Article # 274 – Philosophie, Conseil et Psychothérapie / Philosophy, Counseling, and Psychotherapy, par Elliot D. Cohen et Samuel Zinaich, Jr., Cambridge Scholars Publishing, Newcastle upon Tyne, 2013

Philosophy, Counseling, and Psychotherapy, par Elliot D. Cohen et Samuel Zinaich, Jr., Cambridge Scholars Publishing, Newcastle upon Tyne, 2013
Philosophy, Counseling, and Psychotherapy, par Elliot D. Cohen et Samuel Zinaich, Jr., Cambridge Scholars Publishing, Newcastle upon Tyne, 2013

Philosophy, Counseling, and Psychotherapy

(Philosophie, Conseil et Psychothérapie)

Elliot D. Cohen and Samuel Zinaich, Jr.

Cambridge Scholars Publishing, Newcastle upon Tyne, 2013

ISBN: 1-4438-4798-4
ISBN13: 978-1-4438-4798-8
Date of Publication: 2013-07-25

PAGES: 270


PRÉSENTATION PAR L’ÉDITEUR

Version originale

Can philosophy help ordinary people confront their personal or interpersonal problems of living? Can it help a couple whose marriage is on the rocks, or someone going through a midlife crisis, or someone depressed over the death of a significant other, or who suffers from anxiety about making a life change? These and many other behavioral and emotional problems are ordinarily referred to psychologists, psychiatrists, clinical social workers, or other mental health specialists. Less mainstream is the possibility of consulting a philosophical counselor or practitioner. Yet, there is presently a steadily increasing, world-wide movement among individuals with postgraduate credentials in philosophy to harness their philosophical training and skills in helping others to address their life problems.

But is this channeling of philosophy outside the classroom into the arena of life a good idea? Are philosophers, as such, competent to handle all or any of the myriad emotional and behavioral problems that arise in the context of life; or should these matters best be left to those trained in psychological counseling or psychotherapy?

Through a diverse and contrasting set of readings authored by prominent philosophers, philosophical counselors, and psychologists, this volume carefully explores the nature of philosophical counseling or practice and its relationship to psychological counseling and psychotherapy. Digging deeply into this relational question, this volume aims to spark more rational reflection, and greater sensitivity and openness to the potential contributions of philosophical practice. It is, accordingly, intended for students, teachers, scholars, and practitioners of philosophy, counseling, or psychotherapy; as well as those interested in knowing more about philosophical counseling or practice.

Version française – Traduction par Google Gemini

La philosophie peut-elle aider les gens ordinaires à affronter leurs problèmes de vie personnels ou interpersonnels ? Peut-elle aider un couple dont le mariage est en péril, ou quelqu’un qui traverse une crise de la quarantaine, ou quelqu’un de déprimé par le décès d’un proche, ou qui souffre d’anxiété à l’idée de changer de vie ? Ces problèmes comportementaux et émotionnels, ainsi que beaucoup d’autres, sont habituellement confiés à des psychologues, des psychiatres, des travailleurs sociaux cliniques ou d’autres spécialistes de la santé mentale. Moins courante est la possibilité de consulter un conseiller ou un praticien philosophique. Pourtant, il existe actuellement un mouvement mondial en constante augmentation parmi des personnes possédant des diplômes de troisième cycle en philosophie pour exploiter leur formation et leurs compétences philosophiques afin d’aider les autres à aborder leurs problèmes de vie.

Mais cette canalisation de la philosophie hors de la salle de classe pour l’amener dans l’arène de la vie est-elle une bonne idée ? Les philosophes, en tant que tels, sont-ils compétents pour gérer tout ou partie de la myriade de problèmes émotionnels et comportementaux qui surgissent dans le contexte de la vie ; ou vaut-il mieux laisser ces questions à ceux qui sont formés au conseil psychologique ou à la psychothérapie ?

À travers un ensemble de textes diversifiés et contrastés écrits par des philosophes, des conseillers philosophiques et des psychologues de premier plan, ce volume explore attentivement la nature du conseil ou de la pratique philosophique ainsi que sa relation avec le conseil psychologique et la psychothérapie. En creusant profondément cette question relationnelle, ce volume vise à susciter une réflexion plus rationnelle, ainsi qu’une sensibilité et une ouverture accrues aux contributions potentielles de la pratique philosophique. Il est, par conséquent, destiné aux étudiants, enseignants, chercheurs et praticiens de la philosophie, du conseil ou de la psychothérapie, ainsi qu’à ceux qui souhaitent en savoir plus sur le conseil ou la pratique philosophique.


