individu que la sociologie méprise en tant que sujet unitaire, est bien en mesure de se construire, de se conduire elle-même, si tant est qu’elle trouve légitime de se co-axer avec le bien, voire même, et préférablement, le bien commun. Le don, la gratuité, l’amour qui s’en prévaut, augmentera en effet toujours plus dans l’être la personne que celle dont les actes peuvent se mesurer et être convertis rationnellement en satisfactions humaines (au détriment d’autrui ) et en augmentation d’avoir ou d’expérience…Bien qu’un minimum de confort est nécessaire à l’exercice de la vertu. (Dit l’Augustin qui finit saint).
Maintenant, le sentiment de satisfaction de soi est ce qu’il y a de mieux partagé, chacun s’en estimant insuffisamment pourvu, dans l’exacte proportion qu’il est un sine nobilitatis. Par contre, celui qui se donne, est celui que se sait avoir suffisamment reçu pour donner plus qu’il n’a reçu. Ainsi la formule mathématique peut s’écrire de telle manière que la partie est plus grande que le tout, à quelque échelle qu’on se situe. Les vertus cardinales ne sont pas faites uniquement pour les marins, mais bien pour tout personne qui doit saisir que la frustration qu’apporte la vie peut être pris à son compte comme une passion utile à dépasser et cultiver la vertu de tempérance, et si c’est en partageant son quignon de pain avec le voyageur, vous faite acte de justice, alors que vous avez une dalle d’enfer, vous faite acte de force, vous, dont la prudence vous en a conseillé la conduite. Bravo Bob! Après cela vous pouvez parler théâtre No à votre compagnon, s’il n’a pas pris la décision de prendre une autre route que la vôtre.
Petit rappel méthodologique: que dit-on lorsque l’on dit que la personne est indicible? Hé bien, tel Socrate lorsque qu’il dit qu’il ne sait qu’une choses c’est qu’il ne sait rien, ce qu’il fait là, en plus de faire naître le désir d’aimer la sagesse, c’est qu’il affirme positivement qu’il prend sa connaissance pour objet de connaissance, c’est-à-dire, une conscience de sa conscience. Quand on dit que la personne est indicible, on ne manifeste pas par là une incapacité sémantique ou conceptuelle, bien au contraire, on affirme que la personne n’est ni assimilable à un concept, ou même une idée, aussi nobles soient-ils. L’expression d’une si grossière incohérence manifeste pour l’homme d’esprit le dépassement transcendantal qu’il opère sur un sujet qui ne doit pas sans risquer de le dénaturer être manifesté par quelques termes qui voudrait prétendre en rendre compte. Maîtriser intellectuellement les transcendantaux qui président à l’intuition des «objets» de connaissance les plus nobles constitue pour le philothérapeute son outil de travail indispensable pour qui veut réellement prétendre à une science de l’âme. Un tel regard, quelques soient la manière dont une aide se déroule, est absolument indispensable, sans quoi c’est la maladie qui se prendra pour le remède…
LA PHILOSOPHIE
Si c’était elle, mais vraiment elle, alors elle serait bien féminine. Non pas parce que c’est un nom féminin, mais parce qu’elle aurait la première place. Elle est ce en quoi tout est pensable, tout est hiérarchisable. Alors il y faut aller à fond! C’est comme de l’amour, en effet, éperdument, sauf qu’on ne s’y perd pas, on s’y gagne au contraire. On s’y appréhende sois-même, et par voie de fait, aussi autrui. Si ce n’était pas le cas, toute cette démarche de philothérapie n’aurait qu’un sens limité, et probablement mercantile. Mais ce n’est pas le cas, puisque le philosophe, qui s’est saisi lui-même, et qui en a été saisi de cette préhension, y va à fond. Il se donne pour autrui, parce que autrui est un humain comme lui, noble dans sa blessure, grand dans sa dignité, puissant dans ses actes, malheureux dans ses destinées, et qu’il le sait mieux qu’un non-philosophe. Son engagement pour autrui n’est pas fondé dans un humanisme, mais dans le personnalisme de son humanisme. C’est un rapport de maître à disciple, quand le maître sait que le disciple est le premier ministre de son éducation. Ce n’est pas une question de degré, c’est une question d’intention, et probablement, de regard. Qui n’a jamais rencontré de philosophe? Peut-être que quelques uns on eu la chance, si s’en est vraiment une, plutôt qu’une pénible paternité, d’avoir eu des professeurs de philosophie, parfois même des maîtres, des conférenciers, des universitaires…Mais qu’est-ce de nos jours qu’être en face d’un philosophe? A quoi peut-il bien ressembler? A-t-il une grande barbe? Se nourrit-il de graines? Non, il est au milieu de vous, il achète aussi de la lessive, et s’interroge sur l’intérêt des ampoules basse consommation. Mais alors comment le reconnaît-on puisqu’il commet des impairs en conduisant, et à dû aussi passer pour un abrutis ou un dangereux personnage!?
Hé bien, si vous ne pouvez pas le soupçonner en lisant ces mots, c’est qu’il vous faut vous demander si vos sens ne vous tromperaient pas au point de ne pas s’y fier du tout? Ce sont bien des choses de l’esprit dont il est question, non pas qu’il s’agisse de mépriser tout ce qui semble ne pas en avoir, mais bien la sollicitation continuelle du monde sur notre sensibilité fait de notre pensée une simple passion plus ou moins réactive. Le philosophe est libre de cette sollicitation, et la prend comme une curiosité, ou bien une admiration, parce qu’il agit avec son esprit, non pas dans la simple spontanéité de l’intellect, qui produit le système scientifique expérimental mondiale, mais selon un ordre et des méthodes propres à l’objet étudié. Oui, on n’utilise pas les mêmes outils conceptuels si on étudie l’âme, ou la matière, ou la morale, ou la politique, ou l’universel, ou le singulier etc.
Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.
Aussi, les intervenants en développement personnel pratiquent l’art de détourner toute tendance ou nouveau concept au profit de leurs pratiques, pour autant qu’ils parviennent à convaincre leurs clientèles.
J’ai suivi de près le massacre du concept d’intelligence émotionnelle popularisé par le journaliste Daniel Goleman dans les pages du New York Times. En 1995, il signe l’essai Emotional Intelligence: Why It Can Matter More Than IQ. La traduction française paraîtra l’année suivante sous le titre L’intelligence émotionnelle – Comment transformer ses émotions en intelligence. Ce livre deviendra un succès de vente (best-seller) dans différents pays avec cinq millions d’exemplaires vendus en 40 langues différentes.
Daniel Goleman, psychologue américain, est l’auteur de nombreux best-sellers dont L’Intelligence émotionnelle et Cultiver l’intelligence émotionnelle, parus chez Robert Laffont. Ancien journaliste au New York Times, il a co-créé un centre collaboratif pour l’apprentissage académique, social et émotionnel au Centre d’études sur les enfants de l’université de Yale (aujourd’hui à l’université de Chicago).
Votre réussite dépend moins de votre QI que de votre capacité de comprendre, de maîtriser et d’utiliser adroitement vos émotions : telle était la thèse du premier ouvrage révolutionnaire de Daniel Goleman, L’Intelligence émotionnelle. Et la bonne nouvelle qui découlait des recherches dont le livre faisait état était que l’intelligence émotionnelle pouvait être cultivée, améliorée. Dans son nouvel ouvrage, Daniel Goleman aborde le rôle de L’Intelligence émotionnelle dans le cadre du travail, et révolutionne non seulement la manière dont nous envisageons nos carrières, mais aussi la façon dont les entreprises doivent gérer leur potentiel humain.Ce livre est d’abord le résultat d’une longue enquête internationale de trois ans qui a permis à Daniel Goleman de rencontrer les dirigeants de plus de cinq cents entreprises, mais aussi des centaines de cadres et d’employés qui sont tous des « stars » sur leur lieu de travail. La principale conclusion en est que le premier facteur de réussite ce n’est ni le QI, ni les diplômes, ni l’expertise technique, mais l’intelligence émotionnelle.Les dernières recherches en psychologie et en neurobiologie prouvent que nous sommes tous capables d’améliorer notre intelligence émotionnelle, où que nous en soyons dans notre vie intime ou professionnelle. Daniel Goleman propose ici un cadre clair, scientifiquement fondé, nous permettant de cultiver ces aptitudes inestimables…
Les intervenants en développement personnel ont sauté sur le concept d’intelligence émotionnelle comme la misère sur le pauvre monde. Ils proposent différentes approches et des activités les plus variées plus ou moins fidèles au concept original. Il suffit d’effectuer une recherche avec les mots-clés « intelligence émotionnelle coach » sur Google pour constater soi-même leur créativité.
Évidemment, on ne peut pas être contre la vertu. On reconnaîtra le succès de certaines interventions en intelligence émotionnelle auprès personnes et entreprises puisqu’elles portent bel et bien les fruits attendus en référence aux témoignages de clients de plusieurs coachs.
Cependant, le secteur dévolu à l’intelligence émotionnelle dans les domaines du coaching et du développement personnel manque de balises objectives, même si certaines organisations d’intervenants improvisent un tel cadre et respectent un code d’éthique.
Des efforts sont déployés pour éloigner les charlatans du secteur de l’intelligence émotionnelle. Aujourd’hui, il y a peu plus d’ordre dans ce secteur.
Cet exemple de dérive se réfère uniquement à l’époque de la popularisation de l’intelligence émotionnelle dans les années 1990 et le début des années 2000.
Cette dérive doit inspirer la prudence chez les philothérapeutes (philosophes consultants, philosophes praticiens, (peu importe le titre)) en les incitant à doter leurs pratiques de balises d’autant plus que la philosophie se décline en un grand nombre de philosophies. Il y autant de philosophies qu’il y a de philosophes.
La vulgarisation grandissante de la philothérapie entraîne lentement mais sûrement sa popularité depuis les années 1990. Le nombre de livres publié sur le sujet à destination du grand public explique en partie cette popularité grandissante. La plupart de ces livres sont signés par des intervenants dans le secteur de la philosophie pratique.
Le terme « philothérapeute » suscite une certaine controverse liée à la référence au concept de « thérapie » habituellement réservé à la médecine et dont l’usage est parfois encadré par des lois nationales. Par conséquent, certains intervenants abandonnent le terme « philothérapeute » au profit de :
philosophe clinicien;
philosophe praticien;
praticien du conseil philosophique;
philosophe consultant.
D’autres intervenants, notamment mais pas exclusivement, en Amérique assument pleinement le titre de « philothérapeute » en rappelant l’aspect thérapeutique de la philosophie ou sur la définition historique du mot « thérapie » qu’ils résument par « prendre soin de ».
(…) Du grec ancien ????????, therapeía (« cure ») dérivé de ????????, therapéuô (« servir, prendre soin de, soigner, traiter »), lui-même issu de ???????, therápôn (« serviteur »), la thérapie prend ses racines dans le soin, dans le service.(…)
De ce point de vue, la philosophie montre les limites de certaines formes de psychanalyse et de psychothérapie, par exemple en attirant notre attention sur le caractère limité de leurs postulats méthodologiques. En outre, la philosophie a les moyens d’assimiler les résultats d’observations psychanalytiques pour élaborer, par exemple, une meilleure théorie de la vie spirituelle de l’homme. On peut donc évoquer la possibilité d’une thérapie philosophique, une thérapie de l’esprit humain au moyen de la philosophie.
