
PRÉSENTATION SUR LE SITE WEB DE L’ÉDITEUR
Traduction de l’anglais au français par Google Gemini
Un recueil de réponses stimulantes et incisives d’Hilary Putnam à des penseurs aussi divers qu’éminents, parmi lesquels Richard Rorty, Jürgen Habermas, Noam Chomsky, Martha Nussbaum, W. V. Quine, Wilfrid Sellars, John McDowell et Cornel West.
Hilary Putnam (1926–2016) était célèbre — certains diraient même tristement célèbre — pour avoir changé de positions philosophiques tout au long de sa longue et prestigieuse carrière. Ce recueil d’essais, le premier du genre, met en lumière l’évolution de ses idées au fil de ses confrontations avec les travaux de ses contemporains.
Divisé en cinq sections thématiques, Philosophy as Dialogue s’ouvre sur les questions de langage et de logique formelle, retraçant les réactions de Putnam aux arguments de Wilfrid Sellars, Noam Chomsky, Charles Travis et Tyler Burge. Ensuite, il rassemble les réponses de Putnam aux réalistes et antiréalisme, ainsi qu’aux philosophes des sciences et de la perception, suivies d’incursions dans le pragmatisme et le scepticisme. Bien que Putnam ait consacré l’essentiel de ses efforts à la logique, aux mathématiques et à la philosophie de l’esprit, il s’est également emparé de questions de philosophie morale, de politique et de religion. Nous le découvrons ici en conversation avec des géants de ces domaines, notamment Martha Nussbaum, Jürgen Habermas, Elizabeth Anscombe, Cora Diamond, Richard Rorty et Franz Rosenzweig. Enfin, Philosophy as Dialogue présente des écrits de Putnam profondément personnels et largement méconnus sur la méthode philosophique, qui révèlent l’influence de W. V. Quine, Michael Dummett et Stanley Cavell sur son œuvre.
Une fois de plus, Mario De Caro et David Macarthur ont rassemblé et présenté une sélection de choix des écrits d’Hilary Putnam qui renouvellera la manière dont il est compris. Surtout, ces trente-six répliques et réponses à ses contemporains témoignent de l’extraordinaire — voire de l’inégalable — ampleur de son travail, ainsi que de sa capacité à s’engager en profondeur dans pratiquement tous les courants de la philosophie.
Texte original en anglais
A collection of Hilary Putnam’s stimulating, incisive responses to such varied and eminent thinkers as Richard Rorty, Jürgen Habermas, Noam Chomsky, Martha Nussbaum, W. V. Quine, Wilfrid Sellars, John McDowell, and Cornel West.
Hilary Putnam (1926–2016) was renowned—some would say infamous—for changing his philosophical positions over the course of his long and much-admired career. This collection of essays, the first of its kind, showcases how his ideas evolved as he wrestled with the work of his contemporaries.
Divided into five thematic sections, Philosophy as Dialogue begins with questions of language and formal logic, tracing Putnam’s reactions to the arguments of Wilfrid Sellars, Noam Chomsky, Charles Travis, and Tyler Burge. Next, it brings together Putnam’s responses to realists and antirealists, philosophers of science and of perception, followed by forays into pragmatism and skepticism. While Putnam devoted most of his efforts to logic, mathematics, and the philosophy of mind, he also took up issues in moral philosophy, politics, and religion. Here we read him in conversation with giants of these fields, including Martha Nussbaum, Jürgen Habermas, Elizabeth Anscombe, Cora Diamond, Richard Rorty, and Franz Rosenzweig. Finally, Philosophy as Dialogue presents Putnam’s deeply personal and largely unknown writing on philosophical method that reveals the influence of W. V. Quine, Michael Dummett, and Stanley Cavell on his work.
Once more, Mario De Caro and David Macarthur have presented and introduced a choice selection of Hilary Putnam’s writings that will change the way he is understood. Most of all, these thirty-six replies and responses to his contemporaries showcase the extraordinary—perhaps even unparalleled—breadth of his work, and his capacity to engage deeply with seemingly every mode of philosophy.
Source : Harvard University Press.
AU SUJET DE L’AUTEURE
Traduction de l’anglais au français par Google Gemini
Hilary Putnam était professeur d’université titulaire de la chaire Cogan, émérite, à l’Université Harvard.
Mario De Caro est l’exécuteur littéraire d’Hilary Putnam et professeur de philosophie morale à l’Université Roma Tre. Il est éditeur associé du Journal of the American Philosophical Association, professeur invité régulier à l’Université Tufts et auteur de cinq volumes en italien.
