Article # 199 – L’université en dérive : 99,98 % de la philosophie pratique passée sous silence

LACROIX, André (dir.). La philosophie pratique pour penser la société, Québec, Presses de l’Université Laval, 2020, 246 p.

L’ouvrage collectif La philosophie pratique pour penser la société sous la direction d’André Lacroix, paru sous les Presses de l’université Laval en 2020, a attiré mon attention en raison de l’expression « philosophie pratique » dans le titre.

André Lacroix est professeur titulaire au Département de philosophie et d’éthique appliquée de l’Université de Sherbrooke (Québec, Canada). Ses enseignements et ses recherches portent sur la philosophie pratique, l’éthique professionnelle et organisationnelle, de même que sur les dimensions éthiques de la gouvernance et les interactions entre le droit et l’éthique.

J’ai longtemps résisté à me pencher sur ce livre parce que l’Université de Sherbrooke n’offre pas de formations permettant à ses étudiants d’acquérir les compétences nécessaires pour devenir consultants, cliniciens ou praticiens en consultation philosophique. Il n’en demeure pas moins que l’Université de Sherbrooke offre une formation en « philosophie pratique » sans aucun rapport si ce n’est qu’un lien très ténu  avec les « nouvelles pratiques philosophiques ». J’ai relevé cette situation dans mon article Article # 198 – Quand l’enseignement universitaire de la philosophie pratique exclut la consultation privée.

Bien que le titre de l’ouvrage puisse suggérer une ouverture vers toutes les formes de pratiques, l’approche d’André Lacroix demeure ancrée dans une tradition universitaire et institutionnelle.

Dans le cadre académique québécois (notamment à l’Université de Sherbrooke où œuvre André Lacroix), la « philosophie pratique » désigne souvent le doctorat ou la recherche en éthique appliquée. Elle vise à éclairer la décision publique ou organisationnelle.

Le livre n’est donc pas un manuel sur le counseling philosophique ou la pratique en cabinet privé. Il traite de la philosophie comme « infrastructure de la démocratie » plutôt que comme un outil d’accompagnement existentiel individuel.

PRÉSENTATION

La philosophie pratique pour penser la société

Le projet philosophique puise ses sources dans la volonté de proposer une explication rationnelle des phénomènes naturels et culturels qui constituent le monde dans lequel l’être humain prend place. Il a servi de trame culturelle à l’Occident et amené le déploiement d’appareils conceptuels où l’on distingue théorie et pratique. On doit toutefois reconnaître qu’une philosophie théorique peut avoir une portée pratique et l’inverse, puisque toute pratique suppose un ancrage théorique pour légitimer la connaissance et les systèmes normatifs à partir desquels les explications sont avancées. Cela fait dire à certains que la distinction est désormais surannée et qu’une théorie philosophique réunifiée s’impose. Que l’on soit tenant de la tradition ou des nouvelles approches, la philosophie pratique s’impose désormais comme un passage obligé pour réfléchir les problèmes et articuler de nouvelles théories faisant écho à l’état actuel de notre monde. Le présent ouvrage revient sur la notion de philosophie pratique afin d’en faire voir les différentes acceptions et manières de la mobiliser pour réfléchir à des problèmes actuels.

LACROIX, André (dir.). La philosophie pratique pour penser la société, Quatrième de couverture, Québec, Presses de l’Université Laval, 2020, 246 p.

Dois-je faire amende honorable car dans son introduction, André Lacroix nous informe que le texte de l’un des contributeurs concerne les différentes conceptions de la philosophie pratique, dont celle dans le cadre des nouvelles pratiques philosophiques :

EXTRAIT DE L’INTRODUCTION

La philosophie pratique pour penser la société

Les contributions

Les textes qui composent le présent ouvrage ont été regroupés en trois parties. Les textes de la première partie portent sur la définition de la philosophie pratique et ont pour intérêt de mettre en relief la tension entre tradition et innovation qui traverse toute l’histoire de la philosophie pratique. Dans son texte qui porte le titre Les coordonnées de la philosophie pratique : le « sens en usage » de l’expression dans cinq articles sur Wikipédia, Alain Létourneau s’intéresse à la définition actuelle de la philosophie pratique.

Pour bien rendre compte du pluralisme sémantique de la notion de philosophie pratique, il a porté son regard sur les définitions rendues par Wikipédia dans différentes langues. Intéressant à plus d’un titre, ce survol de la notion de philosophie pratique en français, anglais, allemand, italien, hébreu renvoie ainsi non seulement à des sens linguistiques distincts, mais recouvre également des réalités culturelles diverses. La représentation du rôle de la philosophie, mais aussi et surtout la compréhension que l’on a de la pratique dans différentes cultures, fait bien voir que la philosophie pratique renvoie tout autant à des univers conceptuels distincts selon les cultures, mais aussi, et surtout, que les représentations des pratiques philosophiques constituent des réalités différentes. On constate ainsi que, selon les univers culturels, le counseling philosophique, la philosophie pour enfants, ou encore la philosophie empirique seront tantôt plus ou moins développés. On constatera également que l’appel à la tradition sera d’importance diverse selon les cultures et, forcément, selon les usages courants au sein de ces univers culturels. Dans la tradition anglaise, par exemple, on distinguera le conseil et la consultation, et surtout, il est intéressant de suivre Létourneau dans la typologie que son travail permet de dresser. Ce travail a enfin le mérite d’attirer notre attention sur l’importance de la langue dans la constitution d’un corpus réflexif tel que la philosophie. Alors qu’on se complaît à faire de l’anglais la lingua franca des sciences, on constate à la lecture du texte de Létourneau que la langue dans laquelle une discipline est pratiquée interfère directement sur la manière de penser cette discipline. Il y aurait là, à mon avis, un chantier complet à ouvrir sur l’importance de la langue, et a fortiori, de l’univers culturel dans lequel une discipline se développe dans la manière de concevoir les problèmes traités par cette discipline et de penser cette discipline. Il semble bien que l’importance pour les chercheurs de se réapproprier la langue vernaculaire et leur langue nationale dans la pratique de leur discipline pourrait devenir un enjeu de fond dans le développement de leur discipline, ce qui nous ramènerait au débat ayant eu lieu tout au début de la Modernité alors que les philosophes ont choisi de publier leurs ouvrages en langues vernaculaires pour échapper aux diktats du latin et de l’académisme de l’époque

LACROIX, André (dir.). La philosophie pratique pour penser la société, Québec, Presses de l’Université Laval, 2020, pp. 9-10.

Dans cet extrait de l’Introduction, André Lacroix écrit, à la lumière de la contribution d’Alain Létourneau : « On constate ainsi que, selon les univers culturels, le counseling philosophique, la philosophie pour enfants, ou encore la philosophie empirique seront tantôt plus ou moins développés ». André Lacroix met donc l’accent sur l’influence des « univers culturels » dans la conception de la philosophie pratique. Évidemment, je ne peux pas nier l’influence de la culture sur la pratique philosophique d’un pays ou d’une région du monde à l’autre. En revanche, je ne peux pas passer sous silence que la pratique philosophique, peu importe les différences culturelles, partage un seul et même but : contribuer au bien-être des individus en consultation.

Toujours dans cet extrait de son Introduction, le professeur André Lacroix semble nous dire que les nouvelles pratiques philosophiques « seront tantôt plus ou moins développés » selon l’univers culturel.

On constate ainsi que, selon les univers culturels, le counseling philosophique, la philosophie pour enfants, ou encore la philosophie empirique seront tantôt plus ou moins développés.

Est-ce à dire que c’est l’univers culturel québécois qui ne favorise pas ou bloque ici le développement des nouvelles pratiques philosophiques ? Si c’est le cas, il faut préciser qu’il s’agit plus précisément de l’univers culturel universitaire québécois et des Ordres professionnels.


Article # 195 – L’histoire tragique du québécois Jean-Claude Valfer, consultant en philosophie


Et même encore là, il ne faut pas généraliser en raison des formations offertes en philosophie pour enfants :

à l’Université Laval (Québec).

et à l’Université de Montréal

Est-ce que l’univers culturel québécois ne laisserait place qu’à de nouvelles pratiques philosophiques pour enfants ?

La référence à l’univers culturel ne tient pas la route pour soutenir que les nouvelles pratiques philosophiques « seront tantôt plus ou moins développés ».

Tout au plus, on peut affirmer que les nouvelles pratiques philosophiques se rassemblent dans un mouvement mondial éclectique mais poursuivant un seul et même but.

Et André Lacroix explique que les différentes conceptions des nouvelles pratiques philosophiques reposent sur la langue : « (…) on constate à la lecture du texte de Létourneau que la langue dans laquelle une discipline est pratiquée interfère directement sur la manière de penser cette discipline. (…) »

Ce travail a enfin le mérite d’attirer notre attention sur l’importance de la langue dans la constitution d’un corpus réflexif tel que la philosophie. Alors qu’on se complaît à faire de l’anglais la lingua franca des sciences, on constate à la lecture du texte de Létourneau que la langue dans laquelle une discipline est pratiquée interfère directement sur la manière de penser cette discipline. Il y aurait là, à mon avis, un chantier complet à ouvrir sur l’importance de la langue, et a fortiori, de l’univers culturel dans lequel une discipline se développe dans la manière de concevoir les problèmes traités par cette discipline et de penser cette discipline

Évidemment, l’univers culturel, y compris la langue, joue un rôle déterminant dans nos approches locales, régionales, nationales et internationales. Mais il faut reconnaître à plusieurs disciplines la transcendance des barrières linguistiques et géographiques. Autrement, la philosophie elle-même n’aurait aucun fil conducteur, aucune conception commune, voire aucune histoire civilisationnelle.

