From Knowledge to Wisdom: A Revolution for Science and the Humanities
Nicholas Maxwell; (2007)
Pentire Press: London, UK
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Source : University College London.
From Knowledge to Wisdom: A Revolution for Science and the Humanities (Basil Blackwell, 1984 ; 2? éd. Pentire Press, 2007, 396 p., ISBN 978-0-9552240-0-3)
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Cette seconde édition de l’ouvrage (publié pour la première fois en 1984 chez Basil Blackwell) a fait l’objet d’une révision intégrale. Elle s’enrichit d’une nouvelle introduction, d’un chapitre 6 augmenté, ainsi que de trois nouveaux chapitres qui abordent successivement : l’évolution du monde universitaire depuis 1984 ; les critiques adressées à la première édition ; et les développements, depuis 1984, de l’« empirisme orienté vers les finalités » (aim-oriented empiricism, la philosophie des sciences défendue dans ce livre).
Source : University College London.
Traduction de l’anglais au français par Gemini Google
À propos de l’auteur
Nicholas Maxwell a consacré l’essentiel de sa carrière universitaire à plaider pour une refonte en profondeur du monde académique, afin que celui-ci ne se contente plus d’accumuler du savoir, mais cherche à promouvoir activement la sagesse. Outre le présent ouvrage, il a publié quatre livres sur ce sujet : What’s Wrong With Science? (Bran’s Head Books, 1976), The Comprehensibility of the Universe (Oxford University Press, 1998), The Human World in the Physical Universe (Rowman & Littlefield, 2001) et Is Science Neurotic? (Imperial College Press, 2004). Il a également collaboré à plusieurs ouvrages collectifs et fait paraître de nombreux articles dans des revues de sciences et de philosophie, portant sur des domaines variés allant de la question de la conscience à la théorie quantique. Pendant près de trente ans, il a enseigné la philosophie des sciences à l’University College de Londres (UCL), où il est aujourd’hui maître de conférences émérite (Emeritus Reader) en philosophie des sciences et chercheur associé honoraire (Honorary Senior Research Fellow). Il a donné des conférences dans des universités et des colloques à travers toute la Grande-Bretagne, l’Europe et l’Amérique du Nord, et est intervenu dans l’émission Start the Week sur BBC Radio 4. En 2003, il a fondé Friends of Wisdom, un collectif international réunissant des personnalités favorables à ce que la recherche universitaire aide l’humanité à gagner en sagesse par des voies rationnelles (voir www.knowledgetowisdom.org). Pour de plus amples informations sur sa vie et ses travaux, vous pouvez consulter son site internet : https://www.nicholasmaxwell.net/.
Résumé
Cet ouvrage plaide pour la mise en œuvre d’une révolution intellectuelle profonde et globale, appelée à toucher, à des degrés divers, l’ensemble de la recherche scientifique et technologique, de la vie universitaire et de l’enseignement. Cette révolution intellectuelle se distingue toutefois des révolutions scientifiques désormais familières décrites par Kuhn : elle ne réside pas au premier chef dans un bouleversement de ce que nous tenons pour acquis sur tel ou tel aspect du monde — c’est-à-dire un changement de paradigme. Elle exige plutôt une refonte radicale des finalités intellectuelles fondamentales et des méthodes mêmes de la recherche. Aujourd’hui, la quête intellectuelle est tout entière vouée à l’accroissement des connaissances. Il convient de la muer en une démarche rationnelle dont le dessein premier soit d’enrichir la sagesse, tant individuelle que collective. Cette nouvelle forme de recherche accorde la primauté intellectuelle aux problèmes personnels et sociaux auxquels nous nous heurtons lorsque nous nous efforçons de réaliser ce qui est souhaitable et digne de valeur — les questions d’ordre cognitif et technique lui étant intellectuellement subordonnées et secondaires. Pour cette nouvelle discipline de l’esprit, ce sont nos actes et notre être qui comptent en dernier ressort : notre savoir n’est qu’une dimension de notre vie et de notre condition. L’auteur soutient qu’une condition nécessaire — bien que non suffisante — pour bâtir de concert un monde meilleur et plus humain est l’avènement d’une tradition d’investigation rationnelle de cette nature, centrée sur la vie et ses enjeux, et dévouée à l’épanouissement de la sagesse. Une telle tradition fait aujourd’hui défaut. En conséquence, notre capacité à résoudre de manière juste et féconde les difficultés rencontrées dans notre existence personnelle et sociale s’en trouve plus ou moins gravement entravée. Nombre de nos défis sociétaux et planétaires contemporains procèdent, pour une part, de notre incapacité séculaire à faire éclore une pensée véritablement rationnelle, engagée dans la cité et tournée vers la maturation de la sagesse. Cet idéal socratique fondamental ayant été trahi, nous nous trouvons confrontés à de graves périls engendrés par nos propres actes : réchauffement climatique, prolifération nucléaire, caractère létal de la guerre moderne, terrorisme, explosion démographique ou encore extinction accélérée des espèces. Dès lors, il ne saurait y avoir de tâche plus urgente, pour tous les acteurs gravitant autour du monde universitaire — scientifiques, ingénieurs, chercheurs, enseignants, administrateurs, étudiants, parents et bailleurs de fonds —, que de concourir à instaurer cette nouvelle démarche intellectuelle, rationnellement dédiée à l’élévation de la sagesse.
