Article # 359 – Une formation en psychologie pour les philosophes et une format en philosophie pour les psychologues ?


Philosophies est une revue internationale, évaluée par les pairs et en libre accès, qui promeut la réintégration des diverses formes de réflexion philosophique et de recherche scientifique sur les questions fondamentales de la science, de la technologie et de la culture, publiée en ligne tous les deux mois par MDPI. L’International Society for the Study of Information (IS4SI) est affiliée à Philosophies et ses membres bénéficient d’une réduction sur les frais de traitement des articles (APC).

Philosophies is an international, peer-reviewed, open access journal promoting re-integration of diverse forms of philosophical reflection and scientific research on fundamental issues in science, technology and culture, published bimonthly online by MDPI. The International Society for the Study of Information (IS4SI) is affiliated with Philosophies and their members receive a discount on the article processing charge.


Philosophy and Psychology Engaged: The Sincere, Practical, Timely and Felicitous Proposal of a Highly Suitable Marriage

by Larry Culliford, Independent Scholar, Steyning BN44 3PJ, UK


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Culliford, L. Philosophy and Psychology Engaged: The Sincere, Practical, Timely and Felicitous Proposal of a Highly Suitable Marriage. Philosophies 2021, 6, 19. https://doi.org/10.3390/philosophies6010019

© 2021 by the author. Licensee MDPI, Basel, Switzerland. This article is an open access article distributed under the terms and conditions of the Creative Commons Attribution (CC BY) license (http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/).


Texte traduit de l’anglais au français par Gemini Google


Notice biographique de l’auteur

Le Dr Larry Culliford, chercheur indépendant, est diplômé du St Catharine’s College de Cambridge et du Guy’s Hospital de Londres, où il a obtenu ses diplômes de médecine et de chirurgie (MB, BChir en 1974). Ancien médecin généraliste et psychiatre consultant pour le NHS (titulaire du MRCPsych en 1984), il a pris sa retraite en 2007. Il a publié des articles consacrés aux liens entre spiritualité et psychiatrie, à l’enseignement de la spiritualité aux étudiants en médecine, ainsi qu’au « diagramme du sens de la vie » (The Meaning of Life Diagram). Parmi ses ouvrages figurent notamment Love, Healing & Happiness (2007), The Psychology of Spirituality: an introduction (2011), Much Ado about Something: a vision of Christian maturity (2015) et Seeking Wisdom (2017). Membre de longue date du Scientific and Medical Network ainsi que de l’International Society for the Study of Spirituality (INSS, auparavant BASS), il a également présidé la Thomas Merton Society of Great Britain and Ireland. En mars 2020, il a prononcé, sur invitation, la conférence inaugurale marquant l’ouverture de la nouvelle bibliothèque du Spirituality Institute for Research and Education (SpIRE) de Dublin.


Résumé

De multiples menaces imminentes témoignent d’un besoin pressant d’améliorer les relations sociales à l’échelle mondiale. Les bacheliers, curieux des personnes et de la vie, sont naturellement attirés par la philosophie et la psychologie. Une alliance manifeste entre ces deux disciplines renforcera leurs contributions en vue d’un avenir plus sain pour l’humanité. Un modèle de psychologie du développement en six étapes vers « l’individuation », « l’intégration complète de la personnalité » et « l’universalisme » — incluant une description des processus de transition entre ces étapes — définit des objectifs communs pour les deux disciplines. Un changement de paradigme introduit une dimension « spirituelle », hiérarchiquement supérieure et englobant de manière continue les dimensions physique, biologique, psychologique et sociale déjà établies de l’expérience et de la compréhension humaines ; il déplace la prédominance des priorités profanes et matérialistes vers un ensemble de valeurs universelles associées à la sagesse. En influençant l’éducation, la science, la politique et l’économie, cette évolution engendre des retombées positives mondiales. Afin d’approfondir le développement du caractère vers la sagesse et la maturité, et promouvoir ainsi l’évolution psychologique et philosophique de l’humanité, les cours de premier cycle peuvent être modifiés de manière simple et progressive en initiant les étudiants à des routines de « pratiques de sagesse » visant à élargir les horizons de l’expérience et à favoriser des compétences utiles, notamment la contemplation, la méditation, le discernement, l’empathie et la maîtrise de soi. À la suite de la conclusion, un addenda clôt l’article par une allégorie finale destinée à transmettre la pertinence d’une telle proposition, ouvrant ainsi la voie à un nouveau départ opportun, pratique et potentiellement fécond.

1. Introduction

Épigraphe

« La sagesse procède de l’âme, elle n’est pas susceptible de preuve, elle est sa propre preuve. »

Walt Whitman [1]

Il convient d’établir une distinction fondamentale entre le fait de connaître une chose et celui, plus réducteur, de posséder un savoir théorique sur cette chose : cet écart repose à la fois sur « l’expérience » et le « savoir-faire », deux attributs indispensables au premier cas mais superflus dans le second. Par exemple, la plupart des gens ont une notion de ce qu’est l’argile, mais seul un maître potier, grâce à l’expérience et à la maîtrise technique acquises par l’apprentissage et le travail effectif de la matière, peut véritablement prétendre la « connaître » ; il est ainsi en mesure de l’utiliser comme une substance vivante, dans le prolongement de sa propre personne, afin de façonner un objet singulier — un bol ordinaire, par exemple, à la fois fonctionnel et esthétique.

Dans cette optique, songeons à Béatrice et Bénédict, les protagonistes de la pièce de Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien, qui témoignent d’abord l’un envers l’autre une indifférence proche de l’animosité, avant de se révéler former un couple parfaitement assorti. Il pourrait en aller de même pour la philosophie et la psychologie sur le plan académique, si ces deux disciplines s’attachaient non seulement à dispenser un enseignement théorique sur leurs objets respectifs, mais également à former des étudiants pleinement instruits, chevronnés et aguerris dans leurs arts particuliers, les préparant ainsi à devenir des citoyens capables d’apporter des contributions individuelles et collectives généreuses et substantielles à l’édification d’une société sûre, harmonieuse et saine. À cet égard, la proposition avancée dans cet article procède de la conviction qu’au service d’une finalité aussi féconde, ces deux domaines ont énormément à s’apporter mutuellement, ouvrant la voie à l’émergence de futures promotions de philosophes rompus à la psychologie et de psychologues versés dans la philosophie. Ces pionniers seraient dès lors appelés à marquer de leur empreinte la culture générale ainsi que les générations futures de professionnels de la santé, du secteur médico-social, du corps enseignant et de dirigeants mondiaux à travers divers champs d’activité, qu’ils soient politiques, religieux, économiques, artistiques ou militaires [2].