David Macarthur est professeur agrégé de philosophie à l’Université de Sydney. Avec Mario De Caro, il a codirigé Naturalism in Question, Naturalism and Normativity et Philosophy in an Age of Science d’Hilary Putnam. Il a également dirigé Pragmatism as a Way of Life d’Hilary et Ruth Anna Putnam.
Texte original en anglais
Hilary Putnam was Cogan University Professor, Emeritus, at Harvard University.
Mario De Caro is Hilary Putnam’s literary executor and Professor of Moral Philosophy at Roma Tre University. He is Associate Editor of the Journal of the American Philosophical Association, a regular visiting professor at Tufts University, and author of five volumes in Italian.
David Macarthur is Associate Professor of Philosophy at the University of Sydney. With Mario De Caro, he edited Naturalism in Question, Naturalism and Normativity, and Hilary Putnam’s Philosophy in an Age of Science. He also edited Hilary and Ruth Anna Putnam’s Pragmatism as a Way of Life.
Source : Harvard University Press.
EXTRAIT
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RAPPORT DE LECTURE
L’ouvrage Philosophy as Dialogue (2022) d’Hilary Putnam, édité par Mario De Caro et David Macarthur, constitue un jalon métaphilosophique majeur. Il rassemble des décennies d’échanges (1974–2016) entre Putnam et ses contemporains. Ce rapport de lecture analytique et académique examine la thèse centrale de l’œuvre — à savoir que la philosophie est intrinsèquement une activité dialogique, faillibiliste et collective — en explorant ses ramifications à travers la philosophie du langage, la métaphysique (réalisme/antiréalisme) et la philosophie de la perception.
1. Introduction et cadre métaphilosophique : Le dialogue contre le traité
Dans leur introduction, De Caro et Macarthur rappellent que si la philosophie occidentale a été fondée sur le modèle du dialogue (les Dialogues de Platon), elle a subi au cours des deux derniers siècles le « triomphe du traité », un genre monologique qui pousse les philosophes à présenter leurs vues comme uniques, immuables et absolues. Les éditeurs soulignent cette dérive académique :
« Dans le monde philosophique, changer d’avis est considéré comme suspect ; et en changer souvent est accueilli avec opprobre. »
À l’inverse, bien que Putnam n’ait jamais écrit de dialogues littéraires, sa méthodologie est profondément dialogique. Pour lui, la philosophie commence et se maintient dans la conversation. Elle est une activité démocratique, faillibiliste, où les positions ne sont jamais figées. Putnam est célèbre pour ses « changements de position », mais comme le soulignent les éditeurs, ces évolutions ne sont pas des reniements, mais le produit d’une confrontation constante et honnête avec les objections de ses pairs et avec ses propres versions antérieures.
2. Langage, référence et externalisme : La critique de la compétence individuelle
Le cœur de la philosophie du langage de Putnam réside dans le rejet de l’idée que « le sens est dans la tête » (meanings just ain’t in the head). Dans son échange avec Wilfrid Sellars (Chapitre 1, 1974), Putnam s’attaque à la conception du sens comme « batterie de règles » internalisées par le locuteur.
La division du travail linguistique et l’environnement
Putnam démontre que ce qu’un locuteur sait et croit individuellement ne suffit pas à déterminer l’extension de ses termes. Il mobilise deux arguments fondamentaux :
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La division du travail linguistique : Le langage fonctionne comme un équipage de navire, non comme un outil individuel. Un locuteur ordinaire utilise le mot « or » sans posséder les critères scientifiques ou empiriques permettant de le distinguer d’un alliage de cuivre et d’aluminium ; il délègue cette tâche à des experts (les bijoutiers).
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La contribution de l’environnement (l’indexicalité du réel) : À travers la célèbre expérience de pensée de la Terre-Jumelle (Twin Earth), Putnam montre que si sur la Terre-Jumelle le liquide appelé « eau » a pour formule chimique $XYZ$ (et non $H_2O$), un sujet terrestre et son double jumeau, bien qu’étant dans le même état psychologique et cognitif en 1700, réfèrent à des extensions différentes. Le mot « eau » est rigide et indexical : il signifie « ce qui est de la même structure que notre eau ».
Dans sa réponse à Akeel Bilgrami (Chapitre 4), Putnam précise la structure de son célèbre « vecteur de signification » (meaning vector) pour les espèces naturelles, qui comprend plusieurs composants distincts :
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L’extension : décrite par le linguiste (ex. $H_2O$ pour l’eau), qui n’est pas nécessairement connue du locuteur.
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Le stéréotype : le plus petit dénominateur commun conventionnel partagé par la communauté (ex. pour l’eau : un liquide transparent, insipide, qui étanche la soif).
Cette distinction permet de préserver l’idée que le sens détermine l’extension tout en sacrifiant l’illusion rationaliste selon laquelle l’esprit individuel maîtrise la totalité des conditions de vérité de ses concepts.
3. Réalisme, pluralisme et relativité conceptuelle : Contre le « Prêt-à-porter » métaphysique
La transition de Putnam du « réalisme métaphysique » au « réalisme interne » (1976–1990), puis son retour à un réalisme pragmatique et naturel, est articulée autour de la notion de relativité conceptuelle.
Dans son dialogue avec Donald Davidson (Chapitre 9, 1987), Putnam utilise l’exemple de l’ontologie d’un monde à trois individus ($X_1, X_2, X_3$).
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Pour un logicien de tradition carnapienne, ce monde contient exactement trois objets.
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Pour un logicien polonais adepte de la méréologie de Le?niewski (où toute somme d’individus constitue elle-même un objet), ce monde contient sept objets (les trois individus, leurs paires, et la somme des trois).
Mondialisation Ontologique :
Version Carnapienne : {X1, X2, X3} -> 3 objets
Version Méréologique : {X1, X2, X3, X1+X2, X1+X3, X2+X3, X1+X2+X3} -> 7 objets
La question « Combien d’objets existent réellement dans ce monde ? » n’a aucun sens en soi. La relativité conceptuelle ne signifie pas que la vérité est subjective ou culturellement relative, mais que des choix linguistiques optionnels et incompatibles à première vue peuvent être cognitivement équivalents et décrire la même réalité.
Jennifer Case (Chapitre 10) apporte une clarification cruciale, acceptée par Putnam : il convient de distinguer le pluralisme conceptuel (ubiquitaire dans le langage ordinaire, ex. décrire une pièce en termes de chaises ou en termes de champs physiques) de la relativité conceptuelle, qui s’applique uniquement à des « langages optionnels » formalisés au sein des sciences ou de la logique. Putnam résume magnifiquement ce rejet du réalisme métaphysique (la thèse d’un monde « prêt-à-porter » ou ready-made world) :
« Nous inventons des usages de mots — de très nombreux usages différents — et aucun d’entre eux n’est simplement recopié sur « la nature intrinsèque de la réalité elle-même ». Pourtant, pour autant, certaines de nos phrases énoncent des faits, et la vérité d’un énoncé factuel vrai n’est pas quelque chose que nous inventons purement et simplement. »
4. Philosophie de la perception : De l’esprit au monde sans intermédiaire
Un des développements les plus spectaculaires de la pensée tardive de Putnam concerne la perception. Dans son débat avec Tyler Burge (Chapitre 6) et John McDowell (Chapitre 19), Putnam rejette définitivement le « cartésianisme » persistant dans la philosophie analytique de la perception, à savoir la théorie causale qui postule une interface interne (la « sensation » ou le sense-datum) entre l’objet externe et l’esprit.
Représentations perceptuelles non conceptuelles vs Apperceptions
S’appuyant sur les travaux de Burge (Origins of Objectivity), Putnam reconnaît que les animaux prélinguistiques et les nourrissons possèdent de véritables représentations perceptuelles dotées de conditions de justesse (ou d’exactitude), démontrant que la référence n’est pas un privilège exclusivement linguistique.
Cependant, Putnam s’oppose au conceptualisme strict de McDowell (selon lequel toute expérience d’un sujet rationnel est nécessairement conceptualisée de part en part). Pour Putnam, il existe une distinction fonctionnelle entre :
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Les impressions (qualia) : des états phénoménaux bruts, non conceptuels, qui peuvent être mémorisés sans être immédiatement saisis par la pensée.
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Les apperceptions : des perceptions pleinement conscientes et conceptuellement structurées (ex. percevoir une tomate comme ayant une face cachée, ce qui constitue une perception amodale).
La justification de nos croyances sur le monde ne commence pas par des sensations internes isolées desquelles nous inférerions l’existence des objets, mais par des apperceptions, qui sont des transactions directes et à « long bras » avec notre environnement physique.
Conclusion : La philosophie comme méthode et attitude
Philosophy as Dialogue démontre que la philosophie, sous la plume de Putnam, refuse les réductions simplistes — qu’elles soient physicalistes, positivistes ou idéalistes. En adoptant l’héritage du pragmatisme de William James et de John Dewey, Putnam conçoit le faillibilisme non pas comme une thèse métaphysique formelle, mais comme une recommandation éthique et intellectuelle : l’obligation d’écouter les arguments d’autrui, même lorsque nos intuitions les plus profondes crient à l’impossibilité. Ce recueil n’offre pas des dogmes figés, mais donne à voir, selon les mots de Putnam, l’activité même de philosopher : une dynamique ininterrompue de critique, de dialogue et de réinvention de soi.
