Article # 348 – La pratique philosophique comme exercices spirituels vers la vérité, la sagesse et la vertu / Philosophical Practice as Spiritual Exercises towards Truth, Wisdom, and Virtue, Xiaojun Ding et Feng Yu


Ding, X., & Yu, F. (2022). Philosophical Practice as Spiritual Exercises towards Truth, Wisdom, and Virtue. Religions, 13(4), 364. https://doi.org/10.3390/rel13040364


Philosophical Practice as Spiritual Exercises towards Truth, Wisdom, and Virtue

La pratique philosophique comme exercices spirituels vers la vérité, la sagesse et la vertu

Xiaojun Ding, Department of Philosophy, School of Humanities and Social Sciences, Xi’an Jiaotong University, Xi’an 710049, China

et Feng Yu, Department of Psychology, School of Philosophy, Wuhan University, Wuhan 430079, China

Religions 2022, 13(4), 364; https://doi.org/10.3390/rel13040364


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Résumé

Texte traduit de l’anglais au français par Gemini Google

Le concept de spiritualité s’inscrit dans une longue tradition philosophique. En s’appuyant sur l’étude approfondie de l’histoire des exercices spirituels — de Socrate, des stoïciens et de l’épicurisme jusqu’au christianisme primitif —, l’ancien prêtre catholique Pierre Hadot conçoit la pratique philosophique comme un ensemble d’exercices spirituels destinés à apprendre à mener une vie philosophique. Dans le sillage de cette conception, plusieurs philosophes, à l’instar de Gerd B. Achenbach, ont impulsé dans les années 1980 le mouvement contemporain des pratiques philosophiques ; celui-ci visait à appliquer les théories et méthodes de la philosophie à l’examen des problématiques existentielles ordinaires, principalement sous la forme de consultations et de thérapies philosophiques. Dans cet article, après avoir établi que la pratique philosophique constitue désormais un nouveau champ de recherche au sein de la discipline, nous soutenons que cette pratique, comprise comme exercice spirituel, relève de l’exercice de la raison et du logos, tout en reconnaissant que certaines pratiques spirituelles traditionnelles, telles que les arts zen, peuvent également en former une composante essentielle. Nous concluons qu’au regard de la nette pluralité des méthodes et des modalités de la pratique philosophique ainsi que des exercices spirituels qu’elle mobilise, celle-ci s’affirme comme une voie féconde et concrète vers la quête de vérité, de sagesse et de vertu, revêtant dès lors une portée didactique et éthique majeure dans l’ère post-COVID-19.

Abstract

Texte original en anglais

The concept of spirituality has a long philosophical history. Based on detailed studies of a history of spiritual exercises from Socrates, the Stoics, Epicureanism, to early Christianity, the former catholic priest Pierre Hadot conceives philosophical practice as spiritual exercises in learning how to live a philosophical life. Following this idea, a number of philosophers such as Gerd B. Achenbach started the contemporary movement of philosophical practice in the 1980s, which aimed to apply philosophical theories and methods to discussions about issues people constantly encounter in life, mainly in the forms of philosophical counseling and philosophical therapy. In this paper, after showing that philosophical practice has already become a new frontier in philosophical research, we further argue that philosophical practice as spiritual exercises is an exercise of reason and logos, while certain kinds of religious exercises such as Zen arts can also constitute an important part of philosophical practice. We conclude that in light of the distinct plurality of the methods and modes of philosophical practice and the spiritual exercises involved, philosophical practice can be considered a meaningful and applicable approach to pursuing truth, wisdom, and virtue, which is of great didactic and ethical significance in the post-COVID-19 era.

Source : Religions, 13(4), 364.