Références

  1. Whitman, W. Song of the Open Road. Disponible en ligne : http://www.poetryfoundation.org/poems/48859/song-of-the-open-road (consulté le 17 décembre 2020).
  2. Culliford, L. Seeking Wisdom: A Spiritual Manifesto ; University of Buckingham Press : Buckingham, Royaume-Uni, 2017.

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Texte original en anglais


Short Biography of Author

Dr. Larry Culliford, an independent scholar, is a graduate of St Catharine’s College, Cambridge and Guy’s Hospital, London, qualifying MB, BChir (1974). He is a former general practitioner and NHS consultant psychiatrist (MRCPsych 1984) who retired in 2007. He has published papers on spirituality and psychiatry, teaching medical students about spirituality, and ‘The Meaning of Life Diagram’. His books include ‘Love, Healing & Happiness’ (2007), ‘The Psychology of Spirituality: an introduction’ (2011), ‘Much Ado about Something: a vision of Christian maturity’ (2015), and ‘Seeking Wisdom’ (2017). He is a long-term member of the Scientific and Medical Network, and of the International Society for the Study of Spirituality (INSS—formerly BASS). He is a past Chair of the Thomas Merton Society of Great Britain and Ireland. In March 2020, by invitation, he gave the inaugural lecture launching the new library at Dublin’s Spirituality Institute for Research and Education (SpIRE).

Abstract

Multiple impending threats signify a pressing need for improved social relations globally. School leavers, curious about people and life, are naturally attracted to philosophy and psychology. An open alliance of the two will enhance their contributions towards a healthier future for humanity. A six-stage scheme of developmental psychology towards ‘individuation’, ‘full personality integration’ and ‘universalism’—including a description of transition processes between stages—defines shared goals for both disciplines. A paradigm change introduces a hierarchically superior, seamlessly encompassing, ‘spiritual’ dimension to the established physical, biological, psychological and social dimensions of human experience and understanding, and shifts dominance from worldly, materialist priorities towards a set of universal values associated with wisdom. Influencing education, science, politics and economics, this development produces worldwide benefits. To further character development towards wisdom and maturity, thus promoting humanity’s psychological and philosophical evolution, undergraduate courses can be modified simply and gradually by introducing students to ‘wisdom practice’ routines aimed at broadening horizons of experience and promoting helpful skills, including those of contemplation, meditation, discernment, empathy, and self-control. Following the Conclusion, an Addendum ends the paper with a closing allegory to convey the wisdom of such a suggestion, pointing towards a timely, practical and potentially profitable new beginning.

1. Introduction

Epigraph

“Wisdom is of the soul, Is not susceptible of proof, Is its own proof.”
Walt Whitman [1]

There is an important distinction to be made between knowing something and, more simply, knowing about that thing—the difference involving both ‘experience’ and ‘skill’, two attributes essential to the former but unnecessary regarding the latter. For example, people tend to know about clay, what it is, but only an expert potter, from experience and skill acquired through learning about and actually working it, can properly be said to ‘know’ clay and so be able to use it like living matter, as an extension of the personality, to create a distinctive object—a simple bowl perhaps, both utilitarian and beautiful.

Bearing this in mind, consider Beatrice and Benedick, the characters in Shakespeare’s play, Much Ado about Nothing, who seem initially to harbor a degree of indifference approaching antipathy towards one other, the two nevertheless being revealed eventually as a perfectly matched couple. So might it be with the academic disciplines of philosophy and psychology, should they come not only to teach about their respective subjects but also to educate students to become fully knowledgeable, skilled and experienced in their particular arts, preparing them to become citizens, making full and generous individual and collective contributions towards a safe, harmonious and healthy society. In this regard, the proposal suggested by this paper is born of the conviction that, with such a fruitful aim, the two disciplines have much to offer one another, giving rise to the possibility of future cohorts of experienced psychologically-minded philosophers and skillful philosophically-minded psychologists, pioneers set to influence a wider culture and future generations of health and social care professionals, schoolteachers, and leaders throughout the world in other spheres of activity—political, religious, commercial, artistic and military included [2].

References

  1. Whitman, W. Song of the Open Road. Available online: http://www.poetryfoundation.org/poems/48859/song-of-the-open-road. (accessed on 17 December 2020).
  2. Culliford, L. Seeking Wisdom: A Spiritual Manifesto; University of Buckingham Press: Buckingham, UK, 2017. [Google Scholar]

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Article rédigé avec l'Intelligence artificielle GEMINI de Google
Article rédigé avec l’Intelligence artificielle GEMINI de Google

Ce document est un article universitaire écrit par Larry Culliford, intitulé « Philosophy and Psychology Engaged: The Sincere, Practical, Timely and Felicitous Proposal of a Highly Suitable Marriage », publié dans la revue Philosophies en 2021.

L’article propose une alliance (« un mariage ») entre la philosophie et la psychologie, afin de répondre aux crises sociétales et environnementales contemporaines en favorisant l’accès à la sagesse et à la maturité personnelle.

Voici les points principaux développés dans le texte :

1. Le rapprochement entre philosophie et psychologie

  • L’auteur compare la philosophie et la psychologie aux personnages Béatrice et Bénédict de Shakespeare : apparemment distantes, mais formant un couple idéal.

  • Plutôt que de rester purement théoriques (« académiques »), ces disciplines devraient former des praticiens compétents capables d’incarner la sagesse et d’améliorer la société.

  • S’inspirant de Pierre Hadot, l’article rappelle que la philosophie antique était avant tout un « mode de vie » et une quête de sagesse vécue.

