Article # 310 – Le Counseling Philosophique : Synthèse de l’Essence et des Tendances Modernes de la Philosophie, Dmytro Shevchuk, Kateryna Shevchuk et Tetiana Matusevych, Journal for the Study of Religions and Ideologies, 2022


RAPPORT DE LECTURE


SHEVCHUK, Dmytro, SHEVCHUK, Kateryna, et MATUSEVYCH, Tetiana. « Counseling philosophique: synthèse de l’essence et des tendances modernes de la philosophie ». Journal for the Study of Religions and Ideologies, vol. 21, nº 61 (printemps 2022), p. 48-60.


1. Introduction et Problématique

Dans cet article académique, Dmytro Shevchuk, Kateryna Shevchuk et Tetiana Matusevych examinent les fondements conceptuels et les manifestations institutionnelles contemporaines du counseling et du coaching philosophiques. Les auteurs s’inscrivent d’emblée dans le constat d’une profonde restructuration de la discipline à l’ère postmoderne, marquée par ce que Jean-François Lyotard a qualifié de « fin des grands récits » et par un abandon progressif des ambitions métaphysiques traditionnelles. Selon l’étude, la philosophie subit un changement radical car elle cesse d’être une « gardienne de la vérité et de la rationalité » (Bronk 1998, 67). Au contraire, elle opère une série de mutations décisives — à savoir les tournants linguistique, communicatif, pratique et public — qui convergent pour redéfinir la pratique philosophique non plus comme un savoir ésotérique et doctrinal, mais comme une discipline de l’intersubjectivité et de l’analyse a priori.

La problématique centrale de la recherche consiste à démontrer que le counseling philosophique n’est pas une simple mode thérapeutique ou une dérive instrumentale moderne, mais bien l’aboutissement logique des transformations contemporaines de la pensée combiné à une réactualisation de l’essence originelle de la philosophie. En effet, les auteurs postulent que « l’idée de « la philosophie comme mode de vie » définit l’essence de la pratique philosophique ». La thèse défendue soutient que pour saisir l’essence du conseil philosophique, il convient d’opérer une synthèse entre ses manifestations historiques universelles et les conditions épistémologiques nées des théories de la communication au XXe siècle. Comme le soulignent les chercheurs :

« …pour comprendre l’essence du conseil philosophique et en définir les principes, nous devrions nous tourner vers les particularités du développement de la philosophie à l’ère moderne et certains principes universels de la philosophie, manifestés tout au long de l’histoire de la pensée philosophique. »

2. L’Ancrage Théorique : Les Quatre Tournants de la Philosophie

L’analyse s’articule autour de quatre mutations structurelles qui légitiment l’émergence des pratiques de consultation. En premier lieu, le tournant linguistique réoriente la discipline vers l’élucidation de l’usage établi du langage. Les auteurs mobilisent ici la définition de la Routledge Encyclopedia of Philosophy pour caractériser ce mouvement :

« …une reconception radicale de la nature de la philosophie et de ses méthodes, selon laquelle la philosophie n’est ni une science empirique ni une enquête supraempirique sur les caractéristiques essentielles de la réalité; il s’agit plutôt d’une discipline conceptuelle a priori qui vise à élucider les interrelations complexes entre les concepts philosophiquement pertinents, tels qu’ils sont incarnés dans l’usage linguistique établi, et ce faisant, dissiper les confusions conceptuelles et résoudre les problèmes philosophiques. » (Glock et Kalhat, 2018).

En second lieu, le tournant communicatif, notamment porté par Jürgen Habermas, propose une relecture de l’idéalisme transcendantal classique sur les principes de l’intersubjectivité, ce qui implique « le passage de la philosophie de la conscience à la philosophie de la communication ».

