Article # 352 – 19th International Conference on Philosophical Practice, June 10-12, 2027 Helsinki, Finland

19th International Conference on Philosophical Practice

June 10-12, 2027 Helsinki, Finland


International Conference on Philosophical Practice 2027 – ICPP

Traduction des textes de l’anglais au français du site web dédié par Gemini Google

Bienvenue en Finlande !

En 2027, la Conférence internationale sur la pratique philosophique (International Conference on Philosophical Practice – ICPP) se tiendra du 10 au 12 juin à Helsinki, capitale de la Finlande.

L’ICPP est un mouvement mondial de praticiens de la philosophie, qui se réunit régulièrement à l’occasion de conférences internationales. La communauté de l’ICPP est entièrement autonome, fondée sur la collégialité et la bienveillance. La mission de l’ICPP est de promouvoir l’essor et le développement de la philosophie en tant que pratique. Elle est dépourvue de toute structure politique ou idéologie. Sa vocation est de favoriser le partage d’idées, d’expériences et d’initiatives portant sur l’ensemble des dimensions de la pratique philosophique.

Depuis 1994, les Conférences internationales sur la pratique philosophique ont eu lieu dans différents pays à travers le monde. Parmi les pays hôtes figurent le Canada (1994), les Pays-Bas (1996, 2010), les États-Unis (1997), l’Allemagne (1998), le Royaume-Uni (1999), la Norvège (2001), le Danemark (2004), l’Espagne (2006), l’Italie (2008), la Corée du Sud (2012), la Grèce (2013), la Serbie (2014), la Suisse (2016), le Mexique (2018), la Russie (2021), la Roumanie (2023) et la Croatie (2025). Pour de plus amples informations, veuillez consulter le site : https://icpp.site/.

Thème de la conférence :

La pratique philosophique dans la société et les praticiens comme activistes

L’un des idéaux de l’activisme repose sur l’idée que nous ne sommes pas de simples spectateurs du cours de la vie. Nous créons et entretenons activement ce cours, tout en étant façonnés par lui — à travers nos choix, nos pratiques, nos préférences, notre esthétique, nos pensées, nos engagements et nos interconnexions, pour n’en citer que quelques-uns — et nous détenons le pouvoir de changer la société si nécessaire. Quel rôle revient à la philosophie dans les transformations sociétales ? Souvent, les praticiens de la philosophie n’adoptent pas une posture active à cet égard.

Dès lors, notre question centrale est la suivante : la pratique philosophique peut-elle s’intégrer à l’activisme ou en devenir une composante ? Si oui, de quelle forme d’activisme pourrait-il s’agir ? Quels types d’interrogations et de pratiques convient-il de soulever et de mettre en œuvre au sein de notre discipline ? En tant que praticiens de la philosophie, sommes-nous prêts à endosser des rôles plus actifs ?

L’activisme n’est pas une idée neuve au sein de la pratique philosophique. Si l’on observe la manière dont des praticiens (aujourd’hui) reconnus tels que Gerd Achenbach, Lou Marinoff, Ran Lahav, Ora Gruengard, Shlomit C. Schuster, Lydia Amir et bien d’autres ont ouvert la voie pour nous permettre d’échanger et de pratiquer la philosophie afin d’insuffler une nouvelle vie aux sagesses anciennes, nous pouvons mesurer la valeur du travail accompli — y compris face aux oppositions et aux critiques.

Toutefois, nous sommes désormais confrontés à de nouveaux enjeux, à de nouveaux défis et à la nécessité d’un nouvel élan pour la pratique philosophique. Quelle sera notre utilité face aux temps à venir ? Pourquoi la pratique philosophique est-elle essentielle ? Quels champs de recherche et d’application devons-nous (ré)investir ? La pratique philosophique peut-elle — ou doit-elle — s’engager davantage dans la construction des communautés et de la société ? Quels actes d’espoir radical sont aujourd’hui requis ?

Autour de la table : les pionniers de la pratique philosophique

Pia Houni anime une table ronde au cours de laquelle les praticiens invités mènent une réflexion sur leur pratique philosophique, sous le double prisme de la discipline et de l’activisme. Au-delà du regard porté sur le passé, quels types de questions devrions-nous poser aujourd’hui, et dans quels types d’activités devrions-nous nous engager ou quelles pratiques devrions-nous cultiver ? La pratique philosophique a-t-elle la responsabilité d’accompagner le changement, non seulement chez les individus, mais aussi au sein de la société dans son ensemble ?

L’activisme n’est pas une idée nouvelle au sein de la pratique philosophique. Par leur travail de pionniers, bon nombre de praticiens aujourd’hui reconnus dans le milieu — y compris les intervenants de cette table ronde, parmi tant d’autres — ont ouvert la voie aux débats contemporains et permis d’exercer la philosophie de manière à insuffler une nouvelle vie à la sagesse antique.

Invités — et d’autres annonces sont encore à venir :

Pia Houni

Docteure (Ph. D.), professeure associée, autrice. Modératrice du débat. Elle est la force motrice de la pratique philosophique en Finlande, en tant que directrice du programme de formation et cofondatrice du Réseau finlandais de pratique philosophique (Finnish Philosophical Practice Network). Elle est également active au sein de la communauté internationale et membre de… En savoir plus (à venir)

Lou Marinoff

Docteur (Ph. D.), professeur au City College de New York, auteur de plusieurs succès de librairie internationaux, président-fondateur de l’American Philosophical Practitioners Association (APPA) et rédacteur en chef de la revue de l’APPA. Présent dès les débuts de l’ICPP, il a été le coorganisateur de la première conférence internationale en 1994 à Vancouver… En savoir plus (à venir)

Ran Lahav

Docteur (Ph. D.) en philosophie, titulaire d’un master en psychologie, auteur. Enseignant à la Vermont State University. Fondateur et directeur de la Deep Philosophy School, concepteur de la philosophie contemplative. Praticien en exercice depuis 1992. Il a dispensé les premiers cours universitaires sur la consultation philosophique (philosophical counseling, Université de Haïfa, 1993-2006). Coorganisateur de la première ICPP en 1994… En savoir plus (à venir)

Lydia Amir

Docteure (Ph. D.), professeure à l’Université Tufts, autrice. Codirectrice de l’APPA, coprésidente de l’Association israélienne de pratique philosophique. Elle est également une figure de proue de la philosophie transformative et de la philosophie de l’humour, présidente-fondatrice de l’International Association for the Philosophy of Humor, rédactrice et membre du conseil d’administration de… En savoir plus (à venir)

Guro Hansen Helskog

Professeure de pédagogie en formation des enseignants à l’Université de Norvège du Sud-Est, codirigeante du groupe de recherche sur la pratique philosophique pédagogique, autrice, conceptrice de l’approche « Dialogos » dans le contexte éducatif. Ses intérêts théoriques portent sur la philosophie de l’éducation, l’étude de la sagesse et la Bildung… En savoir plus (à venir)

Sari Mattila

Docteure (Ph. D.), directrice de psychodrame, autrice, co-enseignante au sein du programme de formation finlandais en pratique philosophique, praticienne certifiée SMILE_PH. Elle partage son temps entre l’Inde et la Finlande, où elle a notamment enseigné à des étudiants de MBA et de doctorat, tout en intervenant auprès d’équipes de direction générale… En savoir plus (à venir)

Jeanette Bresson Ladegaard Knox

Docteure (Ph. D.) et diplômée en études théâtrales et en sciences des religions, professeure associée en humanités médicales et éthique biomédicale à l’Université de Copenhague, ancienne présidente de la Société danoise de pratique philosophique, autrice. Ses recherches portent sur le rôle des humanités dans la médecine et les soins de santé, la santé existentielle, le soin de soi et la réflexion éthique… En savoir plus (à venir)

Les conférenciers d’honneur

Jessica Böhme

Docteure (Ph. D.), professeure à la Fachhochschule des Mittelstands (FHM) de Berlin | Spécialiste de la durabilité et chercheuse sur la transformation | Ékophilosophe praticienne | Fondatrice de l’Institute for Practical ekoPhilosophy | Autrice | jessicaboehme.com | En savoir plus (à venir)

Anu Virtanen

Doctorante-chercheuse à l’Université de Jyväskylä | Praticienne de la philosophie | Projet « WISDOM in Practice » | Autrice | Cofondatrice du Réseau finlandais de pratique philosophique (Finnish Philosophical Practice Network) | jyu.fi/en/people/anu-virtanen | En savoir plus (à venir) (Photo : Martti Minkkinen)

Luis de Miranda

Professeur associé en bioéthique à l’Université d’Uppsala | Praticien et conseiller en philosophie | Fondateur et président de Philosophical Health International et d’Eudynamia® | Auteur | luisdemiranda.com | En savoir plus (à venir)


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Welcome to Finland! 

In 2027, the International Conference on Philosophical Practice will be held 10-12 June in Helsinki, the capital of Finland

The ICPP is a global movement of philosophical practitioners, which convenes regularly at international conferences. The ICPP community is entirely self-governing, on the basis of collegiality and goodwill. The ICPP’s mission is to further the growth and development of philosophy as a practice. It has no political structure, and no ideology. Its purpose is to share insights, experiences and initiatives on all aspects of philosophical practice. 

Since 1994, International Conferences on Philosophical Practice have been held in different countries of the world. Countries such as Canada (1994), the Netherlands (1996, 2010), USA (1997), Germany (1998), United Kingdom (1999), Norway (2001), Denmark (2004), Spain (2006), Italy (2008), South Korea (2012), Greece (2013), Serbia (2014), Switzerland (2016), Mexico (2018), Russia (2021), Romania (2023), Croatia (2025) hosted these conferences. For additional details, please visit: https://icpp.site/.

Theme of the conference: 

Philosophical Practice in Society and Practitioners as Activists

One of the ideals of activism is that we are not bystanders in the flow of life. We actively create and maintain the flow and are created by that flow – through our choices, practices, preferences, aesthetics, thoughts, participations, entanglements – just to name a few – and we have the power to change society if needed. What is the role of philosophy in societal change? Philosophical practitioners often do not take an active view into this. 

Our main question thus is, can philosophical practice be or become part of activism? If so, what kind of activism could it be? What kinds of questions and practices within the field need to be asked and practiced? Are we as philosophical practitioners ready for more active roles? 

Activism is not a new idea in Philosophical Practice. If we look at how (now) well known practitioners such as Gerd Achenbach, Lou Marinoff, Ran Lahav, Ora Gruengard,  Schlomit C. Shuster, Lydia Amir, and many, many others, paved the way for us to discuss and practice philosophy in a way that gave new life to old wisdom, we can appreciate the work done – even amidst opposition and critique.

However, we are now faced with new issues, challenges, and a need for another leap for philosophical practice. How are we useful in the times to come? Why is philosophical practice important? What areas of research and practice do we need to (re-)enter? Can – or should – philosophical practice be more involved in community and society building? What actions of radical hope are called for?

Pioneers of philosophical practice around the table 

Pia Houni facilitates a roundtable discussion in which invited practitioners reflect on their philosophical practice from the perspectives of both the discipline and activism. In addition to reflecting on the past, what kinds of questions should we be asking today, and what kinds of activities should we engage in or practices should we cultivate? Does philosophical practice have a responsibility to support change, not only in individuals but also in society at large?

Activism is not a new idea in philosophical practice. Through their pioneering work, many of the practitioners who are now well known in the field, including participants in the Round Table, and many others, have paved the way for contemporary discussions and for practising philosophy in a manner that breathes new life into ancient wisdom.

Guests – and more announcements still coming up: 

Pia Houni

PhD, Adjunct Professor, author. Facilitator of the discussion. She is the driving force behind philosophical practice in Finland, as the programme director of the education program and co-founder of the Finnish Philosophical Practice Network. she is also active in international community and member of… Read more (coming up)

Lou Marinoff

PhD, Professor, The City College of New York, author of several international bestsellers, founding president of the American Philosophical Practitioners Association (APPA), and editor of APPA’s Journal. He has been there from the start of ICPP – as co-organizer of the first international conference in 1994 in Vancouver… Read more (coming up)

Ran Lahav

PhD in philosophy, MA in psychology, author. Teaching at Vermont State University. Founder and director of the Deep Philosophy School, developer of contemplative philosophy. Active practitioner since 1992. Taught the first univ. courses on philosophical counseling (Haifa University 1993-2006). Co-organizer of the first ICPP in 1994… Read more (coming up).

Lydia Amir

PhD, Professor, The Tufts University, author. Co-director of APPA, co-president of the Israeli Association for Philosophical Practice. She is also a leading voice in transformative philosophy and the philosophy of humor, founding-president of the International Association for the Philosophy of Humor, editor and board member of… Read more (coming up).

Guro Hansen Helskog

Professor of pedagogy in teacher education, University of South-Eastern Norway, co-leader in the research group for pedagogical philosophical practice, author, creator of « The Dialogos Way » in educational context. Her theoretical interest is in the philosophy of education, wisdom research, and Bildung… Read more (coming up).

Sari Mattila

PhD, Psychodrama Director, author, co-teacher of the Finnish philosophical practice education program, a certified SMILE_PH practitioner. She divides her life between India and Finland, and has taught e.g. MBA and PhD students in India and worked with executive management teams… Read more (coming up).