2. Psychologie du développement et modèle en 6 étapes

L’auteur s’appuie sur les théories du développement personnel (Erikson, Jung, Kohlberg, Fowler, Arasteh) pour proposer un schéma en 6 étapes de maturation humaine et spirituelle :

  1. Égocentrique (Egocentric) : centré sur la survie et la satisfaction personnelle immédiate.

  2. Conditionnement (Conditioning) : imprégnation des règles, de la famille et des conventions culturelles (souvent matérialistes).

  3. Conformiste (Conformist) : recherche d’appartenance sociale et attachements matériels/idéologiques.

  4. Individuel (Individual) : émergence d’une pensée autonome, indépendance d’esprit, début de responsabilisation.

  5. Intégration (Integration) : réorientation vers l’altruisme, prise de conscience de l’interconnexion cosmique et de l’unité avec la nature et autrui.

  6. Universel (Universal) : sagesse avancée, compassion désintéressée, vie dans l’instant présent et perte de la peur de la mort.

3. Les dimensions de l’expérience humaine et la spiritualité

  • L’auteur structure la réalité humaine en cinq dimensions imbriquées : physique, biologique, psychologique, sociale et spirituelle (ou holistique).

  • La dimension spirituelle, définie ici de manière laïque et indépendante des dogmes religieux, donne du sens et relie l’ensemble des dimensions.

  • La science moderne est jugée trop souvent réduite à une vision matérialiste étroite incapable d’intégrer pleinement la conscience et l’expérience intérieure.

4. Guérison émotionnelle et compétences spirituelles

  • Le spectre émotionnel : L’auteur présente un tableau de huit paires d’émotions opposées/complémentaires (par exemple : Anxiété/Calme, Colère/Acceptation, Tristesse/Joie). La traversée du deuil et de la souffrance permet la libération émotionnelle et la croissance personnelle.

  • Pratiques de sagesse (Wisdom practices) : Pour développer la sagesse, Culliford recommande la contemplation (réflexion désintéressée) et la méditation (apaisement de l’esprit, pleine conscience), dont les bienfaits neurologiques et psychologiques sont soulignés.

  • Compétences associées : Le discernement, l’empathie, l’auto-contrôle et la capacité à identifier et nommer ses émotions (lexithymie).

5. Propositions pédagogiques pour l’université

L’auteur suggère d’adapter progressivement les programmes de premier cycle universitaire en philosophie et en psychologie :

  • Intégrer l’apprentissage de la psychologie du développement spirituel.

  • Introduire des routines quotidiennes d’exercices spirituels (méditation, contemplation de la nature, actes de service) via un « Plan de développement personnel/spirituel ».

  • Remplacer ou compléter les dilemmes purement abstraits (comme le problème du tramway) par des expériences vécues (jeux de rôle réalistes, excursions dans la nature, visites de lieux mémoriels ou sacrés).

6. Urgence planétaire et allégorie finale

  • Urgence : Face aux menaces globales (pandémie de COVID-19, crise climatique, risque nucléaire, consumérisme destructeur), il est urgent de passer de valeurs matérialistes et compétitives à des valeurs de coopération, de compassion et de sagesse universelle.

  • Allégorie : L’article se conclut par une histoire métaphorique où un sage ermite réconcilie deux jeunes villageois réticents au mariage en leur montrant que leur union donnera naissance à de magnifiques « enfants » (symbolisant les fruits bénéfiques d’une union entre philosophie et psychologie pour toute la communauté)


Est-ce à l’avantage de la psychologie?

Dans ce texte, la proposition n’est pas conçue comme un rapport de force où l’une des disciplines prendrait l’ascendant sur l’autre, mais plutôt comme une alliance équilibrée et mutuellement bénéfique. La psychologie en tire néanmoins des avantages considérables et déterminants selon l’auteur :

  • Un élargissement au-delà du réductionnisme matérialiste : L’auteur déplore que la science moderne et la psychologie universitaire soient trop souvent cantonnées à une approche réductionniste, matérialiste et empirique étroite, traitant parfois la conscience comme un simple sous-produit mécanique du cerveau. L’alliance avec la philosophie permet à la psychologie d’intégrer une cinquième dimension indispensable : la dimension spirituelle et holistique.

  • Une sortie du modèle purement biomédical et pharmacologique : Le texte souligne que la psychiatrie et la psychologie clinique contemporaines se heurtent à des niveaux épidémiques d’anxiété, de dépression et d’addictions qu’elles tentent trop souvent de « surmédicaliser » par des traitements médicamenteux. L’apport de la philosophie (notamment vue comme un « mode de vie » et un entraînement à la sagesse selon Pierre Hadot) offre à la psychologie des outils thérapeutiques durables : la contemplation, la régulation émotionnelle, l’acceptation et la quête de sens.

  • Un ancrage téléologique et éthique : En s’associant à la philosophie, la psychologie du développement gagne un cap clair pour définir ce que signifie une vie accomplie (le passage de l’égoïsme vers l’intégration, la sagesse et l’altruisme universel).

  • Des compétences cliniques renforcées : Les « exercices spirituels » recommandés (contemplation, méditation) améliorent concrètement les aptitudes du praticien en psychologie, notamment en développant son empathie, son discernement, son calme intérieur et sa capacité à aider le patient à nommer ses émotions (lexithymie).

L’avantage est réciproque : si la psychologie gagne en profondeur existentielle, en hauteur de vue et en méthodes de transformation intérieure, la philosophie y gagne pour sa part un ancrage empirique, une meilleure compréhension des processus de maturation humaine et une sortie de l’abstraction purement théorique. L’allégorie finale du mariage insiste d’ailleurs sur le fait que cette union ne bridera aucune des deux disciplines, mais « les aidera chacune à voler ».


Oui mais les philosophes consultants ne doivent pas pratiquer la psychologie.


La distinction institutionnelle et légale entre la pratique psychologique (réservée aux psychologues et psychothérapeutes réglementés) et le conseil philosophique (philosophical counselling) n’est pas abordée sur le plan juridique par Larry Culliford dans son texte.