En troisième lieu, le tournant pratique opère une sécularisation méthodologique en s’intéressant aux « façons quotidiennes de faire les choses qui sont limited dans le temps et l’espace » (Vries & Leezenberg 2019, 269). Il transforme l’enseignement universitaire en faisant de la philosophie « un domaine de connaissance pratique qui fournit une réflexion et, d’une part, une protection fiable contre les manipulations et les mensonges du monde moderne, et d’autre part – aide à trouver le bonheur et l’harmonie dans la vie de chacun et dans le monde » (Homilko 2011, 338). Enfin, le tournant public répond à une demande sociétale croissante en démocratisant la réflexion philosophique, la faisant passer d’une érudition de cabinet à une pratique interactive et ouverte, matérialisée par de multiples modalités que Sandu Frunz? inventorie ainsi :

« …cette pratique du dialogue et de la sagesse que l’on retrouve sous forme de conseils éthiques et déontologiques, de counseling interpersonnel, de counseling de groupe, de counseling de développement personnel basé sur des principes philosophiques, de cafés philosophiques, de débats philosophiques, de mentorat philosophique, de counseling philosophique en ligne, sous forme d’interventions philosophiques de pensée critique, etc. » (Frunz? 2019, 74).

3. La Communication par le Dialogue : De la Maïeutique à l’Intersubjectivité

Les auteurs insistent sur le fait que la communication constitue à la fois un impératif moderne lié à la révolution technologique — « Le développement sans précédent de la communication et de ses moyens déclenche des changements fondamentaux dans la structure relationnelle des êtres humains » (Frunz? 2019a, 9) — et un universel culturel propre à la tradition occidentale. Citant Aurel Codoban (2021), l’article rappelle que l’évolution de la pensée occidentale mène inexorablement à la thématisation du langage : « Dans la variante heideggerienne de cette thématisation, notre existence même est communication parce qu’elle est basée sur notre communication authentique avec l’Être » (Codoban 2021, 267).

Le texte oppose et nuance les modèles de communication : là où John Durham Peters critique l’idéalisation du dialogue en affirmant que « le dialogue n’est qu’un scénario communicatif parmi tant d’autres » et qu’il « ne devrait pas être élevé au rang de statut unique ou suprême » (Peters 2000, 34), les auteurs rappellent que c’est le dialogue sous la forme socratique qui démontre le type de communication fournissant une relation directe « d’âme à âme ».

Face aux critiques de Jacques Rancière (Le maître ignorant, 1991), qui dépeint un Socrate directif agissant « dans le rôle d’un formateur » guidant habilement l’élève pour lui faire croire qu’il n’aurait pas réussi seul, les auteurs objectent que cette autorité n’est pas coercitive mais rectificative, visant à « corriger la pensée de l’élève, de le motiver à réfléchir et de l’orienter ». La consultation philosophique se configure comme un processus conversationnel guidé par un raisonnement dialectique (Šulavíková 2014, 576). Sur le plan phénoménologique et existentiel, ce dialogue s’appuie sur la relation Je-Tu théorisée par Martin Buber (1958), postulant que l’essentiel dans l’existence humaine est de « se tourner vers l’Autre et de répondre à l’appel de l’Autre ». Durant la séance de counseling, un cercle herméneutique issu de la version de Hans-Georg Gadamer se déploie :

« …chaque participant passe de la compréhension à la compréhension de soi et vice versa – de la compréhension de soi à la compréhension. Le dialogue est mené afin de comprendre les différences dans les points de vue et les perceptions des participants au processus. […] Le résultat du dialogue est l’acceptation par les participants des expériences de chacun. »

4. L’Auto-Examen comme Thérapeutique Existentielle

Un apport capital de l’article réside dans la délimitation claire des frontières entre le counseling philosophique et la psychothérapie clinique. Les auteurs posent comme axiome déontologique que « les méthodes philosophiques ne peuvent pas guérir la maladie mentale ». En revanche, le counseling s’avère particulièrement efficace pour traiter certaines situations existentielles, notamment le fait de « vivre des « situations limites », selon Karl Jaspers, le sentiment de perte de sens à la vie ou la conscience de l’absurdité de la vie ».

