






Résumé
Ce document présente le projet L’Étonnement – Cabinet « Connais-toi toi-même », une approche de pratique philosophique située à Lévis, Québec. Fondé par Serge-André Guay, ce projet propose une alternative aux thérapies médicalisées en se concentrant sur la lucidité et la souveraineté de l’esprit plutôt que sur la guérison de pathologies.
Voici la synthèse des axes majeurs du document :
1. Fondements philosophiques et méthodologiques
La démarche s’appuie sur le postulat socratique : « Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue ».
- L’Étonnement (Thaumazein) : Il est le choc initial nécessaire pour briser les évidences et déclencher la réflexion.
- La Spirale de la Compréhension : Le dialogue est structuré de manière ascendante. On part d’un point précis (le sujet amené par le client) pour élargir progressivement la conscience par itérations successives, allant « d’étonnement en étonnement ».
- Le Doute Constructif : Le doute est considéré comme la « pierre angulaire » de la pensée, la faille par laquelle entre la lumière pour éclairer nos systèmes de croyances.
2. Le concept du « Système de Penser »
Le projet vise à faire passer le consultant d’une « pensée subie » (automatique) à une « pensée examinée » (réflexive).
- Biais cognitifs : Inspiré par David Burns, le cabinet aide à identifier les distorsions (tout-ou-rien, filtre mental, etc.) qui agissent comme des erreurs dans notre « logiciel interne ».
- Schéma de références : En s’appuyant sur Louis Cheskin, le projet démontre que nos jugements « objectifs » sont souvent des réactions subjectives dictées par un cadre de référence acquis inconsciemment.
- Obstacles épistémologiques : La méthode intègre les travaux de Gaston Bachelard pour surmonter les habitudes de l’esprit qui freinent l’accès à la connaissance nouvelle.
3. Structure du programme de consultation
Le parcours type se décline en six axes stratégiques pour auditer la faculté de pensée:
- Identification des biais cognitifs : Prendre conscience des automatismes cérébraux.
- Valeur de la certitude : Transformer le doute en outil de clarté.
- Analyse des opinions : Distinguer les faits bruts de leurs interprétations.
- Construction du savoir : Examiner les obstacles à la compréhension selon Bachelard.
- Quête de vérité : Sortir du piège consistant à croire qu’une pensée est vraie simplement parce qu’elle est nôtre.
- Schéma de références : Synthétiser l’influence de sa grille de lecture sur ses comportements.
4. Positionnement : Le « Cabinet » vs la « Clinique »
Le document souligne une évolution majeure : le passage du terme « Clinique » à celui de « Cabinet ».
- L’approche indirecte : Plutôt que de confronter l’égo frontalement (approche directe), le praticien utilise l’habileté socratique pour contourner les mécanismes de défense et révéler le schéma de références sans douleur.
- Le rôle de l’expert : Le philosophe consultant n’est pas un soignant, mais un « mécanicien de la conscience » ou un guide qui aide le consultant à piloter son propre instrument intellectuel.
En résumé, ce projet propose une éthique de la lucidité où la connaissance du fonctionnement de sa propre pensée devient l’outil de libération ultime face aux automatismes du quotidien.
Synthèse

Voici une synthèse détaillée du projet de Cabinet L’Étonnement « Connais-toi toi-même ».
- Le concept de votre cabinet
- Mission : Proposer une alternative aux thérapies médicalisées en se concentrant sur la lucidité et la souveraineté cognitive. Il s’agit d’aider le consultant à passer d’une « pensée subie » (automatique) à une « pensée examinée » (réflexive).
- Vision : Faire de la philosophie une pratique opérative où la connaissance du fonctionnement de sa propre pensée devient l’outil de libération ultime face aux automatismes du quotidien.
- Valeurs : * L’Étonnement (Thaumazein) : Le choc initial nécessaire pour briser les évidences.
- Le Doute Constructif : La pierre angulaire permettant à la lumière d’entrer dans les systèmes de croyances.
- L’Honnêteté Intellectuelle : Ne pas plier les problèmes aux méthodes, mais adapter la réflexion à la singularité du défi.