L’auteur se place sur un plan épistémologique, éducatif et culturel plutôt que déontologique ou réglementaire :

  • Un projet universitaire et formateur plutôt que professionnel : Culliford s’adresse en premier lieu aux départements d’enseignement supérieur et aux étudiants de premier cycle. Son but est de former des « philosophes à sensibilité psychologique » (psychologically-minded philosophers) et des « psychologues à sensibilité philosophique » (philosophically-minded psychologists), sans fusionner les professions réglementées ni inciter les uns à usurper les prérogatives des autres.

  • La philosophie comme art de vivre (Hadot) et non comme psychothérapie médicale : L’auteur s’appuie sur la vision antique mise en avant par Pierre Hadot, où la philosophie antique comportait déjà des « exercices spirituels », de l’examen de conscience et de l’autorégulation émotionnelle bien avant l’apparition de la psychologie clinique moderne. Pour Culliford, intégrer la méditation ou la réflexion sur les émotions dans la formation philosophique ne relève pas de la pratique clandestine d’une psychologie médicale, mais d’un retour aux sources de la quête de sagesse.

  • La psychologie vue comme un éclairage sur la maturation : Ce que le philosophe emprunte à la psychologie dans le texte relève principalement de la psychologie du développement (Erikson, Jung, Fowler). Il s’agit pour lui de comprendre les étapes de la vie, la gestion des pertes et les mécanismes de l’ego, afin que la réflexion éthique et existentielle ne reste pas un pur exercice intellectuel abstrait.

Sur le plan de la pratique actuelle du conseil philosophique, les praticiens veillent à ne pas poser de diagnostics ni traiter de troubles mentaux, renvoyant ces situations vers des cliniciens. Le texte de Culliford ne contredit pas cette règle d’exercice : il invite plutôt le philosophe à s’outiller de concepts développementaux et de pratiques réflexives pour accompagner la personne vers la maturité et la sagesse, tout en invitant le psychologue à ne pas réduire l’être humain à une mécanique cérébrale ou pathologique.


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Test Biais cognitifs

Un TEST BIAIS COGNITIFS proposé par l’Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques

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Le TEST BIAIS COGNITIFS est un outil est conçu pour vous aider à identifier vos erreurs de pensée. Nous sommes tous sujets à de tels biais, et le simple fait de les reconnaître est la première étape pour les atténuer.

Mieux comprendre nos mécanismes de pensée : le TEST BIAIS COGNITIFS

Les biais cognitifs sont des raccourcis mentaux naturels que notre cerveau utilise pour traiter rapidement les informations. S’ils sont parfois utiles, ils peuvent aussi, sans que nous nous en rendions compte, fausser notre perception de la réalité et influencer nos émotions ou nos décisions.

Le saviez-vous ?

Reconnaître ses propres biais n’est pas un aveu de faiblesse, mais au contraire le premier pas vers une meilleure lucidité et une plus grande liberté intérieure.

Comment participer ? TEST BIAIS COGNITIFS

Je vous invite à parcourir la liste ci-dessous et à cocher les biais dans lesquels vous vous reconnaissez. Prenez ce moment comme un exercice d’auto-observation bienveillant.

Votre confidentialité est garantie :

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    Liste des biais cognitifs


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    Biais et Descriptions

    X

    1. LE TOUT-OU-RIEN : votre pensée n’est pas nuancée. Vous classez les choses en deux seules catégories.

    X

    2. LA GÉNÉRALISATION À OUTRANCE : un seul événement malheureux vous apparaît comme un cycle sans fin d’échecs.

    X

    3. LE FILTRE : vous vous attardez à un tel point à un petit détail négatif que votre vision en est faussée.

    X

    4. LE REJET DU POSITIF : vous rejetez toutes vos expériences positives.

    X

    5. LES CONCLUSIONS HATIVES : vous arrivez à une conclusion négative sans preuve précise.

    X

    6. L’EXAGÉRATION ET LA MINIMISATION : vous amplifiez vos bévues et minimisez vos qualités.

    X

    7. LES RAISONNEMENTS ÉMOTIFS : vous présumez que vos sentiments sombres reflètent la réalité.

    X

    8. LES « DOIS » ET LES « DEVRAIS » : vous vous motivez par des contraintes rigides.

    X

    9. L’ÉTIQUETAGE : vous vous apposez ou apposez aux autres des étiquettes négatives.

    X

    10. LA PERSONNALISATION : vous vous considérez responsable d’un événement fâcheux dont vous n'êtes pas l'auteur.


    Si vous désirez me faire part de vos réponses, complétez les cases ci-dessous VOTRE NOM et VOTRE COURRIEL puis cliquez sur le bouton ci-dessous. Cette action n'est pas obligatoire pour faire ce test.


    Cette liste de biais cognitifs est extraite du livre « Être bien dans sa peau » de David D. Burns, M.D., Héritage, 2005, pp. 55-56.


    Définition des distorsions cognitives selon M. D. David D. Burns dans son livre Être bien dans sa peau

    1. Les pensées « tout ou rien ». Je fais ici allusion à votre tendance à enfermer vos qualités personnelles dans des catégories extrêmes, blanches ou noires. Par exemple, un éminent homme politique m’a dit un jour: « je n’ai pas réussi à être élu gouverneur. Je suis un zéro. » Un étudiant « abonné » aux A, qui obtint un jour un B à un examen conclut: « maintenant, je sais que je suis un raté ». Ces modes de pensée extrémistes sont à la base du perfectionnisme. Elle vous conduisent à craindre toute erreur ou imperfection, lesquelles vous inciteront à vous considérer comme un perdant, un incapable, un déchet. Cependant, cette vision des choses n’est pas réaliste car la vie est rarement blanche ou noire. Par exemple, personne n’est entièrement génial ou entièrement stupide. Personne n’est entièrement beau ou entièrement laid. Regardez le sol de la pièce dans laquelle vous êtes assis. Est-il parfaitement propre ? Chaque pouce carré est-il recouvert d’une épaisse couche de saleté et de poussière ? Ou bien est-il partiellement propre ? L’absolu n’existe pas dans notre univers. Si vous essayez de faire entrer de force vos expériences dans des catégories absolues, vous demeurerez constamment déprimé car vos perceptions ne seront jamais conformes à la réalité. Vous finirez par vous discréditer perpétuellement car quoi que vous ferez, vous ne parviendrez jamais à la hauteur de vos espérances exagérées. Le nom technique de cette erreur de perception est « pensée dichotomique ». Vous voyez tout en noir ou en blanc. Aucune nuance de gris n’existe pour vous.