Préface à la première édition (1984)
Cet ouvrage plaide pour la mise en œuvre d’une révolution intellectuelle profonde et globale, appelée à toucher, à des degrés divers, l’ensemble de la recherche scientifique et technologique, de la vie universitaire et de l’enseignement. Cette révolution intellectuelle se distingue toutefois des révolutions scientifiques désormais familières décrites par Kuhn : elle ne consiste pas au premier chef en un bouleversement de ce que nous tenons pour un savoir sur tel ou tel aspect du monde — un changement de paradigme. Elle exige bien plutôt une refonte radicale des finalités intellectuelles fondamentales et des méthodes mêmes de la recherche. À l’heure actuelle, l’investigation intellectuelle est tout entière vouée à l’accroissement des connaissances. Il convient de la muer en une démarche rationnelle dont le dessein premier soit d’enrichir la sagesse, tant individuelle que collective. Cette nouvelle forme de recherche accorde la primauté intellectuelle aux problèmes personnels et sociaux auxquels nous nous heurtons lorsque nous nous efforçons de réaliser ce qui est souhaitable et digne de valeur — les questions d’ordre cognitif et technique lui étant intellectuellement subordonnées et secondaires. Pour cette nouvelle démarche, ce sont nos actes et notre être qui importent en dernier ressort : notre savoir n’est qu’une dimension de notre vie et de notre condition.
Je soutiendrai qu’une condition nécessaire — bien que non suffisante — pour que nous bâtissions de concert un monde meilleur et plus humain est l’avènement d’une tradition de recherche rationnelle de cette nature, centrée sur la vie et ses enjeux, et dévouée à l’épanouissement de la sagesse. Une telle tradition fait aujourd’hui défaut. En conséquence, notre capacité à résoudre de manière juste et féconde les difficultés rencontrées dans notre existence personnelle et sociale s’en trouve plus ou moins gravement entravée. Nombre de nos défis sociétaux et planétaires contemporains procèdent, pour une part, de notre incapacité séculaire à faire éclore une pensée véritablement rationnelle, engagée dans la cité et tournée vers la maturation de la sagesse. Cet idéal socratique fondamental a été trahi et, pour formuler les choses de la manière la plus radicale, nous nous trouvons désormais au bord de l’autodestruction.
Dès lors, il ne saurait y avoir de tâche plus urgente, pour quiconque participe de près ou de loin à l’entreprise universitaire — scientifiques, ingénieurs, chercheurs, enseignants, administrateurs, étudiants, parents et bailleurs de fonds —, que de concourir à instaurer cette nouvelle démarche intellectuelle, rationnellement dédiée à l’élévation de la sagesse.