AU SUJET DES AUTEURS

Elliot D. Cohen, PhD et Samuel Zinaich, Jr, PhD

Version originale

Elliot D. Cohen, PhD (Brown University), is Executive Director and a founder of the National Philosophical Counseling Association, and President of the Institute of Critical Thinking: National Center for Logic-Based Therapy. Author or editor of more than 20 books and numerous professional articles, he is also Editor-in-Chief and founder of the International Journal of Applied Philosophy.

Samuel Zinaich, Jr, PhD (Bowling Green State University), is Associate Professor of Philosophy at Purdue University Calumet. Currently he is the Associate Director of the National Philosophical Counseling Association, Co-Editor of the International Journal of Philosophical Practice, and Fellow at the Institute of Critical Thinking.

Version française – Traduction par Google Gemini

Elliot D. Cohen, PhD (Université Brown), est directeur exécutif et l’un des fondateurs de la National Philosophical Counseling Association [Association nationale de consultation philosophique], ainsi que président de l’instutit Institute of Critical Thinking: National Center for Logic-Based Therapy [Institut de la pensée critique : Centre national pour la thérapie basée sur la logique]. Auteur ou éditeur de plus de 20 livres et de nombreux articles professionnels, il est également rédacteur en chef et fondateur de l’International Journal of Applied Philosophy [Journal international de philosophie appliquée].

Curriculum Vita 2024 (PDF)

Samuel Zinaich, Jr, PhD (Université d’État de Bowling Green), est professeur agrégé de philosophie à l’Université Purdue Calumet. Il est actuellement directeur adjoint de la National Philosophical Counseling Association, co-rédacteur en chef de l’International Journal of Philosophical Practice [Journal international de la pratique philosophique], et chercheur associé (Fellow) à l’Institute of Critical Thinking.

Curriculum Vitae


TABLES DES MATIÈRES

Preface

Acknowledgements

Introduction

Part One: The Nature and Value of Philosophical Counseling

Chapter One : Defining Philosophical Counseling — Roger Paden

Chapter Two : How Does Philosophical Counseling Work? Judgment and Interpretation — Sarah Waller

Chapter Three : Three Questionable Assumptions of Philosophical Counseling — Lydia B. Amir

Chapter Four : Theories of Consciousness, Therapy, and Loneliness — Ben Mijuskovic

Chapter Five : The Central Value of Philosophical Counseling — James Stacey Taylor

Part Two: Approaches to Philosophical Counseling

Chapter Six : Philosophical Counseling and Self-Transformation — Ran Lahav

Chapter Seven : Philosophical Counseling as Psychotherapy — Jon Mills

Chapter Eight : Logic-Based Therapy and Its Virtues — Elliot D. Cohen

Chapter Nine : On Philosophical Self-Diagnosis and Self-Help: A Clarification of the Non-Clinical Practice of Philosophical Counseling — Shlomit C. Schuster

Chapter Ten : Philosophical Counseling: Understanding the Unique Self and Other through Dialogic Approach — Maria daVenza Tillmanns

Chapter Eleven : The Elucidation of Emotional Life: A Philosophical, Eclectic Approach to Psychotherapy — Bryan T. Reuther

Part Three: Applied Issues in Philosophical Counseling

Chapter Twelve : Stoic Anxiolytics — William Ferraiolo

Chapter Thirteen : Anxiety, Angst, Change, and Procrastination — Bill Knaus

Chapter Fourteen : Happiness Pills: Philosophy Versus the Chemical Solution — Peter B. Raabe

Chapter Fifteen : Diagnosis, Philosophical Counseling, and Culturally Recognizable Mental Illnesses — Samuel Zinaich, Jr.

Chapter Sixteen : Is Perfectionism a Mental Disorder? — Elliot D. Cohen

Chapter Seventeen : Licensing Philosophical Counselors — Michael Davis

Traduction avec Google Gemini

Tables des matières

Préface

Remerciements

Introduction

Première partie : La nature et la valeur de la consultation philosophique

Chapitre un : Définir la consultation philosophique — Roger Paden

Chapitre deux : Comment fonctionne la consultation philosophique ? Jugement et interprétation — Sarah Waller

Chapitre trois : Trois postulats discutables de la consultation philosophique — Lydia B. Amir

Chapitre quatre : Théories de la conscience, thérapie et solitude — Ben Mijuskovic

Chapitre cinq : La valeur centrale de la consultation philosophique — James Stacey Taylor

Deuxième partie : Approches de la consultation philosophique

Chapitre six : Consultation philosophique et transformation de soi — Ran Lahav

Chapitre sept : La consultation philosophique en tant que psychothérapie — Jon Mills

Chapitre huit : La thérapie basée sur la logique et ses vertus — Elliot D. Cohen

Chapitre neuf : Sur l’autodiagnostic philosophique et l’auto-assistance : une clarification de la pratique non clinique de la consultation philosophique — Shlomit C. Schuster

