Article # 352 – 19th International Conference on Philosophical Practice, June 10-12, 2027 Helsinki, Finland

19th International Conference on Philosophical Practice

June 10-12, 2027 Helsinki, Finland


International Conference on Philosophical Practice 2027 – ICPP

Traduction des textes de l’anglais au français du site web dédié par Gemini Google

Bienvenue en Finlande !

En 2027, la Conférence internationale sur la pratique philosophique (International Conference on Philosophical Practice – ICPP) se tiendra du 10 au 12 juin à Helsinki, capitale de la Finlande.

L’ICPP est un mouvement mondial de praticiens de la philosophie, qui se réunit régulièrement à l’occasion de conférences internationales. La communauté de l’ICPP est entièrement autonome, fondée sur la collégialité et la bienveillance. La mission de l’ICPP est de promouvoir l’essor et le développement de la philosophie en tant que pratique. Elle est dépourvue de toute structure politique ou idéologie. Sa vocation est de favoriser le partage d’idées, d’expériences et d’initiatives portant sur l’ensemble des dimensions de la pratique philosophique.

Depuis 1994, les Conférences internationales sur la pratique philosophique ont eu lieu dans différents pays à travers le monde. Parmi les pays hôtes figurent le Canada (1994), les Pays-Bas (1996, 2010), les États-Unis (1997), l’Allemagne (1998), le Royaume-Uni (1999), la Norvège (2001), le Danemark (2004), l’Espagne (2006), l’Italie (2008), la Corée du Sud (2012), la Grèce (2013), la Serbie (2014), la Suisse (2016), le Mexique (2018), la Russie (2021), la Roumanie (2023) et la Croatie (2025). Pour de plus amples informations, veuillez consulter le site : https://icpp.site/.

Thème de la conférence :

La pratique philosophique dans la société et les praticiens comme activistes

L’un des idéaux de l’activisme repose sur l’idée que nous ne sommes pas de simples spectateurs du cours de la vie. Nous créons et entretenons activement ce cours, tout en étant façonnés par lui — à travers nos choix, nos pratiques, nos préférences, notre esthétique, nos pensées, nos engagements et nos interconnexions, pour n’en citer que quelques-uns — et nous détenons le pouvoir de changer la société si nécessaire. Quel rôle revient à la philosophie dans les transformations sociétales ? Souvent, les praticiens de la philosophie n’adoptent pas une posture active à cet égard.

Dès lors, notre question centrale est la suivante : la pratique philosophique peut-elle s’intégrer à l’activisme ou en devenir une composante ? Si oui, de quelle forme d’activisme pourrait-il s’agir ? Quels types d’interrogations et de pratiques convient-il de soulever et de mettre en œuvre au sein de notre discipline ? En tant que praticiens de la philosophie, sommes-nous prêts à endosser des rôles plus actifs ?

L’activisme n’est pas une idée neuve au sein de la pratique philosophique. Si l’on observe la manière dont des praticiens (aujourd’hui) reconnus tels que Gerd Achenbach, Lou Marinoff, Ran Lahav, Ora Gruengard, Shlomit C. Schuster, Lydia Amir et bien d’autres ont ouvert la voie pour nous permettre d’échanger et de pratiquer la philosophie afin d’insuffler une nouvelle vie aux sagesses anciennes, nous pouvons mesurer la valeur du travail accompli — y compris face aux oppositions et aux critiques.

Toutefois, nous sommes désormais confrontés à de nouveaux enjeux, à de nouveaux défis et à la nécessité d’un nouvel élan pour la pratique philosophique. Quelle sera notre utilité face aux temps à venir ? Pourquoi la pratique philosophique est-elle essentielle ? Quels champs de recherche et d’application devons-nous (ré)investir ? La pratique philosophique peut-elle — ou doit-elle — s’engager davantage dans la construction des communautés et de la société ? Quels actes d’espoir radical sont aujourd’hui requis ?

