Article # 366 – Les femmes dans la consultation philosophique : L’Anima de la pensée en action. Luisa de Paula et Peter Raabe (dir.)

De Paula, Luisa, et Peter Raabe, dir.

Women in Philosophical Counseling: The Anima of Thought in Action.

Lanham, MD : Lexington Books, 2015, viii-313 p.

ISBN 978-0-7391-9165-1 (rel.) / ISBN 978-0-7391-9166-8 (électronique).


CONTRIBUTORS

 Luisa de Paula (Anthology Editor) , Peter Raabe (Anthology Editor) , Riella Morhayim (Contributor) , Natasa Radovanovic (Contributor) , Silvia Bakirdjian (Contributor) , Luisa Sesino (Contributor) , Heidi Salaverría (Contributor) , Lydia Amir (Contributor) , Ora Gruengard (Contributor) , Roxana Kreimer (Contributor) , Marianne Vahl (Contributor) , Camilla Angeltun (Contributor) , Rayda Guzmán González (Contributor) , Narelle Arcidiacono (Contributor) , Marie-France Lebouc (Contributor) , M.G. Piety (Contributor) , Dena Hurst (Contributor) , Marleen Moors (Contributor) , Kate Mehuron (Contributor) , Helen Douglas (Contributor)


Traduction de l’anglais au français par Google Gemini

Description

Grâce aux contributions de dix-huit praticiennes de la consultation venues de douze pays différents, cet ouvrage est le premier à offrir un panorama des pratiques philosophiques émergentes sous une perspective exclusivement féminine. Il donne la parole à la pensée des femmes et brosse pour le lecteur le portrait vivant d’une philosophie mise au service des personnes et conçue comme un apprentissage pour quiconque aspire à une existence pleinement vécue. Puisant dans leur expérience de terrain, les autrices entremêlent analyses philosophiques, évolutions des attitudes et récits de vie réels, exhumant ainsi cette âme oubliée de la pensée philosophique que nos ancêtres nommaient l’Anima. Le livre offre un tableau animé, alerte et plein de vitalité de la philosophie en pratique, bien loin de la rigidité et de la gravité stéréotypée de son image traditionnelle. Nul doute qu’il saura inciter les lecteurs à vivre leurs pensées et à penser leur vie.

Table des matières

  • Chapitre 1 : Les femmes pensent en chuchotant dans un pays en développement : un regard à travers le prisme de la consultation philosophique, Riella Morhayim

  • Chapitre 2 : La thérapie en Serbie sous l’angle du genre, Natasa Radovanovic

  • Chapitre 3 : L’éveil de l’« Anima » dans la consultation philosophique, Silvia Bakirdjian

  • Chapitre 4 : La consultation philosophique en fin de vie : une perspective de genre, Luisa Sesino

  • Chapitre 5 : L’Éros du doute, Heidi Salaverría

  • Chapitre 6 : L’humour philosophique pour les femmes — (et les hommes) : combattre la honte et le dégoût, Lydia Amir

  • Chapitre 7 : Le besoin d’être nécessaire [ou Le besoin que l’on ait besoin de soi], Ora Gruengard

  • Chapitre 8 : Sexe, rencontres amoureuses et amour : différences entre hommes et femmes, Roxana Kreimer

  • Chapitre 9 : Émotions rationnelles dans la consultation philosophique, Marianne Vahl

  • Chapitre 10 : L’éveil de la phronêsis (????????) : pratique philosophique et appel aux valeurs féminines traditionnelles, Camilla Angeltun

  • Chapitre 11 : Il vient à ma consultation : partager les sensibilités, Rayda Guzmán González

  • Chapitre 12 : À quoi pourrait ressembler une consultation philosophique vêtue des habits de S… (titre original complet : « …de l’armoire de Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe ? »), Narelle Arcidiacono


Texte original en anglais

Description

With contributions from eighteen professional women counselors from twelve different countries, this book is the first to provide an overview of new-born philosophical practices from an entirely female perspective. It gives voice to women’s thoughts and brings to the reader a living portrait of philosophy as a service to people and a training for those in search of a fully lived existence. As the authors draw on first-hand experience, their philosophical analyses intertwine with changes in attitudes and real-life stories, unearthing that forgotten soul of philosophical thought which our ancestors referred to as the Anima. The book provides a lively, sprightly and vivacious picture of how philosophy is used in practice, a long way from the rigidness and stereotypical severity of its traditional image. It will not fail to inspire readers to live their thoughts and think their lives.