Chapitre dix : Consultation philosophique : comprendre le soi unique et l’autre à travers l’approche dialogique — Maria daVenza Tillmanns

Chapitre onze : L’élucidation de la vie émotionnelle : une approche philosophique et éclectique de la psychothérapie — Bryan T. Reuther

Troisième partie : Questions appliquées en consultation philosophique

Chapitre douze : Anxiolytiques stoïciens — William Ferraiolo

Chapitre treize : Anxiété, angoisse, changement et procrastination — Bill Knaus

Chapitre quatorze : Pilules du bonheur : la philosophie contre la solution chimique — Peter B. Raabe

Chapitre quinze : Diagnostic, consultation philosophique et maladies mentales culturellement reconnaissables — Samuel Zinaich, Jr.

Chapitre seize : Le perfectionnisme est-il un trouble mental ? — Elliot D. Cohen

Chapitre dix-sept : L’octroi de licences aux conseillers philosophes — Michael Davis


RAPPORT DE LECTURE

L’émergence de la consultation philosophique : Entre rupture et continuité avec les modèles psychothérapeutiques contemporains

Résumé : Cet article propose une analyse épistémologique et méthodologique stricte des sections liminaires de l’ouvrage collectif dirigé par Elliot D. Cohen et Samuel Zinaich, Jr. (2013). En se limitant rigoureusement aux textes de l’Introduction générale et du premier chapitre rédigé par Roger Paden, l’étude met en lumière la condition « pré-paradigmatique » de la consultation philosophique contemporaine. Elle examine les fondements de sa démarcation avec la psychothérapie ainsi que les défis théoriques liés à la définition de son identité professionnelle.

Introduction

La possibilité de solliciter un philosophe pour résoudre des difficultés existentielles ou des problèmes de vie quotidienne a longtemps été marginalisée au cours de la première moitié du XXe siècle, période durant laquelle la philosophie anglo-américaine s’est largement confinée à l’analyse purement linguistique. Ce n’est qu’à partir des années 1960, à la faveur du développement de l’éthique appliquée, que la discipline a progressivement réinvesti le champ de la praxis. L’acte de naissance de la pratique philosophique contemporaine en dehors du cadre académique est communément attribué à Gerd Achenbach, qui ouvrit son premier cabinet près de Cologne en 1981.

Malgré une expansion internationale continue, la consultation philosophique demeure une discipline en quête d’unification. Selon l’analyse de Roger Paden dans le premier chapitre de l’ouvrage, elle traverse actuellement une période « pré-paradigmatique » au sens de Thomas Kuhn, caractérisée par l’absence d’un paradigme partagé capable de fixer des objectifs et des méthodes uniformes. Cette situation place la discipline dans une tension constante avec les professions d’aide solidement établies, en particulier la psychologie clinique et la psychiatrie.

Le présent article se propose de restituer, avec une stricte fidélité textuelle et une transparence méthodologique totale, les contours de cette confrontation épistémologique, les enjeux de sa réglementation, son rapport critique aux outils de diagnostic médical, ainsi que la typologie de ses principales déclinaisons méthodologiques à partir de l’introduction des éditeurs et du chapitre initial de l’ouvrage.

I. La démarcation professionnelle et les tensions juridico-institutionnelles

L’insertion de la consultation philosophique dans le champ des « professions d’aide » (helping professions) suscite de vives résistances de la part des praticiens traditionnels de la santé mentale. Ces tensions se cristallisent autour de la légitimité scientifique et de l’autonomie de la pratique.

A. L’hostilité de l’industrie de la santé mentale

Une ligne de partage épistémologique stricte est revendiquée par les psychologues et les psychiatres pour exclure les philosophes du domaine de l’intervention thérapeutique. Les éditeurs de l’ouvrage constatent cette opposition frontale à travers l’énoncé textuel suivant :

« […] many psychologists and mental health practitioners argue that philosophers should stick to their traditional roles as teachers and theorists and should not get involved in attempting to use philosophy to help others solve their emotional, behavioral, or cognitive problems. »

[« […] de nombreux psychologues et praticiens de la santé mentale soutiennent que les philosophes devraient s’en tenir à leurs rôles traditionnels d’enseignants et de théoriciens et ne devraient pas s’impliquer dans des tentatives d’utilisation de la philosophie pour aider les autres à résoudre leurs problèmes émotionnels, comportementaux ou cognitifs. »]

Notice : Cohen, Elliot D. et Zinaich, Samuel, Jr. (Éds.). (2013). « Preface », in Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, p. viii.