Jeanette Bresson Ladegaard Knox

PhD & degrees in Theatre and Religious Studies, Associate Professor of Health Humanities and Medical Ethics, University of Copenhagen, former President of the Danish Society for Philosophical Practice, author. Her research explores the role of the humanities in medicine and healthcare; existential health, care of self, and ethical reflection… Read more (coming up).

The Keynote Speakers 

Jessica Böhme

PhD, professor at Fachhochschule des Mittelstands (FHM) Berlin | Sustainability scientist and transformation researcher | Practical ekoPhilosopher | Founder of the Institute for Practical ekoPhilosophy | Author | jessicaboehme.com | Read more (coming up)

Anu Virtanen

PhD researcher at the University of Jyväskylä | Philosophical practitioner | WISDOM in Practice -project | Author | Co-founder the Finnish Philosophical Practice Network | jyu.fi/en/people/anu-virtanen | Read more (coming up) (Photo: Martti Minkkinen)

Luis de Miranda

Associate professor in Bioethics at Uppsala University | Philosophical practitioner and counsellor | Founder and President of Philosophical Health International and Eudynamia® | Author | luisdemiranda.com | Read more (coming up)


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Article # 348 – La pratique philosophique comme exercices spirituels vers la vérité, la sagesse et la vertu / Philosophical Practice as Spiritual Exercises towards Truth, Wisdom, and Virtue, Xiaojun Ding et Feng Yu


Ding, X., & Yu, F. (2022). Philosophical Practice as Spiritual Exercises towards Truth, Wisdom, and Virtue. Religions, 13(4), 364. https://doi.org/10.3390/rel13040364


Philosophical Practice as Spiritual Exercises towards Truth, Wisdom, and Virtue

La pratique philosophique comme exercices spirituels vers la vérité, la sagesse et la vertu

Xiaojun Ding, Department of Philosophy, School of Humanities and Social Sciences, Xi’an Jiaotong University, Xi’an 710049, China

et Feng Yu, Department of Psychology, School of Philosophy, Wuhan University, Wuhan 430079, China

Religions 2022, 13(4), 364; https://doi.org/10.3390/rel13040364


Télécharger le texte original en anglais (PDF)


Résumé

Texte traduit de l’anglais au français par Gemini Google

Le concept de spiritualité s’inscrit dans une longue tradition philosophique. En s’appuyant sur l’étude approfondie de l’histoire des exercices spirituels — de Socrate, des stoïciens et de l’épicurisme jusqu’au christianisme primitif —, l’ancien prêtre catholique Pierre Hadot conçoit la pratique philosophique comme un ensemble d’exercices spirituels destinés à apprendre à mener une vie philosophique. Dans le sillage de cette conception, plusieurs philosophes, à l’instar de Gerd B. Achenbach, ont impulsé dans les années 1980 le mouvement contemporain des pratiques philosophiques ; celui-ci visait à appliquer les théories et méthodes de la philosophie à l’examen des problématiques existentielles ordinaires, principalement sous la forme de consultations et de thérapies philosophiques. Dans cet article, après avoir établi que la pratique philosophique constitue désormais un nouveau champ de recherche au sein de la discipline, nous soutenons que cette pratique, comprise comme exercice spirituel, relève de l’exercice de la raison et du logos, tout en reconnaissant que certaines pratiques spirituelles traditionnelles, telles que les arts zen, peuvent également en former une composante essentielle. Nous concluons qu’au regard de la nette pluralité des méthodes et des modalités de la pratique philosophique ainsi que des exercices spirituels qu’elle mobilise, celle-ci s’affirme comme une voie féconde et concrète vers la quête de vérité, de sagesse et de vertu, revêtant dès lors une portée didactique et éthique majeure dans l’ère post-COVID-19.

Abstract

Texte original en anglais

The concept of spirituality has a long philosophical history. Based on detailed studies of a history of spiritual exercises from Socrates, the Stoics, Epicureanism, to early Christianity, the former catholic priest Pierre Hadot conceives philosophical practice as spiritual exercises in learning how to live a philosophical life. Following this idea, a number of philosophers such as Gerd B. Achenbach started the contemporary movement of philosophical practice in the 1980s, which aimed to apply philosophical theories and methods to discussions about issues people constantly encounter in life, mainly in the forms of philosophical counseling and philosophical therapy. In this paper, after showing that philosophical practice has already become a new frontier in philosophical research, we further argue that philosophical practice as spiritual exercises is an exercise of reason and logos, while certain kinds of religious exercises such as Zen arts can also constitute an important part of philosophical practice. We conclude that in light of the distinct plurality of the methods and modes of philosophical practice and the spiritual exercises involved, philosophical practice can be considered a meaningful and applicable approach to pursuing truth, wisdom, and virtue, which is of great didactic and ethical significance in the post-COVID-19 era.

Source : Religions, 13(4), 364.


Quelques citations

Traduction de l’anglais au français par Gemini Google

1. Sur la définition et la visée de la pratique philosophique

Anglais : « Therefore, while philosophical practitioners can help people deal with practical or existential issues in life, the ultimate aim is to help people further understand themselves, improve themselves, and gain inner peace and tranquility. »

Français : « Dès lors, si les praticiens de la philosophie peuvent aider les individus à affronter des difficultés pratiques ou existentielles, le but ultime demeure de les amener à mieux se comprendre, à se perfectionner et à atteindre la paix et la tranquillité intérieures. »

2. Sur la philosophie comme mode de vie et le rôle de Pierre Hadot

Anglais : « By exploring the philosophical thoughts of Socrates, Aristotle, Epicurus, the Stoics, and early Christianity, Hadot (1995) summarizes philosophy as a way of life, arguing that philosophy calls for people to strive to obtain wisdom through spiritual exercises. »

Français : « En explorant la pensée de Socrate, d’Aristote, d’Épicure, des stoïciens et du christianisme primitif, Hadot (1995) résume la philosophie comme une manière de vivre, affirmant qu’elle invite les hommes à s’efforcer d’atteindre la sagesse par des exercices spirituels. »

3. Sur la nature des exercices spirituels (au-delà du pur intellectuel)

Anglais : « For Hadot, spiritual exercises include not only practices of reading, listening, dialogue, inquiry, and research, but also others such as fasting or bodily exercise, which are not simply or primarily « intellectual », therefore Hadot’s use of the word « spirituality » is in much wider scope […], which is quite apt to make us understand that these exercises are the result, not merely of thought, but of the individual’s entire psychism. »

Français : « Pour Hadot, les exercices spirituels englobent non seulement la lecture, l’écoute, le dialogue, l’enquête et la recherche, mais également des pratiques telles que le jeûne ou l’exercice corporel, qui ne sont pas simplement ou principalement « intellectuels » ; c’est pourquoi son usage du terme « spiritualité » est bien plus large […], propre à nous faire comprendre que ces exercices n’engagent pas seulement la pensée, mais l’ensemble du psychisme de l’individu. »

4. Sur l’orientation vers la vérité et la cohérence entre discours et actes

Anglais : « Rather, truth in philosophical practice means living according to one’s (personal) principles, emphasizing the consistency between one’s words (thoughts, theories, attitudes, etc.) and deeds. »

Français : « Dans la pratique philosophique, la vérité signifie plutôt le fait de vivre en accord avec ses propres principes, en mettant l’accent sur la cohérence entre les paroles (pensées, théories, attitudes, etc.) et les actes. »

5. Sur la sagesse comme ouverture d’esprit et cheminement

Anglais : « In Lahav’s view, wisdom means being open to a broader world rather than being limited to a narrow self. Wisdom is not a tool to help us analyze, simplify, and solve problems; rather, wisdom allows us to see the complexity of human reality and its diversity of meanings, aspects, and perspectives… »

Français : « Selon Lahav, la sagesse implique de s’ouvrir à un monde plus vaste plutôt que de s’enfermer dans un moi étriqué. La sagesse n’est pas un outil servant à analyser, simplifier et résoudre des problèmes ; elle nous permet plutôt d’appréhender la complexité de la réalité humaine ainsi que la diversité de ses sens, de ses facettes et de ses perspectives… »

6. Sur la vertu comme habitude et pratique concrète (Wang Yangming)

Anglais : « « There is no one who knows the truth but does not act on it. If you know the truth but do not practice it in your daily life, then this is equal to saying that you do not know it at all » (Wang 1992). That is to say, a person is only considered to have understood the meaning and implications of a virtue if he or she is actually practicing it in action. »

Français : « « Nul ne connaît la vérité sans agir en conséquence. Si vous connaissez la vérité sans la mettre en pratique au quotidien, cela revient à dire que vous ne la connaissez absolument pas » (Wang 1992). En d’autres termes, on ne considère qu’une personne a véritablement compris le sens et les implications d’une vertu que si elle l’exerce effectivement dans l’action. »

7. Conclusion : l’actualité de l’examen socratique

Anglais : « Just as Socrates has proverbially claimed, the unexamined life is not worth living. Philosophical practitioners help people examine their beliefs, guiding them out of Plato’s cave and leading them to reliable ways to happiness. »

Français : « Comme l’affirmait la célèbre maxime socratique, une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue. Les praticiens de la philosophie aident les individus à examiner leurs croyances, les guidant hors de la caverne de Platon vers des voies éprouvées menant au bonheur. »


Article rédigé avec l'Intelligence artificielle GEMINI de Google
Article rédigé avec l’Intelligence artificielle GEMINI de Google

Ce document est un article de recherche universitaire intitulé « Philosophical Practice as Spiritual Exercises towards Truth, Wisdom, and Virtue » (La pratique philosophique comme exercices spirituels vers la vérité, la sagesse et la vertu), rédigé par Xiaojun Ding et Feng Yu, et publié en 2022 dans la revue Religions (MDPI)

Voici une synthèse détaillée de son contenu et de ses arguments principaux :

1. Contexte : L’émergence de la pratique philosophique contemporaine

  • Origine et besoin : Face à une philosophie universitaire jugée trop abstraite, théorique (« philosophie de fauteuil ») et déconnectée de la vie quotidienne, la pratique philosophique s’est développée à partir des années 1980 (notamment avec Gerd B. Achenbach en Allemagne, puis Lou Marinoff aux États-Unis).
  • Formes principales : Elle se décline sous différentes formes : la consultation philosophique (philosophical counseling), la thérapie philosophique, les cafés philo, les marches philosophiques, etc..
  • Alternative ou complément à la psychothérapie : La pratique philosophique propose d’aborder les crises existentielles ou personnelles en examinant les croyances, les systèmes de valeurs et les manières de penser plutôt qu’en recourant systématiquement à la surmédicalisation.

2. Le cadre théorique : La philosophie comme « manière de vivre » et « exercices spirituels »

  • Pierre Hadot : L’article s’appuie largement sur les travaux du philosophe français Pierre Hadot, qui a démontré que dans l’Antiquité (socratisme, stoïcisme, épicurisme, etc.), la philosophie n’était pas un système abstrait mais un mode de vie reposant sur des « exercices spirituels » (méditation, examen de conscience, lecture, dialogue, acceptation de la mort) visant à transformer l’être tout entier et à apaiser les passions.
  • Débats et critiques (notamment John Cooper) : Certains critiques comme John Cooper ont reproché à Hadot d’importer une notion de « spiritualité » d’origine religieuse (inspirée des exercices d’Ignace de Loyola) qui risquerait de subordonner la rationalité aux émotions ou à l’irrationalisme.
  • Défense de Hadot : Les auteurs défendent la vision de Hadot en expliquant que la pratique philosophique correspond à des exercices spirituels :
    • Au sens large : des pratiques visant à aligner et harmoniser l’âme et la vie de la personne.
    • Au sens strict : des démarches guidées par la raison et le logos, sans se limiter à un dogme religieux.

      3. Les trois orientations fondamentales de la pratique philosophique

Les auteurs démontrent que la pratique philosophique, pour être authentique, doit s’orienter vers au moins un de ces trois piliers :

  1. L’orientation vers la vérité (Truth-Orientation) : Inspirée de l’allégorie de la caverne de Platon, elle cherche à sortir des illusions et des ombres pour s’approcher du réel. Dans la vie pratique, cela signifie vivre en conformité avec ses principes et assurer une cohérence stricte entre ses paroles (idées, théories) et ses actes.
  2. L’orientation vers la sagesse (Wisdom-Orientation) : La sagesse n’est pas un simple produit ou savoir encyclopédique, mais un processus et une pratique de vie. L’article compare les approches occidentales aux sagesses orientales (notamment le taoïsme et le concept de « non-agir » ou wuwei), montrant que la sagesse permet de voir la complexité du monde et de trouver la paix intérieure (ataraxie).
  3. L’orientation vers la vertu (Virtue-Orientation) : La vertu est comprise comme une habitude et un mode d’action (en résonance avec le concept de l’unité de la connaissance et de l’action de Wang Yangming). Le dialogue philosophique permet au consultant d’identifier les contradictions dans ses croyances et de développer des vertus intellectuelles et morales (courage, lucidité, équanimité, humilité).

4. Portée et applications contemporaines

L’article conclut sur la pertinence et les bénéfices de la pratique philosophique dans le monde moderne, particulièrement dans le contexte post-COVID-19 :
  • Soutien individuel : Aider les individus à traverser les épreuves de l’existence, les crises de sens ou les deuils.
  • Relations humaines et paix : Servir d’outil de médiation pour apaiser les conflits interpersonnels, organisationnels ou internationaux.
  • Développement de la pensée critique : Éduquer les jeunes et les adultes à questionner, problématiser et vivre une vie « examinée », rappelant la célèbre maxime socratique selon laquelle « une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue ».