    2. La généralisation excessive. Lorsque j’avais onze ans, j’achetai un paquet de cartes truquées à la Foire de l’Arizona. Il s’agit du jeu Svengali. Peut-être avez-vous été témoin de cette illusion, simple mais impressionnante. Je vous tends le jeu de cartes. Vous constatez que chaque carte est différente des autres. Vous en choisissez une au hasard. Mettons qu’il s’agisse du valet de pique. Sans me dire quelle carte vous avez tirée, vous la replacez dans le jeu. Alors je m’exclame : « Svengali ! » Puis je retourne le jeu qui ne contient plus que des valets de pique. Lorsque vous généralisez à outrance, vous concrétisez mentalement l’illusion créée par le Svengali. Vous concluez arbitrairement que quelque chose qui vous est arrivé vous arrivera toute votre vie, se multipliera comme le valet de pique. Étant donné que cet événement est invariablement déplaisant, vous finissez par vous sentir déprimé. Un voyageur de commerce remarqua un jour de la fiente d’oiseau sur son pare-brise et pensa: « voilà bien ma chance! Les oiseaux viennent toujours faire leurs besoins sur mon pare-brise! » Exemple parfait de généralisation excessive car lorsque je l’interrogeai là-dessus, il m’avoua qu’en vingt ans de voyages en automobile il ne se souvenait pas d’avoir découvert de la fiente d’oiseau sur sa glace, si l’on excepte cette fois-là. La douleur du rejet est presque entièrement engendrée par une généralisation excessive. En son absence, un affront personnel n’est qu’un moment désagréable à passer. Il n’a aucun caractère permanent. Un jeune homme timide, rassemblant tout son courage, invita une jeune fille. Lorsqu’elle refusa poliment, expliquant qu’elle était déjà prise ce jour-là, il se dit : « je n’arriverai jamais à sortir avec une fille. Aucune n’acceptera un rendez-vous avec moi. Je serai malheureux et solitaire toute ma vie. » Sa cognition faussée lui fit conclure que parce qu’une fille avait refusé une fois de sortir avec lui, elle refuserait toutes les autres fois et, puisque nous savons tous que les goûts des femmes sont tous les mêmes, il passerait sa vie à être systématiquement rejeté par toutes les femmes acceptables qui peuplaient la Terre. Svengali !

    3. Le filtre mental. Vous recueillez un détail négatif dans une situation quelconque et vous vous y attardez, percevant donc l’ensemble de la situation comme négatif. Par exemple, une étudiante déprimée entendit d’autres étudiantes se moquer de sa meilleure amie. Elle en fut outragée parce qu’elle pensa : « C’est bien la race humaine! Cruelle et insensible ! » Elle négligea complètement le fait qu’au cours des derniers mois un nombre infime, voire nul, de gens s’était montré cruel et insensible avec elle. À une autre occasion, après avoir présenté son dernier examen de mi-session, elle fut convaincue qu’elle avait donné une mauvaise réponse à 17 questions sur 100. Obsédée par ces 17 malheureuses questions, elle finit par conclure qu’il ne lui restait plus qu’à abandonner les études universitaires. Pourtant, lorsqu’elle récupéra son examen, une petite note était attachée à la copie : « Vous avec correctement répondu à 83 questions sur 100. C’est de loin le meilleur résultat obtenu par un étudiant cette année. A+ ». Lorsque vous êtes déprimé, vous portez une paire de lunettes dont les filtres spéciaux recueillent tout élément positif avant de le rejeter. Seuls les éléments négatifs jouissent du droit d’accès. Comme vous n’êtes pas conscient de ce processus de filtrage, vous en concluez que tout est négatif. Le nom technique de ce phénomène est « abstraction sélective ». C’est une mauvaise habitude qui peut provoquer bien des angoisses inutiles.

    4. La disqualification du positif. Une illusion mentale encore plus spectaculaire est la tendance persistante de certains individus déprimés à transformer des expériences neutres ou même positives en expériences négatives. Le patient ne se contente plus d’ignorer les expériences positives, il les transforme très habilement en événements tout à fait cauchemardesques. C’est ce que j’appelle « l’alchimie inversée ». Les alchimistes médiévaux rêvaient de découvrir le processus de transmutation des métaux vulgaires en or. Lorsque vous êtes déprimé, vous risquez d’acquérir la faculté de faire exactement le contraire: vous transformez instantanément un bonheur éblouissant en un morceau de plomb. Bien entendu, rien de tout cela n’est intentionnel. Vous n’êtes probablement pas conscient du mal que vous vous faites.

    Un exemple quotidien de cette distorsion est la manière dont nous avons été conditionnés à réagir face aux compliments. Lorsque quelqu’un loue votre apparence ou votre travail votre réaction spontanée sera sans doute: « Oh! c’est juste pour me faire plaisir ! » D’un coup de matraque bien placé, vous éliminez mentalement le compliment. Ou alors, vous retournez la politesse en protestant : « Vous savez, c’était vraiment facile ». Si vous passez votre temps à déverser de l’eau froide sur tout ce qui peut vous arriver d’agréable, quoi d’étonnant que la vie vous paraisse humide et glacée !