Cette objection institutionnelle s’appuie sur le fait que la psychologie s’est développée comme une « science sociale » s’appuyant sur des fondements empiriques croissants, tandis que la philosophie est perçue comme une discipline des humanités, jugée pertinente pour l’espace de la classe. Les détracteurs formulent ainsi l’argument de l’inadéquation de la philosophie face aux pathologies mentales :

« […] too speculative to provide a scientifically-based, safe and effective treatment plan for persons suffering from mood disorders, anxiety disorders, psychosis, or other mental illness. »

[« […] trop spéculative pour fournir un plan de traitement scientifiquement fondé, sûr et efficace pour les personnes souffrant de troubles de l’humeur, de troubles anxieux, de psychose ou d’autres maladies mentales. »]

Notice : Cohen, Elliot D. et Zinaich, Samuel, Jr. (Éds.). (2013). « Preface », in Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, p. viii.

Aux États-Unis, cette divergence se traduit par un affrontement concret, l’industrie de la santé mentale détenant un quasi-monopole sur la prestation de services cliniques, ce qui relègue les conseillers philosophes non diplômés en santé mentale à la périphérie du système d’aide.

B. Le dilemme de la réglementation : certification versus licence (licensure)

Pour pallier ce manque de reconnaissance, les associations professionnelles — à l’instar de la National Philosophical Counseling Association (NPCA) fondée en 1990 — ont mis en place des programmes de certification. Si la certification offre des garanties déontologiques et méthodologiques aux clients, elle ne se confond pas avec la licence d’État (state licensure), obligatoire pour la pratique clinique.

L’opportunité d’une intégration de la consultation philosophique dans les régimes de licence étatique fait l’objet d’un débat crucial. Les risques d’une standardisation et d’une perte d’indépendance de la profession sont décrits en ces termes par les auteurs :

« If philosophical counselors were licensed by the state, the prospect of losing autonomy over practice seems inevitable. In other words, there would likely be greater uniformity in how philosophical counselors could practice, for example, regulations on training and thus on what sort of modalities they could use. »

[« Si les conseillers philosophes étaient agréés par l’État, la perspective de perdre leur autonomie sur la pratique semble inévitable. En d’autres termes, il y aurait probablement une plus grande uniformité dans la manière dont les conseillers philosophes pourraient pratiquer, par exemple, des réglementations sur la formation et donc sur le type de modalités qu’ils pourraient utiliser. »]

Notice : Cohen, Elliot D. et Zinaich, Samuel, Jr. (Éds.). (2013). « Introduction », in Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, pp. 3-4.

Pour de nombreux philosophes, l’introduction de réglementations et de contraintes externes est perçue comme une menace directe contre l’essence même de l’investigation philosophique, qui doit demeurer libre de contraintes et d’interférences extérieures.

II. Le rapport au modèle médical : Limites du diagnostic et gestion des risques

Le positionnement des conseillers philosophes face aux outils de la psychiatrie clinique, et en particulier face au Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), constitue un point d’ancrage méthodologique majeur.

A. Le consensus autour du rejet du DSM

Il existe un accord quasi général parmi les praticiens de la consultation philosophique pour proscrire l’usage clinique du DSM dans leur exercice courant. Cette exclusion est motivée par la complexité intrinsèque du manuel, lequel abonde en qualifications et exceptions exigeant une formation spécialisée. De surcroît, le texte de présentation rappelle les exigences indissociables de l’acte d’évaluation clinique :

« […] determine the causal relationships between the physical events that take place in the environment and the psychological status of the client. »

[« […] déterminer les relations causales entre les événements physiques qui se déroulent dans l’environnement et l’état psychologique du client. »]

Notice : Cohen, Elliot D. et Zinaich, Samuel, Jr. (Éds.). (2013). « Introduction », in Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, p. 5.

L’évaluation de ces liens de causalité échappant aux compétences purement académiques de la philosophie, l’usage non maîtrisé du diagnostic comporte un risque substantiel de nuire au client (potential to harm the client).

B. Le paradoxe de l’évaluation initiale et du devoir d’orientation

Bien que les conseillers philosophes rejettent le modèle diagnostique de la psychiatrie, ils se trouvent confrontés à l’obligation pratique d’évaluer l’adéquation de leurs compétences face aux besoins des consultants. Pour éviter de causer des effets indésirables, le praticien doit être en mesure de repérer des indicateurs de troubles mentaux sévères nécessitant une prise en charge médicale. Le texte de l’introduction formalise des cas de réorientation impérative d’une absolue évidence :

« If a woman, who has been brutally raped, seeks counseling from a philosophical counselor, it is in everybody’s interest to send her to someone who specializes in helping women with this issue. Or another obvious problem may occur if a client comes in with detailed plans to kill himself. »

[« Si une femme, qui a été brutalement violée, cherche à obtenir une consultation auprès d’un conseiller philosophique, il est dans l’intérêt de tous de la renvoyer vers une personne spécialisée dans l’aide aux femmes confrontées à ce problème. Ou un autre problème évident peut survenir si un client se présente avec des plans détaillés pour se tuer. »]

Notice : Cohen, Elliot D. et Zinaich, Samuel, Jr. (Éds.). (2013). « Introduction », in Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, p. 5-6.