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Article # 346 – De la contemplation à la consultation : explorer la pratique philosophique par la stratégie d’engagement constructif de la philosophie comparée / From Contemplation to Counseling: Exploring Philosophical Practice by Constructive-Engagement Strategy of Comparative Philosophy

From Contemplation to Counseling: Exploring Philosophical Practice by Constructive-Engagement Strategy of Comparative Philosophy

(De la contemplation à la consultation : explorer la pratique philosophique par la stratégie d’engagement constructif de la philosophie comparée )


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DING, Xiaojun; YANG, Chao; HARTELOH, Peter; and YU, Feng (2024) DOI: https://doi.org/10.31979/2151-6014(2024).150209  « From Contemplation to Counseling: Exploring Philosophical Practice by Constructive-Engagement Strategy of Comparative Philosophy, » Comparative Philosophy: Vol. 15: Iss. 2, Article 9. Available at: https://scholarworks.sjsu.edu/comparativephilosophy/vol15/iss2/9


Résumé

Traduction de l’anglais au français par Gemini Google

Cet article applique la stratégie d’engagement constructif en philosophie comparée (Constructive-Engagement Strategy of Comparative Philosophy, CESCP) de Bo Mou afin d’explorer la pratique philosophique en tant que nouveau paradigme appliquant la philosophie à la vie quotidienne. L’étude préconise une méthodologie transformatrice qui recherche la vérité par l’engagement critique, les contributions conjointes et des outils méthodologiques diversifiés, faisant ainsi progresser la discipline vers une philosophie mondiale globale. La pratique philosophique, caractérisée par son ancrage dans l’expérience humaine et les questionnements existentiels, intègre les philosophies orientales et occidentales pour guider les individus dans l’art de vivre. Elle propose une alternative philosophique au counseling psychologique en mettant l’accent sur le raisonnement pour faire face aux défis de l’existence et aux dilemmes éthiques. L’article examine l’intégration de la philosophie chinoise, en particulier du confucianisme, dans la pratique philosophique, tout en soulignant sa pertinence pour la consultation contemporaine. Il aborde l’impact du confucianisme sur la pratique philosophique, les avancées relatives aux théories de la culture de soi et du gong-fu, ainsi que la vision holistique confucéenne de l’intégration corps-esprit, en la mettant en contraste avec certaines approches occidentales. Nous concluons que les dimensions pratiques du confucianisme s’opposent à la philosophie théorique occidentale, mais s’harmonisent avec la pratique philosophique occidentale. En mobilisant la CESCP, cette recherche enrichit la pratique philosophique en intégrant des philosophies diverses tout en respectant le contexte propre à chaque tradition. Cette démarche combine les perspectives relationnelles orientales avec la profondeur analytique occidentale, bonifiant le conseil philosophique et contribuant à un dialogue philosophique mondial. Cette fusion d’horizons vise à favoriser la compréhension interculturelle et à développer une sagesse d’une portée universelle.

Abstract

Texte original en anglais

This paper applies Bo Mou’s Constructive-Engagement Strategy of Comparative Philosophy (CESCP) to explore philosophical practice as a novel paradigm that applies philosophy to everyday life. The study advocates for a transformative methodology that seeks truth through critical engagement, joint contributions, and diverse methodological tools, advancing the discipline towards a comprehensive world philosophy. Philosophical practice, characterized by its engagement with human experience and existential inquiries, integrates Eastern and Western philosophies to guide individuals in the art of living. It offers a philosophical alternative to psychological counseling, focusing on reasoning to address life’s challenges and ethical dilemmas. The paper examines the integration of Chinese philosophy, particularly Confucianism, into philosophical practice, highlighting its relevance for contemporary counseling. It discusses Confucianism’s impact on philosophical practice, advances in self-cultivation and gong-fu theory, and the holistic Confucian view of body-mind integration, contrasting it with some Western approaches. We conclude that the practical dimensions of Confucianism oppose Western theoretical philosophy but align with Western philosophical practice. By employing CESCP, this research enriches philosophical practice, integrating diverse philosophies while respecting each tradition’s context. The approach combines Eastern relational perspectives with Western analytical depth, enhancing philosophical counseling and contributing to a global philosophical dialogue. This fusion of horizons aims to foster cross-cultural understanding and develop universally relevant wisdom.

Source : Comparative Philosophy: Vol. 15: Iss. 2, Article 9.


Introduction

Traduction de l’anglais au français par Gemini Google

Voici une traduction soignée, rigoureuse et adaptée au registre académique francophone, respectant fidèlement la structure, la terminologie et les nuances du texte d’origine :

1. INTRODUCTION
Le champ de la philosophie embrasse un vaste spectre, allant de la pensée abstraite aux expériences humaines les plus tangibles. La philosophie comparée s’est imposée comme un domaine capital à la faveur des interactions entre perspectives orientales et occidentales. Les fondements de cette discipline ont été posés dès le XVI? siècle avec les missions jésuites en Chine, inaugurant un dialogue entre des traditions philosophiques et culturelles divergentes. Au fil du temps — tout particulièrement à travers les bouleversements des guerres de l’opium, le mouvement réformateur de la fin de la dynastie Qing, ainsi que le mouvement de la Nouvelle Culture —, un effort concerté a vu le jour pour redécouvrir et régénérer la culture chinoise en réévaluant son passé. Des chercheurs pionniers tels que Hu Shi et Liang Shuming se sont attachés par la suite à synthétiser des éléments issus de ces diverses traditions, marquant une avancée décisive dans ce domaine. Vers la fin du XX? siècle, la littérature consacrée à la philosophie et à la culture comparées a connu un véritable essor, portée par les contributions majeures de Li (1988), Zhang (1998), Hall et Ames (2005), Xu (2014b), ainsi que par la collection « Comparative Philosophy Translation and Research », dirigée par Genyou Wu et Bryan W. van Norden.

Le XX? siècle a également été le théâtre d’un « tournant pratique » de la philosophie (Ding et al. 2024b), avec des penseurs comme Hadot (1995) et Nussbaum (1994) qui l’ont définie comme une « manière de vivre » ou une « thérapie du désir », orientée vers l’intégration de l’épanouissement personnel, de l’engagement sociétal et de notre rapport à l’univers. L’idée selon laquelle la philosophie théorique s’était éloignée des visées originelles de la philosophie classique — devenant trop abstraite et coupée des expériences vécues du monde réel — a rallié un consensus grandissant. La pratique philosophique (PP), qui a acquis une visibilité prépondérante dans les années 1980 sous l’impulsion de figures telles que Pierre Grimes aux États-Unis et Gerd Böttcher Achenbach en Allemagne, a cherché à y remédier en appliquant la philosophie selon des modalités plus accessibles, notamment par le dialogue socratique et la consultation philosophique (PC).

La pratique philosophique constitue une évolution déterminante de la philosophie académique vers la philosophie appliquée, témoignant d’une volonté affirmée de répondre aux défis existentiels auxquels les individus sont quotidiennement confrontés (Ding et al. 2024b). Dans cet article, nous introduisons tout d’abord le concept de philosophie comparée ainsi que sa portée, notamment à travers la stratégie d’engagement constructif en philosophie comparée (Constructive-Engagement Strategy of Comparative Philosophy) théorisée par Bo Mou (Section 2). Nous nous tournons ensuite vers la PP en tant que paradigme émergent au sein de la philosophie occidentale (Section 3). L’exposé s’articule autour de l’émergence et de l’évolution de la PP, en retraçant ses racines historiques et son développement à partir des années 1980. L’article examine les thématiques d’intérêt commun en PP, parmi lesquelles la quête de sens, l’usage de la philosophie comme outil pédagogique et la philosophie comme mode de vie. Il aborde également l’articulation entre la consultation philosophique et la psychothérapie, en mettant en lumière leurs divergences et leurs complémentarités potentielles (Section 4). L’article explore ensuite des aspects spécifiques de la PP, tels que la consultation philosophique et ses méthodologies, dont le dialogue socratique. Nous analysons l’intégration des philosophies orientales, et singulièrement du confucianisme, au sein de la PP, en examinant la manière dont ces différentes traditions philosophiques peuvent nourrir et enrichir la pratique (Section 5). Tout au long de l’étude, cet article maintient une démarche comparative, établissant des passerelles entre les traditions philosophiques occidentales et orientales et leurs applications dans le champ de la PP.

Dans l’ensemble, notre analyse plaide pour une approche holistique de la philosophie, qui conjugue exigence académique et valorisation des applications pratiques. Notre objectif est de démontrer que la valeur fondamentale de la philosophie ne réside pas seulement dans une intelligence contemplative, mais également dans une sagesse opératoire capable d’éclairer les individus à travers les complexités de l’existence.


Introduction

Texte original en anglais

The domain of philosophy spans a broad spectrum from abstract thought to tangible human experiences. Comparative philosophy has evolved as a crucial field through the interplay of Eastern and Western perspectives. This discipline’s foundations were laid during the 16th century with the Jesuit missions to China, initiating a dialogue between divergent philosophical and cultural traditions. Over time, especially through the upheavals of the Opium Wars and the Reform Movement of the late Qing Dynasty, as well as the New Culture Movement, there was a concerted effort to rediscover and rejuvenate Chinese culture by reevaluating its past. Pioneering scholars like Hu Shi and Liang Shuming later worked on synthesizing elements from these diverse traditions, marking a significant advancement in the field. By the late 20th century, the literature on comparative philosophy and culture flourished, with notable contributions from Li (1988), Zhang (1998), Hall and Ames (2005), Xu (2014b), and the « Comparative Philosophy Translation and Research » series edited by Genyou Wu and Bryan W. van Norden.

The 20th century also saw a practical turn in philosophy (Ding et al. 2024b), with philosophers like Hadot (1995) and Nussbaum (1994) framing it as a ‘way of life’ or ‘therapy of desire’, aimed at integrating personal growth, societal engagement, and our relationship with the universe. There was a growing consensus that theoretical philosophy had drifted from classical philosophy’s original goals, becoming too abstract and detached from real-world human experiences. Philosophical practice (PP), which gained prominence in the 1980s through figures like Pierre Grimes in the United States and Gerd Böttcher Achenbach in Germany, sought to remedy this by applying philosophy in more accessible ways, such as through Socratic dialogue and philosophical counseling (PC).

PP represents an important evolution from academic to applied philosophy, demonstrating a commitment to addressing the existential challenges individuals face daily (Ding et al. 2024b). In this paper, we begin by introducing the concept of comparative philosophy and its significance, including the Constructive-Engagement Strategy of Comparative Philosophy proposed by Bo Mou (Section 2). We then transition to focus on PP as an emerging paradigm in Western philosophy (Section 3). The issues are structured around the rise and development of PP, tracing its historical roots and evolution from the 1980s onwards. The paper discusses jointly concerned issues in PP, including the search for meaning, the use of philosophy as an educational tool, and philosophy as a way of life. It also addresses the relationship between PC and psychotherapy, highlighting the differences and potential complementarities (Section 4). The paper then delves into specific aspects of PP, such as PC and its methodologies, including Socratic dialogue. We explore the integration of Eastern philosophies, particularly Confucianism, into PP, examining how these different philosophical traditions can contribute to and enrich the practice (Section 5). Throughout, this paper maintains a comparative approach, drawing connections between Western and Eastern philosophical traditions and their applications in PP.

Overall, our analysis advocates for a holistic approach to philosophy that honors academic rigor while also valuing practical applications. We aim to demonstrate that the true value of philosophy lies not only in contemplative understanding but also in actionable wisdom that can guide individuals through the complexities of life.

Source : Comparative Philosophy: Vol. 15: Iss. 2, Article 9.


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Article rédigé avec l'Intelligence artificielle GEMINI de Google
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Cet article universitaire, intitulé « From Contemplation to Counseling: Exploring Philosophical Practice by Constructive-Engagement Strategy of Comparative Philosophy » (publié en 2024 dans la revue Comparative Philosophy par Xiaojun Ding, Chao Yang, Peter Harteloh et Feng Yu), étudie la manière dont la philosophie comparée et la pratique philosophique (notamment la consultation ou le conseil philosophique) peuvent s’enrichir mutuellement, en s’appuyant en particulier sur la tradition confucéenne.

Voici une synthèse détaillée de son contenu :

1. La stratégie d’engagement constructif en philosophie comparée (CESCP)

  • Les auteurs s’appuient sur le modèle proposé par Bo Mou (Constructive-Engagement Strategy of Comparative Philosophy), qui dépasse la simple comparaison des ressemblances et différences entre traditions.
  • Cette approche repose sur trois dimensions : le caractère (une manière générale de philosopher), l’approche (un engagement dialogique entre traditions) et la direction (l’avancement vers une philosophie mondiale).
  • Elle prône un examen critique et collaboratif où différentes traditions apportent leurs outils conceptuels pour répondre à des préoccupations humaines communes.