La raison étant le premier contre-pouvoir des passions qui menacent de nous faire souffrir, la prééminence que la philosophie réserve à cette faculté a bel et bien une fonction thérapeutique. L’exercice de la pensée rationnelle est soin de l’âme dans l’exacte mesure où elle détourne de la maladie du désir, et le logos éclaire les passions sous un jour qui permet de prendre conscience des douleurs qui doivent fatalement leur succéder. La réflexion philosophique permet de surmonter le plus redoutable argument de la partie inférieure de l’âme, à savoir la garantie de l’ivresse, et la fonction thérapeutique du logos consiste essentiellement à faire apparaître que le grand mal du manque et de l’envie ne compense pas le petit bien d’une volupté passagère. L’analyse rationnelle guérit des plaisirs en révélant les mensonges de la séduction, et l’homme rationnel a effectivement une dimension de plus que l’homme séduit. Galien rapporte ainsi une phrase essentielle de Chrysippe : « Une fois que le temps a fait son œuvre et que l’ardeur de la passion se relâche, on peut espérer que le logos, s’infiltrant et prenant pour ainsi dire possession de la place, présente l’absurdité de la passion (paristanai tên ton pathous alogian). »38 Ici, ajoute André-Jean Voelke, « […] la thérapeutique consiste donc à « présenter » (paristantai) ou « montrer » (paradeiknumai) le caractère irrationnel et discordant de la passion. Cette opération mobilise le logos, et l’on peut certes y voir un retour spontané à la raison où une mise à la raison. »39
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38 Cité par André-Jean Voelke, La philosophie comme thérapie de l’âme, op. cit., p. 79.
39 Ibid.
Je maintiens l’usage du terme « philothérapie » lorsque le secteur n’est pas ou peu connu auprès d’une population donnée (c’est le cas au Québec) et parce qu’il permet de faire la comparaison avec le terme déjà bien répandue « psychothérapie », en les distinguant nettement l’un de l’autre. L’usage du terme « philothérapie » se prête bien à l’introduction de la consultation philosophique dans le cadre des premiers pas de sa mise en marché.
Il oblige à délimiter le territoire de la psychologie et celui de la philosophie et leurs buts distinctifs. On relèvera que la philothérapeute ne s’adresse pas à des malades et ne guérit pas les maladies mentales ou psychiques. Le philothérapeute ne pratique pas la médecine. La philothérapie vise l’existence, l’esprit, la raison et le réel.
Pour l’immense majorité des praticiens, les limites de leur discipline sont très claires: la philosophie est impuissante à guérir les maladies psychiques, et ce n’est surtout pas son rôle. Elle se distingue de la psychothérapie à la fois dans ses objectifs et dans les moyens qu’elle se donne pour y parvenir. «La philosophie rappelle à ceux qui souffrent qu’ils ne sont pas seuls, que leur mal est lié au fait d’être humain, tandis que la psychanalyse leur dit qu’ils sont seuls à souffrir de la souffrance qui est la leur», résume le philosophe français Charles Pépin. L’entretien philosophique ne se joue pas sur le terrain du ressenti, mais sur celui de la raison et de la pensée critique.
Le conseil philosophique occupe un espace bien distinct de la psychothérapie, du coaching ou des pratiques de développement personnel. Mais la relative jeunesse de ce métier, la faiblesse des structures actuelles pour former ses intervenants et réglementer ses pratiques permet à des gens parfois peu compétents de vouloir prendre leur part de gâteau dans ce marché florissant du bonheur.
Nous y voilà enfin : la philothérapie peu dériver entre les mains de « gens parfois peu compétents » en quête nouvelles sources de revenus en allongeant la liste de leurs thérapies alternatives ou celles de leurs services en coaching.
coaching n. m. – Bien que l’emprunt à l’anglais coaching soit utilisé par les organisations internationales et par beaucoup d’entreprises du secteur de l’accompagnement professionnel, il ne s’inscrit pas sans réserve dans la norme sociolinguistique du français au Québec. En effet, coaching, qui est polysémique, est employé dans d’autres domaines que la gestion (en sport, par exemple), domaines dans lesquels il est souvent critiqué et, de ce fait, perçu négativement. Cette situation a pour conséquence d’influencer l’emploi en gestion de coaching qui, même s’il est implanté, n’est pas d’usage totalement neutre au Québec et n’est donc pas retenu.
La philothérapie a besoin de balises pour éviter toute dénaturation entre les mains d’intrus. Des associations nationales de consultants philosophes voient le jour et structurent le secteur selon certaines balises plus ou moins précises :
Malgré les rencontres (dites) internationales, les intervenants n’ont pas encore adopté une charte commune de référence, ce qui maintient la voie ouverte à tout un chacun pour écrire sa propre charte.
On observe aussi le phénomène dans les écoles improvisées de formation de philothérapeutes. Les « principes » et les « chartes » varient d’une école à l’autre en raison de l’approche retenue.
Car en plus des variations des chartes et des principes, il faut tenir compte des différentes approches. Certains philothérapeutes choisissent une approche particulière suivant l’école ou le courant philosophique, souvent historique (ex.: dialogue socratique¹), à laquelle ils adhèrent.
¹ Dialogue socratique. Conversation propre à mettre en évidence la contradiction et à mener l’interlocuteur à la vérité. Source : https://www.cnrtl.fr/definition/socratique
Aussi, la philosophie n’échappe pas aux interprétations des différentes écoles, multipliant ainsi les approches pour une même école de pensée. D’autres développent eux-mêmes une approche originale qui sied davantage à leurs profils et à leurs intérêts. Et pour compliquer encore un peu plus l’affaire, relevons le fait que des philothérapeutes intègrent à la philothérapie d’autres thérapies alternatives (hypnoses, méditations… et même la danse).