Comment l’univers culturel américain a-t-il porté sa pratique de la philosophie pour enfants de part de nombreux autres univers culturels de part le monde si la langue freine une conception partagée à l’international ?

La langue joue un rôle mais elle n’explique certainement pas le retard du Québec dans le domaine des nouvelles pratiques philosophiques, notamment, dans celui de la consultation philosophique privée.

Et c’est sans tenir compte du fait que la consultation philosophique connaît un essor soutenu depuis quelques dizaine d’années en France avec qui nous partageons la même langue. Nous témoignons ici même dans cette Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques de l’abondante littérature française au sujet de la consultation philosophique.

La langue joue un rôle mais n’explique pas tout.


Dans La philosophie pratique pour penser la société, on trouve donc un chapitre intitulé « Les coordonnées de la philosophie pratique : le « sens en usage» de l’expression dans cinq articles sur Wikipédia« .

LÉTOURNEAU, Alain. « Les coordonnées de la philosophie pratique : le « sens en usage » de l’expression dans cinq articles sur Wikipédia », dans André LACROIX (dir.), La philosophie pratique pour penser la société, Québec, Presses de l’Université Laval, 2020, p. 17-41. En libre accès sur Academia (PDF à télécharger ou à lire en ligne).

Le texte d’Alain Létourneau ouvre la première partie du livre.

PREMIÈRE PARTIE
ENTRE TRADITION ET INNOVATION

Les coordonnées de la philosophie pratique : le « sens en usage » de l’expression dans cinq articles sur Wikipédia

Alain Létourneau

  • • Notre question
  • • Trouver des lieux accessibles
  • • Cinq sources pertinentes et distinctes
  • • Points de recoupement
  • • Peut-on aller plus loin ?
  • • Annexe 1 : traduction du texte italien
  • • Annexe II : traduction du texte hébreu

Voici le liste des cinq pages Wikipédia consultées par Alain Létourneau :

  1. Français : https://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_pratique

  2. Anglais : https://en.wikipedia.org/wiki/Practical_philosophy

  3. Allemand : https://de.wikipedia.org/wiki/Praktische_Philosophie

  4. Italien : https://it.wikipedia.org/wiki/Filosofia_pratica

  5. Hébreu : https://he.wikipedia.org/wiki/

Précisions importantes issues du texte de Létourneau :

  • Pour l’anglais : L’auteur consulte également des pages connexes mentionnées dans son analyse, comme celle sur le Philosophical counseling.

  • Pour l’italien : Il s’appuie sur la version qui met en avant la consulenza filosofica.

  • Pour l’hébreu : C’est cet article précis qui a fait l’objet d’une traduction complète en annexe de son chapitre pour démontrer la structure tripartite (Éthique, Politique, Esthétique) et l’inclusion du conseil philosophique.


Si je devais étudier « le sens en usage » des nouvelles pratiques philosophiques, je ne commencerais pas avec Wikipédia. Pour tout vous dire, l’idée de me référer à Wikipédia ne me serait même pas venue à l’esprit. Voici comment Alain Létourneau explique son choix.

Notre question

Le présent texte se pose la question suivante, qu’on peut formuler de deux manières complémentaires : que doit-on entendre par philosophie pratique, ou encore quelles sont les principales questions qui forment la trame de base de la philosophie pratique ? Cette expression est en effet porteuse de toutes sortes de connotations spontanées (que veut-on dire par « pratique », notamment). Alors il faut tenter d’en mieux cerner le sens, aussi bien en compréhension qu’en extension (soit d’une part la définition du terme, d’autre part ce qui concerne l’étendue des questions couvertes)(4). Pour y arriver, je suggère non pas de faire une revue intégrale de la littérature, mais bien de recenser les principaux usages autour de cette notion tels qu’ils sont accessibles à tout public cultivé. Ce qui rejoint la problématique des « sens en usage » : il y a les définitions stipulatives qui peuvent être d’un grand intérêt, en expliquant aux lecteurs le sens technique qu’un auteur décide d’attribuer à un terme, mais parfois il vaut la peine de s’arrêter sur le sens des termes dans l’usage qu’on en fait(5). Bien sûr, comme l’expression de philosophie pratique est assez peu usuelle, les usages qu’on pourra repérer seront forcément à caractère quelque peu spécialisé. Il faudrait néanmoins que ces usages soient des plus accessibles.

En s’arrêtant sur une source bien connue et aisément contrôlable, soit une encyclopédie en ligne très populaire, et surtout sur les articles les plus développés qui s’y trouvent sur la philosophie pratique, et ce, dans cinq langues (celles où les développements sont les plus substantiels), on montrera quelques points. D’une part, on constatera aisément que l’éthique et la philosophie politique en constituent le noyau le plus évident et le plus clair, bien que la question économique y ait aussi une légitimité importante, ce qui sera un point à reprendre plus loin. Nous verrons ensuite que des fluctuations riches sont repérables sur les différents domaines ou approches qu’il est possible d’y traiter ou d’y retrouver. De plus, l’on retrouve également une importante dimension critique à l’égard d’une philosophie académique souvent détachée des besoins et des usages de la population, même cultivée, et ce en raison de la surspécialisation qu’a connue la philosophie, surtout depuis le XXe siècle.

Cette prise en compte de différentes dimensions qu’on reconnaît à la philosophie pratique pourra mener à une réflexion sur les choix qui seraient encore à faire parmi ces orientations. Il est vraisemblable en effet qu’une perspective finitiste, soit qui renonce à la perspective globale, englobante et systématique qui se penserait capable de tout embrasser dans un soi-disant mouvement unifiant du concept, nous oblige à sélectionner quelques possibles pour nous en tenir à ces derniers.

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4. Depuis bien des années, en logique, en argumentation et ailleurs, on a distingué la compréhension d’une notion, livrée le plus souvent dans une définition de son extension, c’est-à-dire les éléments couverts dans la classe par la définition même. D’un point de vue formel, l’extension prendrait la forme d’une énumération, avec ouverture et fermeture de parenthèse.

5. Pour la notion de définition stipulative, voir Govier (2013). Pour les sens en usage, voir Létourneau (2005).

LÉTOURNEAU, Alain. « Les coordonnées de la philosophie pratique : le « sens en usage » de l’expression dans cinq articles sur Wikipédia », dans André LACROIX (dir.), La philosophie pratique pour penser la société, Québec, Presses de l’Université Laval, 2020, p. 18-20. En libre accès sur Academia (PDF à télécharger ou à lire en ligne)

Wow ! Monsieur Alain Létourneau affirme que l’expression « philosophie pratique est assez peu usuelle ».

Bien sûr, comme l’expression de philosophie pratique est assez peu usuelle, les usages qu’on pourra repérer seront forcément à caractère quelque peu spécialisé. Il faudrait néanmoins que ces usages soient des plus accessibles.

Voici le nombre de demandes adressées à Google avec l’expression « philosophie pratique » en différentes langues.

TABLEAU 1

Comparaison internationale des expressions liées à la philosophie pratique

Langue Expression recherchée Résultats (approx.) Contexte d’usage
FRANÇAIS « Pratique philosophique » 56 200 Terme générique.
« Philothérapie » 11 800 Usage spécifique (clinique/bien-être).
« Consultation philosophique » 5 940 Relation d’aide individuelle.
« Philosophe praticien » 5 200 Statut professionnel de l’intervenant.
« Conseil philosophique » 2 950 Traduction de counseling.
« Philosophe consultant » 2 510 Usage souvent lié au milieu corporatif.
ANGLAIS « Practical philosophy » 560 000 Terme dominant (Académique/Général).
« Philosophical practice » 251 000 Usage professionnel et international.
« Clinical Philosophy » 59 300 Intersection entre soin et philosophie.
« Philosophical counseling » 40 400 Terme standard pour la consultation.
« Philosophical praxis » 25 700 Terme savant/théorique.
« Philosophical therapy » 11 200 Proche de la psychothérapie.
ALLEMAND « Praktische Philosophie » 486 000 Tradition académique très forte.
« Philosophische Praxis » 98 000 Référence au cabinet de consultation.
« Philosophische Beratung » 22 400 Conseil/Consultation individuelle.
ITALIEN « Filosofia pratica » 121 000 Concept incluant l’éthique et la politique.
« Consulenza filosofica » 45 000 Très présent dans le milieu du soin.
« Pratica filosofica » 18 200 Activité concrète d’animation.
HÉBREU Philosophie pratique en hébreu 1 490 Philosophie pratique.
Philosophie pratique en hébreu 2 100 Conseil philosophique.
TOTAL Toutes expressions confondues 1 826 390 Volume global de recherche
Recherche réalisée le 11 avril 2026

Avec plus de 1,8 million de résultats, ces données démontrent que :

  1. Une présence massive : La discipline n’est plus marginale. Il existe une véritable « masse critique » de contenus et de recherches à l’échelle mondiale.

  2. Le poids des langues germaniques et anglo-saxonnes : À elles seules, les expressions anglaises et allemandes représentent plus de 80 % du volume total, confirmant que le cœur historique et professionnel de la pratique actuelle bat très fort dans ces régions.