Table of Contents

Chapter 1: Women Think in Whispers in a Developing Country: A Glance through The Lens Of Philosophical Counseling, Riella Morhayim

Chapter 2: Therapy in Serbia from a Gender Perspective, Natasa Radovanovic

Chapter 3: The Awakening of ‘Anima’ in Philosophical Counseling, Silvia Bakirdjian

Chapter 4: Philosophical Counseling at the End of Life. A Gender Perspective, Luisa Sesino

Chapter 5: The Eros of Doubting, Heidi Salaverría

Chapter 6: Philosophic Humor for Women – (and Men): Fighting Shame and Disgust, Lydia Amir

Chapter 7: The Need to Be Needed, Ora Gruengard

Chapter 8: Sex, Dating and Love: Differences between Men and Women, Roxana Kreimer

Chapter 9: Rational Emotions in Philosophical Counselling, Marianne Vahl

Chapter 10: The Awakening of ???????? (Phronesis): Philosophical Practice and the Call for Traditional Female Values, Camilla Angeltun

Chapter 11: He comes to my practice: sharing sensibilities, Rayda Guzmán González

Chapter 12: How Might Philosophical Counseling be in Garments From S


Source : https://www.bloomsbury.com/ca/women-in-philosophical-counseling-9780739191668/


CITATIONS

Traduction de l’anglais au français par Google Gemini

1. Sur l’égalité, la différence et l’accompagnement (Introduction)

Anglais :

« There is no doubt that women and men are equal. […] But being equal doesn’t mean being the same. Women and men are different; they’re not the same. In fact, no two people on earth are the same, not even identical twins. » — Peter Raabe (p. 1)

Français :

« Il ne fait aucun doute que les femmes et les hommes sont égaux. […] Mais être égaux ne signifie pas être identiques. Les femmes et les hommes sont différents ; ils ne sont pas pareils. De fait, il n’existe pas deux êtres humains identiques sur Terre, pas même des jumeaux univitellins. »

2. Sur l’occultation historique de la pensée des femmes (Introduction)

Anglais :

« Regaining our voices as both women and philosophers is the fundamental first step to regaining our ability for dialogue, which is the royal road to thinking differently. This is what philosophical counseling aims to be: a via regia toward dia-logos and con-versation. » — Luisa de Paula (p. 6)

Français :

« Recouvrer notre voix, à la fois en tant que femmes et en tant que philosophes, constitue le premier pas fondamental pour reconquérir notre aptitude au dialogue, qui est la voie royale pour penser autrement. C’est précisément ce que la consultation philosophique ambitionne d’être : une via regia vers le dia-logos et la con-versation. »

3. Sur la transformation par la philosophie dans l’adversité (Chapitre 1)

Anglais :

« It is always useful to keep in mind that people cannot easily change their circumstances, but always change the way they interpret them. Besides, not every problem has an immediate solution, but a counselee can reconsider the problem from a certain or different perspective. » — Riella Morhayim (p. 24)

Français :

« Il est toujours salutaire de garder à l’esprit que l’on ne peut pas aisément changer ses conditions d’existence, mais que l’on peut toujours changer la façon dont on les interprète. De surcroît, tout problème n’appelle pas une solution immédiate, mais la personne consultante peut le réexaminer sous un angle neuf ou singulier. »

4. Sur le silence et l’écoute profonde dans la consultation (Chapitre 3)

Anglais :

« Just like in a Zen state of consciousness, a mere gesture, a listening ear, a well-timed silence, the right tempo in the inner play between words and silences, a generous emptiness, all become for women the most valuable philosophical treasure they could offer. » — Silvia Bakirdjian (p. 42)

Français :

« À la manière d’un état de conscience zen, un simple geste, une oreille attentive, un silence opportun, la juste mesure dans le jeu intérieur entre les paroles et les silences, un vide généreux : tout cela devient pour les femmes le trésor philosophique le plus précieux qu’elles puissent offrir. »

5. Sur l’accompagnement et le sens au seuil de la fin de vie (Chapitre 4)

Anglais :

« Widening our perspective on things to actually live what happens to us. I believe this is a good definition of philosophical work. The time of illness, then, is no longer a meaningless time subtracted from life, but it becomes—for some people at least—a time of deeper understanding and experience of life itself. » — Luisa Sesino (p. 54)

