Barrientos Rastrojo, J., 1977- Philosophical Practice. From Theory to Practice / José Barrientos Rastrojo. ISBN: 84-611-2668-8
Philosophical Practice
From Theory to Practice
José Barrientos Rastrojo, Introduction and edition
Actes de la 8? Conférence Internationale sur la Pratique Philosophique organisée à Séville en 2006
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Philosophical Practice, english
Philosophical practice, spanish
SOURCE
8Th International Conference on Philosophical Practice (ICPP), Sevilla. Spain, April 19-22, 2006

QUESTION
Quel est les texte le plus significatif pour la consultation philosophique dans ces actes ?
RÉPONSE
Dans les actes de la 8? Conférence Internationale sur la Pratique Philosophique (Philosophical Practice: From Theory to Practice), le texte considéré comme le plus significatif et fondateur pour la consultation philosophique individuelle (le philosophical counseling) est celui du directeur de publication lui-même, José Barrientos Rastrojo :
« Poietics in Philosophical Practice: An Approach to the Client’s Breakdown and Lament »
(La poïétique dans la pratique philosophique : Une approche de la rupture et de la plainte du consultant) — par José Barrientos Rastrojo
Pourquoi ce texte est-il le plus significatif pour la consultation ?
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Il s’attaque directement au cœur du dispositif clinique : Alors que d’autres contributions traitent du monde des entreprises (Axell) ou du milieu universitaire/pédagogique (Chastain), l’article de Barrientos Rastrojo se concentre spécifiquement sur le face-à-face entre le philosophe praticien et le consultant en détresse existentielle.
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Une rupture épistémologique majeure avec le rationalisme froid : Historiquement, la consultation philosophique s’appuyait souvent sur des approches hyper-rationnelles, logiques ou dialectiques (comme la méthode de Gerd Achenbach ou d’Oscar Brenifier). Barrientos Rastrojo introduit une véritable révolution paradigmatique en proposant une approche poïétique et phénoménologique. Il soutient que la logique pure est incapable de saisir la souffrance singulière d’un consultant.
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La création de concepts cliniques originaux : Le texte théorise deux notions centrales qui sont devenues des clés de lecture majeures en pratique philosophique :
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La Quiebra (La rupture) : L’effondrement ou le déchirement du système de croyances du consultant face à une crise de vie.
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Le Quejío (La plainte / Le lament) : L’expression affective et intime de cette souffrance, que le praticien ne doit pas chercher à « corriger » logiquement, mais à accueillir.
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Une méthode d’écoute esthétique et métaphorique : S’appuyant sur la raison poétique de la philosophe espagnole María Zambrano, Barrientos démontre que le rôle du consultant philosophique est d’aider le consultant à reconstruire un sens par la métaphore et la création poïétique (poiesis comme mouvement de transformation de l’âme), plutôt que de lui imposer une argumentation discursive rigide.
En résumé
Si l’article d’Oscar Brenifier représente l’acmé de la dialectique socratique, le texte de José Barrientos Rastrojo constitue la contribution la plus novatrice et la plus emblématique des actes pour définir la posture, l’éthique de l’écoute et le travail herméneutique propres à la consultation philosophique moderne.
EXTRAIT
Traduction de l’anglais au français par Google Gemini
La poïétique dans la pratique philosophique : une approche de la rupture et de la plainte du consultant
José Barrientos Rastrojo
Abstract / Résumé
Ce travail examine la pertinence de la poïétique au sein de la pratique philosophique et de la consultation philosophique. Après avoir clarifié la signification de la poiesis et identifié trois sens fondamentaux du terme, nous analysons comment la création poïétique et la pensée poétique — au sens où l’entendait la philosophe María Zambrano — offrent des outils indispensables pour appréhender la crise existentielle du consultant. Nous soutenons que la raison purement argumentative et le rationalisme calculant se révèlent insuffisants pour saisir la singularité du vécu tragique. En prêtant une écoute attentive à la rupture (quiebra) des structures de sens du sujet et à l’expression de sa plainte (quejío), le praticien philosophique ne cherche pas à imposer une solution intellectuelle externe ou un diagnostic, mais aide le consultant à élaborer une vision métaphorique et poïétique de son propre monde, favorisant ainsi une transformation ontologique de son être.