Autour de la table : les pionniers de la pratique philosophique

Pia Houni anime une table ronde au cours de laquelle les praticiens invités mènent une réflexion sur leur pratique philosophique, sous le double prisme de la discipline et de l’activisme. Au-delà du regard porté sur le passé, quels types de questions devrions-nous poser aujourd’hui, et dans quels types d’activités devrions-nous nous engager ou quelles pratiques devrions-nous cultiver ? La pratique philosophique a-t-elle la responsabilité d’accompagner le changement, non seulement chez les individus, mais aussi au sein de la société dans son ensemble ?

L’activisme n’est pas une idée nouvelle au sein de la pratique philosophique. Par leur travail de pionniers, bon nombre de praticiens aujourd’hui reconnus dans le milieu — y compris les intervenants de cette table ronde, parmi tant d’autres — ont ouvert la voie aux débats contemporains et permis d’exercer la philosophie de manière à insuffler une nouvelle vie à la sagesse antique.

Invités — et d’autres annonces sont encore à venir :

Pia Houni

Docteure (Ph. D.), professeure associée, autrice. Modératrice du débat. Elle est la force motrice de la pratique philosophique en Finlande, en tant que directrice du programme de formation et cofondatrice du Réseau finlandais de pratique philosophique (Finnish Philosophical Practice Network). Elle est également active au sein de la communauté internationale et membre de… En savoir plus (à venir)

Lou Marinoff

Docteur (Ph. D.), professeur au City College de New York, auteur de plusieurs succès de librairie internationaux, président-fondateur de l’American Philosophical Practitioners Association (APPA) et rédacteur en chef de la revue de l’APPA. Présent dès les débuts de l’ICPP, il a été le coorganisateur de la première conférence internationale en 1994 à Vancouver… En savoir plus (à venir)

Ran Lahav

Docteur (Ph. D.) en philosophie, titulaire d’un master en psychologie, auteur. Enseignant à la Vermont State University. Fondateur et directeur de la Deep Philosophy School, concepteur de la philosophie contemplative. Praticien en exercice depuis 1992. Il a dispensé les premiers cours universitaires sur la consultation philosophique (philosophical counseling, Université de Haïfa, 1993-2006). Coorganisateur de la première ICPP en 1994… En savoir plus (à venir)

Lydia Amir

Docteure (Ph. D.), professeure à l’Université Tufts, autrice. Codirectrice de l’APPA, coprésidente de l’Association israélienne de pratique philosophique. Elle est également une figure de proue de la philosophie transformative et de la philosophie de l’humour, présidente-fondatrice de l’International Association for the Philosophy of Humor, rédactrice et membre du conseil d’administration de… En savoir plus (à venir)

Guro Hansen Helskog

Professeure de pédagogie en formation des enseignants à l’Université de Norvège du Sud-Est, codirigeante du groupe de recherche sur la pratique philosophique pédagogique, autrice, conceptrice de l’approche « Dialogos » dans le contexte éducatif. Ses intérêts théoriques portent sur la philosophie de l’éducation, l’étude de la sagesse et la Bildung… En savoir plus (à venir)

Sari Mattila

Docteure (Ph. D.), directrice de psychodrame, autrice, co-enseignante au sein du programme de formation finlandais en pratique philosophique, praticienne certifiée SMILE_PH. Elle partage son temps entre l’Inde et la Finlande, où elle a notamment enseigné à des étudiants de MBA et de doctorat, tout en intervenant auprès d’équipes de direction générale… En savoir plus (à venir)

Jeanette Bresson Ladegaard Knox

Docteure (Ph. D.) et diplômée en études théâtrales et en sciences des religions, professeure associée en humanités médicales et éthique biomédicale à l’Université de Copenhague, ancienne présidente de la Société danoise de pratique philosophique, autrice. Ses recherches portent sur le rôle des humanités dans la médecine et les soins de santé, la santé existentielle, le soin de soi et la réflexion éthique… En savoir plus (à venir)

Les conférenciers d’honneur

Jessica Böhme

Docteure (Ph. D.), professeure à la Fachhochschule des Mittelstands (FHM) de Berlin | Spécialiste de la durabilité et chercheuse sur la transformation | Ékophilosophe praticienne | Fondatrice de l’Institute for Practical ekoPhilosophy | Autrice | jessicaboehme.com | En savoir plus (à venir)

Anu Virtanen

Doctorante-chercheuse à l’Université de Jyväskylä | Praticienne de la philosophie | Projet « WISDOM in Practice » | Autrice | Cofondatrice du Réseau finlandais de pratique philosophique (Finnish Philosophical Practice Network) | jyu.fi/en/people/anu-virtanen | En savoir plus (à venir) (Photo : Martti Minkkinen)

Luis de Miranda

Professeur associé en bioéthique à l’Université d’Uppsala | Praticien et conseiller en philosophie | Fondateur et président de Philosophical Health International et d’Eudynamia® | Auteur | luisdemiranda.com | En savoir plus (à venir)


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Welcome to Finland! 