  3. Potentiel de croissance en français : Bien que le volume francophone semble plus modeste (environ 85 000 résultats cumulés), la diversité des termes utilisés montre une spécialisation croissante qui offre une belle marge de progression pour des plateformes comme la vôtre.

TABLEAU 2

Analyse quantitative des approches thématiques en philosophie pratique

Axe de recherche Expression (anglais) Résultats (approx.) Contexte d’application
Stoïcisme Moderne « Modern Stoicism » 184 000 Courant dominant pour la résilience et la gestion du stress.
Pensée Critique « Critical thinking coaching » 42 300 Très utilisé en milieu corporatif et en développement cognitif.
Santé Mentale « Philosophy for mental health » 28 600 Alternative ou complément à l’approche purement clinique.
Transition de vie « Life transition philosophy » 7 400 Accompagnement lors de deuils, retraites ou changements de carrière.
Maïeutique Socratique « Philosophical midwifery » 3 100 Référence directe à l’art d’accoucher les esprits (Socrate).
TOTAL Approches thématiques 265 400
Recherche réalisée le 11 avril 2026
  • Le phénomène Stoïcien : Avec 184 000 résultats, le « Modern Stoicism » est un moteur de recherche massif.

  • L’essor du Coaching de Pensée : Le chiffre de 42 300 pour le « Critical thinking coaching » montre que la philosophie est de plus en plus perçue comme un outil de performance intellectuelle, et pas seulement comme une thérapie.

  • La Maïeutique (Midwifery) : Bien que le chiffre soit plus bas, c’est un terme de niche très respecté. Il définit parfaitement la posture du philosophe consultant qui ne donne pas de réponses, mais aide l’autre à trouver les siennes.

Les deux tableaux ci-dessus nous donnent un total de 2 091 790 millions.

Bref, avec un total de plus de deux millions de résultats trouvés par Google, on ne peut pas dire que «  l’expression de philosophie pratique est assez peu usuelle ».

Aussi, la référence aux cinq pages de Wikipédia ne fait donc pas le poids comme le démontre ce troisième tableau.

TABLEAU 3

Langue Page Wikipédia ciblée Résultats dans l’index (approx.)
ANGLAIS Practical philosophy 4 350
ALLEMAND Praktische Philosophie 2 110
FRANÇAIS Philosophie pratique 1 480
ITALIEN Filosofia pratica 954
HÉBREU Philosophie pratique en hébreu 185
TOTAL Visibilité inter-langues 9 079
Recherche réalisée le 11 avril 2026

Les cinq pages Wikipédia sur lesquelles se fonde Alain Létourneau totalise 9 079 soit 0,43 % du total des tableaux 1 et 2. La recherche d’Alain Létourneau sur Wikipédia n’est donc pas crédible pour rendre compte du « sens en usage » des nouvelles pratiques philosophiques, d’autant plus que Wikipédia fait l’objet de nombreuses critiques au sein même du milieu universitaire. Pour une recherche universitaire, on a vu mieux. J’ai l’impression que monsieur Létourneau ne savait pas où chercher.


Il écrit :

D’une part, on constatera aisément que l’éthique et la philosophie politique en constituent le noyau le plus évident et le plus clair, bien que la question économique y ait aussi une légitimité importante, ce qui sera un point à reprendre plus loin.

La question à laquelle Alain Létourneau veut répondre est : « que doit-on entendre par philosophie pratique, ou encore quelles sont les principales questions qui forment la trame de base de la philosophie pratique ? »

Or, « l’éthique et la philosophie politique » ne constituent pas le noyau de la philosophie pratique, surtout pas lorsqu’il s’agit de « penser la société ». La philosophie pratique est née et demeure intimement liée au bien-être de la personne et à la consultation philosophique.

La réalité du web est celle d’une « philosophie de terrain » (la philothérapie, le stoïcisme de vie, la pensée critique appliquée) qui a pris le dessus sur les catégories classiques citées par monsieur Létourneau.

Si jamais le noyau est l’éthique et la philosophie politique, ce dernier se déplace vers l’usage pratique. Mes recherches montrent que le terme « Practical philosophy » (560 000 résultats) est devenu un « terme-parapluie » très large. Aujourd’hui, une grande partie de ces résultats ne concerne plus l’éthique aristotélicienne ou la philosophie politique classique, mais des applications concrètes : coaching, bien-être, et outils de pensée.

Bref, le « noyau » s’est déplacé de la théorie de l’action vers la pratique de l’existence.

Si l’on additionne les résultats thématiques (Stoïcisme, Pensée critique, Santé mentale), on s’aperçoit que ces sujets « périphériques » génèrent un engagement et une présence web qui rivalisent avec les définitions académiques. Le fait que le « Stoic coaching » soit un moteur de recherche si puissant suggère que le public ne cherche pas un « noyau politique », mais des outils de navigation personnelle.

Les données de Google ne confirment pas une hiérarchie où l’éthique et la politique seraient le centre, mais révèlent plutôt une atomisation du savoir au profit de l’individu.

Pour Alain Létourneau (et la tradition universitaire), le « noyau » est thématique (de quoi parle-t-on ?). Selon moi, le noyau est méthodologique et humain (qui accompagne-t-on ?).

La consultation philosophique place le sujet (la personne) au centre de la recherche de sens.
L’éthique et la politique ne deviennent alors que des outils ou des objets parmi d’autres que la personne mobilise lors de sa réflexion, et non la finalité de la démarche.

Si l’éthique et la politique étaient le véritable noyau « évident », les recherches se concentreraient sur des traités ou des théories. Or, l’explosion des termes comme « Life transition« , « Stoic coaching » ou « Philothérapie » montre que l’intérêt se porte sur le « Comment vivre ? » (individuel).
plutôt que sur le « Que doit-on faire ? » (universel/politique).


Il faut ramener la philosophie pratique (la mise en pratique de la philosophie) à son ancrage historique précis, c’est-à-dire au philosophe allemand Gerd Achenbach et l’ouverture de son cabinet à Bergisch Gladbach en 1981. Il s’agit du moment de rupture où la philosophie a cessé d’être une simple exégèse de textes pour redevenir une posture de vie et une relation d’aide.

L’analyse d’Alain Létourneau, en se basant sur Wikipédia, semble avoir confondu la classification académique des thèmes (éthique/politique) avec la réalité de la pratique initiée par Achenbach.

Philosophical Praxis, Origin, Relations, and Legacy, Gerd B. Achenbach, Translated by Michael Picard, Imprint Lexington Books, Publishing Bloomsbury Publishing, 2024.

Description

Gerd B. Achenbach’s Philosophical Praxis: Origin, Relations, and Legacy, translated by Michael Picard, offers unique insights into the compelling origin and development of what has been called a renaissance of philosophy: a storied trove of thought steeped in tradition, character, and experience, and redeployed in the service of understanding the individual life. Throughout this book, the author explores Philosophical Praxis not only through the tumultuous history of philosophy, but also through psychology, religion, literature, and more. Achenbach’s tone is subtle, humorous, and constantly surprising, demonstrating his intimacy with an expansive spirit of life and leaving behind the narrowness of academic disciplines. As the founder of Philosophical Praxis, Achenbach dissects the challenges faced in current philosophy and psychology and, in doing so, surpasses academic philosophy to reveal the possibility of a new profession for philosophical practitioners seeking to resist the seductions of theory, methods, or solutions, and personify the seriousness of being human.

Source : Bloomsbury Publishing Inc.

P.S. : Voir aussi Article # 140 – Philosophical Praxis, Origin, Relations, and Legacy, Gerd B. Achenbach – Translated by Michael Picard, Lexington Books, 2024.

La révolution d’Achenbach : Le retour au sujet

La démarche d’Achenbach (la Philosophische Praxis) prouve que le noyau est bien la consultation et la personne, car :

  1. Le refus de la « méthode » préétablie : Achenbach s’opposait à l’idée que le philosophe arrive avec une théorie (éthique ou politique) pour « l’appliquer » au client. Le noyau, c’est le dialogue vivant où la théorie ne sert que de ressource secondaire.

  2. L’expérience plutôt que le système : le cœur est l’expérience philosophique vécue par l’individu dans sa singularité. Létourneau regarde l’objet (l’éthique), alors qu’Achenbach regarde l’acte (la consultation).

  3. L’autonomie totale : En lançant la consultation dans les années 80, Achenbach a affirmé que la philosophie n’avait pas besoin d’être une « sous-discipline » de quoi que ce soit. Elle se suffit à elle-même dès qu’il y a une personne qui s’interroge sur sa vie.

Les chiffres de Google confirment Achenbach (et non Létourneau)

Le fait que vous trouviez des millions de résultats pour des termes comme « Practical philosophy » ou « Philosophical counseling » n’est que l’écho numérique de ce mouvement né en 1981.

  • Le volume de recherche n’est pas alimenté par des gens qui veulent étudier la « philosophie politique », mais par des gens qui, dans la lignée d’Achenbach, cherchent un philosophe praticien pour examiner leur existence.

  • Le « noyau » politique dont parle Létourneau est une vue de l’esprit universitaire qui ne correspond pas à l’offre et à la demande réelle du terrain depuis 45 ans.

Pourtant, Alain Létourneau rend compte de l’importance de la contribution de Gerd B. Achenbach en référence à la page Wikipédia en italien (Filosofia pratica).