1. Introduction : La nécessité de dépasser le cadre intellectuel pur
La pratique philosophique et la consultation philosophique ont traditionnellement privilégié les méthodes axées sur la logique, l’argumentation discursive, l’analyse conceptuelle et la déconstruction des présupposés. Bien que ces outils soient d’une utilité incontestable pour clarifier la pensée et déceler les incohérences logiques du discours, ils rencontrent rapidement une limite lorsqu’il s’agit d’aborder la souffrance subjective et la complexité des crises existentielles.
Face à une personne immergée dans un effondrement de son univers vital, l’imposition d’un schéma purement rationaliste risque de réduire le vécu à une simple erreur d’interprétation cognitive. C’est à ce niveau qu’intervient la poïétique : elle réintroduit dans la consultation philosophique une dimension esthétique, affective et créative essentielle au véritable processus de transformation de soi.
2. Les trois dimensions sémantiques de la Poiesis
Pour utiliser la poïétique comme outil herméneutique et pratique, il convient de procéder à une clarification conceptuelle et étymologique de la notion grecque de poiesis. Nous pouvons distinguer trois niveaux sémantiques complémentaires :
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La poiesis comme fabrication ou production artisanale (poieo) : Il s’agit du sens le plus élémentaire, désignant le travail manuel, la technique ou l’action de fabriquer un objet matériel.
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La poiesis comme création artistique et poétique : Ce second sens renvoie au passage du non-être à l’être, c’est-à-dire à l’émergence de quelque chose de nouveau sous le mode de l’inspiration et de l’enthousiasme.
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La poiesis comme mouvement et ébranlement de l’âme : Dans sa troisième acception, la plus fondamentale pour notre démarche, poiein signifie produire une émotion, émouvoir, altérer ou transformer la perception qu’un sujet a de sa propre réalité, de ses sentiments et de son insertion dans le monde.
C’est cette troisième dimension qui sous-tend la consultation philosophique poïétique : elle vise une altération créative de la perspective du consultant, modifiant la façon dont il ressent et interprète sa réalité existentiologique.
3. La raison poétique chez María Zambrano et la limite de la raison calculante
Le rationalisme occidental a souvent écarté la métaphore et le sentiment du domaine de la connaissance rigoureuse. Pourtant, comme l’a démontré la philosophe espagnole María Zambrano, la raison discursif-calculante s’avère limitée lorsqu’elle tente de s’approcher du cœur de l’expérience humaine et des événements tragiques de la vie.
« La raison est limitée dans sa capacité à atteindre cette vision et ses productions. Elle utilise donc la pensée poétique pour appréhender la réalité, en employant des moyens qui dépassent ce que nous entendons communément par « raison ». Elle emploie des métaphores comme modes de compréhension par le cœur. »
La pensée poétique ne s’oppose pas à la rigueur de la pensée ; elle la complète et la transfigure. La métaphore ne constitue pas un simple ornement rhétorique, mais une structure cognitive et affective capable de saisir le particulier, le concret et l’ineffable. Dans la consultation, le philosophe praticien fait appel à la raison poétique pour ouvrir un espace d’intelligibilité là où les concepts abstraits ne parviennent pas à pénétrer.
4. La phénoménologie de la rupture (quiebra) et de la plainte (quejío)
Lorsqu’un consultant sollicite une séance de pratique philosophique, son arrivée est rarement motivée par un simple désir de spéculation intellectuelle. Elle découle presque toujours d’une rupture (quiebra) au sein du tissu de sa vie quotidienne et de son système de certitudes.
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La quiebra (la rupture) : C’est la faille, l’effondrement de la structure vitale ou du système de références qui orientait jusqu’alors l’existence de l’individu. La quiebra déstabilise l’identité narrative du sujet et met en question ses horizons de sens.
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Le quejío (la plainte / la lamentation) : Le quejío est l’expression affective, immédiate et viscérale qui jaillit de la quiebra. Il ne doit pas être interprété comme un simple symptôme irrationnel ou une faiblesse psychologique qu’il faudrait éliminer par un raisonnement logique.