Texte original en anglais
About the Author
Nicholas Maxwell has devoted much of his working life to arguing that we need to bring about a revolution in academia so that it comes to seek and promote wisdom and does not just acquire knowledge. Apart from the present book, he has published four others on this theme: What’s Wrong With Science? (Bran’s Head Books, 1976), The Comprehensibility of the Universe (Oxford University Press, 1998), The Human World in the Physical Universe (Rowman and Littlefield, 2001) and Is Science Neurotic? (Imperial College Press, 2004). He has also contributed to a number of other books, and has published numerous papers in science and philosophy journals on problems that range from consciousness to quantum theory. For nearly thirty years he taught philosophy of science at University College London, where he is now Emeritus Reader in Philosophy of Science and Honorary Senior Research Fellow. He has given lectures at Universities and Conferences all over Britain, Europe and north America, and has taken part in the BBC Programme ‘Start the Week’ on Radio 4. In 2003 he founded Friends of Wisdom, an international group of people sympathetic to the idea that academic inquiry should help humanity acquire more wisdom by rational means (see www.knowledgetowisdom.org). More information about his life and work can be found on his website: see https://www.nicholasmaxwell.net/.
Abstract
This book argues for the need to put into practice a profound and comprehensive intellectual revolution, affecting to a greater or lesser extent all branches of scientific and technological research, scholarship and education. This intellectual revolution differs, however, from the now familiar kind of scientific revolution described by Kuhn. It does not primarily involve a radical change in what we take to be knowledge about some aspect of the world, a change of paradigm. Rather it involves a radical change in the fundamental, overall intellectual aims and methods of inquiry. At present inquiry is devoted to the enhancement of knowledge. This needs to be transformed into a kind of rational inquiry having as its basic aim to enhance personal and social wisdom. This new kind of inquiry gives intellectual priority to the personal and social problems we encounter in our lives as we strive to realize what is desirable and of value – problems of knowledge and technology being intellectually subordinate and secondary. For this new kind of inquiry, it is what we do and what we are that ultimately matters: our knowledge is but an aspect of our life and being. The book argues that a necessary, though not a sufficient, condition for us to develop cooperatively a better, more humane world is that we have in existence a tradition of rational inquiry of this new kind, giving priority to life and its problems, devoted to the enhancement of wisdom. At present we have no such tradition. As a result we are all more or less severely handicapped in our capacity to resolve in desirable and good ways problems we encounter in our personal and social lives. Many of our present-day social and global problems are in part due to our long-standing failure to develop such a tradition of genuinely rational, socially active thought, devoted to the growth of wisdom. This basic Socratic idea has been betrayed, and as a result we are confronted by grave dangers of our own making, such as global warming, nuclear proliferation, the lethal character of modern war, terrorism, rapid population growth, rapid extinction of species. In the circumstances, there can scarcely be any more urgent task for all those associated in any way with the academic enterprise – scientists, technologists, scholars, teachers, administrators, students, parents, providers of funds – than to help put into practice the new kind of inquiry, rationally devoted to the growth of wisdom.
Preface to the First Edition 1984
This book argues for the need to put into practice a profound and comprehensive intellectual revolution, affecting to a greater or lesser extent all branches of scientific and technological research, scholarship and education. This intellectual revolution differs, however, from the now familiar kind of scientific revolution described by Kuhn. It does not primarily involve a radical change in what we take to be knowledge about some aspect of the world, a change of paradigm. Rather it involves a radical change in the fundamental, overall intellectual aims and methods of inquiry. At present inquiry is devoted to the enhancement of knowledge. This needs to be transformed into a kind of rational inquiry having as its basic aim to enhance personal and social wisdom. This new kind of inquiry gives intellectual priority to the personal and social problems we encounter in our lives as we strive to realize what is desirable and of value – problems of knowledge and technology being intellectually subordinate and secondary. For this new kind of inquiry, it is what we do and what we are that ultimately matters: our knowledge is but an aspect of our life and being.
I shall argue that a necessary, though not a sufficient, condition for us to develop cooperatively a better, more humane world is that we have in existence a tradition of rational inquiry of this new kind, giving priority to life and its problems, devoted to the enhancement of wisdom. At present we have no such tradition. As a result we are all more or less severely handicapped in our capacity to resolve in desirable and good ways problems we encounter in our personal and social lives. Many of our present-day social and global problems are in part due to our long-standing failure to develop such a tradition of genuinely rational, socially active thought, devoted to the growth of wisdom. This basic Socratic idea has been betrayed, and as a result, to put it at its most extreme, we now stand on the brink of self-destruction.
In the circumstances, there can scarcely be any more urgent task for all those associated in any way with the academic enterprise – scientists, technologists, scholars, teachers, administrators, students, parents, providers of funds – than to help put into practice the new kind of inquiry, rationally devoted to the growth of wisdom
Source : University College London.