Dans de telles occurrences, l’orientation immédiate vers un thérapeute ou un clinicien agréé s’impose comme une obligation de sécurité. La difficulté opérationnelle majeure réside dans l’identification des symptômes non explicites, où l’absence complète de repères cliniques de la part du philosophe peut s’avérer dommageable pour le suivi du client.

III. Les options méthodologiques initiales : Du purisme cognitif au cadre kuhnien

L’examen des premiers segments textuels met en relief la divergence quant à la définition même de la nature de la consultation philosophique.

A. La posture de neutralité thérapeutique : L’analyse conceptuelle stricte

Pour contourner le risque d’empiétement sur le domaine de la psychologie et éviter les dérives liées au manque de formation clinique, une première option radicale présentée par les éditeurs consiste à rejeter explicitement tout objectif thérapeutique et toute modalité psychologique. Le conseiller limite alors son champ d’action exclusif aux compétences logiques et intellectuelles de sa discipline d’origine, adoptant la règle restrictive suivante :

« […] the philosophical counselor should use only the cognitive tools she possesses, namely, the skills of conceptual analysis and critical thinking. »

[« […] le conseiller philosophique devrait utiliser uniquement les outils cognitifs qu’il possède, à savoir les compétences de l’analyse conceptuelle et de la pensée critique. »]

Notice : Cohen, Elliot D. et Zinaich, Samuel, Jr. (Éds.). (2013). « Introduction », in Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, p. 6.

La consultation prend alors la forme stricte d’une discussion rationnelle, semblable en tout point à la conversation qu’un professeur de philosophie entretient quotidiennement avec ses étudiants. L’objectif se cantonne à amener le client à penser ses difficultés avec plus de clarté et d’esprit critique. Les éditeurs soulignent toutefois les limites de cette posture épurée : la rectification d’une pensée irrationnelle produit inévitablement un effet thérapeutique bénéfique, et évacuer délibérément la quête du bonheur ou de l’amélioration de la qualité de vie peut profondément déconcerter le consultant.

B. Le cadre méthodologique de Roger Paden : L’isolement conceptuel

Dans le premier chapitre, intitulé « Defining Philosophical Counseling », Roger Paden utilise la grille d’analyse de Thomas Kuhn pour caractériser l’état de la discipline. Paden soutient que la consultation philosophique se trouve dans une période « pré-paradigmatique ». Pour qu’une nouvelle science ou une nouvelle discipline se structure, elle doit parvenir à un certain degré d’isolement afin de développer son identité propre. La tâche prioritaire de cette phase consiste à formuler une définition qui puisse, selon la perspective évolutionniste de Stephen Toulmin reprise par Paden, isoler conceptuellement la discipline de ses parents les plus proches : la psychothérapie traditionnelle, la psychothérapie humaniste et le conseil pastoral.

Paden suggère d’aborder ce projet en suivant les méthodes de Socrate et d’Aristote, c’est-à-dire en cherchant une définition philosophique propre qui sépare la consultation philosophique par ses caractéristiques essentielles, en partant du genre commun de l’activité, à savoir l’appartenance aux « professions d’aide » (the helping professions).

Conclusion

L’analyse de l’introduction générale et du premier chapitre de l’ouvrage de Cohen et Zinaich (2013) révèle que les fondations de la consultation philosophique sont marquées par un débat épistémologique fondamental sur ses limites et sa légitimité. En se confrontant au monopole de l’industrie de la santé mentale et en rejetant l’usage du diagnostic clinique traditionnel symbolisé par le DSM, la discipline cherche sa propre voie. Qu’elle s’oriente vers un purisme intellectuel strict ou qu’elle tente de définir un paradigme unifié pour s’isoler de la psychothérapie, la consultation philosophique demeure, dans son expression théorique initiale, une réflexion ouverte sur les conditions d’application de la rationalité face aux difficultés de l’existence.

Référence Bibliographique Générale

  • Cohen, E. D., & Zinaich, S., Jr. (Éds.). (2013). Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, Royaume-Uni : Cambridge Scholars Publishing. (ISBN-10 : 1-4438-4798-4 ; ISBN-13 : 978-1-4438-4798-8).

Sections de l’ouvrage directement exploitées :

  • Cohen, E. D., & Zinaich, S., Jr. (2013). « Preface » & « Introduction ». In Philosophy, Counseling, and Psychotherapy (pp. viii-xi, 1-15).