Français :

« Élargir notre regard sur les choses pour habiter pleinement ce qui nous arrive : j’estime qu’il s’agit là d’une juste définition du travail philosophique. Le temps de la maladie cesse dès lors d’être un temps vide de sens dérobé à l’existence, pour devenir — à tout le moins pour certains — un moment de compréhension plus intime et d’expérimentation plus profonde de la vie elle-même. »

6. Sur la fécondité créatrice du doute (Chapitre 5)

Anglais :

« Doubt is the foundation of creativity; it brings the new into the world. Admitting the dubitability of our own positioning at first sight seems to be a dangerous path. But, in the long run, it proves not only to enhance stability, because elastic systems are more resilient than static ones, but also to prevent and oppose violence—against oneself and against others. » — Heidi Salaverría (p. 79)

Français :

« Le doute est le fondement même de la créativité ; il fait advenir la nouveauté dans le monde. Admettre la contingence de son propre positionnement peut de prime abord sembler périlleux. Pourtant, à terme, cela s’avère non seulement renforcer la stabilité — car les systèmes souples sont plus résilients que les structures rigides —, mais aussi prévenir et contrecarrer la violence, qu’elle soit dirigée contre soi-même ou contre autrui. »

7. Sur l’humour comme vecteur d’acceptation de soi (Chapitre 6)

Anglais :

« Self-directed intra-personal humor enables to acknowledge feelings and thoughts, maintain ambivalence toward them, and live in a state of full awareness of internal conflicts and reduced tension from them. […] humor eventually helps to alter the balance that characterizes ambivalence in a gradual movement toward inner resolution of the intra-personal conflict. » — Lydia Amir (p. 89)

Français :

« L’humour intrapersonnel dirigé vers soi permet de reconnaître ses sentiments et ses pensées, de maintenir à leur endroit une certaine ambivalence, et de vivre dans la pleine conscience de ses conflits intérieurs tout en en désamorçant la tension. […] l’humour contribue finalement à faire basculer l’équilibre de cette ambivalence dans un mouvement progressif de résolution du conflit intérieur. »


Article rédigé avec l'Intelligence artificielle GEMINI de Google
Article rédigé avec l’Intelligence artificielle GEMINI de Google

Ce livre, intitulé Women in Philosophical Counseling: The Anima of Thought in Action, est un ouvrage collectif dirigé par Luisa de Paula et Peter Raabe, publié en 2015. Il rassemble les réflexions et expériences de praticiennes de la consultation philosophique à travers le monde.

Voici les grands axes et le contenu de l’ouvrage :

1. Thèse centrale et constat de départ

  • L’absence historique des femmes dans la philosophie : Dans son introduction, Luisa de Paula relève l’invisibilisation quasi systématique des femmes dans l’histoire de la philosophie occidentale. Elle montre que le modèle philosophique dominant a souvent promu un ego autosuffisant, purement rationnel et déconnecté du corps et des affects.

  • Égalité et reconnaissance de la différence : Peter Raabe souligne que l’égalité entre hommes et femmes n’implique pas l’uniformité. Dans la pratique de l’accompagnement et du soin, ignorer les différences vécues (qu’elles soient sociales, relationnelles ou émotionnelles) peut nuire à l’efficacité du soutien.

  • L’apport du regard féminin : Le livre propose d’intégrer dans la pratique philosophique des dimensions trop souvent dévalorisées : l’écoute, l’empathie, l’acceptation de la vulnérabilité, le doute fécond et l’attention aux émotions.

2. Structure et thèmes principaux

L’ouvrage est organisé en cinq grandes parties :

I. Listening to Whispers (Écouter les murmures)

  • Femmes dans les contextes traditionnels ou en transition : Riella Morhayim aborde la pratique de la consultation philosophique en Turquie, où des femmes privées d’autonomie (interdiction d’étudier, mariages arrangés, pressions vestimentaires) trouvent dans la réflexion philosophique un moyen de clarifier leur situation et de faire entendre leur voix. Natasa Radovanovic analyse les blocages culturels et le tabou social entourant la thérapie en Serbie sous l’angle du genre.

  • Éveil de l’« Anima » : Silvia Bakirdjian examine la dualité anima/animus, la place du silence et l’écoute phénoménologique (s’appuyant sur Heidegger et Lévinas).