- Votre public cible
Le programme s’adresse à :
- Des personnes ayant l’impression de « tourner en rond » dans leurs raisonnements.
- Ceux qui souhaitent comprendre l’origine de leurs réactions subjectives face aux faits.
- Des esprits curieux désirant passer du « croire » au « comprendre ».
- Des individus possédant une « fibre philosophique », un amour naturel de l’apprentissage et un esprit noble.
- Vos services
Vous proposez un parcours de consultation structuré en six axes stratégiques pour auditer la faculté de pensée:
- Identification des biais cognitifs : Prendre conscience des automatismes cérébraux.
- Valeur de la certitude : Transformer le doute en outil de clarté.
- Analyse des opinions : Distinguer les faits bruts de leurs interprétations.
- Construction du savoir : Examiner les obstacles épistémologiques selon Bachelard.
- Quête de vérité : Sortir du piège consistant à croire qu’une pensée est vraie parce qu’elle est nôtre.
- Schéma de références : Maîtriser le « pilote automatique » dicté par notre éducation et nos expériences.
- Votre positionnement
Ce qui vous différencie radicalement de la psychologie classique ou du développement personnel :
- Le Cabinet vs La Clinique : Vous refusez le modèle médical et « l’empire du diagnostic ». Vous n’êtes pas un soignant, mais un « mécanicien de la conscience ».
- L’Approche Indirecte : Inspiré par Louis Cheskin, vous contournez les mécanismes de défense de l’ego (l’approche directe qui « serre les nœuds ») pour atteindre l’inconscient sans douleur via l’habileté socratique.
- Problem-Directed : Vous ne vendez pas de modèles préconçus, mais une démarche unique dictée exclusivement par la nature du défi du client.
- Vos objectifs
- Souveraineté cognitive : Permettre au consultant de redevenir le seul maître de sa raison.
- Penser juste : Atteindre une adéquation avec la réalité présente en dépouillant le regard des filtres du passé.
- Autonomie : Faire en sorte que le consultant devienne son propre « auditeur » et possède sa propre boussole interne.
- Autres informations pertinentes
- Slogans clés : * « Si vous n’avez pas de problème, vous n’avez pas besoin de moi ».
- « Une pensée sans examen ne vaut pas la peine d’être pensée ».
- « Le but dans la vie n’est pas d’avoir raison ».
- Identité visuelle : * Le Prisme de la Pensée : Un triangle symbolisant la décomposition de l’opinion brute en un spectre de lignes distinctes (vos 6 axes).
- La Spirale : Représente l’ascension continue de la pensée, partant du sujet précis du client vers une perspective globale par itérations successives.
- Localisation : Lévis, Québec, Canada.
- Expertise : Validation par les travaux de Louis Cheskin sur les motivations et le transfert de sensation.



Les thèmes de la communication
Pouvoir et Maîtrise de soi
Vous voulez reprendre les commandes de votre vie mentale.
- « Ne subissez plus votre pensée, apprenez à l’habiter. »
- « Prenez les commandes de votre logiciel interne. »
- « Soyez l’architecte de votre propre raison. »
- « Devenez l’expert de votre propre mécanique mentale. »
Clarté et Lucidité
Vous vous sentez confus ou piégés par leurs propres certitudes.
- « L’Étonnement : le choc de lucidité qui change votre regard. »
- « Voir clair pour penser juste. »
- « Le cabinet où la lumière entre par vos failles. »
- « Débusquez vos angles morts pour retrouver votre liberté de juger. »
Décodage et Stratégie (Approche « Cheskin »)
Pour la compréhension des mécanismes cachés.
- « Décoder vos schémas pour libérer vos choix. »
- « Ce que vous n’avez jamais appris sur votre façon de penser. »
- « Analysez les rouages de votre pensée, changez votre réalité. »
Éthique et Sagesse (Approche « Socrate »)
Vous cherchez du sens et une vie plus profonde.
- « Une pensée examinée pour une vie qui mérite d’être vécue. »
- « L’art de se connaître pour mieux se conduire. »
- « L’Étonnement : l’aventure d’une conscience souveraine. »

Introduction
L’idée de concevoir une nouvelle approche de la consultation philosophique répond à un question : « Comment exploiter mon vécu et mon expertise dans le cadre d’une relation d’aide fondée sur le dialogue » ?
