On the Defence of Philosophical Diagnoses
De la défense des diagnostics philosophiques
Peter Harteloh, Journal of Humanities therapy
Institute of Humanities at Kwangwon National University, Journal of Humanities Therapy
Vol.5, 2014.12, 1 – 10 (10 pages), UCI(KEPA) : I410-ECN-0101-2019-001-000618235
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Traduction de l’anglais au français par Gemini Google
Résumé
Dans cet article, je défends le concept de diagnostic philosophique, c’est-à-dire un concept ou une idée philosophique faisant office de diagnostic lors des consultations philosophiques. Un diagnostic philosophique sert, d’une part, de description philosophique d’un problème, d’une question ou d’un thème et, d’autre part, d’enseignement sous la forme d’un nouveau regard porté sur soi-même et/ou sur des situations. Il est important pour la pratique philosophique d’expliciter ses diagnostics. Un usage explicite des diagnostics philosophiques favoriserait l’échange d’informations entre praticiens de la philosophie, servirait à l’évaluation par les pairs ou à des fins pédagogiques, rendrait la pratique de la consultation plus explicite et contribuerait, à terme, au développement de la pratique philosophique en tant que discipline de conseil et d’accompagnement (coaching).
Table des matières
- Résumé
- Introduction
- Qu’est-ce qu’un diagnostic philosophique ?
- Le contenu d’un diagnostic philosophique
- Établir un diagnostic philosophique
- Quelques exemples
- La nature des diagnostics philosophiques
- Les diagnostics philosophiques comme alternative aux diagnostics médicaux
- Le diagnostic philosophique comme forme de « phronesis » (ou : sagesse pratique / prudence)
- Conclusions
- Références bibliographiques
1. Introduction
Lors de la 6? Conférence internationale sur la thérapie par les humanités (International Conference on Humanities Therapy), qui s’est tenue à Chuncheon en 2014, un débat s’est ouvert sur le diagnostic philosophique. En tant qu’ancien médecin, j’y ai défendu ce concept ainsi que son usage dans la pratique philosophique, tout en reconnaissant tant les similitudes que les divergences existant entre l’exercice de la philosophie et celui de la médecine. Le présent article synthétise mon argumentation. J’estime que la notion de « diagnostic philosophique » présente une réelle utilité pour la pratique philosophique. Elle en matérialise la dimension proprement philosophique au sein de la consultation, s’accorde avec la philosophie entendue comme l’art de créer des concepts, offre aux praticiens la possibilité de communiquer et d’instaurer des mécanismes d’évaluation par les pairs, et répond à des impératifs de formation comme d’enseignement. Ainsi, ce concept renforce la professionnalisation de la discipline et permet de distinguer l’art de la pratique philosophique d’autres champs tels que la psychothérapie. Le diagnostic philosophique constitue une alternative aux diagnostics médicaux ou psychologiques en tant qu’instruments de pouvoir et d’assujettissement, tout en favorisant un approfondissement de la conscience et de la compréhension de soi. Ce concept se doit toutefois d’être manié avec circonspection, afin d’écarter les répercussions sociales délétères inhérentes aux diagnostics médicaux ou psychologiques, qu’il s’agisse de l’étiquetage des individus ou de la normalisation des pratiques sous l’effet de contraintes juridiques ou d’enjeux de politiques publiques et de remboursement. Cet article se veut une réponse à la critique — fort appréciée — que Peter Raabe a formulée à l’égard du diagnostic philosophique, ainsi qu’un développement approfondi de mes réflexions initiales sur ce concept.