    La disqualification du positif est l’une des formes les plus destructrices de la distorsion cognitive. Vous ressemblez alors à un savant occupé à rechercher des preuves pour étayer à tout prix une hypothèse chère à son cœur. L’hypothèse qui domine votre pensée dépressive est en général une version quelconque de « je ne vaux pas grand-chose ». Lorsque vous vivez une expérience négative, vous retournez le couteau dans la plaie en concluant : « voilà qui prouve ce que j’ai toujours pensé ». Au contraire, lorsque vous vivez une expérience positive, vous vous dites : « C’était par hasard, ça ne compte pas ». Le prix que vous payez pour entretenir cette tendance est un désespoir intense et une incapacité de jouir des choses agréables qui vous arrivent. Bien que ce type de distorsion cognitive soit très commun, il forme également la base de l’un des types les plus extrêmes et les plus persistants de dépression. Par exemple, une femme hospitalisée pendant un accès de dépression profonde m’a dit un jour : « Personne ne peut vraiment m’aimer, parce que je suis quelqu’un d’horrible. Je suis totalement seule. Je ne compte pour personne. » Lorsqu’elle sortit de l’hôpital, de nombreux patients et membres du personnel exprimèrent leur amitié pour elle. Devinerez-vous comment elle a réussi à disqualifier complètement cette expérience positive ? « Ils ne comptent pas parce qu’ils ne me voient pas dans la vie de tous les jours. Une personne réelle, à l’extérieur de l’hôpital, ne peut pas m’aimer. » Je lui demandai alors comment elle expliquait le nombre d’amis et de parents qui s’inquiétaient de son état. « Ils ne comptent pas, ils ne me connaissent pas sous mon vrai jour. Vous savez, Dr Burns, à l’intérieur de moi-même, je suis complètement pourrie. Je suis la personne la plus horrible qui soit au monde. Il est absolument impossible que quelqu’un m’aime vraiment pendant plus d’une seconde. » En disqualifiant les expériences positives de cette manière, elle parvenait à conserver une croyance négative qui était, évidemment, sans réalisme et ne correspondait guère à sa vie de tous les jours.

    Bien que votre pensée négative ne soit probablement pas aussi extrême, il est fort possible que, plusieurs fois par jour, vous ignoriez des choses véritablement positives qui vous sont arrivées. Ainsi, vous dépouillez votre vie d’une grande richesse en lui donnant inutilement un caractère morose.

    5. Les conclusions hâtives. Vous tirez trop rapidement une conclusion négative que les faits ne justifient pas. Voici deux exemples de cette distorsion : la « lecture des pensées d’autrui » et l’« erreur du diseur de bonne aventure ».

    a) LA LECTURE DES PENSÉES D’AUTRUI. Vous prenez comme hypothèse que les gens vous méprisent et vous êtes si convaincu qu’elle est justifiée que vous ne prenez même pas la peine de procéder à une vérification. Par exemple, lorsque vous êtes en train de prononcer une excellente allocution, vous finissez par remarquer un individu qui somnole au premier rang. Il a fait la bringue toute la nuit mais, bien entendu, vous l’ignorez. Vous pensez alors : « Mon auditoire me trouve ennuyeux à mourir ». Ou supposons qu’un ami vous croise dans la rue sans vous saluer parce qu’il est perdu dans ses pensées et ne vous a pas vu. Vous conclurez à tort : « Il m’ignore, c’est parce qu’il ne me considère plus comme son ami. ». Imaginez que votre conjoint se montre taciturne un soir parce qu’il a dû subir des reproches au travail et se sent trop soucieux pour en discuter. Tout s’écroule autour de vous car, en raison de votre interprétation de son silence, vous croyez qu’il « est en colère contre moi. Mais qu’ai-je donc fait de mal ? »

    Vous pouvez répondre à ces réactions négatives imaginaires par la retraite ou la contre-attaque. Cette attitude défaitiste vous permet alors de justifier vos appréhensions puisqu’elle finit par établir une interaction négative là où s’épanouissait une relation tout à fait positive.

    b) L’ERREUR DE PRÉVISION. Vous la commettez quand vous faites comme si vous aviez devant vous une boule de cristal qui ne vous annoncerait que des malheurs. Vous vous imaginez que quelque chose de terrible est à la veille de vous arriver et vous faites de cette prédiction un fait, même si elle a peu de chances de se réaliser. Pendant ses crises d’anxiété, une bibliothécaire d’école ne cessait de se répéter: « Je vais m’évanouir. Je vais devenir folle. » Ces prévisions n’étaient pas fondées sur des réalités puisque, jusque-là, elle n’avait jamais perdu connaissance (ni la raison !) et elle ne présentait aucun symptôme qui pût porter à croire qu’elle fût à la veille de devenir folle. Au cours d’une séance de thérapie, un médecin extrêmement déprimé m’expliquait ainsi pourquoi il avait décidé de cesser de pratiquer: « Je dois faire face à la réalité. Je vais me sentir misérable jusqu’à la fin de mes jours et je suis absolument persuadé que ce traitement, comme tous les autres qu’on pourrait me proposer, ne pourra rien y changer. » Le sombre pronostic qu’il faisait au sujet de sa maladie lui faisait perdre tout espoir. Une réduction de ses symptômes, peu après le début de la thérapie, prouva combien il se trompait dans ses prédictions.

    Ne vous est-il jamais arrivé de conclure à la légère comme cela ? Supposons que vous téléphoniez à un ami qui ne vous retourne pas votre appel dans un délai raisonnable. Vous vous dites qu’il a probablement reçu votre message et qu’il ne s’est pas donné la peine de vous rappeler, ce qui vous vexe. De quel genre de distorsion s’agit-il? Vous avez fait de l’interprétation et, comme vous lui en voulez, vous décidez de ne pas le rappeler pour vous en assurer, car vous vous dites : « Il va trouver que je l’importune si je le rappelle et je vais me rendre ridicule. » Parce que vous entretenez de telles pensées (l’erreur de prévision), vous évitez votre ami et vous sentez diminué. Trois semaines plus tard, vous apprenez que votre ami n’a jamais reçu votre message. Toutes ces idées noires que vous avez ruminées n’étaient, en fin de compte, que le fruit d’un scénario usé que vous aviez vous-même créé. Un autre produit maléfique de votre imagination !.