La lumière entre par les failles
Âgé d’une quinzaine d’années et élevé dans une famille politisée où chacun se donne raison selon son option, une phrase prononcée par un animateur à la radio engendrera une nouvelle expérience de prise de conscience. Cette phrase simple caractérisée par sa clarté se lit comme suit : « La lumière entre par les failles ». Ainsi, ai-je conclu, une personne qui se donne constamment raison vit dans un système sans faille, sans lumière pour l’éclairer. À cette époque je croyais acquérir le pouvoir de me donner raison envers et contre tous dès l’âge adulte. Or, j’ai complètement changé d’avis. Depuis, je répète à qui veut bien l’entendre « Si vous avez une meilleure idée que la mienne, donner la moi au plus tôt car je n’ai pas de temps à perdre dans une mauvaise direction ». J’ai donc fait du doute la pierre angulaire de mon système de penser dès mon adolescence. Bref, la faille permettant à la lumière d’entrer, c’est le doute.
J’ai basé la confiance en moi sur ma capacité à douter. Tant et aussi longtemps que je doute, je suis éclairé et, ce faisant, je peux prendre du recul face à ce que je pense plutôt que de m’enfermer à double tour dans mes opinions et mes croyances.
La connaissance se bâtit sur la destruction du déjà-su
Une autre prise de conscience étonnante m’a conduit à remonter à l’origine de mes pensées, au sien même mon système de penser, pour en relever les erreurs ? Dans la trentaine, je me suis donc concentré sur comment nous pensons, comment nous acquérons des connaissances, qu’est-ce qu’une connaissance… J’ai trouvé plusieurs théories et réponses à mon questionnement. Et chacune d’elle m’étonnait, notamment, celle concernant le bénéfice du doute et la certitude. La connaissance, en science, se bâtit sur la destruction du déjà-su. Une connaissance scientifique la plus scientifique n’est certaine que le temps qu’une autre vienne la remettre en question et la détrôner. Bref, le bénéfice du doute, c’est la certitude et cette dernière tiendra tant et aussi longtemps qu’une autre impose un doute. J’ai importé la méthode scientifique dans ma vie comme un exemple à suivre au sein de mon système de pensée. Ce n’est pas compliqué : il s’agit de ne rien tenir pour acquis définitivement en laissant planer un doute, l’ombre d’un doute ou, si vous préférez, la possibilité d’une faille à la fois dans mon système de penser et dans mes opinions et mes croyances.
Juger objectivement, réagir subjectivement
À la mi-trentaine, un passage dans un livre m’étonnera par sa connaissance de notre comportement face à l’information. Sommes-nous objectifs ou subjectifs ?
Nous aimons croire que nous sommes objectifs, que nous nous intéressons à des informations objectives. En réalité, si l’on ne devient pas subjectif face à une nouvelle information objective, on ne s’y intéresse pas et on n’est pas motivé par elle. Nous disons que nous jugeons objectivement, mais en réalité nous réagissons subjectivement.
Nous faisons continuellement des choix dans la vie quotidienne. Nous choisissons les « choses » qui nous attirent subjectivement, mais nous considérons ces choix comme objectifs.
« Le comportement d’un individu se base sur son schéma de références. Le schéma de références d’un individu détermine ses attitudes. Consciemment et inconsciemment, un individu acquiert des concepts qui deviennent une partie de lui-même et qui sont la base de toutes ses attitudes. Le schéma de références est acquis des parents, des enseignants, des relations et des amis, du type d’émissions de radio que nous entendons, des émissions de télévision que nous regardons et du type de livres, magazines et journaux que nous lisons. La plupart d’entre nous croyons tirer des faits de ces sources, non pas des attitudes. Nous pensons que nous avons accumulé des informations objectives, non pas un schéma de références. »
Source : CHESKIN, Louis, Basis For marketing Decision, Liveright, New York, 1961, p. 82
Ainsi, l’objet mobilisant mon intérêt pour les informations objectives s’éveille que si cette dernière m’appelle subjectivement. « Nous disons que nous jugeons objectivement, mais en réalité nous réagissons subjectivement. » En m’attardant davantage les sujets même d’une information, je découvre ma subjectivité. La question est simple : « Pourquoi cette information a-t-elle retenu mon attention ? » Je relève les sujets auxquels je suis sensible et je peux ainsi mettre en relief mon schéma de référence. Bref, à l’origine, je me demande pourquoi telle ou telles information attire et captive mon attention.