Cette dimension thérapeutique s’enracine historiquement dans l’Antiquité, à l’instar de la figure allégorique de la Philosophie consolatrice dans l’œuvre de Boèce, qui déclare de manière très figurative au malade : « Mais c’est le moment de se faire soigner… et pas de se plaindre » (Boèce 2008, 2-7). Sur le plan contemporain, les auteurs citent l’adaptation de l’analyse dasein (Daseinsanalyse) développée par Ludwig Binswanger et Medard Boss à partir de l’ontologie fondamentale de Martin Heidegger, où le Dasein est interprété comme « la façon dont une personne se comprend elle-même; l’ouverture au monde, la compréhension de l’être, la connaissance de soi; « Coexistence-monde-avec-d’autres peuples » ». Selon cette approche prospective :

« …le consultant doit constamment porter attention à l’ensemble des capacités humaines. Ainsi, la personne qui a besoin de l’appui d’un conseiller est confrontée à la question « Pourquoi pas? » au lieu de la question causale de la psychanalyse « Pourquoi? ». La question « Pourquoi pas? » détermine le client pendant la séance thérapeutique à tenir compte de l’ensemble des possibilités et à assumer la responsabilité de choisir ces options. »

Comme le synthétise Ran Lahav en mobilisant l’allégorie de la caverne de Platon, l’objectif du philosophe n’est pas d’aider le sujet à explorer les ombres de son quotidien :

« …le but de la philosophie dans le counseling ne devrait pas être d’aider ces habitants des cavernes à explorer les ombres au milieu desquelles ils vivent, mais plutôt de les aider à sortir de la caverne et à grimper vers la plus grande lumière du monde extérieur. » (Lahav 2001, 10).

5. Distinctions Conceptuelles : Counseling et Coaching

L’article propose un éclaircissement conceptuel indispensable en ce qui concerne les rapports entre counseling et coaching, deux termes souvent confondus. Si tous deux reposent sur des postulats anthropologiques optimistes quant au potentiel humain — rappelant « la conception de Platon de l’anamnèse (le souvenir) ou la compréhension aristote de la nature humaine comme la réalisation du potentiel intérieur selon la perfection » (Woszczyk 2013, 128) —, ils diffèrent fondamentalement :

  1. Le coaching philosophique : Il se caractérise par le fait qu’il « se concentre sur un objectif clairement défini, qui fait l’objet de séances individuelles avec le client ». Il possède une structure claire visant à libérer « le potentiel des gens pour maximiser leur rendement » (Whitmore 2009, 10). Agnieszka Woszczyk note qu’il se caractérise par « l’expression de la réflexion et de l’approfondissement de la compréhension de soi en accord avec des objectifs instrumentaux et adaptatifs ».

  2. Le counseling philosophique : Contrairement au coaching, il « peut être un champ de discussion libre qui n’a pas d’objectif clairement défini » et « se concentre sur les besoins spirituels d’une personne, exprimés dans des questions métaphysiques ».

Malgré cette distinction, des points de convergence émergent à travers le « coaching existentiel » théorisé par Yannick Jacob, défini comme :

« …une approche qui est enracinée et informée par la philosophie existentielle, une branche de la philosophie qui s’intéresse aux questions de l’existence – c’est-à-dire ce que cela signifie d’exister, d’être humain et d’être en vie dans un monde avec d’autres personnes. » (Jacob 2019, 16).

Cette approche s’avère particulièrement essentielle pour les personnes contemporaines confrontées à des « problèmes d’identification (Shevchuk & Matusevych 2017) et de satisfaction des besoins spirituels (Frunz? 2018) à l’époque de la modernité liquide et de l’ère numérique ».