2. Qu’est-ce qu’un diagnostic philosophique ?
Dans les interactions d’un philosophe (par exemple lors d’une consultation), des concepts ou des idées philosophiques peuvent faire office de diagnostics philosophiques. D’après ses origines grecques et latines, le terme « diagnostic » implique : (i) la description d’une nature ou d’une cause (le grec gnôsis au sens de connaissance profonde), (ii) une distinction (le grec dia signifiant séparer, décomposer), (iii) un enseignement à tirer (le grec gnôsis en tant que leçon transmise), (iv) une formulation écrite (explicite) dotée (v) d’un caractère public (selon l’usage latin du terme). Des notions philosophiques telles que le « malaise culturel », l’« altérité », l’« être-au-monde », le « souci de soi », la « contradiction logique », etc., offrent d’une part la description philosophique d’un problème, d’une interrogation ou d’un thème, et d’autre part un enseignement permettant de porter un regard renouvelé sur soi-même et/ou sur les situations. Dans les interactions menées par le philosophe, le diagnostic philosophique consiste à identifier une teneur philosophique dans les paroles, les pensées, les actes ou l’existence d’une personne. Cette démarche d’identification peut s’étendre du repérage d’anomalies, telles que des erreurs logiques ou paralogismes dans le discours d’un individu, jusqu’à la différenciation de concepts au sein de sa pensée. C’est grâce à son étude de la philosophie que le praticien reconnaît cette teneur philosophique et qu’il la condense, par un acte de conceptualisation, en un concept ou une idée faisant fonction de diagnostic philosophique. Dès lors, le diagnostic philosophique peut être considéré comme l’aboutissement d’un processus de conceptualisation.
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Texte original en anglais
Abstract
In this paper, I defend the concept of a philosophical diagnosis, i.e. a philosophical concept or idea functioning as a diagnosis in philosophical consultations. A philosophical diagnosis serves as a philosophical description of a problem, question or theme on the one hand, and as a lesson in terms of a new way to look at one self and/or situations on the other hand. It is important for philosophical practice to make its diagnoses explicit. An explicit use of philosophical diagnoses would enhance the exchange of information among philosophical practitioners, serve peer review or teaching purposes, make the consultation practice more explicit, and eventually contribute to the development of philosophical practice as a discipline in consultancy and coaching.
CONTENT
Abstract
1. Introduction
2. What is a Philosophical Diagnosis?
3. The Content of a Philosophical Diagnosis
4. Making a Philosophical Diagnosis
5. Some Examples
6. The Nature of Philosophical Diagnoses
7. Philosophical Diagnoses as Alternative to Medical Diagnoses
8. The Philosophical Diagnosis as a Form of “Phronesis”
9. Conclusions
References
1. Introduction
During the 6th International Conference on Humanities Therapy, Chuncheon 2014, there was a debate on the philosophical diagnosis. As a former medical doctor, I defended the concept and its use in philosophical practice, acknowledging both the similarities and differences between philosophical and medical practice. This paper summarizes my arguments. I think the concept of a « philosophical diagnosis » is useful for philosophical practice. It represents the philosophical aspect of a philosophical consultation, suits philosophy as the art of producing concepts, enables philosophical practitioners to communicate and develop peer review mechanisms, and serves training or teaching purposes. Thus, the concept enhances professionalism and helps to distinguish the art of philosophical practice from other disciplines such as psychotherapy. A philosophical diagnosis offers an alternative to medical or psychological diagnoses as instruments of power and suppression, and offers a deepening of consciousness and self-understanding. The concept of a philosophical diagnosis has to be used carefully in order to avoid the negative social consequences of a medical or psychological diagnosis such as labelling persons or disciplining practices by legal consequences or policy/reimbursement implications. This paper is a reaction to Peter Raabe’s (appreciated) critique of the philosophical diagnosis and an elaboration on my earlier introduction to the concept.
2. What is a Philosophical Diagnosis?
In the interactions of a philosopher (e.g. a consultation), philosophical concepts or ideas may function as philosophical diagnoses. From the Greek and Latin origin, the word « diagnosis » implies: (i) a description of nature or cause (Gr. « gnosis » as deep knowledge), (ii) a distinction (Gr. dia = taking apart), (iii) a lesson to be learned (Gr. « gnosis » as a teaching), (iv) a written (explicit) statement with (v) a public character (from the Latin use of the term). Philosophical ideas such as « cultural dis-ease », « otherness », « being-in-the-world », « self-care », « logical contradiction », etc., provide a philosophical description of a problem, question or theme on the one hand, and a lesson in terms of a new way to look at one self and/or situations on the other hand. In the interactions of a philosopher, the philosophical diagnosis is the identification of philosophical content in the words, thoughts, acts or life of a person. This identification may vary from the detection of problems, such as logical fallacies in the speech of a person, to the distinction of concepts in the thoughts of a person. The philosopher recognizes philosophical content by his study of philosophy and captures this content in a concept or idea, which functions as a philosophical diagnosis, by an act of conceptualization. Thus, we can consider a philosophical diagnosis the outcome of a conceptualization process.