De la connaissance à la sagesse : Pourquoi l’université doit changer de mission
Fiche d’identité du livre
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Titre original : From Knowledge to Wisdom: A Revolution for Science and the Humanities
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Auteur : Nicholas Maxwell (philosophe des sciences à University College London)
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Parution : 1984 (1?? édition chez Blackwell) ; 2007 (2? édition révisée et augmentée chez Pentire Press)
1. Le point de départ : Une énigme moderne
Regardons le monde d’aujourd’hui. D’un côté, nos prouesses scientifiques et technologiques sont spectaculaires : nous décodons le génome, explorons l’espace lointain et connectons la planète entière en une fraction de seconde. D’un autre côté, nous semblons incapables de régler nos crises les plus graves : réchauffement climatique, guerres destructrices, prolifération des armes, misère et épuisement de la planète.
Pourquoi une telle contradiction ? Comment une humanité dotée d’autant de savoir peut-elle agir de façon aussi autodestructrice ?
La réponse de Nicholas Maxwell est simple et décapante : notre système universitaire et scientifique a confondu « accumuler du savoir » et « devenir sage ».
2. Le diagnostic : La « science sans boussole »
Pour Maxwell, le monde intellectuel moderne s’est enfermé dans ce qu’il nomme l’enquête du savoir (knowledge-inquiry) :
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Les chercheurs s’efforcent d’accumuler des faits purs, des mesures, des formules et des technologies, tout en maintenant une stricte neutralité.
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On apprend aux scientifiques à tenir les émotions, les valeurs éthiques, les désirs humains et la politique à distance des laboratoires pour rester « objectifs ».
Ce modèle a certes permis des avancées techniques inouïes, mais il a créé un piège gigantesque : la science augmente démesurément notre pouvoir d’action (notre puissance de frappe matérielle et industrielle), mais refuse d’examiner collectivement ce qu’il est bon et juste d’en faire.
Résultat : la puissance technique s’emballe au service de ceux qui la financent (l’armement, les intérêts industriels, la quête du profit), sans que personne n’ait pour métier intellectuel de réfléchir à la manière de bâtir un monde vivable et équitable.
3. L’erreur historique des Lumières
Comment en est-on arrivé là ? Maxwell remonte au XVIII? siècle, à l’époque des Lumières (Voltaire, Diderot, Condorcet). Ces penseurs voulaient tirer les leçons du succès des sciences de la nature pour transformer la société.
Mais selon Maxwell, ils ont commis une erreur d’aiguillage :
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Au lieu d’aider les humains à résoudre coopérativement leurs dilemmes de vie, ils ont créé les « sciences sociales » (économie, sociologie, psychologie) sur le modèle des sciences physiques : observer les humains comme des objets passifs régis par des lois mécaniques.
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Ce faisant, les sciences sociales ont cherché à décrire ou manipuler les comportements au lieu d’apprendre aux citoyens à dialoguer rationnellement pour mieux vivre ensemble.
4. La solution : L’« enquête de la sagesse »
Face à cette impasse, Maxwell propose une véritable révolution copernicienne pour l’école et l’université : passer de la simple connaissance à l’enquête de la sagesse (wisdom-inquiry).
Qu’est-ce que la « sagesse » pour Maxwell ? Ce n’est pas une méditation mystique isolée, ni un prêche moralisateur. C’est tout simplement :
La capacité de discerner et de réaliser ce qui a réellement de la valeur dans l’existence, pour soi-même et pour les autres.
Dans cette nouvelle université :
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La priorité intellectuelle absolue est donnée aux problèmes de vie réels : comment enrayer la crise écologique ? comment partager justement les richesses ? comment faire grandir l’amitié, l’art, la justice et la paix ?
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Le savoir technique redevient un moyen, non une fin en soi : les mathématiques, la physique ou la biologie ne disparaissent pas, mais elles sont au service de la réalisation du bien commun.
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L’université devient un service civique ouvert à tous : elle ne s’enferme plus dans un jargon impénétrable d’experts, mais joue le rôle d’un grand forum démocratique aidant les citoyens à discuter clairement de leur avenir.
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Réconcilier le cœur et la raison : la raison n’est pas une machine froide et insensible ; une pensée véritablement rationnelle écoute nos aspirations, nos peurs et notre bienveillance pour trouver les meilleures solutions d’action.