    6. L’exagération et la minimisation. Un autre piège dans lequel votre imagination peut vous faire tomber est celui de l’exagération ou de la minimisation des événements, ce que je compare à l’utilisation d’une lorgnette qui fait que les choses nous apparaissent beaucoup plus grosses ou plus petites que nature, selon le bout de la lorgnette par lequel on les regarde. L’exagération se produit généralement quand on considère ses propres erreurs, craintes ou imperfections en leur accordant une importance démesurée: « Mon Dieu! Je me suis trompé. C’est terrible ! C’est effroyable! Le monde entier va le savoir ! Je vais être déshonoré ! » Vous voyez vos imperfections par le bout de la lorgnette qui les fait paraître gigantesques et grotesques. C’est ce qu’on appelle « dramatiser » : on prend un événement désagréable, mais banal, et on en fait quelque chose d’extraordinaire, de cauchemardesque.

    Quand vous considérez vos points forts, il se peut que vous fassiez le contraire, que vous les regardiez par le gros bout de la lorgnette et qu’ils vous apparaissent minuscules et sans importance. Si vous exagérez l’importance de vos imperfections et minimisez celle de vos points forts, vous ne pouvez faire autrement que vous sentir inférieur aux autres. Mais le problème, ce n’est pas vous, c’est la lorgnette que vous utilisez pour vous regardez !.

    7. Les raisonnements émotifs. Vous vous servez de vos sentiments comme s’il s’agissait de preuves. Vous raisonnez ainsi : « J’ai l’impression d’être un raté, donc je suis un raté. » Cette façon de raisonner peut vous induire en erreur parce que vos sentiments sont à l’image de vos pensées et de vos convictions. Si elles ne correspondent pas exactement à la réalité – ce qui est souvent le cas -, vos sentiments ne vaudront rien comme preuve. Comme exemples de raisonnements émotifs, on pourrait donner aussi : « Je me sens coupable. J’ai donc dû faire quelque chose de mal. » « Je me sens dépassé par les événements et désespéré. Mes problèmes doivent donc être impossible à résoudre. » « Je ne me sens pas de taille à affronter une situation. Je suis donc un minable. » « J’ai du vague à l’âme et je n’ai pas le goût de rien faire aujourd’hui. Je suis donc aussi bien de rester au lit. » « Je suis fâché contre vous. Cela prouve que vous vous êtes mal conduit avec moi, que vous avez cherché à abuser de moi. ».

    Les raisonnements émotifs jouent un rôle dans pratiquement toutes les dépressions. Parce que vous réagissez de façon tellement négative à la réalité, vous en déduisez qu’elle l’est vraiment. Il ne vous vient pas à l’idée de remettre en question la validité des perceptions à l’origine de vos sentiments.

    Le raisonnement émotif mène usuellement à la temporisation. Vous ne classez pas les papiers qui encombrent votre bureau, car vous vous dites : « Je me sens si découragé quand je vois tous ces papiers sur mon bureau. Il est vraiment impossible de faire un ménage dans ce fouillis. » Et pourtant, six mois plus tard, vous faites un petit effort et vous en venez à bout. Finalement, ce n’était pas si difficile, et vous êtes assez fier de vous. Pendant tout ce temps, vous vous méprenniez sur votre compte parce que vous avez l’habitude de laisser vos sentiments négatifs déterminer votre comportement.

    8. Les « dois » et les « devrais ». Vous essayez de vous motiver en vous disant: « Je devrais faire ceci » ou « Je dois faire cela ». En vous forçant ainsi à l’action, vous vous sentez bousculé, ce qui vous indispose, et, paradoxalement, cela vous rend apathique et vous fait perdre votre motivation. Albert Ellis appelle « musturbation » (« must » signifiant « devoir ») cette façon d’aborder les problèmes de la vie de tous les jours; je l’appelle « l’approche des dois et des devrais ».

    Quand on s’attend à ce que les autres aient la même attitude à notre égard, on est généralement déçu. Ainsi, lorsqu’un imprévu me fit arriver cinq minutes en retard à une première séance de thérapie, ma nouvelle patiente se dit : « Il ne devrait pas être si égocentrique et indifférent. Il devrait arriver à l’heure. » Cela la rendit morose et de mauvaise humeur.

    Les « dois » et les « devrais » sont à l’origine de bien des crises émotives inutiles dans votre vie quotidienne. Quand votre propre conduite n’atteint pas le niveau d’excellence que vous vous êtes fixé, vous vous sentez humilié et coupable et dégoûté de vous-même. Et quand la conduite des autres à votre égard n’est pas celle que vous aimeriez qu’elle soit – ce qui ne peut pas ne pas se produire de temps à autre, car ce sont des êtres humains, tout comme vous -, vous ressentez un sentiment d’amertume et d’être la seule personne à se conduire comme il se doit. Si vous ne modifiez pas vos attentes pour qu’elles se conforment à la réalité, le comportement humain vous décevra toujours. Si vous vous reconnaissez comme une de ces personnes qui ont la mauvaise habitude des « dois » et des « devrais », vous trouverez plusieurs recettes pour vous en débarrasser dans les chapitres sur la culpabilité et la colère.

    9. L’étiquetage et les erreurs d’étiquetage. Vous accoler une étiquette revient à vous former, à partir de vos erreurs, une image toute noire de vous-même. C’est un exemple extrême de généralisation indue, basée sur cette vision des choses : « On reconnaît un homme aux fautes qu’il fait ». Il y a de fortes chances que vous soyez en train de vous accoler une étiquette dès que vous décrivez les erreurs que vous commettez à l’aide de phrases qui commencent par: « Je suis un… » Par exemple, lorsque vous dites, en jouant au golf, quand vous manquez un coup : « Je suis un perdant-né », au lieu de: « J’ai raté mon dix-huitième trou. » Ou quand vous dites : « Je suis un raté », au lieu de: « J’ai fait une erreur », lorsque la cote de vos actions en bourse baisse au lieu de monter.