« Nous voilà bien mal amanchés », comme on dit chez-nous. L’absence d’associations nationales, de balises ou, le cas échéant, les différentes variations des balises existantes force des choix personnels et professionnels.
ÊTRE RAISONNÉ ET ÊTRE ÉMOTIF
À titre d’observateur, je note dans les textes des philothérapeute une absence généralisée de préoccupations face à l’impact de leurs interventions auprès de leurs clients une fois de retour dans leur environnement social. Tout changement de mode de penser et tout changement de comportement chez un individu impliquent son environnement social, soit l’ensemble de ses relations inter-personnelles.
De tels changements se produisent souvent à la suite d’une révélation ou d’un traumatisme et entraînent parfois l’individu dans un enthousiasme débridé pour le plus grand bonheur ou le plus grand malheur de son environnement social. De là, l’avancée de la pensée critique et des prises de conscience grâce à la philothérapie perdra de son efficacité face au ressac émotif d’après la séance.
J’ai observé un tel choc émotif de l’entourage des nouveaux convertis à la suite de l’adhésion à une secte, une nouvelle religion ou un changement de religion. Convaincu d’avoir trouvé la vérité, le nouveau converti bouscule son environnement social, lorsqu’il ne l’abandonne pas.
« La philosophie se vit », dit-on. Alors, il faut absolument que le philothérapeute soit conscient et avenant face au retour de son client dans son environnement social de façon à ce que son nouveau mode de penser et son changement de comportement ne soient pas pour lui et une source de problèmes dans ses relations.
Dans ce contexte, le philothérapeute doit prendre en considération à la fois l’Être rationnel et l’Être émotif de son client, l’un n’allant pas sans l’autre. Il ne servira à rien de brimer les émotions du client, de le rendre coupable de ses émotions et encore moins de lui demander de les refouler lors d’une séance, comme je l’ai vécu en formation avec un philosophe praticien.
Être rationnel, ce n’est pas se couper de ses émotions. Le cerveau qui pense, qui calcule, qui décide n’est pas autre chose que celui qui rit, qui pleure, qui aime, qui éprouve du plaisir et du déplaisir. Le cœur a ses raisons que la raison… est loin d’ignorer. Contre le vieux dualisme cartésien et contre tous ceux qui voudraient réduire le fonctionnement de l’esprit humain à de froids calculs dignes d’un super ordinateur, c’est en tout cas ce que révèlent les acquis récents de la neurologie : l’absence d’émotions et de sentiments empêche d’être vraiment rationnel.Antonio R. Damasio est professeur de psychologie, de neurosciences et de neurologie. Il est directeur de l’Institut pour l’étude neurologique de l’émotion, de la décision et de la créativité à l’Université de Californie du Sud. Il est également l’auteur de Spinoza avait raison et du Sentiment même de soi. Source : Éditions Odile Jacob.
Aucune dérive quant au respect de l’Être rationnel et de l’Être émotif ne saurait être tolérée en philothérapie.
VERBALISATION ET DISCUSSION
Le besoin de verbalisation du client face à son philotérapeute impose le même respect. On connaît déjà le rôle essentiel de la verbalisation en psychologie, d’où l’objectif d’amener le patient à parler de ce qu’il vit et a vécu pour l’aider. Permettre au client de s’exprimer lors d’une séance de philothérapie, et ce, dans le but d’amorcer un dialogue d’égal à égal avec lui s’avère tout aussi essentiel.
Le mode de penser, les erreurs de pensées, le manque de logique, le manque de recul critique face à ce que le client pense ne tombent pas du ciel et ne relève certainement pas uniquement de la raison du client. Laisser l’Être raisonné s’exprimer s’inscrit dans la thérapie philosophique.
Évidemment, la séance de philothérapie ne consiste pas en un pur exercice de verbalisation. La consultation philosophique consiste en un dialogue avec le client, un dialogue d’égal à égal. Car les deux personnes impliquées apprendront l’une de l’autre.
Lorsque le client verbalise, surtout lorsqu’il justifie ce qu’il pense, même dans un contexte psychologique où l’Être émotif prend le dessus, on le ramènera doucement à la raison sans jamais le réprimer de s’être exprimé, comme je l’ai vécu en formation avec un philosophe praticien. Le philothérapeute informera son client des conditions du déroulement de la séance mais ne sortira pas sa hache à chaque bifurcation. Il se montrera prévenant car le client peut éprouver des difficultés à donner la parole à son Être raisonné, surtout s’il le fréquente peu.
Aucune dérive quant au respect du besoin de verbalisation du client ne saurait être tolérée en philothérapie.
PRENDRE EN DÉFAUT LA RAISON
Pour certains philothérapeutes dogmatiques adeptes du dialogue socratique pur et dur bombardent leurs clients de questions en vue de prendre en défaut la logique de leurs réponses pour forcer une prise de conscience, un recul critique, souvent dans une approche plus théorique que pratique. Le philothérapeute jongle avec des concepts dont il a une parfaite maîtrise mais sans aucune référence chez le client. Une séance de philothérapie ne consiste pas à dominer le client en lui démontrant qu’il est dans l’erreur, que sa logique ne tient pas la route, que ses arguments sont mal-fondés, et ce, même si le client a la fâcheuse tendance à se donner raison pour garder son équilibre.
Pour demeurer dans un cadre purement philosophique, le repérage de la moindre émotion chez le client devient une obsession chez certains philothérapeutes. Or, si le philothérapeute passe sont temps à signaler au client ses émotions, tous les mécanismes de défense du client se mettent en branle. Le client se braque, parfois sans le laisse transparaître, si ce n’est pas un comportement nerveux. La confrontation incluse dans le dialogue socratique sera efficace que si elle n’aveugle pas la raison du client par de trop vives lumières. Il y a des limites à pousser son client dans les câbles et à le mettre en pièce dans tout son Être.
Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.
Source : MOOR (DE), MIEKE, Avant-propos, Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, p.13.
Aristote est connu pour sa théorie rhétorique et pour analyser la relation entre les émotions et la persuasion. On peut soutenir que Platon a été le premier à explorer et à acquérir des connaissances significatives sur cette relation. Par exemple, le Sophiste 230b-230e5 de Platon (le passage du « noble sophisme ») montre clairement le lien entre le niveau logique et le niveau émotionnel que l’on retrouve dans l’elenchus socratique (réfutation). Pour être complète, la purification a également besoin d’un accord psychologique, qui est le résultat de la collaboration avec les émotions, principalement la honte.
Surtout dans les premiers dialogues platoniques, Socrate n’aborde pas seulement la partie intellectuelle de l’âme des interlocuteurs, en audience ou en public, mais il utilise également le canal émotionnel. Ce processus a lieu pour diverses raisons : d’abord pour orienter le dialogue et transmettre un contenu spécifique au public, mais aussi pour accompagner l’interlocuteur à travers une véritable transformation de soi – une transformation ayant le pouvoir d’engendrer un nouveau style de vie.
En d’autres termes, Platon suscite la collaboration des sphères rationnelle et émotionnelle afin d’inciter les citoyens à poursuivre un style de vie philosophique, changeant ainsi leurs modes de vie, leurs valeurs et leurs modèles.
Ainsi, les émotions permettent la constitution de l’identité dans la dimension cognitive intersubjective parallèlement à une transformation de soi. Ceci est possible grâce à leur caractère médiateur : les émotions ne sont pas des aspects irrationnels mais des instances médiatrices entre l’irrationnel et le rationnel. En d’autres termes, ils sont cruciaux pour le bien-être harmonieux de l’individu – et de la polis – qui est à la recherche de la juste composition. Lorsqu’elles sont correctement orientées, les émotions – grâce à la collaboration avec la composante rationnelle – sont la force motrice qui conduit l’âme à la découverte de la vérité. Si toutefois les émotions sont corrompues et ne sont pas régies par la partie rationnelle de l’âme, elles conduisent l’âme à commettre les plus grands méfaits (dans cette perspective, l’analyse de l’âme du tyran menée dans la République est exemplaire).
Source : CANDIOTTO, Laura, Emotion in dialogue – A new proposal : the integral socratic dialogue, Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, pp. 79-80.
P.S. : Polis – Wikipédia.: «En Grèce antique, la polis (en grec ancien ????? / pólis ; « cité » dans l’étymologie latine « civitas » ; au pluriel poleis) n’est pas une cité-État, le mot État étant anachronique, mais une communauté de citoyens libres et autonomes(1), le corps social lui-même, l’expression de la conscience collective des Grecs(2).»
(1) Le mot grec polis a donné le mot politique (politics en langue anglaise) : dans la Grèce antique, les politai (citoyens) étaient les acteurs de la vie politique.
(2) Louis Gernet, Les débuts de l’hellénisme, Les Grecs sans miracle, Paris, 1983
Prendre en défaut la raison du client sans tenir compte des implications de ses émotions ne constitue pas une pratique raisonnable d’une séance de philothérapie.
Aucune dérive quant au respect
de l’Être raisonné et de l’Être émotif du client
ne saurait être tolérée en philothérapie.
LA PERSONNALITÉ DU PHILOTHÉRAPEUTE
La philothérapeute se doit de prendre en considération sa personnalité dans la conduite de la ou des séances avec son client. Le type de relations inter-personnelles du philothérapeute influence sa pratique. Il en va de même chez tous les consultants et dans toutes les consultations en tous les domaines.
Le philothérapeute a aussi l’obligation de tenir compte du type de relations inter-personnelles de son client.
Suis-je un analytique, un fonceur, un aimable ou un expressif ? Mon client est-il du type analytique, fonceur, aimable ou expressif ?
Je me réfère en cela à Larry Wilson, auteur de « The Social Styles Handbook: Find Your Comfort Zone and Make People Feel Comfortable with You » et en partie inspiré du livre « Personal Styles & Effective Performance » par David W. Merrill et Roger H Reid.
Commencer une séance de philothérapie avec succès implique l’amorce d’un dialogue inter-personnel dans le plus grand respect de la personnalité de chacun, des besoins et des capacités propres à chacune. J’aime bien la grille de Wilson en raison de sa simplicité et de ma propre expérience de son efficacité dans les années 1990 dans le cadre des activités de ma firme de recherche en marketing.
On ne saurait pas prendre soin de son client sans considérer sa personnalité et la sienne. Par ailleurs, les philosophies misent développer et mise en l’avant par les grands philosophes demeurent intimement liées à leur personnalité respective.
Je vote pour une philothérapie balisée par le respect inconditionnel
de l’Être rationnel et de l’Être émotionnel du client.
Toute charte valable prendra en considération le respect du client,
dans ses forces et ses faiblesses.
Un dialogue socratique entre le philothérapeute et son client
ne sera jamais en proie à une brutalité intellectuelle.
La meilleure question vient toujours du client !
Liste de tous les articles par ordre de publication
Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».
La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).
L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.
L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.
Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.
Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.
Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».
À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.
J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.
J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.
La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.
Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.
Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».
Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)
Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface, p. 9.
J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.
Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, « La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.
J’ai acheté et lu « S’aider soi-même » de Lucien Auger parce qu’il fait appel à la raison : « Une psychothérapie par la raison ». Les lecteurs des articles de ce dossier savent que je priorise d’abord et avant tout la philothérapie en place et lieu de la psychothérapie. Mais cette affiliation à la raison dans un livre de psychothérapie m’a intrigué. D’emblée, je me suis dit que la psychologie tentait ici une récupération d’un sujet normalement associé à la philosophie. J’ai accepté le compromis sur la base du statut de l’auteur : « Philosophe, psychologue et professeur ». « Il est également titulaire de deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en psychologie » précise Wikipédia. Lucien Auger était un adepte de la psychothérapie émotivo-rationnelle créée par le Dr Albert Ellis, psychologue américain. Cette méthode trouve son origine chez les stoïciens dans l’antiquité.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.
Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.
J’accorde au livre Agir et penser comme Nietzsche de Nathanaël Masselot cinq étoiles sur cinq. Aussi facile à lire qu’à comprendre, ce livre offre aux lecteurs une excellente vulgarisation de la philosophie de Friedricha Wilhelm Nietzsche. On ne peut pas passer sous silence l’originalité et la créativité de l’auteur dans son invitation à parcourir son œuvre en traçant notre propre chemin suivant les thèmes qui nous interpellent.
Tout commence avec une entrevue de Myriam Revault d’Allonnes au sujet de son livre LA FAIBLESSE DU VRAI à l’antenne de la radio et Radio-Canada dans le cadre de l’émission Plus on de fous, plus on lit. Frappé par le titre du livre, j’oublierai le propos de l’auteur pour en faire la commande à mon libraire.
Le développement personnel fourmille de personnes de tout acabit qui se sont improvisées conseillers, coachs, thérapeutes, conférenciers, essayistes, formateurs… et auxquelles s’ajoutent des praticiens issus des fausses sciences, notamment, divinatoires et occultes, des médecines et des thérapies alternatives. Bref, le développement personnel attire toute sorte de monde tirant dans toutes les directions.
Je n’aime pas cette traduction française du livre How we think de John Dewey. « Traduit de l’anglais (États-Unis) par Ovide Decroly », Comment nous pensons parait aux Éditions Les empêcheurs de penser en rond / Seuil en 2004. – Le principal point d’appui de mon aversion pour traduction française repose sur le fait que le mot anglais « belief » est traduit par « opinion », une faute majeure impardonnable dans un livre de philosophie, et ce, dès les premiers paragraphes du premier chapitre « Qu’entend-on par penser ? »
Hier j’ai assisté la conférence Devenir philothérapeute : une conférence de Patrick Sorrel. J’ai beaucoup aimé le conférencier et ses propos. J’ai déjà critiqué l’offre de ce philothérapeute. À la suite de conférence d’hier, j’ai changé d’idée puisque je comprends la référence de Patrick Sorrel au «système de croyance». Il affirme que le «système de croyance» est une autre expression pour le «système de penser». Ce faisant, toute pensée est aussi une croyance.
J’éprouve un malaise face à la pratique philosophique ayant pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur ignorance, soit le but poursuivi par Socrate. Conduire un dialogue avec une personne avec l’intention inavouée de lui faire prendre conscience qu’elle est ignorante des choses de la vie et de sa vie repose sur un présupposé (Ce qui est supposé et non exposé dans un énoncé, Le Robert), celui à l’effet que la personne ne sait rien sur le sens des choses avant même de dialoguer avec elle. On peut aussi parler d’un préjugé philosophique.
Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.
J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire « La pratique philosophique » de Jérôme Lecoq. L’auteur est un émule d’Oscar Brenifier, un autre praticien philosophe. J’ai vécu l’enfer lors de mes consultations philosophiques avec Oscar Brenifier. Ainsi toute association de près ou de loin avec Oscar Brenifier m’incite à la plus grande des prudences. Jérôme Lecoq souligne l’apport d’Oscar Brenifier dans les Remerciements en première page de son livre « La pratique philosophique ».
Quelle est la différence entre « savoir » et « connaissance » ? J’exprime cette différence dans l’expression « Je sais parce que je connais ». Ainsi, le savoir est fruit de la connaissance. Voici quatre explications en réponse à la question « Quelle est la différence entre savoir et connaissance ? ».
J’ai décidé de publier les informations au sujet des styles interpersonnels selon Larry Wilson parce que je me soucie beaucoup de l’approche de la personne en consultation philosophique. Il m’apparaît important de déterminer, dès le début de la séance de philothérapie, le style interpersonnel de la personne. Il s’agit de respecter la personnalité de la personne plutôt que de la réprimer comme le font les praticiens socratiques dogmatiques. J’ai expérimenté la mise en œuvre de ces styles inter-personnels avec succès.
Le livre « La confiance en soi – Une philosophie » de Charles Pépin se lit avec une grande aisance. Le sujet, habituellement dévolue à la psychologie, nous propose une philosophie de la confiance. Sous entendu, la philosophie peut s’appliquer à tous les sujets concernant notre bien-être avec sa propre perspective.
J’ai vécu une sévère répression de mes émotions lors deux consultations philosophiques personnelles animées par un philosophe praticien dogmatique de la méthode inventée par Socrate. J’ai témoigné de cette expérience dans deux de mes articles précédents dans ce dossier.
Vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir / Le voyage / Il n’y a de repos que pour celui qui cherche / Il n’y a de repos que pour celui qui trouve / Tout est toujours à recommencer
Que se passe-t-il dans notre système de pensée lorsque nous nous exclamons « Ah ! Là je comprends » ? Soit nous avons eu une pensée qui vient finalement nous permettre de comprendre quelque chose. Soit une personne vient de nous expliquer quelque chose d’une façon telle que nous la comprenons enfin. Dans le deux cas, il s’agit d’une révélation à la suite d’une explication.
Âgé de 15 ans, je réservais mes dimanches soirs à mes devoirs scolaires. Puis j’écoutais l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada de 20h00 à 22h00. L’un de ces dimanches, j’ai entendu monsieur Languirand dire à son micro : « La lumière entre par les failles».
Le succès d’une consultation philosophique (philothérapie) repose en partie sur la prise en compte des biais cognitifs, même si ces derniers relèvent avant tout de la psychologie (thérapie cognitive). Une application dogmatique du dialogue socratique passe outre les biais cognitifs, ce qui augmente les risques d’échec.