Quelques citations

Traduction de l’anglais au français par Gemini Google

1. Sur la définition et la visée de la pratique philosophique

Anglais : « Therefore, while philosophical practitioners can help people deal with practical or existential issues in life, the ultimate aim is to help people further understand themselves, improve themselves, and gain inner peace and tranquility. »

Français : « Dès lors, si les praticiens de la philosophie peuvent aider les individus à affronter des difficultés pratiques ou existentielles, le but ultime demeure de les amener à mieux se comprendre, à se perfectionner et à atteindre la paix et la tranquillité intérieures. »

2. Sur la philosophie comme mode de vie et le rôle de Pierre Hadot

Anglais : « By exploring the philosophical thoughts of Socrates, Aristotle, Epicurus, the Stoics, and early Christianity, Hadot (1995) summarizes philosophy as a way of life, arguing that philosophy calls for people to strive to obtain wisdom through spiritual exercises. »

Français : « En explorant la pensée de Socrate, d’Aristote, d’Épicure, des stoïciens et du christianisme primitif, Hadot (1995) résume la philosophie comme une manière de vivre, affirmant qu’elle invite les hommes à s’efforcer d’atteindre la sagesse par des exercices spirituels. »

3. Sur la nature des exercices spirituels (au-delà du pur intellectuel)

Anglais : « For Hadot, spiritual exercises include not only practices of reading, listening, dialogue, inquiry, and research, but also others such as fasting or bodily exercise, which are not simply or primarily « intellectual », therefore Hadot’s use of the word « spirituality » is in much wider scope […], which is quite apt to make us understand that these exercises are the result, not merely of thought, but of the individual’s entire psychism. »

Français : « Pour Hadot, les exercices spirituels englobent non seulement la lecture, l’écoute, le dialogue, l’enquête et la recherche, mais également des pratiques telles que le jeûne ou l’exercice corporel, qui ne sont pas simplement ou principalement « intellectuels » ; c’est pourquoi son usage du terme « spiritualité » est bien plus large […], propre à nous faire comprendre que ces exercices n’engagent pas seulement la pensée, mais l’ensemble du psychisme de l’individu. »

4. Sur l’orientation vers la vérité et la cohérence entre discours et actes

Anglais : « Rather, truth in philosophical practice means living according to one’s (personal) principles, emphasizing the consistency between one’s words (thoughts, theories, attitudes, etc.) and deeds. »

Français : « Dans la pratique philosophique, la vérité signifie plutôt le fait de vivre en accord avec ses propres principes, en mettant l’accent sur la cohérence entre les paroles (pensées, théories, attitudes, etc.) et les actes. »

5. Sur la sagesse comme ouverture d’esprit et cheminement

Anglais : « In Lahav’s view, wisdom means being open to a broader world rather than being limited to a narrow self. Wisdom is not a tool to help us analyze, simplify, and solve problems; rather, wisdom allows us to see the complexity of human reality and its diversity of meanings, aspects, and perspectives… »

Français : « Selon Lahav, la sagesse implique de s’ouvrir à un monde plus vaste plutôt que de s’enfermer dans un moi étriqué. La sagesse n’est pas un outil servant à analyser, simplifier et résoudre des problèmes ; elle nous permet plutôt d’appréhender la complexité de la réalité humaine ainsi que la diversité de ses sens, de ses facettes et de ses perspectives… »

6. Sur la vertu comme habitude et pratique concrète (Wang Yangming)

Anglais : « « There is no one who knows the truth but does not act on it. If you know the truth but do not practice it in your daily life, then this is equal to saying that you do not know it at all » (Wang 1992). That is to say, a person is only considered to have understood the meaning and implications of a virtue if he or she is actually practicing it in action. »

Français : « « Nul ne connaît la vérité sans agir en conséquence. Si vous connaissez la vérité sans la mettre en pratique au quotidien, cela revient à dire que vous ne la connaissez absolument pas » (Wang 1992). En d’autres termes, on ne considère qu’une personne a véritablement compris le sens et les implications d’une vertu que si elle l’exerce effectivement dans l’action. »

7. Conclusion : l’actualité de l’examen socratique

Anglais : « Just as Socrates has proverbially claimed, the unexamined life is not worth living. Philosophical practitioners help people examine their beliefs, guiding them out of Plato’s cave and leading them to reliable ways to happiness. »

Français : « Comme l’affirmait la célèbre maxime socratique, une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue. Les praticiens de la philosophie aident les individus à examiner leurs croyances, les guidant hors de la caverne de Platon vers des voies éprouvées menant au bonheur. »


Article rédigé avec l'Intelligence artificielle GEMINI de Google
Article rédigé avec l’Intelligence artificielle GEMINI de Google