In 2027, the International Conference on Philosophical Practice will be held 10-12 June in Helsinki, the capital of Finland

The ICPP is a global movement of philosophical practitioners, which convenes regularly at international conferences. The ICPP community is entirely self-governing, on the basis of collegiality and goodwill. The ICPP’s mission is to further the growth and development of philosophy as a practice. It has no political structure, and no ideology. Its purpose is to share insights, experiences and initiatives on all aspects of philosophical practice. 

Since 1994, International Conferences on Philosophical Practice have been held in different countries of the world. Countries such as Canada (1994), the Netherlands (1996, 2010), USA (1997), Germany (1998), United Kingdom (1999), Norway (2001), Denmark (2004), Spain (2006), Italy (2008), South Korea (2012), Greece (2013), Serbia (2014), Switzerland (2016), Mexico (2018), Russia (2021), Romania (2023), Croatia (2025) hosted these conferences. For additional details, please visit: https://icpp.site/.

Theme of the conference: 

Philosophical Practice in Society and Practitioners as Activists

One of the ideals of activism is that we are not bystanders in the flow of life. We actively create and maintain the flow and are created by that flow – through our choices, practices, preferences, aesthetics, thoughts, participations, entanglements – just to name a few – and we have the power to change society if needed. What is the role of philosophy in societal change? Philosophical practitioners often do not take an active view into this. 

Our main question thus is, can philosophical practice be or become part of activism? If so, what kind of activism could it be? What kinds of questions and practices within the field need to be asked and practiced? Are we as philosophical practitioners ready for more active roles? 

Activism is not a new idea in Philosophical Practice. If we look at how (now) well known practitioners such as Gerd Achenbach, Lou Marinoff, Ran Lahav, Ora Gruengard,  Schlomit C. Shuster, Lydia Amir, and many, many others, paved the way for us to discuss and practice philosophy in a way that gave new life to old wisdom, we can appreciate the work done – even amidst opposition and critique.

However, we are now faced with new issues, challenges, and a need for another leap for philosophical practice. How are we useful in the times to come? Why is philosophical practice important? What areas of research and practice do we need to (re-)enter? Can – or should – philosophical practice be more involved in community and society building? What actions of radical hope are called for?

Pioneers of philosophical practice around the table 

Pia Houni facilitates a roundtable discussion in which invited practitioners reflect on their philosophical practice from the perspectives of both the discipline and activism. In addition to reflecting on the past, what kinds of questions should we be asking today, and what kinds of activities should we engage in or practices should we cultivate? Does philosophical practice have a responsibility to support change, not only in individuals but also in society at large?

Activism is not a new idea in philosophical practice. Through their pioneering work, many of the practitioners who are now well known in the field, including participants in the Round Table, and many others, have paved the way for contemporary discussions and for practising philosophy in a manner that breathes new life into ancient wisdom.

Guests – and more announcements still coming up: 

Pia Houni

PhD, Adjunct Professor, author. Facilitator of the discussion. She is the driving force behind philosophical practice in Finland, as the programme director of the education program and co-founder of the Finnish Philosophical Practice Network. she is also active in international community and member of… Read more (coming up)

Lou Marinoff

PhD, Professor, The City College of New York, author of several international bestsellers, founding president of the American Philosophical Practitioners Association (APPA), and editor of APPA’s Journal. He has been there from the start of ICPP – as co-organizer of the first international conference in 1994 in Vancouver… Read more (coming up)

Ran Lahav

PhD in philosophy, MA in psychology, author. Teaching at Vermont State University. Founder and director of the Deep Philosophy School, developer of contemplative philosophy. Active practitioner since 1992. Taught the first univ. courses on philosophical counseling (Haifa University 1993-2006). Co-organizer of the first ICPP in 1994… Read more (coming up).