Source : Journal of Humanities therapy.
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Voici le résumé complet de l’article « On the Defence of Philosophical Diagnoses » de Peter Harteloh (publié en 2014 dans le Journal of Humanities Therapy) :
1. Contexte et objectif
L’auteur, Peter Harteloh (ancien médecin et praticien de la philosophie), répond aux critiques formulées à l’encontre de la notion de diagnostic en consultation philosophique (notamment celles de Peter Raabe). Il y défend l’idée qu’un diagnostic philosophique est un outil légitime, utile et émancipateur pour la pratique philosophique.
2. Qu’est-ce qu’un diagnostic philosophique ?
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Définition : Il s’agit de l’identification d’un contenu ou d’un thème philosophique dans les paroles, pensées ou actes d’une personne.
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Double fonction :
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Une description philosophique d’un problème ou d’une interrogation.
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Une leçon / nouvelle perspective permettant au consultant de poser un autre regard sur lui-même ou sur sa situation.
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Processus de conceptualisation : En référence à Gilles Deleuze (qui définit la philosophie comme « l’art de créer des concepts »), le diagnostic philosophique correspond à la création/mobilisation d’un concept appliqué à une situation singulière.
3. Méthode : un processus dialogique et linguistique
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Ancrage linguistique : Le diagnostic ne repose pas sur les données démographiques, physiques ou l’historique personnel (comme en psychologie), mais sur les mots exacts employés par le consultant (analyse de mots-clés).
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Co-construction et auto-diagnostic (self-diagnosis) : Le praticien ne plaque pas une étiquette rigide de l’extérieur. Il agit comme une « sage-femme » (maïeutique socratique) : il formule une sorte de « diagnostic différentiel » (plusieurs pistes conceptuelles possibles), mais c’est le consultant lui-même qui choisit et valide la distinction conceptuelle qui fait sens pour lui.
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Nature dynamique : Il s’agit d’un processus réflexif, cyclique et révisable dans le temps.
4. Une alternative critique au modèle médical et au DSM
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Refus de l’étiquetage pathologique : Contrairement aux diagnostics psychiatriques (DSM) qui classent les individus comme « normaux » ou « anormaux » et servent d’instruments de contrôle, de remboursement ou d’intérêts pharmaceutiques, la pratique philosophique est affranchie de ces dérives mercantiles.
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Exemple : Plutôt que de catégoriser une personne sous l’étiquette de « dysthymique » (trouble dépressif persistant), le praticien philosophique l’aide à analyser sa situation comme une modalité d’« être-au-monde » ou une crise existentielle, favorisant ainsi la prise de conscience et l’émancipation.
5. Une forme de sagesse pratique (phronesis)
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Le diagnostic philosophique ne s’applique pas comme une formule issue d’un manuel. Il relève de la phronesis (la prudence ou sagesse pratique selon Aristote), c’est-à-dire l’aptitude à manier la bonne idée au bon moment pour une personne singulière.
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Il s’acquiert par l’expérience de terrain et l’échange collégial.
6. Conclusion et portée pour la profession
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De mieux distinguer la consultation philosophique de la psychothérapie.
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De faciliter l’évaluation par les pairs (peer review) et l’enseignement de la discipline.
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De renforcer la reconnaissance et le professionnalisme de la pratique philosophique dans les domaines du conseil et du coaching.



C’est une lecture tout à fait légitime et très pertinente. Si l’on se place du point de vue de l’animation de groupe classique, de la pédagogie ou même de la gestion d’un événement, l’annulation d’ateliers et la fuite des participants s’apparentent factuellement à un échec opérationnel.