Achenbach décide ainsi de s’engager sur le chemin d’une philosophie appliquée, motivé par l’insatisfaction envers la philosophie académique, qu’il accuse de s’être éloignée de manière excessive du monde réel, en s’enfermant dans des parcours d’étude qui étaient utiles seulement aux philosophes. La philosophie en crise a prétendu se transformer en une science qui ne sert à personne d’autre qu’aux philosophes, une position absolument unique dans le domaine des études académiques.

À ce sujet, Achenbach écrit : « La philosophie qui n’est pas encore pratique ou ne l’est plus survit dans un ghetto académique, où elle a perdu le lien avec tout problème qui opprime réellement les hommes. Cette aliénation, qui produit la stérilité dans la philosophie et la perte du sens dans la vie quotidienne, est dépassée par la Philosophische Praxis » [note 17]. Ce qui rejoint la critique des professions d’aide, ancrées au paradigme instrumental ou thérapeutique.

Ainsi naît la soi-disant consultation philosophique, une activité née en Allemagne comme Philosophische Praxis, et ensuite diffusée, avec diverses caractéristiques, dans le monde entier, d’abord comme Philosophy Practice et ensuite Philosophical Counseling.

LÉTOURNEAU, Alain. « Les coordonnées de la philosophie pratique : le « sens en usage » de l’expression dans cinq articles sur Wikipédia », dans André LACROIX (dir.), La philosophie pratique pour penser la société, Québec, Presses de l’Université Laval, 2020, p. 18-20. En libre accès sur Academia (PDF à télécharger ou à lire en ligne)

Malheureusement, le professeur Alain Létourneau gâche tout en écrivant LA SOI-DISANT  consultation philosophique. C’est un jugement erroné au sujet de l’existence même de la consultation philosophique.


On ne peut pas étudier le « sens en usage » de la philosophie pratique sans accorder une attention toute spéciale aux leaders de ce domaine sur la scène l’internationale.

TABLEAU 4

Les grandes têtes d’affiches de la philosophique pratique à l’international

Sujet de recherche Résultats (approx.) Vitesse (sec) Observations
Institute of Philosophical Practices 71 900 000 0,21 Rayonnement mondial massif (Anglais).
Institut de Pratiques Philosophiques 1 290 000 0,31 Institution de référence pour la francophonie.
Ran Lahav 272 000 0,25 Forte présence liée à la « philosophie de vie ».
Lou Marinoff 154 000 0,20 Popularité liée à ses best-sellers mondiaux.
Gerd Achenbach 142 000 0,23 Nom d’usage du fondateur historique.
Oscar Brenifier 122 000 0,19 Figure centrale de la maïeutique socratique.
Gerd B. Achenbach 66 400 0,22 Forme académique/complète du nom.
TOTAL CONSOLIDÉ 73 946 400 Volume d’influence combiné
Recherche réalisée le 12 avril 2026

Le pourcentage que représente le volume encyclopédique (Wikipédia) avec 0,43 % des résultats (9 079) par rapport au volume total de la pratique, de ses institutions et ses têtes d’affiches mondiales avec 75 772 790 résultats est de 0,012 %. On ne peut donc pas trouver le « sens en usage » de l’expression philosophie pratique sur la base de 0,012% des résultats.


Dérive universitaire en rupture avec la déontologie de la recherche

On trouve ici une démonstration d’une dérive universitaire en rupture avec la déontologie de la recherche, un manquement aux devoirs professionnels de rigueur et d’objectivité.

Le manquement à la rigueur factuelle (Erreur de représentativité)

En déontologie de la recherche, un chercheur a le devoir de s’assurer que ses sources sont représentatives de la réalité qu’il prétend décrire.

  • En se basant sur Wikipédia pour définir le « noyau » de la discipline, l’analyse universitaire ignore 99,98 % des données réelles.

  • Présenter une infime fraction (0,012 %) comme étant la vérité centrale du domaine constitue une déformation de la réalité factuelle. C’est ici que se situe la « dérive ».

L’occultation volontaire de l’histoire pratique

La déontologie intellectuelle exigerait de reconnaître l’existence et l’impact des travaux de Gerd Achenbach et des institutions nées dans les années 80 (comme l’IPP).

  • Ignorer le volume massif de l’Institute of Philosophical Practices (71 millions de résultats) pour se concentrer sur quelques pages encyclopédiques académiques s’apparente à une volonté de maintenir la philosophie dans une « tour d’ivoire », en rupture avec l’offre de consultation réelle.

La déconnexion du sujet (La dérive éthique)

Le fait de placer le noyau dans des concepts abstraits (éthique/politique) plutôt que dans la personne et la consultation témoigne d’une rupture déontologique avec la mission même de la philosophie pratique, qui est de servir l’humain dans son existence concrète.

« En réduisant la philosophie pratique à ses seules définitions encyclopédiques, l’analyse universitaire opère une sélection qui évacue 99,98 % de la réalité du terrain. On trouve ici la démonstration d’une dérive universitaire en rupture avec la déontologie de la recherche, qui préfère la sécurité des catégories académiques à la reconnaissance de la pratique de consultation initiée par Achenbach, pourtant 8 000 fois plus présente dans l’espace public. »


Chercher le « sens en usage » de la philosophie pratique

avec Lou Marinoff, leader mondial

Curriculum vitae


MARINOFF, Lou. Platon, pas Prozac ! : La philosophie comme remède, Montréal, Les Éditions Logiques, 2000, 411 p.

Quatrième de couverture

La philosophie est un remède !

Chacun possède sa propre conception de la vie, mais peu d’entre nous jouissent du privilège ou du luxe d’y réfléchir. Nous avons plutôt tendance à subir la vie.

Pourtant, l’expérience est un bon maître. En y réfléchissant bien, nous pourrions transformer notre vie !

Les grands philosophes ont tracé des voies. À nous de les explorer ! Ce livre nous aidera à développer une philosophie personnelle pour mieux prévenir, résoudre ou affronter les nombreux problèmes de l’existence.

Avec Platon, pas Prozac !, les grands philosophes sont nos amis !

MARINOFF, Lou. Platon, pas Prozac ! : La philosophie comme remède, Montréal, Les Éditions Logiques, 2000, 411 p.

Une trentaine de traductions

Dans son étude du « sens en usage » de la philosophie pratique, un universitaire québécois ne peut pas passer sous silence « Lou Marinoff » au profit de « Wikipédia ».

Lou Marinoff, titulaire d’une bourse du Commonwealth et originaire du Canada, a étudié la physique théorique aux universités Concordia et McGill avant d’obtenir un doctorat en philosophie des sciences au University College London. Après des recherches postdoctorales à l’Université hébraïque de Jérusalem et un poste de chargé de cours à l’Université de la Colombie-Britannique, il a rejoint le City College of New York en 1994, où il est actuellement professeur de philosophie.

Les publications de Lou Marinoff portent sur la théorie de la décision, la modélisation informatique de l’agentivité rationnelle et morale, l’éthique mondiale, la philosophie des sciences, ainsi que sur les philosophies chinoise et indienne, le bouddhisme et la pratique philosophique. Il est le président fondateur de l’American Philosophical Practitioners Association (APPA) et le rédacteur en chef de sa revue, Philosophical Practice.

Auteur de plusieurs succès de librairie internationaux appliquant la philosophie à la vie quotidienne, il a notamment publié Platon, pas Prozac !, traduit en vingt-sept langues.

Lou Marinoff collabore avec divers groupes de réflexion et forums de leadership, tels que l’Institut Aspen, Biovision (Lyon), le Festival of Thinkers (Abou Dhabi), Horasis (Zurich), l’Institute for Local Government (Université de l’Arizona), la Soka Gakkai International (Tokyo), le Strategic Foresight Group (Bombay) et le Forum économique mondial (Davos).

Source : The City College of New York.

Et savez-vous que Lou Marinoff, devenu le leader mondial de la philosophie pratique est Québécois ? Lou Marinoff est né le 18 octobre 1951 à Noranda, Québec, Canada. Il a fait ses études à l’Université Concordia et l’Université McGill (Montréal).

Année Diplôme / Titre Établissement Spécialisation
1992 Doctorat (Ph.D.) University College London, Angleterre Philosophie des sciences
1984 Baccalauréat en sciences (B. Sc.) Université Concordia, Montréal Physique théorique (avec Grande Distinction)
1980 Diplôme Control Data Institute, Montréal Technologie de l’informatique numérique
1972 Diplôme d’études collégiales (DEC) Collège Dawson, Montréal Arts libéraux (préuniversitaire)
1968 Certificat Junior de McGill Lower Canada College, Montréal Études secondaires

Lou Marinoff a fondé l’American Philosophical Practitioners Association (APPA).

Présentation de l’APPA

L’American Philosophical Practitioners Association (APPA) est une organisation éducative à but non lucratif (type 501(c)(3)), fondée en 1999. L’APPA représente une communauté mondiale de praticiens de la philosophie de premier plan. Ces derniers offrent des services de conseil et de consultation aux individus, aux groupes et aux organisations.

L’APPA forme, certifie et accompagne des praticiens par le mentorat ; elle propose également au grand public des cours sur la philosophie destinés à la croissance personnelle et au développement professionnel. L’association dispose d’une librairie, publie une revue savante évaluée par les pairs et possède une chaîne YouTube.

L’APPA encourage la sensibilisation à la philosophie et prône une « vie examinée ». Ses membres appliquent les systèmes, les perspectives et les méthodes philosophiques à la gestion des problèmes humains et à l’amélioration de la condition humaine.

Source : American Philosophical Practitioners Association (APPA).


Je pourrais développer cette référence à Lou Marinoff encore et encore. Il est l’un des pionniers de la philosophie pratique qui a donnée « du sens » à la philosophie pratique, et ce, à ce point où nous devons désormais parler de « nouvelles pratiques philosophiques » et reconnaître pleinement la consultation philosophique, les philosophes cliniciens, praticiens et/ou consultant.

Dans ce contexte, s’il faut se pencher sur « La philosophie pratique pour penser la société », on ne trouvera pas la réponse dans le livre du même nom.

La philosophie pratique a ses propres lettres de noblesse depuis les années 80, indépendamment des découpages thématiques traditionnels universitaires.


CONCLUSION GÉNÉRALE

En somme, l’analyse d’Alain Létourneau, en se bornant aux définitions de Wikipédia, ne saisit qu’une infime fraction de la réalité : environ 0,012 % de l’espace occupé par la philosophie pratique sur le web mondial. Prétendre définir le « noyau » de cette discipline par l’éthique et la politique, c’est ignorer volontairement les 99,98 % restants, portés par des instituts et des praticiens comme Achenbach ou Marinoff. Cette dérive universitaire, en rupture avec la déontologie de la recherche, tente de maintenir dans une tour d’ivoire une discipline qui, sur le terrain, appartient déjà à la cité et à l’individu. Le véritable noyau de la philosophie pratique n’est pas dans un article encyclopédique, mais dans le cabinet du consultant où une personne cherche, par le dialogue, à reprendre les rênes de son existence.


Il est temps de reconnaître que la philosophie pratique n’est pas une simple extension de l’éthique appliquée universitaire, mais une profession autonome née de la rupture opérée par Gerd Achenbach en 1981. Si l’université québécoise semble vouloir confiner cette pratique aux enfants ou à la gouvernance organisationnelle, les chiffres et l’histoire racontent une tout autre version. La consultation philosophique est une réalité mondiale massive qui place l’intersubjectivité et la personne au centre de son dispositif. Pour l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques, l’enjeu est clair : sortir la philosophie de son cadre purement théorique pour lui rendre sa fonction première de remède et de boussole existentielle, ici même, au Québec.


La philosophie pratique ne peut se réduire à ce qu’en disent les algorithmes de Wikipédia ou le livre « La philosophie pratique pour penser la société », un collectif sous la direction d’André Lacroix, professeur de philosophie à l’Université de Sherbrooke (Québec). Elle est avant tout un acte : celui de la consultation. En évacuant la relation d’aide et l’accompagnement individuel de leur définition, les universitaires se coupent d’un mouvement qui les dépasse désormais de plus de 8 000 fois en volume d’engagement. Le « sens en usage » de la philosophie pratique, c’est celui que lui donnent chaque jour les consultants et leurs clients. Le noyau n’est ni l’éthique, ni la politique ; le noyau, c’est la personne.

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Article # 144 – « la philosophie au bac est-elle devenue un banal commentaire intellectualisé de l’actualité ? »

Voici un extrait de l’article-entretien paru sous le titre « «On privilégie la critique sociale, les sciences humaines»: la philosophie au bac est-elle devenue un banal commentaire intellectualisé de l’actualité? » sous la plume de Victoire Lemoigne dans la section « Langue française » du quotidien français LE FIGARO et traitant de l’examen de philosophie de la fin des études secondaires (lycée) en France (BAC philo).


« On privilégie la critique sociale, les sciences humaines » : la philosophie au bac est-elle devenue un banal commentaire intellectualisé de l’actualité?

Par Victoire Lemoigne

ENTRETIEN – Technique, économie, vérité… Les sujets du bac de philosophie posent des questions très contemporaines. Le philosophe Michel Boyancé s’interroge sur l’affaiblissement de la vocation première de la discipline.

Michel Boyancé est philosophe, doyen émérite de l’IPC – Facultés libres de philosophie et psychologie.

LE FIGARO. – Les sujets de philosophie au baccalauréat semblent très ancrés dans l’actualité : vérité et réseaux sociaux, avenir de la technique… Ce n’est pas la première fois. Que cela révèle-t-il, selon vous, de l’évolution de la philosophie dans l’enseignement ?

Michel BOYANCÉ. – Une tendance de fond. Dès les années 2000, un projet de réforme avait pour but de supprimer la philosophie en tant que telle, pour la remplacer par une forme prolongée d’éducation civique. Ce projet a été abandonné, car la tradition française de la philosophie comme discipline autonome, à la recherche de principes, est restée très forte. Mais cette spécificité s’efface peu à peu, et la philosophie tend à n’être qu’un relais des sciences humaines et sociales, celles-ci fournissant la matière première, la philosophie étant un prolongement questionnant et conceptualisant.

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La question posée en titre de l’article, « (…) la philosophie au bac est-elle devenue un banal commentaire intellectualisé de l’actualité? » a retenu mon attention parce qu’elle met le doigt sur une conception erronée de la philosophie pratique. Cette approche suppose que la philosophie pratique ou la philosophie appliquée sur le terrain consiste à commenter l’actualité selon un point de vue philosophique.

C’est le cas au Bac Philo en France selon Michel Boyancé, Docteur en Philosophie, doyen émérite de l’IPC – Facultés libres de philosophie et psychologie, interrogé par la journaliste Victoire Lemoigne  du Figaro. À la question « On assiste donc à une redéfinition de la finalité même de la philosophie ? », Michel Boyancé répond : « Les trois sujets de l’épreuve du baccalauréat général me font penser à cette évolution diffuse de la philosophie comme extension de la réflexion citoyenne. (…) » Ce n’est pas là la finalité de la philosophie que de se faire réflexion citoyenne.

On le constate aussi dans « Le Blogue de philosophie pratique de l’UdS » (Université de Sherbrooke, Québec, Canada). Les titres des textes de ce blogue de l’université de Sherbrooke s’inscrivent dans « cette évolution diffuse de la philosophie comme extension de la réflexion citoyenne. (…) » :

  • Le droit ancestral et le piège de la politique de la reconnaissance au Canada
  • L’écofascisme : un problème politique pour l’écologie
  • Un autre fondement pour la colonialité de l’Être ?
  • Précis de discours raisonné sur l’interdisciplinarité
  • Intelligence artificielle : Comment son usage est une menace pour la démocratie
  • Une philosophie politique pour Dune : de l’élitisme héroïque et ses paradoxes
  • La tutelle épistémique : Quand pouvons-nous contrôler la quête de connaissance de quelqu’un d’autre?
  • Le souvenir reggae
  • Réflexion sur l’Anthropocène et sur la « nostalgie du monde »
  • Bilan carbone de l’UdeS, des émissions indirectes absentes du portrait
  • La tolérance comme un droit au désaccord?
  • Fake news : les comprendre et y faire face
  • Qu’est-ce que la philosophie dans et pour la société?: Réflexions de six philosophes sur l’expertise, le succès et le monde en dehors des murs universitaires
  • Apprendre à apprendre : l’épistémologie du système d’éducation

Que des philosophes ou des étudiants en philosophie se prononcent sur des questions contemporaines ne me dérangent pas mais qu’ils prétendent qu’il s’agit-là de philosophie pratique ne cadre pas avec la conception de cette dernière largement exposée dans les textes publiés dans cette Observatoire de la philothérapie.


« On a perdu la visée principielle, la capacité à penser l’universel à partir du particulier, pour mieux y revenir, et s’engager en toute conscience »

Michel Boyancé dans «On privilégie la critique sociale, les sciences humaines»: la philosophie au bac est-elle devenue un banal commentaire intellectualisé de l’actualité? Victoire Lemoigne, Le Figaro, juin 2025.


Ce n’est pas l’application de la philosophie à des questions contemporaines qui lui donne un caractère pratique.


Regardons les sujets du bac : « Notre avenir dépend-il de la technique ? » — c’est une question très actuelle, voire médiatique. « La vérité est-elle toujours convaincante ? »— là encore, on reste dans une approche rhétorique, très marquée par les débats contemporains. Cela peut sembler pédagogique, mais cela fait perdre à la philosophie sa démarche propre, celle qui consiste à remonter aux principes premiers, à la recherche inlassable du sens ultime et de la vérité.

Michel Boyancé dans : «On privilégie la critique sociale, les sciences humaines»: la philosophie au bac est-elle devenue un banal commentaire intellectualisé de l’actualité? Victoire Lemoigne, Le Figaro, juin 2025.


Évidemment, l’examen de philosophie de la fin des études secondaires en France n’est pas un examen de « philosophie pratique » mais de « philosophie ». Mais le recours à des questions contemporaines s’inscrit bel et bien dans l’idée d’une « pratique » de la philosophie, d’une « application » de la philosophie au monde actuel comme une « extension de la réflexion citoyenne ».


Ce glissement est-il lié à une transformation plus large de notre rapport au savoir ?

Cela s’inscrit dans un mouvement postmoderne. À partir des années 1930-1940, on est passé de la toute-puissance de la raison — propre à la modernité — à celle de la liberté individuelle, conçue comme volonté de transformer le monde selon ses désirs. Les modernes, au moins, restaient adossés à une raison structurante. Les postmodernes, eux, ont fait éclater cette structure, souvent légitimement d’ailleurs. La toute-puissance de la raison conduit à un échec.