Le praticien doit pratiquer une écoute profonde du quejío. Au lieu de précipiter le consultant vers des solutions toutes faites ou des déductions logiques hâtives, le philosophe s’arrête sur cette plainte pour aider le consultant à déchiffrer ce qu’elle révèle sur sa relation au monde.
« Le consultant doit être à l’écoute du « quejío » (la plainte) issu de la « quiebra » (la rupture) de la structure vitale du client… Le praticien ne donne pas de réponses, mais aide le client à construire sa propre vision poétique de son monde. »
5. La posture du praticien : Herméneutique, co-création et transformation
Dans le modèle de la philosophie poiétique, la consultation philosophique s’éloigne de la posture directive du spécialiste qui diagnostique ou applique une grille d’analyse rigide. Le praticien et le consultant s’engagent dans une démarche de co-création herméneutique.
Le travail philosophique consiste à :
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Acceuillir la rupture et la plainte sans jugement moral ni réductionnisme clinique.
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Travailler sur les représentations du consultant à travers le langage poétique, les symboles et les métaphores.
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Permettre au consultant de reconfigurer son propre monde de manière créative (poiesis), en lui redonnant le rôle d’auteur de son récit et de sa vision de l’existence.
Par cette méthode, la pratique philosophique s’accomplit pleinement : elle quitte les spéculations académiques hors du sol pour redevenir un exercice spirituel, un travail d’édification et un véritable art de vivre.

Résumé
Cet ouvrage collectif, issu de la 8? Conférence Internationale sur la Pratique Philosophique tenue à Séville, examine les modalités méthodologiques et théoriques permettant de faire passer la philosophie de l’exégèse académique traditionnelle à une praxis existentielle, institutionnelle et clinique. À travers les contributions d’auteurs clés tels que Pia Hverven Axell, José Barrientos Rastrojo, Oscar Brenifier et Drew Chastain, le volume articule une pluralité d’approches — allant de l’herméneutique ricœurienne de l’identité narrative appliquée au leadership authentique, à la « philosophie poiétique » inspirée par la raison poétique de María Zambrano, en passant par la dialectique socratique de la confrontation à l’altérité et les dispositifs pédagogiques d’auto-investigation comme le Thought Work. L’ensemble des travaux démontre que la pratique philosophique contemporaine constitue un champ interdisciplinaire rigoureux qui réinvestit la philosophie comme outil de déconstruction des représentations, d’élucidation du sens et de transformation ontologique du sujet dans la cité.
Introduction
L’objectif principal de ce volume est d’offrir une vision globale et articulée des fondements épistémologiques, méthodologiques et cliniques qui structurent la pratique philosophique contemporaine. Historiquement issue du tournant initié dans les années 1980, la consultation philosophique s’est progressivement affirmée comme une alternative rigoureuse aux approches psychothérapeutiques conventionnelles, revendiquant le retour de la philosophie à sa vocation originelle : une praxis existentielle, un art de vivre et un exercice de transformation de soi.
Les contributions réunies au sein de cet ouvrage, nées des réflexions partagées lors de la 8? Conférence Internationale sur la Pratique Philosophique à Séville, explorent le franchissement du cap qui sépare la spéculation académique théorique de son application concrète au sein de la cité, des institutions et de la sphère individuelle. En croisant les apports de la maïeutique socratique, de l’herméneutique ricœurienne, de l’existentialisme et de la raison poétique, les auteurs mettent en lumière la manière dont l’élucidation conceptuelle, le dialogue dialectique et l’écoute esthétique permettent d’interroger les structures de sens du sujet, de déconstruire ses représentations et d’éclairer sa prise de décision face aux apories de l’existence.
Analyse académique
Philosophical Practice: From Theory to Practice
1. Cadre institutionnel et ancrage épistémologique
L’ouvrage rassemble les actes de la 8? Conférence Internationale sur la Pratique Philosophique organisée à Séville en 2006. L’objectif épistémologique du recueil est de réévaluer le rôle de la philosophie dans le monde contemporain, en proposant un passage de la scolastique académique — souvent limitée à la métaphilosophie ou à l’exégèse historiographique — vers une praxis socratique et existentielle à vocation transformatrice.