6. Perspectives Pédagogiques et Conclusion

En conclusion, Shevchuk, Shevchuk et Matusevych plaident pour l’institutionnalisation de programmes de formation interdisciplinaires combinant philosophie et psychologie. Ils mettent en avant le programme mis en œuvre à l’Université nationale d’Ostroh Academy en Ukraine, dont le but est :

« …de former des spécialistes dans le domaine de la philosophie pratique qui ont une connaissance systématique de la théorie et de la pratique des processus sociopolitiques, axiologiques, moraux et éthiques, éducatifs, juridiques, économiques, religieux, nationaux, géopolitiques; capable de s’adapter rapidement et de manière créative aux conditions changeantes de la société moderne… »

Ce profil académique permet de démontrer que le counseling philosophique ne se limite pas à être un outil de dialogue ou de psychothérapie alternative, mais qu’il « peut également être largement utilisé dans les affaires ou la politique pour former de meilleurs concepts et pratiques » en combinant les dimensions universelles de la pensée aux défis du monde contemporain.

Références Bibliographiques (Sélection)

  • AMIR, L. B. 2004. « Trois hypothèses douteuses du conseil philosophique ». International Journal of Philosophical Practice, volume 2, nº 1, p. 58–81.

  • BOÈCE. 2008. La consolation de la philosophie. Cambridge : Harvard University Press.

  • BRONK, Andrzej. 1998. Zrozumie? ?wiat wspó?czesny. Lublin : Towarzystwo Naukowe KUL.

  • BUBER, Martin. 1958. Moi et toi. New York.

  • CODOBAN, Aurel. 2021. « Le contexte de la communication du counseling philosophique ». In : Innovative Instruments for Community Development in Communication and Education, éd. M. Micle, G. Clitan. Trivent Publishing, p. 265-276.

  • FRUNZ?, Sandu. 2019a. Counseling philosophique et communication. Cluj-Napoca : Presa Universitar? Clujean?.

  • JACOB, Yannick. 2019. An Introduction to Existential Coaching: How philosophy can help your clients live with greater awareness, courage and ownership. New York : Routledge.

  • LAHAV, Ran. 2001. « Le counseling philosophique comme quête de sagesse ». Philosophie pratique, p. 7-19.

  • RANCIÈRE, Jacques. 1991. Le maître ignorant : Cinq leçons d’émancipation intellectuelle. Paris : Fayard.

  • ŠULAVÍKOVÁ, Blanka. 2014. « Key concepts in philosophical counseling ». Human Affairs, 24, p. 574-583.

  • WOSZCZYK, Agnieszka. 2013. « Doradztwo filozoficznego a coaching. Adaptacja wybranych koncepcji do roli modeli i narz?dzi pracy z podopiecznym ». In : Filozofia jako sztuka ?ycia, Katowice, p. 127-142.


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Article # 272 – L’Axiologie à l’épreuve de la condition humaine : Une lecture de la « Philosophie des Valeurs » de Jean Paumen (1949)

RAPPORT DE LECTURE


Paumen, J. (1949). Philosophie des Valeurs. Dans R. Bayer (Dir.), Philosophie (Chronique des années de guerre 1939-1945) : Tome X. Histoire de la philosophie, Métaphysique, Philosophie des valeurs (pp. 125-144). Hermann & Cie. (Actualités scientifiques et industrielles, n° 1088 / Enquête de l’Institut International de Philosophie).


Introduction

Publiée en 1949 dans le sillage immédiat de la Seconde Guerre mondiale, la chronique de Jean Paumen intitulée Philosophie des Valeurs offre un regard rétrospectif et critique saisissant sur la production philosophique des années de guerre (1939-1945). Loin de se limiter à un simple inventaire de bibliothèque, le texte d’ouverture pose un diagnostic lucide : « l’idée de valeur, en tant que telle, s’estompe davantage à mesure que se multiplient les définitions qu’on en donne ». Pour Paumen, l’axiologie contemporaine est en crise, déchirée par des querelles métaphysiques déguisées sous un symbolisme nouveau.