Lydia Amir

PhD, Professor, The Tufts University, author. Co-director of APPA, co-president of the Israeli Association for Philosophical Practice. She is also a leading voice in transformative philosophy and the philosophy of humor, founding-president of the International Association for the Philosophy of Humor, editor and board member of… Read more (coming up).

Guro Hansen Helskog

Professor of pedagogy in teacher education, University of South-Eastern Norway, co-leader in the research group for pedagogical philosophical practice, author, creator of « The Dialogos Way » in educational context. Her theoretical interest is in the philosophy of education, wisdom research, and Bildung… Read more (coming up).

Sari Mattila

PhD, Psychodrama Director, author, co-teacher of the Finnish philosophical practice education program, a certified SMILE_PH practitioner. She divides her life between India and Finland, and has taught e.g. MBA and PhD students in India and worked with executive management teams… Read more (coming up).

Jeanette Bresson Ladegaard Knox

PhD & degrees in Theatre and Religious Studies, Associate Professor of Health Humanities and Medical Ethics, University of Copenhagen, former President of the Danish Society for Philosophical Practice, author. Her research explores the role of the humanities in medicine and healthcare; existential health, care of self, and ethical reflection… Read more (coming up).

The Keynote Speakers 

Jessica Böhme

PhD, professor at Fachhochschule des Mittelstands (FHM) Berlin | Sustainability scientist and transformation researcher | Practical ekoPhilosopher | Founder of the Institute for Practical ekoPhilosophy | Author | jessicaboehme.com | Read more (coming up)

Anu Virtanen

PhD researcher at the University of Jyväskylä | Philosophical practitioner | WISDOM in Practice -project | Author | Co-founder the Finnish Philosophical Practice Network | jyu.fi/en/people/anu-virtanen | Read more (coming up) (Photo: Martti Minkkinen)

Luis de Miranda

Associate professor in Bioethics at Uppsala University | Philosophical practitioner and counsellor | Founder and President of Philosophical Health International and Eudynamia® | Author | luisdemiranda.com | Read more (coming up)


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Article # 327 – Santé philosophique : Dévoiler la philosophie personnelle du patient à l’aide d’une méthode de dialogue centrée sur la personne / Philosophical health: Unveiling the patient’s personal philosophy with a person?centred method of dialogue, Luis de Miranda, Uppsala University et Michael Loughlin, University of West London, Journal of Evaluation in Clinical Practice, May 2023

Philosophical health: Unveiling the patient's personal philosophy with a person?centred method of dialogue, May 2023Journal of Evaluation in Clinical Practice 29(7):1161-1170, DOI:10.1111/jep.13871, LicenseCC BY 4.0
Philosophical health: Unveiling the patient’s personal philosophy with a person?centred method of dialogue, May 2023, Journal of Evaluation in Clinical Practice 29(7): 1161-1170, DOI: 10.1111/jep.13871, License CC BY 4.0

Santé philosophique : Dévoiler la philosophie personnelle du patient à l’aide d’une méthode de dialogue centrée sur la personne

Philosophical health: Unveiling the patient’s personal philosophy with a person?centred method of dialogue

Luis de Miranda, Uppsala University et Michael Loughlin, University of West London

Journal of Evaluation in Clinical Practice 29(7):1161-1170, May 2023

DOI:10.1111/jep.13871

License CC BY 4.0

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Résumé

Ancré dans des idées sur la quête de sens et la prise en charge globale de la personne issues d’un long héritage intellectuel, le mouvement pour la santé philosophique — avec ses conceptions spécifiques du soin et du conseil philosophiques — est un apport relativement récent au débat actuel visant à mieux comprendre les perspectives des patients afin d’améliorer les pratiques de santé. Cet article situe le développement de ce mouvement dans le contexte plus large des réflexions autour des soins centrés sur la personne (SCP), en soutenant que l’approche préconisée par les défenseurs de la santé philosophique peut offrir une méthode accessible pour mettre en œuvre les SCP dans des situations concrètes. Cette thèse est expliquée et défendue en s’appuyant sur la méthode SMILE_PH conçue par Luis de Miranda (Sense?Making Interviews Looking at Elements of Philosophical Health / Entretiens de création de sens explorant les éléments de santé philosophique), une approche récemment testée de manière probante auprès de personnes atteintes de lésions traumatiques de la moelle épinière.