2. L’essor de la pratique philosophique (PP) en Occident

  • Le texte retrace le « tournant pratique » de la philosophie, qui cherche à reconnecter la théorie aux réalités de l’existence quotidienne (dans la lignée de Pierre Hadot pour qui la philosophie est un « mode de vie »).
  • Réactivée dans les années 1980 (notamment par Gerd Achenbach en Allemagne et Lou Marinoff aux États-Unis), la pratique philosophique englobe des formes comme le dialogue socratique, les cafés philosophiques et la consultation philosophique (Philosophical Counseling).
  • Alternative à la psychothérapie : Face à la médicalisation et à la pharmacologisation croissantes des crises existentielles, la consultation philosophique propose d’aborder les doutes éthiques, la quête de sens et les choix de vie par la réflexion critique et le raisonnement, sans pathologiser l’individu.

3. Les convergences et tensions philosophiques

L’article analyse plusieurs dichotomies au sein de la discipline :

  • Théorique vs Pratique : la quête de connaissances pures versus l’action éthique et vécue (praxis).
  • Continentale vs Analytique : herméneutique et phénoménologie versus clarté logique et rigueur d’argumentation.
  • Orientale vs Occidentale : recherche d’harmonie, d’équilibre relationnel et de culture de soi versus quête occidentale de vérité universelle et de justice.

4. L’apport du confucianisme à la pratique philosophique

Le cœur de la contribution de l’article réside dans l’intégration de la pensée chinoise, en particulier confucéenne, dans le conseil philosophique contemporain :

  • Une éthique pratique et relationnelle : Les vertus confucéennes fondamentales (humanité/bienveillance Ren, justice Yi, convenance/rites Li, sagesse Zhi, confiance/intégrité Xin) fournissent une boussole éthique pour analyser les problèmes interpersonnels des consultants. Les Entretiens de Confucius constituent eux-mêmes des exemples ancestraux d’accompagnement et de dialogue personnalisé.
  • La théorie du « Gong-fu » (??) et la culture de soi (Self-cultivation) : Le confucianisme conçoit la sagesse comme un savoir-faire incarné acquis par un effort soutenu et une pratique quotidienne visant la transformation morale et spirituelle.
  • Intégration corps-esprit (Body-mind integration) : Contrairement à certains dualismes occidentaux qui ont parfois dévalorisé le corps ou prôné le détachement du monde temporel, le confucianisme « sacralise le profane » : le corps et la vie sociale quotidienne constituent le lieu même de l’accomplissement moral et de la résonance avec l’ordre cosmique (Tian).

Conclusion des auteurs

La rencontre entre traditions orientale et occidentale trouve son point d’ancrage fondamental dans l’amélioration et le soin de soi (la maxime socratique « prendre soin de soi » rejoignant l’injonction confucéenne de « se cultiver avec révérence »). En combinant la profondeur analytique occidentale et l’approche holistique et relationnelle de la pensée chinoise, la pratique philosophique gagne en universalité et répond plus finement aux défis existentiels contemporains.


Article rédigé avec l'Intelligence artificielle GEMINI de Google
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Modèle proposé par Bo Mou

Constructive-Engagement Strategy of Comparative Philosophy

La stratégie d’engagement constructif en philosophie comparée (Constructive-Engagement Strategy of Comparative Philosophy, abrégée en CESCP) a été élaborée et théorisée par le philosophe Bo Mou (professeur à la San José State University et rédacteur en chef de la revue internationale Comparative Philosophy).

1. Qu’est-ce que la stratégie CESCP ?

Traditionnellement, la philosophie comparée se limitait souvent à juxtaposer des traditions (par exemple, la pensée chinoise et la pensée occidentale) pour en dresser la liste des ressemblances et des différences, ou pour expliquer une tradition à travers le prisme de l’autre de manière descriptive ou historiciste.

Bo Mou propose un changement de paradigme méthodologique :

Définition de l’objectif :

Examiner comment, par la critique réflexive (y compris l’autocritique) et le dialogue constructif, différentes approches et ressources issues de diverses traditions philosophiques peuvent apporter une contribution conjointe à la compréhension et à la résolution de questions, thèmes ou problèmes d’intérêt commun (jointly concerned issues).

L’engagement n’est ni un syncrétisme aveugle (« tout se vaut ») ni une simple curiosité historique : c’est une recherche de vérité et un effort conjoint orienté vers la constitution progressive d’une « philosophie mondiale » (World Philosophy).

2. Les 3 dimensions d’identité de la philosophie comparée selon Bo Mou

Bo Mou structure l’identité de la philosophie comparée autour de trois axes :

  1. Le caractère (Character) : La philosophie comparée n’est pas une sous-discipline marginale, mais une « manière générale de faire de la philosophie ».
  2. L’approche (Approach) : L’engagement dialogique et critique à travers les traditions (cross-tradition engagement), permettant de dépasser les biais ethnocentriques ou locaux.
  3. La direction (Direction) : La marche vers une philosophie mondiale, unissant les sagesses collectives de l’humanité pour aborder des questions universelles.

3. Les 6 principes / accents majeurs du cadre méthodologique

Dans ses travaux de référence (notamment en 2010 et 2022), Bo Mou détaille six orientations clés :

  1. L’engagement critique (Critical engagement) : La comparaison exige une évaluation critique et rationnelle rigoureuse dans la quête de la vérité, à l’image du dialogue socratique.
  2. La contribution conjointe constructive (Constructive joint contribution) : Deux traditions distinctes s’éclairent mutuellement afin de produire une compréhension nouvelle impossible dans l’isolement (ce que Gadamer appelle une « fusion des horizons »).
  3. L’interprétation philosophique vivante (Philosophical interpretation) : Aller au-delà de la description historique des textes anciens pour expliciter leurs arguments et leur pertinence contemporaine face à des problèmes actuels.
  4. La complémentarité des perspectives (Complementary nature) : Reconnaître le pluralisme de valeurs et de points de vue, où chaque tradition offre un éclairage singulier sur un même problème.
  5. L’application d’outils et de principes adéquats (Eligible perspectives & effective instruments) : Utiliser méthodiquement les concepts opératoires et cadres explicatifs développés dans une tradition pour enrichir la réflexion dans une autre.
  6. L’attention aux questions implicites et explicites (Implicit and explicit issues) : Ne pas se contenter des problèmes déjà formulés, mais dévoiler les présupposés et les questions sous-jacentes.

Voici les publications de référence de Bo Mou accompagnées de leurs liens d’accès direct :


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Article # 290 – Explication et analyse de la perspective de Lahav sur le conseil philosophique, Zahra Fallahi, Fatemeh Soleymani, Raham Sharaf, Journal of Philosophical Investigations, 2025

RAPPORT DE LECTURE


Fallahi, Z., Soleymani, F., & Sharaf, R. (2025). Explanation and analysis of Lahav’s view on philosophical counseling [Explication et analyse de la perspective de Lahav sur le conseil philosophique]. Journal of Philosophical Investigations, 19(52), 565–586.


1. Fiche technique de l’article

  • Titre original : Explanation and Analysis of Lahav’s View on Philosophical Counseling

  • Auteurs : Zahra Fallahi (Doctorante en philosophie islamique, Université Imam Sadiq), Fatemeh Soleymani (Professeure associée, Université Imam Sadiq) et Raham Sharaf (Professeur associé, Université de Zanjan)

  • Revue : Journal of Philosophical Investigations (Université de Tabriz), Vol. 19, n° 52, 2025, pp. 565-586

  • Statut de publication : Reçu le 25 juin 2025, accepté le 17 septembre 2025, publié en ligne le 22 novembre 2025

2. Introduction et Problématique

L’article s’inscrit dans le champ de la philosophie pratique, et plus particulièrement du conseil philosophique (philosophical counseling), un mouvement initié formellement par Gerd Achenbach en 1981. Les auteurs s’intéressent spécifiquement à la figure de Ran Lahav, l’un des pionniers de cette discipline, qui a introduit l’approche de la « transformation de soi ».

La problématique centrale

Bien que l’approche de Lahav soit reconnue pour sa dimension transcendantale et spirituelle, sa pensée est souvent perçue comme éparse et non systématisée dans ses écrits. Cette dispersion a conduit des critiques, notamment Jon Mills (2001), à accuser Lahav de confondre la théorie et la méthode de consultation.

Le but de cet article est donc de répondre à la question suivante : Comment pouvons-nous systématiser et analyser la vision de Lahav sur la méthode et les objectifs du conseil philosophique afin de lever cette accusation de confusion et de poser les bases d’une critique juste ?.

3. Les Fondements Conceptuels de la Pensée de Lahav

Pour reconstruire la cohérence de l’approche de Lahav, les auteurs identifient plusieurs piliers conceptuels fondamentaux :

A. La décomposition tripartie du concept de « Transformation »

La transformation chez Lahav ne se fait pas de manière homogène ; elle est articulée autour de trois niveaux géométriques de la conscience humaine :

  • Le Modèle (Pattern) : Il s’agit des structures comportementales, cognitives et émotionnelles rigides et routinières que l’individu répète de manière inconsciente face à des situations analogues.

  • La Périphérie (Perimeter) : Elle représente la frontière extérieure de l’expérience vécue de l’individu, englobant ses croyances habituelles, ses limites psychologiques et sa vision du monde fonctionnelle.

  • La Profondeur (Depth) : C’est le niveau des significations existentielles fluides, transcendant les structures psychologiques ordinaires. C’est là que réside l’essence de la « réalité humaine » (human reality).

B. La Dépsychologisation et l’Interprétation de la Vision du Monde

  • Contrairement à la psychothérapie, qui tend à analyser les troubles à travers des mécanismes déterministes et causaux de l’esprit, l’approche de Lahav repose sur la dépsychologisation.

  • Elle privilégie une lecture conceptuelle et sémantique : les actions, émotions et désirs du client sont traités comme des expressions d’une vision du monde sous-jacente, assimilable à une « théorie personnelle ».

C. Le rôle de la Volonté et l’influence Bergsonienne

  • Lahav s’oppose au déterminisme psychique strict en réintroduisant la notion de volonté libre.

  • Fortement influencé par Henri Bergson, Lahav conçoit la volonté comme une force intuitive capable de s’extraire des déterminismes spatio-temporels et des « intuitions incompatibles » (conflits internes) pour poser des actes authentiques.

D. Le Pluralisme Spirituel

  • Faisant écho au pluralisme religieux de John Hick, Lahav soutient qu’aucune théorie philosophique n’épuise la vérité de la « Profondeur ».

  • Les différentes philosophies de transformation sont des « habillages linguistiques » différents d’une même résonance existentielle fondamentale.

4. Les Objectifs du Conseil Philosophique chez Lahav

Les auteurs démontrent que chez Lahav, les buts du conseil s’alignent le long d’un continuum vers la profondeur :

[Auto-compréhension] ???? [Quête de Sagesse] ???? [Auto-transformation]
  • L’Auto-compréhension (Self-understanding) : Elle consiste à cartographier et expliciter la vision du monde du client, en identifiant les incohérences de ses présupposés et ses limites périphériques.

  • La Quête de Sagesse (Wisdom Seeking) : C’est le passage d’une réflexion purement égocentrée à une conceptualisation abstraite et philosophique de ses propres problématiques.

  • L’Auto-transformation (Self-transformation) : L’objectif ultime, où le client s’affranchit de sa périphérie restrictive pour s’unir à la Profondeur, intégrant ainsi une dimension plus vaste de la réalité humaine.

5. La Méthodologie : Un Processus Dialectique Rigoureux

Pour lever l’accusation de confusion entre théorie et méthode, les auteurs structurent la démarche de Lahav en un parcours méthodologique précis, basé sur l’usage de la dialectique et articulé en deux grands axes :

Axe I : Le franchissement du Modèle vers la Périphérie (L’approche méthodologique)

Pour passer des comportements répétitifs (patterns) à une vision du monde structurée, le conseiller utilise trois outils :

  1. La Phénoménologie (active et passive) : La phénoménologie passive étudie comment le client fait l’expérience de ses blocages ; la phénoménologie active propose de modifier l’attitude perceptive du client (ex. : adopter la posture phénoménologique d’Ortega y Gasset ou d’autres philosophes pour faire varier sa perspective).

  2. La Méthode Analytique : Elle sert à clarifier les concepts du client et à mettre au jour les présupposés logiques cachés derrière son discours.

  3. La Méthode Critique : Elle évalue la cohérence rationnelle de la théorie personnelle du client et éprouve la solidité de ses arguments.

Axe II : L’examen des contradictions dialectiques (Le parcours de transformation)

Le processus de conseil est jalonné de conflits dialectiques successifs :

Étape de transformation Nature de la contradiction dialectique Résultat (Synthèse / Émergence)
Étape 1 : Du Modèle à la Périphérie

Tension entre les habitudes rigides du client et ses aspirations à la sagesse.

Émergence d’une perception périphérique claire de ses propres limites.

Étape 2 : De la Périphérie à la Profondeur

Conflit dialectique entre la vision du monde personnelle du client et les théories des grands philosophes.

Enseignement du « langage de la profondeur » ; enrichissement ou critique mutuelle de la théorie philosophique et de l’expérience du client.

Étape 3 : Sortie de la Périphérie

Confrontation entre la subjectivité du client et la pluralité des vérités spirituelles objectives.

Dépassement de la distinction sujet/objet ; le client s’intègre comme une partie vibrante de la réalité humaine globale.