2. Déconstruction analytique des axes théoriques et méthodologiques
A. Ontologie de l’identité, authenticité et leadership (Pia Hverven Axell)
Dans son étude sur le leadership authentique, Pia Hverven Axell croise la philosophie herméneutique et la philosophie existentielle pour déconstruire le concept d’identité narrative au sein des structures d’organisation.
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Analyse de la dialectique Ricœurienne ($Idem$ / $Ipse$) :
Axell fonde son analyse sur l’herméneutique de Paul Ricœur (Soi-même comme un autre), montrant que l’identité de l’individu n’est pas une substance fixe mais une construction dynamique médiatisée par le récit.
« Ricoeur states in a condensed formula: ‘the story relates to the whom of the action’. Or, as he also puts it: ‘the identity of this whom is no other than his narrative identity’ »
[Traduction] : « Ricœur affirme dans une formule condensée : « le récit se rapporte au qui de l’action ». Ou, comme il le dit aussi : « l’identité de ce qui n’est autre que son identité narrative » ».
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La confrontation de la liberté et de la temporalité chez Kierkegaard et Sartre :
L’auteure oppose la conception téléologique d’Aristote (« devenir ce qu’on est en puissance ») à la radicalité existentialiste de Sartre et de Kierkegaard, où l’authenticité surgit de l’acceptation de l’angoisse et du refus de la « mauvaise foi » (le fait de se réfugier derrière un rôle social ou managérial).
« ‘For Sartre, we are not predetermined to be anyone specific; we have to make our own identity. We are free, and we have to choose who we want to be. Authenticity is to accept this freedom, with all its consequences’ »
[Traduction] : « « Pour Sartre, nous ne sommes pas prédéterminés à être quelqu’un de spécifique ; nous devons façonner notre propre identité. Nous sommes libres, et nous devons choisir qui nous voulons être. L’authenticité consiste à accepter cette liberté, avec toutes ses conséquences » ».
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Modélisation du leadership authentique :
S’appuyant sur les travaux de Boas et Eilam (2005), Axell démontre que l’identité narrative permet au leader d’aligner son « concept de soi » (self-concept) avec ses actes publics, transformant la prise de décision en une expression de fidélité à soi-même (ipséité).
« Authentic leaders are those who achieve high levels of authenticity in that ‘they know who they are, what they value and believe, and they act towards those values and beliefs transparently and openly’ »
[Traduction] : « Les leaders authentiques sont ceux qui atteignent des niveaux élevés d’authenticité en ce sens qu’ « ils savent qui ils sont, quelles sont leurs valeurs et croyances, et ils agissent en fonction de ces valeurs et croyances de manière transparente et ouverte » ».
B. La « Philosophie Poiétique » et l’esthétique de l’écoute (José Barrientos Rastrojo)
José Barrientos Rastrojo théorise un modèle de consultation philosophique fondé sur la raison poétique de María Zambrano et la déconstruction du concept grec de poiesis.
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Analyse tripartie de la Poiesis :
Barrientos distingue trois échelons sémantiques de la poiesis :
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La poïétique comme fabrication (poieo comme travail artisanal ou technique).
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La poïétique comme création esthétique (passage du non-être à l’être).
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La poïétique comme mouvement de l’âme (poiein comme ébranlement affectif et ontologique).
« Poietics means, in its third sense, to produce an emotion, to move or to alter… It affects the way the client perceives reality, his feelings, and his being in the world »
[Traduction] : « La poïétique signifie, dans son troisième sens, produire une émotion, émouvoir ou modifier… Elle affecte la manière dont le consultant perçoit la réalité, ses sentiments et son être au monde ».
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La métaphore et la rupture du rationalisme calculant :
En mobilisant la pensée de María Zambrano, Barrientos soutient que le discours purement logique est insuffisant pour saisir le particulier et le vécu tragique du consultant.
« Reason is limited in its capacity to achieve this vision and its products. She therefore uses poetic thought to comprehend reality, using means that are beyond what we commonly understand by ‘reason’. She employs metaphors as ways of understanding with the heart »
[Traduction] : « La raison est limitée dans sa capacité à atteindre cette vision et ses productions. Elle utilise donc la pensée poétique pour appréhender la réalité, en employant des moyens qui dépassent ce que nous entendons communément par « raison ». Elle emploie des métaphores comme modes de compréhension par le cœur ».
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La phénoménologie de la quiebra et du quejío :
Le rôle du praticien réside dans l’attention portée à la rupture existentielle (quiebra) de l’individu et à son expression affective (quejío). La consultation n’est pas un diagnostic intellectuel, mais une création conjointe du sens.
« The consultant must listen to the ‘quejío’ (the lament) born from the ‘quiebra’ (the breakdown) of the client’s vital structure… The practitioner does not give answers, but helps the client construct his own poetic vision of his world »
[Traduction] : « Le consultant doit être à l’écoute du quejío (la plainte/la lamentation) issu de la quiebra (la rupture/l’effondrement) de la structure vitale du client… Le praticien ne donne pas de réponses, mais aide le client à construire sa propre vision poétique de son monde ».
C. Dialectique, altérité et négativité socratique (Oscar Brenifier)
Oscar Brenifier formalise la pratique philosophique comme un exercice dialectique de confrontation du sujet à l’altérité et à la contrainte logique.
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Tridimensionnalité de la matérialité/altérité :
Selon Brenifier, la pensée ne devient philosophique que lorsqu’elle se heurte à une résistance externe (matérialité). Il identifie trois formes d’altérité :
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Le Monde / Les choses (les données empiriques et les croyances reçues).
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L’Autre (alter ego) (l’interlocuteur qui met en évidence les aveuglements du sujet).
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L’Unité du discours / Le Logos (les principes logiques de non-contradiction et de cohérence).
« Materiality is that which opposes the subjective ego. It is the encounter with that which resists our immediate opinion, whether it is the coherence of the logos, the presence of the other, or the nature of things »
[Traduction] : « La matérialité est ce qui s’oppose à l’ego subjectif. C’est la rencontre avec ce qui résiste à notre opinion immédiate, qu’il s’agisse de la cohérence du logos, de la présence de l’autre ou de la nature des choses ».
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Processus triparti de la démarche philosophique :
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Identification : Prise de conscience des prémisses impensées du discours.
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Critique : Mise à distance du soi par l’adoption de la perspective de l’altérité.
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Conceptualisation : Élaboration de notions capables de dépasser les apories initiales.
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L’estrangement existentiel (Alienation) :
Pour Brenifier, l’exercice critique implique un processus nécessaire d’auto-aliénation ou d’estrangement intellectuel.
« To submit any given idea of mine to the practice of criticism is to become other than myself. It is therefore to alienate or estrange me from myself… »
[Traduction] : « Soumettre une idée qui est la mienne à la pratique de la critique, c’est devenir autre que moi-même. C’est donc m’aliéner ou m’étranger à moi-même… ».
D. Dispositifs pédagogiques : Le « Thought Work » (Drew Chastain)
Drew Chastain formalise une méthodologie d’auto-investigation appliquée au milieu académique et universitaire, intitulée « Thought Work » (Travail de la pensée).
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Inversion du paradigme pédagogique classique :
Le dispositif substitue aux travaux académiques d’exégèse traditionnelle une réflexion philosophique guidée et ancrée dans une problématique réelle de l’étudiant.
« The ‘Thought Work’ project asks students to apply philosophical tools and resources to an issue or concern that holds genuine personal relevance in their own lives »
[Traduction] : « Le projet « Thought Work » demande aux étudiants d’appliquer des outils et des ressources philosophiques à une question ou une préoccupation ayant une véritable pertinence personnelle dans leur propre vie ».
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Triangulation méthodologique :
Le processus impose à l’apprenant :
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La définition d’un objectif de clarification existentielle ou cognitive.
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La sélection articulée de ressources diverses (textes philosophiques, dialogues, écriture réflexive).
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L’évaluation critique de l’impact de ces ressources sur la transformation de la posture initiale de l’esprit.
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