  • Soins de fin de vie : Luisa Sesino montre comment l’accompagnement philosophique en soins palliatifs permet d’accueillir la souffrance, la limite et la quête de sens au seuil de la mort, en valorisant l’être plutôt que le faire.

II. Enhancing Doubt (Valoriser le doute)

  • L’Éros du doute : Heidi Salaverría critique l’illusion contemporaine de la certitude absolue et réhabilite le doute comme une dynamique féconde, créative et libératrice, indispensable pour redéfinir son positionnement au monde sans rigidité.

  • L’humour philosophique : Lydia Amir explore comment l’humour dirigé vers soi permet de dépasser les sentiments intériorisés de honte et de dégoût corporels imposés aux femmes, favorisant ainsi l’auto-acceptation.

  • Le besoin d’être nécessaire : Ora Gruengard analyse les justifications morales entourant le besoin « d’être utile » ou d’aider autrui.

  • Amour et sexualité : Roxana Kreimer examine les dynamiques affectives et les différences hommes-femmes.

III. Thinking Emotions (Penser les émotions)

  • Les autrices (notamment Marianne Vahl et Camilla Angeltun) étudient le lien entre rationalité et vie émotionnelle, réhabilitant la phronêsis (prudence / sagesse pratique aristotélicienne) et certaines valeurs traditionnellement associées au féminin.

IV. Sharing Insights (Partager les perspectives)

  • Cette section explore l’application concrète des pensées féministes (comme l’héritage du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir via Narelle Arcidiacono) au dialogue philosophique, ainsi que l’édification morale et les échanges entre femmes.

V. Acting to Change (Agir pour changer)

  • Les derniers chapitres abordent les dimensions d’émancipation et d’action politique : le rôle de la femme comme figure de soin/guérison, la dénonciation du sexisme dans le milieu académique de la philosophie, le soutien face aux violences conjugales, et la déconstruction philosophique (Helen Douglas).

En somme, ce livre démontre que la consultation philosophique ne doit pas se limiter à un exercice logique froid ou théorique, mais constitue un outil pratique d’émancipation personnelle et de réconciliation avec la vie concrète, particulièrement adapté aux problématiques vécues par les femmes.


MON COMMENTAIRE

Cette approche humaine dévolue aux femmes philosophes consultantes implique que l’approche de la consultation philosophique par les hommes est moins humaine que celle des femmes consultantes en philosophie.

LA RÉPONSE DE GOOGLE GEMINI

Les auteurs de l’ouvrage réfutent précisément cette conclusion binaire et soulignent que la pratique masculine n’est ni moins humaine ni moins efficace. Plusieurs éléments du texte viennent éclairer cette nuance :

  • L’efficacité et la bienveillance ne dépendent pas du genre : Silvia Bakirdjian précise explicitement que les différences observées dans la manière de mener les séances « n’affectent en rien leur compétence professionnelle ou leur efficacité ». Elle ajoute que le taux de réussite — défini comme le potentiel d’atténuer la souffrance d’autrui — s’avère « très élevé dans tous les cas », car c’est l’intention désintéressée d’aider (la compassion) qui prime.

  • L’impossibilité d’une frontière étanche : Bakirdjian souligne qu’il est « totalement impossible d’établir une ligne de démarcation nette entre consultants et consultantes ». Elle observe que de nombreux hommes atteignent exactement la même écoute, la même sérénité et le même tempérament que les femmes.

  • L’Anima et l’Animus comme dimensions intérieures partagées : Les notions d’anima (pôle de l’écoute, de la réceptivité, de l’âme) et d’animus (pôle de l’action, de la doctrine, de la décision) ne sont pas conçues comme des catégories biologiques exclusives, mais comme deux visages de l’esprit présents chez chaque être humain. L’accent mis sur ces approches vise à réhabiliter le pôle féminin chez l’homme comme chez la femme, et non à décréter qu’un sexe est intrinsèquement supérieur à l’autre dans le soin.

  • Deux styles d’intervention complémentaires : Le livre décrit des tendances générales issues de la socialisation plutôt que des carences d’humanité :

    • Les praticiens masculins ont plus souvent tendance à privilégier une posture orientée vers la résolution, la démonstration et la proposition de doctrines pour guider la prise de décision (« Décision-Prescription »).