6. Analyse critique et Conclusion des Auteurs

L’étude de Fallahi, Soleymani et Sharaf apporte une contribution majeure à la littérature sur la philosophie appliquée :

  • Réhabilitation de Lahav : En montrant que la méthode de Lahav est intrinsèquement liée à son ontologie de la « profondeur » par un processus dialectique rigoureux, l’article réfute avec succès la critique de Mills. La théorie n’est pas confondue avec la méthode, elle en est le moteur ontologique.

  • Originalité scientifique : Selon les recherches bibliographiques des auteurs, cette étude constitue le tout premier effort systématique (dans la littérature persane et internationale) visant à modéliser de façon cohérente les étapes de la transformation spirituelle chez Ran Lahav.

  • Ouverture pratique : En clarifiant les concepts de modèle, périphérie et profondeur, l’article offre un guide méthodologique précieux pour les praticiens du conseil philosophique contemporain.


Article # 289 – Explication du modèle théorique de l’accompagnement philosophique en éducation basé sur la sagesse et le dialogue socratique, Seyyed Hesam Hosseini, Akbar Rahnama, Mahdi Sobhaninejad, Journal of Philosophical Investigations, 2022

RAPPORT DE LECTURE


Hosseini, S. H., Rahnama, A., & Sobhaninejad, M. (2022). Explaining of the Theoretical Model of Philosophical Counseling in Education based on Wisdom and Socratic Dialogue. Journal of Philosophical Investigations, 16(40), 86-110.


Fiche technique de l’article

  • Titre original : Explaining of the Theoretical Model of Philosophical Counseling in Education based on Wisdom and Socratic Dialogue

  • Auteurs : Seyyed Hesam Hosseini, Akbar Rahnama, Mahdi Sobhaninejad (Université de Shahed, Téhéran, Iran)

  • Revue : Journal of Philosophical Investigations (JPI), Vol. 16, n° 40, 2022, pp. 86-110

  • ISSN : 2251-7960 (Imprimé) / 2423-4419 (En ligne)

  • Approche méthodologique : Recherche appliquée qualitative ; analyse conceptuelle, interprétative et rationnelle.

1. Introduction et problématique

L’article s’inscrit dans le mouvement contemporain de la philosophie pratique, né à la fin du XX? siècle en réaction à l’hégémonie du positivisme logique qui avait confiné la philosophie à des spéculations purement théoriques. Les auteurs partent du constat que l’être humain moderne est confronté à des crises existentielles profondes (dépression, perte de repères, matérialisme).

Dans le contexte éducatif iranien, le système d’orientation scolaire souffre d’un manque quantitatif et qualitatif de conseillers, mais surtout d’une absence d’approche spirituelle et philosophique pour traiter les problèmes des élèves. Les auteurs proposent donc d’introduire le conseil philosophique (philosophical counseling) en milieu éducatif comme un paradigme alternatif ou complémentaire à la psychologie clinique.

2. Cadre méthodologique

La recherche adopte une approche qualitative et s’articule autour de trois méthodes analytiques complémentaires :

  • L’analyse conceptuelle et interprétative : utilisée pour élucider la nature du conseil philosophique et ses fondements socratiques à partir de sources primaires (notamment les dialogues platoniciens tels que le Ménon, le Protagoras, le Gorgias, l’Apologie de Socrate et le Théétète).

  • L’analyse rationnelle : mobilisée pour concevoir et structurer le modèle d’intervention idéal au sein des écoles.

3. Fondements philosophiques du modèle socratique

Le modèle théorique proposé repose sur plusieurs postulats socratiques fondamentaux :

L’ignorance comme source du mal moral : Socrate soutient que personne ne fait le mal volontairement. Le choix d’actions néfastes ou destructrices découle d’une ignorance existentielle, c’est-à-dire d’une méprise sur ce qu’est le véritable Bien.

L’orientation innée vers le Bien : L’être humain possède une volonté intrinsèque dirigée vers le Bien. Les dérives comportementales résultent de l’influence persuasive de visions du monde superficielles et non examinées.

L’auto-connaissance comme thérapeutique : Reprenant la maxime delphique « Connais-toi toi-même », l’approche pose que la clarification des croyances fondamentales d’un individu permet de dissoudre ses conflits internes.

4. Le modèle idéal en trois étapes

Le cœur de l’article réside dans la modélisation d’un processus thérapeutique et éducatif structuré en trois grandes phases interconnectées :

[Étape 1 : Découverte de l'identité fausse] ? [Étape 2 : Remise en question / Déconstruction] ? [Étape 3 : Reconstruction d'une nouvelle vision]

Étape 1 : Découverte de l’identité fausse (Auto-connaissance)

Cette première phase vise à mettre en lumière le « soi superficiel » du client (ou de l’élève). Elle se décompose en plusieurs sous-actions :

  • Identification des schémas répétitifs : repérer les attitudes passives ou conflictuelles (ex. jouer la victime, manque d’assurance).

  • Clarification et distinction des croyances : différencier les opinions adoptées de manière passive des véritables convictions internes.

  • Mise entre parenthèses de l’expertise du conseiller : le conseiller n’impose aucun diagnostic préétabli et attend la validation du client.

  • Observation de l’espace de conscience : inviter l’élève à observer ses propres pensées et émotions sans s’y identifier.

  • Mise en évidence de la pluralité interne : travailler sur les contradictions intérieures (ex. « je veux, mais je ne peux pas ») pour aller vers une unification de l’identité.

Étape 2 : Le défi et la mise en question de l’identité fausse

Cette phase utilise la méthode dialogique socratique pour déconstruire les certitudes erronées :

  • Le dialogue maïeutique et l’aporia : amener le client vers un état d’impasse logique (aporia) où ses croyances limitantes s’effondrent d’elles-mêmes.

  • L’analyse logique et conceptuelle : examiner rigoureusement la structure argumentative et la définition des concepts clés (justice, liberté, etc.) utilisés par l’élève.

Étape 3 : Le mouvement vers une nouvelle vision du monde

Une fois les fausses croyances ébranlées, le sujet doit reconstruire son cadre de référence pour éviter de sombrer dans le nihilisme :

  • Le soi comme sujet créatif : amener l’élève à se percevoir non comme un objet passif de déterminismes psychologiques, mais comme un sujet actif capable de choix libres.

  • L’ancrage dans le moment présent : libérer l’esprit des regrets passés et des anxiétés futures.

  • L’alignement avec la vertu : guider l’élève vers une vie authentique basée sur ses propres valeurs rationnellement examinées.

5. Distinction : Conseil psychologique vs Conseil philosophique

L’article propose une distinction épistémologique cruciale entre l’approche psychologique classique et l’approche philosophique :

Dimension Conseil Psychologique Conseil Philosophique (Socratique)
Postulat de base

Analyse les relations de cause à effet (déterminisme causal).

Explore le sens, les valeurs et les structures logiques de la pensée.

Focalisation

Centré principalement sur les émotions et les symptômes.

Centré sur la cohérence des croyances et la vision globale du monde (Weltanschauung).

Objectif ultime

Auto-actualisation, réduction du symptôme.

Auto-connaissance profonde, sagesse pratique et vertu.

Rôle du professionnel

Expert qui diagnostique et traite.

Guide maïeutique qui co-explore et stimule la réflexion autonome.

Conclusion et portée académique

L’étude d’Hosseini, Rahnama et Sobhaninejad démontre de manière convaincante que la philosophie ne se limite pas à l’histoire des idées, mais s’avère être une médecine de l’âme directement applicable au domaine de l’éducation.

En redéfinissant les difficultés des élèves non comme des pathologies mentales, mais comme des tensions conceptuelles ou des incohérences logiques au sein de leur vision du monde, le modèle socratique redonne à l’apprenant sa pleine souveraineté rationnelle. Ce modèle en trois étapes (découverte, défi, reconstruction) offre une alternative rigoureuse et humaniste aux approches psychothérapeutiques conventionnelles en milieu scolaire.


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Article # 287 – La pratique philosophique comme expérience et voyage / Philosophical practice as experience and travel, Barrientos Rastrojo José PhD, Professor of the University of Seville, Spain, 2019

RAPPORT DE LECTURE


Barrientos Rastrojo, J. (2019). Philosophical practice as experience and travel. Socium i vlas?, ? 4 (78), pp. 29-44.


L’article intitulé « Philosophical practice as experience and travel » est un travail de recherche fondamentale rédigé par José Barrientos Rastrojo, docteur et professeur à l’Université de Séville (Espagne). Cette étude a été publiée en 2019 dans la revue scientifique russe Socium i vlas? (?????? ? ??????), au sein du numéro 4 (78), précisément des pages 29 à 44. Enregistré sous les classifications thématiques académiques UDC 101.8 + 101.9, ce texte rédigé principalement en espagnol (et introduit par un résumé détaillé en anglais et en russe) s’inscrit dans les champs de la philosophie appliquée, de la phénoménologie de l’expérience et du conseil philosophique (philosophical counseling). L’auteur y examine de manière critique les dérives méthodologiques des animateurs non formés à la discipline, tout en posant les jalons théoriques et épistémologiques d’une « Philosophie Appliquée Expérientielle » capable d’opérer une véritable transformation métaphysique chez le sujet


1. Introduction et Problématique générale

Dans cet article, le professeur José Barrientos Rastrojo examine les fondements conceptuels et épistémologiques de la philosophie appliquée (ou pratique philosophique).

L’auteur part d’un constat contrasté : d’un côté, il existe un intérêt croissant et une forte demande de formations en philosophie appliquée de la part de professionnels extérieurs à la discipline. De l’autre, cette popularité génère une vive inquiétude quant au risque de dilution de la nature philosophique de ces pratiques. L’auteur cite notamment le philosophe Ran Lahav pour illustrer cette dérive :

« Personally, I acknowledge that many of the activities presented […] are very valuable. But please, let us not call « philosophy » what is obviously very different from the philosophy which philosophers throughout history have been doing. »

(« Personnellement, je reconnais que beaucoup des activités présentées […] sont très précieuses. Mais s’il vous plaît, n’appelons pas « philosophie » ce qui est manifestement très différent de la philosophie que les philosophes ont pratiquée tout au long de l’histoire. »)

De nombreux praticiens non formés réduisent la philosophie à l’usage d’un simple dialogue ou à l’emploi superficiel de concepts isolés (comme la « liberté » ou le « genre »). L’auteur s’interroge sur cette légitimité en citant Lydia Amir :

« Philosophical practitioners should take philosophy seriously and avoid setting philosophy short, misrepresenting it, or passing it for what it is not. To take philosophy seriously is to be loyal to its objectives. […] However, not every conversation with a philosopher is philosophical. »

(« Les praticiens de la philosophie devraient prendre la philosophie au sérieux et éviter de la rabaisser, de la dénaturer ou de la faire passer pour ce qu’elle n’est pas. Prendre la philosophie au sérieux, c’est être fidèle à ses objectifs. […] Cependant, toute conversation avec un philosophe n’est pas nécessairement philosophique. »)

L’objectif de l’auteur est de réaffirmer la nécessité d’une formation rigoureuse et de proposer un modèle alternatif novateur : la Philosophie Appliquée Expérientielle.

2. Cartographie de la Philosophie Appliquée

L’auteur structure le champ de la philosophie en trois grandes catégories : la philosophie théorique (métaphysique, logique, épistémologie), la philosophie pratique (éthique, philosophie politique) et enfin, la philosophie appliquée.

La tendance logico-argumentative (analytique)

L’article rappelle que la philosophie appliquée s’est d’abord structurée autour d’approches discursives et logiques. L’auteur définit traditionnellement sa propre conception de cette tendance ainsi :

« La Filosofía Aplicada es un proceso de conceptualización y/o clarificación acerca de cuestiones relevantes y/o esenciales cuyo objetivo es la mejora del acto de pensamiento del consultante y de sus contenidos veritativos y cuyo resultado acostumbra a ser el bien-estar. »

(« La philosophie appliquée est un processus de conceptualisation et/ou de clarification de questions pertinentes et/ou essentielles dont l’objectif est l’amélioration de l’acte de pensée du consultant et de ses contenus de vérité, et dont le résultat est habituellement le bien-être. »)

Cette démarche repose sur les travaux de figures majeures du courant analytique, telles que Warren Shibles ou encore Oscar Brenifier, qui résume la pratique philosophique à l’exercice d’habiletés critiques :

« [La Filosofía Aplicada] se centra en habilidades de pensamiento crítico como identificar (reconocer las fronteras de una realidad), criticar o problematizar […] y conceptualizar (dar nombre a una realidad). »

(« [La philosophie appliquée] se concentre sur des compétences de pensée critique telles que identifier (reconnaître les frontières d’une réalité), critiquer ou problématiser […] et conceptualiser (nommer une réalité). »)

3. La Philosophie Appliquée Expérientielle : Vers une transformation globale

Au-delà de la seule dimension analytique et discursive, l’auteur soutient que la philosophie appliquée doit engager la totalité de la personne afin de susciter une véritable transformation interne (métamorphose). Il définit cinq caractéristiques majeures de cette approche expérientielle :

A. Une épistémologie anagogique

L’anagogie postule que la connaissance authentique exige une synchronisation existentielle avec l’objet connu. L’auteur s’appuie sur la formule d’Antón Pacheco pour définir ce processus :

« La anagogía […] implica la coincidencia de los modi essendi, los modi cognoscendi y los modi interpretandi. »

(« L’anagogie […] implique la coïncidence des modes d’être, des modes de connaissance et des modes d’interprétation. »)