Depuis mon adolescence, il y a plus de 50 ans, je pense qu’il est impossible à l’Homme d’avoir une conscience pleine et entière de soi et du monde parce qu’il ne la supporterait pas et mourrait sur le champ. Avoir une pleine conscience de tout ce qui se passe sur Terre et dans tout l’Univers conduirait à une surchauffe mortelle de notre corps. Il en va de même avec une pleine conscience de soi et de son corps.
Le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre français, a été interrogé par la journaliste Pascale Senk du quotidien Le Figaro au sujet de son livre Savoir se taire, savoir parler, coécrit avec Laurent Carouana et paru en 2017. Le titre de l’article a retenu mon attention : Psychologie: «il faut sortir de l’hystérie de la parole».
Reproduction de l’article « Comment dialoguer de manière constructive ? », un texte de Julien Lecomte publié sur son site web PHILOSOPHIE, MÉDIAS ET SOCIÉTÉ. https://www.philomedia.be/. Echanger sur des sujets de fond est une de mes passions. Cela fait plusieurs années que je m’interroge sur les moyens de faire progresser la connaissance, d’apprendre de nouvelles choses. Dans cet article, je reviens sur le cheminement qui m’anime depuis tout ce temps, pour ensuite donner des pistes sur les manières de le mettre en pratique concrètement.
Dans le récit initiatique, il s’agit de partir du point A pour aller au point B afin que le lecteur ou l’auditeur chemine dans sa pensée vers une révélation permettant une meilleure compréhension de lui-même et/ou du monde. La référence à la spirale indique une progression dans le récit où l’on revient sur le même sujet en l’élargissant de plus en plus de façon à guider la pensée vers une nouvelle prise de conscience. Souvent, l’auteur commence son récit en abordant un sujet d’intérêt personnel (point A) pour évoluer vers son vis-à-vis universel (point B). L’auteur peut aussi se référer à un personnage dont il fait évoluer la pensée.
Cet article présente un état des lieux de la philothérapie (consultation philosophique) en Europe et en Amérique du Nord. Après un bref historique, l’auteur se penche sur les pratiques et les débats en cours. Il analyse les différentes publications, conférences et offres de services des philosophes consultants.
J’ai découvert le livre « L’erreur de Descartes » du neuropsychologue Antonio R. Damasio à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
Ma lecture du livre ÉLOGE DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE de la philosophe praticienne SOPHIE GEOFFRION fut agréable et fort utile. Enfin, un ouvrage court ou concis (le texte occupe 65 des 96 pages du livre), très bien écrit, qui va droit au but. La clarté des explications nous implique dans la compréhension de la pratique philosophique. Bref, voilà un éloge bien réussi. Merci madame Geoffrion de me l’avoir fait parvenir.
Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».
Dans son livre « Sentir et savoir », Antonio Damasio propose « Une nouvelle théorie de la conscience ». Il démontre que la conscience ne peut pas exister sans le corps. Il identifie dans le corps la capacité de sentir comme préalable à la conscience.
Un si petit livre, seulement 46 pages et en format réduit, mais tellement informatif. Une preuve de plus qu’il ne faut se fier aux apparences. Un livre signé ROBERT REDEKER, agrégé de philosophie originaire de la France, connaît fort bien le sujet en titre de son œuvre : DÉPRESSION ET PHILOSOPHIE.
La plupart des intervenants en psychologie affirment des choses. Ils soutiennent «C’est comme ceci» ou «Vous êtes comme cela». Le lecteur a le choix de croire ou de ne pas croire ce que disent et écrivent les psychologues et psychiatres. Nous ne sommes pas invités à réfléchir, à remettre en cause les propos des professionnels de la psychologie, pour bâtir notre propre psychologie. Le lecteur peut se reconnaître ou pas dans ces affirmations, souvent catégoriques. Enfin, ces affirmations s’apparentent à des jugements. Le livre Savoir se taire, savoir dire de Jean-Christophe Seznec et Laurent Carouana ne fait pas exception.
Chapitre 1 – La mort pour commencer – Contrairement au philosophe Fernando Savater dans PENSER SA VIE – UNE INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE, je ne définie pas la vie en relation avec la mort, avec son contraire. Je réfléchie et je parle souvent de la mort car il s’agit de l’un de mes sujets préféré depuis mon adolescence. Certaines personnes de mon entourage pensent et affirment que si je parle aussi souvent de la mort, c’est parce que j’ai peur de mourir. Or, je n’ai aucune peur de la mort, de ma mort, de celles de mes proches. Je m’inquiète plutôt des conséquences de la mort sur ceux et celles qui restent, y compris sur moi-même.
À la lumière du documentaire LE SOLEIL ET DES HOMMES, notamment l’extrait vidéo ci-dessus, je ne crois plus au concept de race. Les différences physiques entre les hommes découlent de l’évolution naturelle et conséquente de nos lointains ancêtres sous l’influence du soleil et de la nature terrestre, et non pas du désir du soleil et de la nature de créer des races. On sait déjà que les races et le concept même de race furent inventés par l’homme en se basant sur nos différences physiques. J’abandonne donc la définition de « race » selon des critères morphologiques…
Dans le cadre de notre dossier « Consulter un philosophe », la publication d’un extrait du mémoire de maîtrise « Formation de l’esprit critique et société de consommation » de Stéphanie Déziel s’impose en raison de sa pertinence. Ce mémoire nous aide à comprendre l’importance de l’esprit critique appliqué à la société de consommation dans laquelle évoluent, non seule les jeunes, mais l’ensemble de la population.