La raison a toujours besoin d’un coup de pouce des émotions[1]
Pendant que certains courants nous recommande de contrôler nos émotions afin de prendre des décisions rationnelle, le professeur de psychologie, de neurosciences et de philosophie à l’Université de Californie du Sud (USC), Antonio Damasio, démontrent que la raison n’est rien sans les émotions. Je découvre l’apport des émotions dans mes prises de décision que je ne peux plus ainsi les qualifier de purement rationnelles. Par exemple, si la prise de décision se bute à de très nombreuses options dont l’analyse nous finit par nous paralyser, il faut laisser entrer une intuition émotive pour arrêter un choix et ainsi céder au coup de cœur. La question est simple : « Avec laquelle de mes analyses des différente options suis-je le plus à mon aise ? »
Intelligence émotionnelle
Je prends connaissance de cet apport des émotions à la lecture d’un autre livre : L’intelligence émotionnelle – Comment transformer ses émotions en intelligence de Daniel Goleman[2], journaliste au New York Times. Malheureusement, le concept d’intelligence émotionnelle popularisé par ce diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, sera vite galvaudé par les charlatans du bien-être. Ce livre contribuera à une nouvelle prise de conscience concentrée sur le manque flagrant d’intelligence émotionnelle engendrant plusieurs problèmes de comportement au sein de notre société. Je dois désormais identifier clairement l’état émotionnel de mon interlocuteur avant même d’entreprendre notre échange. Il faut, nous dit-on, savoir lire les émotions sur le visage de notre interlocuteur, pour discerner l’état émotionnelle dans lequel il se trouve et en tenir compte dans notre discussion.
Les biais cognitifs
En mettant la main sur le livre Être bien dans sa peau de David D. Burns,[3], Être bien dans sa peau (Héritage, 2005), je découvre une liste de dix biais cognitifs et je me dois d’avouer que je coche toutes cases, à ma grande déception. Avant David D. Burns, la thérapie était souvent perçue comme un processus long et mystérieux. Avec Être bien dans sa peau, il a rendu les outils de la Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC) accessibles au grand public. Son message est simple : nos pensées créent nos émotions. Si nous apprenons à corriger nos pensées déformées, nous pouvons modifier notre état émotionnel.
Liste de biais cognitifs |
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Le tout-ou-rien |
votre pensée n’est pas nuancée. Vous classez les choses en deux seules catégories : les bonnes et les mauvaises. En conséquence, si votre performance laisse à désirer, vous considérez votre vie comme un échec total. |
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La généralisation |
un seul événement malheureux vous apparaît comme faisant partie d’un cycle sans fin d’échecs. |
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Le filtre |
vous choisissez un aspect négatif et vous vous attardez à un tel point à ce petit détail que toute votre vision de la réalité en est faussée, tout comme une goutte d’encre qui vient teinter un plein contenant d’eau. |
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Le rejet du positif |
pour toutes sortes de raisons, en affirmant qu’elles ne comptent pas, vous rejetez toutes vos expériences positives. De cette façon, vous préservez votre image négative des choses, même si elle entre en contradiction avec votre expérience de tous les jours. |
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Les conclusions hâtives |
vous arrivez à une conclusion négative, même si aucun fait précis ne peut confirmer votre interprétation. |
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L’interprétation indue |
Vous décidez arbitrairement que quelqu’un a une attitude négative à votre égard, et vous ne prenez pas la peine de voir si c’est vrai. |
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L’erreur |
Vous prévoyez le pire, et vous êtes convaincu que votre prédiction est déjà confirmée par les faits. |
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L’exagération |
vous amplifiez l’importance de certaines choses (comme vos bévues ou le succès de quelqu’un d’autre) et vous minimisez l’importance d’autres choses jusqu’à ce qu’elles vous semblent toutes petites. Cette distorsion s’appelle aussi « le phénomène de la lorgnette ». |
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Les raisonnements émotifs |
vous présumez que vos sentiments les plus sombres reflètent nécessairement la réalité des choses : « C’est ce que je ressens, cela doit donc correspondre à une réalité. |
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Les « dois » |
vous essayez de vous motiver par des « je devrais… » ou des « je ne devrais pas… » comme si, pour vous convaincre de faire quelque chose, il fallait vous battre ou vous punir. Ou par des « je dois ». Et cela suscite chez vous un sentiment de culpabilité. |
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L’étiquetage |
il s’agit là d’une forme extrême de généralisation à outrance. Au lieu de qualifier votre erreur, vous vous apposez une étiquette négative. Les erreurs d’étiquetage consistent à décrire les choses à l’aide de mots très colorés. |
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La personnalisation |
vous vous considérez responsable d’un événement fâcheux dont, en fait, vous n’êtes pas le principal responsable. |
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Source : Burns, David D, Être bien dans sa peau, Héritage, 2005. |
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Mon étonnement provoque une grande ouverture d’esprit et à elle seule la lecture de cette liste changera ma façon de penser pour toujours.
Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne[4]
Je ne suis pas un fan de la psychologie en raison de son manque évident de scientificité La psychologie demeure à classer parmi les sciences inexactes ou fausses sciences. Ma position anti-psychologie se développe dans les années 1980 à la suite de ma lecture du livre Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne du psychologue William Kirk Kilpatrick.
ATTENTES ET RÉSULTATS
Il y a trop de « si », de « et » et de « mais » pour prouver une relation fortuite entre la montée de la psychologie et la détérioration du lien social, mais il existe certainement assez de preuves pour douter du profit que la psychologie prétend nous apporter. Dans les domaines où les professionnels savent véritablement ce qu’ils font, nous nous attendons à un résultat. Stanislas Andreski, sociologue britannique, fait la lumière sur ce point en comparant la psychologie et la sociologie à d’autres professions.
Il note que lorsqu’une profession est fondée sur une connaissance bien établie, il devrait y avoir une relation entre le nombre de personnes qui exercent cette profession et les résultats accomplis :
« Ainsi, dans un pays où il y a pléthore d’ingénieurs en télécommunication, l’équipement téléphonique sera normalement meilleur que dans un pays où il n’y a que quelques spécialistes dans ce domaine. Le taux de mortalité sera plus bas dans les pays ou les régions où il y a beaucoup de docteurs et d’infirmières que dans les lieux où ils sont rares et éloignés. Les comptes seront généralement tenus avec plus d’efficacité dans les pays où il y a de nombreux comptables expérimentés que là où ils font défaut. »
Mais quel est donc le profit produit par la psychologie et la sociologie? Le professeur Andreski poursuit :
« … Partant, nous devrions constater que dans les pays, les régions, les institutions ou encore les secteurs où les services des psychologues sont très largement requis, les foyers sont plus résistants, les liens entre conjoints, frères et sœurs, parents et enfants, plus solides et plus chaleureux; les relations entre collègues plus harmonieuses, le traitement des patients meilleur; les vandales, les criminels et les toxicomanes moins nombreux, que dans les endroits et les groupes qui n’ont pas recours aux talents des psychologues. En conséquence, nous pourrions déduire que les États-Unis sont la patrie bénie de l’harmonie et de la paix; et qu’il aurait dû en être toujours plus ainsi durant le dernier quart de siècle en relation avec la croissance numérique des sociologues, des psychologues et des experts en sciences politiques. » Note originale de l’auteur : Stanislas Andreski, Social Sciences as Sorcery, Penguin Books, New York,1974, pp. 25-26.)
Cependant, ce n’est pas ce qui s’est produit. Au contraire, les choses semblent empirer. Les rues ne sont pas sûres. Les foyers se désintègrent. Le suicide sévit parmi les jeunes. Et quand la psychologie tente de régler de tels problèmes, il semble souvent qu’elle les aggrave. La création dans les villes de centres de prévention du suicide s’accompagne, par exemple, d’une augmentation de celui-ci. Les conseils matrimoniaux conduisent fréquemment au divorce. Par ailleurs, l’observation la plus élémentaire nous montre que l’introduction de l’éducation sexuelle dans un public très étendu n’a aucunement enrayé la hausse des grossesses non désirées, de la promiscuité et des maladies vénériennes. Il est plutôt manifeste que de tels programmes encouragent la sexualité précoce et les problèmes qui en découlent.