  • Paden, R. (2013). Chapter One: Defining Philosophical Counseling. In E. D. Cohen & S. Zinaich, Jr. (Éds.), Philosophy, Counseling, and Psychotherapy (pp. 16-33).


AUTRE TEXTE DE ELLIOT D. COHEN

COHEN, Elliot D., « Philosophy with Teeth: The Wedding of Philosophical and Psychological Practices », International Journal of Philosophical Practice, vol. 2, no 2, printemps 2004, p. 1-9. ISSN : 1531-7900.

La philosophie avec des dents : Le mariage des pratiques philosophiques et psychologiques »

Résumé

Cet article propose une extension de l’analyse épistémologique de la consultation philosophique à partir de ses textes fondateurs. La première partie examine sa condition « pré-paradigmatique » et ses rapports initiaux avec le modèle médical à travers l’introduction de l’ouvrage de Cohen et Zinaich (2013) et les thèses de Roger Paden. La deuxième partie, s’appuyant sur les travaux d’Elliot D. Cohen (2004), analyse la dimension synergique de l’alliance entre philosophie et psychologie, tout en réfutant la scission artificielle et stigmatisante opérée par les courants puristes de la pratique philosophique.

Première partie : La nature, la valeur et le cadre initial de la consultation philosophique

I. La démarcation professionnelle et les tensions juridico-institutionnelles

La possibilité de solliciter un philosophe pour résoudre des difficultés existentielles ou des problèmes de vie quotidienne a longtemps été marginalisée au cours de la première moitié du XXe siècle, période durant laquelle la philosophie anglo-américaine s’est largement confinée à l’analyse purement linguistique. Ce n’est qu’à partir des années 1960, à la faveur du développement de l’éthique appliquée, que la discipline a progressivement réinvesti le champ de la praxis. L’insertion de la consultation philosophique dans le champ des « professions d’aide » (helping professions) suscite toutefois de vives résistances de la part des praticiens traditionnels de la santé mentale qui revendiquent une ligne de partage épistémologique stricte. Les éditeurs de l’ouvrage constatent cette opposition frontale à travers l’énoncé textuel suivant :

« […] many psychologists and mental health practitioners argue that philosophers should stick to their traditional roles as teachers and theorists and should not get involved in attempting to use philosophy to help others solve their emotional, behavioral, or cognitive problems. »

[« […] de nombreux psychologues et praticiens de la santé mentale soutiennent que les philosophes devraient s’en tenir à leurs rôles traditionnels d’enseignants et de théoriciens et ne devraient pas s’impliquer dans des tentatives d’utilisation de la philosophie pour aider les autres à résoudre leurs problèmes émotionnels, comportementaux ou cognitifs. »]

Notice : Cohen, Elliot D. et Zinaich, Samuel, Jr. (Éds.). (2013). « Preface », in Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, p. viii.

Cette objection institutionnelle s’appuie sur le fait que la psychologie s’est développée comme une « science sociale » s’appuyant sur des fondements empiriques croissants, tandis que la philosophie est perçue comme une discipline des humanités, jugée trop spéculative pour faire face aux pathologies mentales :

« […] too speculative to provide a scientifically-based, safe and effective treatment plan for persons suffering from mood disorders, anxiety disorders, psychosis, or other mental illness. »

[« […] trop spéculative pour fournir un plan de traitement scientifiquement fondé, sûr et efficace pour les personnes souffrant de troubles de l’humeur, de troubles anxieux, de psychose ou d’autres maladies mentales. »]

Notice : Cohen, Elliot D. et Zinaich, Samuel, Jr. (Éds.). (2013). « Preface », in Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, p. viii.

Pour pallier ce manque de reconnaissance, les associations professionnelles ont mis en place des programmes de certification, mais l’opportunité d’une intégration dans les régimes de licence étatique fait l’objet d’un dilemme majeur concernant la perte d’indépendance de la profession, décrite en ces termes par les auteurs :

« If philosophical counselors were licensed by the state, the prospect of losing autonomy over practice seems inevitable. In other words, there would likely be greater uniformity in how philosophical counselors could practice, for example, regulations on training and thus on what sort of modalities they could use. »

[« Si les conseillers philosophes étaient agréés par l’État, la perspective de perdre leur autonomie sur la pratique semble inévitable. En d’autres termes, il y aurait probablement une plus grande uniformité dans la manière dont les conseillers philosophes pourraient pratiquer, par exemple, des réglementations sur la formation et donc sur le type de modalités qu’ils pourraient utiliser. »]

Notice : Cohen, Elliot D. et Zinaich, Samuel, Jr. (Éds.). (2013). « Introduction », in Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, pp. 3-4.