Il cite également Martín Velasco pour illustrer la transition d’un savoir théorique à un savoir vécu :

« « Quien lo ha visto, comprende », decía Plotino. « Quien no ha experimentado esto no lo comprenderá bien ». »

(« « Celui qui l’a vu comprend », disait Plotin. « Celui qui n’en a pas fait l’expérience ne le comprendra pas bien ». »)

B. L’ouverture à des rationalités alternatives

La rationalité d’une telle philosophie ne se réduit pas à l’exercice logico-argumentatif. S’inspirant de María Zambrano, l’auteur aspire à une raison plus ouverte :

« [Algo] que sea razón, pero más ancho. »

(« [Quelque chose] qui soit de la raison, mais plus large. »)

Elle fait également appel à l’art et à l’esthétique. S’appuyant sur John Dewey, l’auteur rappelle que :

« El artista realiza su pensamiento en los medias cualitativos mismos con que trabaja, y sus fines se encuentran tan cerca del objeto que produce que se fundan directamente con él. »

(« L’artiste réalise sa pensée dans les supports qualitatifs mêmes avec lesquels il travaille, et ses fins sont si proches de l’objet qu’il produit qu’elles se fondent directement avec lui. »)

C. L’expérience conçue comme un voyage et un danger

Faire l’expérience implique d’accepter le risque d’abandonner ses anciennes certitudes pour laisser advenir son être authentique. L’auteur cite à ce sujet María Zambrano :

« Se precisa una cierta aventura y hasta una cierta perdición en la experiencia, un cierto andar perdido el sujeto en quien se va formando. »

(« Il faut une certaine aventure et même une certaine perdition dans l’expérience, un certain égarement du sujet chez qui elle est en train de se former. »)

D. Une vérité évidentielle et événementielle

La validité de l’expérience philosophique repose sur la force de sa vérité « évidentielle ». Comme le souligne Xavier Zubiri :

« Experiencia significa algo adquirido en el transcurso real y efectivo de la vida. No es un conjunto de pensamientos que el intelecto forja, con verdad o sin ella, sino el haber que el espíritu cobra en su comercio efectivo con las cosas. »

(« L’expérience signifie quelque chose d’acquis dans le cours réel et effectif de la vie. Ce n’est pas un ensemble de pensées que l’intellect forge, à tort ou à raison, mais l’avoir que l’esprit acquiert dans son commerce effectif avec les choses. »)

Cette évidence, bien que parfois dépouillée sur le plan discursif, est le seul véritable moteur de changement, car elle est :

« …terriblemente pobre en contenido intelectual; sin embargo, opera en la vida una transformación sin igual que otros pensamientos más ricos y complicados no fueron capaces de hacer. » (M. Zambrano)

(« …terriblement pauvre en contenu intellectuel ; pourtant, elle opère dans la vie une transformation sans pareille que d’autres pensées plus riches et plus complexes n’ont pas été capables de produire. »)

E. Un niveau de compréhension ontologique (métaphysique)

Enfin, la philosophie expérientielle dépasse le cadre purement psychologique ou personnel. C’est l’expérience elle-même qui façonne le sujet, et non l’inverse. Pour étayer cette thèse ontologique, l’auteur convoque le philosophe Kitaro Nishida :

« No hay experiencia porque exista un individuo sino que existe un individuo porque hay experiencia. »

(« Il n’y a pas d’expérience parce qu’un individu existe, mais un individu existe parce qu’il y a de l’expérience. »)

4. Conclusion et Implications pratiques

Le rapport de José Barrientos Rastrojo démontre que la pratique de la philosophie ne s’improvise pas à l’aide de simples outils de communication. Elle exige une maîtrise rigoureuse de l’histoire de la pensée combinée à un engagement existentiel profond. En définitive, si pour María Zambrano, philosopher consistait à « déchiffrer le sentiment originel », l’auteur conclut qu’une philosophie appliquée digne de ce nom doit :

« …implicar el despliegue de la experiencia originaria en el sujeto, es decir, convertir a la persona en un Da-Sein Experiencial o, si se me permite, en un Da-Erfahrung. »

(« …impliquer le déploiement de l’expérience originelle chez le sujet, c’est-à-dire convertir la personne en un Da-Sein Expérientiel ou, si l’on me permet l’expression, en un Da-Erfahrung. »)

Artcile # 286 – Le counselling philosophique : une pratique en quête d’identité et de normes, Philippe Leblanc, Mémoire, Université de Sherbrooke, Québec, Canada, 2008

RAPPORT DE LECTURE


Leblanc, Philippe, Le counselling philosophique : une pratique en quête d’identité et de normes, mémoire présenté comme exigence partielle de la maîtrise ès arts (philosophie), Université de Sherbrooke, juin 2008, 227 pages (ISBN : 978-0-494-42978-5).


Détails du document :

  • Auteur : Philippe Leblanc

  • Titre : Le counselling philosophique : une pratique en quête d’identité et de normes

  • Type de document : Mémoire présenté comme exigence partielle de la maîtrise ès arts (Philosophie)

  • Institution : Université de Sherbrooke, Faculté de théologie, d’éthique et de philosophie

  • Lieu de publication : Sherbrooke (Québec, Canada)

  • Date de publication : Juin 2008

  • Pagination : vi, 227 pages

  • Directeur de recherche : André Duhamel

  • Membres du jury / correcteurs : M. Létourneau et M. Nisole

  • Identifiant (ISBN) : 978-0-494-42978-5 (Bibliothèque et Archives Canada)


1. Introduction et mise en contexte

Ce mémoire de maîtrise est le premier rédigé en langue française à s’intéresser spécifiquement à l’identité du counselling philosophique parmi les autres pratiques en relation d’aide. L’auteur inscrit cette étude dans le cadre d’une discipline pré-paradigmatique et préscientifique au sens de Thomas Kuhn, caractérisée par une absence de consensus unificateur sur ses concepts, ses méthodes et ses buts. L’objectif principal de l’ouvrage est de démontrer que le counselling philosophique possède une place légitime et distincte dans le domaine de la relation d’aide, tout en s’inspirant de l’idéal antique de la philosophie comme art de vivre.

2. Définition, critères d’éligibilité et spécificité (Chapitre 1)

Définition du counselling philosophique

Le counselling philosophique se définit comme l’intervention d’un philosophe qualifié qui aide un client à résoudre une question ou un problème embarrassant par le biais d’un dialogue réflexif et critique. Cette démarche s’appuie sur deux postulats fondamentaux :

  • Les individus vivent selon des valeurs ou suppositions préjugées et conscientes qui affectent leurs pensées ou comportements lors de moments critiques.

  • L’individu est nourri par son enfance mais n’est pas déterminé par celle-ci.

Quatre critères d’éligibilité du client

Pour s’engager dans ce processus, le client doit obligatoirement satisfaire à quatre critères :

  • Penser par soi-même : Le candidat doit accepter d’être le seul maître de sa quête intellectuelle et en assumer la responsabilité.

  • Consistance et non-contradiction : La pensée du client doit respecter les règles élémentaires de la logique. Les personnes atteintes de troubles altérant cette cohérence (comme la schizophrénie) doivent être réorientées.

  • Ouverture au dialogue : Le candidat doit vouloir communiquer et expliciter l’architecture de ses principes fondamentaux.

  • Acceptation de la critique : Le client doit accepter d’être questionné, confronté et stimulé dans ses convictions dogmatiques.

Distinctions antinomiques (Les six fronts)

Le counselling philosophique se positionne de manière exclusive face aux autres disciplines :

  • Contre les « psy » : Le but est la clarification conceptuelle et non la guérison clinique. Il rejette le modèle médical, ne s’occupe pas de l’inconscient et refuse d’établir une norme objective de santé mentale.

  • Contre la philosophie académique : Contrairement à l’académicien qui traite les problèmes de manière abstraite et impersonnelle, le conseiller s’ancre toujours dans le contexte concret et subjectif du client.

  • Contre la philosophie et l’éthique appliquées : Le counselling philosophique est plus englobant ; il traite de questions existentielles, métaphysiques ou logiques pour elles-mêmes, sans être restreint aux seuls impératifs éthiques.

  • Contre le counselling pastoral : Il ne s’appuie sur aucun dogme religieux ni herméneutique confessionnelle, garantissant une totale liberté de pensée (incluant l’athéisme ou le scepticisme).

  • Contre la philo-pop et la psycho-pop : Il rejette les recettes toutes faites, le « prêt-à-penser » et la simplification dogmatique au profit du doute constructif et de la rigueur critique.

  • Contre les coachs de vie : Le conseiller philosophique ne peut adopter une posture neutre sur le contenu (comme le fait le coach) ; il doit posséder une expertise de haut niveau dans le domaine des idées pour stimuler et confronter le dialogue.

3. Techniques, approches et méthodes (Chapitre 2)

Quatre techniques fondamentales

Ces outils logiques constituent la base de l’intervention :

  • L’analyse conceptuelle : Clarifier et délimiter les concepts fondamentaux du client par des exemples et contre-exemples.

  • L’examen des présupposés : Mettre en lumière et évaluer la cohérence des prémisses implicites d’un raisonnement.

  • La pensée critique : Garantir la validité des arguments et débusquer les raisonnements fallacieux ou tautologiques.

  • L’examen des conséquences : Extrapoler les implications logiques ou pratiques des affirmations du client.

Seize approches répertoriées

Les approches correspondent à des styles d’interaction combinant les techniques susmentionnées :

  1. Dialogue maïeutique : Questionner pour faire accoucher le client de ses propres réponses.

  2. Dialogue au pair : Échange horizontal d’idées d’égal à égal.

  3. Dialogue pédagogique : Transmission didactique de notions logiques nécessaires.

  4. Orientée sur le problème : Résolution spécifique du motif de consultation.

  5. Orientée sur un but précis : Réponse directe à un objectif défini, détaché de tout problème personnel.

  6. Orientée sur la personne : Focalisation globale sur les relations existentielles et l’autonomie du sujet.

  7. Orientée vers les textes (bibliothérapie) : Lecture critique d’œuvres philosophiques ciblées.

  8. Investigation critique : Questionnement systématique des prémisses du client.

  9. La quête d’équilibre : Résolution des conflits de valeurs internes ou externes pour retrouver la paix de l’âme.

  10. Autonomie du client : Neutralité du conseiller qui se limite à stimuler la réflexion autonome.

  11. Apport du conseiller : Interventions théoriques ponctuelles pour nourrir la discussion.

  12. Interprétation descriptive : Clarification de la situation pour rendre visible l’origine d’un malaise.

  13. Sans buts prédéterminés (open-ended) : Processus improvisé et sur mesure pour préserver l’étonnement.

  14. Demande d’approbation : Évaluation logique de la consistance de la pensée du client à sa demande.

  15. Analyse de la conception du monde : Examen de l’articulation globale du réseau d’idées et de croyances du client.

  16. La pensée utopique : Recours à l’imagination conceptuelle pour dépasser un blocage réel.

Analyse de trois méthodes structurées

Le mémoire confronte trois modèles d’application :

Caractéristiques Méthode Lou Marinoff (PEACE) PDF Méthode Peter B. Raabe PDF Méthode Anette Prins-Bakker PDF
Étapes

1. Problème


2. Émotion


3. Analyse


4. Contemplation


5. Équilibre.

1. Écoute maïeutique


2. Résolution du problème


3. Enseignement intentionnel


4. Transcendance.

1. Dis-moi…


2. Qui es-tu ?


3. À propos de ta vie ?


4. Dans quelle phase es-tu ?


5. À propos de ta relation ?


6. Poursuite du mariage ?

Public cible

Tout public.

Tout public.

Couples (Counselling conjugal).

Limites / Critiques

Critiquée pour sa simplification « philo-pop », son rejet excessif des psys, et l’absence de balises sur ses propres limites.

Méthode souple, rigoureuse et modulable selon les besoins spécifiques du client.

Met l’accent sur l’individu et brise avec succès l’identification de la personne à son problème.

Le travail de recherche du mémoire conclut à une préférence marquée pour la méthode de Peter B. Raabe en raison de sa flexibilité thérapeutique et de sa rigueur conceptuelle.

4. Limites, déontologie et formation (Chapitre 3)

Les quinze limites de la pratique

L’auteur répertorie quinze limites réparties en trois catégories que tout praticien se doit de respecter :

Épistémologiques

  1. Interdiction d’intervenir sur l’inconscient ou les conflits d’ordre psychanalytique.

  2. Impossibilité de fournir des réponses absolues ou dogmatiques aux grandes questions de l’existence.

Pratiques

  1. L’efficacité est nulle si le client est intentionnellement trompeur ou menteur.

  2. Le conseiller ne peut forcer ni imposer des changements de comportement chez le client.

  3. Le counselling ne produit pas directement d’états d’esprit positifs (bonheur, estime de soi) ; ceux-ci découlent indirectement de la résolution des conflits.

  4. Le processus est impossible si le client est émotionnellement absorbé par sa détresse et incapable de distance critique.

  5. Le diplôme universitaire ne garantit pas les compétences interpersonnelles (empathie, respect) requises.

  6. Risque de rupture de l’alliance si le conseiller est perçu comme une menace par un client en crise.

  7. Les blocages ou impasses personnelles du conseiller limitent sa capacité à aider le client sur ces mêmes sujets.

  8. Des divergences métaphysiques trop profondes entre le conseiller et le client peuvent empêcher l’établissement d’un terrain commun.