Je reproduis ci-dessous une citation bien connue sur le web au sujet de « la valeur de la philosophie » tirée du livre « Problèmes de philosophie » signé par Bertrand Russell en 1912. Mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russell soutient que la valeur de la philosophie réside dans son incertitude. À la suite de cette citation, vous trouverez le texte de Caroline Vincent, professeur de philosophie et auteure du site web « Apprendre la philosophie » et celui de Gabriel Gay-Para tiré se son site web ggpphilo. Des informations tirées de l’Encyclopédie Wikipédia au sujet de Bertrand Russell et du livre « Problèmes de philosophie » et mon commentaire complètent cet article.
Passez donc sans vous arrêter, amis, au milieu des Marchands de Sommeil; et, s’ils vous arrêtent, répondez-leur que vous ne cherchez ni un système ni un lit. Ne vous lassez pas d’examiner et de comprendre. (…) Lisez, écoutez, discutez, jugez; ne craignez pas d’ébranler des systèmes; marchez sur des ruines, restez enfants. (…) Socrate vous a paru un mauvais maître. Mais vous êtes revenus à lui; vous avez compris, en l’écoutant, que la pensée ne se mesure pas à l’aune, et que les conclusions ne sont pas l’important; restez éveillés, tel est le but. Les Marchands de Sommeil de ce temps-là tuèrent Socrate, mais Socrate n’est point mort; partout où des hommes libres discutent, Socrate vient s’asseoir, en souriant, le doigt sur la bouche. Socrate n’est point mort; Socrate n’est point vieux. (…) – Alain, (Emile Charrier), Vigiles de l’esprit.
Tout au long de ma vie, j’ai vu la vérité malmenée, tassée d’un bord puis de l’autre, devenir une propriété personnelle (ma vérité — ta vérité — à chacun sa vérité), tantôt objet de monopôle, tantôt reconnue, tantôt niée et reniée… Ah ! La vérité. Quel chaos ! Je me demande depuis longtemps pourquoi la vérité, si elle existe, ne triomphe pas à tout coup, pourquoi elle ne s’impose à tous d’elle-même. Contestée de toutes parts, la vérité, si elle existe, n’a d’intérêt que pour l’opinion qu’on en a et les débats qui s’ensuivent. On va jusqu’à donner à la vérité une mauvaise réputation eu égard à son influence néfaste sur la société et les civilisations. Et que dire de toutes ces croyances qui se prennent pour la vérité ? Et c’est sans compter l’observation récente à l’effet que nous venons d’entrer dans une « ère de post-vérité ».
J’accorde à ce livre trois étoiles sur cinq. Le titre « Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs » a attiré mon attention. Et ce passage du texte en quatrième de couverture m’a séduit : «En proposant une voyage philosophique à travers l’histoire des émotions, Iaria Gaspari bouscule les préjugés sur notre vie émotionnelle et nous invite à ne plus percevoir nos d’états d’âme comme des contrainte ». J’ai décidé de commander et de lire ce livre. Les premières pages m’ont déçu. Et les suivantes aussi. Rendu à la moitié du livre, je me suis rendu à l’évidence qu’il s’agissait d’un témoignage de l’auteure, un témoignage très personnelle de ses propres difficultés avec ses émotions. Je ne m’y attendais pas, d’où ma déception. Je rien contre de tels témoignages personnels qu’ils mettent en cause la philosophie, la psychologie, la religion ou d’autres disciplines. Cependant, je préfère et de loin lorsque l’auteur demeure dans une position d’observateur alors que son analyse se veut la plus objective possible.
Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.
La philosophie, mère de toutes les sciences, recherche la sagesse et se définie comme l’Amour de la Sagesse. La sagesse peut être atteinte par la pensée critique et s’adopte comme Mode de vie. • La philosophie soutient la Science et contribue à la naissance et au développement de la méthode scientifique, notamment avec l’épistémologie.
La philothérapie, principale pratique de la philosophie de nos jours, met sans cesse de l’avant les philosophes de l’Antiquité et de l’époque Moderne. S’il faut reconnaître l’apport exceptionnel de ces philosophes, j’ai parfois l’impression que la philothérapie est prisonnière du passé de la philosophie, à l’instar de la philosophie elle-même.
Au Québec, la seule province canadienne à majorité francophone, il n’y a pas de tradition philosophique populaire. La philosophie demeure dans sa tour universitaire. Très rares sont les interventions des philosophes québécois dans l’espace public, y compris dans les médias, contrairement, par exemple, à la France. Et plus rares encore sont les bouquins québécois de philosophie en tête des ventes chez nos libraires. Seuls des livres de philosophes étrangers connaissent un certain succès. Bref, l’espace public québécois n’offre pas une terre fertile à la Philosophie.
J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il me permet d’en apprendre beaucoup plus sur la pensée scientifique telle que pratiquée par de grands scientifiques. L’auteur, Nicolas Martin, propose une œuvre originale en adressant les mêmes questions, à quelques variantes près, à 17 grands scientifiques.
Cet article répond à ce commentaire lu sur LinkedIn : « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique est indispensable. » Il m’apparaît impossible de viser « L’équilibre entre développement personnel et développement spirituel ou philosophique » et de prétendre que cet équilibre entre les trois disciplines soit « indispensable ». D’une part, le développement personnel est devenu un véritable fourre-tout où l’ivraie et le bon grain se mélangent sans distinction, chacun avançant sa recette à l’aveugle.
En ne s’unissant pas au sein d’une association nationale professionnelle fixant des normes et des standards à l’instar des philosophes consultants ou praticiens en d’autres pays, ceux de la France nous laissent croire qu’ils n’accordent pas à leur disciple tout l’intérêt supérieur qu’elle mérite. Si chacun des philosophes consultants ou praticiens français continuent de s’affairer chacun dans son coin, ils verront leur discipline vite récupérée à mauvais escient par les philopreneurs et la masse des coachs.