II. Le rapport au modèle médical et la gestion des risques cliniques

Il existe un accord quasi général parmi les praticiens de la consultation philosophique pour proscrire l’usage clinique du DSM dans leur exercice courant en raison de la complexité intrinsèque de l’acte d’évaluation clinique :

« […] determine the causal relationships between the physical events that take place in the environment and the psychological status of the client. »

[« […] déterminer les relations causales entre les événements physiques qui se déroulent dans l’environnement et l’état psychologique du client. »]

Notice : Cohen, Elliot D. et Zinaich, Samuel, Jr. (Éds.). (2013). « Introduction », in Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, p. 5.

L’évaluation de ces liens de causalité échappant aux compétences philosophiques, le praticien se trouve confrontés à l’obligation pratique d’évaluer l’adéquation de ses compétences face aux besoins des consultants afin d’opérer une réorientation impérative en cas de troubles mentaux sévères :

« If a woman, who has been brutally raped, seeks counseling from a philosophical counselor, it is in everybody’s interest to send her to someone who specializes in helping women with this issue. Or another obvious problem may occur if a client comes in with detailed plans to kill himself. »

[« Si une femme, qui a été brutalement violée, cherche à obtenir une consultation auprès d’un conseiller philosophique, il est dans l’intérêt de tous de la renvoyer vers une personne spécialisée dans l’aide aux femmes confrontées à ce problème. Ou un autre problème évident peut survenir si un client se présente avec des plans détaillés pour se tuer. »]

Notice : Cohen, Elliot D. et Zinaich, Samuel, Jr. (Éds.). (2013). « Introduction », in Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, p. 5-6.

III. Les options méthodologiques initiales : Du purisme cognitif au cadre kuhnien

Pour contourner le risque d’empiétement clinique, une première option consiste à rejeter tout objectif thérapeutique et à limiter l’action aux outils cognitifs de la discipline d’origine :

« […] the philosophical counselor should use only the cognitive tools she possesses, namely, the skills of conceptual analysis and critical thinking. »

[« […] le conseiller philosophique devrait utiliser uniquement les outils cognitifs qu’il possède, à savoir les compétences de l’analyse conceptuelle et de la pensée critique. »]

Notice : Cohen, Elliot D. et Zinaich, Samuel, Jr. (Éds.). (2013). « Introduction », in Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, p. 6.

Dans le premier chapitre, intitulé « Defining Philosophical Counseling », Roger Paden utilise la grille d’analyse de Thomas Kuhn pour caractériser cet état de la discipline, soulignant qu’elle se trouve dans une période « pré-paradigmatique » nécessitant un certain degré d’isolement pour développer son identité propre face à la psychothérapie traditionnelle, la psychothérapie humaniste et le conseil pastoral.

Deuxième partie : Le mariage des pratiques philosophiques et psychologiques – La philosophie avec des « dents »

I. Les fondements historiques et l’hypothèse de la logique défaillante

L’émergence du modèle d’interdépendance défendu par l’ASPCP (American Society for Philosophy, Counseling, and Psychotherapy) repose sur le postulat que les pratiques philosophiques et psychologiques ne sont pas mutuellement exclusives mais complémentaires. Elliot D. Cohen formalise cette intuition dès 1985 dans son ouvrage Making Value Judgments, en insistant sur la finalité pratique de l’évaluation des croyances :

« This book is not intended as an attempt at introducing a theory of belief justification for theory’s sake; its mission is rather a practical one, viz., to give the reader an effective basis for assessing beliefs, especially ones about value–the reader’s own beliefs or those of others. The test of whether this book meets its mark is thus whether those who read it and assimilate its ideas will be disposed to make more effective judgments in the course of their lives. »

[« Ce livre n’est pas conçu comme une tentative d’introduire une théorie de la justification des croyances pour le plaisir de la théorie ; sa mission est plutôt pratique, à savoir donner au lecteur une base efficace pour évaluer les croyances, en particulier celles portant sur les valeurs – les propres croyances du lecteur ou celles des autres. Le test permettant de savoir si ce livre atteint son but est donc de déterminer si ceux qui le lisent et assimilent ses idées seront disposés à porter des jugements plus efficaces au cours de leur vie. »]

Notice : Cohen, Elliot D. (2004). « Philosophy with Teeth: The Wedding of Philosophical and Psychological Practices », International Journal of Philosophical Practice, Vol. 2, No. 2, p. 1.

L’hypothèse clinique de Cohen postule que de nombreux troubles émotionnels et comportementaux proviennent d’erreurs de raisonnement élémentaires qui pourraient être corrigées par l’application de la logique. Ce constat rejoint historiquement les bases de la thérapie comportementale rationnelle-émotive (REBT) d’Albert Ellis, elle-même héritière du stoïcisme d’Épictète.