 * * *

Grounded in ideas about sense?making and whole?person care with a long intellectual heritage, the movement for Philosophical Health—with its specific conceptions of philosophical care and counselling—is a relatively recent addition to the ongoing debate about understanding better the perspectives of patients to improve health practice. This article locates the development of this movement within the context of broader discussions of person?centred care (PCC), arguing that the approach advocated by defenders of philosophical health can provide a straightforward method for implementing PCC in actual cases. This claim is explained and defended with reference to the SMILE_PH method created by Luis de Miranda (Sense?Making Interviews Looking at Elements of Philosophical Health), an approach recently trialled convincingly with people living with traumatic spinal cord injury.

Source : de Miranda, Luis & Loughlin, Michael. (2023). Philosophical health: Unveiling the patient’s personal philosophy with a person?centred method of dialogue. Journal of Evaluation in Clinical Practice. 29. 1161-1170. 10.1111/jep.13871.


Intelligence artificielle GEMINI de Google

Synthèse des points et axes majeurs par l’Intelligence artificielle Gemini Google

Ce texte, intitulé « Philosophical Health » (la santé philosophique), rédigé par Luis de Miranda (Université d’Uppsala) pour The Palgrave Encyclopedia of the Possible (2022), propose et développe le concept de santé philosophique comme complément nécessaire aux santés physique et psychologique.

Voici une synthèse des points et axes majeurs développés dans le document :

1. Définition de la santé philosophique

  • Une cohérence féconde : L’auteur définit la santé philosophique comme un état de cohérence fertile entre les manières de penser/parler d’une personne et ses manières d’agir. Cette cohérence favorise l’épanouissement personnel (self-flourishing), l’accord intersubjectif et les possibilités d’une « vie sublime ».
  • Une portée individuelle et globale : Elle ne se limite pas à l’équilibre personnel (physique ou psychologique) : elle implique également de veiller et de contribuer de manière holistique au bien commun des humains et de l’ensemble des êtres vivants.
  • Démocratisation de l’idée : Bien qu’autrefois employée comme une simple métaphore de la rigueur logique ou réservée aux philosophes de profession, l’auteur rappelle que chaque être humain possède des croyances, des loyautés intellectuelles et des préoccupations philosophiques (qu’elles soient explicites ou non). Cette santé peut donc s’éduquer, s’entraîner et se soigner.

2. Évolution historique des formes de santé

La santé physique : Au XIX? siècle seulement, elle commence à se structurer et se démocratiser via la gymnastique et l’hygiène, devenant aujourd’hui un impératif et une norme sociale intériorisée.

La santé psychologique : Née à la fin du XIX? et au XX? siècle (Janet, Freud, mouvement d’hygiène mentale aux États-Unis), elle s’est largement démocratisée pour donner naissance à la « culture thérapeutique » actuelle.

La santé philosophique : Reprenant les intuitions de la philosophie antique comme « mode de vie » ou thérapie (revivifiée récemment par le conseil philosophique ou philosophical counseling des années 1960–1990 et les travaux de Wittgenstein sur la philosophie comme paix de l’esprit), elle émerge aujourd’hui comme un troisième pilier essentiel.

3. De la santé mentale à « l’héroïsme mental »

L’auteur refuse la caricature du philosophe déconnecté ou passif. Au contraire, s’engager dans la santé philosophique demande un véritable « héroïsme mental » :

Il s’agit d’avoir le courage de penser de manière critique, indépendante et cohérente au quotidien, à l’image du modèle socratique ou de l’injonction kantienne Sapere aude! (« Ose savoir ! »).

Ce courage implique aussi la pratique de l’empathie intellectuelle et de l’écoute bienveillante, en référence aux trois maximes de Kant : penser par soi-même, penser en se mettant à la place de l’autre, et toujours penser en accord avec soi-même.