Pour rendre compte de ce « foyer diffracté » de la pensée, Paumen choisit de confronter deux trajectoires philosophiques majeures et radicalement opposées de l’époque : le probabilisme sociologique d’Eugène Dupréel et l’irréalisme existentiel de Raymond Polin.

1. Eugène Dupréel : Le Probabilisme Axiologique ou la force de la précarité

Le premier grand axe de l’article de Paumen s’arrête sur l’œuvre d’Eugène Dupréel (Esquisse d’une philosophie des valeurs, 1939). Dupréel opère une véritable révolution copernicienne en substituant au rationalisme rigide de la « nécessité » une logique du « probable ».

  • Critique de la nécessité : Pour Dupréel, l’ordre universel et contraignant est une illusion. Le jugement nécessaire est stérile (« il n’exprime rien dont on puisse tirer parti »).

  • Le couple Consistance / Précarité : La valeur chez Dupréel se définit par une tension constante entre sa consistance (son ordre, son autonomie) et sa précarité (sa fragilité, le risque permanent de sa disparition). Plus une valeur est haute (comme le Bien, le Beau, le Vrai), plus elle est précaire car elle dépend du choix libre et coûteux de l’individu.

  • Une philosophie de la liberté : En refusant de lier les valeurs à un absolu transcendant, Dupréel propose un humanisme de la tolérance où le tissu social et les relations intersubjectives deviennent les véritables incubateurs des valeurs.

2. Raymond Polin : La Création des Valeurs et la solitude transcendante

À l’exact opposé du conventionnalisme descriptif de Dupréel, Paumen introduit le travail de jeunesse de Raymond Polin (La création des valeurs, 1944). Ici, l’axiologie quitte le terrain de la sociologie pour épouser la phénoménologie existentielle.

  • L’irréalisme axiologique : Pour Polin, la valeur n’est ni connaissable ni ancrée dans l’être. Elle naît d’un acte d’imagination pure, d’une négation libre du réel donné. La valeur est par essence « irréelle et immatérielle ».

  • L’homme comme créateur absolu : En reprenant l’héritage nietzschéen, Polin place l’homme dans une solitude radicale. L’homme ne découvre pas les valeurs : il les crée ex nihilo par son élan de dépassement (transcendance).

  • Le tragique de l’action : Cette liberté totale engendre une « incertitude tonique » et une angoisse permanente. L’action est une aventure absolue où le créateur est le seul et unique responsable de son univers de significations.

3. Le diagnostic de Paumen : Deux destins pour l’axiologie

Dans la dernière partie de sa chronique, Jean Paumen dresse un parallèle saisissant entre ces deux penseurs qu’il admire mais que tout sépare. Le point de contact est presque introuvable:

  • Dupréel offre une philosophie des valeurs, une taxonomie sociale et probabiliste visant l’accord des consciences.

  • Polin propose une philosophie de l’évaluation, un manifeste héroïque préparant la doctrine de l’action individuelle.

Paumen conclut avec une pointe d’ironie et de lucidité métaphysique. Selon lui, ces tentatives de systématiser la valeur finissent toujours par s’effacer au profit d’autres disciplines. Qu’elle se dissolve dans la phénoménologie existentielle (Polin) ou qu’elle enrichisse la sociologie (Dupréel), l’axiologie pure semble condamnée à « naître de son propre sacrifice ».

Conclusion

Le texte de Jean Paumen demeure un témoignage philosophique précieux. Écrit au sortir d’un conflit mondial qui avait précisément vu l’effondrement des valeurs humanistes traditionnelles, il démontre que la réflexion sur le Bien, le Beau et le Vrai n’est pas un luxe académique. Qu’on la conçoive comme une construction sociale protectrice (Dupréel) ou comme un acte de création tragique face au néant (Polin), la valeur reste le miroir indépassable de notre condition humaine.


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