    • Les praticiennes féminines privilégient fréquemment une écoute prolongée, le silence, l’accueil des émotions et l’invitation faite à l’autre de cheminer à son propre rythme.

Peter Raabe rappelle par ailleurs que si les hommes et les femmes sont égaux, ils ne sont pas identiques, et que la manière d’interagir et de répondre aux besoins existentiels s’exprime sous des formes différentes. Il ne s’agit donc pas d’une hiérarchie d’humanité, mais de styles relationnels et d’outils philosophiques distincts face à la vulnérabilité humaine.


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Article # 356 – Publication à découvrir : Journal of Humanities Therapy, Institut des sciences humaines de l’Université nationale de Kangwon

Publication à découvrir

Journal of Humanities Therapy

Institut des sciences humaines de l’Université nationale de Kangwon


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Le Journal of Humanities Therapy est une revue en langue anglaise ouverte à tous les articles originaux portant sur des sujets théoriques, empiriques et méthodologiques dans le domaine de la thérapie par les humanités. La préférence est accordée aux travaux qui contribuent à des questions telles que l’identité, les théories, l’histoire, les modèles et programmes, ainsi que les études de cas en thérapie par les humanités.

The Journal of Humanities Therapy is an English-language journal open to all original papers on theoretical, empirical, and methodological subjects in humanities therapy. Preference is on the papers which make contributions to the issues such as identity, theories, history, model and program, and case report of humanities therapy.


Article rédigé avec l'Intelligence artificielle GEMINI de Google
Article rédigé avec l’Intelligence artificielle GEMINI de Google

Le Journal of Humanities Therapy (publié par l’Institut des sciences humaines de l’Université nationale de Kangwon, en Corée du Sud) entretient un lien direct et étroit avec la philosophie pratique.

Ce lien s’articule autour de plusieurs dimensions :

1. Le cœur conceptuel : la « thérapie par les humanités »

Le courant de la « thérapie par les humanités » (Humanities Therapy ou ???? en coréen) est né en Corée du Sud au sein des départements de sciences humaines pour réinvestir les savoirs fondamentaux — en particulier la philosophie, la littérature et l’histoire — dans une visée concrète d’accompagnement de l’existence, de soin et de sens. La consultation philosophique (philosophical counseling) et la pratique philosophique au sens large constituent le socle méthodologique principal de ce champ.

2. Le réseau académique de la pratique philosophique

  • Conférences et associations : La revue et l’institut qui la porte (Kangwon National University) sont historiquement liés aux organisations internationales de philosophie pratique. Ils ont notamment co-organisé la 11? Conférence internationale sur la pratique philosophique (ICPP) à Chuncheon en 2012, en synergie avec la International Conference on Humanities Therapy.

  • Figures majeures : Des pionniers mondiaux de la pratique philosophique et de la consultation philosophique (comme Lou Marinoff, Peter B. Raabe ou Peter Harteloh) y ont publié ou ont contribué aux travaux conjoints de cette mouvance.

  • Comités éditoriaux croisés : Plusieurs chercheurs spécialistes de la consultation philosophique siègent à la fois au comité de revues comme Philosophical Practice (revue de l’APPA) et à celui du Journal of Humanities Therapy.

3. Les thématiques traitées

Les articles du Journal of Humanities Therapy explorent fréquemment :

  • L’application de la maïeutique socratique, du stoïcisme ou de l’éthique confucéenne à la résolution de dilemmes moraux et existentiels.

  • L’alternative ou le complément que la philosophie apporte face au modèle médical/psychiatrique conventionnel des troubles du sens et de l’anxiété contemporaine.

  • L’articulation entre le dialogue philosophique individuel, la bibliothérapie et les ateliers d’éthique appliquée en milieu institutionnel ou éducatif.

Le Journal of Humanities Therapy peut être considéré comme l’un des vecteurs asiatiques et interdisciplinaires du mouvement contemporain de la philosophie pratique.

Article # 208 – Manifeste pour un statut de la pensée libre face à l’empire du diagnostic


Déclaration d’intention : Pour une citoyenneté de la pensée

Nous, observateurs et praticiens de la pensée libre, affirmons que l’acte de réfléchir sur sa propre existence est un droit inaliénable qui ne saurait être confisqué par aucune nomenclature clinique ni aucun monopole professionnel.