Par voie de conséquence, aujourd’hui, on remplace la recherche du vrai par la reconnaissance des points de vue.

Par voie de conséquence, aujourd’hui, on remplace la recherche du vrai par la reconnaissance des points de vue. On privilégie les affects, les subjectivités. L’expérience de pensée chère aux modernes devient un simple prolongement de l’expérience psychologique. Et cela modifie profondément l’exercice même de la pensée qui doit s’ancrer dans l’expérience pour mieux la dépasser dans le contact avec les « choses ».

Michel Boyancé dans : «On privilégie la critique sociale, les sciences humaines»: la philosophie au bac est-elle devenue un banal commentaire intellectualisé de l’actualité? Victoire Lemoigne, Le Figaro, juin 2025.


Nous y voilà : « (…) aujourd’hui, on remplace la recherche du vrai par la reconnaissance des points de vue ». Nous pourrions remplacer « points de vue » par « opinions », cette dernière étant la bête noire de la philosophie à mon humble avis. Il n’y a point de philosophie sans une lutte féroce contre ses opinions. Je l’ai souvent souligné dans mes articles et mes rapports de lecture, notamment :


Article # 20 (1/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.

Article # 20 (2/2) : Penser par soi-même – Initiation à la philosophie, Michel Tozzi, Chronique sociale

Dans la première partie de ce rapport de lecture du livre « Penser par soi-même – Initiation à la philosophie » de Michel Tozzi, je vous recommandais fortement la lecture de ce livre : « J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq et je peux même en rajouter une de plus, une sixième, pour souligner son importance et sa pertinence. Il faut le lire absolument ! Je le recommande à tous car il nous faut tous sortir de ce monde où l’opinion règne en roi et maître sur nos pensées.» Je suis dans l’obligation d’ajouter cette deuxième partie à mon rapport de lecture de ce livre en raison de ma relecture des chapitres 6 et suivants en raison de quelques affirmations de l’auteur en contradiction avec ma conception de la philosophie.

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

Article # 44 – Consultation philosophique : s’attarder à l’opinion ou au système de pensée ?

Dans cet article, je m’interroge à savoir la consultation philosophique doit s’attarder à l’opinion ou au système pensée du client. OPINION – Le philosophe praticien cible l’opinion de son client en vue de démontrer l’ignorance sur laquelle elle repose et, par conséquent, l’absence de valeur de vérité qu’elle recèle. Cette pratique repose sur le « questionnement philosophique ».

Article # 55 – Savoir, connaissance, opinion, croyance

Tout repose sur le Savoir. L’expérience personnelle et/ou professionnelle qu’on fait du Savoir, après en avoir pris conscience, se retrouve à la base des Connaissances que nous possédons. Les Opinions expriment des Jugements des connaissances et inspirent souvent les Croyances.


Qu’est-ce qu’une pratique philosophique ?

Michel TOZZI, Professeur émérite des universités en sciences de l’éducation (Montpellier 3)

Introduction

On parle aujourd’hui de « pratique philosophique », de « nouvelles pratiques philosophiques », de « praticien philosophe ». Comme si cette notion de pratique allait de soi. Or en philosophie rien ne va de soi ; à commencer par savoir ce qu’est vraiment la philosophie. Il serait donc de saine méthode de « savoir de quoi l’on parle et si ce que l’on en dit est vrai ». Qu’est-ce donc au juste qu’une « pratique philosophique ». Une « pratique », et une pratique « philosophique ».

A) « Pratique » : du grec « praxis », l’action. Il y a dans la pratique de l’activité. Quand la pratique est humaine, elle est consciente, volontaire, et a généralement pour but de modifier concrètement une réalité, une situation. Elle s’oppose ainsi à la théorie (la theoria comme visée contemplative chez Platon). Mais qu’en est-il d’une « pratique théorique », comme la réflexion ? Elle est une activité consciente qui modifie la vision du monde de celui qui s’y adonne, ou de ceux qui s’engagent dans cette pratique (c’est ce qui se passe souvent dans une discussion à visée philosophique).

Pour Aristote, une praxis détermine sa fin en elle-même, et non en se subordonnant à un but extérieur, utilitaire ; sinon on est dans la « poiésis », l’activité fabricatrice. La pratique philosophique, même dans les cas où elle peut être rémunérée, n’est pas faite pour cela (contrairement aux prétentions des sophistes) : elle vaut en elle-même et pour elle-même, dans une fin librement posée, comme dit Sartre.

Une pratique traduit aussi l’exercice habituel d’une certaine activité (la pensée se travaille). Elle est contextualisée, s’exerce toujours en situation (par exemple dans une classe, un café…). Ce n’est pas une action ponctuelle, mais « pratiquée » dans le temps, qui s’entraîne, mature, donne une expérience. Elle est le résultat d’un apprentissage. Elle développe ainsi une habileté particulière qu’Edgar Morin dans La méthode nomme « compétence ». Elle n’est pas une opération isolée : elle vise l’accomplissement d’un projet en tant qu’elle se réfère à un modèle, une norme, un usage, et opère dès lors conformément à des règles ou des principes qui lui donnent une consistance, une cohérence propre. Même dans les cas où elle n’est pas explicitement consciente du déroulement de son processus, elle procède avec une logique interne, lui venant d’un savoir et savoir faire incorporés : elle relève d’un certain habitus (Bourdieu). La pratique philosophique réflexive de celui qui pense (par opposition à la pratique philosophique de celui qui agit, que nous nommons praxéologique – quoique la pensée soit à sa manière une action), est un processus intellectuel stabilisé, qui procède avec méthode (ex : la maïeutique socratique). Le « praticien philosophe », en ce sens, a acquis par l’exercice d’une activité philosophique une certaine façon de penser et d’agir.

Lire la suite et Source : . (Revue internationale de la didactique et des pratiques de la philosophie).


Or, dans les secteurs universitaires, la philosophie se donne des airs de pratique en se reliant à l’éthique et la vie citoyenne. C’est notamment le cas du Centre de recherche en éthique (CRE) au Québec. Les chercheurs « réfléchissent aux questions éthiques soulevées par l’actualité » en se donnant pour objectif « d’enrichir le débat public ». Nous nous retrouvons ici dans les même travers dénoncés par Michel Boyancé dans son entretien avec Le Figaro.


Le CRÉ rassemble des chercheurs préoccupés par les grands enjeux de société. Loin de l’image des savants dans leur tour d’ivoire, ils réfléchissent aux questions éthiques soulevées par l’actualité et interviennent à titre personnel dans les médias en poursuivant l’objectif d’enrichir le débat public.

Cette section est consacrée à la participation des chercheurs du CRÉ aux différents débats publics et vise à relayer les articles ou autres types de documents par lesquels nos chercheurs ont exposé leur point de vue dans les médias. Elle sert également à offrir une tribune aux chercheurs du centre qui voudraient exprimer publiquement leurs réflexions sur l’une ou l’autre des questions éthiques qui préoccupent le grand public et contribuer ainsi à la discussion citoyenne.

Lire la suite et Source : Centre de recherche en éthique (Québec, Canada).


La philosophie pratique : fondements, enjeux et perspectives

On assiste depuis quelques années à un intérêt grandissant pour la dimension pratique de la philosophie. Il suffit de penser à l’apparition de plusieurs pratiques philosophiques, qu’il s’agisse de l’éthique appliquée, la philosophie pour enfants, les cafés philosophiques, la philosophie en entreprise, la philosophie de terrain ou la consultation philosophique. On a vu également émerger un certain nombre d’ouvrages proposant une conception de la philosophie pratique autour de notions telles que la phronesis ou la réflexivité ainsi que la démonstration de l’importance d’une formation philosophique pour la pratique de professions telles que le droit, la psychologie, la biologie, l’informatique, la gestion, la médecine et la politique, pour ne nommer que celles-là. Cet intérêt s’est également traduit par une augmentation des cheminements universitaires en philosophie pratique ou en philosophie appliquée.

Un examen plus approfondi nous permet d’observer certains enjeux concernant la conception, le rôle et la fonction même de la philosophie en tant que pratique. Par ailleurs, nombre d’ouvrages ou de formations universitaires réduisent la philosophie pratique ou appliquée à l’application de théories à des problèmes ou phénomènes empiriques. Suivant l’héritage kantien, la philosophie pratique est alors conçue comme un ensemble de sous-disciplines telles que la philosophie politique, l’éthique, l’esthétisme et les éthiques féministes, alors que la philosophie appliquée concerne aussi bien l’application de théories développées en philosophie à des problèmes ou des phénomènes empiriques que l’application de recherches et outils développés dans d’autres disciplines afin de comprendre ou de résoudre des problèmes philosophiques. Une telle conception de la distinction entre philosophie pratique et appliquée a été la cible de plusieurs critiques, notamment en raison du rapport unidirectionnel entre la théorie et la pratique qu’elle implique. On lui reproche par ailleurs de donner lieu à l’utilisation hors contexte de théories philosophiques, comme les éthiques normatives ou les métaéthiques, ce qui a pour effet de réduire l’importance des dilemmes et situations morales problématiques vécus par les acteurs, de ne pas prendre suffisamment en compte les exigences concrètes de ces situations et de ne pas favoriser un engagement concret avec le monde. Certains prônent également la nécessité, pour les philosophes, de réaliser des études de terrain, mais force est de constater que peu de ressources existent pour supporter la réalisation de telles recherches.