II. Réfutation de la bifurcation puriste de l’APPA

L’article d’Elliot D. Cohen s’oppose frontalement à la scission idéologique opérée en 1998 par Louis Marinoff et l’APPA (American Philosophical Practitioners Association). L’APPA définit en effet la pratique philosophique de la manière suivante :

« Philosophical practice is defined…as a set of philosophically-based activities…. The intent of these activities is to benefit clients. The activities are non-medical, non-iatrogenic and not allied intrinsically with psychiatry or psychology. The foci of these activities are educational, axiological, and noetic. »

[« La pratique philosophique est définie… comme un ensemble d’activités à fondement philosophique… L’intention de ces activités est de bénéficier aux clients. Les activités sont non médicales, non iatrogènes et ne sont pas intrinsèquement alliées à la psychiatrie ou à la psychologie. Les points centraux de ces activités sont éducatifs, axiologiques et noétiques. »]

Notice : Cohen, Elliot D. (2004). « Philosophy with Teeth: The Wedding of Philosophical and Psychological Practices », International Journal of Philosophical Practice, Vol. 2, No. 2, p. 3.

Cohen qualifie cette séparation d’artificielle, d’impraticable et de contre-productive. Il critique vivement l’expression de « thérapie pour les sains » (therapy for the sane) popularisée par Marinoff, démontrant qu’elle propage un stéréotype populaire dangereux voulant que quiconque a besoin d’une thérapie psychologique soit jugé « fou ». De plus, l’application globale d’étiquettes de « sanité » ou de « folie » omet d’évaluer les cognitions et comportements spécifiques de l’individu.

III. La nature hybride de l’applied philosophy et la boîte aux lettres philosophique

Pour Cohen, affirmer que la consultation philosophique doit être indépendante de la psychologie relève d’un sophisme de composition : la philosophie est un apport (input) mais la discipline concrète est intrinsèquement hybride et appliquée. Sans dimension psychologique, elle ne constituerait aucune forme de thérapie. L’ASPCP codifie d’ailleurs les activités formelles du praticien dans le préambule de ses normes professionnelles :

« While individual philosophical practitioners may differ in method and theoretical orientation, for example, analytic or existential-phenomenological, they facilitate such activities as: (1) the examination of clients’ arguments and justifications; (2) the clarification, analysis, and definition of important terms and concepts; (3) the exposure and examination of underlying assumptions and logical implications; (4) the exposure of conflicts and inconsistencies; (5) the exploration of traditional philosophical theories and their significance for client issues; and (6) all other related activities that have historically been identified as philosophical. »

[« Bien que les praticiens de la philosophie puissent différer quant à leur méthode et leur orientation théorique, par exemple analytique ou existentielle-phénoménologique, ils facilitent des activités telles que : (1) l’examen des arguments et des justifications des clients ; (2) la clarification, l’analyse et la définition des termes et concepts importants ; (3) la mise au jour et l’examen des hypothèses sous-jacentes et des implications logiques ; (4) la mise au jour des conflits et des incohérences ; (5) l’exploration des théories philosophiques traditionnelles et de leur signification pour les problématiques du client ; et (6) toutes les autres activités connexes historiquement identifiées comme philosophiques. »]

Notice : Cohen, Elliot D. (2004). « Philosophy with Teeth: The Wedding of Philosophical and Psychological Practices », International Journal of Philosophical Practice, Vol. 2, No. 2, pp. 6-7.

L’originalité du conseiller philosophique face au psychologue classique réside ainsi dans trois spécificités : sa formation approfondie dans l’utilisation thérapeutique des grands penseurs de l’histoire (Platon, Aristote, Kant, etc.), sa focalisation stricte sur la justification rationnelle des croyances, et le recours à un catalogue d’outils logiques et de « sophismes informels » bien plus vaste que celui des approches cognitives standards.

Conclusion générale

L’analyse conjointe des textes de Cohen, Zinaich et Paden met en évidence le défi épistémologique majeur de la consultation philosophique : trouver son autonomie sans pour autant se couper des acquis empiriques de la psychologie clinique. Le modèle d’interdépendance défendu par l’ASPCP démontre que la philosophie possède des « dents » concrètes pour transformer l’existence humaine lorsqu’elle accepte sa nature hybride d’éthique appliquée, tandis que le repli vers un purisme conceptuel strict risque de réduire cette pratique à un simple exercice académique désincarné.

Références Bibliographiques

  • Cohen, E. D., & Zinaich, S., Jr. (Éds.). (2013). Philosophy, Counseling, and Psychotherapy. Newcastle upon Tyne, Royaume-Uni : Cambridge Scholars Publishing.

  • Cohen, E. D. (2004). Philosophy with Teeth: The Wedding of Philosophical and Psychological Practices. International Journal of Philosophical Practice, 2(2), 1-9.


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