À l’heure où chaque doute, chaque deuil et chaque crise de sens se voient réduits à des symptômes biochimiques, nous proclamons la nécessité de restaurer le statut du sujet pensant. La philothérapie n’est pas une médecine de l’âme, mais une éthique de la lucidité. Elle ne cherche pas à « corriger » l’individu pour le rendre fonctionnel, mais à l’accompagner dans la réappropriation de sa parole et de sa souveraineté.

Ce manifeste est un appel à reconnaître que la philosophie de terrain — celle qui se déploie dans la cité, les prisons, les hôpitaux et le quotidien — est un service public essentiel à la dignité humaine. Face à l’empire du diagnostic, nous choisissons l’exigence du dialogue.


Conseil d’affichage :

Sur votre site WordPress, vous pourriez placer ce texte en italique ou dans un cadre coloré (type notice ou infobox) juste au-dessus du premier titre (« I. Le Constat d’une Dépossession Anthropologique »). Cela crée une porte d’entrée émotionnelle et philosophique avant d’entrer dans l’argumentation historique et technique.

I. Le Constat d’une Dépossession Anthropologique

Depuis la fin des années 1960, marquée au Québec par le modèle de Claude Collin et l’institutionnalisation de la philosophie, nous assistons à un paradoxe tragique. Alors que la philosophie n’a jamais été aussi présente dans les cursus, elle a été dépossédée de sa fonction vitale : l’accompagnement du sujet dans sa recherche de sens.

Sous l’influence d’une technocratie sanitaire croissante, ce qui relevait autrefois de la sagesse (sophia) et du dialogue (logos) a été systématiquement requalifié en « pathologie ». La psychologisation à outrance de la vie sociale a transformé le citoyen pensant en un patient à traiter. Nous affirmons que la détresse existentielle n’est pas une maladie mentale, mais une étape de la condition humaine qui appelle une réponse philosophique.

II. L’Héritage de Jean-Claude Valfer et l’Impasse du Statut

Le 27 septembre 2012, le rejet par la Cour suprême du Canada de la demande d’autorisation d’appel de Jean-Claude Valfer (Dossier 34753) a marqué une rupture historique. Ce n’était pas seulement le procès d’un homme, mais celui de l’autonomie de la pensée face au monopole des Ordres professionnels.

  • Le refus de la « Prudence » : Contrairement à la stratégie de distanciation adoptée par certains pionniers qui ont dû limiter leur pratique par des clauses de « non-thérapie » pour survivre juridiquement, Valfer a revendiqué le droit du philosophe d’intervenir au cœur de la souffrance.

  • La collision des cadres : Sa disparition au lendemain du verdict symbolise l’étouffement d’une pratique qui refusait de se soumettre à la nomenclature médicale.

  • Le constat : Nous dénonçons un système qui ne reconnaît de légitimité à l’aide humaine que si elle est sanctionnée par un permis de pratique clinique, excluant la compétence millénaire du philosophe.

III. La Leçon de Lou Marinoff : Pourquoi la Certification Privée ne suffit pas

L’exemple de Lou Marinoff aux États-Unis (APPA) est souvent cité comme une réussite. Cependant, pour la réalité québécoise et internationale, c’est un avertissement :

  1. Le piège du marché privé : Marinoff a dû définir sa pratique comme une « thérapie pour les gens sains » pour éviter les poursuites, abandonnant de fait ceux que le système juge « vulnérables » (prisonniers, exclus, marginaux).

  2. L’échec du politique : Malgré le projet de loi Diaz (1998) à New York, le lobby médical a bloqué toute reconnaissance légale d’État.

  3. Notre position : Nous refusons le modèle de la simple certification commerciale. Nous ne voulons pas « vendre » de la philosophie ; nous voulons que le statut de philosophe consultant soit inscrit dans le tissu institutionnel comme un service public essentiel.

IV. Une Crise de Sens Mondiale : La Convergence des Résistances

Bien que né d’une lutte ancrée au Québec, ce manifeste porte une voix universelle. Le Québec est ici le laboratoire d’une crise mondiale :

  • En France : La Loi Accoyer (2004) a produit des effets similaires en verrouillant le titre de psychothérapeute, forçant les praticiens à une gymnastique sémantique pour exister.

  • En Europe et aux USA : Nous observons une tendance mondiale à la « clôture des professions » où le philosophe est perçu comme un intrus.