  9. Le conseiller ne peut se substituer au besoin d’affection et de relations amicales du client.

Éthiques

  1. Les thèmes de discussion doivent rester dans les limites de la légalité et de la moralité (interdiction de planifier des actes violents ou criminels).

  2. Interdiction de traiter des pathologies physiologiques ou de se prononcer sur l’usage ou l’arrêt de la médication psychiatrique.

  3. Obligation de ne pas garantir le succès d’une démarche et de faire preuve de pondération sur les résultats.

  4. Obligation éthique de réorienter le client vers d’autres professionnels de la santé si ses besoins dépassent le cadre philosophique.

Codes d’éthique

L’analyse du code préliminaire proposé autrefois par la SCPP (Société Canadienne pour la Pratique Philosophique) montre des lacunes importantes : absence de définitions claires du client et du counselling, absence de procédure de plainte, et présence d’un désengagement complet de responsabilité juridique en cas d’abus. L’auteur valorise davantage les codes d’éthique hollandais et britannique, beaucoup plus structurés et exigeants en matière de protection du public et de formation continue.

Recommandations pour la formation

Pour assurer la crédibilité de la profession et minimiser les risques de dérapage, le mémoire soutient la nécessité d’une double compétence :

  • Niveau théorique : Une maîtrise universitaire en philosophie doublée d’études ou de compétences avérées en santé mentale ou en counselling.

  • Niveau pratique : Un long stage théorique et de simulation pratique, sur le modèle proposé par l’Hotel de Filosoof d’Amsterdam, favorisant l’écoute active, les jeux de rôles croisés (conseiller/conseillé), l’évaluation vidéo et la supervision de groupe.

La question de la rémunération

Le mémoire confronte les critiques de Socrate (dans les textes de Platon et de Xénophon) contre les sophistes qui vendaient leur savoir. L’auteur justifie la rémunération contemporaine des conseillers par le fait qu’ils ne vendent pas une vérité toute faite mais une technique d’accompagnement de la pensée, et que l’investissement financier du client favorise son autonomie et son engagement dans la démarche. Les honoraires habituels répertoriés se situent entre 50 $et 100$ par séance.

5. Conclusion générale du mémoire

Philippe Leblanc conclut que le counselling philosophique possède bel et bien une identité propre, à la fois unique et fragile. L’absence d’un paradigme commun exige un travail constant d’élaboration de normes éthiques, de codes professionnels et de formation rigoureuse. Pour combler le vide méthodologique de la discipline, l’auteur propose en ouverture de recherche la mise en œuvre d’études empiriques basées sur des questionnaires de rétroaction systématiques soumis directement aux praticiens et à leurs clients.

Article # 285 – La pratique philosophique aide-t-elle ? Une enquête à travers le dialogue philosophique en milieu médical / Does Philosophical Practice Help? An Inquiry through a Philosophical Dialogue in Medical Settings, Flavia Baldari, Tokyo College, The University of Tokyo, 2023


RAPPORT DE LECTURE


Baldari, F. (2023). Does Philosophical Practice Help? An Inquiry through a Philosophical Dialogue in Medical Settings. Tetsugaku, 7, 107–122


L’article de Flavia Baldari démontre que la pratique philosophique en milieu hospitalier, bien qu’elle ne constitue pas une thérapie clinique visant une guérison ou un soulagement immédiat, offre un espace de transformation existentielle indispensable pour aider les patients à reconfigurer leur identité face à la maladie. À travers l’analyse de l’OncoloCafé, l’auteure établit que la philosophie permet de redonner du sens à une réalité déstructurée par l’épreuve médicale, non pas en résolvant les problèmes pratiques, mais en transformant la manière dont les sujets perçoivent et habitent leur condition.


Identification bibliographique

  • Auteure et affiliation : Flavia Baldari (Tokyo College, Université de Tokyo).

  • Publication : Tetsugaku, vol. 7, 2023, The Philosophical Association of Japan.

  • Objet de l’étude : Évaluer dans quelle mesure la philosophie pratique (conseil philosophique, cafés philosophiques) peut être considérée comme une « relation d’aide » (helping profession) dans un contexte de soins de santé, en s’appuyant sur l’étude de cas de l’OncoloCafé à Osaka.


Cadre théorique : Phénoménologie et Existentialisme

Pour comprendre l’intervention de la philosophie en milieu médical, l’article s’appuie sur un ancrage théorique qui rejette une vision purement organique de la maladie.

  • Le corps vécu et le monde de la vie (Husserl) : L’auteure rejette le dualisme cartésien corps-esprit pour adopter la notion de « corps vécu » (Lived Body) chez Edmund Husserl, qui considère le corps comme le médium indispensable de toute perception et de l’accès au monde intersubjectif (Lebenswelt). Cette approche permet de rendre compte du fossé (gap), conceptualisé par S. Kay Toombs, qui sépare l’expérience quotidienne de la maladie vécue par le patient (illness) et la définition clinique de la pathologie par les médecins (disease).

  • La déstructuration de la projection existentielle (Heidegger) : En mobilisant le concept de Da-sein (être-au-monde) de Martin Heidegger, l’étude analyse la découverte d’une maladie grave ou incurable comme une rencontre brutale avec des possibilités existentielles limitées. Cette épreuve déstructure la « projection » du sujet, c’est-à-dire la compréhension qu’il a de lui-même et de son avenir, provoquant une crise d’identité profonde qui exige de reconfigurer son rapport au monde.

  • La clarification de la vision du monde (Achenbach et Lahav) : Selon Gerd Achenbach, les individus se tournent vers la pratique philosophique pour comprendre et être compris, et pour rendre compte de la forme de leur vie. Cette démarche vise à élucider ce que Ran Lahav nomme la « vision du monde » (worldview), à savoir le cadre conceptuel et le système de coordonnées qui permettent au sujet d’interpréter sa réalité et de conférer du sens à ses attitudes.

L’Étude de cas : L’OncoloCafé

L’OncoloCafé sert de terrain d’observation pour analyser la dynamique du dialogue philosophique face à des situations d’extrême vulnérabilité.

  • Origine et participants : Fondé en 2016 à l’Hôpital universitaire d’Osaka par Nakaoka Narifumi et Sano Keiko, ce café philosophique rassemble des patients atteints de cancer ou de maladies incurables (notamment la SLA), leurs familles et des professionnels de santé. Depuis 2020, les sessions se déroulent en ligne en raison de la pandémie de COVID-19.

  • Égalité et absence de hiérarchie : Conformément aux analyses de Neri Pollastri, le dialogue s’exerce dans une parfaite égalité de dignité rationnelle, humaine et éthique entre soignants, patients et proches. L’espace ne fonctionne ni comme un groupe de parole traditionnel ni comme un lieu de conseil médical, mais comme un laboratoire où l’on pense ensemble sans obligation d’aboutir à une conclusion commune.

  • Décentrement thématique : Les sujets abordés sont délibérément déconnectés des conditions médicales (ex. : « Qu’est-ce que le bonheur ? », « La fiabilité », « Que signifie faire de son mieux ? »). Ce choix vise à briser le dualisme sain/malade et à accueillir le participant en tant que personne entière, et non en tant que simple patient.

  • Dialectique du narratif et du réflexif : Le processus s’initie par le récit biographique et l’énonciation d’expériences subjectives, souvent marquées par un sentiment de vide ou une perte de repères (comme l’exprime le témoignage d’un patient se sentant « renaît, mais de manière négative »). Le rôle du facilitateur consiste à faire basculer ce niveau narratif vers une réflexion conceptuelle, en s’appuyant sur des exemples concrets du quotidien pour expliciter les présupposés flous ou indicibles.

Portée critique : Transformation philosophique contre thérapie clinique

L’apport majeur de l’article réside dans sa clarification rigoureuse de la frontière entre philosophie et profession d’aide.

  • Une absence de visée thérapeutique directe : La philosophie pratique ne cherche pas à soulager immédiatement la détresse ni à procurer un bien-être à court terme. Au contraire, comme l’a souligné le professeur Nishimura Takahiro lors d’un colloque en 2022, amener des patients en fin de vie à interroger leurs valeurs fondamentales peut s’avérer douloureux, confrontant, voire sembler « violent » en rappelant la réalité de la mort.

  • La primauté de la transformation existentielle : Contrairement à une thérapie de remédiation, le dialogue philosophique vise à « rester dans le problème » pour mieux le comprendre et en modifier la perception. En s’exposant au regard et aux remises en question respectueuses des autres, les participants élargissent leur horizon et génèrent une nouvelle « macro-vision du monde ».

  • Un bénéfice thérapeutique indirect : Si la pratique philosophique n’est pas une thérapie au sens médical, ses effets n’en demeurent pas moins profondément bénéfiques. En permettant aux participants de mettre au jour leurs biais, de clarifier leurs concepts et de redonner du sens à une existence bouleversée par la maladie, elle offre des instruments de navigation existentielle qui contribuent indirectement, mais durablement, à leur bien-être.

La pratique philosophique dans le domaine de la santé ne se substitue donc ni aux soins cliniques ni aux soutiens psychologiques classiques, mais elle comble un angle mort de l’accompagnement médical. En rendant aux patients leur agentivité par le maniement des concepts et le dialogue intersubjectif, elle transforme l’épreuve subie de la maladie en un espace de réappropriation de soi. La relation d’aide philosophique s’affirme alors non comme une promesse de guérison, mais comme une conquête de lucidité permettant de réédifier une identité face à la fragilité de la vie.


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Article # 284 – Le conseil philosophique comme méthode de pratique de la philosophie africaine contemporaine / Philosophical Counselling as a Method of Practising Contemporary African Philosophy, Jaco Louw, 2024

Rapport de lecture analytique


Louw, J. (2024). Philosophical Counselling as a Method of Practising Contemporary African Philosophy: Setting the Context for a Conversation between Serequeberhan and Chimakonam. Journal of Comparative Literature and Aesthetics, 47(1), 117-130.


Introduction et Thèse de l’Auteur

Dans cet article, Jaco Louw aborde une double problématique au sein du mouvement du conseil philosophique (philosophical counselling) : le débat incessant sur ses méthodes et l’exclusion presque systématique des traditions philosophiques non occidentales, particulièrement la philosophie africaine.

Pour y remédier, Louw propose une reconceptualisation radicale : envisager le conseil philosophique non pas comme une discipline autonome cherchant sa propre méthodologie, mais comme une méthode en soi pour pratiquer la philosophie académique hors de la tour d’ivoire. En s’appuyant sur les travaux des philosophes africains Tsenay Serequeberhan et Jonathan Chimakonam, il démontre comment cette approche permet de co-créer des concepts pertinents ancrés dans le « monde vécu » (lifeworld) africain.


Tsenay Serequeberhan et Jonathan Chimakonam

Il s’agit de deux figures majeures et incontournables de la philosophie africaine contemporaine, dont les travaux théoriques servent de fondement à la restructuration du conseil philosophique proposée dans l’article de Jaco Louw :

Tsenay Serequeberhan

Qui est-il ? C’est un philosophe érythréen (né en Érythrée) et universitaire, professeur de philosophie à la Morgan State University aux États-Unis.

Son apport clé : Il est le théoricien de l’herméneutique critique africaine. Pour lui, la philosophie africaine doit être une interprétation rigoureuse du « monde vécu » (lifeworld) de l’Afrique actuelle, en se concentrant sur la déconstruction de l’eurocentrisme et des séquelles du néo-colonialisme. Il préconise un processus de « filtration et fertilisation » pour s’approprier les savoirs extérieurs tout en valorisant la vitalité de l’histoire africaine (concept du « retour à la source »).

Jonathan Chimakonam

Qui est-il ? C’est un philosophe et logicien nigérian d’ethnie Igbo, professeur de philosophie, ayant enseigné notamment à l’Université de Calabar (Nigeria) et à l’Université de Pretoria (Afrique du Sud).

Son apport clé : Il est le fondateur et principal théoricien du conversationnalisme (ou philosophie conversationnelle). Il a développé un système de logique propre à la philosophie africaine (Ezumezu logic) ainsi que la méthode de la lutte créative (arumaru-uka), un face-à-face intellectuel tendu et permanent entre un partisan (nwa nsa) et un opposant (nwa nju) visant à rejeter la synthèse pour continuellement faire émerger de nouveaux concepts.

Dans l’article de Jaco Louw, la pensée de Serequeberhan fournit le cadre d’analyse de la réalité concrète (le diagnostic du vécu), tandis que la méthode de Chimakonam offre les outils dynamiques de dialogue (la thérapie par la confrontation d’idées).


1. Les Limites du Conseil Philosophique Contemporain

Louw identifie plusieurs failles majeures dans le paysage actuel de la pratique philosophique :

  • L’impasse méthodologique : Le milieu du conseil philosophique est divisé entre ceux qui exigent une méthode unique, ceux qui défendent un pluralisme méthodologique et ceux qui rejettent toute méthode.

  • L’hégémonie occidentale : La discipline s’appuie presque exclusivement sur des cadres théoriques et des sujets épistémiques occidentaux, ce qui limite sa portée thérapeutique et herméneutique auprès de populations non occidentales.