4. Santé philosophique, le « possible » et l’eudynamie

  • Le cadre « créalectique » et le possible : La santé philosophique s’inscrit dans un univers envisagé non comme statique, mais comme une source inépuisable de possibilités et de créativité (en écho à Bergson, Whitehead, l’existentialisme de Sartre et Heidegger).
  • Dépassement du simple bien-être hédonique : L’auteur oppose le bien-être subjectif (SWB, souvent réduit aux affects positifs et aux plaisirs immédiats) à la vision philosophique de la vie bonne.
  • De l’eudaimonia à l’« eudynamie » (eudynamia) :
    • L’Antiquité grecque parlait d’eudaimonia (activité vertueuse de l’esprit inspirée par un daimon ou principe divin).
    • Luis de Miranda réhabilite un ancien terme médical — l’eudynamie (du grec dynamis signifiant puissance/possible) — pour le redéfinir philosophiquement :

« Si l’eudaimonia consiste à avoir une bonne relation avec son daimon intérieur, l’eudynamie consiste à avoir une bonne relation avec le possible. »

    • Un être ou un système eudynamique se déploie de manière à préserver une relation créative, joyeuse, féconde et ouverte aux potentialités du monde.

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Article # 297 – The impacts of philosophical counseling on psychological resilience: An evaluation of the philosophical health model, Mustafa Çevik, Social Sciences, University of Ankara, 2025

RAPPORT DE LECTURE


Çevik, M. (2025). The impacts of philosophical counseling on psychological resilience: An evaluation of the philosophical health model. Beytulhikme An International Journal of Philosophy, 15(1), 203–220 . https://doi.org/10.29228/beytulhikme.79374

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1. Fiche technique de l’article

  • Auteur : Mustafa Çevik (Social Sciences University of Ankara, Turquie)

  • Titre original : The Impacts of Philosophical Counseling on Psychological Resilience: An Evaluation of the Philosophical Health Model

  • Revue : Beytulhikme An International Journal of Philosophy, Vol. 15, No. 1, 2025

  • Pages : 203–220

  • DOI : 10.29228/beytulhikme.79374

2. Résumé analytique de l’œuvre

Problématique et contextualisation

L’article de Mustafa Çevik s’inscrit dans une critique des modèles de santé traditionnels, souvent réductionnistes, qui limitent la santé à la simple absence de maladie ou de troubles mentaux. L’auteur propose d’explorer le concept de santé philosophique et son impact direct sur la résilience psychologique face aux crises existentielles contemporaines (stress accru, perte de sens, isolement).

Historiquement, l’auteur rappelle que la santé a toujours été perçue de manière holistique, que ce soit à travers la notion d’« équilibre » d’Hippocrate en Grèce antique ou dans la médecine traditionnelle orientale (Ayurveda), axée sur l’harmonie corps-esprit. En s’appuyant sur la définition de l’OMS de 1948 (qui inclut le bien-être physique, mental et social), Çevik affirme que la santé moderne doit intégrer une dimension existentielle et éthique.

Le modèle de la santé philosophique selon Luis de Miranda

Au cœur de l’analyse se trouve le modèle développé par le philosophe Luis de Miranda. La santé philosophique y est définie comme un état d’alignement et de cohérence entre les pensées, les émotions, les paroles et les actions d’un individu. Elle repose sur deux piliers conceptuels :

  1. La cohérence multiforme (variegated coherence) : L’unité harmonieuse interne de l’individu et sa relation saine avec son environnement.

  2. L’orientation intentionnelle vers un bien trans-subjectif : Le fait d’agir non pas uniquement pour son propre bénéfice, mais pour le bien universel et l’harmonie collective.

Pour opérationnaliser ce concept, l’article détaille les six stades de la pratique de la santé philosophique :

Stade Définition et impact sur la résilience
1. Le sens corporel (Bodily sense)

Acceptation du corps comme un « ami », écoute de ses signaux face au stress. Permet une régulation proactive avant la somatisation.

2. Le sens de soi (Self-sense)

Connaissance de ses forces et faiblesses, écoute de sa voix intérieure. Protège l’identité contre les influences négatives externes.

3. Le sens de l’appartenance (Sense of belonging)

Connexion à une communauté ou à un idéal. Agit comme un bouclier contre l’isolement social et la dépression.

4. Le sens du possible (Sense of possible)

Capacité à percevoir les opportunités de la vie. Transforme les traumas en opportunités de renouveau, neutralisant le désespoir.

5. Le sens du but (Sense of purpose)

Orientation de l’existence vers des objectifs élevés. Maintient la motivation à long terme face aux crises.

6. Le sens philosophique (Philosophical sense)

Réflexion profonde sur le cosmos et sa propre place. Permet de traverser les crises existentielles de manière constructive.

Articulation entre conseil philosophique et psychothérapie

L’un des apports majeurs du texte est la distinction et la complémentarité établie entre les approches psychothérapeutiques et le conseil philosophique (philosophical counseling). Alors que la psychothérapie utilise des protocoles cliniques ou analytiques pour traiter des pathologies ou des schémas comportementaux dysfonctionnels, la santé philosophique se veut préventive et intégrative. Elle vise l’actualisation de soi par la création de sens. L’adoption des six stades permet de fortifier l’esprit de l’individu de manière à réduire, voire éliminer, le besoin ultérieur d’interventions thérapeutiques cliniques.

3. Ancres théoriques et discussion critique

L’argumentation de Çevik s’appuie sur un réseau de références philosophiques et psychologiques majeures :

  • Pierre Hadot & Martha Nussbaum : L’auteur convoque la vision de Hadot de la « philosophie comme mode de vie » et d’exercices spirituels, ainsi que l’approche stoïcienne de Nussbaum, validant l’idée que la philosophie possède une fonction intrinsèquement thérapeutique et éthique.

  • Viktor Frankl : Les fondements de la santé philosophique sont directement corrélés à la logothérapie de Frankl, postulant que le moteur fondamental de l’être humain est sa quête de signification.

  • Lou Marinoff & Elliot Cohen : Cités pour illustrer l’émergence du conseil philosophique comme alternative ou complément viable aux thérapies cognitives et à la psychothérapie.

  • G.W.F. Hegel & Gottfried Wilhelm Leibniz : L’évaluation s’élève à un niveau ontologique en citant l’axiome hégélien « Le vrai est le tout » (Phénoménologie de l’Esprit) pour justifier l’approche holistique de la santé. De même, la notion de « compossibilité » de Leibniz est mobilisée par Miranda pour penser l’harmonisation de sa propre existence avec celle d’autrui au sein de la société.

Analyse critique

Sur le plan académique, l’article démontre avec succès la viabilité théorique du modèle de Miranda. Il offre une taxonomie claire (les 6 stades) qui fait le pont entre la spéculation philosophique abstraite et l’application clinique ou pratique. Cependant, on peut noter que l’article repose principalement sur une approche conceptuelle et de revue de littérature. L’efficacité empirique et quantitative de ce modèle sur des cohortes de patients (notamment la mesure de la hausse de l’indice de résilience via des échelles comme la CD-RISC citée dans le texte) mériterait d’être davantage étayée dans des recherches ultérieures.

Voici l’annexe bilingue mise à jour, présentant la version originale en anglais (issue directement du texte de Mustafa Çevik) suivie de sa traduction en français.

Citations

1. Sur la crise de sens moderne et la rationalité

“The loss of the ability to approach events or situations with reason and logic not only plunges individuals into personal crises but also disrupts the general harmony of society.”

« La perte de la capacité d’aborder les événements ou les situations avec raison et logique plonge non seulement les individus dans des crises personnelles, mais perturbe également l’harmonie générale de la société. »

2. Sur la spécificité de la santé philosophique

“Unlike other health disciplines such as psychology, psychiatry, or psychoanalysis, which focus on managing specific behavioral patterns or mental health knowledge, philosophical health emphasizes personal growth, self-sense, and the pursuit of meaning in daily life.”