Pourtant, de Montréal à Paris, de Berlin à New York, le besoin d’une médiation qui ne soit ni médicale, ni religieuse, ni commerciale, est une urgence démocratique.

V. Nos Piliers d’Action et de Revendication

L’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques se donne pour mission de sortir la pratique de la clandestinité :

  1. Reconnaissance d’un Statut de Tiers : Nous exigeons la création d’un cadre légal reconnaissant le « Philosophe Consultant » comme un acteur autonome. Le philosophe n’est ni un soignant, ni un enseignant, mais un praticien de la lucidité.

  2. Souveraineté du Sujet : La philothérapie repose sur la conviction que l’individu possède la capacité de raisonner sa propre vie. L’intervention vise l’émancipation, non la normalisation.

  3. Préservation de la Mémoire Combattante : Nous documentons les parcours de ceux qui ont lutté pour que la philosophie soit une force vive dans les institutions (prisons, hôpitaux, entreprises).

Conclusion : Un Appel à la Lucidité

La Philothérapie est l’acte de rendre au sujet sa dignité de penseur. Face à une société de la performance et de la médication, nous réaffirmons que le dialogue socratique est une nécessité publique.

Il ne s’agit pas de soigner le monde, mais de lui redonner les outils pour se penser.


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Article # 200 – Lettre ouverte aux étudiants en philosophie : Ne laissez pas l’université murer votre avenir

Chers étudiants(es) universitaires en philosophie pratique

On vous enseigne la philosophie pratique en limitant la discipline à l’éthique et la philosophie politique. Or, une réalité massive vous est cachée : la philosophie pratique est déjà ailleurs.

Dans sa contribution à l’ouvrage collectif La philosophie pratique pour penser la société, le professeur de philosophie Alain Létourneau de l’Université Sherbrooke (Québec) prétend identifier le « sens en usage » de la discipline en s’appuyant sur seulement cinq pages Wikipédia de langues différentes. Or, Google ne cumule que 9 079 résultats pour ces pages, soit 0,43 % de l’ensemble des recherches liées aux termes de la pratique. Ce poids tombe à un dérisoire 0,012 % lorsqu’on le compare au volume total de la pratique réelle avec ses institutions et ses têtes d’affiches mondiales totalisant 75 772 790.

Le mur du silence universitaire

Au Québec, l’enseignement universitaire actuel opère une sélection qui évacue 99,98 % de la réalité numérique et professionnelle du domaine. En se focalisant sur une définition étroite et bureaucratique de la « philosophie pour penser la société », l’institution vous coupe des Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP) nées de la rupture opérée par le philosophe allemand Gerd Achenbach en 1981.

Cette dérive n’est pas qu’intellectuelle, elle est déontologique. On vous forme pour un monde qui n’existe que dans les cadres de l’éthique appliquée ou de la politique organisationnelle, alors que le besoin criant de nos contemporains se trouve dans la consultation philosophique privée.

La consultation : un métier, pas un séminaire

Pendant que l’université discute de la théorie, des praticiens comme Lou Marinoff — un Québécois de Noranda dont le succès mondial est quasi occulté dans nos facultés — démontrent que la philosophie est un remède concret.

On vous fait croire que la relation d’aide et l’accompagnement individuel sont les chasses gardées de la psychologie ou de la psychiatrie. C’est faux. La philosophie est, par essence, une pratique de la vie examinée.

Reprenez votre liberté professionnelle

En vous spécialisant uniquement dans ce que l’académie juge « digne », vous vous fermez des portes de carrière essentielles :

  1. Le cabinet de consultation privé (Philothérapie).

  2. La médiation philosophique au sein des communautés.

  3. L’accompagnement existentiel hors des cadres institutionnels.

Ne vous laissez pas enfermer dans la « tour d’ivoire » de ceux qui préfèrent ignorer le terrain pour protéger leurs catégories. La philosophie pratique n’appartient pas aux départements ; elle appartient à ceux qui la pratiquent et à ceux qui en ont besoin.

Votre diplôme ne doit pas être un certificat d’impuissance face au marché du travail. Il est temps d’exiger une formation qui regarde les chiffres en face et qui vous donne les outils pour aller là où se trouve la vie : dans la rencontre intersubjective et la consultation.

La philosophie est une force vive. Ne la laissez pas mourir dans vos manuels.

Serge-André Guay
Président
Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques