Article 368 – Expériences acquises, principes consolidés, voies ouvertes après 40 ans de pratique philosophique, Gerd B. Achenbach

Texte de référence en allemand

40 Jahre Philosophische Praxis. Ein Rückblick

Gerd B. Achenbach


Traduction de l’allemand au français des trois premiers paragraphes par Google Gemini

Le 1er mai de cette année (2021), nous aurions fêté à Bergisch Gladbach le 40? « anniversaire » de la Pratique Philosophique, ce que les mesures officielles de lutte contre le Corona nous ont interdit. Une conférence que j’aurais sans doute prononcée en souvenir du chemin parcouru a ainsi été annulée de la même manière. En lieu et place, voici quelques pensées rétrospectives qui ne craignent pas d’adopter le ton oral et tout à fait personnel si caractéristique des conférences du vendredi.

40 ans de Pratique Philosophique : je pourrais devenir mélancolique… pourtant, ce furent de belles années, riches en événements, denses et épanouissantes, des années d’apprentissage et d’expériences accumulées, sans oublier une profusion presque incommensurable de rencontres enrichissantes avec des êtres humains. Dès lors, pourquoi devenir morose ? Eh bien, le regard porté en arrière, d’autant plus sur une période aussi étendue qu’elle mériterait presque le nom d’« époque » dans un cadre biographique…, un tel regard, doublé de la disposition à méditer, ce regard d’inventaire vers le passé, ce fait de se perdre momentanément dans ce qui fut, plonge plus d’un dans la mélancolie, peu importe qu’il s’agisse d’années douloureusement lourdes ou heureusement fécondes. Elles sont tout simplement passées et ne reviendront plus. Est-ce cela qui pèse ? Cela ne suffit-il pas ? Peut-être. Car ce qui est déroulé, personne ne le rembobine. La très ancienne lamentation.

Il existe pourtant un moyen qui s’oppose à une telle mélancolie, une attitude ou une disposition de l’âme, une tonalité de l’esprit acquise : et c’est la gratitude. Le regard méditatif vers le passé, cette « pensée tournée vers » les jours écoulés, est étrangement préservé de pleurer le passé comme une chose perdue ou révolue dès lors que nous sommes liés à ce qui a été par la gratitude. Car en effet : la gratitude crée du lien. Et dans le souvenir reconnaissant, ce que le temps nous a arraché nous demeure en même temps proche ; cela nous reste, parce que nous nous y sommes liés par la gratitude.

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Article rédigé avec l'Intelligence artificielle GEMINI de Google
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Expériences acquises, principes consolidés, voies ouvertes après 40 ans de pratique philosophique

Gerd B. Archenbach

2021

Voici une présentation approfondie des grands axes du texte « Expériences acquises, principes consolidés, voies ouvertes après 40 ans de pratique philosophique » de Gerd B. Achenbach, étayée par les citations clés du texte, soigneusement traduites en français et remises dans leur contexte philosophique :

1. La gratitude face au temps qui passe et au déclin des idées

Face au recul des 40 ans de Pratique Philosophique (1er mai 1981 – 1er mai 2021) et à l’impossibilité de tenir sa conférence en raison de la pandémie, Achenbach aborde la mélancolie liée au passé et propose la gratitude comme attitude fondamentale :

« Le regard méditatif porté sur le passé […] est étrangement préservé de déplorer le passé comme une perte ou une chose révolue dès lors que nous sommes liés à ce qui a été par la gratitude. Car en vérité : la gratitude crée de la liaison. »

Pour penser le devenir et l’inévitable détachement de l’idée qu’il a créée, il s’appuie sur le célèbre aphorisme de Georg Christoph Lichtenberg :

« L’un engendre la pensée, l’autre la baptise, le troisième fait des enfants avec elle, le quatrième la visite sur son lit de mort, et le cinquième l’enterre. » (Sudelbücher / Cahiers de doutes)

Achenbach accepte que les idées, tout comme les hommes, aient leur propre cycle de vie et s’émancipent de leur auteur :

« Les idées elles aussi, les pensées elles aussi, tout comme jadis les dieux, sont mortelles. […] Elles ne s’imposent plus par leur propre force, mais […] s’associent à d’autres pensées […] et alors cette idée originaire n’agit plus que de manière souterraine, peut-être incognito, comme un ferment qui travaille et sème l’inquiétude. »

2. L’être humain comme être créateur (L’apport de Nicolas de Cues)

S’inspirant de la théologie de Nicolas de Cues (Cusanus), Achenbach rappelle la liberté et la puissance créatrice de l’esprit humain, capable de donner existence à des réalités inédites :

