Article # 351 – La philosophie comme mode de vie : une voie de rétablissement pour les personnes dépendantes / Philosophy as a Way of Life as a Pathway to Recovery for Addicted Individuals, Guy Du Plessis, Utah State University, + Review by Matthew Sharpe, Deakin University


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Philosophy as a Way of Life as a Pathway to Recovery for Addicted Individuals

La philosophie comme mode de vie : une voie de rétablissement pour les personnes dépendantes

Guy Du Plessis, Utah State University (2022)

June 2022

Qeios.


Télécharger cet article (PDF) (Anglais)

DOI:10.32388/I7XT6M.3


Résumé

Traduit de l’anglais au français par Gemini Google

Dans cet essai, j’aborde les notions de motivation et d’auto-illusion (self-deception) en explorant la valeur de la philosophie dans le cadre du traitement de l’addiction. Plus précisément, j’y examine la notion de philosophie comme mode de vie (philosophy as a way of life) en tant que voie de rétablissement pour les personnes engagées dans ce processus. Mon hypothèse est que la philosophie comme mode de vie peut constituer une voie de rétablissement probante et légitime pour les personnes en voie de guérison de leur addiction, parmi de nombreuses autres voies possibles. Je me concentrerai sur la thérapie basée sur la logique (Logic-Based Therapy, LBT) appliquée au contexte du rétablissement de l’addiction. La présentation d’une étude de cas a pour but de montrer comment un client bénéficiant de la LBT se voit doté de techniques et d’une vision du monde susceptibles de contribuer à un programme de rétablissement d’orientation philosophique. Dans cette étude de cas, il a été conseillé au client d’appliquer la philosophie morale de Friedrich Nietzsche comme cadre philosophique constructif afin de contrer sa vision du monde improductive ainsi que ses raisonnements fallacieux. Compte tenu de l’efficacité manifestement faible des traitements contre l’addiction, articuler la valeur de la philosophie comme mode de vie en tant que parcours de rétablissement offre un cadre conceptuel et méthodologique pour l’élaboration de programmes novateurs de traitement et de rétablissement à base philosophique, élargissant ainsi l’éventail des options thérapeutiques et de rétablissement offertes à ceux qui cherchent à s’affranchir de la dépendance.

Abstract

Texte original en anglais

In this essay I address the notions of motivation and self-deception by exploring the value of philosophy in the context of addiction treatment. More specifically, in this essay I explore the notion of philosophy as a way of life as a recovery pathway for individuals in addiction recovery. My hypothesis is that philosophy as a way of life can be a compelling, and legitimate recovery pathway for individuals in addiction recovery, as one of many recovery pathways. I will focus on logic-based therapy (LBT) applied in the context of addiction recovery. The aim of presenting a case study is to show how a client receiving LBT is provided with techniques and a worldview that can contribute to a philosophically oriented recovery program. In the case study the client was advised to apply the moral philosophy of Friedrich Nietzsche as an uplifting philosophical framework to counteract his unproductive worldview and fallacious thinking. Considering that there is an ostensibly low efficacy rate for the treatment of addiction, articulating the value of philosophy as a way of life as a recovery pathway provides a conceptual and methodological framework for the development of novel philosophically-based addiction treatment and recovery-oriented programs–thus expanding the treatment and recovery options available for those seeking recovery from addiction.

Source : https://www.qeios.com/read/I7XT6M.3


Review of: « Philosophy as a Way of Life as a Pathway to Recovery for Addicted Individuals »

Recension de : « La philosophie comme mode de vie : une voie de rétablissement pour les personnes dépendantes »

Matthew Sharpe, Deakin University, Australia. (2022)

Qeios.


Télécharger cet article (PDF) (Anglais)

doi:10.32388/WQ6XZQ


Premier paragraphe

Traduction de l’anglais au français par Gemini Google

L’article de Guy du Plessis, « Philosophy as a Way of Life as a Pathway to Recovery for Addicted Individuals », est le premier du genre (à la connaissance de ce recenseur) à introduire dans ce champ thérapeutique les recherches menées au cours des dernières décennies sur l’idée de la philosophie comme mode de vie (ci-après PWL), issues principalement des travaux de Pierre Hadot [1]. Un nombre croissant de travaux sont menés par certains psychologues, sous l’impulsion de Tim Le Bon et Donald Robertson, visant à associer la philosophie stoïcienne à des formes contemporaines de pratique [2]. Il s’agit là de l’une des perspectives interdisciplinaires les plus stimulantes ouvertes par l’idée maîtresse de Hadot, reprise depuis lors par une multitude d’auteurs [3] : à savoir que la philosophie, en tant que quête de sagesse, a longtemps considéré que sa tâche première résidait dans la transformation des modes de vie des individus, y compris face à l’adversité et aux épreuves de l’existence. Néanmoins, l’application éventuelle des techniques et des idées de la PWL spécifiquement à la thérapie de l’addiction constitue, selon moi, un domaine où l’article de Du Plessis fait œuvre de pionnier. Il s’agit d’une contribution particulièrement éclairante, compte tenu de l’expérience manifeste de l’auteur en tant que thérapeute existentiel d’orientation ou d’inspiration philosophique, capable de s’appuyer sur l’étude de cas pour montrer ce à quoi la PWL peut ressembler en milieu clinique.