Lire la suite et Source : Centre de recherche en éthique (Québec, Canada).

Le Centre de recherche en éthique (CRÉ) regroupe des chercheurs et chercheuses qui abordent les questions éthiques sous divers angles disciplinaires. Notre équipe principale est composée de plus de 77 co-chercheurs et co-chercheuses basés dans plus de 11 universités et collèges de la province de Québec, complétée par 88 collaborateurs et collaboratrices d’ailleurs au Canada ainsi que d’autres régions du monde.

Le CRÉ est issu du Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal (CRÉUM), fondé par Daniel Weinstock en 2002. En 2014, le centre a pris de l’expansion pour en faire le centre de recherche interuniversitaire qu’il est aujourd’hui. De 2014 à 2021, le CRÉ a été dirigé par Christine Tappolet ; en janvier 2022, Ryoa Chung et Kristin Voigt sont devenues co-directrices.

Lire la suite et Source : Centre de recherche en éthique (Québec, Canada).


Bienenstock, M., & Crampe-Casnabet, M. (éds.). (2000). Dans quelle mesure la philosophie est pratique (1?). ENS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.enseditions.25403

Dans quelle mesure la philosophie est-elle pratique ? Formulée par Hegel dans ses tout premiers cours d’Iéna, au début du XIXe s., la question renvoie d’abord au débat bien connu sur la thèse, classiquement rapportée à Fichte, d’un primat du pratique : lorsque Fichte affirme que « tout est issu de l’agir et de l’agir du moi », revendique-t-il simplement le primat de la loi morale sur la raison théorique ? N’est-ce pas plutôt le rapport de la philosophie à la vie qu’il veut souligner, comme Hegel quelques années plus tard ? C’est le statut même de la philosophie pratique, placée par Fichte au fondement même du savoir, qui est en question dans ces débats.

Ils sont d’une grande actualité : la philosophie pratique contemporaine se cherche en effet des ancêtres, des « pères fondateurs ». L’attention se porte sur Hegel, mais aussi, de plus en plus, sur Fichte, considéré comme l’un des fondateurs de la théorie dite de la « reconnaissance». Aux études de fond traitant de la philosophie pratique dans l’idéalisme allemand s’ajoutent ainsi, dans ce volume, plusieurs études consacrées à la théorie de la reconnaissance, au droit et à l’économie ; ainsi qu’un examen circonstancié des débats contemporains.

Source : Bienenstock, M., & Crampe-Casnabet, M. (éds.). (2000). Dans quelle mesure la philosophie est pratique (1?). ENS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.enseditions.25403


Nous constatons différentes définitions et différentes approches de la philosophie pratique dans les milieux universitaires où l’on distingue la « philosophie pratique » de la « philosophie appliquée » :

« Suivant l’héritage kantien, la philosophie pratique est alors conçue comme un ensemble de sous-disciplines telles que la philosophie politique, l’éthique, l’esthétisme et les éthiques féministes, alors que la philosophie appliquée concerne aussi bien l’application de théories développées en philosophie à des problèmes ou des phénomènes empiriques que l’application de recherches et outils développés dans d’autres disciplines afin de comprendre ou de résoudre des problèmes philosophiques. » Lire la suite et Source : Centre de recherche en éthique (Québec, Canada).

Évidemment, ces affirmations à l’effet que la philosophie pratique remonte à des philosophes du passé nous force à parler de la « nouvelle philosophie pratique » baptisée « Philosophical praxis » par son initiateur, le philosophe allemand Gerd B. Archenback, au début des années 1980.


Philosophical Praxis – Origin, Relations, and Legacy – Gerd B. Achenbach – Translated by Michael Picard

Gerd B. Achenbach

Philosophical Praxis

Origin, Relations, and Legacy

Translated by Michael Picard, Lexington Books, 2024
Lexington Books

An imprint of The Rowman & Littlefield Punlishing Group, Inc.

2024

Chapitre 1

Réponse brève à la question : qu’est-ce que la Praxis philosophique ?

Il faut créer du nouveau pour voir du nouveau.
— Lichtenberg

J’ai fondé la première Praxis philosophique au monde en 1981, et j’ai forgé ce terme la même année. En 1982, la Société pour la Praxis philosophique fut instituée à Bergisch Gladbach, près de Cologne ; elle devint plus tard l’organisation faîtière internationale de nombreuses sociétés nationales. Voilà pour l’aspect institutionnel. Passons maintenant à la question : en bref, qu’est-ce que la Praxis philosophique ?

Le conseil philosophique de vie qui se pratique dans la Praxis philosophique se présente comme une alternative aux psychothérapies. Il s’adresse à ceux qui, tourmentés par leurs peines ou leurs problèmes, et incapables de « s’accommoder » de leur existence, se retrouvent d’une manière ou d’une autre dans une impasse. La Praxis philosophique concerne ceux qui se débattent avec des questions existentielles qu’ils ne parviennent ni à résoudre ni à écarter, ou encore ceux qui, bien que capables de faire face au quotidien, se sentent « sous-chargés », peut-être parce qu’ils pressentent que leur réalité ne correspond pas à leur potentiel. D’autres encore s’adressent à la Praxis philosophique non pas parce qu’ils se satisfont simplement d’exister ou de se débrouiller tant bien que mal, mais parce qu’ils exigent d’examiner leur vie, d’en voir clairement les contours, l’origine, la raison d’être et la destination.

Leur besoin est souvent simplement de réfléchir aux circonstances uniques, aux enchevêtrements singuliers et au cours souvent étrangement ambigu de nos existences. En résumé, les gens consultent les philosophes praticiens parce qu’ils veulent comprendre et être compris. Ils n’arrivent presque jamais avec la question kantienne : « Que dois-je faire ? », mais plutôt avec celle de Montaigne : « Que fais-je ? » Peut-être, en arrière-plan, opère une intuition qui relève de la plus ancienne sagesse philosophique—à savoir la maxime socratique selon laquelle seule une vie examinée mérite d’être vécue. Celle-ci peut se manifester sous la forme d’une peur diffuse, celle qu’une vie trop « inerte » ne soit en réalité qu’à peine vécue, qu’elle soit en quelque sorte « gaspillée », « abandonnée », « dilapidée »—une vie en train de se défaire elle-même.

Schopenhauer l’exprime ainsi :

La plupart des hommes, lorsqu’ils regardent en arrière à la fin de leur vie, réalisent qu’ils l’ont vécue entièrement à titre provisoire et s’étonnent de voir que ce qu’ils ont laissé passer sans l’apprécier ni en jouir, c’était précisément leur propre existence, cette chose même dont ils avaient toujours attendu l’avènement. Ainsi, en règle générale, le cours de la vie est tel que, dupé par l’espoir, on danse dans les bras de la mort.

Quiconque a éprouvé cette perspective terrifiante peut, par la réflexion philosophique, voir le poids de la vie se transformer en promesse (Verheißung), car l’attitude philosophique envers l’existence est en effet—comme une promesse—une charge respectueuse qui confère à notre existence une gravité, un sens à notre présence ici-bas et une signification à notre présent.

Il y a souvent des circonstances marquantes qui amènent l’invité à prendre la décision de consulter un praticien-philosophe. Ce sont généralement des déceptions, des expériences inattendues, des conflits avec autrui, des coups du sort, des échecs, des désillusions ou encore des résultats de vie qui laissent un sentiment de vide. Dans de telles situations, on suppose — bien que confusément — que la mission de la Praxis philosophique pourrait être celle qu’évoquait Karl Popper avant même que cette pratique n’existe :

Nous avons tous une philosophie, que nous en soyons conscients ou non, et nos philosophies ne valent souvent pas grand-chose. Mais l’impact de nos philosophies sur nos actions et sur nos vies est souvent dévastateur. C’est pourquoi il est nécessaire d’essayer d’améliorer nos philosophies par la critique. Voilà la seule justification que je puisse offrir à l’existence continue de la philosophie.

Si nous voulons être concis ici, nous devons poser la question suivante : comment les philosophes praticiens aident-ils leurs visiteurs ? La façon habituelle de poser cette question est source de confusion : « Quelle méthode suivent les philosophes praticiens ? » Or, il faut parler avec justesse : la philosophie ne travaille pas avec des méthodes, mais tout au plus sur elles. L’obéissance à une méthode est l’apanage des sciences, non de la philosophie. La pensée philosophique ne suit pas des chemins tout tracés ; elle cherche, à chaque fois, la voie juste. Plutôt que de s’appuyer sur des routines intellectuelles toutes faites, elle les sabote pour mieux se clarifier.

Il ne s’agit donc pas de conduire les invités de la Praxis philosophique sur un itinéraire philosophique prédéterminé, mais bien de les aider à avancer sur leur propre chemin. Cela suppose chez le philosophe la capacité d’apprécier autrui sans nécessairement être d’accord avec lui ; en effet, comme le disait Goethe, « ni n’approuver ni condamner ».

La philosophie ne peut être simplement « appliquée », comme si les préoccupations de l’invité pouvaient être « traitées » par une dose de Platon, de Hegel ou de tout autre penseur. Les lectures philosophiques ne sont pas des remèdes à prescrire. Un patient va-t-il voir un médecin pour assister à une conférence médicale ? De même, l’invité de la Praxis philosophique ne doit pas être instruit par le philosophe, encore moins être trompé par des jeux de mots habiles, et certainement pas être servi en théories.