« L’homme est l’être qui a de l’esprit, plus exactement : qui est esprit. […] L’homme n’est pas seulement responsable du monde, il n’a pas seulement à le préserver, mais il est appelé à poursuivre la création dans un esprit juste, en instaurant par exemple des institutions, des ordres juridiques, des œuvres d’art, ou bien encore : il appelle — par un acte d’une étonnante souveraineté autonome ! — la Pratique Philosophique à la vie. »

3. Les principes fondamentaux : Refus des typologies et critique de la théorie

L’enseignement majeur tiré de 40 années de consultations réside dans la découverte de l’unicité radicale de chaque personne. Achenbach s’insurge contre la tentation de catégoriser les individus :

« La typologisation est la faillite de la connaissance de l’homme. Le type appartient à la comédie. Ce qui est typique est comique, ou pire encore, ridicule. »

Pour étayer son scepticisme à l’égard des théories générales qui prétendent enfermer le particulier, il convoque Goethe :

« Les théories sont généralement les précipitations d’un esprit impatient qui aimerait bien se débarrasser des phénomènes et substitue donc à leur place des images, des concepts, et bien souvent de simples mots. » (Goethe, Maximes et Réflexions)

Il y associe la célèbre maxime du moraliste français La Rochefoucauld :

« Il est plus aisé de connaître les hommes en général que d’en connaître un en particulier. » (La Rochefoucauld, Maximes)

Ainsi que la parole de Gustave Thibon (mentor de Simone Weil) :

« On ne traite pas d’une manière universelle ce que Dieu a voulu profondément divers. » (Gustave Thibon)

4. La souffrance et la dimension tragique : L’« Étage noble » de la personnalité

Achenbach critique la psychologie classique qui tend à réduire la souffrance humaine à des blocages internes ou intrapersonnels (« endogènes »). Pour le praticien philosophe, la souffrance d’un individu est l’expression d’un malaise culturel et spirituel plus large.

Il cite le théologien Helmuth Thielicke pour montrer que la détresse humaine naît souvent de la grandeur de l’homme et non de ses bassesses :

« Les périls de l’homme sont sans exception la contrepartie de sa grandeur et de son rang. Sa grandeur et sa misère vont de pair. […] Les formes de l’échec, du manque à être, ne proviennent pas de la sphère de l’inférieur, des voûtes de la cave animale pour ainsi dire, là où hurlent les loups (Nietzsche), mais elles se produisent au bel-étage [l’étage noble] de la personnalité, c’est-à-dire là où l’homme fait un mauvais usage de sa liberté et gaspille le privilège de sa destination. » (Helmuth Thielicke)

Cette perspective s’oppose à la vision psychanalytique de Sigmund Freud, rapportée à travers sa célèbre lettre à Ludwig Binswanger :

« Je me suis toujours tenu uniquement au rez-de-chaussée et au sous-sol du bâtiment. — Vous prétendez que si l’on change de point de vue, on voit aussi un étage supérieur dans lequel logent des hôtes aussi distingués que la religion, l’art, etc. […] Je suis révolutionnaire là où vous êtes conservateur. » (Sigmund Freud à Ludwig Binswanger)

Achenbach réaffirme que la Pratique Philosophique s’inscrit pleinement dans la lignée de Binswanger : ce qui déchire l’être humain se situe au niveau de ses valeurs, de ses choix moraux, de sa vision du monde et de son esprit.

5. La Règle d’or de la consultation philosophique

En guise de conclusion et de ligne directrice pour la Pratique Philosophique, Achenbach met en valeur cette « règle d’or » empruntée à Lichtenberg :

« Une règle d’or : Il ne faut pas juger les hommes d’après leurs opinions, mais d’après ce que ces opinions font d’eux. » (Georg Christoph Lichtenberg)

L’enjeu du dialogue philosophique n’est donc pas d’imposer une vérité, mais de transformer la personne en affinant ses pensées :

« Si nous amenons un homme […] à réviser, affiner et sensibiliser ses opinions, à en élargir le cercle et à en insérer le regard dans des horizons plus vastes, nous le transformons du même coup et nous favorisons ses meilleures vertus : la réflexion, la circonspection, la capacité d’évaluer avec sagesse et la résolution de se tenir courageusement à ce qui a été reconnu comme bon. »


Voir aussi notre article

Philosophical Praxis, Origin, Relations, and Legacy, Gerd B. Achenbach – Translated by Michael Picard, Lexington Books, 2024.


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