    S’accoler des étiquettes est non seulement contraire à notre intérêt, c’est de plus irrationnel. Tout votre être ne peut pas être assimilé à une des choses que vous faites. Votre vie est formée d’un ensemble complexe de pensées, de sentiments et d’actions en perpétuel changement. En d’autres termes, vous ressemblez plus à une rivière qu’à une statue. Cessez de chercher à vous décrire à l’aide d’étiquettes négatives; elles sont excessivement simplistes et ne correspondent pas à la réalité. Vous décririez-vous exclusivement par l’étiquette « mangeur », tout simplement parce que vous mangez, ou par l’étiquette « respireur », tout simplement parce que vous respirez? Cela n’a pas de sens, mais ce sont des insanités de ce type qui vous font mal quand vous vous appliquez des étiquettes à partir du sentiment que vous avez de vos imperfections.

    Quand vous étiquetez les autres, vous ne pouvez que vous attirer de l’antipathie de leur part. Un exemple courant est celui du patron qui qualifie de « garce entêtée » sa secrétaire à qui il arrive d’être irritable. Parce qu’il lui a accolé cette étiquette, il est plein de ressentiment à son égard et il ne rate pas une occasion de la critiquer. Quant à elle, elle l’a classé parmi les « mâles chauvins et insensibles » et elle se plaint de lui chaque fois qu’elle le peut. Ils sont donc constamment à couteaux tirés, mettant en exergue la moindre faiblesse ou imperfection de l’autre pour montrer jusqu’à quel point c’est une personne indigne.

    On fait une erreur d’étiquetage quand on décrit quelque chose avec des mots inexacts et émotivement chargés de sens. Par exemple, une femme, au régime, qui se dit, après avoir mangé une coupe de crème glacée : « Je n’aurais pas dû. C’est dégoûtant. C’est répugnant. Je mange comme une cochonne. » Ces pensées peuvent la troubler à un point tel qu’elle engloutira tout ce qui reste du contenant de crème glacée !.

    10. La personnalisation. C’est l’origine du sentiment de culpabilité ! Cette distorsion vous fait assumer la responsabilité d’événements négatifs dont vous n’êtes nullement la cause. Vous décidez arbitrairement que ce qui vient de se produire est de votre faute, même si vous n’en êtes pas responsable. Par exemple, je me suis senti coupable quand une patiente n’a pas fait un exercice de développement de l’autonomie que je lui avais suggéré, car je me disais : « Je dois être un bien mauvais thérapeute. Je suis responsable du fait qu’elle ne fait pas plus d’efforts pour s’aider elle-même. C’est à moi qu’il revient de voir à ce qu’elle prenne du mieux. » En lisant le bulletin de son enfant, une mère y trouva une note de son professeur l’avisant que son enfant ne travaillait pas bien à l’école. Elle en conclut immédiatement : « Je dois être une mauvaise mère. Voilà la preuve de mon échec. »

    Le sentiment de culpabilité qui résulte de la personnalisation fait de vous un infirme: vous êtes écrasé et paralysé par un sentiment de responsabilité qui vous fait porter sur vos épaules les problèmes du monde entier. Vous ne voyez pas la différence entre influencer les autres et les diriger. En tant que professeur, conseiller, parent, médecin, vendeur ou cadre, vous devez certainement influencer le comportement des personnes avec lesquelles vous entrez en contact, mais on ne peut raisonnablement pas s’attendre à ce que vous le dirigiez totalement. En dernière analyse, c’est l’autre personne qui est responsable de son propre comportement, pas vous. Plus loin, dans ce livre, on discutera de méthodes qui pourraient vous aider à vous débarrasser de votre propension à personnaliser et à ramener votre sens des responsabilités à des dimensions plus conformes à la réalité et plus à votre mesure.

    Source : David D. Burns, M.D., Être bien dans sa peau, Héritage, 2005, pp. 46-54.


    Références et pistes de réflexion philosophique

    « Si la psychologie moderne nous aide à nommer ces biais, la philosophie nous offre, depuis l’Antiquité, les outils pour les examiner et nous en libérer. Voici quelques lectures pour poursuivre votre quête de lucidité. »

    Bien que le terme « biais cognitif » appartienne à la psychologie moderne, la tradition philosophique explore depuis longtemps ces obstacles à la pensée juste. Pour approfondir votre démarche, voici quelques références incontournables :

    Les racines de l’auto-examen

    • Platon, L’Allégorie de la Caverne (dans La République, Livre VII). Une exploration fondamentale de la manière dont nos perceptions peuvent être limitées par nos habitudes et nos illusions.

    • Marc Aurèle, Pensées pour moi-même. Le maître de l’empereur stoïcien nous enseigne que « notre vie est ce que nos pensées en font » et propose des exercices pour rectifier nos jugements.

    Sur les illusions de l’esprit (Les ancêtres des biais)

    • Francis Bacon, Novum Organum (1620). Bacon y théorise les « Quatre Idoles » (de la Tribu, de la Caverne, du Forum et du Théâtre), qui sont des distorsions systématiques de la perception humaine.

    • Baruch Spinoza, Éthique (1677). Spinoza analyse comment nos désirs et nos affects colorent nos jugements, nous faisant souvent prendre nos préjugés pour des vérités.

    Philosophie contemporaine et pensée critique

    • Gaston Bachelard, La Formation de l’esprit scientifique (1938). Il y définit l’obstacle épistémologique : ce que l’on croit savoir qui nous empêche de voir la réalité telle qu’elle est.

    • Normand Baillargeon, Petit cours d’autodéfense intellectuelle (Lux Éditeur, 2005). Un ouvrage québécois essentiel pour apprendre à repérer les erreurs de raisonnement et les manipulations de l’information.

    • Normand Baillargeon, Légendes pédagogiques : L’autodéfense intellectuelle en éducation (2013). Pour comprendre comment certains biais s’installent dès l’apprentissage.


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    ÉTONNEMENT – Cabinet de consultation « Connais-toi toi-même »

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    Test # 1 – Connais-toi toi-même : À la découverte de vos biais cognitifs

    Test # 2 – Connais-toi toi-même : À la découverte des 10 erreurs de construction de vos idées

    Test # 3 – Connais-toi toi-même : À la découverte de vos obstacles épistémologiques

    Test # 4 – Connais-toi toi-même : À la découverte de mes habitudes de pensée