La véritable question est de savoir si le philosophe, à travers ses propres lectures, est devenu sage, compréhensif et attentif, s’il a acquis une sensibilité pour ce qui est habituellement ignoré, et s’il a appris à se sentir chez lui dans les pensées, sentiments et jugements atypiques ou marginaux. Car seul un co-penseur et un sympathisant peut libérer les visiteurs de leur solitude—ou de leur isolement intérieur—et peut-être ainsi les amener à une nouvelle appréciation de leur vie et de leur situation.

Philosophie et psychothérapie : une frontière ?

N’est-ce pas le cas aussi des psychologues et des psychothérapeutes ? Et des pasteurs ? Cette question surgit inévitablement—signe de notre culture encore largement dominée par le paradigme thérapeutique—et interroge la frontière entre la Praxis philosophique et les psychothérapies.

Le psychologue et le psychothérapeute sont des spécialistes, spécialement formés à percevoir le spécifique d’une manière spécialisée, c’est-à-dire les troubles d’origine psychogène ou psychologique. Lorsqu’ils ne sont pas spécialistes, ils sont des dilettantes. Paradoxalement, le philosophe est un spécialiste du non-spécifique, du général et du simple (ainsi que d’une tradition riche de pensée raisonnée), mais aussi du contradictoire et du singulier, avec une attention particulière portée à l’individuel et à l’unique.

En ce sens, le philosophe praticien prend ses visiteurs au sérieux : non pas à travers le prisme d’une théorie (c’est-à-dire non pas par une compréhension schématique), ni comme un simple « cas » illustratif d’une règle, mais en tant qu’individu en soi. Aucune échelle de valeur ne lui est imposée, pas même celle de la santé. La question n’est pas de savoir si l’invité est « normal », mais s’il est fidèle à lui-même—ou, pour paraphraser Nietzsche, s’il est devenu ce qu’il est.

Enfin, la Praxis philosophique ne se limite pas aux consultations individuelles. Elle accompagne également des entreprises, des organisations et des associations dans leur quête de mission, de principes fondateurs et de repères orientants.

Traduction libre de l’anglais au français avec l’aide du logiciel DeepL.

Voir mon Rapport de lecture.


La nouvelle philosophie pratique, en action sur le terrain auprès des individus et des organisations, ne vise donc pas en une « réflexion citoyenne » sur des situations contemporaines mise de l’avant dans l’actualité. Parler de « citoyen » au lieu d’« individu » n’est pas banal. Le citoyen se définit en ces mots par l’Office québécois de la langue français (OQLF) :« Personne reconnue comme membre d’un État et qui, de ce fait, bénéficie de droits et s’acquitte de certains devoirs. » (Voir) Le Robert – Dico en ligne donne cette définition de l’individu : « Être humain, en tant qu’être particulier, différent de tous les autres. » La nouvelle philosophie pratique s’intéresse donc à l’être humain dans toute sa particularité plutôt qu’au citoyen.

Le but de la nouvelle philosophie pratique est de répondre aux questions existentielles posées par un individu soucieux de son bien être (ou en mal d’être) et en quête de la sagesse pour mieux vivre, pour adopter une vie vertueuse.

La question n’apparaît pas toujours comme étant existentielle dès le départ puisque l’individu apporte à son philothérapeute une situation concrète qui affecte son bien être. Il peut s’agir d’un divorce, d’une perte de sens, d’une relation conflictuelle au travail, etc. Le philosophe consultant a pour mission de remonter à la source de la situation et du ou des problèmes qu’elle pose à l’individu.

Soucieux de l’autonomie de son client, la philosophe consultant diagnostiquera la logique des pensées de l’individu, détectera, s’il y a lieu, les erreurs de pensée, les biais cognitifs et autres tournures d’esprit qui l’empêche de bien aborder la situation dans laquelle il se trouve. Bref, le philosophe consultant donnera à son client des outils pour développer son esprit critique en l’accompagnant dans de nouvelles prises de consciences qui l’étonneront, c’est-à-dire qui le conduiront à une « démarche de prise de recul et de remise en question du monde qui l’entoure. »


L’étonnement

Par Joris Thievenaz

Le Télémaque 2016/1 N° 49

Depuis l’Antiquité, la notion d’étonnement est convoquée de façon récurrente pour désigner cette démarche de prise de recul et de remise en question du monde qui nous entoure. En tant qu’initiateur de l’activité réflexive, c’est à travers cette démarche que l’homme éprouve les limites de ses connaissances et s’engage dans une démarche d’acquisition de nouveaux savoirs. Si la question appelle la connaissance, c’est l’étonnement qui appelle la question. C’est à travers ce processus d’ “étrangéification de l’ordinaire” que l’homme a depuis toujours trouvé un moyen de rompre avec les coutumes, de dépasser les croyances et de rompre avec l’immobilisme, la certitude et les allants de soi. Dans le champ de l’éducation, cette notion nous intéresse tout autant, sans doute parce qu’on la lie intuitivement à la vie intellectuelle des individus et aux formes d’innovations qui lui sont corrélées. En effet, en tant que déclencheur de l’activité réflexive, l’étonnement est ce processus à travers lequel le sujet prend soudainement conscience que ce qu’il tenait habituellement pour vrai ou acquis ne fonctionne plus et qu’il doit reconsidérer la situation sous un jour nouveau. C’est un “ouvreur de pensée” qui met l’intelligence en mouvement et qui, par conséquent, se situe aux sources de l’apprentissage.

Lire la suite et Source : Thievenaz, J. (2016). L’étonnement. Le Télémaque, 49(1), 17-29. https://shs.cairn.info/revue-le-telemaque-2016-1-page-17?lang=fr.


D’étonnement en étonnement l’individu acquiert, au fil de sa vie, une ouverture d’esprit de plus en grande pour évoluer dans la sagesse et ainsi maîtriser le bénéfice du doute.

La philosophie et la philosophie pratique en ses différentes déclinaisons peuvent être intellectualisées et s’en tenir ainsi à de simples exercices d’analyse et d’interprétation, un jeu de l’esprit.

Elles peuvent aussi se vivre en conscience au quotidien d’étonnement en étonnement, de nouvelles prises de conscience en nouvelles prises de conscience, de surprises en surprises, de découvertes en découvertes. Pour y parvenir, un esprit ouvert qui ne prend rien pour acquis définitivement, un esprit qui entretien avec le doute une relation complice pour en tirer le bénéfice.

Dans cet optique, le doute n’est déstabilisateur mais bienfaiteur. Il est la pierre angulaire de l’esprit ouvert. Aussi, le doute ne met pas en cause la confiance en soi, cette dernière ne reposant pas sur le fait d’avoir raison. On peut avoir confiance en soi tant et aussi longtemps que l’on doute. Autrement, nous nous retrouvons dans un monde où l’on se donne raison, un monde sans faille qui ne laisse pas entrer la lumière. La faille dont il est question, c’est le doute, c’est lui qui laisse entrer la lumière qui éclaire nos connaissances, nos expériences, nos opinions et nos croyances.


« Si vous avez une meilleure idée que la mienne, pressez-vous à me la donner car je n’ai pas de temps à perdre ! »


Image modifiée – Image originale par Kaspar Lunt de Pixabay

Article # 27 – Êtes-vous prisonnier de vos opinions ?

Si votre opinion est faite et que vous n’êtes pas capable d’en déroger, vous êtes prisonnier de votre opinion. Si votre opinion est faite et que vous êtes ouvert à son évolution ou prêt à l’abandonner pour une autre, vous êtes prisonnier de l’opinion. Si votre opinion compte davantage en valeur et en vérité que les faits, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si votre opinion est la seule manière d’exprimer vos connaissances, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous pensez que l’opinion est le seul résultat de votre faculté de penser, vous êtes prisonnier de vos opinions. Si vous prenez vos opinion pour vraies, vous êtes prisonnier de vos opinions.

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Si vous ne basez plus votre valeur et votre confiance en vous sur vos connaissances acquises par vos expériences, vos opinions, vos croyances, sur le fait d’avoir raison, vous trouverez en votre capacité à douter la valeur ultime d’un esprit ouvert capable d’étonnement, d’avancement. Rien n’est certain définitivement. La certitude ne tient que le temps qu’un nouveau doute vienne la remettre en question.

Plus vous tenez à ce que vous pensez, à vos pensées, plus votre attention à votre mode de pensée est à la baisse. Et c’est bel et bien votre mode de penser (le « comment » vous pensez) qui importe le plus plutôt que vos pensées elles-mêmes.

« Un esprit ouvert capable d’étonnement », c’est un esprit qui comprend sur le champ, comme un morceau de casse-tête qui prend sa place. Et cela est rendu possible parce que rien en notre esprit, aucune pensée, aucune opinion, aucune croyance ne sont prises pour acquise et peuvent ainsi être remise en question, se voir éliminer d’un seul coup par une meilleure pensée. Avec un esprit ainsi ouvert tout est en place pour l’étonnement que suscite cette nouvelle compréhension (« Ah ! Là je comprends ! »).

Un étonnement à la demande

Puis-je me mettre en quête d’étonnements ? Oui, d’abord par la lecture, celle qui vous donnera à penser tout autant que l’auteur pense lui-même dans ses écrits. Ensuite à l’oral dans un dialogue, par exemple, lors d’une consultation avec un philosophe consultant, loin du « banal commentaire intellectualisé de l’actualité ».


À VENIR

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La lumière entre par les failles


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