Il est difficile de ne pas conclure que l’ordonnance est à l’origine de la maladie. « Si nous constations », écrit Andreski, « que toutes les fois que les pompiers arrivent, le feu redouble d’intensité, nous finirions par nous demander ce qu’il peut bien sortir de leurs lances et si, par hasard, ils ne sont pas en train de verser de l’huile sur le feu » (p. 29) »
KILPATRICK, William A Kirk, Séduction psychologique (L’échec de la psychologie moderne), Centre biblique européen, Suisse, 1985, pp. 33-35.
À la lecture de ce livre, je prend aussi conscience que les gens ne veulent pas un « moi réparé » mais un « tout nouveau moi », selon les propos de l’auteur.
« Platon, pas Projac » (2002)
Avec ce livre signé par Lou Marinoff, leader mondial des nouvelles pratiques philosophiques, je découvre une nouvelle discipline emballante. À l’offre de psychothérapie s’ajoute désormais la philothérapie. D’une part, la Psychothérapie repose souvent sur un modèle médical. On cherche à identifier une pathologie, un trouble mental ou un dysfonctionnement comportemental. Le patient est souvent perçu comme ayant besoin de « guérison ». D’autre part, la Philothérapie repose sur un modèle éducatif et existentiel. On considère que la personne traverse une crise de sens, un dilemme moral ou une impasse logique. Le « client » n’est pas malade ; il est simplement désorienté ou en quête de vérité.
Wow ! La philosophie devient pratique; elle sort des tours universitaires où elle était consignée. Le conseil philosophique gagne en popularité et me ravie. Désormais, on parle de philosophe praticien, de philosophe clinicien, de philosophe consultant. Une abondante littérature circule : étude, livres, thèses et mémoires universitaire, articles de presse… Je m’empresse de lire et d’analyser ces publications. En 2020, je fonde l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques où je rends compte de mes lectures à titre d’amateur de la philosophie et bibliographe des nouvelles pratiques philosophiques.
« L’Étonnement – Cabinet « Connais-toi toi-même »
Que puis-je faire de ce vécu et de l’expérience de ces différentes prises de conscience ? Puis-je en faire profiter d’autres personnes ? Oui, dans un cadre très précis soit celui visant à mieux se connaître soi-même, à mieux comprendre son système de penser, les pensées elles-mêmes, à l’instar de ses opinions et ses croyances. L’objectif : gagner en liberté de penser.
« Penser juste » signifie ici atteindre une adéquation avec la réalité présente. C’est dépouiller son regard des filtres du passé pour voir une situation telle qu’elle est. |
Serge-André Guay, président fondateur
Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques
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[1] Damasio, A. R. (2010). L’Erreur de Descartes : la raison des émotions (M. Blanc, Trad.). Odile Jacob. (Original publié en 1994).
[2] L’édition originale de ce livre est parue en 1995 en anglais et j’ai lu la traduction française à l’été 1998 parue un an auparavant chez Robert Laffont. Diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement, Daniel Goleman nous informe dans son livre « L’intelligence émotionnel » au sujet de la découverte spectaculaire pour ne pas dire révolutionnaire de Antonio R. Damasio à l’effet que la raison a toujours besoin d’un coup des émotions pour prendre des décisions. Jusque-là, il était coutume de soutenir que les émotions perturbaient la raison, d’où l’idée de les contrôler.
[3] David D. Burns est une figure emblématique de la psychologie moderne. C’est un psychiatre américain, né en 1942, et il est principalement connu pour avoir été l’un des pionniers de la Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC).
[4] Dans son livre « Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne » William Kirk Kilpatrick, lui-même psychologue, diplômé des plus grandes écoles dont les célèbres universités Harvard et Purdue, se demande « quel est donc le profit produit par la psychologie ».