Texte original en anglais

Guy du Plessis’s article “Philosophy as a Way of Life as a Pathway to Recovery for Addicted Individuals” is the first of its kind (known to this reviewer) to bring the last decades’ research on the idea of philosophy as a way of life (hereafter PWL) stemming primarily from Pierre Hadot into this therapeutic field [1]. There is a growing amount of work being done by some psychologists, led by Tim le Bon and Donald Robertson, to use Stoic philosophy in conjunction with contemporary forms of practice.[2] This is one of the more exciting interdisciplinary possibilities opened up by Hadot’s key idea, since pursued by a host of others [3]: that philosophy, as a search for wisdom, for a long time took its primary task to be the transformation of individuals’ ways of living, including in the face of adversities and life challenges. But the possible application of PWL techniques and ideas specifically to addiction therapy is something which I believe du Plessis’s article is pioneering. It is an especially telling contribution, given the author’s clear experience as a philosophical or philosophically-informed existential therapist, able to draw upon case experience to show what PWL might look like in a clinical setting.

Source : https://www.qeios.com/read/WQ6XZQ


Article rédigé avec l'Intelligence artificielle GEMINI de Google
Article rédigé avec l’Intelligence artificielle GEMINI de Google

Ces deux documents constituent un ensemble académique composé d’un article de recherche et de son évaluation critique par les pairs (peer review), tous deux publiés sur la plateforme Qeios.

1. Premier texte : L’article de Guy Du Plessis

« Philosophy as a Way of Life as a Pathway to Recovery for Addicted Individuals »

L’auteur défend l’idée que la philosophie comprise comme « mode de vie » (Philosophy as a Way of Life – PWL, dans la lignée de Pierre Hadot et Michel Foucault) représente une voie légitime et efficace pour le rétablissement des personnes souffrant d’addiction.

  • Contexte et problématique : Face au faible taux d’efficacité des traitements traditionnels de l’addiction, Du Plessis s’intéresse à l’auto-illusion (self-deception) et au manque de motivation des personnes dépendantes. Il s’appuie sur la conception d’Alfred Mele, selon laquelle l’auto-illusion relève d’une croyance fausse motivée (comme le biais de confirmation ou le déni des conséquences), plutôt que d’un mensonge purement intentionnel.

  • Méthodologie (la Thérapie basée sur la logique – LBT) : Du Plessis utilise la Logic-Based Therapy développée par Elliot Cohen, qui repose sur six étapes rationnelles :

    1. Identifier le raisonnement émotionnel ;

    2. Détecter les erreurs de logique / prémisses irrationnelles ;

    3. Réfuter ces sophismes (approche socratique) ;

    4. Identifier la vertu directrice correspondante ;

    5. Choisir une philosophie inspirante pour incarner cette vertu ;

    6. Élaborer et appliquer un plan d’action comportemental.

  • Étude de cas clinique : L’auteur applique cette méthode à « Jurie », un musicien de 25 ans qui rechute dès qu’il subit une déception. Jurie souffre de « perfectionnisme existentiel » (exiger que les mauvaises choses n’arrivent jamais). Pour y remédier :

    • La vertu directrice retenue est l’acceptation inconditionnelle de la vie (unconditional life acceptance).

    • La philosophie choisie est celle de Friedrich Nietzsche, en particulier son concept d’amor fati (« aimer son destin », accepter la souffrance et l’imprévu au lieu de nourrir du ressentiment).

  • Digression sur les idéologies : L’auteur propose également une réflexion sur l’« addiction à l’idéologie » (extrême gauche ou extrême droite), vue comme une prothèse psychique pour compenser des failles narcissiques et éviter l’angoisse de fragmentation du moi.

  • L’accent sur l’agentivité : Du Plessis conclut en réaffirmant le pouvoir de la volonté et de la responsabilité individuelle contre les visions purement sociodéterministes de l’addiction.

2. Deuxième texte : L’évaluation critique de Matthew Sharpe

« Review of: Philosophy as a Way of Life as a Pathway to Recovery for Addicted Individuals »

Matthew Sharpe salue une contribution pionnière et novatrice, soulignant que l’application concrète des travaux de Pierre Hadot au champ clinique de l’addictologie est particulièrement prometteuse. Il formule cependant plusieurs réserves et suggestions constructives :

  • Un potentiel antique inexploité : Sharpe note que la thérapie LBT fait écho aux philosophies hellénistiques (notamment le stoïcisme et l’épicurisme). Il suggère que de futurs travaux devraient intégrer plus explicitement la notion hadotienne d’exercices spirituels (méditation, mémorisation de maximes), car la seule prise de conscience intellectuelle ne suffit pas à vaincre les habitudes addictives ancrées.

  • Les risques liés au choix de Nietzsche : Sharpe met en garde contre l’utilisation de Nietzsche auprès de patients vulnérables ou narcissiques :

    • L’amor fati nietzschéen implique d’embrasser l’éternel retour de tout, y compris des horreurs du monde, ce qui crée une tension avec l’insistance de Du Plessis sur l’agentivité et la volonté.

    • Conseiller la lecture de la Généalogie de la morale risque de conforter un jeune homme narcissique dans l’illusion d’être au-dessus des règles morales ou des devoirs envers autrui, au vu de certains passages problématiques du texte.

  • Pertinence discutable de l’excursus politique : Il estime que le long passage de Du Plessis critiquant les idéologies politiques de masse apporte peu à la compréhension du cas clinique et à la thérapie de l’addiction.

  • L’absence du collectif : Sharpe rappelle que chez Hadot, la transformation philosophique passe par le sentiment d’appartenir à un grand tout (la nature, la communauté), une dimension altruiste que la vision foucaldienne/nietzschéenne centrée sur le « souci de soi » a tendance à éclipser.

En somme, le premier texte propose une modélisation pratique de l’usage de la philosophie pour guérir des dépendances, tandis que le second enrichit le débat en questionnant la pertinence thérapeutique de Nietzsche face à des modèles antiques (comme le stoïcisme) plus éprouvés et moins ambigus.


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