« Contrairement à d’autres disciplines de la santé comme la psychologie, la psychiatrie ou la psychanalyse, qui se concentrent sur la gestion de schémas comportementaux spécifiques ou de connaissances en santé mentale, la santé philosophique met l’accent sur la croissance personnelle, le sens de soi et la recherche de sens dans la vie quotidienne. »

3. Sur le Sens corporel (Bodily sense)

“Individuals with heightened bodily sense can detect bodily signals of stress earlier and become better equipped to manage them. This sense facilitates proactive measures against excessive stress…”

« Les individus ayant un sens corporel accru peuvent détecter les signaux corporels du stress plus tôt et deviennent mieux équipés pour les gérer. Ce sens facilite les mesures proactives contre le stress excessif… »

4. Sur le Sens de soi (Self-sense)

“Individuals with strong self-sense can articulate their values more clearly, fostering a robust self-identity.”

« Les individus ayant un sens de soi développé peuvent articuler leurs valeurs plus clairement, favorisant ainsi une identité de soi robuste. »

5. Sur le Sens de l’appartenance (Sense of belonging)

“From a counseling perspective, sense of belonging helps individuals feel more harmonious and connected with society. Recognizing oneself as part of a group reduces loneliness and enhances the desire to contribute to society…”

« Du point de vue du conseil, le sens de l’appartenance aide les individus à se sentir plus harmonieux et connectés avec la société. Reconnaître soi-même comme faisant partie d’un groupe réduit la solitude et renforce le désir de contribuer à la société… »

6. Sur le Sens du possible (Sense of possible)

“For instance, for someone overcoming a trauma, this sense can enhance motivation for a new beginning. Sense of possibility is crucial as it enables individuals to approach life innovatively and flexibly.”

« Par exemple, pour quelqu’un qui surmonte un traumatisme, ce sens peut renforcer la motivation pour un nouveau départ. Le sens du possible est crucial car il permet aux individus d’aborder la vie de manière innovante et flexible. »

7. Sur le Sens du but (Sense of purpose)

“A sense of purpose increases inner satisfaction and makes individuals more resilient in facing life’s challenges. It also reinforces an individual’s sense of responsibility toward themselves and life.”

« Un sens du but augmente la satisfaction intérieure et rend les individus plus résilients face aux défis de la vie. Il renforce également le sens de la responsabilité d’un individu envers lui-même et envers la vie. »

8. Sur le Sens philosophique (Philosophical sense)

“Sense of philosophical thought reflects the individual’s effort to understand life’s meaning, the order of the universe, and their role in it. This stage encourages individuals to ask profound questions about their lives and identify their values while fostering inner peace.”

« Le sens de la pensée philosophique reflète l’effort de l’individu pour comprendre le sens de la vie, l’ordre de l’univers et son rôle en son sein. Cette étape encourage les individus à poser des questions profondes sur leur vie et à identifier leurs valeurs tout en favorisant la paix intérieure. »

9. Sur la distinction entre psychothérapie et conseil philosophique

“A comparative analysis of psychotherapy and philosophical counseling reveals that while psychotherapy addresses mental health issues, philosophical counseling facilitates self-actualization through meaning-making.”

« Une analyse comparative de la psychothérapie et du conseil philosophique révèle que tandis que la psychothérapie traite les problèmes de santé mentale, le conseil philosophique facilite l’actualisation de soi par la création de sens. »

10. Conclusion sur le rôle contemporain du modèle

“In today’s rapidly changing world, this concept emerges as not only a protective tool for mental health but also a supportive instrument in the individual’s self-actualization process.”

« Dans le monde en mutation rapide d’aujourd’hui, ce concept émerge non seulement comme un outil protecteur pour la santé mentale, mais aussi comme un instrument de soutien dans le processus d’auto-actualisation de l’individu. »

4. Conclusion

L’étude de Mustafa Çevik offre une contribution essentielle à la philosophie pratique contemporaine. En démontrant que la santé philosophique outille l’individu pour faire face à l’anxiété, au stress et au sentiment de vide de la modernité, l’auteur repositionne le philosophe comme un acteur de premier plan de la santé publique et du bien-être social. Ce modèle en six étapes s’impose comme une cartographie holistique indispensable pour quiconque cherche à concilier équilibre mental individuel et harmonie collective.

Ce rapport de lecture valide la pertinence du modèle de la santé philosophique face aux défis de la résilience psychologique moderne.


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