Ce document est un article de recherche universitaire intitulé « Philosophical Practice as Spiritual Exercises towards Truth, Wisdom, and Virtue » (La pratique philosophique comme exercices spirituels vers la vérité, la sagesse et la vertu), rédigé par Xiaojun Ding et Feng Yu, et publié en 2022 dans la revue Religions (MDPI)

Voici une synthèse détaillée de son contenu et de ses arguments principaux :

1. Contexte : L’émergence de la pratique philosophique contemporaine

  • Origine et besoin : Face à une philosophie universitaire jugée trop abstraite, théorique (« philosophie de fauteuil ») et déconnectée de la vie quotidienne, la pratique philosophique s’est développée à partir des années 1980 (notamment avec Gerd B. Achenbach en Allemagne, puis Lou Marinoff aux États-Unis).
  • Formes principales : Elle se décline sous différentes formes : la consultation philosophique (philosophical counseling), la thérapie philosophique, les cafés philo, les marches philosophiques, etc..
  • Alternative ou complément à la psychothérapie : La pratique philosophique propose d’aborder les crises existentielles ou personnelles en examinant les croyances, les systèmes de valeurs et les manières de penser plutôt qu’en recourant systématiquement à la surmédicalisation.

2. Le cadre théorique : La philosophie comme « manière de vivre » et « exercices spirituels »

  • Pierre Hadot : L’article s’appuie largement sur les travaux du philosophe français Pierre Hadot, qui a démontré que dans l’Antiquité (socratisme, stoïcisme, épicurisme, etc.), la philosophie n’était pas un système abstrait mais un mode de vie reposant sur des « exercices spirituels » (méditation, examen de conscience, lecture, dialogue, acceptation de la mort) visant à transformer l’être tout entier et à apaiser les passions.
  • Débats et critiques (notamment John Cooper) : Certains critiques comme John Cooper ont reproché à Hadot d’importer une notion de « spiritualité » d’origine religieuse (inspirée des exercices d’Ignace de Loyola) qui risquerait de subordonner la rationalité aux émotions ou à l’irrationalisme.
  • Défense de Hadot : Les auteurs défendent la vision de Hadot en expliquant que la pratique philosophique correspond à des exercices spirituels :
    • Au sens large : des pratiques visant à aligner et harmoniser l’âme et la vie de la personne.
    • Au sens strict : des démarches guidées par la raison et le logos, sans se limiter à un dogme religieux.

      3. Les trois orientations fondamentales de la pratique philosophique

Les auteurs démontrent que la pratique philosophique, pour être authentique, doit s’orienter vers au moins un de ces trois piliers :

  1. L’orientation vers la vérité (Truth-Orientation) : Inspirée de l’allégorie de la caverne de Platon, elle cherche à sortir des illusions et des ombres pour s’approcher du réel. Dans la vie pratique, cela signifie vivre en conformité avec ses principes et assurer une cohérence stricte entre ses paroles (idées, théories) et ses actes.
  2. L’orientation vers la sagesse (Wisdom-Orientation) : La sagesse n’est pas un simple produit ou savoir encyclopédique, mais un processus et une pratique de vie. L’article compare les approches occidentales aux sagesses orientales (notamment le taoïsme et le concept de « non-agir » ou wuwei), montrant que la sagesse permet de voir la complexité du monde et de trouver la paix intérieure (ataraxie).
  3. L’orientation vers la vertu (Virtue-Orientation) : La vertu est comprise comme une habitude et un mode d’action (en résonance avec le concept de l’unité de la connaissance et de l’action de Wang Yangming). Le dialogue philosophique permet au consultant d’identifier les contradictions dans ses croyances et de développer des vertus intellectuelles et morales (courage, lucidité, équanimité, humilité).

4. Portée et applications contemporaines

L’article conclut sur la pertinence et les bénéfices de la pratique philosophique dans le monde moderne, particulièrement dans le contexte post-COVID-19 :
  • Soutien individuel : Aider les individus à traverser les épreuves de l’existence, les crises de sens ou les deuils.
  • Relations humaines et paix : Servir d’outil de médiation pour apaiser les conflits interpersonnels, organisationnels ou internationaux.
  • Développement de la pensée critique : Éduquer les jeunes et les adultes à questionner, problématiser et vivre une vie « examinée », rappelant la célèbre maxime socratique selon laquelle « une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue ».

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