  • Le piège de l’« inclusion indigène » : Les rares tentatives d’intégrer la philosophie africaine (souvent via l’Ubuntu ou la philosophie des sages) souffrent d’un manque de nuance. Cette inclusion superficielle force les traditions marginalisées à devoir justifier leur validité selon les critères et les normes du statu quo occidental.

2. Le Cadre Théorique : L’Herméneutique et le Conversationnalisme Africains

Pour structurer une pratique philosophique contextualisée et dynamique, Louw fait dialoguer deux figures majeures de la philosophie africaine contemporaine :

L’herméneutique critique de Tsenay Serequeberhan

  • Analyse de la situation contemporaine : La philosophie de Serequeberhan se veut une interprétation critique de la réalité africaine actuelle, fortement marquée par le néo-colonialisme.

  • La double tâche du philosophe : Le philosophe doit opérer une déconstruction critique de l’eurocentrisme et, en même temps, reconstruire un cadre conceptuel propre.

  • Filtration et fertilisation : Ce processus implique de trier l’héritage historique et d’indigéniser de manière organique les apports extérieurs, tout en effectuant un « retour à la source » (s’inspirer de la vitalité des luttes de libération sans idéaliser un passé précolonial figé).

  • Limites identifiées : Louw souligne, en accord avec les critiques, que l’approche de Serequeberhan peut parfois s’enfermer dans une posture purement réactive face au néo-colonialisme, risquant de figer le dialogue.

Le conversationnalisme de Jonathan Chimakonam

  • La relation de doute (Arumaru-uka) : Chimakonam propose une méthode axée sur l’interdépendance et la confrontation critique d’idées entre un partisan (nwa nsa) et un opposant (nwa nju).

  • La lutte créative : Contrairement au dialogue classique visant une synthèse, le conversationnalisme rejette la synthèse, la qualifiant de « reddition créative » qui met fin à la pensée. Les participants préservent leurs positions initiales mais en ressortent transformés et stimulés.

  • Création de concepts : C’est de cette tension dialectique continue que naissent de nouveaux concepts philosophiques adaptés au contexte réel.

3. Le Conseil Philosophique comme Méthode : Trois Implications Majeures

En redéfinissant le conseil philosophique comme une méthode de mise en pratique de la philosophie académique, Louw dégage trois conséquences positives :

Implication Description
Obsolescence de la quête méthodologique

En assimilant le conseil à l’acte même de philosopher, le besoin de lui trouver des protocoles cliniques ou des méthodes distinctes de la philosophie s’efface.

Démocratisation et utilité publique

Le conseiller philosophique devient un traducteur capable de transposer la rigueur académique dans le langage du quotidien. Cela rend des théories complexes accessibles et utiles pour surmonter des difficultés existentielles concrètes.

Production active de concepts

Le conseil ne se limite pas à prescrire ou transmettre passivement des textes philosophiques. Par la traduction contextuelle et le dialogue critique, la séance devient le lieu de production de nouveaux concepts co-créés avec le consultant.

4. Concrétisation Pratique : La « Lutte Créative » en Séance

Louw illustre comment cette approche se traduit lors d’une séance de conseil :

  • Contre le compromis lénifiant : Dans le conseil philosophique classique, le but est souvent de résoudre le problème du consultant en lui appliquant une grille de lecture (par exemple, stoïcienne ou socratique). Louw qualifie cela d’abandon intellectuel si cela évite la confrontation.

  • L’inconfort nécessaire : En s’inspirant de Gerd Achenbach, Louw rappelle qu’une philosophie qui ne bouscule pas ne mérite pas d’attention. La séance doit générer une tension intellectuelle saine.

  • Le rôle du consultant : Le consultant n’est pas un patient passif receveur d’un traitement. Il s’engage activement en tant que partenaire de conversation (nwa nsa / nwa nju), questionnant ses propres présupposés et collaborant à la réinterprétation de son existence.

Conclusion

L’article de Jaco Louw offre une contribution essentielle pour décoloniser et revitaliser le conseil philosophique. En cessant de vouloir singer la psychothérapie et en embrassant le conseil comme la méthode naturelle de diffusion et de création de la philosophie, l’auteur ouvre la voie à une pratique authentiquement contextualisée. Appliquée au monde vécu africain, cette démarche permet d’émanciper les sujets des cadres de pensée importés et de faire émerger, par la lutte créative du langage, des réponses philosophiques viables face aux défis existentiels contemporains.


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Article # 282 – « Pourquoi la pensée critique ne suffit pas dans la pratique philosophique ? » / Why Critical Thinking is not enough in Philosophical Practice? José Barrientos Rastrojo (Universidad de Sevilla / CECAPFI)

RAPPORT DE LECTURE CRITIQUE ET ANALYTIQUE


Barrientos Rastrojo, J. (2021). Why Critical Thinking is not enough in Philosophical Practice? Haser. Revista Internacional de Filosofía Aplicada / CECAPFI Papers, 51–57.


Why Critical Thinking is not enough in Philosophical Practice?

José Barrientos Rastrojo (Universidad de Sevilla / CECAPFI)


1. Introduction et Problématique Générale

Dans cet article, le professeur José Barrientos Rastrojo remet en question le paradigme dominant de la pratique philosophique contemporaine (PP). Il soutient que la majorité des praticiens et conseillers philosophiques actuels réduisent l’activité philosophique à un exercice purement logique, conceptuel et argumentatif, adossé à la pensée critique (en anglais : Critical Thinking ou PP-CT).

L’auteur pose le problème suivant : cette approche exclusivement intellectuelle est-elle suffisante pour accompagner un individu traversant une crise existentielle profonde ? Sa thèse est claire : la pensée critique ne suffit pas, car elle traite des idées, alors que les crises humaines s’enracinent dans des croyances et se résolvent uniquement par le biais de l’expérience vécue (Experience Philosophical Practice).

2. Le Paradigme Dominant : La Pensique Critique (PP-CT)

L’auteur commence par cartographier les pratiques hégémoniques. Qu’il s’agisse de consultations individuelles ou de philocafés, les outils méthodologiques sont presque exclusivement analytiques : formuler des définitions, évaluer des hypothèses, identifier des contradictions logiques et lier les problèmes des consultants à des théories traditionnelles.

L’article cite plusieurs figures de proue pour illustrer cette hégémonie, notamment Warren Shibles, Oscar Brenifier, Tim LeBon, Roxana Kreimer, Peter Raabe et Elliot Cohen.

  • Citation (EN) : « Despite philosophical practitioners can have different methods and orientations (…) they facilitate activities as: (1) to examine arguments and justifications of their counselees; (2) to clarify, to analyse and to define important terms and concepts… » (Shibles, 2001, cité par Barrientos).

  • Traduction (FR) : « Bien que les praticiens philosophes puissent avoir des méthodes et des orientations différentes (…) ils facilitent des activités telles que : (1) examiner les arguments et les justifications de leurs consultants ; (2) clarifier, analyser et définir les termes et concepts importants… ».

Barrientos illustre ce modèle par un dialogue d’Elliot Cohen où le conseiller utilise l’analyse logique pour exposer les préjugés et les contradictions de son client à propos de l’origine géographique de son épouse. Bien que cette méthode soit efficace sur le plan formel, l’auteur affirme qu’elle ne touche pas le cœur de l’existence.

3. Les Limites et Frontières de l’approche logique-argumentative

L’analyse de Barrientos se fait ici hautement critique, s’appuyant sur l’École de Francfort et les travaux de Ran Lahav pour exposer deux écueils majeurs de la pensée critique :

A. Le piège de la normalisation et de la « petite » pratique philosophique

En se concentrant uniquement sur la résolution de problèmes spécifiques ou techniques, la PP-CT s’intègre au système capitaliste au lieu de le subvertir. Elle devient un outil de gestion du bien-être individuel plutôt qu’une quête de sagesse et de transformation profonde.

  • Citation (EN) : « This kind of philosophy is therefore basically a normalizer, a problem-solver, and a satisfaction-provider (…) It deals with problems but it doesn’t problematize the counselee purpose and therefore is an instrument to maintain social injustices. » (Lahav, 2006, cité par Barrientos).

  • Traduction (FR) : « Ce genre de philosophie est donc fondamentalement un normalisateur, un résolveur de problèmes et un fournisseur de satisfaction (…) Elle traite les problèmes mais ne problématise pas les intentions du consultant, et constitue de ce fait un instrument de maintien des injustices sociales. ».

  • Citation complémentaire (EN) : « Critical thinking seems to be more about smartness than wisdom, and smartness is not the sort of thing that in itself can transform us in a profound way » (Lahav, 2006a, cité par Barrientos).

  • Traduction (FR) : « La pensée critique semble relever davantage de l’astuce intellectuelle que de la sagesse, et l’astuce n’est pas le genre de chose qui, en soi, peut nous transformer de manière profonde. ».

B. Le divorce entre les Idées et la Vie (L’impasse existentielle)

L’auteur démontre qu’une solution parfaitement logique et rationnelle peut échouer lamentablement dans la réalité concrète. Pour ce faire, il s’appuie sur une étude de cas conceptuelle : un couple qui traverse une crise après la naissance d’un enfant (passage ontologique du statut de « femme » à celui de « mère »). Lors des séances, le conseiller aide le couple à trouver une solution rationnelle (allouer du temps au conjoint), mais six mois plus tard, le couple divorce car les idées et les sentiments allaient dans des directions opposées.

  • Citation (EN) : « Ideas and feelings walked in opposed directions. Consultations were useful for deploying an analytical process, it wasn’t enough to manage the problem of life. Probably, ideas changed but lifes of husband and wife were the same. »

  • Traduction (FR) : « Les idées et les sentiments marchaient dans des directions opposées. Les consultations ont été utiles pour déployer un processus analytique, mais cela n’a pas suffi à gérer le problème de la vie. Probablement que les idées ont changé, mais les vies du mari et de la femme sont restées les mêmes. ».

Pour appuyer cette rupture entre la pensée et l’action, l’auteur mobilise la théologie paulinienne (Saint Paul dans l’Épître aux Romains, sachant le bien qu’il doit faire mais ne parvenant pas à l’accomplir) ainsi que la littérature existentielle d’Irvin Yalom. Face à la mort, les maximes philosophiques rationnelles (comme celles d’Épicure) échouent souvent à apaiser l’angoisse réelle.

4. Vers une alternative : L’Expérience et les Croyances (Beliefs)

La contribution théorique essentielle de Barrientos repose sur la distinction conceptuelle empruntée à José Ortega y Gasset entre les idées et les croyances (ideas y creencias).

  • Les Idées : Ce sont des constructions intellectuelles superficielles que l’on possède, que l’on peut analyser, modifier ou rejeter par le simple exercice de la pensée critique.

  • Les Croyances : Elles constituent le sol sur lequel nous nous tenons, le contenant invisible qui structure notre être global (sentiments, volonté, pensées). Nous ne pensons pas nos croyances ; nous vivons en elles.

  • Citation (EN) : « Ideas can be changed easily, believe are not because ‘we live on our beliefs’. What we are is based on our beliefs. Beliefs are the container that structures our lives (feeling, ideas, will). »

  • Traduction (FR) : « Les idées peuvent être changées facilement, mais pas les croyances, car « nous vivons de nos croyances ». Ce que nous sommes est fondé sur nos croyances. Les croyances sont le contenant qui structure nos vies (sentiments, idées, volonté). ».

L’auteur convoque une constellation de philosophes du XXe siècle (Martin Heidegger, María Zambrano, Claude Romano, Kitaro Nishida) pour définir ce qu’est une véritable expérience de vie (life experience / Ereignis / évenement / pure experience) : un événement existentiel qui transforme radicalement l’ontologie de l’individu. La crise existentielle n’est pas un manque d’information ou une faille logique, c’est l’effondrement d’un système de croyances. Dès lors, la rationalité froide est impuissante ; seule une pratique philosophique axée sur l’expérience (Experience Philosophical Practice) peut générer de nouvelles certitudes.

5. Conclusion et Portée Professionnelle

Le texte de José Barrientos Rastrojo se clôt sur une ouverture et une invitation à explorer une alternative méthodologique. Il conclut de manière définitive que la pensée critique est intrinsèquement insuffisante pour la pratique philosophique profonde.

  • Citation (EN) : « Since (1) a crisis is the reason to go to a Philosophical Counselor and (2) crisis are based on the need to find new beliefs (nor just ideas) (…) is it enough Critical Thinking for Philosophical Practice? Obviously, not. Experience Philosophical Practice proposes to complement CT-PP by working on experiences. »

  • Traduction (FR) : « Puisque (1) la crise est la raison pour laquelle on consulte un conseiller philosophique et (2) les crises reposent sur le besoin de trouver de nouvelles croyances (et non de simples idées) (…) la pensée critique est-elle suffisante pour la pratique philosophique ? Évidemment que non. La Pratique Philosophique Expérientielle propose de compléter la PP-Pensée Critique en travaillant sur les expériences. ».

Portée critique pour le professionnel

Pour le chercheur ou le praticien, ce texte est un avertissement contre la dérive techniciste de la philosophie appliquée. Il invite à réhabiliter des rationalités alternatives théorisées au XXe siècle (anagogique, poétique, symbolique, narrative, expérientielle) afin que la philosophie ne soit pas un simple outil d’ajustement psychologique ou social, mais demeure, conformément à son ambition socratique originelle, un vecteur de transformation de soi et de libération existentielle.


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