En résumé : Pourquoi ce livre est-il essentiel ?
From Knowledge to Wisdom est un cri d’alarme philosophique d’une grande lucidité. Nicholas Maxwell ne rejette pas la rationalité : il affirme au contraire que notre système actuel est profondément irrationnel parce qu’il produit des moyens gigantesques tout en restant aveugle sur les fins.
Pour lui, sauver l’avenir de l’humanité passe par une transformation de l’esprit : faire de l’intelligence un instrument d’apprentissage de la vie bonne et collective.

Comment faire ce passage de De la connaissance à la sagesse au sein de la population ?
1. Refonder l’éducation dès le plus jeune âge : « apprendre à vivre »
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Un enseignement centré sur les problèmes de vie : Maxwell souligne que dès l’enfance, l’éducation ne doit plus être un simple gavage de faits mémorisés ou d’exercices techniques désincarnés. L’apprentissage doit partir des questionnements réels des enfants sur le monde, sur la vie collective, sur leurs émotions et sur ce qui a du sens ou de la valeur.
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Entraîner à la résolution coopérative de problèmes : L’école doit initier les jeunes à formuler clairement leurs difficultés et à imaginer, tester et critiquer ensemble des actions pour les surmonter pacifiquement.
2. Transformer l’Université en un service public citoyen (People’s Civil Service)
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Remplacer l’élitisme par un forum ouvert : Maxwell affirme que le monde académique doit agir comme une sorte de service public ouvert, dont le rôle premier est d’alimenter le débat démocratique.
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Vulgarisation démocratique et langage clair : Pour que la population s’empare de ces réflexions, les universitaires ont le devoir d’exprimer les grands choix scientifiques et sociétaux dans un langage accessible et limpide (compréhensible dès l’adolescence), sans se retrancher derrière un jargon corporatiste.
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Porter la voix des personnes vulnérables : La recherche doit contrecarrer l’influence disproportionnée des puissants et des bailleurs de fonds en donnant une visibilité publique aux besoins et aux problèmes des personnes défavorisées ou inarticulées.
3. Réhabiliter le débat socratique dans la vie quotidienne
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Adopter la lucidité sur notre ignorance : S’inspirant directement de Socrate, Maxwell rappelle que la première étape vers la sagesse consiste à reconnaître nos limites et nos incohérences face aux questions existentielles fondamentales (« comment devrions-nous vivre ? »).
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Soumettre nos buts collectifs à la critique rationnelle : Plutôt que de sacraliser des dogmes politiques, religieux ou marchands intouchables, les citoyens doivent prendre l’habitude d’interroger publiquement et sereinement les objectifs qu’ils poursuivent (croissance matérielle effrénée, consommation, compétition) pour vérifier s’ils mènent réellement à une vie bonne.
4. Réconcilier la pensée, l’art et les émotions
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Décloisonner la raison et le cœur : Dans l’esprit populaire moderne hérité du rationalisme étroit, la raison est souvent perçue comme un mécanisme froid, insensible et bureaucratique. Maxwell insiste sur le fait que la sagesse requiert l’honnêteté émotionnelle, l’empathie et la sensibilité. Sans sentiment ni désir, nous sommes incapables de discerner ce qui a véritablement de la valeur.
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Mobiliser les arts et la littérature : L’art, le théâtre et la littérature ne sont pas de simples divertissements décoratifs ; ils constituent des explorations fondamentales des dilemmes humains et nous permettent d’entrer avec bienveillance dans l’expérience d’autrui (person-to-person understanding).
5. Créer l’équivalent moderne d’une « assemblée tribale de l’humanité »
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Créer des espaces de discussion coopérative : À l’époque des communautés réduites de chasseurs-cueilleurs, les décisions pouvaient être prises collectivement et de concert. Dans nos sociétés mondialisées et fragmentées, il est indispensable de forger de nouvelles institutions participatives locales, nationales et internationales pour permettre aux citoyens de délibérer de leurs intérêts communs.
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Passer de l’intérêt personnel à la responsabilité partagée : Selon Maxwell, cultiver la sagesse au sein de la population exige d’élargir le cercle de nos préoccupations : faire en sorte que chaque individu apprenne à considérer les millions d’inconnus à l’autre bout de la planète avec la même humanité et la même sollicitude que celles qu’il réserve à ses proches.
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